Adhyaya 1
Kashi KhandaUttara ArdhaAdhyaya 1

Adhyaya 1

Le chapitre s’ouvre sur un récit théologique conduit par la question : Agastya demande à Skanda la cause de la servitude de Vinatā. Skanda rapporte l’épisode des naissances liées à Kadru et Vinatā : la rupture prématurée d’un œuf, l’apparition d’Aruṇa encore inachevé, puis la malédiction qu’il prononce, avec l’injonction de ne pas briser le troisième œuf et la prophétie que l’enfant à venir délivrera Vinatā de ses liens. Le propos se tourne ensuite vers la géographie sacrée solaire de Kāśī. Aruṇa accomplit des tapas à Vārāṇasī et reçoit une fonction et un culte comme Arunāditya, promettant aux adorateurs la délivrance de la peur, de la pauvreté, du péché et de certaines afflictions. Vient Vṛddhāditya : la dévotion du sage Hārīta au Soleil obtient la grâce de retrouver la jeunesse, établissant une forme solaire réputée dissiper vieillesse et malchance. Dans la section doctrinale de Keśavāditya, le Soleil s’approche de Viṣṇu (Ādikēśava), mais une instruction à tonalité śaiva affirme qu’à Kāśī, Mahādeva (Śiva) seul est l’objet suprême d’adoration ; le culte du Śiva-liṅga purifie rapidement et accorde les quatre buts de la vie. Le Soleil est exhorté à vénérer un liṅga de cristal, fondant ainsi un lieu de dévotion associé. Le chapitre décrit encore la purification rituelle au tīrtha de Pādodaka près d’Ādikēśava, dans le cadre de Ratha-saptamī, avec bain mantrique destiné à effacer les fautes de multiples naissances. Enfin, Vimalāditya est présenté par l’histoire de Vimala, atteinte de kuṣṭha, qui adore le Soleil dans le bois de Harikeśava et reçoit guérison et protection pour les dévots. La conclusion, de type phalaśruti, assure les mérites de l’écoute de ces récits d’Āditya.

Shlokas

Verse 1

अथ श्रीकाशीखंडोत्तरार्धं प्रारभ्यते । श्रीगणेशाय नमः । अगस्तिरुवाच । पार्वती हृदयानंद सर्वज्ञांगभव प्रभो । किंचित्प्रष्टुमनाः स्वामिंस्तद्भवान्वक्तुमर्हति

Commence maintenant la vénérable seconde moitié du Kāśī Khaṇḍa. Hommage à Śrī Gaṇeśa. Agastya dit : Ô Seigneur, joie du cœur de Pārvatī, Omniscient, ô Aṅgabhava (Skanda), je souhaite interroger ; daigne l’exposer.

Verse 2

दक्ष प्रजापतेः पुत्री कश्यपस्य परिग्रहः । गरुत्मतः प्रसूः साध्वी कुतो दास्यमवाप सा

Elle est la fille de Dakṣa Prajāpati, l’épouse de Kaśyapa, la vertueuse mère de Garuḍa ; comment donc en vint-elle à tomber en servitude ?

Verse 3

स्कंद उवाच । हंजिकात्वं यथा प्राप्ता विनता सा तपस्विनी । तदप्यहं समाख्यामि निशामय महामते

Skanda dit : Comment l’ascète Vinatā parvint à l’état de Haṃjikā, je le raconterai aussi. Écoute attentivement, ô grand d’esprit.

Verse 4

कद्रूरजीजनत्पुत्राञ्शतं कश्यपतः पुरा । उलूकमरुणं तार्क्ष्यमसूत विनता त्रयम्

Autrefois, Kadrū enfanta cent fils de Kaśyapa ; et Vinatā en enfanta trois : Ulūka, Aruṇa et Tārkṣya (Garuḍa).

Verse 5

कौशिको राज्यमाप्यापि श्रेष्ठत्वात्पक्षिणां मुने । निर्गुणत्वाच्च तैः सर्वैः स राज्यादवरोपितः

Ô sage, bien que Kauśika eût obtenu la royauté par sa supériorité parmi les oiseaux, pourtant, faute de vertus, tous le déposèrent du trône.

Verse 6

क्रूराक्षोयं दिवांधोयं सदा वक्रनखस्त्वसौ । अतीवोद्वेगजनकं सर्वेषामस्य भाषणम्

Cruels sont ses yeux ; le jour, il est aveugle ; et ses griffes demeurent toujours recourbées. Sa parole jette tous les êtres dans une agitation extrême.

Verse 7

इत्थं तस्य गुणग्रामान्विकथ्य बहुशः खगाः । नाद्यापि वृण्वते राज्ये कमपि स्वैरचारिणः

Ainsi, après avoir maintes fois célébré l’amas de ses qualités, les oiseaux proclamèrent que, jusqu’à ce jour, ils ne choisissent pour roi nul être qui n’agisse qu’au gré de son seul caprice.

