
Sanatkumāra enseigne la suprématie des mantras de Rāma au sein des systèmes mantriques vaiṣṇava, en exposant leur puissance de destruction des péchés et leur orientation vers la mokṣa. Il donne les « titres » du mantra (ṛṣi, chandas, devatā, bīja, śakti, viniyoga), prescrit le ṣaḍaṅga-nyāsa et la pose des lettres sur les différents lieux du corps, puis enseigne une méditation centrée sur le cœur en Rāma avec Sītā et Lakṣmaṇa. Le chapitre décrit l’architecture de la pūjā : divinités d’escorte, armes (Śārṅga et flèches), alliés (Hanumān, Sugrīva, Bharata, Vibhīṣaṇa, etc.) et culte du mandala sur lotus. Il énumère ensuite les règles de puraścaraṇa et de homa, avec des offrandes spécifiques pour la prospérité, la santé, la souveraineté, l’éclat poétique et l’apaisement des maladies, tout en avertissant contre un ritualisme purement instrumental qui néglige l’au-delà. Une grande section présente le Yantra-rāja (roi des yantras) : géométrie hexagonale/lotus/pétales solaires, matériaux d’inscription, modes de port et rites d’activation selon des jours et nakṣatras favorables. Diverses formes de mantra (6, 8, 10, 13, 18, 19 syllabes et autres) sont cataloguées selon un canevas rituel constant, culminant avec le sous-culte de Sītā et de Lakṣmaṇa et des applications allant de la libération à la restauration de la royauté.
Verse 1
सनत्कुमार उवाच । अथ रामस्य मनवो वक्ष्यंते सिद्धिदायकाः । येषामाराधनान्मर्त्यास्तरंति भवसागरम् ॥ १ ॥
Sanatkumāra dit : À présent, je vais proclamer les mantras de Śrī Rāma, dispensateurs de siddhi et d’accomplissements spirituels ; en l’adorant par eux, les mortels traversent l’océan du saṃsāra.
Verse 2
सर्वेषु मंत्रवर्येषु श्रेष्ठं वैष्णवमुच्यते । गाणपत्येषु सौरेषु शाक्तशैवेष्वभीष्टदम् ॥ २ ॥
Parmi tous les mantras les plus excellents, le mantra vaiṣṇava est proclamé le meilleur ; et parmi les mantras gāṇapatya, saura, śākta et śaiva, c’est lui qui accorde les fruits désirés.
Verse 3
वैष्णवेष्वपि मंत्रेषु राममंत्राः फलाधिकाः । गाणपत्यादिमंत्रेभ्यः कोटिकोटिगुणाधिकाः ॥ ३ ॥
Même parmi les mantras vaiṣṇavas, les mantras de Śrī Rāma surpassent tous par leurs fruits ; comparés aux mantras gāṇapatya et autres, leur puissance est accrue de crores sur crores.
Verse 4
विष्णुशय्यास्थितो वह्निरिंदुभूषितमस्तकः । रामाय हृदयांतोऽयं महाघौधविनाशनः ॥ ४ ॥
Ce Feu sacré demeure sur la couche de Viṣṇu ; son front est orné de la lune. Pour Rāmā, il devient la Présence intime au cœur, celui qui anéantit l’immense déferlement des grands péchés.
Verse 5
सर्वेषु राममंत्रषु ह्यतिश्रेष्टः षडक्षरः । ब्रह्महत्यासहस्राणि ज्ञाताज्ञातकृतानि च ॥ ५ ॥
Parmi tous les mantras de Śrī Rāma, celui de six syllabes est assurément le plus excellent ; il détruit des milliers de fautes aussi graves que le brahma-hatyā (le meurtre d’un brāhmaṇa), commises sciemment ou à l’insu de soi.
Verse 6
स्वर्णस्तेय सुरापानगुरुतल्पायुतानि च । कोटिकोटिसहस्राणि ह्युपपापानि यानि वै ॥ ६ ॥
Il existe d’innombrables péchés secondaires (upapāpa)—par crores et par milliers—ainsi que des fautes graves telles que voler l’or, boire des enivrants et souiller le lit du maître (adultère avec l’épouse du guru).
Verse 7
मंत्रस्योञ्चारणात्सद्यो लयं यांति न संशयः । ब्रह्मा मुनिः स्याद्गायत्री छंदो रामश्च देवता ॥ ७ ॥
Par la seule énonciation de ce mantra, les obstacles se dissolvent aussitôt—sans aucun doute. Brahmā en est le ṛṣi (voyant), Gāyatrī le chandas (mètre), et Rāma la devatā (divinité présidante).
Verse 8
आद्यं बीजं च हृच्छक्तिर्विनियोगोऽखिलाप्तये । षड्दीर्घभाजा बीजेन षडंगानि समाचरेत् ॥ ८ ॥
La première syllabe est le bīja ; la puissance du cœur (hṛcchakti) doit être mise en œuvre, et le viniyoga indiqué est l’obtention de tous les fruits. Avec ce bīja—pourvu de six voyelles longues—qu’on accomplisse selon la règle le rite aux six membres (ṣaḍaṅga).
Verse 9
ब्रह्मरंध्रे भ्रुवोर्मध्ये हृन्नाभ्योर्गुह्यपादयोः । मंत्रवर्णान्क्रमान्न्यस्य केशवादीन्प्रविन्यसेत् ॥ ९ ॥
En plaçant, dans l’ordre prescrit, les syllabes du mantra au brahma-randhra (sommet de la tête), entre les sourcils, dans le cœur, au nombril, dans la région secrète et aux pieds, qu’on installe ensuite avec soin (nyāsa) les Noms divins à commencer par Keśava.
Verse 10
पीठन्यासादिकं कृत्वा ध्यायेद्धृदि रघूत्तमम् । कालांभोधरकांतं च वीरासनसमास्थितम् ॥ १० ॥
Après avoir accompli les rites préliminaires tels que le pīṭha-nyāsa, qu’on médite dans le cœur sur Raghūttama (Rāma) : rayonnant comme un nuage de pluie sombre et assis avec fermeté dans la posture héroïque (vīrāsana).
Verse 11
ज्ञानमुद्रां दक्षहस्ते दधतं जानुनीतरम् । सरोरुहकरां सीतां विद्युदाभां च पार्श्वगाम् ॥ ११ ॥
De sa main droite, il portait la mudrā de la connaissance, tandis que l’autre main reposait sur le genou; à ses côtés se tenait Sītā, aux mains de lotus, resplendissante comme l’éclair.
Verse 12
पश्यंतीं रामवक्राब्जं विविधाकल्पभूषिताम् । ध्यात्वैवं प्रजपेद्वर्णलक्षं मंत्री दशांशतः ॥ १२ ॥
La visualisant en train de contempler le visage-lotus de Rāma, parée de multiples ornements et parures, le pratiquant du mantra doit méditer ainsi, puis réciter le mantra jusqu’à cent mille syllabes, en accomplissant aussi la dixième part prescrite comme observance auxiliaire.
Verse 13
कमलैर्जुहुयाद्वह्नौ ब्राह्मणान्भोजयेत्ततः । पूजयेद्वैष्णवे पीठे विमलादिसमन्विते ॥ १३ ॥
Qu’il offre des oblations dans le feu sacré avec des fleurs de lotus; puis qu’il nourrisse les brāhmaṇas. Ensuite, qu’il accomplisse le culte sur le siège-autel vaiṣṇava, accompagné de Vimalā et des autres puissances associées.
Verse 14
मूर्तिं मूलेन संकल्प्य तस्यामावाह्य साधकः । सीतां वामे समासीनां तन्मन्त्रेण प्रपूजयेत् ॥ १४ ॥
Après avoir conçu mentalement l’image de la Divinité au moyen du mantra racine, le sādhaka doit l’y invoquer et l’y établir; puis, avec ce même mantra, il doit adorer comme il se doit Sītā, assise à gauche.
Verse 15
रमासीतापदं ङेंतं द्विठांतो जानकीमनुः । अग्रेः शार्ङ्गं च सम्पूज्य शरान्पार्श्वद्वयेऽर्चयेत् ॥ १५ ॥
Après avoir disposé les padas de Ramā et de Sītā, et en utilisant le mantra de Jānakī muni des deux ṭhā, qu’on adore d’abord Śārṅga, l’arc divin, à l’avant; puis qu’on vénère les flèches de part et d’autre.
Verse 16
केशरेषु षडंगानि पत्रेष्वेतान्समर्चयेत् । हनुमंतं च सुग्रीवं भरतं सबिभीषणम् ॥ १६ ॥
Sur les filaments (du lotus), qu’on adore les six auxiliaires (ṣaḍaṅga) ; et sur les pétales, qu’on vénère comme il se doit : Hanumān, Sugrīva, Bharata et Bibhīṣaṇa.
Verse 17
लक्ष्मणांगदशत्रुघ्नान् जांबवंतं क्रमात्पुनः । वाचयंतं हनूमंतग्रतो धृतपुस्तकम् ॥ १७ ॥
Puis, de nouveau selon l’ordre prescrit, (qu’on contemple et vénère) Lakṣmaṇa, Aṅgada et Śatrughna, ainsi que Jāmbavān—récitant le texte, le livre en main, tandis que Hanumān est assis devant, en auditeur.
Verse 18
यजेद्भरतशत्रुघ्नौ पार्श्वयोर्धृतचामरौ । धृतातपत्रं हस्ताभ्यां लक्ष्मणं पृष्टतोऽर्चयेत् ॥ १८ ॥
Qu’on adore Bharata et Śatrughna, aux deux côtés, tenant les cāmaras (éventails rituels) ; et qu’on adore Lakṣmaṇa derrière, portant à deux mains l’ombrelle royale.
Verse 19
ततोऽष्टपत्रे सृष्टिं च जपंतं विजयं तथा । सुराष्ट्रं राष्ट्रपालं च अकोपं धर्मपालकम् ॥ १९ ॥
Ensuite, sur le lotus à huit pétales, qu’on accomplisse le japa des noms : Sṛṣṭi, Vijaya, Surāṣṭra, Rāṣṭrapāla, Akopa et Dharmapālaka.
Verse 20
सुमंतं चेति सम्पूज्य लोके शानायुधैर्युतान् । एवं रामं समाराध्य जीवन्मुक्तः प्रजायते ॥ २० ॥
Ainsi, après avoir dûment vénéré Sumaṅta et les autres en ce monde—pourvus d’armes de bon augure—celui qui adore Rāma de cette manière naît jīvanmukta, libéré tout en vivant.
