Adhyaya 43
Kashi KhandaPurva ArdhaAdhyaya 43

Adhyaya 43

Agastya demande à Skanda pourquoi Trilocana (Śiva) a quitté Kāśī pour Mandara, et comment le roi Divodāsa est venu régner. Skanda raconte que, par respect pour la parole de Brahmā, Śiva se retire vers Mandara; d’autres divinités abandonnent pareillement leurs sièges sacrés et le suivent. Les assemblées célestes ayant disparu, Divodāsa instaure un règne sans opposition, fait de Vārāṇasī une capitale stable et gouverne selon le prajā-dharma. Le chapitre dresse un tableau civique et moral idéal: chaque classe accomplit son devoir, l’étude et l’hospitalité prospèrent, crimes et abus sont absents, et la cité résonne de récitations védiques et de musique. Les devas ne trouvant aucune faille dans la politique et l’administration du roi (ṣāḍguṇya, caturupāya, etc.), consultent leur précepteur et choisissent une action indirecte. Indra ordonne à Agni (Vaiśvānara) de retirer sa forme établie du territoire; lorsque le feu s’en va, la cuisine rituelle et les offrandes sont troublées, la cuisine royale annonce la disparition de la flamme, et Divodāsa comprend qu’il s’agit d’un stratagème divin. Le texte oppose ainsi la gouvernance exemplaire à la fragilité des systèmes sociaux et rituels sous une pression supra-humaine.

Shlokas

Verse 1

अगस्तिरुवाच । दिवोदासं नरपतिं कथं देवस्त्रिलोचनः । काशीं संत्याजयामास कथमागाच्च मंदरात् । एतदाख्यानमाख्याहि श्रोतॄणां प्रमुदे भगोः

Agastya dit : Comment le Seigneur aux trois yeux en vint-il à quitter Kāśī à cause du roi Divodāsa ? Et comment revint-il de Mandara ? Raconte ce récit sacré pour la joie des auditeurs, ô vénérable.

Verse 2

स्कंद उवाच । मंदरं गतवान्देवो ब्रह्मणो वाक्य गौरवात् । तपसा तस्य संतुष्टो मंदरस्यैव भूभृतः

Skanda dit : Le Seigneur se rendit à Mandara par respect pour l’ordre de Brahmā. Et la montagne Mandara elle-même fut satisfaite de lui par son austérité.

Verse 3

गते विश्वेश्वरे देवे मंदरं गिरिसुंदरम् । गिरिशेन समं जग्मुरपि सर्वे दिवौकसः

Lorsque Viśveśvara, le Seigneur, se rendit à Mandara, la belle montagne, tous les dieux habitants du ciel partirent aussi avec Giriśa.

Verse 4

क्षेत्राणि वैष्णवानीह त्यक्त्वा विष्णुरपि क्षितेः । प्रयातो मंदरं यत्र देवदेव उमाधवः

Délaissant ici-bas les lieux sacrés vaiṣṇavas, Viṣṇu lui aussi se rendit à Mandara, là où demeurait le Dieu des dieux, Umādhava (Śiva avec Umā).

Verse 5

स्थानानि गाणपत्यानि गणेशोपि ततो व्रजत् । हित्वाहमपि विप्रेंद्र गतवान्मंदरं प्रति

Alors même Gaṇeśa s’en alla, délaissant les sanctuaires gāṇapatyas ; et moi aussi, ô meilleur des brahmanes, je partis en direction du mont Mandara.

Verse 6

सूरः सौराणि संत्यज्य गतश्चायतनादरम् । स्वंस्वं स्थानं क्षितौ त्यक्त्वा ययुरन्येपि निर्जराः

Sūrya aussi s’en alla, renonçant aux sanctuaires saura et à leurs demeures vénérées ; et d’autres immortels, de même, quittèrent leurs sièges respectifs sur la terre.

Verse 7

गतेषु देवसंघेषु पृथिव्याः पृथिवीपतिः । चकार राज्यं निर्द्वंद्वं दिवोदासः प्रतापवान्

Lorsque les cohortes des dieux furent parties, Divodāsa, puissant seigneur de la terre, régna sur le royaume sans rival ni trouble.

Verse 8

विधाय राजधानीं स वाराणस्यां सुनिश्चलाम् । एधां चक्रे महाबुद्धिः प्रजाधर्मेण पालयन्

Établissant à Vārāṇasī une capitale inébranlable, ce roi à la grande intelligence la fit prospérer, protégeant le peuple selon le dharma du juste gouvernement.

Verse 9

सूर्यवत्स प्रतपिता दुर्हृदां हृदि नेत्रयोः । सोमवत्सुहृदामासीन्मानसेषु स्वकेष्वऽपि

Tel le soleil, il brûla le cœur et les yeux des malveillants ; tel la lune, il demeura, frais et apaisant, dans l’esprit des amis et de ses propres bienveillants.

