
Mārkaṇḍeya raconte comment le brāhmaṇa Candraśarmā parvient à Dvārakā, cité sacrée servie par les siddhas et les êtres célestes, et tenue pour un lieu dispensateur de mokṣa; on dit que les péchés s’évanouissent dès l’entrée et la simple vision. Il loue la suffisance spirituelle du Dvārakā-darśana, laissant entendre que la quête d’autres tīrtha devient secondaire. Candraśarmā accomplit ensuite les rites sur la rive de la Gomati : snāna, pitṛ-tarpaṇa, collecte et vénération des pierres marquées du cakra (cakrāṅkita śilā) à Cakratīrtha avec la récitation du Puruṣasūkta, puis Śiva-pūjā et offrandes de piṇḍa-udaka avec les upacāras usuels (onction parfumée, vêtement, fleurs, encens, lampe, naivedya, nīrājana, pradakṣiṇa, namaskāra). Durant la veille nocturne (jāgaraṇa), il implore Kṛṣṇa d’ôter la faute de daśamī-vedha qui altère l’observance de dvādaśī et de délivrer les ancêtres de l’état de preta. Kṛṣṇa atteste l’efficacité de la bhakti et montre les ancêtres libérés, s’élevant vers les mondes supérieurs. Les pitṛ enseignent le danger d’une dvādaśī défectueuse (sasalya), surtout par daśamī-vedha, qui ruine mérite et dévotion, et insistent sur la protection scrupuleuse du vœu selon le calendrier. Kṛṣṇa ajoute qu’un seul jeûne correctement établi lors de la trispr̥śā en Vaiśākha, joint au Dvārakā-darśana, peut parachever des observances négligées, et prophétise la mort future de Candraśarmā en Vaiśākha lors d’une conjonction trispr̥śā un mercredi. Le chapitre se clôt par la phala de Mārkaṇḍeya : écouter, lire, ou écrire et diffuser ce Dvārakā-māhātmya procure le mérite promis.
Verse 1
श्रीमार्कंडेय उवाच । पितॄणां प्रेतरूपाणां कृत्वा वाक्यं महीपते । चंद्रशर्मा द्विजश्रेष्ठो द्वारकां समुपागतः
Śrī Mārkaṇḍeya dit : Ô roi, après avoir accompli l’injonction de ses ancêtres apparus sous la forme de pretas, l’excellent brāhmane Candraśarmā parvint à Dvārakā.
Verse 2
रुक्मिणीसहितः कृष्णो यत्र तिष्ठति चान्वहम् । यत्र तिष्ठंति तीर्थानि तत्र यातो द्विजोत्तमः
Le brāhmane le plus éminent se rendit là où Kṛṣṇa demeure chaque jour avec Rukmiṇī, là même où résident les tīrthas, les gués sacrés.
Verse 3
यत्र तिष्ठंति यज्ञाश्च यत्र तिष्ठंति देवताः । यत्र तिष्ठंति ऋषयो मुनयो योगवित्तमाः
C’est le lieu où les sacrifices (yajñas) eux-mêmes demeurent, où résident les dieux, et où restent établis les ṛṣis et les munis, suprêmes connaisseurs du Yoga.
Verse 4
या पुरी सिद्धगंधर्वैः सेव्यते किंनरैर्नरेः । अप्सरोगणयक्षैश्च द्वारका सर्वकामदा
Cette cité, honorée et fréquentée par les Siddhas et les Gandharvas, par les Kiṃnaras et les hommes nobles, ainsi que par les troupes d’Apsaras et de Yakṣas, est Dvārakā, celle qui exauce tous les désirs.
Verse 5
स्वर्गारोहणनिश्रेणी वहते यत्र गोमती । सा पुरी मोक्षदा नृणां दृष्टा विप्रवरेण हि
Là où la Gomātī s’écoule telle une échelle pour monter au ciel, cette cité, une fois contemplée par le brāhmane le plus éminent, devient véritablement pour les hommes une dispensatrice de mokṣa, la délivrance.
Verse 6
यस्याः सीमां प्रविष्टस्य ब्रह्महत्यादिपातकम् । नश्यते दर्शनादेव तां पुरीं को न सेवते
Quiconque franchit ne fût-ce que la limite de cette cité, les fautes terribles, à commencer par le brahma-hatyā (meurtre d’un brahmane), s’anéantissent par la seule vision; qui donc ne servirait et n’honorerait une telle ville?
Verse 7
गत्वा कृष्णपुरीं दृष्ट्वा गोमतीं चैव सागरम् । मन्ये कृतार्थमात्मानं जीवितं यौवनं धनम्
Étant allé à la cité de Kṛṣṇa et ayant vu la Gomātī ainsi que l’océan, je me tiens pour accompli : ma vie, ma jeunesse et mes biens ont trouvé leur véritable fin.
