
L’Adhyāya 28 du Kāśī Khaṇḍa déploie un enseignement théologique à plusieurs niveaux sur la puissance sanctifiante de la Gaṅgā (Tripathagā/Jāhnavī/Bhāgīrathī) dans le cadre sacré de Kāśī. Il s’ouvre par un dialogue clarifiant les catégories du temps—passé, futur, présent—puis conduit au Gaṅgā-māhātmya. Le texte affirme qu’une seule offrande aux ancêtres accomplie selon le rite au bord du fleuve—piṇḍa-dāna et tarpaṇa—peut apporter un bienfait aux pitṛs au-delà des lignées, y compris à ceux morts dans des circonstances éprouvantes. Vient ensuite un exemple didactique : Viṣṇu interroge Śiva sur le sort d’un homme moralement corrompu dont un reste corporel tombe dans le fleuve pur ; Śiva raconte l’histoire du brāhmaṇa Vāhīka, négligent envers les saṃskāras et d’une conduite injuste, qui subit des châtiments mais est finalement élevé lorsqu’un fragment de son corps, par hasard, tombe dans la Gaṅgā. Le chapitre se conclut par une hiérarchie comparative des actes de purification, exaltant à plusieurs reprises le contact avec la Gaṅgā—la voir, la toucher, la boire, s’y baigner—et la sainteté fluviale de Kāśī comme décisives pour la purification éthique et l’orientation vers la délivrance, surtout à l’âge de Kali.
Verse 1
उमोवाच । किंचित्प्रष्टुमना नाथ स्वसंदेहापनुत्तये । वद खेदो यदि न ते त्रिकालज्ञानकोविद
Umā dit : Ô Seigneur, je souhaite demander quelque chose afin de dissiper mon doute. Dis-le-moi, si cela ne t’est pas pénible, ô sage expert de la connaissance des trois temps.
Verse 2
तदा भगीरथो राजा क्व क्व भागीरथी तदा । यदा विष्णुस्तपस्तेपे चक्रपुष्करिणी तटे
Où se trouvait alors le roi Bhagīratha, et où était en ce temps la Bhāgīrathī (Gaṅgā), lorsque Viṣṇu accomplit des austérités sur la rive de la Cakra-puṣkariṇī ?
Verse 3
शिव उवाच । संदेहोऽत्र न कर्तव्यो विशालाक्षि सदामले । श्रुतौ स्मृतौ पुराणेषु कालत्रयमुदीर्यते
Śiva dit : Ô toi aux grands yeux, toujours pure, qu’aucun doute ne soit nourri ici. Dans la Śruti, la Smṛti et les Purāṇa, le temps en trois modes est assurément énoncé.
Verse 4
भूतं भावि भवच्चापि संशयं मा वृथा कृथाः । इत्युक्त्वा पुनराहेशो गंगामाहात्म्यमुत्तमम्
Qu’il s’agisse du passé, de l’avenir ou du présent, ne fais pas naître un doute en vain. Ayant ainsi parlé, le Seigneur exposa de nouveau la grandeur suprême de la Gaṅgā.
Verse 5
अगस्त्य उवाच । पार्वतीनंदन पुनर्द्युनद्याः परितो वद । महिमोक्तो हरौ यद्वद्देवदेवेन वै तदा
Agastya dit : Ô fils de Pārvatī, parle de nouveau, en détail, du fleuve céleste (la Gaṅgā) : comment, en ce temps-là, sa grandeur fut proclamée à Hari par le Dieu des dieux.
Verse 6
स्कंद उवाच । मुनऽत्र मैत्रावरुणे यथा देवेन भाषितम् । शुणु त्रिपथगामिन्या माहात्म्यं पातकापहम्
Skanda dit : Ô sage Maitrāvaruṇa (Agastya), écoute ici la grandeur de Celle aux trois voies (la Gaṅgā), qui efface les péchés, telle qu’elle fut dite par le Seigneur.
Verse 7
त्रिस्रोतसं समासाद्य सकृत्पिंडान्ददाति यः । उद्धृताः पितरस्तेन भवांभोधेस्तिलोदकैः
Quiconque parvient à la Trois-fois-courante (la Gaṅgā) et offre des piṇḍa ne fût-ce qu’une seule fois, par cet acte, avec des libations d’eau mêlée de sésame, relève ses ancêtres de l’océan du devenir mondain.
Verse 8
यावंतश्च तिला मर्त्यैर्गृहीता पितृकर्मणि । तावद्वर्षसहस्राणि पितरः स्वर्गवासिनः
Autant de grains de sésame que les mortels emploient dans les rites aux ancêtres, autant de milliers d’années les Pitṛs demeurent au ciel.
Verse 9
देवाः सपितरो यस्माद्गंगायां सर्वदा स्थिताः । आवाहनं विसर्गं च तेषां तत्र ततो नहि
Puisque les Deva, avec les Pitṛs, demeurent à jamais dans la Gaṅgā, en ce lieu il n’est nul besoin de les invoquer ni de les congédier.
