Adhyaya 36
Brahma KhandaSetubandha MahatmyaAdhyaya 36

Adhyaya 36

Ce chapitre, sous forme de dialogue entre Sūta et les sages, recourt à l’exemple du brahmane nommé Durācāra pour enseigner deux doctrines éthico-rituelles liées. La première, le saṅga-dharma, affirme que la fréquentation prolongée de grands pécheurs (mahāpātakins) ronge peu à peu le mérite et le rang brahmaniques, jusqu’à une équivalence de faute lorsque l’on demeure, mange et dort avec eux. La seconde, la tīrtha-śakti, célèbre la puissance du lieu saint de Dhanuṣkoṭi : ses eaux, associées à l’arc de Rāmacandra et louées comme destructrices des mahāpātakas, procurent une délivrance immédiate du pāpa et libèrent aussi de la possession contraignante d’un vetāla. Le récit s’élargit ensuite en prescriptions calendaires pour le Mahālaya śrāddha durant la quinzaine sombre (kṛṣṇa pakṣa) de Bhādrapada, en détaillant les fruits dévotionnels selon chaque tithi et les démérites en cas de négligence. Il insiste sur le fait de nourrir, selon ses moyens, des brahmanes de bonne conduite et versés dans les Veda. Le chapitre se clôt par une phalaśruti : entendre et connaître la gloire de Dhanuṣkoṭi aide à se purifier des fautes et à cheminer vers la libération.

Shlokas

Verse 1

श्रीसूत उवाच । धनुष्कोटेस्तु माहात्म्यं भूयोऽपि प्रब्रवीम्यहम् । दुराचाराभिधो यत्र स्नात्वा मुक्तो भवद्द्विजाः

Śrī Sūta dit : Je proclamerai encore la grandeur de Dhanuṣkoṭi, où un homme nommé « Durācāra » obtint la délivrance après s’y être baigné, ô sages deux fois nés.

Verse 2

मुनय ऊचुः । दुराचाराभिधः कोऽसौ सूत तत्त्वार्थकोविद । किंच पापं कृतं तेन दुराचारेण वै मुने

Les sages dirent : Qui est donc celui qu’on appelle « Durācāra », ô Sūta, connaisseur de la vérité et de son sens ? Et quel péché a commis ce malfaiteur, ô sage ?

Verse 3

कथं वा पातका न्मुक्तो धनुष्कोटौ निमज्जनात् । एतच्छुश्रूषमाणानां विस्तराद्वद नो मुने

Comment donc fut-il délivré des péchés par l’immersion à Dhanuṣkoṭi ? Dis-le-nous en détail, ô sage, car nous brûlons de l’entendre.

Verse 4

श्रीसूत उवाच । मुनयः श्रूयतां तस्य दुराचारस्य पातकम् । स्नानेन धनुषः कोटौ यथा मुक्तश्च पातकात्

Śrī Sūta dit : Ô sages, écoutez le péché de ce Durācāra, et comment, en se baignant à Dhanuṣkoṭi, il fut délivré de sa faute.

Verse 5

दुराचाराभिधो विप्रो गौतमीतीरमाश्रितः । कश्चिदस्ति द्विजाः पापी क्रूरकर्मरतः सदा

Il y avait un brāhmaṇa nommé Durācāra, établi sur la rive de la Gautamī ; il était pécheur, ô deux-fois-nés, et toujours adonné à des actes cruels.

Verse 6

ब्रह्मघ्नैश्च सुरापैश्च स्तेयिभिर्गुरुतल्पगैः । तदा संसर्गदुष्टोऽसौ तैः साकं न्यवसद्विजाः

Alors il vécut, ô deux-fois-nés, avec des pécheurs meurtriers de brāhmaṇas, des buveurs d’alcool, des voleurs et ceux qui profanaient le lit du maître ; corrompu par une telle fréquentation, il demeura en leur compagnie.

Verse 7

महापातकिसंसर्गं दोषेणास्य द्विजस्य वै । ब्राह्मण्यं सकलं नष्टं निःशेषेण द्विजोत्तमाः

En vérité, par la faute de fréquenter de grands pécheurs, toute la dignité de brāhmaṇa de cet homme deux-fois-né fut entièrement détruite, ô meilleurs des dvija.

Verse 8

महापातकिभिः सार्द्धं दिनमेकं तु यो द्विजः । निवसेत्सादरं तस्य तत्क्षणाद्वै द्विजन्मनः

Mais tout dvija qui, avec déférence, demeure en compagnie de grands pécheurs ne fût-ce qu’un seul jour—dès cet instant même, sa qualité de deux-fois-né se trouve, en vérité, diminuée.

Verse 9

ब्राह्मणस्य तुरीयांशो नश्यत्येव न संशयः । द्विदिनं सेवनात्स्पर्शाद्दर्शनाच्छयनात्तथा

Assurément, un quart de la dignité brāhmanique d’un brāhmaṇa se perd—sans aucun doute—par deux jours de fréquentation et de service (de tels gens), par le toucher, par la vue, et aussi par le fait de s’étendre (avec eux ou près d’eux).

Verse 10

भोजनात्सह पंक्तौ च महापातकिभिर्द्विजाः । द्वितीयभागो नश्येत ब्राह्मणस्य न संशयः

Ô brāhmaṇas, si un brāhmaṇa mange dans la même rangée que de grands pécheurs (mahāpātakin), sa seconde part de mérite spirituel périt—il n’y a là aucun doute.

