VedaShruti Literature40 Adhyayas

Shukla Yajurveda

शुक्ल यजुर्वेद

Vajasaneyi Samhita

The Shukla Yajurveda (Vajasaneyi Samhita) — 40 adhyayas of pure sacrificial mantras, separated from Brahmana commentary, covering the complete spectrum of Vedic ritual from Darshapurnamasa to the sublime Isha Upanishad.

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About This Text

The Shukla Yajurveda represents the “White” or “pure” recension of the Yajurveda, where sacrificial mantras are presented without interspersed Brahmana commentary. The Vajasaneyi Samhita, attributed to the sage Yajnavalkya, is the principal text of this tradition. Its 40 adhyayas systematically cover the ritual liturgy — from the basic Darsha-Purnamasa rites through the elaborate Soma sacrifices, Rajasuya, and Ashvamedha, culminating in the profound Isha Upanishad (Adhyaya 40).

How This Text Is Organised

The Shukla Yajurveda follows a two-level hierarchy of adhyayas and mantras.

Adhyayas

40 chapters

Mantras

Individual verses (yajus)

Available Reading Features

This edition of the Shukla Yajurveda on Vedapath includes:

Sanskrit

Samhita Patha (accented Devanagari)

Transliteration

IAST Transliteration

Padapatha

Padapatha (word analysis)

Translations

Translations in 30 languages

Enrichment

Ritual context, Vedic cosmology, and philosophical enrichments

Adhyayas of the Shukla Yajurveda

The Vajasaneyi Samhita is divided into 40 Adhyayas (chapters).
Adhyayas 1–25 cover the liturgy of the major sacrifices, while 26–39 deal with supplementary rites. Adhyaya 40 is the celebrated Isha Upanishad.

Adhyaya 1

L’Adhyāya 1 pose le fondement verbal et procédural de l’iṣṭi Darśa–Paurṇamāsa (nouvelle et pleine lune), en établissant le rite par des vœux, des formules de prise en charge, l’attelage des instruments et des actes répétés de purification. Un puissant fil rakṣoghna (apotropaïque) traverse l’ensemble : l’espace, les outils et les offrandes sont « écorchés » sous la protection d’Aditi, brûlés par le tapas d’Agni et stabilisés afin que ni le yajña ni la lignée du yajamāna ne vacillent. Le pavitra/filtre est consacré à maintes reprises comme l’instrument clé de l’aptitude rituelle, et l’« impulsion » (prasava) de Savitṛ est invoquée pour autoriser chaque acte. Le chapitre conduit ainsi de l’initiation à une observance disciplinée vers une préparation sûre et purifiée à l’offrande.

31 mantras

Adhyaya 2

L’Adhyāya 2 fait avancer la séquence Darśa–Pūrṇamāsa de la préparation vers le cœur des gestes d’offrande, en donnant à l’Adhvaryu les yajus opératifs qui « font advenir le rite ». Il réveille, fortifie, purifie et circonscrit Agni à maintes reprises afin qu’il puisse porter les oblations en sûreté, tout en étendant la protection sur l’espace du yajña au moyen de formules de rakṣā et d’apotropaïsme. Le chapitre intègre une stabilisation cosmique (notamment par les trois pas de Viṣṇu alignés sur les mètres) à une pragmatique rituelle immédiate — consécration du barhis, mise en place des paridhi et scellement du vœu. Il se clôt en élargissant l’horizon rituel vers les Pitṛs et la continuité procréatrice, reliant l’offrande correcte à la lignée et à l’épanouissement humain.

34 mantras

Adhyaya 3

L’Adhyāya 3 ouvre le courant préparatoire du sacrifice du Soma (Agnīṣṭoma) en établissant fermement Agni comme l’« Hôte » éveillé et bien assis du rite et de la maison. Une suite de formules yajus nourrit et intensifie le feu avec le samidh et le ghee, l’assoit dans sa yoni propre (source/sein) et le présente comme la tête cosmique et le dispensateur de vie des eaux. À ces actes du feu s’ajoutent des invocations protectrices (notamment à Brahmaṇaspati) et des formules de prospérité et d’établissement, qui étendent l’ordre du sacrifice à la demeure du sacrifiant et à son espace social. Le chapitre relie ainsi la préparation consécratoire à l’auspiciosité domestique, faisant de l’aire rituelle et du foyer des champs de ṛta qui se soutiennent mutuellement.

63 mantras

Adhyaya 4

Seasonal sacrifices (Chaturmasya).

