
Le chapitre s’ouvre lorsque Vyāsa invite Sūta à entendre, par Skanda, le récit de l’entrée cérémonielle (prāveśikī-kathā) de Śambhu (Śiva) dans le Muktimaṇḍapa. L’événement est peint comme une fête embrassant toute Kāśī et, comme par écho, les trois mondes : musique, bannières, lampes, parfums et joie partagée. Śiva pénètre dans le sanctuaire intérieur et reçoit les hommages de Brahmā, des sages, des cohortes divines et des déesses-mères, au moyen d’offrandes et de rites proches de l’ārati. Vient ensuite un dialogue doctrinal où Śiva s’adresse à Viṣṇu : il affirme le rôle indispensable de Viṣṇu dans l’obtention d’Ānandavana (Kāśī) et lui accorde une proximité permanente, tout en exposant une hiérarchie d’accès—la bhakti envers Śiva à Kāśī est dite primordiale pour l’accomplissement des buts. Le discours énumère les mérites salvifiques liés au Muktimaṇḍapa, aux maṇḍapa voisins et aux lieux de bain sacré, notamment Maṇikarṇikā, soulignant qu’une présence brève, l’esprit stable, et l’écoute attentive peuvent conduire à des fruits orientés vers la délivrance. Le chapitre propose enfin une prophétie étiologique : à l’époque du Dvāpara, le pavillon sera largement connu sous le nom de Kukkutamaṇḍapa. L’explication passe par un récit moral à venir : un brāhmaṇa, Mahānanda, tombe dans l’hypocrisie et l’acceptation fautive de dons, connaît la chute et renaît en coq ; par le souvenir de Kāśī et une vie disciplinée près du pavillon, il s’élève puis obtient finalement la libération, consacrant ainsi le nom populaire du lieu. Le récit se clôt sur des indices sonores rituels (cloches), le déplacement de Śiva vers un autre pavillon, et une phalaśruti promettant joie et accomplissement à ceux qui écoutent.
Verse 1
व्यास उवाच । शृणु सूत महाभाग यथा स्कंदेन भाषितः । महामहोत्सवः शंभोः पृच्छते कुंभसंभवे
Vyāsa dit : Écoute, ô Sūta fortuné, ce que Skanda a déclaré—comment la grande fête de Śambhu fut interrogée en présence du sage né du vase (Agastya).
Verse 2
स्कंद उवाच । निशामय महाप्राज्ञ शंभु प्रावेशिकीं कथाम् । त्रैलोक्यानंदजननीं महापातकतंकिनीम्
Skanda dit : Écoute avec recueillement, ô grand sage, le récit de l’entrée sacrée de Śambhu—qui réjouit les trois mondes et fait trembler les grands péchés.
Verse 3
मंदरादागतः शंभुश्चैत्रे दमनपर्वणि । प्राप्याप्यानंदगहनमितश्चेतश्चचार ह
Śambhu vint de Mandara ; et, au mois de Caitra, le jour de la fête de Damanaka, ayant atteint un bosquet dense de béatitude, il erra çà et là selon son gré.
Verse 4
मोक्षलक्ष्मीविलासेथ प्रासादे सिद्धिमागते । देवो विरजसः पीठादंतर्गेहं विवेश ह
Alors, dans le palais nommé « Mokṣa-Lakṣmī-Vilāsa », où l’accomplissement est obtenu, le Seigneur entra dans les appartements intérieurs depuis le siège de Virajā.
Verse 5
ऊर्जशुक्लप्रतिपदि बुधराधासमायुजि । चंद्रे सप्तमराशिस्थे शेषेषूच्चग्रहेषु च
Au Pratipadā, premier jour de la quinzaine claire d’Ūrja, lorsque Budha (Mercure) était conjoint à Rādhā (demeure lunaire) et que la Lune se tenait dans le septième signe—tandis que les autres planètes étaient elles aussi en exaltation—
Verse 6
वाद्यमानेषु वाद्येषु प्रसन्नासु हरित्सु च । ब्राह्मणानां श्रुतिरव न्यक्कृतान्यरवांतरे
Tandis que résonnaient les instruments et que les bosquets verdoyants demeuraient paisibles, s’éleva la psalmodie védique des brāhmanes, couvrant tous les autres bruits alentour.
Verse 7
प्रतिशब्दित भूर्लोक भुवर्लोकांतराध्वनि । सर्वं प्रमुदितं चासीच्छंभोः प्रावेशिकोत्सवे
Lorsque les voies entre Bhūrloka et Bhuvarloka retentirent de tous côtés, tout fut rempli d’allégresse lors de l’entrée rituelle et propice de Śambhu.
Verse 8
चारणास्तु स्तुतिं कुर्युर्जर्हृषुर्देवतागणाः
Les Cāraṇas élevèrent des hymnes de louange, et les cohortes des dieux frémirent d’exultation.
