Adhyaya 239
Nagara KhandaTirtha MahatmyaAdhyaya 239

Adhyaya 239

Le chapitre se déploie comme un entretien théologique entre Brahmā et Nārada. Nārada demande comment accomplir les seize upacāras (services rituels de l’adoration), surtout à l’égard de Hari (Viṣṇu) lorsqu’il demeure en śayana (reposé, étendu), et sollicite une explication détaillée. Brahmā répond en enracinant la bhakti envers Viṣṇu dans l’autorité védique, présentant le Veda comme fondement et ordonnant le rite selon une hiérarchie de médiation sacrée (Veda–brāhmaṇa–agni–yajña). Le texte magnifie ensuite le temps du Cāturmāsya comme une période privilégiée où l’on contemple Hari sous un mode lié à l’eau; l’eau est reliée à la nourriture, et la nourriture à une ontologie du sacré dérivée de Viṣṇu. Les offrandes y sont décrites comme une protection contre les afflictions récurrentes du saṃsāra. Une suite d’actes cultuels est exposée: nyāsa intérieur et extérieur; āvāhana, l’invocation de la forme de Vaikuṇṭha avec ses marques iconographiques; puis āsana, pādya, arghya, ācamana; bain avec eaux parfumées et eaux de tīrtha; don de vêtements; sens du yajñopavīta; application de pâte de santal; offrande de fleurs (pureté et fleurs blanches); encens avec mantras; et dīpadāna, l’offrande de la lampe, célébrée comme un puissant dissipateur des ténèbres et du péché. Tout au long, l’efficacité est conditionnée par la śraddhā (foi intentionnelle), et la conclusion affirme avec force les fruits spirituels du dīpadāna durant le Cāturmāsya.

Shlokas

Verse 1

नारद उवाच । उपचारैः षोडशभिः पूजनं क्रियते कथम् । ते के षोडश भावाः स्युर्नित्यं ये शयने हरेः

Nārada dit : «Comment accomplit-on le culte au moyen des seize upacāra, les services rituels ? Et quels sont donc ces seize observances de dévotion qu’il convient d’offrir chaque jour lorsque Hari demeure dans son état sacré de “repos allongé” ?»

Verse 2

एतद्विस्तरतो ब्रूहि पृच्छतो मे प्रजापते । तव प्रसादमासाद्य जगत्पूज्यो भवाम्यहम्

«Explique-le-moi en détail, ô Prajāpati, car je t’interroge. En obtenant ta grâce, je deviendrai digne d’être vénéré dans le monde.»

Verse 3

ब्रह्मोवाच । विष्णुभक्तिर्दृढा कार्या वेदशास्त्रविधानतः । वेदमूलमिदं सर्वं वेदो विष्णुः सनातनः

Brahmā dit : « Qu’on cultive une dévotion inébranlable envers Viṣṇu selon les prescriptions du Veda et des śāstra. Tout a sa racine dans le Veda ; et le Veda lui-même est Viṣṇu, l’Éternel. »

Verse 4

ते वेदा ब्राह्मणाधारा ब्राह्मणाश्चाग्निदैवताः । अग्नौ प्रास्ताहुतिर्विप्रो यज्ञे देवं यजन्सदा

Ces Veda reposent sur les brāhmaṇa, et les brāhmaṇa sont voués à Agni. Le prêtre savant verse l’oblation dans le feu, adorant sans cesse la Divinité par le sacrifice (yajña).

Verse 5

जगत्संधारयेत्सर्वं विष्णुपूजारतः सदा । नारायणः स्मृतो ध्यातः क्लेशदुःखादिनाशनः

Celui qui demeure sans cesse voué au culte de Viṣṇu soutient le monde entier par le dharma. Nārāyaṇa — invoqué par le souvenir et la méditation — détruit l’affliction, la peine et tout ce qui s’y apparente.

Verse 6

चातुर्मास्ये विशेषेण जलरूपगतो हरिः । जलादन्नानि जायंते जगतां तृप्तिहेतवे

Durant le Cāturmāsya, tout particulièrement, Hari demeure sous la forme de l’eau. De l’eau naissent les grains et les nourritures, cause de la subsistance et du rassasiement des mondes.

