
Le chapitre 27 présente un enseignement théologique structuré, transmis par un dialogue à plusieurs niveaux. Les sages demandent à Sūta d’exposer pleinement les quatre yuga : leur durée mesurable (pramāṇa), leur nature propre (svarūpa) et leur « māhātmya », c’est‑à‑dire leur portée religieuse et éthique. Sūta rapporte ensuite un cadre plus ancien : Indra (Śakra), siégeant en assemblée avec les dieux et d’autres êtres, interroge respectueusement Bṛhaspati sur l’origine et les normes des yuga. Bṛhaspati décrit les yuga successivement. Dans le Kṛtayuga, le dharma est complet (à quatre pieds), la vie humaine est longue, l’ordre social et rituel est établi, et il n’existe ni maladie, ni naraka, ni condition de preta ; les rites sont accomplis sans désir égoïste. Dans le Tretāyuga, le dharma décline (à trois pieds), la rivalité et une religiosité fondée sur le désir augmentent ; il introduit aussi une classification expliquant l’apparition de groupes socialement marginalisés par des unions mixtes (selon le cadre du texte). Dans le Dvāparayuga, dharma et pāpa s’équilibrent (deux et deux), l’ambiguïté grandit, et les fruits des rites dépendent davantage de l’intention. Dans le Kaliyuga, le dharma devient minimal (à un pied), la confiance sociale s’effondre, la longévité diminue, le désordre écologique et moral s’intensifie, et les institutions religieuses se dégradent. Le chapitre s’achève par une phalaśruti : réciter ou entendre cet enseignement sur les yuga est dit effacer le pāpa à travers les cycles d’existence.
Verse 1
। ऋषय ऊचुः । चतुर्युगस्वरूपं तु माहात्म्यं चैव सूतज । प्रमाणं वद कार्त्स्न्येन परं कौतूहलं हि नः
Les sages dirent : Ô fils de Sūta, expose pleinement la juste mesure et le récit complet des quatre yuga et de leur grandeur ; car notre curiosité est profonde.
Verse 2
सूत उवाच । इममर्थं पुरा पृष्टो वासवेन बृहस्पतिः । यथा प्रोवाच विप्रेंद्रास्तद्वो वक्ष्यामि सांप्रतम्
Sūta dit : Jadis, Vāsava (Indra) interrogea précisément Bṛhaspati sur ce sujet. Ô meilleurs des brāhmaṇa, comme il l’exposa, ainsi vais-je vous le dire à présent.
Verse 3
पुरा शक्रं समासीनं सभायां त्रिदशैः सह । सह शच्या महात्मानमुपासांचक्रिरे सुराः
Un jour, lorsque Śakra (Indra) siégeait dans l’assemblée avec les trente dieux, et Śacī à ses côtés, les divinités se rassemblèrent et servirent ce seigneur à la grande âme.
Verse 4
गन्धर्वाप्सरसश्चैव सिद्धविद्याधराश्च ये । गुह्यकाः किंनरा दैत्या राक्षसा उरगास्तथा
Gandharva et Apsaras, Siddha et Vidyādhara, Guhyaka et Kiṃnara, ainsi que Daitya, Rākṣasa et Nāga : tous étaient présents.
Verse 5
कलाः काष्ठानिमेषाश्च नक्षत्राणि ग्रहास्तथा । सांगा वेदास्तथा मूर्तास्तीर्थान्यायतनानि च
Là se trouvaient aussi les divisions du temps—kalā, kāṣṭhā et nimeṣa—ainsi que les constellations et les planètes ; les Veda avec leurs auxiliaires (Vedāṅga), les formes incarnées (divinités), et aussi les tīrtha et les demeures sacrées.
Verse 6
तथा चक्रुः कथाश्चित्रा देवदानवरक्षसाम् । राजर्षीणां पुराणानां ब्रह्मर्षीणां विशेषतः
Et ils rapportèrent des récits merveilleux—sur les dieux, les dānavas et les rākṣasas ; sur les sages-rois (rājarṣi) et les antiques Purāṇa, et surtout sur les grands Brahmarṣi.
Verse 7
कस्मिंश्चिदथ संप्राप्ते प्रस्तावे त्रिदशेश्वरः । पप्रच्छ विनयोपेतो विप्रश्रेष्ठं बृहस्पतिम्
Puis, en une certaine occasion, lorsque le propos s’y prêta, le seigneur des dieux, avec humilité, interrogea Bṛhaspati, le plus éminent des brāhmaṇa.
Verse 8
भगवञ्छ्रोतुमिच्छामि प्रमाणं युगसंभवम् । माहात्म्यं च स्वरूपं च यथावद्वक्तुमर्हसि
Ô vénérable, je souhaite entendre la mesure et l’origine du yuga—sa grandeur et sa nature véritable. Daigne l’exposer avec justesse, comme il convient de le dire.