37 mantras

Adhyaya 5

L’Adhyāya 5 fait progresser le Soma-yāga à travers la Prātaḥsavana (pressurage du matin), en coordonnant les protections consécratoires, le gonflement du Soma et l’avancée ordonnée du rite. Il stabilise le monde rituel en « posant » des appuis (terre/espace), en gardant les directions et en alignant le mental et l’intellect sous l’ordonnance de Savitṛ. Un complexe viṣṇuite marqué sacralise le sacrifice par l’imagerie des « trois pas », mesurant et assurant les mondes au fur et à mesure que le rite franchit ses étapes. Le chapitre encadre aussi le contexte du Bahispavamāna en préparant Agni, Soma et le sacrifiant au flux liturgique matinal.

43 mantras

Adhyaya 6

L’Adhyāya 6 fait progresser le Soma-yāga vers la Madhyandina-savana (pressurage de midi), en resserrant les accords intérieurs et extérieurs du rite afin que l’oblation devienne véritablement « porteuse de havis ». Il attelle sans cesse les appuis cosmiques — le pas suprême de Viṣṇu, le yūpa comme axe, l’enceinte rituelle gardée, ainsi que les eaux consacrées et la lumière solaire — au cœur, à l’esprit et aux facultés du sacrifiant. La vigueur de midi est invoquée par Indra et les Maruts (Marutvatīya), tandis que Soma est appelé comme roi pour descendre et être justement partagé, notamment par l’entremise des patnī-devatās. La séquence s’achève par des prières de nourriture et des louanges concentrées qui assurent victoire, protection et bonne transmission des offrandes aux dieux.

36 mantras

Adhyaya 7

L’Adhyāya 7 se concentre sur le Tṛtīya-savana (troisième pressurage du Soma) et les mouvements conclusifs du Soma-yajña, en guidant l’Adhvaryu à travers des formules d’invitation, d’offrande et d’installation qui achèvent le rite selon une séquence ordonnée. Une série de mantras de graha attire les principaux destinataires divins—en commençant par l’approche rapide et la préséance légitime (p. ex. Vāyu ; Indra–Vāyu) et en s’étendant aux gardiens du ṛta (Mitra–Varuṇa), à l’ensemble des Viśve Devāḥ, et à Indra sous plusieurs formes investies de puissance (avec Agni, avec les Maruts, en tant que Mahendra). Le chapitre comporte aussi des tonalités finales distinctives : la sanctification de la dakṣiṇā (don au Brāhmaṇa digne) et un yajus bref et autoréférentiel qui identifie Kāma à la fois comme donateur et comme récipiendaire, scellant l’intention intérieure du sacrifice. En somme, c’est un adhyāya d’achèvement : il rassemble les dieux, stabilise le ṛta et la prospérité, et « noue » rituellement le service du Soma par les rétributions appropriées et les dernières formules intégratrices.

48 mantras

Adhyaya 8

L’Adhyāya 8 est un Soma-adhyāya complémentaire qui affine la mécanique et la théologie de la « prise » (grahaṇa) du Soma, de son offrande et de la participation sacerdotale, en mettant un accent particulier sur les résonances de la Ṣoḍaśī et du rite nocturne (Atirātra). Ses mantras présentent à maintes reprises le Soma comme une puissance rayonnante, qui se guide elle-même, et comme une libation partagée dans toute la cité divine — Indra, les Ādityas et « tous les dieux ». À côté de ces séquences somaïques, le chapitre insère des bénédictions stabilisatrices (p. ex. le vāma de Savitṛ pour les jours récurrents), un ancrage cosmique (Dyāvā-Pṛthivī) et de fortes formules d’expiation et de réintégration qui protègent le rite de la faute. Le mouvement d’ensemble va de la précision du geste rituel à l’achèvement cosmique : le sacrifice est rendu entier, gardé et élevé à une totalité de type prajāpati par l’achèvement de la Ṣoḍaśī.

63 mantras

Adhyaya 9

L’Adhyāya 9 inaugure le Vājapeya (« Boisson de force »), une séquence sacrificielle royale qui convertit l’élan rituel en victoire publique, prospérité et statut souverain. Ses mantras attellent sans cesse la « véritable impulsion » (Savitṛ-prasava), la parole concordante des prêtres et la puissance brahmanique de Bṛhaspati afin d’assurer le vāja (le prix) et de neutraliser les forces hostiles. À côté des formules d’ascension et de victoire liées à la course, le chapitre déploie une carte sacrale protectrice et orientée du terrain — assignant des offrandes aux quartiers et abattant les Rakṣas. Le mouvement d’ensemble va de l’avancée énergisée et du gain à la clôture de l’ordre : la parole s’unifie, les puissances sont réparties, et le rite est gardé dans toutes les directions.

