Adhyaya 7
Brahma KhandaDharmaranya MahatmyaAdhyaya 7

Adhyaya 7

Cet adhyāya unit, sous forme de dialogue, des prescriptions rituelles centrées sur le tīrtha et une éthique de la vie domestique. Vyāsa expose d’abord l’efficacité exceptionnelle du pitṛ-tarpaṇa et des offrandes de piṇḍa lorsqu’on parvient à la « Dharmavāpī », lieu d’eau sacré associé au dharma : les ancêtres y trouvent une satisfaction durable, et le mérite s’étend aux êtres défuntés selon diverses conditions post mortem. Le discours décrit ensuite le Kali-yuga comme une époque d’instabilité morale—avidité, hostilité, médisance et discorde sociale—tout en affirmant que la purification demeure accessible par une conduite disciplinée : pureté de la parole, du mental et du corps ; non-violence ; maîtrise de soi ; dévotion envers les parents ; générosité ; et connaissance du dharma. À la question de Śaunaka sur les lakṣaṇa (signes distinctifs) des femmes pativratā, Sūta répond par un catalogue normatif détaillé : retenue dans le comportement, priorité au bien du mari, évitement des situations compromettantes, parole et maintien réglés, et piété domestique ritualisée. L’adhyāya avertit des conséquences des transgressions par des images de renaissances défavorables, puis se conclut par une louange renouvelée du śrāddha et du dāna en « terre de dharma » : même une offrande modeste, faite avec bhakti, protège la lignée, tandis qu’une richesse acquise sans droiture pour le śrāddha est mise en question. Enfin, Dharmāraṇya est réaffirmé comme lieu constamment exauçant les vœux, orienté vers la libération des yogins et dispensateur de réussite aux êtres accomplis.

Shlokas

Verse 1

व्यास उवाच । संप्राप्य धर्मवाप्यां च यः कुर्यात्पितृतर्पणम् । तृप्तिं प्रयांति पितरो यावदिंद्राश्चतुर्दश

Vyāsa dit : Celui qui, parvenu à Dharmavāpī, accomplit le tarpaṇa, les libations pour les Pitṛs, procure aux ancêtres une pleine satisfaction aussi longtemps que durent les quatorze Indra.

Verse 2

पितरश्चात्र पूज्याश्च स्वर्गता ये च पूर्वजाः । पिंडांश्च निर्वपेत्तेषां प्राप्येमां मुक्तिदायिकाम्

Ici, les Pitṛs doivent être honorés, ces ancêtres partis au ciel ; et, parvenu en ce lieu dispensateur de délivrance, on doit leur offrir comme il se doit les piṇḍas.

Verse 3

त्रेतायां पंच दिवसैर्द्वापरे त्रिदिनेन तु । एकचित्तेन यो विप्राः पिंडं दद्यात्कलौ युगे

Dans le Tretā, il faut cinq jours, et dans le Dvāpara, trois ; mais en l’âge de Kali, ô brāhmaṇas, celui qui offre le piṇḍa d’un esprit unifié obtient promptement le fruit.

Verse 4

लोलुपा मानवा लोके संप्राप्ते तु कलौ युगे । परदाररता लोकाः स्त्रियोऽतिचपलाः पुनः

Lorsque survient l’âge de Kali, les hommes dans le monde deviennent avides ; les mâles s’attachent aux épouses d’autrui, et les femmes, de nouveau, deviennent excessivement changeantes.

Verse 5

परद्रोहरताः सर्वे नरनारीनपुंसकाः । परनिन्दापरा नित्यं परच्छिद्रोपदर्शकाः

Tous—hommes, femmes et êtres de nature neutre—se vouent à nuire à autrui ; sans cesse portés à médire et à montrer continuellement les défauts des autres.

Verse 6

परोद्वेगकरा नूनं कलहा मित्रभेदिनः । सर्वे ते शुद्धतां यांति काजेशाः स्वयमब्रुवन्

Assurément, ils deviennent cause de trouble pour autrui—querelleurs et briseurs d’amitiés ; et pourtant, tous parviennent à la pureté grâce à cette puissance sacrée, ainsi que le Seigneur lui-même l’a proclamé.

Verse 7

एतदुक्तं महाभाग धर्मारण्यस्य वर्णनम् । फलं चैवात्र सर्वं हि यदुक्तं शूलपाणिना

Ainsi, ô noble âme, la description de Dharmāraṇya a été dite ; et tous les fruits du culte et des observances qui s’y rapportent sont ici tels que les a proclamés le Seigneur au Trident.

Verse 8

वाङ्मनः कायशुद्धाश्च परदारपराङ्मुखाः । अद्रोहाश्च समाः क्रुद्धा मातापितृपरायणाः

Ils deviennent purs en parole, en esprit et en corps ; ils se détournent des épouses d’autrui ; sans malveillance, égaux d’âme même dans la colère, et dévoués à leur mère et à leur père.

