Adhyaya 74
Purva BhagaThird QuarterAdhyaya 74203 Verses

Hanumān-mantra-kathana: Mantra-bheda, Nyāsa, Yantra, and Prayoga

Sanatkumāra enseigne à Nārada (dans le cadre de la transmission des Sanakādi) un corpus gradué de mantras de Hanumān et leur grammaire rituelle : formations de bīja, le « Mantra-rāja » principal de douze syllabes se terminant par hṛdaya, puis des variantes de huit, dix, douze et dix-huit syllabes avec ṛṣi/chandas/devatā déclarés et attributions bīja–śakti. Le chapitre détaille les placements de ṣaḍaṅga et d’aṅga-nyāsa sur la tête, les yeux, la gorge, les bras, le cœur, le nombril et les pieds ; prescrit la dhyāna d’Āñjaneya, éclatant comme le soleil et ébranlant le monde ; et décrit le culte sur un pīṭha vaiṣṇava avec adoration des membres sur filaments/feuilles et offrandes aux vānara et aux lokapāla. Il énumère des prayoga : dissiper la peur face aux rois et ennemis, guérir fièvre, poison et afflictions de type épileptique, rites protecteurs de cendre et d’eau, protection du voyage et des rêves, et victoire au combat. Plusieurs yantra sont spécifiés (anneaux concentriques, bhūpura avec tridents/vajra, schémas hexagone/lotus, yantra-étendard) avec matériaux, encres, prāṇa-pratiṣṭhā, règles de port et moments (aṣṭamī, caturdaśī, mardi/dimanche). La conclusion promet siddhi, prospérité et libération par le japa, le homa et la bhakti envers Hanumān, messager de Rāma.

Shlokas

Verse 1

सनत्कुमार उवाच । अथोच्यंते हनुमतो मंत्राः सर्वेष्टदायकाः । यान्समाराध्य विप्रेंद्र तत्तुल्याचरणा नराः ॥ १ ॥

Sanatkumāra dit : À présent sont proclamés les mantras de Hanumān, qui accordent tout objet désiré. Ô le meilleur des brāhmaṇas, en les adorant et en les apaisant comme il convient, les hommes obtiennent une conduite comparable à la sienne.

Verse 2

मनुः स्वरेंदुसंयुक्तं गगनं च भगान्विताः । हसफाग्निनिशाधीशाःद्वितीयं बीजमीरितम् ॥ २ ॥

« “Manu” joint à “svara” et à “indu”, et “gagana” avec “bhaga” ; puis “ha-sa-pha”, avec “agni” et le “seigneur de la nuit” — voilà ce qui est proclamé comme le second bīja (mantra-semence). »

Verse 3

स्वफाग्नयो भगेंद्वाढ्यास्तृतीयं बीजमीरितम् । वियद्भृग्वग्निमन्विंदुयुक्तं स्याञ्च चतुर्थकम् ॥ ३ ॥

«Sva», «phā» et «agni», avec «bhaga» et l’élément lunaire (indu) : tel est proclamé le troisième bīja. Quant au quatrième, on dit qu’il est «viyat», suivi de «bhṛgu» et «agni», et joint au bindu (point nasal).

Verse 4

पंचमं भगचंद्राढ्यावियद्भृगुस्वकाग्नयः । मन्विंद्वाढ्यौ हसौ षष्टं ङेंतः स्याद्धनुमांस्ततः ॥ ४ ॥

Le cinquième (ensemble) est : bha-ga, ca-ndra, āḍhya, viyat, bhṛgu, sva et agni. Le sixième est : manvin, dvāḍhya et hasu. Ensuite, ce qui se termine par «ṅem» est dit être Hanumān.

Verse 5

हृदयांतो महामंत्रराजोऽयं द्वादशाक्षरः । रामचन्द्रो मुनिश्चास्य जगतीछंद ईरितम् ॥ ५ ॥

Voici le «Roi des Grands Mantras», qui s’achève par le mot «hṛdaya» et constitue un mantra de douze syllabes. Son voyant (ṛṣi) est Rāmacandra, et son mètre (chandas) est déclaré être Jagatī.

Verse 6

देवता हनुमान्बीजं षष्टं शक्तिर्द्वतीयकम् । षड्बीजैश्च षडंगानि शिरोभाले दृशोर्मुखे ॥ ६ ॥

La divinité présidante est Hanumān ; le sixième est le bīja, et le second est la śakti. Avec les six bījas, on doit assigner les six aṅgas : sur la tête, le front, les deux yeux et la bouche.

Verse 7

गलबाहुद्वये चैव हृदि कुक्षौ च नाभितः । ध्वजे जानुद्वये पादद्वये वर्णान्क्रमान्न्यसेत् ॥ ७ ॥

Sur la gorge et sur les deux bras ; sur le cœur, le ventre et le nombril ; sur la région génitale, sur les deux genoux et sur les deux pieds — on doit placer les lettres/syllabes dans leur ordre juste (nyāsa).

Verse 8

षड्बीजानि पदद्वंद्वं मूर्ध्नि भाले मुखे हृदि । नाभावूर्वोर्जंघयोश्च पादयोर्विन्यसेत्क्रमात् ॥ ८ ॥

Qu’on place les six mantras-bīja, deux par deux et successivement—sur le sommet de la tête, le front, le visage et le cœur; puis sur le nombril, les cuisses, les tibias et enfin sur les pieds.

Verse 9

अंजनीगर्भसंभूतं ततो ध्यायेत्कपीश्वरम् । उद्यत्कोट्यर्कसंकाशं जगत्प्रक्षोभकारकम् ॥ ९ ॥

Ensuite, qu’on médite sur Kapīśvara (Hanumān), né du sein d’Añjanā—rayonnant comme dix millions de soleils levant, capable d’ébranler les mondes.

Verse 10

श्रीरामांघ्रिध्याननिष्टं सुग्रीवप्रमुखार्चितम् । वित्रासयंतं नादेन राक्षसान्मारुतिं भजेत् ॥ १० ॥

Qu’on adore Māruti (Hanumān)—inébranlable dans la méditation des pieds de Śrī Rāma, honoré par Sugrīva et les autres, et qui épouvante les rākṣasas par son rugissement puissant.

Verse 11

ध्यात्वैवं प्रजपेद्भानुसहस्रं विजितैंद्रियः । दशांशं जुहुयाद्बीहीन्पयोदध्याज्यमिश्रितान् ॥ ११ ॥

Après avoir ainsi médité, les sens maîtrisés, qu’on récite le Bhānusahasra (les «Mille [Noms/Hymne] du Soleil»). Puis, comme dixième part (du compte de japa), qu’on offre au feu des grains de riz mêlés de lait, de caillé et de ghee.

Verse 12

पूर्वोक्ते वैष्णवे पीठे मूर्त्तिं संकल्प्य मूलतः । आवाह्य तत्र संपूज्य पाद्यादिभिरुपायनैः ॥ १२ ॥

Sur le piédestal vaiṣṇava décrit plus haut, qu’on établisse d’abord, dès l’origine, la forme de la Divinité par l’intention intérieure; puis, l’ayant invoquée en ce lieu, qu’on la vénère pleinement avec des offrandes telles que l’eau pour laver les pieds (pādya) et les présents rituels usuels.

Verse 13

केशरेष्वंगपूजा स्यात्पत्रेषु च ततोऽर्चयेत् । रामभक्तो महातेजाः कपिराजो महाबलः ॥ १३ ॥

Qu’on accomplisse le culte des membres de la Divinité sur les filaments de la fleur, puis qu’on offre l’adoration sur les feuilles. Il est le dévot de Rāma, d’un éclat immense, roi des singes et d’une force souveraine.

Verse 14

द्रोणाद्रिहारको मेरुपीठकार्चनकारकः । दक्षिणाशाभास्करश्च सर्वविघ्नविनाशकः ॥ १४ ॥

Il est celui qui ôte la montagne Droṇādri ; celui qui fait accomplir l’arcana d’or au siège de Meru ; le Soleil qui resplendit dans la direction du sud ; et le destructeur de tous les obstacles.

Verse 15

इत्थं सम्पूज्य नामानि दलाग्रेषु ततोऽर्चयेत् । सुग्रीवमंगद नीलं जांबवंतं नलं तथा ॥ १५ ॥

Ainsi, après avoir honoré comme il se doit les Noms sacrés sur l’extrémité des feuilles, qu’on poursuive l’adoration en invoquant Sugrīva, Aṅgada, Nīla, Jāmbavān, ainsi que Nala.

Verse 16

सुषेणं द्विविदं मैंदं लोकपालस्ततोऽर्चयेत् । वज्राद्यानपि संपूज्य सिद्धश्चैवं मनुर्भवेत् ॥ १६ ॥

Ensuite, le pratiquant doit adorer les Lokapāla, et aussi Suṣeṇa, Dvivida et Mainda. Après avoir également honoré Vajra et les autres, de cette manière le pratiquant devient accompli (siddha) et atteint le rang de Manu.

Verse 17

मंत्रं नवशतं रात्रौ जपेद्दशदिनावधि । यो नरस्तस्य नश्यंति राजशत्रूत्थभीतयः ॥ १७ ॥

L’homme qui récite le mantra neuf cents fois la nuit, durant dix jours, voit s’anéantir les peurs nées des rois et des ennemis.

Verse 18

मातुलिंगाम्रकदलीफलैर्हुत्वा सहस्रकम् । द्वाविंशतिब्रह्मचारि विप्रान्संभोजयेच्छुचीन् ॥ १८ ॥

Ayant offert mille oblations avec des fruits de cédrat, de mangue et de banane, on doit ensuite nourrir vingt-deux brāhmaṇas purs qui sont brahmacārins.

Verse 19

एवंकृते भूतविषग्रहरोगाद्युपद्रवाः । नश्यंति तत्क्षणादेव विद्वेषिग्रहदानवाः ॥ १९ ॥

Lorsque cela est accompli de cette manière, les afflictions telles que les hantises d'esprits, le poison, les saisies planétaires, les maladies et autres perturbations sont détruites instantanément ; même les grahas hostiles et les forces démoniaques périssent.

Verse 20

अष्टोत्तरशतेनांबु मंत्रितं विषनाशनम् । भूतापस्मारकृत्योत्थज्वरे तन्मंत्रमंत्रितैः ॥ २० ॥

L'eau, consacrée en récitant le mantra cent huit fois, devient destructrice de poison ; et dans les fièvres résultant d'une affliction spirituelle, d'épilepsie ou de rites malveillants (kṛtyā), ce même mantra — utilisé à nouveau pour consacrer — sert de remède.

Verse 21

भस्मभिः सलिलैर्वापि ताडयेज्ज्वरिणं क्रुधा । त्रिदिनाज्ज्वरमुक्तोऽसौ सुखं च लभते नरः ॥ २१ ॥

Avec de la cendre, ou bien avec de l'eau, on doit frapper la personne affligée par la fièvre avec colère ; en trois jours, cet homme est libéré de la fièvre et atteint également le confort.

Verse 22

औषधं वा जलं वापि भुक्त्वा तन्मंत्रमंत्रितम् । सर्वान्रोगान्पराभूय सुखी भवति तत्क्षणात् ॥ २२ ॥

Ayant consommé un médicament ou même de l'eau qui a été imprégnée par ce mantra, on surmonte toutes les maladies et on devient heureux à ce moment même.