Verse 8

कौशिकेथ तथावृत्ते पुत्रवीक्षणलालसा । अंडं प्रस्फोटयामास मध्यमं विनता तदा

Ô Kauśika, les choses ayant tourné ainsi, Vinatā, brûlante du désir de voir son fils, brisa alors l’œuf du milieu.

Verse 9

पूर्णे वर्षसहस्रे तु प्रस्फोट्य घटसंभव । तदभेदितयौत्सुक्यादंडमष्टमके शते

Quand mille années furent pleinement accomplies, ô né de la jarre, poussée par l’impatience de ce qui n’avait pas encore été fendu, elle fit éclater l’œuf au huitième cent (d’années) ensuite.

Verse 10

तावत्सर्वाणि गात्राणि तस्यातिमहसः शिशोः । ऊर्वोरुपरिसिद्धानि दंडांतर्निवासिनः

Jusque-là, tous les membres de cet enfant d’un éclat immense n’étaient formés qu’au-dessus des cuisses, comme s’il était voué à demeurer à l’intérieur d’un bâton.

Verse 11

अंडान्निर्गतमात्रेण क्रोधारुणमुखश्रिया । अर्धनिष्पन्नदेहेन शिशुना शापिता प्रसूः

À l’instant même où il sortit de l’œuf, le visage rayonnant et rougi de colère, l’enfant —dont le corps n’était qu’à demi formé— maudit sa mère.

Verse 12

जनयित्रि त्वया दृष्ट्वा काद्रवेयान्स्वलीलया । खेलतो मातुरुत्संगे यदंडं व्याधित द्विधा

«Mère, ayant vu les fils de Kadrū, par simple badinage, tandis que je jouais sur tes genoux, tu as fendu l’œuf en deux.»

Verse 13

तदनिष्पन्न सर्वांगः शपामि त्वा विहंगमे । तेषामेवैधि दासी त्वं सपत्न्यंग भुवामिह

«Ainsi, puisque mes membres sont demeurés inachevés, je te maudis, ô mère-oiseau : ici-bas, deviens leur servante, ô part d’une coépouse.»

Verse 14

वेपमानाथ तच्छापादिदं प्रोवाच पक्षिणी । अनूरो ब्रूहि मे शापावसानं मातुरंगज

Tremblante sous l’effet de cette malédiction, la mère-oiseau dit : «Ô Anūru, enfant né de mon propre corps, dis-moi quand cette malédiction prendra fin.»

Verse 15

अनूरुरुवाच । अंडं तृतीयं मा भिंधि ह्यनिष्पन्नं ममेव हि । अस्मिन्नंडे भविष्यो यः स ते दास्यं हरिष्यति

Anūru dit : «Ne brise pas le troisième œuf ; il est bien le mien, encore informe. Celui qui naîtra de cet œuf ôtera ta servitude.»

Verse 16

इत्युक्त्वा सोरुणोगच्छदुड्डीयानंदकाननम् । यत्र विश्वेश्वरो दद्यादपि पंगोः शुभां गतिम्

Ayant ainsi parlé, Aruṇa se rendit vers la forêt délicieuse d’Uḍḍīyāna, où Viśveśvara accorde même au boiteux une voie de bon augure.

Verse 17

एतत्ते पृच्छतः ख्यातं विनता दास्यकारणम् । मुने प्रसंगतो वच्मि अरुणादित्यसंभवम्

Ô sage, puisque tu interroges, j’ai exposé la cause bien connue de la servitude de Vinatā. Maintenant, selon l’ordre convenable, je dirai le récit d’Aruṇa et l’apparition d’Aruṇāditya.

Verse 18

अनूरुत्वादनूरुर्योरुणः क्रोधारुणो यतः । वाराणस्यां तपस्तप्त्वा तेनाराधि दिवाकरः

Parce qu’il était « sans cuisses » (anūru), il fut connu sous le nom d’Aruṇa, rougi par la colère. Ayant pratiqué l’ascèse à Vārāṇasī, il apaisa ainsi Divākara, le Soleil.

Verse 19

सोपि प्रसन्नो दत्त्वाथ वरांस्तस्मा अनूरवे । आदित्यस्तस्य नाम्नाभूदरुणादित्य इत्यपि

Satisfait, le Soleil accorda alors des grâces à cet Anūru. Et Āditya aussi fut connu par son nom, comme « Aruṇāditya ».

Verse 20

अर्क उवाच । तिष्ठानूरो मम रथे सदैव विनतात्मज । जगतां च हितार्थाय ध्वांतं विध्वंसयन्पुरः

Arka (le Soleil) dit : « Demeure à jamais sur mon char, ô Aruṇa, fils de Vinatā, dissipant devant moi les ténèbres pour le bien des mondes. »

Verse 21

अत्र त्वत्स्थापितां मूर्तिं ये भजिष्यंति मानवाः । वाराणस्यां महादेवोत्तरे तेषां कुतो भयम्

Ceux qui, ici, vénéreront l’effigie que tu as établie—au nord de Mahādeva à Vārāṇasī—comment la crainte pourrait-elle les atteindre ?

