Dharmaranya Mahatmya
Brahma Khanda40 Adhyayas2599 Shlokas

Dharmaranya Khanda

Dharmaranya Mahatmya

This section is anchored in the sacred landscape associated with Vārāṇasī (Kāśī) and the named forest-region Dharmāraṇya. It presents the area as a densely sacralized tīrtha-field served by major deities (Brahmā, Viṣṇu, Maheśa), directional guardians, divine mothers, and celestial beings, thereby situating local topography within pan-Indic cosmological governance. The narrative also encodes a social-religious ecology: communities of learned brāhmaṇas, ritual performance, śrāddha offerings, and merit-transfer doctrines are tied to the place’s identity.

Adhyayas in Dharmaranya Mahatmya

40 chapters to explore.

Adhyaya 1

Adhyaya 1

धर्मारण्यकथाप्रस्तावः (Prologue to the Dharmāraṇya Narrative)

Le chapitre 1 établit le cadre purānique de la récitation à Naimiṣa-kṣetra : Śaunaka et d’autres sages accueillent Sūta (Lomaharṣaṇa) et lui demandent un récit purificateur capable de dissoudre les fautes accumulées depuis longtemps. Sūta ouvre par des invocations solennelles et annonce son intention d’exposer le fruit suprême des tīrtha sous la grâce divine. Le texte insère ensuite un second niveau narratif : Dharma (identifié à Yama/Dharmarāja) se rend à l’assemblée de Brahmā, contemple une sabhā d’ampleur cosmique peuplée de dieux, de ṛṣi, des Veda et de principes personnifiés. Là, Vyāsa fait entendre la “Dharmāraṇya-kathā”, dite pieuse, vaste et porteuse de fruits pour dharma-artha-kāma-mokṣa. De retour à Saṃyaminī, Dharma reçoit Nārada, étonné de voir Yama doux et joyeux. Yama explique que l’écoute de la Dharmāraṇya-kathā a opéré cette transformation et qu’elle possède une puissance de purification—selon la rhétorique du texte—jusqu’à délier des péchés les plus graves. Le chapitre se clôt en indiquant que Nārada gagne le monde des hommes (la cour de Yudhiṣṭhira) et que l’exposé à venir traitera des origines, de la protection, de la chronologie, des événements antérieurs, des effets futurs et du statut des tīrtha, servant d’introduction ordonnée au dessein géographique sacré et éthique de la section.

98 verses

Adhyaya 2

Adhyaya 2

Dharmāraṇya-Māhātmya: Vārāṇasī’s Sacred Forest, Merit of Death, and Ancestral Rites

Ce chapitre s’ouvre sur l’éloge orné que Vyāsa adresse à Kāśī/Vārāṇasī et présente Dharmāraṇya comme la forêt sacrée la plus éminente de ce paysage. Son autorité sacrale est établie par l’énumération des assistants divins et semi-divins—Brahmā, Viṣṇu, Maheśa, Indra, les lokapāla/dikpāla, les mātṛ, les śiva-śakti, les gandharva et les apsaras—dépeignant le lieu comme continuellement vénéré et saturé de rites. Le récit se tourne ensuite vers la voie de la délivrance : les êtres, des insectes et animaux jusqu’aux plus élevés, qui rencontrent la mort en ce lieu reçoivent la promesse d’une libération stable et d’un passage vers Viṣṇuloka, exprimée à la manière d’une phalaśruti avec des décomptes de mérites. Vient alors un enseignement rituel et éthique : l’offrande de piṇḍa avec des grains (yava, vrīhi), du sésame, du ghee, des feuilles de bilva, de la dūrvā, du jaggery et de l’eau est dite efficace pour sauver les lignées ancestrales, selon des nombres de générations et de branches. Le chapitre peint aussi l’écologie harmonieuse de Dharmāraṇya—arbres, lianes, oiseaux, et absence de crainte même entre ennemis naturels—comme portrait moral d’un environnement conforme au dharma. Il mentionne des brāhmaṇa dotés du pouvoir de malédiction et de bénédiction, ainsi que des communautés brāhmaṇiques savantes, vouées à l’étude védique et à l’observance. Il se clôt sur la question de Yudhiṣṭhira concernant les origines : quand et pourquoi Dharmāraṇya fut établi, pourquoi il est un tīrtha sur terre, et comment naquirent les établissements brāhmaṇiques (dont le nombre de dix-huit mille), préparant l’explication à venir.

26 verses

Adhyaya 3

Adhyaya 3

Dharmarāja’s Tapas in Dharmāraṇya and the Devas’ Attempted Distraction (धर्मारण्ये धर्मराजतपः–देवव्याकुलता–अप्सरःप्रेषणम्)

Vyāsa introduit un récit purāṇique dont l’écoute est dite purificatrice. Au Tretā-yuga, Dharmarāja (plus tard identifié à Yudhiṣṭhira) accomplit à Dharmāraṇya une tapas d’une rigueur extrême pendant une durée immense : corps épuisé, immobilité totale, vie soutenue par un souffle à peine perceptible—image d’une maîtrise de soi portée à son sommet. Les devas, inquiets de la puissance engendrée par cette austérité et craignant pour la souveraineté d’Indra, se rendent auprès de Śiva au Kailāsa. Brahmā conduit une longue stuti qui célèbre Śiva comme à la fois transcendant et immanent : au-delà de toute définition, lumière intérieure des yogins, fondement des guṇa, et corps cosmique d’où se déploie le devenir du monde. Śiva les rassure : Dharmarāja n’est pas une menace ; pourtant Indra demeure troublé et réunit un conseil. Bṛhaspati explique que les devas ne peuvent contrer la tapas directement et propose d’envoyer des apsaras. Indra les dépêche à Dharmāraṇya pour susciter la distraction par la musique, la danse et des gestes séduisants. Le récit décrit alors la luxuriance de la forêt et l’écologie de l’āśrama—fleurs, chants d’oiseaux, animaux en harmonie—préparant l’épreuve éthique. L’apsaras Vardhanī exécute une prestation ornée, vīṇā en main, au rythme de la danse, et l’esprit de Dharmarāja vacille un instant. Yudhiṣṭhira s’interroge sur cette agitation chez un homme établi dans le dharma ; Vyāsa délivre une mise en garde : les actes irréfléchis mènent à la chute, et la tentation charnelle, puissante illusion, peut ronger austérité, générosité, compassion, retenue, étude, pureté et pudeur si l’on n’est pas vigilant.

86 verses

Adhyaya 4

Adhyaya 4

Dharmāraṇya Māhātmya: Varddhanī–Dharma Dialogue, Śiva’s Boons, and the Institution of Dharmavāpī

Cet adhyāya déploie un discours théologique à plusieurs voix sur l’austérité (tapas), l’inquiétude des dieux et la sanctification d’un lieu. Vyāsa présente l’épisode comme un récit qui dissipe la peur des messagers de Yama en éclairant l’intention dharmique de Dharma/Yama. Dans la forêt, Dharma/Yama rencontre l’apsaras Varddhanī, l’interroge sur son identité et lui propose des bienfaits; elle révèle qu’Indra l’a envoyée, craignant que le tapas de Dharma ne bouleverse l’ordre cosmique. Touché par sa véracité et sa dévotion, Dharma accorde ses demandes: stabilité dans le monde d’Indra et institution d’un tīrtha portant son nom, avec des observances précises (pratique de cinq nuits et mérite inépuisable pour les offrandes et récitations accomplies en ce lieu). Dharma entreprend ensuite une austérité extrême, poussant les dieux à solliciter l’intervention de Śiva. Śiva vient, loue l’ascèse et offre des grâces; Dharma demande que la région soit connue dans les trois mondes comme Dharmāraṇya et qu’un tīrtha conférant la délivrance soit établi pour tous les êtres, y compris les non-humains. Śiva confirme le nom, promet la présence d’un liṅga (Viśveśvara/Mahāliṅga), puis le récit s’élargit en directives rituelles: puissance du souvenir et du culte de Dharmeśvara, création de Dharmavāpī, formules de bain et de tarpaṇa pour Yama, promesses de guérison et de protection contre les afflictions, temps du śrāddha (amāvāsyā, saṅkrānti, éclipses, etc.), hiérarchie comparée des tīrthas, et phalaśruti finale annonçant grand mérite et élévation après la mort.

99 verses

Adhyaya 5

Adhyaya 5

सदाचार-शौच-सन्ध्या-विधि (Ethical Conduct, Purity, and Sandhyā Procedure)

Ce chapitre propose un dialogue d’instruction : Yudhiṣṭhira demande à Vyāsa d’exposer le sadācāra (la bonne conduite) comme racine du dharma et de la prospérité. Vyāsa décrit une hiérarchie graduée des êtres et des excellences, culminant dans la prééminence du savoir des Brāhmaṇa et dans la brahma-tatparatā, l’orientation intérieure vers Brahman. Il définit le sadācāra comme une racine du dharma marquée par l’absence de haine et d’attachement, et avertit que la mauvaise conduite entraîne blâme social, maladie et diminution de la longévité. Vient ensuite un régime pratique : cultiver yama et niyama (vérité, non-violence, maîtrise, pureté, étude, jeûne), vaincre les ennemis intérieurs (kāma, krodha, moha, lobha, mātsarya) et accumuler le dharma pas à pas. Le texte souligne que l’on naît seul et que l’on meurt seul ; seul le dharma accompagne l’être au-delà de la mort. La seconde moitié donne des prescriptions détaillées pour la discipline quotidienne : souvenir au brahma-muhūrta, évacuation réglée loin de l’habitation, règles de purification par la terre et l’eau, normes d’ācamana, jours où le nettoyage des dents est restreint, mérites du bain matinal, et pratique structurée de la sandhyā avec prāṇāyāma, aghamarṣaṇa, Gāyatrī-japa, offrande d’arghya à Sūrya, puis tārpaṇa et rites domestiques. L’ensemble est présenté comme une routine stable de nitya-dharma pour le dvija discipliné.

