Adhyaya 8
Kashi KhandaPurva ArdhaAdhyaya 8

Adhyaya 8

Le chapitre 8 se déploie sous forme de dialogue encadré : Lopāmudrā demeure fascinée par un « récit sacré » lié aux cités saintes, et Agastya rapporte alors un itihāsa qui enseigne les limites d’une délivrance prétendument automatique obtenue par la seule fréquentation des célèbres « villes de libération ». Le récit se concentre sur le brāhmane Śivaśarmā, qui rencontre deux serviteurs divins se nommant Puṇyaśīla et Suśīla. Conduit à travers plusieurs mondes, Śivaśarmā voit des lokas hiérarchisés selon les conduites morales : un piśāca-loka pour ceux dont le mérite est insuffisant et qui donnent avec regret ; un guhyaka-loka associé à l’acquisition honnête des richesses, au partage social et à l’absence de malveillance ; un gandharva-loka où l’art musical et le patronage deviennent méritoires lorsque la fortune est réorientée vers les brāhmanes et la louange dévotionnelle ; et un vidyādhara-loka marqué par l’enseignement, le soutien à la guérison et l’humilité dans l’apprentissage. Dharmarāja (Yama) apparaît ensuite, d’une douceur inattendue envers les justes, louant l’érudition de Śivaśarmā, sa vénération du guru et l’usage de la vie incarnée selon le dharma. Le chapitre oppose toutefois cette bienveillance à des injonctions punitives terrifiantes pour des fautes précises—déviance sexuelle, diffamation, vol, trahison, sacrilège et nuisance sociale—comme un catalogue des manquements et de leurs conséquences. Il s’achève en indiquant qui voit Yama comme effrayant ou auspicious, en citant des rois exemplaires membres de l’assemblée de Dharmarāja, et en terminant lorsque Śivaśarmā aperçoit une cité d’apsaras, signe que la progression se poursuit.

Shlokas

Verse 1

लोपामुद्रोवाच । जीवितेश कथामेतां पुण्यां पुण्यपुरीश्रिताम् । न तृप्तिमधिगच्छामि श्रुत्वा त्वच्छ्रीमुखेरिताम्

Lopāmudrā dit : Ô seigneur de ma vie, après avoir entendu de tes lèvres bénies ce récit sacré, établi dans la cité sainte, je ne parviens pourtant pas à la satiété.

Verse 2

मायापुर्यां मुक्तिपुर्यां शिवशर्मा द्विजोत्तमः । मृतोपि मोक्षं नैवाप ब्रूहि तत्कारणं विभो

À Māyāpurī, la cité de la délivrance, Śivaśarmā, le meilleur des brāhmanes, n’obtint pas la mokṣa même après la mort. Ô Puissant, dis-m’en la cause.

Verse 3

अगस्त्य उवाच । साक्षन्मोक्षो न चैतासु पुरीषु प्रियभाषिणि । पुरोद्दिश्यामुमेवार्थमितिहासो मयाश्रुतः

Agastya dit : Ô toi qui parles avec douceur, dans ces cités la délivrance ne s’obtient ni d’elle-même ni d’emblée. À ce sujet même, j’ai entendu un récit ancien.

Verse 4

शृणु कांते विचित्रार्थां कथां पापप्रणाशिनीम् । पुण्यशीलसुशीलाभ्यां कथितां शिवशर्मणे

Écoute, bien-aimée, un récit au sens merveilleux, destructeur des péchés, que les vertueux Puṇyaśīla et Suśīlā contèrent à Śivaśarmā.

Verse 5

शिवशर्मोवाच । अयि विष्णुगणौ पुण्यौ पुंडरीकदलेक्षणौ । किंचिद्विज्ञप्तुकामोहं प्रवृद्धकरसंपुटः

Śivaśarmā dit : Ô saints serviteurs de Viṣṇu, aux yeux pareils aux pétales de lotus, je désire soumettre une requête, debout les mains jointes en vénération.

Verse 6

न नाम युवयोर्वेद्मि वेद्म्याकृत्या च किंचन । पुण्यशीलसुशीलाख्यौ युवां भवितुमर्हथः

Je ne connais pas vos noms, mais à votre seule apparence je comprends ceci : vous méritez d’être appelés Puṇyaśīla et Suśīla, hommes de mérite et de bonne conduite.

Verse 7

गणा वूचतुः । भगवद्भक्तियुक्तानां किमज्ञातं भवादृशाम् । एतदेव हि नौ नाम यदुक्तं श्रीमता त्वया

Les Gaṇas dirent : «Pour quelqu’un comme toi, uni à la dévotion envers le Seigneur, qu’y aurait-il d’inconnu ? En vérité, tels sont nos noms, exactement comme toi, vénérable, tu les as dits.»

Verse 8

यदन्यदपि ते चित्ते प्रष्टव्यं तदशंकितम् । संपृच्छस्व महाप्राज्ञ प्रीत्या तत्प्रब्रवावहे

«Et s’il demeure encore dans ton esprit quelque chose à demander, interroge sans hésiter, ô grand sage ; avec affection, nous l’expliquerons volontiers.»

