Adhyaya 76
Purva BhagaThird QuarterAdhyaya 76117 Verses

Mantra-Māhātmya and Sādhana of Kārtavīryārjuna (Nyāsa, Yantra, Homa, and Dīpa-Vrata)

Nārada constate que les rois s’élèvent et disparaissent selon le karma, et demande pourquoi Kārtavīryārjuna est servi d’une manière unique par le monde. Sanatkumāra explique qu’il est une incarnation du Sudarśana-cakra, qu’il adora Dattātreya et obtint le tejas suprême ; le simple souvenir de son nom donne victoire et restitution des pertes. Il dévoile ensuite des procédures tantriques jadis cachées : nyāsa/kavaca avec placements sur le corps, diagnostic du mantra et viniyoga (ṛṣi Dattātreya, mètre Anuṣṭubh, devatā Kārtavīryārjuna, bīja/śakti Dhruva), avec cartographie corporelle et iconographie de méditation. Viennent les exigences de la sādhana : nombres de japa, fractions de homa et offrandes, éléments de diagramme hexagramme/triangle, culte des huit śaktis, et plan complet du yantra, avec bienfaits du kumbha-abhiṣeka et usage protecteur pour les villages. Sont ensuite donnés les matériaux de homa selon les buts (uccāṭana, vaśya, śānti, stambhana, prospérité, anti-vol) et les règles du nombre d’oblations. Le chapitre recense familles de mantras et mètres, avec précautions sur la formulation Gāyatrī et avertissements sur la récitation nocturne. Il culmine en un vaste dīpa-vrata : mois/tithi/nakṣatra/yoga favorables, mesures du récipient de la lampe, nombre de mèches, installation, saṅkalpa-mantra, présages, restrictions de conduite, autorisation du guru, et achèvement par le repas offert aux brāhmaṇas et la dakṣiṇā, puis le colophon.

Shlokas

Verse 1

नारद उवाच । कार्तवीर्यतप्रभृतयो नृपा बहुविधा भुवि । जायंतेऽथ प्रलीयंते स्वस्वकर्मानुसारतः ॥ १ ॥

Nārada dit : Sur la terre naissent puis disparaissent bien des sortes de rois—à commencer par Kartavīrya et d’autres—chacun selon son propre karma.

Verse 2

तत्कथं राजवर्योऽसौ लोकेसेव्यत्वमागतः । समुल्लंघ्य नृपानन्यानेतन्मे नुद संशयम् ॥ २ ॥

Comment donc ce roi éminent est-il devenu digne d’être servi par le monde—dépassant tous les autres souverains ? Dissipe mon doute.

Verse 3

सनत्कुमार उवाच । श्रृणु नारद वक्ष्यामि संदेहविनिवृत्तये । यथा सेव्यत्वमापन्नः कार्तवीर्यार्जुनो भुवि ॥ ३ ॥

Sanatkumāra dit : Écoute, ô Nārada ; afin de dissiper ton doute, je vais t’expliquer comment Kārtavīrya Arjuna en vint à être vénéré et servi sur la terre.

Verse 4

यः सुदर्शनचक्रस्यावतारः पृथिवीतले । दत्तात्रेयं समाराध्य लब्धवांस्तेज उत्तमम् ॥ ४ ॥

Lui, incarnation du Sudarśana Cakra sur la terre, ayant dûment adoré Dattātreya, obtint le tejas suprême, la plus haute splendeur spirituelle.

Verse 5

तस्य क्षितीश्वरेंद्रस्य स्मरणादेव नारद । शत्रूञ्जयति संग्रामे नष्टं प्राप्नोति सत्वरम् ॥ ५ ॥

Ô Nārada, par le seul souvenir de ce souverain, seigneur de la terre, on triomphe des ennemis au combat et l’on recouvre promptement ce qui fut perdu.

Verse 6

तेनास्य मंत्रपूजादि सर्वतंत्रेषु गोपितम् । तुभ्यं प्रकाशयिष्येऽहं सर्वसिद्धिप्रदायकम् ॥ ६ ॥

C’est pourquoi les procédés de récitation des mantras, de culte et de rites connexes ont été tenus cachés dans tous les Tantras ; mais à toi je les révélerai, car ils accordent toute siddhi, tout accomplissement.

Verse 7

वह्नितारयुता रौद्री लक्ष्मीरग्नींदुशांतियुक् । वेधाधरेन्दुशांत्याढ्यो निद्रयाशाग्नि बिंदुयुक् ॥ ७ ॥

Raudrī est jointe au Feu et à Tārā ; Lakṣmī est dotée de l’influence apaisante du Feu et de la Lune. Vedhā est enrichie de l’influence apaisante de la Lune qui soutient ; et Nidrā est jointe à Āśā, au Feu et au Bindu (point nasal).

Verse 8

पाशो मायांकुशं पद्मावर्मास्त्रे कार्तवीपदम् । रेफोवा द्यासनोऽनन्तो वह्निजौ कर्णसंस्थितौ ॥ ८ ॥

Dans cet agencement de nyāsa/kavaca, qu’on place le pāśa (lacet) et le māyā-aṅkuśa (aiguillon de la Māyā), le padma (lotus), le varma (armure) et l’astra (arme-mantra), ainsi que le mot «kārtavī» ; la lettre «ra» (repha) ou la syllabe «vā», «dyāsana», «ananta», et les deux syllabes d’Agni doivent être établies aux deux oreilles.

Verse 9

मेषः सदीर्घः पवनो मनुरुक्तो हृदंतिमः । ऊनर्विशतिवर्णोऽयं तारादिर्नखवर्णकः ॥ ९ ॥

«Meṣa» (Bélier) est décrit comme «à mesure longue» ; il est «pavana» (semblable au vent) et dit «prononcé par Manu», se terminant par «hṛd». Cette série compte moins de vingt lettres/syllabes ; elle commence par «tārā» et se caractérise par les lettres «nakha» (classe des marques finales).

Verse 10

दत्तात्रेयो मुनिश्चास्यच्छन्दोऽनुष्टुबुदाहृतम् । कार्तवीर्यार्जुनो देवो बीजशक्तिर्ध्रुवश्च हृत् ॥ १० ॥

Pour ce mantra/vidyā, le ṛṣi est le sage Dattātreya, et le mètre est déclaré Anuṣṭubh. La divinité présidante est Kārtavīryārjuna ; la semence (bīja) et la puissance (śakti) sont Dhruva ; et le hṛt (cœur) est le siège du nyāsa et de la méditation.

Verse 11

शेषाढ्यबीजयुग्मेन हृदयं विन्यसेदधः । शांतियुक्तचतुर्थेन कामाद्येन शिरोंऽगकम् ॥ ११ ॥

Avec la paire de syllabes-semences (bīja) investies de la puissance de Śeṣa, qu’on les place en bas comme hṛdaya-nyāsa (nyāsa du cœur). Et avec la quatrième syllabe-semence jointe à « śānti », de la série commençant par « kāma… », qu’on la place sur la tête comme aṅga-nyāsa.