Verse 11

त्रिदिनाच्च तृतीयांशो नश्यत्येव न संशयः । चतुर्दिनाच्चतुर्थांशो विलयं याति हि ध्रुवम्

Au bout de trois jours, un tiers périt assurément—sans aucun doute. Au bout de quatre jours, un quart s’en va certes vers la ruine.

Verse 12

अतः परं तु तैः साकं शयनासनभोजनैः । तत्तुल्यपातकी भूयान्महापातकसंभवात्

Au-delà de cela, si l’on partage avec eux lit, siège et nourriture, on devient pécheur à leur égal; car une telle conduite fait naître le grand péché.

Verse 13

तेन ब्राह्मण्यहीनोऽयं दुराचाराभिधो द्विजाः । ग्रस्तोऽभवद्भीषणेन वेतालेन बलीयसा

Ainsi, ô deux-fois-nés, cet homme—nommé «Durācāra»—fut dépouillé de la véritable condition de brāhmaṇa, et saisi par un vetāla terrible et puissant.

Verse 14

असौ परवशस्तेन वेतालेनातिपीडितः । देशाद्देशं भ्रमन्विप्रा वनाच्चैव वनांतरम्

Sans recours sous l’emprise de ce vetāla et cruellement tourmenté, il erra de contrée en contrée, ô brāhmanes, et d’une forêt à l’autre.

Verse 15

पूर्वपुण्यविपाकेन दैवयोगेन स द्विजः । रामचंद्रधनुष्कोटिं महापातकनाशनीम्

Par la maturation des mérites passés et par la rencontre voulue par la Providence, ce brāhmaṇa parvint à la Dhanuṣkoṭi de Rāmacandra, qui détruit les grands péchés.

Verse 16

अनुद्रुतः पिशाचेन तेनाविष्टो ययौ द्विजाः । न्यमज्जयत्स वेतालो धनुष्कोटिजले त्वमुम्

Poursuivi par ce piśāca et possédé par lui, il continua sa route, ô brāhmanes. Alors ce vetāla le plongea dans les eaux de Dhanuṣkoṭi.

Verse 17

धनुष्कोटिजले सोऽयं वेतालेन प्रवेशितः । उदतिष्ठत्क्षणादेव वेतालेन विमोचितः

Bien que ce vetāla eût jeté cet homme dans les eaux de Dhanuṣkoṭi, il se releva aussitôt, délivré de ce même vetāla.

Verse 18

उत्थितोऽसौ द्विजो विप्रा धनुष्कोटिजलात्तदा । स्वस्थो व्यचिंतयत्कोऽयं देशो जलधितीरतः

S’étant alors relevé des eaux de Dhanuṣkoṭi, ce brāhmaṇa retrouva la santé. Ô brāhmanes, il songea : «Quel est ce pays au bord de l’océan ?»

Verse 19

कथं मयागतमिह गौतमीतीरवासिना । इति चिंताकुलः सोऽयं धनुष्कोटिनिवासिनम्

«Comment suis-je venu ici, moi qui demeure sur la rive de la Gautamī ?»—ainsi, l’esprit troublé d’inquiétude, il s’approcha d’un habitant de Dhanuṣkoṭi pour s’enquérir.

Verse 20

दत्तात्रेयं महात्मानं योगिप्रवरमुत्तमम् । समागम्य प्रणम्यासौ दुराचारोऽभ्यभाषत

S’approchant du grand Dattātreya, le plus éminent et suprême parmi les yogins, Durācāra se prosterna devant lui, puis prit la parole.

Verse 21

न जाने भगवन्देशः कतमोऽयं वदाधुना । गौतमीतीरनिलयो दुराचाराभिधो ह्यहम्

«Ô Bienheureux, je ne sais quelle est cette contrée ; dis-le-moi à présent. Je demeure sur la rive de la Gautamī et l’on me nomme, en vérité, Durācāra.»

Verse 22

कृपया ब्रूहि मे ब्रह्मन्मयात्र कथमागतम् । इति पृष्टो मुनिस्तेन दुराचारेण सुव्रतः

«Par compassion, ô sage brahmane, dis-moi comment je suis venu en ce lieu.» Ainsi interrogé par Durācāra, le muni ascète aux vœux nobles répondit.

Verse 23

ध्यात्वा मुहूर्तमवदद्दुराचारं घृणानिधिः । महापातकिसंसर्गे दुराचार कृते पुरा

Après avoir médité un instant, le trésor de compassion parla à Durācāra : «Autrefois, ô Durācāra, par fréquentation des grands pécheurs (mahāpātakins)…»

Verse 24

ब्राह्मण्यं नष्टमभवद्वेतालस्त्वां ततोऽग्रहीत् । तेनाविष्टस्त्वमायातो विवशोऽत्र विमूढधीः

Ta pureté brahmanique fut détruite ; alors un vetāla te saisit. Possédé par lui, tu vins ici sans force, l’intelligence entièrement égarée.

Verse 25

न्यमज्जयत्त्वां वेतालो धनुष्कोटिजलेऽत्र तु । तत्र मज्जनमात्रेण विमुक्तः पातकाद्भवान्

Ici, le vetāla te plongea dans les eaux de Dhanuṣkoṭi. Par cette seule immersion, tu fus délivré du péché.

Verse 26

धनुष्कोटौ तु ये स्नानं पुण्ये कुर्वंति मानवाः । तेषां नश्यंति वै सत्यं पंचपातकसंचयाः

En vérité, ceux qui accomplissent le bain sacré au Dhanuṣkoṭi béni, voient assurément s’anéantir l’amas des cinq grands péchés.

