Adhyaya 17
Prabhasa KhandaPrabhasa Kshetra MahatmyaAdhyaya 17

Adhyaya 17

Le chapitre 17 est un enseignement rituel et théologique où Īśvara instruit Devī sur le système de culte (pūjāvidhi) de Bhāskara/Sūrya à Arkasthala, dans le Prabhāsa. Le texte fonde d’abord la pratique sur une raison cosmologique : Āditya est présenté comme primordial parmi les dieux, soutenant, créant et résorbant le monde mobile et immobile, établissant ainsi le rite dans l’ordre du cosmos. Vient ensuite un programme gradué : pureté préliminaire (bouche, vêtement, corps), règles détaillées du dantakāṣṭha (bois autorisés et leurs effets; interdits; posture; mantra pour le nettoyage des dents; manière de s’en défaire), puis prescriptions du bain avec terre/eau consacrées, chaque geste étant structuré par des mantras. Le chapitre développe tarpaṇa, sandhyā et l’offrande d’arghya au Soleil, avec une phalaśruti affirmant l’effacement des fautes et l’accroissement du mérite. Pour ceux qui ne peuvent accomplir les procédures initiatiques étendues, une option « Veda-mārga » est donnée, avec des mantras védiques d’invocation et d’adoration. Sont aussi décrits une installation fondée sur un maṇḍala avec aṅga-nyāsa, la mise en place et le culte des grahas et des dikpālas, ainsi qu’une dhyāna décrivant l’iconographie d’Āditya. Le texte poursuit avec la mūrti-pūjā (culte de l’image), les substances d’abhiṣeka et les offrandes successives (upavīta, étoffes, encens, onguents, lampes, ārātrika), en listant fleurs, parfums et lampes recommandés, et ce qui ne doit pas être offert, avec des avertissements éthiques contre la cupidité et l’usage impropre des offrandes. La conclusion explique Rāhu et l’éclipse comme une occultation plutôt qu’une dévoration, rappelle les normes de discrétion dans la transmission, et proclame les mérites de l’écoute et de la récitation, apportant bien-être, prospérité et protection à diverses communautés.

Shlokas

Verse 1

ईश्वर उवाच । अथ पूजाविधानं ते कथयामि यशस्विनि । अर्कस्थलस्य देवस्य यथा पूज्यो नरोत्तमैः

Īśvara dit : À présent, ô illustre, je vais t’enseigner la règle du culte—comment le Seigneur d’Arkasthala doit être vénéré par les plus nobles des hommes.

Verse 2

सर्वेषामेव देवानामादिरादित्य उच्यते । आदिकर्त्ता त्वसौ यस्मादादित्यस्तेन चोच्यते

Parmi tous les dieux, Āditya est appelé le Premier ; car il est véritablement l’Artisan primordial, c’est pourquoi on le nomme Āditya.

Verse 3

नादित्येन विना रात्रिर्न दिवा न च तर्पणम् । न धर्मो वै न चाधर्मो न संतिष्ठेच्चराचरम्

Sans Āditya, il n’y aurait ni nuit ni jour, ni les rites de tarpaṇa (libation) ; ni le dharma ni l’adharma n’agiraient, et l’univers tout entier, mobile et immobile, ne subsisterait pas.

Verse 4

आदित्यः पालयेत्सर्वमादित्यः सृजते सदा । आदित्यः संहरेत्सर्वं तस्मादेष त्रयीमयः

Āditya préserve tout ; Āditya crée sans cesse ; Āditya résorbe tout—c’est pourquoi il est l’essence même de la triple Veda.

Verse 5

आराधनविधिं तस्य भास्करस्य महात्मनः । कथयामि महादेवि वेदोक्तैर्मंत्रविस्तरैः । तं शृणुष्व वरारोहे सर्वपापप्रणाशनम्

Je vais exposer, ô Mahādevī, la méthode pour apaiser le magnanime Bhāskara, au moyen de mantras amples enseignés par la Veda. Écoute, ô noble dame : cela détruit tous les péchés.

Verse 6

मूर्त्तिस्थः पूज्यते येन विधानेन महेश्वरि । द्वादशात्मा यथा सूर्यस्तत्ते वक्ष्याम्यशेषतः

Ô Maheśvarī, je t’exposerai entièrement le rite par lequel le Soleil, demeurant dans une mūrti (image sacrée), doit être adoré—lui dont l’essence est douze fois déployée.

Verse 7

मुखशुद्धिं च कृत्वाऽदौ स्नानं कृत्वा विशेषतः । वस्त्रशुद्धिं देह शुद्धिं कृत्वा सूर्यं स्पृशेत्ततः

D’abord, après avoir purifié la bouche, qu’on se baigne avec un soin tout particulier; puis, les vêtements et le corps rendus purs, qu’on s’approche et touche rituellement l’image du Soleil divin, Sūrya.

Verse 9

दन्तकाष्ठविधानं तु प्रथमं कथयामि ते । मधूके पुत्रलाभः स्यादर्के नेत्रसुखं प्रिये

Je te dirai d’abord la règle du bâtonnet pour les dents. Avec une brindille de madhūka, on obtient la grâce d’une descendance; avec une brindille d’arka, ô bien-aimée, on acquiert confort et bien-être pour les yeux.

Verse 10

रोगक्षयः कदम्बे तु अर्थलाभोऽतिमुक्तके । मरुतां याति सर्वत्र आटरूषकसंभवैः

En recourant au Kadamba, les maladies s’éteignent; en servant l’Atimuktaka, on obtient le gain des richesses. Et par les plantes nées de l’Āṭarūṣaka, on atteint partout le séjour des Maruts : tel est le fruit proclamé.

Verse 11

जातिप्रधानतां जातावश्वत्थो यच्छते यशः । श्रियं प्राप्नोति निखिलां शिरीषस्य निषेवणात्

Par la Jāti, l’Aśvattha accorde la prééminence parmi les siens et confère la renommée; et par le service dévot au Śirīṣa, on obtient la prospérité dans sa plénitude.

Verse 12

प्रियंगुं सेवमानस्य सौभाग्यं परमं भवेत् । अभीप्सितार्थसिद्धिः स्यान्नित्यं प्लक्षनिषेवणात्

Pour celui qui sert le Priyaṅgu, naît une fortune heureuse suprême; et par le recours constant au Plakṣa, on obtient la réussite des buts désirés, en tout temps.

Verse 13

न पाटितं समश्नीयाद्दंतकाष्ठं न सव्रणम् । न चोर्द्धशुष्कं वक्रं वा नैव च त्वग्विवर्ज्जितम्

On ne doit pas utiliser un bâtonnet dentaire fendu, ni blessé ou abîmé; ni celui qui est à demi sec, ni tordu, ni dépouillé de son écorce.

Verse 14

वितस्तिमात्रमश्नीयाद्दीर्घं ह्रस्वं च वर्जयेत् । उदङ्मुखो वा प्राङ्मुखः सुखासीनोऽथ वाग्यतः

Qu’on utilise un bâtonnet dentaire de la mesure d’un vitasti (une empan), en évitant celui qui est trop long ou trop court. Assis à l’aise, tourné vers le nord ou l’est, qu’on demeure en silence.

Verse 15

कामं यथेष्टं हृदये कृत्वा समभिमन्त्र्य च । मंत्रेणानेन मतिमानश्नीयाद्दन्तधावनम्

Ayant placé dans le cœur le vœu selon son désir, et ayant dûment consacré ce bâton, l’homme avisé doit se nettoyer les dents en récitant ce mantra.

Verse 16

वरं दत्त्वाऽभिजानासि कामं चैव वनस्पते । सिद्धिं प्रयच्छ मे नित्यं दन्तकाष्ठ नमोऽस्तु ते

Ô seigneur de la forêt, tu sais accorder des grâces et accomplir les désirs. Donne-moi sans cesse l’accomplissement; ô bois dentaire, hommage à toi.

Verse 17

त्रीन्वारान्परिजप्यैवं भक्षयेद्दंतधावनम् । पश्चात्प्रक्षाल्य तत्काष्ठं शुचौ देशे विनिक्षिपेत्

Après avoir ainsi récité le mantra trois fois, qu’on utilise le nettoyeur de dents. Ensuite, après avoir rincé ce bâton, qu’on le dépose en un lieu pur.

Verse 18

दंतकाष्ठेन देवेशि न जिह्वां परिमार्जयेत् । पृथक्पृथक्तदा कार्यं यदीच्छेद्विपुलं यशः

Ô Déesse, qu’on ne gratte pas la langue avec le bâtonnet à dents. Que chaque acte soit accompli séparément, si l’on souhaite une renommée abondante.

Verse 19

अंगुल्या दंतकाष्ठं च प्रत्यक्षं लवणं च यत् । मृत्तिकाभक्षणं चैव तुल्यं गोमांसभक्षणैः

Employer le doigt au lieu d’une purification correcte, détourner le bâtonnet à dents et prendre du sel au grand jour, et encore manger de l’argile : tout cela est déclaré, en faute, égal à manger de la chair de vache.

Verse 20

मुखे पर्युषिते नित्यं भवत्यप्रयतो द्विजः । तस्माच्छुष्कमथार्द्रं वा भक्षयेद्दंतधावनम्

Si la bouche demeure avec des restes rassis, le deux-fois-né est tenu pour négligent en pureté. Qu’il use donc d’un rameau nettoyeur de dents, sec ou frais et humide, pour se purifier.

Verse 21

वर्जिते दिवसे चैव गडूषांश्चैव षोडश । तत्तत्पद्मसुगन्धैर्वा मुखशुद्धिं च कारयेत्

Et les jours où le rameau dentaire doit être évité, qu’on fasse à la place seize rinçages de bouche; ou qu’on purifie la bouche par des parfums, tels des essences au parfum de lotus.