Verse 10
पितृवंशे मृता ये च मातृवंशे तथैव च । गुरु श्वशुर बंधूनां ये चान्ये बांधवा मृताः
Ceux qui sont morts dans la lignée paternelle, et de même dans la lignée maternelle; et les défunts parmi le guru, le beau-père, les proches et autres parents—(tous sont inclus).
Verse 11
अजातदंता ये केचिद्ये च गर्भे प्रपीडिताः । अग्निविद्युच्चोरहता व्याघ्रदंष्ट्रिभिरेव च
Ceux qui moururent avant l’apparition des dents, ceux qui, tourmentés, périrent dans le sein maternel, ceux que tuèrent le feu, la foudre ou les voleurs, et ceux que déchirèrent les crocs du tigre—(tous doivent être rappelés).
Verse 12
उद्बंधन मृता ये च पतिता आत्मघातकाः । आत्मविक्रयिणश्चोरा ये तथाऽयाज्ययाजकाः
Ceux qui moururent par pendaison, les déchus et ceux qui se donnèrent la mort ; ceux qui se vendirent eux-mêmes, les voleurs, et ceux qui officièrent des sacrifices interdits — tous sont aussi compris.
Verse 13
रसविक्रयिणो ये च ये चान्ये पापरोगिणः । अग्निदा गरदाश्चैव गोघ्नाश्चैव स्ववंशजाः
Ceux qui trafiquent des liqueurs enivrantes, et d’autres atteints de maladies issues du péché ; les incendiaires, les empoisonneurs et les tueurs de vaches — fussent-ils de sa propre lignée — sont eux aussi compris.
Verse 14
असिपत्रवने ये च कुंभीपाके च ये गताः । रौरवेप्यंधतामिस्रे कालसूत्रे च ये गताः
Ceux qui sont allés à Asipatravana et à Kumbhīpāka, et ceux qui sont allés à Raurava, Andhatāmisra et Kālasūtra — même eux sont compris.
Verse 15
जात्यंतरसहस्रेषु भ्राम्यंते ये स्वकर्मभिः । ये तु पक्षिमृगादीनां कीटवृक्षादि वीरुधाम्
Ceux qui, poussés par leur propre karma, errent à travers des milliers d’autres naissances ; ceux qui sont entrés dans les matrices des oiseaux et des bêtes, et ceux qui sont devenus insectes, arbres et plantes rampantes — tous sont compris.
Verse 16
योनिं गतास्त्वसंख्याताः संख्यातानामशोभनाः । प्रापिता यमलोकं तु सुघोरैर्यमकिंकरैः
D’innombrables êtres sont entrés dans des matrices diverses, indignes parmi ceux que l’on peut compter ; et ils ont été conduits au royaume de Yama par les serviteurs de Yama, d’une effroyable terreur.
Verse 17
येऽबांधवा बांधवा वा येऽन्यजन्मनि बांधवाः । येपि चाज्ञातनामानो ये चापुत्राः स्वगोत्रजाः
Qu’ils soient sans lien ou parents, ou parents d’une autre naissance ; même ceux dont le nom est inconnu, et ceux de sa propre lignée morts sans descendance : tous sont inclus.
Verse 18
विषेण च मृता वै ये ये वै शृंगिभिराहताः । कृतघ्नाश्च गुरुघ्नाश्च ये च मित्रद्रुहस्तथा
Ceux qui moururent par le poison, ceux que frappèrent des bêtes à cornes ; les ingrats, les meurtriers de leur maître, et ceux qui trahissent leurs amis—eux aussi sont visés ici.
Verse 19
स्त्री बालघातका ये च ये च विश्वासघातकाः । असत्यहिंसानिरता सदा पापरताश्च ये
Ceux qui tuent femmes et enfants, ceux qui trahissent la confiance ; ceux voués au mensonge et à la violence, et ceux qui se complaisent sans cesse dans le péché—eux aussi sont inclus.
Verse 20
अश्वविक्रयिणो ये च परद्रव्यहराश्च ये । अनाथाः कृपणा दीना मानुष्यं प्राप्तुमक्षमाः
Ceux qui font commerce de chevaux, ceux qui dérobent le bien d’autrui ; et ceux qui deviennent sans refuge—misérables, indigents, abattus—incapables de retrouver l’état humain : tous sont inclus.
Verse 21
तर्पिता जाह्नवीतोयैर्नरेण विधिना सकृत् । प्रयांति स्वर्गतिं तेपि स्वर्गिणो मुक्तिमाप्नुयुः
S’ils sont apaisés ne fût-ce qu’une seule fois—par un homme, selon le rite et la règle—au moyen des offrandes de tarpaṇa avec les eaux de Jāhnavī (Gaṅgā), alors même eux gagnent la voie du ciel ; et, parvenus au ciel, ils peuvent obtenir la délivrance (mokṣa).
