Adhyaya 32
Nagara KhandaTirtha MahatmyaAdhyaya 32

Adhyaya 32

Sūta raconte la sainteté d’un illustre āśrama des Saptarṣi situé dans un kṣetra de bon augure, et prescrit des observances calendaires : se baigner au jour de pleine lune/quinzième de Śrāvaṇa procure les fruits désirés, et un śrāddha accompli avec de simples nourritures de forêt vaut, par son mérite, de grands sacrifices de soma. Pour Bhādrapada śukla-pañcamī, il expose un rite d’adoration successive avec des mantras nommant Atri, Vasiṣṭha, Kaśyapa, Bharadvāja, Gautama, Kauśika (Viśvāmitra), Jamadagni et Arundhatī. Le récit se tourne ensuite vers une famine : une sécheresse de douze ans fait s’effondrer les normes sociales ; les sages affamés sont tentés de transgresser. Le roi Vṛṣādarbhi les met à l’épreuve, mais ils refusent l’« acceptation de dons royaux » (pratigraha), jugée périlleuse sur le plan éthique. Le roi cache de l’or dans des fruits d’udumbara ; les sages rejettent la richesse dissimulée et enseignent l’aparigraha (non-appropriation), le contentement et l’expansion sans fin du désir. À Camatkārapura-kṣetra, ils rencontrent un mendiant au visage de chien (révélé ensuite comme Indra/Purandara) qui leur enlève des tiges de lotus pour susciter vœux et admonitions morales. Indra dévoile l’épreuve, loue leur absence d’avidité et offre des bienfaits. Les sages demandent une sainteté durable pour leur āśrama, lieu destructeur de péché ; Indra accorde que le śrāddha accompli là en Śrāvaṇa réalise les buts, et que les rites sans désir mènent à la mokṣa. Les sages demeurent en tapas, atteignent un état impérissable et établissent un Śiva-liṅga dont la vue et le culte apportent purification et délivrance ; la phalaśruti finale affirme que le récit de cet āśrama prolonge la vie et détruit le péché.

Shlokas

Verse 1

। सूत उवाच । तथान्योऽस्ति द्विजश्रेष्ठास्तस्मिन्क्षेत्रे शुभावहे । सप्तर्षीणां सुविख्यात आश्रमः सर्वकामदः

Sūta dit : De plus, ô meilleurs des brāhmaṇas, dans ce lieu sacré et de bon augure se trouve un autre endroit : l’āśrama renommé des Sept Ṛṣis, dispensateur de l’accomplissement de tous les désirs.

Verse 2

तत्र श्रावणमासस्य पंचदश्यां समाहितः । यः करोति नरः स्नानं स लभेद्वांछितं फलम्

Là, au quinzième jour lunaire du mois de Śrāvaṇa, tout homme qui, l’esprit recueilli, accomplit le bain sacré, obtient le fruit désiré.

Verse 3

कन्दमूलफलैः शाकैर्यस्तत्र श्राद्धमाचरेत् । स प्राप्नोति फलं कृत्स्नं राजसूयाश्वमेधयोः

Quiconque y accomplit le Śrāddha avec des racines, des tubercules, des fruits et des légumes obtient le mérite entier des sacrifices Rājasūya et Aśvamedha.

Verse 4

पंचम्यां शुक्लपक्षे तु मासि भाद्रपदे द्विजाः । यस्तान्पूजयते भक्त्या पुष्पधूपानुलेपनैः । विधिनानेन विप्रेन्द्राः सर्वानेव यथाक्रमम्

Ô deux-fois-nés : au cinquième jour de la quinzaine claire du mois de Bhādrapada, celui qui les adore avec dévotion—par des fleurs, de l’encens et des onguents—selon ce rite prescrit, ô meilleur des brāhmaṇas, et en honorant chacun dans l’ordre convenable—(obtient le mérite énoncé).

Verse 5

ॐ अत्रये नमः । ॐ वसिष्ठाय नमः । ॐ कश्यपाय नमः । ॐ भरद्वाजाय नमः । ॐ गौतमाय नमः । ॐ कौशिकाय नमः । ॐ जमदग्नये नमः । ॐ अरुंधत्यै नमः । पूजामंत्रः । जह्नुकन्यापवित्रांगा गृहीतजपमालिकाः । गृह्णंत्वर्घं मया दत्तमृषयः सर्वकामदाः

«Oṃ, hommage à Atri. Oṃ, hommage à Vasiṣṭha. Oṃ, hommage à Kaśyapa. Oṃ, hommage à Bharadvāja. Oṃ, hommage à Gautama. Oṃ, hommage à Kauśika. Oṃ, hommage à Jamadagni. Oṃ, hommage à Arundhatī»—tels sont les mantras d’adoration. «Ô ṛṣi, dont les corps sont purifiés par la fille de Jahnu (Gaṅgā) et qui tenez le rosaire du japa : recevez l’arghya que je vous offre—ô dispensateurs de tous les buts désirés.»