Verse 27

रामचंद्रधनुष्कोटावत्र मज्जनमात्रतः । महापातकिसंसर्गदोषस्ते विलयं ययौ

Ici, à la Dhanuṣkoṭi de Rāmacandra, par la seule immersion, s’est évanouie pour toi la faute née de la fréquentation des grands pécheurs.

Verse 28

तन्नाशादेव वेतालस्त्वां मुक्त्वा विलयं गतः । त्वामग्रहीद्यो वेतालः पुरायं ब्राह्मणोऽभवत्

Parce que cette souillure fut détruite, le vetāla te relâcha et disparut. Le vetāla même qui t’avait saisi fut jadis un brāhmaṇa.

Verse 29

सोऽयं भाद्रपदे मासे कृष्णपक्षे महालयम् । पार्वणेन विधानेन पितॄणां नाकरोन्मुदा

Cet homme-là, au mois de Bhādrapada, durant la quinzaine sombre, au temps de Mahālaya, n’accomplit pas avec joie le rite ancestral pour les Pitṛ selon la règle prescrite du pārvaṇa.

Verse 30

तेन स्वपितृभिः शप्तो वेतालत्वमगादयम् । सोपि चास्य धनुष्कोटेरवलोकनमात्रतः

Ainsi, maudit par ses propres ancêtres, cet homme tomba dans l’état de vetāla ; et pourtant, lui aussi, par le seul fait de regarder l’extrémité de cet arc, commença à être délivré de cette condition.

Verse 31

वेतालत्वं विहायेह विष्णुलोकम वाप्तवान् । अतो भाद्रपदे मासे कृष्णपक्षे महालयम्

Ayant rejeté ici même l’état de vetāla, il atteignit le monde de Viṣṇu. C’est pourquoi, au mois de Bhādrapada, durant la quinzaine sombre, il convient d’accomplir les rites de Mahālaya.

Verse 32

उद्दिश्य स्वपितॄन्ये तु न कुर्वन्त्यतिलोभतः । महालोभयुतास्तेऽद्धा वेतालाः स्युर्न संशयः

Ceux qui, bien qu’ayant en vue leurs propres ancêtres, n’accomplissent pas les rites par excès de cupidité—ces gens, emplis d’une grande avidité, deviennent assurément des vetālas ; il n’y a là aucun doute.

Verse 33

तस्माद्भाद्रपदे मासे कृष्णपक्षे महालयम् । पितॄनुद्दिश्य शक्त्या ये ब्राह्मणान्वेदपारगान्

Ainsi donc, au mois de Bhādrapada, durant la quinzaine sombre, à Mahālaya—ceux qui, en l’offrant à leurs ancêtres, selon leurs moyens, honorent et nourrissent des brāhmaṇas versés dans les Veda…

Verse 34

भोजयेयुर्महान्नेन न ते विंदंति दुर्गतिम् । यस्तु भाद्रपदे मासे कृष्णपक्षे महालयम्

…et les nourrisse d’une nourriture abondante : de telles personnes ne rencontrent pas l’infortune. Mais celui qui, au mois de Bhādrapada, durant la quinzaine sombre, à Mahālaya…

Verse 35

स्वशक्त्यनुगुणं विप्रमेकं द्वौ त्रीनकिंचनः । भोजयेन्नहि दौर्गत्यं भवेदस्य कदाचन

Même l’homme pauvre doit, selon ses moyens, nourrir un brāhmane — ou deux, ou trois. Ainsi, jamais l’infortune ne l’atteindra.

Verse 36

अयं भाद्रपदे मासे पितॄणामनुपासनात् । ययौ वेतालतां विप्रो यस्त्वां जग्राह पापिनम्

C’est au mois de Bhādrapada — par négligence du culte rendu aux ancêtres — que ce brāhmane, celui qui t’a saisi, ô pécheur, tomba dans l’état de vetāla.

Verse 37

कालो भाद्रपदमासमारभ्य वृश्चिकावधि । महालयस्य कथितो मुनिभिस्तत्त्वदर्शिभिः

Les sages qui voient la vérité déclarent que la période de Mahālaya s’étend du mois de Bhādrapada jusqu’à (la saison de) Vṛścika.

Verse 38

मासो भाद्रपदः कालस्तत्रापि हि विशिष्यते । कृष्ण पक्षो विशिष्टः स्याद्दुराचारक तत्र वै

Parmi ces temps, le mois de Bhādrapada est tout particulièrement éminent ; et en son sein, la quinzaine sombre est la plus remarquable — même pour l’homme de mauvaise conduite, en vérité.

Verse 39

तस्मिञ्छुभे कृष्णपक्षे प्रथमायां तथा तिथौ । श्राद्धं महालयं कुर्याद्यो नरो भक्तिपूर्वकम्

En cette quinzaine sombre et propice, au premier tithi, l’homme qui accomplit avec dévotion le śrāddha de Mahālaya agit comme il convient et en recueille le mérite.

Verse 40

तस्य प्रीणाति भगवान्पावकः सर्वपावनः । स वह्निलोकमाप्नोति वह्निना सह मोदते

Agni, le bienheureux Pāvaka qui purifie tout, se réjouit de lui. Un tel homme atteint le monde du Feu et s’y délecte en la compagnie d’Agni.