Verse 8
दृष्ट्वा कृष्णपुरीं रम्यां कृष्णस्य मुखपंकजम् । धन्योऽहं कृत्यकृत्योहं सभाग्योऽहं धरातले
Ayant vu la ravissante cité de Kṛṣṇa et le visage de Kṛṣṇa, tel un lotus, je suis béni ; mes devoirs sont accomplis ; je suis fortuné sur cette terre.
Verse 9
दृष्ट्वा कृष्णमुखं रम्यं रुक्मिणीं द्वारकां पुरीम् । तीर्थकोटिसहस्रैस्तु सेवितैः किं प्रयोजनम्
Après avoir contemplé le beau visage de Kṛṣṇa, Rukmiṇī et la cité de Dvārakā, à quoi bon servir et visiter des millions et des milliers d’autres tīrthas ?
Verse 10
पुण्यैर्लक्षसहस्रैस्तु प्राप्ता द्वारवती शुभा । शुक्ला वैशाखमासे तु संप्राप्ता मधुसूदनी
Ce n’est que par des mérites amassés par centaines de milliers que l’on atteint l’auspicieuse Dvāravatī ; et durant la quinzaine claire du mois de Vaiśākha, on obtient aussi le temps sacré nommé Madhusūdanī.
Verse 11
द्वादशी त्रिस्पृशानाम पापकोटिशतापहा । धन्याः सर्वे मनुष्यास्ते वैशाखे मधुसूदनी
La Dvādaśī nommée Trispṛśā anéantit des centaines de crores de péchés. Bienheureux sont tous les hommes qui l’obtiennent au mois de Vaiśākha, dans l’observance de Madhusūdana.
Verse 12
संप्राप्ता त्रिस्पृशा यैस्तु बुधवारेण संयुता । न यज्ञैस्तु न वेदैस्तु न तीर्थैः कोटिसेवितैः । प्राप्यते तत्फलं नैव द्वारकायां यथा नृणाम्
Pour ceux qui obtiennent la Trispṛśā (Dvādaśī) conjointe au mercredi, ce fruit ne s’acquiert ni par les sacrifices, ni par l’étude des Veda, ni même par la visite de crores de tīrtha : c’est le fruit que les hommes obtiennent tel qu’on l’obtient à Dvārakā.
Verse 13
एवमुक्त्वा द्विजश्रेष्ठो गोमतीतीरमाश्रितः । उपस्पृश्य यथान्यायं शास्त्रदृष्टेन कर्मणा
Ayant ainsi parlé, le meilleur des deux-fois-nés se rendit sur la rive de la Gomati et, selon la règle convenable, accomplit l’acte purificatoire prescrit (ācamana et autres), tel que l’enseignent les śāstra.
Verse 14
कृत्वा स्नानं यथोक्तं तु संतर्प्य पितृदेवताः । चक्रतीर्थात्समादाय शिलांश्चक्रांकिताञ्छुभान् । पूजिताः पुरुषसूक्तेन यथोक्तविधिना नृप
Après s’être baigné selon la prescription et avoir dûment satisfait les divinités ancestrales, il prit au Cakratīrtha des pierres auspiciennes marquées du Disque, et les vénéra avec le Puruṣasūkta selon le rite énoncé, ô Roi.
Verse 15
शिवपूजा कृता पश्चात्संस्मृत्य पितृभाषितम् । दत्त्वा पिंडोदकं सम्यक्पितॄणां विधिपूर्वकम्
Après avoir accompli le culte de Śiva, se remémorant l’enseignement des ancêtres, il offrit correctement le piṇḍa et l’eau aux Pitṛ selon le rite.
Verse 16
विलेपनं च वस्त्राणि पुष्पाणि धूपदीपको । नैवेद्यानि मनोज्ञानि कंदमूलफलानि च
Il offrit des onguents et des vêtements, des fleurs, de l’encens et des lampes; et aussi le naivedya, des offrandes de nourriture agréables—racines, tubercules et fruits également.
Verse 17
तांबूलं च सकर्पूरं कृत्वा नीराजनादिकम् । प्रदक्षिणां नमस्कारं स्तुतिपूर्वं पुनःपुनः
Il offrit le tāmbūla (bétel) avec du camphre, accomplit le nīrājana (ārati) et autres rites; puis, encore et encore, il fit la circumambulation et la prosternation—chaque geste précédé d’hymnes de louange.
Verse 18
क्षमापयित्वा देवेशं चक्रे जागरणं ततः । यामत्रये व्यतीते तु चंद्रशर्मा ह्युवाच ह
Après avoir imploré le pardon du Seigneur des dieux, il observa la veille sacrée (jāgaraṇa). Et lorsque les trois veilles de la nuit furent passées, Candraśarmā prit la parole.
Verse 19
आतुरस्य च दीनस्य शृणु कृष्ण वचो मम । संसारभयसंत्रस्तं मां त्वमुद्धर केशव
Écoute mes paroles, ô Kṛṣṇa, car je suis accablé et sans secours. Ô Keśava, relève-moi, moi que fait trembler la peur du saṃsāra, l’existence mondaine.
