
Le chapitre se déploie comme un dialogue théologique : Uttānapāda demande à Īśvara de préciser quand accomplir le śrāddha, la dāna (don) et le pèlerinage. Īśvara répond par une classification calendaire des moments favorables au śrāddha—tithis nommés au fil des mois, transitions d’ayāna, aṣṭakā, saṅkrānti, vyatīpāta et contextes d’éclipses—affirmant que les dons offerts alors portent un fruit « akṣaya », un mérite impérissable. Le propos se tourne ensuite vers la discipline dévotionnelle : jeûne à l’ekādaśī de la quinzaine claire de Madhu-māsa, veille nocturne près des pieds de Viṣṇu, culte avec encens, lampes, offrandes, guirlandes et récitation de récits sacrés antérieurs ; le japa des sūkta védiques est présenté comme purificateur et salvateur. Le texte prescrit encore un śrāddha matinal, avec un hommage scrupuleux aux brāhmaṇa et une dāna selon ses moyens—or, vaches, vêtements—promettant une satisfaction durable aux pitṛ. Vient ensuite un itinéraire de pèlerinage : au trayodaśī, on visite un liṅga dans une grotte, identifié à Markaṇḍeśvara, établi par le sage Markaṇḍeya après de sévères tapas et une pratique yogique. Les observances dans la grotte comprennent bain rituel, upavāsa, maîtrise des sens, veille, don de lampes, ablution de la divinité au pañcāmṛta/pañcagavya et vaste mantra-japa (avec des comptes de Sāvitrī). Le texte insiste sur la pātra-parīkṣā (aptitude du récipiendaire) et décrit des offrandes « mentales » au moyen de huit « fleurs » culminant en vertus : ahiṃsā, indriya-nigraha, dayā, kṣamā, dhyāna, tapas, jñāna, satya. Il se clôt par une liste élargie de dāna (véhicules, grains, outils agricoles, surtout go-dāna), exaltant le mérite incomparable lors des éclipses et affirmant que là où l’on voit une vache, tous les tīrtha sont présents ; se souvenir du tīrtha, y revenir, ou y mourir, est dit rapprocher de Rudra.
Verse 1
उत्तानपाद उवाच । काले तत्क्रियते कस्मिञ्छ्राद्धं दानं तथेश्वर । यात्रा तत्र प्रकर्तव्या तिथौ यस्यां वदाशु तत्
Uttānapāda dit : Ô Seigneur, à quel moment faut-il accomplir le śrāddha et le don sacré (dāna) ? Et à quelle tithi lunaire doit-on entreprendre le pèlerinage en ce lieu ? Dis-le-moi sans tarder.
Verse 2
ईश्वर उवाच । पितृतीर्थं यथा पुण्यं सर्वकामिकमुत्तमम् । इदं तीर्थं तथा पुण्यं स्नानदानादितर्पणैः
Le Seigneur dit : De même que le Pitṛ-tīrtha est d’un mérite suprême et accorde tous les buts désirés, de même ce tīrtha est méritoire, par le bain sacré, le don et les offrandes de tarpaṇa.
Verse 3
विशेषेण तु कुर्वीत श्राद्धं सर्वयुगादिषु । मन्वन्तरादयो वत्स श्रूयन्तां च चतुर्दश
Tout particulièrement, on doit accomplir le Śrāddha avec soin à tous les commencements des Yuga et aux autres conjonctions sacrées. À présent, cher enfant, écoute les quatorze (périodes saintes) à partir des Manvantara.
Verse 4
अश्वयुक्छुक्लनवमी द्वादशी कार्त्तिकस्य च । तृतीया चैत्रमासस्य तथा भाद्रपदस्य च
La neuvième tithi de la quinzaine claire d’Āśvayuja ; la douzième de Kārttika ; la troisième du mois de Caitra ; et de même la troisième de Bhādrapada : telles sont des occasions de bon augure.
Verse 5
आषाढस्यैव दशमी माघस्यैव तु सप्तमी । श्रावणस्याष्टमी कृष्णा तथाषाढस्य पूर्णिमा
Sont aussi de bon augure la dixième tithi d’Āṣāḍha, la septième de Māgha, la huitième de la quinzaine sombre de Śrāvaṇa, et de même la pleine lune d’Āṣāḍha.