Verse 9
ववुर्गंधवहा वाता ववृषुः कुसुमैर्घनाः । सर्वे मंगलनेपथ्याः सर्वे मंगलभाषिणः
Des brises parfumées se mirent à souffler, et les nuées firent pleuvoir des fleurs. Tous étaient parés d’atours de bon augure, et tous proféraient des paroles de bénédiction.
Verse 10
स्थावरा जंगमाः सर्वे जाता आनंदमेदुराः । सुरासुरेषु सर्वेषु गंधर्वेषूरगेषु च
Tous les êtres—immobiles et mobiles—débordèrent de béatitude; ainsi parmi les dieux et les asuras, et aussi parmi les Gandharvas et les Nāgas.
Verse 11
विद्याधरेषु साध्येषु किन्नरेषु नरेषु च । स्त्रीपुंजातेषु सर्वेषु रेजुश्चत्वार एव च
Parmi les Vidyādhara, les Sādhya, les Kinnara, et aussi parmi les humains—dans toutes les assemblées de femmes et d’hommes—la splendeur rayonnait partout, en toute manière.
Verse 12
निष्प्रत्यूहं च नितरां पुरुषार्थाः पदेपदे । धूपधूमभरैर्व्योम यद्रक्तं तु तदा मुने
Et, ô sage, les buts de la vie humaine s’accomplissaient sans entrave à chaque pas ; et, en ce temps-là, le ciel semblait rougi par les épaisses nappes de fumée d’encens.
Verse 13
नाद्यापि नीलिमानंतं परित्यजति कर्हिचित् । नीराजनाय ये दीपास्तदा सर्वे प्रबोधिताः
Même alors, la profonde bleuïe ne s’éloignait à aucun instant ; et toutes les lampes destinées à l’ārati (nīrājana) furent allumées, éveillées à l’éclat.
Verse 14
तेषां ज्योतींषि खेद्यापि राजंते तारकाच्छलात् । प्रतिसौधं पताकाश्च नानाकारा विचित्रिताः
Leurs lumières brillaient avec magnificence, comme si c’étaient des étoiles ; et sur chaque demeure s’élevaient des bannières aux formes multiples, richement ornées.
Verse 15
रम्यध्वजप्रभाधौता रेजुः प्रति शिवालयम् । क्वचिद्गायंति गीतज्ञाः क्वचिन्नृत्यंति नर्तकाः
Lavés par l’éclat de beaux étendards, les chemins menant à chaque sanctuaire de Śiva resplendissaient. Ici, des chanteurs experts chantaient ; là, des danseurs dansaient.
Verse 16
चतुर्विधानि वाद्यानि वाद्यंते च क्वचित्क्वचित् । प्रत्यध्वं चंदनरसच्छटा पिच्छिलभूमयः
En certains lieux, on faisait retentir les quatre sortes d’instruments; et le long de chaque voie, des gerbes de pâte de santal rendaient le sol lisse, parfumé et doucement glissant.
Verse 17
हरित श्वेत मांजिष्ठ नील पीत बहुप्रभाः । प्रत्यंगणं शुभाकारा रंगमालाश्चकाशिरे
Des guirlandes aux teintes multiples et rayonnantes—vert, blanc, rouge de garance, bleu et jaune—brillaient d’une beauté de bon augure, ornant chaque cour et chaque enceinte intérieure.
Verse 18
रत्नकुट्टिमभूभागा गोपुराग्रेषु रेजिरे । सुधोज्ज्वला हर्म्यमालाः सौधनामप्रपेदिरे
Des sols pavés de mosaïques incrustées de gemmes resplendissaient au sommet des gopuras; et des rangées de demeures, éblouissantes de blanche chaux, méritaient vraiment le nom d’« édifices palatiaux ».
Verse 19
अचेतनान्यपि तदा चेतनानीव संबभुः । यानि कानीह कीर्त्यंते मंगलानि घटोद्भव
Alors, même les choses inertes semblaient douées de conscience; tant y éclataient avec force tous les signes de bon augure que l’on célèbre ici, ô Né du Vase !
Verse 20
तेषामेव हि सर्वेषां तत्तु जन्मदिवाभवत् । आगत्य देवदेवोथ मुक्तिमंडपमाविशत्
En vérité, pour eux tous, ce jour fut comme l’aurore d’une naissance; puis le Dieu des dieux arriva et entra dans le Muktimaṇḍapa, le Pavillon de la Délivrance.
Verse 21
अथाभिषिक्तश्चतुराननेन महर्षिवृंदैः सह देवदेवः । शुभासनस्थः सहितो भवान्या कुमारवृंदैः परितो वृतश्च
Alors le Dieu des dieux fut consacré par l’onction rituelle, accomplie par Brahmā aux quatre visages, avec les multitudes de grands ṛṣi. Assis sur un trône de bon augure, auprès de Bhavānī, il était entouré de toutes parts par des troupes de jeunes serviteurs divins.
