
Cet adhyāya se déploie comme un récit exemplaire d’éthique et de rite, aboutissant à une description détaillée d’un vrata. Sūta rapporte que Puṣpa, après avoir évoqué des actes contestés liés à la mise à mort de Maṇibhadra et au blâme social qui s’ensuit, est réprimandé par des brāhmanes et qualifié de grand fautif, jusqu’à ce que soit mentionnée dans le discours l’accusation de brahma-ghna. Voyant sa détresse, les brāhmanes de Nāgara consultent śāstra, smṛti, purāṇa et vedānta afin de trouver une voie de purification, et concluent qu’un remède doit être reconnu et établi avec autorité. Un brāhmane nommé Caṇḍaśarman cite le Skanda Purāṇa et présente la Puraścaraṇa-Saptamī comme discipline expiatoire. Puṣpa l’accomplit et il est dit qu’il devient pur au terme d’une année. Le chapitre insère ensuite un ancien dialogue : le roi Rohitāśva interroge le sage Mārkaṇḍeya sur l’effacement des péchés commis par la pensée, la parole et l’acte. Mārkaṇḍeya distingue les voies : repentir pour les fautes mentales, retenue et non-accomplissement pour les fautes verbales, et prāyaścitta formel pour les fautes corporelles, soit déclaré devant l’autorité brāhmanique, soit imposé par la discipline royale. Enfin, le sage prescrit la Puraścaraṇa-Saptamī, vœu centré sur le Soleil, à observer en Māgha (quinzaine claire) lorsque le Soleil est en Makara, un dimanche : jeûne, pureté rituelle, culte de l’icône, fleurs rouges et offrandes, arghya au santal rouge ; puis conclusion par le repas offert aux brāhmanes, la dakṣiṇā et certaines ingestions purificatrices (dont le pañcagavya). Une continuité mensuelle des offrandes est décrite sur l’année, se terminant par un don prescrit (incluant une sixième part) à un brāhmane et l’affirmation d’une purification complète pour l’observant.
Verse 1
सूत उवाच । एवं नाम्नि कृते तस्य भास्करस्यांशुमालिनः । द्विजानां पुरतः पुष्पः कथयामास चेष्टितम्
Sūta dit : Lorsque ce Soleil resplendissant—Bhāskara, ceint d’une guirlande de rayons—eut ainsi reçu son nom, Puṣpa, devant les brāhmanes, se mit à raconter ce qui s’était passé.
Verse 2
आत्मीयं कुत्सितं तेषां मणिभद्रवधो यथा । विहितो विहिता पत्नी तस्य व्याजेन कृत्स्नशः
Il rapporta en entier leur propre affaire honteuse : comment la mise à mort de Maṇibhadra fut provoquée, et comment une épouse lui fut arrangée, le tout au moyen d’un prétexte monté de toutes pièces.
Verse 3
ततस्ते ब्राह्मणाः प्रोचुस्तच्छ्रुत्वा कोपसंयुताः । सीत्कारान्प्रचुरान्कृत्वा धिक्त्वां पाप प्रगम्यताम्
Alors ces brahmanes, l’ayant entendu, furent saisis de colère; poussant maints sifflements, ils dirent : «Honte à toi, pécheur — va-t’en, disparais !»
Verse 4
आत्मीयं हेम चादाय न ते शुद्धिर्भविष्यति
«Même si tu reprends ton propre or, la pureté ne viendra pas à toi.»
Verse 5
ब्रह्मघ्नस्त्वं यतः प्रोक्तास्त्रयो वर्णा द्विजोत्तमाः । ब्राह्मणः क्षत्रियो वैश्यः स्मृतिशास्त्रप्रपाठकैः
«Car les maîtres et récitateurs des Smṛti-śāstras enseignent que les trois varṇa deux-fois-nés — brāhmane, kṣatriya et vaiśya — lorsqu’ils profanent la sainteté brahmanique sont dits “brahmaghna” (tueurs de Brahman) ; ainsi te nomme-t-on brahmaghna, ô le meilleur des deux-fois-nés.»