Verse 12

इन्द्वाढ्यं वामकर्णाद्यमाययोर्वीशयुक्तया । शिखामंकुशपद्माभ्यां सवाग्भ्यां वर्म विन्यसेत् ॥ १२ ॥

Qu’on dispose le varma/kavaca (armure protectrice) en plaçant les syllabes à partir de l’oreille gauche—imprégnées de l’élément indu (lunaire)—et, avec les syllabes de Māyā jointes au nombre vingt (vīśa), qu’on accomplisse le nyāsa sur la śikhā (touffe sommitale), l’aṅkuśa (aiguillon) et le padma (lotus), avec les syllabes de vāk (la Parole sacrée).

Verse 13

वर्मास्त्राभ्यामस्त्रमुक्तं शेषार्णैर्व्यापकं पुनः । हृदये जठरे नाभौ जठरे गुह्यदेशतः ॥ १३ ॥

Après avoir ainsi lancé l’« Astra » (mantra-arme) avec le « Varma » (mantra-armure), qu’on accomplisse de nouveau la pose protectrice, toute pénétrante, avec les syllabes restantes : au cœur, au ventre, au nombril, de nouveau au ventre, et dans la région secrète (au-dessous).

Verse 14

दक्षपादे वामपादे सक्थ्नि जानुनि जंघयोः । विन्यसेद्बीजदशकं प्रणवद्वयमध्यगम् ॥ १४ ॥

Sur le pied droit et le pied gauche, sur la cuisse, sur le genou et sur les tibias, qu’on pose (nyāsa) l’ensemble des dix syllabes-semences, placé entre deux récitations du praṇava (Oṁ).

Verse 15

ताराद्यानथ शेषार्णान्मस्तके च ललाटके । भ्रुवोः श्रुत्योस्तथैवाक्ष्णोर्नसि वक्त्रे गलेंऽसके ॥ १५ ॥

Ensuite, en commençant par la syllabe « tārā » puis avec les syllabes restantes, qu’on les pose sur la tête et le front ; de même sur les sourcils, les oreilles, les yeux, le nez, le visage, et sur la gorge ainsi que la région des épaules.

Verse 16

सर्वमन्त्रेण सर्वांगे कृत्वा व्यापकमादृतः । सर्वेष्टसिद्धये ध्यायेत्कार्तवीर्यं जनेश्वरम् ॥ १६ ॥

Après avoir, avec recueillement, fait pénétrer tout le corps par le « mantra universel », qu’on médite sur Kārtavīrya, seigneur parmi les hommes, afin d’obtenir l’accomplissement de tous les désirs.

Verse 17

उद्यद्रर्कसहस्राभं सर्वभूपतिवन्दितम् । दोर्भिः पञ्चाशता दक्षैर्बाणान्वामैर्धनूंषि च ॥ १७ ॥

Flamboyant comme mille soleils levant, vénéré par tous les rois, il portait cinquante bras habiles : des flèches dans les mains droites et des arcs dans les mains gauches.

Verse 18

दधतं स्वर्णमालाढ्यं रक्तवस्त्रसमावृतम् । चक्रावतारं श्रीविष्णोर्ध्यायेदर्जुनभूपतिम् ॥ १८ ॥

Qu’on médite sur le roi Arjuna comme l’incarnation de l’avatāra du Disque (Cakra) de Śrī Viṣṇu, paré d’une opulente guirlande d’or et revêtu de vêtements rouges.

Verse 19

लक्षमेकं जपेन्मन्त्रं दशांशं जुहुयात्तिलैः । सतण्डुलैः पायसेन विष्णुपीठे यजत्तुतम् ॥ १९ ॥

Qu’on récite le mantra cent mille fois; puis qu’on en offre le dixième en oblation au feu avec du sésame, avec des grains de riz et du riz au lait (pāyasa), et qu’on accomplisse dûment le culte au Viṣṇu‑pīṭha, le siège sacré de Viṣṇu.

Verse 20

षट्कोणेषु षडंगानि ततो दिक्षु विविक्षु च । चौरमदविभञ्जनं मारीमदविभंजनम् ॥ २० ॥

Dans les six triangles (de l’hexagramme), qu’on place les six auxiliaires; puis, dans les directions et les directions intermédiaires, qu’on inscrive les formules qui brisent l’orgueil des voleurs et celles qui brisent l’orgueil de Māri (peste/maladie).

Verse 21

अरिमदविभंजनं दैत्यमदविभंजनम् । दुष्टनाशं दुःखनाशं दुरितापद्विनाशकम् ॥ २१ ॥

Celui qui brise l’orgueil des ennemis et rompt l’arrogance des daitya; destructeur des méchants, dissipateur de la peine, et anéantisseur des malheurs et des calamités.

Verse 22

दिक्ष्वष्टशक्तयः पूज्याः प्राच्यादिष्वसितप्रभाः । क्षेमंकरी वश्यकरी श्रीकरी च यशस्करी ॥ २२ ॥

Dans les directions, qu’on vénère les huit Śakti—d’un éclat sombre à l’orient et dans les autres quartiers—à savoir : Kṣemaṅkarī (celle qui accorde le bien‑être), Vaśyakarī (celle qui soumet), Śrīkarī (celle qui donne la prospérité) et Yaśaskarī (celle qui donne la renommée).

Verse 23

आयुः करी तथा प्रज्ञाकरी विद्याकरी पुनः । धनकर्यष्टमी पश्चाल्लोकेशा अस्त्रसंयुताः ॥ २३ ॥

Elle confère une longue vie ; elle confère aussi l’intelligence, et de nouveau elle confère le savoir. Ensuite, l’observance de l’Aṣṭamī apporte la richesse ; et les Lokapālas, seigneurs des mondes, sont pourvus de leurs armes.

Verse 24

एवं संसाधितो मंत्रः प्रयोगार्हः प्रजायते । कार्तवीर्यार्जुनस्याथ पूजायंत्रमिहोच्यते ॥ २४ ॥

Ainsi, lorsque le mantra a été dûment accompli par une pratique disciplinée, il devient apte à être mis en œuvre. À présent est décrit ici le diagramme de culte (pūjā-yantra) de Kārtavīryārjuna.

Verse 25

स्वबीजानंगध्रुववाक्कर्णिकं दिग्दलं लिखेत् । तारादिवर्मांतदलं शेषवर्णदलांतरम् ॥ २५ ॥

Qu’on inscrive dans le cœur central (karṇikā) sa propre syllabe-semence (bīja), avec les aṅga-mantras, la formule fixe (dhruva) et le mantra de la Parole (vāk). Puis qu’on trace les pétales selon les directions. Sur les pétales, qu’on écrive la série de Tārā jusqu’à Varma ; et dans les intervalles, les syllabes restantes.

Verse 26

ऊष्मान्त्यस्वरकिंजल्कं शेषार्णैः परिवेष्टितम् । कोणालंकृतभूतार्णभूगृहं यन्त्रमीशितुः ॥ २६ ॥

Le yantra du Seigneur doit avoir en son centre le « pollen » formé des voyelles se terminant par les lettres ūṣman, et être entouré des syllabes restantes. Ses angles sont ornés des syllabes bhūta, et l’ensemble est placé dans un bhūgṛha, l’enclos carré de terre.

Verse 27

शुद्धभूमावष्टगन्धैर्लिखित्वा यन्त्रमादरात् । तत्र कुंभं प्रतिष्ठाप्य तत्रावाह्यार्चयेन्नृपम् ॥ २७ ॥

Sur un sol purifié, qu’on dessine avec soin le yantra au moyen des huit substances parfumées (aṣṭa-gandha). Puis, en y plaçant le kumbha (vase d’eau consacré), qu’on y invoque la divinité et qu’on L’adore selon les rites prescrits.