Verse 7

विष्णुदेहांशसंभूतं तदन्नं ब्रह्म इष्यते । तदन्नं विष्णवे दत्त्वा ह्यावाहनपुरःसरम्

Cette nourriture, née d’une part du propre corps de Viṣṇu, est tenue pour Brahman. Aussi, après l’avoir d’abord invoqué (āvāhana), faut-il offrir cette même nourriture à Viṣṇu.

Verse 8

पुनर्जन्मजराक्लेशसंस्कारैर्नाभिभूयते । आकाशसंभवो वेद एक एव पुराऽभवत्

Il n’est pas dominé par les impressions latentes qui mènent aux renaissances, à la vieillesse et à la souffrance. Dans les temps anciens, le Veda—né de l’espace même—n’était qu’un seul.

Verse 9

ततो यजुःसामसंज्ञामृग्वेदः प्राप भूतये । ऋग्वेदोऽभिहितः पूर्वं यजुःसहस्रशीर्षेति च

Ensuite, pour la prospérité des êtres, le Ṛgveda fut aussi connu sous les appellations « Yajus » et « Sāman ». On parla d’abord du Ṛgveda ; et l’on enseigna aussi le Yajus commençant par « Sahasraśīrṣa ».

Verse 10

षोडशर्चं महासूक्तं नारायणमयं परम् । तस्यापि पाठमात्रेण ब्रह्महत्या निव र्तते

Ce suprême Grand Hymne de seize vers, entièrement pénétré de Nārāyaṇa : par sa seule récitation, même le péché de brahma-hatyā (le meurtre d’un brāhmaṇa) est repoussé et s’éteint.

Verse 11

विप्रः पूर्वं न्यसेद्देहे स्मृत्युक्तेन निजे बुधः । ततस्तु प्रतिमायां च शालग्रामे विशेषतः

D’abord, le brāhmaṇa avisé doit accomplir le nyāsa sur son propre corps selon la méthode enseignée par la Smṛti. Ensuite, qu’il le fasse aussi sur l’image sacrée—tout particulièrement sur le Śālagrāma.

Verse 12

क्रमेण च ततः कुर्यात्पश्चादावाहनादिकम् । आवाह्य सकलं रूपं वैकुण्ठस्थानसंस्थितम्

Ensuite, selon l’ordre prescrit, qu’il accomplisse les rites suivants en commençant par l’āvāhana (invocation). Ayant invoqué la Forme entière, demeurant au séjour de Vaikuṇṭha, qu’il poursuive l’adoration.

Verse 13

कौस्तुभेन विराजंतं सूर्यकोटिसमप्रभम् । दंडहस्तं शिखासूत्रसहितं पीतवाससम्

Qu’il Le contemple, resplendissant du joyau Kaustubha, éclatant comme dix millions de soleils—tenant le bâton en Sa main, paré de la śikhā et du cordon sacré, et revêtu d’habits jaunes.

Verse 14

महासंन्यासिनं ध्यायेच्चातुर्मास्ये विशेषतः । एवं रूपमयं विष्णुं सर्वपापौघहारिणम्

Qu’on médite sur Viṣṇu comme le grand renonçant, tout particulièrement durant la saison de Cāturmāsya ; ainsi contemplé sous cette forme, Viṣṇu dissipe entièrement le flot des péchés.

Verse 15

आवाहयेच्च पुरतो ध्यानसंस्थं द्विजोत्तम । ऋचा प्रथमया चास्योंकारादिसमुदीर्णया

Ô le meilleur des deux-fois-nés, qu’il L’invoque devant lui, établi dans la méditation ; et qu’il le fasse avec la première ṛc, récitée en commençant par « Oṃ ».

Verse 16

द्वितीयया चासनं च पार्षदैश्च समन्वितम् । सौवर्णान्यासनान्येषां मनसा परिचिन्तयेत्

Avec la seconde ṛc, qu’il offre un siège (āsana), accompagné des serviteurs du Seigneur ; et qu’il se représente en son esprit des sièges d’or pour eux.

Verse 17

चिन्तनैर्भक्तियोगेन परिपूर्णं च तद्भवेत् । पाद्यं तृतीयया कार्यं गंगां तत्र स्मरेद्बुधः

Par les contemplations unies au yoga de la dévotion, ce culte devient accompli. Avec la troisième ṛc, qu’il offre le pādya, l’eau pour laver les pieds, et que le sage se souvienne alors de la Gaṅgā.