Verse 10

अखंडमाखंडलवत्कोदंडकलयन्रणे । पलायमानैरालोकिशत्रुसैन्यबलाहकैः

Inébranlable et irrésistible tel Indra, il brandit l’arc au combat ; et l’on vit les nuées des armées ennemies se disperser dans la fuite.

Verse 11

स धर्मराजवज्जातो धर्माधर्मविवेचकः । अदंड्यान्मण्डयन्राजा दंड्यांश्च परिदंडयन्

Né tel Dharma-rāja lui-même, le roi discernait le dharma de l’adharma : il honorait ceux qui ne méritaient nul châtiment et châtiait fermement ceux qui le méritaient.

Verse 12

धनंजय इवाधाक्षीत्परारण्यान्यनेकशः । पाशीव पाशयांचक्रे वैरिचक्रं विदूरगः

Tel Dhanañjaya (Arjuna), il envahit maintes fois les forêts ennemies ; et tel un porteur de lasso, il entrava les cercles d’adversaires, même de loin.

Verse 13

सोभूत्पुण्यजनाधीशो रिपुराक्षसवर्धनः । जगत्प्राणसमानश्च जगत्प्राणनतत्परः

Il devint seigneur parmi les vertueux, accroissant la ruine des rākṣasas ennemis ; et, tel le souffle vital du monde, il se voua à soutenir la vie de l’univers.

Verse 14

राजराजः स एवाभूत्सर्वेषां धनदः सताम् । स एव रुद्रमूर्तिश्च प्रेक्षिष्ट रिपुभी रणे

Lui seul devint roi des rois, dispensateur de richesses à tous les justes ; et, au combat, il apparut comme Rudra incarné, effrayant pour les ennemis.

Verse 15

विश्वेषां स हि देवानां तपसा रूपधृग्यतः । विश्वेदेवास्ततस्तं तु स्तुवंति च भजंति च

Car, parmi tous les dieux, c’est lui qui—par la puissance de l’ascèse (tapas)—a obtenu l’éclat même de la forme divine. Aussi les Viśvedevās le louent-ils et ne cessent de l’adorer et de le servir.

Verse 16

असाध्यः स हि साध्यानां वसुभ्यो वसुनाधिकः । ग्रहाणां विग्रहधरो दस्रतोऽजस्ररूपभाक्

Il est hors d’atteinte même des Sādhyas, et plus grand que les Vasus. Parmi les grahas qui saisissent et influencent, il porte la puissance d’une maîtrise incarnée ; toujours secourable, il possède des formes sans cesse renouvelées.

Verse 17

मरुद्गणानगणयंस्तुषितांस्तोषयन्गुणैः । सर्वविद्याधरो यस्तु सर्वविद्याधरेष्वपि

Il dénombre et commande les cohortes des Maruts ; par ses vertus il réjouit les Tuṣitas. Il est le détenteur de toutes les connaissances, éminent même parmi les Vidyādharas.

Verse 18

अगर्वानेव गंधर्वान्यश्चक्रे निजगीतिभिः । ररक्षुर्यक्षरक्षांसि तद्दुर्गं स्वर्गसोदरम्

Par ses propres chants, il rendit humbles même les Gandharvas. Et des Yakṣas et des Rākṣasas gardaient cette forteresse, comme une sœur du ciel lui-même.

Verse 19

नागानागांसि चक्रुश्च तस्य नागबलीयसः । दनुजामनुजाकारं कृत्वा तं च सिषेविरे

Même les Nāgas devinrent comme des « non-Nāgas » devant lui, car sa puissance surpassait celle des serpents. Et les Dānavas, prenant forme humaine, le servirent avec dévotion.

Verse 20

जाता गुह्यचरा यस्य गुह्यकाः परितो नृषु । संसेविष्यामहे राजन्नसुरास्त्वां स्ववैभवैः

Pour lui, les Guhyakas cheminent en secret parmi les hommes. «Ô Roi, nous aussi, les Asuras, nous te servirons avec nos propres richesses et puissances.»

Verse 21

वयं यतस्त्वद्विषये सुरावासोऽपि दुर्लभः । अशिक्षयत्क्षितिपतेरिह यस्य तुरंगमान् । आशुगश्चाशुगामित्वं पावमाने पथिस्थितः

Car, dans ton royaume, pour nous, même demeurer parmi les dieux est difficile à obtenir. Ici, il entraîna les chevaux du roi; et, établi sur la voie du Purificateur—le vent—il devint rapide et dispensateur de rapidité.

Verse 22

अगजान्यस्य तु गजान्नगवर्ष्मसुवर्ष्मणः । अजस्र दानिनो दृष्ट्वा भवन्नन्येपि दानिनः

Du seigneur au corps de montagne, au corps resplendissant, naquirent les éléphants. Voyant sa générosité sans cesse, les autres aussi deviennent des donateurs.