Verse 6
सूत उवाच । ततस्तु दुःखितः पुष्पो बाष्पसंपूरितेक्षणः । ब्रह्मस्थानाद्विनिर्गत्य प्ररुरोद सुदुःखितः
Sūta dit : «Alors Puṣpa, accablé de chagrin, les yeux remplis de larmes, sortit du Brahma-sthāna et pleura amèrement, submergé de douleur.»
Verse 7
रोरूयमाणमालोक्य ततस्ते नागरा द्विजाः । दयां च महतीं कृत्वा ततः प्रोचुः परस्परम्
Le voyant pleurer à haute voix, ces brahmanes Nāgara, saisis d’une grande compassion, se dirent alors les uns aux autres.
Verse 8
नानाविधानि शास्त्राणि स्मृतयश्च पृथग्विधाः । पुराणानि समस्तानि वीक्षध्वं सुसमाहिताः
Examinez, avec soin et pleine attention, les multiples śāstra, les diverses Smṛti et l’ensemble des Purāṇa dans leur intégralité.
Verse 9
कुत्रचित्क्वचिदेवास्य कथंचिच्छुद्धिरस्ति चेत् । न तच्च विद्यते शास्त्रमस्मिन्स्थाने न चास्ति यत्
Si, quelque part—d’une manière ou d’une autre—il pouvait y avoir pour lui une purification, il devrait alors exister une autorité de śāstra pour l’attester; or, en ce lieu, on ne trouve aucun enseignement autorisé de ce genre.
Verse 10
न स्मृतिर्न पुराणं च वेदांतं वा द्विजोत्तमाः । न चास्ति ब्राह्मणः सोऽत्र सर्वज्ञप्रतिमो न यः
Ô meilleurs des deux-fois-nés : ici il n’y a ni Smṛti, ni Purāṇa, ni même Vedānta ; et il n’y a pas non plus ici de brāhmaṇa semblable à un omniscient.
Verse 11
तस्माच्चिन्तयत क्षिप्रमस्य शुद्धिप्रदं हि यत् । तच्च प्रमाणतां नीत्वा शुद्धिरस्य प्रदीयते
C’est pourquoi, réfléchissez sans tarder à ce qui lui accorde véritablement la purification ; puis, l’ayant établi comme pramāṇa (autorité valide), que sa purification lui soit conférée.
Verse 12
अथैको ब्राह्मणः प्राह चंडशर्मेति विश्रुतः । मया स्कांदपुराणेऽस्मिन्पुरश्चरणसंश्रिता
Alors un brāhmaṇa, renommé sous le nom de Caṇḍaśarman, prit la parole : «Dans ce Skanda Purāṇa, je me suis appuyé sur un enseignement lié au puraścaraṇa…».
Verse 13
पठिता सप्तमी या च पुरश्चरणसंज्ञिता । पुरश्चरणतः पापं विहितं तु यथा व्रजेत्
Cette Saptamī que l’on récite et que l’on nomme « Puraścaraṇa » : par ce puraścaraṇa, le péché est ordonné de s’éloigner, conformément à la prescription.
Verse 14
सम्यक्तथापि विप्रेंद्रास्ततो याति न संशयः । तस्मात्करोतु तामेष पुरश्चरणसप्तमीम्
Ainsi donc, ô le meilleur des brāhmaṇas, si cela est accompli comme il se doit, l’effet se produit assurément, sans aucun doute. Qu’ainsi cet homme accomplisse cette Saptamī de Puraścaraṇa.
Verse 15
अपरं भूभुजादेशान्मणिभद्रो निपातितः । वधकैस्तस्य तत्पापं यदि पापं प्रजायते
De plus, Maṇibhadra fut mis à mort par les bourreaux sur l’ordre du roi. Si quelque péché naît de cet acte, ce péché retombe en vérité sur celui qui a donné l’ordre injuste.
Verse 16
राजा भूत्वा न यः सम्यग्विचारयति वादिनम् । तस्य तत्पातकं घोरं राज्ञश्चैव प्रजायते
Celui qui, tout en étant roi, n’examine pas comme il convient la requête du plaideur, voit naître en lui, le roi, ce péché redoutable.
