
Ce chapitre tisse une explication théologique de la pratique de la saṅdhyā avec une tradition locale de vrata. Śiva y révèle qu’au crépuscule des êtres hostiles entravent le Soleil ; l’eau offerte avec le mantra Sāvitrī devient une arme subtile dans l’espace, qui les dissipe, fondant ainsi la logique éthique et rituelle du saṅdhyā-jala. S’ensuit une tension au sein du foyer divin : Pārvatī s’attriste de la révérence de Śiva envers « Saṅdhyā » personnifiée, et l’épisode s’envenime jusqu’à un vœu. Par sa connaissance fine des mantras et un culte orienté vers Īśāna, Śiva apaise finalement le conflit et rétablit l’accord. Le texte prescrit ensuite une voie de dévotion : adorer Gaurī sous la forme Pañcapīṇḍamaya (cinq « amas »), surtout au tṛtīyā, pendant jusqu’à une année. Sont promis l’harmonie conjugale, l’obtention du conjoint désiré, la descendance ; et, si l’observance est accomplie sans désir, une réalisation spirituelle plus haute. La transmission passe par Nārada, Śāṇḍilya et Sūta, et s’achève sur un exemple local : Kātyāyanī observe le rite un an, épouse Yājñavalkya et met au monde un fils accompli. Enfin, le chapitre relie le bienfait éducatif à l’installation, par Vararuci, d’un Gaṇapati dont le culte soutient l’étude et la maîtrise des Veda.
Verse 1
देव उवाच । एषा रात्रिः समादिष्टा दानवानां सुरेश्वरि । पिशाचानां च भूतानां राक्षसानां विशेषतः
Le Dieu dit : Ô Reine des dieux, cette nuit a été attribuée aux Dānavas, et tout particulièrement aux Piśācas, aux Bhūtas et aux Rākṣasas.
Verse 2
यत्किंचित्क्रियते कर्म तत्र स्नानादिकं शुभम् । तत्सर्वं जायते तेषां पुरा दत्तं स्वयंभुवा
Quelque acte que l’on accomplisse alors—même les actes propices commençant par le bain—tout devient efficace pour eux, car jadis le Né-de-lui-même (Brahmā) le leur a accordé.
Verse 3
मर्यादा तैः समं येन देवानां च यदा कृता । अर्हाणां यज्ञभागस्य काश्यपानामथाग्रजाम्
Et lorsqu’une limite/un pacte fut établi avec eux au sujet des dieux—concernant ceux qui sont dignes de la part sacrificielle, à savoir les premiers parmi les Kāśyapas—
Verse 4
तदर्थं दशसाहस्रा दानवा युद्ध दुर्मदाः । कुंतप्रासकरा भानुं रुंधन्त्युद्गतकार्मुकाः
À cette fin, dix mille Dānavas—ivres de bataille—portant lances et javelots, arcs levés, barrent la route au Soleil.
Verse 5
तमुद्दिश्य सहस्रांशुं यज्जलं परिक्षिप्यते । सावित्रेण च मन्त्रेण तेषां तज्जायते फलम्
Toute eau projetée en direction de ce Soleil aux mille rayons, accompagnée du mantra Sāvitrī, fait que son fruit méritoire leur revient.
Verse 6
ते हतास्तेन तोयेन वज्रतुल्येन तत्क्षणात् । प्रमुंचंति सहस्रांशुं नित्यमेव सुरेश्वरि
Frappés par cette eau—sur-le-champ, aussi puissante que la foudre—ils sont aussitôt abattus, ô Reine des Dieux; et le Soleil aux mille rayons est sans cesse délivré pour poursuivre sa course.
Verse 7
एतस्मात्कारणात्तोयमस्त्ररूपं क्षिपाम्यहम् । संध्या कालं समुद्दिश्य भानुं संध्यां न पार्वति
C’est pour cela que je projette cette eau sous forme d’arme, en la visant vers l’heure de Sandhyā; ô Pārvatī, ce n’est pas une salutation à Sandhyā en tant que femme, mais un geste de protection pour le Soleil.
Verse 8
यद्यदाचरति श्रेष्ठस्तत्तदुत्तरतः स्थितः । उदयार्थं रविं यान्तं निरुन्धन्ति च दारुणाः
Ce que pratique le meilleur des êtres, ceux qui se tiennent derrière suivent cette même conduite; et des êtres farouches entravent le Soleil lorsqu’il s’avance pour se lever.