Verse 20
त्वत्पादांबुज भक्तानां न दुःखं पापिनामपि । किं पुनः पापहीनानां द्वादशीसेविनां नृणाम्
Pour ceux qui sont dévots à Tes pieds de lotus, il n’est point de souffrance—même s’ils sont pécheurs; combien plus, alors, pour les hommes sans faute qui observent fidèlement la Dvādaśī !
Verse 21
दशमीवेधजं पापं कथितं मम पूर्वजैः । दुष्कृतं नाशमायातु त्वत्प्रसादाज्जनार्द्दन
Mes ancêtres ont évoqué le péché né du « Daśamī-vedha » (la souillure du dixième jour qui empiète). Par Ta grâce, ô Janārdana, que cette faute soit anéantie.
Verse 22
सविद्धं त्वद्दिनं कृष्ण यत्कृतं जागरं हरे । तत्पापं विलयं यातु यथालवणमंभसि
Ô Kṛṣṇa, ô Hari—si la veille (jāgara) que j’ai observée en Ton jour sacré fut « souillée » par un chevauchement, que ce péché se dissolve, comme le sel dans l’eau.
Verse 23
सविद्धं वासरं यस्मा त्कृतं मम पितामहैः । प्रेतत्वं तेन संप्राप्तं महादुःखप्रसाधकम्
Parce que mes aïeux, jadis, observèrent un jour sacré de manière fautive, ils tombèrent dans l’état de preta—une affliction qui engendre une immense souffrance.
Verse 24
यथा प्रेतत्वनिर्मुक्ता मम पूर्वपितामहाः । मुक्तिं प्रयांति देवेश तथा कुरु जगत्पते
Ô Seigneur des dieux, ô Maître du monde—accorde que mes anciens ancêtres, délivrés de l’état de preta, parviennent à la délivrance (mokṣa).
Verse 25
पुनरेव यदुश्रेष्ठ प्रसादं कर्तुमर्हसि । अविद्यामोहितेनापि न कृतं तव पूजनम्
Ô le meilleur des Yadus, daigne encore m’accorder Ta grâce. Aveuglé par l’ignorance, je n’ai pas accompli Ton culte.
Verse 26
मया पापेन देवेश शिवभक्तिः समाश्रिता । तव भक्तिः कृता नैव न कृतं तव वासरम्
Ô Seigneur des dieux ! Moi, pécheur, j’ai cherché refuge dans la dévotion à Śiva ; pourtant je n’ai pas cultivé la dévotion envers Toi, ni observé Ton jour sacré.
Verse 27
न दृष्टा द्वारका कृष्ण न स्नातो गोमतीजले । न दृष्टं पादपद्मं च त्वदीयं मोक्षदा यकम्
Ô Kṛṣṇa, je n’ai pas contemplé Dvārakā ; je ne me suis pas baigné dans les eaux de la Gomati ; et je n’ai pas vu Tes pieds de lotus, dispensateurs de délivrance.
Verse 28
न कृता द्वारकायात्रा दृष्ट्वा सोमेश्वरं प्रभुम् । विफलं सुकृतं जातं यन्मया समुपार्जितम्
Je n’ai pas accompli le pèlerinage à Dvārakā pour contempler le Seigneur Someśvara ; ainsi, le mérite que j’ai amassé est devenu sans fruit.
Verse 29
मत्पूर्वजैस्तु कथितं सर्वमेव सुरेश्वर । तत्पुण्यं मा वृथा यातु प्रसादात्तव केशव
Ô Seigneur des dieux — ô Keśava — mes ancêtres ont bien parlé de tout cela. Par Ta grâce, que ce mérite ne s’en aille pas en vain.
Verse 30
दृष्टं तु तव वक्त्रं च दुर्ल्लभं भुवनत्रये । तन्नास्ति देवकीपुत्र पुराणेषु श्रुतं मया
Pourtant, j’ai vu Ton visage, si rare dans les trois mondes. Ô fils de Devakī, j’ai entendu dans les Purāṇas qu’une telle vision est à peine accessible.
Verse 31
सापराधास्तु ये केचिच्छिशुपालादयः स्मृताः । त्वत्करेण हताः कोपान्मुक्तिं प्राप्ता महीवराः
Même ceux dont on se souvient comme coupables—tels Śiśupāla et d’autres—lorsqu’ils furent frappés par Ta main dans la colère, obtinrent la délivrance, ô grand Seigneur.
Verse 32
अद्यप्रभृति कर्त्तव्यं पूजनं प्रत्यहं च तत् । पलार्धेनापि विद्धं स्याद्भोक्तव्यं वासरे तव
Dès aujourd’hui, ce culte doit être accompli chaque jour; et même si le jeûne est « imparfait » ne fût-ce que d’un demi pala, on ne doit prendre nourriture que le jour sacré qui T’est consacré, selon la règle de cette observance.
Verse 33
त्वत्प्रिया च मया कार्य्या द्वादशी व्रतसंयुता । भक्तिर्भागवतानां च कार्य्या प्राणैर्द्धनैरपि
J’accomplirai ce qui T’est cher—tout particulièrement le vœu sacré de Dvādaśī—et je cultiverai la bhakti envers les Bhāgavatas, les dévots du Seigneur, les honorant fût-ce au prix de ma vie et de mes richesses.