Verse 23

सदोजिरे च बोद्धारो योद्धारश्चरणाजिरे । न यस्य शास्त्रैर्विजिता न शस्त्रैः केनचित्क्वचित्

Dans sa propre cour se tiennent sans cesse les sages conseillers et les vaillants guerriers. Nul des siens n’est vaincu par quiconque, nulle part : ni par les traités (savoir et politique) ni par les armes.

Verse 24

न नेत्रविषये जाता विषये यस्यभूभृतः । सदा नष्टपदा द्वेष्यास्तदाऽनष्टपदाः प्रजाः

Dans le royaume de ce roi, nul ennemi ne naît à portée du regard. Les êtres haïssables sont toujours privés d’appui ; ainsi les sujets demeurent en sûreté, sans jamais perdre leur juste place.

Verse 25

कलावानेक एवास्ति त्रिदिवेपि दिवौकसाम् । तस्य क्षोणिभृतः क्षोण्यां जनाः सर्वे कलालयाः

Même dans le triple ciel, parmi les dieux, un seul est vraiment pourvu d’excellence ; mais sur la terre, sous ce souverain qui porte le fardeau du monde, tous les hommes deviennent des demeures d’accomplissement.

Verse 26

एक एव हि कामोस्ति स्वर्गे सोप्यंगवर्जितः । सांगोपांगाश्च सर्वेषां सर्वे कामा हि तद्भुवि

Au ciel, certes, il n’existe qu’une seule sorte de jouissance, et même celle-ci est incomplète ; mais dans ce royaume sur la terre, pour tous se trouvent tous les plaisirs désirés, complets avec chaque partie et chaque ornement.

Verse 27

तस्योपवर्तनेप्येको न श्रुतो गोत्रभित्क्वचित् । स्वर्गे स्वर्गसदामीशो गोत्रभित्परिकीर्तितः

Dans son royaume, on n’entend jamais parler d’un seul « Gotrabhit », briseur de l’ordre des lignées ; tandis qu’au ciel, le maître de l’assemblée céleste est célébré comme Gotrabhit, le fendeur des lignages.

Verse 28

क्षयी च तस्य विषये कोप्याकर्णि न केनचित् । त्रिविष्टपे क्षपानाथः पक्षेपक्षे क्षयीष्यते

Dans son royaume, nul n’entend parler d’aucun « déclin » ; mais dans Triviṣṭapa, le seigneur de la nuit — la Lune — décroît quinzaine après quinzaine.

Verse 29

नाके नवग्रहाः संति देशास्तस्याऽनवग्रहाः

Au ciel se tiennent les neuf puissances planétaires ; mais dans son pays, les contrées sont délivrées des afflictions et des entraves dues aux grahas.

Verse 30

हिरण्यगर्भः स्वर्लोकेप्येक एव प्रकाशते । हिरण्यगर्भाः सर्वेषां तत्पौराणामिहालयाः

Dans le monde céleste, Hiraṇyagarbha (Brahmā) brille, unique ; mais ici, dans les demeures de tous ces habitants, se trouvent des « hiraṇyagarbhas » : abondance et splendeur partout.

Verse 31

सप्ताश्व एकः स्वर्लोके नितरां भासतेंऽशुमान् । सदंशुकाः प्रतिदिनं बह्वश्वास्तत्पुरौकसः

Au ciel, le Soleil éclatant — «celui aux sept chevaux» — brille seul ; mais les habitants de cette cité portent chaque jour des vêtements lumineux, et possèdent aussi de nombreux chevaux.

Verse 32

सदप्सरा यथास्वर्भूस्तत्पुर्यपिसदप्सराः । एकैव पद्मा वैकुंठे तस्य पद्माकराः शतम्

De même que le ciel a des apsaras toujours présentes, de même cette cité a des apsaras sans cesse ; à Vaikuṇṭha il n’y a qu’une seule Padmā, mais pour lui il y a cent lacs de lotus.

Verse 33

अनीतयश्च तद्ग्रामानाराजपुरुषाः क्वचित् । गृहेगृहेत्र धनदा नाक एकोऽलकापतिः

Dans ces villages, point d’injustice, et nulle part d’agents royaux oppressifs ; ici, de maison en maison, la richesse abonde, tandis qu’au ciel il n’y a qu’un seul seigneur d’Alakā, Kubera, dispensateur des biens.

Verse 34

दिवोदासस्य तस्यैवं काश्यां राज्यं प्रशासतः । गतं वर्षं दिनप्रायं शरदामयुताष्टकम्

Ainsi, tandis que Divodāsa administrait le royaume à Kāśī, le temps s’écoula—presque aussi vite qu’un seul jour—huit myriades d’automnes, c’est-à-dire quatre-vingt mille ans.

Verse 35

गीर्वाणा विप्रतीकारमथ तस्य चिकीर्षवः । गुरुणा मंत्रयांचक्रुर्धर्मवर्त्मानुयायिनः

Alors les dieux, désireux d’imaginer une contre-mesure contre lui, tinrent conseil avec leur précepteur, eux qui se disent marcheurs sur la voie du dharma.

