Adhyaya 142
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 142

Adhyaya 142

Ce chapitre prend la forme d’un dialogue où le sage Mārkaṇḍeya instruit Yudhiṣṭhira sur la grandeur de Rukmiṇī-tīrtha. Il est dit que le simple bain dans ce lieu sacré confère beauté et fortune propice, avec une insistance particulière sur les jours Aṣṭamī, Caturdaśī et surtout Tṛtīyā. Vient ensuite un itihāsa qui fonde l’autorité du tīrtha : Bhīṣmaka de Kuṇḍina a une fille, Rukmiṇī, et une voix incorporelle annonce qu’elle doit être donnée à une divinité aux quatre bras. Par arrangements politiques, elle est promise à Śiśupāla ; Kṛṣṇa et Saṅkarṣaṇa arrivent, Rukmiṇī rencontre Hari sous un déguisement, puis Kṛṣṇa l’enlève. S’ensuit une poursuite guerrière, avec les images de bataille de Baladeva et l’affrontement avec Rukmī ; à la demande de Rukmiṇī, Kṛṣṇa retient son Sudarśana, révèle sa forme divine et la réconciliation s’accomplit. Le chapitre se tourne ensuite vers des prescriptions rituelles, juridiques et éthiques : Kṛṣṇa honore sept figures de sages (tradition des mānasaputras) et accorde des villages, puis avertit avec force de ne jamais confisquer la terre donnée (dāna-bhūmi), sous peine de lourdes conséquences karmiques. Le tīrtha-māhātmya final énumère les actes méritoires—bain, culte de Baladeva-Keśava, pradakṣiṇā, dāna tels que kapilā-dāna, or/argent, chaussures, étoffes—compare le mérite à celui de grands lieux saints panindiens et expose la फलश्रuti après la mort, y compris les destinées de ceux qui meurent par le feu, l’eau ou le jeûne dans la sphère du tīrtha.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेन्महाराज रुक्मिणीतीर्थमुत्तमम् । यत्रैव स्नानमात्रेण रूपवान्सुभगो भवेत्

Śrī Mārkaṇḍeya dit : «Alors, ô grand roi, qu’on se rende au tīrtha excellent de Rukmiṇī ; car par le seul bain en ce lieu, l’homme devient beau et comblé de bonne fortune.»

Verse 2

अष्टम्यां च चतुर्दश्यां तृतीयायां विशेषतः । स्नानं समाचरेत्तत्र न चेह जायते पुनः

Surtout au huitième tithi, au quatorzième, et plus particulièrement au troisième, qu’on y accomplisse le bain sacré ; alors on ne renaît plus ici de nouveau.»

Verse 3

यः स्नात्वा रुक्मिणीतीर्थे दानं दद्यात्तु कांचनम् । तत्तीर्थस्य प्रभावेन शोकं नाप्नोति मानवः

Celui qui se baigne au tīrtha de Rukmiṇī puis fait don d’or, par la puissance de ce gué sacré, ne tombe pas dans le chagrin.»

Verse 4

युधिष्ठिर उवाच । तीर्थस्यास्य कथं जातो महिमेदृङ्मुनीश्वर । रूपसौभाग्यदं येन तीर्थमेतद्ब्रवीहि मे

Yudhiṣṭhira dit : «Ô seigneur des sages, comment une telle grandeur est-elle née pour ce tīrtha ? Dis-moi de ce lieu sacré, par lequel sont accordées beauté et bonne fortune.»

Verse 5

मार्कण्डेय उवाच । कथयामि यथावृत्तमितिहासं पुरातनम् । कथितं पूर्वतो वृद्धैः पारम्पर्येण भारत

Mārkaṇḍeya dit : «Je vais raconter l’antique récit tel qu’il advint, transmis jadis par les anciens selon la lignée de la tradition, ô Bhārata.»

Verse 6

तं तेऽहं सम्प्रवक्ष्यामि शृणुष्वैकाग्रमानसः । नगरं कुण्डिनं नाम भीष्मकः परिपाति हि

Je vais maintenant te révéler ce récit ; écoute d’un esprit parfaitement recueilli : il est une cité nommée Kuṇḍina, que gouverne en vérité le roi Bhīṣmaka.

Verse 7

हस्त्यश्वरथसम्पन्नो धनाढ्योऽति प्रतापवान् । स्त्रीसहस्रस्य मध्यस्थः कुरुते राज्यमुत्तमम्

Pourvu d’éléphants, de chevaux et de chars—immensément riche et d’une vaillance éclatante—entouré de mille femmes, il gouverne un royaume d’exception.

Verse 8

तस्य भार्या महादेवी प्राणेभ्योऽपि गरीयसी । तस्यामुत्पादयामास पुत्रमेकं च रुक्मकम्

Son épouse royale, grande dame plus chère pour lui que le souffle même de la vie, lui enfanta un fils, nommé Rukmaka.