Verse 22

येर्चयिष्यंति सततमरुणादित्यसंज्ञकम् । मामत्र तेषां नो दुःखं न दारिद्र्यं न पातकम्

Ceux qui m’adorent ici sans cesse, moi qu’on nomme Aruṇāditya, n’auront ni chagrin, ni pauvreté, ni faute.

Verse 23

व्याधिभिर्नाभिभूयंते नो पसर्गैश्च कैश्चन । शोकाग्निना न दह्यंते ह्यरुणादित्यसेवनात्

Par le service rendu à Aruṇāditya, ils ne sont point accablés par les maladies ni par quelque fléau que ce soit ; et le feu du chagrin ne les consume pas.

Verse 24

अथ स्यंदनमारोप्य नीतवानरुणं रविः । अद्यापि स रथे सौरे प्रातरेव समुद्यति

Alors Ravi, le Soleil, fit monter Aruṇa sur le char et l’emmena. Aujourd’hui encore, sur le char solaire, il se lève dès l’aurore.

Verse 25

यः कुर्यात्प्रातरुत्थाय नमस्कारं दिनेदिने । अरुणाय ससूर्याय तस्य दुःखभयं कुतः

Quiconque, se levantant au matin, offre jour après jour une salutation révérencieuse à Aruṇa avec le Soleil, comment la peine ou la crainte pourrait-elle l’atteindre ?

Verse 26

अरुणादित्यमाहात्म्यं यः श्रोष्यति नरोत्तमः । न तस्य दुष्कृतं किंचिद्भविष्यति कदाचन

Le meilleur des hommes qui écoute la gloire d’Aruṇāditya : jamais, en aucun temps, aucun acte mauvais ne naîtra pour lui.

Verse 27

स्कंद उवाच । वृद्धादित्यस्य माहात्म्यं शृणु ते कथयाम्यहम् । यस्य श्रवणमात्रेण नरो नो दुष्कृतं भजेत्

Skanda dit : Écoute la grandeur de Vṛddhāditya ; je vais te la raconter. Par la seule écoute, l’homme ne tombe pas dans les actes de péché.

Verse 28

पुरात्र वृद्धहारीतो वाराणस्यां महातपाः । महातपः समृद्ध्यर्थं समाराधितवान्रविम्

Autrefois, à Vārāṇasī, le grand ascète Vṛddhahārīta adora Ravi, le Soleil, afin que prospèrent et s’accomplissent ses puissantes austérités.

Verse 29

मूर्तिं संस्थाप्य शुभदां भास्वतः शुभलक्षणाम् । दक्षिणेन विशालाक्ष्या दृढभक्तिसमन्वितः

Ayant établi une image de Bhāsvat, le Soleil rayonnant, auspiceuse et dispensatrice de grâces, ornée de signes sacrés, il se tint au sud de Viśālākṣī, animé d’une dévotion inébranlable.

Verse 30

तुष्टस्तस्मै वरं प्रादाद्ब्रध्नो वृद्धतपस्विने । अलं विलंब्य याचस्व कस्ते देयो वरो मया

Satisfait, Bradhna, le Soleil, accorda une grâce à ce vieil ascète : «Assez tardé : demande ! Quel don dois-je te donner ?»

Verse 31

सोथ प्रसन्नाद्द्युमणेरवृणीत वरं मुनिः । यदि प्रसन्नो भगवान्युवत्वं देहि मे पुनः

Alors le sage choisit une grâce auprès de Dyumaṇi (le Soleil), apaisé : «Si le Seigneur est satisfait, accorde-moi de nouveau la jeunesse».

Verse 32

तपःकरण सामर्थ्यं स्थविरस्य न मे यतः । पुनस्तारुण्यमाप्तोहं चरिष्याम्युत्तमं तपः

Car, dans la vieillesse, je n’ai pas la force d’accomplir le tapas. Ayant retrouvé la jeunesse, j’entreprendrai de nouveau l’austérité la plus haute.

Verse 33

तप एव परो धर्मस्तप एव परं वसु । तप एव परः कामो निर्वाणं तप एव हि

Le tapas seul est le dharma suprême ; le tapas seul est la richesse suprême. Le tapas seul est le désir le plus haut ; oui, la délivrance s’obtient par le tapas seul.

Verse 34

ऋतेन तपसः क्वापि लभ्या ऐश्वर्यसंपदः । पदं ध्रुवादिभिः प्रापि केवलं तपसो बलात्

Sans tapas, nulle part ne s’obtiennent prospérité et puissances souveraines. Même la condition sublime atteinte par Dhruva et d’autres fut obtenue uniquement par la force du tapas.

Verse 36

धिग्जरांप्राणिनामत्र यया सर्वो विरज्यति । जरातुरेंद्रियग्रामे स्त्रियोपि नयतः स्वसात्

Honte à la vieillesse parmi les êtres, par laquelle tous se détachent ! Quand la troupe des sens est meurtrie par l’âge, même les femmes échappent à la maîtrise de l’homme, emportées par leur propre nature.