Verse 28

स्पृष्ट्वा कुंभं जपेन्मन्त्रं सहस्रं विजितेंद्रियः । अभिषिं चेत्तदंभोभिः प्रियं सर्वेष्टसिद्धये ॥ २८ ॥

Après avoir touché le kumbha (vase d’eau sacrée), le pratiquant maître de ses sens doit réciter le mantra mille fois; puis, avec cette même eau, il accomplira l’abhiṣeka (aspersion/bain rituel) pour la Divinité bien-aimée, afin d’obtenir l’accomplissement de tous les buts désirés.

Verse 29

पुत्रान्यशो रोगनाशमायुः स्वजनरंजनम् । वाक्सिद्धिं सुदृशः कुम्भाभिषिक्तो लभते नरः ॥ २९ ॥

L’homme qui reçoit le kumbha-abhiṣeka (consécration par le vase d’eau sanctifiée) obtient des fils, la renommée, la destruction des maladies, une longue vie, l’affection des siens, la vāk-siddhi (accomplissement de la parole) et une belle apparence.

Verse 30

शत्रूपद्रव आपन्ने ग्रामे वा पुटभेदने । संस्थापंयेदिदं यन्त्रं शत्रुभीतिनिवृत्तये ॥ ३० ॥

Quand un village est accablé par le harcèlement des ennemis — ou lorsque l’enceinte protectrice (puṭa) est rompue — il faut installer ce yantra afin d’écarter la crainte des ennemis.

Verse 31

सर्षपारिष्टलशुनकार्पासैर्मार्यते रिपुः । धत्तूरैः स्तभ्यते निम्बैर्द्वेष्यते वश्यतेंऽबुजैः ॥ ३१ ॥

Par la moutarde (sarsapa), l’ariṣṭa, l’ail et le coton, l’ennemi est frappé et abattu; par le dhattūra, il est immobilisé; par le neem, il est rendu haïssable; et par les lotus, il est amené sous contrôle.

Verse 32

उच्चाटने विभीतस्य समिद्भिः खदिरस्य च । कटुतैलमहिष्याज्यैर्होमद्रव्यांजनं स्मृतम् ॥ ३२ ॥

Pour le rite d’uccāṭana (chasser/dissiper), on prescrit les baguettes de bois d’allumage (samidh) de vibhītaka et aussi de khadira; avec de l’huile piquante et du ghee de bufflonne : tels sont les matériaux d’oblation pour le homa, selon la tradition.

Verse 33

यवैर्हुते श्रियः प्राप्तिस्तिलैराज्यैरघक्षयः । तिलतंडुलसिद्धार्थजालैर्वश्यो नृपो भवेत् ॥ ३३ ॥

Quand l’oblation est offerte avec l’orge, on obtient la prospérité de Śrī (Lakṣmī) ; avec le sésame et le ghee, les péchés sont consumés. Par un agencement rituel de sésame, de riz et de moutarde blanche (siddhārtha), même un roi peut être amené sous l’influence de l’officiant.

Verse 34

अपामार्गार्कदूर्वाणां होमो लक्ष्मीप्रदोऽघनुत् । स्त्रीवश्यकृत्प्रियंगूणां मुराणां भूतशांतिदः ॥ ३४ ॥

On dit que le homa accompli avec apāmārga, arka et dūrvā accorde la prospérité de Lakṣmī et détruit le péché. Le homa avec priyangu est réputé soumettre le cœur des femmes ; le homa avec murā est dit apaiser les bhūtas (esprits).

Verse 35

अश्वत्थोदुंबरप्लक्षवटबिल्वसमुद्भवाः । समिधो लभते हुत्वा पुत्रानायुर्द्धनं सुखम् ॥ ३५ ॥

En offrant dans le feu sacré, comme bois rituels (samidh), ceux provenant des arbres aśvattha, udumbara, plakṣa, vaṭa et bilva, on obtient des fils, une longue vie, la richesse et la joie.

Verse 36

निर्मोकहेमसिद्धार्थलवणैश्चौरनाशनम् । रोचनागोमयैस्तंभो भूप्राप्तिः शालिभिर्हुतैः ॥ ३६ ॥

Par un rite utilisant la peau de serpent laissée après la mue (nirmoka), l’or, la moutarde blanche (siddhārtha) et le sel, on détruit les voleurs (c’est-à-dire qu’on écarte le vol). Avec la rocanā (orpiment jaune) et la bouse de vache, on obtient l’effet de stambhana, l’immobilisation. En offrant des grains de riz dans le feu, on acquiert des terres.

Verse 37

होमसंख्या तु सर्वत्र सहस्रादयुतावधि । प्रकल्पनीया मन्त्रज्ञैः कार्य्यगौरवलाघवात् ॥ ३७ ॥

En toute circonstance, le nombre d’oblations du homa doit être fixé — de mille à dix mille — par ceux qui maîtrisent les mantras, selon que l’acte visé est lourd (majeur) ou léger (mineur).

Verse 38

कार्तवीर्य्यस्य मन्त्राणामुच्यते लक्षणं बुधाः । कार्तवीर्यार्जुनं ङेंतं सर्वमंत्रेषु योजयेत् ॥ ३८ ॥

Ô sages, voici énoncés les signes distinctifs des mantras de Kārtavīrya. Dans tous les mantras, qu’on insère la marque-bīja « ṅeṃtaṃ » avec le nom « Kārtavīryārjuna ».

Verse 39

स्वबीजाद्यो दशार्णोऽसौ अन्ये नवशिवाक्षराः । आद्यबीजद्वयेनासौ द्वितीयो मन्त्र ईरितः ॥ ३९ ॥

Ce mantra, commençant par sa propre syllabe-bīja, est une formule de dix syllabes (daśārṇa) ; les autres sont les neuf lettres de Śiva. Lorsqu’on le fait précéder des deux premiers bīja, il est proclamé comme le second mantra.

Verse 40

स्वकामाभ्यां तृतीयोऽसौ स्वभ्रूभ्यां तु चतुर्थकः । स्वपाशाभ्यां पञ्चमोऽसौ षष्टः स्वेन च मायया ॥ ४० ॥

Le troisième naît de Ses propres désirs ; le quatrième, de Ses propres sourcils. Le cinquième provient de Ses propres liens (pāśa), et le sixième, de Sa propre māyā.

Verse 41

स्वांकुशाभ्यां सप्तमः स्यात्स्वरमाभ्यामथाष्टमः । स्ववाग्भवाभ्यां नवमो वर्मास्त्राभ्यामथांतिमः ॥ ४१ ॥

Le septième (nyāsa) se fait avec la paire de mantras « svā » et « aṅkuśa » ; puis le huitième avec « svara » et « mā ». Le neuvième avec « vāg » et « bhava » ; et le dernier avec « varma » et « astra ».

Verse 42

द्वितीयादिनवांतेषु बीजयोः स्याद्व्यतिक्रमः । मंत्रे तु दशमे वर्णा नववर्मास्त्रमध्यगाः ॥ ४२ ॥

De la deuxième à la neuvième position, les deux bīja doivent être placés en permutation réciproque. Mais à la dixième position du mantra, les lettres sont disposées de sorte que les neuf enveloppes protectrices (nava-varman) se tiennent avec la syllabe « astra » au milieu.