Verse 9

द्वितीया तनया जज्ञे रुक्मिणी नाम नामतः । तदाशरीरिणी वाचा राजानं तमुवाच ह

Un second enfant naquit : une fille nommée Rukmiṇī. Alors, une voix sans corps s’adressa à ce roi.

Verse 10

चतुर्भुजाय दातव्या कन्येयं भुवि भीष्मक । एवं तद्वचनं श्रुत्वा जहर्ष प्रियया सह

«Ô Bhīṣmaka, cette jeune fille doit être donnée en mariage au Seigneur aux Quatre Bras sur la terre.» Entendant ces paroles, le roi se réjouit avec sa reine bien-aimée.

Verse 11

ब्राह्मणैः सह विद्वद्भिः प्रविष्टः सूतिकागृहम् । स्वस्तिकं वाचयित्वास्याश्चक्रे नामेति रुक्मिणी

Entrant dans la chambre des relevailles avec des brāhmanes érudits, il fit réciter des bénédictions de bon augure ; ainsi lui conféra-t-il le nom de « Rukmiṇī ».

Verse 12

यतः सुवर्णतिलको जन्मना सह भारत । ततः सा रुक्मिणीनाम ब्राह्मणैः कीर्तिता तदा

Parce qu’elle portait, dès la naissance, un signe d’or sur le front, ô Bhārata, les brāhmanes proclamèrent alors son nom : « Rukmiṇī ».

Verse 13

ततः सा कालपर्यायादष्टवर्षा व्यजायत । पूर्वोक्तं चैव तद्वाक्यमशरीरिण्युदीरितम्

Puis, au fil du temps, elle grandit et atteignit l’âge de huit ans. Et cette même parole, jadis proférée par une voix sans corps, fut de nouveau proclamée.

Verse 14

स्मृत्वा स्मृत्वाथ नृपतिश्चिन्तयामास भूपतिः । कस्मै देया मया बाला भविता कश्चतुर्भुजः

S’en souvenant sans cesse, le roi se mit à réfléchir : « À qui dois-je donner cette jeune fille ? Et qui donc est ce “Quatre-Bras” qui lui est destiné ? »

Verse 15

एतस्मिन्नन्तरे तावद्रैवतात्पर्वतोत्तमात् । मुख्यश्चेदिपतिस्तत्र दमघोषः समागतः

Cependant, en ce même instant, depuis Raivata, la montagne excellente, arriva là le plus éminent seigneur de Cedi, le roi Damaghoṣa.

Verse 16

प्रविष्टो राजसदनं यत्र राजा स भीष्मकः । तं दृष्ट्वा चागतं गेहे पूजयामास भूपतिः

Il entra dans le palais royal où se trouvait le roi Bhīṣmaka. Le voyant venir en sa demeure, le souverain l’honora avec la révérence qui convenait.

Verse 17

आसनं विपुलं दत्त्वा सभां गत्वा निवेशितः । कुशलं तव राजेन्द्र दमघोष श्रियायुत

Après lui avoir offert un vaste siège et l’avoir fait asseoir dans la salle d’assemblée, le roi dit : « Ô seigneur des rois, Damaghoṣa, comblé de prospérité, te portes-tu bien ? »

Verse 18

पुण्याहमद्य संजातमहं त्वद्दर्शनोत्सुकः । कन्या मदीया राजेन्द्र ह्यष्टवर्षा व्यजायत

« Aujourd’hui est devenu un jour de bon augure ; j’étais impatient de te voir. Ô meilleur des rois, ma fille a maintenant atteint l’âge de huit ans. »

Verse 19

चतुर्भुजाय दातव्या वागुवाचाशरीरिणी । भीष्मकस्य वचः श्रुत्वा दमघोषोऽब्रवीदिदम्

« “Elle doit être donnée à Celui qui a quatre bras”, ainsi parla la voix sans corps. » Entendant les paroles de Bhīṣmaka, Damaghoṣa dit ceci :

Verse 20

चतुर्भुजो मम सुतस्त्रिषु लोकेषु विश्रुतः । तस्येयं दीयतां कन्या शिशुपालस्य भीष्मक

« Mon fils a quatre bras et sa renommée s’étend aux trois mondes. Aussi, ô Bhīṣmaka, que cette jeune fille lui soit donnée — à Śiśupāla. »

Verse 21

तस्य तद्वचनं श्रुत्वा दमघोषस्य भूमिप । भीष्मकेन ततो दत्ता शिशुपालाय रुक्मिणी

Ô roi, ayant entendu les paroles de Damaghoṣa, Bhīṣmaka donna alors Rukmiṇī en mariage à Śiśupāla.

