
The Concluding Section
L’Uttara-khaṇḍa forme la vaste strate du Padma Purāṇa consacrée à la dévotion, au rituel et à la théologie des tīrtha, où la bhakti vaiṣṇava se conjugue à des revendications d’autorité accordées au Veda et à un dharma concret. Il présente la pratique religieuse comme un chemin de purification et de délivrance. Le texte met au premier plan les géographies du pèlerinage (tīrtha-māhātmya) et la sacralité du temps : les mois de Kārtika et de Māgha, les observances d’Ekādaśī/Dvādaśī, les éclipses et les yogas. L’éthique du dāna (don) y est également exaltée comme moyen de mérite, d’expiation et de grâce. Dans le chapitre d’ouverture, l’ouvrage se donne à connaître par une chaîne de transmission : Sūta rapporte l’enseignement de Śaṅkara à Nārada. Il esquisse en même temps un sommaire interne : montagnes, rivières et lieux saints tels que Prayāga, Haridvāra, Mathurā, Kurukṣetra, Setubandha/Rāmeśvara et Gayā. Sur le plan doctrinal et identitaire, il évoque les marques vaiṣṇavas (śaṅkha-cakra) et un sahasranāma, hymne aux mille noms, lié au dialogue d’Umā et de Maheśa. L’Uttara-khaṇḍa insiste sur le nāma (Nom divin), le darśana (vision sacrée, notamment de Jagannātha) et le vrata (vœu/observance) comme voies accessibles à toutes les varṇa, promettant la destruction des péchés et le Viṣṇu-sāyujya, l’union avec Viṣṇu.
Compendium of Seeds (Opening Index of Topics)
Le chapitre s’ouvre par le maṅgalācaraṇa, hommage sacré à Viṣṇu et à Vyāsa. Les sages prient ensuite Sūta de transmettre les enseignements restants du Padma Purāṇa, ceux qui intensifient la bhakti. Sūta annonce qu’il rapportera ce que Śaṅkara/Śiva enseigna à Nārada sur le mont Mandara. Le texte devient alors une table des matières annotée de l’Uttara-khaṇḍa : tīrtha-māhātmya des montagnes, des rivières et des lieux saints tels que Haridvāra, Prayāga, Dvārakā, Mathurā, Kurukṣetra, Setubandha/Rāmeśvara et Gayā. Sont aussi mentionnés les usages sectaires (tulasī, gopī-candana, marques de śaṅkha-cakra), les vratas et mérites calendaires (Ekādaśī/Dvādaśī, Kārtika, Māgha, éclipses et yogas), les formes de dāna, les qualités requises du guru et du śiṣya, ainsi que la puissance salvatrice du Nom et du darśana de Jagannātha. La conclusion réaffirme l’autorité de Vyāsa et enseigne que le mérite est largement accessible, y compris aux Śūdras, par l’écoute pieuse et le don accompli selon la règle.
Rudra’s Grace/Boons (Rudraprasāda)
Le chapitre PP.6.2 glorifie Badrikāśrama comme le plus méritoire des monts et affirme la présence constante du Seigneur Nara–Nārāyaṇa sur un sommet de l’Himalaya. Il décrit une double manifestation, l’une blanche et l’autre sombre, et présente l’effort du pèlerinage (tīrtha-yātrā) comme hautement efficace sur le plan spirituel. Le texte rappelle aussi le rythme saisonnier du culte : durant uttarāyaṇa, l’adoration s’épanouit, tandis que la neige entrave le service sacré pendant des mois, jusqu’au début de la course méridionale du soleil (dakṣiṇāyana). La grandeur du tīrtha est renforcée en reliant l’Alakanandā au Gaṅgā, avec la promesse d’une purification même des fautes graves par le bain rituel et le darśana. Enfin survient un échange de grâces : Nārāyaṇa loue Rudra comme Seigneur du Kailāsa et protecteur du monde ; Rudra demande une bhakti durable et la renommée d’un bienfaiteur libérateur pour les fidèles. Ainsi, l’ascèse śaiva s’accorde à la grâce vaiṣṇava dans une même voie de délivrance.
Brahmāgama — Brahmā’s Approach/Teaching (Birth of Jālandhara)
Nārada rend visite aux Pāṇḍava, accablés de chagrin dans la forêt de Kāmyavana. Yudhiṣṭhira demande quel karma les a précipités dans la peine, et Nārada enseigne que la souffrance est inévitable pour l’être incarné. Il donne des exemples : même des puissants comme Rāhu, et même les dieux au cœur de leurs conflits, subissent les renversements du sort. Yudhiṣṭhira interroge ensuite : qui est Jālandhara, et comment Śiva l’a-t-il terrassé ? Nārada raconte : Indra et les dieux se rendent au Kailāsa au milieu des musiques et danses célestes ; Śiva accorde une grâce à Indra, et ce don attise son orgueil guerrier. La colère de Śiva se manifeste sous la forme de Krodha, qui se dirige vers le domaine de l’Océan ; d’une confluence avec Samudra naît un fils d’une puissance redoutable. Brahmā survient, contemple le prodige, nomme l’enfant Jālandhara et le bénit : il sera invincible aux dieux, destiné à jouir du ciel et de Pātāla.
The Marriage of Vṛndā and the Consecration (Coronation) of Jālandhara
Ce chapitre montre le fils de l’Océan passant d’une fougue juvénile et violente à une ambition de souverain. Sa puissance effraie les êtres du ciel et de la mer et suscite des réactions cosmiques, jusqu’à la fuite du Vaḍavānala. Il demande un royaume ; l’Océan, suivant le conseil de Bhārgava/Śukra, retire ses eaux et révèle un domaine terrestre nommé Jālaṃdhara. Māyā reçoit l’ordre d’élever une capitale pareille à un joyau, dont la splendeur est longuement décrite. L’on accomplit ensuite l’abhiṣeka, consécration royale, au milieu des musiques et des bénédictions de bon augure. L’Océan accorde une armée redoutable, tandis que Śukra confère le savoir secret de la Mṛtasaṃjīvanī et l’enseignement des arts guerriers. Vṛndā, née de l’apsaras Svarṇā, est donnée en mariage à Jālandhara selon le rite gandharva ; sa fidélité est louée. Le chapitre s’achève en annonçant l’affrontement avec les dieux, porté par le mantra de Śukra et l’essor de la puissance de Jālandhara.
The War between the Devas and the Dānavas (Jālandhara’s Campaign Begins)
À la demande de Yudhiṣṭhira, Nārada expose l’hostilité de Jālandhara, née du barattage de l’Océan de Lait et de l’apparition des trésors issus des eaux—Śrī, Soma, l’amṛta, et d’autres. Jālandhara dépêche son émissaire Durvāraṇa à la cour d’Indra, réclamant ces richesses, et même le Svarga. Indra répond que le barattage fut une mesure de contrainte et de châtiment, l’Océan s’étant rendu complice de forces contraires au dharma, et il annonce la ruine prochaine de Jālandhara. Transporté de colère, Jālandhara rassemble d’immenses armées de Daityas et de Dānavas, traverse la géographie cosmique (Mandara–Meru–Ilāvṛta) et ravage les bosquets divins. Des présages sinistres ébranlent Amarāvatī; Indra cherche conseil et refuge auprès de Hari/Viṣṇu. Bien que Śrī mette en garde au sujet du statut de Jālandhara, Viṣṇu mène les Devas, leurs troupes sont énumérées et rangées, et s’ouvre une guerre Deva–Dānava d’ampleur cataclysmique, où des champions égaux s’affrontent de part et d’autre.
Battle Episodes and the Jewel-Origin Account from Balāṅga’s Body
Dans ce chapitre 6 de l’Uttara-khaṇḍa, la guerre des devas et des asuras est peinte par vignettes fulgurantes : Hari abat Kālanemi ; Rāhu affronte le Soleil et la Lune et, un bref instant, engloutit la Lune ; Indra et les dieux alliés combattent maints asuras, tandis que les troupes de Rudra se mesurent à Niśuṃbha. Le récit se resserre ensuite sur la confrontation d’Indra avec Bala/Bali. Les armes demeurent sans effet, survient un échange qui tient du don ou de la grâce, puis le vajra finit par briser le corps de Bala. De ses membres épars naissent des étiologies mythiques : montagnes et rivières, et surtout l’origine des métaux et des gemmes, où les substances du corps deviennent saphirs, rubis, émeraudes, perles, corail et autres joyaux. Sur le champ de bataille, Prabhāvatī se lamente. Par le mantra et la parole, sous la médiation de Śukra et à la suite des questions de Jālandhara, elle reçoit l’injonction de se fondre dans les membres du héros ; elle devient alors la rivière Prabhāvatī, dont les eaux confèrent aux gemmes un éclat supérieur, liant la douleur, la terre et la matière sacrée dans une théologie purāṇique.
The Battle of Jālandhara and Viṣṇu; the Droṇa Mountain Herbs and the Milk Ocean Episode
D’après le récit de Nārada, Jālandhara, irrité par la mise à mort trompeuse de Bala par Indra, accable le roi des dieux d’une grêle de flèches. Indra s’enfuit en se souvenant de Hari, et Jālandhara s’empare de son char. Viṣṇu, brandissant Nandaka, écrase alors les armées démoniaques; les échanges deviennent terribles, et Śailaromā, après avoir suscité l’émerveillement, est abattu. Lorsque les devas tombent, Viṣṇu reprend Bṛhaspati; Dhiṣaṇa va chercher sur le mont Droṇa, au sein du Kṣīra-sāgara, des herbes qui rendent la vie et ranime les dieux, relançant la bataille. Ayant appris le secret, Jālandhara envahit l’Océan de Lait et contraint Droṇagiri à s’enfoncer dans Rasātala. Dans le duel final, Viṣṇu se retient par égard pour Lakṣmī. Lakṣmī intervient comme sœur de Jālandhara, obtient la délivrance de Viṣṇu, et Viṣṇu accorde à Jālandhara la grâce de demeurer avec Lakṣmī dans l’Océan de Lait, reliant le combat au dharma du refuge et à la géographie sacrée.
Description of Jālandhara’s Sovereign Rule
Yudhiṣṭhira demande à Nārada ce que fit Jālandhara—né de l’océan et vainqueur des dieux—après avoir établi Viṣṇu dans le « temple du soi ». Nārada raconte son élévation au ciel et dépeint une splendeur comparable à Amarāvatī : des fruits qui se donnent d’eux-mêmes, des pluies d’or, et des délices célestes peuplés d’Apsaras. Le chapitre entremêle un inventaire des mérites du dāna et du service au temple : dons de vaches, d’or et de vêtements ; charités selon les saisons ; musique dans le temple de Śiva ; et établissement d’un point d’eau au mois de Caitra. Ces actes sont présentés comme causes de la vision et de la jouissance célestes. Puis le récit revient à l’ordre politique : Jālandhara institue Śumbha et Niśumbha et règne durant d’immenses périodes. Il est décrit comme fondant un royaume sans mort, sans enfer, sans pauvreté, sans violence ni détresse sociale—une royauté idéalisée, fruit de la puissance et, implicitement, de l’ordre sacré.
Origin of the Discus Formed from the Gods’ Divine Energy
Yudhiṣṭhira demande à Nārada ce que firent les devas après que Jālandhara eut saisi le ciel. Privés d’amṛta et des sacrifices (yajña), les dieux se rendent auprès de Brahmā, plongé dans le prāṇāyāma et la contemplation. Brahmā les mène au Kailāsa pour implorer l’aide de Śiva. Des louanges sont offertes, et Nandin les appelle à entrer. Alors s’assemble une coalition de puissances divines : l’énergie de Brahmā semblable à un brahmāstra, l’éclat du Śiva aux trois yeux, et le tejas collectif des devas ; Viṣṇu arrive à son tour et répand la radiance vaiṣṇava. L’embrasement devient insoutenable et une révélation survient : Śiva exécute la danse au pas bhramarī sur cette lumière, et de son piétinement naît un cakra (disque). On le dit ensuite saisi, dissimulé, puis disparu aux regards, relatant l’origine d’une arme suprême née de l’énergie partagée des dieux.
Rahu’s Return from Kailasa (Jalandhara’s Embassy to Shiva)
Dans l’échange entre Yudhiṣṭhira et Nārada, le sage Nārada attise la fureur de Jālandhara en opposant la prétendue « pauvreté » ascétique de Śiva au véritable trésor du Kailāsa : l’éclat sans égal de Pārvatī (Gaurī). Hors de lui, Jālandhara dépêche Rāhu/Svarbhānu (Saiṃhikeya) comme ambassadeur vers le Kailāsa. À la porte, Nandī interroge l’émissaire puis le conduit dans l’assemblée de Śiva. Là, Śiva apparaît sous une forme saisissante, aux multiples visages, et l’on remarque l’absence de la Déesse à ses côtés. Rāhu transmet l’exigence orgueilleuse de Jālandhara—sous-entendant la revendication de Gaurī et la soumission—tout en louant, par une rhétorique paradoxale, la transcendance de Śiva. Śiva demeure silencieux ; Nandī saisit l’intention du Seigneur et congédie l’envoyé. Le chapitre insère aussi l’épisode marquant de l’apparition de Kīrtimukha et de sa faim qui le pousse à se dévorer lui-même, image d’une dévotion maîtrisée par la retenue divine. Rāhu retourne ensuite rapporter qu’il a pris une forme envoûtante semblable à celle de Gaurī pour mener sa mission.
The Defeat of the Demon Army (Opening of the Jālandhara–Śiva Conflict)
Poussé par le rapport d’un messager, Jālandhara s’emporte et rassemble une armée d’asuras innombrable. Le fracas des tambours, les étendards, les ombrelles et les chars de guerre font trembler les montagnes et épouvantent les êtres autour de Meru et de Mandara. Le récit s’oriente vers l’épisode de Jālandhara : il va trouver Mahāviṣṇu dans le domaine de l’Océan, puis marche contre Śiva. Dans l’intimité, une tension apparaît : Vṛndā déconseille la guerre et révèle le désir de Jālandhara pour Pārvatī. Arrivé au Kailāsa, le démon contemple la splendeur du mont sacré, pareille à des joyaux, et s’interroge : comment Śiva peut-il être dit ascète ? Śiva met Gaurī à l’abri sur un haut sommet et charge Nandin d’affronter Jālandhara ; Nandin monte sur l’immense char Kākatuṇḍa, les gaṇas descendent comme une fumée de la montagne, et le combat s’ouvre sur de lourdes pertes chez les démons, annonçant l’affrontement à venir.
Mahādeva Enters the Battle (Śiva’s Arrival for War)
Dans le cycle de Jālandhara, le champ de bataille s’étend : Śumbha, Niśumbha et les daityas alliés affrontent les gaṇas de Śiva. Les duels se multiplient—Śumbha contre Nandin, Niśumbha contre Mahākāla, d’autres contre Puṣpadanta, Mālyavān, Vināyaka et Skanda—ponctués par l’irruption de « fièvres » personnifiées (jvara) et de prodiges monstrueux, tel un démon aux multiples têtes surgissant d’un ventre déchiré. Vināyaka est blessé et se lamente ; Pārvatī réveille alors Śiva sur la montagne. Mahādeva fait préparer le taureau, revêt une tenue guerrière au caractère rituel, puis s’avance avec d’immenses troupes et des chefs tels que Vīrabhadra et Maṇibhadra. Le chapitre s’achève sur l’affrontement renouvelé et une comparaison allégorique : comme les sens frappent le soi, ainsi les flèches farouches de Śambhu abattent les démons.
The Advent of Maheśvara in Connection with Jālandhara’s Illusion
PP.6.13 poursuit le cycle de Jālandhara par un sommet de bataille. L’asura, enflé d’orgueil, se rue vers Sadāśiva et raille les marques d’ascèse de Śiva ainsi que sa monture, tandis que Vīrabhadra et Maṇibhadra écrasent les Dānavas. Le récit insiste sur le sang et les membres tranchés du champ de guerre afin de dramatiser la chute de la fierté démoniaque. Puis le chapitre se tourne vers la māyā : avec l’appui d’Arṇavātmaja, fils de l’Océan, une ruse trompeuse est mise en œuvre et une approche déguisée de Gaurī est tentée. Pārvatī et ses compagnes, voyant “Śiva” couvert de sang et se lamentant sur la mort apparente de Skanda et de Gaṇeśa, sont saisies de chagrin. Śiva, en tant que Māyā-Maheśvara, parle d’une manière qui accroît l’illusion, et Pārvatī réprimande l’inconvenance au cœur du deuil, ouvrant un enseignement de dharma sur l’inadéquation de l’union sexuelle dans certains états de tristesse et d’impureté.
Narration of Śrī Mādhava’s Māyā (Divine Strategy) in the Jālandhara Episode
À la question de Yudhiṣṭhira, Nārada rapporte la réponse de Hari à la crise de la guerre contre Jālandhara et à l’illusion qui s’est abattue sur Śiva et Pārvatī. Tandis que Viṣṇu repose sur Śeṣa dans l’Océan de Lait, il est ébranlé intérieurement et dépêche Garuḍa pour observer la bataille et vérifier si Jālandhara a tué Hara ou l’a plongé dans la confusion. Pour résister à la māyā, Hari remet à Garuḍa une pilule porteuse de réussite et de protection. Au cours de sa mission, Garuḍa rencontre un faux « Māyā-Paśupati », demeure un instant troublé, puis reconnaît la supercherie et revient annoncer que Śiva et Umā sont sous l’emprise de l’illusion. Viṣṇu élabore alors une contre-stratégie divine : avec l’appui de Śeṣa, il prend l’apparence d’un ascète, fonde un ermitage et oriente son dessein vers Vṛndā, l’épouse de Jālandhara, par le pouvoir du mantra et de la māyā. Vṛndā voit en rêve des présages funestes et consulte des brāhmaṇas sur des remèdes et des dāna propitiatoires. Poussée par le cours des événements, elle est entraînée dans une forêt terrifiante et fait face aux menaces des rākṣasas, intensifiant la tension morale et théologique autour de la māyā divine, de la sauvegarde du dharma et du tournant imminent du destin de Jālandhara.
Vṛndā’s Attainment of Brahman-Status (within the Jālandhara Episode)
Dans le cycle de Jālandhara, Hari/Viṣṇu se manifeste sous l’apparence d’un ascète et délivre Vṛndā d’un rākṣasa. Conduite vers un āśrama, elle traverse la peur et cherche refuge, tout en contemplant les merveilles de la vie de tapas et en affermissant son dharma de pativratā. Une ruse subtile se déploie ensuite : par la māyā, une réunion semble avoir lieu avec la forme de son époux, faisant de la fidélité conjugale de Vṛndā le pivot du récit. Lorsqu’elle comprend la violation du dharma, elle condamne l’acte et maudit Viṣṇu ; Hari s’évanouit. Vṛndā entreprend alors de sévères austérités, quitte son corps, et les êtres célestes attestent de sa sainteté. Le chapitre explique l’émergence de Tulasī/Vṛndāvana et présente la brahma-gati comme l’issue de la délivrance, tout en mettant en avant l’éthique du karma, la chasteté et la tension entre la līlā divine et l’exigence de responsabilité morale.
Jālandhara Abandons His Illusory Form
À la demande de Yudhiṣṭhira, Nārada raconte la tromperie de Jālandhara : prenant l’apparence de Śiva, il s’approche de Gaurī, mais Bhavānī le repousse, se souvenant que Śiva n’est atteint que par le tapas. Elle se retire vers les environs de la Gaṅgā/Mandākinī, se baigne, rend un culte et s’assied près de la Svarṇadī. Soupçonnant une imposture, Gaurī envoie sa compagne Jayā éprouver cette forme. Submergé par le désir, Jālandhara enlace Jayā et se révèle asura ; sa puissance décroît, la crainte gagne les suivantes, et Gaurī se dissimule parmi les lotus. Pendant ce temps, la nouvelle de l’enlèvement de Vṛndā par Viṣṇu modifie l’équilibre de la guerre : Caṇḍa et Muṇḍa pressent Jālandhara de reprendre le combat. Durvāraṇa conseille de donner la priorité à Śiva avant d’affronter Viṣṇu, rappelant la réciprocité karmique et le péril des fautes suscitées par la māyā.
Entry into Śukra’s Womb (within the Jālandhara Episode)
Au chapitre 17, la guerre entre Jālandhara et Śiva s’envenime. Le roi asura parcourt du regard un champ de bataille saturé de sang et de morts, puis défie Śiva assis sur le taureau. Les armes s’échangent avec fureur ; Jālandhara et les daityas alliés affrontent les gaṇas de Śiva—Vīrabhadra, Maṇibhadra, Nandikeśvara et Skanda—dans une suite de duels, de renversements et de ripostes. Śiva blesse Jālandhara d’une flèche cosmique, d’où jaillit un flot immense de sang et la panique ; durant son évanouissement, Rudra décime l’armée démoniaque. Jālandhara appelle alors son guru Śukra, qui ranime les daityas tombés par des mantras et de l’eau consacrée. Lié par l’interdit de tuer un brāhmane, Śiva choisit la contrainte : il fait surgir la redoutable Kṛtyā et lui ordonne de refouler Śukra dans une réclusion semblable à un sein maternel, afin d’empêcher toute résurrection jusqu’à la mort de Jālandhara.
The Great Festival of Jālandhara’s Slaying (Jālandhara-vadha)
Dans PP.6.18, le conflit avec Jālandhara s’amplifie en une guerre d’ampleur cosmique. Les armées de Daityas et de Dānavas, menées par Śuṃbha et Niśuṃbha, encerclent Śiva et recourent à la māyā : une Gaurī illusoire nommée Jayā pour le tromper. Brahmā et Hari/Kṛṣṇa interviennent, rendent à Śiva la claire reconnaissance de la supercherie, et le combat reprend avec fureur. Face à la forme terrifiante de Śiva, Jālandhara demeure sans peur ; cette intrépidité devient le pivot de la grâce, car il demande le sāyujya, l’union/libération suprême. Le récit s’achève sur sa décapitation selon le motif du disque (cakra) et sur l’arrêt de la prolifération des corps démoniaques. Avec l’assentiment de Śiva, les Yoginīs et les Mātṛkās dévorent les restes et reçoivent des bienfaits ; Pārvatī retrouve Śiva. Le chapitre se conclut par un enseignement : l’inéluctabilité du karma et le grand mérite d’écouter ou de réciter cette histoire. Il ouvre aussi vers le Tulasī-māhātmya, présentant la bhakti, l’écoute rituelle et le culte de Tulasī comme des voies qui détruisent le péché et mènent à la prospérité et à la délivrance.
Account and Glory of Śrīśaila (Śrīśaila Māhātmya)
Yudhiṣṭhira demande à Nārada où se trouve la montagne sacrée Śrīśaila et comment la reconnaître : ses tīrtha, sa divinité tutélaire et sa renommée dans les directions. Nārada glorifie Śrīśaila comme un mont saint qui détruit les péchés et accorde un mérite suprême aux dévots. Le chapitre peint un paysage d’ascèse et de sacralité : forêts riches en fleurs et en chants d’oiseaux, ermitages, rivières et étangs, et communautés de sages disciplinés pratiquant diverses austérités. Il souligne l’ampleur des voies : certains méditent Śiva, d’autres se vouent à Viṣṇu, tout en affirmant la puissance salvatrice incomparable de Śrīśaila. Il est dit que Mallikārjuna y demeure à jamais ; la simple vue du sommet confère la délivrance. La présence de la Gaṅgā sous une forme appelée « Pātāla » est mentionnée, ainsi que les mérites du bain rituel et du darśana. La cité céleste Siddhapura est décrite, et le chapitre s’achève en exhortant les chercheurs de mokṣa à se rendre sur la montagne et à la contempler.
The Glory of Ganga-dvara (Haridwar) and the Prelude to the Sagara Narrative
Le chapitre s’ouvre en glorifiant Haridvāra/Gaṅgā-dvāra comme un tīrtha d’un mérite suprême. Partout où coule la Gaṅgā, il est proclamé qu’il s’agit d’un gué sacré, fréquenté par les dieux et les sages, où Keśava demeure en présence directe. La Gaṅgā est dite unique en sainteté parce qu’elle est Viṣṇu-pāda-udaka, l’eau qui a lavé les pieds de lotus de Viṣṇu. Le récit se tourne ensuite vers la question de Nārada à Śrī Mahādeva : qui est Bhagiratha et comment la Gaṅgā fut-elle amenée pour le bien des êtres ? En réponse, le narrateur déroule la lignée depuis Hariścandra, puis Rohita, Vṛka, Subāhu, Gara et Sagara. Il décrit l’élévation de Sagara sous la tutelle de Bhārgava/Aurva, ses conquêtes, et l’épisode de l’Aśvamedha menant à Kapila et à la réduction en cendres des fils de Sagara, posant ainsi le fondement causal de la future Gaṅgā-avāharaṇa de Bhagiratha et de la délivrance des ancêtres.
Haridwar Māhātmya, Beginning with the Account of the Descent/Origin of the Gaṅgā
Nārada interroge Śiva au sujet de la naissance des soixante mille fils de Sagara. Mahādeva raconte la grâce accordée par Aurva aux deux épouses de Sagara, la naissance prodigieuse et la nourriture extraordinaire des fils, puis le fil de la lignée qui aboutit à Bhagīratha. Le récit se tourne ensuite vers les austérités (tapas) de Bhagīratha afin de faire descendre la Gaṅgā pour le bien des ancêtres. Sont décrits sa descente, l’accueil de ses eaux dans les mèches emmêlées de Śiva, et ses appellations, dont Jāhnavī et Alakanandā. Vient alors le tīrtha-māhātmya de Haridvāra : le darśana de Viṣṇu et le bain sacré y détruisent même les fautes les plus lourdes, dissipent la peine et mènent à Vaikuṇṭha. Entendre ce récit est tenu pour l’équivalent de grands sacrifices et de dons, mettant en lumière la voie de la bhakti en Kali-yuga.
The Praise of the Gaṅgā, Prayāga, and Yamunā (Tīrtha-Māhātmya)
Le chapitre 22 (PP.6.22) exalte la puissance salvatrice de la Gaṅgā et étend cette théologie des tīrtha à la Yamunā et à Prayāga (Triveṇī). Il enseigne que le simple fait d’entendre, de prononcer le nom « Gaṅgā » ou de la contempler détruit aussitôt le péché, en insistant sur les fautes les plus graves et sur la souillure propre au Kali-yuga. Le texte se déploie ensuite en stuti dévotionnelle et en piété de pèlerinage : offrandes d’arghya, mérites du bain, Māgha-snāna, équivalences de mérite lors des éclipses, et suprématie de Prayāga comme « roi des tīrtha ». Il évoque aussi Kāśī et Gayā comme lieux alliés de délivrance. Il conclut que l’écoute ou la récitation de ces louanges confère le mérite de se baigner en tous les lieux saints et détruit les défauts karmiques, avec l’autorité des Veda à l’appui.
The Greatness of Tulasī and Śālagrāma
Le chapitre PP.6.23 est un māhātmya qui sacralise Tulasī et le Śālagrāma comme des lieux portatifs de la présence de Viṣṇu et comme des moyens décisifs de purification au Kali-yuga. Il affirme que chaque partie de Tulasī est intrinsèquement purifiante. Le texte insiste sur l’efficacité funéraire : la crémation avec du bois de tulasī — même mêlé en faible quantité — détruit d’immenses fautes, soustrait le défunt à la juridiction de Yama et le remet aux serviteurs de Viṣṇu, jusqu’à l’accueil par Hari. Il étend ce mérite au homa, à l’encens, au naivedya, aux lampes et à la pâte de santal préparés à partir du bois de tulasī, en promettant des fruits équivalents à ceux des sacrifices. Il décrit ensuite une écologie sacrée du foyer et du temple : planter, voir, toucher Tulasī, et même le vent portant son parfum, purifie les directions ; la terre de sa racine et son ombre sanctifient les rites aux ancêtres. Le chapitre s’achève en élevant le culte du Śālagrāma au rang de purificateur suprême, équivalent aux tīrtha.
The Greatness of Prayāga (Prayāga Māhātmya)
Ce chapitre glorifie Prayāga comme le tīrtha par excellence, la sainte confluence de la Gaṅgā et de la Yamunā, où Sarasvatī est aussi présente, et l’affirme sans égal dans les trois mondes. Il prescrit le bain à l’aube et la dāna (don) selon ses moyens, promettant l’effacement des grands péchés, la prospérité, la longévité et, finalement, la demeure suprême. Il met en lumière l’Akṣaya-vaṭa : sa seule vision détruit même la brahmahatyā ; il décrit le culte rendu en ce lieu, y compris le rite de se couvrir du cordon sacré. Viṣṇu, sous le nom de Mādhava, est dit y résider ; son darśana délivre des fautes majeures. Le bain de Māgha à Prayāga est proclamé d’une puissance exceptionnelle, conférant Vaikuṇṭha et même une forme à quatre bras ; et même un bain infime y devient salut pour les pécheurs.
Description of the Three-Night Vow of Tulasī
Nārada demande l’enseignement du vœu de Tulasī accompli durant trois nuits ; Sadāśiva transmet une observance très ancienne, réputée effacer les fautes. Pour en attester la puissance, il rapporte l’exemple d’un roi Prajāpati et de sa reine vertueuse, Candrarūpā. Le chapitre décrit ensuite la règle du vrata, commencée à Kārtika śukla Navamī et poursuivie aux tithis suivants. On y prescrit la maîtrise de soi et le sommeil à même le sol près d’un bosquet de Tulasī, le bain rituel, les offrandes aux ancêtres et aux dieux, la fabrication en or de Lakṣmī–Janārdana, l’installation d’un kalaśa consacré, le culte avec pañcāmṛta et mantras, l’offrande de la lampe, l’arghya avec fruits et objets déterminés, la veille nocturne nourrie de récits sacrés, puis la clôture par śrāddha/repas offert et dāna. Les fruits annoncés sont dharma, artha, kāma et mokṣa, menant, par la grâce de Viṣṇu, à l’état vaiṣṇava.
Praise of Food-Donation (Anna-dāna Māhātmya)
Nārada demande à Mahādeva quels dons il convient d’offrir, surtout pour celui qui veut donner avec droiture. Umāpati répond en établissant que l’anna (la nourriture) est le soutien premier de l’existence incarnée : tous les êtres, la force et les prāṇa, les souffles vitaux, dépendent de la nourriture. Le chapitre élève l’anna-dāna au rang de don sans égal. Il exhorte les gṛhastha (maîtres de maison) à nourrir, au moment opportun, des brāhmaṇa dignes, les indigents, ainsi que les hôtes ou voyageurs fatigués, sans envie, colère ni dénigrement. Il met en garde contre le fait de scruter la lignée d’un mendiant ou son appartenance védique, et recommande une générosité prompte. Le phala est décrit comme un mérite inépuisable, l’effacement des fautes même graves, et de somptueuses jouissances célestes—arbres exauçant les vœux, chars divins, étangs et palais—présentant l’anna-dāna comme devoir moral et voie de salut.
The Glory of Explaining Dharma: Waterworks, Tree-Planting, Truth, Austerity, and Sacred Reading
Le chapitre 27 présente un enseignement de dharma reliant le bienfait public à la discipline intérieure. Il proclame le don de l’eau comme suprême et recommande de creuser des puits et d’aménager des étangs : ces réservoirs lavent les fautes et élèvent les lignées, surtout lorsqu’ils servent les vaches, les brāhmaṇa, les ascètes et le peuple. Les étangs sont loués comme refuge de tous les êtres, et l’approvisionnement durable en eau à travers les saisons est tenu pour l’équivalent de grands sacrifices védiques. Vient ensuite l’éloge de la plantation d’arbres, décrits comme des « fils » qui soutiennent la descendance, honorent l’hôte et nourrissent les créatures. Une section doctrinale exalte le satya (la vérité) comme fondement du yajña, du mantra, du tapas et de la stabilité cosmique. À la demande de Nārada au sujet du tapas, le texte affirme l’efficacité universelle de l’austérité, même pour les grands pécheurs, puis conclut en louant l’étude des Purāṇa, les récipiendaires dignes (pātra), le don méritoire et la récitation d’Itihāsa–Purāṇa dans les temples de Viṣṇu.
The Glory of Explaining (and Hearing) Sacred Scripture
Śiva expose à Nārada un « récit ancien » célébrant le mérite suprême qu’il y a à expliquer et à écouter l’enseignement purānique. Par une narration à plusieurs niveaux, Sanatkumāra raconte sa visite à Dharmarāja et la vision d’arrivées célestes merveilleuses, honorées par l’arghya et la vénération. On demande quels actes ont valu une telle réception divine. Dharma répond en donnant des exemples liés à Vaidīśa et aux austérités accomplies dans les lieux saints : un être frappé d’une malédiction, délivré à une célèbre confluence de rivières après jeûne et mort dans un tīrtha, où se manifeste alors la présence de Viṣṇu. Il est aussi question d’un roi qui fait bâtir un sanctuaire de Viṣṇu et institue la récitation publique : le récitant est honoré, le livre lui-même est adoré, et un patronage d’un an est offert. Le chapitre conclut que les dieux se réjouissent davantage en entendant l’Itihāsa–Purāṇa qu’avec parfums, fleurs ou dons somptueux ; même une petite offrande d’or à un récitant digne porte un grand fruit, et ceux qui écoutent ce māhātmya évitent le malheur au fil des naissances.
The Greatness of Gopī-candana (Vaiṣṇava Tilaka and Emblems)
Umāpati (Śiva/Mahādeva) enseigne à Nārada la grandeur salvatrice (māhātmya) de la Gopī-candana, la présentant comme un moyen de purification propre au Kali-yuga et comme signe d’identité vaiṣṇava. Le chapitre affirme que s’oindre le corps de Gopī-candana et porter les marques vaiṣṇavas efface même les fautes majeures—telles que brahmahatyā et surāpāna—accumulées au fil de nombreuses naissances. Il décrit ensuite une cartographie rituelle et iconographique des marques : douze tilakas et leurs emblèmes (śaṅkha, cakra, gadā, padma et sceaux de noms), y compris le marquage au disque chauffé, avec le port de guirlandes de tulasī. Le texte élève le brāhmaṇa vaiṣṇava dévot comme « non-différent » de Viṣṇu, met en garde contre le fait de médire des vaiṣṇavas, et conclut que le dévot ainsi marqué s’élève vers le ciel et atteint la demeure suprême de Viṣṇu.
The Glory and Procedure of the Year-long Lamp Vow
Le chapitre 30 glorifie et prescrit le Saṃvatsara Dīpa-vrata, le vœu de garder une lampe allumée pendant une année entière. Il est présenté comme une observance suprême, équivalant au mérite cumulé de nombreux vœux, et capable d’effacer même les fautes les plus graves. Le rite commence un Ekādaśī favorable en Hemanta : se lever tôt, se baigner à une confluence ou chez soi avec mantra, puis adorer Lakṣmī–Nārāyaṇa avec pañcāmṛta et eau parfumée. On offre encens, lampe, naivedya et arghya, et l’on prend le saṅkalpa de maintenir une flamme ininterrompue durant un an. Sont soulignées les règles de conduite, la veille nocturne avec kīrtana/récitation et jeûne, le repas offert aux brāhmaṇa, ainsi que la continuité annuelle ; à la fin, viennent les dons : l’équipement de la lampe, la dakṣiṇā, et des présents tels qu’une vache, un lit et des vêtements. Un récit illustre sa puissance : le culte de la lampe accompli par Kapila profite, sans intention, à un chat et à une souris. Grâce à ce service, ils atteignent le séjour de Viṣṇu puis renaissent dans une prospérité royale, montrant que même un service fortuit rendu à la lampe sacrée porte des fruits tournés vers la délivrance.
The Janmāṣṭamī (Jayantī Aṣṭamī) Vow: Prior-Birth Merit and Ritual Procedure
Nārada prie Śrī Mahādeva (Śiva) d’enseigner un vrata sacré. Śiva raconte l’exemple du roi Hariścandra : sa souveraineté prodigieuse suscite la question de sa cause karmique. Hariścandra s’approche de Sanatkumāra, qui révèle une naissance antérieure : un vaiśya vertueux, éprouvé par la misère, offrit pourtant des fleurs avec bhakti lors de Jayantī Aṣṭamī à Kāśī, où Hari est vénéré avec Āditya. Ce geste modeste, protégé et honoré par Candrāvatī (fille du roi Indradyumna), engendra un mérite immense, une récompense céleste, puis le passage inévitable par la mort. Le chapitre devient ensuite normatif : il précise l’identité calendérique de l’observance—Śrāvaṇa kṛṣṇa-aṣṭamī, dite Jayantī quand Rohiṇī coïncide—et décrit le rite de pūjā. On prépare un kumbha rempli de gemmes, des récipients d’or, des images de Yaśodā et de Govinda, et l’on accomplit une adoration joyeuse avec musique, en concluant par l’hommage au guru.
Praise of Land-Donation (Bhū-dāna) and the Sin of Land-Theft
Après avoir achevé un sacrifice, Indra interroge Bṛhaspati sur l’aumône impérissable et suprêmement précieuse. Le chapitre magnifie le bhū-dāna, don de la terre, comme le don le plus englobant—équivalent à offrir or, vaches, vêtements et joyaux—dont le mérite demeure aussi longtemps que subsistent la terre et le soleil. Il précise des mesures de terrain (gocarma) et désigne les bénéficiaires dignes : des brāhmaṇas austères et maîtres d’eux-mêmes. Le discours se tourne ensuite vers de fortes interdictions : reprendre une terre donnée, empiéter sur les limites, porter un faux témoignage au sujet des terres, ou détourner les biens des brāhmaṇas mène aux enfers, à des renaissances animales et à la destruction de la lignée. Sont aussi mentionnés des mérites complémentaires—don de nourriture et de vêtements, ouvrages d’eau, lampes, dakṣiṇā, non-violence et vérité—puis la phalaśruti : la récitation de ce dharma de Bṛhaspati accroît longévité, savoir, renommée et vigueur.
