Adhyaya 88
Nagara KhandaTirtha MahatmyaAdhyaya 88

Adhyaya 88

Le chapitre s’ouvre sur la demande des Ṛṣi à Sūta d’exposer plus pleinement Ambā‑Vṛddhā, déjà citée parmi quatre divinités locales protectrices, et d’en expliquer l’origine de la yātrā (pèlerinage) ainsi que la prabhāva (puissance sacrée). Sūta raconte que, lorsque le roi Camatkāra fonda la cité, quatre divinités furent rituellement établies pour sa sauvegarde. Dans la lignée royale, deux femmes—Ambā et une autre nommée Vṛddhā—épousent le roi de Kāśī selon les rites védiques. Après la mort du roi, tombé au combat contre les Kālayavanas, les deux veuves se rendent à Hāṭakeśvara‑kṣetra et entreprennent une longue propitiation de la Déesse, animées d’une intention protectrice contre les ennemis de leur époux. Leur austérité culmine en une manifestation farouche : du rite du feu surgissent de puissantes formes féminines, puis d’immenses cohortes de « Mères » aux multiples aspects, décrites avec une iconographie abondante (visages, membres, montures, armes et comportements), qui mettent en déroute, dévorent les forces hostiles et ravagent leur royaume, avant de regagner leur demeure. Les cohortes demandent nourriture et résidence ; les deux Déesses souveraines énoncent alors des interdits et conditions éthico‑rituels, formulés comme l’identité de ceux qui deviennent « comestibles », traçant ainsi des frontières normatives pour la conduite humaine. Le récit s’achève sur la construction, par le roi, d’une vaste demeure pour les Déesses, et sur les fruits promis : voir leurs visages à l’aube, les adorer au commencement et à la fin des entreprises, et leur offrir des offrandes à des tithi déterminés procure protection, accomplissement des désirs et une vie « sans épines » (sans entraves).

Shlokas

Verse 1

ऋषय ऊचुः । यास्त्वया देवताः प्रोक्ताश्चतस्रः सूतनंदन । चमत्कारी महित्था च महालक्ष्मीस्तथाऽपरा

Les sages dirent : Ô fils de Sūta, tu as évoqué quatre divinités — Camatkārī, Mahitthā, et aussi Mahālakṣmī comme une autre.

Verse 2

अंबावृद्धा चतुर्थी च तासां तिस्रः प्रकीर्तिताः । विस्तरेण चतुर्थी च अंबावृद्धा न कीर्तिता

Et (tu as aussi mentionné) Ambāvṛddhā et Caturthī comme la quatrième ; pourtant, seules trois furent célébrées. Caturthī et Ambāvṛddhā n’ont pas été décrites en détail.

Verse 3

एतस्याः सर्वमाचक्ष्व प्रभावं सूतसंभव । केनैषा निर्मिता यात्रा सर्वं विस्तरतो वद

Ô Sūta, issu de la lignée des sūtas, expose-nous pleinement la grandeur et la puissance de cette Śakti. Par qui cette yātrā, ce pèlerinage, fut-elle instituée ? Dis tout en détail.

Verse 4

सूत उवाच । एषा तपोमयी शक्तिरम्बावृद्धा सुरेश्वरी । यथात्र संस्थिता पूर्वं तत्सर्वं श्रूयतां मम

Sūta dit : Voici la Śakti née de l’ascèse, Ambāvṛddhā, souveraine parmi les déesses. Comment elle fut jadis établie en ce lieu, écoutez-le tout de ma bouche.

Verse 5

चमत्कारमहीपेन पुरमेतद्यदा कृतम् । तदा तद्रक्षणार्थाय निर्मिता भावितात्मना । चतस्रो देवता ह्येताः संमतेन द्विजन्मनाम्

Lorsque le roi prodigieux fonda cette cité, alors, animé d’une âme noble, il établit ces quatre divinités pour sa protection, avec l’assentiment des deux-fois-nés (brāhmaṇas).

Verse 6

अथ तस्य महीपस्य अंबानामाभवत्सुता । तथान्या वृद्धसंज्ञा च रूपौदार्यगुणान्विते

Alors ce roi eut une fille nommée Ambā, et une autre appelée Vṛddhā — toutes deux pourvues de beauté, de générosité et de nobles qualités.