Verse 18

अर्घ्यः कार्यस्ततो विष्णोः सरिद्भिः सप्तसागरैः । पुनराचमनं कार्यममृतेन जगत्पतेः

Alors, qu’on offre l’arghya à Viṣṇu avec l’eau conçue comme les fleuves et les sept océans. Puis, qu’on accomplisse de nouveau l’ācāmana pour le Seigneur du monde avec l’eau envisagée comme l’amṛta, le nectar d’immortalité.

Verse 19

त्रिभिराचमनैः शुद्धिर्ब्राह्मणस्य निगद्यते । अद्भिस्तु प्रकृतिस्थाभिर्हीनाभिः फेनबुद्बुदैः

Il est enseigné que la pureté d’un brāhmaṇa s’obtient par trois ācāmana, avec une eau à l’état naturel, exempte d’écume et de bulles.

Verse 20

हृत्कण्ठ तालुगाभिश्च यथावर्णं द्विजातयः । शुध्येरन्स्त्री च शूद्रश्च सकृत्स्पृष्टाभिरंततः

Par les eaux purificatrices qui touchent la région du cœur, la gorge et le palais, les deux-fois-nés sont purifiés selon leurs disciplines propres ; et même les femmes et les Śūdra sont entièrement purifiés lorsque cette eau les effleure ne fût-ce qu’une seule fois, de toute manière.

Verse 21

पञ्चम्याऽचमनं कार्यं भक्तियुक्तेन चेतसा । भक्तिग्राह्यो हृषीकेशो भक्त्याऽत्मानं प्रयच्छति

Au cinquième jour, qu’on accomplisse l’ācāmana avec un esprit uni à la dévotion. Hṛṣīkeśa n’est atteint que par la bhakti, et par la dévotion Il accorde Son propre Soi.

Verse 22

ततः सुवासितैस्तोयैः सर्वोषधिसमन्वितैः । शेषोदकैः स्वर्णघटैः स्नानं देवस्य कारयेत्

Ensuite, avec une eau délicatement parfumée, imprégnée de toutes les herbes médicinales, et avec le reste des eaux sacrées conservées dans des aiguières d’or, qu’on fasse donner à la Divinité le bain rituel (abhiṣeka).

Verse 23

तीर्थोदकैः श्रद्धया च मनसा समुपाहृतैः । अश्रद्धया रत्नराशिः प्रदत्तो निष्फलो भवेत्

Les offrandes faites avec l’eau de tīrtha, recueillie et présentée avec śraddhā et l’élan du cœur, portent du fruit; mais même un amas de joyaux donné sans foi devient stérile.

Verse 24

वार्यपि श्रद्धया दत्तमनंतत्वाय कल्पते । चातुर्मास्ये विशेषेण श्रद्धया पूयते नरः

Même l’eau, donnée avec śraddhā, devient cause de mérite sans fin. Surtout durant Cāturmāsya, l’homme est purifié par la foi.

Verse 25

षष्ठ्या स्नानं ततः कार्यं पुनराचमनं भवेत् । दद्याच्च वाससी स्वर्णसहिते भक्तिशक्तितः

Puis, le sixième jour, on doit accomplir le bain rituel, et ensuite refaire l’ācamana. Et, selon la force de la bhakti, on offrira une paire de vêtements avec de l’or.

Verse 26

आच्छादितं जगत्सर्वं वस्त्रेणाच्छादितो हरिः । चातुर्मास्ये विशेषेण वस्त्रदानं महाफलम्

Le monde entier est couvert d’étoffe, et Hari lui aussi est couvert d’étoffe. Ainsi, surtout durant Cāturmāsya, le don de vêtements porte un grand fruit.

Verse 27

पुनराचमनं देयं यतये विष्णुरूपिणे । वस्त्रदानं च सप्तम्या कार्यं विष्णोर्मुनीश्वर

Qu’on offre de nouveau l’ācamana à l’ascète qui porte la forme de Viṣṇu. Et le septième jour, ô seigneur des sages, qu’on accomplisse le don de vêtements pour Viṣṇu.