Verse 9

अलौल्या लोभरहिता दानधर्मपरायणाः । आस्तिकाश्चैव धर्मज्ञाः स्वामिभक्तिरताश्च ये

Ceux qui ne sont point inconstants, dénués d’avidité, voués au dāna et au dharma; ceux qui sont āstika, discernant le dharma et demeurant fermes dans la dévotion envers leur Seigneur—ceux-là sont loués ici.

Verse 10

पतिव्रता तु या नारी पतिशुश्रूषणे रता । अहिंसका आतिथेयाः स्वधर्मनिरताः सदा

Est véritablement pativratā la femme qui se réjouit de servir son époux; qui est non-violente, vouée à l’accueil des hôtes, et toujours appliquée à son propre dharma.

Verse 11

शौनक उवाच । शृणु सूत महाभाग सर्वधर्मविदांवर । गृहस्थानां सदाचारः श्रुतश्च त्वन्मुखान्मया

Śaunaka dit : «Écoute, ô Sūta, toi le fortuné, le meilleur parmi ceux qui connaissent tous les dharmas. De ta propre bouche, j’ai entendu la noble conduite des maîtres de maison».

Verse 12

एकं मनेप्सितं मेद्य तत्कथयस्व सूतज । पतिव्रतानां सर्वासां लक्षणं कीदृशं वद

«Une chose est chère à mon esprit : dis-la-moi, ô fils de Sūta. Décris quelles sont les marques distinctives de toutes les femmes pativratā.»

Verse 13

सूत उवाच । पतिव्रता गृहे यस्य सफलं तस्य जीवनम् । यस्यांगच्छायया तुल्या यत्कथा पुण्यकारिणी

Sūta dit : «Celui dans la maison duquel demeure une pativratā—sa vie devient accomplie. Sa présence même est telle une ombre protectrice, et le récit de son histoire devient cause de mérite (puṇya).»

Verse 14

पतिव्रतास्त्वरुंधत्या सावित्र्याप्यनसूयया । शांडिल्या चैव सत्या च लक्ष्म्या च शतरूपया

L’idéal de la pativratā se manifeste en Arundhatī, en Sāvitrī et en Anasūyā ; de même en Śāṇḍilyā, Satyā, Lakṣmī et Śatarūpā.

Verse 15

मेनया च सुनीत्या च संज्ञया स्वाहया समाः । पतिव्रतानां धर्मा हि मुनिना च प्रकीर्तिताः

Elles sont aussi comparables à Menā, Sunīti, Saṃjñā et Svāhā. En vérité, le sage a proclamé les dharmas des femmes pativratā.

Verse 16

भुंक्ते भुक्ते स्वामिनि च तिष्ठ ति त्वनुतिष्ठति । विनिद्रिते या निद्राति प्रथमं परिबुध्यति

Quand son seigneur mange, elle mange ; quand il se tient debout, elle se tient debout à sa suite. Quand il dort, elle dort ; pourtant, c’est elle qui s’éveille la première.

Verse 17

अनलंकृतमात्मानं देशांते भर्तरि स्थिते । कार्यार्थं प्रोषिते क्वापि सर्व्वमंड नवर्जिता

Quand son époux est loin, en un autre lieu—parti quelque part pour l’accomplissement de ses devoirs—elle demeure sans parure, renonçant à tout ornement et à toute coquetterie.

Verse 18

भर्तुर्नाम न गृह्णाति ह्यायुषोऽस्य हि वृद्धये । पुरुषांतरनामापि न गृह्णति कदाचन

Elle ne prononce pas le nom de son époux, car l’on dit que cela accroît la durée de sa vie. Et jamais elle ne prend le nom d’un autre homme.

Verse 19

आकृष्टापि च नाक्रोशेत्ताडितापि प्रसीदति । इदं कुरु कृतं स्वामिन्मन्यतामिति वक्ति च

Même si on la tire ou la traîne, qu’elle ne crie point ; même si on la frappe, qu’elle demeure douce et paisible. Qu’elle dise : « Mon seigneur, faites ceci ; tenez-le pour accompli », parlant ainsi pour préserver l’harmonie.

Verse 20

आहूता गृहकार्याणि त्यक्त्वा गच्छति सत्वरम् । किमर्थं व्याहृता नाथ स प्रसादो विधीयताम्

Lorsqu’on l’appelle, elle accourt sans tarder, laissant les tâches de la maison. Et elle demande : « Dans quel dessein m’avez-vous mandée, mon seigneur ? Veuillez ordonner, accordez votre instruction ».

Verse 21

न चिरं तिष्ठति द्वारि न द्वारमुपसेवते । अदातव्यं स्वयं किंचित्कर्हिचिन्न ददात्यपि

Elle ne demeure pas longtemps au seuil, ni ne s’attarde à l’entrée. Et jamais, de son propre chef, elle ne donne quoi que ce soit—surtout ce qui ne doit pas être donné—à aucun moment.

Verse 22

पूजोपकरणं सर्वम नुक्ता साधयेत्स्वयम् । नियमोदकबर्हींषि यत्र पुष्पाक्षतादिकम्

Tous les objets requis pour le culte, qu’elle les prépare elle-même sans qu’on la presse : l’eau réservée à l’observance, l’herbe sacrée (barhis), et des choses telles que les fleurs et le riz intact (akṣata).