Verse 6

ऋषय ऊचुः । तत्र सप्तर्षिभिस्तीर्थं कस्मिन्काले व्यवस्थितम् । विस्तरात्सूतज ब्रूहि परं कौतूहलं हि नः

Les sages dirent : «En ce lieu, à quelle époque le tīrtha fut-il établi par les Sept Ṛṣi (Saptarṣi) ? Ô fils de Sūta, dis-le-nous en détail, car notre curiosité est immense.»

Verse 7

सूत उवाच । अनावृष्टिः पुरा जाता लोके द्वादशवार्षिकी । सर्वोषधिक्षयो जातस्ततो लोकाः क्षयार्दिताः

Sūta dit : «Autrefois, une sécheresse de douze années s’abattit sur le monde. Toutes les herbes médicinales et les récoltes s’épuisèrent ; ainsi les hommes furent accablés par la ruine et le déclin.»

Verse 8

अस्थिशेषा निरुत्साहास्त्यक्तधर्मव्रतक्रियाः । अभक्ष्यभक्षणपरास्तथैवापेयपायिनः

Réduits à l’état d’ossements et privés d’élan, ils abandonnèrent le dharma, les vœux (vrata) et les devoirs rituels. Ils se mirent à manger ce qui ne doit pas être mangé, et de même à boire ce qui ne doit pas être bu.

Verse 9

त्यजंति मातरः पुत्रान्कलत्राणि तथा नराः । भृत्यान्स्वानपि वित्तेशाः का कथान्यसमुद्भवान्

Les mères abandonnaient leurs fils, et les hommes abandonnaient leurs épouses. Même les riches délaissaient leurs propres serviteurs—que dire alors de ceux des autres maisons ?

Verse 10

संत्यक्तान्यग्निहोत्राणि ब्राह्मणैर्याजकैरपि । व्रतानि व्रतिभिर्दांतैरपि वृद्धतमैर्द्विजाः

Même les brāhmanes qui officiaient comme prêtres abandonnèrent les rites de l’Agnihotra ; même les gardiens de vœux, pourtant disciplinés—oui, même les plus âgés des deux-fois-nés—renoncèrent à leurs observances.

Verse 11

दृश्यते चैव यत्रैव सस्यं वापि कथंचन । ह्रियते लज्जया हीनैस्तत्र क्षुत्क्षामकैर्नरैः

Partout où l’on apercevait, fût-ce à peine, quelque récolte de grains, elle était aussitôt emportée par des hommes amaigris par la faim, privés de toute pudeur.

Verse 12

एवमन्नक्षये जाते पीडिते धरणीतले । सप्तर्षयः क्षुधाविष्टा बभ्रमुस्तत्रतत्र च

Ainsi, lorsque la nourriture fut épuisée et que la surface de la terre fut accablée, les Sept Ṛṣi, saisis par la faim, errèrent de lieu en lieu.

Verse 13

अत्रिश्चैव वसिष्ठश्च कश्यपः सुमहातपाः । भरद्वाजस्तथा चान्यो गौतमः संशितव्रतः । कौशिको जमदग्निश्च तथैवारुंधती सती

Atri et Vasiṣṭha, et Kaśyapa aux austérités puissantes ; Bharadvāja, et aussi Gautama, ferme dans ses vœux ; Kauśika et Jamadagni, ainsi que la vertueuse Arundhatī, la sātī chaste.

Verse 14

अथ तेषां समस्तानां चंडाभूत्परिचारिका । पशुवक्त्रस्तथा भृत्यो विनयेन समवितः

Alors, devant eux tous, apparut une femme caṇḍāla servant d’assistante ; et aussi un serviteur au visage semblable à celui d’un animal—tous deux empreints d’une courtoisie humble et soumise.

Verse 15

ततस्ते विषयं प्राप्ता वृषादर्भिमहीपतेः । क्षुत्क्षामा मुनयोऽत्यर्थं देशे चानर्तसंज्ञके

Ensuite ils parvinrent au royaume du roi Vṛṣādarbhī ; les sages, extrêmement amaigris par la faim, arrivèrent dans la contrée appelée Anarta.

Verse 17

ततस्तैः पतितो भूमौ दृष्टो मृतकुमारकः । मंत्रयित्वा मिथः पश्चाद्गृहीतो भक्षणाय च

Alors ils virent un garçon mort gisant à terre ; après s’être consultés entre eux, ils le prirent—même dans l’intention de le manger.

Verse 18

अपचन्यावदग्नौ तं क्षुधया परिपीडिताः । वृषादर्भिर्नृपः प्राप्तः श्रुत्वा तेषां विचेष्टितम्

Tourmentés par la faim, ils se mirent à le cuire sur le feu ; alors le roi Vṛṣādarbhī arriva, ayant appris leur acte effroyable.

Verse 19

वृषादर्भिरुवाच । किमिदं गर्हितं कर्म क्रियते मुनिसत्तमाः । राक्षसानामयं धर्मो महामांसस्य भक्षणम्

Vṛṣādarbhī dit : «Quel est donc cet acte blâmable que vous accomplissez, ô meilleurs des sages ? Manger de la chair grossière est la règle même des Rākṣasas.»

