Adhyaya 26
Brahma KhandaDharmaranya MahatmyaAdhyaya 26

Adhyaya 26

Vyāsa expose une « économie sacrée » des actes méritoires centrée sur un tīrtha lié à Viṣṇu, en rapport avec Dvāravatī. Le chapitre s’ouvre en déclarant que Mārkaṇḍeya a « ouvert la porte du ciel » ; et que ceux qui quittent leur corps avec l’intention d’atteindre Viṣṇu parviennent à sa proximité, obtenant le sāyujya. Le discours énumère ensuite des formes de maîtrise de soi, surtout le jeûne (anāśana/upavāsa), présenté comme un tapas d’une puissance exceptionnelle. Le bain au tīrtha, l’adoration de Keśava, et l’accomplissement du śrāddha avec piṇḍa et libations d’eau sont décrits comme des rites qui comblent les ancêtres pour une durée prolongée, à l’échelle cosmique. Le texte affirme que ce tīrtha efface le péché parce que Hari « y est présent », et le présente comme dispensateur complet des buts : délivrance pour le chercheur de mokṣa, richesse pour qui aspire à la prospérité, et longévité et bonheur pour les dévots. Enfin, il proclame impérissables (akṣaya) les dons offerts là avec foi et met sur un pied d’égalité le fruit des grands sacrifices, des aumônes et des austérités avec celui obtenu par le simple bain en ce lieu—even pour des pratiquants socialement modestes mais fervents—soulignant ainsi l’accessibilité et l’efficacité fondée sur la présence divine.

Shlokas

Verse 1

व्यास उवाच । मार्कंडेयोद्धाटितं वै स्वर्गद्वारमपावृतम् । तत्र ये देहसंत्यागं कुर्वंति फलकांक्षया

Vyāsa dit : En vérité, la porte du ciel—ouverte par Mārkaṇḍeya—demeure béante, sans entrave. Ceux qui, là, renoncent au corps dans l’attente du fruit promis—

Verse 2

लभंते तत्फलं ह्यंते विष्णोः सायुज्यमाप्नुयुः । अतः किं बहुनोक्तेन द्वारवत्यां सदा नरैः

À la fin de la vie, ils obtiennent ce fruit, atteignant vraiment le sāyujya, l’union avec Viṣṇu. Dès lors, que dire de plus ? À Dvārāvatī, toujours, par les hommes—(cela est à rechercher).

Verse 3

देहत्यागः प्रकर्तव्यो विष्णोर्लोकजिगीषया । अनाशके जले वाग्नौ ये च संति नरोत्तमाः । सर्वपापविनिर्मुक्ता यांति विष्णोः पुरीं सदा

Le renoncement au corps doit être accompli dans le dessein d’atteindre le monde de Viṣṇu. Les meilleurs des hommes qui s’y trouvent—dans des eaux inépuisables ou dans le feu—délivrés de tout péché, vont toujours vers la cité de Viṣṇu.

Verse 4

अन्योपि व्याधिरहितो गच्छेदनशनं तु यः । सर्वपाप विनिर्मुक्तो याति विष्णोः पुरीं नरः

Même un autre homme, exempt de maladie, qui s’en va observer le jeûne, est délivré de tous les péchés et parvient à la cité de Viṣṇu.

Verse 5

शतवर्षसहस्राणां वसेदंते दिवि द्विजः । ब्राह्मणेभ्यः परं नास्ति पवित्रं पावनं भुवि

Un dvija peut demeurer au ciel durant des dizaines de milliers de siècles; pourtant, sur la terre, rien n’est plus purifiant et sanctifiant que les Brāhmaṇas.

Verse 6

उपवासै स्तथा तुल्यं तपः कर्म्म न विद्यते । नास्ति वेदात्परं शास्त्रं नास्ति मातृसमो गुरु

Nulle austérité n’égale le jeûne; nul śāstra n’est plus élevé que le Veda; et nul maître n’est comparable à sa mère.

Verse 7

न धर्मात्परमस्तीह तपो नानशनात्परम् । स्नात्वा यः कुरुते ऽत्रापि श्राद्धं पिंडोदकक्रियाम्

Ici, rien n’est plus élevé que le dharma, et nulle austérité n’est supérieure au jeûne. Et quiconque s’y baigne et accomplit le Śrāddha—offrande de piṇḍa et rites d’eau—obtient un grand mérite.

Verse 8

तृप्यंति पितरस्तस्य यावद्ब्रह्मदिवानिशम् । तत्र तीर्थे नरः स्नात्वा केशवं यस्तु पूजयेत्

Ses ancêtres sont comblés aussi longtemps que dure un « jour et une nuit de Brahmā ». Et l’homme qui se baigne à ce tīrtha et y vénère Keśava obtient ce bienfait durable.

Verse 9

स मुक्तपातकैः सर्वेर्विष्णुलोकमवाप्नुयात् । तीर्थानामुत्तमं तीर्थं यत्र संनिहितो हरिः

Délivré de toutes les fautes, il parvient au monde de Viṣṇu. C’est le tīrtha suprême parmi les tīrthas, là où Hari lui-même demeure présent.

Verse 10

हरते सकलं पापं तस्मिंस्तीर्थे स्थितस्य सः । मुक्तिदं मोक्षकामानां धनदं च धनार्थिनाम् । आयुर्दं सुखद चैव सर्वकामफलप्रदम्

À celui qui demeure en ce tīrtha, Il enlève tout péché. Il donne la mokṣa à ceux qui aspirent à la délivrance, la richesse à ceux qui la désirent, ainsi que longue vie et bonheur, accordant le fruit de tout vœu juste.

Verse 11

किमन्येनात्र तीर्थेन यत्र देवो जनार्द्दनः । स्वयं वसति नित्यं हि सर्वेषामनुकम्पया

Quel besoin y a-t-il ici d’un autre tīrtha, lorsque le dieu Janārdana lui-même demeure ici à jamais, par compassion pour tous ?

Verse 12

तत्र यद्दीयते किचिद्दानं श्रद्धासमन्वितम् । अक्षयं तद्भवेत्सर्वमिह लोके परत्र च

Toute aumône donnée là avec foi devient impérissable : elle porte des fruits infaillibles en ce monde et dans l’au-delà.

Verse 13

यज्ञैर्दानैस्तपो भिश्च यत्फलं प्राप्यते बुधैः । तदत्र स्नानमात्रेण शूद्रैरपि सुसेवकैः

Le fruit que les sages obtiennent par les yajñas, les dons et les austérités, ici on l’acquiert par le seul bain, même les Śūdras qui servent avec ferveur peuvent le recevoir.

Verse 14

तत्र श्राद्धं च यः कुर्यादेकादश्यामुपोषितः । स पितॄनुद्धरे त्सर्वान्नरकेभ्यो न संशयः

Quiconque, après avoir jeûné à l’Ekādaśī, accomplit le Śrāddha en ce lieu sacré, délivre assurément tous ses ancêtres des royaumes infernaux ; il n’y a là aucun doute.

Verse 15

अक्षय्यां तृप्तिमाप्नोति परमात्मा जनार्द्दनः । दीयतेऽत्र यदुद्दिश्य तदक्षय्यमुदाहृतम्

Ici, le Soi suprême—Janārdana—obtient une satisfaction inépuisable. Ainsi, tout don fait ici avec une intention sacrée est proclamé « akṣayya » (qui ne diminue pas).