Verse 34
नित्यं नामसहस्रं तु पठनीयं तव प्रियम् । पूजा तु तुलसीपत्रैर्मया कार्या सदैव हि
Chaque jour, je réciterai le Sahasranāma, les mille Noms qui Te sont chers; et je T’adorerai sans cesse avec des feuilles de tulasī.
Verse 35
तुलसीकाष्ठसंभूता माला धार्य्या सदा मया । नृत्यं गीतं च कर्त्तव्यं संप्राप्ते जागरे तव
Je porterai toujours une mālā faite de bois de tulasī; et lorsque viendra Ta veille nocturne (jāgara), je m’adonnerai au chant et à la danse dévotionnels.
Verse 36
द्वारकायां प्रकर्त्तव्यं प्रत्यहं गमनं मया । त्वत्कथाश्रवणार्थं च नित्यं पुस्तकवाचनम्
J’irai chaque jour à Dvārakā ; et, afin d’entendre le récit de Tes actes sacrés, je lirai quotidiennement les Écritures saintes.
Verse 37
नित्यं पादोदकं मूर्ध्ना मया धार्यं सुभक्तितः । नैवेद्यभक्षणं चैव करिष्यामि सुभक्तितः
Avec une dévotion sincère, chaque jour je porterai sur ma tête l’eau qui a lavé Tes pieds (pādodaka) ; et avec la même dévotion je prendrai part au naivedya, l’offrande consacrée.
Verse 38
निर्माल्यं शिरसा धार्य्यं त्वदीयं सादरं मया । तव दत्त्वा यदिष्टं तु भक्षणीयं सदा मया
Avec révérence, je porterai sur ma tête le nirmālya — guirlandes et fleurs qui Te furent offertes. Et tout ce qui T’est cher, une fois offert, je le recevrai toujours comme Ton don sanctifié.
Verse 39
तथा तथा प्रकर्त्तव्यं येन तुष्टिर्भवेत्तव । तथ्यमेतन्मया कृष्ण तवाग्रे परिकीर्तितम्
De toutes les manières j’agirai afin que Tu sois satisfait. Cette vérité, ô Kṛṣṇa, je l’ai proclamée ouvertement devant Toi.
Verse 40
श्रीकृष्ण उवाच । साधुसाधु महाभाग चन्द्रशर्मन्द्विजोत्तम । आगमिष्यंति मल्लोके त्वया सह पितामहाः
Śrī Kṛṣṇa dit : « Bien, bien ! Ô Candraśarman, fortuné, le meilleur des brāhmaṇas : tes ancêtres viendront dans Mon royaume avec toi. »
Verse 41
पश्य प्रेतत्वनिर्मुक्ता मत्प्रसादाद्द्विजोत्तम । आकाशे गरुडारूढास्तव पूर्वपितामहाः
Vois, ô le meilleur des brāhmaṇas : par Ma grâce, tes anciens ancêtres ont été délivrés de l’état de preta ; dans le ciel, ils sont montés sur Garuḍa.
Verse 42
पितामहा ऊचुः । त्वत्प्रसादाद्वयं पुत्र मुक्तिं प्राप्ता न संशयः । प्रेतयोनेर्विनिर्मुक्ताः कृष्णवक्त्रावलोकनात्
Les ancêtres dirent : «Par ta faveur, cher fils, nous avons obtenu la délivrance, sans aucun doute. En contemplant le visage de Kṛṣṇa, nous avons été affranchis de l’état de preta.»
Verse 43
धन्यास्ते मानुषे लोके पुत्रपौत्रप्रपौत्रकाः । दृष्ट्वा श्रीसोमनाथं तु कृष्णं पश्यंति द्वारकाम्
Bienheureux dans le monde des hommes sont ceux qui, avec leurs fils, petits-fils et arrière-petits-fils, contemplent Śrī Somanātha, puis contemplent Kṛṣṇa à Dvārakā.
Verse 44
धन्या च विधवा नारी कृष्णयात्रां करोति या । उद्धरिष्यति लोकेऽस्मिन्कुलानां निरयाच्छतम्
Bienheureuse aussi est la veuve qui entreprend le pèlerinage vers Kṛṣṇa ; en ce monde même, elle délivrera cent lignées de sa famille de l’enfer.
Verse 45
श्वपचोऽपि करोत्येवं यात्रां च हरिशांकरीम् । स याति परमां मुक्तिं पितृभिः परिवारितः
Même un śvapaca (né dans la condition la plus basse) qui entreprend ainsi le pèlerinage de Hari et de Śaṅkara atteint la libération suprême, entouré de ses ancêtres.
Verse 46
यः पुनस्तीर्थसंन्यासं कृत्वा तिष्ठति तत्र वै । विष्णुलोकान्निवृत्तिर्न कल्पकोटिशतैरपि
De plus, quiconque, ayant pris la renonciation en ce lieu de pèlerinage, y demeure—pour lui, nul retour n’est possible depuis le monde de Viṣṇu, fût-ce après des centaines de crores de kalpas.