Verse 22

प्रारब्धं मङ्गलं तत्र भीष्मकेण युधिष्ठिर । दिक्षु देशान्तरेष्वेव ये वसन्ति स्वगोत्रजाः

Ô Yudhiṣṭhira, là Bhīṣmaka commença les rites nuptiaux de bon augure, et (fit appeler) ceux de son propre clan qui demeuraient aux quatre directions, en des contrées lointaines.

Verse 23

निमन्त्रितास्तु ते सर्वे समाजग्मुर्यथाक्रमम् । ततो यादववंशस्य तिलकौ बलकेशवौ

Ainsi, tous ceux qui avaient été conviés arrivèrent en bon ordre. Puis vinrent les deux joyaux de la lignée des Yādava : Balarāma et Keśava (Kṛṣṇa).

Verse 24

निमन्त्रितौ समायातौ कुण्डिनं भीष्मकस्य तु । भीष्मकेण यथान्यायं पूजितौ तौ यदूत्तमौ

Invités, tous deux arrivèrent à Kuṇḍina, la cité de Bhīṣmaka ; et Bhīṣmaka, selon la règle, rendit hommage à ces deux-là, les plus éminents des Yadu.

Verse 25

ततः प्रदोषसमये रुक्मिणी काममोहिनी । सखीभिः सहिता याता पूर्बहिश्चाम्बिकार्चने

Puis, à l’heure du crépuscule de pradoṣa, Rukmiṇī, enchanteresse des cœurs par l’amour, sortit vers l’orient avec ses compagnes afin de vénérer Ambikā.

Verse 26

सापश्यत्तत्र देवेशं गोपवेषधरं हरिम् । तं दृष्ट्वा मोहमापन्ना कामेन कलुषीकृता

Là, elle aperçut le Seigneur des dieux—Hari—revêtu de l’habit d’un gardien de vaches. En le voyant, elle fut saisie de trouble, l’esprit remué et obscurci par le désir de l’amour.

Verse 27

केशवोऽपि च तां दृष्ट्वा संकर्षणमुवाच ह । स्त्रीरत्नप्रवरं तात हर्तव्यमिति मे मतिः

Keśava aussi, l’ayant vue, dit à Saṅkarṣaṇa : «Ô frère bien-aimé, selon mon jugement, ce joyau suprême parmi les femmes doit être emporté.»

Verse 28

केशवस्य वचः श्रुत्वा संकर्षण उवाच ह । गच्छ कृष्ण महाबाहो स्त्रीरत्नं चाशु गृह्यताम्

Entendant les paroles de Keśava, Saṅkarṣaṇa répondit : «Va, ô Kṛṣṇa aux bras puissants ; saisis sans tarder ce précieux joyau parmi les femmes.»

Verse 29

अहं च तव मार्गेण ह्यागमिष्यामि पृष्ठतः । दानवानां च सर्वेषां कुर्वंश्च कदनं महत्

«Et moi aussi je te suivrai sur ta route, derrière toi, accomplissant un grand carnage parmi tous ces dānavas, guerriers ennemis.»

Verse 30

संकर्षणमतं प्राप्य केशवः केशिसूदनः । ययौ कन्यां गृहीत्वा तु रथमारोप्य सत्वरम्

Ayant obtenu l’assentiment de Saṅkarṣaṇa, Keśava—le vainqueur de Keśī—s’empara de la jeune fille, la fit monter sur le char et s’en alla aussitôt.

Verse 31

निर्गतः सहसा राजन्वेगेनैवानिलो यथा । हाहाकारस्तदा जातो भीष्मकस्य पुरे महान्

Il partit soudainement, ô Roi, avec la vitesse même du vent. Alors, dans la cité de Bhīṣmaka, s’éleva un grand cri d’effroi.

Verse 32

निर्गता दानवाः क्रुद्धा वेला इव महोदधेः । गर्जन्तः सायुधाः सर्वे धावन्तो रथवर्त्मनि

Les dānavas, furieux, surgirent tels des vagues du grand océan; rugissants, tous en armes, ils couraient sur la voie des chars pour poursuivre.

Verse 33

बलदेवं ततः प्राप्ता रथमार्गानुगामिनम् । तेषां युद्धं बलस्यासीत्सर्वलोकक्षयंकरम्

Ils atteignirent alors Baladeva, qui suivait la trace de la route du char. Le combat qui s’éleva contre Bala fut si effroyable qu’il semblait pouvoir anéantir tous les mondes.

Verse 34

यथा तारामये पूर्वं सङ्ग्रामे लोकविश्रुते । गदाहस्तो महाबाहुस्त्रैलोक्येऽप्रतिमो बलः

Comme jadis, dans la bataille de Tārāmaya, fameuse et célébrée de tous, Bala, aux bras puissants, la massue en main, était sans égal dans les trois mondes.

Verse 35

हलेनाकृष्य सहसा गदापातैरपातयत् । अशक्यो दानवैर्हन्तुं बलभद्रो महाबलः

Les tirant soudain avec son soc, il les abattit sous les coups de sa massue. Balabhadra, d’une puissance immense, était impossible à terrasser pour les dānavas.