Verse 17
तथास्य पत्न्यास्तत्पापं जानंत्या यत्तयोदितम् । मत्पित्रा ब्राह्मणैर्दत्तोऽयं पुरा वह्निसंनिधौ
De même, ce péché touche aussi son épouse, puisqu’elle savait ce qu’ils avaient dit. « Cette observance/ce rite fut jadis donné par mon père, avec les brāhmaṇas, en présence du feu sacré. »
Verse 18
विडंबितेन चानेन कृतप्रतिकृतं कृतम् । तस्मान्न चास्य दोषः स्याद्यतः प्रोक्तं मुनीश्वरैः
Et par celui-ci—qui avait été trompé—une riposte fut accomplie selon ce qui avait été fait. Ainsi, aucune faute ne doit lui être imputée, car telle est la déclaration des sages vénérables.
Verse 19
कृते प्रतिकृतं कुर्याद्धिंसने प्रतिहिंसनम् । न तत्र जायते दोषो यो दुष्टे दुष्टमाचरेत्
À l’acte accompli, qu’on rende un acte en retour; à la violence, une contre-violence. Alors aucune faute ne naît pour celui qui agit « comme le méchant » envers le méchant, c’est-à-dire qui répond à la mesure du tort.
Verse 20
ब्राह्मणा ऊचुः । यद्येवं वद विप्रास्य पुरश्चरणसंज्ञिताम् । सप्तमीमद्य विप्रेंद्र वराकस्य विशुद्धये
Les brāhmaṇas dirent : «S’il en est ainsi, ô le meilleur des brāhmaṇas, expose aujourd’hui cette Saptamī appelée “Puraścaraṇa”, pour la purification de ce pauvre homme.»
Verse 21
सूत उवाच । अथास्य कथयामास सप्तमीं तां द्विजोत्तमाः । चंडशर्माभिधानस्तु कृत्वा तस्योपरि कृपाम्
Sūta dit : Alors les meilleurs des brāhmaṇas lui exposèrent cette Saptamī. L’un d’eux, nommé Caṇḍaśarmā, pris de compassion pour lui, l’instruisit.
Verse 22
तेनापि विहिता सम्यग्यथा तस्य मुखाच्छ्रुता । ततः संवत्सरस्यांते विपाप्मा समपद्यत
Lui aussi l’accomplit correctement, tel qu’il l’avait entendu de sa bouche. Puis, au terme d’une année, il devint exempt de péché.
Verse 23
ऋषय ऊचुः । पुरश्चरणसंज्ञां तु सप्तमीं वद सूतज । विधिना केन कर्तव्या कस्मिन्काल उपस्थिते
Les sages dirent : « Ô fils de Sūta, dis-nous quelle est la Saptamī appelée Puraścaraṇa : selon quel rite doit-elle être accomplie, et à quel moment convient-il de l’entreprendre ? »
Verse 24
सूत उवाच । अहं वः कीर्तयिष्यामि रोहिताश्वस्य भूपतेः । मार्कंडेन पुरा प्रोक्ता पृच्छयमानेन भक्तितः
Sūta dit : « Je vais vous le raconter : l’observance qu’autrefois Mārkaṇḍeya enseigna au roi Rohitāśva, lorsqu’il l’interrogea avec dévotion. »
Verse 25
सप्तकल्पस्मरो विप्रा मार्कंडाख्यो महामुनिः । रोहिताश्वेन पृष्टः स हरिश्चंद्रात्मजेन च
Ô brāhmanes, le grand sage nommé Mārkaṇḍa, qui se souvient des événements de sept kalpas, fut interrogé par Rohitāśva, fils de Hariścandra.
Verse 26
रोहिताश्व उवाच । अज्ञानाज्ज्ञानतो वापि यत्पापं कुरुते नरः । उपायं तस्य नाशाय किंचिन्मे वद सन्मुने
Rohitāśva dit : « Qu’un homme commette le péché par ignorance ou en pleine connaissance, dis-moi, ô sage vertueux, quelque moyen d’anéantir ce péché. »
Verse 27
मार्कंडेय उवाच । मानसं वाचिकं चैव कायिकं च तृतीयकम् । त्रिविधं पातकं लोके नराणामिह जायते
Mārkaṇḍeya dit : « En ce monde, le péché naît chez les hommes sous trois formes : par l’esprit, par la parole, et, en troisième lieu, par le corps. »
Verse 28
तत्रोपाया विनाशाय तस्य संपरिकीर्तिताः । तानहं ते प्रवक्ष्यामि शृणुष्व नृपसत्तम
Là, les moyens de détruire ce péché (triple) ont été clairement proclamés. Je te les exposerai—écoute, ô meilleur des rois.