Daśaratha’s Hymn to Śani (Saturn) and the Pacification of Graha-Affliction
Nārada demande à Mahādeva comment s’apaise l’affliction de Śani. Śiva raconte un épisode tenu secret concernant le roi Daśaratha : des astrologues annoncent que la marche de Saturne causera le redouté « Śākaṭa-bheda » et une famine de douze ans. Daśaratha consulte les sages conduits par Vasiṣṭha, puis entreprend hardiment un voyage céleste vers le domaine des nakṣatra afin d’y affronter Śani. Impressionné par son courage et par l’arme divine qu’il brandit, Śani lui accorde des bienfaits. Le roi obtient l’injonction que Śani ne dépasse pas Rohiṇī et qu’il n’engendre pas la famine annoncée ; Śani consent et explique la nature des graha. Daśaratha accomplit ensuite des actes de dévotion et récite une stuti ardente, associant l’imagerie de Śani et de Bhāskara/Sūrya. Le chapitre se clôt sur des remèdes : récitation le samedi, vénération des feuilles de śamī, dons de fer et de sésame. La phalaśruti promet une délivrance rapide des afflictions planétaires à celui qui s’y adonne avec foi.
The Account and Procedure of the Trispṛśā Observance (Trispṛśā-Ekādaśī)
Le chapitre PP.6.34 magnifie l’observance de Trispṛśā comme un vœu libérateur propre au Kali-yuga, fondé sur la bhakti envers Kṛṣṇa/Viṣṇu et sur des règles exactes de tithi. Nārada demande à Mahādeva (Śiva) d’en exposer la nature, et Śiva en loue la puissance, capable d’anéantir péchés et chagrins. Dans le récit intérieur, Jāhnavī (Gaṅgā), accablée par les impuretés du Kali qu’elle absorbe en accueillant les baigneurs, sollicite le remède de Mādhava/Prācīmādhava. Celui-ci la dirige vers des eaux sacrées puis enseigne une observance supérieure aux tīrtha, aux sacrifices et aux autres vrata. Le texte précise l’identité calendérique de Trispṛśā (enchaînement Ekādaśī–Dvādaśī–Trayodaśī) et met en garde contre la souillure du Daśamī-vedha. Suit la procédure rituelle : façonner une effigie d’or, préparer des récipients avec sésame et gemmes, installer et adorer Dāmodara avec la tulasī, offrandes et arghya, veille nocturne avec kīrtana, pūjā du guru, dons et repas offerts aux brāhmaṇa. Le chapitre s’achève sur une vaste phalaśruti : délivrance pour de nombreuses catégories, élévation des ancêtres, et mérite immense à écouter, écrire et accomplir ce vœu.
The Unmīlanī Vow (Unmīlanī Ekādaśī): Definition, Superiority, and Rite
Dans le PP.6.35, Umāpati (Śiva) enseigne à Nārada le vœu d’Unmīlanī comme une observance d’Ekādaśī sans égale ; le simple fait d’en entendre le récit desserre les liens du saṃsāra. Le texte glorifie le service rendu aux Vaiṣṇava et l’honneur dû au śālagrāma, à la tulasī, à l’eau de la conque (śaṅkha) et aux restes sacrés du culte (prasāda), et recommande l’adoration avec dūrvā, orge, akṣata et kuśa. Il souligne une pratique rigoureuse de Dvādaśī, sans « vedha » de Daśamī, accompagnée d’une veille nocturne. Unmīlanī est définie comme l’Ekādaśī qui s’étend sur le jour et la nuit et demeure à l’aube, et elle est proclamée supérieure à tous les tīrtha. Vient ensuite l’exposé du rite complet : préparation du kalaśa, offrande d’arghya sur une conque, invocations des noms des mois, culte des membres et du siège, et vénération des emblèmes, suivis de prières dévotionnelles. La conclusion consiste à satisfaire le guru et à accomplir la dāna, menant à une longue demeure auprès de Viṣṇu.
The Greatness of Pakṣavardhinī Ekādaśī (Fortnight-Increasing Observance)
Dans le cadre d’un dialogue entre Śiva et Nārada, Nārada interroge sur l’observance de Pakṣavardhinī Ekādaśī et sur la manière dont elle délivre des grands péchés. Mahādeva en expose le fondement calendaire et le mérite exceptionnel, assimilé aux immenses fruits des grands sacrifices. Le chapitre décrit ensuite un pūjā-vidhi vaiṣṇava détaillé : préparation du kalaśa (pot d’eau), des récipients, des gemmes, des grains, et d’une image d’or nommée selon le mois ; bain au pañcāmṛta, onction parfumée, offrandes de vêtements et d’arghya. Vient une « offrande du corps » où les membres sont consacrés aux épithètes divines de Viṣṇu, suivie de prières demandant la délivrance du saṃsāra. Le rite s’achève par les offrandes de nourriture et de lampe, l’hommage au guru, et une veille nocturne avec chant, danse et récitation des Purāṇa. La phalaśruti conclut en annonçant la destruction des fautes, l’accomplissement des vœux et des exemples de pratiquants.
The Greatness of the Ekādaśī/Dvādaśī Night-Vigil (Jāgaraṇa)
Le chapitre 37 montre Mahādeva (Śiva) enseignant à Nārada la puissance salvatrice de la veille dévotionnelle (jāgaraṇa) lors d’Ekādaśī et de Dvādaśī. Il expose la forme idéale du culte nocturne : kīrtana (chants), musique instrumentale, danse, récitation des Purāṇa, encens, lampes, offrandes, véracité, charité et maîtrise des sens, accomplis au fil des veilles (prahara) de la nuit. Le texte avertit que le sommeil annule le fruit du jeûne et condamne la moquerie, la tromperie, la calomnie des vaiṣṇava et les injures sectaires, en affirmant l’unité essentielle de Viṣṇu et de Śiva. Il amplifie le mérite par des échelles hyperboliques fondées sur des mesures de temps (ghaṭī/prahara), relie la veille à l’élévation des ancêtres et prescrit le pāraṇa approprié en Dvādaśī, y compris lorsque le tithi est très court.
Origin of Ekādaśī and the Slaying of Mura; Greatness of Mahādvādaśī and Ekādaśī Rules
Dans PP.6.38, la grandeur d’Ekādaśī et de Dvādaśī est magnifiée lorsqu’elles coïncident avec des nakṣatra favorables. Sont mentionnées Jayā (Ekādaśī avec Punarvasu), Vijayā (Śukla-dvādaśī avec Śravaṇa) et Jayantī (Dvādaśī qui détruit les péchés, surtout avec Puṣya). Le texte expose ensuite la discipline du vrata : distinction entre jeûne complet, nakta et ekabhakta ; degrés de pureté et de bain ; retenue dans la conduite ; pūjā, offrande de lampe, veille nocturne et dāna. Il enseigne qu’Ekādaśī porte un mérite égal dans les deux quinzaine, avec des précautions de calendrier concernant le « piercing », la Trispṛśā Dvādaśī et le moment juste du pāraṇa. Le récit d’origine décrit l’oppression de Mura sur les devas, puis leur refuge auprès de Viṣṇu par la louange et la prière. Viṣṇu livre bataille et, s’étant retiré dans une grotte, une jeune śakti se manifeste de son corps : Ekādaśī, qui terrasse Mura. Viṣṇu lui accorde des bienfaits afin que les dévots observant Ekādaśī et la grande Mahādvādaśī obtiennent dharma, prospérité et mokṣa.
Mokṣadā (Mokṣā) Ekādaśī: Observance in Mārgaśīrṣa Bright Fortnight and the Liberation of Ancestors
Le chapitre PP.6.39 expose la Mokṣadā/Mokṣā Ekādaśī, observée durant la quinzaine claire de Mārgaśīrṣa. Il prescrit le culte du Seigneur Dāmodara avec tulasī, encens et lampes, accompagné de la discipline du jeûne et d’une veille nocturne faite de chants et de louanges. Il affirme que l’écoute ou la récitation de ce récit détruit les fautes et procure un mérite égal à celui des grands sacrifices védiques. Un exemple purānique suit : le roi Vaikhānasa voit en rêve ses ancêtres souffrir en enfer. Sur le conseil des brāhmaṇas de Campaka, il se rend auprès du sage Parvata, qui explique que leur chute provient d’un péché précis commis dans une vie antérieure. Parvata lui ordonne d’accomplir la Mokṣā Ekādaśī et d’en offrir le mérite à son père ; après l’observance, des signes célestes apparaissent et le père, avec les Pitṛs, obtient la délivrance, attestant la puissance du vœu pour la libération des ancêtres et la mokṣa personnelle.
Saphalā Ekādaśī in the Dark Fortnight of Pauṣa: Observance and Merit
Ce chapitre désigne l’Ekādaśī du mois de Pauṣa, durant la quinzaine sombre (kṛṣṇa-pakṣa), sous le nom de Saphalā, et affirme la supériorité de l’Ekādaśī sur les sacrifices, les pèlerinages et les autres vœux. Il prescrit le culte de Nārāyaṇa/Hari avec des fruits de saison—noix de coco, noix d’arec, cédrat, grenade, āmalakī, etc.—ainsi que l’encens, les lampes, en mettant l’accent sur le dīpa-dāna et la veille nocturne (jāgara) avec des vaiṣṇavas. Vient ensuite un récit de rédemption : Luṃpaka, prince pécheur chassé pour ses vices et ses sacrilèges, devient voleur dans la forêt. Le jour de Saphalā, transi de froid et affamé près d’un aśvattha sacré lié à Vāsudeva, il veille sans l’avoir voulu et dépose les fruits recueillis au pied de l’arbre, priant pour plaire à Hari. Viṣṇu accepte cette veille et cette offrande comme une véritable bhakti ; une voix céleste lui accorde la royauté et lui rend son rang. Le chapitre conclut que l’écoute, la lecture ou l’observance de Saphalā confère un grand mérite, comparable à celui du Rājasūya.
Putradā Ekādaśī of the Bright Fortnight of Pauṣa (The Son-Bestowing Ekadashi)
Yudhiṣṭhira interroge Śrī Kṛṣṇa au sujet de l’Ekādaśī de la quinzaine claire de Pauṣa. Kṛṣṇa enseigne qu’elle se nomme Putradā, le vœu suprême qui détruit les péchés, et que son Seigneur présidant est Nārāyaṇa/Keśava. L’instruction se déploie ensuite en récit encadré : le roi Suketumān, accablé par l’absence d’enfant et par la crainte de manquer aux devoirs envers les pitṛ, renonce au confort et erre dans la forêt. Au milieu de descriptions saisissantes de la nature sauvage, il atteint un lac sacré bordé d’āśrama et rencontre des sages se présentant comme les Viśvedevas. Ils annoncent que ce jour est Putradā Ekādaśī et lui exposent la manière correcte d’accomplir le vrata et la pāraṇa. Le roi observe le vœu ; de retour, la reine conçoit et met au monde un fils rayonnant. Le chapitre promet des fils et le ciel aux pratiquants sincères, et affirme que l’écoute ou la lecture confère un mérite égal à celui de l’Agniṣṭoma.
The Glory and Observance of Ṣaṭ-tilā Ekādaśī (Six-Sesame Vow)
Le chapitre PP.6.42 présente l’Ekādaśī de la quinzaine sombre de Māgha, appelée Ṣaṭ-tilā, célébrée comme une observance qui détruit les péchés. Par une narration à plusieurs niveaux (Śrī Kṛṣṇa, puis Pulastya dans le récit enchâssé), le texte expose le vrata : pureté, maîtrise des sens, culte de Hari, veille nocturne, homa et offrande d’arghya avec un mantra prescrit. Après cela, il convient d’honorer les brāhmaṇas et d’offrir des dons selon ses moyens : kalaśa, vêtements, chaussures, et surtout du sésame noir ainsi qu’une vache noire. Les « six actes liés au tila » sont exaltés comme générateurs d’un mérite immense. Un exemple édifiant suit : une femme brāhmaṇa, assidue au jeûne mais négligente dans le don de nourriture, ne reçoit qu’un fruit céleste limité. Instruite sur le vœu des six tilas, elle obtient prospérité et un résultat tourné vers la libération, montrant que bhakti et austérité s’achèvent par le dāna, en particulier anna-dāna et tila-dāna.
The Greatness of Jayā Ekādaśī (Māgha, Bright Fortnight)
Ce chapitre expose la Jayā Ekādaśī, vœu sacré de la quinzaine claire de Māgha, célébré comme un purificateur suprême : il efface même la brahmahatyā et délivre de la chute dans l’existence de piśāca. Śrī Kṛṣṇa instruit Yudhiṣṭhira sur la puissance du Jayā-vrata, fondé sur le jeûne, l’ahiṃsā et la veille nocturne. Dans un récit céleste, le gandharva Mālyavān et l’apsaras Puṣpadantī manquent de respect à l’ordre d’Indra lors d’une représentation ; ils sont maudits et deviennent des piśācas, souffrant sur l’Himavat. Par la providence, ils observent malgré eux la Jayā Ekādaśī—jeûne, non-violence et veille—et, par la puissance de Viṣṇu, retrouvent leur forme première. Revenus au ciel, ils attribuent leur délivrance à Vāsudeva et à l’observance de Jayā ; Indra reconnaît leur pureté et glorifie la dévotion à Hari. L’enseignement s’achève lorsque Kṛṣṇa exhorte à pratiquer l’Ekādaśī et promet une longue demeure à Vaikuṇṭha à qui écoute ou récite ce récit.
The Glory of Vijayā Ekādaśī in the Dark Fortnight of Phālguna (Victory-Granting Fast)
Yudhiṣṭhira demande à Śrī Kṛṣṇa le nom et le mérite de l’Ekādaśī de la quinzaine sombre (kṛṣṇa-pakṣa) de Phālguna. Kṛṣṇa rapporte une ancienne question où Nārada interroge Brahmā au sujet de l’observance appelée Vijayā, qui confère la victoire. Le chapitre en établit la puissance par un exemple épique : lors de la campagne de Laṅkā, Rāma, accablé après l’enlèvement de Sītā et prêt à franchir l’océan, est dirigé vers le sage Bakadālbhya. Le ṛṣi prescrit Vijayā Ekādaśī comme le « meilleur vœu », donnant un triomphe prompt. Les étapes rituelles sont décrites : établissement du kumbha avec des grains, installation de Nārāyaṇa, culte d’Ekādaśī et veille nocturne, lampe à Dvādaśī, puis adoration au bord de l’eau; enfin, on offre le pot et de grands dons à un brāhmaṇa versé dans les Veda. La phala-śruti promet victoire ici-bas et bien impérissable au-delà; écouter ou lire procure un mérite comparable au Vājapeya.
Amalaki Ekadashi (Phalguna Bright Fortnight): Origin, Deity-Body Mapping, and Vigil Procedure
Le chapitre PP.6.45 exalte l’arbre Āmalakī (Dhātrī) comme un lieu sacré vaiṣṇava par excellence : s’en souvenir, le toucher et porter son fruit ou ses feuilles multiplie le mérite. Un mythe cosmogonique en explique l’apparition : d’une goutte lumineuse issue de la bouche/salive de Brahmā naît l’arbre ; les devas et les ṛṣis s’en émerveillent, et une Vāk sans corps (Aśarīriṇī) proclame sa sainteté et se révèle identique au Viṣṇu éternel. Viṣṇu précise ensuite le calendrier favorable du vœu durant la quinzaine claire de Phālguna, surtout lorsque Dvādaśī coïncide avec Puṣya. Il prescrit la veille (jāgaraṇa), la pūjā, l’arghya, la circumambulation (pradakṣiṇā), chants et récitations, l’ārati à l’aube, et le don aux brāhmaṇas. Le texte répète que le fruit de la veille équivaut au don de mille vaches et promet de ne pas déchoir du séjour de Viṣṇu, présentant la bhakti rituelle comme une voie sûre de délivrance.
Pāpamocanī Ekādaśī (The Ekādaśī that Removes Sin) — Caitra Kṛṣṇa Pakṣa
Ce chapitre désigne l’Ekādaśī de la quinzaine sombre de Caitra comme Pāpamocanī, renommée pour détruire les péchés et même délivrer de l’état de piśāca. Dans un récit à plusieurs cadres, Śrī Kṛṣṇa répond à Yudhiṣṭhira en rapportant ce que Lomaśa enseigna au roi Māndhātṛ. L’exemple principal raconte comment le sage célibataire Medhāvin, demeurant près de Caitraratha, est séduit par l’apsaras Mañjughoṣā sous l’influence de Kāma; des décennies s’écoulent et son tapas décline. Réveillé à la perte de son mérite, il la maudit pour qu’elle devienne une piśācī, puis adoucit la malédiction en prescrivant l’observance de Pāpamocanī Ekādaśī comme voie de délivrance. Medhāvin cherche l’expiation (prāyaścitta) auprès de son père Cyavana, qui prescrit le même vœu d’Ekādaśī; tous deux retrouvent la pureté, et Mañjughoṣā retourne au ciel sous une forme divine. Il est aussi proclamé que l’écoute ou la lecture de ce récit est hautement méritoire.
The Greatness of Kāmadā Ekādaśī (Caitra, Bright Fortnight)
Yudhiṣṭhira demande à Śrī Kṛṣṇa de nommer l’Ekādaśī de la quinzaine claire de Caitra. Kṛṣṇa, rappelant un ancien enseignement de Vasiṣṭha à Dilīpa, l’identifie comme Kāmadā Ekādaśī et glorifie l’Ekādaśī comme celle qui consume les péchés. Un récit exemplaire suit : à Nāgapura, le gandharva Lalita trébuche dans son chant, troublé par le désir de son épouse Lalitā ; une figure féminine offensée le maudit et le fait devenir rākṣasa. Lalitā, accablée, se rend auprès d’un sage paisible dans un ermitage forestier ; celui-ci prescrit le vœu de Kāmadā Ekādaśī et lui ordonne d’en offrir le mérite à son mari. Après le jeûne d’Ekādaśī et le rite de Dvādaśī, la malédiction est levée et Lalita retrouve son état de gandharva. Le chapitre conclut que l’écoute ou la lecture de cette grandeur procure des fruits immenses, égaux au Vājapeya, et détruit même les fautes les plus lourdes.
Greatness of Varūthinī Ekādaśī in the Dark Fortnight of Vaiśākha
Ce chapitre reconnaît l’Ekādaśī de la quinzaine sombre de Vaiśākha sous le nom de Varūthinī et célèbre sa puissance d’accorder prospérité et but suprême, mokṣa. Dans une phalaśruti, il est dit que ce vœu, à lui seul, détruit les péchés et dissipe des impuretés profondes semblables à des saṃskāras; des rois tels que Māndhātā et Dhuṃdhumāra en sont donnés pour exemples, et même Śiva est présenté comme délivré du motif de l’affliction du crâne. Le texte met le mérite de Varūthinī au rang des austérités les plus extrêmes et des dons accomplis lors d’une éclipse. Il poursuit par un enseignement gradué sur les offrandes—nourriture, sésame, connaissance—et sur le dharma social, avertissant de ne pas exploiter la richesse d’une jeune fille et louant le kanyā-dāna. Des règles de conduite sont prescrites pour Daśamī, Ekādaśī et Dvādaśī, aboutissant à la veille nocturne et au culte de Madhusūdana. Écouter ou réciter ce récit est promis à un séjour impérissable et à un grand mérite.
The Greatness of Mohinī (Rāma) Ekādaśī in the Bright Fortnight of Vaiśākha
Yudhiṣṭhira interroge Śrī Kṛṣṇa au sujet de l’Ekādaśī du śukla-pakṣa de Vaiśākha. Kṛṣṇa répond en rapportant comment Rāmacandra demanda jadis à Vasiṣṭha le vœu suprême qui détruit péché et affliction ; Vasiṣṭha exalte alors Mohinī (aussi nommé Rāma) Ekādaśī, loué pour dissiper l’illusion et d’immenses amas de fautes. Un récit exemplaire suit : à Bhadrāvatī, le vertueux vaiśya Dhanapāla a un cinquième fils, Dhṛṣṭabuddhi, qui sombre dans le vice, est chassé, devient chasseur et criminel, et connaît la détresse. Par chance, il rencontre le sage Kauṇḍinya après le bain de celui-ci dans le Gaṅgā ; le simple contact avec le vêtement du sage le purifie, et Kauṇḍinya lui prescrit l’observance de Mohinī Ekādaśī. Après avoir accompli ce vrata, Dhṛṣṭabuddhi est délivré du péché, revêt une forme céleste et atteint le monde vaiṣṇava. Le chapitre conclut que ce vœu surpasse de nombreux sacrifices et que l’entendre ou le lire confère un mérite immense.
The Greatness of Aparā Ekādaśī in the Dark Fortnight of Jyeṣṭha
Yudhiṣṭhira demande à Śrī Kṛṣṇa de nommer et de décrire l’Ekādaśī de la quinzaine sombre de Jyeṣṭha. Kṛṣṇa répond qu’il s’agit d’Aparā Ekādaśī, louée pour accorder renommée, descendance et, surtout, pour anéantir même les fautes les plus lourdes. Le chapitre dresse ensuite un avertissement didactique contre de graves transgressions : le brahmanicide et les crimes connexes, l’adultère, le faux témoignage, la fraude sur les poids et mesures, les professions « védiques » usurpées, l’abandon du dharma au combat et l’irrespect envers son maître. Enfin, l’observance d’Aparā est élevée au rang des fruits des tīrthas célèbres : Prayāga au mois de Māgha, Kāśī lors d’une éclipse, le śrāddha à Gayā, le bain dans la Godāvarī/Kṛṣṇaveṇī sous le transit de Bṛhaspati, le pèlerinage à Badarī et la dāna à Kurukṣetra pendant une éclipse. La conclusion présente Aparā comme un « feu de forêt » consumant le péché et promet le Viṣṇu-loka par le jeûne et le culte de Trivikrama ; l’écoute ou la récitation du récit procure un grand mérite comparable à la dāna.
Nirjalā Ekādaśī of the Bright Fortnight of Jyeṣṭha (Bhīma’s Waterless Fast; Pāṇḍava-dvādaśī Fame)
Ce chapitre enseigne que l’Ekādaśī de la quinzaine claire de Jyeṣṭha est la plus éminente : Nirjalā, le jeûne intensifié sans même boire d’eau. À la question de Yudhiṣṭhira, Śrī Kṛṣṇa renvoie à l’autorité de Vedavyāsa, qui explique qu’en Kali-yuga il est difficile d’accomplir toutes les obligations védiques, et que l’Ekādaśī constitue une essence aisément praticable de l’enseignement purāṇique. Bhīma, incapable de soutenir des jeûnes répétés à cause d’une faim impérieuse, demande une unique observance décisive donnant un mérite total. Vyāsa prescrit la Nirjalā Ekādaśī : ne rien manger le jour d’Ekādaśī ; puis, en Dvādaśī, se baigner, adorer, offrir le dāna et nourrir les brāhmaṇas. Il est affirmé que cela procure le fruit de toutes les Ekādaśīs, efface les fautes, protège des messagers de Yama et mène à la demeure de Viṣṇu. La conclusion mentionne les dons recommandés—jarres d’eau, substituts de la jaladhenu ou de la vache, vêtements, sandales et ombrelle—et rapporte que cette observance devint célèbre sous le nom de Pāṇḍava-dvādaśī.
The Greatness of Yoginī Ekādaśī (Āṣāḍha Krishna Paksha)
Yudhiṣṭhira demande à Śrī Kṛṣṇa quel Ekādaśī tombe durant la quinzaine sombre d’Āṣāḍha. Kṛṣṇa révèle qu’il s’agit de Yoginī Ekādaśī, vœu suprême qui détruit les grands péchés et confère des fruits menant à la délivrance. La puissance de ce vœu est illustrée par un récit purānique : Hemamālī, serviteur chargé d’apporter des fleurs et associé au culte de Kubera envers Śiva, néglige son devoir par attachement à son épouse. Kubera, courroucé par le manquement à l’heure prescrite, le maudit de dix-huit formes de lèpre, de séparation et d’exil. Dans la souffrance, mais gardant la mémoire grâce au mérite résiduel de l’adoration de Śiva, Hemamālī atteint l’Himālaya et s’approche du sage Mārkaṇḍeya. Il avoue sincèrement et reçoit l’enseignement d’observer le Yoginī-vrata ; l’ayant accompli correctement, sa lèpre est guérie. Le chapitre conclut que ce mérite équivaut à nourrir 88 000 brāhmaṇas, et que l’écoute ou la lecture de ce récit délivre des péchés.
Devaśayanī Ekādaśī: Hari’s Yogic Sleep, Vāmana Worship, and Cāturmāsya Rules
Le chapitre proclame que l’Ekādaśī de la quinzaine claire d’Āṣāḍha est la plus excellente observance Śayanī (Devaśayanī). Il en loue sans cesse la puissance : elle détruit les fautes et accorde le ciel et la délivrance, même à celui qui n’en fait qu’entendre le récit. Le vœu est lié au culte de Vāmana, et l’épisode de Vāmana et de Bali est rapporté. On y montre la dévotion de Bali et les trois pas qui embrassent les mondes ; enfin, Viṣṇu pose le dernier pas sur le dos de Bali, l’envoie à Rasātala tout en lui accordant la grâce divine. Le texte explique ensuite le « sommeil » de Hari durant le Cāturmāsya (de Śayanī à Kārtikī/Bodhinī), prescrivant veille, adoration et abstinences alimentaires selon les mois : en Śrāvaṇa les légumes-feuilles, en Bhādrapada le caillé/yaourt, en Āśvayuja le lait, et en Kārtika les légumineuses. Ekādaśī est ainsi affirmée comme une purification universelle.
The Greatness of Kāmikā Ekādaśī (Dark-fortnight Ekādaśī of Śrāvaṇa)
Ce chapitre reconnaît l’Ekādaśī du kṛṣṇa-pakṣa de Śrāvaṇa comme Kāmikā et en présente le māhātmya par une narration à plusieurs niveaux : Yudhiṣṭhira interroge Śrī Kṛṣṇa, qui rapporte l’enseignement ancien de Brahmā à Nārada. Le Kāmikā-vrata y est exalté comme un vœu hautement purificateur et salvateur, surpassant les mérites liés aux grands tīrthas—Gaṅgā, Kāśī, Naimiṣa, Puṣkara—et même ceux des dons majeurs tels que l’offrande de terres ou de vaches. Le texte prescrit l’adoration de Viṣṇu/Hari, surtout avec des feuilles et bouquets de tulasī, ainsi que le dīpa-dāna (don de lampes) et la veille nocturne. Il promet d’échapper à Yama, d’être protégé des renaissances néfastes, de satisfaire les ancêtres, et d’atteindre même la kaivalya yogique si le rite est accompli correctement.
Pavitrāropaṇī Rite in Śrāvaṇa (Bright Fortnight) and Putradā Ekādaśī
Yudhiṣṭhira demande à Śrī Kṛṣṇa le nom et le mérite de l’Ekādaśī de la quinzaine claire de Śrāvaṇa. Kṛṣṇa révèle la Putradā Ekādaśī, récit purificateur qui détruit les péchés et dont le fruit est tenu pour égal à celui du sacrifice Vājapeya. Le récit se tourne vers le roi Mahījit de Māhiṣmatī, vertueux mais sans enfant, tourmenté et conseillé par les brāhmaṇas et ses sujets. Tous vont trouver le Ṛṣi Lomaśa, à la longue vie, qui dévoile une faute d’une existence antérieure : avoir refusé de l’eau, au puits, à une vache et à son veau, entraînant karmiquement l’absence de descendance. Lomaśa prescrit le vœu de la Putradā Ekādaśī en Śrāvaṇa śukla ; le peuple l’accomplit et en transfère le mérite, la reine conçoit et un fils naît. Vient ensuite la description du rite Pavitrāropaṇī : au Dvādaśī, on offre à Vāsudeva le pavitra (fil/guirlande sacrée), avec les matières, la préparation, la veille nocturne et la participation de tous. Le chapitre s’achève sur les fruits promis et un colophon situant l’enseignement dans le dialogue d’Umāpati et Nārada.
The Glory of Bhādrapada Dark-Fortnight Ekādaśī (Ajā/Ajetī Ekādaśī Vrata)
Ce chapitre identifie l’Ekādaśī de la quinzaine sombre (kṛṣṇa pakṣa) de Bhādrapada comme Ajā (aussi nommée Ajetī), proclamée destructrice des péchés. Il enseigne que l’adoration de Hṛṣīkeśa (Viṣṇu) et l’observance du vœu procurent la purification, fût-ce par la simple écoute de ce récit. Pour en manifester la puissance, le texte rapporte l’épreuve extrême du roi Hariścandra : perte du royaume, vente de sa famille puis de lui-même, et fidélité inébranlable à la vérité malgré l’abaissement. Accablé et cherchant l’expiation, il rencontre le sage Gautama, qui prescrit le vœu de l’Ekādaśī de Bhādrapada en kṛṣṇa pakṣa : jeûne, veille nocturne et observance conforme. Dès l’accomplissement, ses péchés et ses souffrances sont tranchés ; il retrouve son épouse, obtient une descendance bénie, et parvient finalement à un royaume sans entrave et au ciel, avec sa cité et sa suite. Le chapitre conclut en assimilant l’écoute ou la lecture de cette histoire au mérite d’un Aśvamedha.
The Greatness of Padmā Ekādaśī (Bright Fortnight of Bhādrapada/Nābhaśa)
Yudhiṣṭhira interroge Śrī Kṛṣṇa au sujet de l’Ekādaśī de la quinzaine claire de Nābhaśa/Bhādrapada : son nom, sa divinité et la manière de l’observer. Kṛṣṇa rapporte l’enseignement de Brahmā à Nārada : ce jour est Padmā Ekādaśī, dédié à Hṛṣīkeśa (Viṣṇu), et il est souverainement purificateur. Vient ensuite un exemple purāṇique : dans le royaume juste du roi Māṃdhātā, une sécheresse de trois ans accable le pays. Les sujets expliquent le lien théologique de la pluie avec Nārāyaṇa en tant que Parjanya. Le roi consulte un ṛṣi de la lignée d’Āṅgirasa, né de Brahmā, qui diagnostique un trouble du dharma et prescrit le vœu de Padmā Ekādaśī plutôt que la violence. Le roi accomplit le vœu avec toutes les varṇas ; la pluie revient, les récoltes abondent et la détresse s’apaise. Le chapitre s’achève en louant le mérite d’entendre ou de lire ce récit et d’offrir les dānas prescrits.
The Greatness of Indirā Ekādaśī (Āśvina Dark Fortnight)
Interrogé par Yudhiṣṭhira au sujet de l’Ekādaśī de la quinzaine sombre (kṛṣṇa pakṣa) du mois d’Āśvina, Śrī Kṛṣṇa le nomme Indirā et en affirme la puissance d’anéantir les péchés. Le chapitre insère ensuite un récit d’instruction : le roi Indrasena de Māhiṣmatī, souverain dévot, reçoit Nārada à sa cour. Nārada annonce que le père du roi a été aperçu dans l’assemblée de Yama à cause d’un vœu resté inachevé, et demande un remède. Nārada prescrit l’Indirā-vrata : observances préparatoires au Daśamī, jeûne à l’Ekādaśī, culte de Hari—notamment du Śālagrāma—, veille nocturne, puis au Dvādaśī śrāddha et repas offerts aux brāhmaṇas. Par cette pratique, le père d’Indrasena est élevé jusqu’au séjour de Viṣṇu ; la conclusion promet la purification et la délivrance à ceux qui écoutent ou lisent ce récit avec dévotion.
The Greatness of Pāpāṃkuśā Ekādaśī (Bright Fortnight of Āśvina)
Le chapitre s’ouvre sur la demande de Yudhiṣṭhira à Śrī Kṛṣṇa : qu’il nomme et décrive l’Ekādaśī de la quinzaine claire d’Āśvina. Kṛṣṇa l’identifie comme Pāpāṃkuśā Ekādaśī, vouée au culte de Padmanābha (Viṣṇu), et la loue comme un vœu souverain, destructeur des péchés, accordant à la fois le ciel et la délivrance. L’Ekādaśī est placé au-dessus des grands sacrifices śrauta ; la bhakti envers Hari—jeûne, veille nocturne, glorification du Nom—est dite équivalente à un tīrtha complet. Le texte affirme même qu’un jeûne accompli par hasard fait obstacle aux châtiments de Yama. Il met aussi en garde contre la dénigration sectaire : qu’un vaiṣṇava ne blâme pas Śiva, et qu’un śaiva ne méprise pas Viṣṇu, car l’éthique dévotionnelle est inséparable de l’accomplissement spirituel. La conclusion réaffirme que Pāpāṃkuśā délivre des fautes et mène au monde de Hari, avec une liste d’aumônes recommandées comme mérites d’appui.
The Greatness of Ramā Ekādaśī (Kārttika, Dark Fortnight)
Le chapitre s’ouvre sur la question de Yudhiṣṭhira à Śrī Kṛṣṇa au sujet de l’Ekādaśī de Kārttika, dans la quinzaine sombre, appelée Ramā. Kṛṣṇa en proclame la grandeur et le mérite du vœu sacré (vrata) de Ramā. Un récit exemplaire est alors rapporté dans la maison du roi Mucukunda : sa fille Candrabhāgā épouse Śobhana, arrivé précisément le jour d’Ekādaśī. Bien que fragile, Śobhana observe le jeûne ; à l’aurore il meurt, mais, par la puissance du Ramā-vrata, il obtient une cité céleste resplendissante près du mont Mandara, où il est connu sous le nom de Somaśarman. Plus tard, un brāhmaṇa en informe Candrabhāgā. Grâce à sa pratique fidèle de l’Ekādaśī tout au long de sa vie et à la consécration de Vāmadeva, elle reçoit un corps divin, affermit le mérite de la cité et retrouve son époux. L’enseignement conclut que les Ekādaśīs des quinzaines sombre et lumineuse donnent un fruit égal ; entendre leur grandeur détruit les péchés et mène au séjour de Viṣṇu.
The Greatness of Prabodhinī (Haribodhinī) Ekādaśī in Kārtika’s Bright Fortnight
PP.6.61 s’ouvre sur la demande de Yudhiṣṭhira concernant l’observance de la quinzaine claire de Kārtika. Śrī Kṛṣṇa rapporte un enseignement transmis par Brahmā à Nārada au sujet de Prabodhinī/Haribodhinī Ekādaśī, le jour de « l’éveil » de Viṣṇu, qui remet le dharma en mouvement. Le chapitre magnifie le jeûne et surtout la veille nocturne (jāgaraṇa), capables de détruire les fautes et de multiplier le mérite au-delà même des grands sacrifices védiques. Il insiste sur la puissance du rite accompli selon la règle (vidhi) et sur la diminution des fruits en cas de négligence. Sont prescrits des actes centrés sur Hari : se rendre au temple avec des lampes, bain rituel, dāna, japa et pūjā avec Janārdana pour intention, offrande d’arghya dans une conque, respect du guru, écoute et récitation de récits vaiṣṇava, dont le Bhāgavata. L’ensemble culmine dans la Tulasī-upāsanā de Kārtika : offrir ne serait-ce qu’une feuille de tulasī procure un immense mérite, purifie les lignées et soutient la délivrance.
Kamalā-Nāma Ekādaśī Vrata in the Dark Fortnight of Puruṣottama (Adhika Māsa)
Le chapitre 62 enseigne l’observance suprême du mois intercalaire Puruṣottama (Adhika Māsa) : l’Ekādaśī nommé Kamalā-nāma. Il s’ouvre sur des questions concernant la divinité du mois, les disciplines quotidiennes, le bain rituel, la récitation, la méthode d’adoration, l’alimentation, et le mérite comparé du japa selon les lieux—à la maison, au bord du fleuve, près de Tulasī, et devant Viṣṇu. Les prescriptions sont enchâssées dans un récit : le fils d’un brāhmaṇa déshonoré erre, atteint Prayāga/Triveṇī durant Puruṣottama, fréquente les sages à l’ermitage de Harimitra et accomplit l’Ekādaśī avec eux. À minuit, Lakṣmī (Kamalā/Padmā) apparaît, loue la puissance du vœu, accorde prospérité et continuité de la lignée, et souligne que le śravaṇa—l’écoute des récits sacrés—purifie. Le chapitre conclut par une procédure concise : mantra, jeûne, veille nocturne, bain de la divinité, repas offert aux brāhmaṇas et moment juste du pāraṇa. Il promet la demeure de Viṣṇu et la délivrance des péchés.
The Greatness and Procedure of Kāmadā Ekādaśī (in the Puruṣottama Month) with Nirjalā Emphasis
Le chapitre PP.6.63 glorifie Ekādaśī comme le vœu sans égal, particulièrement puissant au Kali-yuga pour détruire les fautes et accorder à la fois les buts terrestres et la délivrance. Yudhiṣṭhira célèbre sa suprématie et demande comment les observants d’Ekādaśī peuvent paraître revêtus de la forme de Viṣṇu tout en étant parfois vus sous des formes pécheresses ; Śrī Kṛṣṇa répond que tout dépend d’une observance fervente, en mettant l’accent sur la discipline nirjalā (sans eau). Le texte décrit ensuite l’ordonnance du vrata : maîtrise de l’alimentation au Daśamī, nirjalā à Ekādaśī (liée à la tithi Nandā), veille et culte de Puruṣottama, puis pāraṇa correct au Dvādaśī (lié à la tithi Bhadrā). Il énumère les choses à éviter aux jours de Daśamī/Ekādaśī/Dvādaśī et conclut par la promesse de l’accomplissement suprême ; écouter ou lire ce chapitre vaut le mérite d’offrir mille vaches.