Verse 23

तज्जप्तभस्मलिप्तांगो भुक्त्वा तन्मंत्रितं पयः । योद्धुं गच्छेच्च यो मंत्री शस्त्रसंघैंर्न बाध्यते ॥ २३ ॥

L’officiant qui enduit son corps de la cendre rendue puissante par ce japa, puis boit le lait consacré par ce même mantra, s’il part au combat, n’est pas terrassé par les volées d’armes.

Verse 24

शस्क्षतं व्रणस्फोटो लूतास्फोटोऽपि भस्मना । त्रिर्जप्तेन च संस्पृष्टाः शुष्यंत्येव न संशयः ॥ २४ ॥

Une coupure, une plaie boursouflée, et même un gonflement dû à une morsure d’araignée—touchés par une cendre sur laquelle le mantra a été récité trois fois—se dessèchent assurément, sans aucun doute.

Verse 25

जपेदर्कास्तमारभ्य यावदर्कोदयो भवेत् । मन्त्रं सप्तदिनं यावञ्चादाय भस्मकीलकौ ॥ २५ ॥

Qu’on récite le mantra depuis le coucher du soleil jusqu’au lever. Et durant sept jours, qu’on garde avec soi la cendre et le kīlaka (le pieu rituel) comme partie du rite.

Verse 26

निखनेदभिमन्त्र्याशुशत्रूणां द्वार्यलक्षितः । विद्वेषं मिथ आपन्नाः पलायंतेऽरयोऽचिरात् ॥ २६ ॥

Après l’avoir promptement consacré par le mantra, qu’on l’enterre au seuil de la porte de l’ennemi sans être remarqué ; alors les adversaires, tombant dans une haine réciproque, s’enfuiront bientôt.

Verse 27

भस्मांबु चंदनं मंत्री मंत्रेणानेन मंत्रितम् । भक्ष्यादियोजितं यस्मै ददाति स तु दासवत् ॥ २७ ॥

Si un pratiquant de mantra consacre par ce mantra la cendre, l’eau et la pâte de santal, puis les donne—avec des offrandes comestibles et autres—à quelqu’un, il n’agit alors que comme un serviteur, non comme un véritable connaisseur du mantra.

Verse 28

क्रूराश्च जंतवोऽप्येवं भवंति वशवर्तिनः । गृहीत्वेशनदिस्कंस्थं करंजतरुमूलकम् ॥ २८ ॥

Ainsi, même les êtres farouches deviennent dociles et passent sous la maîtrise, lorsque l’on prend la racine du karañja, posée (ou fixée) sur l’agencement du disque d’Īśana.

Verse 29

कृत्वा तेनांगुष्टमात्रां प्रतिमां च हनूमतः । कृत्वा प्राणप्रतिष्टां च सिंदूराद्यैः प्रपूज्य च ॥ २९ ॥

Avec cette substance, qu’on façonne une image de Hanumān de la taille d’un pouce; puis, après avoir accompli la prāṇa-pratiṣṭhā (invocation de la présence vitale), qu’on l’honore comme il se doit avec du sindūra (vermillon) et d’autres offrandes.

Verse 30

गृहस्याभिमुखी द्वारे निखनेन्मंत्रमुञ्चरन् । ग्रहाभिचाररोगाग्निविषचौरनृपोद्भवाः ॥ ३० ॥

Tourné vers la porte de la maison, qu’on l’enterre en récitant le mantra. De là naissent des protections contre les afflictions planétaires, les attaques d’abhicāra (sorcellerie), la maladie, le feu, le poison, les voleurs et les troubles issus du roi (du pouvoir).

Verse 31

न जायंते गृहे तस्मिन् कदाचिदप्युपद्रवाः । तद्गृहं धनपुत्राद्यैरेधते प्रत्यहं चिरम् ॥ ३१ ॥

Dans cette maison, jamais aucun trouble ne surgit, en aucun temps. Ce foyer prospère jour après jour, longtemps, riche de biens, de fils et d’autres bénédictions.

Verse 32

निशि यत्र वने भस्म मृत्स्नया वापि यत्नतः । शत्रोः प्रतिकृतिं कृत्वा हृदि नाम समालिखेत् ॥ ३२ ॥

La nuit, dans une forêt, avec soin en utilisant de la cendre ou de l’argile, qu’on façonne une effigie de l’ennemi et qu’on inscrive son nom sur la poitrine.

Verse 33

कृत्वा प्राणप्रतिष्टांतं भिंद्याच्छस्त्रैर्मनुं जपन् । मंत्रांते प्रोञ्चरेच्छत्रोर्नाम छिंधि च भिंधि च ॥ ३३ ॥

Ayant terminé le rite de 'prana-pratistha', il faut frapper avec des armes en récitant le mantra. À la fin, prononcez le nom de l'ennemi en ajoutant : « Coupe ! » et « Fends ! ».

Verse 34

मारयेति च तस्यांते दंतैरोष्टं निपूड्य च । पाण्योस्तले प्रपीड्याथ त्यक्त्वा तं स्वगृहं व्रजेत् ॥ ३४ ॥

Et à la fin, en disant « Je te tuerai », il doit se mordre la lèvre avec les dents puis presser les paumes de ses mains l'une contre l'autre ; ensuite, quittant ce lieu, il doit retourner chez lui.

Verse 35

कुर्वन्सप्तदिनं चैवं हन्याच्छत्रुं न संशयः । राजिकालवणैर्मुक्तचिकुरः पितृकानने ॥ ३५ ॥

En accomplissant cela de cette manière précise pendant sept jours, on détruit son ennemi, cela ne fait aucun doute. Les cheveux dénoués et oint de moutarde et de sel, dans le bosquet sacré des Pitṛs (ancêtres).

Verse 36

धत्तूरफलपुष्पैश्च नखरोमविषैरपि । द्विक कौशिकगृध्राणां पक्षैः श्लेष्मांतकाक्षजैः ॥ ३६ ॥

Et aussi avec les fruits et fleurs de dhattūra, et avec des substances toxiques dérivées d'ongles et de cheveux ; avec les ailes du hibou et du vautour ; et avec la sécrétion oculaire de la plante appelée « śleṣmāntaka ».

Verse 37

समिद्धिस्त्रिशतं यामयदिङ्मुखो जुहुयान्निशि । एवं सप्तदिनं कुर्वन्मारयेदुद्धतं रिपुन् ॥ ३७ ॥

Faisant face au sud, on doit effectuer des oblations la nuit avec trois cents bâtons de bois. Pratiqué de cette manière pendant sept jours, il est dit que cela entraîne la destruction d'un ennemi arrogant.

Verse 38

वित्रासस्त्रिदिनं रात्रौ श्मशाने षट्शतं जपेत् । ततो वेताल उत्थाय वदेद्भावि शुभाशुभम् ॥ ३८ ॥

La nuit, au lieu de crémation, qu’on récite le mantra nommé Vitrāsa six cents fois durant trois nuits. Alors le Vetāla se lèvera et annoncera ce qui doit advenir, l’auspicieux comme le néfaste.

Verse 39

किंकरीभूय वर्त्तेत कुरुते साधकोदितम् । भास्मांबुमंत्रितं रात्रौ सहस्रावृत्तिकं पुनः ॥ ३९ ॥

Comme devenu serviteur du mantra et du rite, le pratiquant doit se comporter en conséquence et accomplir ce qui est prescrit au sādhaka. De nouveau, la nuit, qu’il consacre cendre et eau par le mantra, en le répétant mille fois.

Verse 40

दिनत्रयं च तत्पश्चात्प्रक्षिपेत्प्रतिमासु च । यासु कासु च स्थूलासु लघुष्वपि विशेषतः ॥ ४० ॥

Et après trois jours, qu’on l’introduise aussi dans les images (icônes) : dans toutes les grandes, et tout particulièrement même dans les petites.

Verse 41

मंत्रप्रभावाञ्चलनं भवत्येव न संशयः । अष्टम्यां वा चतुर्दश्यां कुजे वा रविवासरे ॥ ४१ ॥

Il n’y a aucun doute que la puissance du mantra s’éveille et se met en œuvre efficacement, surtout lorsqu’on l’accomplit au huitième jour lunaire, au quatorzième, le mardi ou le dimanche.

Verse 42

हनुमत्प्रतिमां पट्टे माषैः स्नेहपरिप्लुतैः । कुर्याद्रम्यां विशुद्धात्मा सर्वलक्षणलक्षिताम् ॥ ४२ ॥

L’âme purifiée, qu’on façonne sur une étoffe une belle image de Hanumān, au moyen de māṣa (gramme noir) imprégné de ghee/huile, et qu’on la rende parfaite, marquée de tous les signes iconographiques auspicieux.

Verse 43

तैलदीपं वामभागे घृतदीपं तु दक्षिणे । संस्थाप्यावाहयेत्पश्चान्मूलमंत्रेण मंत्रवित् ॥ ४३ ॥

Plaçant une lampe à huile à gauche et une lampe au ghee (ghṛta) à droite, le connaisseur des mantras accomplira ensuite l’invocation (āvāhana) au moyen du mantra racine (mūla-mantra).

Verse 44

प्राणप्रतिष्टां कृत्वा च पाद्यादीनि समर्पयेत् । रक्तचंदनपुष्पैश्च सिंदूराद्यैः समर्चयेत् ॥ ४४ ॥

Après avoir accompli la prāṇa-pratiṣṭhā (établir la présence vitale dans la Divinité), qu’on offre les services rituels à commencer par le pādya (eau pour laver les pieds) et les autres; puis qu’on adore avec du santal rouge, des fleurs, et du sindūra (vermillon) et offrandes similaires.

Verse 45

धूपं दीपं प्रदायाथ नैवेद्यं च समर्पयेत् । अपूपमोदनं शाकमोदकान्वटकादिकम् ॥ ४५ ॥

Après avoir offert l’encens (dhūpa) et la lampe (dīpa), qu’on présente le naivedya (offrande de nourriture) : apūpa (gâteaux), modana (riz cuit), śāka (mets de légumes), modaka (douceurs farcies) et vaṭaka et autres fritures semblables.

Verse 46

साज्यं च तत्समर्प्याथ मूलमंत्रेण मंत्रवित् । अखंडितान्यहिलतादलानि सप्तविंशतिम् ॥ ४६ ॥

Ensuite, le connaisseur des mantras offrira cela avec du ghee (ghṛta), au moyen du mantra racine; et (il offrira) vingt-sept feuilles d’ahilātā, intactes et non brisées.

Verse 47

त्रिधा कृत्वा सपूगानि मूलेनैव समर्पयेत् । एवं संपूज्य मंत्रज्ञो जपेद्दशशंत मनुम् ॥ ४७ ॥

Ayant divisé les noix d’arec (pūga) en trois parts, qu’on les offre à la racine même (de la plante sacrée) par ce même mantra racine. Ainsi, après avoir accompli le culte comme il se doit, le connaisseur des mantras récitera la formule sacrée mille fois.

Verse 48

कर्पूरारार्तिकं कृत्वा स्तुत्वा च बहुधा सुधीः । निजेप्सितं निवेद्याथ विधिवद्विसृजेत्ततः ॥ ४८ ॥

Après avoir accompli l’ārati au camphre et offert de nombreuses louanges, le dévot avisé doit alors présenter sa requête désirée ; puis, il doit clore le rite correctement selon la règle prescrite.