Verse 22

मुखशुद्धिमकृत्वा यो भास्करं स्पृशति द्विजः । त्रीणि वर्षसहस्राणि स कुष्ठी जायते नरः

Le deux-fois-né qui, sans avoir purifié sa bouche, touche (ou s’approche pour le culte de) Bhāskara, le Soleil, devient lépreux durant trois mille ans.

Verse 23

एवं वस्त्रादि संशोध्य ततः स्नानं समाचरेत् । शुचौ मनोरमे स्थाने संगृह्यास्त्रेण मृत्तिकाम्

Ainsi, après avoir purifié les vêtements et le reste, qu’on accomplisse ensuite le bain rituel. En un lieu pur et agréable, qu’on recueille la terre de bain (argile) en recourant au mantra protecteur « astra ».

Verse 24

सानुस्वारोकारयुतो हकारः फट्समन्वितः । अनेनास्त्रेण संगृह्य स्नानं तत्र समाचरेत्

L’« astra » est la syllabe ha jointe à la voyelle o avec la nasalisation (anusvāra), et pourvue de l’exclamation phaṭ. Par cet astra, qu’on recueille la terre purificatrice et qu’on accomplisse là le bain rituel.

Verse 25

भागत्रयं तु संशुद्धं तृणपाषाणवर्जितम् । एकमस्त्रेण चालभ्य तथान्यं भास्करेण तु

Qu’on prenne trois parts d’argile bien purifiée, exempte d’herbe et de pierres : qu’on touche une part avec le mantra « astra » et une autre avec le mantra de Bhāskara (Sūrya).

Verse 26

अंगैश्चैव तृतीयं तु अभिमंत्र्य सकृत्सकृत् । जप्त्वास्त्रेण क्षिपेद्दिक्षु निर्विघ्नं तु जलं भवेत्

Et la troisième part doit être consacrée maintes fois par les aṅga-mantras (mantras des membres). Après avoir récité l’« astra », qu’on la projette vers les directions ; alors l’eau devient exempte d’obstacles néfastes.

Verse 27

सूर्यतीर्थ द्वितीयेन तृतीयेन सकृत्सकृत् । गुंठयित्वा ततः स्नायाद्रवितीर्थेन मानवः

Puis, avec la deuxième et la troisième part, qu’on l’applique et la frotte à maintes reprises en tant que « Sūryatīrtha » ; ensuite, que l’homme se baigne à Ravi-tīrtha.

Verse 28

तूर्यशंख निनादेन ध्यात्वा देवं दिवाकरम् । स्नात्वा राजोपचारेण पुनराचम्य यत्नतः

Au retentissement des tambours et des conques, méditant sur le dieu Divākara (le Soleil), après s’être baigné avec une vénération et des offrandes dignes d’un rite royal, qu’on accomplisse de nouveau l’ācamanā avec soin.

Verse 29

स्नानं कृत्वा ततो देवि मंत्रराजेन संयुतम् । हरेफौ बिंदु लक्ष्मीश्च तथाऽन्यो दीर्घया सह

Après le bain, ô Déesse, qu’on poursuive avec le « Roi des Mantras », formé de ha et de repha (r), avec le bindu (nasalisation) et « Lakṣmī » (śrī), ainsi qu’une autre syllabe jointe à une voyelle longue, correctement composé.

Verse 30

मात्रया रेफसंयुक्तो हकारो बिंदुना सह । सकारः सविसर्गस्तु मंत्रराजोऽयमुच्यते

La syllabe « ha », jointe à « ra » (repha) et pourvue de mātrā (quantité vocalique), avec le bindu; et la syllabe « sa » avec le visarga : tel est proclamé le « Roi des Mantras ».

Verse 31

ततस्तु तर्प्पयेन्मंत्रान्सर्वांस्तांस्तु कराग्रजैः । तुलनादूर्ध्वतो देवान्सव्येन च मुनींस्तथा । पितॄंश्चैवापसव्येन हृद्बीजेन प्रतर्पयेत्

Ensuite, du bout des doigts, qu’on offre le tarpaṇa à tous ces mantras. Depuis la région au-dessus du point d’équilibre (près de la poitrine), qu’on satisfasse les dieux de la main gauche, ainsi que les munis; et selon le mode apasavya, qu’on satisfasse les ancêtres en employant le hṛd-bīja (semence du cœur).

Verse 32

यद्गीतं प्रवरं लोके अक्षराणां मनीषिभिः । एकोनविंशं मात्राया अक्षरं तत्प्रकीर्त्तितम्

Ce que les sages ont chanté comme le plus éminent parmi les syllabes du monde est déclaré être la syllabe de dix-neuf mātrās (unités de mesure prosodique).

Verse 33

एवं स्नात्वा विधानेन संध्यां वंदेद्विधानतः । ततो विद्वान्क्षिपेत्पश्चाद्भास्करायोदकांजलिम्

Ainsi, après s’être baigné selon la règle, on doit accomplir la Sandhyā selon le rite prescrit. Ensuite, le sage offrira, les paumes jointes, une libation d’eau à Bhāskara, le Soleil.

Verse 34

जपेच्च त्र्यक्षरं मंत्र षण्मुखं च यदृच्छया । मंत्रराजेति यः पूर्वं तवाख्यातो मया प्रिये

Et l’on doit aussi réciter le mantra de trois syllabes, ainsi que le mantra de Ṣaṇmukha, aux six visages, selon sa capacité. Celui que je t’ai auparavant révélé, ô bien-aimée, comme le «Roi des Mantras»—

Verse 35

पश्चात्तीर्थेन मंत्रास्तु संहृत्य हृदये न्यसेत् । मंत्रैरात्मानमेकत्र कृत्वा चार्घं प्रदापयेत्

Ensuite, avec l’eau de tīrtha, on doit recueillir de nouveau les mantras et les déposer dans le cœur. S’étant ainsi unifié par les mantras, on présentera alors l’offrande d’arghya.

Verse 36

रक्तचंदनगंधैस्तु शुचिःस्नातो महीतले । कृत्वा मंडलकं वृत्तमेकचित्तो व्यवस्थितः

Purifié et baigné, oint du parfum du santal rouge, sur le sol on tracera un maṇḍala circulaire et l’on demeurera là, stable, l’esprit unifié.

Verse 37

गृहीत्वा करवीराणि ताम्रे संस्थाप्य भाजने । तिलतंदुलसंयुक्तं कुशगन्धोदकेन तु

Prenant des fleurs de karavīra (laurier-rose) et les plaçant dans un récipient de cuivre, on les préparera avec du sésame et du riz, et avec une eau parfumée par l’herbe kuśa.

Verse 38

रक्तचंदन धूपेन युक्तमर्घ्योपसाधितम् । कृत्वा शिरसि तत्पात्रं जानुभ्यामवनिं गतः

Après avoir préparé comme il se doit l’arghya, imprégné de santal rouge et d’encens, qu’on place ce vase sur la tête et, sur les deux genoux, qu’on s’abaisse jusqu’à la terre en signe de vénération.

Verse 39

मूलमंत्रेण संयुक्तमर्घ्यं दद्याच्च भानवे । मुच्यते सर्वपापैस्तु यो ह्येवं विनिवेदयेत्

Qu’on offre à Bhānava (le Soleil) l’arghya consacré par le mantra racine. Celui qui le présente ainsi est, en vérité, délivré de tous les péchés.

Verse 40

यद्युगादिसहस्रेण व्यतीपातशतेन च । अयनानां सहस्रेण यत्फलं ज्येष्ठपुष्करे । तत्फलं समवाप्नोति सूर्यायार्घ्य निवेदने

Le mérite acquis à Jyeṣṭha-puṣkara par mille jours de Yugādi, cent instants de Vyatīpāta et mille passages d’ayana, ce même fruit est obtenu en offrant l’arghya au Soleil.

Verse 41

दीक्षामंत्रविहीनोऽपि भक्त्या संवत्सरेण तु । फलमर्घेण वै देवि लभते नात्र संशयः

Ô Déesse, même celui qui est dépourvu d’initiation et des mantras requis, s’il l’accomplit avec dévotion durant une année, obtient le fruit par l’offrande d’arghya ; il n’y a là aucun doute.

Verse 42

यः पुनर्दीक्षितो विद्वान्विधिनार्घ्यं निवेदयेत् । नासौ संभवते भूमौ प्रलयं याति भास्करे

Mais l’initié et le sage qui offre l’arghya selon la règle ne renaît plus sur la terre ; parvenu à Bhāskara (le Soleil), il se fond dans la délivrance ultime.

Verse 43

इह जन्मनि सौभाग्यमायुरारोग्यसंपदम् । अचिराल्लभते देवि सभार्यः सुखभाजनम्

Ô Déesse, en cette vie même il obtient bientôt la bonne fortune, la longévité et la richesse de la santé ; avec son épouse, il devient un réceptacle de bonheur.

Verse 44

एवं स्नानविधिः प्रोक्तः सौरः संक्षेपतस्तव । हिताय मानवेन्द्राणां सर्वपापप्रणाशनः

Ainsi t’a été exposé brièvement le rite du bain solaire (Sūrya) ; il est salutaire aux rois parmi les hommes et détruit tous les péchés.

Verse 45

अथवा वेदमार्गेण कुर्यात्स्नानं द्विजोत्तमः । यद्येवं मन्त्रविस्तारे ह्यशक्तो दीक्षया विना

Ou bien, le meilleur des deux-fois-nés peut accomplir le bain selon la voie védique, si—sans dīkṣā (initiation)—il n’est pas capable d’entreprendre l’ample déploiement des mantras.

Verse 46

ईश्वर उवाच । अथ पूजाविधानं ते कथयामि यशस्विनि । वेदमार्गेण दिव्येन ब्राह्मणानां हिताय वै

Īśvara dit : À présent je t’exposerai la règle du culte, ô illustre ; selon la voie védique divine, assurément pour le bien des brāhmaṇas.