Verse 9
बृहस्पति रुवाच । अहं ते कीर्तयिष्यामि माहात्म्यं युगसंभवम् । यत्प्रमाणं स्वरूपं च शृणुष्वावहितः स्थितः
Bṛhaspati dit : Je te raconterai la grandeur et l’origine du yuga—sa mesure et sa nature essentielle aussi. Écoute avec attention, demeurant pleinement recueilli.
Verse 10
अष्टाविंशतिसहस्राणि लक्षाः सप्तदशैव तु । प्रमाणेन कृतं प्रोक्तं यत्र शुक्लो जनार्दनः
Selon la mesure proclamée, il y a vingt-huit mille et dix-sept lakṣas ; on dit que c’est l’âge Kṛta (Satya-yuga), où Janārdana se manifeste en blancheur, de forme et d’éclat.
Verse 12
चतुष्पादस्तथा धर्मः सुसंपूर्णा वसुन्धरा । कामक्रोधविनिर्मुक्ता भयद्वेषविवर्जिताः । जनाश्चिरायुषस्तत्र शान्तात्मानो जितेन्द्रियाः । पञ्चतालप्रमाणाश्च दीप्तिमन्तो बहुश्रुताः
Là, le dharma se tient sur ses quatre pieds, et la terre est comblée d’abondance. Les hommes sont délivrés du désir et de la colère, sans peur ni haine ; ils vivent longtemps, l’âme paisible, maîtres de leurs sens—hauts comme cinq tālas, rayonnants et très savants.
Verse 13
तत्र षोडशसाहस्रं बालत्वं जायते नृणाम् । ततश्च यौवनं प्रोक्तं द्वात्रिंशद्यावदेव हि
Là, l’enfance des hommes dure seize mille ans. Ensuite, la jeunesse, dit-on, s’étend jusqu’à trente-deux mille ans.
Verse 14
ततः परं च वार्द्धक्यं शनैः संजायते नृणाम् । लक्षांते परमं यावदन्येषामधिकं क्वचित्
Après cela, la vieillesse vient peu à peu aux hommes. Elle n’atteint son terme suprême qu’à la fin d’un lakṣa d’années ; et pour certains, même au-delà.
Verse 15
तत्र सत्त्वाश्च ये केचित्पशवः पक्षिणो मृगाः । दैवीं वाचं प्रजल्पंति न विरोधं व्रजंति च ।ा
Là, quels que soient les êtres vivants—bétail, oiseaux et bêtes sauvages—ils profèrent une parole divine et ne vont point à l’opposition ni au conflit entre eux.
Verse 19
धेनवश्च प्रयच्छंति वांछितं स्वादु सत्पयः । सर्वेष्वपि हि कालेषु भूरि सर्प्पिःप्रदं नृणाम्
Les vaches accordent aux hommes le lait désiré, doux, pur et salutaire ; en tout temps, elles dispensent à l’humanité un ghee abondant.
Verse 20
न तत्र विधवा नारी जायते न च दुर्भगा । काकवंध्या सुतैर्हीना न च शीलविवर्जिता
Là, nulle femme ne devient veuve, et nulle n’est infortunée ; aucune n’est stérile ni privée d’enfants, et aucune n’est dépourvue de bonne conduite.
Verse 21
यथाजन्म तथा मृत्युः क्रमात्संजायते नृणाम् । न वीक्षते पिता पुत्रं मृतं क्वापि कदाचन
De même que la naissance advient, de même la mort vient aux hommes selon l’ordre établi ; mais là, jamais un père n’a à voir son fils gisant mort, en quelque lieu ni en aucun temps.
Verse 22
न प्रेतत्वं च लोकानां मृतानां तत्र जायते । न चापि नरके वासो न च रोगव्यथा क्वचित्
Là, chez ceux qui meurent, ne naît point l’état errant et tourmenté de « preta » ; il n’y a pas non plus de séjour en enfer, ni de souffrance de maladie où que ce soit.
Verse 23
वेदांतगा द्विजाः सर्वे नित्यं स्वाध्यायशीलिनः । वेदव्याख्यानसंहृष्टा ब्रह्मज्ञानविचक्षणाः
Tous les dvijas de ce lieu sont établis dans le Vedānta, toujours voués au svādhyāya, l’étude sacrée ; réjouis d’exposer le Veda, ils discernent avec finesse la connaissance de Brahman.
Verse 24
क्षत्रियाश्चापि भूपालमेकं कृत्वा सुभक्तितः । तदादेशात्प्रभुंजंति महीं धर्मेण नित्यशः
Les kṣatriya aussi, avec une dévotion profonde, reconnaissent un seul souverain ; sur son ordre, ils gouvernent et jouissent de la terre sans cesse, conformément au dharma.
Verse 25
वैश्या वैश्यजनार्हाणि चक्रुः कर्माणि भूरिशः । पशुपालनपूर्वाणि क्रयविक्रयजानि च
Les vaiśya accomplirent de nombreuses tâches propres à la classe marchande : à commencer par l’élevage du bétail, et comprenant les œuvres issues de l’achat et de la vente.