Verse 9

इति श्रुत्वा स वचनं भगवद्गणभाषितम् । अतिप्रीतिकरं हृद्यं ततस्तौ प्रत्युवाच ह

Entendant ces paroles prononcées par les Gaṇas du Seigneur, si agréables et réjouissant le cœur, il répondit alors à tous deux.

Verse 10

दिव्य द्विज उवाच । क एष लोको ऽल्पश्रीकः स्वल्पपुण्यजनाकृतिः । क इमे विकृताकारा ब्रूतमेतन्ममाग्रतः

Le brāhmane céleste dit : « Quel est ce monde, pauvre en splendeur, rempli d’êtres au mérite infime ? Et qui sont ces créatures aux formes défigurées ? Dites-le-moi clairement, devant moi. »

Verse 11

गणावूचतुः । अयं पिशाचलोकोत्र वसंति पिशिताशनाः । दत्त्वानुतापभाजो ये नोनो कृत्वा ददत्यपि

Les Gaṇas dirent : « Voici le monde des Piśācas ; ici demeurent les mangeurs de chair. Ceux qui donnent puis sont saisis de repentir—ayant donné avec regret à maintes reprises—viennent partager cette condition. »

Verse 12

शिवं प्रसंगतोभ्यर्च्य सकृत्त्वशुचिचेतसः । अल्पपुण्याल्पलक्ष्मी काः पिशाचास्त इमे सखे

« Ceux-ci, ami, sont des piśācas—de peu de mérite et de faible fortune—qui, bien qu’ils aient un jour, par hasard, rendu un culte à Śiva, le firent avec un esprit impur. »

Verse 13

ततो गच्छन्ददर्शाग्रे हृष्टपुष्टजनावृतम् । पिचंडिलैः स्थूलवक्त्रैर्मेघगंभीरनिःस्वनैः

Puis, tandis qu’ils avançaient, il vit devant lui une contrée remplie d’êtres joyeux et bien nourris, au visage large et robuste, dont les voix résonnaient, profondes comme le tonnerre des nuées.

Verse 14

लोकैरप्युषितं लोकं श्यामलांगैश्च लोमशैः । गणौ कथयतां केमी को लोकः पुण्यतः कुतः

« Ce monde est habité par de nombreux êtres, aux membres sombres et velus. Ô Gaṇas, expliquez : qui sont-ils, quel est ce monde, et de quel mérite provient-il ? »

Verse 15

गणावूचतुः । गुह्यकानामयं लोकस्त्वेते वै गुह्यकाः स्मृताः । न्यायेनोपार्ज्य वित्तानि गूहयंति च ये भुवि

Les Gaṇas dirent : « Voici le monde des Guhyakas, et ceux-ci sont vraiment tenus pour des Guhyakas : ceux qui, ayant acquis des richesses par des moyens justes, les cachent et les protègent sur la terre. »

Verse 16

स्वमार्गगाधनाढ्याश्च शूद्रप्रायाः कुटुंबिनः । संविभज्य च भोक्तारः क्रोधासूयाविवर्जिताः

Ils prospèrent dans leurs propres métiers, pour la plupart d’une condition proche de celle des śūdras ; ce sont des chefs de maison qui ne mangent qu’après avoir partagé. Libres de colère et d’envie, ils vivent dans l’esprit du partage réciproque.

Verse 17

न तिथिं नैव वारं च संक्रात्यादि न पर्व च । नाधर्मं न च धर्मं च विदंत्येते सदा सुखाः

Ils ne comptent ni les tithis ni les jours de la semaine, et n’observent ni le saṅkrānti ni les autres fêtes. Ils ne distinguent même pas l’« injuste » du « juste » ; et pourtant ils demeurent toujours dans l’aisance.

Verse 18

एकमेव हि जानंति कुलपूज्यो हि यो द्विजः । तस्मै गाः संप्रयच्छंति मन्यंते तद्वचःस्फुटम्

Ils ne connaissent qu’un seul principe : le dvija, le « deux fois né » vénéré par la lignée, est digne d’honneur. À lui ils offrent des vaches, et ils accueillent ses paroles comme claires et faisant autorité.

Verse 19

समृद्धिभाजोह्यत्रापि तेन पुण्येन गुह्यकाः । भुंजते स्वर्गसौख्यानि देववच्चाकुतोभयाः

Par ce mérite, même ici les Guhyakas ont part à la prospérité ; ils jouissent de félicités célestes comme les devas, sans crainte d’aucun côté.