Verse 49

नैवेद्यान्नेन संभोज्य ब्राह्मणान्सप्तसंख्यया । निवेदितानि पर्णानि तेभ्यो दद्याद्विभज्य च ॥ ४९ ॥

Après avoir nourri sept brāhmaṇas avec la nourriture offerte en naivedya, on doit aussi leur donner, en les répartissant correctement, les feuilles qui ont servi à l’offrande.

Verse 50

दक्षिणां च यथा शक्ति दत्त्वा तान् विसृजेत्सुधीः । तत इष्टगणैः सार्द्धं स्वयं भुंजीत वाग्यतः ॥ ५० ॥

Après avoir donné la dakṣiṇā selon ses moyens, le sage doit les congédier avec respect ; ensuite, avec ses compagnons choisis, il prendra lui-même le repas, en maîtrisant sa parole.

Verse 51

तद्दिने भूमिशय्यां च ब्रह्मचर्य्यं समाचरेत् । एवं यः कुरुते मर्त्यः सोऽचिरादेव निश्चितम् ॥ ५१ ॥

Ce jour-là, on doit dormir à même le sol et observer le brahmacarya (continence). Le mortel qui agit ainsi obtient assurément très vite le fruit visé : telle est la certitude.

Verse 52

प्राप्नुयात्सकलान्कामान्कपीशस्य प्रसादतः । हनुमत्प्रतिमां भूमौ विलिखेत्तत्पुरो मनुम् ॥ ५२ ॥

Par la grâce de Kapīśa (Hanumān), on obtient tous les désirs. Qu’on dessine sur le sol l’image de Hanumān et que, devant elle, on inscrive le mantra.

Verse 53

साध्यनाम द्वितीयांतं विमोचय विमोचय । तत्पूर्वं मार्जयेद्वामपाणिनाथ पुनर्लिखेत् । एवमष्टोत्तरशतं लिखित्वा मार्जयेत्पुनः ॥ ५३ ॥

Écris le nom de la personne visée (sādhya) au cas accusatif, puis ajoute les mots « vimocaya, vimocaya » — « délivre, délivre ». Ensuite, de la main gauche, qu’on l’efface et qu’on l’écrive de nouveau. Ainsi, l’ayant écrit cent huit fois, qu’on l’efface encore.

Verse 54

एवं कृते महाकारागृहाच्छीघ्रं विमुच्यते । एवमन्यानि कर्माणि कुर्य्यांत्पल्लवमुल्लिखन् ॥ ५४ ॥

Lorsque cela est accompli ainsi, on est promptement délivré de la « grande prison » de l’asservissement. De même, qu’on accomplisse les autres rites tout en traçant/inscrivant le jeune bourgeon (pallava).

Verse 55

सर्षपैर्वश्यकृद्धोमो विद्वेषे हयमारजैः । कुंकुमैरिध्मकाष्ठैर्वा मरीचैर्जीरकैरपि ॥ ५५ ॥

Le homa accompli avec des graines de moutarde (sarsapa) engendre le rite d’attraction (vaśya). Pour susciter l’inimitié (vidveṣa), on l’accomplit avec hayamāraja. De même, on peut l’accomplir avec le kunkuma (safran), avec des bois de feu convenables, ainsi qu’avec le poivre noir (marīca) et le cumin (jīraka).

Verse 56

ज्वरे दूर्वागुडूचीभिर्दध्ना क्षीरेण वा घृतैः । शूले करंजवातारिसमिद्भिस्तैललोलितैः ॥ ५६ ॥

Dans la fièvre (jvara), qu’on emploie la dūrvā et la guḍūcī, avec du caillé, ou du lait, ou du ghee. Dans la douleur colique (śūla), qu’on utilise des baguettes de bois d’allumage (samidh) de karañja et de vātāri, bien enduites et remuées dans l’huile.

Verse 57

तैलाक्ताभिश्च निर्गुंडीसमिद्भिर्वा प्रयत्नतः । सौभाग्ये चंदनैश्चेंद्रलोचनैर्वा लवंगकैः ॥ ५७ ॥

Avec effort, on peut accomplir le rite en utilisant des baguettes de bois d’allumage (samidh) de nirguṇḍī enduites d’huile. Et pour obtenir la bonne fortune (saubhāgya), on peut employer le santal, l’indralocana ou les clous de girofle.

Verse 58

सुगंधपुष्पैर्वस्त्राप्त्यै तत्तद्धान्यैस्तदाप्तये । रिपुपादरजोभिश्च राजीलवणमिश्रितैः ॥ ५८ ॥

Par des fleurs parfumées, on obtient des vêtements; par les grains appropriés, on atteint les fruits correspondants; et, en usant de la poussière des pieds de l’ennemi mêlée à la rājī (moutarde noire) et au sel, on fait advenir l’effet voulu sur cet adversaire.

Verse 59

होमयेत्सप्तरात्रं च रिपुर्याति यमालयम् । धान्यैः संप्राप्यते धान्यमन्नैरन्नसमुच्छ्रयः ॥ ५९ ॥

Si l’on accomplit le homa (offrande au feu) durant sept nuits, l’ennemi se rend au séjour de Yama. En offrant des grains, on obtient des grains; en offrant de la nourriture, on gagne une abondance de nourriture.

Verse 60

तिलाज्यक्षीरमधुभिर्महिषीगोसमृद्धये । किं बहूक्तैर्विषे व्याधौ शांतौ मोहे च मारणे ॥ ६० ॥

Avec le sésame, le ghee, le lait et le miel, on accroît la prospérité des bufflonnes et des vaches. À quoi bon en dire davantage ? Ces mêmes usages servent contre le poison, dans la maladie, pour les rites d’apaisement, pour susciter l’égarement, et même pour des rites de destruction.

Verse 61

विवादे स्तंभने द्यूते भूतभीतौ च संकटे । वश्ये युद्धे क्षते दिव्ये बंधमोक्षे महावने ॥ ६१ ॥

Dans les querelles, dans les rites de stambhana (immobilisation), dans le jeu, dans la peur causée par les esprits et dans l’épreuve; pour la soumission, à la guerre, lorsqu’on est blessé, dans les ordalies sacrées (divya), pour la délivrance des liens et au cœur de la grande forêt — c’est là que s’emploie ce mantra/prayoga.

Verse 62

साधितोऽयं नृणां दद्यान्मंत्रः श्रेयः सुनिश्चितम् । वक्ष्येऽथ हनुमद्यंत्रं सर्वसिद्धिप्रदायकम् ॥ ६२ ॥

Lorsque ce mantra a été dûment accompli par une pratique correcte, on doit le transmettre aux hommes ; il est assurément une source de bien spirituel. À présent, je décrirai le Hanumān-yantra, dispensateur de toute réussite et de tout siddhi.

Verse 63

लांगूलाकारसंयुक्तं वलयत्रितयं लिखेत् । साध्यनाम लिखेन्मध्ये पाशिबीज प्रवेष्टितम् ॥ ६३ ॥

Qu’on trace trois anneaux concentriques, munis d’un prolongement semblable à une queue; au centre, qu’on écrive le nom du but (ou de la personne visée) et qu’on l’enferme par la syllabe-semence (bīja) du nœud-lasso, pāśī.

Verse 64

उपर्यष्टच्छदं कृत्वा पत्रेषु कवचं लिखेत् । तद्बहिर्दंहमालिख्य तद्बहिश्चतुरस्रकम् ॥ ६४ ॥

Après avoir formé une couverture supérieure de huit couches, qu’on inscrive sur les feuilles le ‘kavaca’, l’armure protectrice; à l’extérieur, qu’on trace un anneau, puis, à l’extérieur de celui-ci, un carré.

Verse 65

चतुरसस्रस्य रेखाग्रे त्रिशूलानि समालिखेत् । सौं बीजं भूपुरस्याष्टवज्रेषु विलिखेत्ततः ॥ ६५ ॥

Aux extrémités des lignes de bord du carré, qu’on dessine des tridents. Puis qu’on inscrive la syllabe-semence « sauṃ » sur les huit saillies en forme de vajra du bhūpura, l’enceinte extérieure du diagramme.

Verse 66

कोणेष्वकुंशमालिख्य मालामंत्रेण वेष्टयेत् । तत्सर्वं वेष्टयेद्यंत्रवलयत्रितयेन च ॥ ६६ ॥

Dans les angles, qu’on dessine le signe de l’ankuśa (aiguillon de maîtrise) sans crochet; qu’on l’enveloppe du Mantra de la Guirlande (Mālā-mantra), puis qu’on encercle le tout par les trois anneaux concentriques du yantra.

Verse 67

शिलायां फलके वस्त्रे ताम्रपत्रेऽथ कुड्यके । ताडपत्रेऽथ भूर्जे वा रोचनानाभिकुंकुभैः ॥ ६७ ॥

On peut l’inscrire sur la pierre, sur une planche de bois, sur un tissu, sur une plaque de cuivre ou sur un mur; de même sur feuille de palmier ou sur écorce de bouleau (bhūrja), avec rocanā, musc et safran comme pigments ou encre.

Verse 68

यंत्रमेतत्समालिख्य निराहारो जितेंद्रियः । कपेः प्राणान्प्रतिष्टाप्य पूजयेत्तद्यथाविधि ॥ ६८ ॥

Après avoir tracé avec soin ce yantra sacré, dans le jeûne et la maîtrise des sens, qu’on établisse le prāṇa (présence vitale) de Kapi, puis qu’on l’honore selon le rite prescrit.

Verse 69

अशेषदुःखशान्त्यर्थः यंत्रं संधारयेद् बुधः । मारीज्वराभिचारादिसर्वोपद्रवनाशनम् ॥ ६९ ॥

Afin d’apaiser toutes les peines, le sage doit porter ou garder ce yantra ; il détruit toute affliction — telle la fièvre épidémique (mārī-jvara), la sorcellerie (abhicāra) et autres calamités.

Verse 70

योषितामपि बालानां धृतं जनमनोहरम् । भूतकृत्यापिशाचानां दर्शनादेव नाशनम् ॥ ७० ॥

Même les femmes et les enfants peuvent le porter ; il charme l’esprit des gens. Par sa seule vue, il anéantit bhūtas, kṛtyās et piśācas (esprits nuisibles et atteintes occultes).

Verse 71

मालामंत्रमथो वक्ष्ये तारो वाग्विष्णुगेहिनी । दीर्घत्रयान्विता माया प्रागुक्तं कूटपञ्चकम् ॥ ७१ ॥

Je vais maintenant exposer le mālā-mantra (mantra du chapelet) : il se compose de la syllabe « tāra », puis de « vāk », puis de la formule « viṣṇu-gehini » ; vient ensuite « māyā » dotée de trois voyelles longues — l’ensemble formant le quintuple groupe codé (kūṭa-pañcaka) déjà mentionné.

Verse 72

ध्रुवो हृद्धनुमान्ङेंतोऽथ प्रकटपराक्रमः । आक्रांतदिग्मंडलांते यशोवितानसंवदेत् ॥ ७२ ॥

Puis Dhruva — le cœur inébranlable, l’arc en main, la vaillance éclatante — ayant franchi les confins des directions, fait retentir partout le dais de sa renommée.