Verse 22
एतान्मंत्रान्समुच्चार्य यः कुर्यात्पितृतर्पणम् । श्राद्धं पिंडप्रदानं च स विधिज्ञ इहोच्यते
Celui qui, après avoir récité comme il se doit ces mantras, accomplit le pitṛ-tarpaṇa pour apaiser les Ancêtres, et célèbre aussi le śrāddha ainsi que l’offrande des piṇḍa, celui-là est ici nommé connaisseur authentique du rite.
Verse 23
कामप्रदानि तीर्थानि त्रैलोक्ये यानि कानिचित् । तानि सर्वाणि सेवंते काश्यामुत्तरवाहिनीम्
Quels que soient les tīrtha exauçant les vœux dans les trois mondes, tous, pour ainsi dire, se rendent et servent l’Uttaravāhinī —la Gaṅgā au courant tourné vers le nord— à Kāśī.
Verse 24
स्वःसिंधुः सर्वतः पुण्या ब्रह्महत्यापहारिणी । काश्यां विशेषतो विष्णो यत्र चोत्तरवाहिनी
Le fleuve céleste, la Gaṅgā, est saint en tout lieu et efface même le péché du meurtre d’un brāhmane; mais à Kāśī, ô Viṣṇu, il l’est tout particulièrement, là où il coule en tant qu’Uttaravāhinī.
Verse 25
गायंति गाथामेतां वै दैवर्षिपितरोगणाः । अपि दृग्गोचरा नः स्यात्काश्यामुत्तरवाहिनी
Les cohortes des ṛṣi divins et les assemblées des Ancêtres chantent ce cantique même : «Puisse l’Uttaravāhinī de Kāśī se rendre visible à nos yeux !»
Verse 26
यत्रत्यामृतसंतृप्तास्तापत्रितयवर्जिताः । स्याम त्वमृतमेवाद्धा विश्वनाथप्रसादतः
Là, rassasiés par cet amṛta, délivrés des trois sortes de souffrances, puissions-nous devenir réellement immortels—oui, en vérité—par la grâce de Viśvanātha, le Seigneur de Kāśī.
Verse 27
गंगैव केवला मुक्त्यै निर्णीता परितो हरे । अविमुक्ते विशेषेण ममाधिष्ठानगौरवात्
La Gaṅgā seule a été reconnue de toutes parts comme le moyen direct de la délivrance, ô Hari ; et à Avimukta (Kāśī) plus spécialement encore, en raison de la majesté de Ma propre demeure en ce lieu.
Verse 28
ज्ञात्वा कलियुगं घोरं गंगाभक्तिः सुगोपिता । न विंदतिं जना गंगां मुक्तिमागैर्कदायिकाम्
Sachant combien l’âge de Kali est terrible, la dévotion à la Gaṅgā a été soigneusement voilée ; les hommes ne trouvent pas la Gaṅgā, dispensatrice de la voie de la délivrance.
Verse 29
अनेकजन्मनियुतं भ्राम्यमाणस्तु योनिषु । निर्वृतिं प्राप्नुयात्कोत्र जाह्नवीभजनं विना
Errant de matrice en matrice durant d’innombrables naissances, où donc pourrait-on atteindre la paix sans la dévotion adorante envers Jāhnavī (la Gaṅgā) ?
Verse 30
नराणामल्पबुद्धीनामेनो विक्षिप्तचेतसाम् । गंगेव परमं विष्णो भेषजं भवरोगिणाम्
Ô Viṣṇu, pour les hommes de faible intelligence, dont l’esprit est dispersé par le péché, la Gaṅgā seule est le remède suprême pour ceux que tourmente la maladie du devenir mondain.
Verse 31
खंडस्फुटितसंस्कारं गंगातीरे करोति यः । मम लोके चिरं कालं तस्याक्षय सुखं हरे
Ô Hari, quiconque accomplit les saṃskāra, fussent-ils brisés ou incomplets, sur la rive de la Gaṅgā, jouit longtemps, dans mon monde, d’un bonheur impérissable.
Verse 32
गंतुमुद्दिश्य यो गंगां परार्थस्वार्थमेव वा । न गच्छति परं मोहात्स पतेत्पितृभिः सह
Celui qui se met en route vers la sainte Gaṅgā—pour autrui ou pour soi—mais qui, par égarement, n’y va pas, tombe avec ses ancêtres.
Verse 33
सर्वाणि येषां गांगेयैस्तोयैः कृत्यानि देहिनाम् । भूमिस्था अपि ते मर्त्या अमर्त्या एव वै हरे
Ô Hari, ceux pour qui tous les rites sont accomplis avec les eaux de la Gaṅgā, bien qu’ils vivent sur terre comme mortels, sont véritablement semblables aux immortels.
Verse 34
चरमेपि वयोभागे स्वःसिंधुं यो निषेवते । कृत्वाप्येनांसि बहुशः सोपि यायाच्छुभां गतिम्
Même au dernier âge de la vie, celui qui se réfugie auprès du fleuve céleste, la Gaṅgā, et le sert, bien qu’il ait péché maintes fois, parvient à une destinée propice.
Verse 35
यावदस्थि मनुष्याणां गंगातोयेषु तिष्ठति । तावदब्दसहस्राणि स्वर्गलोके महीयते
Tant qu’un os d’un homme demeure dans les eaux de la Gaṅgā, durant autant de milliers d’années il est honoré dans le monde céleste.
