
मण्डल 1
The Grand Opening
Le Maṇḍala 1 ouvre le Ṛgveda par une vision sacrificielle programmatique : Agni comme prêtre invoqué, Soma comme boisson consacrante, et Indra comme puissance victorieuse qui assure la lumière, les eaux et la richesse. Compilation tardive et disparate, il rassemble des voix issues de plusieurs lignées de ṛṣi (notamment Madhucchandas, Gotama et Kāṇva), allant des invitations liturgiques et des offrandes aux divinités en paire vers la réflexion cosmique et la bénédiction. Les hymnes relient sans cesse la réussite rituelle à ṛta (l’ordre cosmique), dépeignant…
Sukta 1.1
Cet hymne inaugural du Rig-Véda invoque Agni comme le prêtre éminent (purohita) du sacrifice — le messager divin qui amène les dieux et établit la prospérité. À travers neuf strophes en mètre gāyatrī, Agni est loué comme guidé par la volonté du voyant, porteur de vérité et meilleur dispensateur de « trésors » ; l’hymne s’achève sur une prière intime pour qu’il soit accessible au fidèle comme un père, pour son bien-être.
Sukta 1.2
Le Rig-Véda 1.2 est un ancien hymne d’offrande de Soma : il invite d’abord Vāyu, le Souffle de Vie rapide, à venir au sacrifice et à boire le Soma préparé. Puis l’invocation s’élargit à des divinités par paires — Vāyu avec Indra, et enfin Mitra-Varuṇa — afin d’obtenir une puissance inspirée, une énergie victorieuse et le juste ordre discernant (dakṣa) requis pour une action sacrée efficace.
Sukta 1.3
RV 1.3 est un ancien hymne en mètre gāyatrī, hymne d’invitation et d’accueil : il appelle les Aśvins — rapides dieux jumeaux de l’aurore et du secours — à venir au sacrifice, à recevoir les oblations offertes et à apporter force, joie et abondance. L’invocation s’élargit ensuite aux Viśve Devāḥ (Tous les Dieux) et s’achève sur une affirmation lumineuse de Sarasvatī comme éveillante de la pensée inspirée (dhī), de sorte que le rite devient à la fois offrande extérieure et éveil intérieur de la clarté.
Sukta 1.4
Cet hymne en gāyatrī invoque la puissance divine qui rend le sacrifice efficace : Agni, comme force d’offrande et d’aspiration, bien formée, continue et sans rupture, appelée jour après jour pour la protection et l’accroissement. Il se tourne aussi vers Indra, Paix qui assure et puissant auxiliaire du presseur de Soma, demandant bonne renommée, plénitude et passage sûr au-delà des obstacles. Ensemble, l’hymne présente le rite védique ancien comme un acte à la fois intérieur et extérieur : attiser la volonté (Agni) et recevoir une protection victorieuse (Indra).
Sukta 1.5
RV 1.5 est une invitation à Indra à venir, prendre place dans le sacrifice et boire le Soma fraîchement pressé, tandis que les compagnons élèvent le stoma (hymne de louange). Il célèbre la puissance immédiate et pleinement mûre d’Indra — né pour le Soma et pour la suprématie — et s’achève par une prière de protection afin que des forces mortelles hostiles ne nuisent pas aux adorants, tandis qu’Indra repousse le coup de destruction.
Sukta 1.6
RV 1.6 est un hymne à Indra en mètre gāyatrī, qui relie sa puissance victorieuse à une radiance lumineuse et solaire, la « rocanā », attelée et mise en mouvement pour l’action cosmique. Les poètes s’approchent d’Indra par la parole inspirée, demandant la « sāti » (gain/conquête) à tous les niveaux du cosmos — ciel, terre et vastes espaces intermédiaires — afin que la force de la victoire devienne présente dans leur vie et dans le rite.
Sukta 1.7
RV 1.7 est un hymne bref en mètre gāyatrī qui affirme à plusieurs reprises Indra comme l’objet principal de la louange des chanteurs et des voyants, fortifié par des hymnes lumineux et une parole inspirée. Il prie Indra, le « taureau » toujours dispensateur, d’accroître l’essence offerte et de tourner sa puissance indivise vers les adorants pour la victoire, la protection et l’accroissement.
Sukta 1.8
RV 1.8 est un hymne en gāyatrī à Indra : il demande un rayi victorieux et toujours croissant (richesse/puissance de plénitude) ainsi que la protection d’Indra dans le sacrifice communautaire. Il progresse à travers des images de rassemblement, de pensée inspirée et de conquête de la « descendance » (toka), jusqu’à l’acte culminant de louange à Indra buveur de Soma, par lequel force et joie sont assurées.
Sukta 1.9
RV 1.9 est un hymne bref en mètre Gāyatrī qui invite Indra au pressurage du soma, l’exhortant à boire l’essence enivrante et à doter les adorants d’une force victorieuse. Le poète associe à plusieurs reprises la présence d’Indra à l’accroissement — de vigueur (ojas), de puissance lumineuse (dyumna) et de richesse (rāyas) — afin que les sacrifiants soient poussés vers le succès et la renommée.
Sukta 1.10
Cet hymne invoque Indra (Śatakratu) comme la puissance que fortifie le chant inspiré et qui, en retour, accorde énergie victorieuse, renommée et abondance. Par une louange qui «dresse» Indra tel un bâton, le poète le prie d’ouvrir les «vaches» cachées (lumières/trésors), d’élargir la voie et de rendre manifeste pour les adorants le rādhas (plénitude, largesses).
Sukta 1.11
RV 1.11 est un hymne concis en triṣṭubh qui magnifie Indra par la louange, rappelant ses actes héroïques décisifs — surtout l’ouverture de la caverne de Vala et la libération des « vaches » lumineuses (rayons/richesses). Il sollicite la puissance victorieuse d’Indra, sa protection et des dons abondants, affirmant que sa générosité dépasse tout décompte lorsqu’il est invoqué par des adorateurs à l’esprit véridique.
Sukta 1.12
Cet hymne en gāyatrī choisit Agni comme messager divin et Hotṛ, qui porte la louange et les offrandes du sacrifiant vers les dieux et en rapporte leurs bénédictions. Agni y est loué comme omniscient, fondé sur la vérité et dissipateur de l’affliction intérieure ; on le prie de rendre le rite efficace et d’accepter la stoma finale par sa flamme éclatante.
Sukta 1.13
RV 1.13 est un hymne d’invitation concis : il attise Agni comme hotṛ et messager, le priant d’amener les dieux au sacrifice et de rendre l’offrande efficace. Les strophes avancent comme un appel rituel, invoquant les principales puissances divines (dont la Nuit et l’Aurore) à s’asseoir sur le barhis et à prendre leur part, pour culminer dans le yajña domestique préparé avec le svāhā, afin que les dieux se rassemblent et fortifient le sacrifiant.
Sukta 1.14
RV 1.14 est un hymne d’invocation à Agni en mètre Gāyatrī : le voyant Kaṇva prie Agni de venir avec les Viśve Devāḥ pour boire le Soma et d’accomplir le yajña en Hotṛ sans défaut. L’hymne souligne à plusieurs reprises le rôle d’Agni comme convocateur et porteur : il amène les dieux « ici », établit ṛta (l’ordre juste) et rend possible que la délectation miellée (madhu/Soma) soit reçue comme il convient.
Sukta 1.15
RV 1.15 est un hymne en gāyatrī qui invite Indra à boire le Soma en accord avec ṛta (l’ordre juste), afin que sa force et sa protection se manifestent pour le sacrifiant. Il traverse l’atmosphère du pressurage du Soma — pierres, prêtres et la puissance dispensatrice de richesses, Draviṇodā — puis se clôt en ancrant le rite dans le feu gārhapatya, avec Agni comme guide ordonnateur du sacrifice.
Sukta 1.16
Cet hymne en gāyatrī de Medhātithi Kāṇva est une invitation pressante à Indra : qu’il vienne vite, avec ses coursiers fauves, au pressurage du Soma et qu’il en boive. Le poète offre la louange (stoma) comme siège au dieu, lui demande de s’exalter au Soma tel un taureau assoiffé, puis supplie enfin Indra (Śatakratu) d’accomplir le désir des adorants en accordant bétail, chevaux et force victorieuse.
Sukta 1.17
Cet hymne invoque Indra et Varuṇa ensemble, comme deux « souverains » qui protègent, bénissent et mettent la vie humaine en juste ordre. Il sollicite leur grâce : la force (d’Indra) harmonisée avec la vérité et la loi (de Varuṇa), afin que la volonté (kratu) de l’adorant devienne apte à la louange inspirée et au rite efficace. Les versets finaux soulignent qu’une stuti (louange) bien composée doit parvenir aux deux dieux et être rendue prospère par eux, comme un hymne partagé, communautaire.
Sukta 1.18
Cet hymne invoque Brahmaṇaspati, seigneur de la parole sacrée et de la puissance sacerdotale, afin de rendre le Soma « doré » et de rendre le voyant apte à l’énonciation inspirée et au sacrifice efficace. Il demande protection — avec Soma, Indra et la puissance Dakṣiṇā qui confère le juste — contre le péché, l’erreur et l’entrave, afin que le rite devienne une demeure de louange lumineuse, semblable au ciel.
Sukta 1.19
RV 1.19 est un bref hymne en mètre gāyatrī qui invite à plusieurs reprises Agni à venir « avec les Maruts » au sacrifice beau et bien ordonné, à le garder (gopīthā) et à donner puissance au rite. Les Maruts sont loués comme lumineux mais redoutables, forts dans la souveraineté juste et destructeurs de ce qui nuit, de sorte que leur force de tempête et la flamme d’Agni dissipent ensemble les obstacles et attisent l’action inspirée. L’hymne s’achève sur le motif de l’offrande de Soma : le prêtre verse le Soma miellé pour la première gorgée d’Agni, scellant l’alliance du feu, des vents du souffle et de l’offrande.
Sukta 1.20
Cet hymne en gāyatrī façonne un stoma, une formule de louange, pour appeler la « naissance » d’Indra — sa présence manifestée dans le sacrifice et dans le réceptacle humain — en tant que meilleur dispensateur et ordonnateur des trésors. L’invocation s’élargit ensuite en une venue concertée des puissances divines : Indra avec les Maruts et les Ādityas royaux, tout en rappelant le « juste ouvrage » exemplaire des R̥bhus, grâce auquel ils obtinrent une part sacrificielle honorée parmi les dieux.
Sukta 1.21
Ce bref hymne à Indrāgnī est une double invocation appelant Indra et Agni à s’approcher du pressurage du soma et à recevoir la louange qui leur est offerte conjointement. Il met en avant leur puissance partagée, leur promptitude à venir au sacrifice, et leur capacité à maintenir l’adorant éveillé dans la vérité et à accorder une paix protectrice (śarma).
Sukta 1.22
Cet hymne s’ouvre comme une invocation à l’aube adressée aux Aśvins, pressant les rapides jumeaux guérisseurs de venir boire le Soma et d’apporter l’éveil, la protection et une puissance efficace. Au fil des strophes, la prière s’élargit à des forces divines de soutien (dont un groupe de déesses, « reines » nourricières) et culmine dans la vision célébrée du « pas suprême » de Viṣṇu, la station la plus haute, allumée par des voyants vigilants.
Sukta 1.23
RV 1.23 s’ouvre comme un hymne d’invitation au Soma, appelant Vāyu à venir promptement boire le Soma fraîchement pressé et puissant, disposé sur l’herbe rituelle. À mesure que l’hymne se déploie, il s’élargit en invocations associées (notamment à Pūṣan et à Agni), demandant la guidance, le recouvrement de ce qui est perdu, et les bénédictions intégratrices de la splendeur, de la descendance et d’une longue vie, les dieux étant témoins de l’aspiration du sacrifiant.
Sukta 1.24
RV 1.24 s’ouvre sur une question ardente — « quel beau Nom d’entre les Immortels devons-nous garder ? » — puis se rassemble autour de la majesté de l’Āditya Varuṇa et de l’immensité d’Aditi. L’hymne célèbre la souveraineté de Varuṇa sur le ṛta (l’ordre cosmique) qui met le Soleil sur sa voie, et il culmine en une supplication pénitentielle pour qu’il desserre les lacets contraignants de Varuṇa, afin que l’adorant revienne à la liberté sans bornes et à l’innocence d’Aditi.