Verse 6
फाल्गुनस्य त्वमावास्या पौषस्यैकादशी सिता । कार्त्तिकी फाल्गुनी चैत्री ज्यैष्ठी पञ्चदशी तथा
La nouvelle lune de Phālguna ; l’Ekādaśī de la quinzaine claire de Pauṣa ; et le quinzième jour (pleine lune) en Kārttika, Phālguna, Caitra et aussi en Jyaiṣṭha — tout cela est compté parmi les temps sacrés.
Verse 7
मन्वन्तरादयश्चैते अनन्तफलदाः स्मृताः । अयने चोत्तरे राजन्दक्षिणे श्राद्धमाचरेत्
Ces occasions, à commencer par les Manvantaras, sont tenues pour conférer des fruits sans fin. Et, ô Roi, l’on doit accomplir le Śrāddha aussi bien durant l’Uttarāyaṇa que durant le Dakṣiṇāyaṇa, aux saisons des solstices nord et sud.
Verse 8
कार्त्तिकी च तथा माघी वैशाखस्य तृतीयिका । पौर्णमासी च चैत्रस्य ज्येष्ठस्य च विशेषतः
La pleine lune de Kārttika et de même celle de Māgha ; le troisième jour lunaire de Vaiśākha ; et les pleines lunes de Caitra et, tout particulièrement, de Jyaiṣṭha — (ce sont aussi des temps sacrés honorés).
Verse 9
अष्टकासु च संक्रान्तौ व्यतीपाते तथैव च । श्राद्धकाला इमे सर्वे दत्तमेष्वक्षयं स्मृतम्
Aux jours d’Aṣṭakā, lors de la Saṅkrānti (les entrées solaires) et de même au Vyatīpāta — tous ceux-ci sont des temps de Śrāddha ; ce qui est donné en ces occasions est tenu pour impérissable quant à son mérite.
Verse 10
मधुमासे सिते पक्ष एकादश्यामुपोषितः । निशि जागरणं कुर्याद्विष्णुपादसमीपतः
Au mois de Madhu (Caitra), à l’Ekādaśī de la quinzaine claire, après avoir jeûné, l’on doit veiller durant la nuit près de la sainte « Empreinte du Pied de Viṣṇu ».
Verse 11
धूपदीपादिनैवेद्यैः स्रङ्मालागुरुचन्दनैः । अर्चां कुर्वन्ति ये विष्णोः पठेयुः प्राक्तनीं कथाम्
Ceux qui rendent un culte à Viṣṇu avec encens, lampes et offrandes de nourriture—avec guirlandes, parfums et santal—doivent réciter l’antique récit sacré du Seigneur.
Verse 12
ऋग्यजुःसाममन्त्रोक्तं सूक्तं जपति यो द्विजः । सर्वपापविनिर्मुक्तो विष्णुलोकं स गच्छति
Le dvija qui répète le sūkta transmis par les mantras des Veda Ṛg, Yajus et Sāma est délivré de tous les péchés et gagne le monde de Viṣṇu.
Verse 13
प्रातः श्राद्धं प्रकुर्वीत द्विजान् सम्पूज्य यत्नतः । दानं दद्याद्यथाशक्ति गोहिरण्याम्बरादिकम्
Le matin, on doit accomplir le śrāddha en honorant avec soin les dvija (brāhmaṇa). Selon ses moyens, qu’on fasse le dāna : vaches, or, vêtements et autres dons.
Verse 14
पितरस्तस्य तृप्यन्ति यावदाभूतसम्प्लवम् । श्राद्धदस्तु व्रजेत्तत्र यत्र देवो जनार्दनः
Ses ancêtres demeurent comblés jusqu’à la fin de la dissolution cosmique. Et celui qui accomplit le śrāddha gagne le séjour où réside le Seigneur Janārdana (Viṣṇu).
Verse 15
त्रयोदश्यां ततो गच्छेद्गुहावासिनि लिङ्गके । दृष्ट्वा मार्कण्डमीशानं मुच्यते सर्वपातकैः
Ensuite, au jour de trayodaśī, le treizième jour lunaire, qu’on se rende au liṅga demeurant dans la grotte. En voyant le Seigneur Īśāna comme Mārkaṇḍa (Mārkaṇḍeśvara), on est délivré de toutes les fautes.
Verse 16
उत्तानपाद उवाच । गुहामध्ये महादेव लिङ्गं परमशोभितम् । येन प्रतिष्ठितं देव तन्ममाख्यातुमर्हसि
Uttānapāda dit : «Ô Mahādeva, au cœur de la grotte se trouve un liṅga d’une splendeur suprême. Ô Seigneur, par qui fut-il établi ? Daigne me l’enseigner.»