Verse 36
विष्णुरुवाच । देवदेवजगन्नाथ जगतां हितकृत्प्रभो । कीकसं चेत्पतेद्दैवाद्दुर्वृत्तस्य दुरात्मनः
Viṣṇu dit : Ô Dieu des dieux, Seigneur de l’univers, bienfaiteur des mondes—ô Maître—, si, par le destin, l’os d’un homme de conduite mauvaise et d’esprit pervers venait à tomber (là)…
Verse 37
जले द्युनद्या निष्पापे कथं तस्य परा गतिः । अपमृत्यु विपन्नस्य तदीश विनिवेद्यताम्
Lorsque ses restes sont dans les eaux de la rivière céleste qui efface les péchés, quelle est sa destinée suprême ? Et pour celui qui a péri d’une mort prématurée, ô Seigneur, que cela soit exposé.
Verse 38
महेश्वर उवाच । अत्रार्थे कथयिष्यामि पुरावृत्तमधोक्षज । शृणुष्वैकमना विष्णो वाहीकस्य द्विजन्मनः
Maheśvara dit : « À ce propos, ô Adhokṣaja (Viṣṇu), je vais rapporter un récit ancien. Écoute d’un esprit recueilli, ô Viṣṇu, l’histoire du deux-fois-né nommé Vāhīka ».
Verse 39
पुरा कलिंगविषये द्विजो लवणविक्रयी । संध्यास्नानविहीनश्च वेदाक्षरविवर्जितः
Autrefois, au pays de Kaliṅga, vivait un deux-fois-né qui gagnait sa vie en vendant du sel. Il était privé du culte quotidien de la sandhyā et du bain rituel, et il avait même délaissé la récitation des syllabes védiques.
Verse 40
वाहीको नामतो यज्ञसूत्रमात्रपरिग्रहः । परिग्रहश्च तस्यासीत्कौविंदी विधवा नवा
Il se nommait Vāhīka, n’ayant pour seule « possession » que le cordon sacré. Et son attachement au monde était une jeune veuve de la communauté des tisserands (Kauviṃdī).
Verse 41
दुर्भिक्षपीडितेनाथ वृषलीपतिना विना । प्राणाधारं तदा तेन देशाद्देशांतरं ययौ
Alors, accablé par la famine et séparé du mari de la femme śūdra, il alla de contrée en contrée, ne cherchant que la subsistance qui soutient le souffle vital.
Verse 42
मध्येऽथ दंडकारण्यं क्षुत्क्षामः संगवर्जितः । व्याघ्रेण घातितस्तत्र नरमांसप्रियेण सः
En chemin, dans la forêt de Daṇḍaka, affaibli par la faim et privé de compagnons, il fut là mis à mort par un tigre qui se délectait de chair humaine.
Verse 43
तस्य वामपदं गृध्रो गृहीत्वोदपतत्ततः । मांसाशिनाऽन्य गृध्रेण तस्य युद्धमभूद्दिवि
Un vautour saisit son pied gauche et s’envola avec lui. Puis, dans le ciel, un combat s’éleva entre ce vautour et un autre vautour mangeur de chair.
Verse 44
गृध्रयोरामिषं गृध्न्वोः परस्परजयैषिणोः । अवापतत्पादगुल्फं कंकचंचुपुटात्तदा
Tandis que les deux vautours, avides de chair et cherchant chacun la victoire sur l’autre, se battaient, la cheville et le pied tombèrent alors du bec d’un oiseau kaṅka.
Verse 45
तस्य वाहीक विप्रस्य व्याघ्रव्यापादितस्य ह । मध्ये गंगं दैवयोगादपतद्द्वंद्वकारिणोः
Du brāhmane Vāhīka, tué par le tigre—par un concours de la Providence—le pied tomba au milieu de la Gaṅgā, tandis que les deux oiseaux étaient pris dans leur querelle.
Verse 46
यदैव हतवान्द्वीपी तं वाहीकमरण्यगम् । तस्मिन्नेव क्षणे बद्धः स पाशैः क्रूरकिंकरैः
À l’instant même où le tigre tua Vāhīka dans la forêt, en ce même moment il fut lié de lacets par les cruels serviteurs de Yama.
Verse 47
कशाभिर्घातितोत्यंतमाराभिः परितोदितः । वमन्रुधिरमास्येन नीतस्तैः स यमाग्रतः
Sévèrement battu à coups de fouet et piqué de toutes parts par des aiguillons, vomissant du sang par la bouche, il fut conduit par eux en présence de Yama.
Verse 48
आपृच्छि धर्मराजेन चित्रगुप्तोथ मापते । धर्माधर्मं विचार्यास्य कथयाशु द्विजन्मनः
Alors Dharmarāja interrogea Citragupta : "Ô seigneur, examine rapidement la droiture et l'iniquité de cet homme deux fois né, et fais-en rapport."