Verse 20

सोऽहं सस्यं प्रदास्यामि ग्रामान्व्रीहीन्यवानपि । मम वाक्यादसंदिग्धं त्यजर्ध्वं मृतबालकम्

«Je vous donnerai des grains—des villages, du riz et de l’orge aussi. Fiez-vous à ma parole sans hésiter ; laissez cet enfant mort.»

Verse 21

ऋषय ऊचुः । प्रायश्चित्तं समादिष्टं महामांसस्य भक्षणात् । प्रतिग्रहस्य भूपाला दापत्कालेऽपि नो नृप

Les sages dirent : « Une expiation a été prescrite pour avoir mangé de la chair grossière ; et, ô roi, même en temps de calamité, l’acceptation de dons (pratigraha) n’est pas pour nous. »

Verse 22

पश्चात्तपश्चरिष्यामो महामांससमुद्भवम् । पातकं नाशयिष्यामो भक्षयामो वयं ततः

«Ensuite, nous pratiquerons les austérités (tapas) afin d’effacer le péché né de la chair grossière ; ayant détruit cette faute, alors nous mangerons.»

Verse 23

वृषादर्भि रुवाच । प्रतिग्रहो द्विजातीनां प्रोक्ता वृत्तिरनिंदिता । ग्राह्यो मत्तस्ततः सर्वैर्नात्र कार्या विचारणा

Vṛṣādarbhi dit : «L’acceptation des dons (pratigraha) est déclarée être, pour les deux-fois-nés (dvija), un moyen de subsistance sans blâme. Ainsi, vous tous, recevez de moi ; ici, nul besoin de délibérer.»

Verse 24

ऋषय ऊचुः । राज प्रतिग्रहो घोरो मध्वास्वादो विषोपमः । स दूराद्ब्राह्मणैस्त्याज्यो विशेषात्कृतिभिर्नृप

Les sages dirent : «Ô roi, l’acceptation des dons est redoutable : douce au goût comme le miel, mais semblable au poison. Aussi les brāhmaṇas doivent-ils l’éviter de loin, surtout les clairvoyants et accomplis, ô souverain.»

Verse 25

दशसूनासमश्चक्री दशचक्रिसमो ध्वजी । दश ध्वजिसमा वेश्या दशवेश्यासमो नृपः

Un « cakrī » équivaut à dix abatteurs ; un « dhvajī » équivaut à dix « cakrī » ; une prostituée équivaut à dix « dhvajī » ; et un roi équivaut à dix prostituées.

Verse 26

दशसूनासहस्रेण तुल्यो राजप्रतिग्रहः । कस्तस्य प्रतिगृह्णाति लोभाढ्यो ब्राह्मणो यथा

Le don royal (rāja-pratigraha) équivaut à mille fois dix abatteurs. Qui accepterait un tel présent, sinon un brāhmaṇa enflé d’avidité ?

Verse 27

रौरवादिषु सर्वेषु नरकेषु स पच्यते । तस्माद्गच्छ गृहे भूप स्वस्ति तेऽस्तु सदैव हि

Il est cuit dans tous les enfers, à commencer par Raurava. Aussi, ô roi, retourne en ta demeure ; que le bien-être soit à toi pour toujours.”

Verse 28

वयमन्यत्र यास्यामो ग्रहीष्यामो न ते धनम् । एवमुक्त्वाथ ते सर्वे मुनयः शंसितव्रताः

« Nous irons ailleurs ; nous n’accepterons pas ta richesse. » Ayant ainsi parlé, tous ces munis—aux vœux loués—se préparèrent à partir.

Verse 29

परित्यज्य कुमारं तं मृतं तमपि भूमिपम् । चमत्कारपुरं क्षेत्रं समुद्दिश्य ततो ययुः

Laissant derrière eux ce prince mort—et même ce roi—ils se mirent en route, tournant leur esprit vers le kṣetra sacré de Camatkārapura.

Verse 30

सोऽपि राजा ततस्तैस्तु भर्त्सितोऽतिरुषान्वितः । जिज्ञासार्थं ततस्तेषां चक्रे कर्म द्विजोत्तमाः

Ce roi aussi—réprimandé par eux et rempli d’une grande colère—alors, pour les éprouver, trama un acte contre ces brāhmaṇas d’élite.

Verse 31

ततः सुवर्णपूर्णानि विधायोदुम्बराणि च । तेषां मार्गाग्रतो भूमौ समंतादथ चाक्षिपत्

Alors, ayant préparé des récipients d’udumbara remplis d’or, il les jeta à terre de tous côtés, devant les sages, sur leur route.

Verse 32

सूत उवाच । अथ ते मुनयो दृष्ट्वा पतितानि धरातले । उदुम्बराणि संदृष्ट्वा जगृहुः क्षुधयार्दिताः

Sūta dit : Alors ces sages, voyant les récipients d’udumbara tombés à terre, les prirent, tourmentés par la faim.

