
मण्डल 7
The Family Book of Vasishtha
La septième maṇḍala du Rigveda est le grand livre familial des Vasiṣṭha : elle fait entendre une voix sacerdotale étroitement unie, qui assure le rite du soma par la parole inspirée (brahman), la protection et la solidarité communautaire. Elle est renommée pour sa mémoire historique de la Bataille des Dix Rois (Dāśarājña), où l’autorité rituelle de Vasiṣṭha et la puissance guerrière d’Indra s’entrelacent avec le destin des tribus et des rois. À travers ses trois groupements d’anuvāka, le livre revivifie sans cesse le sacrifice en invitant Indra, les Maruts comme…
Sukta 7.1
RV 7.1 ouvre le livre de Vasiṣṭha en «faisant naître Agni» des araṇis et en l’intronisant comme gṛhapati (seigneur de la maison) et médiateur sacerdotal du sacrifice. L’hymne va de l’allumage manifeste d’Agni et de son éclat visible au loin à des requêtes de protection contre les rākṣasas et les forces hostiles, pour s’achever sur la demande qu’Agni élève le brahman du poète (parole sacrée) et assure le bien-être dans le don et la réception.
Sukta 7.2
Cet hymne de Vasiṣṭha allume Agni comme le prêtre rayonnant du sacrifice, le priant d’accepter le combustible, de flamboyer vers le haut et de s’étendre en harmonie avec les rayons de Sūrya. Il tisse tout le cadre du yajña — l’Aurore et la Nuit comme puissances de soutien, le siège sacré (barhis), la protection d’Aditi et l’arrivée d’Indra et des dieux — afin que l’offrande apporte suvitā (bon passage), abondance et joie divine.
Sukta 7.3
Dans cet hymne, Vasiṣṭha invoque Agni comme le messager (dūta) le plus digne et comme la puissance sacerdotale, solidement établie parmi les mortels tout en portant le ṛta, l’ordre-vérité. Agni est loué dans sa splendeur rayonnante, solaire et tonnante, et on le prie d’allumer la prospérité, l’intelligence claire (su-cetas/kratu) et un bien-être durable pour les chanteurs et leur communauté.
Sukta 7.4
Cet hymne de Vasiṣṭha attise Agni comme le feu lumineux, intérieur et extérieur, et invite les sacrifiants à lui apporter à la fois l’offrande (havya) et l’intention/pensée purifiée (mati). Agni est loué comme le connaisseur qui traverse toutes les naissances — divines et humaines — accordant immortalité, richesse et puissance héroïque à qui l’approche avec force et juste compréhension. L’hymne se clôt par une prière pour un bien-être durable (svasti) et des bénédictions pour le chanteur et tous ceux qui louent.
Sukta 7.5
Cet hymne invoque Agni en tant que Vaiśvānara — le feu universel qui circule entre le Ciel et la Terre et croît grâce à la vigilance des adorateurs éveillés. Il est loué comme le seigneur des peuples et le signe lumineux de l’aurore et du jour, puis on le supplie d’accorder une richesse abondante, une force fameuse (vāja) et une vaste protection en harmonie avec les Rudras et les Vasus.
Sukta 7.6
Cet hymne loue Agni comme la « puissance asura » souveraine (force spirituelle seigneuriale), allumée dans le bois sacré et se manifestant comme l’inspirateur et le protecteur du peuple. Agni est célébré pour détourner les êtres des ténèbres de l’ouest vers l’orient de la lumière, pour dompter les adversaires intérieurs et extérieurs, et pour distribuer des richesses depuis les profondeurs cosmiques jusqu’au ciel et à la terre.
Sukta 7.7
Dans ce bref hymne en triṣṭubh, Vasiṣṭha allume et loue Agni comme le puissant coursier divin et le messager connaissant qui porte le sacrifice aux dieux. Agni est établi dans la demeure humaine comme viśpati (seigneur des clans), à la parole douce et fidèle au Ṛta, et on le prie d’accorder aux chanteurs et aux donateurs nourriture, impulsion et bien-être durable.
Sukta 7.8
Cet hymne de Vasiṣṭha allume Agni comme une présence royale et noble, qui se tient à l’avant des Aurores et reçoit des offrandes nourries de ghee avec une louange révérencieuse. Il rappelle l’ample radiance d’Agni, semblable au soleil, et son secours protecteur accordé à Bharata et à Pūru dans le conflit, puis s’achève sur une prière directe pour la nourriture, l’élan et un bien-être durable pour les chanteurs et les patrons.
Sukta 7.9
Cet hymne à Agni (Jātavedas) célèbre le prêtre du feu qui s’éveille à l’aube, figuré comme l’amant se levant du giron d’Uṣas, et reprenant son œuvre de médiateur entre les hommes et les dieux. Il demande à Agni de remettre en ordre « l’être double » (vie intérieure et vie extérieure), d’établir les offrandes parmi les divinités, et d’accorder aux justes richesse, force et bien-être durable.
Sukta 7.10
Ce bref hymne à Agni dépeint le feu comme éclatant d’aurore : il répand au loin sa radiance, fulgure et réveille la pensée inspirée, tel l’amant d’Uṣas. Vasiṣṭha présente Agni comme le beau porteur des offrandes, allant selon la juste voie, et comme le guide des hommes qui, au fil des nuits sacrificielles, apporte richesse et présence divine.
Sukta 7.11
Cet hymne de cinq strophes invoque Agni comme le Hotṛ par excellence, qui rend le sacrifice intelligible et efficace ; sans lui, même les Immortels n’atteignent pas leur joie. On prie Agni de venir avec les Viśve Devāḥ, d’accomplir l’offrande « à la manière des hommes », de servir de messager et de protecteur contre la parole hostile, et enfin d’établir le rite parmi les dieux au ciel pour un bien-être durable.
Sukta 7.12
Ce bref hymne de Vasiṣṭha s’approche d’Agni avec une « grande révérence », le louant comme la flamme juvénile qui resplendit lorsqu’elle est allumée dans sa propre demeure et dont l’éclat pénètre les deux mondes. Agni est invoqué comme Jātavedas, le connaisseur des naissances, afin de surmonter toutes les épreuves et de préserver les adorants de la détresse et de la faute morale. Dans une identification culminante, Agni est acclamé comme incarnant les fonctions de Mitra et de Varuṇa, et on le prie d’accorder des trésors, des accomplissements réussis et un bien-être durable.
Sukta 7.13
Ce bref hymne en trois strophes de Vasiṣṭha invoque Agni sous sa forme Vaiśvānara, feu purificateur universel qui emplit le monde, détruit les puissances hostiles et dégage les obstacles. Il célèbre la naissance d’Agni comme un événement cosmique qui remplit les deux mondes et délivre les dieux de l’oppression. L’hymne s’achève sur une prière demandant qu’Agni révèle le « chemin » du brahman (parole/aspiration sacrée) et que les puissances divines protègent les adorants par un bien-être durable.