Verse 43

एतेषु मंत्रवर्येषु स्वानुकूलं मनुं भजेत् । एषामाद्ये विराट्छदोऽन्येषु त्रिष्टुबुदाहृतम् ॥ ४३ ॥

Parmi ces mantras éminents, qu’on adopte celui qui est favorable et conforme à sa propre nature. Parmi eux, le premier est dit en mètre Virāṭ, tandis que les autres sont déclarés en mètre Triṣṭubh.

Verse 44

दश मंत्रा इमे प्रोक्ता यदा स्युः प्रणवादिकाः । तदादिमः शिवार्णः स्यादन्ये तु द्वादशाक्षराः ॥ ४४ ॥

Lorsque ces dix mantras sont enseignés comme commençant par le praṇava (Oṁ), alors le premier est la syllabe de Śiva ; les autres, en revanche, sont des mantras de douze syllabes.

Verse 45

त्रिष्टुपूछन्दस्तथाद्ये स्यादन्येषु जगती मता । एवं विंशतिमंत्राणां यजनं पूर्ववन्मतम ॥ ४५ ॥

Dans le premier mantra, le mètre doit être Triṣṭubh ; dans les autres, le mètre Jagatī est prescrit. Ainsi, l’offrande rituelle pour ces vingt mantras doit être accomplie comme il a été dit auparavant.

Verse 46

दीर्घाढ्यमूलबीजेन कुर्यादेषां षडंगकम् । तारो हृत्कार्तवीर्यार्जुनाय वर्मास्त्रठद्वयम् ॥ ४६ ॥

Avec la syllabe-graine racine « longue », qu’on accomplisse pour ceux-ci le ṣaḍaṅga, l’application auxiliaire en six membres. Puis, au moyen du tāra, le praṇava (Oṁ), qu’on établisse au cœur, pour Kārtavīrya Arjuna, l’ensemble pair : les mantras d’armure (varma) et d’arme (astra).

Verse 47

चतुर्दशार्णो मंत्रोऽयमस्येज्या पूर्ववन्मता । भूनेत्रसमनेत्राक्षिवर्णेरस्यांगपंचकम् ॥ ४७ ॥

Ceci est un mantra de quatorze syllabes ; son mode d’adoration est tenu pour identique à celui décrit auparavant. Ses cinq membres auxiliaires (aṅga) doivent être disposés selon les syllabes/lettres caractérisées comme « bhū », « netra », « sama », « netra » et « akṣi ».

Verse 48

तारो हृद्भगवान् ङेंतः कार्तवीर्यार्जुनस्तथा । वर्मास्त्राग्निप्रियामंत्रः प्रोक्तो ह्यष्टादशार्णकः ॥ ४८ ॥

« Tāra », « Hṛd-bhagavān », « Ṅeṃta » et « Kārtavīryārjuna » : ainsi est proclamé le mantra « Varmāstra–Agni-priyā », formé de dix-huit syllabes.

Verse 49

त्रिवेदसप्तयुग्माक्षिवर्णैः पंचांगकं मनोः । नमो भगवते श्रीति कार्तवीर्यार्जुनाय च ॥ ४९ ॥

Avec les syllabes indiquées par les trois Veda et par les sept paires d’« yeux » (certains groupes de lettres), qu’on compose le mantra à cinq membres (pañcāṅga) de Manu : « Namo Bhagavate Śrī », et qu’on l’applique aussi à Kārtavīryārjuna.

Verse 50

सर्वदुष्टांतकायेति तपोबलपराक्रमः । परिपालितसप्तांते द्वीपाय सर्वरापदम् ॥ ५० ॥

Puissant par la force de l’ascèse, il fut renommé comme « le destructeur de tous les méchants ». Ayant protégé le monde durant le cycle entier des sept âges, il devint le refuge de tout le dvīpa et de tous les êtres.

Verse 51

जन्यचूडा मणांते ये महाशक्तिमते ततः । सहस्रदहनप्रांते वर्मास्त्रांतो महामनुः ॥ ५१ ॥

Ensuite, pour celui qui est d’une grande puissance, il existe des formules commençant par « Janyacūḍā » et se terminant par « Maṇānta » ; et vers la fin de la section « Sahasradahana » se trouve le grand mantra qui s’achève par « Varmāstra ».

Verse 52

त्रिषष्टिवर्णवान्प्रोक्तः स्मरमात्सर्वविघ्नहृत् । राजन्यक्रवर्ती च वीरः शूरस्तृतीयकः ॥ ५२ ॥

On le décrit comme possédant soixante-trois unités syllabiques ; par le seul souvenir de lui, tous les obstacles sont ôtés. Il est aussi un cakravartin parmi l’ordre royal : un héros vaillant, le troisième dans la suite.

Verse 53

माहिष्मतीपतिः पश्चाञ्चतुर्थः समुदीरितः । रेवांबुपरितृप्तश्च काणो हस्तप्रबाधितः ॥ ५३ ॥

Ensuite, le seigneur de Māhiṣmatī est proclamé comme le quatrième. Il fut comblé par les eaux de la Revā (Narmadā) ; il n’avait qu’un œil, et sa main était entravée, comme infirme.

Verse 54

दशास्येति च षड्भिः स्यात्पदैर्ङेतैः षडंगकम् । सिंच्यमानं युवतिभिः क्रीडंतं नर्मदाजले ॥ ५४ ॥

L’expression commençant par « daśāsya- » doit être comprise comme une unité ṣaḍaṅga à six membres, formée de six mots connus. Elle dépeint (la divinité) se divertissant dans les eaux de la Narmadā, tandis que de jeunes femmes l’aspergent en jouant.

Verse 55

हस्तैर्जलौधं रुंधंतं ध्यायेन्मत्तं नृपोत्तमम् । एवं ध्यात्वायुतं मंत्रं पजेदन्यत्तु पूर्ववत् ॥ ५५ ॥

Qu’on médite sur le roi suprême, enivré d’ardeur divine, qui de ses mains retient l’élan d’un flot impétueux. Après avoir ainsi contemplé, qu’on récite le mantra dix mille fois ; le reste du rite s’accomplira comme il a été dit auparavant.

Verse 56

पूर्वं तु प्रजपेल्लक्षं पूजायोगश्च पूर्ववत् । कार्तवीर्यार्जुनो नाम राजा बाहुसहस्रवान् ॥ ५६ ॥

D’abord, qu’on accomplisse un lakh (cent mille) répétitions (japa), et que la méthode d’adoration soit comme il a été exposé auparavant. À ce propos, il y eut un roi nommé Kārtavīrya Arjuna, pourvu de mille bras.

Verse 57

तस्य संस्मरणादेव हृतं नष्टं च संवदेत् । लभ्यते मंत्रवर्योऽयं द्वात्रिंशद्वर्णसंयुतः ॥ ५७ ॥

Par le seul fait de s’en souvenir, ce qui a été volé ou perdu est révélé, c’est-à-dire indiqué. Ce mantra d’excellence est obtenu ; il est composé de trente-deux syllabes.

