Adhyaya 4
Kashi KhandaPurva ArdhaAdhyaya 4

Adhyaya 4

Le chapitre 4 se déploie comme un enseignement dialogué dans le cadre narratif Sūta–Vyāsa. À la suite de l’impulsion donnée par Agastya, les devas s’adressent à lui avec des louanges respectueuses, puis exposent longuement le portrait éthique et rituel de la pativratā—l’épouse à la fidélité disciplinée et aux vertus du foyer—en prenant Lopāmudrā pour modèle. Sont énumérées des règles de conduite : veiller aux besoins du mari, maîtriser la parole et les fréquentations, éviter certains spectacles publics, n’entreprendre des austérités qu’avec permission, et considérer le service rendu à l’époux comme une pratique religieuse. Le discours s’intensifie ensuite autour des fruits (phala) : il affirme la puissance protectrice de la conduite pativratā, jusqu’à l’absence de crainte envers les messagers de la mort, et décrit des effets méritoires s’étendant sur plusieurs générations. À l’inverse, les écarts sont présentés comme des types d’avertissement, associés à des renaissances défavorables. Une section ultérieure traite des disciplines du veuvage—restrictions alimentaires, austérités, offrandes quotidiennes et pūjā à Viṣṇu avec le mari comme centre de la dévotion—puis des observances saisonnières (notamment Vaiśākha, Kārtika, Māgha) : bains, dons, lampes et abstinences réglées. La conclusion, sous forme de phalaśruti, déclare que l’écoute de cet enseignement efface les péchés et mène à une destinée heureuse dans le Śakra-loka.

Shlokas

Verse 1

सूत उवाच । मुनिपृष्टास्तदा देवा भगवंस्ते किमब्रुवन् । सर्वलोकहितार्थाय तदाख्याहि महामुने

Sūta dit : Lorsque le muni interrogea les dieux, que répondirent ces vénérables êtres ? Pour le bien de tous les mondes, ô grand sage, raconte-le.

Verse 2

श्रीव्यास उवाच । अगस्तिवचनं श्रुत्वा बहुमानपुरस्सरम् । धिषणाधिपतेरास्यं विबुधा व्यालुलोकिरे

Śrī Vyāsa dit : Ayant entendu les paroles d’Agastya, précédées d’un grand respect, les dieux tournèrent leur regard vers le visage du seigneur de la sagesse, Bṛhaspati.

Verse 3

वाक्पतिरुवाच । शृण्वगस्ते महाभाग देवागमनकारणम् । धन्योसि कृतकृत्योसि मान्योसि महता मपि

Vākpati (Bṛhaspati) dit : Écoute, ô Agastya fortuné, la raison de la venue des devas. Tu es béni ; ton dessein est accompli ; tu es digne d’honneur, même de moi, le grand.

Verse 4

प्रत्याश्रमं प्रतिनगं प्रत्यरण्यं तपोधनाः । किं न संति मुनिश्रेष्ठ काचिदन्यैव ते स्थितिः

Ô le meilleur des sages, riche en austérités : n’y a-t-il pas partout des ermitages, des montagnes et des forêts ? Pourquoi donc ta demeure est-elle fixée en ce seul lieu, comme s’il était ton séjour choisi entre tous ?

Verse 5

तपोलक्ष्मीस्त्वयीहास्ति ब्राह्मतेजस्त्वयि स्थिरम् । पुण्यलक्ष्मीस्त्वयि परा त्वय्यौदार्यं मनस्त्वयि

En toi demeure la prospérité née des austérités ; en toi se tient ferme l’éclat du tejas brahmanique. En toi réside la fortune suprême du mérite, et en toi habitent la générosité et la noblesse du cœur.

Verse 6

पतिव्रतेयं कल्याणी लोपामुद्रा सधर्मिणी । तवांगच्छायया तुल्या यत्कथापुण्यकारिणी

Cette Lopāmudrā, si propice, est une pativratā, et avec toi elle suit la voie du dharma. Elle est comme l’ombre même de ton corps, et jusqu’à son récit engendre du puṇya (mérite).

Verse 7

पतिव्रतास्वरुंधत्या सावित्र्याप्यनसूयया । शांडिल्यया च सत्या च लक्ष्म्या च शतरूपया

Parmi les illustres épouses dévouées (pativratās) — Arundhatī, Sāvitrī, Anasūyā, Śāṇḍilyā, Satyā, Lakṣmī et Śatarūpā —

Verse 8

मेनया च सुनीत्या च संज्ञया स्वाहया तथा । यथैषा वर्ण्यते श्रेष्ठा न तथान्येति निश्चितम

Et de même Menā, Sunīti, Saṃjñā et Svāhā : de même que celle-ci (Lopāmudrā) est célébrée comme la plus excellente, ainsi les autres ne le sont pas — telle est la conclusion arrêtée.

Verse 9

भुंक्ते भुक्ते त्वयि मुने तिष्ठति त्वयि तिष्ठति । विनिद्रिते च निद्राति प्रथमं प्रतिबुध्यते

Quand tu manges, ô muni, elle mange ; quand tu te tiens debout, elle se tient debout. Quand tu dors, elle dort — et c’est elle qui s’éveille la première.