Verse 20

ततो विलोकयामास लोकं लोचनशर्मदम् । केऽमी जनास्त्वसौ लोकः किंनामा वदतां गणौ

Alors il contempla ce monde, délice pour les yeux, et demanda : « Qui sont ces êtres, et comment se nomme ce domaine ? Dites-le-moi, ô serviteurs. »

Verse 21

गणावूचतुः । गांधर्वस्त्वेषलोकोऽमी गंधर्वाश्च शुभव्रताः । देवानां गायनाद्येते चारणाः स्तुतिपाठकाः

Les serviteurs répondirent : « Voici le monde des Gāndharvas ; ceux-ci sont des Gandharvas aux observances propices. Ils chantent pour les devas et servent de bardes célestes, récitateurs d’hymnes. »

Verse 22

गीतज्ञा अतिगीतेन तोषयंति नराधिपान् । स्तुवंति च धनाढ्यांश्च धनलोभेन मोहिता

Experts en musique, ils réjouissent les rois par des chants raffinés ; et, égarés par l’avidité des richesses, ils louent aussi les puissants fortunés.

Verse 23

राज्ञां प्रसादलब्धानि सुवासांसि धनान्यपि । द्रव्याण्यपि सुगंधीनि कर्पूरादीन्यनेकशः

Par la faveur des rois, ils obtiennent de beaux vêtements et des richesses, ainsi que maintes substances parfumées — camphre et autres — en abondance.

Verse 24

ब्राह्मणेभ्यः प्रयच्छंति गीतं गायंत्यहर्निशम् । श्रुतावेव मनस्तेषां नाट्यशास्त्रकृतश्रमाः

Ils offrent leur chant aux brāhmaṇas et chantent jour et nuit. Leur esprit ne demeure que dans ce qui est entendu, et ils peinent dans les disciplines enseignées par le Nāṭyaśāstra.

Verse 25

तेन पुण्येन गांधर्वो लोकस्त्वेषां विशिष्यते । ब्राह्मणास्तोषिता यद्वै गीतविद्यार्जितैर्धनैः

Par ce mérite, leur monde des Gandharvas devient plus éminent ; car ils ont véritablement comblé les brāhmaṇas de richesses acquises par l’art sacré du chant.

Verse 26

गीतविद्याप्रभावेन देवर्षिर्नारदो महान् । मान्यो वैष्णवलोके वै श्रीशंभोश्चातिवल्लभः

Par la puissance de la science sacrée du chant, le grand devarṣi Nārada est honoré dans le royaume vaiṣṇava, et il est aussi infiniment cher à l’auspicieux Śambhu (Śiva).

Verse 27

तुंबुरुर्ना रदश्चोभौ देवानामतिदुर्लभौ । नादरूपी शिवः साक्षान्नादतत्त्वविदौ हि तौ

Tumburu et Nārada—tous deux sont d’une rareté extrême, même parmi les dieux. Car Śiva lui-même est la forme du Nāda, le son sacré, et ces deux-là connaissent vraiment le principe du Nāda.

Verse 28

यदि गीतं क्वचिद्गीतं श्रीमद्धरिहरांतिके । मोक्षस्तु तत्फलं प्राहुः सा न्निध्यमथवा तयोः

Si, en quelque lieu, un chant est entonné en présence du glorieux Hari et de Hara, on dit que son fruit est la délivrance (mokṣa), ou bien la proximité intime de ces deux-là.

Verse 29

गीतज्ञो यदि गीतेन नाप्नोति परमं पदम् । रुद्रस्यानुचरो भूत्वा तेनैव सह मोदते

Si le connaisseur du chant n’atteint pas, par le chant, l’état suprême, alors, devenu serviteur de Rudra, il se réjouit avec lui.

Verse 30

अस्मिंल्लोके सदा कालं स्मृतिरे षा प्रगीयते । तद्गीतमालया पूज्यौ देवौ हरिहरौ सदा

En ce monde, en tout temps, on chante ce souvenir : par cette guirlande de chants, les deux divinités, Hari et Hara, doivent être adorées à jamais.

Verse 31

इति शृण्वन्क्षणात्प्राप पुनरन्यन्मनोहरम् । शिवशर्माथ पप्रच्छ किं संज्ञं नगरं त्विदम्

À ces paroles, il parvint aussitôt à un autre spectacle ravissant. Alors Śivaśarmā demanda : «Quel est le nom de cette cité ?»

Verse 32

गणावूचतुः । असौ वैद्याधरो लोको नाना विद्या विशारदाः । एते विद्यार्थिनामन्नमुपानद्वस्त्रकंबलम्

Les Gaṇas dirent : «Voici le monde des Vidyādharas, experts en maints savoirs. Ils donnent aux étudiants nourriture, chaussures, vêtements et couvertures.»

Verse 33

औषधान्यपि यच्छं ति तत्पीडाशमनानि हि । नानाकलाः शिक्षयंति विद्यागर्वविवर्जिताः

Ils donnent aussi des remèdes qui apaisent réellement ces souffrances. Libres de l’orgueil du savoir, ils enseignent de nombreux arts.

Verse 34

शिष्यं पुत्रेण पश्यंति वस्त्र तांबूल भोजनैः । अलंकृताश्च सत्कन्या धर्मा दुद्वाहयंति च

Ils voient le disciple comme un fils, le soutenant par des vêtements, du bétel et de la nourriture. Et selon le dharma, ils marient des jeunes filles de noble naissance, parées et honorées.