Sukta 7.14
Ce bref hymne de Vasiṣṭha est une invocation concise d’Agni pour le sacrifice : les poètes allument Jātavedas avec le samidh (bois/combustible rituel), la louange et les oblations, lui demandant d’accueillir l’appel vaṣaṭ et d’amener les dieux. Il souligne l’identité du sacrifiant comme donateur révérencieux (dāśat) et se clôt par une demande de svasti durable (bien-être/protection) grâce à la médiation d’Agni.
Sukta 7.15
Cet hymne de Vasiṣṭha invoque Agni comme l’allié divin le plus proche et le plus intime — présent au sacrifice et au sein de la maison — dans la « bouche » duquel on verse l’offrande. Il prie Agni de briller à travers les nuits et les aurores, de faire des adorateurs de véritables allumeurs du feu, et de les garder du péché, de l’oppression et des desseins hostiles, de jour comme de nuit.
Sukta 7.16
RV 7.16 est un hymne de Vasiṣṭha qui invoque Agni comme le bien-aimé, le guide du sacrifice le plus clairvoyant — « le messager de tous » —, portant les offrandes aux dieux et mettant de l’ordre dans le rite. Agni y est loué comme Hotṛ/Vahni, façonné par les dieux pour illuminer l’adhvara ; on le prie d’asseoir les voyants et les patrons dans l’heureux auspice, accordant trésor, force héroïque (suvīrya) et juste direction parmi les peuples.
Sukta 7.17
Ce bref hymne à Agni invite à allumer le feu parfaitement, avec un bon combustible et un barhis bien étendu, afin que le sacrifice devienne vaste et digne des dieux. Agni, en tant que Jātavedas, est loué comme celui qui ordonne le rite, amène les Immortels et accroît leurs puissances par l’offrande correcte ; l’hymne s’achève par une prière pour des « trésors » (ratna) répartis aux adorateurs.
Sukta 7.18
Cet hymne à Indra, attribué à Vasiṣṭha, célèbre Indra comme le refuge ancestral des Bharatas — dispensateur de bétail, de chevaux et de victoire — et rappelle son aide décisive dans les conflits tribaux. Il loue l’amitié d’Indra avec les voyants inspirés et raconte comment les adversaires sont renversés, tandis que ceux qui choisissent l’alliance d’Indra obtiennent des « jours lumineux », la prospérité et une autorité assurée.
Sukta 7.19
Cet hymne en triṣṭubh de Vasiṣṭha invoque Indra comme le taureau redoutable aux cornes aiguës, qui met peuples et puissances en juste mouvement et conduit le sacrifiant vers un passage plus lumineux. Il relie les dons et victoires antiques d’Indra à la prospérité du roi offrant (Sudās), attelant ses coursiers fauves par le mantra et l’oblation afin d’obtenir vāja (plénitude, force). L’hymne se clôt par une prière directe pour une protection durable, des stations stables et le bien-être grâce à l’aide d’Indra, « poussé par le brahman » (la parole de vérité).
Sukta 7.20
Cet hymne à Indra de Vasiṣṭha loue le dieu farouche et jeune, qui prépare les eaux et accomplit des œuvres bénéfiques aux hommes, sauvant les dévots même d’une grande faute et de la confusion. Il enseigne que le service révérencieux et le sacrifice offerts à Indra affermissent la personne et l’esprit, conduisant à une prospérité durable enracinée dans ṛta (l’ordre cosmique). L’hymne s’achève en prière pour une inspiration (iṣ) centrée sur Indra et un bien-être durable pour le poète et les généreux donateurs qui vivifient le rite.
Sukta 7.21
Cet hymne de Vasiṣṭha invoque Indra lors du pressurage du soma, l’exhortant à « s’éveiller » au sacrifice et à la louange du poète dans l’ivresse exaltante du soma. Il célèbre l’immensité d’Indra et sa puissance irrésistible — surtout sa mise à mort de Vṛtra — et transforme cette victoire cosmique en prière concrète pour la force, la prospérité et une protection continue des adorants.
Sukta 7.22
Cet hymne est l’invitation au Soma adressée par Vasiṣṭha à Indra : le Soma pressé est exhorté à être bu afin que s’éveillent la puissance d’Indra et sa joie expansive, pour la victoire et la protection. Le poète loue la maîtrise rapide et souveraine d’Indra, affirme le souvenir continuel de son nom et sollicite la même amitié bienveillante qu’Indra accorda aux voyants d’autrefois comme à ceux d’aujourd’hui. Il se clôt sur un vœu protecteur de bien-être durable (svasti), étendant l’appel aux puissances divines alliées qui sauvegardent l’adorant.
Sukta 7.23
Dans cet hymne de six strophes en triṣṭubh, Vasiṣṭha (parlant aussi au nom du clan des Vasiṣṭha) élève vers Indra des prières de combat victorieuses, le priant d’entendre, de venir promptement et d’accorder force, renommée et protection. L’hymne relie la louange justement inspirée à ṛta (vérité/ordre cosmique), présentant Indra comme la puissance expansive qui distribue vāja (force de victoire, plénitude) à ceux qui s’approchent avec dhī (pensée illuminée). Il se clôt par une brève bénédiction : qu’Indra établisse une prospérité riche en héros et en bétail, et que les gardiens divins maintiennent les adorants dans un bien-être durable.
Sukta 7.24
Ce bref hymne à Indra invite le Seigneur souvent invoqué au siège préparé dans le rite, le priant de venir avec ses puissances, de se réjouir du brahman (parole sacrée) et de fortifier les adorants d’une force victorieuse. Le poète demande protection, élargissement de l’espace (levée des pressions/obstacles), richesses et l’élan vivifiant qui soutient les généreux patrons et une descendance héroïque. Il se clôt par une prière pour un bien-être durable (svasti) sous Indra et ses auxiliaires divins alliés.
Sukta 7.25
Cet hymne de six strophes en triṣṭubh, composé par Vasiṣṭha, invoque Indra comme le protecteur farouche qui mène au combat, dont la puissance fulgurante affermit l’armée et assure la victoire. Le poète prie Indra de demeurer concentré, d’accorder jour après jour un refuge durable et une protection, et de combler les adorateurs d’abondance, de force et de bien-être.
Sukta 7.26
Ce bref hymne de Vasiṣṭha exhorte Indra à ne répondre que lorsque le Soma est correctement pressé et que la parole de louange (brahman/uktha) est justement formée, affirmant que la justesse rituelle et la parole inspirée « réjouissent » ensemble le dieu. Il rappelle la puissance toujours renouvelée d’Indra pour briser les « fronts » hostiles et lever les obstacles, et s’achève en demandant une force millefold, une richesse de victoire et un bien-être durable pour les adorants.
Sukta 7.27
Ce bref hymne à Indra de Vasiṣṭha invoque Indra comme la puissance fondamentale que les chercheurs appellent lorsqu’ils attellent leurs pensées vers le but plus lointain. Il célèbre la royauté d’Indra sur le monde divers et lui demande de pousser vers l’adorateur richesse et protection — figurées par des vaches, des chevaux et des chars — en accordant un vaste espace (varivas) et un bien-être durable (svasti).