Verse 41

तस्मै च ज्वलनो देवः सर्वैश्वर्यं ददात्यपि । प्रथमायां तिथौ मर्त्यो यो न कुर्यान्महालयम्

À lui, le dieu Jvalana (Agni) accorde même toute forme de prospérité. Mais le mortel qui n’accomplit pas le rite de Mahālaya au premier tithi (Prathamā)…

Verse 42

वह्निर्गृहं दहेत्तस्य श्रियं क्षेत्रादिकं तथा । वेदज्ञे ब्राह्मणे भुक्ते प्रथमायां महालये

Le feu brûle sa demeure et détruit aussi sa prospérité et ses biens—terres et autres—si, lors du Mahālaya du premier tithi, même après avoir nourri un brāhmaṇa versé dans les Veda, il manque à l’observance requise.

Verse 43

दश कल्पसहस्राणि पितरो यांति तृप्तताम् । द्वितीयायां तु यो भक्त्या कुर्याच्छ्राद्धं महालयम्

Pendant dix mille kalpa, les Pitṛs (Pères ancestraux) parviennent à la pleine satisfaction. Mais celui qui, avec dévotion, accomplit le śrāddha de Mahālaya au second tithi (Dvitīyā)…

Verse 44

तस्य प्रीणाति भगवान्भवानीपतिरीश्वरः । स कैलासमवाप्नोति शिवेन सह मोदते

Le Seigneur Īśvara, époux de Bhavānī, est satisfait de lui. Il atteint Kailāsa et s’y réjouit en compagnie de Śiva.

Verse 45

विपुलां संपदं तस्मै प्रीतो दद्यान्महेश्वरः । द्वितीयायां तिथौ मर्त्यो यो न कुर्यान्महालयम्

Satisfait, Maheśvara lui accorde une prospérité abondante. Mais le mortel qui, au second tithi (Dvitīyā), n’accomplit pas le rite de Mahālaya…

Verse 46

तस्य वै कुपितः शंभुर्नाशयेद्ब्रह्मवर्चसम् । रौरवं कालसूत्राख्यं नरकं चास्य दास्यति

Śambhu, irrité contre lui, détruit sa splendeur brahmanique. Il le voue aussi aux enfers nommés Raurava et Kālasūtra.

Verse 47

वेदज्ञे ब्राह्मणे भुक्ते द्वितीयायां महालये । विंशत्कल्प सहस्राणि पितरो यांति तृप्तताम्

Lorsque, au Mahālaya du second tithi, on nourrit un brāhmaṇa connaisseur des Veda, les ancêtres obtiennent satisfaction pendant vingt mille kalpa.

Verse 48

अनुग्रहात्पितॄणां च संततिश्चास्य वर्द्धते । तृतीयायां नरो भक्त्या कुर्याच्छ्राद्धं महालयम्

Par la grâce des ancêtres, sa lignée aussi croît et s’épanouit. Ainsi, au troisième tithi (Tṛtīyā), qu’il accomplisse avec dévotion le śrāddha de Mahālaya.

Verse 49

तस्य प्रीणाति भगवांल्लोकपालो धनाधिपः । महापद्मादिनिधयो वर्तंते तस्य वै वशे

Le bienheureux Lokapāla, seigneur des richesses (Kubera), se réjouit de lui. Les grands trésors—Mahāpadma et les autres—passent sous son autorité.

Verse 50

तस्यानुगास्त्रयो देवा ब्रह्मविष्णुमहेश्वराः । तृतीयायां तिथौ मर्त्यो यो न कुर्यान्महालयम्

Brahmā, Viṣṇu et Maheśvara—ces trois dieux—se tiennent comme ses surveillants. Si un mortel n’accomplit pas le rite de Mahālaya au troisième jour lunaire (tṛtīyā), il devient passible de leur décret punitif.

Verse 51

धनदो भगवांस्तस्य संपदं हरति क्षणात् । दारिद्यं च ददात्यस्मै बहुदुःखसमाकुलम्

Le Seigneur Dhanada (Kubera) lui enlève en un instant sa prospérité, et lui accorde la pauvreté, accablée de maintes souffrances.

Verse 52

तृतीयायां तिथौ मर्त्यो यः करोति महालयम् । तृप्यंति पितरस्तस्य त्रिंशत्कल्पसहस्रकम्

Le mortel qui accomplit Mahālaya au troisième jour lunaire satisfait ses ancêtres; ils demeurent comblés durant trente mille kalpas.

Verse 53

चतुर्थ्यां तु नरो भक्त्या श्राद्धं कुर्यान्महालयम् । तस्य प्रीणाति भगवान्हेरंबः पार्वतीसुतः

Mais si un homme, avec dévotion, accomplit le śrāddha de Mahālaya au quatrième jour lunaire (caturthī), alors le Seigneur Heramba—fils de Pārvatī—se réjouit de lui.

Verse 54

तस्य विघ्नाश्च नश्यंति गजवक्त्रप्रसादतः । चतुर्थ्यां तु तिथौ मर्त्यो यो न कुर्यान्महालयम्

Par la grâce du Seigneur au visage d’éléphant, ses obstacles sont anéantis. Mais si, au quatrième tithi (caturthī), un mortel n’accomplit pas le Mahālaya…

Verse 55

विघ्नेशो भगवांस्तस्य सदा विघ्नं करोति हि । चण्डकोलाहलाभिख्ये नरके च पतत्यथ

Car le Bienheureux Vighneśa, en vérité, lui suscite toujours des obstacles ; puis il tombe dans l’enfer nommé Caṇḍakolāhala.