Verse 29
मानसं चैव यत्पापं नराणामिह जायते । पश्चात्तापे कृते तस्य तत्क्षणादेव नश्यति
Quel que soit le péché qui naisse chez les hommes ici, au niveau du mental—dès que l’on s’en repent, il s’évanouit à l’instant même.
Verse 30
वाचिकं चैव यत्पापं नाभुक्त्वा तत्प्रणश्यति । पुरश्चरणबाह्यं तु सत्यमेतन्मयोदितम्
Et tout péché commis par la parole—sans que le fautif ait à en subir le fruit—peut être anéanti. C’est une vérité que je proclame, sans exiger de longs rites préparatoires (puraścaraṇa).
Verse 31
निवेद्य ब्राह्मणेंद्राणां तदुक्तं च समाचरेत् । प्रायश्चित्तं यथोक्तं तु ततः शुद्धिमवाप्नुयात्
Après l’avoir confessé aux brāhmaṇas les plus éminents, qu’il agisse selon ce qu’ils prescrivent. En accomplissant le prāyaścitta comme il est enseigné, il obtient alors la purification.
Verse 32
अथवा पार्थिवो ज्ञात्वा कुरुते तस्य निग्र हम् । तेन शुद्धिमवाप्रोति यद्यपि स्यात्स किल्विषी
Ou bien, lorsque le roi apprend la faute et lui inflige une peine, par ce châtiment légitime il obtient la purification, même s’il est réellement entaché de faute.
Verse 33
लज्जया ब्राह्मणेंद्राणां यो न ब्रूते कथंचन । न च राजा विजानाति शरीरस्थेन यो म्रियेत् । तस्य निग्रहकर्ता च स्वयं वैवस्वतो यमः
Par honte devant les plus éminents brāhmaṇa, si quelqu’un n’avoue rien du tout, et que le roi n’en vient pas non plus à le savoir, puis qu’il meurt tandis que ce péché demeure en son corps—alors celui qui le retient et le châtie est Yama Vaivasvata lui-même.
Verse 34
तस्मात्सर्वप्रयत्नेन कृत्वा पापं विजानता । प्रायश्चित्तं तु कर्तव्यं यथोक्तं ब्राह्मणो दितम्
C’est pourquoi, avec tous ses efforts, celui qui sait avoir commis une faute doit accomplir le prāyaścitta (expiation) exactement tel que l’ont prescrit les brāhmaṇa.
Verse 35
रोहिताश्व उवाच । सर्वेषामेव पापानां विहितानां मुनीश्वर । किंचिद्व्रतं समाचक्ष्व दानं वा होममेव वा । विपाप्मा जायते येन पुरश्चरणवर्जितम्
Rohitāśva dit : «Ô seigneur parmi les sages, pour ôter tous les péchés qui s’attachent à l’homme, enseigne-moi quelque observance—qu’il s’agisse d’un vrata (vœu sacré), d’un dāna (don), ou d’un homa (offrande au feu)—par laquelle on devienne sans péché même sans accomplir le rite complet du puraścaraṇa.»
Verse 36
नित्यं पापानि कुरुते नरः सूक्ष्माणि सर्वतः । प्रायश्चित्तानि सर्वेषां कर्तुं शक्तिः कथं भवेत्
L’homme commet sans cesse, de toutes parts, des fautes subtiles ; comment pourrait-il avoir la force d’accomplir des prāyaścitta (expiations) pour chacune d’elles ?
Verse 37
मार्कंडेय उवाच । अस्ति राजन्व्रतं पुण्यं पुरश्चरणसंज्ञितम् । पुरश्चरणसंज्ञा तु सप्तमी सूर्यवल्लभा
Mārkaṇḍeya dit : «Ô Roi, il existe un vœu méritoire nommé “Puraścaraṇa”. Le jour appelé Puraścaraṇa est la Saptamī (le septième jour lunaire), cher au Soleil.»