Verse 22
रत्नैरसंख्यैर्बहुभिर्दुकूलैर्माल्यैर्विचित्रैर्लसदिष्टगंधैः । अपूपुजन्देवगणा महेशं तदा मुदाते च महोरग्रेंद्राः
Avec d’innombrables joyaux, de riches étoffes, et des guirlandes merveilleuses exhalant des parfums exquis, les troupes des dieux rendirent un culte à Maheśa ; et, en ce temps-là, même les grands rois des serpents se réjouirent.
Verse 23
रत्नाकरैश्चापि गिरींद्रव्यैर्यथा स्वमन्यैरपि पुण्यधीभिः । संपूजितः कुंभज तत्र शंभुर्नीराजितो मातृगणैरथेशः
Ô Kumbhaja, là, Śambhu fut honoré comme il se doit par des trésors venus des océans de joyaux et par des substances des montagnes souveraines, ainsi que par d’autres offrandes apportées par les âmes méritantes. Puis le Seigneur reçut aussi le nīrājana (ārati) des troupes des Mères (Mātṛgaṇas).
Verse 24
संतोष्य सर्वान्प्रथमं मुनींद्रान्स्वैस्वैर्हृदिस्थैश्च चिराभिलाषैः । ब्रह्माणमाभाष्य शिवोथ विष्णुं जगाद सर्वामरवृंदवंद्यः
D’abord, Śiva combla tous les seigneurs des sages en accomplissant les désirs longtemps chéris au fond de leurs cœurs. Puis, après s’être adressé à Brahmā, lui que vénèrent toutes les troupes des immortels parla à Viṣṇu.
Verse 25
इतो निषीदेति समानपूर्वं त्वं मे समस्तप्रभुतैकहेतुः । दूरेपि तिष्ठन्निकटस्त्वमेव त्वत्तो न कश्चिन्मम कार्यकर्ता
«Assieds-toi ici, à la place qui te convient. Toi seul es l’unique cause de toute ma seigneurie. Même si tu demeures au loin, tu es véritablement tout proche ; hors de toi, nul n’accomplit mes desseins.»
Verse 26
त्वया दिवोदास नरेंद्रवर्यः सदूपदेशैश्च तथोपदिष्टः । यथा स सिद्धिं परमामवाप समीहितं मे निखिलं च सिद्धम्
Par toi, le roi Divodāsa—le meilleur des souverains—fut justement instruit par d’excellents conseils; ainsi il atteignit la réussite suprême. De même, tout ce que j’ai désiré s’est accompli entièrement.
Verse 27
विष्णो वरं ब्रूहि य ईप्सितस्ते नादेयमत्रास्ति किमप्यहो ते । इदं मयाऽनंदवनं यदाप्तं हेतुस्तु तत्रत्वमसौ गणेशः
Ô Viṣṇu, dis le don que tu désires : ici, en vérité, rien ne peut t’être refusé. Si j’ai obtenu cet Ānandavana, c’est parce que tu y demeures, et Gaṇeśa aussi.
Verse 28
जगुर्गंधर्वनिकरा ननृतुश्चाप्सरोगणाः
Les cohortes de Gandharvas chantèrent, et les troupes d’Apsaras dansèrent.
Verse 29
श्रुत्वेति वाक्यं जगदीशितुश्च प्रोवाच विष्णुर्वरदं महेशम् । यदि प्रसन्नोसि पिनाकपाणे तदा पदाद्दूरमहं न ते स्याम्
Entendant ces paroles du Seigneur du monde, Viṣṇu s’adressa à Maheśa, dispensateur de grâces : «Si tu es satisfait, ô porteur de l’arc Pināka, que jamais je ne sois loin de tes pieds».
Verse 30
श्रुत्वेति वाक्यं मधुसूदनस्य जगाद तुष्टो नितरां पुरारिः । सदा मुरारे मम सन्निधौ त्वं तिष्ठस्व निर्वाणरमाश्रयेत्र
Entendant les paroles de Madhusūdana, l’ennemi des trois cités (Śiva) parla, grandement réjoui : «Ô Murāri, demeure toujours en ma présence—ici se trouve l’asile de la joie de la délivrance (nirvāṇa)».
Verse 31
आदावनाराध्य भवंतमत्र यो मां भजिष्यत्यपि भक्तियुक्तः । समीहितं तस्य न सेत्स्यति ध्रुवं परात्परान्मेंबुज चक्रपाणे
Ô Seigneur portant le lotus et le disque, plus haut que le plus haut : quiconque ici, sans t’avoir d’abord adoré, m’adore—even avec dévotion—ne verra pas, à coup sûr, son but désiré s’accomplir.
Verse 32
सर्वत्र सौख्यं मम मुक्तिमंडपे संतिष्ठमानस्य भवेदिहाच्युत । न तत्तु कैलासगिरौ सुनिर्मले न भक्तचेतस्यपि निश्चलश्रियि
Ô Acyuta, pour celui qui se tient dans mon Pavillon de la Délivrance, la félicité naît partout ici. Mais il n’en est pas ainsi, même sur l’immaculé mont Kailāsa, même pour le dévot au mental stable et à la fortune inébranlable.