Sukta 7.28
Ce bref hymne à Indra est une invitation précise à ce que le dieu tourne ses puissances vers le sacrifice du poète et entende leur appel particulier parmi la multitude de ceux qui l’invoquent. Il loue Indra comme celui qui rassemble et conduit le peuple en effort, qui met en mouvement même l’inertie, et qui accorde de « grandes richesses » à ceux qui façonnent et chantent le brahman — la parole inspirée et formatrice. L’hymne se clôt sur une demande de protection durable et de bien-être (svasti).
Sukta 7.29
Ce bref hymne de Vasiṣṭha invite Indra au pressurage du soma, l’exhortant à venir promptement, à boire le soma bien pressé et à accorder de généreux dons (maghāni). Il mêle une louange assurée à une question franche sur l’offrande capable de satisfaire véritablement Indra, puis se résout en un vœu de dire la parole vraie d’Indra et en une prière pour un bien-être durable et la protection.
Sukta 7.30
Ce bref hymne à Indra, issu de la tradition de Vasiṣṭha, appelle le « Puissant » à venir avec force, à accroître la richesse de l’adorant et à établir une souveraineté victorieuse dans le conflit. Il relie l’éclat martial d’Indra — dressant dans les batailles l’étendard de la lumière — au sacerdoce intérieur d’Agni, qui convoque les dieux pour le bien-être. L’hymne se clôt en louant Indra comme dispensateur de grandes richesses et comme aide sûre du chantre qui « façonne le brahman », et s’achève par une prière pour une protection constante et l’auspice.
Sukta 7.31
RV 7.31 est un hymne de Vasiṣṭha à Indra, qui presse le puissant « Taureau » d’entendre le besoin pressant du clan et de le protéger contre la parole hostile, le blâme et la contrainte. Indra y est loué comme omniprésent et ferme dans ses vratas (lois de l’action) ; il affirme que les vrais voyants façonnent un brahman (puissance mantrique) efficace, accordé à son ordre. L’hymne fait office d’invocation et de bouclier : il appelle Indra au secours et ancre en lui le kratu (volonté/discernement) de l’adorant.
Sukta 7.32
Cet hymne en triṣṭubh de Vasiṣṭha appelle Indra à s’approcher du pressurage du soma et à écouter de près l’invocation du poète, affirmant qu’aucun mortel ne peut rivaliser avec le dieu « riche en secours ». Il entremêle l’éloge de la puissance et de la générosité d’Indra à un fil vigoureux de śraddhā (confiance/foi), force qui porte l’adorant vers la victoire et la plénitude. L’hymne s’achève en prière protectrice : qu’avec Indra pour compagnon les dangers cachés ne nous atteignent pas, et que nous franchissions au-delà des « eaux » obstructives et des descentes persistantes.
Sukta 7.33
RV 7.33 est un hymne auto-référentiel de Vasiṣṭha, qui appelle la troupe de voyants des Vasiṣṭhas à se rassembler tout près autour du barhis (l’herbe sacrée) et à protéger le rite ainsi que le chanteur. Il loue la puissance sacerdotale collective — illuminant comme Sūrya, vaste comme l’Océan et impulsant comme Vāta — afin que le stoma (hymne) parvienne à la communauté visée et déploie son efficacité. La clôture évoque le complexe du pressurage du soma (grāvan, uktha, sāman), présentant Vasiṣṭha comme le « frayeur de chemin » qui fait avancer le courant rituel.
Sukta 7.34
RV 7.34 est un hymne de Vasiṣṭha qui invoque Manīṣā — l’intelligence inspirée et lumineuse — comme une puissance divine portant le sacrifice en avant, telle un char solidement construit. Les strophes vont de la consécration de la pensée et de la parole à une radiance protectrice qui repousse l’hostilité et les atteintes du corps, et s’achèvent sur une vaste bénédiction appelant de nombreuses puissances divines et naturelles à accorder paix, refuge et bien-être durable.
Sukta 7.35
Cet hymne est une vaste bénédiction de śānti (paix) et de svasti (bien‑être) qui invoque de nombreux couples divins — surtout Indra uni à d’autres puissances — afin d’assurer aux adorants protection, juste progression et victoire. Il s’élargit des alliés rituels (Indra–Agni, Indra–Varuṇa, Indra–Soma, Indra–Pūṣan) aux soutiens cosmiques tels que Sūrya, les directions, les montagnes, les rivières et les eaux, demandant que toutes les orientations de la vie deviennent propices. La prière finale rassemble « tous les immortels dignes du sacrifice » pour accorder un bonheur qui s’étend au loin et une sauvegarde continue.
Sukta 7.36
Cet hymne ouvre le cycle de Vasiṣṭha en plaçant le rite dans l’ṛta (l’ordre cosmique) : la parole inspirée surgit du siège de la Vérité, Sūrya libère les « vaches » de lumière, et Agni est allumé au centre de l’autel. Il loue Agni comme la flamme médiatrice qui établit la clarté, la vitalité et la juste relation entre dieux et humains, tout en élargissant brièvement l’invocation à des puissances alliées (notamment Rudra, les Maruts et Viṣṇu) pour la protection et l’accroissement. Le but d’ensemble est de sanctifier le sacrifice — parole, lumière et feu œuvrant de concert — afin d’assurer le bien-être, la descendance et une force de vie expansive.
Sukta 7.37
Cet hymne (attribué à Vasiṣṭha) s’ouvre en conviant les Ṛbhus — également célébrés comme Vājas et Ṛbhukṣaṇas — aux pressurages du Soma sur leur char sans défaut, les priant de se réjouir des libations triples et d’accorder des puissances vastes. La prière s’étend ensuite à des puissances divines alliées (notamment Indra dans un verset et Savitar à la clôture), sollicitant un élan victorieux, la protection, ainsi que la venue des richesses et des « aides » (rādhāṃsi) depuis les hauteurs. Dans l’ensemble, c’est une convocation liturgique au rite du Soma, mêlant louange et demandes de maîtrise, d’abondance et de bien-être durable (svasti).
Sukta 7.38
Cet hymne invoque Savitar comme l’Impulseur divin qui élève et met en mouvement la « pensée d’or », éveillant l’intention juste, l’élan de l’action et les commencements auspices. Bhaga est rappelé comme le distributeur des parts ; on le prie d’attribuer richesse et bien-être, tandis que les puissances alliées du Ciel et de la Terre sont conviées pour la protection et l’accroissement. Le sukta s’achève dans une allégresse semblable au soma : les puissances immortelles, connaissant la vérité, sont exhortées à boire l’essence miellée et à s’avancer sur le devayāna, les voies tournées vers les dieux.
Sukta 7.39
Ce bref hymne de Vasiṣṭha loue Agni comme la flamme qui s’élève vers le haut et comme Hotṛ, le prêtre qui porte l’offrande sur la voie du ṛta (ordre de vérité) jusqu’aux dieux. Il décrit les dieux se rassemblant au siège rituel commun et demande à Agni d’accomplir le rite désiré, pour s’achever en bénédiction de puissance hymnique inspirée (arka) et de bien‑être durable (svasti).