Verse 23

प्रतीक्षमाणा च वरं यथाकालोचितं हि यत् । तदुपस्थापयेत्सर्वमनुद्वि ग्नातिहृष्टवत्

Attendant avec vigilance, qu’elle présente tout ce qui convient au moment opportun. Qu’elle le fasse sans trouble ni joie excessive, l’esprit stable et paisible.

Verse 24

सेवते भर्त्तुरुच्छिष्टमिष्टमन्नं फलादिकम् । दूरतो वर्ज्जयेदेषा समाजोत्सवदर्शनम्

Elle se nourrit de ce qui reste après son époux : mets aimés, fruits et autres. Et qu’elle se tienne loin de la vue des assemblées publiques et des réjouissances.

Verse 25

न गच्छेत्तीर्थयात्रादिविवाहप्रेक्षणा दिषु । सुखसुप्तं सुखासीनं रममाणं यदृच्छया

Qu’elle n’aille pas aux pèlerinages et autres, ni pour assister aux noces et aux semblables. Même si son époux se trouve, par hasard, endormi à l’aise, assis en repos ou se divertissant, qu’elle n’agisse pas de son propre chef en le négligeant.

Verse 26

अंतरायेऽपि कार्येषु पतिं नोत्थापयेत्क्वचित् । स्त्रीधर्मिणी त्रिरात्रं तु स्वमुखं नैव दर्शयेत्

Même s’il survient un empêchement dans les tâches, qu’elle ne réveille jamais son époux. Et la femme qui observe la discipline du strī-dharma ne doit pas montrer son visage durant trois nuits.

Verse 27

स्ववाक्यं श्रावयेन्नापि यावत्स्नात्वा न शुध्यति । सुस्नाता भर्तृवदनमीक्षेतान्यस्य न क्वचित् । अथवा मनसि ध्यात्वा पतिं भानुं विलोकयेत्

Qu’elle ne fasse entendre aucune parole à elle avant de s’être baignée et purifiée. Après un bain accompli, qu’elle regarde le visage de son époux, et jamais celui d’un autre homme. Ou bien, ayant médité son époux en son cœur, qu’elle contemple le Soleil.

Verse 28

हरिद्रां कुकुमं चैव सिंदूरं कज्जलं तथा । कूर्पासकं च तांबूलं मांगल्याभरणं शुभम्

Curcuma et safran, ainsi que vermillon et khôl ; de même le coton et le bétel ; et les ornements auspicious de la bénédiction nuptiale : tout cela est proclamé favorable.

Verse 29

केशसंस्कारकं चैव करकर्णादिभूषणम् । भर्तुरायुष्यमिच्छंती दूरयेन्न पतिव्रता

L’épouse dévouée, désirant la longue vie de son époux, doit s’éloigner des parures excessives des cheveux et des ornements des mains, des oreilles et autres.

Verse 30

भर्तृविद्वेषिणीं नारीं नैषा संभाषते क्वचित् । नैकाकिनी क्वचिद्भूयान्न नग्ना स्नाति च क्वचित्

Qu’elle ne s’entretienne jamais avec une femme qui hait son mari. Qu’elle ne demeure nulle part tout à fait seule, et qu’elle ne se baigne jamais nue.

Verse 31

नोलूखले न मुशले न वर्द्धन्यां दृषद्यपि । न यंत्रके न देहल्यां सती चोपविशेत्क्वचित्

L’épouse vertueuse ne doit s’asseoir ni sur le mortier, ni sur le pilon, ni sur le van, ni même sur la pierre à moudre; ni sur l’instrument de pressage, ni sur le seuil.

Verse 32

विना व्यवायसमयात्प्रागल्भ्यं न क्वचिच्चरेत । यत्रयत्र रुचिर्भर्तुस्तत्र प्रेमवती सदा

Hors du temps convenable de l’union conjugale, qu’elle ne se montre nulle part trop hardie. Là où se porte le désir de son époux, qu’elle soit toujours aimante et agréable.

Verse 33

इदमेव व्रतं स्त्रीणामयमेव परो वृषः । इयमेव च पूजा च भर्तुर्वाक्यं न लंघयेत्

Tel est l’unique vœu des femmes; telle est la plus haute droiture. Telle est aussi leur adoration : qu’elle ne franchisse pas la parole de son époux.

Verse 34

क्लीबं वा दुरवस्थं वा व्याधितं वृद्धमेव वा । सुस्थिरं दुःस्थिरं वापि पतिमेकं न लंघयेत्

Qu’il soit impuissant, dans une condition misérable, malade ou âgé—qu’il soit stable ou instable—elle ne doit ni l’abandonner ni s’opposer à son unique époux.

Verse 35

सर्पिर्लव णहिंग्वादिक्षयेऽपि व पति व्रता । पतिं नास्तीति न ब्रूयादायसीषु न भोजयेत्

Même si le ghee, le sel, le hing (asa-fœtida) et autres viennent à manquer, l’épouse vouée à son vœu ne doit pas dire : «Il n’y a rien pour mon époux» ; et elle ne doit pas lui servir la nourriture dans un récipient de fer.