Verse 58

पादैः सर्वेण पंचांगं ध्यानपूजादि पूर्ववत् । कार्तवीर्याय शब्दांते विद्महे पदमुञ्चरेत् ॥ ५८ ॥

Avec tous les pāda du mantra, qu’on accomplisse l’observance en cinq parties—méditation, pūjā et le reste—comme il a été dit auparavant. À la fin de la formule pour Kārtavīrya, qu’on prononce « vidmahe », puis qu’on énonce le pāda suivant.

Verse 59

महावीर्याय वर्णांते धीमहीति पदं वदेत् । तन्नोऽर्जुनः प्रवर्णांते चोदयात्पदमीरयेत् ॥ ५९ ॥

À la fin de l’expression « mahāvīryāya », qu’on prononce « dhīmahi ». Puis, à la fin de « tan no ’rjunaḥ », qu’on récite « codayāt ».

Verse 60

गायत्र्येषार्जुन स्योक्ता प्रयोगादौ जपेत्तु ताम् । अनुष्टुभं मनुं रात्रौ जपतां चौरसंचयाः ॥ ६० ॥

Ô Arjuna, cette Gāyatrī a été proclamée ; qu’on la récite au commencement du rite. Mais ceux qui récitent la formule en mètre Anuṣṭubh durant la nuit voient s’accumuler un péché semblable à celui du vol.

Verse 61

पलायंते गृहाद्दूरं तर्पणाद्ध्रवनादपि । अथो दीपविधिं वक्ष्ये कार्तवीर्यप्रियंकरम् ॥ ६१ ॥

Ils s’enfuient loin de la demeure, repoussés même par les rites de tarpana et les offrandes. À présent donc, j’exposerai la règle de la lampe sacrée, agréable et bienfaisante pour Kārtavīrya.

Verse 62

वैशाखे श्रावणे मार्गे कार्तिकाश्विनपौषतः । माघफाल्गुनयोर्मासोर्दीपारंभं समाचरेत् ॥ ६२ ॥

Qu’on commence selon la règle le rite de l’offrande des lampes (dīpārambha) aux mois de Vaiśākha, Śrāvaṇa, Mārgaśīrṣa, Kārtika, Āśvina, Pauṣa, Māgha et Phālguna.

Verse 63

तिथौ रिक्ताविहीनायां वारे शनिकुजौ विना । हस्तोत्तराश्विरौद्रेयपुष्यवैष्णववायुभे ॥ ६३ ॥

Qu’on choisisse un tithi (jour lunaire) qui ne soit pas « Riktā » (vide, de mauvais augure). De même, qu’on choisisse un jour de la semaine en excluant le samedi et le mardi; et qu’on privilégie les nakṣatras: Hasta, Uttarāśvinī, Raudra, Puṣya, Vaiṣṇava et Vāyu-bha.

Verse 64

द्विदैवते च रोहिण्यां दीपारंभो हितावहः । चरमे च व्यतीपाते धृतौ वृद्धौ सुकर्मणि ॥ ६४ ॥

Commencer l’allumage (ou l’installation) de la lampe est salutaire lorsque dominent les astérismes Dvidaivata et Rohiṇī; c’est aussi de bon augure dans la phase finale de Vyatīpāta, et durant les yogas Dhṛti, Vṛddhi et Sukarman.

Verse 65

प्रीतौ हर्षं च सौभाग्ये शोभनायुष्मतोरपि । करणे विष्टिरहिते ग्रहणेऽर्द्धोदयादिषु ॥ ६५ ॥

Dans la prīti (l’affection), il y a harṣa (la joie). Pour la prospérité et la bonne fortune, les kāraṇas Saubhāgya, Śobhana et Āyuṣmān sont aussi recommandés. Pour entreprendre les rites, qu’on choisisse un kāraṇa exempt de Viṣṭi (Bhadrā); et qu’on observe de même les règles concernant les éclipses et les occasions particulières telles qu’Arddhodaya et autres semblables.

Verse 66

योगेषु रात्रौ पूर्वाह्णे दीपारंभः कृतः शुभः । कार्तिके शुक्लसप्तम्यां निशीथेऽतीव शोभनः ॥ ६६ ॥

Dans les yogas favorables, commencer l’offrande de la lampe la nuit ou dans la matinée (avant midi) est hautement propice. Au mois de Kārttika, la commencer à minuit, au tithi Śukla-saptamī (septième jour de la quinzaine claire), est particulièrement splendide et riche en mérite.

Verse 67

यदि तत्र रवेर्वारः श्रवणं भं च दुर्लभम् । अत्यावश्यककार्येषु मासादीनां न शोधनम् ॥ ६७ ॥

Si, en cette circonstance, le dimanche (Ravi-vāra) et le nakṣatra Śravaṇa sont difficiles à réunir, alors, pour les œuvres absolument nécessaires, il n’est pas besoin d’accomplir la vérification corrective (śodhana) du mois et des autres facteurs du calendrier.

Verse 68

आद्ये ह्युपोष्य नियतो ब्रह्मचारी सपीतकैः । प्रातः स्नात्वा शुद्धभूमौ लिप्तायां गोमयोदकैः ॥ ६८ ॥

Le premier jour, observant un jeûne réglé, le pratiquant—vivant en brahmacārī, dans la continence, et vêtu de jaune—doit se baigner à l’aube puis préparer un endroit de terre purifiée, enduit d’un mélange de bouse de vache et d’eau.

Verse 69

प्राणानायम्य संकल्प्य न्यासान्पूर्वोदितांश्चरेत् । षट्कोणं रचयेद्भूमौ रक्तचंदनतंडुलैः ॥ ६९ ॥

Après avoir réglé le souffle par le prāṇāyāma et posé le saṅkalpa (l’intention rituelle), qu’on accomplisse les nyāsa enseignés auparavant; puis, sur le sol, qu’on trace le ṣaṭkoṇa (figure à six angles) avec des grains de riz teints au santal rouge.

Verse 70

अतः स्मरं समालिख्य षट्कोणेषु समालिखेत् । नवार्णैर्वेष्टयेत्तञ्च त्रिकोणं तद्बहिः पुनः ॥ ७० ॥

Ensuite, qu’on dessine d’abord Smara (Kāma) et qu’on l’inscrive dans le ṣaṭkoṇa. Puis qu’on l’entoure du navārṇa-mantra aux neuf syllabes, et qu’on trace encore un triangle à l’extérieur.

Verse 71

एवं विलिखिते यन्त्रे निदध्याद्दीपभाजनम् । स्वर्णजं रजतोत्थं वा ताम्रजं तदभावतः ॥ ७१ ॥

Lorsque le yantra a été ainsi tracé, qu’on y dépose un récipient de lampe—en or, ou en argent; à défaut, en cuivre.

Verse 72

कांस्यपात्रं मृण्मयं च कनिष्ठं लोहजं मृतौ । शांतये मुद्गचूर्णोत्थं संधौ गोधूमचूर्णजम् ॥ ७२ ॥

Le récipient de bronze est le meilleur; celui d’argile est inférieur; et, en temps d’impureté liée à la mort, on prescrit un récipient de fer. Pour les rites de śānti (apaisement), qu’on emploie des préparations de farine de mung; et aux instants de saṃdhi (jonctions crépusculaires), sont prescrites celles de farine de blé.

Verse 73

आज्ये पलसहस्रे तु पात्रं शतपलं स्मृतम् । आज्येऽयुतपले पात्रं पलपंचशता स्मृतम् ॥ ७३ ॥

Pour une quantité de ghee (ājya) de mille palas, le récipient prescrit (pātra) est dit de cent palas. Pour une quantité de ghee de dix mille palas, le récipient prescrit est dit de cinq cents palas.