40 mantras

Adhyaya 10

L’Adhyāya 10 poursuit la séquence du Vājapeya tout en s’ouvrant nettement aux thèmes du Rājasūya (consécration royale) : souveraineté spatiale, proclamation publique et intronisation. Le rite « monte » et assure les quartiers — sûreté à l’est, puis à l’ouest, au sud, au nord et au zénith — en assignant à chaque direction son mètre et son Sāman, rendant ainsi le domaine du sacrifiant rituellement entier. Il concentre ensuite le tejas par la protection du Soma et par l’abhiṣeka, culminant dans l’établissement du trône/siège et l’affirmation d’un kṣatra sans rival. Tout au long, l’ordre cosmique (ṛta) et l’espace mesuré (notamment par Viṣṇu) sont posés comme le fondement de la royauté et de la victoire.

34 mantras

Adhyaya 11

L’Adhyāya 11 de la Śukla Yajurveda se concentre sur les préparatifs de l’Agnicayana, surtout sur l’éveil, l’établissement et la protection d’Agni comme centre vivant du sacrifice. Il déroule des actes tels que l’avancée vers l’aire rituelle, l’« extraction » d’Agni de la terre par la préparation du foyer, son onction et son « relèvement » en présence active, puis la stabilisation de l’autel par le remblaiement et des supports. Un puissant fil apotropaïque traverse l’ensemble : des formules répétées scellent le rite de tous côtés contre les Rakṣas, les voleurs, la calomnie et les impuretés subtiles, afin que l’offrande demeure pure et efficace. Le chapitre met aussi en relief l’Ukhya Agni (le feu entretenu dans un pot) comme incarnation maîtrisée et portable du feu sacrificiel durant la séquence de construction de l’autel.

83 mantras

Adhyaya 12

L’Adhyāya 12 poursuit l’Agnicayana (construction de l’autel du feu) par la pose des briques et des formules de comblement de l’espace (Lokampr̥ṇā) qui stabilisent l’autel comme le corps vivant d’Agni. Au fil d’invocations répétées de « retour », Agni est rappelé avec vitalité, nourriture, durée de vie et prospérité débordante, afin que le rite ne perde pas ses acquis entre les séquences. Le chapitre comprend aussi des moments clés d’assise, de « remise au sein » et de congé/expédition d’Agni—le reliant aux Eaux et à la Terre comme matrices de soutien—ainsi qu’une puissante délivrance de Varuṇa pour desserrer les liens. Un bref motif d’installation « souveraine » et fixe (dhruva) apparaît, alignant l’ordre rituel sur la stabilité socio‑politique sous le dharma.

116 mantras

Adhyaya 13

L’Adhyāya 13 poursuit l’Agnicayana en façonnant les strates médianes de l’autel du feu, où le rite est stabilisé, scellé et rendu « doux » (madhu) pour le sacrifiant et pour les mondes. Le chapitre ancre à plusieurs reprises l’espace de l’autel comme la Terre/Aditi posée sur les Eaux cosmiques, tandis que Prajāpati et Viśvakarman sont invoqués pour « reconstruire » et maintenir l’ouvrage comme un seul organisme. Des formules protectrices gardent les souffles vitaux, les directions et les objets rituels, et des mantras qui poussent en avant attellent Agni afin que le sacrifice progresse sans obstacle. Un fil distinctif est l’union de la reconstruction métaphysique (Prajāpati comme totalité) avec des appuis rituels tangibles — herbe, ghee, bois et articulations du temps (nuit/aube) —, le tout rendu propice par des bénédictions de madhu.

58 mantras

Adhyaya 14

L’Adhyāya 14 achève l’Agnicayana en stabilisant rituellement les dernières couches et les supports (dhruvā/yantra/ukhā), afin que l’autel du feu devienne un corps cosmique ferme, apte à porter le sacrifice. Ses mantras « ajustent » sans cesse le rite en alignant Agni sur les saisons, les mondes, les eaux, les plantes et les multiples feux, et en établissant l’ordre métrique et l’agencement des stoma comme l’architecture cachée de la création. Le chapitre contient aussi la célèbre Śatarudrīya (hymne à Rudra), qui universalise Rudra comme présent en tous les êtres et en tous les lieux, tout en demandant protection et auspice. Dans l’ensemble, c’est une synthèse de clôture : énumération cosmique, consolidation rituelle et théophanie culminante de Rudra au sein de l’univers sacrificiel.

30 mantras

Adhyaya 15

L’Adhyāya 15 prolonge l’intensité dévotionnelle du courant du Śatarudrīya tout en s’orientant vers des flux dispensateurs de richesse (Vasordhārā), fondant apaisement, protection et prospérité en un seul arc liturgique. Un cycle puissant d’Agni domine : Agni est loué comme Jātavedas, Hotṛ, messager, cocher du Ṛta et gardien proche, qui « vient ici » par les hymnes mêmes que l’on récite. À cela s’ajoutent des formules brèves de victoire et de protection (notamment adressées à Indra) qui consacrent la parole et l’esprit afin de surmonter les obstacles et de stabiliser les défenses dans le conflit. Le chapitre ritualise ainsi le passage d’une consécration intérieure (vāc/manas, kratu) à une efficacité extérieure — acheminement sûr des offrandes, protection divine et « courant de richesse ».