The Glory of Cāturmāsya (Four-Month Observance)
Nārada interroge Mahādeva (Śiva) sur les observances renommées du Cāturmāsya, lorsque Hari est dit demeurer dans le sommeil yogique. Le chapitre fixe la saison rituelle : elle commence à Āṣāḍha śukla Ekādaśī ; Viṣṇu est « mis au repos » quand le Soleil est en Mithuna (Gémeaux) et « s’éveille » quand il est en Tulā (Balance). Il est aussi indiqué que certains rites auspices sont alors ajournés. Sont prescrites des disciplines de dévotion : dormir à même le sol, renoncements alimentaires (y compris aux six saveurs), silence, règles de pureté, et culte intensifié de Viṣṇu—installation, offrandes, tulasī, nāma-japa et écoute des Purāṇa. Un long catalogue de fruits (phala) assimile le mérite du Cāturmāsya à de grands sacrifices (tels mille Aśvamedha) et relie chaque abstinence à une récompense précise : beauté, descendance, mondes célestes et Vaikuṇṭha. Le texte ajoute des avertissements éthiques et sociaux—ahiṃsā, charité, compassion, maîtrise de soi—et met en garde contre la médisance, l’impureté et les fréquentations fautives au Kali-yuga. Il conclut que la simple audition de cette observance confère un mérite sanctifiant.
The Concluding Observance (Udyāpana) of the Cāturmāsya Vows
Le chapitre 65 établit l’udyāpana comme l’achèvement indispensable des observances de Cāturmāsya. Nārada demande le rite de clôture ; Mahādeva/Śiva enseigne que, sans udyāpana, le vœu ne donne pas pleinement son fruit, et qu’une pratique incomplète ou fautive peut entraîner de lourdes conséquences karmiques. Après l’éveil de Jagannātha, au terme du Cāturmāsya, le vœtant s’approche des brāhmaṇas, sollicite le pardon divin et offre des compensations substitutives : du ghee si l’on a renoncé à l’huile, du lait si l’on a renoncé au ghee, et d’autres équivalents. Le texte décrit les dons et repas propres à chaque vœu—boules de sésame avec or au jour de mauna, riz au caillé au jour de la nourriture, repas aux six saveurs pour l’observance de l’abstinence nocturne—ainsi que vaches ou taureaux avec or, lampes (dont une lampe d’or), chaussures, grains, fruits et greniers, pour culminer en un culte purifié rendu à Viṣṇu sans commencement, porteur de conque, disque et massue, destructeur du péché.
Propitiation of Yama (Crossing the Vaitaraṇī through the Dvādaśī/Vaitaraṇī-vrata)
Le chapitre s’ouvre sur la demande de Nārada à Mahādeva : comment apaiser Yama afin d’éviter l’enfer et la redoutable rivière Vaitaraṇī. Śiva répond par un récit enchâssé : le sage Mudgala est saisi par erreur par les yamakiṃkaras, et cette méprise devient l’occasion de dévoiler, devant eux et devant Dharmarāja, la puissance salvatrice de l’observance de la Dvādaśī de la quinzaine sombre (Kṛṣṇa-pakṣa), appelée vœu de Vaitaraṇī. Viennent ensuite des injonctions rituelles précises : jeûne, bain dans un tīrtha avec terre/bouse de vache/sésame et mantras prescrits, culte de Govinda/Viṣṇu, préparation des récipients et du maṇḍala, invocation et salutations à Yama et à Citragupta, ainsi que vénération de Vaitaraṇī/Jayā. Des pratiques dévotionnelles annexes (tulasī, tilaka et marques d’armes, vénération de la vache) complètent le rite, dont le fruit annoncé est la délivrance des péchés et le passage sûr au-delà des terreurs de Yama.
The Glory of Gopī-candana (Sacred Vaiṣṇava Clay)
Le chapitre PP.6.67 glorifie la Gopī-candana (Gopikā-candana), argile sacrée vaiṣṇava employée pour le tilaka et l’onction, comme un tīrtha « portatif » et un sanctificateur du foyer. Il déclare que là où elle est conservée, chagrin, illusion et inauspiciosité ne demeurent pas ; les ancêtres sont satisfaits et la lignée prospère. L’argile associée à Gopī-Puṣkara est dite purifier le corps et détruire les maladies lorsqu’on l’applique. La porter est présentée comme dispensatrice de mokṣa, louée par tous les tīrthas et kṣetras. Le texte l’apparente au bois de Tulasī et à la terre prise à sa racine, et prescrit de mêler la Gopī-candana à la Hari-candana pour en faire une pâte à appliquer. Le chapitre s’achève sur de puissantes promesses de kṣaya du pāpa : même les grands pécheurs sont purifiés sur-le-champ, et la demeure suprême de Viṣṇu est assurée.
Glorification and Characteristics of the Vaiṣṇavas
Maheśvara (Śiva) enseigne à Nārada les signes distinctifs (lakṣaṇas) et la haute dignité spirituelle des vaiṣṇavas. Est vaiṣṇava celui qui appartient à Viṣṇu et demeure fermement établi en Lui (viṣṇu-niṣṭhā), manifestant le pardon, la compassion, l’austérité (tapas) et la vérité, tout en rejetant un dharma fondé sur la violence. Le texte mentionne aussi des marques extérieures : porter un chapelet de tulasī, appliquer les douze tilaka, et arborer les emblèmes de Viṣṇu—conque (śaṅkha), disque (cakra), massue (gadā) et lotus (padma). Les dévots sont glorifiés comme purificateurs à la seule vue, capables de sauver des lignées entières, et, en Kali-yuga, tenus pour “égaux à Viṣṇu” en sainteté. Il est enfin enseigné que respecter et nourrir les vaiṣṇavas procure un mérite exceptionnel, équivalent à l’adoration de toutes les divinités et surpassant, par sa multiplication, le fruit du don de nourriture aux brāhmaṇas.
The Śravaṇa–Dvādaśī Vow (Akṣaya Merit on the Śravaṇa Nakṣatra Dvādaśī)
Nārada demande à Śiva une unique observance de Dvādaśī au mérite suprême, convenant à ceux qui ne peuvent pratiquer des jeûnes rigoureux. Śiva glorifie la Dvādaśī de la quinzaine claire de Bhādrapada lorsqu’elle coïncide avec la nakṣatra Śravaṇa—et plus encore si c’est un mercredi—affirmant que tout acte pieux accompli alors devient impérissable (akṣaya). Le chapitre prescrit le bain à la confluence des rivières, l’installation de Janārdana sur un dispositif avec pot d’eau, l’offrande de mets cuits au ghee, la veille nocturne, le culte à l’aube, la récitation de mantras à Govinda et le repas offert à un brāhmaṇa savant. Pulastya rapporte ensuite une ancienne légende : un marchand égaré dans un désert terrifiant rencontre des pretas et l’esprit d’un défunt. Grâce à un don accompli lors d’une Śravaṇa–Dvādaśī passée (réservoir d’eau et provisions), cet esprit peut nourrir chaque jour de nombreux êtres, mais demeure preta à cause de son irréligion. Le marchand est instruit de récupérer un trésor et d’accomplir le śrāddha de Gayāśīrṣa avec noms et lignées, libérant l’esprit ; puis il observe chaque année la Śravaṇa–Dvādaśī à la confluence et atteint finalement Vaikuṇṭha.
The Three-Nights Vow at a River
Nārada demande à Śiva (Maheśa/Umāpati) un enseignement grâce auquel on ne voit plus la souffrance. Śiva enseigne le Nadī-trirātra-vrata, vœu de trois nuits lié au fleuve, à accomplir de préférence au mois d’Āṣāḍha et durant la saison des pluies, lorsque le cours d’eau est en crue. Le rite comporte le bain à l’aube, le culte du fleuve, le jeûne (ou l’option d’un seul repas), l’offrande d’une lampe ininterrompue, et l’invocation de la déité du fleuve ainsi que de Varuṇa. On installe Keśava sous la forme d’Ananta reposant sur les eaux; le dévot offre l’arghya, des fruits de saison et une nourriture cuite au ghee, en gardant la pureté pendant trois nuits. À la fin, on accomplit le pāraṇa avec le haviṣyānna et l’on fait les dons prescrits : vache, vêtements, sésame, or; image ou maṇḍala de Varuṇa; récipients et joyaux, tout en nourrissant les brāhmanes et en honorant le guru. Les fruits promis sont la santé, la longévité, la prospérité, la descendance, l’honneur céleste et l’évitement des destinées infernales.
The Greatness and Transmission of the Viṣṇu Thousand Names (Dialogue of Śiva and Nārada)
Dans PP.6.71, les sages de Naimiṣāraṇya louent Sūta et lui demandent de raconter comment Nārada apprit la grandeur du Nom divin. Sūta décrit l’ascension de Nārada au mont Meru pour interroger Brahmā sur la puissance du Nom de Hari, surtout au Kali-yuga, où le nāma-japa est présenté comme la voie principale. Brahmā célèbre le Nom, capable de consumer les péchés et de surpasser pèlerinages et expiations, puis dirige Nārada vers le Kailāsa, affirmant que Śiva est le plus grand des Vaiṣṇava et qu’il connaît pleinement le secret. Nārada rencontre Śiva et demande les mille noms de Viṣṇu; Śiva fonde l’enseignement sur sa révélation antérieure à Pārvatī, donne les indications rituelles (ṛṣi, chandas, bīja, śakti, kīlaka, viniyoga et nyāsa), puis récite le sahasranāma et ses fruits. Le chapitre se clôt par des injonctions de discrétion et de qualification, et s’achève sur la préférence de Śiva pour un seul Nom, « Rāma » (le texte est tronqué dans l’extrait fourni).
The Greatness of Viṣṇu’s Thousand Names
Dans le PP.6.72, Śrī Mahādeva glorifie le Viṣṇu-sahasranāma comme une voie de délivrance universelle, particulièrement adaptée au Kali-yuga. Il enseigne que la récitation quotidienne profite à toutes les varṇa, en soulignant son ouverture à tous — avec une mention spéciale des śūdra — et affirme que même une récitation partielle mène à la demeure suprême de Viṣṇu. Le chapitre relie cet hymne à la justesse rituelle (vinyāsa), à la concentration — en mettant en garde contre une récitation distraite — et à l’attitude dévotionnelle de service (dāsya-bhāva). Il l’assimile à la présence de tous les tīrtha et des fleuves sacrés, promettant longévité, prospérité, continuité de la lignée et délivrance des fautes liées aux voyages. Il conclut qu’un seul Nom de Viṣṇu offert avec la tulasī surpasse le mérite immense de vastes sacrifices.
Rāma Protective Hymn (Rāma-Rakṣā Stotra/Kavaca)
Dans le cadre du dialogue du Uttara-khaṇḍa entre Śiva (Umāpati/Mahādeva) et Nārada, Mahādeva introduit le Rāma-rakṣā-stotra et en donne les indications rituelles : le ṛṣi est Viśvāmitra, la devatā est Śrī Rāma, le chandas est Anuṣṭubh, et le viniyoga est la récitation destinée à plaire à Viṣṇu. L’hymne se déploie ensuite comme un kavaca, une armure spirituelle : on y invoque Rāma et ses épithètes divines afin de protéger successivement les membres et les facultés—cœur, gorge, nombril, mains et pieds, yeux et oreilles, langue, etc. Le texte énonce les fruits de la récitation : longue vie, bonheur, sagesse, prospérité et protection inébranlable, jusqu’à l’affirmation d’une délivrance finale. Il se clôt en soulignant la transmission autorisée (Brahmā → Nārada → les hommes vertueux) et en rappelant que la récitation, même dans la vie ordinaire—en dormant, à la maison ou en marchant—confère du mérite.
The Dharma of Charity: Sattvic Tapas and the Supremacy of the Householder
Le chapitre 74 (PP.6.74) exalte le dharma comme la racine d’artha, de kāma et de mokṣa. Il distingue l’austérité (tapas) selon les guṇas : le tapas sāttvique élève et purifie, tandis que les austérités rājasiques et tāmasiques enchaînent à la passion, à la cruauté et à la quête de fruits mondains. Le texte se tourne ensuite vers une vigoureuse défense du gṛhastha-dharma : pour celui qui maîtrise ses sens, la maison devient une « forêt » de discipline intérieure. Le maître de maison est loué comme l’āśrama le plus éminent, car il soutient les renonçants par la nourriture offerte, l’hospitalité et le soin. La charité (dāna) est recommandée aux moments propices, après le culte et les rites quotidiens, avec une mise en garde contre les dons issus de richesses mal acquises. La conclusion oppose le sort des conduites pécheresses au pouvoir purificateur du don, et présente le dāna—justement acquis et justement offert—comme voie de prospérité, de ciel et, ultimement, de la demeure vaiṣṇava.
The Greatness of Gaṇḍikā Tīrtha (Gaṇḍakī River & Śālagrāma Field)
Le chapitre PP.6.75 présente le tīrtha-māhātmya de Gaṇḍikā (Gaṇḍakī), louée comme comparable au Gaṅgā et comme le lieu où se manifestent les pierres de Śālagrāma sous des formes variées. La contrée est consacrée comme le propre kṣetra de Viṣṇu, fréquentée par des ṛṣis, des devas et des êtres semi-divins; et il est affirmé que la simple vue ou le simple contact du fleuve purifie même les fautes les plus graves. Le texte recommande le pèlerinage selon les saisons, surtout au mois d’Āṣāḍha, avec une observance d’un mois: bain rituel, aumône et japa ininterrompu du Tāraka-mantra. Un élément identitaire particulier ordonne aux dvijas de porter les emblèmes vaiṣṇava (śaṅkha et cakra), associés à la délivrance et au fait d’être un véritable Vaiṣṇava. La conclusion établit une suprématie: nul tīrtha n’égale Gaṇḍikā, nul vœu ne vaut Dvādaśī, et nulle divinité ne surpasse Keśava.
The Hymn for Auspicious Occasions and the Rites for the Departed
Dans le cadre du dialogue entre Umā et Maheśvara, Śiva révèle un hymne libérateur et le rite d’exaltation qui lui est associé, en affirmant qu’il possède une puissance salvatrice même pour les grands pécheurs. Il enseigne que la récitation et le souvenir de ce stotra dissipent les fautes et ouvrent la voie à la délivrance. Le chapitre se poursuit par une transmission enchâssée attribuée à Brahmā s’adressant à Nārada : un stotra qui identifie le Suprême à Nārāyaṇa/Viṣṇu et aussi à Rāghava (Rāma). Il y déploie l’imagerie cosmique du virāṭ et des équivalences védiques—yajña, Oṃ, vaṣaṭ, et les fonctions du sacerdoce. Des prescriptions pratiques sont données : s’en souvenir à l’heure de la mort, le réciter aux trois sandhyās, et le tenir pour particulièrement efficace lors du śrāddha après les offrandes de piṇḍa. La transmission doit rester discrète et protégée ; il est méritoire de l’écrire, de l’offrir, et de porter les emblèmes vaiṣṇava (conque et disque ; chapelet de graines de lotus). Les fruits promis sont l’élévation des ancêtres vers la demeure de Viṣṇu, l’accroissement des biens en ce monde et le mokṣa.
The Rite and Narrative of Ṛṣi-pañcamī (Rishi Panchami Vrata)
Mahādeva (Śiva) expose un vœu « suprême » qui accroît la descendance et la prospérité. Dans le récit enchâssé, le brāhmaṇa maître des Veda, Devaśarmā, accomplit le śrāddha avec une hospitalité irréprochable et un soin scrupuleux envers les hôtes. Pourtant, dans sa demeure, un taureau (Balīvarda/Vṛṣa) et une chienne (Śunī) prennent la parole et décrivent leurs souffrances, nées de la négligence et de résidus karmiques liés à l’impureté. Le brāhmaṇa comprend qu’ils sont ses parents renaissants à cause de fautes anciennes et il sollicite l’avis des ṛṣis, dont Vasiṣṭha. Un sage révèle la causalité des vies antérieures et prescrit le remède : l’observance de Ṛṣi-pañcamī, au mois de Bhādrapada, le cinquième jour de la quinzaine claire (śukla pañcamī). Il faut vénérer les Saptarṣis avec un maṇḍala et un kumbha, offrir des grains dédiés aux ṛṣis, donner la dakṣiṇā et réciter. Ce rite détruit le péché entaché d’impureté, procure la délivrance des pitṛs et mène l’observant au séjour de Viṣṇu.
Apāmārjana Hymn and Rite of Purification (Disease–Poison–Graha Pacification)
Le PP.6.78 présente l’apāmārjana, rite d’« effacement » et de purification, comme le remède suprême contre les maladies, les poisons, les atteintes des grahas et les sortilèges malfaisants. Mahādeva en établit l’autorité en retraçant la lignée de transmission : Brahmā l’enseigna à Pulastya, et Pulastya le transmit à Dālabhya. Le texte affirme que plaire à Viṣṇu par les vœux et le jeûne prévient les afflictions, tandis que la négligence du dharma rend l’être exposé. Le cœur de la pratique est le Viṣṇu-nyāsa : on assigne les noms divins et les avatāras de Viṣṇu aux différents lieux du corps, puis l’on se purifie avec la kuśa parfaitement pure. Un long stotra invoque Viṣṇu, Nṛsiṃha et surtout le Sudarśana-cakra afin de briser fièvres, poisons, esprits et grahas saisissants. Le chapitre s’achève par une phala-śruti, des avertissements contre l’avidité, et un épilogue où Janārdana déclare que la kuśa est née de son propre corps et proclame sa vertu guérisseuse.
The Greatness of the Apāmārjanaka (Cleansing Hymn/Rite)
Le chapitre 79 exalte l’Apāmārjanaka comme un hymne/rite de purification d’une merveille suprême. Mahādeva (Śiva) enseigne à Pārvatī, la « fille de la montagne », que sa récitation concentrée est particulièrement efficace pour la putra-kāmanā (désir d’un fils), et que la récitation quotidienne accomplit des buts variés. Les bienfaits sont exposés selon le varṇa : savoir pour les brāhmaṇas, souveraineté pour les kṣatriyas, richesse pour les vaiśyas, et dévotion pour les śūdras ; toutefois, l’écoute et le japa sont dits conférer une bhakti universelle. Le mérite est assimilé à celui du Sāma Veda, la destruction immédiate des péchés est proclamée, et des observances vaiṣṇava sont prescrites : l’écrire sur écorce de bouleau pour le porter comme texte protecteur, offrir la tulasī après même un seul vers, et porter la tulasī-mālā ainsi que les insignes vaiṣṇava (marques de śaṅkha et de cakra). Comme protection, il apaise les maladies des enfants, les afflictions astrales, les esprits, les poisons et les crises. L’aboutissement est l’entrée en Viṣṇu-loka et la délivrance ultime, les bhāgavata étant présentés comme salut pour les lignées familiales.
The Glory of Viṣṇu (Viṣṇu-Māhātmya): Bhakti as the Highest Dharma
Dans le cadre Śiva–Pārvatī, Śiva proclame que l’écoute de la gloire de Viṣṇu est libératrice et introduit une chaîne d’entretiens exemplaires. À l’intérieur, Yudhiṣṭhira interroge Bhīṣma afin de trancher des prétentions concurrentes sur le « dharma suprême ». Bhīṣma rapporte l’antique récit de Puṇḍarīka et Nārada : la brahmacarya rigoureuse de Puṇḍarīka et son pèlerinage à Śālagrāma aboutissent à une bhakti centrée sur le mantra et au darśana direct de Viṣṇu. Nārada et Brahmā énoncent une doctrine unificatrice : dharma, Veda, yajña et le cosmos reposent sur Nārāyaṇa. Au sommet du chapitre, Viṣṇu accorde à Puṇḍarīka une proximité divine, puis le texte exalte le nāma et le mantra de huit syllabes « Oṁ namo Nārāyaṇāya », efficace pour tous, surtout à l’âge de Kali.
The Greatness of the Gaṅgā (Ganga Mahatmya)
Pārvatī prie Śiva de redire la grandeur de la Gaṅgā. Le discours s’insère dans un cadre épique : des sages se rassemblent autour de Bhīṣma, étendu sur le lit de flèches, et Yudhiṣṭhira demande quelles régions, montagnes et ermitages portent le plus de mérite. Bhīṣma répond par un récit plus ancien : un Siddha rend visite à un modèle d’uñchavṛtti, lié au roi Śibi. Le Siddha affirme que les terres vraiment bénies sont celles que sanctifie la Tripathagā Gaṅgā, et enseigne que se baigner, boire son eau, ou même se souvenir et prononcer « Gaṅgā » anéantit les péchés—au-delà des austérités, du renoncement et même de centaines de sacrifices. Des tīrtha précis—Prayāga/Veṇī, Gaṅgādvāra, Kanakhala, Kuśāvarta, etc.—sont loués comme des voies vers Vaikuṇṭha et la délivrance du cycle des renaissances.
Glories and Characteristics of Servant-Vaiṣṇavas (Marks of a Vaiṣṇava and Proper Worship)
Umā (Pārvatī) demande à Maheśvara (Śiva) de définir les signes et la grandeur des vaiṣṇava. Le chapitre énumère leurs qualités éthiques, rituelles et dévotionnelles : pureté, véracité, patience, détachement, recherche védique, hospitalité, agnihotra, compassion, ainsi que les insignes visibles du vaiṣṇava, tels la śaṅkha et le cakra. Il avertit que calomnier les dévots entraîne des renaissances répétées dans des conditions avilissantes. Le texte aborde ensuite l’arcana : façonner et adorer des images de Gopāla/Kṛṣṇa en métal ou en pierre, honorer le Śālagrāma et les pierres de Dvāravatī, installer les icônes avec les mantras selon la procédure āgamique et védique, et accomplir les ṣoḍaśopacāra. Śiva proclame la non-différence entre Viṣṇu et Śiva et condamne tout culte mêlé de dénigrement sectaire. Des modèles—Nārada, Prahlāda, Ambarīṣa, Dhruva—et le dévot śūdra Haridāsa illustrent la portée de la bhakti, surtout au Kali-yuga.
The Great Swing Festival (Dolā-mahotsava)
À la demande d’Umā (Pārvatī) concernant les observances festives selon les mois, Maheśvara (Śiva) décrit le Dolā-mahotsava durant la quinzaine claire de Caitra, en soulignant l’Ekādaśī et le culte public de Kṛṣṇa/Viṣṇu assis sur une balançoire (dolā). Le chapitre glorifie la puissance purificatrice du darśana en Kali-yuga : même les grands pécheurs sont délivrés en contemplant le Seigneur et en le balançant doucement. Il évoque l’assistance cosmique des devas, nāgas, gandharvas, apsaras et sages, puis prescrit les éléments rituels : adoration de type Gāyatrī, mantra « Oṁ namo Bhagavate Vāsudevāya », pūjā aux seize services (ṣoḍaśopacāra), aṅga/kara/śārīraka-nyāsa, installation avec Śrī (Lakṣmī), ārati avec cinq instruments, offrandes d’arghya, dakṣiṇā au guru, distribution aux vaiṣṇavas, et chants et danses dévotionnels—faisant de la fête à la fois une liturgie et une bhakti communautaire.
The Great Festival of Damanaka (Spring Damana Blossom Rite)
Le chapitre 84 prescrit la grande fête de Damanaka au mois de Caitra, centrée sur la Dvādaśī de la quinzaine claire, précédée d’un culte nocturne à Ekādaśī. Bien qu’elle soit présentée comme une célébration vaiṣṇava, elle comprend l’installation et l’adoration aux directions de Kāma (Kandarpa/Madana) avec Rati, au moyen d’un maṇḍala sarvatobhadra, d’un mantra-nyāsa dans les quartiers, et de 108 répétitions du Kāma-gāyatrī. Les dévots honorent ensuite Keśava/Jagannātha et Janārdana avec Lakṣmī, observent la veille, et offrent des rameaux et fleurs de damana. La cérémonie s’achève par chants et danses, rites d’eau, dons au guru et repas partagé. Śiva enseigne à Pārvatī que le culte de Jagannātha inclut celui de Śiva, et que la simple vue de la fête purifie même les fautes graves. Le texte loue la prospérité de la lignée, un mérite immense équivalant à « mille vaches », et la délivrance obtenue par la dévotion printanière aux fleurs.
The Great Festival of the Lord’s Repose (Śayana) in Water
Le chapitre 85 prescrit une observance vaiṣṇava saisonnière centrée sur l’adoration de Viṣṇu demeurant dans l’eau, surtout durant Vaiśākha–Jyeṣṭha et aux jours lunaires décisifs d’Ekādaśī–Dvādaśī. Il enjoint une célébration joyeuse—chants, musique et danse—ainsi que la construction du « lit de Viṣṇu » (śayyā) sur une estrade de terre. On prépare une eau fraîche et parfumée, puis l’on installe Viṣṇu, de préférence sous la forme de Śālagrāma; à défaut, sous forme d’image, telle que Gopāla ou Rāma. Le culte s’accomplit debout dans l’eau, avec de l’eau parfumée au tulasī et des mantras prescrits, et s’achève par l’adoration nocturne et la veille de Dvādaśī. Le texte promet un mérite immense, comparable à de vastes sacrifices, la purification de la lignée, l’affranchissement des tourments de Yama et la protection de la descendance contre l’enfer, menant finalement à la sāyujya/mokṣa. Il avertit que cinq dispositions—absence de foi, esprit porté au péché, athéisme, doute chronique et simple rationalisme—font obstacle au fruit du vœu.
Pavitrāropaṇa: The Rite of Offering the Consecrated Pavitra to Viṣṇu
Ce chapitre enseigne l’observance annuelle de Śrāvaṇa appelée pavitrāropaṇa : poser sur Viṣṇu le pavitra consacré, fil ou guirlande, afin d’achever le culte de l’année et de faire naître la bhakti. Il précise les matières admises (lin, argent, or et substituts) ainsi que les règles de préparation : trois brins, lavage, nombre de nœuds, parfums et coloration. Il indique la juste proportion pour l’appliquer au liṅga ou à la pratimā, et propose une correspondance entre les tithi et les divinités au cours de la quinzaine lunaire. Viennent ensuite l’installation et la consécration (coffret, adhivāsa), l’invocation des puissances auxiliaires dans les nœuds, les enchaînements de mudrā, et les aspersions avec mantras, dont « klīṃ kṛṣṇāya ». Le rite s’achève par le naivedya, des rangées de lampes, la guru-pūjā, l’honneur rendu aux Vaiṣṇava, et une prière de pardon adressée à Keśava. Il est loué comme le « roi des fêtes », doté d’un puissant mérite purificateur, et ouvert à tous lorsqu’il est accompli avec dévotion.
Monthly Flower-Offerings (Calendrical Floral Worship)
Le chapitre 87 (PP.6.87), intitulé Māsika-puṣpa, présente un calendrier liturgique d’offrandes mensuelles—surtout de fleurs et de feuilles sacrées—pour le culte de Viṣṇu (Keśava/Mādhava/Janārdana/Govinda/Jagannātha). Dans l’atmosphère d’un dialogue entre Umā et Maheśvara, Śiva indique quelles floraisons et quels feuillages conviennent de Caitra à Phālguna. Sont mentionnés, selon les mois et les saisons, campaka, jasmin/yūthikā, bilva, lotus, fleurs rouges, feuilles de ketakī, kadamba, tulasī, atasī, dūrvā, bakula, punnāga, etc., avec des repères comme la saison des pluies ou le Soleil en Taureau. Le chapitre affirme à plusieurs reprises que vénérer le Seigneur des seigneurs revient à honorer toutes les divinités, efface les fautes, accorde les bienfaits désirés et mène finalement à Vaikuṇṭha, faisant de l’offrande florale une pratique simple et une voie de salut.
The Greatness of Kārtika: The Pārijāta Tree Episode and the Tulāpuruṣa Gift
En exposant la grandeur du mois de Kārtika, le chapitre raconte la venue de Nārada à Dvārakā, portant des fleurs divines issues de l’arbre qui exauce les vœux. Kṛṣṇa honore le sage et distribue les fleurs à ses reines, mais néglige involontairement Satyabhāmā, qui se retire, blessée et courroucée. Pour l’apaiser, Kṛṣṇa appelle Garuḍa et se rend avec elle au royaume d’Indra afin d’obtenir l’arbre Pārijāta. Malgré l’objection d’Indra, Kṛṣṇa l’arrache et le ramène à Dvārakā. Satyabhāmā demande ensuite à Nārada comment obtenir un tel époux vie après vie ; Nārada prescrit le don du Tulāpuruṣa. Satyabhāmā accomplit le rite du « don par pesée » avec Kṛṣṇa et l’arbre, l’offrant rituellement à Nārada, qui prend congé. Kṛṣṇa explique alors le mérite antérieur de Satyabhāmā par un récit de vie passée et affirme que les voies dévotionnelles, bien que diverses, aboutissent finalement à Lui.
Account of Satyā’s Previous Birth (Kārttika-vrata Phala)
Śrī Kṛṣṇa raconte à Satyā (Satyabhāmā) un récit de naissance antérieure : une femme, après la perte de ses protecteurs—père et époux—s’abîme dans un deuil intense et se lamente longtemps. Puis le récit s’oriente vers le dharma : elle mène une vie réglée, vouée à Viṣṇu, observant avec constance Ekādaśī et le vœu de Kārttika. Śiva (Mahādeva) atteste la valeur exceptionnelle de ce double vœu, promettant bhoga et mokṣa. Le chapitre énumère les observances de Kārttika : bain à l’aube (Tulā-sūrya), nettoyage du temple, marques auspicielles, offrande de lampes, service de la tulasī et veille nocturne, réputées libératrices même pour de grands pécheurs. Dans sa vieillesse, elle se baigne dans le Gaṅgā et les serviteurs de Viṣṇu la conduisent à Vaikuṇṭha. Ainsi, le Kārttika-vrata est présenté comme cause directe de proximité divine et de non-séparation éternelle d’avec le Seigneur.
The Resolve/Undertaking to Slay Śaṅkhāsura (and the Greatness of Kārttika & Ekādaśī)
Le chapitre s’ouvre sur une question de Satya/Satyabhāmā à Śrī Kṛṣṇa : si toutes les divisions du temps sont des formes du Seigneur, pourquoi le mois de Kārttika est-il dit « le meilleur », et pourquoi Ekādaśī est-elle « chère » au Seigneur ? Keśava répond en rappelant un ancien entretien où Nārada explique la grandeur particulière de Kārttika. Nārada rapporte une crise mythique : l’asura Śaṅkha (fils de Sāgara) vainc les devas, dérobe les Veda, et ceux-ci se cachent dans les eaux. Brahmā et les dieux éveillent Viṣṇu par une célébration dévotionnelle et le culte ; Viṣṇu accorde des grâces, institue les observances de Kārttika—la veille depuis Āśvina Śukla Ekādaśī jusqu’à Udbodhinī/Prabodhinī—et promet de reprendre les Veda en terrassant Śaṅkha. Le texte relie les actes rituels—bain, upacāra, offrande de lampe, musique et veille nocturne—à la purification, à la faveur divine et à l’ultime accès à la demeure de Viṣṇu.
The Glory of Prayāga (Prayāga Māhātmya): Recovery of the Vedas and the King of Tīrthas
Ce chapitre unit le motif de l’avatāra et la théologie du tīrtha pour établir la suprématie de Prayāga. Viṣṇu prend la forme d’un poisson, grandit à travers des récipients et des eaux successives, puis terrasse Śaṅkha/Śaṅkhāsura. Ensuite, il ordonne aux sages de rassembler les Veda dispersés dans les eaux ; ceux-ci les rétablissent avec les Vedāṅga et les rites du yajña. La révélation retrouvée réautorise le sacrifice, dans un contexte d’Aśvamedha où les êtres divins demandent des grâces. Viṣṇu accorde à Prayāga une gloire durable comme Brahma-kṣetra et « Roi des Tīrtha », promettant que la simple darśana détruit les fautes graves, que le śrāddha accompli selon la règle élève les ancêtres, et que mourir en présence du Seigneur conduit à la délivrance. La discipline saisonnière est soulignée : le bain de Māgha à l’aube, lorsque le Soleil est en Makara (Capricorne), procure un mérite exceptionnel et des formes de mokṣa liées à la proximité du kṣetra sacré.
Description of Observances (Kārttika Vow: Purity, Worship, and Devotional Performance)
Le chapitre PP.6.92 s’ouvre sur la demande du roi Pṛthu à Nārada : exposer la méthode concrète du bain de Kārttika/Māgha, les observances et la juste manière d’achever le vœu. Dans la transmission en strates propre à l’Uttara-khaṇḍa (Pulastya à Bhīṣma), il est prescrit de commencer le Kārttika-vrata à Āśvina śukla Ekādaśī, de se lever avant l’aube, et d’observer des règles strictes de śauca, surtout la purification après l’excrétion, avec des degrés selon l’état : brahmacārin, vānaprastha, yati, voyageur, ainsi que pour les femmes/Śūdras. Le texte ajoute la pureté de la bouche et des dents, une prière à Vanaspati, et des restrictions quant aux jours et aux matières pour le nettoyage des dents. Il se tourne ensuite vers une bhakti centrée sur le temple : culte de Viṣṇu (et de Śiva), kīrtana, et honneur rendu aux chantres et musiciens ; et il enseigne, pour le Kali-yuga, que Viṣṇu demeure là où les dévots chantent. Enfin, il énonce les fleurs permises ou interdites selon les divinités, et une prière de demande de pardon (kṣamā-yācñā), promettant l’effacement des fautes et l’accès à Viṣṇu-loka pour l’observant et ses ancêtres.
Description of the Bathing Rite (Kārtika Vrata Snāna and Allied Observances)
PP.6.93 présente une liturgie progressive du Kārtika-vrata, centrée sur le snāna accompli à minuit ou à l’aube. Le texte décrit une montée du mérite à mesure que l’on se baigne dans des eaux de plus en plus méritoires, jusqu’au bain dans les tīrtha, dont le fruit est dit « sans fin ». Le pratiquant fait le saṅkalpa, se souvient de Viṣṇu et offre l’arghya aux tīrtha et à leurs divinités présidantes, avec des formules d’invocation à Hari/Dāmodara (avec Rādhā). Il est prescrit d’entrer dans l’eau en se remémorant Gaṅgā (Bhāgīrathī), Viṣṇu, Śiva et Sūrya. Les substances de bain varient selon l’āśrama : pour le gṛhastha, sésame et poudre d’āmalaka ; pour les ascètes, terre prise à la racine de tulasī. Certaines tithi sont indiquées comme défavorables au mélange d’āmalaka et de sésame. Le chapitre distingue ensuite mantras védiques et purāṇiques pour les femmes et les Śūdra, puis traite du tarpana, du repas offert aux brāhmaṇa et de leur vénération, tenue pour une vénération des dieux. Il s’achève sur le culte de tulasī et la promesse de Vaikuṇṭha, ainsi que de vastes bienfaits pour l’observance du vœu de Kārtika.
Description of Observances: Disciplines of the Kārttika (Ūrja) Vow
PP.6.94 fixe la discipline du vœu de Kārttika/Ūrja comme une voie complète de pureté et de bhakti. Le texte énumère les aliments et substances interdits—viande, miel, boisson fermentée, certaines légumineuses, huiles, oignon et ail, ainsi que quelques courges et légumes—et étend l’impureté dite « āmiṣa » à des cas tels que le lait souillé par le commerce, le lait conservé dans le cuivre, l’eau d’étang et la cuisine faite par intérêt personnel. Il prescrit des règles de conduite : continence, sommeil à même le sol, repas pris sur une feuille, horaires de repas réglés, et massage à l’huile limité, sauf à Naraka Caturdaśī. Il pose aussi des bornes éthiques et sociales : pas de trahison ni d’adultère, ne pas accepter la nourriture ou les dons d’autrui, et ne pas dénigrer dieux, maîtres et dévots. Une liste calendérique associe certains légumes aux jours lunaires, et ordonne d’offrir d’abord une part à Viṣṇu et de nourrir un brāhmaṇa avant de manger. Le chapitre conclut en glorifiant ce vœu au-dessus des sacrifices : les serviteurs de Yama prennent la fuite, les dieux protègent l’observant, les hantises cessent, et le fruit est l’accès à Vaikuṇṭha.
Description of the Udyāpana (Concluding Rite) of the Ūrja/Kārttika Vrata
Le chapitre 95 prescrit l’udyāpana, rite de clôture qui achève le vœu d’Ūrja (Kārttika) au quatorzième jour de la quinzaine claire. Le dévot érige un pavillon centré sur la tulasī, place des gardiens aux portes, trace un maṇḍala sarvatobhadra et dépose un vase couvert orné de cinq gemmes. Viṣṇu, accompagné de Śrī, est honoré selon les seize services (ṣoḍaśopacāra), ainsi qu’Indra et les lokapālas. Le texte met l’accent sur le jeûne et le harijāgara, veille nocturne faite de chants, de musique et de récitation des hauts faits de Viṣṇu, source d’une vaste purification et de mérite. À la pleine lune, on invite et nourrit des brāhmaṇas avec leurs épouses; on offre des oblations avec les mantras prescrits; on donne la dakṣiṇā et une vache kapilā; on honore le guru, qui reçoit l’image consacrée. Il est enfin déclaré que le mérite est multiplié par des crores et que le dévot obtient la proximité de Viṣṇu.
Description of the Origin of Jālandhara (Prelude to Tulasī/Vṛndā Greatness)
Le PP.6.96 s’ouvre sur la demande de Pṛthu : il veut une explication plus profonde du culte rendu à la racine de Tulasī durant l’Ūrja-vrata, et savoir pourquoi Tulasī est souverainement chère à Viṣṇu. Nārada commence alors un récit ancien, prélude à la grandeur de Tulasī/Vṛndā. Indra et les dieux se rendent au Kailāsa et rencontrent un être terrifiant. Indra le frappe, mais la puissance de Rudra l’emporte ; Bṛhaspati élève alors une stuti, hymne de louange à Śiva. Satisfait, Śiva retire son éclat ardent et écarte le danger en jetant l’être dans l’océan, au confluent de Sindhu et de la Gaṅgā. Là, l’être devient un enfant en pleurs dont le cri ébranle les mondes. Brahmā enquête, l’Océan se prosterne, et l’enfant est identifié et nommé Jālandhara, en lien avec l’« eau retenue » par les yeux de Brahmā. Une prophétie annonce qu’il sera invincible sauf face à Rudra ; il est consacré, s’allie par l’entremise de Śukra et épouse Vṛndā, fille de Kālanemi, posant ainsi le fondement du récit à venir sur Tulasī/Vṛndā.