Verse 37

वरं मरणमेवास्तु मा जरास्त्वतिशोच्यकृत् । क्षणं दुःखं च मरणं जरा दुःखं क्षणेक्षणे

Mieux vaut la mort seule ; que la vieillesse n’apporte pas une affliction excessive. La mort n’est douleur qu’un instant, mais la vieillesse est douleur à chaque instant.

Verse 38

कांक्षंति दीर्घतपसे चिरमायुर्जितेंद्रियाः । धनं दानाय पुत्राय कलत्रं मुक्तये धियम्

Ceux qui ont dompté leurs sens désirent de longues austérités et une longue vie ; ils recherchent la richesse pour le dāna, un fils pour la lignée, une épouse pour le dharma, et une intelligence pénétrante pour la délivrance (mokṣa).

Verse 39

वृद्धस्यवार्धकं ब्रध्नस्तत्क्षणादपहृत्य वै । ददौ च चारुता हेतुं तारुण्यं पुण्यसाधनम्

Bradhna, sur-le-champ, ôta au vieillard l’infirmité de l’âge et lui donna la vigueur de la jeunesse, avec la beauté, cause même d’accomplir des actes méritoires (puṇya).

Verse 40

एवं स वृद्धहारीतो वाराणस्यां महामुनिः । संप्राप्य यौवनं ब्रध्नात्तप उग्रं चचार ह

Ainsi le grand muni Hārīta, jadis accablé par la vieillesse, ayant retrouvé la jeunesse grâce à Bradhna, accomplit de rudes austérités (tapas) à Vārāṇasī.

Verse 41

वृद्धेनाराधितो यस्माद्धारीतेन तपस्विना । आदित्यो वार्धकहरो वृद्धादित्यस्ततः स्मृतः

Parce que l’ascète Hārīta, dans sa vieillesse, vénéra Āditya, cet Āditya qui ôte la souffrance du vieillissement est dès lors commémoré sous le nom de Vṛddhāditya.

Verse 42

वृद्धादित्यं समाराध्य वाराणस्यां घटोद्भव । जरा दुर्गति रोगघ्नं बहवः सिद्धिमागताः

Ô Ghaṭodbhava, après avoir honoré comme il se doit Vṛddhāditya à Vārāṇasī, beaucoup ont obtenu l’accomplissement : il anéantit la vieillesse, le mauvais destin et la maladie.

Verse 43

वृद्धादित्यं नमस्कृत्य वाराणस्या रवौ नरः । लभेदभीप्सितां सिद्धिं न क्वचिद्दुर्गतिं लभेत्

Celui qui se prosterne devant Vṛddhāditya—le Soleil de Vārāṇasī—obtient la siddhi désirée et ne tombe nulle part dans l’infortune.

Verse 44

स्कंद उवाच । अतः परं शृणु मुने केशवादित्यमुत्तमम् । यथा तु केशवं प्राप्य सविता ज्ञानमाप्तवान्

Skanda dit : Écoute maintenant, ô muni, le suprême Keśavāditya : comment Savitṛ obtint la vraie connaissance après avoir atteint Keśava.

Verse 45

व्योम्नि संचरमाणेन सप्ताश्वेनादिकेशवः । एकदा दर्शिभावेन पूजयंल्लिंगमैश्वरम्

Ādikeśava, porté dans le ciel par Celui aux sept chevaux, un jour—saisi du désir de voir—adora le Liṅga souverain d’Īśvara.

Verse 46

कौतुकादिव उत्तीर्य हरे रविरुपाविशत् । निःशब्दो निश्चलः स्वस्थो महाश्चर्यसमन्वितः

Comme saisi d’émerveillement, Ravi s’approcha et s’assit près de Hari : silencieux, immobile, paisible, empli d’un grand prodige.

Verse 47

प्रतीक्षमाणोवसरं किंचित्प्रष्टुमना हरिम् । हरिं विसर्जितार्चं च प्रणनाम कृतांजलिः

Attendant l’instant favorable et désirant interroger, il se prosterna devant Hari, les paumes jointes, après avoir achevé le culte.

Verse 48

स्वागतं ते हरिः प्राह बहुमानपुरःसरम् । स्वाभ्याशं आसयामास भास्वंतं नतकंधरम्

Hari l’accueillit par des paroles d’honneur; l’attirant près de Lui, Il fit asseoir à Ses côtés le resplendissant Sūrya, la nuque inclinée en révérence.

Verse 49

अथावसरमालोक्य लोकचक्षुरधोक्षजम् । नत्वा विज्ञापयामास कृतानुज्ञोऽसुरारिणा

Alors, voyant l’instant propice, l’Œil du monde (Sūrya) s’inclina devant Adhokṣaja; et, ayant reçu l’agrément de l’Ennemi des asuras, il exposa sa requête.