107 verses

Adhyaya 6

Adhyaya 6

गृहस्थधर्म-उपदेशः (Householder Dharma: pañcayajña, hospitality, and conduct codes)

Ce chapitre donne un enseignement technique sur le gṛhastha-ācāra (la discipline du maître de maison). Vyāsa y présente le gṛhastha comme le pilier qui soutient la société et l’économie des rites : devas, pitṛs (ancêtres), ṛṣis, humains, et même les créatures dépendent de son appui. Une image centrale évoque la « vache védique » (trayi-mayī dhenu) dont les quatre « trayons » —svāhā, svadhā, vaṣaṭ, hanta— symbolisent les offrandes aux devas, aux ancêtres, aux sages/à l’ordre rituel, et aux dépendants humains, liant ainsi récitation védique quotidienne et devoir de nourrir. Le texte détaille ensuite la suite des actes journaliers : purification, tarpana, culte, offrandes bali aux êtres, et atithi-satkāra (hospitalité) selon la forme prescrite. L’« atithi » est défini tout spécialement comme un hôte brāhmaṇa ; il faut l’accueillir sans l’importuner, avec respect, et le nourrir. Le dialogue se tourne ensuite vers la question de Yudhiṣṭhira sur les huit formes de mariage (brāhma, daiva, ārṣa, prājāpatya, asura, gāndharva, rākṣasa, paiśāca), classées selon l’éthique, avec un avertissement contre le « prix de la mariée » qui transforme l’union en marchandise. Enfin, le chapitre codifie le pañcayajña (brahma-, pitṛ-, deva-, bhūta-, nṛ-yajña), blâme la négligence du vaiśvadeva et de l’accueil des hôtes, et énumère de nombreuses règles de pureté, de retenue, d’anadhyāya (interdits d’étude), d’éthique de la parole, de respect des aînés et de dāna-phala (fruits du don). Il conclut que ces normes, conformes à śruti-smṛti, sont destinées aux habitants de Dharmāraṇya.

104 verses

Adhyaya 7

Adhyaya 7

धर्मवापी-श्राद्धमाहात्म्यं तथा पतिव्रताधर्म-नियमाः (Dharma-vāpī Śrāddha Māhātmya and the Ethical Guidelines of Pativratā-dharma)

Cet adhyāya unit, sous forme de dialogue, des prescriptions rituelles centrées sur le tīrtha et une éthique de la vie domestique. Vyāsa expose d’abord l’efficacité exceptionnelle du pitṛ-tarpaṇa et des offrandes de piṇḍa lorsqu’on parvient à la « Dharmavāpī », lieu d’eau sacré associé au dharma : les ancêtres y trouvent une satisfaction durable, et le mérite s’étend aux êtres défuntés selon diverses conditions post mortem. Le discours décrit ensuite le Kali-yuga comme une époque d’instabilité morale—avidité, hostilité, médisance et discorde sociale—tout en affirmant que la purification demeure accessible par une conduite disciplinée : pureté de la parole, du mental et du corps ; non-violence ; maîtrise de soi ; dévotion envers les parents ; générosité ; et connaissance du dharma. À la question de Śaunaka sur les lakṣaṇa (signes distinctifs) des femmes pativratā, Sūta répond par un catalogue normatif détaillé : retenue dans le comportement, priorité au bien du mari, évitement des situations compromettantes, parole et maintien réglés, et piété domestique ritualisée. L’adhyāya avertit des conséquences des transgressions par des images de renaissances défavorables, puis se conclut par une louange renouvelée du śrāddha et du dāna en « terre de dharma » : même une offrande modeste, faite avec bhakti, protège la lignée, tandis qu’une richesse acquise sans droiture pour le śrāddha est mise en question. Enfin, Dharmāraṇya est réaffirmé comme lieu constamment exauçant les vœux, orienté vers la libération des yogins et dispensateur de réussite aux êtres accomplis.

98 verses

Adhyaya 8

Adhyaya 8

Dharmāraṇya-Prastāva: Deva-samāgama and Sṛṣṭi-Kathā (धर्मारण्यप्रस्तावः—देवसमागमः सृष्टिकथा च)

Le chapitre 8 s’ouvre sur la demande de Yudhiṣṭhira à Vyāsa de poursuivre le récit, signe que l’histoire de Dharmāraṇya entretient une curiosité durable et une ferveur dévotionnelle. Vyāsa présente l’épisode comme une narration issue du Skanda Purāṇa, d’abord enseignée par Sthāṇu (Śiva) à Skanda, et dotée de mérites liés à de multiples tīrthas ainsi que d’un pouvoir d’écarter les obstacles. La scène se déplace au Kailāsa, où Śiva est décrit selon l’iconographie—cinq visages, dix bras, trois yeux, tenant le trident, avec kapāla et khaṭvāṅga—entouré de gaṇas, loué par les sages et les musiciens célestes. Skanda rapporte que des dieux et de hautes divinités attendent à la porte de Śiva pour obtenir audience; Śiva se lève pour partir, et Skanda l’interroge sur l’urgence. Śiva explique qu’il se rendra à Dharmāraṇya avec les dieux, puis délivre un enseignement cosmogonique: le Brahman primordial durant le pralaya, l’émergence de la grande substance, le jeu aquatique de Viṣṇu, l’apparition du banian et de l’enfant reposant sur une feuille, la naissance de Brahmā du lotus du nombril, et l’ordre de créer la sphère cosmique avec ses mondes et ses êtres (y compris la classification des yonis). Le récit poursuit l’ordonnancement généalogique—les fils nés de l’esprit de Brahmā, Kaśyapa et ses épouses, les Ādityas, et l’étymologie de “Dharmāraṇya” liée au rôle de Dharma—puis décrit l’assemblée des dieux, siddhas, gandharvas, nāgas, planètes et autres. Enfin, Brahmā se rend à Vaikuṇṭha et adresse une louange solennelle à Viṣṇu, qui se manifeste sous une forme iconique, reliant cosmogonie, géographie sacrée et conseil divin.

59 verses

Adhyaya 9

Adhyaya 9

धर्मारण्ये देवसमागमः तथा ऋष्याश्रमस्थापनम् (Divine Assembly in Dharmāraṇya and the Establishment of Ṛṣi-Āśramas)

Le chapitre 9 est construit comme une suite de dialogues rapportés. Vyāsa y introduit un récit méritoire : Viṣṇu s’enquiert de l’arrivée de Brahmā et des devas ; Brahmā répond qu’il n’existe aucune crainte dans les trois mondes et que leur dessein est de contempler un tīrtha très ancien, établi selon le dharma. Viṣṇu acquiesce et part promptement sur Garuḍa, accompagné des divinités. À Dharmāraṇya, Dharmarāja (Yama) accueille la troupe divine avec une hospitalité rituelle et une pūjā particulière pour chacun. Il loue ensuite Viṣṇu, attribuant le statut de tīrtha du kṣetra à la grâce divine et à la juste satisfaction de la divinité par un culte conforme. Viṣṇu offre une grâce ; Yama demande l’établissement de nombreux ṛṣi-āśramas dans le très méritoire Dharmāraṇya, afin d’empêcher toute atteinte au tīrtha et de faire résonner le lieu de récitations védiques et de yajñas. Viṣṇu prend une forme immense et, avec l’assistance céleste, installe de nombreux brāhmaṇa-ṛṣis savants—décrits par de longs catalogues de gotra et de pravara—avec leurs lignées et leurs emplacements appropriés. Le récit se tourne alors vers la question de Yudhiṣṭhira sur l’origine, les noms et les lieux de ces groupes, et se poursuit par des énumérations détaillées. Des vers ultérieurs évoquent aussi des noms de la Déesse et l’appel de Kāmadhenu par Brahmā, soulignant le maintien de l’ordre sacré grâce au soutien providentiel.

103 verses

Adhyaya 10

Adhyaya 10

Kāmadhenū’s Creation of Attendants and the Regulation of Saṃskāras in Dharmāraṇya (कामधेन्वनुचर-निर्माण तथा संस्कारानुशासन)

Vyāsa raconte à Yudhiṣṭhira un épisode situé à Dharmāraṇya, qui institue une véritable « écologie de service » pour la vie rituelle. Sur l’impulsion de Brahmā, Kāmadhenū est invoquée et priée de fournir des assistants, attribués par paires à chaque spécialiste des rites ; il en naît une vaste communauté disciplinée, portant des marques sacrées telles que la śikhā et le yajñopavīta, versée dans les śāstra et dans la conduite juste. Les dieux énoncent ensuite un principe de gouvernance : les matériaux quotidiens du culte (samidh, fleurs, kuśa, etc.) doivent être fournis, et les grands saṃskāra—nāmakaraṇa, annaprāśana, cūḍākaraṇa/tonsure, upanayana et observances connexes—ne doivent être accomplis qu’avec l’autorisation des assistants. Un cadre de conséquences est exposé pour qui méprise cette règle : afflictions répétées et perte de considération sociale. Le chapitre se poursuit par une louange théologique de Kāmadhenū, présentée comme un lieu sacré composite abritant de multiples présences divines et des tīrtha. Répondant à la question de Yudhiṣṭhira sur le mariage et la descendance des assistants, Vyāsa relate l’obtention d’épouses gandharva : l’émissaire de Śiva demande des filles à Viśvāvasu ; le refus entraîne la mobilisation de Śiva, et le roi des Gandharva finit par céder les jeunes filles. Les assistants offrent l’ājya-bhāga selon la manière védique, et un précédent rituel est noté pour les unions de type gandharva. La conclusion dépeint un Dharmāraṇya stable, où japa et yajña se poursuivent, soutenus matériellement par la communauté des assistants et leurs femmes par des services domestiques et rituels, modèle durable d’un dharma enraciné dans un lieu.