Verse 33
निमेषमात्रं स्थिरचित्तवृत्तयस्तिष्ठंति ये दक्षिणमंडपेत्र मे । अनन्यभावा अपि गाढमानसा न ते पुनर्गर्भदशामुपासते
Ceux qui, le mouvement de l’esprit rendu stable, demeurent ne fût-ce qu’un instant dans mon Pavillon du Sud ici—d’un seul élan et d’une intention profonde—ne retournent plus à l’état du sein (renaissance).
Verse 34
संस्नाय ये चक्रसरस्यगाधे समस्ततीर्थैक शिरोविभूषणे । क्षणं विशंतीह निरीहमानसा निरेनसस्ते मम पार्षदा हि
Ceux qui se baignent dans les eaux profondes de Cakra-sarasa—couronnée comme l’ornement suprême parmi tous les tīrtha—puis entrent ici ne fût-ce qu’un instant, l’esprit sans désir, deviennent sans faute et, en vérité, deviennent mes serviteurs-attendants.
Verse 35
स्मरंति ये मामपवर्गमंडपे किंचिद्यथाशक्ति ददत्यपि स्वम् । शृण्वंति पुण्याश्च कथाः क्षणं स्थिरास्ते कोटिगोदानफलं भजंति
Ceux qui se souviennent de moi dans le Pavillon de la Délivrance, offrent ne fût-ce qu’un peu de leur bien selon leur pouvoir, et écoutent—fermement, ne serait-ce qu’un instant—des récits saints, obtiennent le fruit du don de dix millions de vaches.
Verse 36
उपेंद्रतप्तानि तपांसि तैश्चिरं स्नाता हि ते चाखिलतीर्थसार्थकैः । स्नात्वेह ये वै मणिकर्णिका ह्रदे समासते मुक्तिजनाश्रयेक्षणम्
Par eux, des austérités égales à celles d’Upendra semblent avoir été pratiquées durant longtemps ; en vérité, c’est comme s’ils s’étaient baignés d’un seul coup dans l’efficacité de tous les tīrthas. Après s’être baignés ici dans le bassin de Maṇikarṇikā, ceux qui s’assoient ne fût-ce qu’un instant au refuge des chercheurs de mokṣa obtiennent cette puissance purificatrice.
Verse 37
तीर्थानि संतीह पदेपदे हरे तुला क्व तेषां मणिकर्णिकायाः । कतीहनो संति शुभाश्च मंडपाः परंपरोमुक्तिरमाश्रयोयम्
Ô Hari, dans cette Kāśī il y a des tīrthas à chaque pas ; mais lequel d’entre eux pourrait se comparer à Maṇikarṇikā ? Et combien de maṇḍapas de bon augure se trouvent ici ! Ce lieu même est un refuge où la délivrance s’obtient en une succession ininterrompue.
Verse 38
कैवल्यमंडपस्यास्य भविष्ये द्वापरे हरे । लोके ख्यातिर्भवित्रीयमेष कुक्कुटमंडपः
Ô Hari, dans l’avenir — durant l’âge de Dvāpara — ce Kaivalya-maṇḍapa deviendra célèbre dans le monde sous le nom de « Kukkuṭa-maṇḍapa ».
Verse 39
हरिरुवाच । भालनेत्रसमाख्याहि कथं निर्वाणमंडपः । तथा ख्यातिमसौ गंता यथा देवेन भाषितम्
Hari dit : « Comment le Nirvāṇa-maṇḍapa est-il connu sous le nom de “Bhālanetra” ? Et comment atteindra-t-il la renommée même que le Deva a proclamée ? »
Verse 40
देवदेव उवाच । महानंदो द्विजो नाम भविष्योत्र चतुर्भुज । अग्रवेदीसमाचारस्त्यक्ततीर्थप्रतिग्रहः
Devadeva dit : « Ô Caturbhuja, en ce lieu s’élèvera dans l’avenir un brāhmaṇa nommé Mahānanda, qui suit la conduite de la plus haute discipline védique et a renoncé à accepter des dons liés aux tīrthas. »
Verse 41
अदांभिकोऽक्रूरमनाः सदैवातिथिवल्लभः । अथ यौवनमासाद्य पितर्युपरते स हि
Il était sans feinte, doux de disposition, et toujours porté à honorer les hôtes. Mais lorsqu’il parvint à la jeunesse—après la mort de son père—
Verse 42
विषमेषु शरैस्तीव्रैः कारितस्त्वपदे पदम् । जहार कस्यचिद्भार्या मैत्रीं कृत्वा तु तेन वै
Dans les périls, frappé de flèches aiguës, il fut poussé de faux pas en faux pas. Puis—après s’être d’abord lié d’amitié avec un homme—il enleva l’épouse de celui-ci.
Verse 43
तया च प्रेरितोऽपेयं पपौ चापि विमोहितः । अभक्ष्यभक्षणरुचिरभून्मदनमोहितः
Poussé par elle, il but ce qui ne devait pas être bu; et, dans son égarement, il le but même au grand jour. Troublé par le désir, il prit goût à manger ce qui est défendu.