Verse 73

धवलीकृतवर्णांते जगत्त्रितयवज्र च । देहज्वलदग्निसूर्य कोट्यंते च समप्रभ ॥ ७३ ॥

À l’ultime terme, où toutes les couleurs sont blanchies, et où le triple univers semble brisé comme frappé par le vajra—là, cette splendeur resplendit d’un éclat égal : tel le feu ardent dans le corps, tel le soleil, telle la lumière d’innombrables soleils réunis.

Verse 74

तनूरुहपदांते तु रुद्रावतार संवदेत् । लंकापुरी ततः पश्चाद्दहनोदधिलंघन ॥ ७४ ॥

À Tanūruhapadānta, il convient de rapporter l’entretien au sujet de l’incarnation de Rudra. Ensuite, qu’on évoque la cité de Laṅkā; puis l’embrasement de Laṅkā et la traversée de l’océan.

Verse 75

दशग्रीवशिरः पश्चात्कृतांतकपदं वदेत् । सीतांते श्वसनपदं वाय्वंते सुतमीरयेत् ॥ ७५ ॥

Après avoir prononcé « Daśagrīva-śiraḥ », qu’on dise ensuite le mot « Kṛtāntaka ». À la fin de « Sītā », qu’on énonce le terme « Śvasana » ; et à la fin de « Vāyu », qu’on prononce « Suta ».

Verse 76

अंजनागर्भसंभूतः श्रीरामलक्ष्मणान्वितः । नंदंति कर वर्णांते सैन्यप्राकार ईरयेत् ॥ ७६ ॥

Né du sein d’Añjanā et accompagné de Śrī Rāma et de Lakṣmaṇa—qu’on l’énonce comme un rempart protecteur pour l’armée ; il apporte la joie au terme de l’œuvre entreprise.

Verse 77

सुग्रीवसख्यकादूर्णाद्रणवालिनिवर्हण । कारणद्रोणशब्दांते पर्वतोत्पाटनेति च ॥ ७७ ॥

Parce qu’il se lia d’amitié avec Sugrīva ; parce qu’il s’étendit ou franchit tel un fil ; parce qu’il abattit Vāli au combat ; parce qu’il fut la cause de grands accomplissements ; à cause du son « droṇa » ; et parce qu’il déracina une montagne—telles sont (les raisons de ses diverses appellations).

Verse 78

अशोकवनवीथ्यंते दारुणाक्षकुमारक । छेदनांते वनरक्षाकरांते तु समूह च ॥ ७८ ॥

Ô Dāruṇākṣa-kumāraka, au bout de l’allée du bosquet d’Aśoka se trouve une clairière ; et, à l’extrémité du terrain des bûcherons, il est aussi un lieu d’assemblée des gardiens de la forêt.

Verse 79

विभञ्जनांते ब्रह्मास्त्रब्रह्मशक्ति ग्रसेति च । लक्ष्मणांते शक्तिभेदनिवारणपदं वदेत् ॥ ७९ ॥

À la fin du mantra nommé Vibhañjanā, qu’on prononce : « Que le Brahmāstra et la Brahma-śakti soient engloutis ». Et à la fin du mantra nommé Lakṣmaṇā, qu’on dise la formule de contrepoids qui empêche la puissance de fendre ou de percer de l’arme śakti.

Verse 80

विशल्योषधिशब्दांते समानयन संपठेत् । बालोदित ततो भानुमंडलग्रसनेति च ॥ ८० ॥

Après avoir ajouté les mots « viśalyā » et « oṣadhi » (l’herbe de guérison), qu’on récite la formule commençant par « samānayana ». Puis, au lever du soleil, qu’on récite aussi celle qu’on nomme « la dévoration du disque solaire ».

Verse 81

मेघनादहोमपदाद्विध्वंसनपदं वदेत् । इंद्रजिदूधकारांते णसीतासक्षकेति च ॥ ८१ ॥

Du segment de mantra nommé « Meghanāda-homa », qu’on prononce le segment « vidhvaṃsana » (qui détruit et chasse). Et à la fin du segment « Indrajit », après la terminaison en ūdhakāra, qu’on récite aussi : « ṇa-sītā-sakṣaketi ».

Verse 82

राक्षसीसंघशब्दांते विदारणपदं वदेत् । कुंभकर्णादिसंकीर्त्यवधांते च परायण ॥ ८२ ॥

À la fin de l’expression « la troupe des rākṣasīs », qu’on prononce le mot « vidāraṇa » (« déchirer »). Et après avoir nommé Kumbhakarṇa et les autres, à l’achèvement de la mise à mort, qu’on récite la portion conclusive comme ultime récitation (parāyaṇa).

Verse 83

श्रीरामभक्तिवर्णांते तत्परेति समुद्र च । व्योमद्रुमलंघनेति महासामर्थ्य संवदेत् ॥ ८३ ॥

Au terme de l’exposé de la bhakti envers Śrī Rāma, qu’on proclame : « Il est tout entier voué à Rāma » ; et qu’on évoque aussi la traversée de l’océan et le bond par‑dessus les arbres hauts comme le ciel, afin de manifester sa puissance immense et prodigieuse.

Verse 84

महातेजःपुंजशब्दाद्विराजमानवोञ्चरेत् । स्वामिवचनसंपादितार्जुनांते च संयुग ॥ ८४ ॥

Qu’on pratique l’uñchavṛtti (la subsistance par glanage), resplendissant par le seul son d’un vaste amas de splendeur spirituelle ; et, après avoir accompli l’ordre de son maître, qu’on s’engage dans le combat jusqu’au terme, tel Arjuna agissant selon la parole de son Seigneur.

Verse 85

सहायांते कुमारेति ब्रह्मचारिन्पदंवदेत् । गंभीरशब्दोदयांते दक्षिणापथ संवदेत् । मार्त्ताण्डमेरु शब्दांते वदेत्पर्वतपीटिका ॥ ८५ ॥

Quand un mot se termine par « sahāyā », qu’on prononce « kumāra » ; quand il se termine par « brahmacārin », qu’on dise « pada ». À la fin de l’élévation du mot « gaṃbhīra », qu’on dise « dakṣiṇāpatha » ; et à la fin des mots « Mārttāṇḍa » et « Meru », qu’on prononce « parvata-pīṭikā ».

Verse 86

अर्चनांते तु सकलमंत्रांते मपदं वदेत् । आचार्यमम शब्दांते सर्वग्रहविनाशन ॥ ८६ ॥

À la fin de l’arcanā (l’adoration), et au terme de tout mantra complet, qu’on prononce la syllabe « ma ». Et à la fin du mot « ācārya », qu’on ajoute « mama » — on dit que cela détruit toutes les influences planétaires néfastes.

Verse 87

सर्वज्वरोञ्चाटनांते सर्वविषविनाशन । सर्वापत्तिनिवारण सर्वदुष्टनिबर्हण ॥ ८७ ॥

Ô (mantra/divinité), tu es le remède ultime qui chasse toutes les fièvres ; tu détruis tout poison ; tu écartes toute calamité ; et tu réduis entièrement au silence toutes les forces mauvaises.

Verse 88

सर्वव्याध्यादि सम्प्रोच्य भयांते च निवारण ॥ ८८ ॥

Après avoir prescrit comme il se doit les moyens contre toutes les maladies et autres maux, il expose encore, à la toute fin, le remède qui dissipe la peur.

Verse 89

सर्वशत्रुच्छेदनेति ततो मम परस्य च ॥ ८९ ॥

Ainsi, (ce mantra/nom) est appelé « celui qui tranche tous les ennemis », et il agit pour moi comme pour autrui.

Verse 90

ततस्त्रिभुवनांते तु पुंस्त्रीनपुंसकात्मकम् । सर्वजीवपदांते तु जातं वशययुग्मकम् ॥ ९० ॥

Ensuite, à la fin de l’expression désignant les « trois mondes », la forme devient masculine, féminine et neutre. Et à la fin du mot désignant tous les êtres vivants, surgit la paire de sons « vaśaya ».

Verse 91

ममाज्ञाकारकं पश्चात्संपादय युगं पुनः । ततो नानानामधेयान्सर्वान् राज्ञः स संपठेत् ॥ ९१ ॥

Ensuite, selon mon ordre, il doit rétablir la juste division des yuga ; puis il récitera correctement toutes les diverses appellations des rois.

Verse 92

परिवारान्ममेत्यंते सेवकान् कुरु युग्मकम् । सर्वशस्त्रवीत्यंते षाणि विध्वंसय द्वयम् ॥ ९२ ॥

À la fin, sépare-les de ma suite et forme une paire de serviteurs ; et, au terme du cercle de toutes les armes, détruis les deux : ainsi les six éléments sont accomplis.

Verse 93

लज्जादीर्घत्रयोपेता होत्रयं चैहि युग्मकम् । विलोमं पंचकूटानि सर्वशत्रून्हनद्वयम् ॥ ९३ ॥

Unis les syllabes commençant par « lajjā » avec trois voyelles longues ; puis prends la triade « hotrayaṃ » et la paire « caihi ». Ensuite, applique l’ordre inversé (viloma), forme les cinq amas (pañcakūṭāni) et ajoute le double « hana », réputé anéantir tous les ennemis.

Verse 94

परबलानि परांते सैन्यानि क्षोभयद्वयम् ॥ ९४ ॥

Sur le flanc de l’ennemi, cette paire souleva et jeta les forces adverses dans la confusion.

Verse 95

मम सर्वं कार्यजातं साधयेति द्वयं ततः ॥ ९५ ॥

Ensuite, qu’on emploie la paire de paroles : «Accomplis toutes mes œuvres et entreprises».

Verse 96

सर्वदुष्टदुर्जनांते मुखानि कीलयद्वयम् । धेत्रयं वर्मत्रितयं फट्त्रयं हांत्रयं ततः ॥ ९६ ॥

Enfin, pour dompter tous les méchants et les êtres malfaisants, «cloue» leurs bouches par le kīlaka en double ; puis applique le triple «dhe», le triple «varma» protecteur, le triple «phaṭ» et, ensuite, le triple «hāṃ».

Verse 97

वह्निप्रियांतो मंत्रोऽयं मालासंज्ञोऽखिलेष्टदः ॥ ९७ ॥

Ce mantra, qui s’achève par l’expression « vahnipriyā », est connu comme le mantra « Mālā » (guirlande) et accorde tous les buts désirés.

Verse 98

वस्वष्टबाणवर्णोऽयं मंत्रः सर्वेष्टसाधकः ॥ ९८ ॥

Ce mantra, formé de huit syllabes, accomplit tous les buts désirés.

Verse 99

महाभये महोत्पाते स्मृतोऽयं दुःखनाशनः । द्वादशार्णस्य षट्कूटं त्यक्त्वा बीजं तथादिमम् ॥ ९९ ॥

Dans la grande peur et lors de grands présages funestes, le souvenir de ce mantra détruit la souffrance. Il faut laisser de côté la division en six sections (ṣaṭkūṭa) de la formule à douze syllabes, ainsi que la syllabe-graine primordiale.

Verse 100

पंचकूटात्मको मंत्रः सर्वकामप्रदायकः । रामचंद्रो मुनिश्चास्य गायत्री छंद ईरितम् ॥ १०० ॥

Ce mantra est constitué de cinq « sommets » (pañcakūṭa) et l’on dit qu’il accorde tous les désirs. Son voyant (ṛṣi) est Rāmacandra, et son mètre est déclaré être le Gāyatrī.