Sukta 1.25
Cet hymne est une confession et une supplication adressées à Varuṇa : même lorsque les humains manquent à répétition de maintenir son ṛta (l’ordre cosmico‑moral), le poète demande pardon et restauration. Il loue Varuṇa comme le gardien omnivoyant qui sait ce qui est accompli et ce qui reste à faire, et s’achève sur la célèbre requête d’être délivré des « lacets » (pāśa) contraignants de Varuṇa, afin que la vie puisse se poursuivre dans la liberté et la vérité.
Sukta 1.26
RV 1.26 est un hymne à Agni qui invite le Feu sacrificiel à se « revêtir » de forces fortifiantes et à faire avancer le rite comme un mouvement droit et efficace (adhvara). Il souligne le rôle unique d’Agni comme bouche universelle et médiateur : quel que soit le dieu honoré, l’offrande est en vérité allumée en Agni, qui la transmet ensuite à tous les dieux. L’hymne s’achève sur une prière pour qu’Agni, sous toutes ses formes, soutienne à la fois le sacrifice et la parole inspirée, afin que l’offrande devienne victorieuse et féconde.
Sukta 1.27
Cet hymne loue principalement Agni comme le feu chéri, dispensateur de richesses, qui gouverne et guide le parcours sacrificiel (adhvara), assurant le juste déroulement et l’offrande réussie. Il demande à Agni d’aider l’adorant dans les conflits et dans l’acquisition de la force, afin que des impulsions durables (iṣaḥ) et la prospérité puissent être maîtrisées. Le dernier verset s’élargit en vénération de tous les Dieux, priant pour que le chant et l’aspiration ne soient pas interrompus par des puissances au-delà du chanteur humain.
Sukta 1.28
Cet hymne présente le pressurage du Soma comme un rite vivant et sonore : la pierre à presser, le mortier, les coupes et le tamis sont invoqués lorsqu’ils éveillent Indra et rendent l’offrande efficace. Il sacralise le rythme audible des coups et du pressage comme une proclamation victorieuse, culminant dans le transfert soigneux et la purification du Soma, afin que la boisson clarifiée soit dûment placée devant la divinité.
Sukta 1.29
Cet hymne à Indra (avec un refrain récurrent) prie le héros buveur de soma, porteur de vérité, de rendre efficace la louange des poètes et d’accorder une prospérité tangible — bétail, chevaux et une abondance « resplendissante au millefold ». Il implore aussi Indra de briser les forces obstructives et le vacarme hostile, afin que les dons et la parole juste s’éveillent et prévalent.
Sukta 1.30
Cet hymne est principalement une invocation à Indra : on l’exhorte à venir promptement au pressurage du soma, à boire le soma offert et à accorder victoire, force et richesse rayonnante (rayi). Indra y est loué comme porteur du vajra, ami aux cent puissances, qui brise les obstacles et fait prospérer les sacrifiants ; le texte enchaîne ensuite des demandes d’aide, de protection et d’accomplissement réussi du rite.
Sukta 1.31
RV 1.31 est un hymne en triṣṭubh à Agni. Il le loue comme le premier voyant parmi les Aṅgirasas, l’ami de bon augure des dieux et des hommes, et le gardien inébranlable du ṛta (l’ordre cosmique). Il prie Agni d’allumer l’action juste et la pensée juste, d’apporter richesse abondante et force héroïque, et de conduire les adorants vers le « meilleur » (vasyaḥ) par un esprit uni et favorable.
Sukta 1.32
Cet hymne célèbre l’acte héroïque primordial d’Indra : la mise à mort de Vṛtra (Ahi), l’obstacle qui retenait les eaux, et la libération qui s’ensuit des courants vivifiants. Il raconte l’irrésistible puissance de son vajra, la rupture des forteresses montagneuses, et le rétablissement de l’ordre cosmique et de la prospérité humaine. La sūkta fonctionne comme une louange-invocation qui magnifie la force d’Indra afin qu’il écarte de nouveau les obstacles et accorde victoire, pluie et stabilité.
Sukta 1.33
RV 1.33 est un hymne en triṣṭubh à Indra : il recherche le Seigneur de la puissance comme celui qui trouve et restitue les « vaches » (lumière, richesse et juste direction) et lui demande de tourner sa plénitude vers les adorants. Il célèbre la force insurpassable d’Indra, gardée et ceinte d’une vigilance solaire, et rappelle des actes concrets d’aide dans les joutes, la conquête des champs et la protection des gains légitimes. Le but de l’hymne est d’invoquer Indra pour la victoire, une prospérité lumineuse et un discernement ferme au milieu de la rivalité et des entraves.
Sukta 1.34
Cet hymne invoque les Aśvinau (Nāsatyas) à venir sans cesse — « trois fois aujourd’hui » et « jour après jour » — sur leur char rapide, apportant une inspiration toujours nouvelle, protection et secours qui soutient la vie. Il loue l’ampleur de leurs déplacements, leur puissance de sauvetage opportune et leur capacité à accorder une richesse riche en force héroïque (suvīra), pour s’achever sur une prière directe de croissance et de victoire dans l’acquisition de la vigueur.
Sukta 1.35
RV 1.35 est un hymne à Savitṛ : il s’ouvre par l’invocation d’Agni, de Mitra–Varuṇa et de Rātrī comme appuis protecteurs, puis se tourne vers Savitṛ, l’impulseur divin qui conduit les êtres sur des voies sûres et bien tracées. L’hymne médite l’ordonnancement cosmique de Savitṛ — ses stations à travers les mondes, touchant même le domaine de Yama — et demande protection, juste direction et une guidance intérieure « dite », menant de l’obscurité à la claire vision.
Sukta 1.36
RV 1.36 est un hymne des Kaṇva à Agni, qui invoque le Feu divin comme le prêtre puissant, universellement vénéré, portant la parole humaine et l’offrande vers les dieux. Il loue Agni, allumé sur Ṛta (l’ordre cosmique), demande qu’il soit fortifié par l’hymne lui-même, et s’achève par une supplication protectrice : que ses flammes farouches consument les Rakṣasa et toutes les forces hostiles et tortueuses.
Sukta 1.37
Cet hymne est une louange vibrante aux Maruts, la troupe de l’orage, célébrée pour son élan irrésistible, ses chars rayonnants et sa puissance saisissante qui fait trembler jusqu’à la Terre. Le voyant de la lignée de Kaṇva les appelle à venir avec leur énergie ordonnée, afin d’éveiller chez les adorants la force, la joie et l’impulsion au mouvement juste. Il s’achève sur l’affirmation d’une fraternité avec les Maruts et sur le vœu de vivre une vie pleine, soutenue par leur vigueur exultante.
Sukta 1.38
Cet hymne invoque la troupe des Maruts, compagnons rapides à la voix de tonnerre d’Indra ; il demande quelle joie les attire et les exhorte à accepter l’offrande soigneusement préparée. Il célèbre leur éclat tempétueux — l’éclair, la pluie et la puissance rugissante — tout en sollicitant pour les adorants protection, accroissement et fortification intérieure. Le sukta s’achève sur un appel direct à adorer les Maruts et à faire que leur force « grandisse ici, en nous ».
Sukta 1.39
Cet hymne invoque les Maruts lorsqu’ils surgissent de contrées lointaines avec une puissance flamboyante, et demande sous quelle impulsion ils se meuvent et qui ils entendent secourir ou frapper. Il dépeint avec force leurs chars rugissants, leur approche qui ébranle la terre et leur puissance irrésistible, tout en sollicitant leur protection contre les forces hostiles — surtout celles qui s’opposent à la vision inspirée (ṛṣi).
Sukta 1.40
Cet hymne est une invocation à Brahmaṇaspati, seigneur de la parole sacrée et de la prière, afin qu’il se lève et conduise le sacrifice, pour que le mantra devienne efficace et protecteur. Les Maruts sont appelés à s’avancer avec leur puissance généreuse, tandis qu’Indra est exhorté à agir comme l’impulseur rapide et la force invincible qui établit un bien-être sûr même au cœur de la peur et du conflit.
Sukta 1.41
Cet hymne invoque les Ādityas — Varuṇa, Mitra et Aryaman — comme des gardiens clairvoyants du ṛta (l’ordre cosmique et moral), en demandant leur protection contre la défaite, l’erreur et les desseins hostiles. Il les présente comme des guides qui conduisent le sacrifice sur la « voie droite », assurant la rectitude de la pensée, l’harmonie sociale et un passage sûr à travers les dangers. La conclusion met l’accent sur l’éthique : il faut exercer le discernement même envers des personnes apparemment généreuses et ne pas se laisser entraîner par une parole nuisible.
Sukta 1.42
Cet hymne est une prière de voyage à Pūṣan : on le supplie de marcher devant l’adorant sur la route, d’écarter la détresse et le danger, et de guider en sûreté vers le but désiré. Il demande aussi une prospérité bien acquise — obtenue à juste titre et jouie légitimement — sous la garde de Pūṣan ; il s’achève par une louange paisible plutôt que par la querelle, et par une requête de richesses durables.
Sukta 1.43
RV 1.43 est un bref hymne en gāyatrī à Rudra, qui cherche la parole de louange juste, apaisant le cœur—celle qui fait du dieu redoutable une source de paix, de protection et de bien-être. Il met en avant l’aspect bienfaisant et lumineux de Rudra (resplendissant comme le Soleil et l’or), tout en reconnaissant implicitement sa puissance terrifiante; il vise à obtenir guérison et auspice pour l’adorant et la communauté.
Sukta 1.44
RV 1.44 est un hymne à Agni lié à l’aurore : il attise le feu sacré comme messager divin et le prie d’amener les dieux qui s’éveillent avec Uṣas, et d’accorder au fidèle généreux une prospérité « aux mille couleurs ». À mesure que l’éloge se déploie, Agni est invoqué au sein d’une vaste constellation matinale — Savitṛ, Uṣas, les Aśvins, Bhaga, les Maruts et Varuṇa —, de sorte que le rite devient un accueil concerté des puissances divines dans le sacrifice du Soma et dans l’ordre du ṛta.
Sukta 1.45
Cet hymne s’adresse à Agni comme au convocateur sacerdotal qui fait venir dans le sacrifice humain les clans divins — les Vasus, les Rudras et les Ādityas — et rend le rite « bien frayé » (su-adhvara). Il demande à plusieurs reprises à Agni de porter vers le haut l’oblation et l’intention de l’adorant, afin que la communauté humaine de Manu soit accordée à l’ordre cosmique. La conclusion lie étroitement le yajana d’Agni à la présence de Soma, culminant dans un appel aux dieux à boire et à ce que le rite dépasse le temps ordinaire.
Sukta 1.46
RV 1.46 est une invocation à l’aube qui fait venir les Aśvins par la manifestation d’Uṣas, louant les jumeaux divins comme de rapides sauveurs et guérisseurs arrivant sur leur char resplendissant. L’hymne leur demande de franchir les « rivières » de l’existence, d’accepter le Soma et d’accorder au fidèle et à la communauté protection, bien-être et secours sans obstacle.
Sukta 1.47
Cet hymne de Kaṇva invoque les Aśvinau afin qu’ils viennent promptement sur leur char resplendissant et boivent le Soma le plus doux pressé pour eux, «augmentant Ṛta» et rétablissant le bien-être. Il demande à plusieurs reprises aux Jumeaux guérisseurs d’accorder au fidèle généreux ratna (joyaux/pouvoirs) et rayi (prospérité, plénitude), puisés dans tous les domaines — des profondeurs terrestres aux vastes étendues célestes. Le sukta se clôt en réaffirmant l’intimité de longue date des Aśvins avec les séances rituelles de Kaṇva, rendant l’invitation à la fois personnelle et traditionnelle.
Sukta 1.48
Cet hymne est une invocation à Uṣas, l’Aurore : on la prie de se lever avec une douce suavité, une vaste lumière et une richesse généreuse, éveillant la vie humaine à la clarté et à l’action juste. À travers ses strophes, l’Aurore est louée comme la révélatrice qui dissipe les ténèbres, apporte l’heureux présage et la force, et accorde l’adorant à la plénitude, à la splendeur et aux puissances nourricières qui soutiennent la subsistance.