64 mantras

Adhyaya 16

L’Adhyāya 16 est centré sur le Śatarudrīya culminant, une litanie soutenue de namas qui apaise Rudra en reconnaissant ses armes redoutables, ses troupes errantes et sa présence dans toutes les directions, toutes les classes et toutes les conditions de la vie. Les mantras « désarment » Rudra à plusieurs reprises — demandant que son arc soit abaissé et que ses flèches deviennent inoffensives — tout en invoquant simultanément sa forme śivā (auspicieuse) comme protecteur et guérisseur. En nommant même des forces liminales et perturbatrices (voleurs, rôdeurs nocturnes, puissances de la forêt), le texte les intègre rituellement sous la seigneurie de Rudra, transformant la peur en révérence. Le chapitre se conclut en stabilisant le sacrifice par un culte orienté vers Agni, scellant l’apaisement et rétablissant l’ordre rituel.

66 mantras

Adhyaya 17

L’Adhyāya 17 poursuit le courant de la Vasordhārā et les rites du feu qui lui sont associés, en recourant à des yajus de prospérité pour assurer l’abondance tout en maintenant l’offrande accordée à l’ordre cosmique. Un cycle vigoureux d’Agni (Pāvaka, Devavāhana) encadre le rite : Agni est invité depuis tous ses sièges, rendu protecteur et chargé de porter vers le haut les dieux et le sacrifiant. S’y entremêlent des interrogations cosmogoniques de type Viśvakarman/Prajāpati — sur le premier support, le « bois/arbre » primordial et le « germe » soutenu par les Eaux — afin que l’acte rituel soit mémorisé comme une ré‑actualisation de la création. Le chapitre culmine en élévations pragmatiques du statut et du bien‑être (élever un homme, conduire vers le haut), montrant comment l’intuition métaphysique et la prospérité matérielle sont conjointes par le rituel.

99 mantras

Adhyaya 18

L’Adhyāya 18 se concentre sur le complexe du Mahāvrata et ses points de bascule saisonniers/solaires, en particulier le Viṣuvat (point médian/pivot solstitial), et comprend des Svarasāmans qui accroissent la puissance sonore du rite. Le chapitre passe de denses requêtes « que ceci soit à moi… » et « que cela soit mis en ordre » — alignant, par le yajña, le souffle, l’esprit, la parole, le corps et la souveraineté sociale — à des inventaires plus larges des ressources de subsistance (feux, eaux, plantes, animaux, grains), puis à des invocations assurant la vigilance, la présence divine et l’offrande du mérite accumulé. Tout au long de son arc, l’ordre intérieur (ṛta) du sacrifiant est sans cesse attelé à l’ordre cosmique, de sorte que santé, longévité, intrépidité, prospérité et renommée surgissent comme fruits sacrificiels plutôt que comme possessions privées. En somme, le chapitre ritualise le moment charnière de l’année comme un renouvellement de la vie, de la cité et du cosmos par des yajus correctement proférés et correctement placés.

76 mantras

Adhyaya 19

L’Adhyāya 19 ouvre la séquence de la Sautrāmaṇī, un rite restaurateur qui reconstruit chez le sacrifiant une vigueur « à la manière d’Indra » au moyen de purifications centrées sur le Soma, de formules protectrices et de l’« installation » des puissances vitales. Les mantras présentent à maintes reprises le yajña comme bhaiṣajya (remède) : purification par l’imagerie pavitra/pavamāna, guérison de la parole et fonction médicale des Aśvins, tout en réglant soigneusement la sainteté du Soma face au domaine distinct de la surā. Des havis alimentaires domestiques (dhānā, saktu, karambha, lait, caillé, etc.) sont explicitement identifiés comme des « formes du Soma », étendant son efficacité à des offrandes nourrissantes et accessibles. Le chapitre prend aussi une tonalité éthique et familiale : il prie Agni d’affranchir du dû envers ses parents, montrant que la pureté rituelle s’achève en rectitude socio‑spirituelle.

95 mantras

Adhyaya 20

L’Adhyāya 20 poursuit le fil de la Sautrāmaṇī, avec une insistance marquée sur la purification, la guérison et la stabilisation de la puissance royale et sacrificielle. Il passe de la localisation consécratoire du kṣatra (siège/ventre/nombril de l’autorité) et de l’intronisation de Varuṇa dans le ṛta, à des formules d’abhiṣecana et d’auto‑consécration qui projettent la souveraineté sur le corps et les facultés du sacrifiant. La séquence se tourne ensuite vers les opérations de pressurage et de filtrage du Soma, avec des « formules de prise » attribuant des parts aux principales divinités, et s’achève par des invocations harmonisantes qui attellent les transitions du jour en un continuum sacrificiel unique et protégé.