Verse 17
ईश्वर उवाच । त्रिषु लोकेषु विख्यातो मार्कण्डेयो मुनीश्वरः । दिव्यं वर्षसहस्रं स तपस्तेपे सुदारुणम्
Īśvara dit : «Mārkaṇḍeya, seigneur parmi les sages, est renommé dans les trois mondes. Durant mille années divines, il accomplit un tapas d’une austérité extrême.»
Verse 18
गुहामध्यं प्रविष्टोऽसौ योगाभ्यासमुपाश्रितः । लिङ्गं तु स्थापितं तेन मार्कण्डेश्वरसंज्ञितम्
Il pénétra au plus profond de la grotte et se réfugia dans la discipline du yoga. Là, il établit un liṅga, qui fut nommé Mārkaṇḍeśvara.
Verse 19
तत्र स्नात्वा च यो भक्त्या सोपवासो जितेन्द्रियः । तत्र जागरणं कुर्वन् दद्याद्दीपं प्रयत्नतः
Quiconque s’y baigne avec dévotion, en jeûnant et les sens maîtrisés, et y veille en observance, doit aussi, avec soin, offrir une lampe.
Verse 20
देवस्य स्नपनं कुर्यान्मृतैः पञ्चभिस्तथा । यथा शक्त्या समालभ्य पूजां कुर्याद्यथाविधि
Qu’on accomplisse aussi le bain rituel (snapana) de la Divinité avec les cinq substances dites « mṛta ». Puis, rassemblant selon ses moyens, qu’on accomplisse le culte conformément au rite.
Verse 21
स्वशाखोत्पन्नमन्त्रैश्च जपं कुर्युर्द्विजातयः । सावित्र्यष्टसहस्रं तु शताष्टकमथापि वा
Les deux-fois-nés doivent accomplir le japa avec les mantras issus de leur propre branche védique. En particulier, qu’ils récitent la Sāvitrī huit mille fois, ou bien cent huit fois.
Verse 22
एतत्कृत्वा नृपश्रेष्ठ जन्मनः फलमाप्नुयात् । चतुर्दश्यां तु वै स्नात्वा पूजां कृत्वा यथाविधि
Après avoir fait cela, ô le meilleur des rois, on obtient le véritable fruit de la naissance. Et au quatorzième tithi (caturdaśī), après s’être baigné, qu’on accomplisse le culte selon la règle.
Verse 23
पात्रं परीक्ष्य दातव्यमात्मनः श्रेय इच्छता । पितरस्तस्य तृप्यन्ति द्वादशाब्दान्यसंशयम्
Celui qui recherche son bien suprême ne doit donner qu’après avoir éprouvé la dignité du récipiendaire. Car les Pitṛs (ancêtres) de ce donateur sont assurément comblés pendant douze ans.
Verse 24
दाता स गच्छते तत्र यत्र भोगाः सनातनाः । गुहामध्ये प्रविष्टस्तु लोटयेच्चैव शक्तितः
Ce donateur parvient au domaine où les jouissances sont éternelles. Et, étant entré dans la grotte intérieure (du lieu sacré), qu’il s’y roule selon sa force.
Verse 25
नीले गिरौ हि यत्पुण्यं तत्समस्तं लभन्ति ते । शूलभेदे तु यः कुर्याच्छ्राद्धं पर्वणि पर्वणि
Tout le mérite qui se trouve à Nīlagiri (la Montagne Bleue), ils l’obtiennent en totalité — ceux qui accomplissent le Śrāddha à Śūlabheda, à chaque observance lunaire sacrée, encore et encore.
Verse 26
विशेषाच्चैत्रमासान्ते तस्य पुण्यफलं शृणु । केदारे चैव यत्पुण्यं गङ्गासागरसङ्गमे
Écoute, tout particulièrement, le fruit du mérite à la fin du mois de Caitra. Le mérite acquis à Kedāra, et au lieu où le Gaṅgā rejoint l’océan—
Verse 27
सितासिते तु यत्पुण्यमन्यतीर्थे विशेषतः । अर्बुदे विद्यते पुण्यं पुण्यं चामरपर्वते
Le mérite particulier que l’on trouve dans d’autres tīrthas durant les quinzaines claire et sombre, ce même mérite se trouve à Arbuda, et aussi à Amara-parvata.