Verse 56

चतुर्थ्यां वै तिथौ मर्त्यो यः करोति महालयम् । पितरः कल्पसाहस्रं चत्वारिंशत्प्रहर्षिताः

En vérité, le mortel qui accomplit le Mahālaya au quatrième tithi réjouit les ancêtres ; ils demeurent comblés durant quarante mille kalpas.

Verse 57

बहून्पुत्रान्प्रदास्यंति श्राद्धकर्तुर्निरंतरम् । पंचम्यां तु तिथौ भक्त्या यो न कुर्यान्महालयम्

Sans cesse, ils accorderont de nombreux fils à celui qui accomplit le śrāddha. Mais si, au cinquième tithi (pañcamī), un homme, avec dévotion, n’accomplit pas le Mahālaya…

Verse 58

तस्य लक्ष्मीर्भगवती परित्यजति मंदिरम् । अलक्ष्मीः कलहाधारा तस्य प्रादुर्भवेद्गृहे

La bienheureuse déesse Lakṣmī abandonne sa demeure ; et Alakṣmī — dont le fondement est la querelle — se manifeste dans sa maison.

Verse 59

पचम्यां तु तिथौ मर्त्यो यः करोति महालयम् । तस्य तृप्यंति पितरः पंचकल्पसहस्रके

Au cinquième tithi (pañcamī), le mortel qui accomplit le saint Mahālaya rassasie ses ancêtres ; ils demeurent comblés durant cinq mille kalpas.

Verse 60

संततिं चाप्यविच्छिन्नामस्मै दास्यंति तर्पिताः । पार्वती च प्रसन्ना स्यान्महदैश्वर्यदायिनी

Lorsque les ancêtres sont apaisés par les offrandes, ils lui accordent une lignée ininterrompue ; et la Déesse Pārvatī aussi se réjouit, dispensant grande prospérité et fortune souveraine.

Verse 61

षष्ठ्यां तिथौ नरो भक्त्या श्राद्धं कुर्यान्महालयम् । तस्य प्रीणाति भगवान्षण्मुखः पार्वती सुतः

Au sixième tithi (ṣaṣṭhī), si un homme accomplit avec dévotion le śrāddha de Mahālaya, le Seigneur Ṣaṇmukha—fils de Pārvatī—se réjouit de lui.

Verse 62

तस्य पुत्राश्च पौत्राश्च षण्मुखस्य प्रसादतः । ग्रहैर्वालग्रहैश्चैव न बाध्यंते कदाचन

Par la grâce de Ṣaṇmukha, ses fils et ses petits-fils ne sont jamais tourmentés, ni par les influences des astres ni par les esprits ravisseurs d’enfants.

Verse 63

षष्ठ्यां तिथौ नरो भक्त्या यो न कुर्यान्महालयम् । तस्य स्कन्दो महासेनो विमुखः स्यान्न संशयः

Mais si, au ṣaṣṭhī, un homme n’accomplit pas avec dévotion le rite de Mahālaya, alors Skanda, le grand chef d’armée (Mahāsena), se détourne de lui, sans aucun doute.

Verse 64

गर्भान्निर्गतमात्रैव प्रजा तस्य विनश्यति । पूतनादिग्रहकुलैर्बाध्यते च निरंतरम्

À peine sortis du sein maternel, ses enfants périssent ; et lui est sans cesse tourmenté par des cohortes d’esprits malfaisants, tels Pūtanā et autres semblables.

Verse 65

वह्निज्वालाप्रवेशाख्ये नरके च पतत्यधः । षष्ठ्यां तिथौ यः श्रद्धावान्कुर्याच्छ्राद्धं महालयम्

Il tombe dans l’enfer nommé « Entrée dans les flammes du feu » ; mais celui qui, plein de foi, accomplit le Mahālaya śrāddha au tithi de Ṣaṣṭhī obtient le fruit propice.

Verse 66

षष्टिकल्पसहस्रं तु पितरो यामति तृप्तताम् । पुत्रानपि प्रदास्यंति संपदं विपुलां तथा

Pendant soixante mille kalpas, les Pitṛs atteignent la pleine satisfaction ; et ils accordent aussi des fils, ainsi qu’une richesse abondante.

Verse 67

सप्तम्यां तु तिथौ मर्त्यः श्राद्धं कुर्यान्महालयम् । हिरण्यपाणिर्भगवानादित्यस्तस्य तुष्यति

Au tithi du septième jour (Saptamī), si un mortel accomplit le Mahālaya śrāddha, le Soleil béni — le Seigneur Āditya, « aux mains d’or » — s’en trouve satisfait.

Verse 68

अरोगो दृढगात्रः स्याद्भास्करस्य प्रसादतः । हिरण्यपाणिर्भगवान्हिरण्यं पाणिना स्वयम्

Par la grâce de Bhāskara, il devient exempt de maladie et doté de membres robustes ; et le Seigneur « aux mains d’or » accorde lui-même de l’or, de sa propre main, à celui qui accomplit le Mahālaya śrāddha.

Verse 69

महालयश्राद्धकर्त्रे ददाति प्रीतमानसः । सप्तम्यां तु तिथौ भक्त्या यो न कुर्यान्महालयम्

D’un esprit réjoui, il accorde (de tels mérites) à celui qui accomplit le śrāddha de Mahālaya ; mais celui qui, avec dévotion, n’accomplit pas Mahālaya au jour de Saptamī, obtient le fruit contraire, décrit ensuite.