Verse 47

एवं संभृतसंभारः पुष्पादिप्रगुणीकृतः । तत आवाहयेद्भानुं स्थापयेत्कर्णिकोपरि

Ayant ainsi rassemblé les objets requis et disposé comme il se doit les fleurs et le reste, on doit alors invoquer Bhānu (le Soleil) et l’établir sur le piédestal central (karṇikā).

Verse 48

उपस्थानं तु वै कृत्वा मंत्रेणानेन सुव्रते । उदुत्यं जातवेदसमिति मंत्रः संपरिकीर्तितः

Ô toi de vœu vertueux, après avoir accompli l’upasthāna (service de présence) avec ce mantra, le mantra est proclamé ainsi : « ud utyaṃ jātavedasam ».

Verse 49

अग्निं दूतेति मंत्रेण अनेनावाह्य भामिनि । आकृष्णेन रजसा मंत्रेणानेन वाऽर्चयेत्

Ô dame rayonnante, invoque-le (āvāhana) par le mantra « agniṃ dūta » ; puis adore-le, et tu peux aussi l’honorer avec le mantra « ākṛṣṇena rajasā ».

Verse 50

हंसः शुचिषदिति मंत्रेणानेन पूजयेत् । अपत्येतेति मन्त्रेण सूर्यं देवि प्रपूजयेत्

Par le mantra qui commence « haṃsaḥ śuciṣat… », qu’on accomplisse l’adoration. Et par le mantra qui commence « apatyete… », ô Déesse, qu’on vénère Sūrya avec une révérence particulière.

Verse 51

अदृश्रमस्य चैतेन सूर्यं देवि समर्च्चयेत् । तरणिर्विश्वदर्शेति अनेन सततं जपम्

Et par le mantra qui commence « adṛśram asya… », ô Déesse, qu’on adore Sūrya comme il se doit. Par le mantra qui commence « taraṇir viśvadarśī… », qu’on maintienne un japa ininterrompu.

Verse 52

चित्रं देवानामुदेति भद्रां देवो सदार्चयेत् । विभूतिमर्च्चयेन्नित्यं येना पावक चक्षसा

Par le mantra qui commence « citraṃ devānām udeti… », l’adorateur doit toujours honorer la puissance propice. Et chaque jour, qu’il vénère Vibhūti par le mantra qui commence « yena pāvaka-cakṣasā… ».

Verse 53

विद्यामेपिरजस्पृथ्वित्यनेन विमलां सदा । अमोघां पूजयेन्नित्यं मंत्रेणानेन सुव्रते

Avec le mantra qui commence par « vidyām ehi rajas pṛthvi… », on doit vénérer sans cesse la Déesse Vimalā. Et par ce même mantra, ô toi aux vœux excellents, on doit chaque jour adorer Amoghā.

Verse 54

सप्त त्वा हरितोऽनेन सिद्धिदां सर्वकर्मसु । विद्युतामर्चयेद्देवं सप्त त्वा हरितेन च

Avec le mantra qui commence « sapta tvā haritaḥ… », on doit vénérer Siddhidā, dispensatrice de réussite en toute action. Et avec « sapta tvā harita… », on doit aussi adorer la divinité Vidyutā.

Verse 55

नवमीं पूजयेद्देवीं सततं सर्वतोमुखीम् । मन्त्रेणानेन वै देवि उद्वयन्तमितीह वै

On doit vénérer sans cesse la Déesse Navamī, Celle dont le visage se tourne vers toutes les directions (présente partout). Par ce mantra, ô Déesse — celui qui commence « udvayantam… » — elle doit assurément être adorée.

Verse 56

उद्यन्नद्य मित्रमहः प्रथममक्षरं जपेत् । द्वितीयं पूजयेद्देवि शुकेषु मे हरिमेति वै

On doit réciter la première syllabe-semence avec le mantra « udyann adya mitramahaḥ… ». La seconde, ô Déesse, doit être vénérée avec « śukeṣu me hariḥ… ».

Verse 57

उदगादयमादित्यो ह्यनेनापि तृतीयकम् । तत्सवितुर्वरेण्येति चतुर्थं परिकीर्तितम्

Avec le mantra « udagād ayam ādityaḥ… », on établit aussi la troisième (syllabe-semence). La quatrième est proclamée (par) « tat savitur vareṇyam… ».

Verse 58

महाहिवो महायेति पञ्चमं परिकीर्तितम् । हिरण्यगर्भः समवर्तत षष्ठं बीजं प्रकीर्तितम्

Le cinquième est proclamé par « mahāhivo mahā… ». La sixième syllabe-semence (bīja) est annoncée par « hiraṇyagarbhaḥ samavartata… ».

Verse 59

सविता पश्चातात्सविता सप्तमं वरवर्णिनि । एवं बीजानि विन्यस्य आदित्यं स्थापयेच्छुभे

Par « savitā paścātāt savitā… », ô toi au teint gracieux, est donnée la septième (semence). Ainsi, après avoir disposé les bīja-mantras, ô dame de bon augure, qu’on établisse Āditya.

Verse 60

आदित्यं स्थापयित्वा तु पश्चादङ्गानि विन्यसेत्

Après avoir d’abord établi Āditya, qu’on procède ensuite à la pose rituelle (nyāsa) des membres, l’aṅga-nyāsa, selon l’ordre prescrit.

Verse 61

आग्नेय्यां हृदयं न्यस्य ऐशान्यां तु शिरो न्यसेत् । नैरृत्यां तु शिखां चैव कवचं वायुगोचरे

En plaçant le mantra du « Cœur » au sud-est (Āgneya), qu’on place la « Tête » au nord-est (Aiśānya). Au sud-ouest (Nairṛtya), qu’on place la « Śikhā » (touffe sacrée), et le « Kavaca » (cuirasse protectrice) dans le domaine de Vāyu, au nord-ouest.

Verse 62

अस्त्रं दिशासु विन्यस्य स्वबीजेन तु कर्णिकाम् । अमोसि प्राणितेनेति अनेन हृदयं यजेत्

Après avoir assigné l’« Astra » (mantra-arme de protection) aux directions, et la « Karṇikā » (cœur central) avec son propre bīja, qu’on vénère le « Cœur » par la formule : « am asi, prāṇitena », par le souffle de vie.

Verse 63

शिरस्तु पूजयेद्देवि आयुष्यं वर्चसेति वै । गायत्र्या तु शिखां पूज्य नैरृत्यां तु व्यवस्थिताम्

Ô Déesse, que l’on vénère la Tête avec le mantra «āyuṣyaṃ varcase», pour la longévité et l’éclat; et qu’avec la Gāyatrī l’on honore la Śikhā, établie au sud-ouest (Nairṛtya).

Verse 64

जीमूतस्येव भवति प्रत्येकं कवचं यजेत् । धन्वन्नागा धन्वनेति अनेनास्त्रं सदाऽर्चयेत्

Cela devient tel un nuage de pluie, un voile de protection; que l’on vénère séparément chaque kavaca (enveloppe protectrice). Avec la formule «dhanvannāgā dhanvane», que l’on adore toujours l’Astra (l’arme sacrée).

Verse 65

नेत्रं तु पूजयेद्देवि अश्विना तेजसेति च । ह्यतः पूर्वतः सोमं दक्षिणेन बुधं तथा

Ô Déesse, que l’on vénère l’Œil avec le mantra «aśvinā tejasā». Ensuite, à l’est, qu’on place et honore Soma, et de même, au sud, Budha (Mercure).

Verse 66

पश्चिमेन गुरुं न्यस्य उत्तरेण च भार्गवम् । आग्नेय्यां मङ्गलं न्यस्य नैरृत्यां तु शनैश्चरम्

En plaçant Guru (Jupiter) à l’ouest et Bhārgava (Vénus) au nord, qu’on place Maṅgala (Mars) au sud-est (Agneya) et Śanaiścara (Saturne) au sud-ouest (Nairṛtya).

Verse 67

वायव्यां तु न्यसेद्राहुं केतुमीशानगोचरे । आप्यायस्वेति मन्त्रेण देवि सोमं सदार्चयेत्

Au nord-ouest (Vāyavya), qu’on place Rāhu, et Ketu dans le domaine d’Īśāna (nord-est). Ô Déesse, avec le mantra «āpyāyasva», qu’on vénère toujours Soma (la Lune).

Verse 68

उद्बुध्यध्वं महादेवि बुधं तत्र सदार्चयेत् । बृहस्पतेति मन्त्रेण पूजयेत्सततं गुरुम्

«Éveillez-vous !»—ô Grande Déesse—là, l’on doit toujours vénérer Budha (Mercure). Par le mantra «bṛhaspate», l’on doit sans cesse honorer le Guru (Bṛhaspati/Jupiter).

Verse 69

शुक्रः शुशुक्वानिति च भार्गवं देवि पूजयेत् । अग्निर्मूर्द्धेति मन्त्रेण सदा मंगलमर्चयेत्

Ô Déesse, l’on doit vénérer Bhārgava (Śukra/Vénus) par le mantra «śukraḥ śuśukvān». Par le mantra «agnir mūrdhni», l’on doit toujours adorer Maṅgala (Mars).

Verse 70

शमग्निरितिमन्त्रेण पूजयेद्भास्करात्मजम् । कयानश्चित्रेतिमन्त्रेण देवि राहुं सदाऽर्चयेत्

Par le mantra «śam agniḥ…», l’on doit vénérer le fils de Bhāskara (le Soleil), Śani (Saturne). Et, ô Déesse, par le mantra «kayā naś citre…», l’on doit toujours adorer Rāhu.

Verse 71

केतुं कृण्वेति केतुं वै सततं पूजयेद्बुधः । बाह्यतः पूर्वतः शुक्रं दक्षिणेन यमं तथा

Par le mantra «ketuṃ kṛṇv…», le sage doit vénérer sans cesse Ketu. À l’extérieur, vers l’est se tient Śukra (Vénus), et de même, vers le sud se tient Yama.