Verse 21
चंदनाक्तैः प्रजुहुयाज्जातीपुष्पैः समाहितः । राजवश्याय कमलैर्धनधान्यादिसिद्धये ॥ २१ ॥
L’esprit concentré, qu’on offre dûment dans le feu des fleurs de jasmin ointes de pâte de santal ; et, avec des lotus, qu’on accomplisse l’oblation afin de soumettre le roi à son influence et d’obtenir réussite en richesses, grains et prospérités connexes.
Verse 22
लक्ष्मीकामः प्रजुहुयात्प्रसूनैर्विल्वसंभवैः । आज्याक्तैर्नीलकमलैर्वशयेदखिलं जगत् ॥ २२ ॥
Celui qui désire Lakṣmī (la prospérité) doit offrir dûment des oblations avec des fleurs nées de l’arbre bilva ; et, en offrant des lotus bleus oints de ghee, il mettra le monde entier sous son influence.
Verse 23
घृताक्तशतवर्वीभिर्दीर्घायुश्च निरामयः । रक्तोत्पलानां होमेन धनं प्राप्नोति वांछितम् ॥ २३ ॥
En offrant dans le feu des tiges de śatāvarī ointes de ghee, on obtient longue vie et santé sans maladie ; et, par le homa de lotus rouges, on acquiert la richesse désirée.
Verse 24
पालाशकुसुमैर्हुत्वा मेधावी जायते नरः । तज्जप्तांभः पिबेत्प्रातर्वत्सरात्कविराड् भवेत् ॥ २४ ॥
En offrant des oblations avec des fleurs de palāśa, l’homme devient d’une intelligence pénétrante. S’il boit le matin l’eau sur laquelle ce mantra a été récité, alors, en l’espace d’un an, il devient un poète-sage éminent et rayonnant.
Verse 25
तन्मंत्रितान्नं भुंजीतमहारोगप्रशांतये । रोगोक्तौषधहोमेन तद्रोगान्मुच्यते क्षणाम् ॥ २५ ॥
Pour apaiser une grave maladie, qu’on mange une nourriture consacrée par ce mantra. En accomplissant une offrande au feu avec les herbes médicinales prescrites pour ce mal, on est délivré de cette maladie sur-le-champ.
Verse 26
नदीतीरे च गोष्ठे वा जपेल्लक्षं पयोब्रतः । पायसेनाज्ययुक्तेन हुत्वा विद्यानिधिर्भवेत् ॥ २६ ॥
En observant le vœu du lait (payovrata), qu’il récite le mantra cent mille fois sur la rive d’un fleuve ou dans l’étable des vaches; puis, ayant offert au feu du riz au lait (pāyasa) mêlé de ghee, il devient un trésor de science sacrée (vidyā).
Verse 27
परिक्षीणाधिपत्यो यः शाकाहारो जलांतरे । जपेल्लक्षं च जुहुयाद्विल्वपुष्पैर्दशांशतः ॥ २७ ॥
Celui dont la souveraineté a décliné doit se nourrir de légumes et demeurer dans l’eau; qu’il récite un lakh (cent mille) fois, puis qu’il offre au feu, pour le dixième, des fleurs de bilva.
Verse 28
तदैव पुनराप्नोति स्वाधिपत्यं न संशयः । उपोष्य गङ्गातीरांते स्थित्वा लक्षं जपेन्नरः ॥ २८ ॥
Alors, sans délai, il recouvre sa propre souveraineté—sans aucun doute. Après avoir jeûné, que l’homme demeure sur la rive de la Gaṅgā et récite le mantra cent mille fois.
Verse 29
दशांशं कमलैर्हुत्वा विल्वोत्थैर्वा प्रसूनकैः । मधुरत्रयसंयुक्तैरादज्यश्रियमवाप्नुयात् ॥ २९ ॥
Ayant offert au feu la dixième part prescrite avec des fleurs de lotus—ou des fleurs du bilva—accompagnées des trois douceurs, on obtient prospérité et fortune de bon augure.
Verse 30
मार्गमासे जले स्थित्वा कन्दमूलफलाशनः । लक्षं जप्त्वा दशांशेन पायसैर्जुहुयाद्वसौ ॥ ३० ॥
Au mois de Mārgaśīrṣa, se tenant dans l’eau et se nourrissant de racines, tubercules et fruits, après avoir accompli un lakh de récitations, qu’il offre au feu, pour le dixième, du riz au lait sucré (pāyasa) le jour des Vasus.
Verse 31
श्रीरामचन्द्रसदृशः पुत्रः पौत्रोऽपि जायते । अन्येऽपि बहवः संति प्रयोगामन्त्रराजके ॥ ३१ ॥
Par la juste application du Mantrarāja, peut naître un fils—et même un petit-fils—semblable à Śrī Rāmacandra; et bien d’autres fruits encore peuvent être obtenus.
Verse 32
किंतु प्रयोगकर्तॄणां परलोको न विद्यते । षट्कोणं वसुपत्रं च तद्बाह्यार्कदलं लिखेत् ॥ ३२ ॥
Mais pour ceux qui n’emploient ces applications rituelles que comme une technique, il n’y a pas d’accès à l’au-delà. Qu’on trace un hexagone, puis un lotus à huit pétales, et à l’extérieur un cercle de pétales semblable au soleil.
Verse 33
षट्कोणेषु षडर्णानि मन्त्रस्य विलिखेद् बुधः । अष्टपत्रे तथाष्टार्णांल्लिखेत्प्रणवगर्भितान् ॥ ३३ ॥
Le pratiquant avisé doit inscrire les six syllabes du mantra dans les six triangles de l’hexagone; de même, sur le lotus à huit pétales, qu’il écrive les huit syllabes du mantra, chacune renfermant en elle le Praṇava (Oṁ).
Verse 34
कामबीजं रविदले मध्ये मन्त्रावृताभिधाम् । सुदर्शनावृतं बाह्ये दिक्षु युग्मावृतं तथा ॥ ३४ ॥
Au centre du pétale solaire (ravi-dala), place le Kāma-bīja, entouré du nom du mantra. À l’extérieur, enveloppe-le du Sudarśana; et, dans les directions, dispose pareillement des enceintes par paires.
Verse 35
वज्रोल्लसद्भूमिगेहं कन्दर्पांकुशपाशकैः । भूम्या च विलसत्कोणं यन्त्रराजमिदं स्मृतम् ॥ ३५ ॥
Ce diagramme où le plan du sol et l’enceinte resplendissent comme un vajra, muni des signes de Kāma, de l’aṅkuśa (aiguillon) et du pāśa (lasso), et où les angles de l’espace terrestre apparaissent distinctement, est mémorisé comme le « Yantrarāja », le Roi des yantras.
Verse 36
भूर्जेऽष्टगन्धैः संलिख्य पूजयेदुक्तवर्त्मना । षट्कोणेषु दलार्काब्जान्यावेष्टवृत्तयुग्मतः ॥ ३६ ॥
L’ayant inscrit sur l’écorce de bouleau (bhūrja) avec la pâte parfumée aux huit senteurs (aṣṭagandha), qu’on le vénère selon le rite déjà enseigné ; et, dans les six triangles, qu’on dessine le lotus solaire aux pétales, entouré d’une paire de cercles concentriques.
Verse 37
केशरेष्वष्टपत्रस्य स्वरद्वंद्वं लिखेद् बुधः । बहिस्तु मातृकां चैव मन्त्रं प्राणनिधयनम् ॥ ३७ ॥
Que le pratiquant avisé inscrive les paires de voyelles sur les filaments (keśara) du lotus à huit pétales ; et, à l’extérieur, qu’il écrive aussi la Mātr̥kā, matrice des lettres, avec le mantra de dépôt du prāṇa (prāṇa-nidhāna).
Verse 38
यन्त्रमेतच्छुभे घस्रे कण्ठे वा दक्षिणे भुजे । मूर्ध्नि वा धारयेन्मंत्री सर्वपापैः प्रमुच्यते ॥ ३८ ॥
En un jour faste, le pratiquant de mantra doit porter ce yantra — au cou, au bras droit ou sur la tête ; en agissant ainsi, il est délivré de tous les péchés.
Verse 39
सुदिने शुभनक्षत्रे सुदेशे शल्यवर्जिते । वश्याकर्षणविद्वेषद्रावणोच्चाटनादिकम् ॥ ३९ ॥
En un jour favorable, sous une demeure lunaire propice, en un lieu convenable exempt d’impuretés et d’obstacles, qu’on entreprenne des rites tels que vaśya (assujettissement), ākṛṣaṇa (attraction), vidveṣa (susciter l’inimitié), drāvaṇa (chasser), uccāṭana (expulser), et autres semblables.
Verse 40
पुष्यद्वयं तथादित्यार्द्रामघासु यथाक्रमम् । दूर्वोत्था लेखनी वश्ये तथाकृष्टौ करंजजा ॥ ४० ॥
Dans les deux Puṣya, et de même dans Ādityā, Ārdrā et Maghā, respectivement, pour le rite de vaśya (assujettissement) on prescrit un stylet fait d’herbe dūrvā ; et pour le rite d’ākṛṣṭi (attraction), un stylet fait de bois de karañja.
Verse 41
नरास्थिजा मारणे तु स्तंभने राजवृक्षजा । शांतिपुष्टष्ट्यायुषां सिद्धयै सर्वापच्छमनाय च ॥ ४१ ॥
La préparation faite d’os humain est employée dans les rites de māraṇa (destruction) ; celle tirée du rājavṛkṣa sert aux rites de stambhana (immobilisation). (Elles servent aussi) à obtenir paix et prospérité, à favoriser la longévité et à apaiser toutes les calamités.
Verse 42
विभ्रमोत्पादने चैव शिलायां विलिखेद् बुधः । खरचर्मणि विद्वेषे ध्वजे तूञ्चाटनाय च ॥ ४२ ॥
Le sage doit l’inscrire sur la pierre pour engendrer la confusion ; sur une peau d’âne pour susciter l’inimitié ; et sur une bannière pour l’uccāṭana (chasser, repousser).
Verse 43
शत्रूणां ज्वरसन्तापशोकमारणकर्मणि । पीतवस्रं लिखित्वा तु साधयेत्साधकोत्तमः ॥ ४३ ॥
Dans les rites visant à accabler les ennemis de fièvre, de brûlure tourmentante, de chagrin, voire de mort, le meilleur sādhaka doit accomplir l’opération en l’écrivant sur un tissu jaune.
Verse 44
वश्याकृष्टौ चाष्टगन्धैः सम्पूज्य च यथाविधि । चितांगारादिना चैव ताडनोच्चाटनादिकम् ॥ ४४ ॥
Pour les rites de vaśya (assujettissement) et d’ākarṣaṇa (attraction), il faut d’abord adorer selon la règle avec les « huit fragrances » (aṣṭa-gandha). Ensuite, au moyen de braises calcinées et autres, on accomplit des actes tels que tāḍana (frapper), uccāṭana (chasser) et d’autres opérations semblables.