89 mantras

Adhyaya 21

L’Adhyāya 21 du Śukla Yajurveda (Vājasaneyī Saṃhitā) rassemble des mantras qui établissent un champ rituel protégé et bien ordonné, puis appliquent cet ordre à des offrandes animales particulières (Paśubandha) ainsi qu’à des visées expiatoires (prāyaścitta). Il s’ouvre sur un ton de confession et de refuge adressé à Varuṇa et aux Āditya, s’étend à la sauvegarde du rite par Aditi, Dyāvā‑Pṛthivī, les « portes » divines et les directions, et accorde le yajña au déploiement de l’aurore (Uṣas) et aux Viśve Devāḥ. Un trait structurel saillant est le bandhu explicite entre les saisons et les formes de stoma (p. ex. Śarad avec Ekaviṃśa ; Hemanta avec Triṃśa), par lequel l’oblation est « fixée » en Indra comme vigueur vitale (vayas). Dans l’ensemble, le chapitre transforme protection, confession et alignement cosmique en efficacité rituelle pour les contextes du sacrifice animal et leurs clôtures réparatrices.

60 mantras

Adhyaya 22

L’Adhyāya 22 inaugure l’Aśvamedha en « prenant » rituellement et en sauvegardant la durée vitale du sacrifiant, puis en établissant le rite dans Ṛta (l’ordre cosmique) et dans l’action protectrice d’Agni, porteur des offrandes. Le cheval est présenté comme consacré aux Dieux et à Prajāpati, préparant sa libération et son errance autorisée, tout en accordant le sacrifice au consentement universel et à une heureuse clôture. Un faisceau dense d’invocations à Sāvitrī/Savitṛ (dont la Gāyatrī) purifie l’intention (sumati), appelle l’impulsion divine (prasava) et assure une gouvernance droite du vaste rite. Agni est allumé et installé comme messager et havyavāhana ; le flux purifiant de Soma est brièvement vivifié, et les offrandes directionnelles commencent à stabiliser l’espace rituel dans toutes les directions.

34 mantras

Adhyaya 23

L’Adhyāya 23 poursuit l’Aśvamedha en assurant rituellement le mouvement du cheval, son équipement et son inviolabilité, tandis qu’il parcourt le territoire en vue de la souveraineté. Les mantras protègent le rite du dommage et de la parole fautive, accordent le désir avec le dharma et la puṣṭi, et « affermissent » à maintes reprises la construction sacrificielle par les chandas, les quartiers de l’espace et le temps. À côté de consécrations techniques (harnais et joug, toilettage, répartition des parts), le chapitre présente le cheval comme un corps cosmique dont la réussite garantit une victoire de bon augure et une prospérité ordonnée. Le ton est à la fois administratif (frontières, parts, directions) et expansif (mètres et temps édifiant le corps et le royaume du sacrifiant).

64 mantras

Adhyaya 24

L’Adhyāya 24 de la Śukla Yajurveda (Vājasaneyī Saṃhitā) est un chapitre majeur de l’Aśvamedha, centré sur la « prise/saisie » rituelle (ālambhana/ālambh-) et sur la consécration correcte de nombreuses offrandes d’animaux et d’oiseaux, chacune étant assortie à sa divinité propre, à une saison, à une unité de temps ou à une région cosmique. Le texte recourt à plusieurs reprises à des signes visibles (couleur, forme, caractère reconnaissable) comme critères rituels, de sorte que le sacrifice devient une carte précise des mondes — la terre, l’espace intermédiaire, le ciel, les directions, les eaux et l’année. À côté de ces taxinomies, il conserve le célèbre courant de mantras sur la vājina, la « puissance chevaline » (vājínam), et inclut des éléments liés au rite de la reine dans le complexe de l’Aśvamedha. L’élan distinctif du chapitre est d’universaliser la souveraineté en représentant rituellement l’ensemble du cosmos au moyen d’êtres correctement classés et de leurs destinataires divins.

38 mantras

Adhyaya 25

L’Adhyāya 25 conduit l’Aśvamedha à sa clôture culminante, passant des bénédictions universelles et des identifications cosmiques à l’offrande décisive et au découpage minutieux (vibhajana) du cheval consacré. Il sacralise chaque acte vital et chaque accessoire du cheval — ses pas, son repos, ses couvertures et ses ornements — afin que rien, dans le rite, ne demeure hors de la consécration. Le chapitre fournit aussi des formules protectrices et réparatrices pour neutraliser toute souillure, odeur, chaleur ou atteinte involontaire au moment critique de l’immolation et de la préparation. Entrelacées à ces actes rituels se trouvent des visions de souveraineté et de « bandhu » (correspondances) englobantes, qui présentent le sacrifice comme un microcosme de l’ordre du monde et de la seigneurie universelle.