The Victory (Conquest) of Amarāvatī
Les Daityas vaincus remontent de Pātāla et s’approchent de Bhārgava (Śukra), ce qui ravive le souvenir du barattage de l’Océan et de la décapitation de Rāhu. Jalandhara, fils de l’Océan, dépêche le messager Ghasmara auprès d’Indra, exigeant le récit du barattage et des joyaux apparus. Indra répond, et les paroles explicatives d’Īśvara attisent davantage l’hostilité. La guerre éclate à Amarāvatī : Śukra ranime les asuras grâce à la saṃjīvanī, tandis qu’Aṅgiras rétablit sans cesse les dieux avec des herbes du domaine de Droṇa. L’ayant appris, Jalandhara s’empare du mont Droṇa et le jette dans l’océan, brisant l’avantage des devas. Les dieux prennent la fuite ; Jalandhara entre dans Amarāvatī, installe des asuras aux charges et contraint le parti d’Indra à se cacher, faisant de la « victoire d’Amarāvatī » une conquête asurique provisoire dans la trame du Kārtika-māhātmya.
Jalaṃdhara’s Entrance (Rise to Power and Viṣṇu’s Response)
Lorsque Jalaṃdhara menace les dieux, Indra et les Devas tremblent et chantent un stotra à Viṣṇu, louant Ses avatāras, Sa compassion protectrice et Ses fonctions cosmiques. Nārada affirme que la récitation quotidienne de cet hymne dissipe la détresse par la grâce de Hari. Ému de miséricorde, Viṣṇu monte Garuḍa et s’entretient avec Lakṣmī : les dieux ont été massacrés par son frère Jalaṃdhara, mais Viṣṇu expose les contraintes—son origine comme aṃśa de Rudra, l’ordre de Brahmā et l’égard dû à Lakṣmī—qui font qu’Il ne doit pas le tuer. S’ensuit un combat terrible ; les armes se brisent, Garuḍa est terrassé, et la lutte devient corps à corps. Satisfait de la vaillance de Jalaṃdhara, Viṣṇu lui accorde une faveur. Jalaṃdhara demande que Viṣṇu demeure dans sa maison avec Lakṣmī ; Viṣṇu consent et se rend dans sa cité. Jalaṃdhara réorganise alors les charges cosmiques et gouverne les mondes avec dharma et prospérité.
Dialogue of the Messenger: The Jalandhara Episode (and the Manifestation of Kirtimukha)
Nārada raconte qu’il vit Śiva avec Umā sur le Kailāsa, au milieu d’une prospérité merveilleuse. Cette vision abat l’orgueil de Jālandhara : la vraie richesse est inséparable du « joyau » qu’est Pārvatī. En entendant parler de la beauté de Pārvatī, Jālandhara s’enflamme de désir et envoie Rāhu, fils de Siṃhikā, comme messager au Kailāsa. L’insolence de l’émissaire et son défi aux gardiens de Śiva font surgir du front de Śiva un être terrible qui se jette sur Rāhu ; mais, à sa supplication, Śiva l’épargne et le maîtrise. L’être réclame ensuite de la nourriture ; Śiva lui ordonne de dévorer ses propres membres jusqu’à ce qu’il ne reste que la tête. Il le nomme alors Kīrtimukha et l’établit gardien du seuil, déclarant que son culte est requis pour que la Śiva-pūjā porte pleinement ses fruits. Rāhu, relâché, retourne rapporter le tout à Jālandhara.
The Slaying of the Demon Army
Dans sa colère, Jālandhara marche vers Kailāsa avec une vaste armée de Daityas. Les devas s’approchent secrètement de Śiva et le supplient de les protéger en mettant à mort le « fils de l’océan ». Śiva appelle Viṣṇu et lui demande pourquoi Jālandhara n’a pas été tué plus tôt ; Viṣṇu répond que des liens de parenté et de part partagée le retiennent, et presse Śiva d’agir. Śiva déclare que les armes ordinaires sont insuffisantes et réclame le tejas commun des devas. Leur splendeur unie devient une seule masse de puissance ; de celle-ci Śiva fait naître l’arme suprême, Sudarśana, et façonne aussi la foudre. La guerre éclate à Kailāsa entre les gaṇas/pramathas de Śiva et les Daityas, et le carnage envahit ciel et terre. Śukra, par la mṛtasaṃjīvanī, ressuscite sans cesse les Dānavas tombés, terrifiant les gaṇas. Alors, de la bouche de Rudra surgit la redoutable Kṛtyā, renverse le cours du combat, et l’armée démoniaque se disloque, bien que certains chefs majeurs tentent encore de tenir la ligne.
The Defeat of the Demon Army
Dans le chapitre PP.6.101, au sein du cadre du Kārttika-māhātmya (Kṛṣṇa–Satyabhāmā), Nārada relate l’élan des Dānavas furieux contre les chefs des gaṇas de Śiva : Nandī, Bhṛṅgī et Ṣaṇmukha/Kārtikeya. Le combat s’intensifie : Niśumbha blesse le paon de Kārtikeya et abat Śaktidhara ; Nandī et Kālanemi échangent des coups décisifs. Gaṇeśa (Lambodara) affronte Śumbha ; lorsque sa souris est transpercée, il met pied à terre, terrasse Śumbha puis remonte. Vīrabhadra survient alors avec d’immenses cohortes d’esprits—bhairavas, vetālas, yoginīs, piśācas—dont les clameurs terrifiantes font trembler la terre et mettent en fuite les rangs démoniaques. Jālandhara entre en scène, submerge plusieurs gaṇas et est percé par Kārtikeya ; il riposte, mais finit par tomber dans un duel où la contre-frappe de Vīrabhadra met un terme à l’assaut, accomplissant la « défaite de l’armée des démons ».
The Description of the Demon’s Deceit (Jālandhara’s Illusion and Stratagem)
Après la chute de Vīrabhadra, Śiva rentre dans la bataille monté sur Vṛṣabha, ranime le courage des gaṇas et met en déroute les Daityas. Sa maîtrise de l’arc submerge les armées démoniaques : il tue ou neutralise des asuras éminents, dont Khaḍgaromā, et disperse les autres. Jālandhara défie alors Rudra en face à face ; désarmé, il s’obstine pourtant. Il finit par déployer une māyā de Gandharvas—musique et danse—qui égare Śiva. Profitant de cette diversion, il se précipite vers Gaurī et prend une forme terrifiante semblable à celle de Śiva ; mais, à la vue de Pārvatī, sa puissance s’éteint et il demeure inerte. Gaurī disparaît vers Mānasarovara et invoque Viṣṇu. Śrī Bhagavān explique que Jālandhara est protégé par le pātivratya, la fidélité chaste de son épouse, ce qui entrave la riposte des dieux. L’illusion se dissipe ; Śiva comprend la ruse et reprend le combat avec ardeur, tandis que Jālandhara arrose de nouveau le champ d’une pluie de flèches.
Vṛndā’s Entry into the Funeral Fire (Self-Immolation) and the Breaking of Fidelity by Māyā
Dans le cadre du Kārtika-māhātmya, alors que Śrī Kṛṣṇa instruit Satyabhāmā, l’épisode expose la ruse de Viṣṇu pour affaiblir Jālandhara : ébranler la renommée de Vṛndā, incarnation de la fidélité pativratā. Vṛndā est troublée par des rêves funestes et des présages; elle s’enfuit, accablée, et, menacée par des rākṣasas, reçoit la protection d’un ascète silencieux. L’ascète appelle de rapides messagers — deux « singes » — qui révèlent la mort de Jālandhara. Brisée de chagrin, Vṛndā implore qu’on le ramène à la vie; le sage promet un moyen, et « Jālandhara » revient l’étreindre. Mais Vṛndā reconnaît la vérité : c’est Hari lui-même, Viṣṇu déguisé par la puissance de la māyā. Dans la colère et la douleur, Vṛndā blâme la conduite de Hari et prononce une malédiction annonçant l’errance de Rāma dans la forêt et l’enlèvement de Sītā avec l’aide d’alliés simiesques. Puis elle entre dans le feu sacrificiel/funéraire. Viṣṇu demeure couvert de cendres et inconsolable, révélant la tension entre nécessité cosmique, māyā et sainteté du vœu de dévotion.
The Slaying of Jālandhara (and the Prakṛti Hymn Episode)
Jālandhara cherche à tromper Śiva en projetant une Gaurī illusoire en détresse, provoquant un bref ébranlement intérieur chez Mahādeva. Frappé par les flèches de l’asura, Śiva—réveillé et poussé par l’action de Viṣṇu—prend une forme raudra et redoutable, disperse les démons et maudit Śumbha et Niśumbha : invincibles pour tous, ils seront pourtant tués par Gaurī. Le combat reprend jusqu’à ce que Śiva lance le disque Sudarśana et décapite Jālandhara ; l’éclat quittant l’asura se fond en Rudra, et les devas exultent. Puis survient une nouvelle crise : Viṣṇu demeure enchanté par la beauté de Vṛndā. Śiva ordonne aux dieux de chercher Mohinī/Māyā, et ceux‑ci louent Mūla‑Prakṛti, source des guṇa et des mouvements cosmiques ; la récitation aux trois sandhyā est dite dissiper pauvreté, égarement et chagrin. Bhāratī apparaît comme un orbe lumineux et enseigne une triple auto‑division selon les guṇa : Gaurī, Lakṣmī et Svarā. Les Déesses remettent des « semences du champ » à semer là où demeure Viṣṇu, afin d’accomplir l’œuvre divine.
The Greatness of Dhātrī (Āmalakī) and Tulasī
Ce chapitre unit récit d’origine et prescriptions rituelles afin d’établir Dhātrī (āmalakī) et Tulasī comme les plus hauts supports de bhakti durant le mois de Kārtika. De graines dispersées naissent dhātrī, mālatī et tulasī, mises en correspondance avec les trois guṇa. Une brève scène mythique montre Viṣṇu saisi d’étonnement et de désir en voyant des formes d’arbres comme des femmes ; il en résulte l’exaltation de dhātrī et de tulasī comme dispensatrices uniques de grâce, tandis que le nom « Barbarī » est blâmé. Le texte passe ensuite au māhātmya prescriptif : adorer près de la racine de tulasī en Kārtika, entretenir des bosquets de tulasī comme un tīrtha au foyer, à l’abri des serviteurs de Yama, et tenir leur mérite pour égal à celui des grands fleuves sacrés. Il affirme la délivrance par les offrandes et les rites funéraires liés à tulasī et dhātrī. Il se clôt sur des interdictions strictes de cueillir les feuilles à certains moments, et loue l’écoute du récit d’origine comme destructrice de péchés et profitable aux ancêtres.
Episode of Kalahā (The Allegory of Quarrel and Karmic Consequence)
Dans le courant du Kārtika-māhātmya de l’Uttara-khaṇḍa, un auditeur demande la grandeur sacrée et les anciens exemples de l’Ūrja-vrata. Nārada raconte un upākhyāna : Dharmadatta, dévot de Viṣṇu, attaché au mantra de douze syllabes et à l’honneur dû aux hôtes, sort à la fin de la nuit en Kārttika pour veiller pour Hari. Il rencontre un être terrifiant, semblable à une rākṣasī. Par le souvenir du Hari-nāma et le contact d’une eau imprégnée de Tulasī, son péché est détruit. Elle se prosterne et révèle son passé karmique : elle fut Kalahā, épouse querelleuse, négligeant le dharma envers son mari, morte par poison. Au tribunal de Yama, Citragupta ne trouve aucun mérite et lui assigne de rudes états posthumes : déchéances par des naissances dans des matrices inférieures et existence de preta. Après de longues souffrances, elle implore la compassion de Dharmadatta, craignant renaissances répétées et condition de preta, et l’on voit comment le contact avec Tulasī et la dévotion de Kārttika deviennent causes de purification et d’aspiration à la délivrance.
The Episode of Quarrel: Liberation from Preta-hood through Kārtika-vrata Merit
Le chapitre traite du drame de l’existence en tant que preta : Dharmadatta constate que les expiations ordinaires—tīrtha, dāna et vœux—ne sont pas directement accessibles à un preta. Par compassion, il transfère la moitié du mérite de son Kārtika-vrata observé toute sa vie, en proclamant sa puissance inégalée, supérieure aux sacrifices et aux pèlerinages. Il accomplit un rite de purification : bain ou aspersion d’eau imprégnée de tulasī, tandis qu’elle entend le mantra à douze syllabes. Aussitôt, l’état de preta prend fin ; Kalah revêt une forme divine, éclatante, et exprime sa gratitude. Un char céleste arrive avec des serviteurs à la forme de Viṣṇu ; elle y monte, et Dharmadatta est loué comme un dévot de Viṣṇu. Le récit s’achève en reliant l’adoration de Viṣṇu et le nāma-smaraṇa—évoquant Dhruva et Gajendra—à l’atteinte suprême. Il annonce la proximité de Dharmadatta avec Vaikuṇṭha et une renaissance ultérieure comme roi de la dynastie solaire (trajectoire de Daśaratha), grâce à la dévotion de Kārtika et au partage du mérite.
The Episode of Quarrel (Tulasi vs. Royal Splendor in Viṣṇu Worship)
Ce chapitre expose ce qui plaît véritablement à Viṣṇu. Après un échange préliminaire entre Nārada et Dharmadatta, les Gaṇas rapportent un ancien récit : le roi Cola de Kāntipurī, comblé de prospérité et de grandeur sacrificielle, entreprend un pèlerinage vers Anantaśayana. Là, le brāhmaṇa Viṣṇudāsa adore Viṣṇu avec de la tulasī et de l’eau, en récitant des hymnes védiques. Les offrandes royales ornées de joyaux semblent être « recouvertes » par ce culte à la tulasī, ce qui provoque la colère du roi. Viṣṇudāsa blâme son orgueil et met en doute l’observance de véritables vœux vaiṣṇava ; la querelle est présentée comme ne pouvant être tranchée que par la réalisation directe de Viṣṇu. Le roi commence alors un satra vaiṣṇava sous la conduite de Mudgala, tandis que Viṣṇudāsa demeure inébranlable dans cinq disciplines : vœux de Māgha/Ūrja par la tulasī-sevā, jeûne d’Ekādaśī avec japa du dvādaśākṣarī, pūjā quotidienne en ṣoḍaśopacāra avec des arts auspices, souvenir constant et udyāpana accompli selon la règle, affirmant la primauté de la bhakti sur l’opulence.
The Episode of Quarrel (Viṣṇudāsa and the Cōḷa King; Devotion Beyond Rivalry)
Dans le Kārtika-māhātmya, Viṣṇudāsa, brāhmaṇa vaiṣṇava d’une discipline exemplaire, voit son offrande cuite dérobée à plusieurs reprises. Pourtant, il ne rompt ni son culte du soir ni la règle de ne pas manger avant d’avoir offert à Hari. Au septième jour, il garde la nourriture et surprend un caṇḍāla affamé qui tente de la prendre. Saisi de compassion, il ne le punit pas et lui offre du ghee. Le « voleur » s’effondre et se révèle être le Seigneur Nārāyaṇa, qui accorde à Viṣṇudāsa le sāyujya et l’emmène à Vaikuṇṭha au milieu des réjouissances célestes. Le roi Cōḷa consacré, Suśīla, comprend alors que sacrifices et aumônes nourris par la rivalité ne plaisent pas à Viṣṇu autant que la bhakti. Plus tard, une offrande de soi dans le feu du yajña suscite la manifestation de Viṣṇu et l’élévation du dévot. Le chapitre affirme enfin que la dévotion est la cause suprême de la vision du Divin.
Description of the Gaṇas’ Former Merits (Jaya–Vijaya’s Prior Deeds and Liberation)
Dharmadatta demande pourquoi les portiers de Viṣṇu, Jaya et Vijaya, prirent une forme si particulière. Les Gaṇas racontent leur origine et leur austère discipline vaiṣṇava : maîtrise des sens, conduite juste, japa incessant du mantra à huit syllabes et observance des vrata de Viṣṇu, jusqu’à obtenir le darśana direct de Hari. Invités au sacrifice de Marutta, ils reçoivent des richesses ; mais, en les partageant, ils se querellent et se maudissent : Vijaya renaît en crocodile, Jaya en éléphant (mātaṅga). Ils implorent Viṣṇu, qui maintient l’inviolabilité de la parole des dévots et promet leur retour, en temps voulu, à Sa demeure. Renaissant près de la Gaṇḍakī avec mémoire intacte, lors du bain de Kārtika le crocodile saisit l’éléphant ; Hari apparaît, les délivre par le disque, leur accorde une proximité de type sāyujya/sārūpya et les conduit à Vaikuṇṭha. Le lieu devient Harikṣetra. Le chapitre se clôt par des injonctions de vrata et de droiture—Ekādaśī, bain à l’aube selon certains rāśis, honneur aux brāhmaṇas, aux vaches et aux vaiṣṇavas, restrictions alimentaires—et par l’assurance d’atteindre la suprême demeure de Viṣṇu par le vœu de toute une vie et la bhakti.
Description of the Greatness of Kṛṣṇā–Veṇī (Kṛṣṇāveṇī Māhātmya)
Le chapitre 111 explique pourquoi la contrée de Kṛṣṇā–Veṇī et leur confluence possèdent une śakti exceptionnelle. Nārada affirme que la Kṛṣṇā est de la nature même de Kṛṣṇa, et que Maheśvara demeure dans la Veṇī ; ainsi, leur union est indicible, même pour Brahmā. Le récit remonte ensuite au Cākṣuṣa Manvantara : Brahmā prépare un yajña sur le Sahya, entouré des devas et des ṛṣis. Svarā, l’épouse de Viṣṇu, est appelée mais arrive en retard ; afin de préserver l’instant propice, Gāyatrī est placée à la droite de Brahmā et la dīkṣā se poursuit. Svarā, voyant Gāyatrī assise auprès de Brahmā, maudit les dieux et les circonstances ; des contre-malédictions s’ensuivent, et les présences divines deviennent des rivières par portions (aṃśas). Viṣṇu se manifeste comme Kṛṣṇa, Śiva surgit de la tresse (veṇī), et de nombreux cours d’eau naissent du Sahya ; Gāyatrī et Svarā s’écoulent vers l’ouest sous le nom de Sāvitrī. Écouter et transmettre ce récit procure un mérite égal à celui de voir et de se baigner dans ce tīrtha.
Account of the Shares (Portions) of Merit and Sin
Dans le Kārttika-māhātmya de l’Uttara-khaṇḍa, Śrī Kṛṣṇa fait passer l’enseignement des priorités de bhakti—Tulasī, le mois de Kārttika, Ekādaśī et Dvārakā, particulièrement chers à Bhagavān—à une instruction plus technique du dharma sur la manière dont puṇya et pāpa peuvent se partager ou se transmettre par la fréquentation et le contact social. Satyabhāmā s’étonnant que la délivrance puisse naître du mérite accordé par autrui, le chapitre expose des « parts » proportionnelles des effets karmiques. Il énumère les situations où l’on reçoit une portion du mérite ou du péché d’un autre : cohabitation et intimité, repas pris ensemble, enseignement et service sacerdotal, partage d’un siège ou d’un véhicule, toucher, parole, louange, et même le fait de voir, d’entendre ou de se souvenir. Il met en garde contre la médisance, car le calomniateur transfère son propre mérite à la personne visée. Le service accompli sans rétribution est tenu pour méritoire, et sont abordés la royauté, la dette, la piété souillée par le vol, ainsi que le partage du mérite dans les liens guru-disciple, mari-femme et père-fils.
The Account of Dhaneśvara (Salvation through Kārttika Association)
Śrī Kṛṣṇa raconte à Satyabhāmā l’histoire de Dhaneśvara, un brāhmaṇa déchu livré à des métiers fautifs et aux vices. Parvenu à Māhiṣmatī durant Kārttika, il voit sur les rives de la Narmadā des observants de vœux : bains rituels, japa, récitation des Purāṇa, kīrtana, et culte de Viṣṇu avec tulasī et guirlandes. Sans intention de piété, son contact répété—voir, toucher, parler avec des Vaiṣṇava et entendre le Nom de Viṣṇu—fait naître un mérite protecteur. Il meurt soudainement, mordu par un serpent au milieu des célébrations. Dans le royaume de Yama, Citragupta ne trouve aucun mérite personnel et Yama ordonne l’enfer redoutable ; pourtant, à son entrée dans Kumbhīpāka, la fournaise se refroidit, suscitant l’enquête. Nārada révèle que la part de mérite acquise par le sat-saṅga en Kārttika et le service rendu aux observants de vœux a un pouvoir salvateur. Dhaneśvara est donc épargné d’un supplice immédiat, bien que les restes karmiques soient éprouvés plus tard sous une forme atténuée, illustrant un karma adouci par l’association dévotionnelle.
Account of Dhaneśvara: The Tour of Hells and the Liberating Power of Kārttika
Au sein du Kārttika-māhātmya, la narration s’ouvre sur une vision enchâssée : Pretapa, serviteur de Yama, guide Dhaneśvara/Kubera à travers une suite de narakas afin de manifester la rétribution du karma. Sont décrits Taptavāluka, Krakaca, le groupe d’Asipatravana, Argalā, Kūṭaśālmali, Raktapūya et Kumbhīpāka, avec les fautes qui y conduisent : négliger l’hôte, violence ou irrespect envers le guru, le feu, les brāhmaṇas et les devas, entraver les vertueux, trahison sexuelle ou des biens, nourriture interdite et calomnie, rupture des liens et de l’harmonie. Puis le chapitre passe du châtiment à la délivrance : la fréquentation, et même la simple vue, de ceux qui observent le vœu de Kārttika engendre un puṇya capable d’arracher les êtres aux enfers. La conclusion nomme Dhanayakṣa, serviteur de Kubera, crédité d’avoir établi un tīrtha à Ayodhyā, et proclame que voir un observant ferme du Kārttika-vrata peut libérer même les grands pécheurs.
Praise of the Aśvattha and Vaṭa (Sacred Fig and Banyan)
Ce chapitre (PP.6.115) achève l’instruction du Kārttika-māhātmya en énonçant cinq observances majeures : Harijāgara (veille nocturne), bain à l’aube, tulasī-sevā, udyāpana (rite de clôture) et offrande de lampes. Il déclare que ces pratiques accomplissent le vœu de Kārttika et accordent à la fois bhukti (bienfaits terrestres) et mukti (délivrance). Il traite aussi de la conduite en situation de détresse : maladie, absence d’eau ou éloignement. Le vœu peut alors être maintenu par le nāma-smaraṇa (souvenir du Nom) et par l’accomplissement dans tout temple, au pied de l’aśvattha ou dans un bosquet de tulasī. Le partage du mérite est loué par le chant, la danse, le soutien matériel du rite, et même par la simple louange ou la contemplation de la célébration. Le service rendu à l’aśvattha et au vaṭa est élevé au rang d’accomplissement du vœu, car ils sont identifiés à Viṣṇu et à Rudra (et le palāśa à Brahmā). Un récit enchâssé rapporte la malédiction de Pārvatī—suscitée par l’ingérence des devas via Agni—par laquelle les devas deviennent des arbres, fondant ainsi la sacralité de ces arbres dans la théodicée purānique.
The Episode of Alakṣmī (Why Alakṣmī Dwells at the Aśvattha)
À la question des Ṛṣi sur le statut rituel du bodhi/aśvattha—intouchable ou touchable, avec une attention particulière au samedi—Sūta expose une origine mythique liée au barattage de l’Océan. Lorsque Śrī Lakṣmī est accueillie par Viṣṇu, elle demande que l’on honore d’abord sa sœur aînée, Jyeṣṭhā/Alakṣmī, figure de l’infortune. Viṣṇu confie Alakṣmī à l’ascète Uddālaka, mais elle refuse l’āśrama rempli du son védique et de la pureté des sacrifices. Elle proclame préférer les lieux marqués par l’adharma : jeu, vol, transgression sexuelle, violence, ivresse, mépris des aînés et des brāhmaṇa. Uddālaka la dépose alors au pied d’un aśvattha ; délaissée, elle se lamente. Touchée, Lakṣmī prie Viṣṇu de la consoler. Viṣṇu assigne à Alakṣmī une demeure permanente dans l’aśvattha, déclarant que l’arbre est né de sa propre part, et enseigne que le culte au foyer ainsi que l’écoute ou la récitation de ce récit affermissent la stabilité de Śrī et confèrent le mérite salvateur de l’Ūrja-vrata et du mois sacré de Kārtika.
Kārtika Māhātmya: The Glory and Procedure of Bathing in the Month of Kārtika
Le chapitre s’ouvre sur une transmission à plusieurs niveaux : Satyā demande à Śrī Kṛṣṇa pourquoi le mois de Kārtika est tenu pour le plus éminent. Kṛṣṇa renvoie à une proclamation antique, préservée par Sūta et transmise à Śaunaka. Sūta introduit ensuite un dialogue plus ancien où Skanda (Ṣaṇmukha/Ṣaḍānana) sollicite de la part d’Īśvara/Śiva un enseignement détaillé sur le Kārtika-vrata, le bain rituel de Kārtika et les observances vaiṣṇava associées : offrande de lampes, tulasī, gopī-candana, fleurs, naivedya, eau de tīrtha, fêtes telles que Dīpāvalī et Prabodhinī, aumône et jeûne. Śiva loue la question, bénéfique au monde, et affirme que le mérite de Kārtika surpasse pèlerinages et dons. Dans le contexte du Kali-yuga, il expose la doctrine du bain et ses quatre formes—vāyavya, vāruṇa, divya et brāhmya—avec indications d’éligibilité, promettant la destruction des péchés et l’obtention des fruits désirés par les bains de Kārtika et de Māgha.
Questions and Answers on Kārtika Observance, Gifts, and Purifying Disciplines
Dans PP.6.118, Sūta rapporte un dialogue enchâssé entre Śiva et Skanda au sein du Kārtika-māhātmya. Śiva glorifie le mois de Kārtika (Ūrja) comme le plus éminent des mois vaiṣṇava en Kali-yuga, où la présence divine se fait plus intense et où le mérite s’accroît plus vite. Le chapitre présente les dāna recommandés et une hiérarchie des dons—nourriture, vache, terre, connaissance, or, etc.—puis énonce des règles et mises en garde concernant le kanyā-dāna, ainsi que le moment et l’éligibilité au mariage. Il détaille les disciplines du Kārtika-vrata : éviter la nourriture cuite par autrui (assimilée au fruit du Cāndrāyaṇa/Kṛcchra), s’abstenir d’huile, de miel, de bronze et de repas communautaires, observer une retenue végétarienne, se baigner en rivière, allumer des lampes, servir les vaiṣṇava, veiller et se lever avant l’aube devant Dāmodara, et adorer avec lotus et tulasī. La conclusion affirme le pouvoir purificateur du nirmālya, de l’eau sanctifiée par la conque et du pādodaka, capables de détruire les péchés.
Account and Procedure of the Month-long Fast (within Kārttika-māhātmya)
L’Adhyaya 119 tisse ensemble la théologie des tīrtha et des vrata. Il s’ouvre par l’éloge du Māgha-snāna et de la puissance salvatrice du bain accompli avec discipline, puis se tourne vers Śūkara-kṣetra, une géographie sacrée centrée sur Varāha, où le mérite devient sans limite et où même des êtres non humains sont purifiés et transfigurés. Par des comparaisons de mérites avec Kāśī, Veṇī/Prayāga, Gaṅgā-sāgara et Kurukṣetra, le texte élève le temple de Hari à Śūkara comme tout à fait exceptionnel. Il aboutit ensuite à un guide rituel du māsopavāsa (jeûne d’un mois) : préalables—permission du guru, yajña vaiṣṇava et pénitences secondaires ; culte quotidien avec fleurs, onguents, lampes et louanges ; et disciplines éthiques—maîtrise de la parole, ahiṃsā, renoncement aux jouissances des sens. À la clôture, lors de la Dvādaśī, sont prescrits les rites finaux : baigner Hari, nourrir treize brāhmaṇas, offrir la dakṣiṇā, et donner un lit ou un divan avec une effigie de soi en or. Le chapitre se termine par une formule d’humilité demandant aux brāhmaṇas de parfaire ce qui manquerait à un rite imparfait, et par un colophon l’intitulant « Récit de l’Observance d’un Mois ».
The Glory of Śālagrāma (Śālagrāma-śilā Worship and Its Fruits)
Le chapitre PP.6.120 glorifie la Śālagrāma-śilā comme un siège auto-manifesté de Viṣṇu, où résident les trois mondes. Il affirme un mérite exceptionnel à la voir, se prosterner, la baigner, l’adorer et boire l’eau de son tīrtha, promettant la destruction des péchés et même la délivrance (mokṣa) par une simple salutation. Il prescrit des offrandes aisées pour la pūjā—eau, parfums, lampes, encens, musique et louanges—et magnifie les observances de Kārttika, telles que tracer un svastika ou un maṇḍala devant Keśava. Tout en reconnaissant le mérite du culte du liṅga, le texte présente la Śālagrāma comme supérieure, décisive pour la pureté et pour l’acceptation des offrandes. Une longue section répertorie les formes de Śālagrāma selon leurs signes—lignes de cakra, cavités, couleurs—en les rattachant à Vāsudeva, Pradyumna, Aniruddha, Nārāyaṇa, Varāha, Matsya, etc., et précise leur validité rituelle. Le chapitre s’achève sur l’idée d’incommensurabilité : le fruit du culte de la Śālagrāma ne peut être compté, même par les dieux.
Description of the Greatness of the Lamp, Fragrance, and the Dhātrī (Āmalakī) Tree
Dans PP.6.121, section du Kārtika Māhātmya, trois supports de dévotion sont proclamés suprêmes pour le Kali-yuga : la dhātrī/āmalakī, la tulasī et le dīpa-dāna (don d’une lampe). Īśvara enseigne à Guha que l’offrande de piṇḍa sous l’arbre de dhātrī délivre les ancêtres ; puis il étend cette sainteté au corps et au foyer par le fruit et les guirlandes d’āmalakī, les guirlandes de tulasī et la Dvārakā-mṛttikā comme signe de la présence de Viṣṇu. Le chapitre associe le culte du śālagrāma et l’offrande de fleurs à un mérite égal à celui d’un Aśvamedha. Il détaille ensuite l’offrande de lampes durant Kārtika—au ghee ou à l’huile de sésame—en précisant moments et lieux, et en illustrant sa puissance par des récits (une souris, un chasseur, une femme marginalisée, Līlāvatī, un vacher). Il s’achève sur l’affirmation que, grâce au mérite du don de lampe, même des ancêtres négligés obtiennent la délivrance.
The Greatness of Dīpāvalī: Yama-lamp, Naraka Caturdaśī Bath, Kaumudī (Bali Worship), Govardhana/Cow Honor, and Yamadvitīyā
Dans le PP.6.122, au sein du Kārttika-māhātmya, Sūta rapporte l’enseignement de Śrī Śiva : Dīpāvalī est une suite de rites sacrés s’étendant sur plusieurs jours. Skanda interroge sur le but, la divinité présidente, les dons et la conduite à tenir ; Śiva expose les observances qui confèrent mérite et bénédiction. À Trayodaśī, on place à l’extérieur la lampe de Yama (Yama-dīpa) pour écarter la mort prématurée. À Caturdaśī, avant l’aube, on prend le bain d’huile et d’eau—Lakṣmī dans l’huile, Gaṅgā dans l’eau—en utilisant l’apāmārga et des plantes apparentées ; puis vient le Yama-tarpaṇa avec salutations nominatives à Yama et à Citragupta. À Amāvāsyā, on accomplit l’adoration du feu, les rites pour les dieux et les ancêtres, le pārvaṇa-śrāddha, le repas offert aux brāhmaṇas et la réjouissance de la cité. Le chapitre relie encore Dīpāvalī à l’éveil de Lakṣmī, au jeu de dés de Śiva et Pārvatī, et à l’expulsion d’Alakṣmī. Il magnifie la vénération de Govardhana et l’honneur rendu aux vaches, ainsi que la fête de Kaumudī centrée sur le culte de Bali et la veille nocturne. Il s’achève par Yamadvitīyā : adorer Yama, ne pas manger chez soi, manger de la main de sa sœur et offrir des présents, pour la santé, la prospérité et la protection.
Account and Procedure of the Month-long Fast
Le chapitre 123 exalte le māsopavāsa (jeûne d’un mois) comme le vrata suprême, équivalent concentré des mérites acquis par les vœux, les pèlerinages aux tīrtha, le dāna et même les grands sacrifices śrauta. Il le présente comme une voie unique rassemblant d’immenses fruits spirituels. Le discours précise les préalables : obtenir l’autorisation du guru, avoir observé auparavant des vœux vaiṣṇava, évaluer la force du corps et accomplir des pénitences préparatoires. L’éligibilité est affirmée pour les divers āśrama et pour les deux sexes, y compris les veuves. L’observance commence à Ekādaśī de la quinzaine claire d’Āśvina et se poursuit exactement trente jours, avec un culte continu à Vāsudeva : adoration au temple trois fois par jour, offrandes de fleurs, santal, camphre et safran, retenue éthique, et parole consacrée exclusivement au nom de Viṣṇu. Les rites de clôture à Dvādaśī comprennent l’adoration de Viṣṇu et de Garuḍa, le repas et l’honneur rendus aux brāhmaṇa (notamment treize), la dakṣiṇā, la demande de pardon et un don symbolique d’un lit ou d’une effigie, s’achevant dans l’aspiration à la demeure de Viṣṇu.
Kārttika Māhātmya: Prabodhinī (Devotthānī) Ekādaśī, Night Vigil (Jāgaraṇa), and the Bhīṣma-pañcaka Vow
Ce chapitre glorifie la Prabodhinī/Haribodhinī Ekādaśī du mois de Kārttika comme un vrata qui détruit les péchés et multiplie le mérite; un seul jeûne ce jour-là est tenu pour l’égal des grands sacrifices védiques. Il décrit ensuite la puissance salvatrice du jāgaraṇa (veille nocturne) : adoration par le chant et la musique, les lampes, les offrandes, la véracité, la charité et l’attention disciplinée, menant à la délivrance et à l’absence de renaissance. L’exposé s’étend aux pratiques quotidiennes de Kārttika : récitation du Puruṣa-sūkta, procédure Pañcarātra, nāma-japa, sahasranāma et récit du Gajendra-mokṣa. À la demande de Skanda/Kārttikeya, il enseigne le vœu du Bhīṣma-pañcaka, cinq jours à partir d’Ekādaśī : bains, pitṛ-tarpaṇa, Bhīṣma-tarpaṇa avec mantras prescrits, culte en cinq formes avec des métaux, observances strictes et ordre précis d’offrandes et de prises purificatrices. Le chapitre se clôt en louant la discrétion et la transmission fidèle, et en assimilant l’honneur rendu au récitant/maître à celui rendu à Viṣṇu, promettant bienfaits terrestres et libération ultime par l’écoute et la préservation de ce māhātmya.
The Greatness of Māgha: Dialogue of Vasiṣṭha and King Dilīpa (Māgha Bath, Charity, and Karmic Causality)
Les ṛṣi louent le récit précédent sur Kārtika et demandent à Sūta la grandeur (māhātmya) de Māgha. Le récit se déplace vers un dialogue intérieur : Pārvatī interroge Śiva sur les observances de Māgha et sur leurs fruits. Un exemple majeur est donné : le roi Dilīpa, parti chasser, rencontre un ascète vaikhānasa qui le renvoie vers Vasiṣṭha pour recevoir l’enseignement. Vasiṣṭha (et, dans le fil du récit, Bhṛgu) expose la suprématie du Māgha-snāna—surtout le bain à l’aube dans des eaux libres—associé à la dāna (sésame, vaches, sandales, pot à eau) et au fait de nourrir les brāhmaṇa. Le chapitre s’élargit en étude du karma : un Vidyādhara au visage de tigre apprend qu’un geste apparemment minime—l’usage ou la consommation d’huile après Ekādaśī—s’est mûri en difformité. Le remède est une observance stricte de Māgha sur une rivière sacrée près de Maṇikūṭa/Maṇiparvata. L’enseignement conclut en présentant le bain de Māgha comme voie directe vers le mérite, la prospérité et le non-retour (mukti).
The Slaying of Sunda and Upasunda (within the Māgha Bath Glorification)
Le chapitre PP.6.126, inséré dans le Māgha-māhātmya, se déploie selon une transmission purāṇique en strates : Vasiṣṭha s’adresse au roi Dilīpa et rapporte l’enseignement de Dattātreya à Sahasrārjuna ; l’on y reconnaît aussi le cadre pédagogique Pulastya–Bhīṣma, typique des exposés de vœux de l’Uttara-khaṇḍa. Le texte magnifie le Māgha-snāna, surtout à l’aube lorsque le Soleil est en Makara, comme le prāyaścitta suprême, supérieur au dāna, au vrata et au tapas, et capable d’anéantir même les mahāpātakas. Une critique ascétique de l’impermanence du corps presse le fidèle d’accomplir l’observance. L’exemple narratif est celui de la veuve Kubjikā : par ses bains répétés de Māgha au confluent de la Revā et de la Kapilā, elle obtient une récompense céleste et finit par se manifester en Tilottamā. Par elle, les démons Sunda et Upasunda s’entre-détruisent, illustrant la puissance cosmique de l’observance de Māgha.