Verse 50

रविरुवाच । अंतरात्मासि जगतां विश्वंभर जगत्पते । तवापि पूज्यः कोप्यस्ति जगत्पूज्यात्र माधव

Ravi (Sūrya) dit : «Tu es le Soi intérieur des êtres, ô Soutien de l’univers, ô Seigneur du monde. Et pourtant, y a‑t‑il ici quelqu’un que même Toi Tu vénères, ô Mādhava, Toi que le monde adore ?»

Verse 51

त्वत्तश्चाविर्भवेदेतत्त्वयि सर्वं प्रलीयते । त्वमेव पाता सर्वस्य जगतो जगतांनिधे

«De Toi, en vérité, cet univers surgit, et en Toi tout se résorbe. Toi seul es le protecteur de tout, ô trésor des mondes.»

Verse 52

इत्याश्चर्यं समालोक्य प्राप्तोस्म्यत्र तवांतिकम् । किमिदं पूज्यते नाथ भवता भवतापहृत्

Ayant contemplé cette merveille, je suis venu ici en Ta présence. Qu’est-ce donc que Tu vénères, ô Seigneur, Toi qui ôtes la souffrance de ceux qui se réfugient en Toi ?

Verse 53

इति श्रुत्वा हृषीकेशः सहस्रांशोरुदीरितम् । उच्चैर्माशंस सप्ताश्वं वारयन्करसंज्ञया

Entendant ces paroles proférées par le Soleil aux mille rayons, Hṛṣīkeśa le loua à haute voix et, d’un signe de la main, retint doucement celui aux sept chevaux.

Verse 54

श्रीविष्णुरुवाच । देवदेवो महादेवो नीलकंठ उमापतिः । एक एव हि पूज्योत्र सर्वकारणकारणम्

Śrī Viṣṇu dit : «Le Dieu des dieux—Mahādeva, Nīlakaṇṭha, l’Époux d’Umā—Lui seul doit être adoré ici, la Cause au-delà de toutes les causes.»

Verse 55

अत्र त्रिलोचनादन्यं समर्चयतियोल्पधीः । सलोचनोपि विज्ञेयो लोचनाभ्यां विवर्जितः

Ici, quiconque, par faible intelligence, vénère un autre que le Seigneur aux Trois Yeux, bien qu’il ait des yeux, doit être tenu pour dépourvu de la vraie vision.

Verse 56

एको मृत्युंजयः पूज्यो जन्ममृत्युजराहरः । मृत्युंजयं किलाभ्यर्च्य श्वेतो मृत्युंजयोभवत्

Mṛtyuñjaya seul doit être adoré, Lui qui ôte naissance, mort et décrépitude. En vérité, en vénérant Mṛtyuñjaya, Śveta devint vainqueur de la mort.

Verse 57

कालकालं समाराध्य भृंगी कालं जिगायवै । शैलादिमपि तत्याज मृत्युर्मृत्युंजयार्चकम्

En apaisant Kāla-kāla, le Tueur du Temps, Bhṛṅgī triompha vraiment du Temps. Même la Mort délaissa Śailādi, adorateur de Mṛtyuñjaya.

Verse 58

विजिग्ये त्रिपुरं यस्तु हेलयैकेषु मोक्षणात् । तं समभ्यर्च्य भूतेशं को न पूज्यतमो भवेत्

Qui ne deviendrait pas le plus fervent dans le culte après avoir honoré Bhūteśa (Śiva), lui qui vainquit Tripura et qui, d’un simple geste, accorde la délivrance à certains ?

Verse 59

त्रिजगज्जयिनो हेतोस्त्र्यक्षस्याराधनं परम् । को नाराधयति ब्रध्नसारस्य स्मरविद्विषः

Pour vaincre les trois mondes, suprême est l’adoration du Seigneur aux Trois Yeux. Qui n’adorerait l’ennemi de Kāma, l’Être à l’essence rayonnante ?

Verse 60

यस्याक्षिपक्ष्मसंकोचाज्जगत्संकोचमेत्यदः । विकस्वरं विकासाच्च कस्य पूज्यतमो न सः

Par la fermeture de ses paupières, ce monde se resserre ; par leur ouverture, il s’étend et s’épanouit. Qui ne le tiendrait pour le plus digne d’adoration ?

Verse 61

शंभोर्लिंगं समभ्यर्च्य पुरुषार्थचतुष्टयम् । प्राप्नोत्यत्र पुमान्सद्यो नात्र कार्या विचारणा

En vénérant ici comme il se doit le liṅga de Śambhu, l’homme obtient aussitôt les quatre buts de la vie—dharma, artha, kāma et mokṣa ; il n’y a là nul doute.

Verse 62

समर्च्य शांभवं लिंगमपिजन्मशतार्जितम् । पापपुंजं जहात्येव पुमानत्र क्षणाद्ध्रुवम्

En vénérant ici le liṅga de Śāmbhava, l’homme, assurément, rejette en un instant l’amas des péchés amassés même durant cent naissances.