Verse 10

अनलंकृतमात्मानं तव नो दर्शयेत्क्वचित् । कार्यार्थं प्रोषिते क्वापि सर्वमंडनवर्जिता

Jamais elle ne se montrerait à toi sans s’être parée. Et même lorsque tu es loin, retenu par tes devoirs, elle demeure dépouillée de tout ornement.

Verse 11

न च ते नाम गृह्णीयात्तवायुष्यविवृद्धये । पुरुषांतरनामापि न गृह्णाति कदाचन

Et elle ne prononcerait même pas ton nom, afin d’accroître la durée de ta vie. Elle ne prend jamais non plus le nom d’aucun autre homme.

Verse 12

आक्रुष्टापि न चाक्रोशेत्ताडितापि प्रसीदति । इदं कुरु कृतं स्वामिन्मन्यतामिति वक्ति च

Même réprimandée, elle ne réplique pas par l’injure ; même frappée, elle demeure paisible. Elle dit : « Fais ceci, mon seigneur — tiens-le pour accompli », et ne parle que pour donner satisfaction.

Verse 13

आहूता गृहकार्याणि त्यक्त्वा गच्छति सत्वरम् । किमर्थं व्याहृता नाथ सप्रसादो विधीयताम्

Lorsqu’on l’appelle, elle délaisse les tâches de la maison et accourt aussitôt. «Dans quel dessein m’as-tu fait venir, ô Seigneur ? Daigne me donner ton ordre avec grâce», dit-elle.

Verse 14

न चिरं तिष्ठति द्वारि न द्वारमुपसेवते । अदापितं त्वया किंचित्कस्मैचिन्न ददात्यपि

Elle ne s’attarde pas à la porte, ni ne rôde au seuil. Et sans que tu le lui aies donné, elle ne remet à personne la moindre chose.

Verse 15

पूजोपकरणं सर्वमनुक्ता साधयेत्स्वयम् । नियमोदकबर्हींषि पत्रपुप्पाक्षतादिकम्

Sans qu’on le lui dise, qu’elle prépare d’elle-même tout ce qui est requis pour le culte : l’eau pure des observances, l’herbe kuśa sacrée, feuilles, fleurs, grains de riz, et le reste.

Verse 16

प्रतीक्षमाणावसरं यथाकालोचितं हि यत् । तदुपस्थापयेत्सर्वमनुद्विग्नातिहृष्टवत्

Guettant le moment opportun, et ce qui convient au temps, qu’elle présente et dispose tout—sans trouble et sans joie excessive.

Verse 17

सेवते भर्त्तुरुच्छिष्टमिष्टमन्नं फलादिकम् । महाप्रसाद इत्युक्त्वा परिदत्तं प्रतीच्छति

Elle prend ce qui reste de son époux—mets aimés, fruits et autres—et reçoit ce qu’on lui remet en disant : «Ceci est le grand prasāda».

Verse 18

अविभज्य न चाश्नीयाद्देवपित्रतिथिष्वपि । परिचारकवर्गेषु गोषु भिक्षुकुलेषु च

Qu’elle ne mange point sans avoir d’abord partagé et distribué la nourriture—même à l’égard des dieux, des ancêtres et des hôtes; et aussi parmi les serviteurs, les vaches et les familles de mendiants.

Verse 19

संयतोपस्करादक्षा हृष्टा व्यय पराङ्मुखी । कुर्यात्त्वयाननुज्ञाता नोपवासव्रतादिकम्

Habille à tenir en ordre les biens de la maison, joyeuse et détournée des dépenses vaines, qu’elle n’entreprenne ni jeûnes, ni vœux, ni pratiques semblables sans ton assentiment.

Verse 20

दूरतो वर्जयेदेषा समाजोत्सवदर्शनम् । न गच्छेत्तीर्थयात्रादि विवाहप्रेक्षणादिषु

Qu’elle se tienne au loin du spectacle des assemblées et des fêtes publiques. Qu’elle n’aille ni en pèlerinage ni en semblables sorties, ni aux spectacles de noces et autres occasions du même genre.

Verse 21

सुखसुप्तं सुखासीनं रममाणं यदृच्छया । आंतरेष्वपि कार्येषु पतिं नोत्थापयेत्क्वचित्

Si son époux dort paisiblement, est assis à l’aise ou se divertit à son gré, qu’elle ne le réveille jamais—même pour des affaires à faire entre-temps.

Verse 22

स्त्रीधर्मिणी त्रिरात्रं तु स्वमुखं नैव दर्श येत् । स्ववाक्यं श्रावयेन्नापि यावत्स्नाता न शुद्धितः

Lorsqu’elle est dans son état mensuel, durant trois nuits qu’elle ne montre point son visage, ni même ne fasse entendre sa parole, jusqu’à ce qu’elle se soit baignée et soit purifiée.