Sukta 7.40
L’hymne s’ouvre par l’invocation de la vidathyā śruṣṭi — la puissance réceptive d’« écoute » de l’assemblée sacrée — afin que le stoma du poète soit justement accueilli et rendu efficace. Savitṛ est loué comme l’impulseur qui met en mouvement le don et l’abondance lumineuse ; puis le chant s’élargit en une supplication centrée sur l’ṛta à Varuṇa, Mitra, Aryaman, aux Eaux et à Aditi, pour qu’ils portent les adorants au-delà de la détresse. Il se conclut par une invocation collective du Ciel et de la Terre et des dieux ṛtāvān, afin d’accorder un hymne de lumière sans égal et une protection continue dans le bien-être.
Sukta 7.41
Cet hymne est une litanie de l’aube qui invoque sans cesse un cercle de divinités — Agni, Indra, Mitra-Varuṇa, les Aśvins, Bhaga, Pūṣan, Brahmaṇaspati, Soma et Rudra — afin que le jour commence dans l’ordre juste et sous une puissance de bon augure. Il demande le bhaga, la part de félicité et de chance, la protection et le « svasti » (bien-être) à travers toutes les phases du jour. La conclusion se tourne vers Uṣas (les Aurores), priant pour des aurores toujours renouvelées et prospères, qui « trait » une joie semblable au ghee et soutiennent la force vitale du sacrifiant.
Sukta 7.42
Cet hymne de six strophes de Vasiṣṭha fait avancer le sacrifice du Soma en invoquant des puissances rituelles de type Aṅgiras, les « vaches » ruisselantes du Soma et les pierres à presser, afin que l’œuvre (peśaḥ) de l’adhvara soit mise en mouvement avec succès. Agni y est loué comme l’Hôte divin bienvenu (atithi) qui, lorsqu’il est correctement reconnu et installé dans la maison / l’espace rituel, accorde des richesses désirables et une progression sûre. L’hymne se clôt par une prière brève, à la manière d’une phala-śruti, pour une vitalité élargie (iṣ), la richesse (rayi), la force (vāja) et une protection durable par svasti.
Sukta 7.43
Cet hymne en cinq strophes des Vasiṣṭhas s’ouvre par la louange de Dyāvā‑Pṛthivī (Ciel‑et‑Terre) comme vaste fondement, affermi par la parole révérencieuse dans le yajña. Il se tourne ensuite vers la liturgie pratique : l’invitation des dieux au barhis et la prière à Agni de consacrer le rite et de protéger le « devenir divin » du sacrifiant contre l’hostilité. La conclusion est une prière collective pour un bien‑être durable (svasti), la fermeté et une participation sans dommage à la prospérité partagée.
Sukta 7.44
Ce bref hymne de Vasiṣṭha s’ouvre sur un ample appel, délibérément énumératif, aux puissances divines secourables, conduites par Dadhikrāvan, afin d’établir protection, clarté et juste mouvement dans la vie comme dans le rite. Il relie l’éveil à l’aube et l’allumage d’Agni à l’élimination des duritā (passages nuisibles, traversées périlleuses) et à l’obtention d’une voie sûre, accordée au ṛta. La visée de l’hymne est à la fois pratique et spirituelle : assurer un passage de bon augure, le juste ordre et une écoute divine attentive pour le sacrifiant.
Sukta 7.45
Dans ce bref hymne en triṣṭubh, Vasiṣṭha invoque Savitṛ comme l’Impulseur divin qui parcourt l’espace intermédiaire avec ses coursiers, apportant des dons et la juste orientation pour la vie humaine. On prie Savitṛ d’« établir » les adorants dans une demeure convenable, de mettre leurs œuvres en mouvement, d’élargir l’intelligence lumineuse et d’accorder une nourriture qui soutient ainsi qu’une vaste vitalité. L’hymne s’achève en offrande de louange prononcée, demandant un bien-être durable et la protection.
Sukta 7.46
Ce bref hymne en triṣṭubh de Vasiṣṭha s’adresse à Rudra comme au puissant archer, dont la force rapide et acérée peut à la fois blesser et guérir. Le poète supplie que la puissance fulgurante et la colère de Rudra soient détournées, tout en invoquant ses « mille remèdes » pour la protection de la famille, de la descendance et la continuation de la vie. Le but de la sūkta est l’apaisement (śamana) et le bien-être (svasti) par une louange révérencieuse et une demande directe de miséricorde.
Sukta 7.47
Ce bref hymne en triṣṭubh de Vasiṣṭha loue les Āpaḥ (Eaux/Rivières) comme des purificatrices divines, dont la première vague, douce comme le miel, devient digne d’Indra et d’une offrande humaine. Il demande aux eaux de couler en harmonie avec la voie des dieux et les ordonnances d’Indra, et d’accorder aux adorants un vaste espace (varivas) et un bien‑être durable (svasti).
Sukta 7.48
Ce bref hymne en triṣṭubh de Vasiṣṭha invoque les Ṛbhus — R̥bhukṣaṇa et Vāja, puissances de perfection habile — afin qu’ils se réjouissent du Soma pressé et qu’ils « mettent en mouvement » des œuvres efficaces apportant force et victoire. Il relie leur artisanat aux effets étendus à la puissance héroïque d’Indra, demandant que les antiques ordonnances vraies prévalent et que la ruse de l’ennemi soit réduite à néant. L’hymne se clôt par un appel universel à tous les dieux, surtout aux Vasus, pour une vaste liberté (varivas), la nourriture et une protection constante par le bien-être (svasti).
Sukta 7.49
Ce bref hymne en triṣṭubh de Vasiṣṭha loue les Eaux divines (Āpaḥ) comme des puissances très anciennes, auto-purifiantes, qui se meuvent à travers le monde, et leur demande une protection immédiate et le bien-être. Il relie les Eaux à la force vivifiante d’Indra et à la surveillance morale de Varuṇa sur le vrai et le faux, présentant les eaux à la fois comme purificatrices physiques et comme gardiennes du ṛta. L’hymne culmine en situant Varuṇa, Soma, tous les dieux et Vaiśvānara Agni au sein des Eaux, en faisant d’elles la matrice qui soutient la vie cosmique et rituelle.
Sukta 7.50
Ce bref hymne apotropaïque invoque Mitra–Varuṇa comme protecteurs vigilants afin d’écarter le mal caché et rampant — nommé ajakāva et tsaru — ainsi que le poison provenant des arbres, des rivières et des herbes. La prière passe de la sauvegarde personnelle à une purification plus large et s’achève par une bénédiction des Eaux et des rivières, pour qu’elles deviennent entièrement bienfaisantes et non nuisibles sur la voie de l’adorant.
Sukta 7.51
Ce bref hymne en triṣṭubh de Vasiṣṭha invoque les Ādityas avec Aditi pour une protection toujours renouvelée, l’irréprochabilité (anāgas) et l’établissement stable du sacrifice dans l’orbite du ṛta. Il prie les principaux Ādityas — Mitra, Aryaman et Varuṇa — de garder les adorants et de boire le Soma pour une aide fortifiante, puis s’élargit en un appel universel à tous les dieux pour une svasti (bien-être) durable.