Verse 101

हनुमान्देवता प्रोक्तो विनियोगोऽखिलाप्तये । पंचबीजैः समस्तेन षडंगानि समाचरेत् ॥ १०१ ॥

Hanumān est proclamé divinité présidante (devatā) de ce mantra. Son application (viniyoga) vise l’obtention de tous les fruits. Avec l’ensemble complet des cinq syllabes-germes, on doit accomplir dûment les rites à six membres (ṣaḍaṅga).

Verse 102

रामदूतो लक्ष्मणांते प्राणदाताञ्जनीसुतः । सीताशोकविनाशोऽयं लंकाप्रासादभंजनः ॥ १०२ ॥

Il est le messager de Rāma ; au seuil de la mort de Lakṣmaṇa, il rendit la vie ; il est le fils d’Añjanī. Il dissipe la peine de Sītā et brise les palais de Laṅkā.

Verse 103

हनुमदाद्याः पंचैते बीजाद्या ङेयुताः पुनः । षडंगमनवो ह्येते ध्यानपूजादि पूर्ववत् ॥ १०३ ॥

Ces cinq mantras commençant par « Hanumat » doivent être reconnus de nouveau comme joints aux syllabes-semences (bīja) et aux autres éléments. En vérité, ce sont des mantras à six membres (ṣaḍaṅga) ; méditation, culte et le reste doivent être accomplis comme il a été dit auparavant.

Verse 104

प्रणवो वाग्भवं पद्मा माया दीर्घत्रयान्विता । पंचकूटानि मंत्रोऽयं रुद्रार्णः सर्वसिद्धिदः ॥ १०४ ॥

Le Praṇava (Oṁ), le Vāgbhava (bīja), Padmā (bīja) et Māyā (bīja) — chacun pourvu des trois voyelles longues — constituent les cinq « sommets » (kūṭa). Ce mantra, composé de syllabes de Rudra, accorde toutes les réalisations (siddhi).

Verse 105

ध्यानपूजादिकं सर्वमस्यापि पूर्ववन्मतम् । अयमाराधितो मंत्रः सर्वाभीष्टप्रदायकः ॥ १०५ ॥

Pour ce mantra aussi, toutes les pratiques—telles que la méditation et le culte—doivent être comprises comme précédemment exposées. Ce mantra, lorsqu’il est dûment propitiatoire, accorde tous les buts désirés.

Verse 106

नमो भगवते पश्चादनंतश्चंद्रशेखरां । जनेयाय महांते तु बलायांतेऽग्निवल्लभा ॥ १०६ ॥

Hommage au Bhagavān — l’Infini, le Porteur de la lune en diadème (Candraśekhara) — connu comme le Procréateur ; le Grand Terme, la force à l’ultime instant, et le Bien-aimé d’Agni, le Feu sacré.

Verse 107

अष्टादशार्णो मंत्रोऽयं सुनिरीश्वरसंज्ञकः । छंदोऽनुष्टुप्देवता तु हनुमान्पवनात्मजः ॥ १०७ ॥

Voici un mantra de dix-huit syllabes, connu sous le nom de « Sunirīśvara ». Son mètre est l’Anuṣṭubh, et sa divinité présidente est Hanumān, fils de Pavana, le dieu du Vent.

Verse 108

हं बीजं वह्निवनिता शक्तिः प्रोक्ता मनीषिभिः । आंजनेयाय हृदयं शिरश्च रुद्रमूर्तये ॥ १०८ ॥

La syllabe « haṃ » est proclamée par les sages comme la semence (bīja), et « Vahnivanitā » est enseignée comme sa puissance (śakti). Dans le nyāsa : le cœur est confié à Āñjaneya (Hanumān) et la tête à la divinité de forme Rudra.

Verse 109

शिखायां वायुपुत्रायाग्निगर्भाय वर्मणि । रामदूताय नेत्रं स्याद्बह्यास्त्रायास्त्रमीरितम् ॥ १०९ ॥

Sur la mèche sommitale (śikhā), qu’on place par nyāsa la puissance du fils de Vāyu ; sur l’armure protectrice (varman), celle du Né du Feu. Pour les yeux (netra), il est dit : le messager de Rāma. Ainsi est proclamée l’arme extérieure (bahyāstra), avec le mantra de l’arme prescrit.

Verse 110

तप्तचामीकरनिभं भीघ्नसंविहिताञ्जलिम् । चलत्कुंडलदीप्तास्यं पद्मक्षं मारुतिं स्मरेत् ॥ ११० ॥

Qu’on médite sur Māruti (Hanumān) : rayonnant tel l’or chauffé, les mains jointes en añjali de vénération, le visage éclatant grâce aux boucles d’oreilles qui se balancent, aux yeux de lotus—ô destructeur des obstacles.

Verse 111

ध्यात्वैवमयुतं जप्त्वा दशांशं जुहुयात्तिलैः । वैष्णवे पूजयेत्पीठे प्रागुद्दिष्टेन वर्त्मना ॥ १११ ॥

Après avoir médité ainsi, qu’on récite le mantra dix mille fois ; puis qu’on en offre au feu, avec des graines de sésame, le dixième. Ensuite, sur un siège/autel vaiṣṇava, qu’on rende un culte au Seigneur selon la méthode indiquée auparavant.

Verse 112

अष्टोत्तरशतं नित्यं नक्तभोजी जितेंद्रियः । जपित्वा क्षुद्ररोगेभ्यो मुच्यते नात्र संशयः ॥ ११२ ॥

Celui qui maîtrise ses sens, ne mange que la nuit et le récite chaque jour cent huit fois, est délivré des maux légers—il n’y a là aucun doute.

Verse 113

महारोगनिवृत्त्यै तु सहस्रं प्रत्यहं जपेत् । राक्षसौघं विनिघ्नंतं कपिं ध्यात्वाधनाशनम् ॥ ११३ ॥

Pour faire cesser les maladies graves, qu’on le récite mille fois chaque jour, en méditant sur le Kapi (Hanumān) qui détruit les hordes de rākṣasas et écarte la perte des biens.

Verse 114

अयुतं प्रजपेन्नित्यमचिराज्ज यति द्विषम् । सुग्रीवेण समं रामं संदधानं कपिं स्मरन् ॥ ११४ ॥

En le récitant chaque jour dix mille fois, on triomphe vite de l’ennemi, en méditant sur ce singe (Hanumān) qui scella l’alliance de Rāma avec Sugrīva.

Verse 115

प्रजपेदयुतं यस्तु संधिं कुर्याद्द्विपद्वयोः । ध्यात्वा लंकां दहंतं तमयुतं प्रजपेन्मनुम् ॥ ११५ ॥

Celui qui accomplit le sandhi (jonction euphonique) des deux pādas doit réciter le mantra dix mille fois ; méditant sur Celui qui brûle Laṅkā, qu’il répète encore ce mantra dix mille fois.

Verse 116

अचिरादेव शत्रूणां ग्रामान्संप्रदहेत्सुधीः । ध्यात्वा प्रयाणसमये हनुमन्तं जपेन्मनुम् ॥ ११६ ॥

Le sage, très vite, réduirait en flammes les villages des ennemis ; et au moment du départ, après avoir médité Hanumān, qu’il répète le mantra.

Verse 117

यो याति सोऽचिरात्स्वेष्टं साधयित्वा गृहे व्रजेत् । हनुमंतं सदा गेहे योऽर्चयेज्जपतत्परः ॥ ११७ ॥

Celui qui part en voyage accomplit vite ce qu’il souhaite puis rentre chez lui. Tel est le fruit de celui qui, dans sa demeure, adore toujours Hanumān et demeure voué au japa.

Verse 118

आरोग्यं च श्रियं कांतिं लभते निरुपद्रवम् । कानने व्याघ्रचौरेभ्यो रक्षेन्मनुरयं स्मृतः ॥ ११८ ॥

Par ce mantra, on obtient santé, prospérité et éclat, sans aucune affliction. Dans la forêt, il protège des tigres et des voleurs—tel est ce mantra, ainsi conservé par la tradition.

Verse 119

प्रस्वापकाले शय्यायां स्मरेन्मंत्रमनन्यधीः । तस्य दुःस्वप्नचौरादिभयं नैव भवेत्क्वचित् ॥ ११९ ॥

Au moment de s’endormir, étendu sur la couche, qu’on se souvienne du mantra d’un esprit sans partage. Pour celui-là, la crainte des mauvais rêves, des voleurs et autres périls ne surgit jamais.

Verse 120

वियत्सेंदुर्हनुमते ततो रुद्रात्मकाय च । वर्मास्त्रांतो महामंत्रो द्वादशार्णोऽष्टसिद्धिकृत् ॥ १२० ॥

Vient ensuite le grand mantra de douze syllabes, qui s’achève par les formules protectrices d’« armure » et d’« arme ». Il s’adresse d’abord à Hanumān, dont l’éclat est tel le vermillon dans le ciel, puis à la divinité de nature Rudra. On dit que ce mantra confère les huit siddhis.

Verse 121

रामचन्द्रो मुनिश्चास्य जगती छन्द ईरितम् । हनुमान्देवतां बीजमाद्यं शक्तिर्हुमीरिता ॥ १२१ ॥

Pour ce mantra, on dit que le voyant (ṛṣi) est Rāmacandra ; le mètre est Jagatī ; la divinité est Hanumān. La syllabe-graine primordiale est proclamée, et la śakti est énoncée comme « Hum ».

Verse 122

षड्दीर्घभाजा बीजेन षडंगानि समाचरेत् । महाशैलं समुत्पाट्य धावंतं रावणं प्रति ॥ १२२ ॥

Avec la syllabe-graine portant six voyelles longues, qu’on accomplisse les six rites auxiliaires (ṣaḍaṅga). Déracinant une grande montagne, il courut vers Rāvaṇa pour l’affronter.

Verse 123

लाक्षारक्तारुणं रौद्रं कालांतकयमोपमम् । ज्वलदग्निसमं जैत्रं सूर्यकोटिसमप्रभम् ॥ १२३ ॥

Rouge comme la laque et le sang, d’aspect farouche, comparable à Yama—celui qui met fin lors de la dissolution ultime ; tel un feu flamboyant, victorieux, et rayonnant de l’éclat de dix millions de soleils.

Verse 124

अंगदाद्यैर्महावीरैर्वेष्टितं रुद्ररूपिणम् । तिष्ठ तिष्ठ रणे दुष्ट सृजंतं घोरनिः स्वनम् ॥ १२४ ॥

Entouré de grands héros tels qu’Aṅgada, il apparut sous une forme semblable à Rudra. « Tiens-toi ! Tiens-toi dans la bataille, ô scélérat ! »—il rugit, déchaînant un cri terrible, tonnant.

Verse 125

शैवरूपिणमभ्यर्च्य ध्यात्वा लक्ष जपेन्मनुम् । दशांशं जुहुयाद्वीहीन्पयोदध्याज्यमिश्रितान् ॥ १२५ ॥

Après avoir vénéré la Divinité sous une forme śaiva et avoir médité sur Lui, on doit réciter le mantra cent mille fois ; puis offrir au feu, pour le dixième de ce nombre, des grains de riz mêlés de lait, de caillé et de ghee.