Verse 26
मुक्त्वैकां द्विजशुश्रूषा न शूद्रास्तत्र चक्रिरे । किंचित्कर्म सुरश्रेष्ठ श्रद्धया परया युताः
Hormis le service rendu aux « deux-fois-nés » (dvija), les śūdra d’alors n’entreprenaient nul autre travail ; ô le meilleur des dieux, pourvus d’une foi suprême, ils n’accomplissaient que des devoirs mesurés.
Verse 27
न तत्र चांत्यजो जज्ञे न च संकरसंभवः । नापवित्रो न वर्णानां पञ्चमो दृश्यते भुवि
Là, nul « antyaja » ne naquit, ni aucun enfant issu d’unions mêlées ; nul n’était tenu pour impur, et sur cette terre on ne voyait pas de « cinquième » groupe en dehors des quatre varṇa.
Verse 28
यजनं याजनं दानं व्रतं नियम एव च । तीर्थयात्रां नरास्तत्र निष्कामा एव कुर्वते
Là, les hommes accomplissent le sacrifice et officient au sacrifice, font l’aumône, observent vœux et disciplines, et entreprennent des pèlerinages vers les tīrtha ; tout cela, ils le font sans désir égoïste.
Verse 29
एवंविधं सहस्राक्ष मया ते परिकीर्तितम् । आद्यं कृतयुगं पुण्यं सर्वलोकसुखावहम्
Ainsi, ô Toi aux Mille Yeux, je t’ai décrit ce Kṛta Yuga primordial, saint et dispensateur de bonheur à tous les mondes.
Verse 30
ततस्त्रेतायुगं नाम द्वितीयं संप्रवर्तते । वर्षाणां षण्णवत्याढ्या लक्षा द्वादश संख्यया
Ensuite s’ouvre le second âge, nommé Tretā Yuga, d’une durée de douze lakṣas d’années, augmentée encore de quatre-vingt-seize mille.
Verse 31
सोऽपि साक्षाजगन्नाथः श्वेतद्वीपाश्रयाश्रितः । तत्र रक्तत्वमायाति भग वान्गरुडध्वजः
Même le Seigneur de l’univers en personne—demeurant dans le refuge de Śvetadvīpa—y prend une teinte rouge : le Bienheureux dont l’étendard porte Garuḍa.
Verse 32
त्रिपादस्तत्र धर्मः स्यात्पादेनैकेन पातकम् । तेनापि जायते स्पर्द्धा वर्णानामितरेतरम्
Là, le Dharma se tient sur trois pieds, tandis que le péché n’en a qu’un ; et pourtant la rivalité naît entre les ordres sociaux, les uns contre les autres.
Verse 33
ततः फलानि वांछंति तीर्थयात्रोद्भवानि ते । व्रतानां नियमानां च स्वर्गवासादिहेतवः
Ensuite ils désirent les fruits nés du pèlerinage vers les tīrthas sacrés, ainsi que les effets des vœux et des observances, aspirant au séjour céleste et à des récompenses semblables.
Verse 34
ततः कामवशान्मोहं सर्वे गच्छंति मानवाः । मोहाद्द्रोहं ततो गत्वा पापं कुर्वंत्यनुक्रमात्
Alors, poussés par le désir, tous les hommes tombent dans l’illusion; de l’illusion ils vont à la malveillance, puis, de proche en proche, ils commettent le péché.
Verse 35
ततस्तु रौरवादीनि नरकाणि यमः स्वयम् । सज्जीकरोति देवेन्द्र ह्येकविंशतिसंख्यया
Alors Yama lui-même—ô Seigneur des dieux—prépare les enfers, à commencer par Raurava, au nombre de vingt et un.
Verse 36
कर्मानुसारतस्तानि सेवयंति नराधमाः । केचिदन्ये महेन्द्रादिलोकान्मोक्षं तथा परे
Selon leurs actes, les plus vils des hommes subissent ces états infernaux. D’autres atteignent les mondes de Mahendra et autres; et d’autres encore obtiennent la délivrance (moksha).
Verse 37
त्रिविधाः पुरुषास्तत्र श्रेष्ठाश्चाधममध्यमाः । त्रिविधानि च कर्माणि प्रकुर्वंति सुरेश्वर
Là, les hommes sont de trois sortes—excellents, moyens et vils—et ils accomplissent trois sortes d’actes correspondants, ô Seigneur des dieux.
Verse 38
उन्नतास्तालमात्रेण तेजोवीर्यसमन्विताः । चक्रुश्च कृषिकर्माणि वैश्याश्चैवान्नलिप्सया
Ils étaient plus grands d’une palme et pourvus de vigueur et d’énergie; et les vaiśyas accomplissaient les travaux des champs, mus par le désir de nourriture et de récolte.