Verse 9
तेऽपि संध्याजलैर्देवि निहता ब्राह्मणोत्तमैः । मया च तं विमुञ्चंति मूर्च्छिता निपतन्ति च
Ô Déesse, eux aussi sont terrassés par l’eau de Sandhyā brandie par les plus éminents brāhmaṇas ; et, par ma puissance également, ils le relâchent, puis s’évanouissent et s’effondrent.
Verse 10
एतस्मात्कारणाद्देवि सन्ध्ययोरुभयोरपि । अहं चान्ये च विप्रा ये ते नमंति दिवाकरम्
C’est pourquoi, ô Déesse, aux deux Sandhyā (à l’aube et au crépuscule), moi et les autres brāhmaṇas nous nous prosternons devant le Faiseur du Jour, le Soleil.
Verse 11
तस्मात्त्वं गृहमागच्छ त्यक्त्वेर्ष्यां पर्वतात्मजे । प्रशस्यां त्वां परित्यक्त्वा नान्यास्ति हृदये मम
Ainsi donc, reviens à la demeure, ô fille de la Montagne, après avoir rejeté la jalousie. Te quitter, toi si digne de louange ? Nulle autre n’habite mon cœur.
Verse 12
देव्युवाच । निष्कामो वा सकामो वा संध्यां स्त्रीसंज्ञितामिमाम् । यत्त्वं नमसि देवेश तन्मे दुःखं प्रजायते
La Déesse dit : Que ce soit sans désir ou avec désir, lorsque tu te prosternes devant cette Sandhyā dont on parle comme d’une femme, ô Seigneur des dieux, la peine naît en moi.
Verse 13
तस्माद्गङ्गापरित्यागं सन्ध्यायाश्च विशेषतः । यावन्न कुरुषे देव तावत्तुष्टिर्न मे भवेत्
Ainsi donc, ô Dieu, tant que tu n’auras pas renoncé à Gaṅgā—et plus encore à Sandhyā—jusqu’alors je ne connaîtrai point la satisfaction.
Verse 14
एवमुक्त्वाऽथ सा देवी विशेषव्रतमास्थिता । अवमन्य महादेवं प्रार्थयानमपि स्वयम्
Ayant ainsi parlé, la Déesse entreprit un vœu particulier ; elle dédaigna Mahādeva, bien qu’il la supplie lui-même.
Verse 16
न च साम्ना व्रजेत्तुष्टिं कथंचिदपि पार्वती । मृषेर्ष्यांधारिणी देवी नैतत्स्वल्पं हि कारणम्
Et Pārvatī ne trouvait satisfaction par aucune conciliation ; la Déesse, portant même une jalousie déraisonnable, estima que ce n’était certes pas une cause légère.
Verse 17
ततो मन्त्रप्रभावं तं विज्ञाय परमेश्वरः । ध्यानं धृत्वा सुसूक्ष्मेण ज्ञानेनाथ स्वयं ततः
Alors Parameśvara, ayant reconnu la puissance de ce mantra, entra en une méditation profonde et, par une connaissance spirituelle d’une extrême subtilité, agit de lui-même.
Verse 18
तमेव मन्त्रं मन्त्रेण न्यासेन च विशेषतः । सम्यगाराधयामास संपूज्यात्मानमात्मना
Il vénéra ce mantra même par la pratique du mantra et, tout particulièrement, par le nyāsa ; il l’apaisa selon le rite, honorant le Soi par le Soi.
Verse 19
ततः स चिन्तयामास किमेतत्कारणं स्थितम् । विरक्ताऽपि ममोत्कण्ठां येनैषा प्रकरोति न
Alors il réfléchit : «Quelle cause agit ici, par laquelle elle — bien que détachée — n’éveille en moi aucun élan de désir ardent ?»
Verse 21
तस्मान्नास्ति परः कश्चित्पूज्यपूज्यः स एव च । ऐश्वर्यात्सर्वदेवानामीशानस्तेन निर्मितः
Ainsi nul n’est au-dessus; Lui seul est le Suprême, digne d’adoration. Par sa puissance souveraine, Īśāna est établi comme Seigneur de tous les dieux.
Verse 22
एवं यावत्स ईशानः समाराधयति प्रभुः । तावद्देवी समायाता मन्त्राकृष्टा च यत्र सः
Tandis que le Seigneur Īśāna poursuivait ainsi son culte, la Devī vint jusqu’au lieu même où il se tenait, attirée par le mantra.