Verse 35

अभिलाषधिया नित्यं पूजयंतीष्टदेवताः । एतः पुण्यैर्वसंतीह विद्याधर वरा इमे

Le cœur rempli d’une intention dévote, ils honorent chaque jour leurs divinités d’élection. Par de tels mérites, ces nobles Vidyādharas demeurent en ce lieu.

Verse 36

यावदित्थं कथां चक्रुस्तावत्संयमिनीपतिः । धर्मराजोभिसंप्राप्तो देवदुंदुभि निःस्वनैः

Tandis qu’ils s’entretenaient ainsi, Dharmarāja, seigneur de Saṁyamanī, y parvint, accompagné du fracas retentissant des timbales célestes.

Verse 37

सोम्यमूर्तिर्विमानस्थो धर्मज्ञैः परिवारितः । सेवाकर्मसु चतुरैर्भृत्यैस्त्रिचतुरैः सह

D’une forme douce, assis dans un vimāna, il était entouré de connaisseurs du dharma et accompagné de trois ou quatre serviteurs habiles au service.

Verse 38

धर्मराज उवाच । साधुसाधु महाबुद्धे शिवशर्मन्द्विजोत्तम । कुलोचितं ब्राह्मणानां भवता प्रतिपादितम्

Dharmarāja dit : « Bien, bien ! Ô Śivaśarman au grand esprit, le meilleur des deux-fois-nés : par toi a été justement maintenue la conduite qui sied aux brāhmaṇas et à ton lignage ».

Verse 39

वेदाभ्यासः कृतः पूर्वं गुरवश्चापि तोषिताः । धर्मशास्त्रपुराणे षु दृष्टो धर्मस्त्वयाऽदृतः

«Auparavant, tu as pratiqué l’étude des Veda et tu as aussi satisfait tes maîtres ; et le dharma que l’on voit dans les Dharmaśāstra et les Purāṇa, tu l’as honoré».

Verse 40

क्षालितं मुक्तिपुर्यद्भिराशुगंतृशरीरकम् । कोविदोऽस्ति भवानेव जीविते जीवितेतरे

Ton corps—si prompt à s’en aller—a été lavé et purifié par les eaux de la Cité de la Délivrance; en vérité, toi seul discernes justement la vie et ce qui est au-delà de la vie.

Verse 41

कलेवरं पूतिगंधि सदैवाशुचिभाजनम् । सुतीर्थपुण्य पण्येन सम्यग्विनिमितं त्वया

Ce corps—malodorant et toujours réceptacle d’impureté—a été justement « refondu » par toi grâce à la précieuse « monnaie » du mérite acquis aux saints gués d’excellence (tīrtha).

Verse 42

अतएवाहि पांडित्यमाद्रिंयते विचक्षणाः । अहःक्षेपं न क्षिपंति क्षणमेकं हि ते बुधाः

C’est pourquoi les clairvoyants honorent le vrai savoir; les sages ne dissipent pas leurs jours—ils ne gaspillent pas même un seul instant.

Verse 43

निमेषान्पंचपान्मर्त्ये प्राणंति प्राणिनो ध्रुवम् । तत्रापि न प्रवर्तेयुरघकर्मणि गर्हिते

Dans le monde des mortels, les êtres ne vivent assurément que pour une poignée de clignements; pourtant, ils ne devraient pas s’engager dans des actes fautifs et blâmables.

Verse 44

स्थिरापायः सदा कायो न धनं निधनेऽवति । तन्मूढः प्रौढकार्ये किं न यतेत भवानिव

Le corps va toujours vers la ruine, et la richesse ne protège pas à l’heure de la mort. Pourquoi donc l’insensé ne s’efforcerait-il pas vers le but vraiment grand—comme tu l’as fait?

Verse 45

सत्वरं गत्वरं चायुर्लोकः शोकसमाकुलः । तस्माद्धर्मे मतिः कार्या भवतेव सुधार्मिकैः

La vie est rapide et ne cesse de s’échapper, et le monde est accablé de chagrin. C’est pourquoi les justes doivent fixer leur esprit sur le dharma, comme tu l’as fait.

Verse 46

सत्कर्मणो विपाकोऽयं तव वंद्यौ ममाप्यहो । यदेतौ भगवद्भक्तौ सखित्वं भवतो गतौ

C’est là, en vérité, le fruit de tes bonnes actions — chose merveilleuse ! Car ces deux dévots du Seigneur, dignes de vénération pour toi comme pour moi, ont obtenu ton amitié.

Verse 47

ममाज्ञा दीयतां तस्मात्साहाय्यं करवाणि किम् । यत्कर्तव्यं मादृशैस्ते तत्कृतं भवतैवहि

Donne-moi donc ton ordre : quelle aide puis-je offrir ? Ce qui doit être accompli par des êtres tels que moi, tu l’as déjà fait, toi seul.

Verse 48

अद्य धन्यतरोस्मीह यद्दृष्टौ भगवद्गणौ । सेवा सदैव मे ज्ञाप्या श्रीमच्चरणसन्निधौ

Aujourd’hui je suis le plus béni, car j’ai vu les serviteurs du Seigneur. Qu’il me soit toujours assigné le service auprès de Ses pieds vénérables.