Verse 39
उप्तक्षेत्रं सकृच्चापि सप्तवारं लुनंति ते । यथर्तु फलिनो वृक्षा यथर्तु कुसुमान्विताः
Même si le champ n’est ensemencé qu’une seule fois, on le moissonne jusqu’à sept fois ; les arbres portent des fruits en leur saison, et, en leur saison, se parent aussi de fleurs.
Verse 40
यथर्तु पत्रसंयुक्तास्तत्र स्युः सुमनोहराः । अग्निष्टोमादिका यज्ञाः प्रवर्तंते सहस्रशः
Là, tout est charmant, pourvu de feuilles en leur saison ; et des sacrifices tels que l’Agniṣṭoma s’y accomplissent par milliers.
Verse 41
इतरेतरसंस्पर्धैः क्रियमाणा नृपोत्तमैः । ब्राह्मणैश्च सुरश्रेष्ठ स्वर्गलोकमभीप्सुभिः
Ô le meilleur des dieux, cette œuvre sainte est accomplie dans une émulation réciproque par d’excellents rois et aussi par des brāhmaṇas — par ceux qui aspirent au monde céleste.
Verse 42
तीर्थयात्रां व्रतं दानं नियमं संयमं तथा । परलोकमभीप्संतस्तत्र कुर्वंति मानवाः
Là, les hommes accomplissent le pèlerinage aux tīrtha, prennent des vœux, font l’aumône et pratiquent observances et maîtrise de soi — aspirant au monde d’au-delà.
Verse 43
सहस्रेण तु वर्षाणां तत्र स्याद्यौवनं नृणाम् । सहस्रपञ्चकं यावदूर्ध्वं वार्द्धक मुच्यते
Là, la jeunesse des hommes dure mille ans ; et, jusqu’à cinq mille ans au-delà, la vieillesse est tenue à distance.
Verse 44
रजकश्चर्मकारश्च नटो बुरुड एव च । कैवर्त्तमेदभिल्लाश्च चंडालाः शूद्रमानवाः
Les blanchisseurs, les travailleurs du cuir, les artistes (acteurs) et les Buruḍa; ainsi que les Kaivarta, les Meda, les Bhilla et les Caṇḍāla — tous sont décrits comme des communautés śūdra parmi les hommes.
Verse 46
इन्द्र उवाच । उत्पत्तिः कथमेतेषामंत्यजानां द्विजो त्तम । यथावद्वद कार्त्स्न्येन अत्र कौतूहलं महत्
Indra dit : Ô meilleur des deux-fois-nés, comment advint l’origine de ces antyaja ? Parle avec justesse et en entier, car ici ma curiosité est immense.
Verse 47
बृहस्पतिरुवाच । एतेषामष्टधा सृष्टिर्जायतेंऽत्यजसंभवा । योनि दोषात्सुरश्रेष्ठ जातेर्वक्ष्याम्यहं स्फुटम्
Bṛhaspati dit : Ô meilleur des dieux, la création de ceux-ci naît en huit formes, liées aux lignées antyaja. En raison d’un défaut du sein maternel/de la lignée, j’exposerai clairement leurs catégories.
Verse 48
ब्राह्मण्यां क्षत्रियाज्जातः सूत इत्यभिधीयते । सूतेन रजकश्चैव रजकेन च चर्मकृत्
D’une femme brāhmaṇa et d’un homme kṣatriya naît celui qu’on appelle « Sūta ». Du Sūta naît le Rajaka (blanchisseur), et du Rajaka naît le Carmakṛt (travailleur du cuir).
Verse 49
चर्मकारेण संजज्ञे नटश्चांत्यजसंज्ञकः । चत्वारः क्षेत्रसंभूता एते क्षेत्रे द्विजन्मनाम्
Du travailleur du cuir naquit le Naṭa, désigné comme antyaja. On dit que ces quatre sont nés du « champ » (kṣetra), au sein du champ des deux-fois-nés.
Verse 50
तथा च मागधो जज्ञे वैश्येन द्विजसंभवे । क्षेत्रे मागधवीर्येण बुरुडो मरुदुत्तम
Ainsi encore, le Māgadha naquit d’un vaiśya au sein d’une lignée de « deux-fois-nés ». Et dans le « kṣetra », par la semence du Māgadha, surgit le Buruḍa—ô chef des Marut (Indra).
Verse 51
बुरुडेन च कैवर्तः कैवर्तेन च मेदकः । चत्वारो वैश्यसंभूता एते क्षेत्रे द्विजन्मनाम् । प्रजायन्ते सुरश्रेष्ठ सवकर्मसु गर्हिताः
Du Buruḍa vient le Kaivarta, et du Kaivarta vient le Medaka. Ces quatre naissent de la lignée vaiśya, dans le « kṣetra » des deux-fois-nés ; et, ô meilleur des dieux, on dit qu’ils sont blâmés dans leurs métiers respectifs.