58 verses

Adhyaya 11

Adhyaya 11

Lolajihva-vadhaḥ and the Naming of Satya Mandira (लोलजिह्ववधः सत्यमन्दिरनामकरणं च)

Le chapitre se déploie sous forme de dialogue entre Vyāsa et Yudhiṣṭhira. Yudhiṣṭhira demande que le récit se poursuive, déclarant que le « nectar » des paroles de Vyāsa ne le rassasie jamais. Vyāsa décrit une crise des temps tardifs : le seigneur rākṣasa Lolajihva surgit, répand la terreur dans les trois mondes, puis arrive à Dharmāraṇya, soumet des régions et incendie une colonie belle et sanctifiée, contraignant les brāhmanes qui y vivaient à fuir. Pour protéger les brāhmanes et anéantir le rākṣasa, une multitude de Déesses se manifeste, conduite par Śrīmātā, portant des armes divines variées : triśūla, śaṅkha–cakra–gadā, pāśa–aṅkuśa, khaḍga, paraśu, et bien d’autres. Le rugissement de Lolajihva ébranle les directions et les mers ; Indra (Vāsava) envoie Nalakūbara en reconnaissance, et celui-ci rapporte à Indra l’état du combat. Indra en informe Viṣṇu. Viṣṇu descend (ici, depuis Satyaloka), lance le Sudarśana cakra et réduit Lolajihva à l’impuissance ; le rākṣasa est ensuite mis à mort au milieu de l’assaut des Déesses. Devas et gandharvas louent Viṣṇu ; le Seigneur s’enquiert des brāhmanes déplacés, on les retrouve et on les rassure : le rākṣasa a été détruit par le cakra de Vāsudeva. Les brāhmanes reviennent avec leurs familles et reprennent tapas, yajña et l’étude. La colonie restaurée reçoit un nom d’origine : au Kṛta Yuga, elle est Dharmāraṇya, tandis qu’au Tretā elle devient célèbre comme Satya Mandira. Le chapitre s’achève en affirmant la continuité du dharma, soutenue par la protection divine et la restauration de la communauté.

31 verses

Adhyaya 12

Adhyaya 12

गणेशोत्पत्तिः एवं धर्मारण्ये प्रतिष्ठा (Gaṇeśa’s Origin and Installation in Dharmāraṇya)

Vyāsa raconte à Yudhiṣṭhira la consécration protectrice d’un établissement nommé « Satyamandira ». L’enceinte est ordonnée avec un prākāra (mur d’enceinte) orné d’étendards, un pīṭha (piédestal) central dans un espace associé aux brāhmanes, et quatre portes purifiées (pratolī). Une garde directionnelle est instituée : Dharmēśvara à l’est, Gaṇanāyaka (Gaṇeśa) au sud, Bhānu (le Soleil) à l’ouest et Svayambhū au nord, dessinant une carte théologique de protection. Le chapitre donne ensuite l’étiologie de Gaṇeśa : Pārvatī façonne une forme avec la substance issue de sa purification corporelle, l’anime et l’établit gardien de la porte. Lorsque Mahādeva est empêché d’entrer, un combat s’ensuit et l’enfant est décapité. Pour apaiser la détresse de Pārvatī, Mahādeva le ramène à la vie avec une tête d’éléphant (gaja-śiras) et le nomme Gajānana. Les devas et les sages le louent, et Gaṇeśa accorde une grâce : demeurer à Dharmāraṇya comme protecteur éternel des pratiquants du dharma, des maîtres de maison et des communautés marchandes, ôtant les obstacles et assurant le bien-être, tout en recevant le culte en premier lors des mariages, fêtes et sacrifices.

38 verses

Adhyaya 13

Adhyaya 13

रविक्षेत्रे संज्ञातपः, अश्विनौ-उत्पत्तिः, रविकुण्ड-माहात्म्यं च (Saṃjñā’s austerity in Ravikṣetra, the birth of the Aśvins, and the Māhātmya of Ravikuṇḍa)

Le chapitre se déploie en dialogue : Yudhiṣṭhira prie Vyāsa d’exposer l’origine des jumeaux Aśvin et la descente de la présence solaire sur la terre. Vyāsa raconte l’épisode de Saṃjñā et de Sūrya : Saṃjñā, ne pouvant supporter l’éclat de Sūrya, s’en va après avoir établi Chāyā comme substitut, lui enjoignant de préserver la conduite du foyer et de dissimuler l’échange. De la tension conjugale et des événements qui s’ensuivent naissent Yama et Yamunā ; plus tard, un conflit impliquant Yama conduit à la révélation de la véritable identité de Chāyā. Sūrya part à la recherche de Saṃjñā et la trouve accomplissant une austérité rigoureuse à Dharmāraṇya sous la forme d’une jument (vaḍavā). Par un motif d’union singulier du récit, lié à la région du nez, naissent les divins Nāsatya et Dasra, les Aśvinau. Le texte rattache ensuite le mythe à un lieu : les Ravikuṇḍa se manifestent, et une phalaśruti énumère les bienfaits du bain sacré, des offrandes, des rites aux ancêtres et du culte de Bakulārka. Sont promis purification, santé, protection, prospérité et accroissement du fruit rituel, avec une insistance sur Saptamī, les dimanches, les éclipses, saṅkrānti, vyatīpāta et vaidhṛti.

85 verses

Adhyaya 14

Adhyaya 14

Hayagrīva-hetu-nirūpaṇa (The Causal Account of Viṣṇu as Hayagrīva) | हयग्रीवहेतुनिरूपणम्

Ce chapitre se déploie comme une enquête théologique à plusieurs voix. Yudhiṣṭhira demande qu’on lui expose, dans l’ordre, quand et comment Viṣṇu accomplit des austérités (tapas) dans le Dharmāraṇya. Le récit se tourne ensuite vers la question de Skanda à Īśvara (Rudra/Śiva) : pourquoi le Seigneur omniprésent, au-delà des trois guṇa, et pourtant créateur–conservateur–destructeur, prit-il une forme aśva-mukha (à tête de cheval), explicitement identifiée à Hayagrīva/Kṛṣṇa. Vient alors un long catalogue d’actes divins, rappelant les fonctions célèbres des avatāra : Varāha soulevant la terre, Narasiṃha protégeant Prahlāda, les pas cosmiques de Vāmana, le cycle d’extermination des kṣatriya par Paraśurāma, les combats de Rāma, les multiples ennemis abattus par Kṛṣṇa, et l’horizon eschatologique de Kalki. Cette énumération sert d’argument de cohérence : une même souveraine puissance se manifeste en formes diverses pour rétablir le dharma. Rudra en donne ensuite la cause : les dieux, préparant un yajña, ne parviennent pas à trouver Viṣṇu, décrit comme yogārūḍha et dhyānastha (absorbé en yoga et en méditation). Ils consultent Bṛhaspati, puis emploient les vāmryaḥ (fourmis/êtres liés au valmīka) pour ronger la corde de l’arc (guṇa) afin de l’éveiller ; une hésitation éthique est exprimée—ne pas briser le samādhi—et, après négociation, une part rituelle est accordée aux vāmryaḥ. Lorsque la corde est coupée, une conséquence saisissante survient : le claquement de l’arc tranche une tête qui s’élève vers les cieux, laissant les dieux bouleversés et en quête—préparant l’explication doctrinale de l’identité de Hayagrīva et du mécanisme de la manifestation divine par l’absorption yogique et la causalité cosmique.

61 verses

Adhyaya 15

Adhyaya 15

हयग्रीवोत्पत्तिः तथा धर्मारण्यतीर्थमाहात्म्यम् (Hayagrīva’s Manifestation and the Māhātmya of Dharmāraṇya Tīrthas)

L’Adhyāya 15 se déploie en deux mouvements étroitement liés. D’abord, une crise divine est racontée : les dieux ne parviennent pas à trouver une « tête » (śiras), et Brahmā charge Viśvakarman de façonner une forme opérante pour la divinité associée à l’accomplissement des rites. Dans une scène du char solaire, une tête de cheval apparaît et est fixée à Viṣṇu, d’où la manifestation de Hayagrīva. Les dieux offrent alors une stuti solennelle, identifiant Hayagrīva/Viṣṇu à des fonctions cosmiques—oṃkāra, yajña, le temps, les guṇa et les divinités des éléments—puis Viṣṇu accorde des bienfaits et affirme que cette manifestation est propice et digne d’adoration. Ensuite, par le dialogue Vyāsa–Yudhiṣṭhira, le chapitre donne une explication d’origine : l’orgueil de Brahmā dans l’assemblée, la conséquence semblable à une malédiction concernant la tête de Viṣṇu, et la tapas de Viṣṇu à Dharmāraṇya. Le récit se tourne vers la géographie sacrée : Dharmāraṇya est proclamé grand kṣetra ; Mukteśa/Mokṣeśvara et les tīrtha associés (notamment Devasaras/Devakhāta) sont loués. Sont prescrits le bain rituel, le culte (surtout en Kārttika lors du Kṛttikā-yoga), tarpaṇa/śrāddha, japa et dāna ; les fruits promis sont l’effacement des fautes, l’élévation des ancêtres, la longévité, le bien-être, l’épanouissement de la lignée et l’accès aux mondes supérieurs.