Verse 49

ततः प्रस्थापितस्ताभ्यां प्राविशत्स्वपुरीं यमः । अप्राक्षीच्च ततो विप्रस्तौ गणौ प्रस्थिते यमे

Alors, reconduit avec respect par ces deux-là, Yama entra dans sa propre cité. Après le départ de Yama, le brāhmane interrogea ces deux serviteurs.

Verse 50

शिवशर्मोवाच । साक्षादयं धर्मराजो ननु सौम्यतराकृतिः । धर्म्याण्येव वचांस्यस्य मनः प्रीतिकराणि च

Śivaśarmā dit : «C’est bien Dharmarāja en personne, et pourtant sa forme est d’une douceur extrême. Ses paroles sont toutes conformes au Dharma et réjouissent l’esprit.»

Verse 51

पुरी संयमनी सेयमतीव शुभलक्षणा । आकर्ण्य यस्य नामापि पापिनोऽतीव बिभ्यति

Cette cité, Saṃyamanī, est vraiment parée de signes très auspices ; pourtant, à la seule audition de son nom, les pécheurs sont saisis d’une grande crainte.

Verse 52

यमरूपं वर्ण यंति मर्त्यलोकेऽन्यथा जनाः । अन्यथाऽयं मया दृष्टो ब्रूतं तत्कारणं गणौ

Dans le monde des mortels, les hommes décrivent autrement la forme de Yama. Mais moi, je l’ai vu différemment ; dites-moi, ô serviteurs, quelle en est la raison.

Verse 53

केन पश्यंत्यमुं लोकं निवसंति तथात्र के । इदमेवास्य किं रूपं किं चान्यच्च निवेद्यताम्

Par quel moyen perçoit-on ce monde-là, et qui y demeure ? Est-ce là son unique forme, ou en a-t-il une autre aussi ? Qu’on l’explique clairement.

Verse 54

गणावूचतुः । शृणु सौम्य सुसौम्योऽसौ दृश्यतेत्र भवादृशैः । धर्ममूर्तिः प्रकृत्यैव निःशंकैः पुण्यराशिभिः

Les deux serviteurs dirent : «Écoute, ô homme doux. Ici, pour des êtres tels que toi—riches en mérite et sans crainte—il apparaît d’une douceur parfaite. Car, par sa nature même, il est l’incarnation du Dharma.»

Verse 55

अयमेव हि पिंगाक्षः क्रोधरक्तांतलोचनः । दंष्ट्राकरालवदनो विद्युल्ललनभीषणः

C'est bien lui, celui aux yeux fauves, rougis par la colère ; son visage est terrifiant avec ses crocs saillants, redoutable comme l'éclair.

Verse 56

ऊर्ध्वकेशोऽतिकृष्णांगः प्रलयांबुदनिःस्वनः । कालदंडोद्यतकरो भुकुटी कुटिलाननः

Ses cheveux se dressent sur sa tête ; ses membres sont noirs comme la nuit ; son rugissement ressemble au tonnerre des nuages de la dissolution. Le bâton du Temps levé à la main, ses sourcils sont froncés et son visage est sinistre.

Verse 57

आनयैनं पातयैनं बधानामुंच दुर्दम । घातयैनं सुदुर्वृत्तं मूर्ध्नि तीव्रमयोघनैः

Amenez-le ici ; jetez-le à terre ; ligotez-le, ne le relâchez pas, ô indomptable. Frappez cet homme totalement dépravé sur la tête avec de lourdes masses de fer.

Verse 58

आताडयैनं दुर्वृत्तं धृत्वा पादौ शिलातले । उत्पाटयास्य नेत्रे त्वं निधाय चरणं गले

Battez ce malfaiteur ; clouez ses pieds sur la surface de pierre. Puis, posant votre pied sur sa gorge, arrachez-lui les yeux.

Verse 59

एतस्य गल्लावुत्फुल्लौ क्षुरेणाशुवि पाटय । पाशेन कंठं बद्धास्य समुल्लंबय भूरुहे

Fendez immédiatement ses joues gonflées avec un rasoir. Liez son cou avec un nœud coulant et pendez-le à un arbre.

Verse 60

विदारयास्य मूर्धानं करपत्रेण दारुवत् । पार्ष्णिघातैर्घ्नतास्यास्यं समुच्चूर्णय दारुणैः

Fendez-lui le crâne comme du bois à l'aide d'une scie à main. Frappez sa bouche de coups de talon féroces et broyez-la totalement.

Verse 61

परदारप्रसृमरं करं छिंध्यस्य पापिनः । परदारगृहं यातुः पादौ चास्य विखंडय

Coupez la main du pécheur qui s'étend vers la femme d'autrui ; et brisez aussi les pieds de celui qui se rend chez un autre homme pour sa femme.