Verse 45
विषार्कक्षीरयोगेन मारणं भवति ध्रुवम् । लिखित्वैवं यंत्रराजं गन्धपुष्पादिभिर्यजेत् ॥ ४५ ॥
En mêlant le poison au suc laiteux de la plante arka, on dit que la mort survient à coup sûr. Ayant ainsi inscrit le « roi des yantras », on doit le vénérer avec parfums, fleurs et offrandes semblables.
Verse 46
त्रिलोहवेष्टितं कृत्वा धारयेत्साधकोत्तमः । बीजं रामाय ठद्वंद्वं मन्त्रोऽयं रसवर्णकः ॥ ४६ ॥
Après l’avoir enveloppé de trois métaux, le sādhaka le plus éminent doit le porter. La syllabe-semence est « rāmāya » ; et la paire de syllabes « ṭha » est prescrite : ce mantra est dit « rasavarṇaka », formé de syllabes techniques codées.
Verse 47
महासुदर्शनमनुः कथ्यते सिद्धिदायकः । सुदर्शनमहाशब्दाच्चक्रराजेश्वरेति च ॥ ४७ ॥
Le mantra nommé « Mahā-sudarśana » est déclaré dispensateur de siddhi (accomplissements spirituels). Et, du grand énoncé sacré « Sudarśana », il est aussi appelé « Cakra-rājeśvara », le Seigneur du roi des disques : le Sudarśana Cakra.
Verse 48
दुष्टांतकदुष्टभयानकदुष्टभयंकरम् । छिंधिद्वयं भिंधियुग्मं विदारययुगं ततः ॥ ४८ ॥
«Ô destructeur des méchants ; ô terrible pour les méchants ; ô toi qui fais naître la crainte chez les méchants ! Puis (énonce) : “Tranche, tranche” ; “Perce, perce” ; “Déchire, déchire”.»
Verse 49
परमन्त्रान् ग्रसद्वंद्वं भक्षयद्वितयं ततः । त्रासयद्वितयं वर्मास्त्राग्निजायांतिमो मनुः ॥ ४९ ॥
Puis le Manu ultime—né d’Agni—engloutit la paire opposée de mantras ennemis, consuma la paire suivante et terrifia encore une autre paire au moyen du mantra d’armure protectrice (varma) et du mantra d’arme (astra).
Verse 50
अष्टषष्ट्यक्षरः प्रोक्तो यंत्रसंवेष्टने त्वयम् । तारो हृद्भगवान् ङेंतो ङेंतो हि रघुनन्दनः ॥ ५० ॥
Pour l’enveloppement et la clôture du yantra, une formule de soixante-huit syllabes a été enseignée. Le praṇava « oṃ » est le Bhagavān au cœur ; et « ṅeṃto, ṅeṃto »—assurément—désigne Raghunandana (Śrī Rāma).
Verse 51
रक्षोघ्नविशदायांते मधुरादिप्रसन्न च । वरदानायामितांते नुतेजसेपदमीरयेत् ॥ ५१ ॥
À la fin de la section mantrique commençant par « Rakṣoghna » et « Viśadāyānte », de même à la fin de la section douce et réjouissante commençant par « Madhurādi », et à la fin de la section commençant par « Varadānāya » et « Amitānte », on doit énoncer le mot (pada) « Tejase ».
Verse 52
बालायांते तु रामाय विष्णवे हृदयांतिमः । सप्तचत्वारिंशदर्णो मालामन्त्रोऽयमीरितः ॥ ५२ ॥
La syllabe-semence « bālā » étant placée à la fin, et « Rāmāya Viṣṇave » servant de formule du cœur en conclusion, il est déclaré que ceci est un mantra de chapelet composé de quarante-sept syllabes.
Verse 53
विश्वामित्रो मुनिश्चास्य गायत्री छंद ईरितम् । श्रीरामो देवता बीजं ध्रुवः शक्तिश्च ठद्वयम् ॥ ५३ ॥
Pour ce mantra/vidyā, le sage (ṛṣi) est déclaré être Viśvāmitra ; le mètre est dit être Gāyatrī. Śrī Rāma en est la divinité présidante ; la syllabe-semence est « bīja » ; Dhruva est la śakti ; et la paire « ṭha » est mentionnée comme élément d’identification supplémentaire.
Verse 54
षड्दीर्घस्वरयुग्मायाबीजेनांगानि कल्पयेत् । ध्यानपूजादिकं सर्वमस्य पूर्ववदाचरेत् ॥ ५४ ॥
Avec le mantra-semence de « Ṣaḍ-dīrgha-svara-yugmā », on doit établir l’assignation des membres (nyāsa) ; et pour cette pratique, la méditation, le culte et tous les rites afférents doivent être accomplis exactement comme il a été décrit auparavant.
Verse 55
अयमाराधितो मन्त्रः सर्वान्कामान्प्रयच्छति । स्वकामसत्यवाग्लक्ष्मीताराढ्यः पञ्चवर्णकः ॥ ५५ ॥
Ce mantra, dûment apaisé et honoré, accorde tous les buts désirés. Cette formule de cinq syllabes—pourvue de la puissance du vœu choisi, de la véracité de la parole, ainsi que de Lakṣmī et de Tārā—donne l’accomplissement.
Verse 56
षडक्षरः षड्विधः स्याञ्चतुर्वर्गफलप्रदः । ब्रह्मा संमोहनः शक्तिर्दक्षिणामूर्तिसंज्ञकः ॥ ५६ ॥
Le mantra de six syllabes est dit de six espèces et il confère les fruits des quatre buts de l’existence. Ses formes sont connues comme : Brahmā, Saṃmohana (la forme enchanteresse), Śakti, et celle nommée Dakṣiṇāmūrti.
Verse 57
अगस्त्यः श्रीशिवः प्रोक्तास्ते तेषां मुनयः क्रमात् । अथवा कामबीजादेर्विश्वामित्रो मुनिः स्मृतः ॥ ५७ ॥
Agastya et le vénérable Śiva sont proclamés comme autorités présidantes ; et, selon l’ordre, les sages (ṛṣi) de ces mantras sont également indiqués. Ou bien, pour le Kāma-bīja et les bīja apparentés, Viśvāmitra est rappelé comme le voyant.
Verse 58
छन्दः प्रोक्तं च गायत्री श्रीरामो देवता पुनः । बीजशक्तिराधमांत्यं मन्त्रार्णैः स्यात्षडंगकम् ॥ ५८ ॥
Le mètre est déclaré être le Gāyatrī, et la divinité présidante est de nouveau Śrī Rāma. Le bīja et la śakti sont la première et la dernière syllabe ; et, par les syllabes du mantra, on doit former les six membres auxiliaires (ṣaḍaṅga).
Verse 59
बीजैः षड्दीर्घयुक्तैर्वा मंत्रार्णान्पूर्ववन्न्यसेत् । ध्यायेत्कल्पतरोर्मूले सुवर्णमयमण्डपे ॥ ५९ ॥
Au moyen des syllabes-semence — ou de celles pourvues de six voyelles longues —, ou autrement, qu’on place (qu’on accomplisse le nyāsa des) syllabes du mantra comme il fut enseigné auparavant. Puis qu’on médite à la racine du Kalpataru, l’arbre exauçant les vœux, dans un pavillon d’or.
Verse 60
पुष्पकाख्यविमानांतः सिंहासनपरिच्छदे । पद्मे वसुदलेदेवमिंद्रनीलसमप्रभम् ॥ ६० ॥
À l’intérieur du vimāna nommé Puṣpaka, parmi les apprêts d’un trône de lion, (il vit) le Dieu assis sur un lotus à huit pétales, rayonnant tel l’indranīla, le saphir.
Verse 61
वीरासनसमासीनं ज्ञानमुद्रोपशोभितम् । वामोरुन्यस्ततद्धस्तसीतालक्ष्मणसेवितम् ॥ ६१ ॥
Assis en vīrāsana, embelli par la jñāna-mudrā, la main posée sur la cuisse gauche, il était servi avec dévotion par Sītā et Lakṣmaṇa.
Verse 62
रत्नाकल्पं विभुंध्यात्वा वर्णलक्षं जपेन्मनुम् । यद्वा स्मारादिमन्त्राणां जयाभं च हरिं स्मरेत् ॥ ६२ ॥
Après avoir médité le Seigneur omniprésent sous la forme nommée Ratnākalpa, qu’on récite le mantra jusqu’à cent mille syllabes; ou bien, par les mantras Smāra et apparentés, qu’on se souvienne de Hari, dispensateur de victoire et d’éclat.
Verse 63
येजनं काम्यकर्माणि सर्वं कुर्यात्षडर्णवत् । रामश्च चन्द्रभ द्रांतो ङेनमोंतो ध्रुवादिकः ॥ ६३ ॥
Qu’on accomplisse les sacrifices et tous les rites inspirés par le désir entièrement selon la règle du mantra à six syllabes. «Rāma» et d’autres formes à six syllabes—celles qui se terminent par «candrabha», celles qui se terminent par «ṅe-namoṃ», et celles qui commencent par «dhruva»—doivent être employées selon le cas.
Verse 64
मन्त्रावष्टाक्षरौ ह्येतौ तारांत्यौ चेन्नवाक्षरौ । एतेषां यजनं सर्वं कुर्यान्मंत्री षडर्णवत् ॥ ६४ ॥
Ces deux mantras sont bien de huit syllabes; mais s’ils se terminent par la syllabe «tārā» (oṃ), ils deviennent de neuf syllabes. Pour tous, l’officiant doit accomplir chaque rite de culte selon la même règle que pour le mantra à six syllabes.
Verse 65
जानकीवल्लभो ङेंतो द्विठांतः कवचादिकः । दशार्णोऽयं महामन्त्रो विशिष्टोऽस्य मुनिः स्वराट् ॥ ६५ ॥
«Jānakīvallabha» en est l’ouverture et «ṅeṃ» la finale; il se clôt par la syllabe «dviṭhāṃ» et sert au kavaca protecteur et aux rites apparentés. C’est un grand mantra de dix syllabes (daśārṇa), dont le ṛṣi éminent est Svarāṭ.
Verse 66
छन्दश्च देवता सीता पतिर्बीजं तथादिमम् । स्वाहा शक्तिश्च कामेन कुर्यादंगानि षट् क्रमात् ॥ ६६ ॥
Le mètre (chandas) et la divinité présidente sont Sītā ; son Seigneur, Rāma, est proclamé comme la syllabe-semence (bīja) ainsi que comme la formule primordiale d’ouverture. « Svāhā » est la puissance (śakti). Aspirant au fruit visé, on accomplira ensuite les six membres (aṅga-nyāsa) dans l’ordre prescrit.