Verse 23

सुस्नाता भर्तृवदनमीहतेन्यस्य न क्वचित् । अथवा मनसि ध्यात्वा पतिं भानुं विलोकयेत्

Après s’être bien baignée, qu’elle recherche le visage de son époux et jamais celui d’un autre. Ou bien, l’ayant médité en son cœur, qu’elle porte son regard vers le Soleil.

Verse 24

हरिद्रां कुंकुमं चैव सिंदूर कज्जलं तथा । कूर्पासकं च तांबूलं मांगल्याभरणं शुभम्

Curcuma, kunkuma, sindūra et kajjala; ainsi que l’ornement de chevelure (kūrpāsaka), le bétel et les parures nuptiales de bon augure : tout cela est tenu pour sacré et favorable à l’épouse dévouée.

Verse 25

केशसंस्कारकबरी करकर्णादिभूषणम् । भर्त्तुरायुष्यमिच्छंती दूरये न्न पतिव्रता

L’épouse dévouée, désirant la longue vie de son époux, ne délaisse ni l’ornement de ses cheveux et de sa tresse, ni les parures des mains, des oreilles et autres.

Verse 26

न रजक्या न हैतुक्या तथा श्रमणया न च । न च दुर्भगया क्वापि सखित्वं कुरुते सती

La femme vertueuse ne noue pas d’amitié intime avec une blanchisseuse, ni avec une femme guidée par l’intérêt, ni avec une ascète (śramaṇī), ni nulle part avec une compagne de mauvais destin ou de mœurs corrompues.

Verse 27

भर्तृविद्वेषिणीं नारीं नैषा संभाषते क्वचित् । नैकाकिनी क्वचिद्भूयान्न नग्ना स्नाति च क्वचित्

Elle ne s’entretient jamais avec une femme qui hait son époux. Qu’elle ne demeure nulle part seule; et qu’elle ne se baigne nulle part nue.

Verse 28

नोलूखले न मुसले न वर्द्धन्यां दृषद्यपि । न यंत्रकेन देहल्यां सती चोपविशेत्क्वचित्

La femme vertueuse ne doit s’asseoir ni sur le mortier, ni sur le pilon, ni sur le van ou récipient de vannage, ni même sur la meule; ni sur l’outil du métier à tisser, ni sur le seuil, jamais.

Verse 29

विना व्यवायसमयं प्रागल्भ्यं न क्वचिच्चरेत् । यत्रयत्ररुचिर्भर्त्तुस्तत्र प्रेमवती सदा

Hors du temps prescrit pour l’union conjugale, qu’elle ne se montre nulle part trop hardie. Là où se porte le goût de son époux, là elle demeure toujours aimante et dévouée.

Verse 30

इदमेव व्रतं स्त्रीणामयमेवपरो वृषः । इयमेको देवपूजा भर्त्तुर्वाक्यं न लंघयेत

Tel est l’unique vœu des femmes; telle est leur plus haute droiture. Tel est leur unique culte aux dieux : qu’elle ne franchisse pas la parole de son époux.

Verse 31

क्लीबं वा दुरवस्थंवा व्याधितं वृद्धमेव वा । सुस्थितं दुःस्थितं वापि पतिमेकं न लंघयेत

Que l’époux soit impuissant, ou dans l’infortune, malade ou déjà vieux; qu’il soit établi ou accablé: qu’elle n’abandonne ni ne trahisse son unique mari.

Verse 32

हृष्टाहृष्टेविषण्णास्या विषण्णास्ये प्रिये सदा । एकरूपा भवेत्पुण्या संपत्सु च विपत्सु च

Quand son bien-aimé est joyeux, qu’elle soit joyeuse; quand il est abattu, qu’elle soit abattue. La femme pieuse demeure d’un même esprit, stable dans la prospérité comme dans l’épreuve.

Verse 33

सर्पिर्लवणतैलादि क्षयेपि च पतिव्रता । पतिं नास्तीति न ब्रूयादायासेषु न योजयेत्

Même si le ghee, le sel, l’huile et le reste viennent à manquer, l’épouse vouée à son mari ne doit pas dire : « Il n’y a pas d’époux. » Qu’elle ne le pousse pas non plus à des labeurs accablants.

Verse 34

तीर्थस्नानार्थिनी नारी पतिपादोदकं पिबेत् । शंकरादपि विष्णोर्वा पतिरेकोधिकः स्त्रियाः

La femme qui désire le mérite d’un bain dans un tīrtha doit boire l’eau ayant lavé les pieds de son époux. Car, pour la femme, dans le dharma du foyer, l’époux est tenu pour plus éminent encore que Śaṅkara, voire que Viṣṇu.

Verse 35

व्रतोपवासनियमं पतिमुल्लंघ्य या चरेत् । आयुष्यं हरते भर्त्तुर्मृता निरयमृच्छति

Celle qui accomplit vœux, jeûnes ou observances en outrepassant l’autorité de son époux, dit-on, retranche la durée de vie de son mari ; et, à sa mort, elle va en enfer.