Verse 72

ऐशान्यामीश्वरं विंद्यादाग्नेय्यामग्निरुच्यते । नैऋतेति विरूपाक्षं पवनं वायुगोचरे

Au nord-est, l’on doit reconnaître Īśvara ; au sud-est, Agni est proclamé. Au sud-ouest se tient Virūpākṣa ; et dans le domaine de Vāyu se trouve Pavana (le Vent).

Verse 73

तमुष्टवाम इति वै ह्यनेनेन्द्रमथार्चयेत् । उदीरतामवरेति सदा वैवस्वतं यजेत्

Par la formule « tamuṣṭavāma… », on doit vénérer Indra au moyen de ce mantra. Par « udīratām avar… », on doit toujours offrir le culte à Vaivasvata (Yama).

Verse 74

तत्त्वायामीति मन्त्रेण वरुणं देवि पूजयेत् । इन्द्रासोमावत इति मन्त्रेण धनदं यजेत्

Par le mantra « tattvāyāmi… », ô Déesse, on doit honorer Varuṇa. Par le mantra « indrāsomāvata… », on doit vénérer Dhanada (Kubera).

Verse 75

पावकं पूजयेद्देवि अग्निमीऌए पुरोहितम् । रक्षोहणं वाजिनेति विरूपाक्षं सदार्चयेत्

Ô Déesse, on doit vénérer Pāvaka (Agni) par « agnim īḷe purohitam ». Par « rakṣohaṇaṃ vājina… », on doit toujours adorer Virūpākṣa.

Verse 76

वायवायाहि मन्त्रेण वायुं देवि सदार्चयेत् । यथाक्रममिमान्देवि सर्वान्वै पूजयेद्बुधः

Par le mantra « vāyav āyāhi… », ô Déesse, on doit toujours vénérer Vāyu. Ainsi, selon l’ordre prescrit, ô Déesse, le sage doit honorer tous ces dieux.

Verse 77

बाह्यतः पूर्वतो देवि इन्द्रादीनां समन्ततः । रक्तवर्णं महातेजं सितपद्मोपरि स्थितम्

À l’extérieur, vers l’est, ô Déesse—entouré de toutes parts par Indra et les autres—(se tient une forme) rouge de teinte, d’un grand éclat, assise sur un lotus blanc.

Verse 78

सर्वलक्षणसंयुक्तं सर्वाभरणभूषितम् । द्विभुजं चैकवक्त्रं च सौम्यपञ्चकधृक्करम्

Pourvu de tous les signes de bon augure et paré de tous les ornements ; à deux bras et à un seul visage ; tenant en ses mains le doux ensemble des cinq attributs auspices.

Verse 79

वर्त्तुलं तेजबिंबं तु मध्यस्थं रक्तवाससम् । आदित्यस्य त्विदं रूपं सर्वलोकेषु पूजितम् । ध्यात्वा संपूजयेन्नित्यं स्थंडिलं मण्डलाश्रयम्

Un disque circulaire de splendeur, établi au centre, vêtu de rouge : telle est, en vérité, la forme d’Āditya, honorée dans tous les mondes. Après l’avoir ainsi méditée, qu’on l’adore chaque jour, au moyen d’un maṇḍala posé sur le sthaṇḍila (autel préparé).

Verse 80

देव्युवाच । मण्डलस्थः सुरश्रेष्ठ विधिना येन भास्करः । पूज्यते मानवैर्भक्त्या स विधिः कथितस्त्वया

La Déesse dit : «Ô le meilleur des dieux, tu as exposé le rite par lequel Bhāskara (le Soleil), demeurant dans son maṇḍala sacré, est adoré par les hommes avec dévotion.»

Verse 81

पूजयेद्विधिना येन भास्करं पद्मसंभवम् । मूर्त्तिस्थं सर्वगं देवं तन्मे कथय शंकर

«Dis-moi, ô Śaṅkara, la juste procédure par laquelle il convient d’adorer Bhāskara—né du lotus—qui, bien que présent dans une image, est le Dieu qui pénètre tout.»

Verse 82

ईश्वर उवाच । साधुसाधु महादेवि साधु पृष्टोऽस्मि सुवते । शृणुष्वैकमना देवि मूर्तिथं येन पूजयेत्

Īśvara dit : «Excellent, excellent, ô Grande Déesse ; tu as bien questionné, ô toi au vœu noble. Écoute d’un esprit unifié, ô Devī, la méthode par laquelle on adore la divinité présente dans une image.»

Verse 83

इषेत्वेति च मन्त्रेण उत्तमांगं सदार्चयेत् । अग्निमीऌएति मन्त्रेण पूजयेद्दक्षिणं करम्

Avec le mantra «iṣetv…», qu’on vénère sans cesse la tête de la Divinité. Avec le mantra «agnim īḷe…», qu’on vénère la main droite.

Verse 84

अग्न आयाहि मन्त्रेण पादौ देवस्य पूजयेत् । आजिघ्रेति च मन्त्रेण पूजयेत्पुष्पमालया

Avec le mantra «agna āyāhi…», qu’on vénère les pieds de la Divinité. Et avec le mantra «ājighre…», qu’on vénère en offrant une guirlande de fleurs.

Verse 85

योगेयोगेति मन्त्रेण मुक्तपुष्पांजलिं क्षिपेत् । समुद्रागच्छ यत्प्रोक्तमनेन स्नापयेद्रविम्

Avec le mantra «yoge yoge…», qu’on jette l’offrande de poignées de fleurs détachées. Avec les paroles enseignées comme «samudrāgaccha…», qu’on baigne Ravi (le Soleil).

Verse 86

इमं मे गंगेति यत्प्रोक्तमनेनापि च भामिनि । समुद्रज्येति मन्त्रेण क्षालयेद्विधिवद्रविम्

Et, ô belle, avec ce qui est enseigné comme «imaṃ me gaṅge…», et avec le mantra «samudrajye…», qu’on rince et purifie Ravi (le Soleil) selon la règle rituelle.

Verse 87

सिनीवालीति मन्त्रेण स्नापयेच्छंखवारिणा । यज्ञं यज्ञेति मन्त्रेण कषायैः परिरक्षयेत्

Avec le mantra «sinīvālī…», qu’on baigne (le Soleil) avec l’eau versée d’une conque. Avec le mantra «yajñaṃ yajña…», qu’on protège dûment le rite/la divinité au moyen d’infusions astringentes (kaṣāya).

Verse 88

स्नापयेत्पयसा देवि आप्यायस्वेति मंत्रतः । दधिक्राव्णेति वै दध्ना स्नापयेद्विधिवद्रविम्

Ô Devī, qu’on baigne (le Soleil) avec du lait en récitant le mantra « āpyāyasva… ». Et avec du caillé, certes, en récitant « dadhikrāvan… », qu’on baigne Ravi selon la règle rituelle.

Verse 89

इमं मे गंगेति यत्प्रोक्तमनेनापि च भामिनि । समुद्रज्येति मंत्रेण स्नानमौषधिभिः स्मृतम्

Et, ô belle dame, avec ce qui est enseigné comme « imaṃ me gaṅge… » et avec le mantra « samudrajye… », il est aussi prescrit de se baigner avec des herbes médicinales.

Verse 90

उद्वर्तयेत्ततो भानुं द्विपदाभिर्वरानने । मानस्तोकेति मंत्रेण युगपत्स्नानमाचरेत्

Ensuite, ô dame au beau visage, qu’on oigne et qu’on frotte (l’icône de) Bhānu avec des vers à deux membres ; et, avec le mantra commençant par « mānastoka… », qu’on accomplisse le rite du bain conjointement, selon l’ordre du culte.

Verse 91

विष्णोरराटमन्त्रेण स्नापयेद्गंधवारिणा । सौवर्णेन तु मंत्रेण अर्घ्यं पाद्यं निवेदयेत्

Avec le mantra nommé « Viṣṇor arāṭa… », qu’on baigne (la divinité) d’eau parfumée. Et avec le mantra nommé « Sauvarṇa… », qu’on offre l’arghya (eau d’hommage) et le pādya (eau pour les pieds).

Verse 92

इदं विष्णुर्विचक्रमे मंत्रेणार्घ्यं प्रदापयेत् । वेदोसीति च मंत्रेण उपवीतं प्रदापयेत्

Avec le mantra « idaṃ viṣṇur vicakrame… », qu’on présente l’arghya. Et avec le mantra « vedosi… », qu’on offre le cordon sacré (upavīta).

Verse 93

बृहस्पतेति मंत्रेण दद्याद्वस्त्राणि भानवे । येन श्रियं प्रकुर्वाणः पुष्पमालां प्रपूजयेत्

Avec le mantra commençant par « bṛhaspate… », qu’on offre des vêtements à Bhānu (Sūrya) ; puis, désirant faire naître la prospérité, qu’on le vénère comme il se doit avec une guirlande de fleurs.

Verse 94

धूरसीति च मंत्रेण धूपं दद्यात्सगुग्गलम् । समिद्धोंजनमंत्रेण अंजनं तु प्रदापयेत्

Avec le mantra « dhūr asī… », qu’on offre l’encens avec la résine de guggulu ; et avec le mantra « samiddhoṃjana… », qu’on offre aussi l’añjana (collyre).

Verse 95

युंजान इति मंत्रेण भानुं रोचनमालभेत् । आरार्त्तिकं च वै कुर्याद्दीर्घायुत्वाय वै पुनः

Avec le mantra commençant par « yuñjāna… », qu’on applique à Bhānu la rocanā (pigment lumineux et propice) ; et qu’on accomplisse aussi l’ārati, de nouveau, pour la longévité.

Verse 96

सहस्रशीर्षा पुरुषः सूर्यं शिरसि पूजयेत् । शंभवायेति मंत्रेण रवेर्नेत्रे परामृशेत्

Avec le mantra (Puruṣa-sūkta) « sahasraśīrṣā puruṣaḥ… », qu’on vénère Sūrya au niveau de la tête ; et avec le mantra « śaṃbhavāya… », qu’on effleure avec respect les yeux de Ravi.