Sukta 1.49
Ce bref hymne à Uṣas invite l’Aurore à venir des hauteurs lumineuses avec ses puissances de bon augure, apportant l’éveil, l’ordre et les justes rythmes de la vie. Il dépeint tous les êtres — ailés, bipèdes et quadrupèdes — s’ébranlant selon ṛta (la vérité cosmique), tandis que ses rayons illuminent tout le domaine resplendissant. Les Kāṇvas concluent en l’appelant explicitement par une parole inspirée, recherchant de vraies richesses et la clarté intérieure.
Sukta 1.50
RV 1.50 est une louange lumineuse à Sūrya en tant que Jātavedas — puissance omnisciente et révélatrice de tout, dont les rayons le font apparaître aux yeux de tous les êtres. L’hymne suit son ascension quotidienne et sa vaste course à travers le ciel et l’espace intermédiaire, le dépeignant comme mesure du temps, témoin des naissances et éveilleur de la conscience. Il s’achève par une prière de protection : lorsque l’Āditya se lève avec toute sa force, qu’il dompte les puissances hostiles et préserve l’adorant du pouvoir du haineux.
Sukta 1.51
RV 1.51 est un hymne vigoureux à Indra, qui l’exalte comme l’océan débordant des richesses et le champion invincible dont la grandeur dépasse la mesure humaine. Le poète sollicite l’aide d’Indra dans le conflit et l’effort commun de la communauté : qu’il sache discerner alliés et adversaires, dompter les forces sans loi, et accorder aux sacrifiants une force héroïque ainsi qu’un abri protecteur.
Sukta 1.52
RV 1.52 est une indra-stuti centrée sur la victoire d’Indra, tueur de Vṛtra, qui libère les eaux et établit le Soleil pour la vue des hommes et pour l’ordre. L’hymne loue Indra comme le champion puissant et rapide, invoqué par une parole bien façonnée, accompagné des Maruts et objet de la joie des dieux. Son but est de tourner Indra vers le sacrifiant pour la protection, le passage/la voie (gātu) et l’abondance obtenue par sa puissance guerrière décisive.
Sukta 1.53
Cet hymne en triṣṭubh de Viśvāmitra offre à Indra une « parole nouvelle » de louange, l’invoquant sur le siège rayonnant du sacrifice et affirmant que le vrai trésor s’obtient par un effort sincère, non par une flatterie vaine. Il célèbre la puissance d’Indra, née du Soma, dans le meurtre de Vṛtra et la rupture des obstacles, et s’achève par une prière pour que les adorants deviennent les amis de bon augure d’Indra—dotés de force héroïque, d’une vie plus longue et d’un élan victorieux vers l’avant.
Sukta 1.54
Cet hymne à Indra, attribué à Viśvāmitra, prie pour que Maghavan n’abandonne pas les chanteurs au cœur de la crise, dans la bataille et la détresse, affirmant que sa puissance est sans limite. Il rappelle les exploits d’Indra qui ébranlent le monde — les rivières crient, les forêts mugissent, les forteresses sont brisées — et transforme ces souvenirs en une demande de protection, de force victorieuse et de prospérité durable pour la communauté.
Sukta 1.55
Cet hymne magnifie la grandeur incommensurable d’Indra — si vaste que le ciel et la terre ne peuvent ni le contenir ni le mesurer — et célèbre sa puissance terrible et rayonnante au combat. Il évoque à plusieurs reprises la forge et l’affûtage du vajra (foudre) comme la force décisive qui détruit les obstacles et assure au peuple force, protection et richesse inépuisable.
Sukta 1.56
Cet hymne célèbre l’élan irrésistible d’Indra : il se dresse tel un coursier rapide, s’avance sur le char attelé de fauves et, d’une force rugissante, chasse les ténèbres. Fort de sa propre Taviṣī (puissance divine), Indra soutient le ciel et la terre et, dans l’ivresse du Soma, brise les liens de Vṛtra pour libérer les eaux. La sukta est une invocation de l’énergie victorieuse d’Indra pour la protection, la lumière et l’abondance.
Sukta 1.57
Cet hymne de six strophes en triṣṭubh loue Indra comme le donateur incommensurable, dont l’abondance « difficile à retenir » se répand sur tous les êtres. Il rappelle son acte décisif de victoire : fendre la grande montagne avec le vajra et libérer les eaux retenues, soutenant ainsi le monde. Le poète présente la communauté comme dépendante d’Indra, l’exhortant à accueillir leur parole et à fortifier leur vie et leur force.
Sukta 1.58
RV 1.58 loue Agni comme Hotṛ et messager divin, mis en mouvement par le rite, traversant l’espace intermédiaire pour convoquer les dieux à l’offrande. L’hymne mêle le rôle sacerdotal bienfaisant d’Agni à sa puissance saisissante, attisée par le vent, flamboyante dans la forêt, et s’achève en lui demandant refuge, protection contre la détresse, ainsi qu’inspiration et richesse porteuses d’aurore.
Sukta 1.59
Cet hymne loue Agni en tant que Vaiśvānara — le feu universel en qui tous les autres feux se réjouissent — et comme le « nombril » (le lien central) des établissements humains, qui maintient les hommes unis dans le juste ordre. Agni y est présenté comme le Hotṛ inspiré, portant aux dieux d’antiques et puissantes louanges ainsi que les offrandes, accordant force, prospérité et une vie ordonnée à la lignée de Bharadvāja et à tous les peuples.
Sukta 1.60
Ce bref hymne en triṣṭubh loue Agni comme le « signal de l’assemblée » rayonnant et comme le messager rapide dont l’action dans le sacrifice produit un effet immédiat. Il rappelle le mythe de l’apport d’Agni par Mātariśvan aux Bhṛgus et relie ce don primordial à l’acte humain d’allumer Agni encore et encore, depuis le cœur et depuis l’aire rituelle. L’hymne culmine dans la proclamation du poète d’Agni comme seigneur des richesses et dans une prière tournée vers l’aurore pour une venue prompte et une illumination intérieure.
Sukta 1.61
RV 1.61 est un hymne en triṣṭubh où les Gautamas offrent à Indra un stotra puissant, célébrant sa grandeur débordante qui embrasse le ciel, la terre et l’espace intermédiaire, ainsi que sa force guerrière irrésistible qui conquiert la lumière et la victoire. L’hymne présente à plusieurs reprises la louange comme un « don » (brahmāṇi) qui fortifie Indra, tout en le priant d’accorder aux poètes la vision inspirée et d’apporter une prospérité et une intelligence rapides, nées de l’aurore.
Sukta 1.62
Cet hymne en Triṣṭubh offre à Indra un « nouveau » brahman (formulation sacrée) soigneusement composé, le louant à la manière des Aṅgiras comme le seigneur largement entendu de la parole inspirée et de la force victorieuse. Il évoque l’imagerie de la lignée des Aṅgiras — louange visionnaire, soutien cosmique du ciel et de la terre, et attelage du char rayonnant d’Indra — afin d’assurer aux adorants une juste direction, protection et une inspiration portée par l’aurore.
Sukta 1.63
Cet hymne en triṣṭubh loue Indra comme le « Grand », dont la puissance affermit le ciel et la terre, et devant qui même les montagnes demeurent immobiles, saisies de crainte révérencielle. Il le supplie de protéger les adorants des forces hostiles, de briser la résistance et d’accorder une force bien formée, la victoire et une richesse inspirée — surtout à l’aube, par le brahman des Gotama (parole sacrée).
Sukta 1.64
Dans cet hymne aux Maruts, Nodhas Gautama compose une louange « bien ouvragée » pour la troupe des tempêtes, célébrant leur rugissement de lion, leurs formes éclatantes et leur puissance unifiée qui brise les obstacles et chasse les ténèbres. Le sukta va d’une invocation poétique soigneusement ciselée à une imagerie martiale saisissante, et s’achève en prière concrète pour une richesse ferme, porteuse de héros, et une force inspirée accordée à ṛta (l’ordre cosmique).
Sukta 1.65
RV 1.65 loue Agni comme une flamme cachée mais découvrable — traquée telle une proie dans une caverne —, que la prière met au joug et qui porte les offrandes aux dieux. L’hymne célèbre son élan irrésistible (comme un coursier lâché ou un fleuve en crue) et le dépeint comme un connaissant au rayonnement lointain, « né de ṛta », guidant le culte de l’obscurité vers l’ordre lumineux.
Sukta 1.66
RV 1.66 loue Agni comme une présence aux mille splendeurs, qui voit tout — richesse, soleil, souffle et « fils éternel » —, soutenant la vie et éveillant la puissance intérieure. L’hymne s’attarde sur son surgissement rayonnant parmi les peuples, sur sa force digne du combat, et sur son pouvoir de pousser en avant les courants des ténèbres afin que les « vaches » lumineuses (rayons/aperçus) s’accordent avec la vision du ciel.
Sukta 1.67
Cet hymne loue Agni comme la flamme née avec rapidité dans la nature sauvage et comme l’Ami à la manière de Mitra parmi les humains — celui qui harmonise la communauté par l’écoute juste et l’obéissance volontaire à ṛta. Agni y est dépeint comme chercheur et gardien des « troupeaux » lumineux cachés dans les cavernes, et l’ensemble culmine en une vision de l’intelligence éveillée (citti) établie dans la demeure des Eaux, où les sages édifient ensemble la concorde.
Sukta 1.68
Cet hymne loue Agni comme le Feu toujours éveillé qui s’élève vers le ciel, ordonne les voies du mobile et de l’immobile, et «ouvre» les nuits — faisant place à la lumière, à la connaissance et à l’action juste. Il demande à Agni, le Connaissant conscient et seigneur de la maison, d’élargir les portes de l’abondance (rāyas) pour ceux qui offrent et pour ceux qui cherchent auprès de lui l’instruction.
Sukta 1.69
Cet hymne à Agni loue le Feu comme une lumière rayonnante, semblable au ciel, qui suit la voie droite et réveille le sacrifice tel l’amant d’Uṣas. Agni y est présenté comme la puissance divine invoquée par des communautés humaines unies, ouvrant les portes de la prospérité, de la protection et de la vision du monde solaire (svar). Le but de l’hymne est d’allumer Agni au dedans et au dehors, afin qu’il porte les offrandes et accorde tous les accomplissements.
Sukta 1.70
RV 1.70 est un hymne à Agni qui prie pour l’obtention des « anciennes plénitudes » par l’ārya-manīṣā (intuition noble et ordonnée) et pour qu’Agni assure toutes les acquisitions. Agni y est dépeint comme le connaisseur conscient et le gardien des vastes fondements du rite et de la vie ; il comprend les naissances des dieux et des mortels et conduit le chercheur à travers les conflits intérieurs et extérieurs vers une juste émergence et la victoire.
Sukta 1.71
Cet hymne loue Agni comme la Flamme désirée, éveillée par l’ardeur du désir, et l’entrelace avec Uṣas, l’Aurore, dont l’essor aux mille couleurs entraîne toutes les puissances vers l’avant. Il va de l’éveil du feu caché et des forces communautaires «sororales» qui suivent l’Aurore, à une prière pour une vitalité soutenue, pour une marche juste sur la voie divine, et pour la protection des liens hérités contre le dommage et la parole hostile.
Sukta 1.72
Cet hymne loue Agni comme l’artisan divin toujours à l’œuvre, qui conserve et «dépose/établit» les créations inspirées (kāvyāni) et devient seigneur des richesses et des puissances immortelles. Il tisse des images cosmologiques — secrets cachés, façonnement des «deux yeux» du Ciel et libération des rivières — dans une théologie rituelle où Agni garde l’amṛta (immortalité) et protège l’accroissement, la stabilité et la marche en avant du sacrifiant.
Sukta 1.73
RV 1.73 est une invocation à Agni comme Hotṛ qui guide bien, et qui élargit la « demeure » (sadman) du sacrifiant en un espace de bénédiction, de prospérité et d’ordre juste. L’hymne célèbre la conduite sage d’Agni (supraṇīti), sa puissance de libérer le flux du Ṛta (imaginé comme des vaches et des rivières brisant l’obstacle), et s’achève en demandant que les paroles du poète lui soient agréables et que sa souveraineté bien attelée apporte richesse et renommée impartie par les dieux.
Sukta 1.74
Cet hymne est une prière d’approche adressée à Agni, prêtre toujours proche du sacrifice, le suppliant d’entendre les chanteurs « de loin » comme « ici », au rite. Il loue Agni par des épithètes — bien invoqué, divin, puissant, bien assis sur le barhis — et le présente comme celui qui rend manifeste une héroïque puissance rayonnante et la prospérité pour l’adorateur qui offre et pour les dieux.