Verse 33

अथ तानि समालक्ष्य गुरूणि मुनिसत्तमाः । अत्रिरेकं परिस्फोट्य सुवर्णं वीक्ष्य चाब्रवीत्

Puis les meilleurs des sages, constatant leur lourdeur, Atri en fendit un ; et, voyant l’or à l’intérieur, il parla.

Verse 34

अत्रिरुवाच । नास्माकं मुनयोऽज्ञानं नास्माकं गृहबुद्धयः । हैमानिमान्विजानंतो ग्रहीष्याम उदुम्बरान्

Atri dit : « Nous, les sages, ne sommes pas ignorants, ni portés vers la vie de maison. Sachant que ceci est de l’or (trompeur), nous prendrons plutôt les fruits d’udumbara. »

Verse 35

तस्मादेतानि संत्यज्य हेमगर्भाणि दूरतः । उदुम्बराणि यास्यामः फलानि विगतस्पृहाः

Ainsi, rejetant au loin ces choses au ventre d’or, nous irons vers les fruits d’udumbara, délivrés de tout désir.

Verse 36

सार्वभौमो महीपाल एकोऽन्यश्च निरीहकः । सुभगस्तु तयोर्नित्यं भूयाद्भूयो निरीहकः

L’un peut être un souverain universel, protecteur de la terre; l’autre peut être sans désir, sans effort. Pourtant, entre les deux, le véritablement bienheureux—encore et encore—est celui qui est libre de toute convoitise.

Verse 37

धर्मार्थमपि विप्राणां संचयोऽर्थस्य गर्हितः । प्रक्षालनाद्धि पंकस्य दूरादस्पर्शनं वरम्

Même au nom du dharma, l’accumulation de richesses par les brāhmaṇas est blâmée. Mieux que de laver la boue, c’est de ne pas la toucher du tout, en restant au loin.

Verse 38

त्यजतः संचयान्सर्वान्यांति हानिमुपद्रवाः । न हि सर्वार्थवान्कश्चिद्दृश्यते निरुपद्रवः

Pour celui qui renonce à toute thésaurisation, les troubles s’éloignent et perdent leur puissance. Car nul n’est vu posséder toutes les richesses et demeurer pourtant sans calamité.

Verse 39

निर्धनत्वं तथा राज्यं तुलायां धारयेद्बुधः । अकिंचनत्वमधिकं जायते संमतिर्मम

Que le sage pèse sur une balance la pauvreté et la royauté. Mon avis mûrement réfléchi est que ne rien posséder (akiñcana) est le bien supérieur.

Verse 40

कश्यप उवाच । अनर्थोऽयं मुने प्राप्तो यदर्थस्य परिग्रहः । अर्थैश्वर्यविमूढात्मा श्रेयसा मुच्यते हि सः

Kaśyapa dit : «Ô sage, voici un malheur : que soit née l’appropriation des richesses. Celui dont l’esprit est égaré par l’opulence et le pouvoir n’est, en vérité, délivré que par le Bien suprême (śreyas).»

Verse 41

अर्थसंपद्विमोहाय विमोहो नरकाय च । तस्मादर्थं प्रयत्नेन श्रेयोऽर्थी दूरतस्त्यजेत्

La richesse engendre l’égarement, et l’égarement mène à l’enfer. C’est pourquoi celui qui recherche le Bien suprême doit, avec effort, rejeter la richesse et s’en tenir éloigné.

Verse 42

योर्थेन साध्यते धर्मः क्षयिष्णुः स प्रकीर्तितः । यः पुनस्तपसा साध्यः स मोक्षायेति मे मतिः

Le dharma accompli par la richesse est déclaré périssable. Mais ce qui est accompli par l’austérité (tapas), selon mon avis, mène à la délivrance (mokṣa).

Verse 43

भरद्वाज उवाच । जीर्यंति जीर्यतः केशा दंता जीर्यंति जीर्यतः । चक्षुः श्रोत्रे तथा पुंसस्तृष्णैका तरुणायते

Bharadvāja dit : Quand l’homme vieillit, ses cheveux vieillissent ; ses dents vieillissent ; ses yeux et ses oreilles vieillissent aussi. Pourtant, seule la tṛṣṇā — la soif du désir — demeure toujours jeune en lui.

Verse 44

सूच्या सूत्रं यथा वस्त्रं संचारयति सूचिका । तद्वत्संसारसूत्रं च वांछयात्मा नयत्यसौ

De même que l’aiguille fait passer le fil à travers l’étoffe, ainsi le Soi, poussé par la convoitise, entraîne le fil du saṃsāra, la ronde des renaissances.

Verse 45

यथा शृंगं हि कायेन वर्द्धमानेन वर्धते । तद्वत्तृष्णापि वित्तेन वर्द्धमानेन वर्द्धते

De même que les cornes grandissent avec le corps qui grandit, ainsi la tṛṣṇā — la soif du désir — grandit lorsque la richesse s’accroît.

Verse 46

अनंतपारा दुष्पूरा तृष्णा दुःखशतावहा । अधर्मबहुला चैव तस्मात्तां परिवर्जयेत्

Le désir n’a pas de rive ultime, il est difficile à combler et apporte des centaines de peines; il abonde en adharma—qu’on l’abandonne donc.