Verse 36

बभञ्ज दानवान्सर्वांस्तस्थौ गिरिरिवाचलः । तं दृष्ट्वा च बलं क्रुद्धं दुर्धर्षं त्रिदशैरपि

Il brisa tous les Dānavas et demeura ferme tel une montagne inébranlable. Voyant Bala, courroucé et imprenable même pour les dieux—

Verse 37

भीष्मपुत्रो महातेजा रुक्मीनां महयशाः । नराणामतिशूराणामक्षौहिण्या समन्वितः

Alors vint le fils de Bhīṣma, d’un éclat immense et d’une grande renommée parmi les Rukmīnas, accompagné d’une akṣauhiṇī d’hommes d’un courage surhumain.

Verse 38

बलभद्रमतिक्रम्य ततो युद्धे निराकरोत् । तद्युद्धं वञ्चयित्वा तु रथमार्गेण सत्वरम्

Ayant dépassé Balabhadra, il se détourna alors de la bataille. Évitant ce combat, il se hâta d’avancer par la voie des chars.

Verse 39

केशवोऽपि तदा देवो रुक्मिण्या सहितो ययौ । विन्ध्यं तु लङ्घयित्वाग्रे त्रैलोक्यगुरुरव्ययः

Keśava aussi, le Seigneur, partit alors avec Rukmiṇī. Franchissant d’un bond la chaîne des Vindhya, l’inépuisable Guru des trois mondes s’avança en tête.

Verse 40

नर्मदातटमापेदे यत्र सिद्धः पुरा पुनः । अजेयो येन संजातस्तीर्थस्यास्य प्रभावतः

Il atteignit la rive de la Narmadā, où jadis il avait obtenu la perfection maintes et maintes fois. Par la puissance de ce tīrtha, il devint invincible.

Verse 41

एतस्मात्कारणात्तात योधनीपुरमुच्यते । रुक्मोऽपि दानवेन्द्रोऽसौ प्राप्तः

C’est pour cette raison, ô cher, qu’on l’appelle Yodhanīpura. Et Rukma aussi, seigneur des Dānavas, y parvint.

Verse 42

प्रत्युवाचाच्युतं क्रुद्धस्तिष्ठ तिष्ठेति मा व्रज । अद्य त्वां निशितैर्बाणैर्नेष्यामि यमसादनम्

Furieux, il répliqua à Acyuta : «Arrête, arrête—ne t’en va pas ! Aujourd’hui, de mes flèches acérées, je te conduirai au séjour de Yama.»

Verse 43

एवं परस्परं वीरौ जगर्जतुरुभावपि । तयोर्युद्धमभूद्घोरं तारकाग्निजसन्निभम्

Ainsi les deux héros rugirent l’un contre l’autre en défi. Leur combat devint alors effroyable, flamboyant tel le feu du fils de Tārakā, Skanda.

Verse 44

चिक्षेप शरजालानि केशवं प्रति दानवः । नानुचिन्त्य शरांस्तस्य केशवः केशिसूदनः

Le Dānava lança des volées de flèches contre Keśava. Mais Keśava, le vainqueur de Keśin, ne se soucia nullement de ces traits.

Verse 45

ततो विष्णुः स्वयं क्रुद्धश्चक्रं गृह्य सुदर्शनम् । सम्प्रहरत्यमुं यावद्रुक्मिण्यात्र निवारितः

Alors Viṣṇu Lui-même, courroucé, saisit le disque Sudarśana et s’apprêtait à le frapper—quand Rukmiṇī, sur place, Le retint.

Verse 46

त्वां न जानाति देवेशं चतुर्बाहुं जनार्दनम् । दर्शयस्व स्वकं रूपं दयां कृत्वा ममोपरि

Il ne Te reconnaît pas comme le Seigneur des dieux, Janārdana aux quatre bras. Par compassion pour moi, révèle Ta propre forme véritable.

Verse 47

एवमुक्तस्तु रुक्मिण्या दर्शयामास भारत । देवा दृष्ट्वापि तद्रूपं स्तुवन्त्याकाशसंस्थिताः । दिव्यं चक्षुस्तदा देवो ददौ रुक्मस्य भारत

Ainsi sollicité par Rukmiṇī, Il manifesta sa forme véritable, ô Bhārata. Les dieux, demeurant dans le ciel, la virent et Le louèrent. Alors le Seigneur accorda à Rukma la vision divine, ô Bhārata.

Verse 48

रुक्म उवाच । यन्मया पापनिष्ठेन मन्दभाग्येन केशव । सायकैराहतं वक्षस्तत्सर्वं क्षन्तुमर्हसि

Rukma dit : Ô Keśava, moi, porté au péché et de funeste destinée, j’ai frappé Ta poitrine de flèches. Daigne tout pardonner.