Verse 7

उभे ते काशिराजेन परिणीते द्विजोत्तमाः । गृह्योक्तेन विधानेन देवविप्राग्निसंनिधौ

Ô le meilleur des deux-fois-nés, le roi de Kāśī les maria toutes deux selon le rite enseigné par la tradition Gṛhya, en présence des dieux, des brāhmaṇas et du feu sacré.

Verse 8

कस्यचित्त्वथ कालस्य काशिराजस्य भूपतेः । तैः कालयवनैः सार्धमभवत्संगरो महान्

Après quelque temps, pour le roi de Kāśī, s’éleva une grande bataille contre ces Kāla‑Yavanas.

Verse 9

अथ तैर्निहतः संख्ये सभृत्यबलवाहनः । हरलब्धवरै रौद्रैः काशिराजः प्रतापवान्

Alors, dans la bataille, le vaillant roi de Kāśī — avec ses serviteurs, ses troupes et ses montures — fut tué par ces farouches guerriers qui avaient reçu des grâces de Hara (Śiva).

Verse 10

अथांबा चैव वृद्धा च वैधव्यं प्राप्य दुःखदम् । हाटकेश्वरजं क्षेत्रं गत्वा ते वांछितप्रदम्

Alors Ambā et Vṛddhā, tombées dans la douloureuse condition de veuves, se rendirent au saint kṣetra de Hāṭakeśvara, dispensateur des grâces désirées.

Verse 11

देव्या आराधने यत्नं कृतवत्यौ ततः परम् । नाशार्थं पतिशत्रूणां धृतवत्यौ शुभव्रतम्

Ensuite, toutes deux s’appliquèrent avec ardeur au culte de la Déesse; et, pour anéantir les ennemis de leur époux, elles prirent un vœu saint et propice.

Verse 12

यावद्वर्षशतं साग्रं न च तुष्टा सुरेश्वरी । ततो वैराग्यमासाद्य वांछंत्यौ स्वतनुक्षयम्

Même après un siècle entier, la Déesse souveraine ne fut pas encore satisfaite. Alors, parvenues au détachement, toutes deux désirèrent l’extinction de leur propre corps (abandon de soi jusqu’à la mort).

Verse 13

मंत्रैराथर्वणैर्विप्राः क्षुरिकासूक्तसंभवैः । छित्त्वाच्छित्त्वा स्वमांसानि मंत्रपूतानि भक्तितः

Par des mantras atharvaniques issus du Kṣurikā-sūkta, les brāhmanes, dans la dévotion, retranchaient sans cesse des parts de leur propre chair—sanctifiée par le mantra—et les offraient dans le rite.

Verse 14

कृतवत्यौ ततो होमं सुसमिद्धे हुताशने । अग्निकुण्डात्ततस्तस्माश्चतुर्हस्ता शुभानना

Alors elles accomplirent le homa dans le feu bien attisé. De ce même foyer surgit une Déesse aux quatre bras, au visage de bon augure.

Verse 15

श्वेतवस्त्रा विनिष्क्रांता नारी बालार्कसव्रिभा । तथान्या च सुनेत्रास्या तप्तहाटकसन्निभा

Une femme sortit, vêtue de blanc, rayonnante comme le soleil à peine levé; et une autre apparut aussi, aux beaux yeux, éclatante comme l’or chauffé à blanc.

Verse 16

तस्मात्कुण्डाद्विनिष्क्रांता धृतखड्गा भयावहा । साऽपरापि तथारूपा शक्तिः परमदारुणा

De ce kuṇḍa surgit une autre, l’épée brandie, terrifiante à contempler; puis apparut encore une Śakti de même aspect, d’une férocité extrême.

Verse 17

प्रोचतुस्ते वरं हृत्स्थं प्रार्थ्यतामिति दुर्लभम्

Elles dirent : «Demande le don qui demeure en ton cœur, fût-il difficile à obtenir.»

Verse 18

ते ऊचतुः । अस्माकं दयितो भर्त्ता काशिराजः प्रतापवान् । निहतः संगरे क्रुद्धैर्यवनैः कालपूर्वकैः

Elles dirent : «Notre époux bien-aimé, le vaillant roi de Kāśī, a été tué au combat par des Yavanas en fureur, dont l’heure était venue.»

Verse 19

युष्मदीय प्रसादेन यथा तेषां परिक्षयः । सञ्जायते महादेव्यौ तथा कार्यमसंशयम्

Par votre grâce, ô deux Grandes Déesses, que s’accomplisse leur anéantissement total ; ainsi faut-il agir, sans aucun doute.