Verse 52
तथा शूद्रेण संजज्ञे ब्राह्मण्यां सुरसत्तम । भिल्लाख्यश्चापि भिल्लेन चंडालश्च प्रजायते
De même, ô meilleur des dieux, lorsqu’une femme brāhmaṇa conçoit d’un śūdra, naît un enfant appelé « Bhilla » ; et d’un Bhilla naît un Caṇḍāla.
Verse 53
एतौ द्वावपि शूद्रेण भवतो द्विजसंभवे । क्षेत्रे सर्वसुराधीश सत्यमेतन्मयोदितम्
Ces deux conséquences naissent d’un śūdra lorsqu’il s’agit d’une descendance liée aux deux-fois-nés. Ô seigneur de tous les dieux, ceci est vérité : telle est ma déclaration—comme on le sait en cette terre sacrée.
Verse 54
एतत्त्रेतायुगे प्रोक्तं मया ते सुरसत्तम । आकर्णय प्रयत्नेन द्वापरस्याधुना स्थितिम्
Cela, ô meilleur des dieux, je te l’ai exposé au sujet de l’âge de Tretā. À présent, écoute avec attention et effort l’état de l’âge de Dvāpara.
Verse 55
लक्षाष्टकप्रमाणेन तद्युगं परिकीर्तितम् । चतुःषष्टिसहस्राणि वर्षाणां परिसं ख्यया । कपिशो जायते तत्र भगवान्गरुडध्वजः
Cet âge est proclamé d’une mesure de huit lakṣas. Selon le décompte entier, il comprend soixante-quatre mille années. En cet âge naît le Seigneur Bienheureux—dont l’étendard porte Garuḍa—avec un teint fauve, d’aspect semblable au singe.
Verse 56
द्वौ पादौ चैव धर्मस्य द्वौ पापस्य व्यवस्थितौ । तत्र स्याद्यौवनं नृणां गते वर्षशतेऽ खिले
Là, deux quarts du dharma et deux quarts du péché demeurent établis. En cet âge, les hommes n’atteignent la jeunesse qu’après l’écoulement complet de cent années.
Verse 57
ततोऽन्यैः समतिक्रांतैर्वार्धक्यं पञ्चभिः शतैः । तत्र सत्यानृता लोका देवा भूपास्तथा परे
Puis, après qu’un autre intervalle s’est écoulé, la vieillesse survient à cinq cents ans. En cet âge, les êtres—dieux, rois et autres—sont mêlés de vérité et de non-vérité.
Verse 58
नार्यश्चापि सुरश्रेष्ठ तत्स्व रूपाः प्रकीर्तिताः । पंचहस्तप्रमाणेन चतुर्हस्तास्तथा परं
Et les femmes aussi, ô le meilleur des dieux, sont décrites selon leurs formes propres. Leur mesure est dite de cinq hastas, puis (pour une autre catégorie) de quatre hastas également.
Verse 59
नातिरूपेण संयुक्ता न च रूपविवर्जिताः । अव्यक्तजल्पकाश्चापि पशवः पक्षिणो मृगाः
Ils ne sont pas pourvus d’une beauté excessive, ni dépourvus de beauté. Même les animaux—bêtes, oiseaux et cerfs—poussent des sons indistincts.
Verse 60
नातिपुष्पफलैर्युक्ता वृक्षाश्चापिसुरेश्वर । सस्यानि तानि जायन्ते तत्र चोप्तानिकर्षुकैः
Ô Seigneur des dieux, les arbres là-bas ne sont pas non plus chargés à l’excès de fleurs et de fruits. Les récoltes y naissent de ce que les cultivateurs ont semé.
Verse 61
वर्षंति जलदाः कामं भवन्त्योषधयोऽखिलाः । यत्किंचिद्भूतले ज्ञानं शास्त्रं वा सुरसत्तम । तत्तत्र समभावेन न सत्यं नैव चानृतम्
Les nuages versent la pluie selon le désir, et toutes les herbes médicinales croissent. Quel que soit le savoir ou l’Écriture qui existe sur la terre, ô le meilleur des dieux—là, par un juste équilibre, ce n’est ni entièrement vrai ni entièrement faux.
Verse 62
तीर्थानां च मखानां च द्वापरे सुरसत्तम । फलं भावानुरूपेण दानानां च प्रजायते
Ô le meilleur des dieux, dans l’âge de Dvāpara, le fruit des pèlerinages aux tīrthas, des sacrifices (makhas) et des dons (dāna) naît selon la disposition intérieure ; chaque acte porte un résultat proportionné à la foi et à l’intention du dévot.
Verse 63
एतत्तव समाख्यातं युगं द्वापरसंज्ञकम् । मया सर्वं सुराधीश यथादृष्टं यथा श्रुतम्
Ainsi t’ai-je exposé l’âge nommé Dvāpara. Ô Seigneur des dieux, j’ai rapporté toute chose telle que je l’ai vue et telle que je l’ai entendue dans la tradition sacrée.