Sukta 7.52
Ce bref hymne de Vasiṣṭha adresse une prière aux Ādityas — surtout à Mitra et Varuṇa — pour la stabilité, la protection des lignées familiales et la délivrance d’une faute héritée ou causée de l’extérieur. Il demande que les adorants deviennent « semblables à un fondement », à l’image de Dyāvā‑Pṛthivī (Ciel et Terre), et s’achève sur la vision des Aṅgirasas obtenant le trésor de Savitṛ, tous les dieux consentant à bénir le sacrifiant.
Sukta 7.53
Ce bref hymne de Vasiṣṭha invoque Dyāvā‑Pṛthivī — le Ciel et la Terre — ensemble, comme les vastes Parents divins qui soutiennent Ṛta (l’ordre cosmique). Il leur demande de prendre la première place dans le sacrifice, de venir avec les « peuples divins » (puissances de soutien) et d’accorder aux adorants d’abondants trésors et un bien-être durable.
Sukta 7.54
Ce bref hymne de Vasiṣṭha invoque Vāstoṣpati, la puissance tutélaire de la demeure, afin qu’il reconnaisse le foyer et rende l’entrée dans la maison propice et exempte d’affliction. Il demande la paix pour les humains comme pour les animaux, l’accroissement de la vie et de la prospérité, ainsi qu’une protection durable — par le bien-être dans la vie quotidienne et le juste « attelage » (l’alignement ordonné de la vie, du travail et du culte).
Sukta 7.55
RV 7.55 est un hymne domestique de paix adressé à Vāstoṣpati, le seigneur gardien de la demeure, invoqué pour entrer dans la maison sous toutes ses « formes » et en écarter l’affliction. Il va de la protection et du bien-être à une pacification plus vaste — des membres du foyer, des proches et de la communauté environnante — et s’achève sur un apaisement quasi incantatoire qui berce la sphère domestique dans un calme reposant.
Sukta 7.56
Cet hymne de Vasiṣṭha loue les Maruts — la jeune troupe orageuse de Rudra —, s’émerveillant de leur assaut unanime, de leurs parures éclatantes et de leur puissance armée qui apporte la pluie et dégage le ciel. Il sollicite leur protection et le bien-être, demandant que leur énergie farouche devienne propice au sacrifiant et à la communauté. Le dernier vers élargit la bénédiction en invoquant d’autres puissances cosmiques (Indra, Varuṇa, Mitra, Agni, les Eaux, les Plantes, les Seigneurs des forêts) pour qu’elles acceptent l’offrande et accordent la paix sous l’abri des Maruts.
Sukta 7.57
Cet hymne loue les Maruts comme des dieux de l’orage, aux noms de miel et pleins de force, qui s’élancent dans le sacrifice et peuvent ébranler le ciel et la terre tout en libérant des sources cachées d’abondance. Il mêle une invocation exubérante à une prière prudente pour le pardon des fautes humaines, demandant que leur foudre et leur courroux soient tenus à l’écart et que leur bienveillance constante protège les adorants. Le sūkta s’achève par un appel aux Maruts à venir de toutes parts, à fortifier les chefs de la communauté et à garder tous dans un bien-être durable.
Sukta 7.58
Ce bref hymne en triṣṭubh loue les Maruts comme une seule troupe d’orage, unie, dont la puissance « pousse » le ciel et la terre et atteint le domaine céleste au-delà de la décrépitude. Vasiṣṭha leur demande de nourrir l’inspiration poétique, la richesse et une force victorieuse qui brise les obstacles, puis enfin d’éloigner au loin la haine et de protéger les adorants par un bien-être durable.
Sukta 7.59
Cet hymne de Vasiṣṭha invoque les Viśve Devāḥ — surtout Agni, Varuṇa, Mitra, Aryaman et les Maruts — pour une protection progressive, une conduite sûre et un « abri de paix » stable autour de l’adorant. Il culmine dans la célèbre prière Tryambaka (Mahāmṛtyuñjaya), demandant la délivrance du lien de la mort tout en demeurant ancré dans l’amṛtatva, la plénitude immortelle.
Sukta 7.60
Cet hymne de Vasiṣṭha invoque Sūrya à son lever pour qu’il proclame satya (la vérité) et appelle les Ādityas — surtout Mitra–Varuṇa, Aryaman et Aditi — à guider les adorants sur la voie divine. Les Ādityas y sont présentés comme des gardiens vigilants de l’ordre cosmique, qui conduisent même l’esprit non éveillé, offrent un « gué » à travers le péril et portent le dévot au-delà des difficultés vers svasti (le bien-être). Le but de la sukta est la protection, la juste orientation (devatrā) et un passage sûr à travers les « durgas » morales et existentielles, en accordant la parole et la conduite avec ṛta/satya.
Sukta 7.61
Cet hymne de Vasiṣṭha loue Mitra et Varuṇa comme gardiens du ṛta (l’ordre cosmique), dont l’« œil » omnivoyant, Sūrya, se lève pour parcourir du regard les mondes et discerner les impulsions humaines. Il exalte leur puissance immense qui soutient le Ciel et la Terre, oppose le cours ordonné du temps au péril qui menace celui qui ne sacrifie pas, et s’achève par une prière afin d’être porté sain et sauf au-delà de tous les passages difficiles et protégé par un bien-être durable.
Sukta 7.62
Cet hymne de six strophes de Vasiṣṭha célèbre l’élévation quotidienne de Sūrya comme signe visible du ṛta (l’ordre cosmique) : d’une lumière impartiale, il observe toutes les « naissances » humaines et leurs activités. Puis l’hymne s’élargit en une prière tournée vers les Āditya : vers Aditi, vers le Ciel-et-la-Terre, et vers les gouverneurs moraux Mitra–Varuṇa–Aryaman, demandant protection contre la faute, vaste liberté (varivas) et des voies sûres et favorables pour soi et sa descendance.
Sukta 7.63
Cet hymne de six strophes en triṣṭubh, attribué à Vasiṣṭha, célèbre Sūrya/Savitṛ se levant comme la lumière universelle et omnivoyante qui révèle et dissipe les ténèbres cachées, rendant possibles l’activité humaine et le juste ordre. Le Soleil y est loué comme l’« œil » de Mitra–Varuṇa, reliant la vision solaire à la souveraineté des Āditya, à la vérité et à la clarté morale. L’hymne s’achève par une prière à Mitra, Varuṇa et Aryaman pour un vaste espace, des chemins sûrs et un bien-être durable.
Sukta 7.64
Cet hymne de cinq strophes en triṣṭubh, composé par Vasiṣṭha, invoque Mitra–Varuṇa avec Aryaman en tant qu’Ādityas, garants de ṛta (l’ordre cosmique et moral) à travers le ciel, l’espace intermédiaire et la terre. Il demande à ces puissances souveraines d’accepter l’offrande, de conduire l’adorant par les « voies les plus efficaces », de repousser l’hostilité et d’accorder sans cesse svasti (bien-être), tout en fortifiant la pensée inspirée (dhī) vers le but désiré.