Verse 47

गौतम उवाच । संतुष्टः केन चाल्योऽस्ति फलैरपि विवर्जितः । सर्वोपीन्द्रियलौल्येन संकटे भ्रमति द्विजाः

Gautama dit : Qui peut ébranler celui qui est content, même s’il est privé de tout fruit ? Pourtant, tous, par l’instabilité envers les sens, errent dans la détresse, ô brāhmaṇas.

Verse 48

सर्वत्र संपदस्तस्य संतुष्टं यस्य मानसम् । उपानद्गूढपादस्य ननु चर्मास्तृतेव भूः

Pour celui dont l’esprit est content, la prospérité est partout. Pour qui a les pieds couverts de sandales, la terre est comme si elle était tapissée de cuir.

Verse 49

संतोषामृततृप्तानां यत्सुखं शांतचेतसाम् । कुतस्तद्धनलुब्धानामितश्चेतश्च धावताम्

Le bonheur de ceux dont l’esprit paisible est rassasié par le nectar du contentement—comment pourrait-il appartenir aux avides de richesse, dont l’esprit court de-ci de-là ?

Verse 50

असंतोषः परं दुःखं संतोषः परमं सुखम् । सुखार्थी पुरुषस्तस्मात्संतुष्टः सततं भवेत्

Le mécontentement est la peine suprême ; le contentement est la joie suprême. Ainsi, celui qui cherche le bonheur doit demeurer toujours content.

Verse 51

विश्वामित्र उवाच । कामं कामयमानस्य यदि कामः स सिध्यति । तथान्यो जायते पुंसस्तत्क्षणादेव कल्पितः

Viśvāmitra dit : Même si le désir de l’homme qui désire s’accomplit, à l’instant même un autre désir naît en lui, tout juste imaginé.

Verse 52

न जातु कामी कामानां सहस्रैरपि तुष्यति । हविषा कृष्णवर्त्मेव वांछा तस्य विवर्धते

L’homme asservi au désir n’est jamais comblé, fût-ce par des milliers de jouissances ; tel un feu nourri d’oblations, sa convoitise ne fait que croître.

Verse 53

कामानभिलषन्मोहान्न नरः सुखमाप्नुयात् । श्येनालयतरुच्छायां व्रजन्निव कपिञ्जलः

L’homme, abusé par l’illusion en convoitant les désirs, n’atteint pas le bonheur ; tel le francolin qui va se reposer à l’ombre de l’arbre où demeure l’épervier.

Verse 54

नित्यं सागरपर्यन्तां यो भुङ्क्ते पृथिवीमिमाम् । तुल्याश्मकाश्चनश्चैव स कृतार्थो महीपतेः

Quand bien même un roi jouirait jour après jour de cette terre bordée par l’océan, ce n’est que lorsque, pour lui, pierre et or deviennent égaux, qu’un souverain est vraiment accompli.

Verse 55

जमदग्निरुवाच । योऽर्थं प्राप्याधमो विप्रः शोचितव्येपि हृष्यति । न च पश्यति मन्दात्मा नरकं चा कुतोभयः

Jamadagni dit : Un brāhmane vil, ayant obtenu des richesses, se réjouit même de ce qui devrait être pleuré. Cette âme obtuse ne voit pas l’enfer ; d’où pourrait venir la crainte ?

Verse 56

प्रतिग्रहसमर्थानां निवृत्तानां प्रतिग्रहात् । य एव ददतां लोकास्त एवाप्रतिगृह्णताम्

Pour ceux qui, capables de recevoir des dons, s’en abstiennent: les mêmes mondes atteints par les donateurs sont aussi atteints par ceux qui ne reçoivent pas.

Verse 57

अरुन्धत्युवाच । बिसतंतुर्यथाऽनन्तो नालमासाद्य संस्थितः । तृष्णा चैवमनाद्यन्ता स्थिता देहे शरीरिणाम्

Arundhatī dit : «Comme la fibre du lotus paraît sans fin, établie dans sa tige, ainsi la soif du désir, sans commencement ni terme, demeure dans le corps des êtres incarnés».

Verse 58

या दुस्त्यजा दुर्मतिभिर्या न जीर्यति जीर्यतः । याऽसौ प्राणान्तिको रोगस्तां तृष्णां त्यजतः सुखम्

Cette soif que les esprits égarés peinent à abandonner; qui ne vieillit pas quand nous vieillissons; qui est une maladie menant jusqu’à la mort : en renonçant à cette soif, on trouve le bonheur.

Verse 60

पशुमुख उवाच यदाचरन्ति विद्वांसः सदा धर्मपरायणाः । तदेव विदुषा कार्यमात्मनो हितमिच्छता

Paśumukha dit : «Ce que pratiquent les savants, toujours voués au dharma, c’est cela même que doit accomplir l’homme sage qui cherche son véritable bien».