Verse 44
वैष्णवान्धनिनो दृष्ट्वा क्षणं वैष्णववेषभृत् । शैवान्निंदति मूढात्मा नरकत्राणकारणम्
Voyant des Vaiṣṇava fortunés, il revêtit un instant l’apparence d’un Vaiṣṇava; pourtant, cet homme égaré dénigra les Śaiva—faisant ainsi de l’enfer son prétendu «moyen de délivrance».
Verse 45
शिवभक्तान्समालोक्य किंचिच्च परिदित्सुकान् । गर्हयेद्वैष्णवान्सर्वाञ्शैवलिंगोपजीवकः
Voyant des dévots de Śiva en quête d’un secours, fût-il minime, lui—bien qu’il vécût en servant le liṅga de Śiva—blâmait tous les Vaiṣṇava.
Verse 46
इति पाखंडधर्मज्ञः संध्यास्नानपराङ्मुखः । विशालतिलकः स्रग्वी शुद्धधौतांबरोज्वलः
Ainsi, bien qu’expert dans les voies de l’hypocrisie, il se détourna des devoirs de la prière du crépuscule et du bain sacré. Pourtant, il portait un large tilaka, des guirlandes, et resplendissait de vêtements immaculés, fraîchement lavés.
Verse 47
शिखी चोपग्रहकरः सर्वेभ्योऽसत्प्रतिग्रही । तस्यापत्यद्वयं जातमुन्मत्तपथवर्तिनः
Śikhī, lui aussi, vivait de petits profits et acceptait de quiconque des dons indignes. Deux enfants lui naquirent, qui suivirent une voie de vie insensée et égarée.
Verse 48
एवं तस्य प्रवृत्तस्य कश्चित्पर्वतदेशतः । समागमिष्यति धनी तीर्थयात्रार्थसिद्धये
Tandis qu’il agissait ainsi, un homme riche arriverait d’une contrée montagneuse, cherchant l’accomplissement du but de son pèlerinage vers les tīrtha, les gués sacrés.
Verse 49
स्नात्वा स चक्रसरसि कथयिष्यति चेति वै । अहमस्ति धनोदित्सुर्जात्या चांडालसत्तमः
Après s’être baigné dans le Cakrasarasa, il déclarerait : « J’ai des richesses et je souhaite les donner en aumône ; mais de naissance je suis un Cāṇḍāla. »
Verse 50
अस्ति कश्चित्प्रतिग्राही यस्मै दद्यामहं धनम् । इति तस्य वचः श्रुत्वा कैश्चिच्चांगुलिसंज्ञया
« Y a-t-il un bénéficiaire qui accepte, à qui je puisse donner cette richesse ? » À ces mots, certains, par des signes du doigt, désignèrent (quelqu’un).
Verse 51
उद्दिष्ट उपविष्टोसौ यो जपेद्ध्यानमुद्रया । एष प्रतिग्रहं त्वत्तो ग्रहीष्यति न चेतरः
«Celui qui est assis là, désigné par nous, et qui murmure les prières avec le mudrā de la méditation—c’est lui qui recevra ton offrande, et nul autre».
Verse 52
इति तेषां वचः श्रुत्वा स गत्वा तत्समीपतः । दंडवत्प्रणिपत्याथ तं बभाषे तदांत्यजः
Ayant entendu leurs paroles, il s’approcha de cet homme; puis, se prosternant entièrement comme un bâton (daṇḍavat), l’exclu lui adressa la parole.
Verse 53
मामुद्धर महाविप्र तीर्थं मे सफलीकुरु । किंचिद्वस्त्वस्ति मे तत्त्वं गृहाणानुग्रहं कुरु
«Relève-moi, ô grand brāhmane; rends fécond mon pèlerinage au tīrtha. J’ai quelque bien: accepte-le et accorde-moi ta grâce».
Verse 54
अथाक्षमालिकां कर्णे कृत्वा ध्यानं विसृज्य च । कियद्धनं तवास्तीह पप्रच्छ करसंज्ञया
Alors, plaçant le chapelet (akṣamālā) près de son oreille et quittant la méditation, il demanda d’un signe de la main : «Quelle richesse as-tu ici ?».
Verse 55
तस्य संज्ञां स वै बुद्ध्वा प्रोवाचाति प्रहृष्टवत् । संतृप्तिर्यावता ते स्यात्तावद्दास्यामि नान्यथा
Comprenant son geste, il répondit avec une grande joie : «Je donnerai autant qu’il faudra pour te satisfaire—pas moins que cela».