Verse 38
यया संचीर्णया राज न्कायस्थो यमसंभवः । विचित्रो मार्जयेत्पापं कृतं जन्मनि संचितम्
En l’accomplissant selon la règle, ô Roi, même Vicitra —le kāyastha né de Yama— effaça le péché amassé et commis au cours d’une vie entière.
Verse 39
तस्मात्कुरु महाराज तथाशु वचनं मम । येन वा मुच्यते पापा त्सर्वस्मात्कायसंभवात्
C’est pourquoi, ô grand Roi, accomplis sans délai mon injonction, grâce à laquelle on est délivré de tout péché né de l’existence incarnée.
Verse 40
रोहिताश्व उवाच । पुरश्चरणसंज्ञा तु सप्तमी मुनिसत्तम । विधिना केन कर्तव्या कस्मिन्काले वद स्व मे
Rohitāśva dit : « Ô le meilleur des sages, cette Saptamī appelée Puraścaraṇa, selon quel rite doit-elle être observée, et à quel moment ? Dis-le-moi. »
Verse 41
मार्कंडेय उवाच । माघमासे सिते पक्षे मकरस्थे दिवाकरे । सूर्यवारेण सप्तम्यां व्रतमेतत्समाचरेत्
Mārkaṇḍeya dit : « Au mois de Māgha, durant la quinzaine claire, lorsque le Soleil est en Makara (Capricorne), on doit accomplir ce vœu le jour de Saptamī qui tombe un dimanche. »
Verse 42
पाखंडैः पतितैः सार्धं तस्मिन्नहनि नालपेत् । भक्षयित्वा नृपश्रेष्ठ प्रभाते दन्तधावनम् । मंत्रेणानेन पश्चाच्च कर्तव्यो नियमो नृप
Ce jour-là, qu’on ne converse ni avec les hérétiques ni avec les déchus. Après avoir mangé au moment prescrit, ô meilleur des rois, au matin qu’on se nettoie les dents ; puis, ô Roi, qu’on entreprenne la discipline (niyama) avec ce mantra.
Verse 43
पुरश्चरणकृत्यायां सप्तम्यां दिवसाधिप । उपवासं करिष्यामि अद्य त्वं शरणं मम
Ô Seigneur du Jour (Sūrya), en cette Saptamī prescrite pour le rite de Puraścaraṇa, j’observerai le jeûne ; aujourd’hui, Tu es mon refuge.
Verse 44
ततोऽपराह्णसमये स्नात्वा धौतांबरः शुचिः । प्रतिमां पूजयेद्भक्त्या दिनाधिपसमुद्भवाम्
Puis, au temps de l’après-midi, après s’être baigné et avoir revêtu des vêtements propres, étant pur, qu’on adore avec dévotion l’image (pratimā) du Seigneur du Jour (Sūrya).
Verse 45
रक्तैः पुष्पैर्महावीर पादाद्यं पूजयेत्ततः । पतंगाय नमः पादौ मार्तंडायेति जानुनी
Ô grand héros, alors qu’on vénère les pieds et les membres inférieurs avec des fleurs rouges. En récitant « Hommage à Pataṅga », on adore les Pieds ; et en récitant « (Hommage) à Mārtaṇḍa », on adore les Genoux.
Verse 46
गुह्यं दिवसनाथाय नाभिं द्वादश मूर्तये । बाहू च पद्महस्ताय हृदयं तीक्ष्णदीधिते
Qu’on adore la partie secrète sous le nom de « Seigneur du Jour » ; le nombril sous le nom de « Aux Douze Formes » ; les bras sous le nom de « À la Main de Lotus » ; et le cœur sous le nom de « Aux Rayons Tranchants ».
Verse 47
कंठं पद्मदलाभाय शिरस्तेजोमयाय च । एवं संपूज्य विधिवद्धूपं कर्पूरमाददेत्
Qu’on adore la gorge sous le nom de « Resplendissant comme un Pétale de Lotus », et la tête sous le nom de « Fait de Radiance ». Après avoir ainsi adoré selon le rite, qu’on offre l’encens — surtout le camphre.