Verse 64
शृणुष्वावहितो भूत्वा वदतो मम सांप्रतम् । रौद्रं कलियुगंनाम यत्र कृष्णो जनार्दनः
À présent, écoute avec attention tandis que je parle : il est un âge farouche nommé Kali—une époque où Kṛṣṇa, Janārdana le Protecteur, n’est plus présent parmi les hommes.
Verse 65
द्वात्रिंशच्च सहस्राणि वर्षाणां कथितं विभो । तथा लक्षचतुष्केण साधुलोकविवर्जितम्
Ô Puissant, il est dit que le Kali-yuga s’étend sur trente-deux mille ans, et qu’il se prolonge encore de quatre lakṣas : un âge décrit comme privé de la compagnie et de la direction des êtres vertueux.
Verse 66
तत्रैकपादयुक्तश्च धर्मः पापं त्रिभिः स्मृतम् । पूर्वार्धेभ्यः परं सर्वं संभविष्यति पात कम्
En cet âge, le dharma ne tient plus que sur un seul pied, tandis que le péché, dit-on, prévaut avec trois. Comparé aux âges antérieurs, ce qui vient ensuite penchera largement vers la chute et la faute.
Verse 67
न शृण्वंति पितुः पुत्रा न स्नुषा भ्रातरो न च । न भृत्या न कलत्राणि यत्र द्वेषः परस्परम्
En cet âge, les fils n’écouteront pas leur père, ni les belles-filles, ni les frères. Ni les serviteurs ni les époux ne seront fidèles : partout régnera la haine réciproque.
Verse 68
यत्र षोडशमे वर्षे नराः पलित यौवनाः । तत्र द्वादशमे वर्षे गर्भं धास्यति चांगना
En cet âge, les hommes paraîtront vieux tout en étant jeunes dès seize ans ; et là, une femme concevra même à douze ans.
Verse 69
आयुः परं मनुष्याणां शतसंख्यं सुरेश्वर । नागानां च तरूणां च वर्षाणां यत्र नाधिकम्
Ô Seigneur des dieux, en cet âge la durée maximale de la vie humaine ne sera que d’environ cent ans ; et même pour les nāga (serpents) et les arbres, le nombre d’années n’y sera pas plus grand.
Verse 70
द्वात्रिंशद्धयमुख्यानां चतुर्विंशतिः खरोष्ट्रयोः । अजानां षोडश प्रोक्तं शुनां द्वादशसंख्यया
Il est proclamé que la durée de vie est de trente-deux ans pour les chevaux et les semblables; de vingt-quatre pour les ânes et les chameaux; de seize pour les chèvres; et de douze ans pour les chiens.
Verse 71
चतुष्पदानामन्येषां विंशतिः पंचभिर्युता । यत्र काकाश्च गृध्राश्च कौशिकाश्चिरजीविनः
Pour les autres quadrupèdes, la durée est de vingt-cinq ans. Mais en cet âge, corbeaux, vautours et hiboux vivront longtemps.
Verse 72
तथा पापपरा लोका दुःस्थिताश्च विशेषतः । तथा कण्टकिनो वृक्षा रूक्षाः पुष्पफलच्युताः । सेवितास्तेऽपि गृध्राद्यैर्यत्र च्छायाविवर्जिताः
En ce lieu, les hommes s’attachent au péché et tombent dans une misère profonde, tout particulièrement. Même les arbres deviennent épineux et rudes, privés de fleurs et de fruits; sans ombre, et fréquentés seulement par les vautours et leurs pareils.
Verse 73
यत्र धर्मो ह्यधर्मेण पीड्यते सुरसत्तम । असत्येन तथा सत्यं भूपाश्चौरैः सदैव तु
Ô le meilleur des dieux, en ce lieu le Dharma est opprimé par l’Adharma; la vérité est écrasée par le mensonge; et les rois sont sans cesse traités comme des voleurs (ou deviennent eux-mêmes tels).
Verse 74
गुरवश्च तथा शिष्यैः स्त्रीभिश्च पुरुषाधमाः । स्वामिनो भृत्यवर्गैश्च मूर्खैश्चापि बहुश्रुताः
Là, les maîtres sont méprisés par leurs disciples; les hommes dignes sont dominés par les vils (même par des femmes); les seigneurs sont contredits par leurs serviteurs; et les véritables savants sont rabaissés par les sots.
Verse 75
यत्र सीदंति धर्मिष्ठा नराः सत्यपरायणाः । दान्ता विवेकिनः शान्तास्तथा परहिते रताः
En ce lieu, même les plus vertueux—voués à la vérité, maîtres d’eux-mêmes, clairvoyants, paisibles et zélés pour le bien d’autrui—s’enfoncent dans l’épreuve et la détresse.