Verse 126

पूर्वोक्ते वैष्णवे पीठे विमलादिसमन्विते । मूर्तिं संकल्प्य मूलेन पूजा कार्या हनूमतः ॥ १२६ ॥

Sur l’autel vaiṣṇava décrit plus haut—orné de Vimalā et d’autres servantes divines—qu’on conçoive et installe rituellement l’effigie ; puis, au moyen du mantra racine, qu’on accomplisse le culte de Hanūmān.

Verse 127

ध्यानैकमात्रोऽपि नृणां सिद्धिरेव न संशयः । अथास्य साधनं वक्ष्ये लोकानां हितकाम्यया ॥ १२७ ॥

Même la seule méditation procure l’accomplissement aux hommes—sans aucun doute. À présent, pour le bien du monde, j’exposerai le moyen de l’obtenir.

Verse 128

हनुमत्साधनं पुण्यं महापातकनाशनम् । एतद्गुह्यतमं लोके शीघ्रसिद्धिकरं परम् ॥ १२८ ॥

La sādhana centrée sur Hanumān est méritoire et détruit même les plus grands péchés. C’est l’enseignement le plus secret au monde, suprême, et il accorde rapidement la siddhi (accomplissement).

Verse 129

मंत्री यस्य प्रसादेन त्रैलोक्यविजयी भवेत् । प्रातः स्नात्वा नदीतीरे उपविश्य कुशासने ॥ १२९ ॥

Le mantra dont la grâce rend victorieux des trois mondes : à l’aube, après le bain, qu’on s’assoie sur la rive d’une rivière, sur un siège d’herbe kuśa.

Verse 130

प्राणायामषडंगे च मूलेन सकलं चरेत् । पुष्पांजल्यष्टकं दत्वा ध्यात्वा रामं ससीतकम् ॥ १३० ॥

Ensuite, qu’on accomplisse le rite entier avec le prāṇāyāma aux six membres, au moyen du mūla-mantra. Après avoir offert huit anjali de fleurs, qu’on médite sur Śrī Rāma avec Sītā.

Verse 131

ताम्रपात्रे ततः पद्ममष्टपत्रं सकेशरम् । कुचंदनेन घृष्टेन संलिखेत्तच्छलाकया ॥ १३१ ॥

Ensuite, sur une plaque de cuivre, qu’on trace un lotus à huit pétales avec son cœur complet, à l’aide d’un stylet enduit de santal blanc broyé.

Verse 132

कर्मिकायां लिखेन्मंत्रं तत्रावाह्य कपीश्वरम् । मूर्तिं मूलेन संकल्प्य ध्यात्वा पाद्यादिकं चरेत् ॥ १३२ ॥

Qu’on écrive le mantra sur la karmikā (surface rituelle), puis qu’on y invoque Kapīśvara. Ayant constitué mentalement la forme de la divinité par le mūla-mantra et l’ayant méditée, qu’on accomplisse les offrandes en commençant par le pādya (eau pour laver les pieds) et le reste du culte.

Verse 133

गंधपुष्पादिकं सर्वं निवेद्य मूलमंत्रतः । केसरेषु षडंगानि दलेषु च ततोऽर्चयेत् ॥ १३३ ॥

Après avoir offert toutes choses, telles la pâte de santal et les fleurs, en récitant le mūla-mantra, qu’on adore ensuite en plaçant les six membres auxiliaires (ṣaḍaṅga) sur les filaments (kesara), puis sur les pétales (dala).

Verse 134

सुग्रीवं लक्ष्मणं चैव ह्यंगदं नलनीलकौ । जांबवंतं च कुमुदं केसरीशं दलेऽर्चयेत् ॥ १३४ ॥

Sur une feuille (sacrée), qu’on adore Sugrīva et Lakṣmaṇa, ainsi qu’Aṅgada, Nala et Nīla; de même Jāmbavān, Kumuda et le seigneur des singes, Hanumān.

Verse 135

दिक्पालांश्चापि वज्रादीन्पूजयेत्तदनंतरम् । एवं सिद्धे मनौ मंत्री साधयेत्स्वेष्टमात्मनि ॥ १३५ ॥

Ensuite, qu’on adore aussi les gardiens des directions (Dikpāla), avec le vajra et les autres emblèmes divins. Ainsi, le mantra étant accompli, le pratiquant de mantra doit réaliser en lui-même le but désiré.

Verse 136

नदीतीरे कानने वा पर्वते विजनेऽथवा । साधयेत्साधक श्रेष्टो भूमिग्रहणपूर्वकम् ॥ १३६ ॥

Sur la rive d’une rivière, dans une forêt, sur une montagne ou en tout lieu solitaire, le meilleur des sādhakas doit accomplir la sādhana, après avoir d’abord choisi et préparé le sol (comme site rituel).

Verse 137

जिताहारो जितश्वासो जितवाक्च जितेंद्रियः । दिग्बन्ध नादिकं कृत्वा न्यासध्यानादिपूर्वकम् ॥ १३७ ॥

Ayant maîtrisé l’alimentation, le souffle, la parole et les sens, qu’on accomplisse d’abord le scellement des directions (digbandha) et le rite de nāḍikā, puis qu’on poursuive avec les préliminaires tels que le nyāsa et la méditation.

Verse 138

लक्षं जपेन्मंत्रराजं पूजयित्वा तु पूर्ववत् । लक्षांति दिवसं प्राप्य कुर्य्याञ्च पूजनं महत् ॥ १३८ ॥

Après avoir rendu le culte comme auparavant, qu’on récite le Roi des Mantras cent mille fois ; et lorsque vient le jour où s’achève le lakh, qu’on accomplisse une grande adoration, solennelle et spéciale.

Verse 139

एकाग्रमनसा सम्यग्ध्यात्वा पवननंदनम् । दिवारात्रौ जपं कुर्याद्यावत्संदर्शनं भवेत् ॥ १३९ ॥

L’esprit parfaitement recueilli, après avoir médité comme il se doit sur Pavanānandana (Hanumān), qu’on accomplisse le japa jour et nuit jusqu’à l’obtention du darśana direct.

Verse 140

सुदृढं साधकं मत्वा निशीथे पवनात्मजः । सुप्रसन्नस्ततो भूत्वा प्रयाति साधकाग्रतः ॥ १४० ॥

À minuit, le fils du Vent, jugeant le pratiquant inébranlable, se réjouit grandement ; puis, devenu tout de grâce, il s’avance et se tient devant lui.

Verse 141

यथेप्सितं वरं दत्वा साधकाय कपीश्वरः । वरं लब्ध्वा साधकंद्रो विहरेदात्मनः सुखैः ॥ १४१ ॥

Kapīśvara, Seigneur des singes, accorda au pratiquant la grâce désirée ; et le plus excellent des pratiquants, l’ayant obtenue, se réjouit dans les félicités de son propre être.

Verse 142

एतद्धि साधनं पुण्यं लोकानां हितकाम्यया । प्रकाशितं रहस्यं वै देवानामपि दुर्लभम् ॥ १४२ ॥

En vérité, voici une pratique sainte et efficace, révélée par désir du bien des mondes : un secret vraiment rare, même parmi les dieux.

Verse 143

अन्यानपिप्रयोगांश्च साधयेदात्मनो हितान् । वियदिंदुयुतं पश्चान्ङेंतं पवननंदनम् ॥ १४३ ॥

Qu’on accomplisse aussi d’autres prayoga salutaires pour son propre bien. Ensuite, qu’on vénère Pavanānandana—Hanumān—accompagné de la lune dans le ciel.

Verse 144

वह्निप्रियांतो मंत्रोऽयं दशार्णः सर्वकामदः । मुन्यादिकं च पूर्वोक्तं षडंगान्यपि पूर्ववत् ॥ १४४ ॥

Voici un mantra de dix syllabes (daśārṇa) qui s’achève par les mots « vahnipriyā ». Il accorde tous les buts désirés. Le ṛṣi et les autres données préliminaires ont été dits plus haut ; les six membres auxiliaires (ṣaḍaṅga) s’appliquent ici comme auparavant.

Verse 145

ध्यायेद्रणे हनूमंतं सूर्यकोटिसमप्रभम् । धावंतं रावणं जेतुं दृष्ट्वा सत्वरमुत्थितम् ॥ १४५ ॥

Au combat, qu’on médite sur Hanumān, éclatant comme dix millions de soleils : voyant l’ennemi, il se leva aussitôt et s’élança pour vaincre Rāvaṇa.

Verse 146

लक्ष्मणं च महावीरं पतितं रणभूतले । गुरुं च क्रोधमुत्पाद्य ग्रहोतुं गुरुपर्वतम् ॥ १४६ ॥

Et Lakṣmaṇa, ce grand héros, gisait à terre sur le champ de bataille. Alors (Hanumān), soulevant une colère farouche, partit saisir la grande montagne aux herbes médicinales.

Verse 147

हाहाकारैः सदर्पैश्च कंपयंतं जगत्त्रयम् । आब्रह्मांडं समाख्याप्य कृत्वा भीमं कलेवरम् ॥ १४७ ॥

Par des clameurs effroyables et des démonstrations orgueilleuses, il fit trembler les trois mondes ; et, faisant connaître sa présence jusqu’au Brahmāṇḍa même, il prit une forme corporelle terrifiante.

Verse 148

लक्षं जपेद्दशांशेन जुहुयात्पूर्ववत्सुधीः । पूर्ववत्पूजनं प्रोक्तं मंत्र स्यास्य विधानतः ॥ १४८ ॥

Le sādhaka avisé doit répéter le mantra cent mille fois ; puis, pour le dixième de ce nombre, offrir des oblations (homa) dans le feu comme auparavant. De même, l’adoration est prescrite comme avant : telle est la règle juste pour ce mantra.

Verse 149

एवं सिद्धे मनौ मंत्री साधयेदात्मनो हितम् । अस्यापि मंत्रवर्यस्य रहस्यं साधनं तु वै ॥ १४९ ॥

Ainsi, lorsque le mantra est parvenu à la perfection, le pratiquant de mantras doit accomplir ce qui lui est salutaire. En vérité, même pour ce mantra éminent, il existe une méthode secrète de sādhana.

Verse 150

सुगोप्यं सर्वतंत्रेषु न देयं यस्य कस्यचित् । ब्राह्मे मुहूर्ते चोत्थाय कृतनित्यक्रियः शुचिः ॥ १५० ॥

Cet enseignement doit être soigneusement gardé parmi tous les tantras et ne doit pas être donné à n’importe qui. Se levant au brahma-muhūrta, après avoir accompli les rites quotidiens obligatoires, qu’on demeure pur.

Verse 151

गत्वा नदीं तः स्नात्वा तीर्थमावाह्य चाष्टधा । मूलमंत्रं ततो जप्त्वा सिंचेदादित्यसंख्यया ॥ १५१ ॥

S’étant rendu à la rivière, qu’il se baigne ; puis qu’il invoque le tīrtha sacré selon la méthode en huit aspects. Ensuite, après avoir récité le mūla-mantra, qu’il accomplisse l’aspersion/l’ablution autant de fois que le nombre des Ādityas (divinités solaires).

Verse 152

एवं स्नानादिकं कृत्वा गंगातीरेऽथवा पुनः । पर्वते वा वने वापि भूमिग्रहणपूर्वकम् ॥ १५२ ॥

Ainsi, après avoir accompli le bain et les autres actes préliminaires de purification, qu’il poursuive—sur la rive du Gaṅgā, ou sur une montagne, ou dans une forêt—en commençant par la juste prise et préparation du sol (l’établissement du lieu/siège).