Verse 97

विश्वतश्चक्षुरित्येवं भानोर्देहं समालभेत् । श्रीश्च ते लक्ष्मीश्चेति सर्वांगे पूजयेद्रविम्

Ainsi, avec le mantra « viśvataś cakṣuḥ… », qu’on touche et honore le corps de Bhānu ; et avec « śrīś ca te lakṣmīś ca… », qu’on vénère Ravi dans tous ses membres.

Verse 98

ईश्वर उवाच अथ मेरोर्महादेवि अष्टशृंगस्य सुव्रते । पूजाविधानमंत्रांस्ते कथयामि समासतः

Īśvara dit : À présent, ô Mahādevī, ô vertueuse, je vais t’énoncer brièvement les mantras et la règle du culte d’Aṣṭaśṛṅga de Meru, la forme aux huit sommets.

Verse 99

अष्टशृंगं महादेवि अनेन विधिनाऽर्चयेत् । प्रथमं पूजयेन्मध्ये मंत्रेणानेन सुव्रते

Ô Mahādevī, Aṣṭaśṛṅga doit être honoré selon ce rite même. D’abord, ô vertueuse, qu’on adore le centre avec ce mantra.

Verse 100

महाहिवोमहायेति नानापुष्पकदंबकैः । त्रातारमिंद्रमंत्रेण पूर्वशृंगं सदार्चयेत्

Avec des bouquets de fleurs de toutes sortes, qu’on adore sans cesse le Sommet de l’Est en récitant le mantra «mahāhivo mahāyeti» ; et, par le mantra d’Indra «trātāram indram…», qu’on le vénère comme le Seigneur protecteur.

Verse 101

तमुष्टवामेति मंत्रेण पूजयेत्सुरसुन्दरि । अग्निमीऌए पुरोहितमाग्नेयं शृंगमर्चयेत्

Ô beauté céleste, qu’on adore avec le mantra «tamuṣṭavām…». Et avec «agnim īḷe purohitam», qu’on vénère le Sommet Āgneya (au sud-est).

Verse 102

आग्नेय्या चैव गायत्र्या अथवानेन पूजयेत् । यमाय त्वा मखाय त्वा दक्षिणं शृंगमर्च येत्

Qu’on adore soit par la Gāyatrī Āgneyī, soit encore par cette formule. Par le mantra «yamāya tvā, makhāya tvā», qu’on adore le Sommet du Sud.

Verse 103

उदीरतामवरेप्यथवानेन पूजयेत् । आयं गौरिति मंत्रेण नैरृत्यं शृङ्गमर्चयेत्

Qu’on accomplisse l’adoration avec le mantra « udīratām… », ou bien, à défaut, avec cette formule. Avec le mantra « āyaṃ gauḥ… », qu’on vénère le Sommet de Nairṛtya (sud-ouest).

Verse 104

रक्षोहणं वाजिनं वा पूजयेदसुरांतिकम् । इंद्रासोमा च यो मंत्रो ह्यथवा तेन पूजयेत्

Qu’on le vénère comme le pourfendeur des rākṣasas, ou comme le rapide vainqueur, ou comme l’anéantisseur des asuras. Ou bien, avec tout mantra commençant par « indrā-somā… », qu’on accomplisse l’adoration par ce mantra.

Verse 105

अभि त्वा सूर नोन्विति चैशानं शृंगमर्चयेत् । येनेदं भूतमिति वा अथवानेन पूजयेत्

Avec le mantra « abhi tvā sūra… », qu’on vénère le Sommet d’Īśāna (nord-est). Ou avec le mantra « yenedam bhūtam… », ou bien, à défaut, avec cette formule, qu’on accomplisse l’adoration.

Verse 106

नमोस्तु सर्पेभ्य इति मेरुपीठं सदाऽर्चयेत् । हिरण्यगर्भः समवर्त्ततेति पुनर्मध्ये सदार्चयेत्

Avec la formule « namas tu sarpebhyaḥ », qu’on vénère sans cesse le Merupīṭha, le siège de Meru. Et de nouveau, au centre, qu’on adore toujours avec « hiraṇyagarbhaḥ samavartata… ».

Verse 107

सविता पश्चातादिति वै पूजयेत्पुष्प मालया । त्रिकालमर्चयेद्देवि प्रदद्यादर्घ्यमादरात्

Avec une guirlande de fleurs, qu’on adore le Soleil par le mantra « savitā paścātāt… ». Ô Déesse, qu’on l’honore aux trois temps du jour et qu’on offre avec dévotion l’eau d’arghya.

Verse 108

माता रुद्राणां दुहिता वसूनां पूर्वाह्ने चैव पूजयेत् । मध्याह्ने पूजयेद्देवि तद्विष्णोः परमं पदम्

Le matin, on doit adorer en récitant « mātā rudrāṇāṃ, duhitā vasūnām… ». À midi, ô Déesse, on doit adorer avec « tad viṣṇoḥ paramaṃ padam… ».

Verse 109

हंसः शुचिषदिति वा अपराह्णे सदार्चयेत् । एवं भानुं ग्रहैः सार्द्ध पूजयेद्वरवर्णिनि

L’après-midi, on doit toujours adorer avec « haṃsaḥ śuciṣat… ». Ainsi, ô dame au teint gracieux, on doit vénérer Bhānu (le Soleil) avec les planètes.

Verse 110

देव्युवाच । यानि पुष्पाणि चेष्टानि सदा भास्करपूजने । कानि चोक्तानि देवेश कथयस्व प्रसादतः

La Déesse dit : « Ô Seigneur des dieux, quelles fleurs sont tenues pour les plus désirées dans le culte constant de Bhāskara (le Soleil) ? Dis-le-moi, par grâce. »

Verse 111

ईश्वर उवाच । शृणु देवि प्रवक्ष्यामि पुष्पा ध्यायमनुत्तमम् । येन चार्कस्थले देवि शीघ्रं तुष्यति पूजितः

Īśvara dit : « Écoute, ô Déesse. Je vais t’enseigner le chapitre sans égal au sujet des fleurs ; grâce à lui, dans le lieu sacré d’Arka, le Soleil est vite satisfait lorsqu’on l’adore. »

Verse 112

मालतीकुसुमैः पूजा भवेत्सांनिध्यकारिका । मल्लिकायाश्च कुसुमैर्भोगवाञ्जायते नरः

Le culte accompli avec des fleurs de mālatī fait naître la présence sensible de la divinité. En offrant des fleurs de mallikā, l’homme obtient jouissances et prospérité.

Verse 113

सौभाग्यं पुंडरीकैस्तु भवत्यर्थश्च शाश्वतः । कदंबपुष्पैर्देवेशि परमैश्वर्यमश्नुते

Par les lotus puṇḍarīka naît la bonne fortune, et la richesse durable s’y joint. Par les fleurs de kadamba, ô Souveraine divine, on obtient la suprême royauté et l’éclat souverain.

Verse 114

भवत्यक्षयमन्नं च बकुलै रर्चने रवेः । मदारपुष्पकैः पूजा सर्वकुष्ठविनाशिनी

En adorant Ravi (le Soleil) avec des fleurs de bakula, on obtient une nourriture inépuisable et un soutien constant. Le culte avec des fleurs de madāra détruit toutes les formes de kuṣṭha (maladie de peau).

Verse 115

बिल्वस्य पत्रकुसुमैमहतीं श्रियमश्नुते । अर्कस्रजा भवत्यर्थः सर्वकामफलप्रदः

Par les feuilles et les fleurs de bilva, on obtient une grande prospérité. Par une guirlande d’arka, la richesse s’éveille et accorde le fruit de tout désir juste.

Verse 116

प्रदद्याद्रूपिणीं कन्यां पूजितो बकुलस्रजा । किंशुकैरर्चितो देवि न पीडयति भास्करः

Quand le Soleil est honoré d’une guirlande de bakula, il accorde une jeune fille belle (une épouse digne). Honoré de fleurs de kiṃśuka, ô Déesse, Bhāskara n’afflige plus le dévot.

Verse 117

अगस्तिकुसुमैस्तद्वदानुकूल्यं प्रयच्छ ति । करवीरैस्तु देवेशि सूर्यस्यानुचरो भवेत्

De même, par les fleurs d’agasti, le Soleil accorde sa faveur et une aide bienveillante. Par les fleurs de karavīra, ô Dame divine, on devient un serviteur, un suivant au service de Sūrya.

Verse 119

शतपत्रस्रजा देवि सूर्यसालोक्यतां व्रजेत् । बकपुष्पैर्महादेवि दारिद्यं नैव जायते

Ô Déesse, celui qui porte une guirlande de śatapatra (fleurs aux cent pétales) atteint le monde de Sūrya (sālokya). Avec les fleurs de baka, ô Grande Déesse, la pauvreté ne naît jamais.

Verse 120

यः सूर्यायतनं भक्त्या गैरिकेणोपलेपयेत् । प्राप्नुयान्महतीं लक्ष्मीं रोगैश्चापि प्रमुच्यते

Quiconque, avec dévotion, enduit le sanctuaire du Soleil de gairika (ocre rouge) obtient la grande Lakṣmī (prospérité) et se trouve aussi délivré des maladies.

Verse 121

अष्टादशेह कुष्ठानि ये चान्ये व्याधयो नृणाम् । प्रलयं यांति ते सर्वे मृदा यद्युपलेपयेत्

Ici, les dix-huit sortes de kuṣṭha (affections de la peau) et toutes les autres maladies qui tourmentent les hommes sont entièrement anéanties, si l’on s’enduit de la terre sacrée (mṛd) de ce lieu.

Verse 122

विलेपनानां सर्वेषां कुंकुमं रक्तचंदनम् । पुष्पाणां करवीराणि प्रशस्तानि वरानने

Ô toi au beau visage, parmi tous les onguents d’onction, le kuṅkuma (safran) et le santal rouge sont les meilleurs ; et parmi les fleurs, les karavīra (lauriers-roses) sont tout particulièrement loués.