Verse 70

व्याधिभिः क्षयरोगाद्यै बाध्यते स दिवानिशम् । तीक्ष्णधारास्त्रशय्याख्ये नरके च पतत्यधः

Tourmenté jour et nuit par des maladies telles que la consomption (kṣaya) et autres, il tombe en bas dans l’enfer nommé « le lit des armes aux tranchants aigus ».

Verse 71

सप्तम्यां यो नरो भक्त्या श्राद्धं कुर्यान्महालयम् । सप्ततिं कल्पसाहस्रं प्रीणंति पितरोऽस्य वै

Si un homme, avec dévotion, accomplit le śrāddha de Mahālaya au jour de Saptamī (le septième tithi), ses ancêtres sont véritablement comblés durant soixante-dix mille kalpas.

Verse 72

संततिं चाप्यविच्छिन्नां दद्युः पितृगणाः सदा । अष्टम्यां तु तिथौ मर्त्यः श्राद्धं कुर्यान्महाल यम्

Les cohortes des ancêtres lui accordent sans cesse une lignée ininterrompue. Et au jour d’Aṣṭamī (le huitième tithi), un mortel doit accomplir le śrāddha de Mahālaya.

Verse 73

मृत्युंजयः कृत्तिवासास्तस्य प्रीणाति शंकरः । करस्थं तस्य कैवल्यं शंकरस्य प्रसादतः

Śaṅkara—Mṛtyuṃjaya, le Seigneur Kṛttivāsā vêtu de peaux—se réjouit de lui ; par la grâce de Śaṅkara, le kaivalya, la délivrance, demeure dans sa propre main, comme aisément obtenue.

Verse 74

महालयेन श्राद्धेन तुष्टे साक्षात्त्रि यंबके । चतुर्दशसु लोकेषु दुर्लभं तस्य किं भवेत्

Lorsque Tryambaka (Śiva) lui-même est satisfait par le śrāddha de Mahālaya, qu’y a-t-il donc de difficile à obtenir pour cet être dans les quatorze mondes ?

Verse 75

महालयं न कुर्याद्वै योऽष्टम्यां मूढचेतनः । संसारसागरे घोरे सदा मज्जति दुःखितः

Celui qui, l’esprit égaré, n’accomplit pas le rite de Mahālaya au jour d’aṣṭamī, sombre à jamais—dans la peine—au sein de l’effroyable océan du saṃsāra.

Verse 76

कदाचिदपि तस्येष्टं नैव सिद्ध्यति भूतले । वैतरिण्याख्यनरके पतत्याचंद्रतारकम्

Même une seule fois, ses desseins désirés ne s’accomplissent pas sur la terre ; et il tombe dans l’enfer nommé Vaitaraṇī, aussi longtemps que dureront la lune et les étoiles.

Verse 77

योऽष्टम्यां श्रद्धया श्राद्धं नरः कुर्यान्महालयम् । अशीतिकल्पसाहस्रं तृप्यंति पितरोऽस्य वै

Si un homme accomplit avec foi le śrāddha de Mahālaya au jour d’aṣṭamī, ses ancêtres sont rassasiés et comblés durant quatre-vingt mille kalpas.

Verse 78

आशीर्भिर्वर्द्धयंत्येनं विघ्नश्चास्य व्यपोहति । संततिं चाप्यविच्छिन्नां दद्युः पितृगणाः सदा

Ils le font croître par leurs bénédictions et écartent ses obstacles ; et les assemblées des ancêtres lui accordent toujours, de plus, une lignée ininterrompue.

Verse 79

नवम्यां तु तिथौ मर्त्यः श्राद्धं कुर्यान्महालयम् । दुर्गादेवी भगवती तस्य प्रीणाति शांभवी

Au neuvième jour lunaire (Navamī), le mortel doit accomplir le śrāddha de Mahālaya ; alors la Déesse bienheureuse Durgā—Śāmbhavī elle-même—se réjouit de lui.

Verse 80

क्षयापस्मारकुष्ठा दीन्क्षुद्रप्रेतपिशाचकान् । नाशयेत्तस्य सन्तुष्टा दुर्गा महिषमर्दिनी

Satisfaite, Durgā—Mahīṣamardinī, celle qui terrassa Mahiṣa—anéantit pour lui la consomption, l’épilepsie, la lèpre, la détresse, et les tourments causés par de petits esprits, des pretas et des piśācas.

Verse 81

नवम्यां तु तिथौ मर्त्यो यो न कुर्यान्महालयम् । अपस्मारेण पीड्येत तथैव ब्रह्मरक्षसा

Au neuvième jour lunaire, le mortel qui n’accomplit pas le rite de Mahālaya est tourmenté par l’épilepsie, et de même par un brahmarākṣasa.

Verse 82

अभिचारार्थकृत्याभिर्वाध्येत च निरन्तरम् । नवम्यां यस्तिथौ मर्त्यः श्राद्धं कुर्यान्महालयम्

Il serait sans cesse harcelé par des sortilèges et des rites malveillants ; c’est pourquoi, au neuvième jour lunaire, le mortel doit accomplir le śrāddha de Mahālaya.

Verse 83

नवतिं कल्पसाहस्रं तृप्यन्ति पितरोऽस्य वै । संततिं चाप्यविच्छिन्नां दद्युः पितृगणाः सदा

Pendant quatre-vingt-dix mille kalpas, ses ancêtres sont véritablement rassasiés ; et les cohortes des Pitṛs lui accordent toujours une lignée ininterrompue et la continuité de la descendance.