Verse 47
वंचितास्ते न सन्देहो दृष्ट्वा सोमेश्वरं प्रभुम् । दृष्टं कृष्णमुखं नैव न स्नाता गोमतीजले
Sans aucun doute, sont trompés ceux qui, bien qu’ayant vu le Seigneur Someśvara, n’ont pas contemplé le visage de Kṛṣṇa et ne se sont pas baignés dans les eaux de la Gomatī.
Verse 48
किं जलैर्बहुभिः पुण्यैस्तीर्थकोटिसमुद्भवैः । दृष्ट्वा सोमेश्वरं यस्तु द्वारकां नैव गच्छति । धिक्कुर्वंति च तं पापं पितरो दिवि संस्थिताः
À quoi servent tant d’« eaux saintes » issues de crores de tīrthas ? Celui qui, après avoir vu Someśvara, ne se rend pas à Dvārakā—cet homme pécheur, les Pitṛs demeurant au ciel le vouent au blâme.
Verse 49
दृष्ट्वा सोमेश्वरं देवं कृष्णं दृष्ट्वा पुनः शिवम् । सौपर्णे कथितं पुण्यं यात्राशतसमुद्भवम्
Ayant vu le dieu Someśvara, ayant vu Kṛṣṇa, puis de nouveau ayant vu Śiva—ce mérite, né comme de cent pèlerinages, est énoncé dans l’enseignement Sauparṇa (lié à Garuḍa).
Verse 50
दृष्ट्वा सोमेश्वरं देवं कृष्णं नैव प्रपश्यति । मोहाद्व्यर्थगतं तस्य सर्वं संसारकर्म वै
Après avoir vu le dieu Someśvara, si l’on ne contemple pas véritablement Kṛṣṇa, alors, par égarement, tous ses efforts mondains dans le saṃsāra deviennent réellement vains.
Verse 51
आगत्य यः प्रभासे च कृष्णं पश्यति वै नरः । प्रभासायुतसंख्यं तु फलमाप्नोति यत्नतः
L’homme qui vient à Prabhāsa et y contemple Kṛṣṇa obtient, par un effort fervent, une récompense mesurée en dizaines de milliers de mérites de Prabhāsa.
Verse 52
यस्मात्सर्वाणि तीर्थानि सर्वे देवास्तथा मखाः । द्वारकायां समायांति त्रिकालं कृष्णसंनिधौ
Car tous les tīrthas, tous les dieux, et même les sacrifices (makhā) se rassemblent à Dvārakā, trois fois par jour, dans la présence même de Kṛṣṇa.
Verse 53
तीर्थैर्नानाविधैः पुत्र तत्स्थानैः किं प्रयोजनम् । फलं समस्ततीर्थानां दृष्ट्वा द्वारवतीं लभेत्
Ô mon fils, à quoi bon tant de tīrthas variés et leurs lieux multiples ? En contemplant seulement Dvāravatī (Dvārakā), on obtient le mérite, fruit de tous les tīrthas.
Verse 54
हते कंसे जरासन्धे नरके च निपातिते । उत्तारिते भुवो भारे कृष्णो देवकिनंदनः । चक्रे द्वारवतीं रम्यां सन्निधौ सागरस्य च
Lorsque Kaṃsa et Jarāsandha eurent été abattus, que Naraka eut été précipité, et que le fardeau de la terre eut été soulagé, Kṛṣṇa—joie de Devakī—établit la belle cité de Dvāravatī près de l’océan.
Verse 55
स्थितः प्रीतमनाः कृष्णो लप्स्यते कामिनीसुखम्
Demeurant là, l’esprit comblé de joie, Kṛṣṇa goûte la félicité de l’amour, le bonheur de l’union avec ses bien-aimées.
Verse 56
ब्रह्माग्निवायुसूर्याश्च वासवाद्या दिवौकसः । मर्त्त्या विप्राश्च राजानः पातालात्पन्नगेश्वराः
Brahmā, Agni, Vāyu et Sūrya; Indra et les autres habitants du ciel; les mortels—brāhmaṇas et rois; et, depuis Pātāla, les seigneurs des serpents—tous s’y rassemblent.
Verse 57
नद्यो नदाश्च शैलाश्च वनान्युपवनानि च । पुरग्रामा ह्यरण्यानि सागराश्च सरांसि च
Rivières et ruisseaux, montagnes, forêts et bosquets; cités et villages, solitudes sauvages; océans et lacs—tout cela, comme en vérité, s’y trouve présent.
Verse 58
यक्षाश्चासुरगंधर्वाः सिद्धा विद्याधरास्तथा । रम्भाद्यप्सरसश्चैव प्रह्लादाद्या दितेः सुताः । रक्षा विभीषणाद्याश्च धनदो रक्ष नायकः
Yakṣas, asuras et gandharvas; siddhas et vidyādharas; apsaras telles que Rambhā; les fils de Diti à commencer par Prahlāda; rākṣasas tels que Vibhīṣaṇa; et Dhanada (Kubera), seigneur des yakṣas—tous se trouvent là.