Sukta 1.75
Ce bref hymne à Agni invite le dieu du Feu à recevoir la parole la plus ample et inspirée du poète et à prendre place à l’autel comme la bouche qui accueille les offrandes. Il interroge ensuite la parenté humaine d’Agni — qui lui appartient vraiment comme ami, protecteur et partenaire rituel — avant de culminer dans une demande : qu’Agni sacrifie en notre nom à Mitra-Varuṇa et aux dieux en tant que « vaste Vérité » (ṛtam bṛhat), les faisant entrer dans sa propre demeure.
Sukta 1.76
Ce bref hymne en triṣṭubh des Gautamas s’adresse à Agni comme au véritable Hotṛ et prêtre intérieur, et demande quelle juste disposition mentale et quelle intuition inspirée l’atteignent le mieux. Il prie pour la puissance protectrice et purificatrice d’Agni, afin qu’il brûle les forces hostiles (rakṣas) et conduise le rite en amenant à l’offrande le seigneur du Soma (généralement Indra). L’hymne se clôt en rappelant l’antique voyance d’Agni et en l’exhortant à sacrifier aujourd’hui avec la « louche joyeuse », c’est-à-dire avec une intention volontaire et joyeuse.
Sukta 1.77
Ce bref hymne en triṣṭubh des Gautama demande quelle parole convenable, agréée des dieux, peut vraiment louer Agni, le Hotṛ rayonnant qui rend les dieux présents dans le sacrifice. Il célèbre ensuite Agni comme ṛtāvā, garant de l’ordre cosmique, comme résolution intérieure et juste direction, et comme la puissance qui accroît la gloire, la force et la nourriture du fidèle.
Sukta 1.78
Ce bref hymne en mètre Gāyatrī appelle Agni Jātavedas, le feu omniscient, à être puissamment attisé et poussé en avant par la parole inspirée et par des « forces lumineuses » (dyumnaiḥ). Les voyants de la lignée des Gotama (ainsi que les Rahūgaṇas nommés) l’invoquent comme celui qui voit au loin et comme le plus victorieux pour obtenir vāja — force vitale et plénitude — afin que sa lumière et son énergie agissent au-dedans des adorants.
Sukta 1.79
Cet hymne loue Agni comme une puissance rayonnante et rapide — claire comme l’aurore et semblable au vent —, qui se répand dans l’espace intermédiaire et éveille l’action inspirée. Il demande à Agni de descendre avec protections et secours dans les pensées et les chants des poètes, de chasser les forces obstructrices (rakṣas) et d’établir le sacrifice dans la clarté et la vérité.
Sukta 1.80
RV 1.80 est un hymne à Indra en triṣṭubh qui célèbre comment l’ivresse du Soma et la parole inspirée (brahman/uktha) accroissent la puissance d’Indra et le poussent à vaincre le serpent obstructeur (ahi/Vṛtra). Les poètes y dépeignent une liturgie collective — de nombreuses voix, chants et stobhas — suivant la « souveraineté de soi » (svarājya) d’Indra, et rattachent cette inspiration aux anciens voyants (Atharvan, Manu, Dadhyañc). La visée de l’hymne est à la fois louange et mise en puissance : appeler Indra au sacrifice, le fortifier par le chant et assurer aux adorants la libération de la force, de la pluie et de la prospérité.
Sukta 1.81
RV 1.81 est un hymne de louange à Indra, puissance toujours croissante qui remporte les combats, soutient les mondes et protège ses adorateurs dans les grandes comme dans les petites crises. Il magnifie la force sans égale d’Indra — emplissant la terre et s’étendant jusqu’au ciel — tout en demandant une aide concrète : victoire, protection et discernement à l’égard des gens hostiles ou qui n’offrent pas.
Sukta 1.82
Cet hymne de six strophes est une invitation pressante adressée à Indra : qu’il entende la parole véridique des poètes et qu’il vienne promptement à l’offrande de Soma. Des appels en forme de refrain — « attelle les deux coursiers fauves » — encadrent l’approche d’Indra sur son char à la force de taureau, sa reconnaissance du vase de Soma débordant et son ivresse joyeuse née des breuvages pressés. L’hymne culmine lorsque le poète, par le brahman (parole sacrée), attelle les chevaux d’Indra, le prie de prendre place et de se réjouir, Pūṣan étant aussi mentionné comme une présence compagne.
Sukta 1.83
Ce bref hymne à Indra loue le mortel qui prospère grâce à l’aide d’Indra, obtenant des chevaux, des « vaches » (rayons/richesse) et l’abondance, comme les eaux emplissent une rivière. Il rappelle l’arrière-plan angirasa–Pani/Vala, où la richesse cachée et la lumière sont conquises par un allumage juste et un effort inspiré ; et il s’achève en situant la joie d’Indra dans le rite du Soma bien accompli — avec chant, pierre à presser et barhis étendu.
Sukta 1.84
Cet hymne est une invocation à Indra lors du pressurage du soma : on appelle au sacrifice le dieu « le plus puissant » et on le prie de venir, rempli d’indriyā (puissance victorieuse), comme le soleil emplit l’espace de ses rayons. Il célèbre la force d’Indra, porteur du vajra, sa compagnie avec les Maruts — puissances des vaches et du soma qui préparent la libation — et le supplie d’accorder une protection infaillible et une richesse mesurée, distribuée aux peuples.
Sukta 1.85
Cet hymne loue les Maruts — fils de Rudra nés de la tempête — comme des puissances rayonnantes et fortes au combat, qui élargissent les mondes et vivifient le sacrifice. Il célèbre leur marche rapide et brillante, leur stature cosmique au ciel et leur venue intime jusqu’au siège rituel. Enfin, le poète les supplie d’apporter leurs « refuges » protecteurs et d’accorder aux adorateurs richesse et force héroïque.
Sukta 1.86
Cet hymne invoque les Maruts comme de puissants protecteurs parcourant le ciel, qui élargissent les voies, gardent l’adorant et soutiennent les peuples en effort. Le voyant rappelle une dévotion ancienne envers eux et demande leur aide agissante — chasser les ténèbres cachées et faire prévaloir une clarté lumineuse. Dans l’ensemble, c’est une prière pour la protection, la force communautaire et la victoire de la lumière sur les forces obstructrices.
Sukta 1.87
RV 1.87 loue les Maruts comme une troupe irrésistible et juvénile — allant droit, inflexible, rayonnante comme l’aurore — dont le mouvement et le chant accroissent l’éclat et le courage. L’hymne sollicite leur protection pour la pensée inspirée (dhī) et célèbre leur vérité, leur intrépidité et leur « demeure » intérieure (dhāman) comme une puissance qui affermit et élève l’adorant.
Sukta 1.88
Cet hymne est une invitation vibrante aux Maruts à venir promptement sur leurs chars éclatants comme l’éclair et à répandre abondance, vigueur et puissance protectrice dans l’espace du sacrifiant. Il souligne que les poètes (les Gotamas) élèvent une force de mantra efficace (brahman) qui « soulève » la source de délice, afin que les Maruts puissent boire et, en retour, fortifier la communauté par l’accroissement et une énergie justement ordonnée.
Sukta 1.89
Cet hymne est une bénédiction ample adressée aux Viśve Devāḥ : il appelle des intentions propices (bhadrāḥ kratavaḥ) de toutes les directions et demande aux dieux de protéger et d’accroître sans cesse la force vitale et la prospérité de l’adorant. Il tisse des formules protectrices de « svasti » avec une vision universelle où Aditi est affirmée comme le fondement englobant des dieux, des mondes et de la naissance elle-même.
Sukta 1.90
Cet hymne est une prière adressée aux « Puissances immortelles » (amṛtāḥ) prises collectivement — souvent comprises comme les Ādityas et les gardiens alliés du ṛta — afin qu’elles accordent svasti (bien-être), protection et une paix sûre, intérieure comme extérieure. Il demande que les forces hostiles et la malveillance soient repoussées, et que les mondes de l’expérience — la nuit, l’aurore, la région terrestre et le ciel — deviennent « miellés » (madhu), c’est-à-dire harmonieux, de bon augure et favorables à une vie conforme au juste ordre.
Sukta 1.91
Cet hymne loue Soma (Indu) comme le guide illuminé qui conduit les chercheurs sur la « voie royale », ainsi que le firent jadis les Pères, et comme la puissance divine qui conquiert le trésor parmi les dieux. Il demande sans cesse à Soma d’élargir la force vitale, d’écarter la maladie et le désordre, d’accroître la richesse et l’abondance, et de combattre pour la part légitime de l’adorateur dans les gains lumineux.
Sukta 1.92
RV 1.92 est un hymne à l’Aurore qui célèbre Uṣas comme la puissance toujours renaissante, qui dresse la « bannière » de la lumière, libère les rayons tels des vaches rousses et met le monde en mouvement. Le poète loue son retour infaillible, sa beauté et sa bienfaisance, ainsi que sa capacité à prolonger la vie en chassant l’obscurité et l’hostilité. L’hymne se tourne aussi vers l’efficacité rituelle et culmine dans une invitation adressée aux puissances buveuses de soma, éveillées à l’aube, à amener les dieux à l’offrande.
Sukta 1.93
Cet hymne invoque les divinités jumelles Agni et Soma comme une puissance unique et coordonnée du sacrifice : Agni comme porteur et allumeur, Soma comme breuvage vivifiant et inspirateur. On leur demande d’entendre la louange bien composée du poète, d’accepter les oblations disposées et d’accorder au sacrifiant protection, force, joie, ainsi qu’un rite bien entendu et couronné de succès. Le ton est pratique et centré sur le rituel : « venez, jouissez, abritez-nous et établissez śam/yoḥ (paix et bien-être) dans l’adorateur ».
Sukta 1.94
Cet hymne loue Agni en tant que Jātavedas, le Feu omniscient qui porte les offrandes et qui porte aussi la louange de la communauté, bien façonnée, tel un char bien attelé. Il demande la protection dans l’amitié d’Agni, le renforcement de la parole de l’adorant dans l’assemblée, ainsi qu’une longue vie et une bonne fortune, soutenues par des puissances cosmiques alliées.
Sukta 1.95
Cet hymne déploie une énigme védique des « deux formes dissemblables » (souvent comprises comme des mères cosmiques jumelées — Aurore et Nuit, ou Ciel et Terre) qui nourrissent un veau/enfant caché — une puissance souveraine émergente d’ordre et de maîtrise (dakṣa). Par une imagerie stratifiée de vaches, de lumière et de consécration, l’hymne aboutit à une prière explicite à Agni pour qu’il flamboie de renommée, soutenu par Mitra–Varuṇa, Aditi, la Sindhu aux flots courants, et Ciel–Terre.
Sukta 1.96
RV 1.96 est un hymne à Agni qui loue le Feu comme une naissance ancienne et pourtant toujours nouvelle, soutenue par les dieux et établie en puissance par les Eaux, Mitra et l’intelligence inspirée (dhiṣaṇā). Agni y est présenté comme « l’unique enfant », nourri conjointement par la Nuit et l’Aurore, resplendissant entre le Ciel et la Terre d’un éclat d’or. L’hymne s’achève sur une prière : qu’Agni, accru par l’allumage, accorde une gloire lumineuse et l’abondance, appuyé par Mitra–Varuṇa, Aditi, Sindhu, la Terre et le Ciel.
Sukta 1.97
Ce bref hymne à Agni est construit autour d’une prière répétée : « Brûle loin de nous le mal qui s’attache (agham). » Agni y est invoqué comme un purificateur omnivoyant, enveloppant de toutes parts, qui non seulement consume l’impureté, mais attise aussi la prospérité (rayi) et fait passer l’adorant au-delà du danger comme une barque sur une crue. Le but de la sukta est apotropaïque et réparateur : ôter le péché/la malchance et établir le bien-être (svasti).
Sukta 1.98
Ce bref hymne en triṣṭubh loue Agni comme Vaiśvānara — le feu universel —, trônant en splendeur royale au-dessus de tous les mondes et œuvrant de concert avec le Soleil. Il est décrit comme soutenu par le Ciel et la Terre, entrant dans les herbes (leur puissance de guérison) ; on lui demande protection de jour comme de nuit, vérité et prospérité durable. Le dernier verset élargit la bénédiction grâce à des soutiens cosmiques alliés — Mitra–Varuṇa, Aditi, Sindhu, la Terre et le Ciel — afin que richesse et plénitude « s’attachent » à l’adorateur.