Verse 123

नातः परतरं किंचिद्भास्वतस्तुष्टिकारकम् । यादृशं कुङ्कुमं जाती शतपत्रं तथाऽगुरुः

Rien n’est tenu pour plus grand afin de plaire à Bhāsvat (le Soleil) que ceci : le kuṅkuma (safran), le jātī (jasmin), le śatapatra (fleur aux cent pétales) et, de même, l’aguru (bois d’aloès).

Verse 124

किं तस्य न भवेल्लोके यश्चैभिश्चार्चयेद्रविम् । उपलिप्यालयं यस्तु कुर्यान्मंडलकं शुभम्

Qu’y aurait-il d’inaccessible en ce monde pour celui qui vénère Ravi, le Soleil, par ces offrandes ? Et celui qui, après avoir enduit et purifié le sanctuaire, trace un maṇḍala de bon augure : son mérite est dès lors assuré.

Verse 125

एकेनास्य भवेदर्थो द्वाभ्यामारोग्यमश्नुते । त्रिभिस्तु सर्वविद्यावांश्चतुर्भिर्भोगवान्भवेत्

Par un (maṇḍala/observance), il obtient la prospérité ; par deux, il atteint la santé. Par trois, il devient savant en toutes les disciplines ; par quatre, il est comblé de jouissances et de conforts.

Verse 126

पंचभिर्विपुलं धान्यं षड्भिरायुर्बलं यशः । सप्तमण्डलतारी स्यान्मंडलाधिपतिर्नरः

Par cinq, il obtient des grains en abondance ; par six, longue vie, force et renommée. Par sept, il devient celui qui « franchit les sept cercles » et devient maṇḍalādhipati, seigneur d’un territoire.

Verse 127

घृतदीपप्रदानेन चक्षुष्माञ्जायते नरः । कटुतैलस्य दीपेन स्वं शत्रुं जयते नरः

En offrant une lampe remplie de ghṛta (beurre clarifié), l’homme est béni d’une bonne vue. En offrant une lampe d’huile âcre, l’homme triomphe de son ennemi.

Verse 128

तैलदीपप्रदानेन सूर्यलोके महीयते । मधूकतैलदीपेन सौभाग्यं परमं लभेत्

En donnant une lampe à huile, on est honoré dans le monde du Soleil. En offrant une lampe d’huile de madhūka, on obtient la bonne fortune suprême.

Verse 129

पुष्पाणां प्रवरा जाती धूपानां विजयः परः । गन्धानां कुंकुमं श्रेष्ठं लेपानां रक्तचंदनम्

Parmi les fleurs, le jasmin est le plus éminent ; parmi les encens, « Vijaya » est le suprême. Parmi les parfums, le kunkuma (safran) est le meilleur ; et parmi les onguents, le santal rouge est le plus excellent.

Verse 130

दीपदाने घृतं श्रेष्ठं नैवेद्ये मोदकः परम् । एतैस्तुष्यति देवेशः सांनिध्यं चाधिगच्छति

Pour l’offrande de la lampe, le ghee est le plus noble ; pour le naivedya (offrande de nourriture), le modaka est le suprême. Par ces dons, le Seigneur des dieux se réjouit et accorde au dévot le sānnidhya, sa présence proche et durable.

Verse 131

एवं संपूज्य विधि वत्कृत्वा पितृप्रदक्षिणाम् । प्रणम्य शिरसा देवं तत्र चार्कस्थलं प्रिये

Ainsi, après avoir rendu le culte selon le rite prescrit et accompli la pradakṣiṇā pour les Pitṛ (les ancêtres), qu’on s’incline de la tête devant la Divinité ; puis, ô bien-aimée, qu’on se rende là à Arkasthala, le lieu sacré du Soleil.

Verse 132

सुखासीनस्ततः पश्येद्रवेरभिमुखे स्थितः । एकं सिद्धार्थकं कृत्वा हस्ते पानीयसंयुतम्

Ensuite, assis à l’aise et tourné face au Soleil, qu’il contemple. Puis, ayant préparé un seul siddhārthaka (graine de moutarde blanche) avec de l’eau, qu’il le tienne dans la main.

Verse 133

कामं यथेष्टं हृदये कृत्वार्कस्थलसन्निधौ । पिबेत्सतोयं तद्देवि ह्यस्पृष्टं दशनैः सकृत्

Dans la présence même d’Arkasthala, ayant formé dans le cœur le vœu désiré, ô Déesse, qu’on boive cette eau une seule fois, sans qu’elle soit touchée par les dents.

Verse 134

एवं कृत्वा नरो देवि कोटियात्राफलं लभेत् । ब्रह्मा विष्णुर्महादेवो ज्वलनो धनदस्तथा

En agissant ainsi, ô Déesse, un homme obtient le fruit d’un crore de pèlerinages. Brahmā, Viṣṇu, Mahādeva, Agni, et de même Dhanada (Kubera)…

Verse 135

भानुमाश्रित्य सर्वे ते मोदन्ते दिवि सुव्रते । तस्माद्भानुसमं देवं नाहं पश्यामि कञ्चन

S’appuyant sur Bhānu (le Soleil), tous ces dieux se réjouissent au ciel, ô toi aux vœux excellents. Ainsi, je ne vois aucune divinité égale au Soleil.

Verse 136

इति कृत्वा महादेवि पुनर्भानौ प्रदक्षिणम् । कुर्यान्मन्त्रेण देवेशि सप्तकृत्वो वरानने

Après avoir fait cela, ô Grande Déesse, qu’on accomplisse de nouveau la pradakṣiṇā autour de Bhānu (le Soleil). Ô Souveraine des dieux, ô toi au beau visage, qu’on le fasse avec un mantra—sept fois.

Verse 137

तमुष्टवाम इति ऋक्प्रथमा परिकीर्तिता । एतोन्विन्द्रं स्तवामेति द्वितीया परिकीर्तिता

« tamuṣṭavāma » est proclamé comme le premier verset Ṛk ; et « etonvindraṃ stavāma » est proclamé comme le second.

Verse 138

इंद्र शुद्धो न आगहि तृतीया परिकीर्तिता । इन्द्रं शुद्धो हि नो रयिं चतुर्थी परिकीर्तिता

« iṃdra śuddho na āgahi » est proclamé comme le troisième ; et « indraṃ śuddho hi no rayiṃ » est proclamé comme le quatrième.

Verse 139

अस्य वामस्येति शुभे पञ्चमी परिकीर्तिता । त्रिभिष्ट्वं देव इति वै षष्ठी च परिकीर्तिता

«asya vāmasya» : cet énoncé de bon augure est proclamé comme le cinquième ; et «tribhiṣṭvaṃ deva» est, en vérité, proclamé comme le sixième.

Verse 141

तानि ते कथयाम्यद्य दश सामानि सुन्दरि । हुंकारः प्रणवोद्गीथः प्रस्तावश्च चतुष्टयम्

Aujourd’hui je te dirai, ô belle, ces dix chants Sāman : le huṃkāra, le praṇava-udgītha, et le prastāva — ceux-ci forment un ensemble de quatre.

Verse 142

पञ्चमं प्रहरो यत्र षष्ठमारण्यकं तथा । निधनं सप्तमं साम्नां सप्तसिद्धिमिति स्मृतम्

Dans cette suite, le cinquième est nommé « Prahara », le sixième « Āraṇyaka », et le septième, parmi les chants Sāman, « Nidhana » ; cela est mémorisé comme la « saptasiddhi », l’accomplissement septuple.

Verse 143

पञ्चविध्यमिति प्रोक्तं ह्रींकारप्रणवेन तु । अष्टमं च तथा साध्यं नवमं वामदेवकम्

Cela est déclaré « quintuple », en raison de son association avec la syllabe hrīṃ et le praṇava (Oṃ). Le huitième est aussi dit « Sādhya », et le neuvième « Vāmadevaka ».

Verse 144

ज्येष्ठं तु दशमं साम वेधसे प्रियमुत्तमम् । एतेषां देवि साम्नां वै जाप्यं कार्यं विधानतः

Mais le dixième Sāman est nommé « Jyeṣṭha », souverainement excellent et cher au Créateur (Vedhas). Ô Déesse, le japa de ces chants Sāman doit être accompli selon la règle établie.

Verse 145

ज्येष्ठसामपरं चैव द्वितीयं गदतः शृणु । न च श्राव्यं द्वितीयं तु जप्तव्यं मुक्तिमिच्छता

Écoute maintenant de ma bouche la seconde formule, qui vient après le Jyeṣṭha-sāman. Cette seconde ne doit pas être récitée en public ; celui qui désire la délivrance doit la murmurer en japa, dans le secret.

Verse 146

तज्जाप्यं परमं प्रोक्तं स्वयं देवेन भानुना । जाप्यस्य विनियोगोऽस्य लक्षणं च निबोध मे । स्तोभसारं श्वासलीनमोंकारादि स्मृतं बुधैः

Ce japa est proclamé suprême, enseigné par Bhānu lui-même, le Soleil divin. Apprends de moi son usage et ses marques distinctives : son essence réside dans les syllabes stobha, il se fond dans le souffle, et il commence par Oṃ — ainsi s’en souviennent les sages.

Verse 147

ऊर्भानुश्च तथा धर्मं धर्मः सत्यं ह्यृत तथा । धर्मं ये धर्मवद्धर्मे धर्मे वै निधनं गताः

« Ūrbhānu », et de même « Dharma » ; et « Dharma » est la vérité, certes, et aussi Ṛta, l’ordre cosmique. Ceux qui, établis dans le dharma, vivent selon le dharma et, dans le dharma même, rencontrent leur fin, atteignent l’accomplissement né du dharma.

Verse 148

यदेभिश्च यजेच्छब्दैरुचितं सामगैर्द्विजैः । जाप्यं चैतत्परं प्रोक्तं स्वयं देवेन भानुना

Ce qui, par ces paroles « yajet », est employé comme il convient dans le culte par les dvija, chantres du Sāma, est lui aussi proclamé japa suprême, enseigné par Bhānu lui-même, le Soleil divin.