Verse 49
वैवस्वतेन पृष्टोथ चित्रगुप्तो विचित्रधीः । सर्वदा सर्वजंतूनां वेदिता सर्वकर्मणाम्
Ainsi interrogé par Vaivasvata, Citragupta — d'une intelligence merveilleuse — qui connaît toujours tous les êtres et toutes leurs actions, se prépara à parler.
Verse 50
जगाद यमुनाबंधुं वाहीकस्य द्विजन्मनः । जन्मकर्मदिनारभ्य दुर्वृत्तस्य शुभेतरम्
Il parla au parent de Yamunā au sujet du deux fois né Vāhīka : depuis le jour même du rite de naissance, il raconta la conduite de cet homme malveillant — rarement auspicieuse, le plus souvent le contraire.
Verse 51
चित्रगुप्त उवाच । गर्भाधानादिकं कर्म प्राक्कृतं नास्य केनचित् । जातकर्मकृतं नास्य पित्राऽज्ञानवता हरे
Citragupta dit : "Pour lui, aucun des rites prénataux commençant par le garbhādhāna n'a été accompli. Même le rite de naissance n'a pas été fait pour lui par son père, qui était ignorant — Ô Hari."
Verse 52
गर्भैनः शमने हेतुः समस्तायुः सुखप्रदम् । एकादशेह्नि नामास्य न कृतं विधिपूर्वकम्
(Ce rite) apaise les fautes liées au sein maternel et donne la joie durant toute la durée de la vie; pourtant, au onzième jour, la cérémonie de nomination ne fut pas accomplie selon la règle.
Verse 53
ख्यातः स्याद्येन विधिना सर्वत्र विधिपावनम् । नाकार्षीन्निर्गमं चास्य चतुर्थे मासि मंदधीः
Par la procédure prescrite, grâce à laquelle on est dûment établi et purifié par la règle en tout lieu, son gardien à l’esprit obtus n’accomplit même pas, au quatrième mois, le rite de la « sortie » de l’enfant.
Verse 54
जनकः शुभतिथ्यादौ विदेशगमनापहम् । षष्ठेऽन्नप्राशनंमासि न कृतं विधिपूर्वकम्
En un moment propice—(un rite) réputé écarter le départ vers des pays étrangers—son père, pourtant, n’accomplit pas au sixième mois, selon la règle, la première prise de nourriture (annaprāśana).
Verse 55
सर्वदा मिष्टमश्नाति कर्मणा येन भास्करे । न चूडाकरणं चास्य कृतमब्दे यथाकुलम्
(C’est le rite) par lequel on est béni de manger toujours des douceurs, ô Bhāskara; pourtant, sa tonsure (cūḍākaraṇa) non plus ne fut pas accomplie l’année requise selon l’usage de la lignée.
Verse 56
कर्मणा येन केशाः स्युः स्निग्धाः कुसुमवर्षिणः । नाकारि कर्णवेधोस्य जनित्रा समये शुभे
(C’est le rite) par lequel les cheveux deviennent lisses, brillants et « dispensateurs de fleurs » (c’est-à-dire de bon augure et de charme); pourtant, ses parents n’accomplirent pas, au moment propice, le percement des oreilles (karṇavedha).
Verse 57
सुवर्णग्राहिणौ येन कर्णौ स्यातां च सुश्रुती । मौंजीबंधोप्यभूदस्य व्यतीतेब्देऽष्टमे हरे । ब्रह्मचर्याभिवृद्ध्यै यो ब्रह्मग्रहणहेतुकः
Par ce rite, les oreilles deviennent dignes de porter l’or et l’on devient « de bonne écoute », bien instruit. Et pour lui, ô Hari, lorsque la huitième année fut révolue, eut lieu la ligature de la ceinture de muñja ; rite destiné à accroître le brahmacarya et cause de la réception de Brahman, c’est-à-dire l’étude védique.
Verse 58
मौंजीमोक्षणवार्तापि कृता नास्य जनुःकृता । गार्हस्थ्यं प्राप्यते यस्मात्कर्मणोऽनंतरं वरम्
Même le simple récit disant que fut accompli le rite de délier la ceinture sacrée de muñja—bien qu’il n’ait pas réellement observé comme il faut les étapes de la vie—, pourtant, aussitôt après cet acte, il obtint l’état suivant, dit « excellent » : la vie de maître de maison (gārhasthya).
Verse 59
यथाकथंचिदूढाऽथ पत्नी त्यक्तकुलाध्वगा । वृषलीपतिना तेन परदारापहारिणा
Puis, d’une manière ou d’une autre, il épousa une femme qui avait quitté la voie de sa famille ; et lui, mari d’une femme de basse condition, devint ravisseur des épouses d’autrui.
Verse 60
आरभ्य पंचमाद्वर्षात्परस्वस्यापहारकः । अभूदेष दुराचारो दुरोदरपरायणः
Dès sa cinquième année, il devint voleur des biens d’autrui ; cet homme se fit de conduite perverse, voué au jeu.