Sukta 1.99
Cet hymne d’un seul vers invoque Agni en tant que Jātavedas, le feu omniscient, tandis que le Soma est pressé en offrande pour fortifier le rite. On prie Agni de consumer l’intention hostile et de faire passer l’adorant sain et sauf au-delà de tout passage difficile — tel un bateau traversant une rivière — loin du péril et des voies erronées.
Sukta 1.100
Cet hymne loue Indra comme le marcheur irrésistible, semblable au Soleil, et le tueur de Vṛtra, l’invoquant à maintes reprises « avec les Maruts » comme le protecteur actif de la communauté dans tout conflit et toute entreprise. Il demande à Indra d’assurer la victoire, la richesse, les eaux et une descendance florissante, et se clôt par une vaste bénédiction qui étend le bien acquis par Mitra–Varuṇa, Aditi, Sindhu, la Terre et le Ciel.
Sukta 1.101
Cet hymne en triṣṭubh de Kutsa Āṅgirasa invoque Indra «avec les Maruts» comme la puissance joyeuse, victorieuse au combat, qui brise les ténèbres et les obstacles et accorde vāja (plénitude victorieuse). Le poète demande la compagnonnage d’Indra en toute condition — dans l’élan héroïque, la crainte, l’effort et la conquête — afin que les chanteurs l’emportent dans la joute extérieure comme dans la lutte intérieure. Il s’achève en élargissant la prière en un cercle de soutiens cosmiques : Mitra-Varuṇa, Aditi, Sindhu, la Terre et le Ciel.
Sukta 1.102
Cet hymne en triṣṭubh célèbre Indra comme une puissance sans égale, soutenue de multiples aides, qui brise les obstacles, conquiert les « troupeaux lumineux » (vaches/richesse) et fait passer le sacrifiant à travers chaque élan de l’action. Le poète offre une pensée inspirée (dhī) en guise de louange, rappelle la force irrésistible d’Indra dans des exploits répétés, et conclut par une prière protectrice pour la victoire et la plénitude (vāja), élargie par l’appui de Mitra–Varuṇa, d’Aditi, de Sindhu, de la Terre et du Ciel.
Sukta 1.103
Cet hymne célèbre la puissance suprême et lointaine d’Indra, tenue pour agissante sur la terre comme au ciel en un seul signe unifié. Il exhorte à la foi dans la force héroïque d’Indra en rappelant ses découvertes bienfaisantes — vaches, chevaux, plantes, eaux et forêts — ainsi que ses victoires sur les ennemis qui font obstacle. Le dernier verset élargit la bénédiction en invoquant Mitra, Varuṇa, Aditi, Sindhu, la Terre et le Ciel afin d’amplifier, pour les adorants, la victoire acquise.
Sukta 1.104
Cet hymne invite Indra à s’approcher, à prendre place au sacrifice et à boire le soma fraîchement pressé, afin que sa force s’éveille pour la protection et la victoire. Il mêle un accueil intime — dételer les chevaux divins pour le repos au crépuscule et à l’aube — à des supplications pressantes pour repousser les Dasyus, l’hostilité tortueuse et la perte de la part légitime des adorateurs.
Sukta 1.105
RV 1.105 est un hymne de quête, adressé à de nombreuses divinités : il passe de l’observation cosmique (la Lune, l’éclair, les deux Mondes) à une supplication personnelle, presque confessionnelle, demandant secours, clarté et parole juste. Souvent lu comme la « lamentation de Trita », il présente la détresse intérieure comme un état que seuls les dieux — surtout Indra et les puissances qui soutiennent l’ordre cosmique — peuvent lever, et s’achève sur une prière pour la victoire, la force et une protection élargie accordée par Mitra-Varuṇa, Aditi, le Ciel et la Terre.
Sukta 1.106
Cet hymne est une invocation collective aux Viśvedevāḥ — Indra, Mitra‑Varuṇa, Agni, les Maruts, Aditi et les puissances alliées — demandant protection, accroissement et passage sûr à travers la détresse. Un refrain récurrent prie les Vasus, aides généreux, de tirer l’adorant hors de tout « passage difficile », comme un char sauvé d’un défilé étroit. Les derniers vers étendent la sauvegarde aux appuis cosmiques — Aditi, Sindhu, la Terre et le Ciel — afin que le sacrifiant soit gardé sans défaillance.
Sukta 1.107
Ce bref hymne est une invocation collective qui sollicite l’attention bienveillante des Ādityas et des divinités alliées, tandis que le sacrifice (yajña) se dirige vers eux. Il demande une protection compatissante, un « vaste espace » loin de l’oppression (aṃhas) et une paix établie (śarma), fondée par les grandes puissances cosmiques — Indra, Mitra-Varuṇa, Agni, Aryaman, Savitṛ, Aditi, le Ciel et la Terre.
Sukta 1.108
Cet hymne invoque les puissances jumelles Indra et Agni afin qu’ils viennent ensemble sur leur char rayonnant et boivent le soma fraîchement pressé. Il les appelle à plusieurs reprises de toute sphère où il leur plaît de se tenir — la maison, la parole sacrée (brahman) ou la puissance royale — pour qu’ils accordent la victoire, le bétail/la richesse et une prospérité totale. La bénédiction finale élargit la prière à d’autres divinités nourricières et aux soutiens cosmiques (Mitra-Varuṇa, Aditi, Sindhu, la Terre et le Ciel).
Sukta 1.109
Cet hymne invoque la divinité double Indra-et-Agni comme le couple sans égal qui accorde la juste intelligence, la victoire et une part équitable de richesse. Le poète les invite au sacrifice, à s’asseoir sur le barhis et à se réjouir du Soma, rappelant leur puissance fameuse de vainqueurs de Vṛtra. Il se clôt par une large bénédiction, demandant à d’autres dieux soutenants — Mitra-Varuṇa, Aditi, Sindhu, la Terre et le Ciel — d’accroître et de maintenir l’adorateur.
Sukta 1.110
Cet hymne loue les Ṛbhus, frères artisans divins, célébrant leur pouvoir de parfaire, de mesurer et de renouveler l’œuvre sacrificielle pour en faire une offrande « douce », inspirée. Par des images de vases façonnés, d’espace mesuré et de satisfaction au svāhā, il demande aux Ṛbhus (et à Indra en tant que ṛbhumān) d’accorder des dons rayonnants, la renommée et l’abondance. La clôture élargit la bénédiction à un chœur cosmique — Mitra-Varuṇa, Aditi, Sindhu, la Terre et le Ciel — afin que le sacrifice soit universellement soutenu.
Sukta 1.111
Ce bref hymne en triṣṭubh célèbre les Ṛbhus comme des puissances divines d’artisans qui « façonnent » des formes parfaites — le char et les chevaux d’Indra, une jeunesse renouvelée et une harmonie de la vie restaurée. Leur savoir-faire mythique devient prière : qu’ils façonnent pour l’adorant sāti (l’obtention victorieuse), la victoire dans le conflit et une protection stable, confirmée par de plus vastes gardiens cosmiques tels que Mitra–Varuṇa, Aditi, la Terre et le Ciel.
Sukta 1.112
RV 1.112 est un hymne ample aux Aśvin, qui appelle à maintes reprises les Jumeaux divins à « venir avec ces secours » grâce auxquels, aux âges anciens, ils ont sauvé, guéri et fait prospérer des voyants et des rois. Il s’ouvre par l’invocation de Dyāvā‑Pṛthivī et d’Agni comme soutiens cosmiques du rite, puis enchaîne des exempla de bienfaits aśviniens — voyages rapides, protection et restauration du bien‑être — afin que ces mêmes puissances soient présentes dans le sacrifice actuel. L’hymne se conclut par une large bénédiction, demandant une protection de jour comme de nuit et un affermissement supplémentaire du don par Mitra‑Varuṇa, Aditi, Sindhu, la Terre et le Ciel.
Sukta 1.113
Cet hymne loue Uṣas (l’Aurore) comme la « lumière des lumières », renaissant chaque jour, chassant la Nuit et éveillant tous les êtres au mouvement, au travail et au culte. Il médite sur la fugacité de la vie humaine : les générations d’autrefois « sont parties », tandis que la même Aurore revient, exhortant à l’effort opportun et à l’aspiration juste. La sukta se clôt en demandant que les dons auspices portés par les Aurores soient confirmés et accrus par Mitra-Varuṇa et les puissances cosmiques alliées.
Sukta 1.114
RV 1.114 est une prière à Rudra — puissant, redoutable, et pourtant profondément bienfaisant — demandant que sa force se tourne vers la guérison plutôt que vers le mal. L’hymne sollicite la paix et l’intégrité pour toute la communauté : les humains (les bipèdes), le bétail (les quadrupèdes), ainsi que la nourriture de l’établissement, la descendance et le bien-être. Il s’achève sur une invocation protectrice où Rudra, accompagné des Maruts, est prié d’entendre l’appel, tandis que d’autres puissances cosmiques sont invitées à confirmer la grâce accordée.
Sukta 1.115
Cet hymne célèbre l’élévation quotidienne de Sūrya comme le « visage » lumineux et l’« œil » des dieux, qui remplit le ciel, la terre et l’espace intermédiaire d’ordre et de visibilité. Il dépeint le char du Soleil et le passage de la nuit au jour comme un trajet cosmique conforme à la loi, puis transforme cet événement en prière pour être délivré de la détresse et de la faute et pour s’étendre dans ṛta (l’ordre-vérité).
Sukta 1.116
Cet hymne est une louange-invocation (stuti et āhvāna) aux Aśvinau, célébrant leur char rapide et leurs « œuvres merveilleuses » (daṃsas) qui sauvent, guérissent et rétablissent l’intégrité. Il enchaîne des bienfaits remémorés — conduire une épouse en sûreté, accorder une main d’or, et bien d’autres secours — afin d’attirer les Jumeaux pour la protection présente, la prospérité et une longue vie à la vision intérieure non obscurcie.
Sukta 1.117
RV 1.117 est une invitation vigoureuse adressée aux Aśvinau (Nāsatyā), rapides médecins divins, à venir à l’offrande de Soma et à apporter leur vāja — des puissances victorieuses d’accroissement. L’hymne enchaîne des hauts faits de sauvetage célèbres (ranimer les vieillards, sauver les affligés, accorder prospérité et passage sûr), les prenant pour preuve de la fiabilité des Jumeaux et pour motif d’une aide présente. Son but est à la fois rituel — attirer les dieux au sacrifice — et pratique — obtenir guérison, protection et force florissante pour les adorants.
Sukta 1.118
Cet hymne est une invocation pressante à l’aube adressée aux Aśvinau, appelant leur char rapide, semblable au faucon, à venir pour l’aide, la guérison et un passage sûr. Il célèbre leurs sauvetages et restaurations renommés — relevant les affligés, secourant ceux en péril et renouvelant la vigueur — afin que le sacrifiant reçoive protection et prospérité à la venue quotidienne d’Uṣas (l’Aurore).
Sukta 1.119
Cet hymne est une invocation pressante à l’aube adressée aux Aśvins : que leur char aux pouvoirs multiples vienne au sacrifice, afin que l’adorant puisse « vivre véritablement » grâce à leur protection et à leurs dons. Il rappelle leurs sauvetages et restaurations exemplaires — le salut de Rebha, le rafraîchissement d’Atri, la prolongation de la vie de Vandana — et s’achève par l’octroi à Pedu d’une force victorieuse au moyen du célèbre cheval blanc Śveta, présentant les Jumeaux comme des guérisseurs rapides, des secourables et des auxiliaires de bataille.
Sukta 1.120
Cet hymne est une invocation directe et en quête adressée aux jumeaux Aśvin, demandant quelle offrande et quelle disposition intérieure leur plaisent vraiment et attirent leur secours. Il les loue comme des sauveurs qui tirent les êtres hors de l’étroitesse et du danger, et sollicite leur protection et leur puissance d’éveil afin que soient surmontés la torpeur, le mal et la jouissance simplement complaisante.
Sukta 1.121
RV 1.121 est un hymne de création méditatif qui aborde l’origine du cosmos par le questionnement, tournant autour du Seigneur caché invoqué comme « Ka » (« Qui ? »). Il loue la puissance sustentatrice du Créateur — donateur de vie, de souffle et d’ordre — et fait de l’enquête un acte de culte et une prière pour la protection et la prospérité.