Verse 36

उक्ता प्रत्युत्तरं दद्याद्या नारी क्रोधतत्परा । सरमा जायते ग्रामे सृगाली निर्जने वने

La femme qui, lorsqu’on lui parle, réplique sèchement et s’attache à la colère, renaît comme chienne dans un village, ou comme chacal femelle dans une forêt déserte.

Verse 37

स्त्रीणां हि परमश्चैको नियमः समुदाहृतः ऽ । अभ्यर्च्य चरणौ भर्त्तुर्भोक्तव्यं कृतनिश्चयम्

Pour les femmes, une unique règle suprême est proclamée : après avoir dûment honoré les pieds de l’époux, qu’elle prenne sa nourriture, résolue avec fermeté dans cette observance.

Verse 38

उच्चासनं न सेवेत न व्रजेत्परवेश्मसु । न त्रपाकर वाक्यानि वक्तव्यानि कदाचन

Qu’elle ne recherche point des sièges élevés, qu’elle n’entre pas dans les maisons d’autrui, et qu’elle ne profère jamais des paroles sans pudeur ni retenue.

Verse 39

अपवादो न वक्तव्यः कलहं दूरतस्त्यजेत् । गुरूणां सन्निधौ क्वापि नोच्चैर्ब्रूयान्न वा हसेत्

Qu’elle ne profère pas de médisance et qu’elle rejette la querelle de loin. En présence des aînés et des maîtres, qu’elle ne parle pas à haute voix et ne rie pas bruyamment.

Verse 40

या भर्तारं परित्यज्य रहश्चरति दुर्मतिः । उलूकी जायते क्रूरा वृक्षकोटरशायिनी

La femme au mauvais esprit qui délaisse son époux et erre en secret renaît en une chouette femelle cruelle, dormant dans les creux des arbres.

Verse 41

ताडिता ताडितुं चेच्छेत्सा व्याघ्री वृषदंशिका । कटाक्षयतियाऽन्यं वै केकराक्षी तु सा भवेत

La femme qui, bien qu’ayant été frappée, veut frapper en retour devient une tigresse mordant les taureaux. Et celle qui jette des regards de désir vers un autre homme devient louche.

Verse 42

या भर्तारं परित्यज्य मिष्टमऽश्नाति केवलम् । ग्रामे वासकरी भूयाद्वल्गुर्वापि श्वविट्भुजा

Celle qui délaisse son époux et ne mange que des mets délicats renaît comme une vāsakarī dans un village, ou bien comme une valgū, se nourrissant d’excréments de chien.

Verse 43

या त्वं कृत्याऽप्रियं ब्रूते मूका सा जायते खलु । या सपत्नीं सदेर्ष्येत दुर्भगा सा पुनःपुन्ः

Mais celle qui a l’habitude de proférer des paroles déplaisantes naît, en vérité, muette. Et celle qui envie sans cesse la coépouse devient malheureuse, encore et encore, au fil des renaissances.

Verse 44

दृष्टिं विलुप्य भर्तुर्या कंचिदन्यं समीक्षते । काणा च विमुखी चापि कुरूपा चापि जायते

L’épouse qui détourne son regard de son mari et fixe un autre homme, par ce fruit naît borgne, d’humeur détournée, et même difforme.

Verse 45

बाह्यादायांतमालोक्य त्वरिता च जलाशनैः । तांबूलैर्व्यजनैश्चैव पादसंवाहनादिभिः

Voyant son époux revenir du dehors, qu’elle se hâte de le servir : avec l’eau et la nourriture, avec le bétel, l’éventail, le massage des pieds et autres soins.

Verse 46

तथैव चाटुवचनैः खेदसंनोदनैः परैः । या प्रियं प्रीणयेत्प्रीता त्रिलोकी प्रीणिता तया

De même, par des paroles aimables et d’autres gestes qui chassent la fatigue, la femme qui, joyeuse, réjouit son bien-aimé, réjouit par là les trois mondes.

Verse 47

मितं ददाति हि पिता मितं भ्राता मितं सुतः । अमितस्य हि दातारं भर्त्तारं पूजये त्सदा

Le père ne donne qu’avec mesure ; le frère ne donne qu’avec mesure ; le fils ne donne qu’avec mesure. Mais l’époux est le donateur de l’incommensurable ; qu’elle l’honore donc toujours.

Verse 48

भर्ता देवो गुरुर्भर्ता धर्म तीर्थ व्रतानि च । तस्मात्सर्वं परित्यज्य पतिमेकं समर्चयेत

Pour elle, l’époux est Dieu ; l’époux est le guru ; l’époux est le dharma, les tīrtha sacrés et les vœux. Ainsi, renonçant à tout le reste, qu’elle n’honore que son époux.

Verse 49

जीवहीनो यथा देहः क्षणादशुचितां व्रजेत् । भर्तृहीना तथा योषित्सुस्नाताप्यशुचिः सदा

De même qu’un corps privé de vie devient impur en un instant, de même une femme sans époux est tenue pour toujours impure, même après un bain accompli.