Verse 49

पूर्वं दत्ता स्वयं देव जानकी जनकेन वै । मया प्रदत्ता देवेश रुक्मिणी तव केशव

Autrefois, ô Seigneur, Jānakī fut donnée par Janaka lui-même. De même, ô Seigneur des dieux, je T’ai donné Rukmiṇī, ô Keśava.

Verse 50

उद्वाहय यथान्यायं विधिदृष्टेन कर्मणा । रुक्मस्य वचनं श्रुत्वा ततस्तुष्टो जगद्गुरुः

«Épouse-la selon ce qui est juste, par le rite prescrit par les règles.» Entendant les paroles de Rukma, le Maître du monde en fut alors satisfait.

Verse 51

बभाषे देवदेवेशो रुक्मिणं भीष्मकात्मजम् । गच्छ स्वकं पुरं मा भैः कुरु राज्यमकण्टकम्

Le Seigneur des seigneurs dit à Rukma, fils de Bhīṣmaka : «Va dans ta propre cité ; ne crains point. Règne sur ton royaume sans épines, exempt de troubles».

Verse 52

केशवस्य वचः श्रुत्वा रुक्मो दानवपुंगवः । तं प्रणम्य जगन्नाथं जगाम भवनं पितुः

Ayant entendu les paroles de Keśava, Rukma —le plus éminent parmi les Dānavas— se prosterna devant Jagannātha et se rendit à la demeure de son père.

Verse 53

गते रुक्मे तदा कृष्णः समामन्त्र्य द्विजोत्तमान् । मरीचिमत्र्यङ्गिरसं पुलस्त्यं पुलहं क्रतुम्

Lorsque Rukma fut parti, Kṛṣṇa convia solennellement les plus éminents des deux-fois-nés : Marīci, Atri, Aṅgiras, Pulastya, Pulaha et Kratu.

Verse 54

वसिष्ठं च महाभागमित्येते सप्त मानसाः । इत्येते ब्राह्मणाः सप्त पुराणे निश्चयं गताः

Et aussi le très fortuné Vasiṣṭha : tels sont les sept sages nés de l’esprit. Ainsi, ces sept brāhmaṇas sont fermement établis dans la tradition purāṇique.

Verse 55

क्षमावन्तः प्रजावन्तो महर्षिभिरलंकृताः । इत्येवं ब्रह्मपुत्राश्च सत्यवन्तो महामते

Doués de patience, riches en descendance et en disciples, et parés de la dignité des grands ṛṣis : tels sont, en vérité, ces fils de Brahmā, naturellement véridiques, ô sage.

Verse 56

नर्मदातटमाश्रित्य निवसन्ति जितेन्द्रियाः । तपःस्वाध्यायनिरता जपहोमपरायणाः

S’étant réfugiés sur la rive de la Narmadā, ils y demeurent, les sens domptés—appliqués à l’austérité et à l’étude védique, voués au japa et à l’offrande au feu.

Verse 57

निमन्त्रितास्तु राजेन्द्र केशवेन महात्मना । श्राद्धं कृत्वा यथान्यायं ब्रह्मोक्तविधिना ततः

Invités par le magnanime Keśava, ô roi, ils accomplirent ensuite le śrāddha selon la règle, suivant le rite enseigné par Brahmā.

Verse 58

हरिस्तान्पूजयामास सप्तब्रह्मर्षिपुंगवान् । प्रददौ द्वादश ग्रामांस्तेभ्यस्तत्र जनार्दनः

Hari rendit hommage à ces sept éminents brahma-ṛṣi, et là Janārdana leur accorda en don douze villages.

Verse 59

यावच्चन्द्रश्च सूर्यश्च यावत्तिष्ठति मेदिनी । तावद्दानं मया दत्तं परिपन्थी न कश्चन

Tant que dureront la lune et le soleil, tant que subsistera la terre—ce don que j’ai fait demeurera; que nul n’en soit l’entrave.

Verse 60

मद्दत्तं पालयिष्यन्ते ये नृपा गतकल्मषाः । तेभ्यः स्वस्ति करिष्यामि दास्यामि परमां गतिम्

Aux rois qui, purifiés de toute faute, protégeront ce que j’ai donné—je leur accorderai la bénédiction et leur conférerai la suprême destinée.

Verse 61

यावद्धि यान्ति लोकेषु महाभूतानि पञ्च च । तावत्ते दिवि मोदन्ते मद्दत्तपरिपालकाः

Tant que les cinq grands éléments se meuvent dans les mondes, aussi longtemps se réjouissent au ciel ceux qui gardent mon don.

Verse 62

यस्तु लोपयते मूढो दत्तं वः पृथिवीतले । नरके तस्य वासः स्याद्यावदाभूतसम्प्लवम्

Mais l’insensé qui détruit ou annule ce qui vous a été donné sur la terre aura demeure en enfer jusqu’à la dissolution des êtres créés.