Verse 59
ऋषयो मुनयः सिद्धाः सनकाद्याश्च योगिनः । ग्रहा ऋक्षाणि योगाश्च ध्रुवः परमवैष्णवः
Ṛṣis et munis, siddhas, et yogins tels que Sanaka et les autres; les planètes, les constellations et les yogas cosmiques; et Dhruva, le suprême Vaiṣṇava—tout cela est présent en ce lieu.
Verse 60
यत्किंचित्त्रिषु लोकेषु तिष्ठते स्थाणुजंगमम् । श्रीकृष्णसन्निधौ नित्यं प्रत्यहं तिष्ठते सदा
Tout ce qui existe dans les trois mondes—immobile ou mobile—demeure à jamais en la présence de Śrī Kṛṣṇa, jour après jour, sans interruption.
Verse 61
न त्यजंति पुरीं पुण्यां द्वारकां कृष्णसेविताम् । सा त्वया सेविता पुत्र सांप्रतं कृष्णदर्शनात् । पिशाचयोनिनिर्मुक्ता यास्यामः परमां गतिम्
Ils n’abandonnent pas la cité sainte de Dvārakā, servie par Kṛṣṇa. Toi aussi, mon fils, tu l’as désormais honorée; et par le darśana de Kṛṣṇa nous avons été délivrés d’une naissance de piśāca, et nous irons vers l’état suprême.
Verse 62
द्वादशीवेधजंपापं द्वारकायाः प्रभावतः । नष्टं पुत्र न सन्देहः संप्राप्ताः परमं पदम्
Par la puissance même de Dvārakā, le péché né du « Dvādaśī-vedha » a été détruit. Ô mon fils, sans aucun doute : nous avons atteint la demeure suprême.
Verse 63
द्वादशीवेधसम्भूतं यत्त्वया पापमर्जितम् । कृष्णस्य दर्शनात्क्षीणं न जह्यं द्वादशीव्रतम्
Quel que soit le péché que tu as contracté par la souillure (vedha) de Dvādaśī, il s’est épuisé par la seule vision de Kṛṣṇa. N’abandonne donc pas l’observance du vœu de Dvādaśī.
Verse 64
रक्षणीयं प्रयत्नेन वेधो दशमिसम्भवः । नो चेत्पुत्र न संदेहः प्रेतयोनिमवाप्स्यसि
Il faut, avec grand effort, se prémunir du vedha qui provient de Daśamī. Sinon, mon fils, sans aucun doute, tu tomberas dans l’état de preta.
Verse 65
त्रैलोक्य संभवं पापं तेषां भवति भूतले । सशल्यं ये प्रकुर्वंति वासरं कृष्णसंज्ञकम्
Pour ceux qui accomplissent, avec défaut (saśalya), le jour portant le nom de Kṛṣṇa, le péché né des trois mondes s’abat sur eux ici, sur la terre.
Verse 66
प्रायश्चित्तं न तस्यास्ति सशल्यं वासरं हरेः । ये कुर्वंति न ते यांति मन्वतरशतैर्दिवम्
Pour cela, il n’est point d’expiation : accomplir le jour sacré de Hari avec une faute. Ceux qui agissent ainsi n’atteignent pas le ciel, fût-ce après des centaines de manvantaras.
Verse 67
प्रेतत्वं दुःसहं पुत्र दुःसहा यमयातना । तस्मात्पुत्र न कर्त्तव्यं सशल्यं द्वादशीव्रतम्
L’état de preta est insupportable, mon fils, et insupportables sont les châtiments de Yama. C’est pourquoi, mon fils, le vœu de Dvādaśī ne doit pas être accompli avec une faute.
Verse 68
कारयंति हि ये त्वज्ञाः कूटयुक्ताश्च हेतुकाः । प्रेतयोनिं प्रयास्यंति पितृभिः सह सर्वतः
En vérité, ces ignorants—rusés et prompts à plaider des prétextes—qui font accomplir de telles observances fautives, iront à la condition de preta, avec leurs ancêtres, de toutes les manières.
Verse 69
द्वादशी दशमीविद्धा संतानप्रविनाशिनी । ध्वंसिनी पूर्वपुण्यानां कृष्णभक्तिविनाशिनी
La Dvādaśī, lorsqu’elle est « percée » ou souillée par la Daśamī, détruit la descendance ; elle ruine les mérites d’autrefois et anéantit la dévotion à Kṛṣṇa.
Verse 70
स्वस्ति तेऽस्तु गमिष्यामः प्रसादाद्रुक्मिणीपतेः । प्राप्तं विष्णुपदं पुत्र अपुनर्भवसंज्ञकम्
Que l’auspice soit sur toi ; nous partirons par la grâce du Seigneur de Rukmiṇī. Mon fils, tu as atteint le Viṣṇupada, la demeure de Viṣṇu, appelée l’état où l’on ne renaît plus.