Verse 50

अमंगलेभ्यः सर्वेभ्यो विधवा त्यक्तमंगला । विधवा दर्शनात्सिद्धिः क्वापि जातु न जायते

Parmi toutes les choses inauspicieuses, la veuve, dépouillée d’auspiciosité, est tenue pour inauspicieuse ; à la seule vue d’une veuve, dit-on, nulle réussite ne naît jamais, nulle part, en aucun temps.

Verse 51

विहाय मातरं चैकां सर्वमंगलवर्जिताम । तदाशिषमपि प्राज्ञस्त्यजेदाशीविषोपमाम

À l’exception de la seule mère, qu’il convient de mettre à part avec respect, le sage doit même repousser la bénédiction de celui qui est privé de toute auspiciosité, la tenant pour semblable à un serpent venimeux.

Verse 52

कन्याविवाहसमये वाचयेयुरिति द्विजाः । भर्तुः सहचरी भूयाज्जीवतोऽजीवतोपिवा

Au moment du mariage d’une jeune fille, les dvija doivent faire réciter : «Qu’elle soit la compagne de son époux, qu’il vive ou même s’il ne vit plus».

Verse 53

भर्ता सदानुयातव्यो देहवच्छायया स्त्रिया । चंद्रमा ज्योत्स्नया यद्वद्विद्युत्वान्विद्युता यथा

L’épouse doit toujours suivre son époux comme l’ombre suit le corps ; ainsi la lune est accompagnée de sa clarté, et l’éclair de son éclat.

Verse 54

अनुव्रजति भर्तारं गृहात्पितृवनं मुदा । पदेपदेऽश्वमेधस्य फलं प्राप्नोत्यसंशयम

Celle qui, joyeuse, suit son époux de la maison jusqu’au pitṛvana obtient, à chaque pas, un mérite égal à celui de l’Aśvamedha, sans nul doute.

Verse 55

व्यालग्राही यथा व्यालं बलादुद्धरते बिलात । एवमुत्क्रम्य दूतेभ्यः पतिं स्वर्गं नयेत्सती

Comme le charmeur de serpents arrache de force le serpent de son trou, ainsi la satī, épouse fidèle, se dressant contre les messagers, mène son époux au ciel.

Verse 56

यमदूताः पलायंते सतीमालोक्य दूरतः । अपि दुष्कृतकर्माणं समुत्सृज्य च तत्पतिम्

Les messagers de Yama s’enfuient en voyant une satī, même de loin, abandonnant même son époux, fût-il auteur d’actes mauvais.

Verse 57

न तथा बिभीमो वह्नेर्नतथा विद्युतो यथा । आपतंतीं समालोक्य वयं दूताः पतिव्रताम्

Nous, les messagers, ne craignons pas autant le feu ni la foudre que lorsque nous voyons une pativrata accourir vers nous.

Verse 58

तपनस्तप्यतेत्यंतं दहनोपि च दह्यते । कंपंते सर्व तेजांसि दृष्ट्वा पातिव्रतं महः

Le soleil est brûlé à l’excès, et même le feu se consume ; toutes les splendeurs frémissent en voyant la grande radiance née de la fidélité d’une épouse.

Verse 59

यावत्स्वलोमसंख्यास्ति तावत्कोट्ययुतानि च । भर्त्रा स्वर्गसुखं भुंक्ते रममाणा पतिव्रता

Autant il y a de poils sur son corps, autant de crores et de dizaines de millions d’années : l’épouse fidèle, dans la joie, goûte le bonheur du ciel avec son époux.

Verse 60

धन्या सा जननी लोके धन्योसौ जनकः पुनः । धन्यः स च पतिः श्रीमान्येषां गेहे पतिव्रता

Bienheureuse en ce monde est cette mère, bienheureux encore est ce père ; bienheureux aussi est l’époux illustre, dans la demeure duquel habite une épouse fidèle.

Verse 61

पितृवंश्यामातृवंश्याःपतिवंश्यास्त्रयस्त्रयः । पतिव्रतायाः पुण्येन स्वर्गसौख्यानि भुंजते

Trois générations de la lignée du père, trois de la lignée de la mère et trois de la lignée de l’époux goûtent les douceurs du ciel grâce au mérite de cette épouse fidèle.

Verse 62

शीलभंगेन दुर्वृत्ताः पातयंति कुलत्रयम् । पितुर्मातुस्तथापत्युरिहामुत्र च दुःखिताः

En brisant la bonne conduite, les dévoyés font choir les trois familles—celle du père, celle de la mère et celle de l’époux—et deviennent affligés ici-bas comme dans l’au-delà.

Verse 63

पतिव्रतायाश्चरणो यत्र यत्र स्पृशेद्भुवम् । तत्रेति भूमिर्मन्येत नात्र भारोस्तिपावनी

Partout où le pied d’une pativratā, épouse fidèle, effleure la terre, le sol tient ce lieu pour béni ; car là il n’est point de fardeau : elle est purificatrice.

Verse 64

बिभ्यत्पतिव्रतास्पर्शं कुरुते भानुमानपि । सोमो गंधवहश्चापि स्वपावित्र्याय नान्यथा

Même Sūrya, le Soleil, saisi de crainte révérencielle, recherche le contact d’une pativratā. De même Soma et Gandhavaha : uniquement pour leur propre sanctification, et pour nulle autre raison.