Verse 63

किंकिं न संभवेदत्र शिवलिंगसमर्चनात् । पुत्राः कलत्र क्षेत्राणि स्वर्गो मोक्षोप्यसंशयम्

Qu’est-ce qui ne pourrait advenir ici par le culte du Śiva-liṅga ? Fils, épouse, terres, paradis—et même la délivrance (mokṣa), sans aucun doute.

Verse 64

त्रैलोक्यैश्वर्यसंपत्तिर्मया प्राप्ता सहस्रगो । शिवलिंगार्चनादेकात्सत्यंसत्यं पुनःपुनः

Par un seul acte de vénération du Śiva-liṅga, j’ai obtenu au millième degré la souveraineté et la prospérité des trois mondes—vrai, vrai, je le redis sans cesse.

Verse 65

अयमेव परोयोगस्त्विदमेव परं तपः । इदमेव परं ज्ञानं स्थाणुलिंगं यदर्च्यते

Ceci seul est le yoga suprême ; ceci seul est l’ascèse la plus haute ; ceci seul est la connaissance suprême : l’adoration du liṅga de Sthāṇu.

Verse 66

यैर्लिंगं सकृदप्यत्र पूजितं पार्वतीपतेः । कुतो दुःखभयं तेषां संसारे दुःखभाजने

Pour ceux qui ont vénéré ici, ne fût-ce qu’une fois, le liṅga du Seigneur de Pārvatī, comment pourrait-il subsister la crainte de la douleur dans ce monde, vase de souffrance ?

Verse 67

सर्वं परित्यज्य रवे यो लिंगं शरणं गतः । न तं पापानि बाधंते महांत्यपि दिवाकर

Ô Soleil, celui qui, renonçant à tout, prend refuge dans le Liṅga, aucun péché, fût-il immense, ne peut l’atteindre, ô Faiseur du Jour.

Verse 68

लिंगार्चने भवेद्वृद्धिस्तेषामेवात्र भास्कर । येषां पुनर्भवच्छेदं चिकीर्षति महेश्वरः

Ô Bhāskara, en ce lieu sacré, l’adoration du Liṅga apporte un véritable accroissement spirituel à ceux-là mêmes dont Maheśvara veut trancher la chaîne des renaissances.

Verse 69

न लिंगाराधनात्पुण्यं त्रिषुलोकेषु चापरम् । सर्वतीर्थाभिषेकः स्याल्लिंगस्नानांबु सेवनात्

Dans les trois mondes, nul mérite n’est supérieur à l’adoration du Liṅga ; en buvant l’eau du bain du Liṅga, on reçoit le fruit des ablutions en tous les tīrthas sacrés.

Verse 70

तस्माल्लिंगं त्वमप्यर्क समर्चय महेशितुः । संप्राप्तं परमां लक्ष्मीं महातेजोभि जृंभणीम्

C’est pourquoi, ô Arka, toi aussi adore le Liṅga du Grand Seigneur ; ainsi tu atteindras la prospérité suprême, une splendeur sublime qui s’épanouit par une grande radiance.

Verse 71

इति श्रुत्वा हरेर्वाक्यं तदारभ्य सहस्रगुः । विधाय स्फाटिकं लिंगं मुनेद्यापि समर्चयेत्

Ayant entendu les paroles de Hari, Sahasragu, dès lors, façonna un Liṅga de cristal ; et aujourd’hui encore, ô sage, il le vénère.

Verse 72

गुरुत्वेन तदाकल्य विवस्वानादिकेशवम् । तत्रोपतिष्ठतेद्यापि उत्तरेणादिकेशवात्

Le reconnaissant, Ādikeśava, comme son supérieur spirituel, Vivasvān, le Soleil, demeure encore aujourd’hui à son service en ce lieu, se tenant au nord d’Ādikeśava.

Verse 73

अतः स केशवादित्यः काश्यां भक्ततमोनुदः । समर्चितः सदा देयान्मनसो वांछितं फलम्

Ainsi, ce Keśavāditya à Kāśī, qui dissipe les ténèbres pesant sur les dévots, lorsqu’il est vénéré, accorde toujours le fruit désiré par le cœur.

Verse 74

केशवादित्यमाराध्य वाराणस्यां नरोत्तमः । परमं ज्ञानमाप्नोति येन निर्वाणभाग्भवेत्

Après avoir adoré Keśavāditya à Vārāṇasī, le meilleur des hommes obtient la connaissance suprême, par laquelle il devient participant du nirvāṇa, la délivrance ultime.

Verse 75

तत्र पादोदके तीर्थेकृतसर्वोदकक्रियः । विलोक्य केशवादित्यं मुच्यते जन्मपातकैः

Là, au tīrtha de Pādodaka, celui qui a accompli tous les rites des eaux sacrées est délivré des péchés amassés au fil des naissances, rien qu’en contemplant Keśavāditya.

Verse 76

अगस्ते रथसप्तम्यां रविवारो यदाप्यते । तदा पादोदके तीर्थे आदिकेशव सन्निधौ

Lorsque, au mois d’Agasta (Bhādrapada), la Ratha-saptamī tombe un dimanche, alors, au tīrtha de Pādodaka, près d’Ādikeśava, s’ouvre une conjoncture sacrée particulière.