Verse 149

एतद्वै जप्यमानस्तु पुनरावर्तते न तु । सर्वरोगविनिर्मुक्तो मुच्यते ब्रह्महत्यया

En vérité, celui qui le répète sans cesse en japa ne revient plus (à la renaissance). Délivré de toutes les maladies, il est absous même du péché de brahma-hatyā, le meurtre d’un brāhmaṇa.

Verse 150

आज्यदोहाद्यदोहेति ज्येष्ठसाम्नोऽपि लक्षणम्

«Ājyadohādyadoha» : cela aussi est énoncé comme signe distinctif du Jyeṣṭha-sāman.

Verse 151

इति संपूज्य देवेशं ततः कुर्यात्परां स्तुतिम् । ऋग्भिर्वे पंचभिश्चैव शृणुष्वैकमनास्तु ताः

Ainsi, après avoir dûment adoré le Seigneur des dieux, on doit ensuite offrir une louange suprême—vraiment au moyen de cinq vers Ṛg. Écoute-les d’une attention unifiée.

Verse 152

उक्षाणं पृश्निमिति वै प्रथमा परिकीर्तिता । चत्वारि वाक्परीति वै द्वितीया परिकीर्तिता

«Ukṣāṇaṃ pṛśnim» est proclamé comme le premier (ṛc). «Catvāri vākparī» est proclamé comme le second (ṛc).

Verse 153

इंद्रं मित्रं तृतीया तु ऋक्चैव परिकीर्तिता । कृष्णं नियानं हि तथा चतुर्थी परिकीर्तिता

«Indraṃ mitraṃ» est proclamé comme le troisième ṛc ; et «Kṛṣṇaṃ niyānaṃ» est pareillement proclamé comme le quatrième.

Verse 154

द्वादशप्रथम इति पंचमी परिकीर्तिता । यो रत्नवाहीत्यनया किरीटं योजयेद्रवेः

«Dvādaśa-prathama» est proclamé comme le cinquième (ṛc). Avec le mantra «ratnavāhī», on doit poser la couronne sur Ravi (le Soleil).

Verse 155

गतेहनामित्यनया अव्यंगं भास्करं न्यसेत् । अनेन विधिना देवि पूजयेद्विधिवद्रविम्

Avec le mantra «gatehanām», qu’on établisse Bhāskara, sans aucune souillure. Ô Déesse, par cette méthode, qu’on vénère Ravi selon l’ordonnance rituelle.

Verse 156

इत्येष ते मया ख्यातः प्रतिमापूजने विधिः

Ainsi, je t’ai révélé la méthode de vénération de l’image sacrée.

Verse 157

अनेनविधिना यस्तु सततं पूजयेद्रविम् । स प्राप्नोत्यधिकान्कामानिह लोके परत्र च

Celui qui, selon cette méthode, vénère sans cesse Ravi obtient d’abondants accomplissements—en ce monde et dans l’au-delà.

Verse 158

पुत्रार्थी लभते पुत्रं धनार्थी लभते धनम् । कन्यार्थी लभते कन्यां विद्यार्थी वेदविद्भवेत्

Celui qui désire un fils obtient un fils; celui qui désire la richesse obtient la richesse. Celui qui désire une fille obtient une fille; celui qui désire le savoir devient connaisseur des Veda.

Verse 159

निष्कामः पूजयेद्यस्तु स मोक्षं याति वै ध्रुवम् । अस्य क्षेत्रस्य माहात्म्यादर्कसूर्यप्रभावतः

Mais celui qui vénère sans désir atteint assurément la délivrance. Cela vient de la grandeur de ce lieu sacré et de la puissante influence d’Arka—Sūrya.

Verse 160

अन्यत्र ब्राह्मणानां च कोटिना यत्फलं लभेत् । अर्कस्थले तथैकेन भोजितेन तु तत्फलम्

Le mérite qu’ailleurs on obtiendrait en nourrissant un crore de brāhmaṇas—à Arkasthala, ce même mérite s’acquiert en nourrissant ne fût-ce qu’un seul.

Verse 161

स्नानं दानं जपो होमः सूर्यपर्वणि यत्कृतम् । तत्सर्वं कोटिगुणितं सूर्यकोटिप्रभावतः

Bain rituel, aumône, récitation des mantras et offrande au feu—tout ce qui est accompli lors d’un jour de fête de Sūrya est multiplié au cent-millionième, par l’immense puissance de Sūrya.

Verse 162

माघमासे नरो यस्तु सप्तम्यां रविवासरे । कृष्णपक्षे महादेवि जागरं श्रद्धयाऽचरेत् । अर्कस्थलसमीपे तु स याति परमां गतिम्

Ô Mahādevī, au mois de Māgha, celui qui, lors de la Saptamī tombant un dimanche dans la quinzaine sombre (Kṛṣṇa-pakṣa), veille la nuit avec foi près d’Arkasthala—atteint la condition suprême.

Verse 163

गोशतस्य प्रदत्तस्य कुरुक्षेत्रे च यत्फलम् । तत्फलं समवाप्नोति तत्रार्कस्थलदर्शनात्

Le mérite acquis en offrant cent vaches à Kurukṣetra—ce même mérite s’obtient là-bas par la seule vision (darśana) d’Arkasthala.

Verse 164

अर्कस्थलः पूजनीयस्तत्र स्थाने निवासिभिः । जपापुष्पैरर्कपुष्पै रोगिभिस्तु विशेषतः

Arkasthala doit être adoré par ceux qui demeurent en cette contrée—avec des fleurs de japa (hibiscus) et des fleurs d’arka; et tout particulièrement par les malades.

Verse 165

न च पत्रोर्णकुसुमैर्न चैवोन्मत्तसंभवैः । न चाम्रातकजैः पुष्पैरर्चनीयो दिवाकरः

Le Soleil (Divākara) ne doit pas être adoré avec des fleurs patrorṇa, ni avec des fleurs nées de la plante unmattā, ni avec les fleurs de l’āmrātaka.

Verse 166

आम्रातकस्य कुसुमं निर्माल्यमिव दृश्यते । अप्रत्यग्रं बहिर्यस्मात्तस्मात्तत्परिवर्जयेत्

La fleur de l’āmrātaka paraît comme un nirmālya, un reste d’offrande déjà rejeté ; puisqu’elle ne semble pas fraîche au dehors, il faut donc l’éviter.

Verse 167

नाविज्ञातं प्रदातव्यं न म्लानं न च दूषितम् । न च पर्य्युषितं माल्यं दातव्यं भूतिमिच्छता

Celui qui recherche la prospérité ne doit offrir ni ce qui est inconnu, ni ce qui est flétri ou souillé ; il ne doit pas non plus offrir des guirlandes rancies et passées.

Verse 168

देवमुल्लोचयेद्यस्तु तत्क्षणात्पुष्पलोभतः । पुष्पाणि च सुगन्धानि भोजकेनेतराणि च

Mais si un Bhojaka, par convoitise des fleurs, arrache ou retire les offrandes du dieu, à l’instant même—quand bien même les fleurs seraient parfumées, quand bien même elles seraient d’autres sortes—

Verse 169

ब्रह्महत्यामवाप्नोति भोजको लोभमोहितः । महारौरवमासाद्य पच्यते शाश्वतीः समाः

Ce Bhojaka, égaré par la convoitise, encourt le péché de brahma-hatyā ; et, parvenu à l’enfer Mahāraurava, il y est tourmenté durant des années sans fin.

Verse 170

हन्त ते कीर्त्तयिष्यामि धूपदानविधिं परम् । प्रदानाद्देवदेवस्य येन धूपेन यत्फलम्

À présent, je vais te proclamer le rite suprême de l’offrande d’encens : en offrant cet encens au Dieu des dieux, quel fruit en obtient-on ?

Verse 171

सदार्चने च धूपेन सामीप्यं कुरुते रविः । प्रदद्यात्सकलं कामं यद्यदिच्छति मानवः

Par l’adoration constante avec l’encens, Ravi (le Soleil) accorde la proximité de sa présence ; et il comble tous les désirs, quels qu’ils soient, de l’être humain.

Verse 172

तथैवागुरुधूपेन निधिं दद्यादभीप्सितम् । आरोग्यार्थी धनार्थी च नित्यदा गुग्गलं दहेत्

De même, en offrant l’encens d’aguru (bois d’aloès), on obtient le trésor désiré. Celui qui cherche la santé, et celui qui cherche la richesse aussi, qu’il brûle chaque jour le guggulu en offrande.

Verse 173

पिंडातधूपदानेन सदा तुष्यति भानुमान् । आरोग्यं च स्वयं दद्यात्सौख्यं च परमं भवेत्

Par l’offrande de l’encens piṇḍāta, Bhānumān (le Soleil) est toujours satisfait. De lui-même il accorde la santé, et la félicité suprême advient.

Verse 174

श्रीवासकस्य धूपेन वाणिज्यं सकलं लभेत् । रसं सर्जरसं चैव दहतोऽर्थागमो भवेत्

Par l’encens de śrīvāsaka, on obtient la réussite dans toute forme de négoce. Et pour celui qui brûle la résine—surtout la résine de sarja—il s’élève un afflux de richesse.

Verse 175

देवदारुं च दहतो भवत्यन्नमथाक्षयम् । विलेपनं कुंकुमेन सर्वकामफलप्रदम्

Pour celui qui brûle le devadāru, la nourriture devient inépuisable. Et l’onction de kuṅkuma (safran) accorde les fruits de tous les vœux désirés.

Verse 176

इह लोके सुखी भूत्वा अक्षयं स्वर्गमाप्नुयात् । चंदनस्य प्रलेपेन श्रियमायुश्च विंदति

Heureux en ce monde même, il atteint un ciel impérissable. Par l’onction de santal, il obtient prospérité et longue vie.