Sukta 7.65
Ce bref hymne en triṣṭubh invoque Mitra–Varuṇa au lever du soleil, louant leur résolution purifiée et leur garde souveraine qui parcourt toutes les voies du monde. Il demande aux deux seigneurs jumeaux du ṛta d’agir comme un « pont » contre le mensonge et d’accorder un passage sûr à travers la détresse, pour s’achever en une prière de bien-être durable et de protection.
Sukta 7.66
Cet hymne de Vasiṣṭha loue Mitra–Varuṇa comme les jumeaux Āditya qui maintiennent ṛta (l’ordre cosmique) par la vérité, la loi et une gouvernance vigilante. Il les supplie d’accepter les offrandes, de fortifier la juste pensée et d’accorder aux adorateurs protection, stabilité et un ordre social harmonieux. Le sukta passe de la louange révérencieuse à des images vives des puissances qui soutiennent ṛta, et s’achève sur une invitation explicite à venir boire le Soma.
Sukta 7.67
Dans cet hymne en triṣṭubh, Vasiṣṭha appelle les Aśvins à venir promptement sur leur char et à accepter l’offrande, en s’adressant à eux avec l’intimité d’un fils parlant à ses parents. Le poète demande la protection des facultés intérieures, une puissance créatrice féconde et intacte, la prospérité en enfants et en lignée, ainsi qu’une voie guidée par les dieux, marquée par le bien-être (svasti). Le sūkta s’achève sur une supplication directe pour des trésors, pour la maturation des voyants et pour une sauvegarde continue grâce à la présence bienfaisante des Aśvins.
Sukta 7.68
Cet hymne est une invitation aux Aśvinau, les jumeaux guérisseurs rayonnants, à venir promptement sur leurs propres coursiers, à accueillir les mantras du poète et à prendre place au sacrifice. Il rappelle leurs dons merveilleux, protecteurs de la vie (notamment leur secours à Atri) et s’achève en demandant, à l’aube, un bien-être stable, la nourriture et la protection pour le chanteur et la communauté.
Sukta 7.69
Cet hymne est l’invocation à l’aube de Vasiṣṭha aux Aśvinau : il appelle leur char d’or — dont on dit qu’il attelle le Ciel et la Terre — à venir promptement par le chemin le plus droit. Il loue leur course rayonnante, brillante comme le ghee, et leur demande d’entrer dans le sacrifice en apportant paix, bien-être, trésors et le renforcement des voyants et des protecteurs.
Sukta 7.70
Dans ce bref hymne, Vasiṣṭha invoque les Aśvinau pour qu’ils « viennent à nous », prennent leur siège terrestre et apportent une aide rapide, guérisseuse et porteuse de trésors. Les jumeaux sont loués comme des puissances intimes agissant à travers les eaux et les plantes, dispensant remèdes, prospérité et juste guidance, tandis que le poète offre une prière bien tissée pour une svasti (bien-être) durable.
Sukta 7.71
Ce bref hymne aux Aśvinau se déploie sur le seuil éclatant où la Nuit cède à l’Aurore, et appelle les Jumeaux divins à venir promptement sur leur char resplendissant. Vasiṣṭha les invoque comme protecteurs qui chassent le mal « de jour comme de nuit », et comme dispensateurs de vitalité, de richesse et de bien-être. Le sūkta s’achève en offrant un chant de louange soigneusement tissé et en demandant une sauvegarde continue par le svasti (bon augure, heureuse protection).
Sukta 7.72
Ce bref hymne de Vasiṣṭha invoque les Aśvinau (Nāsatyā) afin qu’ils arrivent promptement sur leur char resplendissant, entourés de leurs puissances attelées, apportant beauté, protection et prospérité. Leur venue est liée à l’éveil de la louange et à Uṣas (l’Aurore), et s’achève par un appel universel demandant aux Jumeaux de garder l’adorant de toutes parts avec svasti (bien-être).
Sukta 7.73
Ce bref hymne en triṣṭubh appelle les Aśvinau (Nāsatyā) à venir promptement de toutes parts comme des sauveurs, portant l’adorant au-delà des « ténèbres » vers une rive plus lointaine et plus sûre. Vasiṣṭha présente une louange bien façonnée, tandis que le sacrifice est conduit sur ses voies propres, et demande aux jumeaux guérisseurs d’accorder une prospérité quintuple, de tous côtés, ainsi qu’une protection constante.
Sukta 7.74
Ce bref hymne appelle les Aśvinau à l’instant de l’aurore, lorsque s’élèvent les « lumières de l’aube » et que les chercheurs du ciel resplendissant invoquent leur aide rapide. Il met en relief la bienfaisance mobile des Jumeaux, allant de personne en personne : ils arrivent sur des chevaux rapides à la demeure de l’adorateur généreux. Les Aśvinau y sont présentés comme des protecteurs qui fortifient la vitalité humaine et établissent les communautés dans le bien-être.
Sukta 7.75
Dans cet hymne à l’Aurore, Vasiṣṭha loue Uṣas, née du ciel et guidée par le ṛta ; sa venue dévoile la grandeur, met en mouvement les voies du monde et chasse les ténèbres hostiles. Le poète la célèbre comme l’épouse rayonnante de Sūrya et comme dispensatrice de richesse et de vigueur, puis conclut par une prière pour des bovins, des chevaux, des fils héroïques et un bien-être ininterrompu pour le sacrifiant et le siège rituel.
Sukta 7.76
Dans cet hymne, Vasiṣṭha loue Uṣas (l’Aurore) comme celle qui révèle le monde, « l’Œil » né de l’intention divine, qui élève la lumière immortelle et universelle. Savitṛ et Viśvānara la soutiennent comme illuminateurs cosmiques, donnant à l’aurore un cadre où elle n’est pas seulement un événement quotidien, mais la manifestation du Ṛta (ordre-vérité) et d’une vision éveillée. Les poètes se souviennent des anciens voyants et des Pères qui découvrirent la lumière cachée et « firent naître l’Aurore » par des mantras véridiques, puis ils demandent en conclusion richesse, bonne renommée et protection durable.
Sukta 7.77
Ce bref hymne à Uṣas de Vasiṣṭha loue l’Aurore comme la jeune porteuse rayonnante du mouvement, de la vie et d’un ordre renouvelé, qui ouvre une voie large et sûre à l’activité humaine. Son lever est inséparable de l’allumage d’Agni : à mesure que la lumière se répand, les ténèbres sont chassées, et le sacrifiant est conduit vers la richesse (rayi), la protection et le bien-être.
Sukta 7.78
Ce bref hymne à Uṣas célèbre les premiers signes visibles de l’Aurore, lorsque ses formes rayonnantes se déploient et que le monde se tourne de nouveau vers la lumière. Les Aurores sont louées pour faire paraître Sūrya, rallumer Agni et le sacrifice (yajña), et chasser les ténèbres importunes. Le poète prie afin que les Aurores resplendissantes accordent des dons désirables, dénouent les confusions et protègent les chanteurs d’un bien-être durable.