Verse 153

आद्यवर्णैः पूरकं स्यात्पञ्चवर्गैश्च कुम्भकम् । रेचकं च पुनर्याद्यैरेवं प्राणान्नियन्य च ॥ १५३ ॥

L’inspiration (pūraka) doit être accomplie avec les lettres initiales; la rétention (kumbhaka) avec les cinq groupes de lettres; et l’expiration (recaka) de nouveau avec les lettres initiales—ainsi l’on règle et l’on maîtrise les souffles vitaux (prāṇa).

Verse 154

विधाय भूतशुद्ध्यादि पीठन्यासावधि पुनः । ध्यात्वा पूर्वोक्तविधिना संपूज्य च कपीश्वरम् ॥ १५४ ॥

Ayant de nouveau accompli le rite depuis le bhūtaśuddhi (purification des éléments) jusqu’au pīṭha-nyāsa (installation du siège sacré), puis ayant médité selon la méthode précédemment dite, qu’on achève comme il se doit le culte de Kapīśvara.

Verse 155

तदग्रे प्रजपेन्नित्यं साधकोऽयुतमादरात् । सप्तमे दिवसे प्राप्ते कुर्याञ्च पूजनं महत् ॥ १५५ ॥

Ensuite, le pratiquant (sādhaka) doit, chaque jour et avec ferveur, accomplir le japa—dix mille répétitions. Quand vient le septième jour, qu’il célèbre alors un grand culte.

Verse 156

एकाग्रमनसा मन्त्री दिवारात्रं जपेन्मनुम् । महाभयं प्रदत्वा त्रिभागशेषासु निश्चितम् ॥ १५६ ॥

L’esprit fixé en un seul point, le pratiquant de mantra doit répéter le mantra jour et nuit. Après avoir offert la « grande crainte » (mahābhaya) prescrite, comme peine ou expiation, le reste doit être établi selon la triple répartition déterminée.

Verse 157

यामिनीषु समायाति नियतं पवनात्मजः । यथेप्सितं वरं दद्यात्साधकाय कपीश्वरः ॥ १५७ ॥

Durant les nuits, Pavanātmaja, le fils du Dieu du Vent, vient à coup sûr; et Kapīśvara, Seigneur des singes, accorde au sādhaka le bienfait qu’il désire.

Verse 158

विद्यां वापि धनं वापि राज्यं वा शत्रुनिग्रहम् । तत्क्षणादेव चाप्नोति सत्यं सत्यं न संशयः ॥ १५८ ॥

À l’instant même, on obtient soit la connaissance, soit la richesse, soit la souveraineté, soit la soumission des ennemis. C’est la vérité, la vérité même ; nul doute n’est permis.

Verse 159

इह लोकेऽखिलान्कामान्भुक्त्वांते मुक्तिमाप्नुयात् । सद्याचितं वायुयुग्मं हनूमंतेति चोद्धरेत् ॥ १५९ ॥

En ce monde, après avoir goûté à tous les buts désirés, on atteint finalement la délivrance (mukti). Qu’on récite aussi le mantra d’efficacité immédiate : « Hanūmān », le nom double de Vāyu.

Verse 160

फलांते फक्रियानेत्रयुक्ता च कामिका ततः । धग्गंते धगितेत्युक्त्वा आयुरास्व पदं ततः ॥ १६० ॥

À la fin de la portion « phala », qu’on emploie ensuite la suite syllabique « pha-kri-yā-ne-tra », jointe à la partie du mantra appelée Kāmikā. Puis, à la fin de « dhagga », après avoir prononcé « dhagite », qu’on passe au mot « āyur āsva ».

Verse 161

लोहितो गरुडो हेतिबाणनेत्राक्षरो मनुः । मुन्यादिकं तु पूर्वोक्तं प्लीहरोगहरो हरिः ॥ १६१ ॥

« Lohita, Garuḍa, le mantra nommé Hetibāṇa-netrākṣara, et Manu » : tel est le mantra. Le groupe commençant par « les sages (muni) » a déjà été énoncé auparavant. Hari est celui qui ôte les maladies de la rate.

Verse 162

देवता च समुद्दिष्टा प्लीहयुक्तोदरे पुनः । नागवल्लीदलं स्थाप्यमुपर्याच्छादयेत्ततः ॥ १६२ ॥

La divinité présidant a également été indiquée. De nouveau, en cas de gonflement du ventre lié à la rate, qu’on place une feuille de bétel (nāgavallī), puis qu’on la recouvre par-dessus.

Verse 163

वस्त्रं चैवाष्टगुणितं ततः साधकसत्तमः । शकलं वंशजं तस्योपरि मुंचेत्कपिं स्मरेत् ॥ १६३ ॥

Alors, le meilleur des pratiquants prendra un tissu plié en huit; il y déposera un morceau de bambou et méditera sur Kapi, le Singe sacré (Āñjaneya).

Verse 164

आरण्यसाणकोत्पन्ने वह्नौ यष्टिं प्रतापयेत् । बदरीभूरुहोत्थां तां मंत्रेणानेन सप्तधा ॥ १६४ ॥

Dans un feu obtenu en frottant le bois de la forêt (araṇi), qu’on chauffe un bâton fait d’un rejet du badarī (jujubier), en récitant ce mantra sept fois.

Verse 165

तया संताडयेद्वंशशकलं जठरस्थितम् । सप्तकृत्वः प्लीहरोगो नाशमायाति निश्चितम् ॥ १६५ ॥

Avec cela, qu’on frappe le morceau de bambou posé sur le ventre; accompli sept fois, le mal de la rate est assurément détruit.

Verse 166

तारो नमो भगवते आंजनेयाय चोञ्चरेत् । अमुकस्य श्रृंखलां त्रोटयद्वितयमीरयेत् ॥ १६६ ॥

Qu’on prononce d’abord la syllabe sacrée ‘tāra’ (Oṃ), puis qu’on récite : «Hommage au Bienheureux Āñjaneya (Hanumān).» Ensuite, qu’on énonce les deux mots : «Brise les entraves de…», en nommant la personne.

Verse 167

बंधमोक्षं कुरुयुगं स्वाहांतोऽयं मनुर्मतः । ईश्वरोऽस्य मुनिश्छन्दोऽनुष्टुप्च देवता पुनः ॥ १६७ ॥

Le mantra est tenu pour être : «bandhamokṣaṁ kuruyugaṁ», se terminant par «svāhā». Son voyant (ṛṣi) est Īśvara; son mètre est Anuṣṭubh; et sa divinité présidante est, à nouveau, Īśvara.

Verse 168

श्रृंखलामोचरः श्रीमान्हनूमान्पवनात्मजः । हं बीजं ठद्वयं शक्तिर्बंधमोक्षे नियोगता ॥ १६८ ॥

L’illustre Hanumān, fils du dieu du Vent, est le « libérateur des chaînes ». La syllabe-graine est « haṃ » ; la śakti est le double « ṭha » ; et il est établi pour l’entrave comme pour la délivrance.

Verse 169

षड्दीर्घवह्रियुक्तेन बीजेनांगानि कल्पयेत् । वामे शैलं वैरिभिदं विशुद्धं टंकमन्यतः ॥ १६९ ॥

Avec la bīja-mantra jointe aux six voyelles longues et à la syllabe du feu, qu’on dispose l’aṅga-nyāsa (imposition des membres). À gauche, qu’on place la « montagne » et le « fendeur d’ennemis » ; de l’autre côté, le pur « ṭaṅka » (ciseau/marteau).

Verse 170

दधानं स्वर्णवर्णं च ध्यायेत्कुंडलिनं हरिम् । एवं ध्यात्वा जपेल्लक्षदशांशं चूतपल्लवैः ॥ १७० ॥

Qu’on médite sur Hari, paré de boucles d’oreilles enroulées et de teinte d’or. L’ayant ainsi contemplé, qu’on accomplisse le japa pour un dixième d’un lakh, avec de tendres feuilles de manguier.

Verse 171

जुहुयात्पूर्ववत्प्रोक्तं यजनं वास्य सूरिभिः । महाकारागृहे प्राप्तो ह्ययुतं प्रजपेन्नरः ॥ १७१ ॥

Qu’on accomplisse le homa exactement comme il a été prescrit auparavant, selon l’enseignement des sages. Et si un homme se trouve enfermé dans une grande prison, qu’il récite le mantra dix mille fois.

Verse 172

शीघ्रं कारागृहान्मुक्तः सुखी भवति निश्चितम् । यंत्रं चास्य प्रवक्ष्यामि बन्धमोक्षकरं शुभम् ॥ १७२ ॥

Il sera promptement délivré de la prison et, assurément, deviendra heureux. Et maintenant je vais exposer son yantra de bon augure, celui qui opère la délivrance des liens.

Verse 173

अष्टच्छदांतः षट्कोणं साध्यनामसमन्वितम् । षट्कोणेषु ध्रुवं ङेंतमांजनेयपदं लिखेत् ॥ १७३ ॥

À l’intérieur de l’enceinte de lotus aux huit pétales, qu’on trace un hexagone et qu’on y inscrive, au centre, le nom du but à accomplir (sādhya). Aux six angles de l’hexagone, qu’on écrive la syllabe immuable (dhruva) et le mot « Ṅeṃ », avec l’épithète « Āñjaneya ».

Verse 174

अष्टच्छदेषु विलिखेत्प्रणवो वातुवात्विति । गोरोचनाकुंकुमेन लिखित्वा यंत्रमुत्तमम् ॥ १७४ ॥

Sur les huit pétales, qu’on inscrive la syllabe Oṁ avec le mantra « vātu-vātu ». Écrit avec la gorocanā (pigment jaune) et le safran, il devient un yantra d’excellence.

Verse 175

धृत्वा मूर्ध्नि जपेन्मंत्रमयुतं बन्धमुक्तये । यन्त्रमेतल्लिखित्वा तु मृत्तिकोपरि मार्जयेत् ॥ १७५ ॥

En le plaçant sur la tête, qu’on récite le mantra dix mille fois pour être délivré des liens. Après avoir tracé ce yantra, qu’on le frotte ensuite sur l’argile ou la terre.

Verse 176

दक्षहस्तेन मन्त्रज्ञः प्रत्यहं मंडला वधि । एवं कृते महाकारागृहान्मंत्री विमुच्यते ॥ १७६ ॥

De la main droite, le connaisseur des mantras doit accomplir le rite chaque jour jusqu’au terme prescrit du maṇḍala. Ainsi accompli, même celui qui est lié comme un prisonnier dans une grande geôle est délivré.

Verse 177

गगनं ज्वलनः साक्षी मर्कटेति द्वयं ततः । तोयं शशेषे मकरे परिमुंचति मुंचति ॥ १७७ ॥

« Ciel », « feu », « témoin » et « singe » : ceux-ci sont ensuite donnés par paires (deux formes/termes). De même, pour « eau », lorsque le mot demeure avec la sifflante « śa » et avec « makara », il apparaît comme « parimuñcati » et « muñcati ».

Verse 178

ततः श्रृंखलिकां चेति वेदनेत्राक्षरो मनुः । इमं मंत्रं दक्षकरे लिखित्वा वामहस्ततः ॥ १७८ ॥

Ensuite, le mantra—commençant par les syllabes dites « l’œil du Veda »—doit être employé avec l’expression « śr̥ṅkhalikā ». Après avoir écrit ce mantra sur la paume droite, on poursuit depuis la main gauche selon la règle prescrite.