Verse 36

भवादृशामिव मुने प्रायशो धर्मचारिणाम् । विबुधा विदधत्येव महतीरापदांततीः

Ô muni, pour ceux qui vivent selon le dharma—et surtout pour des êtres tels que toi—les dieux eux-mêmes suscitent souvent une grande suite d’épreuves.

Verse 37

यद्यप्यसौ धराधीशो व्याधिनोद्दुर्धराध्वरैः । तानध्वरभुजोऽत्यंतं तथापि सुहृदो न ते

Bien que ce seigneur de la terre fût accablé de maux cruels nés de sacrifices difficiles, ces « mangeurs d’offrandes » n’étaient pourtant pas ses véritables amis.

Verse 38

स्वभाव एव द्युसदां परोत्कर्षासहिष्णुता । बलि बाण दधीच्याद्यैरपराद्धं किमत्र तैः

C’est bien la nature des habitants du ciel de ne pouvoir supporter l’excellence d’autrui. Qu’y a-t-il donc d’étonnant à ce qu’ils aient offensé Bali, Bāṇa, Dadhīci et d’autres ?

Verse 39

अंतराया भवंत्येव धर्मस्यापि पदेपदे । तथापि न निजो धर्मो धर्मधीभिर्विमुच्यते

Des obstacles surgissent à chaque pas, même dans la quête du dharma ; pourtant, les sages du dharma n’abandonnent pas leur propre voie juste.

Verse 40

अधर्मिणः समेधंते धनधान्यसमृद्धिभिः । अधर्मादेव च परं समूलं यांत्यधोगतिम्

Les injustes peuvent prospérer en richesses et en moissons ; mais par l’adharma seul, ils finissent par tomber—jusqu’à la racine—dans une destinée de déchéance.

Verse 41

प्रजाः पालयतस्तस्य पुत्रानिव निजौरसान् । रिपुंजयस्य नाल्पोपि बभूवाधर्मसंग्रहः

En protégeant ses sujets comme ses propres fils nés de lui, chez Ripuṃjaya ne s’amassa pas la moindre trace d’adharma.

Verse 42

षाड्गुण्यवेदिनस्तस्य त्रिशक्त्यूर्जितचेतसः । चतुरोपायवित्तस्य न रंध्रं विविदुः सुराः

Les dieux ne trouvèrent en lui aucune brèche : connaisseur des six principes de la politique royale, l’esprit affermi par les trois puissances, et maître des quatre moyens d’action.

Verse 43

बुद्धिमंतोपि विबुधा विप्रतीकर्तुमुद्यताः । मनागपि न संशेकुरपकर्तुं तदीशितुः

Bien qu’intelligents, les dieux, désireux de s’opposer, n’osèrent pas même un instant porter atteinte à sa souveraineté.

Verse 44

एकपत्नीव्रताः सर्वे पुमांसस्तस्य मंडले । नारीषु काचिन्नैवासीदपतिव्रतधर्मिणी

Dans son royaume, tous les hommes observaient le vœu d’une seule épouse ; et parmi les femmes, on n’en trouvait aucune qui s’écartât du dharma de fidélité à son époux.

Verse 45

अनधीतो न विप्रोभूदशूरोनैव बाहुजः । वैश्योनभिज्ञो नैवासीदर्थोपार्जनकर्मसु

Dans ce royaume, nul brāhmane n’était sans savoir ; nul kṣatriya n’était privé de vaillance ; et nul vaiśya n’ignorait les devoirs d’acquérir et de préserver la richesse — chaque varṇa affermi dans son propre dharma.

Verse 46

अनन्यवृत्तयः शूद्रा द्विजशुश्रूषणं प्रति । तस्य राष्ट्रे समभवन्दिवोदासस्य भूपतेः

Dans le royaume du roi Divodāsa, les śūdras ne suivaient qu’un seul mode de vie : le service des dvija, les « deux fois nés », demeurant fermes et réglés dans leur devoir prescrit.

Verse 47

अविप्लुत ब्रह्मचर्यास्तद्राष्ट्रे ब्रह्मचारिणः । नित्यं गुरुकुलाधीना वेदग्रहणतत्पराः

Dans ce royaume, les brahmacārins gardaient sans faille leur discipline de chasteté ; toujours soumis à la maison du guru, ils s’appliquaient à recevoir et à retenir le Veda.

Verse 48

आतिथ्यधर्मप्रवणा धर्मशास्त्रविचक्षणाः । नित्यसाधुसमाचारा गृहस्थास्तस्य सर्वतः

Dans tout son royaume, les gṛhasthas, maîtres de maison, étaient portés au dharma de l’hospitalité, versés dans les enseignements du Dharmaśāstra, et constants dans la conduite des justes.