Sukta 1.122
Cet hymne invoque Rudra avec les Maruts, demandant que le Soma bien gardé et le sacrifice soient portés en avant vers la puissance guérisseuse et bienveillante qui commande l’armée des tempêtes. Il mêle la louange de la force divine — se tenant entre ciel et terre — à des prières pour la protection, la vitalité et un élan victorieux dans la vie. Le ton est à la fois saisi d’effroi et intime : on s’approche du Rudra redoutable et sauvage par le rite ordonné et par la force collective des Maruts.
Sukta 1.123
Cet hymne célèbre Uṣas (l’Aurore) comme la puissance qui s’élève des ténèbres, révèle le monde et remet la vie humaine en mouvement sous Ṛta (l’ordre cosmique). Il oppose la Nuit et l’Aurore comme des forces alternantes, et prie pour que la venue de l’Aurore établisse chez l’adorant un kratu (volonté, dessein) favorable et justement orienté, ainsi que l’abondance et la générosité.
Sukta 1.124
Cet hymne à Uṣas célèbre l’Aurore comme la puissance qui allume Agni, déploie la vaste lumière du Soleil et met tous les êtres — bipèdes et quadrupèdes — en mouvement juste et en juste finalité. Par une imagerie féminine saisissante, le poète loue Uṣas comme une bienfaisante éveillante qui clarifie les eaux de la vie, apporte richesse et auspice, et renouvelle chaque jour l’ordre du monde. L’hymne s’achève sur une demande formelle de son aide protectrice et d’une vigueur et prospérité abondantes.
Sukta 1.125
RV 1.125 loue Dakṣiṇā — la puissance sacrée du don — et montre comment donner et recevoir justement engendrent la prospérité, accroissent la vie et la lignée, et attirent des courants nourriciers d’abondance. L’hymne présente le dāna comme une loi du ṛta : les généreux sont protégés et enrichis, tandis que celui qui ne donne pas se trouve enfermé dans la peine et subit un amoindrissement social et spirituel.
Sukta 1.126
RV 1.126 est une dānastuti où Kakṣīvān célèbre la générosité et la munificence en quête de renommée d’un patron royal demeurant près du Sindhu, qui « mesure » de somptueux pressurages de soma et des richesses. L’hymne mêle louange publique (pour obtenir et faire circuler le śravas, la renommée durable) et imagerie vive de catalogue de dons — chevaux, rangs, abondance — et s’achève sur une vantardise ludique et réflexive : la récompense du poète n’a rien de modeste.
Sukta 1.127
Cet hymne loue Agni Jātavedas comme le Hotṛ qui conduit vers le haut, portant les offrandes à travers sa flamme et révélant la voie juste du sacrifice. Agni est invoqué comme le signe audible, tel une bannière, du yajña : il rassemble les dieux, affermit l’effort humain dans l’épreuve et accorde aux chantres la vision de près, la prospérité et l’énergie héroïque.
Sukta 1.128
RV 1.128 est un hymne à Agni qui établit le dieu du feu comme Hotṛ sans défaut, né pour les humains et assis sur le « siège » rituel d’Iḷā, prêt à porter les offrandes et l’amitié entre dieux et hommes. Il loue l’obéissance d’Agni à ṛta (sa « propre loi »), sa puissance d’apporter richesse et renommée, et sa protection contre les assauts extérieurs — parole hostile, tort nuisible et péché. L’hymne culmine dans l’intronisation communautaire d’Agni comme messager bien-aimé et perspicace, voyant omniscient, que même les dieux invoquent pour obtenir secours par des chants sacrés.
Sukta 1.129
Cet hymne à Indra demande au dieu d’atteler et de guider le « char » de la pensée inspirée du poète, afin que le chant devienne une parole véritable de voyant et apporte un accomplissement rapide. Il invoque à plusieurs reprises Indra comme rakṣo-han, « tueur des forces hostiles/ténébreuses », qui chasse la malveillance, la calomnie et les résistances tortueuses, protégeant le chanteur inspiré et sa communauté. La sukta mêle une réflexion poétique sur soi (comment le mantra devient efficace) à une supplication directe pour la protection, la victoire et l’engloutissement de la parole mauvaise et de l’intention mauvaise.
Sukta 1.130
Cet hymne est une invitation pressante adressée à Indra : qu’il vienne de loin au pressurage du soma et s’asseye parmi les adorants comme un roi dans sa propre demeure. Il loue Indra comme briseur de forteresses et dispensateur de force et de richesse, tout en présentant la parole façonnée des poètes comme un char qui « construit » et porte le dieu jusqu’au rite. Le but est protection et victoire : obtenir bétail, trésors et puissance grâce à la présence investie d’Indra et à sa garde.
Sukta 1.131
Cet hymne exalte Indra comme la puissance suprême devant laquelle le Ciel et la Terre s’inclinent, et que les dieux placent à la tête de toute œuvre divine. Il rappelle ses percées héroïques — brisant les forteresses et libérant les eaux — et le prie de châtier l’adversaire qui n’offre pas de sacrifice, ainsi que de protéger la voie de l’adorateur contre l’intention hostile et le malheur.
Sukta 1.132
Ce bref hymne à Indra invoque sa puissance, éveillée par l’aurore et allant d’un cours droit, pour la victoire dans le monde lumineux et la réussite au combat comme dans la joute. Il rappelle les hauts faits archétypaux d’Indra — l’ouverture de l’enclos de type Vala pour les Aṅgirasas et l’abattement des « têtes » d’obstruction empilées — afin que ses dons parviennent au fidèle directement et de façon propice. L’hymne souligne aussi le sacrifice conforme (le pressurage du Soma) et demande à Indra de dompter les sans-loi qui s’opposent au rite.
Sukta 1.133
Cet hymne est une invocation protectrice à Indra, guerrier irrésistible qui brise les forces hostiles, surtout les puissances yātu (sorcellerie, influences pervertissantes) cachées en des lieux secrets. Le poète prie Indra de piétiner, d’abattre et de chasser ces formations de ténèbres, tout en fortifiant la « grande protection » de l’adorant et en venant avec ses armes terribles et ses puissances trois fois sept.
Sukta 1.134
Cet hymne invite Vāyu, le Vent rapide, à venir le premier au pressurage du soma et à recevoir la première libation, apportant au rite la vérité élevée (sūnṛtā) et un esprit posé, connaissant. Il célèbre sa puissance vivifiante qui ouvre l’éclat de l’aurore, libère l’abondance comme une vache à lait, et le relie à la naissance des Maruts issus du ciel lumineux. Le but est double : rituel — assurer la présence de Vāyu au premier soma — et spirituel — accorder souffle, mouvement et clarté avec la puissance du sacrifice (makha).
Sukta 1.135
RV 1.135 est un hymne soma d’invitation qui appelle Vāyu — souvent dans la présence conjointe d’Indra‑Vāyu — à venir promptement vers le barhis largement étendu et à boire le Soma en premier. Il célèbre les ruisseaux de Soma, lumineux et rapides, leur passage à travers le filtre de laine, ainsi que les puissances irrésistibles de Vāyu, semblables aux rayons du soleil, qu’on ne peut retenir. Le but de l’hymne est d’assurer l’approche immédiate de la divinité, la première libation, et l’octroi aux sacrifiants de vigueur, d’exaltation enivrante et d’une volonté efficace (kratu).
Sukta 1.136
RV 1.136 est un hymne de louange et de supplication adressé aux « deux rois », principalement Mitra et Varuṇa en tant qu’Ādityas, dont la souveraineté inattaquable soutient ṛta (l’ordre cosmique et moral). Le poète offre la pensée comme oblation et souligne le Soma comme part pacificatrice pour Mitra–Varuṇa, demandant aux rois de rendre efficaces les desseins de l’adorant. À la fin, l’hymne s’élargit en un appel collectif à la protection divine : Agni, Mitra, Varuṇa (et les puissances alliées) accordent aux sacrifiants śarman (abri/paix, sécurité).
Sukta 1.137
Ce bref hymne invite Mitra et Varuṇa — gardiens royaux du ṛta, touchant le ciel — à s’approcher et à boire le soma fraîchement pressé. Il met en relief un soma préparé avec des pierres à presser et mêlé à une radiance « bovine » (lumière/savoir) ainsi qu’à du lait caillé, accordant l’offrande à l’aurore et aux rayons du Soleil. Le but est d’assurer la présence des dieux, leur joyeuse acceptation de la libation et l’établissement de l’ordre-vérité dans la sphère du sacrifiant.
Sukta 1.138
Ce bref hymne loue Pūṣan comme le guide infatigable, né de la puissance, dont la force et la louange du chanteur ne faiblissent jamais. Le poète sollicite l’« aide proche » de Pūṣan pour la réussite, la richesse et une compagnie sûre dans toute joute, affirmant une amitié inébranlable avec le dieu qui attelle tous les esprits au sacrifice.
Sukta 1.139
Cet hymne ouvre le sacrifice : il établit d’abord Agni dans l’esprit et sur l’autel, puis invite Indra‑Vāyu et enfin l’ensemble des dieux à s’approcher par la parole inspirée (dhīti). C’est une séquence liturgique d’« appel‑à‑s’approcher » (āvāhana) : le Soma est pressé pour Indra, des louanges sont offertes, et les Tous‑les‑Dieux — surtout les trois onzaines (33) — sont priés d’accepter le yajña et de s’en réjouir.
Sukta 1.140
RV 1.140 est un hymne à Agni qui invite le feu de l’autel à prendre place dans un « sein » (yoni) bien préparé et à resplendir comme un char de lumière pur, dissipant les ténèbres. Il tisse l’imagerie rituelle (allumage, vêtement, offrande) avec la régénération cosmique, présentant Agni comme le connaisseur qui rassemble les puissances, renouvelle les formes et relie les Parents divins (Ciel et Terre) aux Fleuves qui s’écoulent, afin d’éveiller l’hymne et d’assurer nourriture et bienfaits.
Sukta 1.141
Cet hymne loue Agni comme l’éclat visible né de la force, puissance qui mène en avant et porte la pensée et le sacrifice le long des courants du ṛta (ordre cosmique). Agni est dépeint comme poussé par le vent, rapide, né pur, et pourtant capable de traverser les ténèbres, ouvrant des voies à travers les mondes. Le sūkta s’achève sur une aspiration commune : par une louange vigoureuse et une offrande juste, que les adorants obtiennent une maîtrise plus vaste et franchissent l’obstacle, comme le Soleil au-delà de la brume.
Sukta 1.142
Cet hymne est principalement une invocation d’Agni qui ouvre le sacrifice : on allume Agni et on le prie d’amener les dieux, de « tendre l’antique fil » du rite et de faire asseoir les puissances divines sur le barhis (l’herbe sacrificielle). À mesure que la liturgie se déploie, des divinités alliées telles que la Nuit et l’Aurore sont accueillies comme gardiennes du Ṛta (l’ordre cosmique), et l’hymne s’achève en invitant les hôtes principaux à prendre part aux offrandes rendues efficaces par le svāhā.
Sukta 1.143
Cet hymne de huit strophes loue Agni comme la puissance du sacrifice toujours renouvelée — assis sur la terre en tant que ṛtvij et soutenu par les Vasus —, lui qui établit le rite et l’ordre (ṛta). Agni est invoqué dans son mystère aquatique comme Apām Napāt, comme un redoutable écarteur d’obstacles qui « défriche les forêts », et enfin comme un gardien sans clignement, prié de protéger le peuple par des défenses infaillibles.
Sukta 1.144
Cet hymne loue Agni en tant que Hotṛ — le prêtre divin qui s’avance le premier dans le rite et établit le sacrifice en élevant une intention (dhī) pure et lumineuse. Agni y est dépeint comme intemporel et toujours jeune, servi par des puissances par paires, comme la Présence visible qui se tourne vers la parole offerte et rend l’offrande féconde. Le but de la sūkta est à la fois extérieur (allumage et juste accomplissement) et intérieur (éveil de la volonté, de la clarté et de la juste orientation vers Ṛta).