Verse 177

रक्तचन्दनलेपेन सर्वं दद्याद्दिवाकरः । अपि रोगशतैर्ग्रस्तः क्षेममारोग्यमाप्नुयात्

Par l’onction de santal rouge, Divākara (le Soleil) accorde toute chose. Même accablé de centaines de maladies, on obtient sûreté et santé.

Verse 178

गतिगंधं च सौभाग्यं परमं विंदते नरः । कस्तूरिकामर्दनकैरैश्वर्यमतुलं लभेत्

L’homme obtient un parfum agréable et la plus haute bonne fortune. En se frictionnant de kastūrī (musc), il reçoit une prospérité et une souveraineté incomparables.

Verse 179

कर्पूरसंयुतैर्गंधैः क्ष्माधिपाधिपतिभवेत् । चतुःसमेन गंधेन सर्वा न्कामानवाप्नुयात्

Par des parfums mêlés de camphre, on devient seigneur parmi les rois. Par un parfum aux quatre parts harmonieusement équilibrées, on obtient tous les désirs.

Verse 180

एतत्ते कथितं देवि सूर्यमाहात्म्यमुत्तमम् । सविस्तरं मया ख्यातं किमन्यत्परिपृच्छसि

Ô Déesse, je t’ai exposé l’excellente grandeur de Sūrya. Je l’ai expliquée en détail—que souhaites-tu demander encore ?

Verse 181

देव्युवाच । यद्येवं भगवान्सूर्यः सर्वतेजस्विनां वरः । स कथं ग्रस्यते देव सैंहिकेयेन राहुणा

La Déesse dit : Si le bienheureux Sūrya est le premier de tous les êtres lumineux, comment donc, ô Seigneur, est-il englouti par Rāhu, fils de Siṃhikā ?

Verse 182

ईश्वर उवाच । शृणु दैवि प्रवक्ष्यामि सर्व पापप्रणाशनम् । कारणं ग्रहणस्यापि भ्रांतेर्विच्छेदकारकम्

Īśvara dit : Écoute, ô Déesse. Je vais déclarer ce qui détruit tous les péchés—et aussi la véritable cause de l’éclipse—par quoi l’illusion est tranchée.

Verse 183

राहुरादित्यबिंबस्याधस्तात्तिष्ठति भामिनि । अमृतार्थी विमानस्थो यावत्संस्रवतेऽमृतम्

Ô dame rayonnante, Rāhu se tient sous le disque du Soleil, installé dans son char céleste, en quête d’amṛta—tant que le nectar continue de s’écouler.

Verse 184

बिंबेनांतरितो देवि आदित्यग्रहणं हि तत् । न कश्चिद्ग्रसितुं शक्त आदित्यो दहति ध्रुवम्

Ô Déesse, lorsque le Soleil est obscurci par le disque qui s’interpose, on appelle cela « éclipse solaire ». Pourtant nul n’a le pouvoir d’engloutir réellement le Soleil, car Āditya brûle assurément toute opposition.

Verse 185

आदित्यदेहजाः सर्वे तथान्ये देवदानवाः

Tous les dieux, et les Dānavas aussi, naissent du corps d’Āditya ; ainsi en est-il des autres.

Verse 186

आदिकर्त्ता स्वयं यस्मादादित्यस्तेन चोच्यते । प्रभासे संस्थितो देवः सर्वपातकनाशनः

Parce qu’il est lui-même l’Artisan primordial, on l’appelle donc ‘Āditya’. Ce dieu, demeurant à Prabhāsa, est le destructeur de tout péché.

Verse 187

भुक्तिमुक्तिप्रदो देवो व्याधिदुष्कृतनाशकृत् । तत्र सिद्धाः पुरा देवि लोकपाला महर्षयः

Ce dieu accorde à la fois la jouissance du monde et la délivrance, détruisant maladies et mauvaises actions. Là, jadis, ô Déesse, les Siddhas, les gardiens des mondes et les grands sages atteignirent l’accomplissement.

Verse 188

सिद्धा विद्या धरा यक्षा गंधर्वा मुनयस्तथा । धनदोऽपि तथा भीष्मो ययातिर्गालवस्तथा

Siddhas, Vidyādharas, Yakṣas, Gandharvas, et les sages aussi ; de même Dhanada (Kubera), ainsi que Bhīṣma, Yayāti et pareillement Gālava : tous sont liés à ce lieu sacré et à ses accomplissements.

Verse 189

सांबश्चैव तथा देवि परां सिद्धिमितो गताः । इदं रहस्यं देवेशि सूर्यमाहात्म्यमुत्तमम्

Et Sāmba aussi, ô Déesse, obtint d’ici la perfection suprême. Ô souveraine des dieux, voici le secret suprême : l’exaltée grandeur du Soleil.

Verse 190

न देयं दुष्टबुद्धीनां पापिनां च विशेषतः । न नास्तिकेऽश्रद्दधाने न क्रूरं वा कथंचन

Qu’on ne le donne pas aux esprits mauvais, et plus encore aux pécheurs ; ni à l’athée, ni à celui qui est sans foi, ni au cruel—en aucune circonstance.

Verse 191

इमां कथामनुब्रूयात्तथा नाऽसूयके शिवे । इदं पुत्राय शिष्याय धर्मिणे न्यायवर्तिने

Qu’on expose ce récit sacré à un śaiva dévot et sans jalousie. Qu’il soit donné à un fils ou à un disciple—à celui qui est juste et demeure dans l’équité.

Verse 192

कथनीयं महाब्रह्म सूर्यभक्ताय सुव्रते । अर्कस्थलस्य देवस्य माहात्म्यमिदमुत्तमम्

Ô grand Brahmā, cette suprême louange du Seigneur divin d’Arkasthala doit être enseignée à un dévot de Sūrya, observant une discipline et de saints vœux.

Verse 193

यः श्राद्धे श्रावयेद्देवि ब्राह्मणान्संशितव्रतान् । तस्यानंतं भवेद्देवि यद्दानं पुरुषस्य वै

Ô Devī, si, lors d’un Śrāddha, un homme fait entendre ce récit sacré à des brāhmanes aux vœux rigoureux, alors le mérite de son don devient sans fin.

Verse 194

यातुधाना न हिंसंति तच्छ्राद्धं भयविह्वलाः

Saisis de crainte, les Yātudhānas ne nuisent pas à ce Śrāddha.

Verse 195

पंक्तिपावनतां यांति येऽपि वै पंक्तिदूषकाः । सुतवाञ्जन्मवांश्च स्यात्सर्वकाममनोरमः

Même ceux qui, autrement, souilleraient la file du repas deviennent purificateurs de la file; et l’on est béni d’enfants et d’une bonne naissance, goûtant la joie de tous les buts désirés.

Verse 196

प्रवासिभिर्बंधुवर्गैः संयुज्येत सदा नरः । नष्टैः संयुज्यते चार्थैरपरैश्चापि चिंतितैः

L’homme est sans cesse réuni à ses parents vivant au loin; il retrouve aussi les biens perdus et d’autres gains longtemps espérés.

Verse 197

रक्ष्यते यागिनीभिश्च प्रियैश्च न वियुज्यते । उपस्पृश्य शुचिर्भूत्वा शृणुयाद्ब्राह्मणः सदा । सर्वान्कामांश्च लभते नात्र कार्या विचारणा

Il est protégé par les Yāginīs et ne se trouve pas séparé de ce qui lui est cher. Après avoir pris l’eau de purification (ācamana) et être devenu pur, le brāhmane doit écouter sans cesse; il obtient tous les désirs—ici, nul doute à soulever.

Verse 198

वैश्यः समृद्धिमतुलां क्षत्रियः पृथिवीपतिः । वणिजश्चापि वाणिज्यमखंडं शतसंख्यया । लभेयुः कीर्तनादस्याः सूर्योत्पत्तेर्वरानने

Ô toi au visage gracieux, en louant ce récit de la manifestation du Soleil, le vaiśya obtient une prospérité sans égale; le kṣatriya devient souverain de la terre; et le marchand reçoit un négoce ininterrompu, multiplié au centuple.

Verse 199

शूद्राश्चैवाभिलषितान्कामान्प्राप्स्यंति भामिनि । अपमृत्युभयं घोरं मृत्युतोऽपि महाभयम्

Ô dame rayonnante, les śūdras aussi obtiennent les buts désirés; et la terrible crainte d’une mort prématurée—plus effrayante que la mort même—est dissipée.

Verse 200

नश्यते नात्र संदेहो राजद्वारकृतं च यत् । सर्वकामसमृद्धात्मा सूर्यलोके महीयते

Ici, nul doute : même la faute commise à la porte du roi est anéantie. Celui dont l’être intérieur est comblé de tous les accomplissements désirés est honoré dans le monde de Sūrya.

Verse 201

इत्येतत्कथितं देवि माहात्म्यं सूर्यदैवतम् । अर्कस्थलप्रसंगेन किमन्यच्छ्रोतुमिच्छसि

Ainsi, ô Devī, la sainte grandeur de la Divinité solaire a été exposée à propos d’Arkasthala. Que désires-tu entendre encore ?

Verse 202

स्थानं शाश्वतमोजसां गतिरपां दीपो दिशामक्षयः सिद्धेर्द्वारमपावभेदि जगतां साधारणं लोचनम् । हैमं पुष्करमंतरिक्षसरसो दीप्तं दिवः कुण्डलं कालोन्मानविभावनाक्षतलयं बिंबं रवेः पातु वः

Que le disque rayonnant du Soleil vous protège : demeure éternelle de splendeur ; voie et refuge des eaux ; lampe impérissable des directions ; porte du siddhi qui brise l’impureté ; œil commun de tous les mondes. Tel un lotus d’or dans le lac du ciel médian, tel l’anneau d’oreille éclatant du firmament, et telle la mesure par laquelle le temps est connu : devant lui, à la fin, se dissout même ce qui semblait intact.