Verse 49

तृतीयाश्रमिणो यस्मिन्वनवृत्तिकृतादराः । निःस्पृहा ग्रामवार्तासु वेदवर्त्मानुसारिणः

Là, ceux du troisième āśrama (vānaprastha) vénéraient avec ferveur la voie de la vie forestière ; sans désir pour les affaires du village, ils suivaient le sentier prescrit par le Veda.

Verse 50

सर्वसंगविनिर्मुक्ता निर्मुक्ता निष्परिग्रहाः । वाङ्मनःकर्मदंडाढ्या यतयो यत्र निःस्पृहाः

Là, les ascètes étaient affranchis de tout attachement — délivrés, sans possessions — riches seulement de la discipline de la parole, de l’esprit et de l’acte, et totalement sans désir.

Verse 51

अन्येनुलोमजन्मानः प्रतिलो मभवा अपि । स्वपारंपर्यतो दृष्टं मनाग्वर्त्म न तत्यजुः

D’autres — nés d’unions anuloma ou même pratiloma — n’abandonnèrent pas, fût-ce un instant, la voie reconnue dans leur propre lignée ; ils demeurèrent fermes dans la juste conduite héritée.

Verse 52

अनपत्या न तद्राष्ट्रे धनहीनोपि कोपि न । अवृद्धसेवी नो कश्चिदकांडमृतिभाक्च न

Dans ce royaume, nul n’était sans descendance, et nul — fût-il pauvre — n’était privé de subsistance. Personne ne servait ce qui est indigne, et nul ne connaissait une mort avant l’heure.

Verse 53

न चाटा नैव वाचाटा वंचका नो न हिंसकाः । न पाषंडा न वै भंडा न रंडा न च शौंडिकाः

Il n’y avait ni flatteurs ni hâbleurs tapageurs ; ni trompeurs ni hommes violents. Il n’y avait ni pāṣaṇḍas, ni bouffons, ni femmes délaissées, ni ivrognes.

Verse 54

श्रुतिघोषो हि सर्वत्र शास्त्रवादः पदेपदे । सर्वत्र सुभगालापा मुदामंगलगीतयः

Partout retentissait la psalmodie de la śruti ; à chaque pas se tenait l’enseignement du śāstra ; et en tous lieux s’élevaient de gracieuses paroles et des chants joyeux de bon augure.

Verse 55

वीणावेणुप्रवादाश्च मृदंगा मधुरस्वनाः । सोमपानं विनान्यत्र पानगोष्ठी न कर्णगा

On entend la vīṇā et les flûtes, et les mṛdaṅga aux sons suaves ; mais nulle part ne parvient à l’oreille une assemblée de boisson, sauf là où l’on boit le Soma.

Verse 56

मांसाशिनः पुरोडाशे नैवान्यत्र कदाचन । न दुरोदरिणो यत्र नाधमर्णा न तस्कराः

Les mangeurs de viande ne se rencontrent qu’à l’occasion de l’offrande de puroḍāśa, jamais autrement. En ce pays, point de joueurs, point de débiteurs infâmes, point de voleurs.

Verse 57

पुत्रस्य पित्रोः पदयोः पूजनं देवपूजनम् । उपवासो व्रतं तीर्थं देवताराधनं परम्

Pour le fils, vénérer les pieds de ses parents, c’est vénérer les dieux. Le jeûne est son vœu ; il est son pèlerinage ; il est l’adoration suprême du Divin.

Verse 58

नारीणां भर्तृपद् योरर्चनं तद्वचःश्रुतिः । समर्चयंति सततमनुजा निजमग्रजम्

Pour les femmes, il est déclaré comme dharma de vénérer les pieds de l’époux et d’écouter avec attention ses paroles. De même, les cadets honorent sans cesse leur aîné.

Verse 59

सपर्ययंति मुदिता भृत्याः स्वामिपदांबुजम् । हीनवर्णैरग्रवर्णो वर्ण्यते गुणगौरवैः

Dans la joie, les serviteurs rendent hommage aux pieds de lotus de leur maître. Même ceux de rang inférieur louent le plus élevé, tant le poids et la grandeur de ses vertus sont immenses.

Verse 60

वरिवस्यंति भूयोपि त्रिकालं काशिदेवताः । सर्वत्र सर्वे विद्वांसः समर्च्यंते मनोरथैः

Encore et encore, trois fois par jour, les divinités de Kāśī sont adorées avec révérence. Partout, tous les savants sont honorés selon leurs vœux et leurs aspirations légitimes.

Verse 61

विद्वद्भिश्च तपोनिष्ठास्तपोनिष्ठैर्जितेंद्रियाः । जितेंद्रियैर्ज्ञाननिष्ठा ज्ञानिभिः शिवयोगिनः

Les savants soutiennent ceux qui demeurent voués à l’ascèse; les ascètes soutiennent ceux qui ont vaincu les sens; les vainqueurs des sens soutiennent ceux qui sont fermes dans la connaissance; et les connaisseurs soutiennent les yogins de Śiva.