Verse 36

तीर्थस्नानार्थिनी चैव पतिपादोदकं पिबेत् । शंकरादपि वा विष्णोः पतिरेवाधि कः स्त्रियः

Et si elle recherche le mérite du bain dans un gué sacré, qu’elle boive l’eau ayant lavé les pieds de son époux. Car, pour une femme, son mari est tenu pour plus grand encore que Śaṅkara ou Viṣṇu.

Verse 37

व्रतोपवामनियमं पतिमुल्लंघ्य या चरेत् । आयुष्यं हरते भर्तुर्मृता निरयमृच्छति

La femme qui accomplit vœux, jeûnes ou observances en passant outre son époux, est dite ravir la durée de vie de son seigneur; et, morte, elle va en enfer.

Verse 38

उक्ता प्रत्युत्तरं दद्यान्नारी या क्रोधत त्परा । सरमा जायते ग्रामे शृगाली निर्जने वने

La femme qui, lorsqu’on l’instruit, réplique avec colère, est dite renaître comme chienne au village, ou comme chacal dans une forêt déserte.

Verse 39

स्त्रीणां हि परमश्चैको नियमः समुदाहृतः । अभ्यर्च्य चरणौ भतुर्भो क्तव्यं कृतनिश्चया

Pour les femmes, une seule règle suprême est proclamée : d’un cœur résolu, vénérer les pieds de l’époux, puis prendre la nourriture.

Verse 40

उच्चासनं न सेवेत न व्रजेत्परवेश्मसु । तत्र पारुष्यवाक्यानि ब्रूयान्नैव कदाचन

Qu’elle ne prenne pas un siège élevé, ni n’entre dans les maisons d’autrui ; et là, qu’elle ne prononce jamais de paroles dures.

Verse 41

गुरूणां सन्निधौ वापि नोच्चैर्ब्रु यान्नवाहयेत्

Même en présence des gurus et des aînés, qu’elle ne parle pas à voix haute et ne se conduise pas avec hardiesse ou inconvenance.

Verse 42

या भर्तारं परित्यज्य रहश्चरति दुर्मतिः । उलूकी जायते क्रूरा वृक्षकोटरशायिनी

La femme au jugement égaré qui délaisse son époux et erre en secret, dit-on, renaît en une chouette femelle cruelle, dormant dans les creux des arbres.

Verse 43

ताडिता ताडयेच्चेत्तं सा व्याघ्री वृषदंशिका । कटाक्षयति याऽन्यं वै केकराक्षी तु सा भवेत्

Si, frappée, elle le frappe en retour, elle devient une tigresse qui mord les taureaux. Et celle qui jette des regards de côté vers un autre, dit-on, devient une femme aux yeux louches.

Verse 44

या भर्तारं परित्यज्य मिष्टमश्नाति केवलम् । ग्रामे सा सूकरी भूयाद्वल्गुली वाथ विङ्भुजा

Celle qui délaisse son époux et ne mange que des mets délicats renaît au village comme une truie — ou comme un lézard, ou comme un être mangeur d’ordures.

Verse 45

हुन्त्वंकृत्याप्रियं ब्रूते मूका सा जायते खलु । या सपत्नीं सदैर्ष्येत दुर्भगा सा पुनःपुनः । दृष्टिं विलुप्य भर्तुर्या कंचिदन्यं समीक्षते

Celle qui, après avoir fait du tort, profère des paroles déplaisantes naît assurément muette. Celle qui jalouse sans cesse la coépouse redevient malheureuse encore et encore. Et celle qui détourne les yeux de son mari pour regarder un autre homme avec intention subit perte et souillure.

Verse 46

काणा च विमुखा वापि कुरूपापि च जायते । बाह्यादायांतमालोक्य त्वरिता च जलासनैः । तांबूलैर्व्यजनैश्चैव पादसंवाहनादिभिः

Elle devient borgne, ou d’humeur détournée, ou même laide. Mais voyant son époux revenir du dehors, qu’elle se hâte avec de l’eau et un siège, avec du bétel, un éventail, et des services tels que le massage des pieds.

Verse 47

तथैव चारुवचनैः स्वेदसंनोदनैः परैः । या प्रियं प्रीणयेत्प्रीता त्रिलोकी प्रीणिता तया । मितं ददाति हि पिता मितं भ्राता सुतं सुतः

De même, par de douces paroles et d’autres gestes — tels qu’apaiser la fatigue et la sueur — celle qui, joyeuse, réjouit son bien-aimé réjouit par là les trois mondes. Car le père ne donne qu’avec mesure, le frère avec mesure, et le fils avec mesure.

Verse 48

अमितस्य हि दातारं भर्तारं का न पूजयेत् । भर्ता देवो गुरुर्भर्ता धर्मतीर्थव्रतानि च । तस्मात्सर्वं परित्यज्य पतिमेकं समर्चयेत्

Qui ne rendrait hommage à l’époux, dispensateur d’un soutien abondant ? L’époux est comme un deva ; l’époux est comme un guru ; et l’époux est comme le dharma, les tīrthas et les vœux. C’est pourquoi, renonçant à tout le reste, qu’on vénère l’époux seul comme devoir premier.