Verse 61
रुमायां वसताऽनेन हतागौरेकवार्षिकी । एकदा दृढदंडेन लिहंती लवणं मृता
Alors qu’il demeurait à Rumā, il tua une vache âgée d’un an. Un jour, tandis qu’elle léchait du sel, elle mourut, frappée par lui d’un bâton dur.
Verse 62
जननीं पादपातेन बहुशोऽसावताडयत् । कदाचिदपि नो वाक्यं पितुः कृतमनेन वै
Il frappa maintes fois sa propre mère à coups de pied ; et, en vérité, pas même une seule fois il n’exécuta la parole de son père.
Verse 64
धत्तूरकरवीरादि बहुधोपविषाणि च । क्रीडाकलहमात्रेण भक्षयच्चैष दुर्मतिः
Cet homme à l’esprit pervers allait jusqu’à avaler maints poisons légers—tels le dhattūra et le karavīra—pour de simples jeux d’enfant et querelles.
Verse 65
दग्धोसावग्निना सौरे श्वभिश्च कवलीकृतः । शृंगिभिः परितः प्रोतो विषाणाग्रैरसौ बहु
Il fut brûlé par un feu farouche, déchiré et dévoré par des chiens, et, de toutes parts, maintes fois transpercé par des bêtes cornues aux pointes de leurs cornes.
Verse 66
दंदशूकैर्भृशं दष्टो दुष्टः शिष्टैर्विगर्हितः । काष्ठेष्टलोष्टैः पापिष्ठः कृतानिष्टः सदात्मनः
Mordu cruellement par des serpents, vil et blâmé par les vertueux, ce très grand pécheur—toujours nuisible aux gens de bien—fut frappé de bâtons, de tessons et de mottes de terre.
Verse 67
आस्फालितं शिरोनेनासकृच्चापि दुरात्मना । यदर्च्यते सदा सद्भिरुत्तमांगमनेकधा
Cette âme mauvaise se fracassait sans cesse la tête—son « membre suprême », honoré de maintes façons par les gens de bien—encore et encore.
Verse 68
असौ हि ब्राह्मणो मंदो गायत्रीमपिवेदन । कामतो मत्स्यमांसानि जग्धान्येतेन दुर्धिया
Ce brāhmane était d’esprit obtus ; il ne connaissait même pas la sainte Gāyatrī. Et, poussé par le désir, lui—à l’intelligence pervertie—mangea poisson et viande.
Verse 69
आत्मार्थं पायसमसौ पर्यपाक्षीदनेकधा । लाक्षालवणमांसानां सपयोदधिसर्पिषाम्
Pour ses desseins égoïstes, il fit cuire maintes fois le pāyasa (riz sucré) de multiples façons—avec lākṣā, sel et viandes, et avec lait, caillé et ghee.
Verse 70
विषलोहायुधानां च दासीगोवाजिनामपि । विक्रेताऽसौ सदा मूढस्तथा वै केशचर्मणाम्
Cet homme, toujours égaré et insensé, vendait poisons et armes de fer ; et il trafiquait même des servantes esclaves, du bétail et des chevaux—ainsi que des cheveux et des peaux.
Verse 71
शूद्रान्न परिपुष्टांगः पर्वण्यहनि मैथुनी । पराङ्मुखो दैवपित्र्यकर्मण्येष दुरात्मवान्
Nourrissant son corps de nourriture reçue d’un Śūdra, il s’adonna à l’union charnelle même aux jours de fête et de sacralité. Et il se détourna des rites dus aux dieux et aux ancêtres—homme à l’âme mauvaise.
Verse 72
पक्षिणो घातितानेन मृगाश्चापि परः शतम् । अकारण द्रुमच्छेदी सदा निर्दयमानसः
Par lui furent tués des oiseaux et aussi des bêtes—plus d’une centaine. Et sans raison il abattait des arbres ; son esprit demeurait toujours sans compassion.
Verse 74
अदत्तदानः पिशुनः शिश्नोदरपरायणः । किं बहूक्तेन रविज साक्षात्पातक मूर्तिमान्
Il ne fit point d’aumône, fut médisant, et ne vécut que pour la luxure et le ventre. Que dire de plus, ô fils du Soleil ? Il était le péché lui-même, incarné et visible.
Verse 75
रौरवेप्यंधतामिस्रे कुंभीपाकेऽतिरौरवे । कालसूत्रे कृमिभुजि पूयशोणितकर्दमे
Dans Raurava, dans Andhatāmisra, dans Kumbhīpāka, dans Atiraurava ; dans Kālasūtra, dans Kṛmibhoji, et dans la fange de pus et de sang—
Verse 76
असिपत्रवने घोरे यंत्रपीडे सुदंष्ट्रके । अधोमुखे पूतिगंधे विष्ठागर्त्तेष्वभोजने
—dans l’effroyable Asi-patravana, dans le supplice des machines broyeuses, dans Sudaṃṣṭraka ; dans Adhomukha, dans le domaine à l’odeur fétide, et dans les fosses d’excréments d’Abhojana—
Verse 77
सूचीभेद्येऽथ संदंशे लालापे क्षुरधारके । प्रत्येकं नरके त्वेष पात्यतां कल्पसंख्यया
—dans Sūcībhedya, puis dans Saṃdaṃśa, dans Lālāpa et dans Kṣuradhāraka—dans chaque enfer, l’un après l’autre, qu’il soit précipité pour un compte de kalpas.