47 mantras

Adhyaya 26

L’Adhyāya 26 ouvre la séquence du Purushamedha en présentant une « offrande humaine » symbolique qui universalise la société et le cosmos comme yajña, dans une tonalité marquée par des conceptions à la manière du Puruṣa‑sūkta d’une Personne englobante. Dans ce cadre, le chapitre parcourt des moments clés du rite du Soma — inviter Indra, établir et offrir la coupe (graha) Ṣoḍaśin pour Mahendra, et coordonner les fonctions sacerdotales — tout en fondant à plusieurs reprises l’efficacité sur Agni Vaiśvānara, feu omniprésent et protecteur. Le Temps (Saisons–Mois–Année) est invoqué pour étendre et stabiliser le sacrifice, et l’intuition inspirée (dhī → vipra) est décrite comme surgissant de lieux liminaires sacrés. L’adhyāya relie ainsi l’ordre cosmique (ṛta), la totalité sociale et la précision liturgique en une seule vision sacrificielle.

26 mantras

Adhyaya 27

L’Adhyāya 27 poursuit les formules d’offrande orientées vers le Puruṣamedha en élargissant le yajña en une procession cosmique de divinités qui « portent » le rite : elles en ouvrent les seuils, en profèrent la louange et l’élèvent vers le ciel. L’allumage vertical d’Agni établit l’axe sacrificiel ; puis des puissances par paires et collectives (les Portes, Aurore–Nuit, les Hotṛ divins, Iḍā–Sarasvatī–Bhāratī, les Viśve Devāḥ) stabilisent la parole, l’ordre et l’hospitalité dans l’espace rituel. Une forte séquence consacrée à Vāyu met ensuite en mouvement le Soma au moyen d’attelages de niyut, assurant richesse, protection et progression sans obstacle, tandis qu’Indra est invoqué pour la victoire et le prix. Tout au long du chapitre, l’adhvara est traité comme un microcosme symbolique dont la « montée » réussie reflète l’harmonie cosmique (ṛta).

45 mantras

Adhyaya 28

L’Adhyāya 28 présente le Sarvamedha (« sacrifice total ») comme un vaste déploiement liturgique où offrandes, invitations et formules de protection s’étendent à l’ensemble de l’ordre divin. Le chapitre installe et fortifie Indra à maintes reprises par des offrandes d’ājya, des investitures métriques et l’action coordonnée de fonctions sacerdotales telles que le Hotṛ et le Nārāśaṁsa. Sont invoquées les divinités qui ouvrent, stabilisent, guérissent et font prospérer le rite — les Portes, l’Aurore et la Nuit, ainsi que la triade Idā–Sarasvatī–Bhāratī — afin que le sacrifice devienne un passage sans obstacle vers la plénitude. Ainsi, le Sarvamedha est cadré comme un microcosme rituel de la totalité : toutes les puissances sont rassemblées, harmonisées et offertes en retour par le yajña.

46 mantras

Adhyaya 29

L’Adhyāya 29 est un chapitre liminaire qui joint la souveraineté royale et sacrificielle au domaine de la tombe, oscillant entre les consécrations de l’Aśvamedha et la sphère des mantras de Pitr̥medha/de mort où sont invoqués Yama et les Pères. Dans ses passages sur l’Aśvamedha, le cheval est élevé à une forme cosmique — solaire, tournée vers le ciel et mue par Indra — de sorte que le rite devient une carte du pouvoir ordonné plutôt qu’une simple offrande animale. Dans les sections relatives aux ancêtres et aux rites funéraires, le même ordre védique (ṛta) est appliqué au passage au-delà de la vie, recherchant une conduite sûre, une place légitime et la continuité de la lignée. Le thème intérieur du chapitre est la transition maîtrisée : de la vie à la mort, de la royauté terrestre à la domination cosmique, et de l’élan au mouvement guidé, rituellement correct.

60 mantras

Adhyaya 30

L’Adhyāya 30 de la Śukla Yajurveda (Vājasaneyī Saṃhitā) est centré sur le Pravargya — l’offrande de Gharma (lait chauffé) — où la chaleur, l’éclat et la force vitale sont sacralisés comme puissance motrice du rite. Aux côtés des mantras du Gharma et des formules d’impulsion de Savitṛ qui « mettent le sacrifice en mouvement », le chapitre présente de longs catalogues de niyoga (assignations rituelles) reliant des types humains, des métiers, des figures marginales et même des formes de son à des principes cosmiques et à des divinités. L’effet d’ensemble est celui d’une cosmologie ritualisée : société, corps et vie sensorielle sont rassemblés, classés et offerts afin que le sacrifice reflète et stabilise l’univers. L’adhyāya fusionne ainsi une symbolique intense de la chaleur consacrante avec une taxinomie sacrificielle exhaustive de l’humain et du cosmique.