Verse 62

मंत्रपूतं महार्हं च विधियुक्तं सुसंस्कृतम् । वाडवानां मुखाग्नौ च हूयतेऽहर्निशं हविः

Les oblations, purifiées par les mantras—précieuses, accomplies selon la règle et soigneusement préparées—sont offertes jour et nuit dans le feu-bouche des Vāḍavas.

Verse 63

वापीकूपतडागानामारामाणां पदेपदे । शुचिभिर्द्रव्यसंभारैः कर्तारो यत्र भूरिशः

À chaque pas se trouvent des bâtisseurs de puits, de bassins, de réservoirs et de jardins, nombreux, qui fournissent des approvisionnements de matériaux purs et abondants.

Verse 64

यद्राष्ट्रे हृष्टपुष्टाश्च दृश्यंते सर्वजातयः । अनिंद्यसेवा संपन्ना विनामृगयु सौनिकान्

Dans ce royaume, toutes les communautés se voient joyeuses et bien nourries, pourvues d’occupations et de services irréprochables—sans chasseurs ni bouchers.

Verse 65

इत्थं तस्य महीजानेः सर्वत्र शुचिवर्तिनः । उन्मिषंतोप्यनिमिषा मनाक्छिद्रं न लेभिरे

Ainsi, en tout lieu, les gardiens vigilants qui, dans la pureté, entouraient ce roi né de la terre ne trouvèrent pas la moindre brèche—bien qu’ils veillassent sans ciller, même lorsqu’ils clignaient.

Verse 67

गुरुरुवाच । संधिविग्रहयानास्ति सं श्रयं द्वैधभावनम् । यथा स राजा संवेत्ति न तथात्रापि कश्चन

Le Guru dit : «Quant aux traités et aux hostilités, à la marche et à l’immobilité, à la recherche d’un refuge et à la conduite d’une double politique—nul ici ne comprend ces choses comme ce roi les comprend».

Verse 68

अथोवाचामर गुरुर्देवानपचिकीर्षुकान् । तस्मिन्राजनि धर्मिष्ठे वरिष्ठे मंत्रवेदिषु

Alors le Guru des Immortels s’adressa aux dieux qui voulaient agir contre lui, parlant de ce roi—très juste, éminent, et le meilleur parmi ceux qui connaissent la puissance des mantras.

Verse 69

तेन यद्यपि भूभर्त्रा भूमेर्देवा विवासिताः । तथापि भूरिशस्तत्र संत्यस्मत्पक्षपातिनः

Bien que, par ce seigneur de la terre, les dieux aient été chassés du pays, il s’y trouve pourtant beaucoup de gens dévoués à notre camp et portés à nous favoriser.

Verse 70

कालो निमिषमात्रोपि यान्विना न सुखं व्रजेत् । अस्माकमपि तस्यापि संति ते तत्र मानिताः

Ne fût-ce qu’un clin d’œil, le temps ne s’écoule pas avec douceur sans eux ; pour nous comme pour lui, ceux-là mêmes y sont honorés.

Verse 71

अंतर्बहिश्चरा नित्यं सर्वविश्रंभ भूमयः । समागतेषु तेष्वत्र सर्वं नः सेत्स्यति प्रियम्

Ils vont sans cesse au-dedans et au-dehors, lieux d’une confiance parfaite ; lorsqu’ils viendront ici, tout ce qui nous est cher s’accomplira.

Verse 72

समाकर्ण्य च ते सर्वे त्रिदशा गीष्पतीरितम् । निर्णीतवंतस्तस्यार्थं तस्मादंतर्बहिश्चरान् । अभिनंद्याथ तं सर्वे प्रोचुरित्थं भवेदिति

Ayant entendu ce que déclara Gīṣpati (Bṛhaspati), tous les dieux saisirent son dessein. Aussi, approuvant ceux qui vont au-dedans et au-dehors, ils acquiescèrent tous et dirent : « Qu’il en soit ainsi ».

Verse 73

ततः शक्रः समाहूय वीतिहोत्रं पुरःस्थितम् । ऊचे मधुरया वाचा बहुमानपुरःसरम्

Alors Śakra (Indra), ayant mandé Vītihotra qui se tenait devant lui, parla d’une voix douce, précédée d’un grand respect.

Verse 74

हव्यवाहन या मूर्तिस्तव तत्र प्रतिष्ठिता । तामुपासंहर क्षिप्रं विषयात्तस्य भूपतेः

« Ô Havyavāhana (Feu), la forme de toi qui est établie là-bas, retire-la promptement du pouvoir de ce roi ».

Verse 75

समागतायां तन्मूर्तौ सर्वानष्टाग्रयः प्रजाः । हव्यकव्यक्रियाशून्या विरजिष्यंति राजनि

Quand cette manifestation se retire, les peuples perdent tout leur ordre le plus éminent ; privés des rites d’offrandes aux devas et aux ancêtres (havya et kavya), ils tomberont dans la négligence et le désarroi sous ce roi.