Verse 67
शिरोललाटभ्रूमध्यतालुकण्ठेषु हृद्यपि । नाभ्यंघ्रिजानुपादेषु दशार्णान्विन्यसेन्मनोः ॥ ६७ ॥
Qu’on installe mentalement les dix syllabes (du mantra) sur la tête, le front, l’espace entre les sourcils, le palais, la gorge et aussi sur le cœur ; puis sur le nombril, les pieds, les genoux et les jambes, accomplissant le nyāsa par l’esprit.
Verse 68
अयोध्यानगरे रत्नचित्रसौवर्णमण्डपे । मंदारपुष्पैराबद्धविताने तोरणान्विते ॥ ६८ ॥
Dans la cité d’Ayodhyā, sur un pavillon d’or orné de motifs semblables à des joyaux, avec un dais attaché de fleurs de mandāra et pourvu d’arcs cérémoniels (toraṇa), l’assemblée sacrée fut disposée.
Verse 69
सिंहासनसमासीन पुष्पकोपरि राघवम् । रक्षोभिर्हरिभिर्देवैः सुविमानगतैः शुभैः ॥ ६९ ॥
Rāghava, assis sur un trône dans le Puṣpaka (char aérien), était entouré d’êtres de bon augure—rākṣasas, vānara (hari) et dieux—tous établis dans de splendides vimānas célestes.
Verse 70
संस्तूयमानं मुनिभिः प्रह्वैश्च परिसेवितम् । सीतालंकृतवामांगं लक्ष्मणेनोपशोभितम् ॥ ७० ॥
Il était loué par les sages et servi par les dévots inclinés ; Sītā ornant son flanc gauche et Lakṣmaṇa rehaussant sa splendeur, il était sans cesse honoré et servi avec bhakti.
Verse 71
श्यामं प्रसन्नवदनं सर्वाभरणभूषितम् । एवं ध्यात्वा जपेन्मंत्री वर्णलक्षं समाहितः ॥ ७१ ॥
Méditant ainsi sur le Seigneur à la teinte sombre, au visage paisible et paré de tous les ornements, le pratiquant du mantra—l’esprit parfaitement recueilli—doit répéter le mantra jusqu’à cent mille syllabes.
Verse 72
दशांशः कमलैर्होमो यजनं च षडर्णवत् । रामो ङेंन्तो धनुष्पाणिर्ङैतोंऽते वह्निसुंदरी ॥ ७२ ॥
Qu’on offre la dîme; qu’on accomplisse le homa avec des fleurs de lotus; et que le sacrifice soit exécuté selon la forme mantrique à six syllabes. « Rāma » se récite avec l’attaque nasale « ṅ »; « Dhanus-pāṇi » (celui qui tient l’arc) se prononce de même; et, à la fin, on énonce la forme « Vahni-sundarī », la Beauté du Feu sacré.
Verse 73
दशाक्षरोऽयं मंत्रोऽस्य मुनिर्ब्रह्मा विराट् पुनः । छन्दस्तु देवता प्रोक्तो रामो राक्षसमर्दनः ॥ ७३ ॥
Voici un mantra de dix syllabes. Son ṛṣi (voyant) est Brahmā; et son chandas (mètre) est Virāṭ. Sa divinité présidante (devatā) est déclarée être Rāma, le destructeur des rākṣasas.
Verse 74
आद्यं बीजं द्विठः शक्तिबींजेनांगानि कल्पयेत् । वर्णन्यासं तथा ध्यानं पुरश्चर्यार्चनादिकमन् ॥ ७४ ॥
Avec la bīja-mantra première et la disposition en deux volets, qu’on établisse les membres auxiliaires au moyen de la bīja de Śakti. Ensuite, qu’on accomplisse le varṇa-nyāsa, la méditation, ainsi que les disciplines commençant par le puraścaraṇa et l’adoration rituelle (arcana), et autres rites.
Verse 75
दशाक्षरोक्तवत्कुर्याच्चापबाणधरं स्मरेत् । तारो नमो भगवते रामान्ते चंद्रभद्रकौ ॥ ७५ ॥
Qu’on l’accomplisse comme il est prescrit pour le mantra de dix syllabes, et qu’on médite sur le Seigneur portant arc et flèches. (Le mantra est :) le praṇava « oṁ », puis « namo bhagavate », et à la fin de « Rāma » on ajoute « Candra » et « Bhadraka ».
Verse 76
ङेंतावर्काक्षरौ मंत्रौ ऋषिध्यानादि पूर्ववत् । श्रीपूर्वं जयपूर्वं च तद्द्विधा रामनाम च ॥ ७६ ॥
Les deux mantras sont formés des syllabes « ṅeṃtā » et « varka » ; leur ṛṣi, leur dhyāna et les autres éléments auxiliaires sont tels qu’énoncés précédemment. On les fera précéder de « Śrī » et de « Jaya » ; et selon cette même double modalité, le Nom « Rāma » doit aussi être employé.
Verse 77
त्रयोदशाक्षरो मंत्रो मुनिर्ब्रह्मा विराट् स्मृतम् । छन्दस्तु देवता प्रोक्तो रामः पापौघनाशनः ॥ ७७ ॥
C’est un mantra de treize syllabes ; son ṛṣi est Brahmā, et son chandas est Virāṭ. La divinité présidante est déclarée être Rāma, destructeur des amas de péchés.
Verse 78
षडंगानि प्रकुर्वीत द्विरावृत्त्या पदत्रयैः । ध्यानार्चनादिकं सव ह्यस्य कुर्याद्दशार्णवत् ॥ ७८ ॥
Qu’on accomplisse le ṣaḍaṅga-nyāsa (les six auxiliaires), en répétant deux fois la formule de trois mots. Et pour ce rite, qu’on exécute l’ensemble de la procédure—méditation, adoration (arcana) et le reste—exactement selon la méthode prescrite pour la pratique de Daśārṇa.
Verse 79
तारो नमो भगवते रामायांते महापदम् । पुरुषाय हृदंतोऽयं मनुरष्टादशाक्षरः ॥ ७९ ॥
La syllabe « tāra » (Oṁ), puis « namo bhagavate », se terminant par « rāmāya » : telle est la grande formule sacrée. Jointe à « puruṣāya » et tenue dans le cœur, cette mantra devient une formule de dix-huit syllabes (aṣṭādaśākṣara).
Verse 80
विश्वामित्रो मुनिश्छदो धृती रामोऽस्य देवता । तारो बीजं नमः शक्तिश्चंद्राक्ष्यब्ध्यग्निषड्भुजैः ॥ ८० ॥
Pour ce mantra, le ṛṣi est Viśvāmitra ; le mètre (chandas) est Muni ; sa force de soutien est Dhṛtī ; et sa divinité présidante est Rāma. La syllabe-graine (bīja) est « tāra », la puissance (śakti) est « namaḥ », et le nyāsa s’applique selon le code numérique : lune–yeux–océan–feu–six bras.
Verse 81
वर्णैमंत्रोत्थितैः कुर्यात्षडंगानि समाहितः । निश्शाणभेरीपटहशंखतुर्यादिनिःस्वनैः ॥ ८१ ॥
L’esprit concentré, qu’on accomplisse les six auxiliaires du rite (ṣaḍaṅga) au moyen des syllabes nées du mantra, tandis que retentissent cors, timbales, tambours, conques sacrées, trompettes et autres instruments.
Verse 82
प्रवृत्तनृत्ये परितो जयमंगलभाषिते । चंदनागरुकस्तूरीकर्पूरादिसुवासिते ॥ ८२ ॥
Tout autour, la danse s’était mise en mouvement ; l’air retentissait de cris de victoire et de paroles de bon augure, et le lieu était richement embaumé de santal, d’agaru, de musc, de camphre et d’autres parfums.
Verse 83
नानाकुसुमसौरभ्यवाहिगंधवहान्विते । देवगंधर्वनारीभिर्गायन्तीभिरलकृते ॥ ८३ ॥
Le lieu était rempli de brises portant le parfum de mille fleurs, et embelli par des jeunes filles gandharvas célestes qui chantaient.
Verse 84
सिंहासने समासीनं पुष्पकोपरि राघवम् । सौमित्रिसीतासहितं जटामुकुटशोभितम् ॥ ८४ ॥
Il vit Rāghava assis sur un trône royal, sur le Puṣpaka, accompagné de Saumitrī (Lakṣmaṇa) et de Sītā, resplendissant d’une jaṭā arrangée telle une couronne.
Verse 85
चापबाणधरं श्यामं ससुग्रीवविभीषणम् । हत्वा रावणमायांतं कृतत्रैलोक्यरक्षणम् ॥ ८५ ॥
Sombre de teint, portant arc et flèches, accompagné de Sugrīva et de Vibhīṣaṇa ; après avoir terrassé Rāvaṇa venu au combat, il accomplit la sauvegarde des trois mondes.
Verse 86
एवं ध्यात्वा जपेद्वर्णं लक्षं मत्री दशांशतः । घृताक्तैः पायसैर्हुत्वा यजनं पूर्ववञ्चरेत् ॥ ८६ ॥
Après avoir ainsi médité, le pratiquant du mantra doit répéter le phonème sacré cent mille fois; puis, pour en offrir le dixième, accomplir des oblations (homa) avec du pāyasa, riz au lait mêlé de ghee. Ainsi doit-il exécuter le rite exactement selon la procédure enseignée auparavant.
Verse 87
प्रणवो हृदयं सीतापतये तदनंतरम् । रामाय हनयुग्मांते वर्मास्त्राग्निप्रियांतिमः ॥ ८७ ॥
Le Praṇava (Oṁ) doit être placé sur le cœur. Aussitôt après, (le mantra) est offert au Seigneur de Sītā; puis à Rāma. Enfin, avec la paire de syllabes « ha-na », on accomplit l’application finale à l’Arme de Feu bien-aimée, formant l’agencement de kavaca (cuirasse protectrice) et d’astra (arme) pour la protection.
Verse 88
एकोनविंशद्वर्णोऽयं मंत्रः सर्वार्थसाधकः । विश्वामित्रो मुनिश्चास्यानुष्टुप्छन्द उदाहृतम् ॥ ८८ ॥
Ce mantra se compose de dix-neuf syllabes et peut accomplir tous les buts. Son ṛṣi est le sage Viśvāmitra, et son mètre (chandas) est déclaré être l’Anuṣṭubh.
Verse 89
देवता रामभद्रो जं बीजं शक्तिर्नम इति । मंत्रोत्थितैः क्रमाद्वर्णैस्ततो ध्यायेञ्च पूर्ववत् ॥ ८९ ॥
La divinité présidante est Rāmabhadra; « jaṃ » est la syllabe-graine (bīja), et « namaḥ » est déclaré être la śakti. Ensuite, avec les lettres issues du mantra dans leur ordre approprié, on doit méditer comme il a été dit précédemment.