Verse 63

स्वदत्ता परदत्ता वा पालनीया वसुंधरा । यस्य यस्य यदा भूमिस्तस्य तस्य तदा फलम्

Qu’elle ait été donnée par soi-même ou par autrui, cette Terre doit être protégée et maintenue. À celui qui détient la terre en un temps donné revient alors le fruit de sa garde.

Verse 64

स्वदत्तां परदत्तां वा यो हरेत वसुंधराम् । स विष्ठायां कृमिर्भूत्वा पितृभिः सह मज्जति

Celui qui s’empare de la terre, qu’elle ait été donnée par lui-même ou par autrui, devient un ver dans l’ordure et s’y enfonce avec ses ancêtres.

Verse 65

अन्यायेन हृता भूमिरन्यायेन च हारिता । हर्ता हारयिता चैव विष्ठायां जायते कृमिः

La terre prise injustement, ou fait prendre injustement, fait naître dans l’ordure, comme des vers, le preneur et l’instigateur.

Verse 66

षष्टिवर्षसहस्राणि स्वर्गे तिष्ठति भूमिदः । आच्छेत्ता चानुमन्ता च तान्येव नरके वसेत्

Soixante mille ans durant, le donateur de terre demeure au ciel ; mais le spoliateur—et celui qui l’approuve—réside en enfer pour la même durée.

Verse 67

यानीह दत्तानि पुरा नरेन्द्रैर्दानानि धर्मार्थयशस्कराणि । निर्माल्यरूपप्रतिमानि तानि को नाम साधुः पुनराददाति

Ces dons jadis accordés ici par les rois—dons qui font naître dharma, prospérité et renommée—sont tels des offrandes sacrées déjà déposées ; quel homme vertueux les reprendrait encore ?

Verse 68

एवं तान्पूजयित्वा तु सम्यङ्न्यायेन पाण्डव । रुक्मिण्या विधिवत्पाणिं जग्राह मधुसूदनः

Ainsi, les ayant honorés comme il se doit selon la juste coutume, ô Pāṇḍava, Madhusūdana prit, selon le rite, la main de Rukmiṇī en mariage.

Verse 69

मुशली च ततः सर्वाञ्जित्वा दानवपुंगवान् । स्वस्थानमगमत्तत्र कृत्वा कार्यं सुशोभनम्

Puis Muśalī (Balarāma), ayant vaincu tous les plus éminents Dānavas, retourna à sa demeure, après y avoir accompli une action des plus splendides.

Verse 70

प्रयातौ द्वारवत्यां तौ कृष्णसंकर्षणावुभौ । गच्छमानं तु तं दृष्ट्वा केशवं क्लेशनाशनम्

Alors tous deux, Kṛṣṇa et Saṃkarṣaṇa, partirent pour Dvāravatī. Voyant Keśava—celui qui dissipe les afflictions—s’en aller sur la route…

Verse 71

ब्राह्मणाः सत्यवन्तश्च निर्गताः शंसितव्रताः । आगच्छमानांस्तौ वीक्ष्य रथमार्गेण ब्राह्मणान्

Les brāhmanes véridiques, illustres par leurs vœux, sortirent; et, voyant ces brāhmanes s’avancer par la route des chars…

Verse 72

मुहूर्तं तत्र विश्रम्य केशवो वाक्यमब्रवीत् । किमागमनकार्यं वो ब्रूत सर्वं द्विजोत्तमाः

S’étant reposé là un instant, Keśava dit : «Quel est le but de votre venue ? Dites-moi tout, ô meilleurs des deux-fois-nés.»

Verse 73

कुर्वाणाः स्वीयकर्माणि मम कृत्यं तु तिष्ठते । देवस्य वचनं श्रुत्वा मुनयो वाक्यमब्रुवन्

«Tandis que chacun accomplit son devoir propre, ta tâche sacrée demeure encore.» Ayant entendu la parole du Seigneur, les sages répondirent.

Verse 74

कल्पकोटिसहस्रेण सत्यभावात्तु वन्दितः । दुष्प्राप्योऽसि मनुष्याणां प्राप्तः किं त्यजसे हि नः

Vénéré durant d’innombrables crores de kalpas pour ta vérité inébranlable, tu es presque impossible à atteindre pour les humains. Maintenant que tu es venu à nous, pourquoi nous délaisserais-tu ?

Verse 75

ब्राह्मणानां वचः श्रुत्वा भगवानिदमब्रवीत् । मथुरायां द्वारवत्यां योधनीपुर एव च

Ayant entendu les paroles des brāhmanes, le Seigneur Bienheureux répondit : «À Mathurā, à Dvāravatī, et aussi à Yodhanīpura…»

Verse 76

त्रिकालमागमिष्यामि सत्यं सत्यं पुनः पुनः । एवं ते ब्राह्मणाः श्रुत्वा योधनीपुरमागताः

«Aux trois moments du jour je viendrai—vraiment, vraiment, encore et encore.» L’ayant entendu, ces brāhmaṇas se rendirent à Yodhanīpura.