Verse 48
गुडौदनं च नैवेद्यं रक्तवस्त्राभिवेष्टितम् । रक्तसूत्रेण दीपं च तथैवारार्तिकं नृप
Qu’on offre en naivedya du riz doux au jaggery, enveloppé d’un tissu rouge. Qu’on prépare aussi une lampe liée d’un fil rouge et qu’on accomplisse pareillement l’ārārtika, ô roi.
Verse 49
शंखे तोयं समादाय रक्तचन्दनमिश्रितम् । सफलं च ततः कृत्वा अर्घ्यं दद्यात्ततः परम्
Prenant de l’eau dans une conque (śaṅkha) et la mêlant au santal rouge, puis y joignant des fruits, qu’on offre ensuite l’arghya, l’offrande d’eau révérencieuse.
Verse 50
कुकृतं यत्कृतं किंचिदज्ञानाज्ज्ञानतोऽपि वा । प्रायश्चित्तं कृतं देव ममार्घ्यश्च प्रगृह्यताम्
Quelque faute que j’aie commise—par ignorance ou même en connaissance—l’expiation (prāyaścitta) a été accomplie. Ô Seigneur, daigne aussi accepter mon arghya.
Verse 51
ततः संपूजयद्विप्रं गन्धपुष्पानुलेपनैः । दत्त्वा तु भोजनं तस्मै दक्षिणां च स्वशक्तितः । प्राशनं कायशुद्ध्यर्थं पञ्चगव्यस्य चाचरेत्
Ensuite, qu’on honore dûment un brāhmaṇa par des parfums, des fleurs et des onguents. Après lui avoir donné nourriture et dakṣiṇā selon ses moyens, qu’on prenne aussi le pañcagavya pour la purification du corps.
Verse 52
कृतांजलिपुटो भूत्वा समुद्वीक्ष्य दिवाकरम् । दिवाकरं गतश्चैव मन्त्रमेतं समुच्चरेत्
Ensuite, les mains jointes en añjali, en regardant vers le Soleil, puis s’approchant du Soleil divin en adoration, qu’on récite ce mantra.
Verse 53
इदं व्रतं मया देव गृहीतं पुरतस्तव । अविघ्नं सिद्धिमायातु प्रसादात्तव भास्कर
Ô Seigneur, j’ai pris ce vœu en ta présence même. Ô Bhāskara, par ta grâce, qu’il s’accomplisse sans aucun obstacle.
Verse 54
ततश्च फाल्गुने मासि संप्राप्ते मुनिसत्तम । कुन्देन पूजयेद्देवं तेनैव विधिना ततः
Puis, lorsque vient le mois de Phālguna, ô le meilleur des sages, qu’on adore le Seigneur avec des fleurs de kunda, et qu’ensuite on suive ce même rite.
Verse 55
धूपं च गुग्गुलुं दद्यान्नैवेद्यं भक्तमेव च । प्राशनं गोमयं प्रोक्तं सर्वपापविशुद्धये
Qu’on offre l’encens de guggulu en fumigation et qu’on présente du riz cuit en offrande (naivedya). Le ‘prāśana’ prescrit est la bouse de vache, dite purifier de tous les péchés.
Verse 56
चैत्रे मासि तु संप्राप्ते सुरभ्या पूज्येद्धरिम् । नैवेद्यं गुणिकाः प्रोक्ता धूपं सर्जरसोद्भवम्
Quand vient le mois de Caitra, qu’on adore Hari avec des offrandes issues de la vache parfumée, surabhī. Le naivedya recommandé est le gâteau sucré (guṇikā), et l’encens provient de la résine de l’arbre śarja.
Verse 57
कुशोदकं च संप्राश्य कायशुद्धिमवाप्नुयात् । वैशाखे किंशुकैः पूजां यथावच्च घृताशनैः
En sirotant rituellement l’eau imprégnée de kuśa, on obtient la purification du corps. Au mois de Vaiśākha, qu’on accomplisse le culte avec des fleurs de kiṃśuka et, selon la règle, avec l’ingestion prescrite d’offrandes au ghee.