Verse 49

जीवहीनो यथा देही क्षणादशुचितां व्रजेत् । भर्तृहीना तथा योषित्सुस्नाताप्य शुचिः सदा

De même qu’un corps, privé de vie, devient aussitôt impur, de même une femme sans époux est tenue pour impure—fût-elle bien baignée—en tout temps, selon cette assertion de dharma.

Verse 50

अमंगलेभ्यः सर्वेभ्यो विधवा स्यादमंगला । विधवादर्शनात्सिद्धिः क्वापि जातु न जायते

Parmi toutes les choses de mauvais augure, la veuve est déclarée de mauvais augure ; rien de réussi, dit-on, ne naît nulle part du seul fait de voir une veuve (ainsi l’affirme ce passage).

Verse 51

विहाय मातरं चैकां सर्वा मंगलवर्जिताः । तदाशिषमपि प्राज्ञस्त्यजेदाशीविषोपमाम्

Hormis la mère seule, tous (les tels) sont dits dépourvus de bon augure ; aussi le sage doit-il éviter même leur bénédiction, la tenant pour semblable à un serpent venimeux.

Verse 52

कन्याविवाहसमये वाचयेयुरिति द्विजाः । भर्तुः सहचरी भूयाज्जीवतो ऽजीवतोपि वा

Au temps du mariage d’une jeune fille, les deux-fois-nés doivent lui faire réciter ce vœu : «Puissé-je être la compagne de mon époux, qu’il soit vivant ou non».

Verse 53

अनुव्रजन्ती भर्तारं गृहात्पितृवनं मुदा । पदेपदेश्वमेधस्य फलं प्राप्नोत्यसंशयम्

L’épouse qui, dans la joie, suit son mari de la maison jusqu’à la «forêt des ancêtres», reçoit à chaque pas le fruit du sacrifice de l’Aśvamedha, sans aucun doute (ainsi le proclame le texte).

Verse 54

व्यालग्राही यथा व्यालं बलादुद्धरते बिलात् । एवमुत्क्रम्य दूतेभ्यः पतिं स्वर्गं व्रजेत्सती

De même qu’un charmeur de serpents arrache de force le reptile de son trou, ainsi la satī, l’épouse vouée (pativratā), s’élevant au-delà des messagers de Yama, entraîne son époux et gagne le ciel.

Verse 55

यमदूताः पलायंते तामालोक्य पतिव्रताम् । तपनस्तप्यते नूनं दहनोपि च दह्यते

À la vue de cette pativratā, les messagers de Yama prennent la fuite ; assurément le Soleil en est brûlé, et même le Feu se consume sous l’éclat de sa chasteté.

Verse 56

कंपंते सर्वतेजांसि दृष्ट्वा पातिव्रतं महः । यावत्स्वलोमसंख्यास्ति तावत्कोट्ययुतानि च

Toutes les puissances lumineuses tremblent en voyant la grande splendeur issue de la fidélité d’épouse ; et autant qu’il y a de poils sur le corps, ainsi s’amassent des crores et des dizaines de milliers de mérites.

Verse 57

भर्त्रा स्वर्गसुखं भुंक्ते रममाणा पतिव्रता । धन्या सा जननी लोके धन्योऽसौ जनकः पुनः

La pativratā, se réjouissant, goûte avec son époux les félicités du ciel ; bienheureuse en ce monde est sa mère, et bienheureux aussi est son père.

Verse 58

धन्यः स च पतिः श्रीमान्येषां गेहे पतिव्रता । पितृवंश्या मातृवंश्याः पतिवंश्यास्त्रयस्त्रयः । पतिव्रतायाः पुण्येन स्वर्गसौख्यानि भुंजते

Béni et comblé de fortune est l’époux dans la maison duquel demeure une pativratā. Trois et trois générations de la lignée paternelle, maternelle et de l’époux, par le mérite de cette pativratā, goûtent aux joies du ciel.

Verse 59

शीलभंगेन दुर्वृत्ताः पातयंति कुलत्रयम् । पितुर्मातुस्तथा पत्युरिहारमुत्र च दुःखिताः

En brisant la bonne conduite, les dépravés font choir la triple lignée; et ils deviennent cause de peine pour le père, la mère et l’époux, en ce monde comme dans l’autre.

Verse 60

पतिव्रतायाश्चरणो यत्रयत्र स्पृशेद्भुवम् । सा तीर्थभूमिर्म्मान्येति नात्र भारोऽस्ति पावनः

Partout où le pied d’une pativratā effleure la terre, ce lieu même est honoré comme terre de tīrtha; nul doute : sa vertu purificatrice est réelle et puissante.

Verse 61

बिभ्यत्पतिव्रतास्पर्शं कुरुते भानुमानपि । सोमो गन्धर्व एवापि स्वपावित्र्याय नान्यथा

Même le Soleil éclatant, saisi de respect, recherche le contact d’une pativratā; la Lune et le Gandharva aussi ne le font que pour leur propre purification, et pour nulle autre raison.