Liberation of the Rākṣasa (The Greatness of Māgha Bathing at Prayāga/Veṇī)
L’Adhyaya 127 proclame le mérite exceptionnel du Māgha-snāna lorsque le Soleil séjourne en Makara (Capricorne). Il enseigne que l’eau purifie par sa nature même et que le mois de Māgha est le plus élevé pour les actes sacrés. Il décrit un vrata concret : bain en plein air, retenue alimentaire, culte de Viṣṇu trois fois par jour, offrande d’une lampe ininterrompue, homa avec ghee et sésame, et dāna abondant—huile, coton, couvertures, vêtements, nourriture, voire un peu d’or—achevé par un udyāpana accordé à Ekādaśī. Le texte exalte ensuite le tīrtha-māhātmya par une gradation des fruits : du bain à domicile aux puits, étangs et rivières, puis aux devakhātas et aux confluences, jusqu’au sommet qu’est Prayāga/Veṇī, jonction de la Gaṅgā–Yamunā–Sarasvatī (Sitā–Asitā), où les péchés sont consumés. Un récit exemplaire suit : l’observance de Māgha par Kāñcanamālinī engendre un mérite transférable qui délivre un vieux rākṣasa, lequel prend une forme divine ; l’épisode d’Indra purifié à Sitāsita sert de preuve. Le chapitre se clôt en louant l’écoute de cet enseignement, protectrice et féconde en dharma.
The Greatness of Māgha Bathing; The Piśāca-Deliverance Episode; the Yogasāra Hymn to Viṣṇu
Le chapitre 128 s’ouvre sur un enseignement culminant concernant le Māgha-snāna : il est proclamé supérieur aux sacrifices, aux vœux et aux austérités, et capable de consumer sur-le-champ même les fautes arrivées à maturité, surtout lorsqu’il s’accompagne du culte de Hari (Viṣṇu) et du dāna (don). Le bain sacré du mois de Māgha, uni à la dévotion et à la générosité, est ainsi présenté comme une purification immédiate. Vient ensuite l’épisode de la « Délivrance des Piśācas » : cinq jeunes filles célestes, enflammées de désir, tourmentent un brahmacārin fidèle à son vœu à l’Acchoda-tīrtha ; des malédictions réciproques s’ensuivent, et tous prennent un état semblable à celui des piśācas. Lomaśa prescrit le bain de Māgha comme unique expiation. Le chapitre s’élargit en un catalogue de tīrthas, exposant les fruits du Māgha-snāna sur divers fleuves et lieux saints, jusqu’à l’affirmation de la suprématie de Prayāga. Un second exemple présente l’ascète vaiṣṇava Devadyuti : par ses austérités et l’hymne Yogasāra, il obtient la vision directe de Viṣṇu. La phalaśruti de l’hymne promet protection, purification et délivrance. Le chapitre se clôt en revenant vers le thème de la libération des piśācas, annoncé comme la suite.
Marriage of the Gandharva Maidens (within Māgha-māhātmya; includes piśāca redemption and Prayāga praise)
Dans le cadre Vasiṣṭha–roi Dilīpa du Māgha-māhātmya, le chapitre raconte la chute du roi drāviḍa Citranāma. Par haine de Viṣṇu et par oppression des vaiṣṇavas, il subit des narakas successifs et renaît finalement comme piśāca, prisonnier des conséquences de son propre karma. Le sage Devadyuti rencontre ce revenant, recueille son aveu et lui prescrit un moyen certain de délivrance : l’observance du mois de Māgha à Prayāga, avec bain sacré et dévotion. Un long exemple illustre la force libératrice de l’eau de la Gaṅgā/Veṇī à travers l’état de preta d’un brāhmaṇa du Kerala et un dialogue édifiant entre un sārasa (grue) et un vānara (singe) sur l’inéluctabilité du karma et les fautes du sacerdoce. Par l’aspersion et le contact de l’eau du Gaṅgā et par le bain de Māgha à Sitāsita/Prayāga, il obtient la libération et retrouve une condition royale et divine. Le récit s’élargit en louange de Prayāga et s’achève sur la purification et les rites de mariage des jeunes gandharvīs, scellés par l’affirmation finale de Maheśa/Śiva.
Glorification of the Greatness of Devotion to Viṣṇu (Bhakti-Māhātmya)
Ce chapitre définit la « dévotion suprême » comme l’absorption de l’esprit dans le Seigneur, accordée à la compassion et à la droiture enseignées par Viṣṇu. Il classe la bhakti selon les trois guṇa — sāttvika (la plus haute), rājasī (moyenne) et tāmasī (la plus basse) — et avertit que les pratiques motivées par l’orgueil, l’hypocrisie, l’envie, la tromperie, la recherche de renommée, l’attachement aux objets des sens ou le tort fait à autrui font tomber la dévotion dans le tamas. La dévotion rājasique est décrite comme un culte de l’image accompagné d’un sentiment de séparation, entrepris pour épuiser les résidus karmiques. La dévotion sāttvika, au contraire, consiste à offrir entièrement l’esprit et l’intelligence à Viṣṇu et à servir Hari avec constance. Le texte trace aussi une frontière nette : les ritualistes qui blasphèment Viṣṇu et Ses dévots sont tenus pour étrangers au dharma védique. À l’inverse, les dévots de Govinda reçoivent une auspiciosité cosmique et sociale : les dieux sont satisfaits, les obstacles s’apaisent, Lakṣmī demeure auprès d’eux, et les grands tīrtha sont dits résider dans leur propre corps ; enfin, il est affirmé qu’une bhakti intense confère la libération, quelle que soit la varṇa.
The Greatness of Worship of the Śālagrāma Stone
PP.6.131 établit la Śālagrāma-śilā comme un foyer de présence de Viṣṇu d’une puissance purificatrice unique : le simple darśana (la contemplation dévote) détruit même les fautes les plus graves. Dans l’enseignement de Mahādeva à Devī, il est précisé combien de Śālagrāmas doivent être adorées selon les groupes : cinq pour les brāhmaṇas, quatre pour les kṣatriyas, trois pour les vaiśyas, et une pour les autres. Le texte affirme aussi que même les śūdras obtiennent la délivrance par un culte approprié, voire par la seule vision. Il élargit ensuite le propos du culte de l’icône au culte des dévots : le darśana des Vaiṣṇavas anéantit upapātakas et mahāpātakas, purifie les actes du corps, de la parole et de l’esprit, et élève de nombreuses générations. Une brève visualisation de Hari aux quatre bras conclut que servir, nourrir ou vénérer de tels dévots mène à Vaikuṇṭha.
Remembrance of Vishnu (The Greatness of Smaraṇa and Bhakti)
Pārvatī demande à Mahādeva quel souvenir (smaraṇa) d’Ananta-Vāsudeva empêche l’illusion de revenir. Śiva répond par une cascade d’images sur la constance : comme l’assoiffé se souvient de l’eau, comme celui qui a froid pense au feu, comme l’amant ne quitte pas l’aimé de son cœur, ainsi doit être la remembrance ininterrompue du Seigneur. Il développe ensuite la doctrine de la bhakti : la fréquentation des saints allume la dévotion, et toute disposition tournée vers Janārdana — même l’hostilité — peut mener à Sa demeure lorsque l’esprit est entièrement fixé sur Lui. La bhakti est opposée à la richesse, à l’érudition et aux rites donnant le ciel ; l’accent est mis sur la puissance du Nāma et du bhāva intérieur, illustrée par l’exemple d’Ajamila. La seconde partie mêle des enseignements d’inspiration védantique sur l’omniprésence divine à une analyse du mental et du karma. Le chapitre conclut que dévotion et souvenir détruisent les péchés, donnent l’intrépidité et conduisent à Vaikuṇṭha.
Description of the Sacred Tīrthas of Jambūdvīpa (and the Supremacy of Viṣṇu’s Name)
Le chapitre s’ouvre sur la demande de Pārvatī : qu’on lui énumère, de façon ordonnée, les lieux saints de pèlerinage du « roi des îles ». Mahādeva (Śiva) affirme l’omniprésence du divin et révèle que Viṣṇu est la Réalité ultime, se manifestant sous la forme de tīrtha. Le discours se déploie ensuite en un catalogue de tīrthas et de kṣetras à travers tout Jambūdvīpa : grands lieux de délivrance tels que Puṣkara, Vārāṇasī, Naimiṣa et Prayāga, ainsi qu’une multitude de sanctuaires régionaux liés aux divinités, aux montagnes et aux domaines sacrés. L’enseignement culmine en une hiérarchie : au-delà des tīrthas extérieurs se tient le Brahman-tīrtha intérieur, dans l’esprit, et au-dessus de tout le tīrtha constitué par le Nom de Viṣṇu, capable de purifier même les fautes les plus graves. La récitation et l’écoute sont exaltées, le mérite du pèlerinage est relié à l’efficacité du śrāddha, et l’accès à la demeure de Viṣṇu est affirmé.
The Glory of the Vetravatī River (Vetravatī Māhātmya)
Mahādeva révèle à Pārvatī la puissance salvatrice de la Vetravatī : s’y baigner — et même la voir ou la toucher — apaise et efface les péchés jusqu’à la dissolution du monde. Une note d’origine mythique est donnée : d’un puits très profond nommé Mahāgambhīra, creusé par Vṛtra, se manifesta une déesse-rivière qui détruit le péché ; ainsi la Vetravatī est louée comme l’égale de la Gaṅgā. Vient ensuite un exemple : un roi mauvais (ou le pécheur Vidāruṇa), qui méprisa les brāhmanes et le Veda et blasphéma contre Viṣṇu, est frappé d’une affliction telle que la lèpre. En se baignant et en buvant l’eau de la Vetravatī, il guérit et son esprit s’épure ; la dévotion à Viṣṇu s’éveille, et il accomplit bains réguliers, dons et sacrifices, atteignant finalement la demeure de Viṣṇu. Le chapitre affirme que la grâce est ouverte à tous : brāhmanes et toutes les varṇa, même les étrangers et même les contempteurs du Veda, sont purifiés par le bain, surtout en Kārttika ou Māgha et aux confluences. Kheṭaka et les sites associés sont exaltés comme des tirtha, hauts lieux divins de pèlerinage.
The Greatness of Sābhramatī and the Manifestation of the Kāśyapī Gaṅgā
Śrī Mahādeva expose à Pārvatī la grandeur du tīrtha nommé Sābhramatī. Il raconte comment le sage Kaśyapa, après de rudes austérités sur l’Arbuda et près de la Sarasvatī, implora la descente de la Gaṅgā pour le bien des êtres. Par la grâce de Śiva, le fleuve est accordé depuis sa chevelure emmêlée (jaṭā) et se manifeste comme la Kāśyapī Gaṅgā, dont la simple vision efface même les fautes les plus lourdes. Le chapitre s’élargit ensuite en un catalogue de rivières et de lieux renommés, et présente les appellations du fleuve selon les yuga : Kṛtavatī, Girikarṇikā, Candanā et Sābhramatī. Il précise les mérites du bain sacré, du śrāddha et de la dāna, surtout durant Kārtika et aux gués nommés Plakṣāvataraṇa, Keśarandhra et Brahmacārika. Des indications de calendrier rituel sont données par la théorie des muhūrta (kutupa et temps interdits), en soulignant les rites qui comblent les ancêtres. Enfin, l’épisode du roi Brahmadatta atteste la présence constante de Śiva et sa puissance d’accorder des bienfaits à Brahmacārīśa. Il promet prospérité ici-bas et accomplissement śaiva, tout en accordant le fruit ultime des mérites à l’accès à la demeure de Viṣṇu, conformément aux énoncés antérieurs.
The Greatness of Nanditīrtha
À la question de Pārvatī sur le cours purificateur du fleuve issu de Nandikuṇḍa et sur les tīrtha établis après le mont Arbuda, Śiva répond que Kapālamocana, ou Kapālakuṇḍa, est le gué le plus éminent. C’est là qu’il se défit du crâne de Brahmā, rendant ce lieu souverainement purificateur. Le récit se poursuit sous forme d’un enseignement de type Pulastya–Bhīṣma : dieux et êtres semi-divins fréquentent ce sanctuaire. S’y baigner, vénérer Kapāleśa, jeûner une nuit et nourrir les brāhmaṇas procure un mérite majeur, comparable à celui des sacrifices, et mène à la mokṣa. Un exemple illustre cette puissance : Saudāsa (Mitrasaha), maudit en état de rākṣasa et accablé de brahma-hatyā, est purifié par le bain, lié à Sābhramatī/Nanditīrtha ; et le śrāddha accompli en ce lieu élève les ancêtres. La phalaśruti conclut que l’écoute de ce māhātmya efface les fautes et accorde le sāyujya avec Viṣṇu, tandis que la louange de Maheśvara protège de la peine jusqu’à la dissolution du cosmos.
Śveta-tīrtha (The White Sacred Ford) and the Rise of the Seven Rivers
Le chapitre décrit le cours d’une rivière sacrée qui part du domaine de Nandī et gagne une forêt fréquentée par les brāhmaṇas et les ṛṣis. Là, le flot se divise en sept bras, nommés Sābhramatī, Seṭikā, Valkinī, Hiraṇmayī, Hastimatī, Vetravatī, et un septième courant lié à des épithètes divines ; il est précisé que Vetravatī est une déesse née du puits de Vṛtra. Vikīrṇa-tīrtha et le Saptanady-udaya sont ensuite magnifiés comme des lieux éminents pour le śrāddha et les offrandes de piṇḍa, procurant un mérite égal à celui de Gayā et rétablissant les rites envers les ancêtres lorsqu’ils ont été négligés. Puis vient Śvetodbhava ou Śveta-tīrtha, où la rivière Śvetā (Śvetagaṅgā) jaillit de la cendre de Śiva ; le bain rituel, l’observance de trois nuits et le darśana de Mahākāleśvara mènent au monde de Rudra, et l’adoration de Śiva avec la feuille de bilva accorde les grâces souhaitées.
The Glory of Gaṇatīrtha (at Bakulāsaṅgama)
Ce chapitre décrit un itinéraire de pèlerinage centré sur Gaṇeśa : le Gaṇa-tīrtha sur la rivière Candanā, appelé aussi Triviṣṭapa, et la confluence Bakulā-saṅgama, sanctifiée par la divinité Bakuleśa. Mahādeva enseigne à Umā les observances : se baigner à Triviṣṭapa le jour de pleine lune efface, dit-on, même la faute de brahma-hatyā ; jeûner à Kṛṣṇāṣṭamī puis se baigner à Bakulā-saṅgama mène au ciel. Le darśana de Bakuleśa, par la grâce de Gaṇeśvara, procure un accomplissement comparable à celui de Gaṇapati, et entendre ce récit vaut en mérite un bain dans le Gaṅgā. Le roi Viśvadatta, de la dynastie lunaire, illustre une longue ascèse aboutissant à la voie gāṇapatya ; les sages vénérables sont décrits comme des serviteurs perpétuels de Gaṇeśa. La phalaśruti promet enfants, richesse, connaissance et mokṣa, et s’achève sur la non-différence de Hari et Hara : Śiva est Viṣṇu, et Viṣṇu est Śiva.
The Glory of Agnipāleśvara (Agni-tīrtha, Pāleśvara, and Liberation through Śrāddha)
Śiva expose à Umā la grandeur d’un groupe de lieux saints sur la rive nord de la Sābhramatī : l’Agni-tīrtha et le pīṭha voisin de Pāleśvara, où Caṇḍī et les Yogamātṛs accordent le siddhi. Le chapitre prescrit une observance de trois nuits, le darśana d’Īśāna/Caṇḍikeśvara, ainsi que le bain dans la Bhramatī près du Mātr̥-tīrtha. Il recommande aussi d’accomplir le śrāddha avec du sésame réduit en poudre, surtout au saṅgama où la Gokhurā rejoint la Sābhramatī, promettant un mérite immense et l’absence de crainte face aux êtres malfaisants. Vient ensuite un exemple édifiant : le roi pécheur Kukardama devient un preta, mais le mérite résiduel d’une ancienne vie de brāhmaṇa—récitation védique, culte de Śiva, accueil des hôtes—le mène à l’āśrama d’un guru. Par l’intervention du brāhmaṇa Kahoḍa et par des śrāddhas répétés au tīrtha (piṇḍa, tila, libations d’eau, repas offerts aux brāhmaṇas), Kukardama et d’autres pretas obtiennent la délivrance, montrant que les rites du lieu saint et la guidance du maître conduisent jusqu’à la mokṣa.
The Glory of the Sacred Ford of Hiraṇyāsaṅgama
Mahādeva expose à Devī la grandeur du tīrtha de confluence nommé Hiraṇyāsaṅgama. Il rapporte un récit ancien où la Gaṅgā devient sept courants, le septième portant le nom de Hiraṇyā. Le texte situe ce gué sacré près du mont Satyavān, entre Ṛkṣu et Mañjumaya, et affirme que s’y baigner et en boire l’eau anéantit les péchés. Le lieu est rattaché à Vanasthalī, à Nārāyaṇa/Hari et à la divinité Hiraṇyāsaṅgameśvara; il rappelle aussi les austérités de Nara–Nārāyaṇa et la naissance d’Urvaśī. Le fruit du bain y est tenu pour égal au don de mille vaches fauves, à dix Aśvamedha, aux observances lors des éclipses et au Tulāpuruṣa-dāna. Des exemples sont donnés : la tapas de Hiraṇyākṣa, la transfiguration de Janamejaya en corps d’or, et le bain purificateur de Viśvāmitra qui le mène au séjour de Śiva; le mérite est ouvert à toutes les varṇa.
The Greatness of Madhurāditya (Mathurā Tīrtha and the Mandavya–Dharma–Vidura Legend)
Ce chapitre glorifie une suite de lieux saints, à commencer par la confluence de la Dharmāvatī et du Gaṅgā près de Hiraṇyāsaṅgama. Il est promis que le bain sacré y conduit au ciel, et que l’accomplissement du śrāddha sur place délivre de la dette envers les ancêtres. Puis Mathurā est célébrée comme un tīrtha qui détruit les péchés, où l’on doit contempler Hari, le vainqueur de Madhu. Le récit évoque les déplacements de Kṛṣṇa après la mort de Kaṁsa et l’établissement du culte de Madhurāditya et de Madhurārka. Vient ensuite une légende karmique et fondatrice : le sage Māṇḍavya, injustement puni par l’empalement, confronte Dharma personnifié et apprend que cette épreuve est la rétribution d’une cruauté commise dans l’enfance. Par la malédiction de Māṇḍavya, Dharma naît comme Vidura ; et en se baignant à la confluence de la Sābhramatī et de la Dharmāvatī, Vidura se défait de son statut de śūdra, montrant le pèlerinage comme purification des maux karmiques et sociaux.
The Greatness of Kapitīrtha (Kapīśvara/Kapīśvarāditya) and the Transition from Kambu-tīrtha
Ce chapitre achève l’éloge de Kambu-tīrtha et s’oriente vers le māhātmya de Kapitīrtha/Kapīśvara. À Kambu-tīrtha, le pèlerin se baigne, accomplit le tarpaṇa pour les ancêtres, adore Nārāyaṇa et offre des dons aux brāhmaṇas selon les prescriptions; ces actes sont dits ouvrir l’accès au séjour de Viṣṇu et accorder la grâce d’une descendance, comme l’illustre l’austérité (tapas) et la méditation sur Viṣṇu de Viśvāmitra. Le récit conduit ensuite vers Kapīśvara/Kapīśvarāditya, lié à la guerre de Rāma contre Rāvaṇa et à la construction du pont par les singes (vanaras). Le darśana et le bain en ce lieu—surtout à Caitra Aṣṭamī—sont proclamés détruire les fautes les plus lourdes (y compris la brahmahatyā), conférer beauté et jouissances, et exaucer les souhaits de force, de dharma et de fils.
The Greatness of the Saptadhārā Sacred Ford (including Ekadhārā and Maṅkī-tīrtha origins)
Le chapitre PP.6.143 déroule une progression de tīrtha-māhātmya d’Ekadhārā à Saptadhārā (Saptasārasvata). À Ekadhārā, le bain sacré (snāna) et un jeûne d’une nuit sont prescrits comme moyens de purification puissants : ils dissipent la peur, anéantissent promptement le mal, et le culte de Svāmideveśa est dit élever et sanctifier la lignée. Saptadhārā est ensuite proclamé lieu suprême, associé à la descente de la Gaṅgā depuis les mèches emmêlées de Śiva et au symbole transmondain des « sept courants ». Le śrāddha accompli à Saptadhārā est présenté comme particulièrement satisfaisant pour les pitṛs. Un récit enchâssé évoque le sage Maṅki, fils de Kauṣītaka : rigoureux dans la discipline védique, mais inquiet de ne pas avoir de fils. Il s’adresse à un guru et entreprend des austérités sur la rivière Sābhramatī ; ainsi se manifeste Maṅkītīrtha, tīrtha unique qui accorde la descendance et exauce les vœux, puis, à l’époque du Dvāpara, les Pāṇḍava l’activent comme Saptadhārā.
The Glory of Khaṇḍa-tīrtha and Brahmavallī (Brahma-tīrtha)
Le chapitre 144 glorifie deux ensembles sacrés liés : Brahmavallī ou Brahma-tīrtha, au confluent des eaux de la Sābhramatī et de la Brahmavallī, et Khaṇḍa-tīrtha, appelé aussi Vṛṣa-tīrtha. Il est proclamé que Brahmavallī équivaut à Prayāga et à Gayā pour le śrāddha ; l’offrande du piṇḍa y comble les ancêtres pendant douze ans, et la charité (dāna), surtout lors des éclipses, donne un mérite accru. Le bain sacré et le souvenir de Nārāyaṇa, avec une guirlande de tulasī, mènent à des fruits célestes et orientés vers Vaikuṇṭha, jusqu’à l’obtention d’une forme divine portant śaṅkha-cakra-gadā. Le récit se tourne ensuite vers Khaṇḍa-tīrtha : des vaches, maudites après un incident à Goloka, tombent sur terre et regagnent le ciel grâce au bain rituel dans le lac Khaṇḍa près de Brahmavallī. Le texte prescrit le culte de la vache et du taureau, des dons dont une vache d’or, les libations aux ancêtres à Gohrada et la plantation d’arbres (pippal et cinq āmalakīs), promettant Goloka, Pitṛloka et le royaume de Hari avec une récompense « sans fin ».
Mahatmya of Saṅgameśvara Tirtha and the Curse of the Hastimatī River
Ce chapitre célèbre Saṅgameśvara comme un tīrtha de confluence éminent, où l’Hastimatī rejoint la Sābhramatī (et que l’on décrit aussi en lien avec la Gaṅgā), renommé dans les trois mondes. Il est promis que s’y baigner et y contempler Maheśvara au gué délivre des péchés et accorde l’accès au séjour de Rudra. Vient ensuite l’étiologie : le sage Kauṇḍinya accomplit de longues austérités sur la rive, là où l’on adore Hṛṣīkeśa (Nārāyaṇa). Lors d’une saison des pluies providentielle, les eaux en crue déplacent l’ermitage et ses réserves ; la peine et le désordre conduisent Kauṇḍinya à maudire la rivière, afin qu’au Kali-yuga elle devienne sans eau, d’où son nom de Bahiścarī. Malgré cette malédiction, Saṅgameśvara demeure un lieu de pèlerinage : la simple darśana y efface même les fautes les plus lourdes, dont la brahmahatyā.
The Greatness of Rudra-Mahālaya (Kedāra) as a Liberating Tīrtha
Ce passage situe Rudra-mahālaya, identifié à Kedāra, comme un sanctuaire exceptionnellement svayaṃbhū, auto-manifesté et façonné par Rudra lui-même. Il est prescrit comme lieu privilégié pour les rites aux ancêtres : accomplir le śrāddha à Kedāra comble pères et grands-pères, leur donnant satisfaction et accès à la demeure suprême de Rudra. Le texte règle aussi la conduite, avertissant d’une faute grave si l’on relâche un taureau dans la vaste enceinte du temple. Le cadre saisonnier est explicite : le pèlerinage en Kārttika et en Vaiśākha procure une proximité intime avec Rudra et délivre des peines du saṃsāra. Se baigner et boire les eaux de Kedāra est loué comme un acte mettant fin aux renaissances ; et il est affirmé que la Gaṅgā, avec la Bhramatī, fut établie pour le bien de tous, d’où la renommée du tīrtha sous le nom de « Rudra-Mahālaya »
The Glory of Khaḍga-tīrtha: Darśana and Worship of Khaṅgeśvara/Viśveśvara
PP.6.147 célèbre un gué sacré rare nommé Khaḍga-tīrtha, que Mahādeva (Śiva) fait connaître à Devī Pārvatī comme un tīrtha qui anéantit les péchés. Le chapitre décrit une progression salvatrice : se baigner au tīrtha, recevoir le darśana de Śiva sous la forme de Khaṅgeśvara (aussi appelé Khaḍgadhāreśvara), puis accomplir la pūjā, surtout au mois de Kārtika. Il relie aussi les observances mensuelles à des résultats précis : le darśana en Vaiśākha procure la souveraineté. Le Seigneur est dit toujours présent et exauçant les vœux. À Viśveśvara on offre fleurs, encens, nourriture, lampes, fruits et feuilles de bilva ; les fruits promis vont de l’évitement des destinées néfastes et l’accès au ciel, jusqu’à la richesse, l’abondance de grains et la prospérité de la famille.
Mālar̄ka Sun-Tīrtha at Citrāṅgavadana (Gayā-tīrtha): Merits, Vows, and Boons
Ce passage situe l’éminent Gayā-tīrtha à Citrāṅgavadana, sur la rivière Sābhramatī, sous la présidence de Mālārka, forme solaire. Le lieu est magnifié par son écologie sacrée : arbres exauçant les vœux et mandāra, ainsi que manguier, neem, kadamba, kāśmarya, aśvattha et tiṃduka, signes de la puissance du kṣetra. Les fruits des observances y sont énoncés : par la grâce de Mālārka, la lèpre est dissipée ; les femmes accomplissant l’abhiṣeka védique obtiennent un enfant ; et les disciplines quotidiennes—bain à la sandhyā, japa, homa, svādhyāya et culte de la divinité—offertes là par un dévot de Bhāskara deviennent impérissables. Mahādeva conseille d’y observer le vœu solaire (Sūrya-vrata) afin d’obtenir bonheur terrestre et séjour au Sūrya-loka. Un roi exemplaire reçoit un fils par la faveur de Mālārka ; et le jeûne rigoureux uni à l’adoration mène à participer à la voie de la délivrance. La présence des sages conduits par Vasiṣṭha et des dieux conduits par Indra consacre davantage encore ce saint domaine.
The Glory of Candaneśvara (Āmodasthāna) on the Sābhramatī River
Ce passage présente le tīrtha-māhātmya de Candaneśvara, nommé Āmodasthāna, sur la rive de la Sābhramatī, et le déclare supérieur aux gués voisins. La mémoire épique est rappelée par Bhīma : après avoir accompli son vœu redoutable—boire le sang de Duḥśāsana et nouer rituellement les cheveux de Draupadī avec des mains souillées de sang—il fait des dons aux dvijas et s’en va en pèlerinage. Sur la berge de la Sābhramatī se trouvent un arbre céleste de santal et la manifestation d’un liṅga née de la puissance du tīrtha. Les actes prescrits—bain sacré, boire l’eau, et pitṛ-tarpaṇa—écartent l’enfer et accordent le monde de Rudra. Le lieu est loué comme dissipateur de chagrin ; l’adoration est recommandée selon ses moyens, et l’on se souvient même d’un roi-pêcheur qui y vénérait sans cesse. Śiva mentionne encore la multiplication des tīrthas et les fruits auspices sanctifiés par le mérite de l’āmalakī, puis conclut en ordonnant d’offrir l’arghya selon la règle.
The Greatness of Jāmbavata (Jambū) Tīrtha and Jāmbavanteśvara
Ce chapitre exalte le Tīrtha de Jāmbū/Jāmbavata comme un « escalier vers le ciel » au Kali-yuga : le bain rituel (snāna) y détruit les péchés. Le lieu est consacré par Jāmbavān, qui établit sur la montagne Daśāṅga le liṅga vénérable nommé Jāmbavanteśvara, honoré même par les dieux. Dans le souvenir lié au Rāmāyaṇa, après la défaite de Rāvaṇa et la délivrance de Sītā, proclamations et roulements de tambour retentissent, et la troupe victorieuse se baigne au gué. Śiva enseigne que se baigner à Jāmbavanteśvara confère l’honneur dans le domaine de Rudra, et que la remémoration de Rāma dissout les liens du saṃsāra. Le sommet doctrinal affirme l’identité, la non-différence, de Rāma et de Rudra. La répétition du Nom « Rāma » accomplit les buts à travers les âges ; et le dāna—surtout le don de terres—se trouve multiplié au centuple de mille par le darśana de Jāmbavanteśa.
The Glory of Dhavaleśvara (Indragrāma Tīrtha and the Dhavala Liṅga)
Śiva révèle à Pārvatī un tīrtha situé au-delà d’un autre gué : Indragrāma, où Indra est délivré d’un péché effroyable. Il raconte le pacte d’Indra avec Namuci et la mise à mort de Namuci au moyen d’écume, d’où naît la brahmahatyā ; sur l’instruction de Bṛhaspati, Indra se baigne sur la rive nord et établit Śiva comme Dhavaleśvara, l’Indra-liṅga. Le chapitre prescrit le bain sacré et le culte aux jours de pūrṇimā, amāvāsyā, saṅkrānti et lors des éclipses, en soulignant le śrāddha, le repas offert aux brāhmaṇas, le don d’une vache et la récitation du Rudra-mantra, au mérite démultiplié. Un récit enchâssé oppose le riche vaiśya dévot Nandī à un kirāta dont les offrandes apparemment impures (viande, objets posés du pied, abhiṣeka avec l’eau de la bouche) deviennent pures par une bhakti ardente ; Śiva apparaît, lui accorde le statut de gaṇa et élève les deux dévots. La conclusion affirme la puissance salvatrice du tīrtha et explique que le liṅga devint « blanc » grâce aux libations de lait d’une vache céleste.
The Greatness of Bālāpendra (Bālāpa) Sacred Ford
Mahādeva (Śiva) glorifie auprès de Pārvatī un tīrtha suprême sur la Sābhramatī/Abhramatī, nommé Bālāpa, qui accorde à la fois jouissance et délivrance. Sa sainteté est ancrée dans l’histoire de Bālāvatī, fille de Kaṇva, qui accomplit un vœu tourné vers Sāvitrī/Sūrya et de rudes tapas, désirant le Soleil pour époux. Sūrya l’éprouve sous un déguisement, lui remet cinq jujubes à cuire et constate sa discipline inébranlable. Son offrande extrême —jusqu’à livrer ses pieds, les « brûlant » à répétition dans le feu— réjouit le dieu, qui révèle alors sa forme divine. Il exauce son souhait, donne au tīrtha son nom et lui promet demeure dans son propre monde. Le chapitre prescrit le bain sacré, une observance de trois nuits et le darśana à l’aurore, avec des règles de calendrier : dimanche, Saṅkrānti, Saptamī et éclipses. Il recommande le dāna (vache avec jaggery, vache rouge, bœuf), l’offrande de riz sucré au jaggery et le culte floral du Soleil rouge. Un second exemple —un vieux buffle abandonné; et, ailleurs, un prince de Kānyakubja devenu jātismara par immersion d’ossements— confirme un mérite impérissable, l’efficacité du Śrāddha et l’installation/adoration de Mahiṣeśvara au gué. Il conclut que s’y baigner équivaut aux grands fleuves et met fin aux renaissances.
The Greatness of Durdharṣeśvara
Mahādeva (Śiva) révèle Durdharṣeśvara comme un tīrtha dont le simple souvenir confère un grand mérite (puṇya) et efface les fautes. À la Devī, fille de la montagne, il explique que la sainteté du lieu repose sur des précédents mythiques. Après la lutte entre devas et asuras, le fils de Bhārgava, Uśanas/Śukra, accomplit un vœu austère et adore Tryambaka. Par cette adoration, il obtient la Mṛtasaṃjīvanī, la science qui rend la vie, et le Uśanas-tīrtha, ou Kāvyatīrtha, devient renommé. Dans un second récit, Indra, vaincu par Vṛtra, consulte Bṛhaspati, qui l’envoie vers la rivière Ābhramatī où demeure Durddhara. Indra s’y baigne et vénère Śiva; Śiva lui accorde des bienfaits et lui remet l’arme Pāśupata, gardée et redoutable, grâce à laquelle Vṛtra est tué. L’enseignement conclut qu’en ce gué, le bain, le culte et le darśana de Śiva détruisent les péchés par la grâce de Durdharṣeśa.
The Greatness of Dhāreśvara / Khaṅgadhārā Tīrtha (Hidden Tīrtha and Incidental Śivarātri Worship)
Le chapitre situe un tīrtha d’une puissance purificatrice suprême sur la rivière Sābhramatī, nommé Khaṅgadhārā, demeuré caché durant le Kali-yuga. Là réside Rudra sous la forme de Khaṅgadhāra/Dhāreśvara, et Śiva en révèle la grandeur à Pārvatī. Śiva rapporte une ancienne légende : un chasseur violent, Caṇḍa (aussi appelé Puṣkasa/Puṣkasena), veille toute la nuit de Māgha śukla caturdaśī, perché dans un arbre bilva, guettant un sanglier. Dans sa colère, il coupe des feuilles qui tombent sur le liṅga au-dessous ; sa veille, son jeûne et cette offrande involontaire deviennent une Śiva-pūjā sans qu’il le sache. Des épisodes impliquant son épouse et un chien mangeant de la viande conduisent le chasseur à la renonciation, puis à une tentative d’auto-sacrifice. Les gaṇas de Śiva l’en empêchent et l’emmènent au séjour du Seigneur. Le caractère « caché » du tīrtha est attribué à la malédiction de Viśvāmitra après qu’un tisserand eut offert de la viande à Śiva ; pourtant, une adoration sincère — même d’une image d’argile — consume aussitôt le péché.
The Greatness of Dugdheśvara (Dugdhatīrtha)
Ce chapitre établit Dugdheśvara/Dugdhatīrtha comme un gué d’une pureté suprême, au sud de Khaḍgadhārā, sur les rives de la Sābhramatī et près d’une confluence associée à Candrabhāgā et à la Gaṅgā. Śiva en révèle à Pārvatī l’origine et la puissance sanctifiante. Vaincus par les daityas, les devas sollicitent l’aide du sage Dadhīci. Par compassion, Dadhīci abandonne son propre corps afin que ses os soient façonnés en armes; Surabhī contribue en léchant et en ôtant la chair. Suvarcā, l’épouse du sage, maudit les dieux, et leur fils Pippalāda est reconnu comme une incarnation de Rudra. Par la force spirituelle du ṛṣi, un liṅga se manifeste à partir du lait sur la berge et devient célèbre sous le nom de Dugdheśvara. Le texte conclut par le māhātmya: bain rituel, aumône, japa, culte et austérités accomplis ici deviennent impérissables; même l’écoute de ce récit efface les fautes et accorde la demeure de Rudra.
The Glory of the Candreśvara Sacred Ford at the Candrabhāgā Confluence
Cet adhyāya désigne un tīrtha d’une puissance purificatrice suprême, à l’est de Dugdhēśvara, au confluent de la Candrabhāgā, où Mahādeva demeure sous le nom de Candreśvara. La sainteté du lieu est rattachée aux longues austérités de Soma et au tapas de Śukra près du fleuve, ce qui explique le nom du liṅga et sa prééminence parmi les tīrthas. Sont prescrites des pratiques fondamentales : se baigner, boire l’eau sacrée, méditer chaque jour et accomplir la Śiva-pūjā. Il est dit qu’elles procurent dharma et artha et effacent même les fautes les plus lourdes. Sont aussi loués le japa du Rudra-mantra, le vṛṣotsarga, le śrāddha avec piṇḍa de sésame et la charité. Une tradition rapporte qu’en Kali-yuga le lieu est dissimulé, bien qu’un liṅga d’or demeure visible ; planter un banyan sur la rive accorde la demeure de Śiva pour d’immenses durées cosmiques.
The Glory of Pippalāda Tīrtha: Dadhīca, the Kṛtyā, and the Hidden Ford in Kali-yuga
Śiva révèle à Pārvatī un tīrtha purificateur et délicieux nommé Pippalāda, près de Dugdhēśvara, sur la rive de la Sābhramatī, mais demeurant caché à l’âge de Kali. Celui qui souhaite être délivré de la dette envers les ancêtres (pitṛ-ṛṇa) doit se rendre au lieu sacré de Dadhīca, s’y baigner et boire cette eau, dont on dit qu’elle efface même la lourde faute de brahmahatyā. Pārvatī demande pourquoi la kṛtyā fut produite et ce qu’elle fit auparavant. Śiva explique que Dadhīca vint ici pour accomplir un tapas austère, mais Kolāsura arriva pour l’entraver. Voyant cela, le vertueux fils de Kāhoḍa engendra une kṛtyā vouée au châtiment; elle tua Kolāsura, et de cet événement naquit la puissance du tīrtha. Śiva prescrit aussi la plantation rituelle de pippala comme acte libérateur du karma et source de mérite sacré.
The Greatness of Nimbārka-deva Tīrtha (Picu-mandāraka and the Twelve Names of Sūrya)
Mahādeva expose à Umā la grandeur d’un lieu saint nommé Picu-mandāraka, sur la rive de la Sābhramatī/Bhramatī. On le célèbre comme dissipant les maladies et purifiant profondément ; s’y baigner et y adorer Ravi (Sūrya) accorde les fruits désirés. Sa sainteté est expliquée par un récit : lorsque les devas furent vaincus par les Dānavas, ils devinrent subtils et se cachèrent dans des arbres précis—Śiva dans le bilva, Viṣṇu dans l’aśvattha, Indra dans le śirīṣa, et le Soleil dans le nimba—jusqu’à ce que Viṣṇu dompte le Daitya Kolāhala. Dès lors, ces arbres sont tenus pour liés aux divinités, et il est interdit de les abattre ou de les détruire. Du lieu de repos du Soleil naît le Picu-mandāraka. Le chapitre prescrit la récitation de douze noms/épithètes de Sūrya, promettant mérite, richesse, descendance et élévation au fil des naissances ; et au tīrtha suprême de Nimbārka, se baigner et boire son eau procure la délivrance (mokṣa).