Verse 78
धर्मराजः समाकर्ण्य चित्रगुप्तमुखादिति । निर्भर्त्स्य तं दुराचारं किंकरानादिदेश ह
L’ayant entendu de la bouche de Citragupta, Dharmarāja réprimanda ce malfaiteur, puis donna ses ordres à ses serviteurs.
Verse 79
भ्रू संज्ञया हृतैर्नीतः स बद्ध्वा निरयालयम् । आक्रंदरावो यत्रोच्चैः पापिनां रोमहर्षणः
D’un simple signe du sourcil, il fut saisi et entraîné; lié, il fut conduit au séjour de l’enfer, où montent les clameurs des pécheurs, lugubres et terrifiantes.
Verse 80
ईश्वर उवाच । यातनास्वतितीव्रासु वाहीके संस्थिते तदा । तत्कालपुण्यफलदे गाङ्गेयांभसि निर्मले
Le Seigneur dit : Tandis que Vāhīka subissait des supplices d’une extrême violence, à cet instant même apparurent les eaux pures de la Gaṅgā, dispensant aussitôt le fruit du mérite.
Verse 81
पतितं तद्धि गृध्रास्याद्वाहीकस्य द्विजन्मनः । हरे विमानं तत्कालमापन्नं सुरसद्मतः
En vérité, à cet instant, la condition au visage de vautour se détacha de Vāhīka, le deux-fois-né; et aussitôt le char céleste de Hari arriva depuis la demeure des dieux.
Verse 82
घंटावलंबितं दिव्यं दिव्यस्त्रीशतसंकुलम् । आरुह्य देवयानं स दिव्यवेषधरो द्विजः
Ce deux-fois-né, revêtu désormais d’un habit divin, monta sur le véhicule des dieux : splendide, garni de clochettes pendantes et rempli de centaines de femmes célestes.
Verse 83
वीज्यमानोऽप्सरोवृंदैर्दिव्यगंधानुलेपनः । जगाम स्वर्गभुवनं गंगास्थिपतनाद्धरे
Éventé par des troupes d’apsarās et oint de parfums divins, il gagna le monde du ciel, ô Hari, grâce à l’immersion de ses os dans la Gaṅgā.
Verse 84
स्कंद उवाच । वस्तुशक्तिविचारोयमद्भुतः कोपि कुंभज । द्रवरूपेण काप्येषा शक्तिः सादाशिवी परा
Skanda dit : Ô Kumbhaja, cette méditation sur la puissance inhérente au réel est vraiment merveilleuse. Sous forme fluide, elle est en vérité une énergie suprême relevant de Sadāśiva.
Verse 85
करुणामृतपूर्णेन देवदेवेन शंभुना । एषा प्रवर्तिता गंगा जगदुद्धरणाय वै
Empli du nectar de la compassion, Śambhu—Dieu des dieux—mit en mouvement cette Gaṅgā, véritablement pour l’élévation et la délivrance du monde.
Verse 86
यथान्याः सरितो लोके वारिपूर्णाः सहस्रशः । तथैषानानुमंतव्या सद्भिस्त्रिपथगामिनी
Bien qu’il y ait dans le monde des milliers d’autres rivières pleines d’eau, celle-ci—la Tripathagā qui chemine par les trois voies—ne doit pas être tenue pour semblable par les justes.
Verse 87
श्रुत्यक्षराणि निश्चित्य कारुण्याच्छंभुना मुने । निर्मिता तद्द्रवैरेषा गंगा गंगाधरेण वै
Ô sage, par compassion Śambhu fixa les syllabes de la Śruti et, de leur essence même rendue fluide, façonna cette Gaṅgā—oui, par Gaṅgādhara lui-même.
Verse 88
योगोपनिषदामेतं सारमाकृष्य शंकरः । कृपया सर्वजंतूनां चकार सरितां वराम्
Śaṅkara, tirant l’essence des Yogopaniṣads, par grâce envers tous les êtres, fit la plus excellente des rivières.
Verse 89
अकलानिधयो रात्र्यो विपुष्पाश्चैव पादपाः । यथा तथैव ते देशा यत्र नास्त्यमरापगा
Telles des nuits privées des phases de la lune, et tels des arbres sans fleurs, ainsi sont ces contrées où ne se trouve pas le fleuve céleste, Amarāpagā, la sainte Gaṅgā.
Verse 90
अनयाः संपदो यद्वन्मखा यद्वददक्षिणाः । तद्वद्देशा दिशः सर्वा हीना गंगांभसा हरे
Ô Hara, de même que la richesse sans juste emploi et les sacrifices sans dakṣiṇā (don rituel) sont sans fruit, de même toutes les régions et toutes les directions sont diminuées lorsqu’elles sont privées des eaux de la Gaṅgā.