Verse 62

आपः पतिव्रतास्पर्शमभिलष्यंति सर्वदा । गायत्र्याघविनाशो नो पातिव्रत्येन साऽघनुत्

Les eaux désirent sans cesse le contact d’une pativratā. Même la puissance de Gāyatrī qui détruit le péché s’accomplit pour nous par sa pativratā : par cette dévotion elle dissipe la faute.

Verse 63

गृहेगृहे न किं नार्य्यो रूपलावण्यगर्विताः । परं विश्वेशभक्त्यैव लभ्यते स्त्री पति व्रता

Dans chaque maison se trouvent des femmes fières de leur beauté et de leur grâce; mais une épouse véritablement pativratā ne s’obtient que par la dévotion suprême envers Viśveśa, le Seigneur de l’Univers.

Verse 64

भार्या मूलं गृहस्थस्य भार्या मूलं सुखस्य च । भार्या धर्मफलायैव भार्या संतानवृद्धये

L’épouse est la racine même de la vie du maître de maison, et la racine du bonheur aussi. L’épouse est pour la maturation du dharma, et l’épouse est pour l’accroissement de la descendance.

Verse 65

परलोकस्त्वयं लोको जीयते भार्यया द्वयम् । देवपित्रतिथीनां च तृप्तिः स्याद्भार्यया गृहे । गृहस्थः स तु विज्ञेयो गृहे यस्य पतिव्रता

Par l’épouse, ce monde et l’autre sont tous deux soutenus. Dans la maison, par elle s’accomplit la satisfaction des devas, des ancêtres et des hôtes. En vérité, seul est reconnu comme véritable maître de maison celui dont le foyer abrite une épouse pativratā.

Verse 66

यथा गंगावगाहेन शरीरं पावनं भवेत् । तथा पतिव्रतां दृष्ट्वा सदनं पावनं भवेत्

De même que l’immersion dans la Gaṅgā purifie le corps, de même, à la seule vue d’une pativratā, une demeure devient purifiée.

Verse 67

पर्यंकशायिनी नारी विधवा पातयेत्पतिम् । तस्माद्भूशयनं कार्य्यं पतिसौख्यसमीहया

La femme qui dort sur un lit surélevé peut faire tomber son époux dans le malheur et devenir veuve ; c’est pourquoi, désirant le bien de son mari, elle doit dormir à même le sol.

Verse 68

नैवांगोद्वर्त्तनं कार्य्यं स्त्रिया विधवया क्वचित् । गन्धद्रव्यस्य संभोगो नैव कार्य्यस्तया क्वचित्

Une femme veuve ne doit jamais, à aucun moment, oindre ni masser ses membres ; et elle ne doit jamais non plus s’adonner aux parfums et aux substances odorantes.

Verse 69

तर्प्पणं प्रत्यहं कार्यं भर्तुः कुशतिलोदकैः । तत्पितुस्तत्पितुश्चापि नामगोत्रादिपूर्वकम्

Chaque jour, on doit accomplir le tarpaṇa, l’offrande d’eau, pour l’époux avec de l’eau mêlée d’herbe kuśa et de sésame ; et de même pour son père et son grand-père, en le précédant de la mention correcte de leurs noms, gotra et autres indications rituelles.

Verse 70

विष्णोः संपूजनं कार्यं पतिबुद्ध्या न चान्यथा । पतिमेव सदा ध्यायेद्विष्णुरूपधरं हरिम्

On doit vénérer Viṣṇu avec la pensée qu’Il est le Seigneur (pati), et non autrement. Qu’on médite sans cesse sur l’époux comme Hari, Celui qui revêt la forme de Viṣṇu.

Verse 71

यद्यदिष्टतमं लोके यद्यत्पत्युः समीहितम् । तत्तद्गुणवते देयं पतिप्रीणनकाम्यया

Ce qui est le plus cher au monde, et ce que l’époux désire : ces mêmes choses doivent être offertes en dāna aux personnes méritantes, avec l’intention de réjouir l’époux.

Verse 72

वैशाखे कार्त्तिके मासे विशेषनियमांश्चरेत् । स्नानं दानं तीर्थयात्रां पुराणश्रवणं मुहुः

Aux mois de Vaiśākha et de Kārttika, qu’on observe des règles particulières : bains sacrés répétés, dāna, pèlerinages aux tīrtha, et écoute fréquente des Purāṇa.

Verse 73

वैशाखे जलकुम्भाश्च कार्त्तिके घृतदीपिकाः । माघे धान्यतिलोत्सर्गः स्वर्गलोके विशिष्यते

En Vaiśākha, le don de jarres d’eau ; en Kārttika, l’offrande de lampes au ghee ; et en Māgha, le don de grains et de sésame : tout cela est particulièrement sublime et confère un mérite éminent dans le monde céleste.