22 mantras

Adhyaya 31

L’Adhyāya 31 de la Śukla Yajurveda (Vājasaneyī Saṃhitā) présente le célèbre Puruṣa-sūkta dans le cadre du Pravargya, prolongeant le symbolisme solaire et sacrificiel en une vaste cosmologie. Il dépeint la Personne cosmique (Puruṣa/Prajāpati) comme la totalité du temps et comme le fondement transcendant du monde manifesté, d’où se déploient le cosmos, le Veda et l’ordre social et sacrificiel. Le chapitre identifie à maintes reprises la création au yajña : l’« offrande totale » primordiale devient l’archétype par lequel dieux, monde et dharma sont établis. Ce faisant, il sacralise l’espace rituel, les oblations, les saisons, les animaux et les fonctions humaines comme membres et fruits de l’unique sacrifice cosmique.

22 mantras

Adhyaya 32

L’Adhyāya 32 est un chapitre bref, de haute théologie : il passe d’une vaste proclamation d’unité (identifiant l’Unique aux grandes puissances cosmiques) à des affirmations incisives de la transcendance suprême, sans image et sans égale. Il se tourne ensuite vers Prajāpati/Hiraṇyagarbha, auto-né et omniprésent, Seigneur sacrificiel qui embrasse les directions, les mondes et les êtres, tandis que les vers interrogatifs « Ka—kasmai devāya » aiguisent la question du véritable destinataire de l’oblation. La clôture rassemble des yajus pratiques supplémentaires : des requêtes pour la medhā (intelligence sacrée), un « Sadasaspati svāhā » et une prière d’harmonie pour le brahman et le kṣatra, intégrant vision métaphysique, rite et ordre social.

16 mantras

Adhyaya 33

L’Adhyāya 33 est un recueil concis mais très ample de mantras rituels additionnels, orientés vers des usages d’occasions particulières dans le cadre śrauta. Il établit à plusieurs reprises Agni comme le Hotṛ primordial et le cocher du rite, puis enchaîne des formules d’invitation et de confirmation pour les divinités qui garantissent l’ordre (ṛta), la visibilité et la réussite — surtout Mitra–Varuṇa, Sūrya et les Viśve Devāḥ. Le paradigme d’Indra terrassant Vṛtra est invoqué comme modèle pour lever les obstacles et rétablir l’abondance, tandis que les invitations au Soma (notamment à Vāyu) sacralisent le moment de l’offrande et de la participation. Tout au long du chapitre, la surveillance et la responsabilité morale (l’« œil » de Varuṇa) s’allient à des motifs de prospérité (bétail, rayons, sève), rendant l’efficacité inséparable du juste ordre.

96 mantras

Adhyaya 34

L’Adhyāya 34 de la Vājasaneyī Saṃhitā prolonge la praxis de Soma et d’Agni par des formules de svāhā/offrande étroitement cadrées et des invocations liées au matin, qui accordent l’intention intérieure au yajña du jour. Il s’ouvre en sacralisant Manas (l’esprit) comme le véritable accomplisseur du rite, puis passe par l’assentiment (Anumati), les puissances de fécondité (Sinīvālī) et un cercle matinal de divinités qui stabilisent l’ordre, la prospérité et la protection. Un fort accent sur prātar (l’aube, le matin) apparaît à travers Uṣas, tandis que Bhaga et Pūṣan sont sollicités à plusieurs reprises pour répartir des parts auspiciennes, guider le chemin et garder le sacrifiant indemne. Le chapitre s’achève sur un ancrage cosmique par Dyāvā–Pṛthivī, présentant le sacrifice comme une participation à l’ordre soutenu (dharma/ṛta) du ciel et de la terre.

58 mantras

Adhyaya 35

L’Adhyāya 35 réunit des formules yajus conclusives qui « ferment » une séquence sacrificielle en réordonnant l’espace, en assurant les limites et en dispersant les forces néfastes. Les mantras accordent les directions, les eaux, les rivières et l’espace intermédiaire à l’auspice, tout en invoquant des puissances protectrices pour garder la vie, la lignée, le bétail et le feu. Des accents apotropaïques et expiatoires marqués apparaissent : la mort est détournée, les fautes sont balayées, et l’Agni impur (Kravyād) est séparé du porteur pur de l’oblation (Jātavedas). Le chapitre fonctionne ainsi comme un nettoyage rituel et une transition sûre vers une normalité restaurée après une consécration et un travail du feu intenses.