81 verses

Adhyaya 16

Adhyaya 16

Śakti-Sthāpana in Dharmāraṇya: Directional Guardianship, Sacred Lake, and Akṣaya Merit (अध्याय १६)

Le chapitre 16 se présente comme un échange théologique en questions-réponses entre Yudhiṣṭhira et Vyāsa. Yudhiṣṭhira demande un exposé ordonné des diverses śaktis protectrices installées à Dharmāraṇya afin de dissiper la peur suscitée par les rākṣasas, daityas, yakṣas et autres êtres perturbateurs, en sollicitant précisément leurs noms et leurs emplacements. Vyāsa répond que ces puissances furent établies par des autorités divines et postées dans les quatre directions pour protéger les dvijas et la communauté tout entière. Le chapitre dresse le catalogue de plusieurs formes et épithètes de la Déesse—Śrīmātā, Śāntā, Sāvitrī, Gātrāyī, Chatrājā et Ānandā—en mentionnant leur iconographie guerrière (armes, montures telles que Garuḍa et le lion), et les présente comme gardiennes du lieu et de l’ordre rituel. Une géographie rituelle majeure est introduite : un lac sacré situé devant le domaine de Chatrājā, où le bain (snāna), l’offrande d’eau (tarpaṇa) et le piṇḍadāna sont dits devenir akṣaya, c’est-à-dire d’un mérite impérissable. L’enseignement s’élargit ensuite en une théologie du mérite et des assurances éthico-pratiques—apaisement des maladies et des ennemis, prospérité et victoire—pour culminer dans l’éloge d’Ānandā, śakti sāttvikī, dont le culte avec les offrandes prescrites procure des fruits durables et soutient l’étude ainsi que le bien-être.

30 verses

Adhyaya 17

Adhyaya 17

Śrīmātā-Kulamātā-Stuti and Pūjāvidhi (Protective Śakti Discourse)

Dans cet adhyāya, Vyāsa adresse à un roi un exposé théologique à la fois descriptif et prescriptif au sujet d’une Déesse puissante installée au sud, śakti protectrice de la lignée et du lieu d’habitation. Elle est honorée sous plusieurs noms—Śāntā Devī, Śrīmātā, Kulamātā et Sthānamātā—et l’on en donne les marques iconographiques : formes à plusieurs bras, tenant la cloche (ghaṇṭā), le trident (triśūla), le rosaire (akṣamālā) et le kamaṇḍalu ; présence d’une monture animale, vêtements noirs et rouges. Le texte précise aussi ses identifications : lien avec la disposition de Viṣṇu, pouvoir de détruire les daitya, et affirmation explicite de sa nature de Sarasvatī-rūpa. Vient ensuite le protocole de culte (pūjāvidhi) : offrandes de fleurs, de parfums (camphre, agaru, santal), de lampes et d’encens ; offrandes alimentaires comprenant grains, douceurs, payasa et modaka. Il est recommandé de nourrir des brāhmaṇas et des kumārīs, et l’on insiste sur la nécessité d’un nivedana correct avant toute entreprise de bon augure. Le cadre des fruits (phala) annonce victoire dans les conflits et les compétitions, suppression des troubles, réussite des rites (mariage, upanayana, sīmanta), prospérité, savoir et descendance, puis, en dernier lieu, un état posthume élevé par la grâce de Sarasvatī. Ainsi, l’adhyāya unit iconographie, technique rituelle et règles éthiques pour commencer toute action sous la protection divine.

38 verses

Adhyaya 18

Adhyaya 18

Karṇāṭaka-Dānava-Vadhaḥ — The Slaying of Karṇāṭaka and the Institution of Śrīmātā Worship

Cet adhyāya tisse deux cadres de narration : (1) Rudra raconte à Skanda un épisode ancien à Dharmāraṇya, où le démon Karṇāṭaka semait des obstacles incessants—visant surtout les couples et troublant la discipline védique—jusqu’à ce que Śrīmātā, prenant la forme de Mātaṅgī/Bhuvaneśvarī, le détruise ; et (2) Vyāsa répond à la question de Yudhiṣṭhira en décrivant la nature de Karṇāṭaka, sa violence anti-védique, ainsi que la riposte rituelle des brāhmaṇas et de la communauté locale (y compris les marchands). Le chapitre expose un protocole de culte concerté : bain au pañcāmṛta, aspersion de gandhodaka (eau parfumée), offrandes de dhūpa-dīpa (encens et lampes), naivedya, et dons variés—produits laitiers, douceurs, grains, lampes et mets de fête. Śrīmātā apparaît, accorde sa protection, puis manifeste une forme martiale farouche, aux nombreux bras, portant dix-huit armes. S’ensuit un combat saisissant : le démon use de ruse et d’armes, tandis que la Déesse le maîtrise par des liens divins et une force décisive, jusqu’à la défaite de Karṇāṭaka. La conclusion donne une règle : vénérer Śrīmātā au commencement des rites auspices—surtout le mariage—préserve du vighna (obstacle). Le phala est énoncé clairement : descendance pour les sans-enfants, richesse pour les pauvres, santé et longévité pour la maison, selon une observance continue.

109 verses

Adhyaya 19

Adhyaya 19

इन्द्रतीर्थ-माहात्म्य एवं इन्द्रेश्वरलिङ्गप्रादुर्भावः (Indra Tīrtha Māhātmya and the Manifestation of the Indreśvara Liṅga)

Cet adhyāya prend la forme d’un dialogue entre Vyāsa et Yudhiṣṭhira. Vyāsa y expose la puissance salvatrice du bain à Indrasara et du darśana/pūjā de Śiva sous le nom d’Indreśvara, affirmant que les péchés amassés de longue date sont effacés. Yudhiṣṭhira demande le récit des origines; Vyāsa raconte alors l’austérité (tapas) rigoureuse d’Indra au nord d’un établissement, accomplie pour apaiser la faute née du meurtre de Vṛtra, décrite comme une affliction comparable à la brahmahatyā. Śiva apparaît dans une forme redoutable et majestueuse, et assure Indra qu’au sein de Dharmāraṇya de telles souillures ne subsistent pas, lui ordonnant d’y entrer et de s’y baigner. Indra prie que Śiva soit établi sous son nom; Śiva révèle alors un liṅga destructeur de péchés—manifesté par la puissance yogique et associé à un motif de tortue—et demeure à Dharmāraṇya comme Indreśvara pour le bien des êtres. Le chapitre énumère ensuite les mérites rituels: culte régulier avec offrandes; observances particulières aux jours aṣṭamī et caturdaśī du mois de Māgha; nīlotsarga accompli devant la divinité; rudra-japa à caturdaśī; dāna spécifiques, tels qu’offrir aux dvija une image d’«œil» en or et gemmes; pitṛ-tarpaṇa après le bain; et la promesse de soulagement des maladies et malheurs. Le récit se clôt sur la dévotion de Jayanta, le culte périodique d’Indra, et une phalaśruti promettant purification et accomplissement des souhaits à l’auditeur attentif.

38 verses

Adhyaya 20

Adhyaya 20

देवमज्जनकतीर्थमाहात्म्यं तथा मन्त्रकूटोपदेशः (Devamajjanaka Tīrtha-Māhātmya and Instruction on Mantra ‘Kūṭa’ Structures)

Le chapitre se déploie sous forme de dialogue entre Vyāsa et Yudhiṣṭhira, introduisant un Śiva-tīrtha « sans égal » où Śaṅkara aurait connu un état extraordinaire d’immobilité et de désorientation. À partir de ce cadre narratif, le texte s’oriente vers un exposé théologique d’allure technique. Pārvatī interroge Śiva sur les formes différenciées des mantras et sur les pouvoirs « en six modes ». Śiva répond avec réserve, exposant les syllabes-semences (bīja) et les combinaisons kūṭa, en mentionnant māyā-bīja, vahni-bīja, brahma-bīja, kāla-bīja et pārthiva-bīja. Ces structures mantriques sont présentées comme puissantes et chargées d’enjeux éthiques : le récit met en garde contre leur mauvais usage, tout en recensant leurs effets allégués, tels l’influence, l’attraction et l’illusion. Le chapitre s’achève sur le tīrtha-māhātmya de Devamajjanaka dans le Dharmāraṇya : s’y baigner (et en boire l’eau), observer la date d’Aśvina kṛṣṇa caturdaśī, adorer en jeûnant et pratiquer le rudra-japa sont dits purifier, protéger des afflictions et procurer le bien-être. La phalaśruti finale affirme que l’écoute et la transmission de ce récit confèrent un mérite comparable à celui des grands sacrifices, et accordent prospérité, santé et continuité de la lignée.