Verse 62

सूचीभी रोमकूपेषु तनुं व्यधिहि सर्वतः । दातुः परकलत्रांगे नखपंक्ती दुरात्मनः

Percez son corps partout, jusque dans les pores de la peau, avec des aiguilles. Sur les membres de cet homme à l'âme vile qui viole la femme d'autrui, plantez des rangées de clous.

Verse 63

परदारमुखाघ्रातुर्मुखे निष्ठीवयास्य हि । वक्तुः परापवादस्य कीलं तीक्ष्णं मुखे क्षिप

Crachez au visage de celui qui cherche le parfum de la bouche de la femme d'autrui. Et dans la bouche de celui qui calomnie les autres, enfoncez un piquet pointu.

Verse 64

भर्जयैनं चणकवत्तप्तवालुक कर्परैः । भ्राष्ट्रे विकटवक्त्रत्वं परसंतापकारिणम्

Rôtissez-le comme des pois chiches avec des tessons remplis de sable brûlant. Dans la poêle à frire, rendez le visage de ce bourreau d'autrui grotesque et difforme.

Verse 65

दोषारोपं सदाकर्तुरदोषे क्रूरलोचन । निमज्जयास्य वदनं पूयशोणितकर्दमे

Ô toi au regard cruel, plonge le visage de celui qui accuse l'innocent dans un bourbier de pus et de sang.

Verse 66

अदत्तपरवस्तूनां गृह्णतः करपल्लवम् । आप्लुत्याप्लुत्य तैलेन तप्तांगारे पचोत्कट

Pour celui qui prend le bien d'autrui sans qu'il soit offert, saisissez sa main ; plongez-la maintes fois dans l'huile et rôtissez-la sur des charbons ardents.

Verse 67

अपवादं गुरोर्वक्तुर्निंदाकर्तुः सुपर्वणाम् । तप्तलोहशलाकाश्च मुखे भीषण निक्षिप

Dans la bouche de celui qui calomnie le Gourou et blâme les vertueux, enfoncez des pointes de fer rougeoyantes et terrifiantes.

Verse 68

परमर्म स्पृशश्चास्य परच्छिद्रप्रकाशितुः । सुतप्तायोमयाञ्च्छंकून्सर्वसंधिषु रोपय

Et pour celui qui frappe au point sensible d'autrui et expose ses faiblesses, plantez des chevilles de fer brûlant dans toutes ses articulations.

Verse 69

अन्ये न दीयमाने स्वे निषेद्धुःपापकारिणः । आच्छेत्तुः परवृत्तीनां जिह्वां छिंध्यस्य दुर्मुख

Au pécheur qui empêche les autres de donner de leurs propres biens, et à celui qui coupe les vivres d'autrui, tranche la langue, ô visage hideux.

Verse 70

देवस्वभोक्तुः क्रोडास्य ब्राह्मणस्वस्यभोजिनः । विदार्योदरमस्याशु विट्कीटैः परिपूरय

Celui qui mange les biens consacrés au Deva, et celui qui consume la richesse d’un brāhmane : rends-lui le visage de sanglier ; fends vite son ventre et remplis-le de vers nés de l’ordure.

Verse 71

न देवार्थे न विप्रार्थे नातिथ्यर्थे पचेत्क्वचित् । तममुं स्वार्थपक्तारं कुंभीपाके पचांधक

Celui qui ne cuisine jamais pour les Devas, ni pour les brāhmanes, ni pour les hôtes : fais cuire ce cuisinier égoïste dans l’enfer nommé Kumbhīpāka, ô Andhaka.

Verse 72

उग्रास्य शिशुहंतारममुं विश्रंभघातिनम् । कृतघ्नं नय वेगेन महारौरव रौरवम्

Ô toi au visage terrible, emmène sans délai ce meurtrier d’enfants, ce traître qui tue celui qui se confie, cet ingrat : conduis-le à Raurava et à Mahāraurava.

Verse 73

ब्रह्मघ्नं चांधतामिस्रे सुरापं पूयशोणिते । कालसूत्रे हेमचौरमवीचौ गुरुतल्पगम्

Le meurtrier d’un brāhmane va à Andhatāmisra ; le buveur d’ivresses à Pūyaśoṇita ; le voleur d’or à Kālasūtra ; et celui qui profane la couche du guru à Avīci.

Verse 74

तत्संसर्गिणमावर्षमसिपत्रवने तथा । एतान्महापातकिनस्तप्ततैलकटाहके

Et leurs compagnons vont à Āvarṣa, et de même à la forêt aux feuilles-épées (Asipatravana). Ces grands pécheurs sont aussi jetés dans des chaudrons d’huile bouillante.

Verse 75

आप्लुत्याप्लुत्य दुर्दंष्ट्रकाकोलैर्लोहतुंडकैः । संतोद्यमानान्पापिष्ठान्नित्यं कल्पं निवासय

Après les avoir immergés à maintes reprises, faites en sorte que ces grands pécheurs soient continuellement percés par des corbeaux au bec de fer et aux crocs durs, et gardez-les là pendant un éon entier.