Verse 56
इति तद्वचनं श्रुत्वा त्यक्त्वा मौनमुवाच ह । सानंदः स महानंदो निःस्पृहोस्मि प्रतिग्रहे
Ayant entendu ces paroles, il rompit le silence et dit : « Je suis dans la joie—vraiment comblé de la grande béatitude ; je suis sans désir quant à l’acceptation des dons. »
Verse 57
परं तेऽनुग्रहार्थं तु करिष्यामि प्रतिग्रहम् । किंच मे वचनं त्वं चेत्करिष्यस्युत्तमोत्तम
Cependant, uniquement pour te faire grâce, j’accepterai ce don. Mais si tu accomplis mon instruction, ô le plus éminent des nobles, alors cela sera juste. »
Verse 58
यावदस्त्यखिलं वित्तं तन्मध्ये न्यस्य कस्यचित् । न स्तोकमपि दातव्यं तदाऽदास्यामि नान्यथा
Tant que tu possèdes quelque richesse, dépose-la toute ensemble en un seul lieu. Qu’il n’en soit donné ailleurs pas même un peu ; alors je l’accepterai—pas autrement. »
Verse 59
चांडाल उवाच । यावदस्ति मयानीतं विश्वेशप्रीतये वसु । तावत्तुभ्यं प्रदास्यामि विश्वेशस्त्वं यतो मम
Le Caṇḍāla dit : « Toute la richesse que j’ai apportée pour la joie de Viśveśa, je te la donnerai ; car tu es mon Viśveśa, mon Seigneur en vérité. »
Verse 60
ये वसंतीह विश्वेश राजधान्यां द्विजोत्तम । क्षुद्राक्षुद्रा जंतुमात्रा विश्वेशां शास्त एव हि
Ô le meilleur des brāhmaṇas, quiconque demeure ici, dans la cité royale de Viśveśa—qu’il soit humble ou non, toute créature vivante—Viśveśa devient assurément son protecteur et son guide.
Verse 61
परोद्धरणशीला ये ये परेच्छाप्रपूरकाः । परोपकृतिशीला ये विश्वेशां शास्त एव हि
Ceux dont la nature est d’élever autrui, d’accomplir les vœux légitimes des autres et de se vouer au bien d’autrui—sur de tels êtres, Viśveśa lui-même se tient assurément comme gardien et guide.
Verse 62
इति तद्वचनं श्रुत्वा प्रहृष्टेंद्रियमानसः । उवाच पार्वतीयं तं सोऽग्रजन्मांत्यजं तदा
Ayant entendu ces paroles, les sens et l’esprit remplis d’allégresse, ce noble brāhmane s’adressa alors à l’exclu—rattaché à la lignée ou au cortège même de Pārvatī.
Verse 64
विश्वेशः प्रीयतां चेति प्रोच्य यातो यथागतः । स च द्विजो द्विजैरन्यैर्धिक्कृतोपि वसन्निह
Disant : «Que Viśveśa soit satisfait», il s’en alla comme il était venu. Pourtant ce brāhmane, bien que voué au mépris par d’autres brāhmanes, continua d’y demeurer (à Kāśī).
Verse 65
बहिर्निर्गतमात्रस्तु बहुभिः परिभूयते । चांडालब्राह्मणश्चैष चांडालात्त धनस्त्वसौ
Mais à peine eut-il franchi le dehors que beaucoup l’insultèrent et l’avilirent : «C’est un brāhmane-caṇḍāla ! Et cet homme s’est enrichi grâce à un caṇḍāla !»
Verse 66
असावेव हि चांडालः सर्वलोकबहिष्कृतः । इत्थं तमनुधावंति थूत्कुर्वंतः परितो हरे
«C’est bien un caṇḍāla, rejeté par tous !» Ainsi le poursuivirent-ils, crachant de tous côtés, ô Hari.
Verse 67
स च तद्भयतो गेहात्काकभीतदिवांधवत् । न निःसरेत्क्वचिदपि लज्जाकृति नतास्यकः
Par crainte d’eux, il ne sortait nullement de sa maison—tel un aveugle effrayé par les corbeaux—honteux, le visage baissé.
Verse 68
स एकदा संप्रधार्य गृहिण्या लोकदूषितः । जगाम कीकटान्देशांस्त्यक्त्वा वाराणसीं पुरीम्
Un jour, après avoir délibéré avec son épouse, cet homme—souillé par le blâme du monde—quitta la cité de Vārāṇasī et se mit en route vers les contrées de Kīkaṭa.
Verse 69
मध्ये मार्गं स गच्छन्वै लक्षितस्तु सकांचनः । अपि कार्पटिकांतस्थः स रुद्धो मार्गरोधिभिः
Au milieu de la route, tandis qu’il cheminait, on le remarqua comme portant de l’or; et bien qu’il fût près de la demeure d’un pauvre mendiant, il fut arrêté par des coupeurs de chemin.
Verse 70
नीत्वा ते तमरण्यानीं तस्कराः सपरिच्छदम् । उल्लुंठ्य धनमादाय समालोच्य परस्परम्
Les voleurs l’emmenèrent, avec tous ses effets, dans la forêt; après l’avoir dépouillé et saisi ses richesses, ils se concertèrent entre eux.