Verse 77

अवतीर्णस्त्रिभागेन प्रादुर्भावे तु माथुरे । एतत्ते कथितं सर्वं तीर्थस्योत्पत्तिकारणम्

Au temps de Sa manifestation à Mathurā, Il se révéla par une part triple. Ainsi t’a été exposé l’ensemble : la cause de la naissance de ce tīrtha.

Verse 78

भूतं भव्यं भविष्यच्च वर्तमानं तथापरम् । यं श्रुत्वा सर्वपापेभ्यो मुच्यते नात्र संशयः

Le passé, l’avenir et ce qui doit encore advenir; le présent et même ce qui est au-delà : en l’entendant, on est délivré de tous les péchés, sans aucun doute.

Verse 79

तत्र तीर्थे तु यः स्नात्वा पूजयेद्बलकेशवौ । तेन देवो जगद्धाता पूजितस्त्रिगुणात्मवान्

En ce tīrtha, quiconque s’y baigne puis vénère Bala et Keśava, par lui est véritablement honoré le Dieu, Soutien du monde, dont l’être embrasse les trois guṇas.

Verse 80

उपवासी नरो भूत्वा यस्तु कुर्यात्प्रदक्षिणम् । मुच्यते सर्वपापेभ्यो नात्र कार्या विचारणा

Devenu observant du jeûne, celui qui accomplit la pradakṣiṇā (circumambulation révérencieuse) est délivré de tous les péchés ; ici, nul besoin de doute ni de débat.

Verse 81

तत्र तीर्थे तु ये वृक्षास्तान्पश्यन्त्यपि ये नराः । तेऽपि पापैः प्रमुच्यन्ते भ्रूणहत्यासमैरपि

En ce tīrtha sacré, même ceux qui ne font que contempler les arbres sont délivrés des péchés, même de ceux équivalents au meurtre d’un embryon.

Verse 82

प्रातरुत्थाय ये केचित्पश्यन्ति बलकेशवौ । तेन ते सदृशाः स्युर्वै देवदेवेन चक्रिणा

Quiconque, se levantant à l’aube, contemple Bala et Keśava, par cet acte devient semblable au Dieu des dieux, le porteur du disque.

Verse 83

ते पूज्यास्ते नमस्कार्यास्तेषां जन्म सुजीवितम् । ये नमन्ति जगन्नाथं देवं नारायणं हरिम्

Dignes d’adoration, dignes de salutations révérencieuses : bénie est leur naissance et bien vécue leur vie, ceux qui se prosternent devant le Seigneur de l’univers, le divin Nārāyaṇa, Hari.

Verse 84

तत्र तीर्थे तु यद्दानं स्नानं देवार्चनं नृप । तत्सर्वमक्षयं तस्य इत्येवं शङ्करोऽब्रवीत्

Ô Roi, toute aumône, tout bain rituel et tout culte rendu aux dieux accomplis en ce tīrtha sacré—Śaṅkara déclara que tout cela devient impérissable pour celui qui l’accomplit.

Verse 85

प्रविश्याग्नौ मृतानां च यत्फलं समुदाहृतम् । तच्छृणुष्व नृपश्रेष्ठ प्रोच्यमानमशेषतः

Ô le meilleur des rois, écoute en entier le fruit proclamé pour ceux qui meurent en entrant dans le feu ; il va maintenant être exposé sans rien omettre.

Verse 86

विमानेनार्कवर्णेन किंकिणीजालमालिना । आग्नेये भवते तत्र मोदते कालमीप्सितम्

Là, monté sur un vimāna à l’éclat du soleil, paré d’un réseau de clochettes tintantes, il atteint le séjour d’Agni et s’y réjouit aussi longtemps qu’il le souhaite.

Verse 87

जले चैवा मृतानां तु योधनीपुरमध्यतः । वसन्ति वारुणे लोके यावदाभूतसम्प्लवम्

Et ceux qui meurent dans l’eau demeurent dans le monde de Varuṇa, au cœur de Yodhanīpura, jusqu’à la grande dissolution cosmique.

Verse 88

अनाशके मृतानां तु तत्र तीर्थे नराधिप । अनिवर्तिका गतिर्नृणां नात्र कार्या विचारणा

Ô seigneur des hommes, pour ceux qui meurent en ce tīrtha durant le jeûne (sans nourriture), la voie obtenue est irrévocable ; ici, nul besoin de doute ni de réflexion.