Verse 74

पंचसप्ततिसंख्ये तु पात्रं षष्टिपलं स्मृतम् । त्रिसाहस्री घृतपले शर्करापलभाजनम् ॥ ७४ ॥

Pour le nombre soixante-quinze, le récipient (pātra) est dit de soixante palas. Et pour le ghee de trois mille palas, le contenant est évalué selon des palas de sucre, c’est-à-dire qu’on prescrit le récipient étalon de mesure du sucre.

Verse 75

द्विसाहख्त्र्यां द्विशतमितं च भाजनमिष्यते । शतेऽक्षिचरसंश्यातमेवमन्यत्र कल्पयेत् ॥ ७५ ॥

Pour deux mille (unités), on prescrit un récipient de deux cents (unités). Pour cent (unités), on le compte comme « akṣi-cara » ; et de même, dans les autres cas, qu’on calcule ainsi.

Verse 76

नित्यदीपे वह्निपलं पात्रमाज्यं पलं स्मृतम् । एवं पात्रं प्रतिष्ठाप्य वर्तीः सूत्रोत्थिताः क्षिपेत् ॥ ७६ ॥

Pour la lampe perpétuelle (nitya-dīpa), le récipient doit être d’un pala, et le ghee est aussi prescrit à un pala. Ayant ainsi établi le récipient à sa juste place, qu’on y dépose les mèches (varti) faites de fil.

Verse 77

एका तिस्रोऽथवा पंचसप्ताद्या विषमा अपि । तिथिमानादासहस्रं तंतुसंख्या विनिर्मिता ॥ ७७ ॥

Qu’il s’agisse d’un, de trois, ou encore d’un nombre impair commençant par cinq ou sept—selon la mesure d’un tithi (jour lunaire), on fixe le compte des fils (tantu-saṅkhyā) à mille, et ainsi de suite.

Verse 78

गोघृतं प्रक्षिपेत्तत्र शुद्धवस्त्रविशोधितम् । सहस्रपलसंख्यादिदशांशं कार्यगौरवात् ॥ ७८ ॥

Là, qu’il ajoute du ghee de vache, purifié en le filtrant à travers un linge propre—à raison d’un dixième de la mesure, telle que mille palas et autres, selon la gravité et l’importance de l’acte rituel.

Verse 79

सुवर्णादिकृतां रम्यां शलाकां षोडशांगुलाम् । तदर्द्धां वा तदर्द्धां वा सूक्ष्माग्रां स्थूलमूलिकाम् ॥ ७९ ॥

Qu’on utilise une śalākā (sonde) agréable, faite d’or ou de matière semblable, longue de seize aṅgulas—ou bien la moitié (ou encore la moitié de cette moitié)—avec une pointe fine et acérée et une base plus épaisse.

Verse 80

विमुंचेद्दक्षिणे पात्रमध्ये चाग्रे कृताग्रिकाम् । पात्रदक्षिणदिग्देशे मुक्त्वां गुलचतुष्टयम् ॥ ८० ॥

Qu’on dépose l’offrande munie d’un petit toupet du côté sud—au milieu du récipient et aussi à son avant. Puis, après avoir placé l’ensemble des quatre portions sur le côté méridional du récipient, le rite se poursuit selon la règle.

Verse 81

अधोग्रां दक्षिणाधारां निखनेच्छुरिकां शुभाम् । दीपं प्रज्वालयेत्तत्र गणेशस्मृतिपूर्वकम् ॥ ८१ ॥

Qu’il enfouisse le couteau de bon augure, la pointe vers le bas et le manche tourné vers le sud ; puis, en ce lieu, après s’être d’abord souvenu de Gaṇeśa, qu’il allume une lampe.

Verse 82

दीपात्पूर्वत्र दिग्भागे सर्वतोभद्रमंडले । तंडुलाष्टदले वापि विधिवत्स्थापयेद्धूटम् ॥ ८२ ॥

À l’est de la lampe, dans le quartier oriental, au sein du maṇḍala sarvatobhadra—ou bien sur un motif à huit pétales formé de grains de riz—qu’on place dûment le dhūṭa selon la règle rituelle.

Verse 83

तत्रावाह्य नृपाधीशं पूजयेत्पूर्ववत्सुधीः । जलाक्षतान्समादाय दीपं संकल्पयेत्ततः ॥ ८३ ॥

Là, après avoir invoqué le Seigneur des rois, le sage doit L’adorer comme auparavant. Puis, prenant des grains de riz humectés d’eau (akṣata), qu’il établisse la résolution rituelle (saṅkalpa) pour la lampe.

Verse 84

दीपसंकल्पमंत्रोऽयं कथ्यते द्वीषुभूमितः । प्रणवः पाशमाये च शिखा कार्ताक्षराणि च ॥ ८४ ॥

On déclare que voici le mantra de saṅkalpa pour la lampe rituelle, exposé selon la disposition au sol dans les deux directions : il comprend le Praṇava (Oṁ), les syllabes « pāśa » et « māyā », ainsi que « śikhā » et les lettres « kārta ».

Verse 85

वीर्यार्जुनाय माहिष्मतीनाथाय सहस्र च । बाहवे इति वर्णांते सहस्रपदमुच्चरेत् ॥ ८५ ॥

Pour Vīryārjuna, seigneur de Māhiṣmatī, qu’on prononce aussi le mot « sahasra » (mille). Et à la fin des syllabes, qu’on récite la formule aux mille mots se terminant par « bāhave ».

Verse 86

क्रतुदीक्षितहस्ताय दत्तात्रेयप्रियाय च । आत्रेयायानुसूयांते गर्भरत्नाय तत्परम् ॥ ८६ ॥

À celui dont les mains sont consacrées aux rites sacrificiels, bien-aimé de Dattātreya ; à Ātreya — ô Anusūyā — et à ce joyau du sein (l’enfant non né), que ceci soit offert avec une bhakti entière.

Verse 87

नमो ग्रीवामकर्णेंदुस्थितौ पाश इमं ततः । दीपं गृहाण अमुकं रक्ष रक्ष पदं पुनः ॥ ८७ ॥

Hommage ! Ô Pāśa, le lacet demeurant au cou — dont l’oreille est ornée de la lune —, reçois ensuite cette lampe de la part d’un tel. Protège, protège encore ce lieu/ce pas.

Verse 88

दुष्टान्नाशययुग्मं स्यात्तथा पातय घातय । शत्रून् जहिद्वयं माया तारः स्वं बीजमात्मभूः ॥ ८८ ॥

La paire de mots «détruis les méchants» est de nature mantrique ; de même «fais-les tomber» et «abats-les». La formule double «tue les ennemis» est enseignée ; et «Māyā», «Tārā», «Sva» et «Ātmabhū» sont aussi des syllabes-semences (bīja-mantras).

Verse 89

वह्नीप्रिया अनेनाथ दीपवर्येण पश्चिमा । भिमुखेनामुकं रक्ष अमुकांते वरप्रद ॥ ८९ ॥

Ô Bien-aimée du Feu, par cette lampe excellente—tournée vers l’Occident—protège telle personne (amuka). Ô Dispensateur de grâces, accorde l’accomplissement à telle personne (amukā).