Verse 28
गयादिसर्वतीर्थानां फलमाप्नोति मानवः । विधिमन्त्रसमायुक्तस्तर्पयेत्पितृदेवताः
L’être humain obtient le fruit de tous les tīrthas, à commencer par Gayā, lorsque—muni de la juste procédure et des mantras—il offre le tarpaṇa aux divinités Pitṛ.
Verse 29
कुलानां तारयेद्विंशं दश पूर्वान् दशापरान् । दक्षिणस्यां ततो मूर्तौ शुचिर्भूत्वा समाहितः
Il délivre vingt lignées de la famille : dix générations avant et dix après. Puis, devenu pur et recueilli, qu’il dirige le rite vers la forme du Sud (la direction des Pitṛ).
Verse 30
न्यासं कृत्वा तु पूर्वोक्तं प्रदद्यादष्टपुष्पिकाम् । शास्त्रोक्तैरष्टभिः पुष्पैर्मानसैः शृणु तद्यथा
Après avoir accompli le nyāsa précédemment exposé, qu’il offre le culte des «huit fleurs». Écoute comment cela se fait : avec huit fleurs mentales enseignées par les śāstras.
Verse 31
वारिजं सौम्यमाग्नेयं वायव्यं पार्थिवं पुनः । वानस्पत्यं भवेत्षष्ठं प्राजापत्यं तु सप्तमम्
Les fleurs (de l’esprit) sont : celle née de l’eau, la lunaire, l’ignée, l’aérienne et, de nouveau, la terrestre ; la sixième est la végétale, et la septième est la prājāpatya, relevant de Prajāpati.
Verse 32
अष्टमं शिवपुष्पं स्यादेषां शृणु विनिर्णयम् । वारिजं सलिलं ज्ञेयं सौम्यं मधुघृतं पयः
La huitième est la fleur de Śiva. Écoute la détermination de celles-ci : la fleur née de l’eau doit être reconnue comme l’eau ; la fleur lunaire comme le miel, le ghee et le lait.
Verse 33
आग्नेयं धूपदीपाद्यं वायव्यं चन्दनादिकम् । पार्थिवं कन्दमूलाद्यं वानस्पत्यं फलात्मकम्
Les offrandes relevant du principe du Feu sont l’encens, les lampes et autres semblables ; celles du principe du Vent sont le santal et les parfums analogues. Celles nées de la Terre sont les bulbes, les racines et autres ; et celles nées des plantes sont les fruits dans leur forme même.
Verse 34
प्राजापत्यं तु पाठाद्यं शिवपुष्पं तु वासना । अहिंसा प्रथमं पुष्पं पुष्पमिन्द्रियनिग्रहः
L’offrande de type prājāpatya est la récitation (pāṭha) et autres semblables ; et la « fleur de Śiva » est le parfum pur, la disposition affinée. La non-violence (ahiṃsā) est la première fleur, et la maîtrise des sens est aussi une fleur.
Verse 35
तृतीयं तु दया पुष्पं क्षमा पुष्पं चतुर्थकम् । ध्यानपुष्पं तपः पुष्पं ज्ञानपुष्पं तु सप्तमम्
La troisième fleur est la compassion ; la quatrième fleur est le pardon. La méditation est une fleur ; l’austérité (tapas) est une fleur ; et la fleur de la connaissance est proclamée la septième.
Verse 36
सत्यं चैवाष्टमं पुष्पमेभिस्तुष्यन्ति देवताः । भक्त्या तपस्विनः पूज्या ज्ञानिनश्च नराधिप
La Vérité est, en effet, la huitième fleur : par elles les divinités sont comblées. Avec dévotion, il faut honorer les ascètes et les sages, ô roi.
Verse 37
छत्रमावरणं दद्यादुपानद्युगलं तथा । तेन पूजितमात्रेण पूजिताः पुरुषास्त्रयः
Qu’on donne un parasol, un vêtement de protection, et de même une paire de sandales. Par ce seul hommage rendu à un digne, les trois Puruṣas sont honorés.
Verse 38
स्वर्गलोके वसेत्तावद्यावदाभूतसम्प्लवम् । शूलपाणेस्तु भक्त्या वै जाप्यं कुर्वन्ति ये नराः
Il demeure au séjour céleste tant que ne survient pas la dissolution cosmique des êtres. Ceux qui, avec dévotion au Seigneur au trident, accomplissent le japa, obtiennent ce mérite.