Verse 20

स्थातव्यं च तथात्रैव उभाभ्यामपि सादरम् । स्वपुरस्य प्ररक्षार्थमेतत्कृत्यं मतं हि नौ

Et que vous demeuriez toutes deux ici même, avec révérence, pour la protection de notre cité; tel est, en vérité, le devoir que nous tenons pour juste.

Verse 21

तयोस्तद्वचनं श्रुत्वा उभे ते देवते ततः । संप्रोच्य बाढमित्येवं तस्मिन्कुण्डे व्यवस्थिते

Ayant entendu leurs paroles, ces deux Déesses répondirent : « Qu’il en soit ainsi », et prirent demeure dans ce même kuṇḍa.

Verse 22

एतस्मिन्नंतरे तस्मात्कुण्डाच्छतसहस्रशः । निष्क्रांताः संख्यया हीना मातरो नैकरूपिकाः

Cependant, de ce kuṇḍa surgirent des Mères divines (mātr̥kās) par centaines de milliers, innombrables, aux formes multiples.

Verse 23

एका गजमुखी तत्र तथान्या तुरगानना । सारमेय मुखाश्चान्याः पक्षिच्छागमुखाः पराः

Là, l’une avait un visage d’éléphant ; une autre, un visage de cheval. D’autres avaient un visage de chien, et d’autres encore, un visage d’oiseau et de chèvre.

Verse 24

तिर्यञ्च वपुषश्चान्या वक्त्रैर्मानुषसंभवैः । त्रिशीर्षाः पञ्चशीर्षाश्च दशशीर्षास्तथा पराः

Certaines avaient un corps d’animal, mais des visages semblables à ceux nés parmi les humains. D’autres avaient trois têtes, d’autres cinq, et d’autres encore dix.

Verse 25

गुह्य स्थानस्थितैर्वक्त्रैरेकाश्चान्या हृदिस्थितैः । पार्श्वसंस्थैः स्थिताश्चान्या अन्याः पृष्ठिगतैर्मुखैः

Certaines avaient leurs visages placés en des lieux cachés ; d’autres, sur la poitrine. Certaines les portaient sur les flancs, et d’autres, sur le dos.

Verse 26

एकहस्ता द्विहस्ताश्च पञ्चहस्तास्तथापराः । अन्या विंशतिहस्ताश्च विहस्ताश्च तथापराः

Les unes avaient une main, d’autres deux mains, et d’autres encore cinq mains. Certaines avaient vingt mains, tandis que d’autres étaient même dépourvues de mains.

Verse 27

बहुपादा विपादाश्च एकपादास्तथापराः । तथान्याश्चार्धपादाश्च अधोवक्त्रा विभीषणाः

Les unes avaient de nombreux pieds, d’autres en avaient deux, et d’autres un seul. Certaines n’avaient qu’un demi-pied, et d’autres —terrifiantes— avaient le visage tourné vers le bas.

Verse 28

एकनेत्रा द्विनेत्राश्च त्रिनेत्राश्च तथापराः । काश्चिद्गजसमारूढा हयारूढास्तथापराः

Les unes n’avaient qu’un œil, d’autres en avaient deux, et d’autres trois. Certaines étaient montées sur des éléphants, et d’autres sur des chevaux.

Verse 29

वृषवानरसिंहाजव्याघ्रसर्पास्थिताः पराः । गोधाश्वरासभारूढास्तथा च विहगाश्रिताः

D’autres étaient assises sur des taureaux, des singes, des lions, des chèvres, des tigres et des serpents. Certaines chevauchaient des lézards, des chevaux et des ânes, et d’autres étaient portées par des oiseaux.

Verse 30

कूर्मकुक्कुटसर्पादिसमारूढाः सहस्रशः । प्रकुर्वंत्यो रुदन्त्यश्च गायन्त्यश्च तथा पराः । नृत्यंत्यश्च हसंत्यश्च क्रीडासक्ताः परस्परम्

Par milliers, elles étaient montées sur des tortues, des coqs, des serpents et autres semblables. Les unes agissaient avec frénésie, les autres pleuraient, et d’autres chantaient. Certaines dansaient et riaient, absorbées dans leurs jeux mutuels.