Verse 23
ततः प्रोवाच तं देवं प्रणिपत्यकृतांजलिः । ज्ञातं मया विभो सर्वं न मां त्यज तव प्रियाम्
Alors elle s’adressa à ce Dieu, prosternée, les mains jointes : « Ô Seigneur, j’ai tout compris. Ne m’abandonne pas, moi qui suis ta bien-aimée. »
Verse 24
तस्मादागच्छ गच्छावो यत्र त्वं वाञ्छसि प्रभो । क्षम्यतां देव मे सर्वं न कृतं यद्वचस्तव
« Viens donc ; allons là où tu le désires, ô Seigneur. Ô Dieu, pardonne-moi tout, car je n’ai pas accompli ce que tu avais dit. »
Verse 25
ततस्तुष्टो महादेवस्तामालिङ्ग्य शुचिस्मिताम् । इदमूचे विहस्योच्चैर्मेघगम्भीरया गिरा
Alors Mahādeva, satisfait, l’enlaça, elle dont le sourire était pur et doux, et prononça ces paroles à haute voix, en riant, d’une voix profonde comme les nuées d’orage.
Verse 26
यैषा त्वयाऽत्मभूतोत्था निर्मिता परमा तनुः । एतां या कामिनी काचित्पूजयिष्यति भक्तितः । अनेनैव विधानेन तस्या भर्ता भविष्यति
«Cette forme suprême, issue de ton propre être et façonnée par toi : toute femme qui la vénérera avec dévotion, selon ce même rite, obtiendra un époux.»
Verse 27
तृतीयायां विशेषेण यावत्संवत्सरं शुभे । सा लभिष्यति सत्कान्तं पुत्रदं सर्वकामदम्
«Surtout à la Tṛtīyā (troisième jour lunaire), durant une année entière, ô bienheureuse : elle obtiendra un époux noble, dispensateur de fils et accomplisseur de tous les désirs.»
Verse 28
तथैतां मामकीं मूर्तिमीशानाख्यां च ये नराः । तेषां दुष्टापि या कान्ता सौम्या चैव भविष्यति
«De même, les hommes qui vénèrent cette forme mienne nommée Īśānā : même si leur bien-aimée est d’un caractère mauvais, elle deviendra assurément douce et gracieuse.»
Verse 29
ये पुनः कन्यकाहेतोः पूजयिष्यंति भक्तितः । यां कन्यां मनसि स्थाप्य तां लभिष्यन्त्यसंशयम्
«Et ceux qui, désirant une jeune fille pour épouse, la vénèrent avec dévotion—en fixant dans leur esprit la jeune fille recherchée—l’obtiendront, sans aucun doute.»
Verse 30
निष्कामाश्चापि ये मर्त्या पूजयिष्यंति सर्वदा । ते यास्यंति परां सिद्धिं जरामरणवर्जिताम्
«Et les mortels qui vénèrent toujours, exempts de désir égoïste, atteindront l’accomplissement suprême, au-delà de la vieillesse et de la mort.»
Verse 31
एवमुक्त्वा महादेवो वृषमारोप्य तां प्रियाम् । स्वयमारुह्य पश्चाच्च कैलासं पर्वतं गतः
Ayant ainsi parlé, Mahādeva fit asseoir sa bien-aimée sur le taureau sacré; puis, y montant Lui-même, Il se rendit au mont Kailāsa.
Verse 32
नारद उवाच तस्मात्तव सुतेयं या तामाराधयतु द्रुतम् । पञ्चपिण्डमया गौरीं यावत्संवत्सरं शुभाम्
Nārada dit : C’est pourquoi que ta fille s’empresse d’apaiser cette (Gaurī). Qu’elle vénère, durant une année entière, l’auspicieuse Gaurī façonnée de cinq piṇḍas sacrés.
Verse 33
तृतीयायां विशेषेण ततः प्राप्स्यति सत्पतिम् । मुखप्रेक्षमतिप्रीतं रूपादिभिर्गुणैर्युतम्
Alors, surtout au troisième jour lunaire (Tṛtīyā), elle obtiendra un époux digne : un visage qui réjouit celui qui le contemple, pourvu de beauté et d’autres vertus.