Verse 90
पूजनं काम्यकर्मादि सर्वमस्य षडर्णवत् । तारः स्वबीजं कमला रामभद्रेति संपठेत् ॥ ९० ॥
Pour ce (mantra/cette divinité), l’adoration et tous les rites accomplis selon un désir doivent être réalisés à la manière du mantra à six syllabes. Qu’on récite : « Tāra », sa propre bīja (svabīja), « Kamalā » et « Rāmabhadrā ».
Verse 91
महेष्वासपदांते तु रघुवीर नृपोत्तम । दशास्यांतकशब्दांते मां रक्ष देहि संपठेत् ॥ ९१ ॥
À la fin du mot «Maheṣvāsa», puis de nouveau à la fin de «Daśāsyāntaka», qu’on récite : «Ô héros des Raghu, roi des rois—protège-moi ; accorde-moi refuge.»
Verse 92
परमांते मे श्रियं स्यान्मंत्रो बाणगुणाक्षरः । बीजैर्वियुक्तो द्वात्रिंशदर्णोऽयं फलदायकः ॥ ९२ ॥
«Que la prospérité suprême (Śrī) vienne à moi.» Ce mantra est composé selon le décompte prescrit des “flèches” et des “qualités” dans ses syllabes ; séparé des syllabes-semences (bīja), ce formulaire de trente-deux syllabes est dit dispensateur de fruits.
Verse 93
विश्वामित्रो मुनिश्चास्यानुष्टुप्छंद उदाहृतम् । देवता रामभद्रोऽत्र बीजं स्वं शक्तिरिंदिरा ॥ ९३ ॥
Pour ce mantra, le ṛṣi est Viśvāmitra ; son mètre (chandas) est déclaré Anuṣṭubh. Ici, la divinité présidante est Rāmabhadra ; son bīja est son propre Nom, et sa śakti est Indirā (Lakṣmī).
Verse 94
बीजत्रयाद्यैः कुर्वीत पदैः सर्वेण मंत्रवित् । पंचांगानि च विन्यस्य मंत्रवर्णान्क्रमान्न्यसेत् ॥ ९४ ॥
Le connaisseur du mantra doit accomplir le rite avec les mots qui commencent par les trois syllabes-semences (bīja). Après avoir d’abord disposé les cinq membres du nyāsa, qu’il place ensuite les syllabes du mantra dans l’ordre requis.
Verse 95
मूर्ध्नि भाले दृशोः श्रोत्रे गंडयुग्मे सनासिके । आस्ये दोःसंधियुगले स्तनहृन्नाभिषु क्रमात् ॥ ९५ ॥
Dans l’ordre requis : au sommet de la tête, sur le front, sur les deux yeux, sur les oreilles, sur les deux joues avec le nez ; puis sur la bouche ; sur la paire d’articulations des bras ; et ensuite, successivement, sur les seins, le cœur et le nombril.
Verse 96
कटौ मेढ्रे पायुपादसंधिष्वर्णान्न्यसेन्मनोः । ध्यानार्चनादिकं चास्य पूर्ववत्समुपाचरेत् ॥ ९६ ॥
Qu’on dépose mentalement (nyāsa) les syllabes du mantra sur la taille, les organes génitaux, l’anus et les articulations des pieds; puis, pour Lui, qu’on accomplisse la méditation, l’adoration (arcana) et les autres rites exactement comme il a été dit auparavant.
Verse 97
लक्षत्रयं पुरश्चर्यां पायसैर्हवनं मतम् । ध्यात्वा रामं पीतवर्णं जपेल्लक्षं समाहितः ॥ ९७ ॥
Pour le rite de puraścaraṇa, trois lakhs (300 000) répétitions sont prescrites, et l’offrande au feu (homa) doit être faite avec du pāyasa, riz au lait. Méditant sur Rāma à la teinte d’or, qu’on accomplisse, l’esprit concentré, un lakh (100 000) de japa.
Verse 98
दशांशं कमलैर्हुत्वा धनैर्धनपतिर्भवेत् । तारो माया रमाद्वंद्वं दाशरथाय हृञ्च वै ॥ ९८ ॥
Après avoir offert le dixième en oblation avec des fleurs de lotus—et de même avec des richesses—on devient seigneur de l’opulence. La suite des bīja-mantras « tāra », « māyā » et la paire « ramā » doit être appliquée à Dāśarathi (Rāma), avec « hṛñ ».
Verse 99
एकादशाक्षरो मंत्रो मुन्याद्यर्चास्य पूर्ववत् । त्रैलोक्यांते तु नाथाय हृदंतो वसुवर्णवान् ॥ ९९ ॥
Le mantra est de onze syllabes; et l’adoration—en commençant par les sages (munis)—doit être accomplie comme il a été exposé auparavant. À la fin des trois mondes (lors de la dissolution ultime), le Seigneur demeure comme l’Indweller du cœur, rayonnant d’une splendeur d’or, richesse lumineuse.
Verse 100
अस्यापि पूर्ववत्सर्वं न्यासध्यानार्चनादिकम् । आंजनेयपदांते तु गुरवे हृदयांतिमः ॥ १०० ॥
Pour ce (mantra/rite) aussi, tout doit être accompli comme auparavant : nyāsa, méditation, adoration, et le reste. À la fin du mot « Āñjaneya », qu’on ajoute la dernière bīja du Cœur (hṛdaya), puis qu’on l’offre au Guru.
Verse 101
मंत्रो नवाक्षरोऽस्यापि यजनं पूर्ववन्मतम् । ङेतं रामपद पश्चाद्धृदयं पंचवणवत् ॥ १०१ ॥
Pour ce (mantra) aussi, le mantra est de neuf syllabes ; son culte (yajana) est tenu pour conforme à ce qui fut enseigné auparavant. Après avoir placé le mot « Rāma », qu’on ajoute la syllabe-semence du cœur (hṛdaya), selon la manière de la formule à cinq lettres.
Verse 102
मुनिध्यानार्चनं चास्य प्रोक्तं सर्वं षडर्णवत् । रामांते चंद्रभद्रौ च ङेंतौ पावकवल्लभा ॥ १०२ ॥
La méditation et l’adoration rituelle de ce (mantra/deité) ont été entièrement enseignées selon la manière de la formule à six syllabes. À la fin se trouve « Rāmā » ; et il y a « Candrabhadrā » ainsi que « ṅeṃtau », avec « Pāvakavallabhā ».
Verse 103
मंत्रो द्वौ च समाख्यातौ मुन्याद्यर्चादि पूर्ववत् । वह्निः शेषान्वितश्चैव चंद्रभूषितमस्तकः ॥ १०३ ॥
Ainsi sont également proclamés deux mantras ; et le culte, commençant par les sages (munis) et le reste, doit être accompli comme auparavant. (La divinité à contempler) est Agni, accompagné de Śeṣa, la tête ornée de la lune.
Verse 104
एकाक्षरो रघुपतेर्मंत्रः कल्पद्रुमोऽपरः । ब्रह्मा मुनिः स्याद्गायत्री छंदो रामोऽस्य देवता ॥ १०४ ॥
Le mantra d’une seule syllabe de Raghupati est un autre arbre exauçant les vœux (kalpadruma). Pour ce mantra, Brahmā est le voyant (ṛṣi), Gāyatrī est le mètre (chandas) et Rāma en est la divinité présidante (devatā).
Verse 105
षड्दीर्घाढ्येन मंत्रेण षडंगानि समाचरेत् । सरयूतीरमंदारवेदिकापंकजासने ॥ १०५ ॥
Avec un mantra comportant six voyelles longues, qu’on accomplisse dûment les six rites auxiliaires (ṣaḍaṅga). Cela doit se faire sur la rive de la Sarayū, sur un siège de lotus posé sur un autel/estrade en bois de mandāra.
Verse 106
श्यामं वीरासनासीनं ज्ञानमुद्रोपशोभितम् । वामोरुन्यस्तं तद्धस्तं सीतालक्ष्मणसंयुतम् ॥ १०६ ॥
De teint sombre, assis en vīrāsana, embelli par la jñāna-mudrā ; cette main reposant sur la cuisse gauche, Il est accompagné de Sītā et de Lakṣmaṇa.
Verse 107
अवेक्षणाणमात्मानं मन्मथामिततेजसम् । शुद्धस्फटिकसंकाशं केवलं मोक्षकांक्षया ॥ १०७ ॥
Qu’on contemple l’Ātman, affranchi de tout objet de perception ; d’une splendeur incommensurable surpassant même Kāma ; lumineux comme un cristal pur, recherché uniquement par le désir de mokṣa, la délivrance.
Verse 108
चिंतयेत्परमात्मानमृतुलक्षं जपेन्मनुम् । सर्व्वं षडर्णवञ्चास्य होमनित्यार्चनादिकम् ॥ १०८ ॥
Qu’on médite le Paramātman et qu’on répète le mantra cent mille fois. Pour cette discipline, tout—à commencer par le mantra aux six syllabes, incluant le homa (offrande au feu), le culte quotidien et les rites connexes—doit être accompli comme il se doit.
Verse 109
वह्निः शेषासनो भांतः केवलो द्व्यक्षरो मनुः । एकाक्षरोक्त वत्सर्वं मुनिध्यानार्चनादिकम् ॥ १०९ ॥
« Vahni » (Agni), « Śeṣāsana » (Celui qui repose sur Śeṣa), « Bhānta » (le Rayonnant) et « Kevala » (l’Absolu) sont des mantras sacrés de deux syllabes. Mais dans le mantra d’une seule syllabe est proclamé le tout—telle la méditation et l’adoration des munis, et les disciplines connexes.
Verse 110
तारमानारमानंगचास्त्रबीजैर्द्विवर्णकः । त्र्यक्षरो मंत्रराजः स्यात्षड्विधः सकलेष्टदः ॥ ११० ॥
Composé des syllabes-semences (bīja) de Tāra, Māna, Ara, Mānaṅga et Cāstra, le mantra de deux syllabes devient un mantra de trois syllabes, le « roi des mantras ». Il est de six formes et accorde toute réalisation souhaitée.
Verse 111
व्द्यक्षरश्चंद्रभद्रांतो द्विविधश्चतुरक्षरः । एकार्णोक्तवदेतेषां मुनिध्यानार्चनादिकम् ॥ १११ ॥
Est énoncé le mantra de deux syllabes se terminant par « candra-bhadrā », et le mantra de quatre syllabes est de deux sortes. Pour ces mantras, la méditation du muni, l’adoration et les rites connexes doivent être accomplis exactement comme pour le mantra d’une seule syllabe.