The Glory of Siddhakṣetra: Koṭarākṣī’s Manifestation and Aniruddha’s Hymn
Mahādeva révèle à Pārvatī un lieu sacré sans égal, Siddhakṣetra, rattaché à l’épisode d’Aniruddha et d’Uṣā. Conduit dans la cité de Bāṇāsura et enchaîné, Aniruddha, dans la détresse, se souvient de Koṭarākṣī et implore sa protection. Koṭarākṣī est décrite comme la Puissance vaiṣṇava primordiale, vouée à la sauvegarde des êtres, et l’on dit que Kṛṣṇa l’a établie sur la rive du fleuve. Après la défaite de Bāṇāsura et l’hymne d’Aniruddha, la présence directe de la Déesse est affirmée. Le chapitre énonce les mérites du tīrtha : se baigner pendant une année puis recevoir le darśana de Koṭarākṣī apporte la prospérité ; se baigner à Siddha-tīrtha et voir Koṭaravāsinī mène à l’honneur dans le monde de Rudra. Śiva ajoute que le simple souvenir confère la délivrance, et prescrit un bain particulier ainsi que la récitation de l’hymne ; Koṭarākṣī est identifiée à plusieurs noms de la Déesse et proclamée tīrtha suprême dont la vision détruit les péchés.
Glory of the ‘King of Tīrthas’: Vāmana’s Presence, Māgha Dvādaśī Gifts, and Pitṛ Offerings
Ce passage glorifie un tīrtha nommé le « Roi des Gués sacrés », marqué par sept rivières et des eaux parfumées au santal. Il est déclaré que s’y baigner procure un mérite cent fois supérieur à celui des autres tīrthas, car Vāmana lui-même demeure en ce lieu. Le texte prescrit ensuite les observances du mois de Māgha, surtout au jour de Dvādaśī : le don de la tila-dhenu (la « vache de sésame ») efface les fautes et élève cent générations. Il enseigne la règle du pitṛ-tarpaṇa, offrant aux ancêtres ne serait-ce que de l’eau mêlée de sésame, acte tenu pour l’équivalent d’un śrāddha durant mille ans. Enfin, nourrir des brāhmaṇas de khīra sucrée au guḍa est magnifié : en nourrir un ici revient à en nourrir mille ailleurs.
The Greatness of Somatīrtha and the Manifestation of Someśvara (Soma-liṅga)
Ce chapitre glorifie Somatīrtha, un tīrtha secret sur la rive de la Sābhramatī, où Bhava est honoré comme Kālāgni, le Feu du Temps. Le bain sacré et le darśana de Śiva sous la forme de Someśvara confèrent un mérite comparable au soma, apportant réussite ici-bas et auspice après la mort dans le séjour de Śiva. Śiva raconte à Pārvatī un ancien récit qui détruit les péchés : le sage Kauṣītaki accomplit un tapas rigoureux—ne se nourrissant d’abord que de feuilles, puis seulement d’air—tout en méditant sur le Soi, jusqu’à ce que Maheśvara lui accorde une grâce. Il demande l’apparition d’un liṅga et la renommée du Seigneur sous le nom de Someśvara ; ainsi Somatīrtha devient célèbre comme Soma-liṅga. Le texte énumère ensuite les pratiques et leurs fruits : Rudra-japa, offrandes de bilva, pâte de santal, fruits et fleurs, pèlerinage du lundi. Il promet des fils, la richesse, voire la royauté, et finalement l’accès à la demeure suprême de Śiva.
The Greatness of Kāpotikā/Kāpota Tīrtha: Ancestor Rites, Vaiśākha Bathing, and Guest-Dharma
Mahādeva enseigne à Devī la grandeur du gué sacré Kāpotikā (Kāpota), lié aux eaux courantes de la Sābhramatī. Il y prescrit des rites mêlant des éléments de śrāddha—piṇḍa et tarpana—des offrandes destinées aux êtres tels que corbeaux et chiens, ainsi qu’une dévotion réglée selon les saisons et les tithi. Se baigner dans ce tīrtha, surtout au mois de Vaiśākha, puis adorer Īśāna comme Prācīneśvara en offrant des graines de moutarde pâles, procure la délivrance et le bienfait pour soi-même et pour les ancêtres. L’origine du nom est expliquée par un récit fondateur : une colombe profondément vaiṣṇava, lors de la Dvādaśī consacrée à Viṣṇu, offre son propre corps à un faucon venu en hôte demandant de la viande, établissant ainsi la puissance purificatrice du lieu. Le chapitre s’achève sur une injonction universelle du dharma : honorer toujours l’hôte. L’atithi-satkāra confère un mérite total et mène durablement à la demeure de Viṣṇu.
The Glory of Go-tirtha (Sacred Ford of the Cows)
Ce passage célèbre Go-tīrtha, près du lac de Kāśyapa, comme un gué sacré d’excellence. Il est enseigné que s’y baigner anéantit même les fautes les plus lourdes, y compris celles équivalentes à la brahmahatyā. Un récit d’origine explique son nom et sa puissance : des vaches noircies par des péchés anciens s’y baignèrent et retrouvèrent leur blancheur. Cette restauration visible du bétail devient le signe tangible de la purification du karma. L’enseignement relie ensuite le bain au tīrtha au devoir quotidien d’honorer et de servir les « mères-vaches », déclarant qu’un tel service délivre l’homme de la dette envers ses propres mères. Le mérite s’accomplit enfin par le go-dāna : celui qui se baigne à Go-tīrtha et offre une vache laitière à d’éminents brāhmaṇa obtient la demeure de Brahmā, joignant sainteté du lieu et charité dharmique.
The Glory of Kaśyapa Tīrtha: Kuśeśvara, Kaśyapa’s Sacred Pond, and the Sin-Destroying Gaṅgā
Le chapitre 164 glorifie un tīrtha nommé Kaśyapa. Śiva enseigne à Devī l’existence d’un grand gué sacré où se trouvait jadis un immense lac, lié à la manifestation d’une divinité de la montagne. Le lieu abrite la lumineuse divinité Kuśeśvara et un beau kuṇḍa attribué au sage Kaśyapa. S’y baigner préserve de la chute dans les enfers ; les brāhmaṇas y maintiennent l’Agnihotra et la ferveur védique. La contrée de Kāśyapā est comparée à Kāśī et dite façonnée par les ṛṣis. Grâce aux austérités de Kaśyapa, la Gaṅgā descendit des mèches emmêlées de Śiva ; ici, la Gaṅgā anéantit de grands péchés, même par la seule vision. Le texte recommande le dāna—don de vache et de char—ainsi que le śrāddha accompagné de charité. Il conclut qu’en Kali-yuga nul tīrtha n’égale Kaśyapa, demeure des dieux et des sages, purifiés par le Seigneur des tīrthas.
The Greatness of Vijayī Tīrtha (with Bhūtālaya–Bhūteśvara–Ghaṭeśvara–Vaidyanātha sequence)
Ce chapitre présente un itinéraire de pèlerinage mettant l’accent sur des rites réparateurs et libérateurs. Il dirige d’abord le pèlerin vers Bhūtālaya, tīrtha qui détruit les péchés, marqué par un banian et un repère de santal à l’est. S’y baigner—surtout en jeûnant à Kṛṣṇāṣṭamī et en offrant du sésame noir—empêche ou dissipe l’état de preta ; et l’offrande aux Pitṛ d’un pot d’eau mêlé de sésame est dite délivrer les ancêtres. Le texte prescrit aussi le bain à l’aube dans une eau pure aux jours de caturdaśī et d’aṣṭamī, avec invocation du Nom, pour être affranchi de la condition de preta. Il glorifie ensuite Śrī Bhūteśvara, promettant l’absence de crainte des bhūtas. Puis il mène au supérieur Ghaṭeśvara près de la Sābhramatī, où le culte de l’arbre plakṣa accorde les buts désirés. Enfin, il indique Vaidyanātha : en satisfaisant correctement les Pitṛ, on obtient le fruit de tous les sacrifices, la victoire et la destruction des péchés.
The Greatness of Pāṇḍurārya Tīrtha
Le chapitre PP.6.166 sacralise un tīrtha tenu pour supérieur à Vaidyanātha, nommé Deva-tīrtha, situé sur la rive de la rivière Sābhramatī, au sanctuaire connu comme Pāṇḍurāryā. Dans l’échange-cadre entre Pulastya et Bhīṣma, et par la parole de Mahādeva, le lieu est rattaché à la mémoire épique : le contexte du Rājasūya de Yudhiṣṭhira et la digvijaya méridionale de Nakula, d’où sa renommée sous le nom de Pāṇḍurārya. Le texte prescrit la conduite au tīrtha : se baigner dans la Sābhramatī, se prosterner devant Pāṇḍurāryā et offrir le culte accumulé sur une année. Il promet bhukti et mokṣa, avec les aṣṭa-siddhi et un accroissement de l’intelligence. Pulastya ajoute qu’y mourir mène à Kailāsa et à l’entrée dans le gaṇa de Caṇḍeśvara ; l’ascèse (tapas) de Hanumān en ce lieu est citée comme la source de la force qui lui permit de franchir l’océan.
Gaṇa-tīrtha (The Sacred Ford of Gaṇanātha)
Le chapitre PP.6.167 déroule une courte suite de lieux de pèlerinage. Il commence par Caṇḍeśa-tīrtha, où demeure Caṇḍeśvara, dispensateur de prospérité ; la simple darśana (vision dévotionnelle) y détruit les péchés commis sciemment ou à son insu. Śiva précise que la « cité de Caṇḍeśa » fut construite par l’assemblée des dieux. Le propos se tourne ensuite vers Gāṇapatya, ou Gaṇa-tīrtha, près de la rivière Sābhramatī/Bhramatī, que l’on dit établie par Devī ; s’y baigner est proclamé libérateur. La phalaśruti s’achève avec vigueur : le śrāddha accompli là par un dévot de Rudra procure un mérite égal à celui de tous les sacrifices ; les offrandes aux pitṛs donnent des fruits rapides par la grâce de Gaṇanātha ; et le don prescrit d’un taureau à un brāhmaṇa mène au dépassement et à l’état suprême.
The Glory of Vārtraghnī (the Vṛtra-Slayer Confluence)
Śiva révèle un tīrtha lié à Vārtraghnī, la confluence sacrée associée à Indra et à l’épisode de Vṛtra. Il promet un mérite exceptionnel à qui s’y baigne, et la purification de la lignée par le piṇḍa-śrāddha au sésame. Pārvatī demande l’étymologie du nom du fleuve et la raison de la venue d’Indra. Śiva, en rappelant une ancienne question de Yudhiṣṭhira à Bhīṣma, raconte la longue guerre entre Indra et Vṛtra : la défaite d’Indra, sa quête d’asile, puis l’épiphanie de Śiva à la confluence. De la cendre de Śiva naît un liṅga nommé Bhasmagātra/Bhūteśvara ; sa darśana délivre du péché de brahmahatyā. Après la mise à mort de Vṛtra, la Brahmahatyā apparaît sous une forme terrifiante et saisit Indra. Brahmā obtient son départ en répartissant la faute en quatre parts—à Agni, à la végétation, aux apsarās et aux eaux—chacune correspondant à une transgression humaine qui, plus tard, attire cette part. Indra accomplit des austérités au gué, se purifie, atteint le svarga, et le chapitre se clôt en réaffirmant le māhātmya du lieu.
Varaha Tirtha: The Sacred Ford of Yajñavarāha and the Ocean-Confluence
Le chapitre situe une sainte confluence maritime où la rivière Vārtraghnī se jette dans l’océan de Varuṇa avec la rivière Bhadrā/Subhadrā. Il affirme la sainteté du lieu et le grand mérite du bain rituel (snāna) et de l’offrande d’une eau pure. Le récit se tourne ensuite vers Varāha : Viṣṇu, sous la forme de Yajñavarāha, après avoir vaincu les Dānavas, baratte et se joue dans l’océan, puis remonte couvert de boue. À la demande de Pārvatī, Śiva raconte l’antique Varāha-līlā : Hari prenant la forme du sanglier pour accomplir la mission des dieux, soulevant la Terre et surgissant de la vase de Kardamālaya. De cette émergence naît le Varāha tīrtha : s’y baigner accorde la délivrance (mokṣa), et le śrāddha y est prescrit pour la libération des ancêtres, menant l’officiant et sa lignée vers un monde de félicité.
The Sacred Ford of the Confluence (Saṅgama Tīrtha)
Le chapitre 170 glorifie Saṅgama, le gué sacré où la Gaṅgā rejoint la Bhṛmatī et l’Océan, le déclarant suprême parmi les tīrthas. Il prescrit les actes fondamentaux du pèlerinage—le bain rituel (snāna) et l’aumône (dāna)—accomplis selon les rites appropriés, et affirme que même de lourdes fautes s’y dissolvent. Il recommande en outre d’y accomplir le śrāddha pour le bien de la lignée, promettant l’accès au monde des ancêtres (pitṛ-loka). Par une affirmation de mérite volontairement amplifiée, il dit que même la faute de brahmahatyā est délivrée au lieu de rencontre de l’Océan et de la Gaṅgā. Enfin, il enseigne que là où les hommes ne reconnaissent pas un tīrtha, il convient d’y établir un tīrtha excellent au nom de Śiva, puis se clôt par le colophon nommant le chapitre Saṅgama-tīrtha.
The Greatness of the True Tīrtha: Praise of the Āditya Ford
Ce chapitre exalte un tīrtha (gué sacré) d’une sainteté suprême nommé Āditya, situé près d’une confluence sacrée. Mahādeva (Śiva) y proclame une grandeur sans égale. Le texte passe ensuite à des prescriptions rituelles : le dévot doit se baigner à Puṣkara, renouveler le culte en offrant des fleurs d’arka et des fleurs de karavīra, et accomplir régulièrement śrāddha ainsi que dāna (aumône) en ce lieu. Le tīrtha est qualifié de pāpa-nāśaka, « destructeur des fautes », et sa puissance est telle que le simple darśana (le fait de le voir) confère du mérite même à ceux accablés de mahā-pātakas. Un colophon final précise le titre et la place du chapitre dans l’Uttara-khaṇḍa.
The Glory of Nīlakaṇṭha
Śiva indique à Pārvatī un lieu saint situé au-delà du gué sacré mentionné auparavant, et le désigne comme le tīrtha supérieur de Nīlakaṇṭha. Il le recommande tout particulièrement aux aspirants à la délivrance, car le darśana en ce lieu est présenté comme d’une grande efficacité. Il enseigne que le darśana de Nīlakaṇṭha, accompagné des offrandes śaiva usuelles—feuilles de bilva, encens et lampes—accorde les bienfaits désirés. La présence divine est décrite comme aimant l’ascèse, notamment le jeûne et la solitude, tout en demeurant attentive aux prières des dévots. Enfin, une appellation propre au Kali-yuga—Kāśyapī—est mentionnée, signalant la variation des noms selon les âges, procédé purāṇique reliant l’identité du lieu et de la divinité à la mémoire et à la pratique propres à chaque yuga.
The Glory of the Sābhramatī (Sabharmati) River-Confluence
Dans le cadre du dialogue entre Umā et Maheśvara, Śiva fait l’éloge d’un tīrtha où la rivière Sābhramatī rejoint une rivière nommée Durgā, puis où la confluence s’écoule vers l’océan. Il recommande le bain rituel (snāna) à cet endroit et affirme que, surtout au Kali-yuga, les pèlerins sont délivrés des fautes et des souillures. L’instruction dépasse le seul snāna : elle prescrit aussi le śrāddha à la confluence, le fait de nourrir les brāhmaṇas et d’accomplir le dāna selon les règles, en mettant particulièrement en avant le don de vaches et de buffles. Le tīrtha est proclamé d’une pureté exceptionnelle, destructeur des péchés ; le simple darśana (le voir) est dit libérateur. La sainteté de la rivière est comparée à celle de la Gaṅgā, et ses fruits sont décrits comme durables en l’âge de Kali, avant la conclusion traditionnelle sur l’impossibilité d’en dire toutes les vertus.
The Manifestation of Narasiṃha (Narasimha Vrata and Maulistāna Tīrtha)
Le chapitre s’ouvre sur la promesse de Mahādeva (Śiva) d’enseigner un vœu rare qui détruit les fautes les plus lourdes. Le récit se tourne ensuite vers la théophanie de Śrī Nṛsiṃha, manifesté « pour le bien des dévots », et Pārvatī interroge sur la demeure suprême de Narasiṃha et sur la grandeur de son observance. Dans le dialogue entre Prahlāda et Nṛsiṃha, il est dit que la bhakti naît par la puissance d’un vrata suprême, capable de fruits cosmiques et d’effacer d’immenses démérites. Nṛsiṃha prescrit l’observance au Vaiśākha, le quatorzième jour de la quinzaine claire (śukla caturdaśī), mentionne des yogas et conjonctions favorables, puis expose la procédure: bain rituel, maṇḍala et kalaśa, installation d’une image d’or de Narasiṃha avec Lakṣmī, abhiṣeka au pañcāmṛta, seize offrandes, veille nocturne, récitation du Purāṇa, śrāddha vaiṣṇava, et dāna/dakṣiṇā selon l’ordre prescrit. Le texte situe aussi ce vœu au tīrtha occidental de Maulistāna, près du Sindhu, lié à la longue tapas de Hārīta et Līlāvatī et à la présence durable de Nṛsiṃha. Il conclut en promettant la délivrance à qui écoute, récite et accomplit le vrata.
Gītā Māhātmya: The Suśarmā Narrative and the Merit of Reciting the First Chapter
Pārvatī demande à Śiva la grandeur de la Bhagavad Gītā. Īśvara répond en rapportant un ancien dialogue entre Viṣṇu et Śrī (Lakṣmī) : Lakṣmī s’étonne de voir Viṣṇu reposer sur l’Océan de Lait, et Viṣṇu explique qu’il demeure recueilli au-dedans, contemplant sa forme de Maheśvara, et enseigne l’Ātman au-delà de la dualité et des extrêmes de la pensée. Le chapitre présente ensuite la Gītā comme l’essence barattée par Vyāsa des Veda et des śāstra, et comme un « corps » divin de dix-huit chapitres, dont les paroles tranchent le nœud du saṃsāra. Vient l’enseignement du mérite : même une étude partielle confère une élévation spirituelle exceptionnelle. L’histoire de Suśarmā—chute, renaissances, puis purification par l’écoute/la récitation du premier chapitre—montre que la délivrance est possible, même pour les maîtres de maison.
Gītā Māhātmya: The Greatness of the Second Chapter (The Tale of Ajāpāla/Mitravān and Devaśarman)
Au sein du Gītā-māhātmya, Devaśarman—ritualiste accompli—ne trouve pas la paix ultime par les seuls sacrifices et aspire à la mokṣa. Guidé par le renonçant Muktakarmā, il est conduit auprès du berger-sage Mitravān (Ajāpāla), maître de l’ātma-jñāna. Mitravān lui expose un récit karmique enchâssé : un personnage à l’allure royale, déchu moralement, subit des enfers et des renaissances ; une femme dégénère en ḍākinī puis renaît chèvre ; un homme violent renaît tigre/léopard. Dans une forêt sanctuaire où se dresse le liṅga de Tryambaka, l’hostilité entre prédateur et proie s’apaise, suscitant l’interrogation sur sa cause. Un singe raconte qu’un ascète grava la Bhagavad Gītā sur la pierre et prescrivit une récitation disciplinée—surtout du deuxième chapitre—donnant une sérénité au-delà de la faim, de la soif, de la peur et des dualités. Devaśarman suit cet enseignement et atteint l’état suprême, sans retour.
The Glory of the Gītā: The Saving Power of Reciting Chapter Three
Le récit décrit comment un brāhmaṇa nommé Jaḍa abandonne son svadharma et sombre dans les vices—adultère, jeu, alcool, chasse et vol—jusqu’à être tué par des hommes mauvais, puis à endurer une condition effroyable après la mort. Son fils, versé dans les Veda, part à sa recherche et se rend vers Vārāṇasī afin d’accomplir des mérites pour l’au-delà. Mais il s’arrête à l’arbre même où son père est tombé, accomplit la sandhyā et récite le troisième chapitre de la Bhagavad-Gītā. Un signe céleste terrifiant se manifeste; le père apparaît dans un vimāna lumineux et explique que la proximité de la récitation de la Gītā l’a délivré. Le père enjoint alors au fils d’accomplir les rites et de transférer le puṇya pour secourir des parents tombés en enfer. Le récit s’élargit: Yama et d’autres êtres louent Viṣṇu; Madhusūdana ordonne à Yama de poursuivre la fonction qui lui est assignée, tandis que la délivrance se propage par le transfert de mérite et la puissance salvatrice de la Gītā.
Gītā-māhātmya: The ‘Sin-Cutting’ Tīrtha and the Badarī Curse Narrative (Chapter 178)
Ce chapitre poursuit le Gītā-māhātmya en exposant la « quatrième observance » et son effet libérateur : le souvenir et la récitation dévots qui délivrent d’un état déchu — l’existence sous forme de badarī (jujubier) — et ouvrent l’accès au ciel. Il est enseigné que la récitation quotidienne, faite avec révérence, purifie l’esprit, affermit l’équanimité et sert d’expiation menant vers la délivrance. Un récit exemplaire est donné : à Vārāṇasī, près de Viśveśvara, le maître de soi Bharata intervient dans une suite d’événements concernant deux êtres maudits, devenus des jujubiers sur la rive du Gaṅgā. Le texte se tourne ensuite vers le tīrtha de la Godāvarī nommé Cchinna-pāpa (« Coupeur de péchés »), où le sage Satyatapā accomplit des austérités extrêmes selon les saisons. Indra, craignant sa puissance, envoie des apsarases pour le détourner ; leur danse entraîne une malédiction les changeant en badarī, malédiction ensuite adoucie par le souvenir et la récitation célébrés par ce chapitre.
The Greatness (Māhātmya) of the Bhagavad Gītā (Chapter 5)
PP.6.179 introduit la “cinquième” (pañcama) grandeur célébrée de la Bhagavad Gītā. Il raconte Piṅgala, un deux-fois-né qui délaisse les devoirs védiques pour les arts du spectacle et une conduite immorale. Son épouse Aruṇā le tue ; tous deux subissent des enfers puis renaissent en vautour et en perruche femelle, et leur hostilité résiduelle se termine par une mort violente près de l’eau, parmi des crânes humains. Vaivasvata (Yama) déclare qu’un bain soudain au moment de la mort a engendré un mérite inattendu, leur ouvrant l’accès aux mondes désirés. Interrogeant Yama, ils apprennent la cause : sur la rive du Gaṅgā, un renonçant nommé Buddhvā récitait sans cesse le cinquième chapitre de la Bhagavad Gītā. La sainteté de cette récitation, transmise par le contact avec l’eau contenue dans une coupe-crâne, les purifie ; ils montent alors sur un char céleste vers la suprême demeure vaiṣṇava, illustrant que le chapitre 5 de la Gītā dépasse l’accumulation des péchés en pouvoir purificateur.
Glory of the Bhagavad Gītā, Chapter 6 (Dhyāna-yoga)
PP.6.180 proclame la puissance salvatrice du sixième chapitre de la Bhagavad Gītā (Dhyāna-yoga). L’épisode est situé dans une géographie sacrée : il commence à Pratiṣṭhāna sur la Godāvarī et s’étend comme un itinéraire de pèlerinage vers Kāśī/Viśveśvara, Gayā/Gadādhara, Kedāra, Dvārakā, Somnātha, Avantikā/Mahākāla, Oṃkāra, Śrīśaila/Mallinātha, Viṭṭhala, Brahmagiri/Tryambaka, Mathurā et le Cachemire/Māṇikyeśvara, lieux de grand mérite. Vient ensuite un exemplum : des haṁsas (cygnes) dénigrent l’éclat du roi Jñānaśruti comparé au tejas du sage Raikya. Le roi charge son cocher de le chercher, offre des présents et se voit réprimandé ; il s’incline alors avec humilité et interroge la grandeur du sage. Raikya révèle que son tejas insoutenable provient de la récitation quotidienne du chapitre 6 de la Gītā ; le roi l’apprend, et la délivrance est promise à quiconque récite ne serait-ce que ce seul chapitre.
The Glory of the Bhagavad Gītā’s Seventh Chapter
Ce chapitre célèbre la « grandeur du septième chapitre » de la Bhagavad Gītā, dont l’écoute est dite semblable à un nectar. Il raconte l’histoire du brāhmaṇa Śaṃkukarṇa de Pāṭaliputra, qui, par désir de richesse, négligea les rites dus aux ancêtres et au Divin. Mort d’une morsure de serpent, il renaît comme sarpa, gardien d’un trésor caché. Ses fils découvrent sa condition par des rêves puis par la confrontation : l’un, poussé par l’avidité, veut l’attaquer, tandis que d’autres, par piété filiale, cherchent à le délivrer. Le père-serpent enseigne que les tīrtha ordinaires, les dons, les austérités et les sacrifices ne suffisent pas à le libérer ; seule la vénération du septième chapitre de la Gītā—surtout en nourrissant avec foi un brāhmaṇa instruit des « sept chapitres » le jour de son śrāddha—assure la délivrance. Les fils obéissent, Śaṃkukarṇa obtient une forme divine, et la richesse est redistribuée et consacrée à des œuvres de dharma pour le bien de tous.
Mahatmya of the Gita’s Eighth Chapter: Liberation through Hearing Half a Verse
Śiva (Mahādeva) révèle à Devī (Pārvatī) la « grandeur du huitième chapitre » de la Bhagavad Gītā, source de joie suprême. À Āmardaka, une pécheresse tenant une maison de courtisanes meurt et renaît sous la forme d’un palmier ; tout près, un couple souffrant comme brahma-rākṣasas cherche à être délivré. Leur passé évoque Divaja le tisserand et son épouse cupide Kumati : pour avoir refusé même une aumône (dāna) infime, ils endurent des tourments après la mort. Lorsque l’épouse interroge sur Brahman, l’adhyātma et le karma, l’arbre—par la seule écoute d’un demi-verset du Huitième Chapitre—rejette sa forme végétale, devient brāhmaṇa, et le couple obtient la mokṣa ; des signes célestes apparaissent et un vimāna les emporte. Le récit se tourne ensuite vers Kāśī : l’ascèse de Bhāvaśarmā et la récitation d’un demi-verset plaisent à Śiva et aboutissent à la grâce de Viṣṇu (Janārdana), accordant un bonheur durable à lui et à sa lignée—simple fragment de la puissance de ce chapitre.
The Greatness of the Bhagavad Gītā (Chapter 9)
Śrī Mahādeva annonce à Pārvatī son enseignement, puis le récit se déplace à Māhiṣmatī, où le brāhmaṇa Mādhava prépare un sacrifice comportant l’offrande d’une chèvre. La chèvre prend alors la parole, met en doute l’efficacité du rite et dévoile la loi du karma : jadis officiant savant, elle encourut une malédiction pour un meurtre contraire au śāstra, lié au culte de Caṇḍikā, et tomba dans des renaissances douloureuses—singe, chien, cheval, puis chèvre. Elle rapporte ensuite un second exemple à Kurukṣetra lors d’une éclipse solaire. À l’occasion d’un mahādāna royal en rapport avec Kālapuruṣa, le péché s’incarne sous des formes de caṇḍāla et s’attache à un brāhmaṇa ; celui-ci est délivré par la récitation intérieure du neuvième chapitre de la Bhagavad Gītā. L’adhyaya conclut que la récitation quotidienne de ce chapitre fait franchir les calamités nées de dons impropres et mène à la libération.
The Greatness of the Bhagavad-gītā (Supremacy of the Tenth Chapter: Vibhūti Yoga)
L’Adhyāya 184 poursuit le Gītā-māhātmya en proclamant la Bhagavad-gītā comme la « vie des Veda » et en déclarant le Dixième Chapitre, Vibhūti-yoga, suprême entre tous. Dans un récit à cadres multiples—du dialogue dévotionnel entre Śiva et Pārvatī jusqu’aux voix internes de l’Uttara-khaṇḍa—un brāhmaṇa accompli à Kāśī (Dhīra-dhīra) est présenté comme modèle de renoncement et de jñāna, et l’on explique pourquoi une telle connaissance est gardée dans la frontière libératrice de Kāśī. Un oiseau, le haṃsa de Brahmā, arrive, offre un lotus et récite un stotra à Mahādeva, puis raconte sa chute dans les ténèbres due à une transgression. La jeune fille-lotus, Pañcapadmā/Padminī, expose la loi du karma et montre que l’écoute ou la récitation du Dixième Chapitre de la Gītā détruit les péchés, délivre même les êtres profondément déchus et confère la jīvanmukti. Le chapitre s’achève en étendant ce mérite à tous, quels que soient le genre et l’étape de la vie.
Gītā-Māhātmya and the Glory of Ekādaśī: The Liberating Power of the Viśvarūpa Chapter
Śiva, répondant à Devī, introduit un récit choisi tiré d’un vaste chapitre qui glorifie l’Ekādaśī et l’enseignement du Viśvarūpa dans la Gītā. L’histoire se transporte à Meghaṅkara, sur la rivière Praṇītā, où l’on célèbre la présence de Viṣṇu et les tīrtha voisins : Mekhalā, Narasiṃha et Gaṇeśa. Un brāhmaṇa-yogin nommé Sunanda, dévot de Vāsudeva, récite le onzième chapitre de la Gītā et obtient la connaissance de Brahman. En pèlerinage, il rencontre un village tourmenté par un rākṣasa mangeur d’hommes, né d’une malédiction due à un manquement de compassion. De l’eau consacrée par le mantra/le chapitre du Viśvarūpa est aspergée sur le démon : le rākṣasa et d’innombrables voyageurs engloutis sont délivrés, tous prenant des formes vaiṣṇava à quatre bras. L’enseignement s’achève en reliant clairement cette puissance au mérite de l’Ekādaśī, à l’écoute et à la récitation/lecture, ainsi qu’à la fréquentation des saints, jusqu’à l’ascension vers la demeure suprême de Viṣṇu.
The Glory of the Bhagavad Gītā (Kolhāpura–Mahālakṣmī Narrative)
Ce chapitre situe Kolhāpura comme le pīṭha suprême de la Śakti, dispensant à la fois les jouissances du monde et la délivrance. Il en décrit la splendeur urbaine et la vertu des habitants, célébrant ce lieu comme un tīrtha d’excellence. Un prince s’y rend pour obtenir la vision et la grâce de Śrī Mahālakṣmī. Après le bain rituel et les rites aux ancêtres, il offre une longue stotra à la Devī, unissant la cosmologie (création, maintien, dissolution), l’intériorité yogique (cakras, nāda-bindu-kalā) et les formes innombrables de la Déesse. Satisfaite, Mahālakṣmī l’oriente vers le brāhmaṇa siddha Siddha-samādhi. Par sa puissance, les devas sont contraints de rendre le cheval volé de l’Aśvamedha, puis le père du prince, le roi Bṛhadratha—dont le corps avait été desséché par de l’huile chauffée—est ramené à la vie. Interrogé sur la source de ses pouvoirs, le siddha la rapporte à la récitation incessante du chapitre 12 de la Bhagavad Gītā, montrant que la bhakti récitée conduit directement au siddhi et au mokṣa.
Gītā-māhātmya: The Glory of the Thirteenth Chapter (A Harihara-pura Exemplum of Fall and Release)
Devī demande à Śiva la grandeur du treizième chapitre de la Bhagavad-gītā ; Mahādeva consent et affirme que sa gloire est semblable à un océan. Il l’illustre par un exemplum moral situé près de la Tuṅgabhadrā, à Harihara-pura, où vivent le brāhmane Haridīkṣita et son épouse Durācārā, dont les transgressions habituelles et l’ivresse la poussent, de nuit, vers une forêt de rendez-vous. Dans une séquence printanière au clair de lune, entre illusion érotique et plainte de séparation, elle rencontre un tigre. Celui-ci révèle une ancienne vie humaine ruinée par l’avidité, le trafic indigne des fonctions sacerdotales et une conduite prédatrice ; il est ainsi né tigre, voué à dévorer les pécheurs. Durācārā est tuée, conduite au royaume de Yama et endure de longs tourments infernaux avant de retomber en renaissances inférieures. La délivrance survient par la proximité du sacré et par la récitation et l’écoute répétées du treizième chapitre de la Gītā, qui la libèrent d’une condition d’exclue et lui accordent une ascension divine.
The Greatness of the Gītā (Liberation through Recitation and Contact-Merit)
Le chapitre s’ouvre sur Mahādeva (Śiva) instruisant Bhavānī (Pārvatī) : il va développer davantage l’enseignement libérateur et l’invite à écouter le quatorzième chapitre de la Bhagavad-Gītā. Dans le cadre narratif de l’Uttara-khaṇḍa, le récit se déplace ensuite au Cachemire, contrée associée à Sarasvatī et à la parole raffinée. Là, des rois liés par l’amitié se trouvent entraînés dans un pari de chasse mettant en jeu une chienne et un lièvre. Au cours d’une poursuite saisissante et d’un renversement, les deux animaux entrent en contact avec de la boue/de l’eau liée au lavage des pieds d’un récitant : le brāhmaṇa Vatsa, qui récite sans cesse le chapitre 14 de la Gītā. Par ce mérite de contact (puṇya), le lièvre et la chienne quittent leurs basses naissances et montent au ciel sur des chars divins. Un disciple (Svakaṃdhara) expose l’arrière-plan karmique—un brāhmaṇa joueur, une transgression conjugale et la violence—et conclut que l’inimitié peut se prolonger d’existence en existence, mais qu’elle est vaincue par l’association à la récitation sacrée. Le roi, étudiant la Gītā avec foi, atteint l’état suprême.
The Greatness of the Bhagavad Gītā (Chapter 15 Emphasis)
Īśvara (Mahādeva/Śiva) révèle à Pārvatī la grandeur du quinzième chapitre de la Bhagavad Gītā. Puis s’ouvre un récit enchâssé : au pays de Gauḍa règne le roi Narasiṃha, surnommé « Kṛpālu », au milieu d’une splendeur guerrière. Un usurpateur violent, Sarabha-Bheruṇḍa, commet un régicide ; il meurt ensuite de maladie et, par le poids de son karma, renaît comme un cheval maigre au ventre creux dans le Sindhu. L’animal est acheté et offert au roi. Lors d’une chasse en forêt, un demi-verset du chapitre 15 de la Gītā, porté par le vent, tombe près du souverain ; on le lit à haute voix, et le cheval, entendant ces syllabes, obtient aussitôt la délivrance et rend l’âme. Sarabha-Bheruṇḍa apparaît, parle, puis s’élève au ciel. Le roi demande l’explication à un brāhmaṇa d’ermitage, apprend la cause karmique et la puissance salvatrice de l’écoute, fût-ce d’un fragment de la Gītā ; il accomplit des rites propices, établit son fils, et atteint finalement la libération.
The Glory of the Bhagavad Gītā (Greatness of the Sixteen Chapters)
Śiva (Mahādeva) annonce qu’il va expliquer la gloire des seize chapitres de la Bhagavad-Gītā. Le récit se transporte ensuite au pays de Gurjara, dans la cité de Saurāṣṭrika, gouvernée par le roi Khaṅgabāhu, célébré en un langage d’éloge. Un éléphant en rut, Dantāvala/Arimardana, brise ses entraves et répand la terreur en piétinant les gens. Un brāhmaṇa, récitant doucement des versets de la Gītā—rattachés tout particulièrement au seizième chapitre—traverse sans dommage ; le roi, témoin du miracle, l’interroge. Le brāhmaṇa enseigne que la récitation quotidienne, fût-ce de quelques versets du chapitre 16, confère siddhi et protection. Le roi l’honore, reçoit les mantras/versets de la Gītā avec de somptueux présents, met l’enseignement en pratique, puis affronte l’éléphant sans crainte, rétablit l’ordre et consacre le prince. Par la vertu du seizième chapitre, il atteint le but suprême : mokṣa.
Glory of the Seventeenth Chapter of the Bhagavad Gītā (Duhshasana’s Liberation as an Elephant)
Śiva révèle à Devī Pārvatī la grandeur « semblable à l’océan » du dix-septième chapitre de la Bhagavad Gītā et, à sa demande, en donne un récit exemplaire. Duḥśāsana, sot et orgueilleux, meurt violemment lors d’un accident lié à un éléphant furieux ; sous l’effet d’impressions latentes (vāsanā/saṃskāra), il renaît en éléphant et se trouve ensuite mêlé aux milieux royaux. Tombé gravement malade, l’éléphant déclare que ni remèdes, ni aumône, ni japa ordinaire ne suffisent ; seule la récitation régulière, en japa, du chapitre 17 de la Gītā par un brāhmaṇa qualifié peut apaiser le mal. Le roi de Mālava, Naravarmā, s’y conforme ; Duḥśāsana quitte alors le corps d’éléphant, apparaît rayonnant dans un char céleste et raconte son passé karmique. Le chapitre s’achève en affirmant que la répétition du dix-septième chapitre procure une libération rapide, faisant du Gītā-japa une voie directe vers la délivrance.