45 verses

Adhyaya 21

Adhyaya 21

गोत्र–प्रवर-विवाहनिषेधः तथा प्रायश्चित्तविधानम् (Gotra–Pravara Marriage Prohibitions and Expiatory Regulations)

Cet adhyāya rassemble des enseignements de dharma relatifs à la régulation des lignées et à l’éligibilité au mariage. Le propos s’ouvre sur la voix de Vyāsa, puis se déploie en énumérations serrées : d’abord une liste de divinités et de śaktis liées au cadre, comprenant de nombreuses Déesses et leurs formes multiples. Vient ensuite l’exposé technique des données de gotra–pravara, avec des exemples de pravara communs ou distincts, et l’énoncé explicite des interdictions : ne pas s’unir au sein du même gotra/pravara, ni avec certaines catégories de parents du côté maternel. Le chapitre décrit les conséquences sociales et rituelles des unions prohibées (perte du statut de brāhmaṇya ; descendance tenue pour déchue) et prescrit des expiations (prāyaścitta), notamment le vœu de Cāndrāyaṇa, pour ceux qui ont contracté un tel mariage. Le texte cite ou fait écho à des autorités classiques du dharma-śāstra — Kātyāyana, Yājñavalkya, Gautama — afin de définir les degrés admissibles de séparation par les lignées paternelle et maternelle. Il ajoute des catégories d’éthique domestique, telles que la préséance matrimoniale entre frère aîné et cadet et la classification des situations dites « punarbhū ». L’ensemble vise à conserver un corpus de règles pour fonder le foyer selon le dharma et réparer les écarts lorsqu’ils surviennent.

19 verses

Adhyaya 22

Adhyaya 22

यॊगिनीनां स्थानविन्यासः (Placement of the Yoginīs and Directional Śaktis)

Le chapitre adopte la forme d’un dialogue de question et réponse : Yudhiṣṭhira demande à Vyāsa d’identifier les yoginīs que Kājeśa aurait établies—qui elles sont, quelle est leur nature et où elles demeurent. Vyāsa répond par un catalogue descriptif : parées d’ornements, de vêtements, de montures et de sons variés, les yoginīs ont pour fonction explicite de protéger, en dissipant la peur des vipras (spécialistes du rite) et des dévots. Le récit devient ensuite un registre spatial : ces divinités sont installées dans les quatre directions cardinales et dans les quartiers intermédiaires (Agni, Nairṛta, Vāyu, Īśāna). Une série de noms est donnée—Āśāpurī, Chatrā, Jñānajā, Pippalāmbā, Śāntā, Siddhā, Bhaṭṭārikā, Kadambā, Vikaṭā, Supaṇā, Vasujā, Mātaṅgī, Vārāhī, Mukuṭeśvarī, Bhadrā, Mahāśakti, Siṃhārā—tout en précisant qu’il en existe bien davantage au-delà de toute énumération. Le texte ajoute des précisions de localisation et de culte : certaines sont proches d’Āśāpūrṇā ; des déesses sont placées à l’est/au nord/au sud/à l’ouest ; des offrandes telles que les libations d’eau et le bali sont mentionnées. Une śakti, assise sur un lion, à quatre bras, accorde des bienfaits ; une autre confère la siddhi lorsqu’on la contemple ; une autre donne bhukti et mukti ; et certaines formes sont perceptibles aux trois temps de sandhyā. Le chapitre se clôt en signalant d’autres groupes (comme Brahmāṇī et les ‘jala-mātaraḥ’) dans le quartier de Nairṛta, confirmant sa valeur d’index sacré-géographique des puissances féminines protectrices.

21 verses

Adhyaya 23

Adhyaya 23

धर्मारण्ये देवसत्र-प्रवर्तनं लोहासुरोपद्रवश्च | The Devas’ Satra in Dharmāraṇya and the Disruption by Lohāsura

Vyāsa raconte que les devas, accablés par le conflit contre les daityas, cherchent refuge auprès de Brahmā et lui demandent un moyen prompt d’obtenir la victoire. Brahmā expose l’ancienne fondation de Dharmāraṇya, édifiée par la collaboration divine de Brahmā, Śaṅkara et Viṣṇu, avec l’ascèse (tapas) de Yama comme soutien causal. Il énonce aussi une règle de la géographie rituelle : tout dāna, yajña ou tapas accompli en ce lieu devient « koṭi-guṇita » (multiplié à l’infini), et le puṇya comme le pāpa y voient leurs effets amplifiés. Les devas se rendent alors à Dharmāraṇya et organisent un satra grandiose durant mille ans, confiant à d’éminents ṛṣi des fonctions sacrificielles spécialisées, établissant un vaste espace d’autel et accomplissant les offrandes selon la procédure mantrique. Ils pratiquent une large hospitalité et l’anna-dāna envers les dvija résidents et leurs dépendants. Plus tard, en un autre âge, Lohāsura, déguisé sous une forme semblable à Brahmā, harcèle les officiants et les communautés, détruit les matériaux du yajña et souille les infrastructures sacrées, provoquant une dispersion générale. Les groupes déplacés fondent de nouveaux villages dont les noms gardent mémoire de la peur, de la confusion et des routes divergentes ; Dharmāraṇya devient difficile à habiter et son statut de tīrtha est altéré par la profanation, jusqu’au départ satisfait de l’asura.

51 verses

Adhyaya 24

Adhyaya 24

धर्मारण्य-माहात्म्य-वर्णनम् | Description of the Glory of Dharmāraṇya (Dharmāraṇya Māhātmya)

Vyāsa conclut et réaffirme le māhātmya d’une région de tīrtha éminente, identifiée à Dharmāraṇya, la décrivant comme le lieu suprême d’auspiciosité et comme purificateur des péchés accumulés au fil de nombreuses naissances. Il enseigne que le bain sacré en ce lieu délivre des transgressions ; ainsi Yudhiṣṭhira (Dharmarāja) entre dans la forêt pour effacer de grandes fautes et protéger les vertueux. Le chapitre énumère ensuite l’économie rituelle du site : immersion dans les tīrtha, visites des sanctuaires des divinités, et accomplissement de l’iṣṭa-pūrta (sacrifices et œuvres de charité) selon l’intention de chacun. La phalāśruti affirme que ceux qui y parviennent, ou même ceux qui en entendent parler, obtiennent à la fois jouissance et libération, aboutissant au nirvāṇa après les expériences mondaines. Une insistance particulière est mise sur la récitation au temps du śrāddha par les « deux-fois-nés », censée élever durablement les ancêtres. La Dharmavāpī est mise en lumière : l’eau seule, sans accessoires rituels, est dite détruire d’immenses démérites et produire des fruits comparables au śrāddha de Gayā et à des offrandes répétées de piṇḍa, proposant une théologie rituelle minimale centrée sur l’eau et le souvenir sacré.

14 verses

Adhyaya 25

Adhyaya 25

सत्यलोकात्सरस्वती-आनयनं तथा द्वारावतीतीर्थे पिण्डदानफलम् | Bringing Sarasvatī from Satyaloka and the Merit of Piṇḍa-dāna at Dvāravatī Tīrtha

Cet adhyāya est présenté comme la transmission par Sūta d’un « tīrtha-māhātmya » éminent, décrivant le rôle sacré de Sarasvatī dans le Dharmāraṇya. Le récit introduit le sage Mārkaṇḍeya, paisible, savant et discipliné dans le yoga, muni d’un kamaṇḍalu et d’un rosaire, que des ṛṣi assemblés abordent avec respect. Se souvenant d’anciens récits liés à Naimiṣāraṇya et à la tradition des descentes des fleuves, ils demandent des éclaircissements sur l’avènement de Sarasvatī et sur ses implications rituelles. Mārkaṇḍeya affirme que Sarasvatī fut amenée de Satyaloka au Dharmāraṇya (près de Suredrādri), en soulignant sa nature de refuge et de protection. Le chapitre prescrit ensuite un rite calendaire : au mois de Bhādrapada, durant la quinzaine claire, au jour auspicious de Dvādaśī, au tīrtha de Dvāravatī (desservi par des sages et des gandharva), il convient d’accomplir le piṇḍa-dāna et les offrandes aux ancêtres. Le texte promet un bénéfice impérissable pour les pitṛ et exalte l’eau de Sarasvatī comme souverainement propice, capable d’effacer de lourds démérites selon l’idiome scripturaire. L’enseignement sur le phala s’achève en présentant Sarasvatī comme cause exauçant les vœux, accordant à la fois le mérite du svarga et le bien orienté vers l’apavarga (libération), unissant ainsi le rite à la finalité spirituelle la plus haute.

16 verses

Adhyaya 26

Adhyaya 26

द्वारवती-तीर्थमाहात्म्य (Dvāravatī Tīrtha Māhātmya: Merit of Viṣṇu’s Abiding Sacred Ford)

Vyāsa expose une « économie sacrée » des actes méritoires centrée sur un tīrtha lié à Viṣṇu, en rapport avec Dvāravatī. Le chapitre s’ouvre en déclarant que Mārkaṇḍeya a « ouvert la porte du ciel » ; et que ceux qui quittent leur corps avec l’intention d’atteindre Viṣṇu parviennent à sa proximité, obtenant le sāyujya. Le discours énumère ensuite des formes de maîtrise de soi, surtout le jeûne (anāśana/upavāsa), présenté comme un tapas d’une puissance exceptionnelle. Le bain au tīrtha, l’adoration de Keśava, et l’accomplissement du śrāddha avec piṇḍa et libations d’eau sont décrits comme des rites qui comblent les ancêtres pour une durée prolongée, à l’échelle cosmique. Le texte affirme que ce tīrtha efface le péché parce que Hari « y est présent », et le présente comme dispensateur complet des buts : délivrance pour le chercheur de mokṣa, richesse pour qui aspire à la prospérité, et longévité et bonheur pour les dévots. Enfin, il proclame impérissables (akṣaya) les dons offerts là avec foi et met sur un pied d’égalité le fruit des grands sacrifices, des aumônes et des austérités avec celui obtenu par le simple bain en ce lieu—even pour des pratiquants socialement modestes mais fervents—soulignant ainsi l’accessibilité et l’efficacité fondée sur la présence divine.