Verse 65

आपः पतिव्रता स्पर्शमभिलष्यंति सर्वदा । अद्य जाड्यविनाशो नो जातास्त्वद्याऽन्यपावनाः

Les eaux aspirent sans cesse au contact d’une pativratā. Aujourd’hui notre lourdeur s’est dissipée ; aujourd’hui nous sommes purifiées—purifiées, certes, au-delà d’autres purificateurs.

Verse 66

गृहेगृहे न किं नार्यो रूपलावण्यगर्विताः । परं विश्वेशभक्त्यैव लभ्यते स्त्री पतिव्रता

N’y a-t-il pas, en chaque maison, des femmes fières de leur beauté et de leur grâce ? Pourtant, une véritable pativratā ne s’obtient que par la dévotion à Viśveśa (Śiva), et non autrement.

Verse 67

भार्या मूलं गृहस्थस्य भार्या मूलं सुखस्य च । भार्या धर्मफला भार्या सं तानवृद्धये

L’épouse est la racine même de la vie du maître de maison ; l’épouse est la racine du bonheur. L’épouse porte les fruits du dharma, et l’épouse assure l’accroissement de la lignée.

Verse 68

परलोकस्त्वयं लोको जीयते भार्यया द्वयम् । देवपित्रतिथीज्यादि नाभार्यः कर्म चार्हति

Ce monde et l’au-delà se gagnent véritablement par l’épouse. Sans épouse, nul n’est digne d’accomplir les rites : culte aux devas, offrandes aux ancêtres et accueil honoré des hôtes.

Verse 69

गृहस्थः स हि विज्ञेयो यस्य गेहे पतिव्रता । ग्रसतेऽन्या प्रतिपदं राक्षस्या जरयाथवा

Seul doit être reconnu comme véritable maître de maison celui dont le foyer abrite une pativratā. Sinon, jour après jour, une autre—telle une rākṣasī sous la forme de la décrépitude—dévore la demeure.

Verse 70

यथा गंगाऽवगाहेन शरीरं पावनं भवेत् । तथा पतिव्रता दृष्ट्या शुभया पावनं भवेत्

De même que le corps est purifié par l’immersion dans la Gaṅgā, de même l’on est purifié par le regard propice d’une pativratā.

Verse 71

अनुयाति न भर्तारं यदि दैवात्कथंचन । तत्रापि शीलं संरक्ष्यं शीलभंगात्पतत्यधः

Si, par le destin, elle ne peut d’une manière ou d’une autre suivre son époux, même alors son śīla (bonne conduite) doit être préservé ; car en brisant la conduite, on chute vers le bas.

Verse 72

तद्वैगुण्यादपिस्वर्गात्पतिः पतति नान्यथा । तस्याः पिता च माता च भ्रातृवर्गस्तथैव च

Par cette faute (dans sa conduite), même l’époux tombe du ciel : il n’en est pas d’autre cause. Et de même son père et sa mère, ainsi que son cercle de frères, en subissent l’atteinte.

Verse 73

पत्यौ मृते च यायोषिद्वैधव्यं पालयेत्क्वचित् । सा पुनः प्राप्य भर्तारं स्वर्गभोगान्समश्नुते

Quand l’époux est mort, la femme qui préserve fidèlement l’état de veuve le retrouve de nouveau et jouit des délices du ciel.

Verse 74

विधवा कबरीबंधो भर्तृबंधाय जायते । शिरसो वपनं तस्मात्कार्यं विधवया सदा

Pour une veuve, dit-on, nouer la chevelure devient un lien d’attache pour l’époux; c’est pourquoi la veuve doit toujours se raser la tête.

Verse 75

एकाहारः सदा कार्यो न द्वितीयं कदाचन । त्रिरात्रं पंचरात्रं वा पक्षव्रतमथापि वा

Qu’on observe toujours un seul repas par jour, jamais un second; ou bien qu’on prenne un vœu de trois nuits, de cinq nuits, ou même une observance de quinzaine.

Verse 76

मासोपवासं वा कुर्याच्चांद्रायणमथापि वा । कृच्छ्रं वराकं वा कुर्यात्तप्तकृच्छ्रमथापि वा

On peut observer un jeûne d’un mois, ou le vœu de Cāndrāyaṇa; on peut aussi accomplir l’austérité Kṛcchra, la discipline Varāka, ou même l’austérité brûlante Taptakṛcchra.

Verse 77

यवान्नैर्वा फलाहारैः शाकाहारैः पयोव्रतैः । प्राणयात्रां प्रकुर्वीत यावत्प्राणः स्वयं व्रजेत्

Soutenant la vie par la nourriture d’orge, ou par un régime de fruits, de légumes, ou par des vœux de lait, qu’on poursuive le voyage du souffle vital jusqu’à ce que le prāṇa s’en aille de lui-même.

Verse 78

पर्यंकशायिनी नारी वि धवा पातयेत्पतिम् । तस्माद्भूशयनं कार्यं पतिसौख्यसमीहया

On dit que la veuve qui repose sur un lit entraîne la chute de son époux. Aussi, désirant le bien de son mari, qu’elle dorme à même le sol.