Verse 71
प्रोचुर्भूरिधनं चैतज्जीर्यत्यस्मिन्न जीवति । असौ धनी प्रयत्नेन वध्यः सपरिचारकः
Ils dirent : «Voici une richesse abondante ; si cet homme demeure en vie, elle sera perdue pour nous. Ce riche doit être mis à mort—avec son serviteur—sans faute.»
Verse 72
संप्रधार्येति तेप्राहुः स्मर्तव्यं स्मर पांथिक । त्वां वयं घातयिष्यामो निश्चितं सपरिच्छदम्
Ils dirent : «Souviens-toi de ceci : “après avoir délibéré” ; souviens-t’en bien, ô voyageur. Nous te tuerons à coup sûr et te dépouillerons avec tous tes biens.»
Verse 73
निशम्येति मनस्येव कथयामास स द्विजः । अहो प्रतिगृहीतं मे यदर्थं वसु भूरिशः
L’ayant entendu, le brāhmane se dit en son for intérieur : «Hélas ! Dans quel but ai-je accepté une richesse si abondante ?»
Verse 74
कुटुंबमपि तन्नष्टं नष्टश्चापि प्रतिग्रहः । जीवितं चापि मे नष्टं नष्टा काशीपुरीस्थितिः
«Ma maisonnée aussi est ruinée ; le don que j’ai accepté est perdu ; ma vie elle-même est perdue—et perdue aussi est ma demeure dans la cité de Kāśī.»
Verse 75
युगपत्सर्वमेवाशु नष्टं दुर्बुद्धिचेष्टया । न काश्यां मरणं प्राप्तं तस्माद्दुष्टप्रतिग्रहात्
«D’un seul coup, tout fut promptement détruit par un acte insensé ; et, à cause de cette funeste acceptation du don, je n’ai pas obtenu la mort à Kāśī.»
Verse 76
प्रांते कुटुंबस्मरणात्तथाकाशीस्मृतेरपि । चोरैर्हतोपि स तदा कीकटे कुक्कुटोऽभवत्
À la fin—se souvenant de sa famille et se souvenant aussi de Kāśī—bien qu’il fût tué par des voleurs, il renaquit alors en Kīkaṭa sous la forme d’un coq.
Verse 77
सा कुक्कुटी सुतौ तौ तु ताम्रचूडत्वमापतुः । प्रांते काशीस्मरणतो जाता जातिस्मृतिः परा
Cette épouse devint une poule, et ses deux fils atteignirent l’état de coqs à crête; et, à la fin, par le souvenir de Kāśī, s’éveilla une prodigieuse mémoire des naissances antérieures.
Verse 78
इत्थं बहुतिथेकाले गते कार्पटिकोत्तमाः । तस्मिन्नेवाध्वनि प्राप्ताश्चत्वारो यत्र कुक्कुटाः
Ainsi, après que bien des jours se furent écoulés, ces excellents ascètes (kārpaṭikas) arrivèrent sur cette même route, là où se trouvaient les quatre coqs.
Verse 79
वाराणस्याः कथां प्रोच्चैः कुर्वंतोऽन्योन्यमेव हि । काशीकथां समाकर्ण्य तदा ते चरणायुधाः
Ils conversaient à haute voix entre eux au sujet de Vārāṇasī; et, entendant le récit de Kāśī, ces êtres « armés de leurs pieds » (les coqs) furent alors remués au-dedans.
Verse 80
जातिस्मृतिप्रभावेण तत्संगेन तु निर्गताः । तैश्च कार्पटिकश्रेष्ठेः पथि दृष्ट्वा कृपालुभिः
Par la puissance du souvenir des vies antérieures et grâce à cette rencontre, ils s’avancèrent; et ces coqs pleins de compassion, voyant sur la route le plus éminent des kārpaṭikas, répondirent avec bonté.
Verse 81
तंदुलादिपरिक्षेपैः प्रापिताः क्षेत्रमुत्तमम् । ते तु क्षेत्रं समासाद्य चत्वारश्चरणायुधाः
Par la dispersion de grains de riz et d’autres semences, ils furent conduits vers le kṣetra suprême. Ayant atteint le lieu saint, ces quatre êtres « armés de leurs pieds » (les coqs) y parvinrent.
Verse 82
चरिष्यंतोऽत्र परितो मुक्तिमंडपमुत्तमम् । जिताहारान्सनियमान्कामक्रोधपराङ्मुखान्
Ils demeureraient et circuleraient ici, autour de l’excellent Muktimaṇḍapa—sobres dans la nourriture, disciplinés dans les observances, et détournés du désir et de la colère.
Verse 84
मन्नामोच्चारणपरान्मत्कथार्पितसुश्रुतीन् । मद्दत्तचित्तसद्वृत्तीन्दृष्ट्वा क्षेत्रनिवासिनः
Les voyant—appliqués à prononcer mon Nom, l’oreille attentive offerte à mes récits sacrés, et pourvus d’une bonne conduite avec l’esprit consacré à moi—les habitants de l’enceinte sainte les remarquèrent.