Verse 76

स्त्रीघ्नं गोघ्नं च मित्रघ्नं कूटशाल्मलिपादपे । उल्लंबय चिरंकालमूर्ध्वपादमधोमुखम्

Pendez très longtemps, les pieds en haut et la tête en bas, sur le faux arbre Shalmali, le tueur d'une femme, le tueur d'une vache et le tueur d'un ami.

Verse 77

त्वचमस्य च संदंशैस्त्रोटय त्वं महाभुज । आश्लेषितुर्मित्रपत्न्या भुजावुत्पाटया शुच

Déchire sa peau avec des pinces, ô toi aux bras puissants. Et arrache les bras de cet homme impur qui a étreint la femme de son ami.

Verse 78

ज्वालाकीले महाघोरे नरकेऽमुं नि पातय । यो वह्निना दाहयति परक्षेत्रं परालयम्

Jetez dans l'enfer le plus effroyable appelé Jvalakila celui qui brûle par le feu le champ d'autrui et la demeure d'autrui.

Verse 79

कालकूटे च गरदं कूटसाक्ष्याभिवादिनम् । मानकूटं तुलाकूटं कंठमोटे निपातय

Jetez dans le Kalakuta l'empoisonneur et celui qui fait un faux témoignage. Et précipitez dans le Manakuta, le Tulakuta et le Kanthamota ceux qui trichent sur les mesures et les poids.

Verse 80

लालापिबेच दुष्प्रेक्ष्य तीर्थासुष्ठीविनं नय । आमपाके च गर्भघ्नं शूलपाकेऽन्यतापिनम्

Conduis en l’enfer nommé Lālāpiba, difficile à regarder, l’impur qui crache dans les tīrtha sacrés. Et livre le meurtrier du fœtus à Āmapāka, et celui qui tourmente autrui à Śūlapāka.

Verse 81

रसविक्रयिणं विप्रमिक्षुयंत्रे प्रपीडय । प्रजापीडाकरं भूपमंधकूपे निपातय

Broie dans le pressoir à canne le brāhmaṇa qui vend le ‘rasa’ interdit. Et précipite dans Andhakūpa le roi qui opprime ses sujets.

Verse 82

गोतिलांश्च तुरंगांश्च विक्रेतारं द्विजाधमम् । मातुलान्याः सुरायाश्च विक्रेतारं हलायुध

Et châtie ce brāhmaṇa vil qui vend vaches, sésame et chevaux; et châtie aussi le marchand de boisson enivrante, ô Halāyudha.

Verse 83

मुसलोलूखले वैश्यं कंडयैनं पुनःपुनः । शूद्रं द्विजावमंतारं द्विजाग्रे मंचसेविनम्

Dans Musalolūkhala, gratte et tourmente sans cesse le vaiśya. Et châtie le śūdra qui outrage les deux-fois-nés et s’assied sur une couche en présence des brāhmaṇas.

Verse 84

अधोमुखे च नरके दीर्घग्रीवप्रपीड्य

Et dans l’enfer nommé Adhomukha, ils sont broyés, leurs longs cous étant pressés vers le bas.

Verse 85

शूद्रं ब्राह्मणजेतारं वैश्यं बाह्मणमानिनम् । क्षत्रियं याजकं चापि विप्रं वेदविवर्जितम्

Châtie le śūdra qui veut dominer les brāhmaṇas ; le vaiśya qui se croit brāhmaṇa ; le kṣatriya qui agit en prêtre ; et le brāhmaṇa privé du Veda.

Verse 86

लाक्षालवणमांसानां सतैलविषसर्पिषाम् । आयुधेक्षुविकाराणां विक्रेतारं द्विजाधमम्

« Saisis ce brāhmaṇa vil qui vit de la vente de la laque, du sel et de la viande, ainsi que de l’huile, du poison et du ghee, et encore des armes et des produits de la canne à sucre. »

Verse 87

पाशपाणेकशापाणे बद्ध्वैतांश्चरणेदृढम् । घातयंतौ कशाघातैर्नयतं तप्तकर्दमे

« Ô vous—l’un tenant le nœud coulant et l’autre le fouet—liez-les fermement par les pieds ; frappez-les de coups de lanière et traînez-les dans la boue brûlante. »

Verse 88

इमां स्त्रियं श्लेषयाशु पुंश्चलीं कुलकल्मषाम् । तेनोपपतिना सार्धं तप्तायसमयेन च

« Presse vite cette femme—infidèle et souillure de sa lignée—dans l’étreinte de ce galant, avec aussi un appareil de fer rougi au feu. »

Verse 89

स्वयं गृहीत्वा नियमं यस्त्यजेदजितेंद्रियः । तं प्रापय दुराधर्षं बहुभ्रमरदंशके

« Celui qui, ayant pris de lui-même un vœu, l’abandonne—les sens non maîtrisés—conduis-le, cet être insupportable, au lieu où piquent d’innombrables abeilles. »

Verse 90

इत्यादिजल्पन्दुर्वृत्तैः श्रूयते दूरतो यमः । स्वकर्मशंकितैः पापै र्दृश्यतेति भयंकरः

Par de tels propos et d’autres semblables, proférés par les méchants, Yama se fait entendre de loin ; et les pécheurs, tremblant de leurs propres actes, le voient : ainsi est-il redoutable.