Verse 77

स्नात्वोषसि नरो मौनी केशवादित्यपूजनात् । सप्तजन्मार्जितात्पापान्मुक्तो भवति तत्क्षणात्

S’étant baigné à l’aurore et observant le vœu de silence, l’homme—par le culte rendu à Keśavāditya—est aussitôt délivré des péchés amassés en sept naissances.

Verse 78

यद्यज्जन्मकृतं पापं मया सप्तसु जन्मसु । तन्मे रोगं च शोकं च माकरी हंतु सप्तमी

Quel que soit le péché que j’ai commis en chacune de mes sept vies, que Mākarī Saptamī le détruise pour moi, ainsi que ma maladie et mon chagrin.

Verse 79

एतज्जन्मकृतं पापं यच्च जन्मांतरार्जितम् । मनोवाक्कायजं यच्च ज्ञाताज्ञाते च ये पुनः

Le péché commis en cette vie même, et celui amassé dans d’autres existences; et tout ce qui naît de l’esprit, de la parole et du corps—fait sciemment ou à l’insu—

Verse 80

इति सप्तविधं पापं स्नानान्मे सप्तसप्तिके । सप्तव्याधिसमायुक्तं हर माकरि सप्तमि

Ainsi, le péché en sept formes—par mon bain dans le rite du « sept fois sept »—ôte-le, ô Mākarī Saptamī; et ôte aussi l’amas des sept afflictions qui s’y attachent.

Verse 81

एतन्मंत्रत्रयं जप्त्वा स्नात्वा पादोदके नरः । केशवादित्यमालोक्य क्षणान्निष्कलुषो भवेत्

Après avoir récité ce triple mantra et s’être baigné dans le pādodaka, l’eau qui a lavé les pieds, l’homme—en contemplant Keśavāditya—devient en un instant sans souillure.

Verse 82

केशवादित्यमाहात्म्यं शृण्वञ्श्रद्धासमन्वितः । नरो न लिप्यते पापैः शिवभक्तिं च विंदति

Celui qui écoute avec foi la grandeur de Keśavāditya n’est pas souillé par les péchés, et il obtient aussi la dévotion à Śiva.

Verse 83

स्कंद उवाच । अतः परं शृणु मुने विमलादित्यमुत्तमम् । हरिकेशवने रम्ये वाराणस्यां व्यवस्थितम्

Skanda dit : Ensuite, ô sage, écoute l’excellent Vimalāditya, établi dans le charmant bosquet de Hari–Keśava à Vārāṇasī.

Verse 84

उच्चदेशेभवत्पूर्वं विमलो नाम बाहुजः । स प्राक्तनात्कर्मयोगाद्विमले पथ्यपि स्थितः

Autrefois, dans un pays élevé, vivait un homme de la lignée Bāhuja nommé Vimala. Par la force du karma ancien, il se trouva dans un état « vimala » de nom, mais contraire au bien-être.

Verse 85

कुष्ठरोगमवाप्योच्चैस्त्यक्त्वा दारान्गृहं वसु । वाराणसीं समासाद्य ब्रध्नमाराधयत्सुधीः

Atteint cruellement de la lèpre, il abandonna épouse, maison et richesses ; puis, parvenu à Vārāṇasī, ce sage adora Bradhna, le Soleil.

Verse 86

करवीरैर्जपाभिश्च गंधकैः किंशुकैः शुभैः । रक्तोत्पलैरशोकैश्च स समानर्च भास्करम्

Avec des karavīra, des japa, des fleurs parfumées, les auspiciennes kiṃśuka, des lotus rouges et des fleurs d’aśoka, il adora comme il se doit Bhāskara, le Soleil.

Verse 87

विचित्ररचनैर्माल्यैः पाटलाचंपकोद्भवैः । कुंकुमागुरुकर्पूरमिश्रितैः शोणचंदनैः

Avec des guirlandes aux compositions variées, faites de fleurs de pāṭalā et de campaka, et avec du santal rouge mêlé de safran, d’agaru et de camphre—

Verse 88

देवमोहनधूपैश्च बह्वामोदततांबरैः । कर्पूरवर्तिदीपैश्च नैवेद्यैर्घृतपायसैः

Il adora Sūrya avec des encens envoûtants, des vêtements abondamment parfumés, des lampes dont les mèches étaient de camphre, et des offrandes de ghee et de riz sucré.

Verse 89

अर्घदानैश्च विधिवत्सौरेः स्तोत्रजपैरपि । एवं समाराधयतस्तस्यार्को वरदोभवत्

Et, offrant l’arghya selon le rite, et récitant des hymnes ainsi que les mantras de Sūrya, il l’apaisa de la sorte; alors Arka, le Soleil, devint pour lui dispensateur de grâces.