15 verses

Adhyaya 27

Adhyaya 27

Govatsa-tīrtha Māhātmya and the Self-Manifolding Liṅga (गोवत्सतीर्थमाहात्म्यं)

Sūta raconte la gloire d’un tīrtha renommé nommé Govatsa, situé près d’un lieu associé à Markandeya. On dit qu’Ambikāpati (Śiva) y demeure à la fois sous la forme d’un veau (govatsa) et comme un liṅga auto-manifesté, éclatant de lumière. Le roi Balāhaka—chasseur et dévot de Rudra—poursuit le veau merveilleux dans la forêt; lorsqu’il tente de le saisir, un liṅga radieux apparaît. Saisi de stupeur sacrée, le roi contemple l’événement, abandonne son corps, et des acclamations célestes accompagnées d’une pluie de fleurs marquent son passage immédiat vers le séjour de Śiva. Les dieux supplient Śiva de demeurer en ce lieu sous la forme d’un liṅga lumineux pour le bien des mondes; Śiva accorde une présence durable et prescrit des observances au mois de Bhādrapada, durant la quinzaine sombre, au jour de Kuhū, promettant intrépidité et mérite aux adorateurs. Le chapitre développe ensuite une éthique rituelle: le piṇḍadāna et le tarpaṇa sont dits très efficaces pour les ancêtres—même ceux en états difficiles—surtout au Gaṅgā-kūpaka près de Govatsa. Un récit d’origine explique l’appellation «Caṇḍāla-sthala» par une vignette moralisée sur un homme tenu pour caṇḍāla à cause de sa conduite; la croissance anormale du liṅga est traitée par des rites, stabilisant la sainteté du site. La conclusion, sous forme de phalaśruti vigoureuse, affirme que la vision du liṅga et le service du tīrtha purifient même les fautes graves, faisant de ce chapitre un enseignement sur le lieu sacré, la puissance des rites et la transformation morale.

53 verses

Adhyaya 28

Adhyaya 28

लोहोयष्टिका-तीर्थमाहात्म्य (Lohayaṣṭikā Tīrtha-Māhātmya: Ritual Efficacy of Ancestral Offerings)

Le chapitre 28 célèbre la grandeur du tīrtha Lohayaṣṭikā, situé au sud-ouest (nairṛta) et marqué par la présence de Rudra sous la forme d’un svayaṃbhu-liṅga. Dans le cadre dialogué entre Vyāsa et Mārkaṇḍeya, il précise les temps propices—notamment l’amāvāsyā et la phase décroissante de la lune dans le contexte de Nabhasya/Bhādrapada—et prescrit les rites de śrāddha et de tarpaṇa liés aux eaux de Sarasvatī. Le texte assimile le fruit des offrandes répétées de piṇḍa en ce lieu au paradigme renommé de Gayā, affirmant que la satisfaction des ancêtres peut être obtenue sur place par une pratique disciplinée. Il décrit aussi des dons complémentaires dans des tīrtha nommés : don de vache au Rudra-tīrtha et don d’or au Viṣṇu-tīrtha pour les aspirants à la mokṣa. Une formule de dévotion est donnée pour offrir le piṇḍa dans la « main de Hari (Janārdana) », reliant les rites pitṛ au théisme vaiṣṇava et au thème de la délivrance du ṛṇa-traya (les trois dettes). Les énoncés de phala promettent la libération des ancêtres des états de preta, l’acquisition d’un mérite durable et des bienfaits pour les descendants—santé et protection—tout en soulignant que même des dons modestes, acquis avec droiture, voient leurs effets amplifiés dans ce tīrtha.

15 verses

Adhyaya 29

Adhyaya 29

लोहासुरविचेष्टितम् (The Deeds of Lohāsura) — Dharmāraṇya Pitṛ-Tīrtha Māhātmya

Sūta raconte la destinée de Lohāsura, un daitya qui, saisi de renoncement après avoir contemplé les hautes réalisations des anciens, cherche un lieu de tapas inégalé et choisit une bhakti intériorisée : la Gaṅgā sur la tête, des lotus dans les yeux, Nārāyaṇa dans le cœur, Brahmā à la taille, et les dieux reflétés dans son corps comme le soleil dans l’eau. Il accomplit une ascèse rigoureuse durant un siècle divin, obtient de Śiva la grâce d’un corps sans déclin et l’absence de crainte de la mort, puis poursuit son tapas sur la rive de la Sarasvatī. Indra, inquiet, tente de briser son austérité ; le conflit éclate et se prolonge, au point que Keśava lui-même est décrit comme vaincu par la force de la bénédiction. La triade (Brahmā, Viṣṇu, Rudra) délibère et maîtrise le daitya par la puissance morale et normative du satya et du vākpāśa, le « lien de la parole », lui enjoignant de protéger le dharma de la véridicité et de ne pas troubler les dieux. En échange, les divinités promettent de demeurer dans son corps jusqu’à la dissolution cosmique, et sa présence incarnée devient un tīrtha à Dharmāraṇya, près de Dharmēśvara. Le chapitre détaille ensuite les bienfaits des rites aux pitṛ : tarpaṇa et piṇḍadāna au puits local et à certaines dates lunaires (notamment caturdaśī/amāvāsyā de Bhādrapada) procurent une satisfaction accrue aux ancêtres, parfois comparée à — voire supérieure à — Gayā/Prayāga. Une pitṛ-gāthā l’atteste, et un mantra pratique est donné pour les offrandes aux lignées connues et inconnues. La phalaśruti conclut que l’écoute de ce récit délivre des grands péchés et confère un mérite équivalent à de multiples rites de Gayā et à de vastes dons de vaches.

79 verses

Adhyaya 30

Adhyaya 30

रामचरित-संक्षेपः (Condensed Rāma Narrative and the Ideal of Rāma-rājya)

Cet adhyāya présente un résumé chronologique et théologique de la vie de Rāma, honoré comme un aṃśa vaiṣṇava né dans la lignée solaire (Sūryavaṃśa). Il s’ouvre sur sa formation et son obéissance au dharma : il accompagne Viśvāmitra, protège le yajña, abat Tāḍakā, reçoit le dhanurveda et délivre Ahalyā en la restaurant. Vient ensuite la légitimation royale et nuptiale : à la cour de Janaka, Rāma brise l’arc de Śiva et épouse Sītā. En raison des vœux accordés à Kaikeyī, il accepte quatorze années d’exil forestier ; Daśaratha meurt, Bharata revient et exerce la régence en plaçant les pādūkā de Rāma comme signe du trône. Le texte déroule la crise et le relèvement : l’épisode de Śūrpaṇakhā, l’enlèvement de Sītā, la chute de Jatāyu, l’alliance avec Hanumat et Sugrīva, puis la reconnaissance et la transmission du message. Suit la campagne : construction du pont, siège de Laṅkā, phases de combat marquées par les tithi, épisodes d’Indrajit et de Kumbhakarṇa, jusqu’à la défaite de Rāvaṇa. La conclusion évoque le sacre de Vibhīṣaṇa, le motif de la purification de Sītā, le retour à Ayodhyā et une longue description de Rāma-rājya comme idéal éthique : bien-être social, absence de crime, prospérité, respect des aînés et des dvija. Enfin, Rāma s’enquiert du tīrtha-māhātmya, reliant la mémoire épique au sens du pèlerinage.

101 verses

Adhyaya 31

Adhyaya 31

Dharmāraṇya as Supreme Tīrtha: River-Māhātmya, Phalāśruti, and Rāma’s Pilgrimage Movement (धर्मारण्य-माहात्म्य-प्रकरणम्)

Le chapitre se déploie comme un dialogue d’instruction : Śrī Rāma demande à Vasiṣṭha quel est le tīrtha suprême pour la purification, poussé par un scrupule éthique—expier la faute liée à la mise à mort de brahma-rākṣasas lors de l’épisode de l’enlèvement de Sītā. Vasiṣṭha répond en énumérant et en hiérarchisant les grands fleuves sacrés—Gaṅgā, Narmadā/Reva, Tāpī, Yamunā, Sarasvatī, Gaṇḍakī, Gomati, etc.—et en attribuant des mérites distincts au fait de les voir, de s’en souvenir, de s’y baigner, ainsi qu’aux rites saisonniers et lunaires (bain de Karttika, bain de Māgha à Prayāga). L’exposé s’élargit en un inventaire de tīrtha-phala, selon le style phalāśruti : effacement des péchés, évitement des enfers, relèvement des ancêtres, et obtention du séjour de Viṣṇu. Il culmine dans une proclamation superlative : Dharmāraṇya est déclaré tīrtha suprême, établi depuis l’antiquité et loué par les devas, capable de dissoudre même les transgressions graves et d’accorder les buts désirés à divers aspirants—kāmin, yati, siddha. Dans le cadre narratif porté par la voix de Brahmā, la joie et la résolution de Rāma sont rapportées ; il part avec Sītā, ses frères, Hanumān, les reines et une vaste suite, en respectant la règle d’approcher à pied le tīrtha ancien. La nuit, Rāma entend la plainte d’une femme et envoie des messagers s’enquérir, ouvrant sur le développement suivant du récit.