Verse 39
पञ्चामृतैः पञ्चगव्यैर्यक्षकर्दमकुङ्कुमैः । समालभेत देवेशं श्रीखण्डागुरुचन्दनैः
Qu’on oigne le Seigneur des dieux avec les cinq nectars et les cinq produits de la vache, avec pâte parfumée et safran ; et avec santal précieux, agaru et chandana.
Verse 40
नानाविधैश्च ये पुष्पैरर्चां कुर्वन्ति शूलिनः । निशि जागरणं कुर्युर्दीपदानं प्रयत्नतः
Ceux qui adorent le Porteur du trident avec des fleurs de toutes sortes doivent veiller la nuit et, avec ardeur, offrir le don des lampes.
Verse 41
धूपनैवेद्यकं दद्यात्पठेत्पौराणिकीं कथाम् । तत्र स्थाने स्थिता भक्त्या जपं कुर्वन्ति ये नराः
Qu’on offre l’encens et les offrandes de nourriture, puis qu’on récite un récit sacré des Purāṇa. Ceux qui, demeurant en ce lieu saint avec dévotion, accomplissent le japa—obtiennent le mérite énoncé.
Verse 42
श्रीसूक्तं पौरुषं सूक्तं पावमानं वृषाकपिम् । वेदोक्तैश्चैव मन्त्रैश्च रौद्रीं वा बहुरूपिणीम्
On peut réciter le Śrī Sūkta, le Pauruṣa Sūkta, les hymnes Pāvamāna et l’hymne Vṛṣākapi ; ainsi que des mantras védiques—soit la Raudrī (à Rudra), soit la Bahurūpiṇī aux formes multiples.
Verse 43
ब्राह्मणान् पूजयेद्भक्त्या पूजयित्वा प्रणम्य च । नानाविधैर्महाभोगैः शिवलोके महीयते
Qu’on honore les Brāhmaṇa avec dévotion ; les ayant vénérés et s’étant incliné, on est magnifié dans le monde de Śiva, jouissant de multiples grands délices célestes.
Verse 44
अग्निमित्यादि जाप्यानि ऋग्वेदी जपते तु यः । रुद्रान् पुरुषसूक्तं च श्लोकाध्यायं च शुक्रियम्
Celui qui, étant Ṛgvedin, récite en japa les mantras commençant par « Agnim… », avec les hymnes à Rudra, le Puruṣa-sūkta et le saint chapitre de vers nommé Śukriya—
Verse 45
इषेत्वा दिकमन्त्रौघं ज्योतिर्ब्राह्मणमेव च । गायत्र्यं वै मधु चैव मण्डलब्राह्मणानि च
—et de même (récite) les ensembles de Dik-mantras, le Jyotir-brāhmaṇa, la Gāyatrī, le Madhu (hymnes), ainsi que les Maṇḍala-brāhmaṇa.
Verse 46
एताञ्जप्यांस्तु यो भक्त्या यजुर्वेदी जपेद्यदि । देवव्रतं वामदेव्यं पुरुषर्षभमेव च
Si un adepte du Yajurveda récite avec dévotion ces japa mêmes—Devavrata, Vāmadevya, et aussi Puruṣarṣabha—
Verse 47
बृहद्रथान्तरं चैव यो जपेद्भक्तितत्परः । स प्रयाति नरः स्थानं यत्र देवो महेश्वरः
Et celui qui, tout entier voué à la dévotion, récite le Bṛhadrathāntara, atteint la demeure où réside le Seigneur Maheśvara.
Verse 48
पादशौचं तथाभ्यङ्गं कुरुते योऽत्र भक्तितः । गोदाने चैव यत्पुण्यं लभते नात्र संशयः
Quiconque ici, par dévotion, accomplit le lavage des pieds et l’onction d’huile, obtient le même mérite que celui du don d’une vache; là-dessus, nul doute.
Verse 49
ब्राह्मणान् भोजयेत्तत्र मधुना पायसेन च । एकस्मिन् भोजिते विप्रे कोटिर्भवति भोजिता
Là, l’on doit nourrir les brāhmaṇas de miel et de riz au lait sucré; lorsqu’un seul brāhmaṇa est nourri, c’est comme si un crore l’avait été.
Verse 50
सुवर्णं रजतं वस्त्रं दद्याद्भक्त्या द्विजोत्तमे । तर्पितास्तेन देवाः स्युर्मनुष्याः पितरस्तथा
Avec dévotion, l’on doit offrir or, argent et vêtements à un brāhmaṇa éminent; par cet acte, les devas sont apaisés, ainsi que les hommes et les ancêtres.