Verse 62

चमत्कारपुरेक्षेत्रे विविशुस्ते ततः परम् । ददृशुः सहसा प्राप्तं परिव्राजं शुनोमुखम्

Puis ils entrèrent dans le kṣetra sacré de Cāmatkārapura. Là, ils virent soudain un mendiant errant qui venait d’arriver : Śunomukha.

Verse 63

तेनैव सहितास्तत्र गत्वा किञ्चिद्वनान्तरम् । दृष्टवन्तस्ततो हृद्यं सरः पंकजशोभितम्

Accompagnés de lui, ils s’avancèrent un peu dans la forêt ; puis ils virent un lac délicieux, embelli de lotus.

Verse 64

ततो बुभुक्षयाविष्टा बिसान्यादाय भूरिशः । तीरे निक्षिप्य सरसश्चक्रुः पुण्यां जल क्रियाम्

Puis, saisis par la faim, ils cueillirent en grand nombre des tiges de lotus ; les déposant sur la rive du lac, ils accomplirent un rite d’eau méritoire.

Verse 65

अथोत्तीर्यजलात्सर्वे ते समेत्य परस्परम् । बिसानि तान्यपश्यन्त इदं वचनमब्रुवन्

Alors tous sortirent de l’eau et se rassemblèrent. Ne voyant plus ces tiges de lotus, ils se dirent ces paroles les uns aux autres.

Verse 66

ऋषय ऊचुः । केन क्षुधाभितप्तानामस्माकं निर्दयात्मना । मृणालानि समस्तानि स्थानादस्माद्धृतानि च

Les sages dirent : « Qui donc—au cœur cruel—a emporté d’ici toutes ces tiges de lotus, tandis que la faim nous tourmente ? »

Verse 67

ते शंकमाना अन्योन्यमृषयः शंसितव्रताः । प्रचक्रुः शपथान्रौद्रानात्मनः प्रविशुद्धये

Se soupçonnant les uns les autres, ces sages—renommés pour leurs vœux—prononcèrent de terribles serments, en quête de leur propre purification et de l’effacement du soupçon.

Verse 68

कश्यप उवाच । सर्वभक्षः सदा सोऽस्तु न्यासलोभं करोतु वा । कूटसाक्षित्वमभ्ये तु बिसस्तैन्यं करोति यः

Kaśyapa dit : «Que celui qui dérobe les tiges de lotus devienne à jamais mangeur de tout, même de l’impur ; ou qu’il soit poussé par la convoitise des biens confiés en dépôt ; et qu’il porte aussi la faute du faux témoignage.»

Verse 69

धर्मं करोतु दंभेन राजानं चोपसेवताम् । मधुमांसं सदाश्नातु बिसस्तैन्यं करोति यः

«Que celui qui vole les tiges de lotus accomplisse le “dharma” avec hypocrisie, qu’il serve les rois par intérêt, et qu’il mange sans cesse miel et viande.»

Verse 70

वसिष्ठ उवाच । अनृतौ मैथुनं यातु दिवा वाप्यथ पर्वणि । अतिथिः स्यात्ततोऽन्योन्यं बिसस्तैन्यं करोति यः

Vasiṣṭha dit : «Que celui qui vole les tiges de lotus s’adonne à l’union charnelle en des temps impropres — le jour ou lors des jours de fête sacrés — ; et qu’il devienne un “hôte” vivant aux dépens d’autrui, en discorde avec tous.»

Verse 71

भरद्वाज उवाच । योधिगम्य गुरोः शास्त्रं निष्क्रयं न प्रयच्छति । तस्यैनसा स युक्तोस्तु बिसस्तैन्यं करोति यः

Bharadvāja dit : «Que celui qui vole les tiges de lotus soit lié au péché de celui qui, après avoir reçu d’un guru l’enseignement sacré, n’offre pas la rétribution due (dakṣiṇā).»

Verse 72

नृशंसोऽस्तु स सर्वत्र समृद्ध्या चाप्यहंकृतः । मत्सरी पिशुनश्चैव बिसस्तैन्यं करोति यः

«Que celui qui vole les tiges de lotus soit cruel en tout lieu ; et même dans l’abondance, qu’il s’enorgueillisse par l’ego — envieux et médisant aussi.»

Verse 73

विश्वामित्र उवाच । एकाकी मृष्टम श्नातु प्रशंस्यादथ चात्मनः । वेदविक्रयकर्तास्तु बिसस्तैन्यं करोति यः

Viśvāmitra dit : « Que celui qui vole des tiges de lotus mange seul des mets raffinés, se loue lui-même et devienne marchand du Véda ».

Verse 74

जमदग्निरुवाच । कन्यां यच्छतु वृद्धाय स भूयाद्वृषली पतिः । अस्तु वार्धुषिको नित्यं बिसस्तैन्यं करोति यः

Jamadagni dit : « Que celui qui vole des tiges de lotus donne sa fille à un vieillard ; qu’il devienne l’époux d’une femme de basse condition et qu’il soit à jamais usurier ».