Verse 91
व्योमांगणमनर्कं च नक्तेऽदीपं यथा गृहम । अवेदा ब्राह्मणा यद्वद्गंगाहीनास्तथा दिशः
Comme le ciel est morne sans le soleil, comme une maison la nuit est vaine sans lampe, et comme des brāhmaṇas sans le Veda perdent leur vraie stature, ainsi les directions sont appauvries lorsqu’elles sont privées de la Gaṅgā.
Verse 92
चांद्रायणसहस्रं तु यः कुर्याद्देहशोधनम् । गंगामृतं पिबेद्यस्तु तयोर्गंगाबुपोऽधिकः
Celui qui accomplit mille observances de Cāndrāyaṇa peut purifier le corps; mais celui qui boit l’eau de la Gaṅgā, semblable à l’amṛta, est déclaré supérieur à ces deux en mérite spirituel.
Verse 93
पादेनैकेन यस्तिष्ठेत्सहस्रं शरदां शतम् । अब्दं गंगांबुपो यस्तु तयोर्गंगांबुपोऽधिकः
Quand bien même quelqu’un se tiendrait sur un seul pied durant un temps incommensurable—comme mille fois cent automnes—celui qui boit l’eau de la Gaṅgā pendant une année est proclamé supérieur à ces deux en mérite spirituel.
Verse 94
अवाक्छिराः प्रलंबेद्यः शतसंवत्सरान्नरः । भीष्मसूवालुकातल्पशयस्तस्माद्वरो हरे
Quand bien même un homme resterait suspendu la tête en bas durant cent ans, ou coucherait sur un lit terrible de sable, plus haute que cette austérité, ô Hara, est la grâce de la sainte Gaṅgā.
Verse 95
पापतापाभितप्तानां भूतानामिह जाह्ववी । पापतापहरा यद्वद्गंगा नान्यत्तथा कलौ
Pour les êtres ici consumés par la brûlure du péché, Jāhnavī est celle qui ôte la souffrance du péché ; en l’âge de Kali, rien n’est comparable à la Gaṅgā.
Verse 96
तार्क्ष्यवीक्षणमात्रेण फणिनौ निर्विषा यथा । निष्प्रभाणि तथेनांसि भागीरथ्यवलोकनात्
De même que les serpents deviennent sans venin au seul regard de Garuḍa, ainsi les péchés perdent force et éclat à la seule vue de Bhāgīrathī.
Verse 97
गंगातटोद्भवां मृत्स्नां यो मौलौ बिभृयान्नरः । बिभर्ति सोऽर्कबिंबं वै तमोनाशाय निश्चितम्
L’homme qui porte sur sa tête la terre prise au bord de la Gaṅgā porte, pour ainsi dire, le disque du soleil, assurément pour dissiper les ténèbres (ignorance et péché).
Verse 98
व्यसनैरभिभूतस्य धनहीनस्य पापिनः । गंगैव केवलं तस्य गतिरुक्ता न चान्यथा
Pour celui que les malheurs accablent — pauvre et chargé de péché — la Gaṅgā seule est proclamée refuge et voie ; nullement autrement.
Verse 99
श्रुताभिलषिता दृष्टा स्पृष्टा पीताऽवगाहिता । पुंसां वंशद्वयं गंगा तारयेन्नात्र संशयः
Si la Gaṅgā est entendue, désirée, vue, touchée, bue ou abordée pour s’y baigner, elle délivre les deux lignées de l’homme (paternelle et maternelle) ; là-dessus, nul doute.
Verse 100
कीर्तनाद्दर्शनात्स्पर्शाद्गंगापानावगाहनात् । दशोत्तरगुणा ज्ञेया पुण्यापुण्यर्द्धिनाशयोः
Par la louange, par la vision, par le contact, et par le fait de boire et de s’immerger dans la Gaṅgā, sache que l’accroissement du mérite et l’anéantissement du démérite deviennent dix fois et davantage grâce à ces actes.
Verse 110
ब्रह्मलोकस्तु लोकानां सर्वेषामुत्तमो यथा । सरितां सरसां वापि वरिष्ठा जाह्नवी तथा
De même que Brahmaloka est le plus élevé de tous les mondes, de même Jāhnavī (la Gaṅgā) est la plus éminente parmi les rivières, et même parmi les lacs.
Verse 120
ज्ञात्वाज्ञात्वा च गंगायां यः पंचत्वमवाप्नुयात् । अनात्मघाती स्वर्गी स्यान्नरकान्स न पश्यति
Qu’il le sache ou non, quiconque trouve la mort dans la Gaṅgā — pourvu qu’il ne se soit pas donné la mort — est voué au ciel et ne voit pas les enfers.
Verse 124
यावंति तस्या लोमानि मुने तत्संततेरपि । तावद्वर्षसहस्राणि स स्वर्गसुखभुग्भवेत्
Ô sage, autant il y a de poils sur son corps — et de même sur les corps de sa descendance — autant de milliers d’années il jouira de la félicité céleste.