Verse 74

प्रपा कार्या च वैशाखे देवे देया गलंतिका । उशीरं व्यजनं छत्रं सूक्ष्मवासांसि चंदनम्

Au mois de Vaiśākha, qu’on établisse une prapā, abri public d’eau, et qu’on offre une galaṃtikā, filtre à eau, pour le service du Divin. Qu’on donne aussi l’uśīra parfumé, des éventails, des ombrelles, des vêtements délicats et du bois de santal.

Verse 75

सकर्पूरं च तांबूलं पुष्पदानं तथैव च । जलपात्राण्यनेकानि तथा पुष्पगृहाणि च

Qu’on offre aussi le tāmbūla, le bétel avec camphre (karpūra), et qu’on fasse pareillement don de fleurs. Qu’on donne de nombreux récipients d’eau, ainsi que des pavillons ou supports pour les offrandes de fleurs.

Verse 76

पानानि च विचित्राणि द्राक्षारंभाफलानि च । देयानि द्विजमुख्येभ्यः पतिर्मे प्रीयतामिति

Qu’on donne aux brāhmaṇas éminents diverses boissons rafraîchissantes, avec des raisins, des bananes et des fruits, en disant : «Que mon époux soit satisfait».

Verse 77

ऊर्ज्जे यवान्नमश्नीयादेकान्नमथवा पुनः । वृन्ताकं सूरणं चैव शूकशिंबीं च वर्जयेत्

En Ūrja (la saison/le mois de Kārttika), qu’on mange une nourriture d’orge, ou bien qu’on ne prenne qu’un seul repas par jour. Qu’on évite l’aubergine, le sūraṇa (igname « pied d’éléphant ») et les légumineuses en gousse.

Verse 78

कार्त्तिके वर्जयेत्तैलं कांस्यं चापि विवर्जयेत् । कार्त्तिके मौननियमे चारुघण्टां प्रदापयेत्

En Kārttika, qu’on évite l’huile et qu’on s’abstienne aussi du kāṃsya, métal de cloche ou bronze. Durant l’observance du silence (mauna-niyama) en Kārttika, qu’on fasse don d’une belle cloche.

Verse 79

पत्रभोजी कांस्यपात्रं घृतपूर्णं प्रयच्छति । भूमिशय्याव्रते देया शय्या श्लक्ष्णा सतूलिका

Celui qui se nourrit sur des feuilles doit offrir un vase de bronze rempli de ghee. Et pour le vœu de dormir à même le sol, qu’il donne un lit lisse muni d’un matelas : tel est le don convenable à cette observance.

Verse 80

फलत्यागे फलं देयं रसत्यागे च तद्रसः । धान्यत्यागे च तद्धान्यमथवा शालयः स्मृताः । धेनुं दद्यात्प्रयत्ने न सालंकारा सकांचनाम्

En renonçant aux fruits, qu’on donne des fruits ; en renonçant aux sucs, qu’on donne les sucs correspondants. En renonçant aux grains, qu’on donne ces grains, ou bien—selon la tradition—un grenier de céréales. Et avec un soin particulier, qu’on offre aussi une vache, parée et accompagnée d’or, offrande de grand mérite.

Verse 82

इत्यादिविधवानां च नियमाः संप्रकीर्तिताः । तेषां फलमिदं राजन्नान्येषां च कदाचन

Ainsi ont été pleinement énoncées les règles de ces vœux et d’autres semblables. Tel est le fruit de ces observances, ô Roi, et jamais celui d’autres (qui ne les suivent pas).

Verse 83

धर्मवापीं समासाद्य दानं दद्याद्विचक्षणः । कोटिधा वर्द्धते नित्यं ब्रह्मणो वचनं यथा

S’étant approché de la Dharmavāpī, le puits sacré du Dharma, le sage doit faire l’aumône. Ce don croît sans cesse d’un crore de fois, selon la parole de Brahmā.

Verse 85

धर्मक्षेत्रे तु संप्राप्य श्राद्धं कुर्यादतंद्रितः । तस्य संवत्सरं यावत्तृप्ताः स्युः पितरो धुवम्

Parvenu au Dharmakṣetra, le champ sacré du Dharma, qu’on accomplisse le Śrāddha sans relâche. Par cet acte, les Pitṛs, les ancêtres, sont assurément rassasiés durant une année entière.

Verse 86

ये चान्ये पूर्वजाः स्वर्गे ये चान्ये नरकौकसः । ये च तिर्यक्त्वमापन्ना ये च भूतादिसंस्थिताः

Et aussi ces autres ancêtres qui sont au ciel, et ceux qui demeurent en enfer ; ceux qui sont tombés dans une naissance animale, et ceux qui résident parmi des êtres tels que les esprits et autres—

Verse 87

तान्सर्वान्धर्मकूपे वै श्राद्धं कुर्याद्यथाविधि । अत्र प्रकिरणं यत्तु मनुष्यैः क्रियते भुवि । तेन ते तृप्तिमायांति ये पिशाचत्वमागताः

Pour eux tous, assurément, on doit accomplir le Śrāddha au Dharmakūpa selon la règle. Quel que soit l’éparpillement des offrandes que les hommes font ici sur la terre—par cela, ceux qui sont devenus des piśācas (esprits errants) obtiennent la satiété.