Verse 84

दशम्यां तु तिथौ मर्त्यः श्राद्धं कुर्यान्महालयम् । तस्यामृतकलश्चन्द्रः षोडशात्मा प्रसीदति

Au dixième tithi, le mortel doit accomplir le śrāddha de Mahālaya ; alors la Lune—vase d’amṛta et aux seize phases—devient bienveillante.

Verse 85

औषधीनामधीशेऽस्मिञ्छ्राद्धेनानेन तोषिते । व्रीह्यादीनि तु धान्यानि दद्युरोषधयः सदा

Lorsque le seigneur des plantes médicinales est satisfait par ce śrāddha, les herbes accordent toujours des grains, tels que le riz et autres.

Verse 86

यो न कुर्याद्दशम्यां तु महालयमनुत्तमम् । ओषध्यो निष्फलास्तस्य कृषिश्चाप्यस्य निष्फला

Celui qui n’accomplit pas, au dixième tithi, l’incomparable rite de Mahālaya, verra ses herbes sans fruit, et son agriculture elle aussi stérile.

Verse 87

दशम्यां यस्तिथौ मर्त्यः श्राद्धंकुर्यान्महालयम् । शतकल्पसहस्राणि तृप्यंति पितरोऽस्य वै

Le mortel qui, au dixième tithi, accomplit le śrāddha de Mahālaya : ses ancêtres sont rassasiés durant cent mille kalpas.

Verse 88

संततिं चाप्यविच्छिन्नां दद्युः पितृगणाः सदा । एकादश्यां नरो भक्त्या श्राद्धं कुर्यान्महालयम्

Les cohortes des Pitṛs accordent toujours une lignée ininterrompue ; et au onzième tithi, l’homme doit accomplir avec dévotion le śrāddha de Mahālaya.

Verse 89

संहर्ता सर्वलोकस्य तस्य रुद्रः प्रसीदति । रुद्रस्य सर्वसंहर्तुः प्रसादेन जगत्पतेः

Pour lui, Rudra—destructeur de tous les mondes—devient bienveillant ; par la grâce de Rudra, l’anéantisseur universel, le Seigneur du monde accorde sa faveur.

Verse 90

शत्रून्पराजय त्येष श्राद्धकर्ता निरन्तरम् । ब्रह्महत्यायुतं चापि तस्य नश्यति तत्क्षणात्

Celui qui accomplit sans cesse le Śrāddha triomphe assurément des ennemis ; même le poids de myriades de fautes de meurtre d’un brahmane s’anéantit pour lui à l’instant même.

Verse 91

अग्निष्टोमादियज्ञानां फलमाप्नोति पुष्कलम् । एकादश्यां नरो भक्त्या यो न कुर्यान्महालयम्

Il obtient un fruit abondant, égal à celui de l’Agniṣṭoma et des autres yajñas ; mais l’homme qui, même avec dévotion, n’accomplit pas le rite de Mahālaya au onzième tithi manque à son devoir.

Verse 92

तस्य वै विमुखो रुद्रो न प्रसीदति कर्हिचित् । सर्वतो वर्धमानाश्च बाधन्ते शत्रवो ह्यमुम्

Pour un tel homme, Rudra se détourne et ne se satisfait jamais ; et les ennemis, croissant de toutes parts, l’accablent à coup sûr.

Verse 93

अग्निष्टोमादिका यज्ञाः कृताश्च बहुदक्षिणाः । निष्फला एव तस्य स्युर्भस्मनि न्यस्तहव्यवत्

Même l’Agniṣṭoma et les yajñas semblables, bien qu’accomplis avec d’abondantes dakṣiṇās, deviennent sans fruit pour lui, tels des oblations déposées sur la cendre.

Verse 94

ब्रह्मवातकतुल्यः स्याच्छ्राद्धाकरणदोषतः । एकादश्यां तिथौ यस्तु श्राद्धं कुर्यान्महालयम्

Par la faute de ne pas accomplir le Śrāddha, on devient semblable à un brahma-vātaka, un pécheur très grave ; mais celui qui accomplit le Mahālaya Śrāddha au tithi d’Ekādaśī est délivré de ce blâme.

Verse 95

द्विशतं कल्पसाहस्रं तृप्यंति पितरोऽस्य वै । संततिं चाप्यविच्छिन्नां दद्युः पितृ गणाः सदा

Assurément, ses ancêtres sont comblés durant deux cent mille kalpas ; et les cohortes des Pitṛs lui accordent toujours une lignée ininterrompue.

Verse 96

द्वादश्यां तु तिथौ मर्त्यः कुर्याच्छ्राद्धं महालयम् । तस्य लक्ष्मीपतिः साक्षात्प्रसीदति जनार्दनः

Si un mortel accomplit le Mahālaya Śrāddha au tithi de Dvādaśī, Janārdana—le Seigneur de Lakṣmī—s’en trouve directement satisfait.

Verse 97

प्रसन्ने सति देवेशे देवदेवे जनार्दने । चराचरं जगत्सर्वं प्रीतमेव न संशयः

Lorsque Janārdana, Dieu des dieux et Seigneur des divinités, est satisfait, l’univers entier, mobile et immobile, est satisfait ; il n’y a là aucun doute.