Verse 112
तारो रामश्चतुर्थ्यंतो वर्मास्त्रं वह्निवल्लभा । अष्टार्णोऽयं महामंत्रो मुन्याद्यर्चा षडर्णवत् ॥ ११२ ॥
La syllabe « tāra » (Oṃ), puis « rāma » au datif (rāmāya), avec les mantras d’« armure » (varma) et d’« arme » (astra), et l’expression « bien-aimé du Feu » : tel est le grand mantra de huit syllabes. Le culte, commençant par les ṛṣi et ainsi de suite, doit être accompli comme pour le mantra de six syllabes.
Verse 113
तारो मया हृदंते स्याद्रामाय प्रणवांतिमः । शिवोमाराममंत्रोऽयमष्टार्णः सर्वसिद्धिदः ॥ ११३ ॥
« Tāra » (le Pranava, Oṃ) doit être placé par moi dans le cœur comme appui intérieur; et la syllabe finale est « rāmāya ». Tel est le mantra Śiva–Umā–Rāma, formule de huit syllabes qui confère toutes les siddhi (accomplissements).
Verse 114
ऋषिः सदाशिवः प्रोक्तो गायत्री छंद ईरितम् । शिवोमारामचंद्रोऽत्र देवता परिकीर्तितः ॥ ११४ ॥
Le voyant (ṛṣi) est déclaré être Sadāśiva; le mètre est dit être Gāyatrī; et la divinité présidant ici est proclamée comme Śivo–Umā–Rāmacandra.
Verse 115
षड्वीर्ययामाय यातु ध्रुवपंचार्णयुक्तया । षडंगानि विधायाथ ध्यायेद्धृदि सुरार्चितम् ॥ ११५ ॥
Qu’il avance avec le mantra adressé au Seigneur aux Six Puissances, uni à la formule stable de cinq syllabes. Puis, après avoir établi les six membres (ṣaḍ-aṅga) du nyāsa, qu’il médite dans son cœur la Divinité vénérée par les dieux.
Verse 116
रामं त्रिनेत्रं सोमार्द्धधारिणं शूलिनं वरम् । भस्मोद्धूलितसर्वांगं कपर्द्दिनमुपास्महे ॥ ११६ ॥
Nous adorons ce Seigneur suprême—qui se réjouit en tant que Rāma, aux trois yeux, portant le croissant de lune, brandissant le trident—dont tout le corps est poudré de cendre sacrée, l’ascète aux cheveux nattés (kapardin).
Verse 117
रामाभिरामं सौंदर्यसीमां सोमावतंसिनीम् । पाशांकुशधनुर्बाणधरां ध्यायेत्रिलोचनाम् ॥ ११७ ॥
Qu’on médite sur la Déesse aux trois yeux—charmante comme Rāmā (Lakṣmī), limite même de la beauté, coiffée du croissant de lune en diadème, portant le lasso, l’aiguillon, l’arc et les flèches.
Verse 118
एवं ध्यात्वा जपेद्वर्णलक्षं त्रिमधुरान्वितैः । बिल्पपत्रैः फलैः पुष्पैस्तिलैर्वा पंकजैर्हुनेत् ॥ ११८ ॥
Après avoir ainsi médité, qu’on accomplisse le japa jusqu’à la mesure de cent mille syllabes ; puis, avec des offrandes accompagnées des « trois douceurs », qu’on fasse le homa avec des feuilles de bilva, des fruits, des fleurs, du sésame ou des lotus.
Verse 119
स्वयमायांति निधयः सिद्धयश्च सुरेप्सिताः । तारो माया च भरताग्रजराममनोभवः ॥ ११९ ॥
Les trésors et les perfections (siddhi), désirés même par les dieux, viennent d’eux-mêmes. De même, on obtient Tārā, Māyā et Manobhava (Kāma), ainsi que Rāma, l’aîné de Bharata.
Verse 120
वह्निजायाद्वादशार्णो मंत्रः कल्पद्रुमोऽपरः । अंगिराश्च मुनिश्छंदो गायत्री देवता पुनः ॥ १२० ॥
De « Vahnijāyā » se forme un mantra de douze syllabes, appelé aussi « Kalpadruma », l’arbre qui exauce les vœux. Son ṛṣi est le sage Aṅgiras ; son mètre est Gāyatrī ; et la divinité présidante est, à nouveau, Gāyatrī.
Verse 121
श्रीरामो भुवनाबीजं स्वाहाशक्तिः समीरितः । चंद्रैकमुनिभूनेत्रैर्मंत्रार्णैरंगकल्पनम् ॥ १२१ ॥
«Śrī Rāma» est proclamé comme le bīja (graine) des mondes, et «svāhā» est déclaré être sa śakti (puissance). Selon les syllabes mantriques indiquées par le code numérique «lune–un–sage–terre–yeux», on doit accomplir l’assignation des membres (aṅga-kalpanā/nyāsa).
Verse 122
ध्यानपूजादिकं चास्च सर्वं कुर्यात्षडर्णवत् । प्रणवो हृदयं सीतापते रामश्च ङेंतिमः ॥ १२२ ॥
Pour ce mantra, on accomplira tous les rites—méditation (dhyāna), culte (pūjā) et le reste—comme pour le mantra à six syllabes. Le praṇava (Oṃ) en est le cœur ; et «Rāma, Seigneur de Sītā» en est la conclusion.
Verse 123
हनद्वयांते वर्मास्त्रं मंत्रः षोडशवर्णवान् । अगस्त्योऽस्य मुनिश्छंदो बृहती देवता पुनः ॥ १२३ ॥
À la fin des deux syllabes «hana» se trouve le mantra protecteur «armure-arme» (varma-astra), composé de seize syllabes. Son ṛṣi est Agastya ; son mètre (chandas) est Bṛhatī ; et sa divinité présidante est, de nouveau, celle mentionnée plus haut.
Verse 124
श्रीरामोऽहं तथा बीजं रां शक्तिः समुदीरिता । रामाब्धिवह्निवेदाक्षिवर्णैः पंचांगकल्पना ॥ १२४ ॥
«Je suis Śrī Rāma.» La syllabe-graine (bīja) est «rāṃ», et sa śakti (puissance) est ainsi proclamée. Par les lettres indiquées par «Rāma–océan–feu–Veda–œil», on doit établir l’agencement en cinq membres (pañcāṅga-kalpanā).
Verse 125
ध्यानपूजादिकं सर्वमस्य कुर्यात्षडर्णवत् । तारो हृञ्चैव ब्रह्मण्यसेव्याय पदमीरयेत् ॥ १२५ ॥
On accomplira toutes ses pratiques—méditation, culte et le reste—comme pour le mantra à six syllabes. Puis on prononcera la syllabe «tāra» (Oṃ) avec «hṛṃ», et l’on dira la formule «brahmaṇya-sevyāya».
Verse 126
रामायाकुंठशब्दांतं तेजसे च समीरयेत् । उत्तमश्लोकधुर्याय स्वं भृगुः कामिकान्वितः ॥ १२६ ॥
Qu’on prononce la formule qui commence par « Rāmā » et s’achève par le mot « Akuṇṭha », et qu’on la récite aussi pour accroître le tejas, la splendeur spirituelle. Ainsi Bhṛgu—porteur de l’intention désirée—offrit sa propre louange au Seigneur suprême, célébré par d’excellents ślokas (Viṣṇu).
Verse 127
दंडार्पितां प्रिये मंत्रो रामरामाक्षरो मतः । ऋषिः शुक्रस्तथानुष्टुप्छंदो रामोऽस्य देवता ॥ १२७ ॥
Ô bien-aimée, le mantra est tenu pour le double « Rāma, Rāma », mantra confié au disciple. Son ṛṣi est Śukra ; son mètre est Anuṣṭubh ; et sa divinité présidante est Rāma.
Verse 128
पादैः सर्वेण पंचांगं कुर्याच्छेषं षडर्णवत् । लक्षं जपो दशांशेन जुहुयात्पायसैः सुधीः ॥ १२८ ॥
En employant le mantra tout entier avec toutes ses parties, qu’on accomplisse les observances en cinq membres (pañcāṅga) ; et que le reste soit tenu pour une formule de six syllabes. Le sage doit achever cent mille répétitions (japa), puis offrir le dixième en oblations (homa) avec du pāyasa, riz au lait sacré.
Verse 129
सिद्धमंत्रस्य भुक्तिः स्यान्मुक्तिः पातकनाशनम् । आदौ दाशरथायांते विद्महे पदमुच्चरेत् ॥ १२९ ॥
Le mantra accompli (siddha) confère la jouissance du monde et aussi la délivrance (mukti), et il détruit les fautes. Au début, qu’on prononce « dāśarathāya », et à la fin qu’on dise le mot « vidmahe ».
Verse 130
ततः सीतावल्लभाय धीमहीति समुच्चरेत् । तन्नो रामः प्रोचो वर्णो दयादिति च संवदेत् ॥ १३० ॥
Ensuite, qu’on récite : « Nous méditons (dhīmahi) sur le Bien-aimé de Sītā. » Puis qu’on prononce encore : « Que ce Rāma—proclamé comme la syllabe suprême—nous accorde sa grâce. »
Verse 131
एषोक्तारा मगायत्री सर्वाभीष्टफलप्रदा । पद्मासीतापदं ङेतं ठद्वयांतः षडक्षरः ॥ १३१ ॥
Voici la Magāyatrī proclamée ici ; elle accorde tous les fruits désirés. Qu’on la reconnaisse comme la forme de mot « padmāsītā », un mantra de six syllabes se terminant par une paire de consonnes.
Verse 132
वाल्मीकिश्च मुनिश्छंदो गायत्री देवता पुनः । सीता भगवती प्रोक्ता श्रीं बीजं वह्निसुन्दरी ॥ १३२ ॥
De nouveau : le ṛṣi est Vālmīki ; le mètre est Gāyatrī ; la divinité présidant est la Dame divine Sītā. La syllabe-graine est « śrīṃ », et la śakti est appelée Vahnisundarī.
Verse 133
शक्तिः षड्दीर्घयुक्तेन बीजेनांगानि कल्पयेत् । ततो ध्यायन्महादेवीं सीतां त्रैलोक्यपूजिताम् ॥ १३३ ॥
Avec la syllabe-graine du mantra de la Śakti, pourvue de six voyelles longues, qu’on dispose le nyāsa sur les membres. Puis, en méditation, qu’on contemple la Grande Déesse Sītā, honorée dans les trois mondes.