Verse 58
नैवेद्यं च सुरामांसं धूपं च विनिवेदयेत् । दधिप्राशनमेवात्र कर्तव्यं कायशुद्धये
Qu’on présente du vin et de la viande en naivedya, et qu’on offre aussi l’encens. Ici, l’ingestion rituelle prescrite est de manger du caillé (dadhi), pour la purification du corps.
Verse 59
पुष्पपाटलया पूजा विधातव्या रवेर्नृप । नैवेद्ये सक्तवः प्रोक्ताः प्राशनं च घृतं स्मृतम्
Ô Roi, le culte rendu à Ravi (le Soleil) doit être accompli avec des fleurs de pāṭalā. En naivedya, il est prescrit d’offrir le saktu (farine de grains grillés), et l’ingestion rituelle est dite être le ghee.
Verse 60
कपिलाया महावीर सर्वपापविशुद्धये । आषाढे मुनिपुष्पैश्च पूजयेद्भास्करं नृप
Ô grand héros, pour être purifié de tous les péchés, (le rite) doit être accompli avec la kapilā (vache fauve/offrande kapilā). Au mois d’Āṣāḍha, ô Roi, vénère Bhāskara avec des fleurs de muni.
Verse 61
नैवेद्ये घारिका प्रोक्ता प्राशनं मधुसर्पिषोः । धूपं चैवागरुं दद्यात्परया श्रद्धया युतः
La naivedya prescrite est la ghārikā (gâteau frit). L’ingestion rituelle est le miel et le ghee. Qu’on offre aussi l’agaru comme encens, animé d’une foi suprême.
Verse 62
श्रावणे तु कदंबेन पूजनं तीक्ष्णदीधितेः । नैवेद्ये मोदकाश्चैव तगरं धूप माददेत्
Au mois de Śrāvaṇa, vénère Celui aux rayons acérés (le Soleil) avec des fleurs de kadamba. Offre des modaka en naivedya, et prends le tagara pour encens.
Verse 63
गोशृंगोदकमादाय सद्यः पापात्प्रमुच्यते । जात्या भाद्रपदे पूजा क्षीरनैवेद्यमाददेत्
Celui qui prend l’eau sanctifiée par la corne de la vache est aussitôt délivré du péché. Au mois de Bhādrapada, qu’on accomplisse le culte avec le jasmin (jāti) et qu’on offre du lait en naivedya.
Verse 64
धूपं नखसमुद्भूतं प्राशनं क्षीरमेव च । आश्विने कमलैः पूजा नैवेद्ये घृतपूरिका
Qu’on offre en encens ce qui provient de « nakhā » (parfum issu de l’ongle/du sabot), et que la prise rituelle (prāśana) soit uniquement du lait. Au mois d’Āśvina, qu’on adore avec des lotus, et que la ghṛtapūrikā soit prescrite comme naivedya.
Verse 65
धूपं कुंकुमजं प्रोक्तं कर्पूरप्राशनं स्मृतम्
Il est déclaré que l’encens est fait de kuṅkuma (safran), et l’on se souvient que la prise rituelle (prāśana) de camphre est l’observance juste.
Verse 66
तुलस्या कार्तिके पूजा भास्करस्य प्रकीर्तिता । नैवेद्ये चैव खंडाख्यं धूपं कौसुंभिकं नृप
Au mois de Kārttika, on proclame le culte de Bhāskara (le Seigneur Soleil) avec la tulasī. Et pour le naivedya, ô roi, qu’on offre la douceur appelée « khaṇḍa » et l’encens fait de carthame (kāusumbhika).
Verse 67
प्राशनं च लवंगाख्यं सर्वपापविशोधनम् । भृंगराजेन पूजा च सौम्ये मासि समाचरेत्
Qu’on accomplisse aussi le prāśana de la substance appelée lavaṅga (clou de girofle), qui purifie de tous les péchés. Et au mois de Saumya, qu’on accomplisse dûment le culte avec le bhṛṅgarāja.