Verse 76
आधयो व्याधयश्चैव तथा पीडा महाद्भुता । सदैव संस्थिता यत्र साधुपीडनवांछया
Là, les tourments de l’esprit et les maladies du corps, ainsi que d’étonnantes souffrances, demeurent sans cesse, portés par le désir de harceler et d’opprimer les justes.
Verse 77
अल्पायुषस्तथा मर्त्या जायंते वर्णसंकरात् । ये केचन प्रजीवंति दुःखेन ते समन्विताः
Par la confusion des conditions et le mélange des ordres, les mortels naissent de courte vie ; et ceux qui parviennent à survivre le font avec la souffrance pour compagne.
Verse 78
न वर्षति घनः काले संप्राप्तेऽपि यथोचिते । न सस्यं स्यात्सुवृष्टेपि कर्षुकस्यापि वांछितम्
Même lorsque la saison convenable arrive, les nuages ne donnent pas la pluie ; et même sous de fortes averses, les récoltes ne deviennent pas ce que souhaite le cultivateur.
Verse 79
न च क्षीरप्रदा गावो यद्यपि स्युः सुपोषिताः । न भवंति प्रभू ताश्च यत्नेनापि सुरक्षिताः
Même si les vaches sont bien nourries, elles ne donnent pas de lait ; et, malgré une protection attentive et des efforts, elles ne prospèrent ni ne deviennent fécondes.
Verse 80
आविकानां तथोष्ट्रीणां यत्र क्षीरप्रशंसकाः । लोका भवंति निःश्रीकास्तथा ये च मलिम्लुचाः
Là où l’on vante le lait des brebis et des chameaux, le peuple se trouve privé de prospérité et de dignité; et l’on y voit aussi ceux qui vivent de voies impures et prédatrices (malimluca).
Verse 81
तथा तपस्विनः शूद्राः शूद्रा धर्मपरायणाः । शूद्रा वेदविचारज्ञा यज्ञकर्मणि चोद्यताः
De même, il est des Śūdras qui vivent en ascètes; des Śūdras voués au dharma; des Śūdras habiles à examiner et discuter le Veda; et des Śūdras zélés dans les actes du sacrifice (yajña).
Verse 82
शूद्राः प्रतिग्रहीतारः शूद्रा दानप्रदास्तथा । शूद्राश्चापि तथा वन्द्याः शद्रास्तीर्थेषु संस्थिताः
« Les Śūdras deviennent receveurs de dons; les Śūdras deviennent aussi dispensateurs d’aumône. Les Śūdras même doivent être salués avec révérence : les Śūdras établis et honorés dans les tīrthas sacrés. »
Verse 83
पंचगर्तान्खनंत्येव मृत्युकाले नराधमाः । शिरसा हस्तपादाभ्यां मोहात्संनष्टचेतनाः
« À l’heure de la mort, les plus vils des hommes creusent vraiment cinq fosses—avec la tête, les mains et les pieds—égarés par l’illusion et privés de conscience. »
Verse 84
वेदविक्रयकर्तारो ब्राह्मणाः शौचवर्जिताः
« Les brāhmaṇas deviendront des vendeurs du Veda, dépourvus de pureté et de la propreté rituelle requise. »
Verse 85
स्वाध्यायरहिताश्चैव शूद्रान्ननिरताः सदा । असत्प्रतिग्रहाः प्रायो जिह्वालौल्यसमुत्सुकाः
Privés de svādhyāya (l’étude védique), toujours portés vers la nourriture des Śūdra, acceptant le plus souvent des dons indus, et avides par la convoitise de la langue—tels ils deviendront.
Verse 86
पाखंडिनो विकर्मस्थाः परदारोपजीविनः । कार्यकारणमाश्रित्य यत्र स्नेहः प्रजायते
Hérétiques hypocrites, adonnés aux actes interdits, vivant des femmes d’autrui; et partout où ils s’appuieront sur un prétexte de « cause et dessein », là naîtra l’attachement.
Verse 87
न स्वभावात्सहस्राक्ष कथंचिदपि देहिनाम् । यास्यंति म्लेच्छभावं च सर्वे वर्णा द्विजातयः
Ô Sahasrākṣa (Indra), non par la seule nature innée, mais d’une manière ou d’une autre les êtres incarnés—oui, toutes les varṇa, même les dvija (deux-fois-nés)—glisseront vers un état semblable à celui des mleccha.
Verse 88
नष्टोत्सवाविधर्माणो नित्यं संकरकारकाः । सार्धहस्तत्रयाः पूर्वं भविष्यंति युगादितः
Les fêtes étant détruites et le dharma bouleversé, semant sans cesse mélange et confusion, ils subsisteront depuis le commencement de l’âge durant « trois mains et demie » de temps.
Verse 89
ततो ह्रासं प्रयास्यंति वृद्धिं याति कलौ युगे । भविष्यन्ति ततश्चांते मनुष्या बिलशायिनः
Ensuite, ils iront vers le déclin à mesure que l’âge de Kali s’avance. Et à sa fin, les hommes deviendront des habitants des cavernes et des trous.