84 verses

Adhyaya 32

Adhyaya 32

Dharmāraṇya-adhidevatā’s Lament and Śrī Rāma’s Restoration of the Vedic Settlement (Satya-Mandira)

Le chapitre s’ouvre dans un récit encadré par Vyāsa : les messagers de Rāma rencontrent une femme divine, seule, richement parée mais accablée, et en informent Śrī Rāma. Rāma s’approche avec humilité, l’interroge sur son identité et la cause de son abandon, puis lui offre sa protection. Elle répond par une stuti solennelle, reconnaissant en Rāma l’Être suprême et éternel, celui qui dissipe la souffrance, et louant sa stature cosmique ainsi que ses exploits contre les rākṣasas. La déesse révèle ensuite son identité institutionnelle : elle est l’adhidevatā, divinité tutélaire du Dharmāraṇya-kṣetra. Depuis douze ans, la contrée est devenue déserte par crainte d’un asura puissant ; brahmanes et marchands ont fui, la vie rituelle s’est effondrée, et les anciens signes de prospérité—bains à la dīrghikā, jeux communautaires, fleurs, vedīs de yajña et agnihotra domestique—ont été remplacés par des épines, des bêtes sauvages et des présages funestes. Rāma promet de retrouver les brahmanes dispersés aux quatre directions et de les réinstaller. La déesse précise la composition sociale et religieuse traditionnelle : de nombreux brahmanes versés dans les Veda, issus de multiples gotra, et des vaiśya attachés au dharma ; elle se nomme Bhattārikā, protectrice locale. Rāma atteste la véracité de ses paroles, proclame la fondation d’une cité renommée Satya-mandira, et dépêche des serviteurs pour ramener les brahmanes avec honneur (arghya-pādya), tout en édictant un ordre de gouvernement : refuser de les accueillir entraîne châtiment et exil. Les brahmanes sont trouvés, honorés et conduits auprès de Rāma ; il déclare que sa propre grandeur repose sur le vipra-prasāda (la grâce des brahmanes), puis accomplit l’accueil rituel (pādya, arghya, āsana), la prosternation et de vastes dons—parures, vêtements, cordons sacrés et de nombreuses vaches—rétablissant l’ordre sacré de Dharmāraṇya.

66 verses

Adhyaya 33

Adhyaya 33

जीर्णोद्धार-दानधर्मः | Jīrṇoddhāra and the Ethics of Dāna (Qualified Giving)

Ce chapitre présente un cas d’étude théologico-éthique sur le jīrṇoddhāra (restauration des sanctuaires et ouvrages anciens) et la discipline du dāna (don) à Dharmāraṇya. Rāma déclare son intention d’entreprendre la restauration sur l’ordre de Śrīmātā et demande l’autorisation de distribuer les dons selon le dharma. L’enseignement insiste : le don doit aller à un récipiendaire digne (pātra) et non à l’indigne (apātra) ; le digne est comme une barque qui fait traverser à la fois le donateur et le receveur, tandis que l’indigne est funeste tel un bloc de fer. La qualité de brāhmaṇa n’est pas réduite à la naissance : la kriyā (l’action rituelle efficace et la conduite juste) est donnée comme critère décisif du fruit. Un groupe de brāhmaṇas décrit des moyens d’existence ascétiques ou retenus et avoue craindre d’accepter des dons royaux, jugeant le patronage du roi dangereux. Rāma consulte Vasiṣṭha et invoque la Trimūrti ; les trois divinités apparaissent, approuvent la restauration et louent Rāma pour sa défense antérieure de l’ordre divin. Rāma commence alors les travaux et les dotations : salles, demeures, greniers, richesses, bétail et villages sont offerts à des prêtres savants, avec l’établissement de spécialistes de la « Trāyīvidyā ». Les dieux accordent des insignes tels que le cāmara et l’épée, et prescrivent des règles durables : culte du guru et de la divinité familiale (kuladevatā), charité à des moments précis (Ekādaśī, samedi), soutien aux personnes vulnérables, et premières offrandes à Śrīmātā et aux divinités associées pour une réussite sans obstacle. Le chapitre se clôt par l’extension des infrastructures de tīrtha (bassins, puits, fossés, portes), des formules de protection contre l’effacement des édits royaux, la nomination de Hanumān comme gardien et une bénédiction divine.

58 verses

Adhyaya 34

Adhyaya 34

Rāma-śāsana on Dharmāraṇya: Protection of Land Grants and the Dharma of Endowments (रामशासन-भूमिदानधर्मः)

Le chapitre est encadré comme un dialogue : Yudhiṣṭhira interroge Vyāsa au sujet d’un ancien « śāsana » (charte royale/inscription) promulgué par Rāma à l’âge de Tretā, au Satya-mandira, et Vyāsa en raconte le cadre et la teneur. Le récit se déroule à Dharmāraṇya, où l’on souligne la garde divine—Nārāyaṇa comme Seigneur, et une yoginī comme puissance salvatrice—ainsi que la solidité du support : le cuivre, destiné à conserver durablement les archives du dharma. L’enseignement élargit ensuite la perspective en présentant Viṣṇu comme constante théologique à travers Veda, Purāṇa et dharmaśāstra, et Rāma comme avatāra venu protéger le dharma et anéantir les forces adverses. La charte adopte une rhétorique épigraphique-dharmique : louange du donateur de terres, sanctions sévères contre les confiscateurs et leurs complices, et mérite abondant pour les protecteurs. Elle détaille les conséquences karmiques du vol de terres—images de naraka et renaissances dégradées—en contraste avec les fruits spirituels d’un don, fût-il minime, et affirme l’incessibilité des terres offertes aux brāhmaṇa. Le chapitre mentionne aussi la pratique de garde : des brāhmaṇa savants conservent la plaque de cuivre, la vénèrent rituellement et l’adorent chaque jour ; il encourage la récitation constante du Nom de « Rāma » comme discipline de bhakti protectrice. Enfin, Rāma ordonne que la charte demeure et soit sauvegardée à travers les cycles cosmiques, invoque Hanumān comme protecteur et exécuteur contre les transgresseurs, puis retourne à Ayodhyā pour y régner longuement.

60 verses

Adhyaya 35

Adhyaya 35

धर्मारण्ये रामयज्ञः, सीतापुरस्थापनं च (Rāma’s Sacrifice in Dharmāraṇya and the Founding of Sītāpura)

Cet adhyāya, sous forme de dialogue initié par Nārada et rapporté par Brahmā, met en lumière les actes rituels et administratifs de Śrī Rāma à Dharmāraṇya. Après avoir entendu de longues louanges comparant la grandeur des tīrtha (Prayāga/Triveṇī, Śukla-tīrtha, Kāśī, la Gaṅgā, Harikṣetra et Dharmāraṇya), Rāma résout de reprendre le pèlerinage et arrive avec Sītā, Lakṣmaṇa, Bharata et Śatrughna, puis sollicite Vasiṣṭha pour la conduite correcte des rites. Rāma demande clairement quelle pratique, dans ce « mahākṣetra », efface au mieux les fautes les plus graves, y compris la brahmahatyā : dāna, niyama, snāna, tapas, dhyāna, yajña, homa ou japa. Vasiṣṭha prescrit l’accomplissement d’un yajña à Dharmāraṇya, dont le mérite est décrit comme se multipliant au fil du temps. Sītā conseille que les officiants soient ces mêmes brāhmaṇa versés dans les Veda, liés aux âges anciens et demeurant à Dharmāraṇya. Dix-huit experts rituels nommés sont convoqués ; le sacrifice s’achève par le bain d’avabhṛtha et par l’hommage honorifique rendu aux prêtres. À la fin, Sītā demande que la prospérité issue du rite soit fixée durablement par une fondation portant son nom ; Rāma accorde un lieu sûr aux brāhmaṇa et établit « Sītāpura », associé à des tutélaires protectrices et de bon augure (Śāntā et Sumaṅgalā). Le chapitre s’élargit ensuite en une charte politico-rituelle : de nombreux villages (énumérés longuement) sont créés et donnés pour la résidence des brāhmaṇa ; des populations de soutien (vaiśya et śūdra) ainsi que des dons matériels — bovins, chevaux, étoffes, or, argent et cuivre — sont assignés. Rāma insiste sur la gouvernance selon le dharma : les requêtes des brāhmaṇa doivent être honorées, le service rendu à leur égard apporte la prospérité, tandis que l’entrave de gens hostiles venus du dehors est condamnée. Le récit se clôt sur le retour de Rāma à Ayodhyā, la joie du peuple, la continuité du règne juste, et une brève mention de la grossesse de Sītā, liant l’ordre rituel à la permanence dynastique.