Verse 90

मायाकाशद्वयं वामनेत्रचंद्रयुतं शिवा । वेदादिकामचामुंडाः स्वाहा तु पूसबिंदुकौ ॥ ९० ॥

«Śivā» est jointe au double «māyā–ākāśa» et associée à la Lune dans l’œil gauche. Les puissances nommées «Veda», «Ādi», «Kāma» et «Cāmuṇḍā» doivent être contemplées selon leurs emplacements propres ; et «Svāhā» se place avec les deux bindus relevant de Pūṣan.

Verse 91

प्रणवोऽग्निप्रिया मंत्रो नेत्रबाणाधराक्षरः । दत्तात्रेयो मुनिर्मालामंत्रस्य परिकीर्तितः ॥ ९१ ॥

Pour le mālā-mantra (mantra-guirlande), le praṇava (Oṁ) est déclaré être le mantra ; Agni-priyā en est la śakti présidente ; les syllabes sont Netra, Bāṇa et Ādhara ; et le sage Dattātreya est proclamé comme son voyant (ṛṣi).

Verse 92

छन्दोऽमितं कार्तवीर्युर्जुनो देवोऽखिलाप्तिकृत् । चामुंडया षडंगानि चरेत्षड्दीर्घयुक्तया ॥ ९२ ॥

Les Chandas (mètres védiques) sont sans mesure ; Kartavīrya Arjuna est un être divin qui accomplit toutes les obtentions. Avec Cāmuṇḍā, on doit pratiquer le ṣaḍaṅga (les six membres), pourvu de six mesures longues et étendues.

Verse 93

ध्यात्वा देवं ततो मंत्रं पठित्वांते क्षिपेज्जजलम् । गोविंदाढ्यो हली सेंदुश्चामुंडाबीजमीरितम् ॥ ९३ ॥

Après avoir médité sur la Divinité, qu’on récite ensuite le mantra; et, à sa conclusion, qu’on asperge (ou verse) de l’eau. Il est dit que (ce mantra) est orné du nom «Govinda», qu’il comprend «Halī», qu’il est joint à «Indu» et qu’il renferme la syllabe-semence (bīja) de Cāmuṇḍā.

Verse 94

ततो नवाक्षरं मंत्रं सहस्रं तत्पुरो जपेत् । तारोऽनंतो बिंदुयुक्तो मायास्वं वामनेत्रयुक् ॥ ९४ ॥

Ensuite, selon l’ordre prescrit, qu’on répète mille fois le mantra de neuf syllabes—formé du Praṇava (Om), uni à «ananta», avec le bindu, combiné à «māyā», et pourvu du signe de «l’œil gauche».

Verse 95

कूर्माग्नी शांतिबिंद्वाढ्यौ वह्नि जायांकुशं ध्रुवम् । ऋषिः पूर्वोदितोनुष्टुप्छंदोऽन्यत्पूर्ववत्पुनः ॥ ९५ ॥

Pour les mantras «Kūrma-agni», «Śānti-bindu-vāḍhya», «Vahni», «Jāyā-aṅkuśa» et «Dhruva», le voyant (ṛṣi) est le même que celui mentionné plus haut; le mètre est l’Anuṣṭubh; et les autres attributions rituelles sont de nouveau telles qu’énoncées auparavant.

Verse 96

सहस्रं मंत्रराजं च जपित्वा कवचं पठेत् । एवं दीपप्रदानस्य कर्ताप्नोत्यखिलेऽप्सितम् ॥ ९६ ॥

Après avoir récité mille fois le Mantra-rāja, qu’on chante ensuite le kavaca, l’hymne de protection. Ainsi, celui qui accomplit l’offrande de la lampe obtient tous les fruits désirés.

Verse 97

दीपप्रबोधकाले तु वर्जयेदशुभां गिरम् । विप्रस्य दर्शनं तत्र शुभदं परिकीर्तितम् ॥ ९७ ॥

Au moment d’allumer la lampe, qu’on s’abstienne de toute parole de mauvais augure. En cet instant, la vue d’un brāhmaṇa est déclarée auspicious et dispensatrice de bonne fortune.

Verse 98

शूद्राणां प्रध्यमं प्रोक्तं म्लेच्छस्य वधबन्धनम् । आख्वोत्वोर्दर्शनं दुष्टं गवाश्वस्य सुखावहम् ॥ ९८ ॥

Il est enseigné que, pour les Śūdra, le châtiment premier est la bastonnade; pour le mleccha, c’est l’exécution ou l’emprisonnement. La vue du chameau et du cheval est de mauvais présage; mais voir des vaches et des chevaux est tenu pour favorable au bien-être.

Verse 99

दीपज्वाला समा सिद्ध्यै वक्रा निशविधायिनी । शब्दा भयदा कर्तुरुज्ज्वला सुखदा मता ॥ ९९ ॥

La flamme de la lampe, égale et stable, mène à la réussite. La flamme courbée ou vacillante annonce le malheur. La flamme qui crépite ou fait du bruit apporte la crainte à l’officiant; mais la flamme claire et rayonnante est tenue pour dispensatrice de joie.

Verse 100

कृष्णा शत्रुभयोत्पत्त्ये वमंती पशुनाशिनी । कृते दीपे यदा पात्रं भग्नं दृश्यते दैवतः ॥ १०० ॥

Un signe sombre et néfaste annonce la naissance de la peur venue des ennemis; le vomissement est un présage de perte du bétail. De même, lorsque, après avoir allumé la lampe, on voit que son récipient s’est brisé par le fait du destin, cela aussi est tenu pour un augure.

Verse 101

पक्षादर्वाक्तदा गच्छेद्यजमानो यमालयम् । वर्त्यतरं यदा कुर्यात्कार्यं सिद्ध्येद्विलंबतः ॥ १०१ ॥

Si le rite est entrepris avant la quinzaine convenable, le yajamāna (sacrifiant) ira au séjour de Yama. Mais s’il accomplit l’acte plus tard, au moment plus favorable, l’œuvre visée s’accomplit, quoique avec retard.

Verse 102

नेत्रहीनो भवेत्कर्ता तस्मिन्दीपांतरे कृते । अशुचिस्पर्शने व्याधिर्दीपनाशे तु चौरभीः ॥ १०२ ॥

Si l’on allume une autre lampe à partir de cette lampe rituelle, on dit que l’officiant sera privé de la vue. Si une personne impure la touche, la maladie s’ensuit; et si la lampe s’éteint ou est détruite, cela présage un danger venant des voleurs.

Verse 103

श्वमार्जाराखुसंस्पर्शे भवेद्भूपतितो भयम् । पात्रारंभे वसुपलैः कृतो दीपोऽखिलेष्टदः ॥ १०३ ॥

Si un chien, un chat ou un rat touche l’installation rituelle, on dit qu’il en résulte la crainte du courroux du roi (ou la perte de sa faveur). Mais une lampe préparée au commencement du rite, avec du ghee de vache, accorde l’accomplissement de tous les vœux.

Verse 104

तस्माद्दीपः प्रयत्नेन रक्षणीयोंऽतरायतः । आसमाप्तेः प्रकुर्वीत ब्रह्मचर्यं च भूशयः ॥ १०४ ॥

Ainsi, la lampe doit être gardée avec soin contre tout empêchement. Jusqu’à l’achèvement de l’observance, qu’on pratique aussi le brahmacarya, en dormant à même le sol.