Verse 89

तत्र तीर्थे तु यो दद्यात्कपिलादानमुत्तमम् । विधानेन तु संयुक्तं शृणु तस्यापि यत्फलम्

En ce tīrtha, quiconque accomplit l’excellent kapilā-dāna —le don d’une vache fauve— selon le rite prescrit, écoute aussi le fruit de cet acte.

Verse 90

यावन्ति तस्या रोमाणि तत्प्रसूतेश्च भारत । तावन्ति दिवि मोदन्ते सर्वकामैः सुपूजिताः

Ô Bhārata, autant il y a de poils sur cette vache —et autant sur sa progéniture— autant (d’années) ils se réjouissent au ciel, honorés et comblés de tous les désirs.

Verse 91

यावन्ति रोमाणि भवन्ति धेन्वास्तावन्ति वर्षाणि महीयते सः । स्वर्गाच्च्युतश्चापि ततस्त्रिलोक्यां कुले समुत्पत्स्यति गोमतां सः

Autant il y a de poils sur la vache, autant d’années il est honoré au ciel. Et même après être déchu du ciel, dans les trois mondes il renaîtra dans une lignée abondante en bétail.

Verse 92

तत्र तीर्थे तु यो दद्याद्रूप्यं काञ्चनमेव वा । काञ्चनेन विमानेन विष्णुलोके महीयते

En ce tīrtha, quiconque donne de l’argent —ou même de l’or— est honoré dans le monde de Viṣṇu, porté sur un char céleste d’or.

Verse 93

तस्मिंस्तीर्थे तु यो दद्यात्पादुके वस्त्रमेव च । दानस्यास्य प्रभावेन लभते स्वर्गमीप्सितम्

En ce tīrtha, quiconque donne des sandales et aussi des vêtements, par la puissance de ce don obtient le ciel désiré.

Verse 94

ऋग्यजुःसामवेदानां पठनाद्यत्फलं भवेत् । तत्र तीर्थे तु राजेन्द्र गायत्र्या तत्फलं लभेत्

Ô seigneur des rois, le fruit qui naît de la récitation des Veda Ṛg, Yajur et Sāma, en ce tīrtha on obtient ce même fruit par le japa de la Gāyatrī.

Verse 95

प्रयागे यद्भवेत्पुण्यं गयायां च त्रिपुष्करे । कुरुक्षेत्रे तु राजेन्द्र राहुग्रस्ते दिवाकरे

Ô seigneur des rois, le mérite (puṇya) que l’on trouve à Prayāga, à Gayā et à Tripuṣkara, et (le mérite) à Kurukṣetra lorsque le soleil est saisi par Rāhu lors d’une éclipse…

Verse 96

सोमेश्वरे च यत्पुण्यं सोमस्य ग्रहणे तथा । तत्फलं लभते तत्र स्नानमात्रान्न संशयः

Quel que soit le mérite qui réside à Someśvara, de même celui d’une éclipse lunaire : ce même fruit s’obtient là par le seul bain rituel ; il n’y a aucun doute.

Verse 97

द्वादश्यां तु नरः स्नात्वा नमस्कृत्य जनार्दनम् । उद्धृताः पितरस्तेन अवाप्तं जन्मनः फलम्

Au jour de Dvādaśī, l’homme qui se baigne et se prosterne devant Janārdana : par cet acte, ses ancêtres sont relevés, et le véritable fruit de la naissance est obtenu.

Verse 98

संक्रान्तौ च व्यतीपाते द्वादश्यां च विशेषतः । ब्राह्मणं भोजयेदेकं कोटिर्भवति भोजिता

À Saṅkrānti, à Vyatīpāta, et surtout à Dvādaśī : si l’on nourrit ne fût-ce qu’un seul brāhmaṇa, c’est comme si l’on en avait nourri un crore.

Verse 99

पृथिव्यां यानि तीर्थानि ह्यासमुद्राणि पाण्डव । तानि सर्वाणि तत्रैव द्वादश्यां पाण्डुनन्दन

Ô Pāṇḍava, tous les tīrthas de la terre—y compris ceux des rivages marins—sont tous présents là même au jour de Dvādaśī, ô fils de Pāṇḍu.

Verse 100

क्षयं यान्ति च दानानि यज्ञहोमबलिक्रियाः । न क्षीयते महाराज तत्र तीर्थे तु यत्कृतम्

Les dons, les sacrifices, les offrandes au feu et les rites bali peuvent diminuer dans leur fruit, ô grand roi ; mais ce qui est accompli en ce tīrtha ne diminue pas.

Verse 101

यद्भूतं यद्भविष्यच्च तीर्थमाहात्म्यमुत्तमम् । कथितं ते मया सर्वं पृथग्भावेन भारत

Ô Bhārata, la grandeur suprême du tīrtha—ce qui fut et ce qui sera—je te l’ai entièrement exposée, distinctement et en plénitude.

Verse 142

। अध्याय

Fin du chapitre (marque de colophon).