Verse 34
शांडिल्युवाच । एवमुक्त्वा मुनिश्रेष्ठो नारदः प्रययौ ततः । तीर्थयात्रां प्रति प्रीत्या मम मात्रा विसर्जितः
Śāṇḍilya dit : Ayant ainsi parlé, le meilleur des sages, Nārada, s’en alla. Congédié avec affection par ma mère, il se dirigea avec joie vers le pèlerinage aux tīrthas sacrés.
Verse 35
मयापि च तदादेशात्कौमार्येपि च संस्थया । पूजया वत्सरं यावत्पूजिता पतिकाम्यया
Et moi aussi, suivant cet ordre—encore dans la virginité et avec l’observance requise—j’accomplis la pūjā pour (Gaurī) durant une année entière, désirant un époux.
Verse 36
तृतीयायां विशेषेण मार्गमासादितः शुभे । नैवेद्यैर्विविधैर्दानैर्गंधमाल्यानुलेपनैः
Surtout au jour de Tṛtīyā, à partir du mois auspiceux de Mārga (Mārgaśīrṣa), le culte fut accompli avec divers naivedya (offrandes de nourriture), des dons, des parfums, des guirlandes et des onguents.
Verse 37
तत्प्रभावादयं प्राप्तो जैमिनिर्नाम सद्द्विजः । कात्यायनि यथा दृष्टस्त्वया किं कीर्तितैः परैः
Par la puissance de cette observance, voici venu ce noble brāhmane nommé Jaimini. Ô Kātyāyanī, puisque tu l’as vu de tes propres yeux, à quoi bon les récits d’autrui ?
Verse 38
तस्मात्त्वमपि कल्याणि पूजयैनां समाहिता । संप्राप्स्यसि सुसौभाग्यं मैत्रेय्या सदृशं शुभे
Ainsi donc, ô femme de bon augure, toi aussi, recueillie et attentive, rends un culte à cette Déesse. Ô bonne, tu obtiendras une félicité conjugale parfaite, égale à celle de Maitreyyā.
Verse 39
त्वया न पूजिता चेयं कौमार्ये वर्तमानया । यावत्संवत्सरं गौरी तृतीयायां न चाधिकम्
Parce que toi, alors que tu étais encore dans la virginité, tu n’as pas rendu un culte à cette Gaurī pendant une année entière au jour de Tṛtīyā—et tu n’as pas fait davantage que cela—
Verse 40
सापत्न्यं तेन संजातं सौभाग्येपि निरर्गले । यथोक्तविधिना देवी सत्यमेतन्मयोदितम्
De cette négligence naquit la condition d’avoir une coépouse (sāpatnya), bien que ta bonne fortune fût par ailleurs sans obstacle. Ô dame semblable à une Déesse, ceci est vérité : je l’ai dit selon le rite énoncé.
Verse 41
सूत उवाच । श्रुत्वा कात्यायनी सर्वं शांडिल्या यत्प्रकीर्तितम् । ततः प्रणम्य तां पृष्ट्वा स्वमेव भवनं ययौ
Sūta dit : Après avoir entendu tout ce que Śāṇḍilyā avait exposé, Kātyāyanī se prosterna devant elle, l’interrogea encore, puis retourna à sa propre demeure.
Verse 42
मार्गशीर्षेऽथ संप्राप्ते तृतीयादिवसे सिते । तां देवीं पूजयामास वर्षं यावकृतक्षणा
Puis, lorsque vint Mārgaśīrṣa—au troisième jour de la quinzaine claire—elle commença le culte de cette Déesse et le poursuivit une année entière, observant les temps fixés du vœu.
Verse 43
गौरिणीर्भोजयामास मृष्टान्नैर्भोजनै रसैः । तैलक्षारपरित्यक्तैर्गन्धैः कुंकुमपूर्वकैः
Elle fit nourrir les femmes vouées à Gaurī de mets raffinés, de plats nourrissants et de préparations savoureuses ; et elle usa de parfums exempts d’huile et de substances alcalines, en commençant par l’offrande de kuṅkuma.