Verse 76

प्रजासु च विरक्तासु राज्यकामदुघासु वै । कृच्छ्रेणोपार्जितोऽपार्थो राजशब्दो भविष्यति

Quand les peuples se détachent—bien que le royaume soit la vache nourricière qui donne tous les gains désirés—le titre de « roi », même acquis au prix de peines, devient creux et sans fin.

Verse 77

प्रजानां रंजनाद्राजा येयं रूढिरुपार्जिता । तस्यां रूढ्यां प्रनष्टायां राज्यमेव विनंक्ष्यति

Parce qu’il réjouit et soutient les peuples, on l’appelle « rājā » : tel est le sens établi. Quand ce lien même et ce sens se perdent, le royaume lui-même périt.

Verse 78

प्रजाविरहितो राजा कोशदुर्गबलादिभिः । समृद्धोप्यचिरान्नश्येत्कूलसंस्थ इव द्रुमः

Un roi sans sujets—fût-il riche de trésors, de forteresses, d’armées et autres—périra bientôt, tel un arbre dressé sur une berge que le fleuve ronge.

Verse 79

त्रिवर्गसाधनाहेतुः प्राक्प्रजैव महीपतेः । क्षीणवृत्त्यां प्रजायां वै त्रिवर्गः क्षीयते स्वयम्

Pour un roi, le premier moyen d’accomplir les trois buts de la vie, c’est le peuple lui-même. Quand la subsistance du peuple s’amoindrit, les trois—dharma, artha et kāma—déclinent d’eux-mêmes.

Verse 80

क्षीणे त्रिवर्गे संक्षीणा गतिर्लोकद्वयात्मिका

Lorsque les trois buts sont épuisés, la voie de l’être—touchant aux deux mondes, ici-bas et l’au-delà—s’amoindrit aussi.

Verse 81

इतींद्रवचनाद्वह्निरह्नाय क्षोणिमंडलात् । आचकर्ष निजां मूर्तिं योगमाया बलान्वितः

Ainsi, sur l’ordre d’Indra, Vahni retira promptement sa propre forme du cercle de la terre, fortifié par la puissance de la yogamāyā.

Verse 82

निन्ये न केवलं त्रेतां जाठराग्निमपि प्रभुः । वज्रिणो वचसा वह्निर्निजशक्तिसमन्वितम्

Par la parole du porteur du Vajra (Indra), le puissant Vahni emporta non seulement le feu de la Tretā, mais aussi le feu digestif, avec sa puissance propre.

Verse 83

वह्नौ स्वर्लोकमापन्ने जाते मध्यंदिने नृपः । कृतमाध्याह्निकस्तूर्णं प्राविशद्भोज्यमंडपम्

Lorsque Vahni fut parti pour Svarga et que le midi advint, le roi—ayant promptement accompli les rites de midi—entra dans la salle du repas.

Verse 84

महानसाधिकृतयो वेपमानास्ततो मुहुः । क्षुधार्तमपि भूपालमिदं मंदं व्यजिज्ञपन्

Alors les intendants de la cuisine royale, tremblant sans cesse, annoncèrent doucement au roi—bien qu’il fût tourmenté par la faim—cette affaire.

Verse 85

सूपकारा ऊचुः । अत्यहस्करतेजस्क प्रतापविजितानल । किंचिद्विज्ञप्तुकामाः स्मोप्यकांडेरणपंडित

Les cuisiniers dirent : «Ô toi dont l’éclat surpasse le soleil, dont la vaillance triomphe même du feu ! Ô sage, habile à détourner les accidents soudains, nous désirons soumettre une humble requête.»

Verse 86

यदि विश्रुणयेद्राजन्भवानभयदक्षिणाम् । तदा विज्ञापयिष्यामः प्रबद्धकरसंपुटाः

Si toi, ô Roi, tu consens à écouter et à nous accorder une dakṣiṇā de protection (assurance de sécurité), alors nous exposerons notre rapport, les paumes jointes et les mains pieusement repliées.

Verse 87

भ्रूसंज्ञयाकृतादेशाः प्रशस्तास्येनभूभुजा । मृदु विज्ञापयांचक्रुः पाकशालाधिकारिणः

Ayant reçu l’ordre du roi par un simple signe de ses sourcils—son visage rayonnant d’approbation—les responsables de la cuisine royale présentèrent doucement leur requête.

Verse 88

न जानीमो वयं नाथ त्वत्प्रतापभयार्दितः । कुसृत्याथ कया विद्वान्नष्टो वैश्वानरः पुरात्

Nous ne le savons pas, ô Seigneur ; accablés par la crainte de ta majesté, nous ne pouvons dire par quelle voie fautive ni pour quelle cause le sage Vaiśvānara, le Feu sacré, a jadis disparu de la cité.