22 mantras

Adhyaya 36

L’Adhyāya 36 ouvre la section du Pitrmedha, en fixant les conditions rituelles et intérieures des rites funéraires et des rites aux ancêtres, y compris les mantras employés dans les contextes de crémation. Parallèlement à l’horizon mortuaire, le chapitre met fortement au premier plan les śānti‑prayoga—des applications de prières pacificatrices et stabilisatrices qui assurent l’ordre dans le temps (jour/nuit), l’espace (les directions) et les appuis élémentaires (vent, soleil, pluie, eaux). La souveraineté d’Indra, la radiance de Savitṛ (par la Sāvitrī avec les vyāhṛti) et les gardiens du ṛta (Mitra–Varuṇa, Aryaman, Bṛhaspati, Viṣṇu) sont invoqués pour protéger toute la sphère du sacrifiant—bipèdes et quadrupèdes, visibles et invisibles. Il en résulte un cadre liturgique de « passage sûr » : le rite se déroule sous une intention rectifiée, une perception consacrée, et dans une atmosphère d’intrépidité et de bien‑être.

24 mantras

Adhyaya 37

L’Adhyāya 37 prolonge l’atmosphère des rites de Śrāddha (aux ancêtres) en se concentrant sur l’« installation » rituelle et la protection de la tête de Makha — c’est‑à‑dire le sacrifice personnifié — sur le devayajana identifié à la Terre. Les kandikās passent de la prise en main et de la consécration des instruments et des substances à l’établissement ferme du rite dans la rectitude, à sa sauvegarde dans toutes les directions, puis à son élévation vers le Soleil et le ciel comme témoins. En chemin, la chaleur/le feu et les offrandes sont dédiés à des puissances telles que Yama, Sūrya, les Maruts, le Jour et la Nuit, ainsi qu’à la force formatrice de Tvaṣṭṛ, créant un champ sacrificiel protégé et solidement assis. Le chapitre se clôt par des oblations stabilisatrices, protectrices et liées au cycle diurne, qui harmonisent rituellement le sacrifiant, l’intention mémorielle envers les ancêtres et l’ordre cosmique.

21 mantras

Adhyaya 38

L’Adhyāya 38 rassemble des yajus auxiliaires qui renforcent le complexe Pravargya/Gharma et en étendent l’efficacité à la protection, à la souveraineté et au bien-être communautaire, tout en conservant des formules supplémentaires de Pitṛ-tarpaṇa (satiation des ancêtres). La séquence va de la prise des instruments sous l’impulsion de Savitṛ, à l’invitation d’Iḍā–Aditi–Sarasvatī, à l’amplification de l’offrande par les Aśvins/Sarasvatī/Indra, puis au scellement du Gharma par la puissance des chandas (Gāyatrī–Triṣṭubh). Elle s’élargit ensuite à la garde cosmique (Vāta, les Eaux, les Plantes, le « nombril » du Ṛta), à l’affermissement du kṣatra sous le brahman, et s’achève par une proclamation d’élévation au-delà des ténèbres vers le ciel supérieur. La trame du chapitre est ainsi à la fois technique (identifications rituelles précises) et ample (mesure cosmique, impérissabilité, continuité ancestrale).

28 mantras

Adhyaya 39

L’Adhyāya 39 rassemble des yajus brefs et supplémentaires, qui fonctionnent comme des « sceaux » rituels de clôture avant l’aboutissement philosophique de l’ouvrage. Il consacre le sacrifiant de l’intérieur (souffles et facultés) et de l’extérieur (directions, eaux, jours), tout en faisant correspondre le corps et la victime sacrificielle à des demeures divines. Un puissant courant de prāyaścitta (expiation) le traverse : fatigue, impureté et même brahmahatyā sont prises en charge rituellement, et le chapitre culmine dans la chaleur purificatrice du tapas et l’imagerie du gharma/pravargya. Le mouvement d’ensemble va du microcosme au macrocosme, des constituants corporels à l’ordre cosmique, pour s’achever dans une complétude expiatoire et une disponibilité à l’enseignement final.

13 mantras

Adhyaya 40

L’Adhyāya 40, l’Īśāvāsya Upaniṣad insérée dans la Saṃhitā du Śukla Yajurveda, enseigne que tout l’univers en mouvement est pénétré par Īśa et doit donc être « goûté » dans le renoncement, le non-appropriation et le détachement. Elle harmonise une vie d’action juste (karma) avec la connaissance libératrice (vidyā), en mettant en garde contre les extrêmes unilatéraux : ritualisme seul, intellectualisme seul, ou négation nihiliste du Soi. Le chapitre culmine dans une vision non-duelle lumineuse — voir tous les êtres dans le Soi et le Soi en tous les êtres — et dans la prière décisive demandant d’ôter le « voile d’or » qui recouvre la Vérité. Couronne philosophique de la Saṃhitā, il reconfigure la vie rituelle védique comme une voie intérieure vers la mokṣa, tout en préservant le dharma dans le monde.

17 mantras