Verse 44
ततस्तु वत्सरे पूर्णे याज्ञवल्क्यस्तदन्तिकम् । गत्वा प्रोवाच किं कष्टं त्वं करोषि शुचिस्मिते
Alors, l’année accomplie, Yājñavalkya s’approcha d’elle et dit : « Ô toi au sourire pur, quelle peine, quelle austérité entreprends-tu donc ? »
Verse 45
मया कांतेन रक्तेन कामदेन सदैव तु । तस्मादागच्छ गच्छाव स्वमेव भवनं शुभे
« Moi, ton bien-aimé—toujours attaché à toi et dispensateur de tes désirs—me voici. Viens donc ; retournons à notre demeure, ô toi l’auspicieuse. »
Verse 46
एवमुक्त्वा तु तां हृष्टां गृहीत्वा दक्षिणे करे । जगाम भवनं पश्चात्पुलकांकितगात्रजाम्
Après avoir ainsi parlé, il prit sa main droite—elle, toute joyeuse—puis se rendit à la demeure, tandis que son corps frémissait, couvert de chair de poule par la félicité.
Verse 47
ततः परं तया सार्धं वर्तते हर्षिताननः । मैत्रेय्या सहितो यद्वदविशेषेण सर्वदा
Ensuite, il vécut avec elle, le visage toujours rayonnant, la traitant sans aucune différence, comme il le faisait en tout temps avec Maitreyyā.
Verse 48
ततः संजनयामास तस्यां पुत्रं गुणान्वितम् । कात्यायनाभिधानं च यज्ञ विद्याविचक्षणम्
Ensuite, il engendra en elle un fils vertueux, nommé Kātyāyana, habile et pénétrant dans la science du sacrifice védique.
Verse 49
पुत्रो वररुचिर्यस्य बभूव गुणसागरः । सर्वज्ञः सर्वकृत्येषु वेदवेदांगपारगः
Son fils fut Vararuci, océan de vertus, omniscient dans les devoirs de l’existence, et passé maître des Veda ainsi que de leurs auxiliaires (Vedāṅga).
Verse 50
स्थापितोऽत्र शुभे क्षेत्रे येन विद्यार्थिनां कृते । समाराध्य विशेषेण चतुर्थ्यां शुक्लवासरे
Ici, dans cette terre sacrée et propice, il installa (la divinité) tout spécialement pour le bien des étudiants, après avoir adoré avec une dévotion particulière au jour de Caturthī de la quinzaine claire.
Verse 51
महागणपतिर्भक्त्या सर्वविद्याप्रदायकः । यस्तस्य पुरतो विप्राः शांतिपाठविधानतः
Ce Mahāgaṇapati, honoré avec dévotion, accorde toutes les branches du savoir ; et devant Lui, les brāhmaṇa, selon le rite prescrit, récitent les śānti-pāṭha, les lectures de paix.
Verse 52
गृह्णाति पुष्पमालां यः पठेच्छक्त्या द्विजोत्तमाः । वेदांतकृत्स विप्रः स्यात्सदा जन्मनिजन्मनि
Ô meilleurs des deux-fois-nés, quiconque prend la guirlande de fleurs et récite ces louanges avec ferveur et pleine ardeur devient, vie après vie, un brāhmaṇa accompli dans le Vedānta.
Verse 53
अशक्त्या चाथ पाठस्य यो गृह्णाति धनेन च । स विशेषाद्भवेद्विप्रो वेदवेदांगपारगः
Et si quelqu’un, incapable de réciter, l’accomplit par un soutien matériel, lui aussi—tout particulièrement—devient un brāhmaṇa passé maître des Veda et des Vedāṅga.
Verse 54
विदुषां स गृहे जन्म याज्ञिकानां सदा लभेत् । न कदाचित्तु मूर्खार्णां निन्दितानां कथञ्चन
Il obtiendra toujours naissance dans les demeures des savants et de ceux qui sont voués au sacrifice ; jamais, à aucun moment, il ne naîtra parmi les ignorants et les blâmables.
Verse 131
इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां षष्ठे नागरखण्डे हाटकेश्वरक्षेत्रमाहात्म्य ईशानोत्पत्तिपंचपिंडिकागौरीमाहात्म्य वररुचिस्थापितगणपतिमाहात्म्यवर्णनं नामैकत्रिंशदुत्तरशततमोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Skanda Mahāpurāṇa, dans la Saṃhitā de quatre-vingt-un mille vers, au sein de la sixième division—Nāgara-khaṇḍa—s’achève le chapitre cent trente et un, intitulé : «Récit de la grandeur du Hāṭakeśvara-kṣetra ; grandeur de Pañcapiṇḍikā-Gaurī née d’Īśāna ; et narration de la grandeur de Gaṇapati installé par Vararuci».