Sukta 7.79
Ce bref hymne à l’Aurore loue Uṣas : elle déploie les voies de la vie, réveille les cinq tribus humaines et, par ses rayons limpides, met le monde en juste mouvement. Le poète associe son lever à l’élargissement des deux mondes par Sūrya et prie l’Aurore de stimuler la divinité intérieure, l’inspiration véridique et le bien-être, pour une action réussie et l’obtention du gain.
Sukta 7.80
Ce bref hymne de Vasiṣṭha salue Uṣas (l’Aurore) comme la première à éveiller les voyants et la révélatrice de tous les mondes, qui fait tourner les deux domaines et rend l’existence visible. L’Aurore est louée pour renouveler la vie, pour cacher les ténèbres par la lumière, et pour conduire la perception vers Sūrya, Agni et le yajña. La prière finale demande que les aurores se lèvent chaque jour avec bon augure — apportant force, illumination et vigueur héroïque — et qu’elles protègent les adorants par un bien-être durable.
Sukta 7.81
Ce bref hymne à Uṣas, composé par Vasiṣṭha, célèbre l’épiphanie immédiate de l’Aurore : elle vient « sous nos yeux », déploie les eaux et élargit le champ de la vision, transformant l’obscurité nocturne en ordre lumineux. Le poète demande que son lever bienveillant accorde une perception claire du monde rayonnant, une part de ses « trésors » (prospérité, force, renommée) et l’élimination de la tortuosité, de l’échec et des entraves intérieures.
Sukta 7.82
Cet hymne de Vasiṣṭha invoque la souveraineté conjointe d’Indra–Varuṇa afin d’obtenir « mahi śarma » (une vaste protection) pour le sacrifice, le peuple et la communauté, et d’assurer la victoire sur des adversaires tenaces. Il alterne entre la force martiale (Indra) et l’ordre moral et cosmique (Varuṇa), présentant leur coopération comme le fondement de la stabilité, de l’accroissement et du juste gouvernement. La conclusion s’élargit au cercle des Āditya (Mitra, Aryaman, Aditi) et à Savitṛ, demandant une lumière ininterrompue qui soutienne Ṛta.
Sukta 7.83
Cet hymne invoque Indra–Varuṇa comme une puissance unie de victoire et de ṛta, l’ordre juste, louant leur secours à Sudās et aux Tṛtsus dans la célèbre bataille contre les Dix Rois. Il rappelle comment ils brisent les obstacles semblables à Vṛtra et les résistances des Dāsa, puis transforme la victoire historique en prière pour la prospérité intérieure et extérieure, une lumière guidée par la vérité et une paix vaste.
Sukta 7.84
Dans ce bref hymne en triṣṭubh, Vasiṣṭha invoque ensemble Indra et Varuṇa comme « deux rois », les tournant vers le sacrifice par des offrandes révérencieuses et le flot resplendissant de ghee. Le poète souligne l’achèvement réussi du rite et du mantra, beaux dans les assemblées, et prie pour une prospérité donnée par les dieux, une aide protectrice et le bien-être de la descendance et de la lignée. L’hymne s’achève sur l’assurance confiante que le chant est parvenu aux divinités, demandant leur garde continue en svasti (bien-être).
Sukta 7.85
Ce bref hymne de Vasiṣṭha invoque les puissances jumelées Indra–Varuṇa afin qu’elles reçoivent le soma et protègent l’adorant « en chemin », tant extérieurement (passage sûr, bien-être) qu’intérieurement (croissance de la descendance/des forces intérieures). Il met en lumière leur souveraineté complémentaire : l’un affermit et soutient les peuples et l’ordre, l’autre abat les obstacles et les résistances, les Eaux elles-mêmes étant dépeintes comme les instituant en autorités divines.
Sukta 7.86
Cet hymne à Varuṇa, attribué à Vasiṣṭha, célèbre le Souverain cosmique qui a établi le ciel et la terre et qui maintient ṛta, l’ordre moral et cosmique. De cette vision d’une création vaste et ordonnée, le poète se tourne vers l’intime, dans la confession et la supplication : il demande d’être délivré des fautes héritées comme de celles qu’il a commises lui-même, et conclut par une bénédiction de paix, de protection et de bien-être.
Sukta 7.87
Cet hymne à Varuṇa, prononcé par Vasiṣṭha, loue le dieu comme le garant du ṛta, qui a tracé la voie du Soleil et fait couler les rivières selon des cours ordonnés. Il passe du gouvernement cosmique à un enseignement ésotérique : Varuṇa révèle un secret gardé de la « Vache inviolable » et le pas caché de la Parole — puis s’achève en une supplication de miséricorde, d’irréprochabilité et de bien-être durable sous les lois d’Aditi.
Sukta 7.88
Ce bref hymne en triṣṭubh est la louange intime de Vasiṣṭha à Varuṇa, vaste et digne d’adoration, soutien du ṛta (l’ordre cosmique) et libérateur gracieux des liens. Il rappelle la faveur particulière de Varuṇa envers le voyant — l’ayant « placé dans la barque » et fait ṛṣi — et s’achève sur une prière pour que Varuṇa desserre les entraves du péché et que les Ādityas protègent les adorateurs d’un bien-être durable.
Sukta 7.89
Ce bref hymne est la supplication pressante de Vasiṣṭha à Varuṇa pour obtenir miséricorde, délivrance du péché (enas) et protection contre la « maison d’argile » (la mort). Il y confesse l’erreur humaine — volonté égarée et transgression involontaire de la loi divine (dharma) — et demande à plusieurs reprises au souverain Varuṇa, pur, d’« être gracieux ».
Sukta 7.90
Cet hymne est une invitation au soma, adressée principalement à Vāyu, souvent comme dyade Indra–Vāyu : on les presse de venir vite avec leurs attelages mis au joug et de boire le soma pressé, riche de miel, préparé par les adhvaryu. À côté de l’appel rituel, le poète évoque l’aurore et la lumière qui s’élargit, reliant l’arrivée des dieux à l’ouverture d’espaces lumineux et à l’écoulement des Eaux. Il s’achève sur la prière des Vasiṣṭha pour la force, l’accroissement, la renommée et une protection durable par le bien-être (svasti).
Sukta 7.91
Cet hymne de Vasiṣṭha invoque Vāyu en étroite alliance avec Indra–Vāyu, les conviant à l’offrande de soma et demandant protection, force et bien-être. Il rappelle les dieux antiques et sans reproche qui aidèrent Manu en un temps d’entrave, en établissant l’Aurore avec le Soleil — image du rétablissement de l’ordre juste et d’une vision claire pour la voie humaine. Les poètes (les Vasiṣṭha) concluent en sollicitant une svasti durable, un bien harmonieux, par leur louange bien composée.
Sukta 7.92
Ce bref hymne de Vasiṣṭha invite Vāyu à venir promptement avec ses nombreux niyuts (attelages mis au joug), à prendre place au sacrifice et à boire le Soma en tant que « premier buveur ». Il associe à plusieurs reprises l’arrivée de Vāyu et son exaltation enivrante à des bienfaits tangibles — richesse, force/puissance héroïque, bétail, chevaux — ainsi qu’à une protection continue par le svasti (bien-être). L’intention est à la fois liturgique (appeler la divinité au pressurage du Soma) et pragmatique (assurer prospérité et sécurité aux adorants).