Verse 79

न चांगोद्वर्तनं कार्यं स्त्रिया विधवया क्वचित् । गंधद्रव्यस्य संयोगो नैव कार्यस्तया पुनः

Qu’une veuve ne fasse jamais d’onction ni de friction du corps à des fins d’ornement. De même, qu’elle ne recoure plus aux substances parfumées.

Verse 80

तर्पणं प्रत्यहं कार्यं भर्तुः कुशतिलोदकैः । तत्पितुस्तत्पितुश्चापि नामगोत्रादिपूर्वकम

Chaque jour, qu’on accomplisse le tarpaṇa pour l’époux avec de l’eau mêlée de kuśa et de sésame. De même pour son père et son aïeul, après avoir énoncé le nom, le gotra et le reste selon la règle.

Verse 81

विष्णोस्तु पूजनं कार्यं पति बुद्ध्या न चान्यथा । पतिमेव सदा ध्यायेद्विष्णुरूपधरं हरिम्

Le culte de Viṣṇu doit être accompli en le comprenant comme l’Époux, et non autrement. Qu’on médite sans cesse sur l’époux lui-même, Hari revêtu de la forme de Viṣṇu.

Verse 82

यद्यदिष्टतमं लोके यच्च पत्युः समीहितम् । तत्तद्गुणवते देयं पतिप्रीणनकाम्यया

Ce qui est le plus cher au monde, et ce que l’époux a désiré—qu’on l’offre précisément à un récipiendaire digne, dans le souhait de réjouir l’époux.

Verse 83

वैशाखे कार्तिके माघे विशेषनियमांश्चरेत् । स्नानं दानं तीर्थयात्रां विष्णोर्नामग्रहं मुहुः

En Vaiśākha, Kārtika et Māgha, qu’on observe des règles particulières : bain rituel, aumône, pèlerinage aux tīrtha sacrés, et répétition fréquente du Nom de Viṣṇu.

Verse 84

वैशाखे जलकुंभांश्च कार्तिके घृतदीपकाः । माघे धान्य तिलोत्सर्गः स्वर्गलोके विशिष्यते

En Vaiśākha, le don de jarres d’eau ; en Kārttika, l’offrande de lampes au ghee ; et en Māgha, l’aumône de grains et de sésame : tout cela devient éminemment méritoire, menant à de sublimes fruits célestes.

Verse 85

प्रपा कार्या च वैशाखे देवे देया गलंतिका । उपानद्व्यजनं छत्रं सूक्ष्मवासांसि चन्दनम्

En Vaiśākha, qu’on établisse une prapā, un abri public d’eau potable ; et dans le culte, qu’on offre une galaṃtikā, filtre à eau. Qu’on donne aussi des sandales, un éventail, une ombrelle, des vêtements fins et du bois de santal.

Verse 86

सकर्पूरं च तांबूलं पुष्पदानं तथैव च । जलपात्राण्यनेकानि तथा पुष्प गृहाणि च

Qu’on donne aussi du bétel préparé avec du camphre, ainsi que le don de fleurs ; de nombreux récipients d’eau, et aussi des pavillons ou dépôts pour les fleurs.

Verse 87

पानानि च विचित्राणि द्राक्षा रंभा फलानि च । देयानि द्विजमुख्येभ्यः पतिर्मे प्रीयतामिति

Qu’on offre diverses boissons rafraîchissantes, des raisins, des bananes et des fruits aux brāhmaṇas éminents, en priant : «Que mon Seigneur soit satisfait».

Verse 88

ऊर्जे यवान्नमश्नीयादेकान्नमथवा पुनः । वृंताकं सूरणं चैव शूकशिंबिं च वर्जयेत्

Au mois d’Ūrja (Kārttika), qu’on se nourrisse d’orge, ou bien qu’on ne prenne qu’un seul repas par jour. Qu’on s’abstienne de l’aubergine, de l’igname « pied d’éléphant » (sūraṇa) et des légumineuses et gousses (śūka-śimbi).

Verse 89

कार्तिके वर्जयेत्तैलं कार्तिके वर्जये न्मधु । कार्तिके वर्जयेत्कांस्यं कार्तिके चापिसंधितम्

En Kārttika, qu’on s’abstienne d’huile; en Kārttika, qu’on s’abstienne de miel. En Kārttika, qu’on évite le métal de cloche (kāṃsya), et qu’on évite aussi ce qui est « composé » (saṃdhita), c’est-à-dire les mets mêlés ou combinés.

Verse 90

कार्तिके मौननियमे घंटां चारु प्रदापयेत । पत्रभोजी कांस्यपात्रं घृतपूर्णं प्रयच्छति

En Kārttika, en observant la règle du silence, qu’on fasse offrir une belle cloche (à la Divinité ou au temple). Et celui qui mange sur des feuilles doit donner en don un vase de métal de cloche, rempli de ghee.