Verse 85
मानयामासुरथ तान्कुक्कुटान्साधुवर्त्मनः । प्राक्तनां वासनायोगात्संप्रधार्य परस्परम् । क्रमेणाहारमाकुंच्य प्राणांस्त्यक्ष्यंति चात्र वै
Alors ils honorèrent ces coqs, établis sur la voie des saints. Par l’effet des anciennes impressions et se comprenant l’un l’autre, ils réduiraient peu à peu leur nourriture et, en vérité, ici même déposeraient leur souffle vital.
Verse 86
पश्यतां सर्वलोकानां विष्णो ते मदनुग्रहात् । विमानमधिरुह्याशु कैलासं प्राप्य मत्पदम्
Ô Viṣṇu, sous les yeux de tous les mondes, par ma grâce, ils monteront promptement sur un char céleste, atteindront Kailāsa et parviendront à ma propre demeure, à mon état.
Verse 87
निर्विश्य सुचिरं कालं दिव्यान्भोगाननुत्तमान् । ततोऽत्र ज्ञानिनो भूत्वा मुक्तिं प्राप्स्यंति शाश्वतीम्
Après avoir longtemps goûté aux jouissances divines, sans égales, ensuite—ici—ils deviendront des sages de la connaissance et atteindront la délivrance éternelle.
Verse 88
ततो लोकास्तददारभ्य कथयिष्यंति सर्वतः । मुक्तिमंडपनामैतदेष कुक्कुटमंडपः
Dès lors, les gens de toutes parts raconteront : « Ce lieu se nomme Muktimaṇḍapa — voici le Kukkuṭamaṇḍapa. »
Verse 89
चरित्रमपि वै तेषां ये स्मरिष्यंति मानवाः । मुक्तिमंडपमासाद्य श्रेयः प्राप्स्यंति तेपि हि
Même ceux qui ne font que se souvenir des actes sacrés de ces dévots atteindront assurément le Bien suprême ; parvenus au Muktimaṇḍapa, eux aussi obtiennent l’excellence spirituelle.
Verse 90
इति यावत्कथां शंभुर्भविष्यामग्रतो हरेः । अकरोत्तुमुलो नादो घंटानां तावदुद्गतः
Tandis que Śambhu racontait ainsi l’histoire en présence de Hari, à cet instant même s’éleva un fracas tumultueux de cloches.
Verse 91
अथनंदिनमाहूय देवदेव उमाधवः । प्रोवाच नंदिन्विज्ञायागत्य ब्रूहि कुतो रवः
Alors le Dieu des dieux, l’Époux d’Umā, manda qu’on appelle Nandin et dit : « Nandin, va t’enquérir et reviens ; dis-moi, d’où s’élève ce bruit ? »
Verse 92
अथ नंदी समागत्य प्रोवाच वृषभध्वजम् । नमस्कृत्य प्रहृष्टास्यः प्रबद्धकरसंपुटः
Alors Nandin s’approcha et parla au Seigneur à l’étendard du Taureau. Après s’être incliné, le visage rayonnant et les mains jointes en hommage, il s’adressa à Lui.
Verse 93
प्रहासान्मत्कथालापांल्लाभमोहविवर्जितान् । स्वर्धुनीस्नानसंक्लिन्न सुनिर्मलशिरोरुहान्
Ils sont joyeux, s’entretenant de Moi, exempts d’avidité et d’illusion ; leurs cheveux, trempés par le bain dans le fleuve céleste, sont parfaitement lavés et d’une grande pureté.
Verse 94
अथ स्मित्वाब्रवीच्छंभुः सिद्धं नस्तु समीहितम् । उत्थाय देवदेवेशः सह देव्या सुमंगलः
Alors Śambhu sourit et dit : « Que notre dessein chéri s’accomplisse. » Puis, se levantant, le Seigneur des dieux —le plus propice— s’en alla avec la Déesse.
Verse 95
ब्रह्मणा हरिणा सार्धं ततोऽगाद्रंगमंडपम् । स्कंद उवाच । श्रुत्वाध्यायमिमं पुण्यं परमानंदकारणम् । नरः परां मुदं प्राप्य कैलासं प्राप्स्यति ध्रुवम्
Avec Brahmā et Hari, il se rendit ensuite au Raṅgamaṇḍapa. Skanda dit : « Celui qui entend ce chapitre sacré, cause de la béatitude suprême, obtient une grande joie et atteint assurément le Kailāsa. »
Verse 98
इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीति साहस्र्यां संहितायां चतुर्थे काशीखंड उत्तरार्धे मुक्तिमंडपगमनं नामाष्टनवतितमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le quatre-vingt-neuvième chapitre, intitulé « Muktimaṇḍapa-gamana (Aller au Pavillon de la Libération) », dans l’Uttarārdha du Kāśīkhaṇḍa, au sein de la quatrième section de l’Ekāśīti-sāhasrī Saṃhitā du vénérable Skanda Mahāpurāṇa.