Sukta 7.93
Cet hymne invoque les puissances jumelées d’Indra et d’Agni comme tueurs conjoints de Vṛtra, leur demandant d’accueillir un chant de louange neuf et pur et d’accorder aussitôt au fidèle force, victoire et un « vāja » florissant. Leur secours est situé dans le cadre du sacrifice et de la joute communautaire ; on les exhorte à abattre l’opposition impie et à protéger le peuple par le bien-être, avec, en conclusion, un regard vers les dieux alliés (Viṣṇu, les Maruts) afin que le sacrifiant ne soit pas négligé.
Sukta 7.94
Cet hymne à Indra et Agni présente la louange comme une inspiration « ancienne » surgissant telle la pluie d’un nuage, puis transforme cette parole inspirée en une invocation pratique de protection et de victoire. Il demande à plusieurs reprises aux deux puissances — la force (Indra) et le feu sacré (Agni) — de venir en aide, d’assurer les adorants parmi les peuples, et d’abattre la parole hostile, l’intention mauvaise et l’entrave rākṣasique.
Sukta 7.95
Cet hymne loue Sarasvatī comme la puissante force fluviale qui impulse, surpassant toutes les autres eaux, stable et « fondée sur le fer », s’élançant en avant tel un char. Il passe ensuite de la description cosmique à une prière sacrificielle : qu’elle entende, qu’elle s’approche, qu’elle accorde richesse et vigueur, et qu’elle ouvre pour Vasiṣṭha et ses compagnons les « portes du ṛta » (vérité/ordre).
Sukta 7.96
Cet hymne de six strophes de Vasiṣṭha loue Sarasvatī comme la rivière souveraine et vivifiante, dont le courant inspiré élargit les deux mondes et nourrit la parole, la force et la prospérité. Le poète invoque Sarasvatī (et Sarasvant) pour une puissance génératrice — descendance, accroissement et nourriture qui soutient — l’imaginant comme une mamelle visible et débordante dont la communauté peut prendre part. Dans l’ensemble, la sūkta fonctionne comme une invocation d’abondance, de juste énonciation et de continuité féconde sous le courant purificateur de la divinité.
Sukta 7.97
Cet hymne de Vasiṣṭha invoque Bṛhaspati/Brāhmaṇaspati comme l’Ami divin et la Puissance sacerdotale qui rend le sacrifice efficace, purifie la parole et ouvre la voie à l’abondance. La louange s’inscrit dans le pressurage du Soma, où Indra est également accueilli ; les adorants demandent de devenir « sans faute » devant le Donateur généreux et de recevoir force, joie et juste direction.
Sukta 7.98
Cet hymne exhorte les prêtres adhvaryu à offrir à Indra le soma rougeâtre, trait, le présentant comme l’éternel revenant, chercheur de la boisson pressée, et comme le taureau-chef des peuples. Il se tourne ensuite vers l’aide guerrière d’Indra — triomphant d’adversaires qui se disent eux-mêmes « grands » — et s’achève par une supplication conjointe à Indra et à Bṛhaspati pour la richesse (rayi), la renommée et un bien-être durable (svasti).
Sukta 7.99
Cet hymne loue Viṣṇu comme la puissance incommensurable et omniprésente, dont nul ne peut atteindre pleinement la grandeur, et qui connaît le domaine suprême. Il rappelle ses actes d’ordonnancement du monde : il a ouvert un vaste espace pour le sacrifice, établi le Soleil, l’Aurore et le Feu, et vaincu les tromperies hostiles. Il se clôt par une invocation solennelle de vaṣaṭ, demandant une protection durable et le bien-être.
Sukta 7.100
Ce bref hymne en triṣṭubh loue Viṣṇu comme la puissance omniprésente qui « s’élance en grandes enjambées » sur la terre et y établit un vaste domaine stable pour la vie humaine et l’œuvre sacrée. Vasiṣṭha présente le culte comme une approche intentionnelle — offrande, louange et appel vaṣaṭ — recherchant la protection de Viṣṇu, le bien-être (svasti) et une demeure sûre.
Sukta 7.101
Cet hymne à Parjanya célèbre la Puissance de la Pluie tonnante comme vṛṣabha (le Taureau), dont la force porteuse de semence vivifie les plantes, emplit le monde de douceur et établit la fécondité. Vasiṣṭha présente la pluie comme une distribution cosmique des eaux et des essences — triple dans son mouvement et sa forme — et s’achève par une prière afin que Ṛta (l’ordre-vérité) et svasti (le bien-être harmonieux) protègent l’adorant pour une longue vie.
Sukta 7.102
Ce bref hymne en mètre gāyatrī invoque Parjanya, « fils du Ciel », comme le généreux dispensateur de pluie qui réveille les pâturages, les plantes et la fécondité des bovins et des chevaux. Il loue sa puissance vivifiante, puis se tourne vers une instruction rituelle directe : offrez à Parjanya une oblation douce afin qu’il accorde l’accroissement ordonné (Iḷā) et le bien-être.
Sukta 7.103
RV 7.103 (Maṇḍūka-sūkta) dépeint les grenouilles comme des « brahmanes » fidèles à leur vœu, demeurant silencieuses durant la saison sèche puis, réveillées par les pluies de Parjanya, éclatant en une parole aux voix multiples. Par cette scène de mousson saisissante, l’hymne célèbre la puissance vivifiante de la pluie et relie le chœur des grenouilles à la récitation rituelle et au pressurage du Soma, en priant pour la richesse et une longue vie.
Sukta 7.104
RV 7.104 est un hymne de protection puissant adressé à Indra et à Soma, qui demande de brûler et de chasser les rakṣas, les forces yātu et les « dévoreurs » intérieurs qui entravent la juste vision et le sacrifice. Il mêle l’invocation à des impératifs vigoureux — vois, réveille-toi, frappe — afin que la vérité, la clarté et la voie du yajña demeurent sans obstacle. L’hymne esquisse aussi un ordre éthique et spirituel : la parole mensongère et l’intention tortueuse tombent sous la puissance dirigée d’Indra, tandis que Soma soutient ce qui est droit et lumineux.
Mandala 7 is a ‘family book’ attributed to the Vasiṣṭhas, whose hymns share a distinctive priestly voice focused on protecting and empowering the soma sacrifice through brahman (inspired, effective speech) and loyal ritual solidarity.
The Dāśarājña narrative (most famously RV 7.18) remembers a major inter-tribal conflict in which Indra’s victory is framed as being won and secured through correct ritual leadership and the patron’s alliance with the Vasiṣṭha priestly tradition.
Indra and Agni dominate the book: Indra embodies victory, protection, and the securing of patrons, while Agni anchors the rite as messenger and sacrificial fire. The Maruts appear as a unified storm-host granting force and inspiration, and Varuṇa (often with Mitra) introduces a profound ethical-psychological register of bonds, guilt, and release.
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