Verse 68
नैवेद्ये फेणिका देया धूपं गुडसमुद्भवम् । कंकोलप्राशनं चैव भास्करस्य प्रतुष्टये
Pour le naivedya, qu’on offre la pheṇikā, et qu’on présente un encens issu du guda (sucre brut). Qu’on accomplisse aussi le prāśana du kankola, afin de réjouir pleinement Bhāskara.
Verse 69
शतपत्रिकया पूजा पौषे मासि रवेः स्मृता । सहजं धूपमादिष्टं नैवेद्ये शुष्कली तथा
Au mois de Pauṣa, il est prescrit d’adorer Ravi avec la fleur aux cent pétales. Un encens naturel est enjoint, et, pour le naivedya, l’offrande de śuṣkalī également.
Verse 70
प्राशने पूर्वमुक्तानि सर्वाण्येव समाचरेत् । समाप्तौ च ततो दद्यात्षड्भागं गृहसंभवम्
Au moment du prāśana, qu’on accomplisse tout ce qui a été énoncé auparavant. Et, à l’achèvement, qu’on donne ensuite en don un sixième des produits de sa maison.
Verse 71
ब्राह्मणाय नृपश्रेष्ठ सर्वपापविशुद्धये । इष्टभोज्यं ततः कार्यं स्वशक्त्या पार्थिवोत्तम
À un brāhmaṇa, ô meilleur des rois, pour la purification de tous les péchés ; puis, ô souverain éminent, qu’on prépare un repas agréable selon ses moyens.
Verse 72
एवं तु कुरुते योऽत्र सप्तमीं भास्करोद्भवाम् । सर्वपापविनिर्मुक्तो निर्मलत्वं स गच्छति
Quiconque, en ce lieu, observe ainsi la Saptamī consacrée à Bhāskara, est délivré de tous les péchés et parvient à la pureté.
Verse 73
ब्राह्मणा ऊचुः । एवं पुरा वै कथिता रोहिताश्वाय धीमते । मार्कंडेन महाभाग तस्मात्त्वमपि तां कुरु
Les brāhmanes dirent : «Ainsi, jadis, Mārkaṇḍa, le très fortuné, l’enseigna véritablement au sage Rohitāśva. C’est pourquoi, ô bienheureux, toi aussi accomplis-le.»
Verse 74
येन संजायते सम्यक्पुरश्चरणमेव ते
Par cela, pour toi, le puraścaraṇa sera accompli pleinement, avec justesse et vérité.
Verse 75
सूत उवाच । तस्य तद्वचनं श्रुत्वा पुष्पोऽपि द्विजसत्तमाः । तां चक्रे सप्तमीं हृष्टो यथा तेन निवेदिता
Sūta dit : Ayant entendu ses paroles, Puṣpa aussi —ô le meilleur des brāhmanes— accomplit avec joie le rite de Saptamī, exactement comme il le lui avait été prescrit.
Verse 76
षड्भागं प्रददौ तस्मै ब्राह्मणाय महात्मने । स्ववित्तस्य गृहस्थस्य कुप्याकुप्यस्य कृत्स्नशः
Il donna à ce brāhmane au grand cœur le sixième de sa propre fortune, en tant que maître de maison : l’ensemble de ses biens, meubles comme réserves, en totalité.
Verse 77
सोऽपि जग्राह तद्वित्तं प्रहृष्टेनांतरात्मना । सुवर्णमणि रत्नानि संख्यया परिवर्जितम्
Lui aussi reçut cette richesse, l’âme intérieurement ravie : or, gemmes et joyaux, en quantité innombrable.
Verse 162
इति श्रीस्कान्दे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां षष्ठे नागरखण्डे हाटकेश्वरक्षेत्रमाहात्म्ये पुरश्चरणसप्तमीव्रतविधानवर्णनंनाम द्विषष्ट्युत्तरशततमोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Skanda Mahāpurāṇa, au sein de l’Ekāśīti-sāhasrī Saṃhitā, dans le sixième Nāgara Khaṇḍa, dans le Māhātmya du lieu sacré de Hāṭakeśvara, s’achève le cent soixante-deuxième chapitre, intitulé «Description de la procédure du vœu de Puraścaraṇa Saptamī».