Verse 88

येषां तु स्नानवस्त्रोत्थं भूमौ पतति पुत्रक । तेन ये तरुतां प्राप्तास्तेषां तृप्तिः प्रजायते

Mais, cher fils, pour ceux dont les gouttes du vêtement de bain tombent sur le sol—par cela, les ancêtres parvenus à l’état d’arbres obtiennent la satiété.

Verse 89

या वै यवानां कणिकाः पतंति धरणीतले । ताभिराप्यायनं तेषां ये तु देवत्वमागताः

Et quels que soient les grains d’orge (yava) qui tombent sur la terre—par eux viennent nourriture et vigueur pour les ancêtres parvenus à l’état des dieux.

Verse 90

उद्धृतेष्यथ पिंडेषु यावान्नकणिका भुवि । ताभिराप्यायनं तेषां ये च पातालमागताः

Et lorsque l’on relève les piṇḍas (boules de riz), toute infime parcelle de nourriture qui demeure sur la terre—par elle vient la nourriture pour ceux (les ancêtres) qui sont allés à Pātāla, les régions d’en bas.

Verse 91

ये वा वर्णाश्रमाचारक्रियालोपा ह्यसंस्कृताः । विपन्नास्ते भवंत्यत्र संमार्जनजलाशिनः

Ceux qui délaissent les devoirs et les rites prescrits du varṇa et de l’āśrama, demeurant sans être affinés par les saṃskāras convenables—lorsqu’ils déchoient de leur voie, ils deviennent ici des êtres qui se nourrissent de l’eau employée au nettoyage et au balayage.

Verse 92

भुक्त्वा वाचमनं यच्च जलं पतति भूतले । ब्राह्मणानां तथैवान्ये तेन तृप्तिं प्रयांति वै

Après le repas, l’eau de l’ācamana qui tombe sur le sol—par elle, les Brāhmaṇas et les autres aussi obtiennent véritablement la satisfaction dans le monde invisible.

Verse 93

एवं यो यजमानश्च यच्च तेषां द्विजन्मनाम् । क्वचिज्जलान्नविक्षेपः शुचिरस्पृष्ट एव च

Ainsi, pour le yajamāna et pour les dvijas qui prennent part au rite, qu’il n’y ait nulle part de dispersion négligente d’eau ou de nourriture ; que l’on demeure pur, sans contact avec la souillure.

Verse 94

ये चान्ये नरके जातास्तत्र योन्यंतरं गताः । प्रयांत्याप्यायनं वत्स सम्यक्छ्राद्धक्रियावताम्

Et ces autres qui naquirent en enfer et y passèrent dans d’autres matrices—par le śrāddha accompli comme il se doit par ceux qui observent leur devoir, ils obtiennent nourriture et soulagement, ô cher enfant.

Verse 95

अन्यायोपार्जितैर्द्रव्यैः श्राद्धं यत्क्रियते नरैः । तृप्यंति तेन चण्डालपुल्कसादिषु योनिषु

Si des hommes accomplissent le śrāddha avec des biens acquis injustement, alors, par cette offrande, se trouvent rassasiés les êtres nés dans des matrices telles que celles des Caṇḍālas, des Pulkaśas et autres semblables.

Verse 96

एवमाप्यायिता वत्स तेन चानेक । बांधवाः श्राद्धं कर्तुमशक्तिश्चेच्छाकैरपि हि जायते

Ainsi, ô cher enfant, beaucoup de parents en sont nourris ; et certes, même si l’on ne peut accomplir pleinement le śrāddha, l’intention dévote de l’accomplir peut naître et porte son fruit.

Verse 97

तस्माच्छ्राद्धं नरो भक्त्या शाकैरपि यथाविधि । कुरुते कुर्वतः श्राद्धं कुलं क्वचिन्न सीदति

C’est pourquoi l’homme doit accomplir le śrāddha avec bhakti, fût-ce avec de simples légumes, selon la règle; car pour celui qui accomplit le śrāddha, la lignée ne sombre jamais dans la ruine.

Verse 98

पापं यदि कृतं सर्वं पापं च वर्द्धते ध्रुवम् । कुर्वाणो नरके घोरे पच्यते नात्र संशयः

Si l’on commet le péché, le péché croît assurément; et en y persistant, l’homme est comme cuit dans un enfer effroyable — là-dessus, nul doute.

Verse 99

यथा पुण्यं तथा पापं कृतं कर्म शुभाशुभम् । तत्सर्वं वर्द्धते नूनं धर्मारण्ये नृपोत्तम

Comme le mérite, ainsi le péché : toute action accomplie, heureuse ou funeste, tout cela croît à coup sûr dans Dharmāraṇya, ô meilleur des rois.

Verse 100

कामिकं कामदं देवं योगिनां मुक्तिदायकम् । सिद्धानां सिद्धिदं प्रोक्तं धर्मारण्यं तु सर्वदा

Dharmāraṇya est toujours proclamé ainsi : pour ceux qui portent des désirs mondains, une puissance divine qui exauce; pour les yogins, un donateur de mokṣa; et pour les siddhas, un dispensateur de siddhi.