Verse 71
श्रीकृष्ण उवाच । चंद्रशर्मन्प्रसन्नोऽहं तव भक्त्या द्विजोत्तम । शैवभावप्रपन्नोऽपि यस्त्वं जातोऽसि वैष्णवः
Śrī Kṛṣṇa dit : Ô Candraśarman, le meilleur des brāhmanes, Je suis comblé par ta dévotion ; bien que porté vers la disposition śaiva, tu es devenu un vaiṣṇava.
Verse 72
नवसप्ततिवर्षाणि न कृतं वासरे मम । संपूर्णं मत्प्रसादेन तव जातं न संशयः
Pendant soixante-dix-neuf ans, tu n’as pas accompli l’observance en Mon jour sacré. Pourtant, par Ma grâce, elle est devenue pleinement accomplie pour toi ; sans aucun doute.
Verse 73
एकेनैवोपवासेन त्रिस्पृशासंभवेन हि । द्वारकायाः प्रसादेन मद्दृष्ट्यालोकनेन हि
En vérité, par un seul jeûne—surtout celui lié à l’auspicieuse observance de Trispṛśā—par la grâce de Dvārakā et par le seul fait de Me contempler, on obtient un bienfait spirituel.
Verse 74
अविद्यामोहितेनैव शिवभक्त्या ममार्चनम् । न कृतं मत्प्रसादेन कृतं चैव भविष्यति
Trompé par l’ignorance, tu ne M’as pas adoré à travers ta dévotion à Śiva. Mais par Ma grâce, cette adoration—non accomplie auparavant—sera bel et bien accomplie.
Verse 75
वैशाखे यैरहं दृष्टो द्वारकायां द्विजोत्तम । त्रिस्पृशावासरे चैव वंजुलीवासरे तथा
Ô meilleur des brāhmanes, ceux qui Me contemplent à Dvārakā durant le mois de Vaiśākha—au jour de Trispṛśā et aussi au jour de Vaṃjulī—sont comblés d’une bénédiction particulière.
Verse 76
उन्मीलिनीदिने प्राप्ते प्राप्ते वा पक्षवर्द्धिनी । नैतेषां चापराधोऽस्ति यद्यपि ब्रह्मघातकाः
Lorsque vient le jour nommé Unmīlinī, ou lorsque vient Pakṣavarddhinī, ces gens n’encourent aucune faute, même s’ils seraient autrement coupables du meurtre d’un brahmane.
Verse 77
जन्मप्रभृति पुण्यस्य प्रकृतस्यापि भूसुर । मत्पुरीदर्शनेनापि फलभागी भवेन्नरः
Ô brahmane, même le mérite qu’un homme a amassé depuis sa naissance porte fruit pour lui par la seule vision sacrée (darśana) de Ma cité.
Verse 78
दृष्ट्वा समस्ततीर्थानि प्रभासादीनि भूतले । मत्पुरीदर्शनेनैव पृष्ट्वाऽपीह भवेत्फलम्
Même après avoir vu tous les tīrtha de la terre—Prabhāsa et les autres—le fruit s’obtient ici par le seul darśana de Ma cité; fût-ce en n’en faisant que la demande, le fruit advient.
Verse 79
माहात्म्यं द्वारकायास्तु मद्दिने यत्र तत्र वा । पठेन्मम पुरीं पुण्यां लभते मत्प्रसादतः
Quiconque récite le Māhātmya de Dvārakā—en Mon jour sacré ou n’importe quel jour, où qu’il se trouve—obtient cette cité sainte par Ma grâce.
Verse 80
मत्पुरीं वसतां पुण्यं त्रिकालं मम दर्शनात् । तत्फलं समवाप्नोति यस्त्विदं पठते कलौ
En l’âge de Kali, quiconque récite ceci obtient ce même fruit : le mérite de ceux qui demeurent dans Ma cité et Me contemplent aux trois temps du jour.
Verse 81
कलौ काशी च मथुरा ह्यवंती च द्विजोत्तम । अयोध्या च तथा माया कांची चैव च मत्पुरी
Ô le plus excellent des brahmanes, en l’âge de Kali, Kāśī, Mathurā, Avanti, Ayodhyā, Māyā (Haridvāra), Kāñcī, et aussi ma cité, sont des lieux saints éminents.
Verse 82
शालिग्रामभवं चैव बदरी च तथोत्तमा । कुरुक्षेत्रं भृगुक्षेत्रं पुष्करं शुभसंज्ञकम्
Śāligrāma, et l’excellente Badarī; Kurukṣetra, Bhṛgukṣetra, et Puṣkara, réputé de bon augure — tous sont des tīrthas éminents.
Verse 83
प्रयागं च प्रभासं च क्षेत्रं वै हाटकेश्वरम् । गंगाद्वारं शौकरं च गंगासागरसंगमम्
Prayāga et Prabhāsa; le kṣetra sacré de Hāṭakeśvara; Gaṅgādvāra (Haridvāra), Śaukara, et le sangam où la Gaṅgā rejoint l’océan — tous sont des lieux saints renommés.