Verse 90

उवाच च वरं ब्रूहि विमलामलचेष्टित । कुष्ठश्च ते प्रयात्वेष प्रार्थयान्यं वरं पुनः

Et (le Soleil) dit : «Dis ton vœu, ô Vimala, dont la conduite est pure et sans tache. Cette lèpre qui est tienne s’en ira ; demande encore un autre bienfait».

Verse 91

आकर्ण्य विमलश्चेत्थमालापं रश्मिमालिनः । प्रणतो दंडवद्भूमौ संप्रहष्टतनूरुहः

Entendant ces paroles de Celui qui porte la guirlande de rayons, Vimala se prosterna à terre comme un bâton, le corps frémissant d’une joie ravie.

Verse 92

शनैर्विज्ञापयांचक्र एकचक्ररथं रविम् । जगच्चक्षुरमेयात्मन्महाध्वांतविधूनन

Alors, avec une humble douceur, il s’adressa à Ravi, dont le char n’a qu’une roue : «Ô Œil du monde, ô Soi incommensurable, ô dissipateur des grandes ténèbres !»

Verse 93

यदि प्रसन्नो भगवन्यदि देयो वरो मम । तदा त्वद्भक्तिनिष्ठा ये कुष्ठं मास्तु तदन्वये

«Si tu es satisfait, ô Seigneur, et si une grâce peut m’être accordée, que ceux qui demeurent fermes dans ta dévotion ne souffrent jamais de la lèpre, et qu’elle ne paraisse pas dans leur lignée.»

Verse 94

अन्येपि रोगा मा संतु मास्तु तेषां दरिद्रता । मास्तु कश्चन संतापस्त्वद्भक्तानां सहस्रगो

«Qu’il n’y ait pour eux aucune autre maladie ; qu’ils ne connaissent pas la pauvreté. Qu’aucune souffrance, sous mille formes, ne s’abatte jamais sur tes dévots.»

Verse 95

।श्रीसूर्य उवाच । तथास्त्विति महाप्राज्ञ शृण्वन्यं वरमुत्तमम् । त्वयेयं पूजिता मूर्तिरेवं काश्यां महामते

Śrī Sūrya dit : «Qu’il en soit ainsi, ô très sage. Écoute encore une grâce excellente : de cette manière même, ô noble d’esprit, cette image a été vénérée par toi ici, à Kāśī.»

Verse 96

अस्याः सान्निध्यमत्राहं न त्यक्ष्यामि कदाचन । प्रथिता तव नाम्ना च प्रतिमैषा भविष्यति

«Ici, je n’abandonnerai jamais ma présence auprès de (cette image). Et cette icône deviendra célèbre sous ton nom.»

Verse 97

विमलादित्य इत्याख्या भक्तानां वरदा सदा । सर्वव्याधि निहंत्री च सर्वपापक्षयंकरी

Connue sous le nom de Vimalāditya, elle accorde sans cesse des grâces aux dévots—détruisant toutes les maladies et amenuisant tous les péchés.

Verse 98

इति दत्त्वा वरान्सूर्यस्तत्रैवांतरधीयत । विमलो निर्मलतनुः सोपि स्वभवनं ययौ

Ainsi, après avoir accordé les grâces, le Soleil disparut en ce même lieu. Vimalā, au corps pur et sans tache, retourna elle aussi à sa propre demeure.

Verse 99

इत्थं स विमलादित्यो वाराणस्यां शुभप्रदः । तस्य दर्शनमात्रेण कुष्ठरोगः प्रणश्यति

Ainsi, à Vārāṇasī, Vimalāditya dispense l’auspice; par le seul darśana, la lèpre est anéantie.

Verse 100

यश्चैतां विमलादित्यकथां वै शृणुयान्नरः । प्राप्नोति निर्मलां शुद्धिं त्यज्यते च मनोमलैः

Quiconque écoute ce récit sacré de Vimalāditya obtient une pureté sans tache et se trouve délivré des souillures de l’esprit.

Verse 110

यमेशं च यमादित्यं यमेन स्थापितं नमन् । यमतीर्थे कृतस्नानो यमलोकं न पश्यति

Celui qui, avec révérence, se prosterne devant Yameśa et devant Yamāditya—établi par Yama—et se baigne au Yama-tīrtha, ne voit pas le monde de Yama.

Verse 118

श्रुत्वाध्यायानिमान्पुण्यान्द्वादशादित्यसूचकान् । श्रावयित्वापि नो मर्त्यो दुर्गतिं याति कुत्रचित्

Ayant entendu ces chapitres méritoires qui proclament les Douze Āditya—et même les ayant fait réciter à d’autres—nul mortel ne tombe nulle part dans une destinée funeste.

Verse 383

ततस्तपश्चरिष्यामि लोकद्वयमहत्त्वदम् । प्राप्य त्वद्वरदानेन यौवनं सर्वसंमतम्

Ensuite j’entreprendrai des austérités qui confèrent la grandeur dans les deux mondes ; car, par la grâce du don que tu m’as accordé, j’ai obtenu une jeunesse reconnue de tous.