65 verses

Adhyaya 36

Adhyaya 36

Adhyāya 36: Hanumān’s Guardianship, Kali-yuga Portents, and the Contest over Śāsana (Rāma’s Ordinance)

Le chapitre se déploie par un dialogue à plusieurs niveaux. Nārada interroge Brahmā sur la suite des événements, sur la durée de stabilité du lieu sacré, sur son protecteur et sur l’autorité sous laquelle il fonctionnait. Brahmā répond que, de Tretā à Dvāpara jusqu’à l’avènement du Kali-yuga, Hanumān—fils du Vent—seul est capable de garder ce site, agissant explicitement selon l’ordonnance de Rāma. La vie quotidienne y est marquée par la joie commune et la récitation ininterrompue des Veda (Ṛg, Yajus, Sāman, Atharvan), tandis que fêtes et yajña variés se répandent dans les établissements. Puis Yudhiṣṭhira demande à Vyāsa si le lieu fut jamais brisé ou conquis par des êtres hostiles. Vyāsa décrit les conditions du début du Kali-yuga et énumère les dégradations morales et sociales—mensonge, hostilité envers les sages, perte de piété filiale, manquements rituels, corruption, inversion des rôles de varṇa—dressent un portrait diagnostique du déclin du dharma. Suit un épisode historique : un roi juste de Kānyakubja (Āma) et son milieu sont présentés, puis un tournant sectaire à Dharmāraṇya, où une gouvernance d’orientation jaïne s’établit sous l’influence du maître Indrasūri et par des alliances matrimoniales royales, marginalisant les institutions védiques et les privilèges des brāhmaṇa. Une délégation de brāhmaṇa adresse une requête au roi, ouvrant un débat avec Kumārapāla (le gendre régnant) sur l’ahimsā face à la violence rituelle autorisée par le Veda. Les brāhmaṇa soutiennent que la violence prescrite par le Veda n’est pas adharma lorsqu’elle est accomplie sans armes, avec mantra, pour l’ordre sacrificiel et non par cruauté. Kumārapāla exige une preuve tangible de la garde continue de Rāma/Hanumān ; la communauté décide alors d’entreprendre un pèlerinage discipliné et des austérités vers Rāmeśvara/Setubandha afin d’obtenir le darśana de Hanumān et de restaurer l’ancien statut dharmique. Les derniers vers suggèrent la réponse compatissante de Hanumān, la réaffirmation de l’ordonnance de Rāma et des dotations matérielles soutenant la vie de la communauté.

119 verses

Adhyaya 37

Adhyaya 37

Hanumān’s Epiphany, Authentication Tokens, and the Protection of Brāhmaṇas in Dharmāraṇya (अञ्जनीसूनोः स्वरूपदर्शनम् अभिज्ञानपुटिकाप्रदानं च)

Le chapitre 37 se présente comme un exposé théologique structuré : une communauté de brāhmaṇas s’adresse à Hanumān, fils de Pavana, par un long stotra célébrant sa bhakti envers Śrī Rāma, sa puissance de protection et sa droiture au service du bien des vaches et des brāhmaṇas. Satisfait, Hanumān accorde une faveur ; les brāhmaṇas demandent (i) une manifestation visible de son exploit à Laṅkā et (ii) une intervention pour corriger un roi pécheur dont les mesures nuisent aux moyens de subsistance et à l’ordre du dharma. Hanumān explique que sa forme véritable n’est pas, en Kali-yuga, un objet de vision ordinaire ; mais touché par la dévotion, il révèle une forme médiée, suscitant stupeur et confirmation « telle que décrite dans les Purāṇa ». Il offre ensuite un fruit procurant une satiété extraordinaire, marquant Dharmāraṇya comme un lieu où la faim est apaisée par le rite et le miracle. Le chapitre introduit aussi un dispositif d’authentification (abhijñāna) : Hanumān arrache des poils de son corps, les scelle en deux sachets (pūṭikā) et en prescrit l’usage conditionnel—l’un accorde des bienfaits à un roi dévot de Rāma, l’autre sert de preuve punitive, capable d’embraser les ressources militaires et le trésor jusqu’à restitution dharmique (rétablissement des redevances villageoises, des taxes des marchands et des accords antérieurs). Après trois nuits de brahma-yajña et de récitation védique puissante, Hanumān protège le sommeil des brāhmaṇas sur une vaste dalle de pierre et, par la force du vent paternel, les transporte rapidement à Dharmāraṇya, réduisant un voyage de six mois à quelques muhūrta. L’émerveillement se répand au matin, confirmant le thème : le dharma est soutenu par la dévotion, par des signes vérifiables et par la protection des communautés savantes, afin que le pouvoir se réoriente vers l’obligation éthique.

73 verses

Adhyaya 38

Adhyaya 38

Rājā Kumarapālakaḥ—Vipra-saṃvādaḥ, Agni-upadravaḥ, Rāma-nāma-prāyaścittaṃ ca (King Kumarapālaka’s dialogue with Brahmins, the fire-crisis, and expiation through Rāma’s Name)

Vyāsa rapporte un épisode où des chefs brāhmanes, parés et portant des fruits, se rassemblent à la porte du palais et sont reçus par Kumarapālaka, fils du roi. Celui-ci expose un programme éthique syncrétique : révérence envers le Jina/Arhat, compassion pour les êtres vivants, fréquentation d’une salle de yoga, vénération du guru, japa continu des mantras et observance de la saison ascétique (pañcūṣaṇa), ce qui trouble les brāhmanes. Ils invoquent le conseil de Rāma et de Hanumān : le souverain doit accorder le vipra-vṛtti (entretien des brāhmanes) et soutenir le dharma ; mais il refuse même l’aumône la plus minime. Survient alors un tournant punitif : une bourse associée à Hanumān est jetée dans le palais, et un incendie se répand dans les réserves royales, les véhicules et les insignes ; les moyens humains échouent. Terrifié, le roi se rend auprès des brāhmanes, se prosterne, avoue son ignorance et invoque sans cesse le Nom de Rāma, affirmant que la bhakti envers Rāma et la révérence envers les brāhmanes sont salut, et demande l’apaisement du feu. Les brāhmanes s’adoucissent ; la malédiction est calmée, l’ordre revient, et un nouvel arrangement administratif est établi : réorganisation des groupes savants, délimitation des communautés, prescriptions de rites et de dons annuels (dont l’observance de Pauṣa śukla trayodaśī). Le chapitre s’achève sur la stabilisation de la société sous une charte dharmique renouvelée, et sur la réaffirmation de l’orientation dévotionnelle comme fondement éthique du gouvernement.

93 verses

Adhyaya 39

Adhyaya 39

Cāturvidya–Traividya Organization, Gotra–Pravara Mapping, and Dharmāraṇya Settlement Register (अध्याय ३९)

Ce chapitre prend la forme d’un dialogue d’instruction où Brahmā décrit des communautés de dvijas éminents, disciplinés dans l’étude védique et rigoureux dans les modes de récitation (saṃhitā, pada, krama, ghana). Les devas, conduits par Brahmā et Viṣṇu, rendent visite à ces brahmanes, observent le paysage sonore des rites et l’ordre éthique, et y reconnaissent un signe d’un dharma rappelant l’ère de Tretā. Anticipant les troubles du Kali-yuga, les devas instituent une organisation économique et rituelle réglée : parts de subsistance et frontières professionnelles entre cāturvidyas et traividyas, avec des restrictions de mariage et une division formalisée de la parenté attribuée à une autorité régulatrice (nommée Kājeśa dans le texte). Le chapitre se transforme ensuite en vaste registre d’archives : cinquante-cinq noms d’établissements (grāmas), puis l’attribution systématique des gotra, des ensembles de pravara, et l’identification, village par village, de la « gotra-devī » (déesse protectrice de la lignée). Aux questions de Nārada, Brahmā précise la méthode pour reconnaître gotra, kula et devī, puis déroule une correspondance ordonnée des lieux avec les lignées, les pravaras et les caractéristiques communautaires. La conclusion admet les mélanges sociaux et les dégradations ultérieures comme des transformations liées aux yugas, tout en conservant ce registre comme référence.

123 verses

Adhyaya 40

Adhyaya 40

Dharmāraṇya: Community Dharma, Adjudication Norms, and Phalaśruti

Ce chapitre déploie un enseignement théologico-éthique en plusieurs plans. Nārada interroge Brahmā sur la conduite des savants maîtrisant la triple science védique (trai-vidyā) lorsque des divisions de parenté surgissent à Moheraka-pura. Brahmā décrit des communautés brahmaniques disciplinées, gardiennes de l’agnihotra, du yajña, des observances smārta et du raisonnement fondé sur les śāstra; il rapporte aussi comment les chefs Vāḍava exposent un dharma transmis (paramparāgata), enraciné dans le dharmaśāstra, la coutume locale (sthāna-ācāra) et la coutume de clan (kula-ācāra). Vient ensuite une « charte » normative : vénération des insignes liés à Rāma et d’un sceau de la main (mudrā), peines réglées pour les écarts de bonne conduite, règles d’éligibilité, sanctions sociales et évitement communautaire des fautifs. Le texte détaille encore les offrandes liées à la naissance (dont les observances du sixième jour), la répartition des parts de subsistance (vṛtti-bhāga) et les attributions aux divinités du clan, ainsi que l’idéal d’une adjudication équitable—avec mise en garde contre la partialité, la corruption et les verdicts iniques. Vyāsa évoque ensuite la dégradation du Kali-yuga—affaiblissement de l’observance védique et esprit de faction—tout en réaffirmant des marqueurs d’identité tels que gotra, pravara et avataṅka. Le récit culmine dans le rôle protecteur de Hanumān, gardien invisible de la justice : favoritisme et négligence du service dû entraînent la perte, tandis que la droiture est soutenue. La phalaśruti finale loue l’écoute et l’hommage rendu au récit de Dharmāraṇya comme purificateurs et dispensateurs de prospérité, et prescrit le respect dû à la récitation purānique et au don rituel.

80 verses

FAQs about Dharmaranya Mahatmya

Dharmāraṇya is portrayed as a concentrated tīrtha-zone where divine beings continually 'serve' the place, making it inherently merit-generating and spiritually protective for residents and pilgrims.

The text highlights enduring salvific outcomes for beings who die there, and emphasizes śrāddha/pinda-style offerings as mechanisms for uplifting multiple ancestral generations and extended lineages.

The section foregrounds aetiological questioning about how Dharmāraṇya became established among the gods, why it is tīrtha-like on earth, and how large communities of brāhmaṇas were instituted there.