Verse 179

दूरिकृत्य जपेन्मंत्रमष्टोत्तरशतं बुधः । त्रिसप्ताहात्प्रबद्धोऽसौ मुच्यते नात्र संशयः ॥ १७९ ॥

Après avoir écarté toute distraction et s’être retiré à une distance convenable, le sage doit réciter le mantra cent huit fois. En trois semaines, même celui qui est lié par l’affliction est délivré : il n’y a là aucun doute.

Verse 180

मुन्याद्यर्चादिकं सर्वमस्य पूर्ववदाचरेत् । लक्षं जपो दशांशेन शुभैर्द्रव्यैश्च होमयेत् ॥ १८० ॥

Qu’il accomplisse, comme auparavant, tous les rites, à commencer par l’adoration des sages (munis) et les observances connexes. Qu’il achève un lakh (cent mille) répétitions du mantra, puis qu’il offre un homa égal au dixième, avec des substances rituelles de bon augure.

Verse 181

पुच्छाकारे सुवस्त्रे च लेखन्या क्षुरकोत्थया । गन्धाष्टकैर्लिखेद्वूपं कपिराजस्य सुन्दरम् ॥ १८१ ॥

Sur une belle étoffe taillée en forme de queue, à l’aide d’un calame fait de la plante kṣura, qu’on dessine—avec les huit substances parfumées—la belle forme de Kapirāja (Seigneur des singes).

Verse 182

तन्मध्येऽष्टदशार्णं तु शत्रुनामान्वितं लिखेत् । तेन मन्त्राभिजप्तेन शिरोबद्ध्वेन भूमिपः ॥ १८२ ॥

En son centre, qu’on écrive le mantra de dix-huit syllabes en y insérant le nom de l’ennemi. Une fois consacré par la récitation répétée et noué sur la tête, le roi obtient protection et victoire.

Verse 183

जयत्यरिगणं सर्वं दर्शनादेव निश्चितम् । चन्द्रसूर्यो परागादौ पूर्वोक्तं लेखयेद्ध्वजे ॥ १८३ ॥

Rien qu’à la vue de cet étendard, la victoire sur toute la cohorte des ennemis est tenue pour certaine. Aussi, comme il a été dit auparavant, qu’on inscrive la Lune et le Soleil à l’avant du drapeau.

Verse 184

ध्वजमादाय मन्त्रज्ञः संस्पर्शान्मोक्षणावधि । मातृकां जापयेत्पश्चाद्दशांशेन च होमयेत् ॥ १८४ ॥

Le connaisseur des mantras, prenant l’étendard rituel, doit poursuivre l’office depuis le toucher de consécration jusqu’au moment où l’on le relâche. Ensuite, qu’il accomplisse le japa du mantra de Mātṛkā (Déesse des syllabes) et qu’il offre au feu un homa égal au dixième du nombre de récitations.

Verse 185

तिलैः सर्षपसंमिश्रैः संस्कृते हव्यवाहने । गजे ध्वजं समारोप्य गच्छेद्युद्ध्वाय भूपतिः ॥ १८५ ॥

Lorsque le feu sacré a été dûment préparé et que l’on a offert à Agni du sésame mêlé de moutarde, le roi doit dresser l’étendard sur un éléphant et s’avancer vers la guerre.

Verse 186

गजस्थं तं ध्वजं दृष्ट्वा पलायन्तेऽरयो ध्रुवम् । महारक्षाकरं यन्त्रं वक्ष्ये सम्यग्धनूमतः ॥ १८६ ॥

À la vue de cet étendard dressé sur un éléphant, les ennemis s’enfuient à coup sûr. À présent, j’exposerai comme il convient le grand yantra de protection, tel que l’a enseigné Dhanūmata.

Verse 187

लिखेद्वसुदलं पद्मं साध्याख्यायुतकर्णिकम् । दलेऽष्टकोणमालिख्य मालामन्त्रेण वेष्टयेत् ॥ १८७ ॥

Qu’on trace un lotus à huit pétales, et qu’en son cœur l’on inscrive le nom du sādhya, l’objet recherché. Sur chaque pétale, qu’on dessine un octogone, puis qu’on l’entoure du Mālā-mantra, le Mantra de la Guirlande.

Verse 188

तद्बहिर्माययावेष्ट्य प्राणस्थापनमाचरेत् । लिखितं स्वर्णलेखन्या भूर्जपत्रे सुशोभने ॥ १८८ ॥

Ensuite, l’ayant envelopé extérieurement d’une protection, qu’on accomplisse le rite d’infusion du souffle vital (prāṇa-pratiṣṭhā). Qu’on l’écrive avec un stylet d’or sur une belle feuille d’écorce de bouleau.

Verse 189

काश्मीररोचनाभ्यां तु त्रिलोहेन च वेष्टितम् । सम्पातसाधितं यंत्रं भुजे वा मूर्ध्नि धारयेत् ॥ १८९ ॥

Qu’on porte un yantra préparé avec le safran et le pigment rocanā, puis enveloppé d’une ligature de trois métaux ; après l’avoir rendu puissant par le rite de sampāta, qu’on le porte au bras ou sur la tête.

Verse 190

रणे दुरोदरे वादे व्यवहारे जयं लभेत् । ग्रहैर्विघ्नैर्विषैः शस्त्रैश्चौरैर्नैवाभिभूयते ॥ १९० ॥

Dans la bataille, dans les entreprises périlleuses, dans le débat et dans les procès, on obtient la victoire ; et l’on n’est point vaincu par les planètes, les obstacles, les poisons, les armes ni les voleurs.

Verse 191

सर्वान्रो गानपाकृत्य चिरं जीवेच्छतं समाः । षड्दीर्घयुक्तं गगन वह्न्याख्यं तारसंपुटम् ॥ १९१ ॥

Par la récitation prescrite, toutes les maladies sont écartées et l’on vit longtemps—jusqu’à cent ans. À cette fin est enseigné le « tāra-saṃpuṭa », nommé “gagana” et “vahni”, muni de six voyelles longues.

Verse 192

अष्टार्णोऽयं महामंत्रो मालामंत्रोऽथ कथ्यते । प्रणवो वज्रकायेति वज्रतुंडेति संपठेत् ॥ १९२ ॥

Ceci est un grand mantra de huit syllabes, également enseigné comme mantra du rosaire (mālā-mantra). Qu’on le récite en commençant par le Praṇava (Oṁ) : « Oṁ Vajrakāya » et « Oṁ Vajratuṇḍa ».

Verse 193

कपिलांते पिंगलेति उर्द्ध्वकेशमहापदम् । बलरक्तमुखांते तु तडिज्जिह्व महा ततः ॥ १९३ ॥

À la fin vient (la forme nommée) «Kapilā»; puis «Piṅgalā»; puis la grande station (mahā-pada) appelée «Ūrdhva-keśa». Et au terme—la bouche d’une teinte rougeâtre—se tient alors la grande (forme) dite «Taḍij-jihvā» («langue d’éclair»).

Verse 194

रौद्रदंष्ट्रोत्कटं पश्चात्कहद्वंद्वं करालिति । महदृढप्रहारेण लंकेश्वरवधात्ततः ॥ १९४ ॥

Ensuite (il faut réciter) «Raudra-daṁṣṭra-otkaṭa», puis «Kaha-dvandva» et «Karāla». Par un coup grand et ferme, survient alors la mise à mort du Seigneur de Laṅkā.

Verse 195

वायुर्महासेतुपदं बंधांते च महा पुनः । शैलप्रवाह गगनेचर एह्येहि संवदेत् ॥ १९५ ॥

«(Qu’il prononce:) ‘Ô Vāyu, établi dans la grande station semblable à un pont; ô Puissant, qui mets fin aux liens; ô mouvement tel un torrent de montagne; ô voyageur du ciel—viens, viens !’—ainsi doit-il s’adresser et invoquer (la divinité).»

Verse 196

भगवन्महाबलांते पराक्रमपदं वदेत् । भैरवाज्ञापयैह्येहि महारौद्रपदं ततः ॥ १९६ ॥

À la fin du (mantra) «Ô Bhagavān, ô Grande Puissance», on doit prononcer la formule de «parākrama» (vaillance). Puis, en invoquant l’ordre de Bhairava, qu’on dise «aihi ehi» («viens, viens»); après cela, qu’on énonce la formule de «mahāraudra».

Verse 197

दीर्घपुच्छेन वर्णांते वदेद्वेष्टय वैरिणम् । जंभयद्वयमाभाष्य वर्मास्त्रांतो मनुर्मतः ॥ १९७ ॥

En plaçant à la fin la lettre «à longue queue», on doit prononcer «veṣṭaya» pour enlacer et lier l’ennemi. Après avoir énoncé la paire de formules «jaṃbhaya», selon la tradition, le mantra est tenu pour achevé par le «varmāstra», l’arme-armure de protection.

Verse 198

मालाह्वयो द्विजश्रेष्ट शरनेत्रधराक्षरः । मालामंत्राष्टार्णयोश्च मुन्याद्यर्चा तु पूर्ववत् ॥ १९८ ॥

Ô le meilleur des brahmanes, l’agencement nommé « Mālā » se compose des syllabes portant les indications de la « flèche » et de l’« œil » ; et, pour le Mālā-mantra de huit syllabes également, le culte commençant par les sages doit être accompli exactement comme il a été dit auparavant.

Verse 199

जप्तो युद्धे जयं दद्याद्व्याधौ व्याधिविनाशनः । एवं यो भजते मंत्री वायुपुत्रं कपीश्वरम् ॥ १९९ ॥

Lorsque ce (mantra) est récité, il donne la victoire au combat ; dans la maladie, il devient le destructeur des maux. Ainsi le pratiquant, plein de bhakti, adore le Fils de Vāyu, Seigneur des troupes vānara (Hanumān).

Verse 200

सर्वान्स लभते कामान्दे वैरपि सुदुर्लभान् । धनं धान्यं सुतान्पौत्रान्सौभाग्यमतुलं यशः ॥ २०० ॥

Il obtient tous les objets désirés—même ceux qu’il est extrêmement difficile d’acquérir, fût-ce pour les dieux : richesses, grains, fils et petits-fils, une fortune sans égale et la renommée.

Frequently Asked Questions

The chapter is delivered by Sanatkumāra as the principal teacher, within the broader Sanakādi-to-Nārada Purāṇic dialogue structure characteristic of the Nārada Purāṇa.

The text specifies, for key formulas, the mantra’s ṛṣi (seer), chandas (metre), devatā (presiding deity), and assigns bīja and śakti; it also instructs ṣaḍaṅga applications via nyāsa using the stated seed sets.

Nyāsa (aṅga placement), dhyāna, pīṭha-based pūjā with limb-worship, homa at one-tenth of japa, naivedya and brāhmaṇa-bhojana, and multiple yantra constructions with prāṇa-pratiṣṭhā and wearing/installation rules.

Yes, it lists aggressive abhicāra-style procedures alongside protective and healing rites. In scholarly and devotional study, these are typically contextualized as part of historical prayoga taxonomies, while practice is traditionally restricted by adhikāra (qualification), guru-upadeśa, and dhārmic constraints.