Verse 32

ह्रस्वदन्त्यो विदंत्यश्च दीर्घदन्त्यो विभीषणाः । गजदंत्यस्तथैवान्या लोहदंत्योभयावहाः

Les unes avaient des dents courtes ; d’autres étaient édentées ; d’autres encore, aux dents longues, étaient terrifiantes. Certaines avaient des défenses d’éléphant, et d’autres des dents de fer, semant l’effroi.

Verse 33

लंबकर्ण्यो विकर्ण्यश्च शूर्पकर्ण्यस्तथा पराः । शंकुकर्ण्यः कुकर्ण्यश्च बहुकर्ण्यः सुकर्णिकाः

Les unes avaient les oreilles pendantes, d’autres des oreilles difformes ; d’autres encore des oreilles semblables à un van. Certaines avaient des oreilles en forme de cône, d’autres de mauvaises oreilles ; d’autres enfin avaient de nombreuses oreilles ou de belles oreilles.

Verse 34

एकवस्त्रा विवस्त्राश्च बहुवस्त्रास्तथा पराः । चर्मप्रावरणाश्चैव कथाप्रावरणान्विताः

Les unes ne portaient qu’un seul vêtement, d’autres étaient nues, et d’autres encore revêtaient de nombreuses étoffes. Certaines étaient couvertes de peaux, et d’autres enveloppées de voiles étranges, à l’apparence effrayante.

Verse 35

खङ्गहस्ताः शराहस्ताः कुंतहस्ताश्च भीषणाः । पाशहस्तास्तथैवान्याः प्रासचापकराः पराः । शूलमुद्गरहस्ताश्च भुशुंडिकरभूषिताः

Des êtres terrifiants apparurent, l’épée en main, la flèche en main, la lance en main. D’autres tenaient des lacets ; d’autres portaient javelots et arcs ; d’autres encore brandissaient tridents et massues, parées d’armes dans leur poigne.

Verse 36

अथ ताभ्यां तथाऽकर्ण्य ताः सर्वा हर्षसंयुताः । प्रस्थितास्तत्र ता यत्र ते कालयवनाः स्थिताः

Alors, ayant entendu cela de ces deux-là, toutes—remplies d’allégresse—se mirent en route vers le lieu où se tenaient les Kāla-Yavana.

Verse 37

ततस्ते तत्समालोक्य बलं देवीसमुद्रवम् । रौद्र रूपधरं तीव्रं विकृतं विकृतैर्मुखैः

Alors, voyant cette armée de Déesses se ruer telle une mer en furie, ils aperçurent une puissance farouche et ardente, d’aspect terrifiant, déformée par des visages grotesques.

Verse 38

विषण्णवदनाः सर्वे भयभीता समंततः । धावतो भक्षितास्ताभिर्देवताभिः सुनिर्दयम्

Tous, le visage abattu par le désespoir et saisis de peur de toutes parts, s’enfuirent; mais tandis qu’ils couraient, ces divinités les dévorèrent sans aucune pitié.

Verse 39

बालवृद्धसमोपेतं तेषां राष्ट्रं दुरात्मनाम् । स्त्रीभिश्च सहितं ताभिर्देवताभिः प्रभक्षितम्

Le royaume de ces hommes à l’âme perverse—avec les enfants et les vieillards, et même les femmes—fut entièrement consumé par ces divinités.

Verse 40

एवं निर्वास्य तद्राष्ट्रं सर्वास्ता हर्षसंयुताः । भूय एव निजं स्थानं संप्राप्ता द्विजसत्तमाः

Ainsi, les ayant chassés de ce royaume, toutes ces divinités, emplies de joie, regagnèrent de nouveau leur propre demeure, ô meilleur des deux-fois-nés.

Verse 42

उद्वासितस्तथा सर्वो देशस्तेषां स वै महान् । सांप्रतं दीयतां कश्चिदाहारस्तृप्तिहेतवे । निवासाय ततः स्थानं किंचिच्चावेद्यतां हि नः

Ainsi, tout leur vaste pays a été ravagé et vidé. À présent, qu’on nous donne quelque nourriture pour être rassasiés; puis qu’on nous indique aussi un lieu où demeurer.