Verse 134
तप्तहाटकवर्णाभां पद्मयुग्मं करद्वये । सद्रत्नभूषणस्फूर्जद्दिव्यदेहां शुभात्मिकाम् ॥ १३४ ॥
Son éclat était tel l’or chauffé à blanc ; dans ses deux mains elle tenait une paire de lotus. Parée d’ornements de gemmes étincelantes, son corps divin rayonnait : elle était, en son essence, de bon augure.
Verse 135
नानावस्त्रां शशिमुखीं पद्माक्षीं मुदितांतराम् । पश्यंतीं राघवं पुण्यं शय्यार्ध्यां षड्गुणेश्वरीम् ॥ १३५ ॥
Vêtue de maints vêtements, au visage de lune et aux yeux de lotus, joyeuse au-dedans, elle contemplait le saint Rāghava. Digne du lit royal, elle était la Souveraine pourvue des six excellences.
Verse 136
एवं ध्यात्वा जपेद्वर्णलक्षं मंत्री दशांशतः । जुहुयात्कमलैः फुल्लैः पीठे पूर्वोदिते यजेत् ॥ १३६ ॥
Après avoir ainsi médité, le pratiquant du mantra doit le réciter cent mille fois ; puis, pour en offrir le dixième, il accomplira le homa avec des lotus pleinement épanouis et célébrera le culte sur le pīṭha (siège sacré) prescrit auparavant.
Verse 137
मूर्तिं संकल्प्य मूलेन तस्यामावाह्य जानकीम् । संपूज्य दक्षिणे राममभ्यर्च्याग्रेऽनिलात्मजम् ॥ १३७ ॥
Ayant formé mentalement l’icône au moyen du mūla-mantra, qu’il y invoque (āvāhana) Jānakī (Sītā) ; après l’avoir honorée comme il se doit, qu’il vénère Rāma à sa droite et, devant, qu’il adore avec respect le fils d’Anila (Hanumān).
Verse 138
पृष्टे लक्ष्मणमभ्यर्च्य षट्कोणेष्वंगपूजनम् । पत्रेषु मंत्रिमुख्यंश्च बाह्ये लोकेश्वरान्पुनः ॥ १३८ ॥
Puis, au revers, après avoir honoré Lakṣmaṇa comme il convient, qu’il accomplisse l’aṅga-pūjā — le culte des membres subsidiaires — dans les six triangles ; sur les pétales, qu’il vénère les ministres principaux ; et, dans l’enceinte extérieure, de nouveau les Seigneurs des mondes (Loka-īśvara).
Verse 139
वज्राद्यानपि संपूज्य सर्वसिद्धीश्वरो भवेत् । जातीपुष्पैश्चन्दनाक्तै राजवश्याय होमयेत् ॥ १३९ ॥
En honorant dûment Vajra et les autres (puissances/divinités) qui commencent avec lui, on devient le maître de toutes les siddhis (accomplissements). Pour amener un roi sous son influence, qu’on accomplisse un homa avec des fleurs de jasmin enduites de pâte de santal.
Verse 140
कमलैर्धनधान्याप्तिर्नीलाब्जैर्वशयन् जगत् । बिल्वपत्रैः श्रियः प्राप्त्यै दूर्वाभीरोराशांतये ॥ १४० ॥
Par l’offrande de lotus, on obtient richesse et grains ; par les lotus bleus (nīlābja), on met le monde sous son influence ; par les feuilles de bilva, on atteint Śrī, la prospérité ; et par l’herbe dūrvā et l’abhīru, on apaise le désir agité né de l’espérance.
Verse 141
किं बहूक्तुन सौभाग्यं पुत्रान्पौत्रान्परं सुखम् । धनं धान्यं च मोक्षं च सीताराधनतो लभेत् ॥ १४१ ॥
Que dire de plus ? Par l’adoration de Sītā, on obtient la bonne fortune, des fils et des petits-fils, la félicité suprême, richesses et grains, et même la délivrance (mokṣa).
Verse 142
शक्रः सेंदुर्लक्ष्मणाय हृदयं सप्तवर्णवान् । अगस्त्योऽस्य मुनिश्छंदो गायत्री देवता पुनः ॥ १४२ ॥
Pour le mantra du cœur (hṛdaya) de Lakṣmaṇa, le voyant (ṛṣi) est Śakra (Indra), marqué de vermillon rouge et composé de sept syllabes. Pour ce mantra, le sage Agastya est le ṛṣi ; le mètre est Gāyatrī ; et la devatā est, à nouveau, cette même puissance divine.
Verse 143
लक्ष्मणाख्यो महावीरश्चाढ्यं हृद्वीजशक्तिके । षड्दीर्घाढ्येन बीजेन षडंगानि समाचरेत् ॥ १४३ ॥
Le grand héros nommé Lakṣmaṇa, pourvu de la puissance de la semence du cœur (hṛd-bīja-śakti), doit accomplir le rite aux six membres (ṣaḍaṅga-nyāsa) au moyen d’un mantra-graine enrichi de six voyelles longues.
Verse 144
द्विभुजं स्वर्णरुचुरतनुं पद्मनिभेक्षणम् । धनुर्बाणकरं रामसेवासंसक्तमानसम् ॥ १४४ ॥
À deux bras, le corps rayonnant comme l’or, aux yeux de lotus, tenant arc et flèches — l’esprit entièrement absorbé dans le service de Rāma.
Verse 145
ध्यात्वैवं प्रजपेद्वर्णलक्षं मंत्री दशांशतः । मध्वाक्तैः पायसैर्हुत्वा रामपीठे प्रपूजयेत ॥ १४५ ॥
Après avoir médité ainsi, le pratiquant doit réciter le mantra jusqu’à cent mille syllabes ; puis, offrant le dixième en oblations (homa) de pāyasa mêlé de miel, il doit adorer comme il se doit (le Seigneur) sur le Rāma-pīṭha, le siège de Rāma.
Verse 146
रामवद्यजनं चास्य सर्वसिद्धिप्रदो ह्ययम् । साकल्यं रामपूजाया यदीच्छेन्नियतं नरः ॥ १४६ ॥
La récitation, ou l’énonciation, de cet hymne à la louange de Rāma accorde véritablement toutes les siddhi. Si un homme de discipline désire le fruit entier du culte de Rāma, qu’il l’accomplisse régulièrement.
Verse 147
तेन यत्नेन कर्त्तव्यं लक्ष्मणार्चनमादरात् । श्रीरामचंद्रभेदास्तु बहवः संति सिद्धिदाः ॥ १४७ ॥
Ainsi, avec ce même effort, que l’adoration de Lakṣmaṇa soit accomplie avec un soin révérencieux. En vérité, Śrī Rāmacandra présente de nombreuses formes et distinctions reconnues, et toutes sont dispensatrices d’accomplissements spirituels.
Verse 148
तत्साधकैः सदा कार्यं लक्ष्मणाराधनं शुभम् । अष्टोत्तरसहस्रं वा शतं वा सुसमाहितैः ॥ १४८ ॥
Ainsi, les pratiquants doivent toujours accomplir l’adoration auspicious de Lakṣmaṇa : soit par mille huit répétitions, soit au moins par cent, l’esprit parfaitement recueilli.
Verse 149
लक्ष्मणस्य मनुर्जप्यो मुमुक्षुभिरतंद्रितैः । अजप्त्वा लक्ष्मणमनुं राममंत्रान् जपंति ये ॥ १४९ ॥
Le mantra de Lakṣmaṇa doit être récité avec assiduité par ceux qui aspirent à la délivrance. Ceux qui récitent les mantras de Rāma sans avoir d’abord répété le mantra de Lakṣmaṇa ne suivent pas l’ordre juste.
Verse 150
न तेषां जायते सिद्धिर्हानिरेव पदे पदे । यो जपेल्लक्ष्मणमनुं नित्यमेकांतमास्थितः ॥ १५० ॥
Pour eux, aucun accomplissement ne naît ; au contraire, la perte survient à chaque pas. (Tel est le cas de celui qui,) même demeurant en retraite constante, répète chaque jour le mantra de Lakṣmaṇa (sans l’ordre requis).
Verse 151
मुच्यते सर्वपापेभ्यः सर्वान्कामानवाप्नुयात् । जयप्रधानो मंत्रोऽयं राज्यप्राप्त्यैकसाधनम् ॥ १५१ ॥
On est délivré de tous les péchés et l’on obtient tous les buts désirés. Ce mantra, dont la puissance maîtresse est la victoire, est l’unique moyen efficace d’acquérir la souveraineté (la royauté).
Verse 152
नष्टराज्याप्तये मंत्रं जपेल्लक्षं समाहितः । सोऽचिरान्नष्टराज्यं स्वं प्राप्नोत्येव न संशयः ॥ १५२ ॥
Pour recouvrer un royaume perdu, qu’on récite ce mantra cent mille fois, l’esprit recueilli. Il retrouvera bientôt son propre royaume perdu—sans aucun doute.
Verse 153
ध्यायन्राममयोध्यायामभिषिक्त मनन्यधीः । पञ्चायुतं मनुं जप्त्वा नष्टराज्यमवाप्नुयात् ॥ १५३ ॥
L’esprit inébranlable, en méditant sur Rāma consacré roi à Ayodhyā, et après avoir récité le mantra cinq mille fois, on peut recouvrer un royaume perdu.
Verse 154
नागपाशविनिर्मुक्तं ध्यात्वा लक्ष्मणमादरात् । अयुतं प्रजपेन्मंत्रं निगडान्मुच्यते ध्रुवम् ॥ १५४ ॥
En méditant avec révérence sur Lakṣmaṇa, délivré du lacet du serpent (Nāga-pāśa), qu’on récite le mantra dix mille fois : on est assurément libéré des chaînes.
Verse 155
वातात्मजेनानीताभिरोषधीभिर्गतव्यथम् । ध्यात्वा लक्षं जपन्मंत्रमल्पमृत्युं जयेद्धुवम् ॥ १५५ ॥
Par les herbes médicinales apportées par le fils du dieu du Vent (Hanumān), la douleur s’apaise. Puis, en méditant et en récitant le mantra cent mille fois, on triomphe assurément de la « petite mort » (péril prématuré).
Verse 156
घातयंतं मेघनादं ध्यात्वा लक्षं जपेन्मनुम् । दुर्जयं वापि वेगेन जयेद्रिपुकुलं महत् ॥ १५६ ॥
En méditant sur (la puissance divine) comme le pourfendeur de Meghanāda, qu’on répète le mantra cent mille fois ; par un élan rapide, on vainc même ce qui paraît invincible et l’on triomphe d’une grande armée de clans ennemis.
Verse 157
ध्यात्वा शूर्पणखानासाछेदनोद्युक्तमानसम् । सहस्रं प्रजपेन्मंत्रं पुरुहूतादिकान् जयेत् ॥ १५७ ॥
En méditant, l’esprit tendu vers l’acte de trancher le nez de Śūrpaṇakhā, qu’on récite le mantra mille fois ; ainsi l’on surmonte Puruhūta (Indra) et les autres.