Verse 75

गौतम उवाच । स गृह्णात्वविकादानं करोतु हयविक्रयम् । प्रकरो तु गुरोर्निंदां बिसस्तैन्यं करोति यः

Gautama dit : « On peut prendre ce qui n’a pas été donné, on peut même faire commerce de chevaux ; mais celui qui s’adonne à blâmer le guru commet une faute grave, telle le vol de tiges de lotus ».

Verse 76

अत्रिरुवाच । मातरं पितरं नित्यं दुर्मतिः सोऽवमन्यताम् । शूद्रं पृच्छतु धर्मार्थं बिसस्तैन्यं करोति यः

Atri dit : « Que cet homme au mauvais esprit soit tenu pour celui qui outrage sans cesse sa mère et son père : celui qui, en matière de dharma, va interroger un Śūdra et vole des tiges de lotus ».

Verse 77

प्रतिश्रुत्य न यो दद्याद्ब्राह्मणाय गवादिकम् । तस्यैनसा स युज्येत बिसस्तैन्यं करोति यः

Quiconque, après avoir promis, ne donne pas à un brāhmaṇa des vaches et autres biens semblables, se trouve lié par ce péché ; il est tenu pour voleur de tiges de lotus.

Verse 78

अरुंधत्युवाच । करोतु पत्युः पूर्वं सा भोजनं शयनं तथा । नारी दुष्टसमाचारा बिसस्तैन्यं करोति या

Arundhatī dit : «Qu’elle serve d’abord son époux, lui préparant le repas et aussi la couche du repos. Est de conduite mauvaise la femme qui dérobe les tiges de lotus (bisa).»

Verse 79

चण्डोवाच । स्वामिनः प्रतिकूलास्तु धर्मद्वेषं करोतु च । साधुद्वेषपरा चैव बिसस्तैन्यं करोति या

Caṇḍa dit : «Celle qui s’oppose à son époux, nourrit la haine du dharma, se voue au mépris des vertueux et vole —fût-ce une infime fibre de lotus (bisa)—, qu’on la sache pécheresse.»

Verse 80

पशुमुख उवाच । स्वामिद्रोहरतो नित्यं स भूयात्पापकृन्नरः । साधु द्वेषपरश्चैव बिसस्तैन्यं करोति यः

Paśumukha dit : «L’homme qui, sans cesse, s’applique à trahir son maître devient faiseur de péché. De même, quiconque se voue à haïr les vertueux et dérobe des tiges de lotus (bisa) est lui aussi pécheur.»

Verse 81

शुनोमुख उवाच । वेदान्स पठतु न्यायाद्गृहस्थः स्यात्प्रियातिथिः । सत्यं वदतु चाजस्रं बिसस्तैन्यं करोति यः

Śunomukha dit : «Que le maître de maison étudie les Veda selon la droiture; qu’il soit cher aux hôtes. Qu’il dise la vérité sans relâche. Mais celui qui vole le bisa (tiges de lotus) encourt le péché et déchoit du dharma.»

Verse 82

ऋषय ऊचुः । इष्ट एव द्विजातीनां यस्त्वया शपथः कृतः । बिसस्तैन्यं हि चास्माकं तन्नूनं भवता कृतम्

Les sages dirent : «Le serment que tu as prononcé convient certes aux deux-fois-nés. Mais le vol de nos tiges de lotus (bisa), assurément, a été commis par toi : c’est ton fait, sans nul doute.»

Verse 83

शुनोमुख उवाच । मया हृतानि सर्वेषां बिसानीमानि वो द्विजाः । धर्मान्वै श्रोतुकामेन मां जानीत पुरंदरम्

Śunomukha dit : «Ô vous, deux-fois-nés, j’ai emporté tous vos pédoncules de lotus. Mais sachez que je suis Purandara (Indra), car je n’ai agi ainsi que par désir d’entendre le Dharma.»

Verse 84

युष्माकं परितुष्टोऽस्मि लोभाभावाद्द्विजोत्तमाः । तस्मात्स्वर्गं मया सार्द्धं शीघ्रमागम्यतामिति ।ा

«Ô meilleurs des brāhmaṇas, je suis pleinement satisfait de vous, car vous êtes exempts d’avidité. Venez donc sans tarder avec moi au ciel», dit-il.

Verse 85

ऋषय ऊचुः । मोक्षमार्गं समासक्ता न वयं स्वर्गलिप्सवः । तस्मात्तपश्चरिष्यामः सरसीह विमुक्तये

Les sages dirent : «Nous sommes voués à la voie de la délivrance (mokṣa) ; nous ne convoitons pas le ciel. Ainsi, ô Indra, nous pratiquerons l’austérité auprès de ce lac sacré pour la libération ultime.»

Verse 86

पूर्णा सागरपर्यंतां चरित्वा पृथिवी मिमाम् । प्राणयात्रां प्रकुर्वाणा मृणालैर्मुनिसत्तमाः । तस्माद्गच्छ तव श्रेयो भूयादस्मात्समागमात्

Ayant parcouru cette terre jusqu’à l’océan qui l’enserre, les meilleurs des munis, soutenant leur vie par des tiges de lotus, poursuivent à présent le pèlerinage de leur existence. Ainsi, va-t’en ; que de cette rencontre avec nous te vienne un grand bien.