Verse 43

देव्यावूचतुः । मर्त्यलोकेऽत्र या नार्यो गर्भवत्यः स्वपंति च । संध्याकालप्रकाशे च तासां गर्भोऽस्तु वो द्रुतम्

Les deux Déesses dirent : «Dans ce monde des mortels, les femmes enceintes qui dorment à l’heure où luit la clarté du crépuscule—que leurs embryons deviennent promptement les vôtres.»

Verse 44

रुदंत्यो या विनिर्यांति चत्वरेषु त्रिकेषु च । तासां गर्भस्तु युष्माकं संप्रदत्तः प्रभुज्यताम्

«Et celles qui sortent en pleurant—aux carrefours et aux croisements de trois voies—que leurs embryons vous soient accordés ; consumez-les comme un don remis.»

Verse 45

उच्छिष्टा याः प्रसर्पंति रमन्ते च स्वपंति च । तासां गर्भः समस्तानां युष्माकं भोज नाय वै

Celles qui, souillées par des restes de nourriture, errent, se divertissent et dorment—tout embryon porté par chacune d’elles est, en vérité, destiné à être votre nourriture.

Verse 46

सूतिकाभवने यस्मिन्नुच्छिष्टं चोपजायते । स बालकस्तु युष्माकं भोजनाय प्रकल्पितः

Dans toute chambre d’accouchement où naissent l’impureté et la souillure des restes de nourriture, l’enfant qui s’y trouve est proclamé destiné à être votre nourriture.

Verse 47

न षष्ठीजागरो यस्य बालकस्य भविष्यति । स भविष्यति भोज्याय युष्माकं नात्र संशयः

L’enfant pour qui l’on n’accomplit pas la veille de la sixième nuit (ṣaṣṭhī-jāgara) deviendra votre nourriture ; là-dessus, nul doute.

Verse 48

नाशं यास्यति वा यत्र पावकः सूतिकागृहे । स भविष्यति भोज्याय युष्माकं बालरूपधृक्

Là où le feu sacré de la maison d’accouchement est laissé s’éteindre ou se détruire, celui qui s’y trouve—revêtu de la forme d’un enfant—deviendra votre nourriture.

Verse 49

मांगल्यैः संपरित्यक्तं यद्भवेत्सूतिकागृहम् । तस्मिन्यस्तिष्ठते बालः स युष्माकं प्रकल्पितः

Si la maison d’accouchement est délaissée, privée de rites fastes et de protections, alors l’enfant qui y demeure est proclamé comme étant assigné à vous.

Verse 50

संध्यायां बालका ये वा स्वपंत्याकाशदेशगाः । ते सर्वे भोजनार्थाय युष्माकं संनिवेदिताः

Les enfants qui dorment au crépuscule, étendus en des lieux découverts sous le ciel, tous sont offerts pour votre nourriture.

Verse 51

यस्य जन्मदिने प्राप्ते वर्षांते क्रियते न च । मांगल्यं तस्य यद्गात्रं तद्युष्माकं प्रकल्पितम्

Quand vient le jour de naissance et qu’à l’achèvement de l’année le rite faste n’est pas accompli, alors toute « auspiciosité » de ce corps est déclarée vous être assignée.

Verse 52

तैलाभ्यंगं नरः कृत्वा यश्च स्नानं करोति न । स दत्तो भोजनार्थाय युष्माकं नात्र संशयः

L’homme qui s’enduit d’huile et pourtant ne se baigne pas est livré pour votre nourriture ; il n’y a là aucun doute.

Verse 53

उच्छिष्टो यः पुमांस्तिष्ठेद्यो वा चत्वरमध्यगः । भक्षणीयः स सर्वाभिर्निर्विकल्पेन चेतसा

Tout homme qui demeure dans l’impureté des restes, ou qui se tient au milieu d’un carrefour, qu’il soit dévoré par vous tous, l’esprit sans la moindre hésitation.

Verse 54

रजस्वलां व्रजेद्यो वा पुरुषः काममोहितः । नग्नः शेते तथा स्नाति भक्षणीयः स सत्वरम्

Tout homme que le désir aveugle et qui s’approche d’une femme en menstruation, ou qui se couche nu et se baigne ainsi, qu’il soit dévoré sur-le-champ.

Verse 55

दक्षिणाभिमुखो रात्रौ यश्च स्नाति विमूढधीः । शेते च शयने सोऽपि भक्षणीयश्च सत्वरम्

Celui qui, l’esprit égaré, se baigne la nuit tourné vers le sud, et de même se couche pour dormir d’une manière impropre, est lui aussi déclaré « bon à dévorer », et promptement.