Verse 158
रामपादाब्जसेवार्थं कृतोद्योगमथो स्मरन् । प्रजपल्लँक्षमेकांते महारोगात्प्रमुच्यते ॥ १५८ ॥
Se souvenant du Seigneur Rāma et s’appliquant avec ferveur au service de Ses pieds de lotus, celui qui, en retrait, récite la prière cent mille fois est délivré des maladies graves.
Verse 159
त्रिमासं विजिताहारो नित्यं सप्तसहस्रकम् । अष्टोत्तरशतैः पुष्पैर्निश्छेद्रैः शातपत्रकैः ॥ १५९ ॥
Pendant trois mois, ayant maîtrisé l’alimentation, qu’on accomplisse chaque jour sept mille récitations (japa), et qu’on offre cent huit fleurs de lotus, intactes, aux cent pétales.
Verse 160
पूजयित्वा विधानेन पायसं च सशर्करम् । निवेद्य प्रजपेन्मंत्रं कुष्टरोगात्प्रनुच्यते ॥ १६० ॥
Après avoir accompli le culte selon la règle prescrite et offert un riz au lait (pāyasa) mêlé de sucre, qu’on récite le mantra ; par ce rite, on est délivré de la lèpre ou des affections de la peau.
Verse 161
विजने विजिताहारः षण्मासं विधिनामुना । क्षयरोगात्प्रमुच्येत सत्यं सत्यं न संशयः ॥ १६१ ॥
Dans un lieu retiré, la nourriture entièrement maîtrisée, si l’on suit cette méthode prescrite durant six mois, on est délivré de la consomption (kṣaya-roga). C’est la vérité—vérité assurée; nul doute.
Verse 162
अभिमंत्र्य जलं प्रातर्मंत्रेण त्रिः समाहितः । त्रिसंध्यं वा पिबेन्नित्यं मुच्यते सर्वरोगतः ॥ १६२ ॥
Le matin, après avoir consacré l’eau par le mantra, le répétant trois fois l’esprit recueilli, qu’on la boive chaque jour—ou aux trois sandhyās. Ainsi l’on est délivré de toutes les maladies.
Verse 163
दारिद्र्यं च पराभूतं जायते धनदोपमः । विषादिदोषसंस्पर्शो न भवेत्तु कदाचन ॥ १६३ ॥
La pauvreté et l’humiliation sont vaincues, et l’on obtient richesse et prospérité semblables à celles de Kubera; et le contact des défauts tels que la tristesse ne surgit jamais—en aucun temps.
Verse 164
मनुना मंत्रितैस्तोयैः प्रत्येहं क्षालयेन्मुखम् । मुखनेत्रादिसंभूताञ्जयेद्द्व्रोगांश्च दारुणान् ॥ १६४ ॥
Chaque jour, qu’on se lave le visage avec de l’eau rendue puissante par le mantra; ainsi l’on vainc même les maladies redoutables nées du visage, des yeux et des organes associés.
Verse 165
पीत्वाभिमंत्रितं त्वंभः कुक्षिरोगान् जयेद्ध्रुवम् । लक्ष्मणप्रतिमां कृत्वा दद्याद्भक्त्या विधानतः ॥ १६५ ॥
En buvant cette eau consacrée par le mantra, on triomphe sûrement des maladies du ventre. Ayant façonné une image de Lakṣmaṇa, qu’on la donne en offrande avec dévotion, selon le rite prescrit.
Verse 166
स सर्वेभ्योऽथ रोगेभ्यो मुच्यते नात्र संशयः । कन्यार्थी विमलापाणिग्रहणासक्तमानसः ॥ १६६ ॥
Un tel homme est délivré de toutes les maladies—il n’y a là aucun doute—lorsque, cherchant une épouse, son esprit s’attache à recevoir en mariage la main pure (d’une jeune fille vertueuse).
Verse 167
ध्यायन् लक्षं जपेन्मंत्री अब्जैर्हुत्वा दशांशतः । ईप्सितां लभते कन्यां शीग्रमेव न संशयः ॥ १६७ ॥
Méditant sur la divinité et le mantra, le pratiquant doit le réciter cent mille fois; puis, offrant au feu des lotus à hauteur d’un dixième de ce nombre, il obtient promptement la jeune fille désirée—sans aucun doute.
Verse 168
दीक्षितं जुंभणास्त्राणां मंत्रेषु नियतव्रतम् । ध्यात्वा च विधिवन्नित्यं जपेन्मासत्रयं मनुम् ॥ १६८ ॥
Après avoir reçu selon le rite l’initiation aux astras de Jumbhaṇa, et en observant un vœu réglé à l’égard de leurs mantras, qu’il médite conformément aux prescriptions et récite chaque jour le mantra durant trois mois.
Verse 169
पूजापुरःसरं सप्तसहस्रं विजितेंद्रियः । सर्वासामपि विद्यानां तत्त्वज्ञो जायते नरः ॥ १६९ ॥
L’homme qui a vaincu ses sens et qui, faisant du culte sa pratique première durant sept mille (actes/temps), devient connaisseur des principes véritables de toutes les disciplines du savoir.
Verse 170
विश्वामित्रक्रतुवरे कृताद्भुतपराक्रमम् । ध्यायँल्लक्षं जपेन्मंत्रं मुच्यते महतो भयात् ॥ १७० ॥
Méditant sur la vaillance merveilleuse déployée dans l’excellent sacrifice de Viśvāmitra, qu’on récite le mantra cent mille fois; ainsi l’on est délivré de la grande peur.
Verse 171
कृतनित्यक्रियः शुद्धस्त्रिकालं प्रजपेन्मनुम् । सर्वपापविनिर्मुक्तो याति विष्णोः परं पदम् ॥ १७१ ॥
Celui qui accomplit comme il se doit les rites quotidiens obligatoires et, purifié, récite le mantra (manu) trois fois par jour, se délivre de tous les péchés et atteint la demeure suprême de Viṣṇu.
Verse 172
दीक्षितो विधिवन्मंत्री गुणैर्विगतकल्मषः । स्वाचारनियतो दांतो गृहस्थो विजितेंद्रियः ॥ १७२ ॥
Initié (dīkṣā) selon le rite, le pratiquant du mantra—purifié par les vertus et sans souillure—demeure établi dans sa propre juste conduite, maître de lui-même, chef de foyer, et vainqueur des sens.
Verse 173
ऐहिकाननपेक्ष्यैव निष्कामो योऽर्चयेद्विभुम् । स सर्वान्पुण्यपापौधान्दग्ध्वा निर्मलमानसः ॥ १७३ ॥
Celui qui, sans attendre aucun gain mondain et sans désir (niṣkāma), adore le Seigneur qui pénètre tout (Vibhu), brûle les amas accumulés de mérite et de péché, et son esprit devient limpide.
Verse 174
पुनरावृत्तिरहितः शाश्वतं पदमश्वतं पदमश्नुते । सकामो वांछितान् लब्ध्वा भुक्त्वा भोगान् मनोगतान् ॥ १७४ ॥
Celui qui est sans retour atteint l’état éternel; mais celui que mène le désir atteint l’état périssable : il obtient ce qu’il souhaite et, après avoir goûté les jouissances conçues par l’esprit, s’épuise.
Verse 175
जातिरमरश्चिरं भूत्वा याति विष्णोः परं पदम् । निद्राचन्द्रान्विता पश्चाद्भरताय हृदंतिमः ॥ १७५ ॥
Cette jīva, après être longtemps devenue un être immortel, semblable à un deva, atteint la demeure suprême de Viṣṇu. Ensuite, pourvue de « Nidrā » et de « Candra », elle devient le soutien le plus intérieur, demeurant au cœur, pour Bharata.
Verse 176
सप्ताक्षरो मनुश्चास्य मुन्याद्यर्चादि पूर्ववत् । बकः सेंदुश्च शत्रुध्नपरं ङेतं हृदंतिमः ॥ १७६ ॥
Pour cette (divinité/mantra), le mantra est de sept syllabes. Le ṛṣi qui le préside et les rites d’adoration, à commencer par l’hommage aux sages, doivent être accomplis comme il a été dit auparavant. Les signes associés sont la grue (baka) et la lune (indu) ; il est tourné vers la destruction des ennemis (śatrudhna). L’application finale se termine par le « hṛdaya » (cœur).
Verse 177
सप्ताक्षरोऽयं शत्रुध्नमंत्रः सर्वेष्टसिद्धिदः ॥ १७७ ॥
Ce mantra de sept syllabes, nommé « mantra destructeur des ennemis » (śatrudhna), accorde l’accomplissement de tous les buts désirés.
Verse 178
इति श्रीबृहन्नारदीयपुराणे पूर्वभागे बुहदुपाख्याने सनत्कुमारविभागे तृतीयपादे रामाद्युपासनावर्णनं नाम त्रिसप्ततितमोऽध्यायः ॥ ७३ ॥
Ainsi s’achève le soixante-treizième chapitre, intitulé « Description du culte de Rāma et des autres », dans le Troisième Pāda du Pūrva-bhāga du Śrī Bṛhannāradīya Purāṇa, au sein du Grand Récit, dans la section concernant Sanatkumāra.
It is presented as the most excellent among Rāma-mantras, with explicit mantra-credentials and a complete ritual template (ṣaḍaṅga-nyāsa, dhyāna, puraścaraṇa, and homa). The text emphasizes its pāpa-kṣaya power—even for mahāpātakas—while still situating its proper use within dharmic intent oriented to mokṣa rather than mere technique.
The Yantra-rāja is a premier ritual diagram featuring a hexagonal structure, an eight-petalled lotus, and an outer solar-petal ring, populated with coded bīja placements and protective Sudarśana enclosures. The chapter specifies inscription materials (e.g., birch-bark with aṣṭa-gandha), wearing locations (neck/right arm/head), and operational contexts (auspicious day, favorable nakṣatra) for rites ranging from protection and prosperity to coercive ritual operations.
It enumerates many result-oriented applications (health, longevity, wealth, subjugation, restoration of sovereignty), but explicitly warns that those who use ritual applications merely as techniques do not gain the ‘hereafter.’ The larger framing repeatedly returns to jīvanmukti and Viṣṇu’s supreme abode as the higher aim.
Sītā is installed and worshipped as an integral left-side presence of Rāma and also through distinct mantra-forms and a dedicated meditation, yielding prosperity, progeny, and liberation. Lakṣmaṇa is treated as a required sequential prerequisite for effective Rāma-mantra accomplishment, with his own mantra, dhyāna, and applied rites for protection, health, bondage-release, and kingship-restoration.