Verse 98

भूमिर्हरिप्रिया चास्य सस्यं संवर्द्धयत्यपि । लक्ष्मीश्च वर्द्धते तस्य मंदिरे हरिवल्लभा

La terre, chère à Hari, fait croître aussi ses moissons ; et Lakṣmī, bien-aimée de Hari, s’accroît sans cesse dans sa demeure.

Verse 99

गदा कौमोदकी नाम नारायणकरस्थिता । अपस्मारादिभूतानि नाशयत्येव सर्वदा

La massue nommée Kaumodakī, reposant dans la main de Nārāyaṇa, anéantit toujours des êtres tels qu’Apasmāra et autres esprits et maux oppressants.

Verse 100

तीक्ष्णधारं तथा चक्रं शत्रूनस्य दहत्यपि । यातुधानपिशाचादीञ्छंखश्चास्य व्यपोहति

Pour lui, le disque au tranchant aigu consume même les ennemis ; et sa conque met en fuite les yātudhānas, les piśācas et autres êtres malfaisants.

Verse 110

सहस्रकल्पसाहस्रं प्रीणंति पितरोऽस्य वै । संततिं चाप्यविच्छिन्नां दद्युः पितॄगणास्तदा

Durant mille milliers de kalpas, ses Pitṛs sont véritablement comblés ; alors les cohortes des ancêtres lui accordent une lignée de descendance ininterrompue.

Verse 120

संततिं चाप्यविच्छिन्नां दद्युः पितृगणास्तदा । अमायां तु नरो भक्त्या श्राद्धं कुर्यान्महालयम्

Alors les cohortes des ancêtres lui accordent une descendance ininterrompue. C’est pourquoi, au jour de nouvelle lune, l’homme doit accomplir avec dévotion le śrāddha de Mahālaya.

Verse 130

अस्मानुद्दिश्य मत्पुत्रा भोजयेयुर्द्विजोत्तमान् । तेन नो नरकक्लेशो न भविष्यति दारुणः

«En accomplissant le rite à notre intention, que mes fils nourrissent les plus éminents des dvijas ; ainsi ne nous atteindra pas l’effroyable tourment de l’enfer.»

Verse 140

पार्वणेन विधानेन कुर्याच्छ्राद्धे महालयम् । नरो महालयश्राद्धे पितृवंश्यान्पितॄनिव

Qu’on accomplisse le śrāddha de Mahālaya selon le rite pārvaṇa ; et, dans le śrāddha de Mahālaya, que l’homme tienne toute la lignée des ancêtres pour les Pitṛ eux‑mêmes.

Verse 150

नकुर्याद्यद्यपि श्राद्धं मातापित्रोर्मृतेऽहनि । कुर्यान्महालयश्राद्धमस्मरन्नेव बुद्धिमान्

Même si l’on n’accomplit pas le śrāddha au jour anniversaire de la mort de la mère et du père, le sage doit néanmoins accomplir le śrāddha de Mahālaya, sans l’oublier.

Verse 160

क्षमध्वं मम तद्यूयं भवंतो हि दयापराः । दरिद्रो रोदनं कुर्यादेवं काननभूमिषु

«Pardonnez-moi donc — vous êtes, en vérité, pleins de compassion. Ainsi peut pleurer un pauvre dans les terres de la forêt.»

Verse 170

एवं वै वरयेद्विप्राश्चतुरस्तु महालये । ब्राह्मणान्वेदसंपन्नान्सुशीलान्वरयेत्सुधीः

Ainsi, à Mahālaya, qu’on invite quatre vipra ; le sage invitera des brāhmaṇa pourvus de science védique et de bonne conduite.

Verse 180

नश्यंति तत्क्षणादेव भूतान्यन्यानि वै तथा । महालयस्यकरणाद्विपुलां श्रियमश्नुते

À l’instant même, d’autres êtres (nuisibles) périssent pareillement ; et, en accomplissant Mahālaya, on obtient une prospérité abondante.

Verse 190

हत्वा तु रावणं संख्ये सीतां पुनरवाप्तवान् । महालयस्य करणाद्धर्मपुत्रो युधिष्ठिरः

Après avoir terrassé Rāvaṇa au combat, il retrouva Sītā ; et par l’accomplissement du Mahālaya, Yudhiṣṭhira, fils du Dharma, obtint lui aussi l’accomplissement.

Verse 200

तस्माद्भाद्र पदे मासे दुराचार पितॄन्प्रति । ब्राह्मणान्भोजयान्नेन षड्रसेन सभक्तिकम्

Ainsi, au mois de Bhādrapada, si l’on s’est mal conduit envers les Pitṛs (ancêtres), qu’on nourrisse avec révérence des brāhmaṇas d’un repas doté des six saveurs, uni à la dévotion.

Verse 210

तान्यप्यत्र विनश्यंति धनुष्कोटौ निमज्जनात् । शूद्रेण पूजितं लिंगं विष्णुं वा यो नमेद्द्विजः

Même ces fautes s’anéantissent ici, à Dhanuṣkoṭi, par l’immersion. Mais le « deux-fois-né » qui se prosterne devant un liṅga—ou devant Viṣṇu—qu’un śūdra a adoré, contracte une faute.

Verse 219

एवं वः कथितं विप्रा धनुष्कोटेस्तु वैभवम् । यच्छ्रुत्वा सर्वपापेभ्यो मुच्यते मानवो भुवि

Ainsi, ô vipras (brāhmaṇas), la grandeur de Dhanuṣkoṭi vous a été exposée ; en l’entendant, l’homme sur la terre est délivré de tous les péchés.