Glory of the Bhagavad Gītā (Greatness of the Eighteen Chapters; Five Gītā Verses as Crest-Jewel of Merit)
Pārvatī prie Śiva de proclamer la gloire des dix-huit chapitres de la Bhagavad Gītā. Īśvara répond par une louange en plusieurs degrés : la Gītā est l’essence des śāstra, elle dissipe l’ignorance et les trois souffrances, dompte les messagers de Yama et guérit les maladies. Sa suprématie est célébrée par un catalogue de comparaisons, comme l’amṛta parmi les essences et Puṣkara parmi les tīrtha. Vient ensuite l’épisode d’Indra : voyant apparaître un « nouvel Indra », il se lamente d’avoir négligé le dharma et les pèlerinages, puis se tourne vers Viṣṇu. Śrī Bhagavān lui enseigne que la récitation de cinq versets de la Gītā au dix-huitième chapitre confère un mérite suprême. Indra trouve sur les rives de la Godāvarī un brāhmaṇa qui récite les dix-huit chapitres, et par ce puṇya il obtient l’union avec Viṣṇu (sāyujya). Le chapitre conclut que l’écoute de ce māhātmya délivre des péchés et accorde le fruit de tous les sacrifices.
The Greatness of the Śrīmad Bhāgavata (Bhāgavata Māhātmya)
Le chapitre PP.6.193 magnifie le Śrīmad Bhāgavata comme le Purāṇa suprême et la planche de salut du Kali-yuga. Dans une narration à cadres (Śiva–Pārvatī, puis Sūta–Śaunaka), les auditeurs demandent sa grandeur, sa tradition d’origine, et comment la bhakti engendre le discernement, la connaissance (jñāna) et le détachement (vairāgya). Le texte affirme que l’écoute ou la lecture du Bhāgavata mène à la demeure de Hari. Il met en valeur des formes d’audition salvatrices : l’écoute sur une année, sur un mois, et surtout la saptāha de sept jours, réputée libératrice. Dans l’exemple enchâssé, Nārada s’attriste de la corruption de Kali ; à Vṛndāvana, il rencontre Bhakti personnifiée en jeune femme, tandis que ses fils Jñāna et Vairāgya sont devenus vieux et inertes. Vṛndāvana ranime Bhakti mais non ses fils ; on s’interroge alors sur la tolérance accordée à Kali et sur la restauration, à quoi il est répondu par l’insistance sur le kīrtana de Keśava et la diffusion de la kathā du Bhāgavata.
The Greatness of the Śrīmad Bhāgavata
Ce chapitre présente le diagnostic du Kali-yuga et son remède à travers un dialogue purānique à plusieurs niveaux. Il y est proclamé que la Bhakti, la śakti la plus chère à Kṛṣṇa, est l’unique moyen pleinement efficace de délivrance en Kali, surpassant jñāna, karma, tapas, et même l’étude des Veda lorsqu’elle est séparée de la dévotion. Mukti, avec ses fils Jñāna et Vairāgya, est décrite comme déclinant à cause de l’hérésie et de la négligence; les efforts pour les ranimer par les seuls Veda/Vedānta et la récitation de la Gītā se révèlent insuffisants face aux fautes de Kali. Une voix céleste indique alors un « acte juste » secret; Nārada est conduit auprès des Kumāra, qui enseignent que le véritable jñāna-yajña s’accomplit comme l’exposé du Śrīmad Bhāgavata. Le Bhāgavata est loué comme la quintessence (rasa) des Veda et des Upaniṣad, détruisant les défauts de Kali et faisant fleurir bhakti, jñāna et vairāgya dans chaque foyer.
Bhāgavata Māhātmya: The Jñāna-Yajña at Gaṅgādvāra and the Seven-Day Bhāgavata Hearing
Ce chapitre établit l’ordonnance rituelle et la finalité salvatrice du Bhāgavata-saptāha comme discipline du Kali-yuga. Nārada fait vœu d’accomplir un jñāna-yajña éclairé par l’enseignement de Śuka, recherchant bhakti, jñāna et vairāgya. Les Kumāras orientent le rite vers une rive sanctifiée près de Gaṅgādvāra, où la puissance du kṣetra attendrit les cœurs et dissout l’inimitié. Une assemblée cosmique se forme—ṛṣi, śāstra, tīrtha et êtres de tous les mondes—célébrant la suprématie du Bhāgavata sur les sacrifices et les pèlerinages. Le Bhāgavata est défini (12 skandha, 18 000 vers), la récitation quotidienne est louée, et l’écoute sur sept jours est prescrite comme la plus praticable en Kali, à cause de la faiblesse et de la brièveté de la vie. Un épisode d’Uddhava et de Kṛṣṇa fonde l’autorité du texte : Kṛṣṇa ‘insère’ sa splendeur dans le Bhāgavata, en faisant l’incarnation verbale de Hari. Quand la kathā commence, Bhakti se manifeste, rajeunit par la Kṛṣṇa-kathā et demande une demeure ; les Kumāras lui enseignent d’habiter parmi les dévots compatissants de Govinda, où s’épanouissent la maîtrise du mental et la concentration unifiée sur Hari.
Greatness of the Seven-Day Sacred Narration (Saptāha): The Beginning of the Ātmadeva–Dhuṃdhulī–Gokarṇa Narrative
Le chapitre s’ouvre sur la descente de Hari, répondant à la dévotion vaiṣṇava : une atmosphère de fête s’établit et les signes néfastes du Kali-yuga se dissipent. Nārada, voyant l’oubli du monde, interroge les Quatre Kumāras sur la purification en l’âge de Kali et sur le sacrifice de la récitation sacrée de sept jours (saptāha-yajña). Les Kumāras glorifient le saptāha comme une purification universelle, même pour les grands pécheurs, puis commencent une antique légende sur les rives de la Tuṅgabhadrā. On y rencontre le brāhmaṇa sans enfant Ātmadeva et son épouse querelleuse Dhuṃdhulī. Un Siddha annonce sept existences sans fils, mais remet un fruit accompagné de vœux. Par ruse, Dhuṃdhulī évite la grossesse : naissent alors le mauvais Dhundhukārī et le veau/fils divin Gokarṇa. Tandis que Dhundhukārī ruine la maison, Gokarṇa enseigne le renoncement et la bhakti ; Ātmadeva se retire en forêt et atteint la demeure de Hari.
Liberation of Dhundhukārī the Preta: Glory of the Seven-Day Bhāgavata Recitation and the Sūrya Hymn
Après le départ d’Ātmadeva, Dhundhukārī terrorise sa mère jusqu’à provoquer sa mort. Gokarṇa accomplit les rites funéraires et poursuit son pèlerinage, notamment le Gayā-śrāddha. La vie criminelle de Dhundhukārī s’achève lorsqu’il est tué par des courtisanes ; il devient alors un preta, tourmenté et privé même d’eau. Revenu auprès de Gokarṇa, il apparaît sous des formes effrayantes, avoue ses fautes et reconnaît que le seul Gayā-śrāddha ne l’a pas délivré. Gokarṇa consulte des brāhmaṇas savants ; ceux-ci louent Śrī Sūrya, et l’Āditya révèle le remède : une récitation en sept jours du Śrīmad Bhāgavata (saptāha) et l’hymne Vāñchā-Cintāmaṇi. Sur les rives de la Tuṅgabhadrā, Gokarṇa célèbre le saptāha ; au septième jour, Dhundhukārī est libéré et s’élève vers Vaikuṇṭha. Un second saptāha culmine dans l’apparition de Kṛṣṇa et l’ascension commune vers Goloka, affirmant que l’écoute de la kathā est une délivrance universelle.
Procedure and Merit of the Seven-Day Śrīmad Bhāgavata Recitation
PP.6.198 codifie le Bhāgavata-saptāha (récitation en sept jours du Śrīmad Bhāgavata) comme l’analogue d’un sacrifice complet pour le Kali-yuga. Il prescrit le moment propice—muhūrta, mois, tithi, jour de la semaine et nakṣatra—ainsi que l’agencement du maṇḍapa et des sièges, les qualités requises et le soutien dû au récitant, les pūjā préliminaires à Gaṇeśa, Devī, Śiva, Viṣṇu, Brahmā et Sūrya, et l’adoration de Hari dans le livre lui-même. Le chapitre expose le rythme quotidien de la récitation, le jeûne, les offrandes minimales quand on ne peut faire davantage, et une observance stricte de régime votif et de retenues morales. Il s’élargit ensuite en un récit de révélation : Śuka arrive, Hari se manifeste au cœur du kīrtana et accorde une grâce, et les Kumāras célèbrent l’efficacité particulière du saptāha en Kali-yuga. Enfin, il situe l’histoire de la transmission du Bhāgavata—Vyāsa–Nārada–Śuka–Sūta—et réaffirme la suprématie du Bhāgavata parmi les Purāṇa.
Procedure and Theology of Indra’s Sacrifice at the Kāliṇdī (Yamunā) Tīrtha
À la demande des sages, Sūta introduit l’enseignement de Saubhari à Yudhiṣṭhira sur la grandeur de la Kāliṇdī (Yamunā) et sur le tīrtha suprême lié à Vaikuṇṭha. Le récit se déplace vers Nārada et Parvata dans la splendide forêt de Khāṇḍava, au bord de la Kāliṇdī, où le roi Śibi s’étonne des signes sacrificiels extraordinaires présents en ce lieu. Nārada rapporte qu’après la destruction d’Hiraṇyakaśipu par Narasiṃha et le rétablissement de la souveraineté d’Indra, Indra veut honorer Hari par un yajña ; Bṛhaspati lui indique la rive Khāṇḍava–Kāliṇdī. Indra accomplit un grand sacrifice, et Viṣṇu apparaît, accompagné de Brahmā et de Śiva. Le chapitre se déploie ensuite en louange théologique : la manifestation triadique, la māyā et la multiplicité apparente, et la bhakti comme bienfait universel. Il s’achève sur une éthique de la dévotion : ne pas dénigrer les divinités, demeurer fidèle au Veda et reconnaître les voies admises de la bhakti.
The Bhilla and the Lion’s Ascension to Vaikuṇṭha (Indraprastha & Nigamodbodhaka Tīrtha-Māhātmya)
PP.6.200 décrit Indraprastha comme une région sanctifiée, un « tout-tīrtha », fondée par les yajñas d’Indra et ses dānas généreux sous la grâce de Viṣṇu. De nombreux tīrthas renommés y sont rituellement « installés » ou reflétés—Prayāga, Kāśī, Śiva-Kāñcī, Gokarṇa, Dvārakā, Kośalā/Madhuvana, Badarī, Haridvāra, Puṣkara, Naimiṣa/Kālañjara—jusqu’au gué Nigamodbodhaka, qui, dit-on, éveille les Nigamas et accorde, par le bain, la mémoire des naissances antérieures. Plus tard, Indra descend sous la forme du brāhmaṇa Viṣṇuśarmā ; avec son père Śivaśarmā, il renonce au monde et revient au tīrtha, où se manifeste le souvenir de sa vie passée. Non loin, un chasseur Bhilla et un lion meurent, et, par la puissance du lieu, revêtent des corps divins ; les serviteurs de Hari les conduisent à Vaikuṇṭha. Le chapitre enseigne ainsi que l’espace sacré, uni à la bhakti, transcende la naissance et même les fautes les plus lourdes.
The Glory of the Kāliṃdī (Yamunā) Tīrtha
Le chapitre PP.6.201 est un tīrtha-māhātmya consacré à la Kāliṃdī (Yamunā), affirmant que même les pécheurs peuvent atteindre la demeure de Hari grâce à la puissance de ce gué sacré. Après avoir vu des effets de transformation, un brāhmaṇa va se baigner et accomplit un rite détaillé : purification, tilaka d’argile avec le verset « Aśvakrāntā », immersions répétées en se souvenant de Hari, de la Gaṅgā et des sept cités saintes, puis sandhyā, tarpaṇa et pūjā de Viṣṇu. Le bain fait surgir la mémoire des vies passées et ouvre un récit enchâssé : le vaiśya Śarabha, tourmenté par l’absence d’enfant, reçoit le diagnostic et les prescriptions du sage Devala, qui insiste sur la nécessité d’un culte correct de Gaurī. Le texte met en lumière la responsabilité du dévot dans l’accomplissement personnel du rite et les conséquences d’une faute de procédure. Il se clôt en annonçant l’exemple de Dilīpa et Nandinī comme instruction purificatrice supplémentaire.
The Glory of Kāliṃdī (Yamunā) — Opening of the Dilīpa Episode (Progeny Obstruction and Remedy)
Devala introduit le « merveilleux » récit du roi Dilīpa, souverain juste de Kośala. Malgré une charité abondante, des œuvres publiques et un culte rituel assidu, il demeure sans héritier. Dilīpa considère l’absence d’enfant comme une tache, même au sein de la réussite et de l’observance rigoureuse, incluant la continence aux jours sacrés prescrits. Le roi et la reine Sudakṣiṇā se rendent à l’āśrama de leur guru Vasiṣṭha, havre de paix où les animaux vivent sans inimitié et où la récitation védique se fait entendre. Après l’accueil, Vasiṣṭha révèle la cause : une ancienne négligence envers Kāmadhenu—avoir omis la circumambulation et les salutations dues—attira une malédiction empêchant la descendance jusqu’au service rendu à sa progéniture. Il présente alors Nandinī/Śubhāhvayā et ordonne une garde protectrice et un service en forêt, promettant un fils par une vénération et un dévouement accomplis.
The Glory of Kāliṃdī (Yamunā)
Le roi Dilīpa et sa reine servent avec une humilité rigoureuse Nandinī, la vache sacrée de leur guru, pendant vingt et un jours, calquant leurs pas, leur nourriture et leur repos sur les siens, dans l’esprit du dharma et du service au maître. Nandinī les mène ensuite dans une grotte de l’Himalaya, où un lion la saisit. Dilīpa veut tirer, mais une puissance divine le paralyse. Le lion parle comme un homme et se présente comme Kumbhodara, un Śiva-gaṇa agissant sur l’ordre de la Devī, et il expose la sainteté du lieu ainsi que sa charge de protection. Dilīpa offre son propre corps pour sauver la vache, plaçant le dharma et la guru-bhakti au-dessus de sa vie. Le « lion » s’évanouit; Nandinī révèle qu’il s’agissait d’une épreuve, accorde une grâce et prescrit à Dilīpa de boire rituellement son lait. Vasiṣṭha atteste leur réussite; bientôt naît Raghu, et le récit promet des mérites terrestres à ceux qui le lisent ou l’entendent avec dévotion.
Glorification of Kālindī (Yamunā): The Nigamodbodhaka Tīrtha at Indraprastha
Śivaśarmā raconte à Viṣṇuśarmā comment le vaiśya Śarabha et son épouse vénérèrent Caṇḍikā afin d’obtenir un fils. La Déesse leur indiqua le tīrtha d’Indraprastha au mérite suprême, Nigamodbodhaka, établi par Bṛhaspati : s’y baigner éveille la sagesse védique et accomplit les désirs. Après le bain rituel, la dāna de cent vaches et les offrandes aux ancêtres, Śivaśarmā est conçu ; plus tard, il reprend les devoirs domestiques tandis que son père se tourne vers la bhakti de Govinda et le renoncement. Le récit devient ensuite un tīrtha-māhātmya : Śarabha tombe malade et un voyageur cupide l’exploite ; le rākṣasa Vikaṭa dévore la troupe. Mais au contact de l’eau du tīrtha, Vikaṭa retrouve la mémoire de ses vies passées, avoue de lourds péchés et se réforme. Enfin, le « roi des tīrthas » manifeste une puissance salvatrice extraordinaire : Viṣṇu apparaît sur Garuḍa et emmène Śarabha à Vaikuṇṭha, montrant la dissolution du karma par la dévotion et l’eau sacrée.
The Episode of Nigamabodha (Liberation at the Sacred Ford)
Dans le cadre du dialogue entre Śiva et Pārvatī, au sein du Kāliṃdī-māhātmya, un récit intérieur expose le mérite exceptionnel acquis en un « grand gué sacré » lié à Indraprastha. Un rākṣasa meurt en tentant un acte conforme au dharma — protéger une vache — puis est emporté sur un char céleste et atteint un état divin. Cela révèle la puissance du tīrtha et la portée salvatrice du dharma, même pour ceux tenus pour étrangers. L’enseignement se tourne ensuite vers une Hari-bhakti exclusive : le narrateur renonce à désirer les dignités de Brahmā, de Śiva ou d’Indra, et demeure au gué dans l’adoration de Puruṣottama. Śivaśarman raconte sa propre renaissance, causée par la malédiction de Durvāsā alors qu’il était absorbé dans la méditation de Viṣṇu ; le repentir lui vaut une grâce : mourir en ce tīrtha met fin au cycle des renaissances. Le chapitre conclut que l’écoute fidèle équivaut aux grands mérites rituels, et que même les animaux qui y meurent obtiennent une forme à quatre bras.
Description and Moral-Theological Significance of Dvārakā (within the Indraprastha/Kāliṃdī Māhātmya frame)
Dans un contexte de louange des tīrtha, Nārada explique au roi Śibi que « Dvārakā » est tenue pour située dans la région d’Indraprastha, puis rapporte un exemple moral survenu à Kāmpilya. Un brāhmaṇa musicien, d’une beauté saisissante, arrive en ville et, sans intention, enflamme le désir des femmes. Le roi soupçonne un envoûtement par mantra; le brāhmaṇa le réfute et affirme que la cause véritable est l’absence de maîtrise des sens et l’emprise du kāma. Les habitants craignent l’effondrement de l’ordre social, et les femmes tentent de s’emparer de lui. Le brāhmaṇa enseigne alors le strīdharma: honorer son époux et lui être fidèle revient à adorer Viṣṇu. Il avertit que l’adultère, né de la passion, entraîne des fautes de pensée et de parole, une chute karmique, des renaissances avilissantes — jusqu’à des naissances démoniaques — et de longues souffrances. Après l’amendement, un malheur survient: guerre, pillage, et les femmes se donnent la mort par poison, ce qui mène à renaître en rākṣasīs. Le chapitre se clôt par une divulgation morale de Mahādeva à Śivā: le péché s’approfondit lorsque la dévotion se porte sur un autre bien-aimé; il faut donc renoncer à ce « paradis » trompeur qui finit en déchéance.
The Glory of the Kāliṃdī (Yamunā) and the Dvārakā Tīrtha: Vimala, Haridatta, and the Son-Granting Bath
Le chapitre s’ouvre sur un dialogue à plusieurs niveaux : Nārada répond à la question du roi Śibī en rapportant un récit purificateur concernant Vimala, un brāhmaṇa de l’Himalaya. Son fils Haridatta, né par la grâce de Śrī Viṣṇu, étudie les Veda puis renonce au monde, ce qui plonge sa mère dans le chagrin. Vimala la console en glorifiant la bhakti envers Hari et la supériorité de la délivrance sur les liens mondains, instables par nature, mais l’épouse demeure inquiète pour la continuité de la lignée. Vimala entreprend alors un pèlerinage et reçoit, à minuit, l’enseignement de Brahmā, qui reprend une ancienne charte divine : la proclamation de Viṣṇu au sujet d’Indraprastha et du mérite incomparable du tīrtha de Dvārakā, lié à la région de la Kāliṃdī/Yamunā. Après s’être baigné et avoir récité les noms sacrés, Vimala prie pour obtenir un fils ; une voix céleste accorde la grâce. Il repart avec de l’eau de Dvārakā, et plus tard incite un ami brāhmaṇa du mont Malaya à rechercher ce tīrtha suprême.
The Narrative and Glory of Dvārakā (Dvārakā Māhātmya)
À Dvārakā, Vimala et un brāhmaṇa se baignent en quête de bhakti envers Viṣṇu. Une voix céleste proclame que ce tīrtha éveille la dévotion et dissipe l’illusion née de l’ignorance. Les brāhmaṇas contemplent l’impermanence des liens mondains et affermissent leur refuge en Śrīpati. Plus tard, le voyageur parvient à une contrée aride et sans eau ; des rākṣasīs, tourmentées par la faim et la soif, se précipitent pour le dévorer. Il se protège par des mantras védiques. Lorsqu’il raconte son pèlerinage—incluant Dvārakā—et les asperge de l’eau de Dvārakā conservée dans son récipient, elles retrouvent la mémoire de leur karma passé, quittent leur corps de rākṣasa et s’élèvent comme apsarās. La phalaśruti conclut qu’entendre la grandeur de Dvārakā équivaut à de grands dons et procure bhakti, fils et montée au ciel.
The Greatness of Kāliṇdī (Sacred River/Tīrtha Greatness)
Dans le chapitre 209 de l’Uttara Khaṇḍa, Yudhiṣṭhira interroge Saubhari au sujet d’un tīrtha dont Nārada a proclamé la grandeur. Saubhari rapporte alors un récit enchâssé : après avoir entendu la gloire de Dvārakā, le roi Śibi questionne Nārada, et le sage présente une histoire expiatrice située près de la Candrabhāgā. Là, le barbier criminel Caṇḍaka tue le vertueux brāhmaṇa Mukunda au cours d’un vol. À l’instant de mourir, Mukunda voit l’événement comme la maturation du karma plutôt que comme la seule faute d’autrui. La douleur éclate dans la demeure, à travers les lamentations de sa mère et de son épouse. Le maître Vedāyana survient et enseigne le discernement entre le corps et l’ātman, décrivant le Soi comme au-delà des sens, non né et impérissable. Le chapitre s’achève sur le māhātmya : par la grâce de Kośalā/Kāliṇdī, même de grands pécheurs peuvent obtenir des états célestes, joignant le mérite du tīrtha au détachement intérieur.
The Mukunda Episode: Kośalā Tīrtha on the Yamunā and Release from Guru-Offense
Deux renonçants brāhmaṇas voyagent avec un paquet d’ossements destiné à l’immersion rituelle. Parvenus dans la région d’Indraprastha, sur les rives de la Yamunā, ils s’endorment. Un chien en quête de nourriture saisit le tissu, le déchire et laisse tomber les os dans l’eau, accomplissant sans le vouloir l’immersion au Kośalā tīrtha. Aussitôt, Mukunda apparaît dans un char aérien divin; il rend hommage à son guru Vedāyana et explique que la puissance du tīrtha a détruit la faute liée à l’offense envers le maître. Bien qu’il ait été tué par le barbier Caṇḍaka et conduit à Saṃyamanī, Kośalā lui a ouvert une destinée céleste. Mukunda décrit les serviteurs de Yama, les tourments des enfers — dont Raurava — et l’enseignement de Yama, fondé sur l’injonction de Brahmā, concernant les conséquences terribles de trahir son guru ou de négliger ses parents. Le chapitre se clôt en rattachant sa délivrance à l’hospitalité passée et aux rites funéraires accomplis correctement pour un brāhmaṇa de passage, établissant Kośalā comme le « roi des tīrthas » dans la glorification de Kāliṃdī.
Mukunda and Caṇḍaka: Brahmin-Slaying, Royal Justice, and the Kośala Tīrtha’s Saving Power
Nārada poursuit le récit de Mukunda en évoquant Caṇḍaka, le barbier qui tue le brāhmaṇa Mukunda. Les habitants rapportent le crime ; le roi, dispensateur du rāja-dharma, ordonne l’arrestation du coupable. Le ministre saisit Caṇḍaka, et le roi statue que l’exécution doit avoir lieu au-delà de la limite sacrée du tīrtha de Candrabhāgā, car dans cet espace sanctifié même les pécheurs ne sont pas traités comme des parias. Décapité de l’autre côté du fleuve, Caṇḍaka subit le fruit du karma et renaît en serpent meurtrier à Mārava. Plus tard, le serpent se glisse dans le coffret contenant les ossements parentaux qu’un brāhmaṇa transporte pour les immerger dans la Gaṅgā ; à Ayodhyā/Kośala tīrtha, il est tué, et Caṇḍaka obtient un état divin, louant la puissance salvatrice du tīrtha. L’épisode s’achève lorsque l’immersion des ossements procure aux parents une ascension immédiate au ciel, attestant la śraddhā, la tīrtha-mahimā et la sainteté des rites envers les ancêtres.
Description of the Glory of Kośalā (Indraprastha/Śakraprastha; Dakṣiṇa-Kośalā)
Le chapitre PP.6.212 déploie un tīrtha-māhātmya dans un cadre d’instruction royale : Kośalā/Indraprastha (Śakraprastha) y est proclamée la plus haute des terres de pèlerinage, apte à accorder à la fois les buts mondains et la délivrance. Un brāhmaṇa désireux de partir vers la demeure de Nārāyaṇa et/ou Badarikāśrama est arrêté et admonesté, par une narration à plusieurs niveaux et des analogies proverbiales, afin qu’il ne délaisse pas Kośalā, la « fille » chère à Viṣṇu, dispensatrice de détachement et de mokṣa. Śrī Bhagavān Viṣṇu se manifeste alors sous une forme éclatante, établit explicitement Indraprastha/Dakṣiṇa-Kośalā comme le premier de tous les tīrthas, et affirme que Lui seul, en tant que Soi intérieur, distribue les fruits partout. Le brāhmaṇa atteint l’union ou l’entrée dans l’état de Viṣṇu ; les brāhmaṇas du Sud jeûnent, y rendent leur dernier souffle, louent Hari et reçoivent le sārūpya puis, à terme, la disposition au service (sevā-bhāva). Le lieu est publiquement nommé Dakṣiṇa-Kośalā ; Uttara-Kośalā est associée à la manifestation de Rāma et à la mise à mort de Rāvaṇa. L’écoute de ce récit est dite purifier les souillures du Kali et conduire aux pieds de Viṣṇu.
The Greatness of the Yamunā: Viśrānti/Nṛpaviśrānti, Madhuvana, and Deliverance through Śrāddha
Dans le PP.6.213, Madhuvana et les gués de Viśrānti sur la Kāliṇdī (Yamunā) sont glorifiés, notamment Nṛpaviśrānti où Viṣṇu demeure sous la forme de Śrī Kola (Varāha). Le chapitre exalte la puissance de ces tīrtha, sources de repos et de grand mérite. Un récit exemplaire suit : Kuśala, brāhmaṇa pauvre, est ruiné par une épouse infidèle. Après sa mort, elle feint la piété et finance l’upanayana de leur fils Kuṇḍa avec des biens acquis illicitement ; le fils devient un dévot de Nārāyaṇa et atteint un monde suprême. La femme, persistant dans le péché, sombre dans le crime et la maladie, meurt sans rites, est conduite en enfer (Raurava), puis renaît en lézard dans un lieu de crémation. Reconnue par son fils, il est enseigné que sa délivrance ne peut venir que d’une mort en un véritable tīrtha ou d’un refuge en Viṣṇu ; le remède prescrit est le śrāddha et l’offrande de piṇḍa à Hariprastha–Madhuvana, dont le mérite dépasserait celui de Gayā au centuple.
The Glory of Madhuvana: Viśrānti Tīrtha, Śrāddha, and Lineage-Liberation
Dans le PP.6.214, la grandeur de Madhuvana et du Viśrānti-tīrtha est célébrée en y insérant un śrāddha-prayoga d’une précision remarquable. Un brāhmaṇa, fils d’un muni, parvient au lieu saint et accomplit le śrāddha selon l’ordonnance: invocation de Viṣṇu, installation des brāhmaṇas, offrande de l’arghya, préparation et remise des piṇḍas, puis clôture du rite conformément aux règles. Le résultat apparaît sous forme d’épiphanie: les ancêtres arrivent en vimānas et témoignent que le śrāddha de Madhuvana les délivre de naissances avilies—rākṣasa, lézard, porc ou chien, voire états immobiles—et leur confère un rang céleste. Le récit s’achève par le darśana direct de Hari au Viśrānti-tīrtha et l’élévation du dévot vers Vaikuṇṭha, montrant que le service du tīrtha, le śrāddha et la bhakti sauvent la lignée et mènent à la délivrance.
Description of Madhuvana (Madhuvana Māhātmya Episode)
Dans le PP.6.215 de l’Uttara-khaṇḍa (Kāliṇdī-māhātmya), la gloire de Madhuvana est approfondie en dissipant un doute d’éthique lignagère : comment Budha, fils de Tārā, peut être lié à la maison de Bṛhaspati tout en devenant l’initiateur de la lignée lunaire. Saubhari expose la question au roi Śibi, puis Nārada raconte une assemblée à Haridvāra, au jour de Jyeṣṭha śukla daśamī, où Budha reçoit les honneurs. Un fils de ṛṣi l’y insulte, le disant né d’une femme débauchée. Le récit revient alors sur l’enlèvement de Tārā par Candra, la guerre des devas et des asuras apaisée par Brahmā, la naissance de Budha et sa demande de paternité ; Candra l’accepte comme son fils. Pour l’injure, Budha maudit le garçon en “kuṇḍa” (fosse), puis adoucit la sentence : l’enfant devient eunuque et revient après l’upanayana. La phalaśruti affirme que l’écoute ou la récitation de la grandeur de Madhuvana procure un mérite comparable à l’Aśvamedha et mène finalement à Viṣṇu-loka.
Description of the Badarikā Hermitage (Sad-Badarī Tīrtha Māhātmya)
Nārada présente Badarikāśrama (Sad-Badarī) comme un tīrtha merveilleux de la Yamunā, incomparable pour sa puissance purificatrice. L’exemple du brāhmaṇa de Magadha, Devadāsa, et de son épouse Uttamā est exposé : voyant la vieillesse approcher et leur fils Aṅgada capable de soutenir la maison, ils choisissent le pèlerinage et l’ascèse afin d’obtenir la mokṣa. En route, ils rencontrent un siddha qui raconte la venue de Kapila à Badarī. Là, un buffle assoiffé retrouve la mémoire d’une naissance antérieure : il fut un roi pécheur de Kaliṅga, frappé d’une malédiction de Durvāsā. Kapila révèle que ce lieu est le Badarī de Viṣṇu et prescrit le bain sacré ; Indra descend, le roi quitte le corps de buffle, reprend une forme divine et monte au ciel en louant Kapila et Viṣṇu. Le siddha exhorte Devadāsa à se rendre à Badarī : par le bain dans ce tīrtha, l’aîné obtient la siddhi. Le chapitre conclut que Badarī est suprême, accorde tous les buts, purifie et libère du cycle des renaissances.
Description of Haridvāra (at Śakraprastha/Indraprastha)
Le chapitre se détourne de l’éloge de Badarī et de Śakraprastha pour se concentrer sur un Haridvāra-māhātmya situé à Śakraprastha/Indraprastha. Nārada consent à en raconter la gloire et introduit un exemple : l’intouchable Kāliga, tristement célèbre pour le meurtre d’enfants et le vol, vise un riche vaiśya lors d’une fête solaire à Kurukṣetra. Une tentative de cambriolage à minuit échoue, la violence éclate, et Kāliga ainsi que d’autres périssent. Pourtant, les morts apparaissent sur des chars célestes et proclament la puissance salvatrice incomparable du lieu, même pour les grands pécheurs et même pour ceux qui ont offensé Śiva. Le récit insiste sur le bienfait après la mort : mourir près du tīrtha et confier ses os à ses eaux mène au ciel, voire à Satyaloka/Brahmaloka. Vient ensuite l’instruction morale : les vertueux doivent faire le bien d’autrui et ne pas s’appesantir sur le tort subi. Le chapitre s’achève sur le śravaṇa-phala, le mérite de l’écoute, mis sur le même plan que de grands dons et observances, et réaffirme la suprématie de Haridvāra pour accorder les quatre puruṣārthas et Vaikuṇṭha.
The Account of Puṇḍarīka and Bharata: Puṣkara Tīrtha’s Liberating Grace (with Godāvarī Snāna and Dāna)
Nārada célèbre la gloire merveilleuse du tīrtha de Puṣkara : il confère la grâce de Śiva et réjouit Viṣṇu, qui demeura jadis un mois dans la maison de Puṇḍarīka. Par la puissance de ce lieu sacré, même le jeune frère de Puṇḍarīka, pourtant chargé de fautes, obtint la délivrance. Le récit présente ensuite Mālava, brāhmaṇa de Vidarbha et dévot de Viṣṇu, voyageant durant la période propice de Jupiter en Lion pour se baigner dans la Godāvarī et offrir de l’or en dāna uniquement à un récipiendaire digne. Il choisit Puṇḍarīka, fils de sa sœur, comme pātra idéal, lui remet la moitié, et Puṇḍarīka fait à son tour des dons à des brāhmaṇas śrotriya. Au retour, Puṇḍarīka trouve Bharata mortellement blessé ; Bharata meurt puis s’élève dans un char céleste. Il avoue de graves péchés, mais attribue son salut à la grâce libératrice de Puṣkara, manifestant la force du tīrtha jointe au repentir et à la dévotion.
Description of the Greatness of Puṣkara (Puṣkara Tīrtha Māhātmya)
Ce chapitre atteste la puissance salvatrice de Puṣkara à travers deux récits liés. D’abord, Bharata, réputé pécheur, explique qu’après un jeu de dés il utilisa ses gains pour accomplir les derniers rites d’un enfant mort sans personne pour le réclamer : il porta le corps au Gaṅgā et acheva la crémation et les offrandes. Par ce mérite, il parvint au gué de Puṣkara et, une fois ses propres rites accomplis, obtint le ciel par la grâce du tīrtha. Ensuite, Puṇḍarīka se baigne en désirant un mérite comparable à celui d’Atritīrtha et prie pour que Hari demeure dans sa maison durant le mois de Māgha. Viṣṇu vient, reçoit un culte et une hospitalité raffinée, et reste tout le mois. À la fin de Māgha, Garuḍa apparaît et Puṇḍarīka est conduit à Puṣkara, où il atteint le sāyujya avec Govinda. Le récit conclut que l’écoute ou la récitation de ce māhātmya procure un grand puṇya, jusqu’au fruit d’un Aśvamedha.
Description of Indraprastha (within the Kāliṃdī-māhātmya)
Le chapitre magnifie Prayāga comme le « roi des tīrtha », et en donne une attestation céleste. Le gandharva Viśvāvasu se rend à l’assemblée de Brahmā sur le Sumeru et voit Indraprastha/Śakraprastha honorée près du trône de Brahmā, tandis que les grands tīrtha se tiennent comme des serviteurs : une vision sacrée où la géographie sainte est hiérarchisée selon la proximité de l’autorité divine. Le texte se tourne ensuite vers un exemple édifiant : Mohinī, riche courtisane de Māhiṣmatī, accablée de fautes graves, est saisie par la vieillesse et la crainte des enfers. Elle se met alors au dharma par des œuvres publiques et la charité, mais elle est trahie et mortellement blessée dans une forêt. À l’instant ultime, elle rencontre un sage vaikhānasa portant l’eau de Prayāga ; versée sur son visage, cette eau devient le contact salvateur décisif. Elle renaît reine en Drāviḍa, et le récit se poursuit vers l’histoire d’Hemāṅgī, reliant le mérite du tīrtha à la métamorphose karmique et à une identité sociale et spirituelle renouvelée.
Description of Prayāga (within the Greatness of Indraprastha)
Nārada rapporte cet épisode : la reine Hemāṅgī présente un livre sacré illustré montrant les avatāra et la géographie cosmique—Lokāloka, les sept continents et les océans. En voyant les rivières de Bhārata et les tīrtha d’Indraprastha et de Prayāga, elle se souvient d’une naissance antérieure comme la courtisane Mohinī, tuée par des brigands ; un ascète vaikhānasa lui donna de l’eau de Prayāga, grâce à quoi elle obtint une renaissance méritoire et devint reine. Hemāṅgī fait vœu de ne manger qu’après avoir accompli avec le roi Vīravarmā le pèlerinage à Prayāga. Une voix céleste (Ākāśavāk) confirme son récit et prescrit le voyage sacré et le bain rituel pour l’accomplissement des souhaits. À Prayāga, au Śiva-tīrtha, le roi loue deux divinités rayonnantes ; Hari et Brahmā apparaissent, félicitent Hemāṅgī d’avoir délivré son époux attaché aux plaisirs, et accordent l’accès à Satyaloka et à Vaikuṇṭha. Le chapitre s’achève par une phalaśruti sur les fruits de l’écoute et de la récitation.
The Greatness of the Sevenfold Tīrtha and the Origin of Bhīma-kuṇḍa (via Indraprastha)
L’Adhyaya 222 est un tīrtha-māhātmya composite qui célèbre la puissance salvatrice de plusieurs lieux saints. Il s’ouvre à Kāśī par un bref épisode de délivrance : un corbeau, un serpent et un arbre śiṃśapā obtiennent la libération, leurs fautes d’anciennes naissances étant effacées par un modeste acte de mérite, une aide apportée lors d’un sauvetage. Le texte affirme que mourir dans ces kṣetras confère des états posthumes exceptionnels. Il glorifie ensuite Gokarṇa, où la mort rend « semblable à Śiva », puis Śiva-Kāñcī, où la dévotion śaiva mène paradoxalement jusqu’à Vaikuṇṭha. Un exemple plus développé raconte le destin d’un brāhmaṇa dévot de Śiva, disputé après sa mort entre les gaṇas de Śiva et les serviteurs de Hari ; le différend s’apaise dans l’accord souriant de Śiva et de Viṣṇu. Enfin, Indraprastha/Śakraprastha sur la Yamunā (Kāliṇdī) est consacré : bain rituel, circumambulation annuelle, et origine de Bhīma-kuṇḍa, rattachée à la mort de Śiśupāla et au contexte du Rājasūya.
Instruction on Knowledge (Mantra of Lakṣmī–Nārāyaṇa and the Path of Surrender)
Dans le PP.6.223, Śaunaka demande à Sūta un enseignement qui sauve. Sūta rapporte alors l’instruction de Vasiṣṭha au roi Dilīpa et déroule une lignée de transmission : des yogins questionnent Brahmā ; Brahmā raconte avoir reçu le secret de Nārāyaṇa ; puis Nārada le transmet aux sages. Le chapitre présente un « joyau parmi les mantras », identifié à Lakṣmī–Nārāyaṇa, comme le remède suprême au saṃsāra. L’aptitude est définie surtout par la dévotion exclusive et l’abandon confiant (śaraṇāgati), non par le varṇa, tout en interdisant l’enseignement aux sans-foi, orgueilleux, cupides ou indisciplinés. Sont exposés les signes d’identité vaiṣṇava et une dīkṣā méthodique : choix d’un guru qualifié, pūjā rituelle, homa (108/1008), nyāsa et mudrā, marquage du cakra et du śaṅkha, abhiṣeka et mantra-upadeśa. La conclusion affirme que le refuge en Nārāyaṇa seul mène à la délivrance.