Verse 84
नैमिषं दण्डकारण्यं तथा वृन्दावनं द्विज । सैंधवं चार्बुदाख्यं च सर्वाण्यायतनानि च
Ô brāhmane, Naimiṣa, la forêt de Daṇḍaka et Vṛndāvana; Saiṃdhava et le lieu nommé Arbuda (le mont Ābū) — en vérité, toutes les demeures saintes y sont englobées.
Verse 85
वनानि मागधादीनि पुष्कराणि द्विजोत्तम । शैलराजादयः शैला हिमाद्रिप्रमुखा हि ये
Ô le meilleur des brāhmanes, les forêts à commencer par celles de Magadha, les Puṣkara sacrés, et les grandes montagnes —Śailarāja et les chaînes dominées par Himādri (l’Himalaya)— tout cela est compris parmi les saintetés renommées.
Verse 86
गंगादयश्च सरितो भूतले संति यानि वै । तीर्थानि त्रिषु कालेषु समानि द्वारकापुरः
Tous les fleuves qui existent sur la terre—à commencer par la Gaṅgā—et tous les tīrtha, lieux de pèlerinage sacrés : dans les trois temps (passé, présent, futur) ils sont égaux en mérite, au regard de la sainteté de la cité de Dvārakā.
Verse 87
कलिना कलितं सर्वं वर्जयित्वा तु मत्पुरीम् । विप्र वर्षशते प्राप्ते मत्पुर्यां मम दर्शने
Dans l’âge de Kali, tout est dominé par Kali, sauf ma cité. Ô Brāhmaṇa, lorsque cent années se seront écoulées, dans ma cité, au moment de mon darśana (ta vision et audience auprès de moi)…
Verse 88
तव मृत्युर्महीदेव मत्प्रसादाद्भविष्यति । त्रिस्पृशावासरे प्राप्ते वैशाखे शुक्लपक्षतः
Ô seigneur de la terre, par ma grâce adviendra ta mort. Lorsque viendra le jour de Trispṛśā, dans la quinzaine claire de Vaiśākha…
Verse 89
संगमे बुधवारस्य दिवा भूमौ ममाग्रतः । दशमं द्वारमासाद्य तव प्राणस्य निर्गमम् । भविष्यति न संदेहो मत्प्रसादेन भूसुर
Lors de la conjonction propice, un mercredi, en plein jour, à même le sol devant moi—parvenu à la « dixième porte », ton souffle vital (prāṇa) s’en ira. Il n’y a nul doute, ô Brāhmaṇa, par ma grâce.
Verse 90
स्वस्थानं गच्छ विप्रेंद्र सर्वान्कामानवाप्स्यसि । मद्भक्तानां युगांतेऽपि विनाशो नोपपद्यते
Va maintenant en ton propre lieu, ô le meilleur des Brāhmaṇas ; tu obtiendras tous tes désirs. Même à la fin d’un yuga, la destruction de mes dévots ne saurait advenir.
Verse 91
मद्भक्तिं वहतां पुंसामिह लोके परेऽपि वा । नाशुभं विद्यते किंचित्कुलकोटिं नयेद्दिवम्
Pour les hommes qui portent la dévotion envers moi—en ce monde ou dans l’au-delà—il n’existe aucune infortune; cette bhakti peut conduire jusqu’à dix millions de membres de leur lignée au ciel.
Verse 92
मार्कण्डेय उवाच । ततो वर्षशते प्राप्ते गत्वा द्वारवतीं पुरीम् । प्राणान्कृष्णोपदेशेन त्यक्त्वा मोक्षं जगाम ह
Mārkaṇḍeya dit : Puis, lorsque les cent années furent accomplies, il se rendit dans la cité de Dvāravatī ; et, selon l’enseignement de Kṛṣṇa, il abandonna le souffle vital et atteignit véritablement la délivrance (mokṣa).
Verse 93
इन्द्रद्युम्न तदाख्यातं माहात्म्यं द्वारकाभवम् । पुनरेव् प्रवक्ष्यामि यत्ते मनसि वर्त्तते
Ô Indradyumna, la grandeur sacrée de Dvārakā a été exposée. Pourtant, je la redirai encore : tout ce qui demeure dans ton esprit.
Verse 94
शृण्वतां पठतां चैव माहा त्म्यं द्वारकाभवम् । सर्वं फलमवाप्नोति कृष्णेन कथितं च यत्
Quiconque écoute ou récite ce Dvārakā-māhātmya obtient tout fruit : les récompenses mêmes que Kṛṣṇa a énoncées.
Verse 95
विस्तारयंति लोकेऽस्मिंल्लिखितं यस्य वेश्मनि । प्रत्यक्षं द्वारकापुण्यं प्राप्यते कृष्णसंभवम्
En ce monde, celui dont la demeure conserve ce (māhātmya) écrit et le répand obtient directement le mérite de Dvārakā—un mérite né de Kṛṣṇa et accordé par Kṛṣṇa.