Sukta 1.145
Ce bref hymne en triṣṭubh loue Agni comme la puissance omnisciente qui vient lorsqu’on l’invoque, entend chaque parole et porte en lui à la fois les commandements véridiques et les accomplissements du rite. Agni y est dépeint comme rapide et victorieux : il rassemble les énergies pour le sacrifice et révèle aux mortels les fonctionnements cachés (vayunā) accordés à ṛta, l’ordre cosmique. Le but de l’hymne est d’établir Agni comme médiateur sûr et guide intérieur, dont la connaissance rend le yajña efficace et porteur de vérité.
Sukta 1.146
Ce bref hymne à Agni célèbre le Feu comme un être cosmique — « à trois têtes » et « à sept rayons » — né au giron des deux parents et emplissant les claires régions du ciel. Il suggère aussi la naissance cachée d’Agni issue des bois d’allumage, ainsi que les « deux vaches » nourricières (puissances jumelles) qui tournent autour d’un seul veau, image des forces appariées qui soutiennent le feu sacrificiel et la voie ordonnée de l’Immense.
Sukta 1.147
Ce bref hymne à Agni demande comment les adorants, purifiés et pleins d’ardeur, doivent offrir correctement dans le feu afin que résonne le chant des dieux de ṛta (l’ordre cosmique). Il rappelle la protection qu’Agni accorda aux auxiliaires « Māmateya » au milieu d’une obscurité aveuglante et prie pour être préservé du mal, des intentions hostiles et des duplicités trompeuses parmi les mortels. Dans l’ensemble, c’est une invocation protectrice et instauratrice d’ordre, qui accorde le sacrifice, la continuité familiale et la conduite juste avec la garde d’Agni.
Sukta 1.148
Ce bref hymne à Agni loue le Feu divin comme le Hotṛ aux mille savoir-faire, établi parmi les lignées humaines après que Mātariśvan l’eut « fait jaillir par le frottement » et l’eut affermi. Il dépeint Agni saisi et conduit en avant dans le rite par la louange, tel des chevaux de char impatients, et affirme son inviolabilité : nulle puissance hostile ne peut l’atteindre, car des gardiens éternels protègent sa marche en avant.
Sukta 1.149
Ce bref hymne loue Agni comme le seigneur de l’abondance, qui vient au siège de la richesse lorsque le Soma est pressé, et dont la puissance rayonnante attise et « ouvre » la forteresse de l’être. Agni est célébré comme rapide tel un coursier, lumineux comme le Soleil, et comme le dvijanman (deux fois né) Hotṛ qui distribue au fidèle généreux des richesses désirables et la renommée.
Sukta 1.150
Ce bref hymne à Agni est une prière personnelle de refuge : l’adorant appelle sans cesse Agni comme « l’un des siens », cherchant abri dans l’immense puissance protectrice du dieu. Agni est loué comme la force divine qui écarte du chemin les hostiles et les avares, ne se rangeant jamais du côté des impies, et comme la lumière qui mène en avant, par laquelle les mortels sont inspirés et croissent dans le « ciel » d’une conscience plus haute.
Sukta 1.151
Cet hymne loue Mitra et Varuṇa comme les jumeaux seigneurs bien‑aimés qui soutiennent ṛta (l’ordre cosmique) et gardent les êtres dès la naissance, répondant à la parole du voyant par protection et accroissement. Leur puissance est décrite comme ouvrant de « larges portes », libérant des flots purs et nourriciers, et faisant paraître l’aurore et la lumière du soleil ; il s’achève par la proclamation de leur divinité sans égale et de leur généreuse largesse.
Sukta 1.152
Cet hymne célèbre Mitra–Varuṇa comme des gardiens parfaitement accordés du ṛta (l’ordre cosmique), dont les puissances intactes et le gouvernement véridique portent l’adorant au-delà de l’anṛta (la fausseté). Par des images de paradoxe et de mystère (le « sans pieds » qui précède le « pourvu de pieds » ; l’embryon caché qui porte le fardeau), il désigne une intelligence ordonnatrice invisible qui soutient les mondes. Il se tourne aussi vers la nourriture rituelle et la parole inspirée, demandant des vayunāni (discernements, intuitions) et la protection toujours plus ample de la plénitude d’Aditi.
Sukta 1.153
Ce bref hymne en triṣṭubh invoque Mitra–Varuṇa comme une paire unie et leur demande d’accueillir des offrandes riches en ghee, apportées par les prêtres grâce à l’intuition (dhī) et à l’hommage révérencieux. Leur souveraineté est liée à ṛta, l’ordre cosmique ; Aditi y est dépeinte comme la Vache nourricière qui accroît l’abondance pour ceux qui s’accordent à la vérité. Le chant se clôt par une supplication pour le « lait » sustentateur et les eaux du Seigneur ancien — symboles de vie, de clarté et de juste ordre.
Sukta 1.154
Cet hymne proclame les «larges enjambées» héroïques de Viṣṇu, par lesquelles il mesure les espaces terrestres, affermit la station la plus haute et soutient le ciel et la terre comme un fondement triple. Il culmine dans la vision du «pas suprême» de Viṣṇu (paramaṃ padam), demeure rayonnante et recherchée, où les «vaches» lumineuses (rayons/aperçus) se meuvent sans fatigue, invitant l’adorant vers cette lumière suprême.
Sukta 1.155
Cet hymne loue Viṣṇu comme le protecteur immense et invincible, qui éveille la pensée inspirée et se tient ferme sur les hauteurs des montagnes. Il célèbre ses « larges enjambées » cosmiques, par lesquelles il mesure et soutient les mondes, reliant sa grandeur à l’ordre du sacrifice et à la victoire dans la joute. Le poète présente Viṣṇu à la fois comme le mesureur du cosmos et comme une puissance toujours jeune qui s’avance pour secourir les adorants.
Sukta 1.156
Ce bref hymne en triṣṭubh loue Viṣṇu comme le vaste et très ancien soutien du Ṛta (l’ordre cosmique), le priant d’être bienveillant à la manière de Mitra et de faire réussir l’hymne et le sacrifice. Il met en relief la présence expansive de Viṣṇu, son rôle d’établir le sacrifiant dans la « part du Ṛta », ainsi que sa compagnie divine avec Indra, qui donne force à l’action juste et à la clairvoyance.
Sukta 1.157
Cet hymne est une invocation à l’aube adressée aux Aśvins, au moment où Agni s’éveille, où Sūrya se lève et où Uṣas déploie sa lumière, marquant l’ordonnance du monde mise en mouvement par Savitṛ. Il prie les deux guérisseurs de venir promptement sur leur char, d’apporter vitalité et nourriture, de purifier des atteintes et de l’hostilité, et d’établir force et réussite pour l’officiant dévoué.
Sukta 1.158
Ce bref hymne du cycle de Dīrghatamas invoque les puissances jumelles identifiées aux Aśvins, louées par des épithètes de type rudrien comme des auxiliaires lumineux, vigoureux et aux pensées multiples. Passant de l’éloge à une prière de protection, il demande que le couple « ailé » ne tarisse ni ne disperse l’adorant, et s’achève sur une déclaration autoréférentielle où le brahman (parole/intuition sacrée) devient le cocher guidant les chercheurs vers les Eaux (Āpas), but caché de la quête.
Sukta 1.159
Cet hymne de cinq strophes loue Dyāvā‑Pṛthivī (le Ciel et la Terre) comme les grands parents qui font croître la vérité, soutiennent ṛta (l’ordre cosmique) et rendent efficace, dans l’assemblée, la vision sacrificielle. Il rappelle leur puissance génératrice : comment des Deux Mères naissent les forces qui établissent stabilité et mouvement ; et il s’achève sur une demande de prospérité (rayi) guidée avec clarté, liée à l’impulsion divine de Savitar.
Sukta 1.160
Cet hymne loue Dyāvā‑Pṛthivī (Ciel et Terre) comme les Parents universels, soutiens de la vérité, qui portent l’espace intermédiaire et établissent l’ordre et le bien‑être. Sūrya y est présenté comme le mobile pur et conforme à la loi entre eux; l’hymne suggère aussi une force ignée intérieure, purificatrice, qui nettoie les mondes et produit une nourriture lumineuse. Enfin, le voyant les implore pour bṛhat (vaste grandeur), la renommée, kṣatra (puissance protectrice) et une force intérieure fortifiante pour la communauté.
Sukta 1.161
Cet hymne raconte l’épreuve et la glorification des Ṛbhus — artisans divins —, encadrées par le rôle d’Agni comme dūta (messager) et par la célèbre transformation d’une unique coupe de bois (camasá) en plusieurs formes parfaites. Par des questions énigmatiques, un dialogue rituel et des allusions aux pressurages du Soma, il célèbre un savoir-faire qui devient puissance sacrée : l’ouvrage accordé à ṛta (l’ordre cosmique) obtient l’immortalité et la reconnaissance divine.
Sukta 1.162
RV 1.162 est un ensemble d’hymnes liturgiques associé à l’Aśvamedha, décrivant et sacralisant le cheval consacré comme porteur, né des dieux, de l’offrande, de la renommée et de la souveraineté. De nombreuses divinités sont invoquées comme témoins afin qu’aucune puissance divine ne relève de faute dans le rite, tandis que sont soigneusement prescrits les actes de préparation, d’oblation et d’assentiment communautaire. L’hymne s’achève en prières pour l’irréprochabilité (anāgas), une richesse qui soutient la vie, la descendance et le kṣatra — puissance dûment ordonnée — obtenus par la « force du cheval » du sacrifice.
Sukta 1.163
RV 1.163 est un hymne mystique à l’Aśva — à la fois le cheval consacré et une force vitale divine qui s’élève des profondeurs et se dirige vers la station suprême. Il célèbre la naissance merveilleuse, la puissance et l’ascension victorieuse du coursier, tout en avertissant que la quête du seul plaisir détourne le mortel vers une nourriture inférieure au lieu du « pas de Go » (lumière/rayon). L’hymne s’achève sur l’arrivée de l’Aśva au siège suprême, accueilli par les dieux, dispensant au donateur des plénitudes désirables.
Sukta 1.164
Le Rig-Véda 1.164 est le célèbre « hymne-énigme » de Dīrghatamas, qui expose l’ordre cosmique (ṛta) au moyen d’énigmes superposées : l’Unique réalité dite de multiples façons, les cycles du temps, la parole, et le symbolisme sacrificiel du feu, du soleil, des eaux et de la vache. Plutôt qu’une prière linéaire, c’est une carte contemplative du fonctionnement des puissances universelles (viśvedevāḥ) — des origines cachées à la vie manifestée — entraînant l’auditeur à voir l’unité derrière la multiplicité.
Sukta 1.165
RV 1.165 est un dialogue dramatique entre Indra et les Maruts, encadré comme une louange : le poète s’interroge sur l’éclat et la puissance unifiés des Maruts, tandis qu’Indra affirme sa victoire indépendante sur Vṛtra et ses bienfaits envers les humains. L’hymne négocie la préséance divine et l’alliance — comment les dieux de l’orage et le Foudroyant agissent de concert — et s’achève par une invitation aux Maruts à venir avec leur « troupe » de force et à accorder vigueur, protection et accroissement.
Sukta 1.166
RV 1.166 est un hymne vigoureux aux Maruts, rappelant leur « naissance » impétueuse, leur marche tonitruante et leur puissance guerrière qui écarte les obstacles et protège l’adorateur favorisé. Agastya loue leur force aux vastes effets et leur demande de garder la maison — surtout la descendance et la croissance — tout en accordant l’énergie de triompher dans les joutes de la vie. L’hymne s’achève par l’offrande du chant lui-même, moyen par lequel les Maruts sont conviés à venir avec nourriture et capacité victorieuse.
Sukta 1.167
Cet hymne de la collection d’Agastya invoque les puissances mille fois déployées d’Indra — aide, nourriture, richesse et « vājāḥ » victorieux (forces d’accomplissement) — afin d’attirer vers les adorants abondance et protection. À mesure que la louange se déploie, les Maruts (alliés orageux d’Indra) et le rite du pressurage du Soma passent au premier plan, montrant comment l’hymne, l’offrande et le chant inspiré « installent » la force au sein de la communauté. Le sukta s’achève par la présentation directe du stoma (hymne) aux Maruts, en quête d’un bien-être incarné, d’ampleur et d’une efficacité durable.