Verse 91

भूमिशय्याव्रते देया शय्या श्लक्ष्णा सतूलिका । फलत्यागे फलं देयं रसत्यागे च तद्रसम्

Pour celui qui entreprend le vœu de dormir à même le sol, qu’on donne en aumône un lit lisse avec matelas et literie. Si l’on renonce aux fruits, qu’on offre des fruits; et si l’on renonce aux jus, qu’on donne ces mêmes jus.

Verse 92

धान्यत्यागे च तद्धान्यमथवा शालयः स्मृताः । धेनूर्दद्यात्प्रयत्नेन सालंकाराः सकांचनाः

Quand on renonce aux céréales, qu’on donne ces mêmes grains; ou bien, comme il est enseigné, qu’on offre du riz śāli. Qu’on donne aussi, avec effort, une vache parée et accompagnée d’or, en don digne.

Verse 93

एकतः सर्वदानानि दीपदानं तथैकतः । कार्तिके दीपदानस्य कलां नार्हंति षोडशीम्

D’un côté se trouvent tous les dons; de l’autre, l’offrande d’une lampe. Au mois de Kārttika, nul autre don n’atteint même pas le seizième du mérite du don de la lampe.

Verse 94

किंचिदभ्युदिते सूर्ये माघस्नानं समाचरेत् । यथाशक्त्या च नियमान्माघस्नायी समाचरेत्

Lorsque le soleil s’est à peine levé, qu’on accomplisse le bain de Māgha. Et celui qui observe le bain de Māgha suivra les règles de retenue et les disciplines prescrites selon ses forces.

Verse 95

पक्वान्नैर्भो जयेद्विप्रान्यतिनोपि तपस्विनः । लड्डुकैः फेणिकाभिश्च वटकेंडरिकादिभिः

Par des mets cuits, qu’on honore et réjouisse les brāhmaṇas, ainsi que les ascètes et autres tapasvins, par des dons tels que des laddus, des douceurs pheṇikā, et des vaṭaka, eṇḍarikā et autres offrandes semblables.

Verse 96

घृतपक्वैः समीरचैः शुचिकर्पूरवासितैः । गर्भे शर्करया पूर्णैर्नेत्रानं दैः सुगंधिभिः

Avec des douceurs cuites au ghee — parfumées, pures, embaumées de camphre — remplies de sucre en leur cœur, et avec d’autres offrandes odorantes semblables, qu’on fasse les dons et les oblations.

Verse 97

शुष्केंधनानां भारांश्च दद्याच्छीतापनुत्तये । कंचुकं तूलगर्भं च तूलिकां सूपवीतिकाम्

Pour chasser le froid, qu’on donne des fagots de bois sec; et aussi une tunique, des vêtements garnis de coton, un petit coussin, et une étoffe chaude pour s’envelopper.

Verse 98

मंजिष्ठा रक्तवासांसि तथा तूलवतीं पटीम् । जातीफल लवंगैश्च तांबूलानि बहून्यपि

Qu’on offre aussi la mañjiṣṭhā (garance), des vêtements rouges et une étoffe de coton ; et encore de nombreuses offrandes de bétel, avec noix de muscade et clous de girofle.

Verse 99

कंबलानि विचित्राणि निर्वातानि गृहाणि च । मृदुलाः पादरक्षाश्च सुगंध्युद्वर्त्तनानि च

Qu’on donne des couvertures aux couleurs variées, des demeures abritées du vent (ou un gîte), des chaussures souples pour protéger les pieds, et des poudres ou onguents parfumés pour l’onction du corps.

Verse 100

घृतकंबलपूजाभिर्महास्नानपुरःसरम् । कृष्णागुरुप्रभृतिभिर्गर्भागारे प्रधूपनैः

Par un culte fait de ghee et de couvertures—précédé d’un grand bain rituel—et par la fumigation d’encens dans le sanctuaire, avec l’agaru noir et autres substances semblables, on accomplit le rite.

Verse 110

इदं पातिव्रतं तेजो ब्रह्मतेजो भवान्परम् । तत्राप्येतत्तपस्तेजः किमसाध्यतमं तव

Cette splendeur de la fidélité d’épouse est une radiance ; tu es suprême par la radiance de Brahman. Et plus encore, voici l’éclat né du tapas : qu’y aurait-il donc d’absolument impossible à accomplir pour toi ?

Verse 120

साधयिष्यामि वः कार्यं विसर्ज्येति दिवौकसः । पुनश्चिंतापरो भूत्वाऽगस्तिर्ध्यानपरोभवत्

«J’accomplirai votre tâche ; retirez-vous», dit-il aux habitants du ciel. Puis, redevenant tout entier voué à la contemplation, Agastya entra dans une profonde méditation (dhyāna).

Verse 121

वेदव्यास उवाच । इमं पतिव्रताध्यायं श्रुत्वा स्त्रीपुरुषोपिवा । पापकंचुकमुत्सृज्य शक्रलोकं प्रयास्यति

Vyāsa dit : Quiconque écoute ce chapitre sur le pātivratya—femme ou homme—, rejetant le manteau du péché, parviendra au monde de Śakra (Indra).