Verse 89

कृशानौ कृशतां प्राप्ते कथं पाकक्रिया भवेत् । तथापि सूर्यपाकेन सिद्धा पक्तिर्हि काचन

Quand le feu lui-même s’est affaibli, comment l’œuvre de la cuisson pourrait-elle s’accomplir ? Et pourtant, quelque cuisson s’est faite grâce à la chaleur du soleil.

Verse 90

प्रभोरादेशमासाद्य तामिहैवानयामहे । मन्यामहे च भूजाने पक्तिरद्यतनी शुभा

Ayant reçu l’ordre du Seigneur, nous l’amènerons ici sur-le-champ ; et nous pensons, ô roi, que le repas et la cuisson d’aujourd’hui seront véritablement de bon augure.

Verse 91

श्रुत्वांधसिकवाक्यं स महासत्त्वो महामतिः । नृपतिश्चिंतयामास देवानां वै कृतं त्विदम्

Entendant les paroles de ces hommes égarés, le roi, grand d’âme et plein de sagesse, réfléchit : «Assurément, ceci a été accompli par les dieux».

Verse 92

क्षणं संशीलयंस्तत्र ददर्श तपसोबलात् । न केवलं जहौ गेहं हुतभुक्चौदरीर्दरीः

Après avoir considéré un instant la chose en ce lieu, par la force de son ascèse il vit : le Feu, Hutabhuk, n’avait pas seulement quitté sa demeure, mais s’était retiré dans les cavernes du ventre, ses repaires intérieurs.

Verse 93

अप्यहासीदितोलोकाज्जगाम च सुरालयम् । भवत्विह हि का हानिरस्माकं ज्वलने गतै

Oui, il a quitté ce monde et s’en est allé vers la demeure des dieux. «Qu’il en soit ainsi ; quelle perte y a-t-il pour nous ici, si nous sommes entrés dans le feu ?»

Verse 94

तेषामेवविचाराच्च हानिरेषा सुपर्वणाम् । तद्बलेन च किं राज्यं मयेदमुररीकृतम्

Par leur propre manœuvre et leur délibération, cette perte est advenue aux êtres divins. Et si la royauté ne repose que sur leur puissance, qu’est donc ce royaume que j’ai pris pour mien ?

Verse 95

पितामहेन महतो गौरवात्प्रतिपादितम् । इति चिंतयतस्तस्य मध्यलोकशतक्रतोः

«Cela fut accordé et établi par le grand Pitāmaha, par respect sacré». Ainsi, tandis que Śatakratu, seigneur du monde médian, y réfléchissait, le récit se poursuit.

Verse 96

पौराः समागता द्वारि सह जानपदैर्नरैः । द्वास्थेन चाज्ञया राज्ञस्ततस्तेंतः प्रवेशिताः

Les gens de la cité se rassemblèrent à la porte, avec des hommes venus des campagnes. Puis, sur l’ordre du roi, le portier les fit entrer.

Verse 97

दत्त्वोपदं यथार्हं ते प्रणेमुः क्षोणिवज्रिणम् । केचित्संभाषिता राज्ञादरसोदरया गिरा

Après avoir offert, selon leurs moyens, les présents convenables, ils se prosternèrent devant le roi, «le foudre de la terre». À certains, le roi adressa des paroles pleines de chaleur et d’égards.

Verse 98

केचिच्च समुदा दृष्ट्या केचिच्च करसंज्ञया । विसर्जिता सना राज्ञा बहुमानपुरःसरम्

Les uns furent congédiés d’un regard levé, les autres d’un signe de la main ; le roi les renvoya, l’honneur marchant devant eux.

Verse 99

तेजिरे भेजिरे सर्वे रत्नार्चिः परिसेविते । विजितामोदसंदोहे सुरानोकहसौरभैः । राज्ञः शतशलाकस्थच्छत्रस्यच्छाययाशुभे

Tous resplendirent et prirent place au milieu de l’éclat des joyaux et des parures scintillantes. Sous l’ombre propice du parasol royal—dressé sur cent hampes—dont le parfum surpassait celui des arbres célestes, ils demeurèrent dans la joie.

Verse 100

विशांपतिरथोवाच तन्मुखच्छाययेरितम् । विज्ञाय तदभिप्रायमलंभीत्या पुरौकसः

Alors le seigneur du peuple, le roi, parla, poussé par l’expression de leurs visages. Ayant compris leur intention, les gens de la cité, délivrés de la crainte, écoutèrent avec recueillement.

Verse 110

अस्मत्कुले मूलभूतो भास्करो मान्य एव नः । स तिष्ठतु सुखेनात्र यातायातं करोतु च

«Bhāskara est la racine et le fondement de notre lignée, et il est vraiment digne de notre vénération. Qu’il demeure ici dans le bonheur, et qu’il aille et vienne en toute liberté.»