Sukta 1.168
Cet hymne invoque les Maruts comme une troupe unie et rapide, allant de sacrifice en sacrifice, mettant en branle les pensées inspirées et accordant une progression « au juste cours » à travers les deux mondes. Le poète s’émerveille de leur vaste portée et de leur puissance de tempête qui brise ce qui est compacté, dégage des passages et libère des forces pour la vie et la victoire. Il s’achève en offrant un chant de louange soigneusement composé et en invitant les Maruts à venir avec nourriture et énergie fortifiante pour le bien-être incarné.
Sukta 1.169
Cet hymne loue Indra comme le vaste protecteur lumineux et le vainqueur qui brise les obstacles, agissant de concert avec les Maruts. Il demande la faveur chère d’Indra (sumná), une juste conduite sur la voie du ṛta (vérité/ordre) et l’ouverture des « forteresses », afin que les adorants avancent avec force, lumière et abondance.
Sukta 1.170
Ce bref hymne en triṣṭubh, formulé dans un cadre dialogué, met en scène la tension puis la réconciliation entre Indra et les Maruts, avec le voyant Agastya comme médiateur. Il s’ouvre sur une incertitude gnomique quant à ce qui peut être su et sur l’instabilité de « l’esprit d’autrui », puis se tourne vers le rétablissement de la concorde afin qu’Indra accepte les offrandes conformément à ṛta (l’ordre cosmique). L’intention est à la fois rituelle (assurer la participation d’Indra avec les Maruts) et éthico‑psychologique (redresser la volonté, la parole et l’alliance).
Sukta 1.171
Cet hymne est l’apaisement pressant et l’invocation des Maruts par Agastya — rapides puissances de l’orage —, les priant de déposer leur colère, de dételer leurs coursiers et de convertir leur force en une aide propice et bienfaisante. Une tension sourde affleure : le chantre tremble devant la puissance écrasante d’Indra et cherche le juste accord entre Indra et les Maruts afin que le sacrifice et la communauté soient protégés et fortifiés. Ainsi, la sukta canalise l’énergie divine farouche vers une action ordonnée et bénéfique, par la prière, la retenue et l’offrande correcte.
Sukta 1.172
Ce bref hymne en mètre gāyatrī invoque les Maruts pour une approche rayonnante et de bon augure, ainsi que pour leur aide vive et protectrice. Il leur demande de repousser au loin les projectiles hostiles et les coups écrasants, et de dégager les alentours comme on enlève une masse d’herbe tombée, afin que l’adorant puisse s’élever « vers le haut » dans la vie et le bien-être.
Sukta 1.173
Cet hymne est une stotra à Indra : il s’ouvre sur l’élan de chanter le chant né du ciel et de manifester, par la louange, le « svar » rayonnant — l’ampleur solaire. Il se tourne ensuite vers Indra, héros qui marche en tête dans le conflit et sur les voies, le priant d’accorder le juste passage (gātu), la victoire et une abondance promptement donnée pour la communauté.
Sukta 1.174
Cet hymne est un appel vigoureux à Indra, souverain parmi les dieux, pour qu’il garde la force humaine (nṛ) de l’adorant et le fasse passer sain et sauf à travers les dangers. Indra y est loué comme Satpati et Sahodā — maître du véritable ordre et dispensateur de puissance —, qui abat les non-généreux et fortifie la lignée juste, le courage et la victoire dans la joute. La prière finale demande qu’Indra soit entièrement « nôtre », le protecteur le plus à l’épreuve des loups, accordant la plénitude motrice (iṣ) et la largesse prompte nécessaires pour l’emporter.
Sukta 1.175
Cet hymne de six strophes en triṣṭubh invoque Indra, fortifié par le Soma, en louant l’élan d’ivresse exaltante (mada) qui fait de lui le champion « aux mille victoires », et en lui demandant de renouveler pour les adorants une puissance victorieuse. Il rappelle les sauvetages mythiques d’Indra — recouvrer le Soleil/la lumière, frapper Śuṣṇa et secourir Kútsa — afin que la même force décisive brise les obstacles présents et accorde vigueur, gain et dons rapides.
Sukta 1.176
Cet hymne de six strophes invoque Soma (Indu) comme la force vivifiante, semblable à un taureau, qui entre en Indra et rend sa puissance irrésistible au combat et dans l’acquisition des richesses. Il demande que les non-offrants (ceux qui ne pressent pas le Soma) soient contenus, et que les gains et les délices du rite affluent vers les véritables célébrants, comme ils affluèrent jadis vers les anciens voyants.
Sukta 1.177
Cet hymne de cinq strophes est une invitation pressante à Indra — roi des peuples, semblable à un taureau — à venir promptement sur son char avec les deux Haris, attiré par la louange et le Soma pressé. Il souligne la promptitude d’Indra à secourir le chanteur, à accorder renommée et force, et à conduire les adorants vers un état lumineux et victorieux (un renouveau semblable à l’aurore) et vers une réussite dans l’accomplissement.
Sukta 1.178
Ce bref hymne à Indra est un appel direct à l’« écoute prompte » (śruṣṭi) du dieu : le poète demande à Indra de ne pas négliger l’aspiration croissante de l’adorant et d’accorder une richesse et une force englobantes. Indra est loué comme vainqueur des combats et auditeur attentif de l’appel du chanteur ; il fait avancer le char du généreux patron et protège ses dévots contre des ennemis orgueilleux. La visée de l’hymne est pratique et dévotionnelle : obtenir, par la louange et l’offrande, protection, victoire et abondance durable.
Sukta 1.179
Ce bref hymne dialogué met en scène la tension entre le long labeur ascétique d’Agastya et l’appel de Lopāmudrā vers l’union conjugale, le désir (kāma) et l’accomplissement génératif. Le désir n’y est pas traité comme une simple indulgence, mais comme une force qui, libérée à propos et de manière juste, soutient la descendance, la vigueur et l’efficacité des bénédictions du voyant. L’hymne s’achève lorsque Agastya transforme son tapas en fécondité et offre aux dieux de « vraies bénédictions » (satyā āśiṣaḥ).
Sukta 1.180
Cet hymne invoque les Aśvins — rapides guérisseurs et sauveurs divins — en louant leur char aux roues d’or, qui traverse les mondes et accompagne Uṣas (l’Aurore). On leur demande d’atteler leurs attelages, de libérer l’abondance par leur puissance innée (svadhā) et d’accorder un « bon passage » (suvitā) nouveau et sans obstacle, menant à la victoire, à la nourriture et au bien-être.
Sukta 1.181
Cet hymne invoque les Aśvinau comme des auxiliaires rapides et aimés, qui « relèvent » les adorants et leur ouvrent les voies, surtout dans les moments de besoin. Il loue leur course rayonnante à travers les mondes, leurs puissances vivifiantes et leur jeunesse infaillible pour le sacrifiant qui offre comme il convient. Le poète demande un espace élargi (varivas), le dépassement victorieux des épreuves et une largesse prompte, grâce à leur arrivée opportune.
Sukta 1.182
Cet hymne aux Aśvin invite les jumeaux, guérisseurs divins, à venir sur leur char rapide, à ranimer la pensée inspirée et à accorder le « faire‑juste » (sukṛta) par leur aide pure et lumineuse. Il rappelle leurs sauvetages célèbres — surtout celui du fils de Tugrya, sauvé à travers des eaux dangereuses — et transforme ce souvenir en une demande présente de nourriture, de victoire sur la détresse et de dons durables lors de la séance de Soma.
Sukta 1.183
Ce bref hymne aux Aśvin invoque les jumeaux divins guérisseurs afin qu’ils attellent leur char merveilleux, rapide comme la pensée, et qu’ils arrivent sains et saufs à la demeure bien préparée du sacrifiant. Le poète demande protection en chemin, leur offre la part qui leur est due et célèbre, grâce à leur secours, le passage des ténèbres vers l’autre rive lointaine, sollicitant nourriture, levée des obstacles et puissance de don prompt.
Sukta 1.184
Cet hymne appelle les Aśvinau (Nāsatyā), les jumeaux divins, à venir à l’aube par les voies « parcourues par les dieux » et à apporter leurs dons miellés : secours, guérison et prospérité. Le poète les invoque « encore et encore », demandant un passage sûr au-delà des ténèbres et des obstacles, vers la plénitude, la vigueur et la bonne fortune des adorants.
Sukta 1.185
Cet hymne médite l’alternance tournoyante du Jour et de la Nuit et, par extension, la dualité ordonnée qui soutient le monde. Il s’émerveille de leur origine mystérieuse, loue leur constance cosmique sous ṛta (l’ordre‑vérité) et, enfin, implore le Ciel‑et‑la‑Terre, parents universels, de protéger, nourrir et guider le sacrifiant vers une prospérité durable et un juste élan.
Sukta 1.186
Cet hymne est une litanie d’invitation qui appelle Savitṛ, dans son aspect Viśvānara (« tout‑pénétrant, présent en tout homme »), à entrer dans le sacrifice avec les courants illuminés de l’offrande et à élargir la volonté inspirée de l’adorant afin qu’elle embrasse tout le monde en mouvement. À mesure que la louange se déploie, des divinités alliées — surtout Tvaṣṭṛ et Indra Vṛtrahan — sont invoquées pour participer à un même « abhipitva » (demeure/communion intime), accordant vigueur, stabilité bien assise et richesses durables. L’hymne culmine dans l’image de la dīdhiti (clair attisement/illumination intérieure) comme présence soutenante, par laquelle le chercheur œuvre parmi les dieux et en vient à connaître la forte cohorte des bienfaits.
Sukta 1.187
Cet hymne loue Soma comme la « Boisson » sacrée (pitu) qui établit la résolution divine, fortifie les dieux et donne la puissance de vaincre l’obstacle symbolisé par Vṛtra/Ahi. Il mêle l’identité rituelle de Soma (pressé, offert, partagé dans le sadhamāda) à un rôle cosmique : rétablir l’ordre juste (dharma) et libérer puissance et lumière pour les dieux comme pour les adorants.
Sukta 1.188
Cet hymne allume Agni comme le roi rayonnant de l’espace intermédiaire et l’invoque comme le messager inspiré qui porte les offrandes à tous les dieux. Par une suite d’invitations — surtout aux puissances de l’aurore — il recherche l’éclat, le juste ordre du sacrifice et l’accomplissement réussi de l’acte « svāhā », où Agni resplendit comme le chef de la troupe divine.
Sukta 1.189
Cet hymne est une prière à Agni, guide sage qui conduit l’adorant sur la « bonne voie » vers la prospérité et l’être juste, tout en écartant le péché récurrent et l’erreur intérieure. Il demande aussi à Agni de protéger la communauté contre des forces hostiles et malveillantes, et s’achève par l’offrande confiante d’une parole bien formée au puissant « fils de la Pensée », en quête d’abondance durable et de force victorieuse.
Sukta 1.190
Cet hymne loue Bṛhaspati comme le « taureau » infatigable de la parole inspirée, dont les chants lumineux sont entendus des dieux et des mortels en quête de renouveau. Il demande que la vraie richesse — force héroïque, juste direction et abondance féconde — ne soit accordée qu’aux dignes, et non à ceux qui s’approchent du divin seulement pour un gain agréable. Ainsi, la sukta relie la louange (stuti) à l’aptitude intérieure (adhikāra) et au juste usage de la parole sacrée.
Sukta 1.191
Cet hymne est une formule apotropaïque (protectrice) destinée à chasser des agresseurs invisibles—souvent compris comme du venin, des agents de maladie, des êtres hostiles ou des atteintes occultes qui «s’attachent» à une personne. Il nomme et neutralise les dards et poisons cachés, puis invoque le Soleil levant/Āditya comme le grand révélateur qui détruit ce qui agit en secret. La conclusion est antidotique et déclarative : le venin est rendu «sans saveur», c’est‑à‑dire privé de puissance.
Unlike the family books (Maṇḍalas 2–7) dominated by one lineage, Maṇḍala 1 compiles hymns from many ṛṣis and clans. Its breadth of styles, topics, and deity-address patterns reflects editorial gathering and liturgical expansion characteristic of later Rigvedic arrangement.
The hymns repeatedly present sacrifice as the engine of ṛta: Agni mediates the rite, Soma empowers gods and worshippers, and Indra’s victorious force releases waters and light. Prosperity, protection, and rightful sovereignty are portrayed as consequences of correct invocation and ordered ritual action.
RV 1.164 (attributed to Dīrghatamas) is renowned for brahmodya-style riddling that probes the hidden unity behind many divine names and forms. It is a key text for understanding Rigvedic symbolic thought about ṛta, speech, and the One reality.
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