Verse 90
अल्पत्वाद्दुर्लभत्वाच्च अशक्ता गृहकर्मणि । भविष्यंत्यफला यज्ञास्तथा वेदव्रतानि च
Par la rareté et la difficulté d’obtenir ce qu’il faut, les hommes ne pourront accomplir les rites domestiques ; les yajña deviendront sans fruit, et de même les vœux védiques.
Verse 91
नियमाः संयमाः सर्वे मंत्रवादास्तथैव च । तीर्थानि म्लेच्छसंस्पर्शाद्दूषितानि शतक्रतो
Ô Śatakratu (Indra), toutes les observances et les disciplines, ainsi que les pratiques de mantras : les tīrtha seront souillés par le contact des mleccha.
Verse 92
स्वस्वभावविहीनानि हीनानि च तथा जलैः । कुत्सिता मंत्रवादा ये कुत्सिताश्च तपस्विनः
En cet âge, les hommes seront privés de leur vraie nature et de la maîtrise intérieure, et leur pureté déclinera—jusqu’en des choses aussi simples que l’eau. Ceux qui marchandent les mantras deviendront vils, et même les ascètes tomberont dans l’opprobre.
Verse 93
तत्र ते संभविष्यंति कुत्सिता ये च मानवाः । कुलीनमपि संत्यज्य वरं रूपवयोन्वितम्
Là, les hommes infâmes prospéreront. Délaissant même la noble lignée, on choisira ce qui ne fait que paraître « excellent »—beauté et jeunesse—au lieu de la vraie valeur.
Verse 94
वित्तलोभात्प्रदास्यंति कुत्सिताय नराः सुताम् । कन्यकाः प्रसविष्यंति कन्यकाः सुरतोत्सुकाः
Poussés par la convoitise des richesses, les hommes donneront leurs filles en mariage à des indignes. Les jeunes femmes, avides de plaisirs des sens, enfanteront alors qu’elles seront encore des filles sans époux.
Verse 95
कन्यकाः प्रकरिष्यंति पुरुषैः सह संगतिम् । भर्तारं वंचयिष्यंति कुलीना अपि योषितः
Les jeunes filles noueront des liaisons avec des hommes, et même les femmes de noble lignée tromperont leurs époux.
Verse 96
सर्वकृत्येषु दुःशीलाः ।सुयत्नेनापि रक्षिताः । निर्दयाश्चापि भूपालाः पीडयिष्यंति कर्षुकान्
Dans toute tâche, les gens seront de mauvaise conduite, même s’ils sont gardés et instruits avec grand soin. Et des rois sans compassion opprimeront les cultivateurs.
Verse 97
पीडयिष्यंति निर्दोषान्वित्तलोभादसंशयम् । वधार्हमपि संप्राप्य वित्तलोभान्मलिम्लुचम्
Sans aucun doute, par avidité de richesses ils tourmenteront les innocents. Et même lorsqu’ils auront saisi quelqu’un digne de châtiment, par la même cupidité ils relâcheront le criminel.
Verse 98
संत्यक्ष्यंति युगे तस्मिन्प्राणिद्रोहेऽपि वर्तिनम् । क्षात्रधर्मं परित्यज्य करिष्यंति तथा रणम्
En cet âge, ils délaisseront même celui qui s’adonne à la violence envers les êtres vivants. Renonçant au juste dharma des kṣatriya, ils feront pourtant la guerre, mais sans droiture.
Verse 99
बृहस्पतिरुवाच । एतद्वः सर्वमाख्यातं युगानां लक्षणं मया । प्रमाणं च सुरश्रेष्ठ चतुर्णामप्यसंशयम्
Bṛhaspati dit : «Je vous ai exposé tout cela : les signes des yuga, ainsi que leurs mesures, ô le meilleur des dieux, sans aucun doute, pour les quatre.»
Verse 100
यश्चैतत्कीर्तयेन्मर्त्यः सदैव सुसा माहितः । स नूनं मुच्यते पापादाजन्ममरणांतिकात्
Quiconque, parmi les mortels, récite ceci sans cesse, avec dévotion et bonne disposition, est assurément délivré du péché, depuis l’aube de la naissance jusqu’au terme marqué par la mort.
Verse 101
शृणुयाद्वा नरो यश्च श्रद्धापूतेन चेतसा । सोऽपि मुच्येन्न सन्देहः पापाच्च दिवसोद्भवात्
Ou bien l’homme qui l’écoute avec un esprit purifié par la foi est lui aussi délivré—sans aucun doute—des péchés amassés jour après jour.
Verse 458
संभवंति युगे तस्मिन्यो निसंसर्गतो विभो । तथान्ये संख्यया हीना एतेभ्यो निंदिता नराः
Ô Seigneur, en cet âge naissent des gens qui vivent sans fréquentation salutaire; et d’autres encore, moins nombreux, sont blâmés comme étant pires même que ceux-là.