Verse 91

ये प्रजाः पालयंतीह पुत्रानेव निजौरसान् । दंडयंति च धर्मेण भूपास्तेऽस्य सभासदः

Ces rois qui, ici-bas, protègent leurs sujets comme leurs propres fils nés d’eux, et qui châtient selon le dharma—ces souverains sont membres de sa (celle de Yama) cour.

Verse 92

वर्णाश्रमाश्च यद्राष्ट्रे ऽनुतिष्ठंति निजां क्रियाम् । कालेनापन्ननिधना भूपास्तेऽस्य सभासदः

Dans le royaume où les varṇa et les āśrama accomplissent comme il se doit leurs devoirs propres, ces rois, lorsque leur heure vient et qu’ils rencontrent la mort, deviennent membres de sa (de Yama) cour.

Verse 93

नैव दीनो न दुर्वृत्तो नापद्ग्रस्तो न शोकभाक् । येषां राष्ट्रे प्रदृश्यंते भूपास्तेऽस्य सभासदः

Dans le royaume où l’on ne voit ni miséreux, ni homme de conduite perverse, ni être accablé par le malheur, ni âme dévorée par le chagrin—ces rois sont membres de sa (de Yama) cour.

Verse 94

ब्राह्मणाः क्षत्रिया वैश्याः स्वधर्म निरताः सदा । अन्येपि ये संयमिनः संयमिन्यां वसंति ते

Les brāhmaṇa, les kṣatriya et les vaiśya, toujours appliqués à leur propre dharma, ainsi que d’autres encore, maîtres de discipline : tous demeurent à Saṃyaminī, la cité de Yama.

Verse 95

उशीनरः सुधन्वा च वृषपर्वा जयद्रथः । रजिः सहस्रजित्कुक्षिर्दृढधन्वा रिपुंजयः

Parmi eux se trouvent Uśīnara, Sudhanvā, Vṛṣaparvā, Jayadratha, Raji, Sahasrajit, Kukṣi, Dṛḍhadhanvā et Ripunjaya.

Verse 96

युवनाश्वो दंतवक्त्रो नाभागो रिपुमंगलः । करंधमो धर्मसेनः परमर्दः परांतकः

Sont nommés ici ces rois illustres : Yuvanāśva, Daṃtavaktra, Nābhāga, Ripumaṅgala, Karaṃdhama, Dharmasena, Paramarda et Parāṃtaka.

Verse 97

एते चान्ये च बहवो राजानो नीतिवर्तिनः । धर्माधर्मविचारज्ञाः सुधर्मायां समासते

Ceux-ci, et bien d’autres rois encore, qui vivent selon la juste conduite—habiles à discerner le dharma de l’adharma—sont assis ensemble dans l’assemblée céleste nommée Sudharmā.

Verse 99

गोविंदमाधवमुकुंद हरेमुरारे शंभो शिवेश शशिशेखर शूलपाणे । दामोदराच्युत जनार्दन वासुदेव त्याज्या भटाय इति संततमामनंति

«Govinda, Mādhava, Mukunda, Hari, Murāri ; Śambhu, Śiveśa, Śaśiśekhara, Śūlapāṇi ; Dāmodara, Acyuta, Janārdana, Vāsudeva» — ainsi proclament-ils sans cesse : «Laissez-le, ô soldats de Yama !»

Verse 100

गंगाधरांधकरिपो हरनीलकंठ वैकुंठ कैटभरिपो कमठाब्जपाणे । भूतेशखंडपरशोमृडचंडिकेश त्याज्या भटाय इति संततमामनंति

«Gaṅgādhara, Andhakaripu, Hara, Nīlakaṇṭha ; Vaikuṇṭha, Kaiṭabharipu, Kamaṭha, Abjapāṇi ; Bhūteśa, Khaṇḍaparaśu, Mṛḍa, Caṇḍikeśa» — ainsi déclarent-ils sans relâche : «Laissez-le, ô soldats !»

Verse 110

इत्थं द्विजेंद्र निजभृत्यगणान्सदैव संशिक्षयेदवनिगान्स हि धर्मराजः । अन्येपि ये हरिहरांकधरा धरायां ते दूरतः पुनरहो परिवर्जनीयाः

Ainsi, ô le meilleur des brahmanes, Dharmarāja (Yama) instruit sans cesse sa propre troupe de serviteurs. Quant à ceux qui, sur la terre, ne portent que les marques extérieures de Hari et de Hara—hélas !—il faut encore les éviter de loin, si leur conduite est impure.

Verse 112

इति शृण्वन्कथां रम्यां शिवशर्माप्रियेऽनघाम । प्रहृष्टवक्त्रः पुरतो ददर्शाप्सरसापुरीम्

Entendant ce récit délicieux, l’irréprochable bien-aimée de Śivaśarmā—le visage illuminé de joie—vit devant elle une cité d’Apsaras.