The Glory of Sudarśana (and the Marks of Vaiṣṇava Worship)
Le chapitre 224 s’ouvre sur la demande dévotionnelle du roi Dilīpa, qui cherche une bhakti inépuisable envers Hari. Le récit se déplace ensuite vers un souvenir au Kailāsa, où Pārvatī interroge Mahādeva sur la dévotion à Viṣṇu comme libération universelle. Śiva répond, dans un registre upaniṣadique et vedāntique, que Nārāyaṇa est la Réalité suprême. Il énumère ensuite les pratiques et signes du culte vaiṣṇava : l’ūrdhva-puṇḍra, le japa des mantras et la mémoire des Noms, l’écoute et le chant (kathā/kīrtana), l’observance de Dvādaśī, la plantation de tulasī, et surtout les marques de śaṅkha-cakra ainsi que les insignes du pañcāyudha. Le chapitre distingue les emblèmes extérieurs de l’appartenance vaiṣṇava de la vaiṣṇavatva intérieure : détachement, compassion et connaissance du Soi. Il conclut que la vraie dévotion exige l’accord entre disposition intime et discipline visible.
The Greatness of the Ūrdhva-puṇḍra (Vaiṣṇava Vertical Tilaka)
L’Adhyaya 225 est un māhātmya prescriptif qui magnifie l’ūrdhva-puṇḍra comme signe d’identité vaiṣṇava doté d’une puissance salvatrice. Il affirme que Hari (Janārdana) et Śrī résident dans l’intervalle central de la marque; ainsi, le corps de celui qui la porte devient un temple, et les rites accomplis avec le tilaka donnent un mérite inépuisable. Le chapitre oppose à cela la vanité spirituelle, voire le danger, des rites effectués sans ūrdhva-puṇḍra, et fixe la forme correcte: droite, semblable à un bâton, avec une ouverture centrale mesurée. Il énumère les matières et sources sacrées de l’argile—Veṅkaṭādri, les rives du Gaṅgā, la terre au pied du Tulasī, et les grands kṣetra—puis prescrit mesures et nombre de puṇḍra selon varṇa et genre, avec un schéma de pose et de méditation des noms de Viṣṇu sur les membres.
Instruction on the Meaning of Mantras (Vaiṣṇava Nyāsa, Guru-Authority, and Aṣṭākṣarī Exegesis)
Au chapitre 226, inséré dans le cadre du dialogue entre Umā et Maheśvara, l’enseignement commence par la qualification du guru : les mantras doivent être reçus d’un ācārya vaiṣṇava, et même une vaste érudition védique ne suffit pas à faire d’un non-vaiṣṇava un maître légitime. Le texte énumère ensuite les marques de l’initiation (dīkṣā) — tāpa (marquage), ūrdhva-puṇḍra et attribution d’un nom vaiṣṇava — et place le nyāsa au sommet des pratiques, l’identifiant à la prapatti, l’abandon confiant. Vient alors l’exégèse de l’aṣṭākṣarī « Oṃ namaḥ Nārāyaṇāya », avec la primauté du praṇava et les données des membres du mantra (ṛṣi, devatā, chandas, bīja, śakti). Sur le plan théologique, Nārāyaṇa est défini comme le Suprême qui pénètre tout, tandis que le jīva demeure à jamais dépendant, serviteur du Seigneur ; la réussite du mantra exige donc la compréhension de son sens.
Description of the Threefold Divine Opulence (Tripād-vibhūti) and Viṣṇu’s Supreme Abode
À la demande d’Umā/Pārvatī, qui souhaite connaître le sens des mantras et la nature d’Īśvara, Maheśvara enseigne que Hari/Nārāyaṇa est le Soi suprême : il pénètre tout, et pourtant assume une forme bénigne et propice pour la joie divine avec Śrī. Sa souveraineté est ainsi proclamée, tout en demeurant accessible par la grâce aux dévots. Lakṣmī est ensuite magnifiée comme śakti inséparable : omniprésente comme Viṣṇu, elle est appelée par de nombreux noms—Śrī, Bhū, Nīlā, etc.—et louée par des noms à réciter et des invocations qui promettent prospérité et auspices. Vient alors l’enseignement du tripād-vibhūti : le monde n’est qu’un quart de la manifestation, tandis que les trois quarts éternels se tiennent au-delà de Prakṛti/Pradhāna et du fleuve Virajā. Le temps, la guṇa-māyā, la création et le pralaya sont exposés, pour culminer dans la description lumineuse de Vaikuṇṭha, demeure suprême au-delà du soleil et du feu, atteignable par la connaissance et la bhakti, identifiée à la mokṣa, libération sans retour.
Description of the Supreme Sky (Paramavyoma) and Related Matters
Le chapitre PP.6.228 déroule un itinéraire théologique : d’abord une description sublime du Paramavyoma/Vaikuṇṭha, domaine de sattva pur et de la gloire « aux trois pas », avec Virajā comme région intermédiaire entièrement purifiée. La délivrance y est nommée niḥśreyasa, nirvāṇa, kaivalya et mokṣa, accomplissement suprême. Vient ensuite une vision richement ornée de Vaikuṇṭha sous forme de cité et de palais, avec Ayodhyā en son sein, des gardiens aux portes, des śaktis, et le Seigneur siégeant avec Mahālakṣmī. Śiva annonce la répartition des vyūhas et des demeures selon les directions, décrit les enceintes (āvaraṇas) et déclare que le Dvaya-mantra et la bhakti exclusive surpassent les moyens rituels. Enfin, le texte traite de l’immanence divine : comment le Seigneur se manifeste au sein du mélange des guṇas. Mahāmāyā loue Viṣṇu et sollicite la création ; s’ensuit une cosmogonie concise prakṛti–puruṣa : mahat, ahaṃkāra, guṇas, tanmātras, mahābhūtas, l’œuf cosmique et les quatorze mondes.
Distinctions among Viṣṇu’s Vyūhas (Fourfold Emanations) and the Vaiṣṇava Realms
Pārvatī demande à Śiva d’expliquer la création divine et les incarnations du Seigneur. Śiva expose une cosmogonie : les éléments se manifestent, l’océan cosmique se forme, Hari entre en yoga-nidrā, et du lotus issu de son nombril naît Brahmā, qui adresse une hymne de louange à Viṣṇu ; alors le Seigneur met en mouvement l’acte créateur. Le récit inclut la naissance de Rudra et sa fonction de dissolution, comme portion de Saṅkarṣaṇa. Sont aussi décrits les rôles de Viṣṇu comme antaryāmin (Contrôleur intérieur) et la liste des daśāvatāras. L’enseignement majeur présente les quatre vyūhas—Vāsudeva, Saṅkarṣaṇa, Pradyumna, Aniruddha—et leurs domaines transcendants : Vaikuṇṭha, le monde « Nitya », Śvetadvīpa et Kṣīrasāgara. Il conclut que la récitation des mantras et la bhakti exclusive dans l’esprit de service (dāsya) confèrent une délivrance sans retour, au-delà de l’impermanence des cieux.
Description of the Fish Incarnation (Matsyāvatāra)
Dans le cadre du dialogue entre Umā et Maheśvara, Pārvatī demande comment Madhusūdana a terrassé les rākṣasas et sollicite un récit détaillé de la gloire des avatāra de Hari, en commençant par le Poisson et la Tortue. Śiva explique la logique des manifestations divines—telle une lampe qui en allume une autre—et distingue le Seigneur transcendant de ses émanations (vyūha/vibhava) ainsi que de sa présence dans la forme d’adoration (arcā). Le récit se tourne ensuite vers la généalogie primordiale : Marīci engendre Kaśyapa ; d’Aditi naissent les Deva, et de Diti surgissent de puissants Asura/rākṣasa tels Hayagrīva et Hiraṇyākṣa. Un démon s’empare des Veda, les avale et se cache dans l’océan, provoquant l’effondrement du dharma et de l’ordre du varṇāśrama. Brahmā et les dieux louent le Seigneur sur l’Océan de Lait ; le Seigneur prend la forme de Matsya, pénètre les eaux, tue le démon, rend les Veda à Brahmā et, en tant que Vyāsa, clarifie leurs divisions, protège les mondes puis disparaît.
The Account of Durvāsā’s Curse
Śiva raconte la célèbre manifestation de Viṣṇu en Kūrma, en exposant d’abord la crise qui l’a rendue nécessaire. Durvāsā, honoré au ciel, offre à Indra une guirlande de pārijāta ; mais l’éléphant d’Indra l’écrase et la rejette. Le ṛṣi, offensé, lance alors une malédiction contre Indra, et la prospérité des trois mondes s’évanouit. Lakṣmī se retire, l’ordre cosmique chancelle : sécheresse, famine et déclin des rites s’ensuivent. Les devas, accompagnés d’autres êtres, se tournent vers Brahmā. Il en révèle la cause et les mène à l’Océan de Lait pour adorer Nārāyaṇa par le mantra de huit syllabes et le Pauruṣa Sūkta. Viṣṇu apparaît, accorde une grâce et ordonne le barattage de l’Océan de Lait avec Mandara et Vāsuki, promettant la réapparition de Lakṣmī et déclarant qu’en tant que Kūrma il soutiendra la montagne.
Churning of the Milk Ocean: Shiva’s Drinking of Kālakūṭa, the ظهور of Mahālakṣmī, and the Greatness of the Three-Name Mantra
Lors du Samudra-manthana, dieux et asuras déracinent le mont Mandara, et Nārāyaṇa le soutient sous la forme de la Tortue. Tandis que Vāsuki sert de corde, les sages jeûnent, observent des règles, récitent le Śrī-sūkta et accomplissent le japa du Sahasranāma à Ekādaśī. La première apparition est le poison Kālakūṭa ; saisi d’effroi, le monde s’enfuit jusqu’à ce que Śiva rassure tous les êtres. Après avoir médité sur Nārāyaṇa, il maîtrise le poison par le mantra aux trois noms—Acyuta, Ananta, Govinda—dont les fruits protecteurs sont proclamés : absence de crainte de la mort, du poison, de la maladie et du feu. Le barattage reprend : Jyeṣṭhā surgit et reçoit pour demeure les foyers inauspicieux, souillés et contraires au dharma ; apparaissent aussi Vāruṇī, Sūrā, les apsaras, les Gandharvas, Airāvata, Uccaiḥśravā, Dhanvantari, Pārijāta, Surabhī, Soma, Tulasī et Jagaddhātrī. Enfin Mahālakṣmī se manifeste ; les dieux l’honorent par le Śrī-sūkta et la prient de demeurer sur la poitrine de Viṣṇu, d’où l’intronisation divine et la prospérité pour tous.
Account of the Ekādaśī Fast and the Merit of Dvādaśī Worship
Dans le cadre d’un enseignement de Śiva à Umā, Ekādaśī est présenté comme un vrata suprême, destructeur de calamités et de fautes. Dvādaśī est ensuite exalté comme particulièrement cher à Viṣṇu lorsque l’observance se prolonge avec foi, veille et bhakti, et lorsque, le douzième jour, Puruṣottama est adoré avec Tulasī et Śrī (Lakṣmī). Un tel culte brise les liens de l’asservissement et mène à la demeure suprême du Seigneur ; le négliger est décrit comme une faute née de la māyā, conduisant à des issues infernales. Le récit se déplace alors vers l’Océan de Lait (Kṣīra-sāgara), où Viṣṇu repose sur Śeṣa et apparaît sous la forme de Kūrma. Les Devas le louent et demandent une grâce pour soutenir Śeṣa et les éléphants gardiens des directions ; le Seigneur consent et il est dit qu’il porte la terre avec ses sept continents. La clôture relie les yogin et sages accomplis à l’obéissance au commandement de Viṣṇu, et résume la gloire de Kūrma, le contexte de Lakṣmī et la suite rituelle Ekādaśī–Dvādaśī.
The Glory of Dvādaśī (Twelfth Lunar Day Observance)
Pārvatī demande à Mahādeva la procédure de l’observance de Dvādaśī et du culte de Viṣṇu, et l’interroge sur la puissance d’Ekādaśī à détruire les péchés. Śiva, appuyé par des vers d’instruction, glorifie le jeûne d’Ekādaśī comme supérieur aux grands sacrifices védiques et comme la plus haute protection contre la faute. Le chapitre expose ensuite la règle pratique du vrata : éviter le mélange de tithi (Daśamī/Ekādaśī), accomplir les devoirs à l’aruṇodaya, et faire le pāraṇa en Dvādaśī même s’il n’en reste qu’une faible portion. Sont décrits : la retenue en Daśamī, le bain avec l’āmalakī, l’adoration nocturne et la veille, les offrandes de tulasī, le culte de Lakṣmī–Nārāyaṇa, l’ārati 108 fois, le naivedya de kṣīra/pāyasa, le homa de 108 oblations avec les Sūkta de Puruṣa et de Lakṣmī, le repas offert aux brāhmaṇa et la récitation des śāstra, concluant que Viṣṇu accorde promptement les grâces.
Description of the Origin of Heretical Sects
Pārvatī demande à Mahādeva pourquoi il faut éviter les pāṣaṇḍa et pourquoi Śiva porte extérieurement des marques dites « non védiques »—crâne, cendre et os. Śiva dévoile alors une histoire secrète : durant le Svāyambhuva Manvantara, de puissants Daitya, dévots de Viṣṇu, devinrent invincibles ; les devas cherchèrent refuge auprès de Hari. Viṣṇu ordonna à Rudra d’adopter une conduite semblable à celle des pāṣaṇḍa et de propager des Purāṇa tāmasiques ainsi que des traités hétérodoxes afin d’égarer les êtres hostiles, tout en gardant intérieurement la dévotion à Nārāyaṇa. Le chapitre caractérise le pāṣaṇḍa par le rejet de Vāsudeva, l’écart à la śruti-smṛti et les insignes sectaires ; mais il transmet aussi une voie libératrice : visualiser Śrī Rāma et réciter le mantra tāraka pour préserver la pureté du cœur malgré le déguisement extérieur.
Account of Tāmasa Scriptures (Guṇa-classification of Śāstras, Purāṇas, and Smṛtis)
Devī Pārvatī demande à Mahādeva Śiva de nommer et d’expliquer les écritures dites « tāmasiques », que certains brāhmaṇa, réputés dépourvus de bhakti, enseigneraient. Śiva (parfois relayé par une voix de narrateur) énumère des systèmes non vaiṣṇava ou tenus pour hétérodoxes : des doctrines śaiva à commencer par le Pāśupata, puis le Vaiśeṣika de Kaṇāda, le Nyāya de Gautama, le Sāṃkhya de Kapila et le Cārvāka. Le chapitre présente aussi un récit polémique d’un enseignement bouddhique « mensonger », attribué à Viṣṇu sous la forme de Buddha afin d’égarer les Daitya, et blâme le Māyāvāda comme une écriture trompeuse au Kali-yuga. Il expose ensuite une classification selon les trois guṇa des dix-huit Purāṇa—en identifiant un groupe comme tāmasa—et étend cette taxinomie aux traditions de Smṛti. La conclusion exhorte à éviter les fréquentations tāmasiques et ramène l’enseignement à ce qui « concerne Hari » (Viṣṇu).
Narration of the Varāha (Boar) Incarnation
Śrī Rudra raconte à Devī comment, dans la demeure de Hari à Śvetadvīpa, les puissants gardiens Jaya et Vijaya offensent les Kumāras (Sanaka et les autres). Frappés d’une malédiction, ils sont assignés par le Seigneur à des naissances marquées par la servitude et l’hostilité, tout en conservant la dévotion; leur chute est reliée aux fils de Diti—Hiraṇyakaśipu et Hiraṇyākṣa—montrant le lien entre une faute cosmique et l’apparition des asura sur terre. Hiraṇyākṣa entraîne violemment la Terre jusqu’à Rasātala, et les Deva cherchent refuge auprès de Nārāyaṇa. Viṣṇu se manifeste en Varāha, terrasse le démon, relève et rétablit la Terre, puis reçoit les louanges d’un stotra qui l’identifie aux Veda—Ṛg, Sāma, Yajur—et à l’Oṃkāra. Le chapitre se clôt sur une injonction de bhakti: réciter ces hymnes et se lever avant l’aube apporte la prospérité. Rudra enchaîne ensuite avec le récit de Narasiṁha.
The Manifestation (Appearance) of Narasiṃha
Maheśvara raconte à Umā comment Hiraṇyakaśipu, accablé par la mort de son frère, accomplit de terribles austérités et reçoit un don d’invulnérabilité très étendue. Fort de cette grâce, il vainc les dieux et s’arroge les parts des sacrifices. Il épouse Kalyāṇī et engendre Prahlāda, naturellement voué à Hari, proclamant Nārāyaṇa comme le Brahman suprême. Irrité, Hiraṇyakaśipu tente à maintes reprises de mettre Prahlāda à mort—armes, serpents, éléphants, feu, poison—mais l’enfant demeure indemne par la puissance du mantra et le souvenir du Seigneur. Mis au défi de prouver l’omniprésence de Viṣṇu, la foi de Prahlāda atteint son sommet lorsque Hari jaillit d’un pilier sous la forme de Narasiṃha, révèle une forme cosmique, détruit l’asura et rétablit l’ordre. Lakṣmī et les dieux apaisent la fureur de cette manifestation; des grâces sont accordées, Prahlāda est établi roi, et le récit s’achève en louant le mérite d’une écoute quotidienne de ce chapitre.
The Manifestation (Advent) of Vāmana
Mahādeva raconte à Umā la lignée de Bali, de Prahlāda à Virocana, et loue sa royauté dharmique : la prospérité vient d’elle‑même et le peuple adore Hṛṣīkeśa. Pourtant, par ses conquêtes, Bali assujettit Indra et les devas. Pour rétablir l’équilibre du monde, Kaśyapa et Aditi accomplissent le Payovrata voué à Hari. Viṣṇu apparaît avec Śrī, portant conque, disque et massue, orné du Kaustubha et vêtu de jaune ; il reçoit les hymnes de Kaśyapa et, satisfait, accorde une grâce. Kaśyapa demande que le Seigneur naisse comme son fils pour le bien des devas ; Aditi prie qu’il devienne Upendra/Vāmana et triomphe de Bali par une ruse sacrée, rendant les trois mondes à Indra. Viṣṇu consent, disparaît et entre dans le sein d’Aditi, tandis que Bali entreprend un long sacrifice du soma, annonçant l’avènement de Vāmana.
The Manifestation of Vāmana (and Trivikrama), Bali’s Gift, and Gaṅgā’s Sanctifying Origin
Mahādeva raconte à Umā l’avènement de Viṣṇu sous la forme de Vāmana, né d’Aditi, loué par les devas et envoyé au sacrifice de Bali. Le roi daitya accueille le brahmacārin avec tous les honneurs et consent à lui donner une terre mesurée par trois pas, malgré l’avertissement de Śukrācārya que le demandeur est Viṣṇu lui-même. Vāmana s’agrandit alors en Trivikrama et, de deux enjambées, couvre la terre et le ciel. Lorsque Brahmā lave Son pied, jaillit une eau sacrée inépuisable qui devient la Gaṅgā, s’écoulant dans plusieurs plans cosmiques sous les noms de Mandākinī, Bhogavatī et Gaṅgā, et purifiant par la vue, le toucher, la boisson ou la simple invocation. Le récit revient au sort de Bali : Viṣṇu accorde Rasātala aux Dānavas et à Bali une souveraineté durable, rend à Indra sa seigneurie, puis se retire—et Śiva conclut ainsi l’éloge de la gloire de Vāmana.
The Deeds of Paraśurāma (Life of Jāmadagnya and the Slaying of Kārttavīrya)
Dans le cadre du dialogue entre Umā et Maheśvara, Śiva raconte l’austérité de Jamadagni. En récompense de son tapas, Indra lui accorde Surabhī/Śabalā, la vache exauçant les souhaits, et l’āśrama connaît l’abondance. Le roi Haihaya Kārttavīrya Arjuna convoite cette vache, s’en empare de force et, lorsque la violence éclate, Jamadagni est mis à mort. Paraśurāma (Jāmadagnya), présenté comme une portion śaktyāveśa liée à Viṣṇu, reçoit de Kaśyapa l’initiation au mantra vaiṣṇava, puis de Keśava l’investiture divine et des armes. Il venge son père en anéantissant Kārttavīrya et mène une répression plus vaste des kṣatriya; ensuite il accomplit l’Aśvamedha et fait don de la terre aux brāhmaṇa. Le chapitre se clôt par une précision doctrinale : les êtres investis de puissance ne sont pas adorés comme des dieux indépendants; seuls les avatāra complets, tels Rāma et Kṛṣṇa, accordent la délivrance.
Rāma Narrative Commencement and the Sanctity of Ayodhyā (Umā–Maheśvara Frame)
Le chapitre PP.6.242 s’ouvre sur la longue adoration de Hari par Svāyambhuva Manu à Naimiṣa. Manu reçoit la grâce que Viṣṇu deviendra son fils au cours de trois naissances, exposant ainsi la doctrine de l’avatāra comme descente voulue pour le salut du monde. Le récit enchaîne avec un résumé purāṇique du Rāmāyaṇa : l’élévation de Rāvaṇa grâce au don de Śiva, la détresse des devas, et la résolution de Viṣṇu de naître en Rāma afin de rétablir le dharma. Ayodhyā est louée comme demeure libératrice où réside Viṣṇu ; le putreṣṭi de Daśaratha fait apparaître le pāyasa divin, d’où naissent Rāma et ses frères, tandis que Sītā surgit du champ de Janaka. Sont rappelés les épisodes majeurs—mise à mort de Tāḍakā, protection du yajña, délivrance d’Ahalyā, bris de l’arc de Śiva, humiliation de Paraśurāma, exil, enlèvement de Sītā, alliance avec les vānaras, guerre de Laṅkā, mort de Rāvaṇa, confirmation par l’Agni-parīkṣā et retour vers Ayodhyā—pour manifester la bhakti, la śaraṇāgati et la restauration du dharma.
Rāma’s Consecration (Abhiṣeka), Śiva’s Hymn to Sītā–Rāma, and the Hymn’s Phalaśruti
PP.6.243 présente l’abhiṣeka royal de Rāma à un moment hautement auspicious. Vasiṣṭha et d’autres ṛṣis éminents accomplissent la consécration avec mantras, homa, eaux sanctifiées et substances maṅgala. Rāma et Sītā sont intronisés dans la splendeur au milieu de signes célestes, tandis que Lakṣmaṇa, Bharata, Śatrughna, Sugrīva, Jāmbavān, Hanumān et Vibhīṣaṇa rendent le service rituel. Ému par la bhakti, Śaṅkara (Śiva) offre une stuti sublime : il reconnaît Rāma comme le Brahman suprême et Sītā comme Śakti/Lakṣmī, les reliant à diverses paires divines (Viṣṇu–Śrī, Śiva–Gaurī, etc.). Rāma enseigne ensuite la phalaśruti de l’hymne—protection, prospérité, victoire et siddhi rapide—puis les dieux et les assistants se retirent en récitant le stotra.
Narration of Śrī Rāma’s Deeds (Sītā’s Vindication, Lakṣmaṇa’s Departure, and Rāma’s Return to His Divine Abode)
Śiva raconte l’ultime période du règne de Śrī Rāma. Malgré une longue gouvernance juste, Sītā est blâmée à cause de sa captivité dans la demeure de Rāvaṇa ; elle est donc envoyée à l’āśrama de Vālmīki, où naissent et grandissent Kuśa et Lava. Rāma accomplit de grands yajña, dont l’Aśvamedha, en y plaçant une effigie d’or de Sītā pour l’offrande rituelle. Plus tard, Vālmīki conduit Sītā à la cour ; devant l’assemblée, Sītā et Janaka accomplissent un acte de vérité (satya-kriyā) et invoquent Dharaṇī. La Terre-Mère l’accueille, puis elle s’élève vers la demeure suprême. Kāla vient ensuite sommer Rāma de retourner ; la règle de non-interruption d’un entretien privé conduit Lakṣmaṇa à se livrer et à entrer dans la Sarayū. Rāma établit Kuśa et Lava comme souverains, donne ses instructions aux alliés—surtout à Vibhīṣaṇa et Hanumān—et mène tous ses compagnons vers la Sarayū. Loué par Brahmā et les dieux, il réintègre sa forme divine vaiṣṇava ; la récitation de ce récit est dite hautement purificatrice et libératrice.
The Slaying of Kaṁsa (and the Descent of Kṛṣṇa)
À la demande de Pārvatī d’entendre la vie de Śrī Kṛṣṇa, qui détruit les péchés, Mahādeva raconte la lignée des Yādava, le mariage de Devakī avec Vasudeva et la prophétie selon laquelle le huitième enfant de Devakī tuera Kaṁsa. Pris de peur, Kaṁsa emprisonne le couple et fait périr les six premiers nourrissons. La part d’Ananta devient Saṅkarṣaṇa (Balarāma) par transfert d’embryon dans le sein de Rohiṇī; Viṣṇu descend comme Kṛṣṇa, tandis que Yogamāyā naît dans la maison de Yaśodā. Le chapitre résume les grands épisodes de Vraja—Pūtanā, Śakaṭa-bhañga, Dāmodara, Kāliya, Keśī, Govardhana—et y joint des stuti de tonalité vedāntique, offertes par Brahmā, Indra et Akrūra. Akrūra mène Rāma et Kṛṣṇa à Mathurā; Kṛṣṇa brise l’arc, abat Kuvalayāpīḍa, vainc Cāṇūra et Muṣṭika, puis met à mort Kaṁsa, rétablissant le dharma et soulageant le fardeau de la Terre.
The Liberation of Mucukunda
Dans ce chapitre, au sein du dialogue d’Umā et de Maheśvara, le récit passe des rites fondateurs des Yādavas—upanayana et étude auprès de Sāṃdīpani—aux crises politico‑militaires qui suivent la mort de Kaṃsa. Jarāsandha assiège Mathurā ; Śrī Bhagavān Kṛṣṇa déploie sa splendeur martiale divine—char, armes et forme à quatre bras—et anéantit d’immenses troupes. Baladeva maîtrise Jarāsandha, mais le relâche sur l’ordre de Kṛṣṇa, signe d’une retenue stratégique. Kālayavana s’allie ensuite à Jarāsandha et encercle de nouveau Mathurā. Pour sauver les habitants, Kṛṣṇa fonde Dvāravatī en obtenant des terres de l’océan et en transférant la population en une nuit. Poursuivi, Kṛṣṇa attire Kālayavana dans une grotte où dort le roi‑sage Mucukunda ; réveillé, celui‑ci réduit l’agresseur en cendres par la puissance de sa colère. Mucukunda offre une stuti, et Kṛṣṇa lui accorde le don de la délivrance : il atteint un séjour divin éternel et une forme semblable à celle du Seigneur.
The Destruction of the Vidarbha Army
Le chapitre poursuit le Kṛṣṇa-carita : Mucukunda met à mort le Yavana, et Kṛṣṇa lui accorde la délivrance (mokṣa). Jarāsandha, saisi de colère, marche contre Rāma et Kṛṣṇa, mais il est mis en déroute et se retire dans sa cité, tandis que les deux frères vont de Mathurā à Dvārakā. Une salle d’assemblée divine et un trône, façonnés par Viśvakarmā, sont offerts à Kṛṣṇa ; Ugrasena et d’autres rois s’y rassemblent. Le récit évoque aussi Raivata et le mariage de Revatī avec Rāma. Puis l’attention se tourne vers le Vidarbha : Rukmiṇī, fille de Bhīṣmaka—portion de Lakṣmī et compagne éternelle de Viṣṇu—est contrainte d’être donnée à Śiśupāla. Elle envoie à Kṛṣṇa un message par un brāhmaṇa ; lors du culte à Durgā, Kṛṣṇa l’enlève. Les rois poursuivants sont anéantis par Balarāma, et Rukmī, humilié (rasé), est relâché.
Narration of Rukmiṇī’s Marriage
Ce chapitre raconte le retour de Kṛṣṇa à Dvārakā et la célébration du mariage de Rukmiṇī selon la prescription védique. Des signes célestes—tambours divins et pluies de fleurs—attestent de l’auspiciosité cosmique de cette union. Les principaux Yādava, tels Balabhadra, Vasudeva, Ugrasena et Akrūra, s’assemblent, ainsi que les anciens de Vraja : Nanda et Yaśodā, accompagnés des gopa et des femmes. Les brāhmaṇa président aux rites et bénissent le couple ; les présents, l’hospitalité et l’honneur rendu aux hôtes mettent en lumière la royauté conforme au dharma et l’éthique domestique. Le rite s’achève par la vénération de Jātavedas (le feu sacré), les salutations aux aînés et aux brāhmaṇa, puis le congé ordonné des rois et prêtres venus en visite. Kṛṣṇa et Rukmiṇī vivent ensuite dans l’aisance d’un palais divin, comparés à Nārāyaṇa avec Śrī, loués par les sages et les dieux.
Narration of the Marriage(s) of Śrī Vāsudeva (Kṛṣṇa): Syamantaka, Naraka, and the Pārijāta
Dans le PP.6.249, les reines de Śrī Kṛṣṇa (Vāsudeva/Śauri) sont énumérées et situées dans le cadre des svayaṃvara, de la vaillance et de la sauvegarde du dharma. Le texte présente ces unions comme des actes de protection et de bienveillance divine. Vient ensuite l’épisode de la gemme Syamantaka : la mort de Prasena, le soupçon qui pèse sur Kṛṣṇa, puis son entrée dans la caverne où il affronte Jāmbavān. Après dix nuits de combat, Jāmbavān reconnaît la divinité de Vāsudeva, rend la gemme et offre Jāmbavatī en mariage. Puis Kṛṣṇa abat Naraka (fils de la Terre), recouvre des trésors célestes et épouse seize mille jeunes filles afin de restaurer leur dignité. Au Svarga, Satyabhāmā étant offensée par Śacī, Kṛṣṇa s’empare de l’arbre Pārijāta, combat Indra et obtient qu’il soit placé temporairement à Dvārakā. Le chapitre relie aussi l’observance lunaire (voir la lune à Bhādrapada śukla caturthī) au doṣa de la fausse accusation, et enseigne que l’écoute du récit de Syamantaka efface le péché de la parole mensongère.
Narration of the Battle with Bāṇāsura (Aniruddha–Uṣā Episode and Hari–Hara Encounter)
Ce chapitre relie la lignée des Yādava à l’idylle d’Aniruddha et d’Uṣā. Pradyumna—portion de Madana—naît de Śrī Kṛṣṇa et de Rukmiṇī, puis vient Aniruddha. Uṣā rêve d’un jeune être divin ; Citralekhā l’identifie en traçant des portraits et, par la puissance de la māyā, enlève Aniruddha de Dvārakā pour le conduire à Māhiṣmatī. Lorsque l’affaire est découverte, Aniruddha terrasse les gardes de Bāṇa, mais il est lié par une arme-serpent. Kṛṣṇa arrive ; Śiva, tenu par un don de protéger Bāṇa, engage le combat contre Lui. Les fièvres, tāpajvara et śītajvara, se manifestent, et l’on dit que l’écoute de la bataille entre Hari et Hara dissipe les maladies. Kṛṣṇa maîtrise Śiva grâce à l’arme Mohana ; Pārvatī implore le rétablissement, et Śiva célèbre la souveraineté suprême de Kṛṣṇa. Kṛṣṇa épargne Bāṇa après lui avoir tranché de nombreux bras ; la réconciliation s’ensuit, Aniruddha est délivré, et le mariage est célébré selon le rite avant le retour à Dvārakā.
Destruction of the Kṛtyā Performed by Pauṇḍraka’s Son
Le récit rapporte que Pauṇḍraka entreprit une austérité śivaïte d’une rigueur extrême : douze années de jeûne et de récitation de mantras, achevées par un puraścaraṇa où il offrit le lotus de son propre œil. Śiva, satisfait, lui accorda une apparence semblable à celle de Viṣṇu ainsi que ses insignes. Enivré d’orgueil, Pauṇḍraka se proclama « Vāsudeva » et égara le monde. Poussé par Nārada, il marcha sur Dvārakā contre le véritable Vāsudeva avec une armée d’un akṣauhiṇī. Śrī Kṛṣṇa extermina les troupes, trancha les emblèmes contrefaits et décapita Pauṇḍraka au moyen du Sudarśana. Son fils Daṇḍapāṇi accomplit alors un rite śivaïte pour produire une kṛtyā destinée à tuer Kṛṣṇa. Mais le Sudarśana l’épouvanta et la poursuivit jusqu’à Vārāṇasī : là, le disque détruisit la kṛtyā, tua Daṇḍapāṇi et incendia Kāśī, puis revint à la main de Kṛṣṇa.
Description of Śrī Kṛṣṇa’s Departure to His Own Abode
Mahādeva raconte à Umā un Kṛṣṇa-carita condensé qui s’achève par le svadhāma-gamana de Śrī Kṛṣṇa. Après la mort de Kaṃsa, Jarāsandha opprime les Yādavas ; Kṛṣṇa, avec Bhīma et Arjuna, entre déguisé en brāhmaṇas, et Jarāsandha périt dans un combat de lutte, tandis que les rois captifs sont délivrés. Vient ensuite le Rājasūya ; Śiśupāla est mis à mort et obtient la délivrance après trois naissances, et Dantavaktra aussi est tué et se fond en Hari. Kṛṣṇa bénit Vraja, retourne à Dvārakā et accorde la prospérité à un brāhmaṇa pauvre, son ami, en mangeant le pṛthukā offert. Le récit évoque alors l’issue de Kurukṣetra, le retour des fils d’un brāhmaṇa depuis le royaume de Nārāyaṇa, la malédiction des Yādavas et leur autodestruction, la blessure infligée à Kṛṣṇa par un chasseur, puis Son ascension vers Vaikuṇṭha. La phalaśruti affirme qu’écouter ou réciter les actes de Kṛṣṇa et chanter « namaḥ kṛṣṇāya » détruit les péchés et confère la demeure suprême.
Procedure for Worship of Viṣṇu and Exposition of Vaiṣṇava Conduct
Le chapitre s’ouvre sur le désir de Pārvatī d’entendre davantage la grandeur de Hari et les līlās merveilleuses de Rāma et de Kṛṣṇa. De là, l’enseignement prend un tournant pratique : Śiva expose les moyens concrets d’approcher Viṣṇu par le culte arcā. Il distingue les formes auto-manifestées (svayaṃvyakta) de celles établies par rite (pratiṣṭhita), puis explique où et pourquoi Viṣṇu se rend présent pour l’adoration des hommes, en citant des kṣetras illustres. Il prescrit des modes de bhakti adaptés au varṇa, insiste sur la conformité à la Śruti et à la Smṛti, et décrit l’ordre complet d’une pūjā quotidienne : purifications, mantra, tilaka, offrandes, homa et accueil honorifique de l’hôte. Le texte met en garde contre le culte des yakṣa et des bhūta ainsi que contre les nourritures impures. Il conclut par le principe que rendre hommage aux Vaiṣṇava dépasse même l’adoration directe de Viṣṇu.
The Narration of the One Hundred and Eight Names of Śrī Rāmacandra
Dans un cadre purāṇique à plusieurs niveaux, Pārvatī loue l’enseignement de Śiva sur le dharma vaiṣṇava secret et demande l’autorisation d’adorer Viṣṇu. Elle s’approche du guru Vāmadeva, reçoit le mantra et les règles de pratique, et apprend à vénérer Hṛṣīkeśa ainsi qu’à réciter chaque jour le Viṣṇu-sahasranāma. Śiva proclame ensuite une équivalence merveilleuse : le seul Nom « Rāma » vaut les mille noms. Il introduit alors une récitation concentrée des 108 noms de Śrī Rāmacandra. Le chapitre se clôt par une phalaśruti : entendre ou réciter ce dialogue et ces Noms détruit les fautes, apaise les obstacles, accorde les buts désirés et mène à Vaikuṇṭha. Il est aussi affirmé que l’enseignement « public » de Śiva peut égarer, tandis que la vérité « secrète » confirme la suprématie vaiṣṇava.
The Account of Bhṛgu’s Test (Bhṛgu’s Examination of the Gods)
Le roi Dilīpa demande à Vasiṣṭha pourquoi Rudra, bien que sublime, prit la forme blâmée du liṅga–yoni. Vasiṣṭha raconte un ancien épisode : sur le mont Mandara, les sages débattent de la divinité qui accorde le mieux la délivrance, et de celui dont le pādodaka et l’ucchiṣṭa purifient réellement. Ils dépêchent Bhṛgu pour éprouver Brahmā, Rudra et Viṣṇu. À Kailāsa, Bhṛgu est arrêté par Nandin ; il maudit alors Rudra, le vouant à une forme décriée. À Brahmaloka, Brahmā ne lui rend pas les honneurs et est jugé, lui aussi, indigne d’adoration. À Vaikuṇṭha, Bhṛgu frappe la poitrine de Viṣṇu d’un coup de pied ; Viṣṇu répond avec humilité, honorant la poussière du pied du brāhmaṇa et manifestant une sattva parfaitement pure. Bhṛgu rapporte ces faits, et les sages reconnaissent la suprématie de Viṣṇu, recevant mantra et discipline. Le chapitre se clôt par de fortes prescriptions : culte exclusif de Viṣṇu, règles de pureté concernant prasāda/nirmālya, obligations de śrāddha, et mérites attachés à la récitation de ce récit.