Verse 105

स्त्रीशूद्रपतितादीनां संभाषामपि वर्जयेत् । जपेत्सहस्रं प्रत्येकं मंत्रराजं नवाक्षरम् ॥ १०५ ॥

Qu’on évite même de converser avec les femmes, les Śūdra, les déchus et autres semblables ; et, pour chaque pratique, qu’on récite mille fois le Mantra-Roi de neuf syllabes (navākṣara).

Verse 106

स्तोत्रपाठं प्रतिदिनं निशीथिन्यां विशेषतः । एकपादेन दीपाग्रे स्थित्वा यो मंत्रनायकम् ॥ १०६ ॥

Celui qui récite chaque jour un hymne—surtout à minuit—et, debout devant la lampe sur un seul pied, adore le Seigneur, souverain des mantras.

Verse 107

सहस्रं प्रजपेद्वात्रौ सोऽभीष्टं क्षिप्रमाप्नुयात् । समाप्य शोभनदिने संभोज्य द्विजसत्तमान् ॥ १०७ ॥

Qu’il le récite mille fois la nuit ; il obtiendra promptement le fruit désiré. L’observance achevée, en un jour propice, qu’il nourrisse les plus excellents des deux-fois-nés, les brāhmaṇa savants.

Verse 108

कुंभोदकेन कर्तारमभिषिंचन्मनुं जपेत् । कर्ता तु दक्षिणां दद्यात्पुष्कलां तोषहेतवे ॥ १०८ ॥

En aspergeant l’officiant avec l’eau du kumbha (vase rituel), qu’on récite le mantra sacré. Ensuite, le commanditaire du sacrifice doit offrir une dakṣiṇā généreuse, don sacerdotal, afin d’apaiser et d’achever le rite.

Verse 109

गुरौ तुष्टे ददातीष्टं कृतवीर्यसुतो नृपः । गुर्वाज्ञया स्वयं कुर्याद्यदि वा कारयेद्गुरुः ॥ १०९ ॥

Lorsque le guru est satisfait, le roi—fils de Kṛtavīrya—accorde ce qui est désiré. Sur l’ordre du guru, il doit accomplir l’acte lui-même, ou bien le guru peut le faire accomplir (par son entremise).

Verse 110

दत्त्वा धनादिकं तस्मै दीपदानाय नारद । गुर्वाज्ञामन्तरा कुर्याद्यो दीपं स्वेष्टसिद्धये ॥ ११० ॥

Ô Nārada, après lui avoir donné richesse et autres requis pour l’offrande de la lampe, quiconque allume une lampe pour accomplir ses propres désirs sans la permission du Guru agit de façon incorrecte.

Verse 111

सिद्धिर्न जायते तस्य हानिरेव पदे पदे । उत्तमं गोघृतं प्रोक्तं मध्यमं महषीभवम् ॥ १११ ॥

Pour une telle personne, la réussite ne naît pas ; à chaque pas il n’y a que perte. C’est pourquoi le ghee de vache est proclamé le meilleur, tandis que le ghee de bufflonne est dit de qualité moyenne.

Verse 112

तिलतैलं तु तादृक् स्यात्कनीयोऽजादिजं घृतम् । आस्यरोगे सुगंधेन दद्यात्तैलेन दीपकम् ॥ ११२ ॥

L’huile de sésame doit être utilisée de la même manière ; pour une mesure plus douce, on peut employer un ghee préparé avec du lait de chèvre. Dans les maladies de la bouche, qu’on administre une huile médicinale parfumée d’aromates, appliquée à titre thérapeutique comme une lampe à huile.

Verse 113

सिद्ध्वार्थसंभवेनाथ द्विषतां नाशनाय च । सहस्रेण पलैर्दीपे विहिते च न दृश्यते ॥ ११३ ॥

Ô Seigneur ! Même lorsqu’une lampe est préparée selon le rite avec mille palas d’huile ou de ghee, on ne la voit pas luire—bien qu’elle soit destinée à accomplir le dessein et à anéantir les forces ennemies.

Verse 114

कार्यसिद्धस्तदा कुर्यात्र्रिवारं दीपजं विधिम् । तदा सुदुर्लभमपि कार्य्यं सिद्ध्व्येन्न संशयः ॥ ११४ ॥

Alors, l’entreprise ayant réussi, qu’on accomplisse trois fois le rite issu de la lampe. Dès lors, même un but très difficile sera atteint—sans aucun doute.

Verse 115

दीपप्रियः कार्तवीर्यो मार्तंडो नतिवल्लभः । स्तुतिप्रोयो महाविष्णुर्गणेश स्तपर्णप्रियः ॥ ११५ ॥

Il est l’ami des lampes (l’offrande de lumière) ; Kārtavīrya ; Mārtaṇḍa (le Soleil) ; le bien-aimé de ceux qui s’inclinent avec révérence ; celui qui se réjouit des hymnes de louange ; Mahāviṣṇu ; Gaṇeśa ; et celui qui aime les offrandes de feuilles sacrées.

Verse 116

दुर्गार्चनप्रिया नूनमभिषेकप्रियः शिवः । तस्मात्तेषां प्रतोषाय विदध्यात्तत्तदादरात् ॥ ११६ ॥

Assurément, Durgā se plaît au culte, et Śiva se plaît à l’abhiṣeka (l’ablution rituelle). C’est pourquoi, pour les satisfaire, qu’on accomplisse chacun de ces actes avec un soin plein de révérence.

Verse 117

इति श्रीबृहन्नारदीयपुराणे पूर्वभागे बृहदुपाख्याने तृतीयपादे कार्तवीर्यमाहात्म्यमन्त्रदीपकथनं नाम षट्सप्ततितमोऽध्यायः ॥ ७६ ॥

Ainsi, dans le vénérable Bṛhannāradīya Purāṇa—au Pūrva-bhāga, dans le Grand Récit (Bṛhad-upākhyāna), au Troisième Pada—s’achève le soixante-seizième chapitre, intitulé : «Récit qui illumine le mantra et la grandeur de Kārtavīrya».

Frequently Asked Questions

Sanatkumāra explicitly links his efficacy to (1) his divine identity as Sudarśana’s earthly manifestation and (2) empowerment through Dattātreya worship; therefore, smaraṇa (remembrance) itself is framed as a siddhi-producing act—granting victory over enemies and restoration of what is lost—while the longer sādhana (nyāsa/yantra/homa/dīpa-vrata) operationalizes that protection in ritual form.

The chapter lays out a standard tantric workflow: viniyoga (ṛṣi–chandas–devatā plus bīja/śakti/hṛdaya), ṣaḍaṅga and aṅga-nyāsa, kavaca/varma and astra deployment, dhyāna of the deity’s form, yantra inscription and kumbha installation with abhiṣeka, japa with homa (including intent-specific materials), and finally a regulated dīpa-vrata governed by calendrics, omens, purity, and guru authorization.

The dīpa-vrata is presented as a sustained, rule-bound extension of the mantra’s protective field: it uses prior nyāsa and yantra logic, adds strict timing (months/tithis/nakṣatras/yogas), prescribes vessel and wick measures, and interprets flame behavior as diagnostic omens—culminating in completion rites (feeding brāhmaṇas, dakṣiṇā) to seal the observance’s phala.