Verse 51
। अध्याय
Chapitre — colophon sacré de l’adhyāya.
Verse 52
अश्वं रथं गजं यानं तुलापुरुषमेव च । शकटं यः प्रदद्याद्वा सप्तधान्यप्रपूरितम्
Quiconque offre un cheval, un char, un éléphant, un véhicule, et même l’offrande du tulāpuruṣa—ou fait don d’un chariot rempli des sept sortes de grains—
Verse 53
सयोक्त्रं लाङ्गलं दद्याद्युवानौ तु धुरंधरौ । गोभूतिलहिरण्यादि पात्रे दातव्यमर्चितम्
Qu’on donne la charrue avec son joug, ainsi qu’une paire de jeunes et puissants animaux de trait. De plus, vaches, grains et récoltes, or et autres biens doivent être offerts—après avoir honoré comme il se doit le récipiendaire digne.
Verse 54
अपात्रे विदुषा किंचिन्न देयं भूतिमिच्छता । यतोऽसौ सर्वभूतानि दधाति धरणी किल
Le sage qui recherche la vraie prospérité ne doit rien donner à l’indigne ; car la Terre, en vérité, soutient tous les êtres.
Verse 55
ततो विप्राय सा देया सर्वसस्यौघमालिनी । अथान्यच्छृणु राजेन्द्र गोदानस्य तु यत्फलम्
C’est pourquoi elle (la vache) doit être donnée à un brāhmaṇa—elle, parée de l’abondance des moissons et des récoltes. Écoute maintenant encore, ô meilleur des rois, le fruit qui naît du don d’une vache.
Verse 56
यावद्वत्सस्य पादौ द्वौ मुखं योन्यां प्रदृश्यते । तावद्गौः पृथिवी ज्ञेया यावद्गर्भं न मुञ्चति
Tant que les deux pieds et le visage du veau apparaissent dans le sein, qu’on sache que la vache est la Terre elle-même, jusqu’à ce qu’elle délivre le fœtus.
Verse 57
येन केनाप्युपायेन ब्राह्मणे तां समर्पयेत् । पृथ्वी दत्ता भवेत्तेन सशैलवनकानना
Par quelque moyen que ce soit, qu’on l’offre à un brāhmane ; par cet acte, c’est la Terre elle-même qui est tenue pour donnée, avec ses montagnes, forêts et bosquets.
Verse 58
तारयेन्नियतं दत्ता कुलानामेकविंशतिम् । रौप्यखुरीं कांस्यदोहां सवस्त्रां च पयस्विनीम्
Lorsqu’une telle vache est assurément donnée, elle délivre infailliblement vingt et une générations. (Qu’on offre) une vache donnant du lait, aux sabots ornés d’argent, au récipient de traite en bronze, et pourvue de tissus.
Verse 59
ये प्रयच्छन्ति कृतिनो ग्रस्ते सूर्ये निशाकरे । तेषां संख्यां न जानामि पुण्यस्याब्दशातैरपि
De ces êtres heureux et vertueux qui donnent en aumône lorsque le soleil ou la lune est éclipsé, je ne puis connaître la mesure du mérite, fût-ce en des centaines d’années.
Verse 60
सर्वस्यापि हि दानस्य संख्यास्तीह नराधिप । चन्द्रसूर्योपरागे च दानसंख्या न विद्यते
Pour toute forme de don, il existe en ce monde une mesure de fruit, ô roi des hommes ; mais lors des éclipses de la lune et du soleil, la mesure du fruit du don n’est pas connaissable.
Verse 61
यत्र गौर्दृश्यते राजन् सर्वतीर्थानि तत्र हि । तत्र पर्व विजानीयान्नात्र कार्या विचारणा
Là où l’on voit une vache, ô Roi, s’y trouvent en vérité tous les tīrtha sacrés. Sache que ce lieu est un parva, une observance sainte ; nul besoin d’en débattre davantage.
Verse 62
पुनः स्मृत्वा तु तत्तीर्थं यः कुर्याद्गमनं नरः । अथवा म्रियते योऽत्र रुद्रस्यानुचरो भवेत्
Celui qui, se souvenant à nouveau de ce tīrtha, se met en route vers lui —ou même celui qui y meurt— devient un serviteur et compagnon de Rudra.