Verse 87

शक्र उवाच । न वृथा दर्शनं मे स्यात्कदाचिदपि सुव्रताः । तस्माद्गृह्णीत यच्चित्ते सदाभीष्टं व्यवस्थितम्

Śakra (Indra) dit : «Ô vous aux vœux excellents, que ma venue devant vous ne soit jamais vaine. Choisissez donc le désir chéri qui demeure fermement établi dans vos cœurs.»

Verse 88

ऋषय ऊचुः आश्रमोऽयं सुविख्यातो भूयाच्छक्र महीतले । नाम्नास्माकं तथा नृणां सर्वपातकनाशनः

Les sages dirent : « Ô Śakra, que cet āśrama devienne largement renommé sur la terre. Et, portant notre nom, qu’il soit pour les hommes le destructeur de tous les péchés. »

Verse 89

वयं स्थास्यामहे नित्यमत्रैव सुरसत्तम । तपोऽर्थं भावितात्मानो यावन्मोक्षगतिर्ध्रुवा

« Ô le meilleur des dieux, nous demeurerons ici pour toujours — nos êtres affinés par l’austérité (tapas) — jusqu’à atteindre la voie certaine vers la délivrance (mokṣa). »

Verse 90

इन्द्र उवाच । त्रैलोक्येऽपि सुविख्यात आश्रमो वो भविष्यति । तथा कामप्रदश्चैव लोकानां संभविष्यति

Indra dit : « Votre āśrama sera renommé jusque dans les trois mondes ; et il deviendra aussi, pour les hommes, un dispensateur des grâces désirées. »

Verse 91

यो यं काममभिध्याय श्राद्धमत्र करिष्यति । श्रावणे पौर्णमास्यां च स तं सर्वमवा प्स्यति

«Quiconque, méditant un désir particulier, accomplit ici le Śrāddha — surtout au jour de pleine lune de Śrāvaṇa — obtiendra entièrement le fruit de ce désir.»

Verse 92

निष्कामो वा नरो यस्तु श्राद्धं दानमथापि वा । प्रकरिष्यति मोक्षं स समवाप्स्यत्यसंशयम्

«Ou bien, si un homme est sans désir et accomplit ici le Śrāddha, ou même l’aumône (dāna), il atteindra assurément la délivrance (mokṣa), sans aucun doute.»

Verse 93

ये चात्र देहं त्यक्ष्यंति युष्माकं चाश्रमे शुभे । अपि पापसमायुक्तास्ते यास्यंति परां गतिम्

Et ceux qui, ici, déposent leur corps dans votre āśrama de bon augure—même chargés de fautes—parviendront à l’état suprême.

Verse 94

इंगुदैर्बदरैर्वापि बिल्वैर्भल्लातकैरपि । पितॄनुद्दिश्य यः श्राद्धं करिष्यति समाहितः

Quiconque, l’esprit recueilli, accomplit le Śrāddha pour les ancêtres en offrant des fruits d’iṅguda, ou des jujubes (badara), ou des bilva, ou même du bhallātaka, en recevra le fruit légitime.

Verse 95

स यास्यति परां सिद्धिं दुर्लभां त्रिदशैरपि । सर्वपापविनिर्मुक्तः स्तूयमानश्च किंनरैः

Il atteindra la perfection suprême, rare même pour les dieux; délivré de tout péché, il sera célébré par les Kiṃnaras.

Verse 96

जगामादर्शनं तेऽपि स्थितास्तत्र द्विजोत्तमाः

Il disparut à la vue; et ces brāhmaṇas d’élite demeurèrent en ce lieu.

Verse 97

ततः काले गते तेऽपि कृत्वा तीव्रं महत्तपः । संप्राप्ताः परमं स्थानं जरामरणवर्जितम्

Puis, le temps passant, eux aussi accomplirent des austérités intenses et grandioses, et atteignirent la demeure suprême, exempte de vieillesse et de mort.

Verse 98

तैस्तत्र स्थापितं लिङ्गं देवदेवस्य शूलिनः । तस्य संदर्शनादेव नरः पापाद्विमुच्यते

Là, ils établirent le Liṅga de Śūlin, le Dieu des dieux ; par le seul fait de le contempler, l’homme est délivré du péché.

Verse 99

यस्तल्लिंगं पुनर्भक्त्या पुष्पधूपानुलेपनैः । अर्चयेत्स ध्रुवं मुक्तिं प्राप्नोति द्विजसत्तमाः

Quiconque, de nouveau, vénère avec dévotion ce Liṅga par des fleurs, de l’encens et des onguents, obtient assurément la délivrance, ô meilleurs des deux-fois-nés.

Verse 100

एतत्पवित्र मायुष्यं सर्वपातकनाशनम् । सप्तर्षोणां समाख्यातमाश्रमस्यानुकीर्तनम्

Ce récit sacré accroît la durée de vie et détruit toutes les fautes : c’est la narration renommée de l’ermitage des Sept Ṛṣi.