Verse 56

उदङ्मुखश्च यो रात्रौ दिवा वा दक्षिणामुखः । मूत्रोत्सर्गं पुरीष वा प्रकुर्याद्भक्ष्य एव सः

Quiconque urine ou défèque tourné vers le nord la nuit, ou vers le sud le jour, est véritablement déclaré « bon à dévorer », livré à un malheur prompt.

Verse 57

यः कुर्याद्रजनीवक्त्रे दधिसक्तुप्रभक्षणम् । अंत्यजाभिगमं चाथ भक्षणीयो द्रुतं हि सः

Celui qui mange du caillé mêlé de farine d’orge grillée à la « bouche de la nuit » (au crépuscule), et qui de plus s’adonne à une union charnelle interdite, devient vite « bon à dévorer », tombant dans une grande infortune.

Verse 58

सूत उवाच । एवं ताभ्यां तदा प्रोक्ता देवतास्ताः समंततः । परिवार्य तदा तस्थुः संप्रहृष्टेन चेतसा

Sūta dit : Ainsi instruites par ces deux-là, les divinités de toutes parts se rassemblèrent et demeurèrent debout en cercle autour d’eux, le cœur empli d’allégresse.

Verse 59

एतस्मिन्नंतरे राजा चमत्कारः प्रतापवान् । प्रासादं निर्ममे ताभ्यां कैलासशिखरोपमम्

Cependant, le puissant roi Camatkāra fit bâtir pour ces deux-là un palais semblable au sommet du Kailāsa.

Verse 60

ततः प्रभृति ते ख्याते क्षेत्रे तत्र महोदये । अंबावृद्धाभिधाने च पुररक्षापरे सदा

Dès lors, ces deux-là devinrent renommés dans ce kṣetra hautement propice, au lieu nommé Ambāvṛddhā, toujours appliqués à la garde de la cité.

Verse 61

यः पुमान्प्रातरुत्थाय ताभ्यां पश्यति चाननम् । तस्य संवत्सरंयावन्न च च्छिद्रं प्रजायते

Celui qui, au matin, se lève et contemple les visages de ces deux-là, durant toute une année ne voit naître en lui aucune « brèche » : ni malheur, ni atteinte, ni vulnérabilité.

Verse 62

वृद्ध्यादौ वाथ चांते वा ताभ्यां पूजां करोति यः । न तस्य जायते च्छिद्रं कथंचिदपि भूतले

Quiconque rend un culte à ces deux-là au commencement de la prospérité — ou encore à sa fin — ne subit jamais aucune « brèche » ni calamité, où que ce soit sur la terre.

Verse 63

यात्राकाले पुमान्यश्च ताभ्यां पूजां समाचरेत् । स वांछितफलं प्राप्य शीघ्रं स्वगृहमाप्नुयात्

Quiconque, au moment de partir en voyage, accomplit dûment le culte envers ces deux divinités, obtient le fruit désiré et revient promptement dans sa propre demeure.

Verse 64

सदाष्टम्यां चतुर्दश्यां यस्ताभ्यां बलिमाहरेत् । स कामानाप्नुयादिष्टानिह प्रेत्य च सद्गतिम्

Quiconque offre un bali (offrande rituelle) à ces deux divinités le huitième et le quatorzième jour lunaire, obtient ici les vœux désirés et, après la mort, atteint une destinée heureuse.

Verse 65

यो महानवमीसंज्ञे दिवसे श्रद्धयान्वितः । ताभ्यां समाचरेत्पूजां स सदा स्यादकण्टकी

Quiconque, animé de foi, accomplit le culte envers ces deux divinités au jour nommé Mahānavamī, demeure à jamais sans tourments ni obstacles.

Verse 88

इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां षष्ठे नागरखण्डे हाटकेश्वरक्षेत्रमाहात्म्येंऽबावृद्धामाहात्म्यवर्णनंनामाष्टाशीतितमोऽध्यायः

Ainsi s’achève le quatre-vingt-huitième chapitre, intitulé « Description de la Grandeur d’Ambāvṛddhā », dans le Māhātmya du kṣetra de Hāṭakeśvara, au sein de la sixième section, le Nāgara Khaṇḍa, du Śrī Skanda Mahāpurāṇa, la compilation de quatre-vingt-un mille vers.