Verse 28

यज्ञोपवीतमष्टम्या तच्चाध्यात्मतया शृणु । सूर्यकोटिसमस्पर्शं तेजसा भास्वरं तथा

Le huitième jour, on doit offrir le cordon sacré ; écoutez son sens intérieur. Il est tel le toucher de dix millions de soleils, rayonnant d'une splendeur spirituelle.

Verse 29

क्रोधाभिभूते विप्रे तु तडित्कोटिसभप्रभम् । सूर्येन्दुवह्निसंयोगाद्गुणत्रयसमन्वितम्

Mais pour un brāhmaṇa submergé par la colère, il flamboie d'une splendeur pareille à dix millions d'éclairs. De la conjonction du soleil, de la lune et du feu, il est doté des trois guṇas.

Verse 30

त्रयीमयं ब्रह्मविष्णुरुद्ररूपं त्रिविष्टपम् । यस्य प्रभावाद्विप्रेंद्र मानवो द्विज उच्यते

Ô meilleur des brahmanes, ce qui est fait des trois Védas — se manifestant sous les formes de Brahmā, Viṣṇu et Rudra — et qui est le royaume céleste lui-même : c'est par son pouvoir qu'un être humain est appelé « deux fois né ».

Verse 31

जन्मना जायते शूद्रः संस्काराद्द्विज उच्यते । शापानुग्रहसामर्थ्यं तथा क्रोधः प्रसन्नता

Par la naissance, on naît śūdra ; par les rites sanctifiants, on est appelé « deux fois né ». De là découlent les capacités de maudire ou de bénir, ainsi que la force de la colère et le pouvoir de la grâce.

Verse 32

त्रैलोक्यप्रवरत्वं च ब्राह्मणादेव जायते । न ब्राह्मणसमो बन्धुर्न ब्राह्मणसमा गतिः

La suprématie parmi les trois mondes émane du seul Brāhmaṇa. Il n'y a pas de parent égal à un Brāhmaṇa ; il n'y a pas de destination égale au Brāhmaṇa.

Verse 33

न ब्राह्मणसमः कश्चित्त्रैलोक्ये सचराचरे । दत्तोपवीते ब्रह्मण्ये सुप्ते देवे जनार्दने

Dans les trois mondes, avec tout ce qui est mobile et immobile, nul n’égale un brāhmaṇa—surtout lorsque le cordon sacré lui a été conféré, lorsqu’il est voué à Brahman, et lorsque le Seigneur Janārdana (Viṣṇu) demeure dans le sommeil mystique.

Verse 34

सर्वजगद्ब्रह्ममयं संजातं नात्र संशयः । नवम्या च सुलेपश्च कर्तव्यो यज्ञमूर्तये

En vérité, l’univers tout entier est devenu pénétré de Brahman—il n’y a là aucun doute. Et au neuvième jour lunaire (Navamī), on doit accomplir pour Lui, qui est l’incarnation même du sacrifice (yajña), une onction rituelle délicate (lepa).

Verse 35

सुयक्षकर्दमैर्लिप्तो विष्णुर्येन जगद्गुरुः । तेना प्यायितमेतद्धि वासितं यशसा जगत्

Par celui grâce à qui Viṣṇu—Maître du monde—fut oint d’une pâte excellente et parfumée : par cet acte, ce domaine est véritablement nourri, et le monde s’embaume de sa renommée.

Verse 36

तेजसा भास्करो लोके देवत्वं प्राप्य मानवः । ब्रह्मलोकादिके लोके मोदते चंदनप्रदः

Rayonnant dans le monde comme le soleil, l’homme obtient l’état divin. Celui qui offre le bois de santal se réjouit en Brahmaloka et dans d’autres sphères sublimes.

Verse 37

चंदनालेपसुभगं विष्णुं पश्यंति मानवाः । न ते यमपुरं यांति चातुर्मास्ये विशेषतः

Ceux qui contemplent Viṣṇu, beau de l’onction de santal, ne vont pas à la cité de Yama—tout particulièrement durant la saison sacrée de Cāturmāsya.

Verse 39

लक्ष्म्याः सर्वत्र गामिन्या दोषो नैव प्रजायते । यथा सर्वमयो विष्णुर्न दोषैरनुभूयते

Pour Lakṣmī, qui se meut partout, aucune faute ne naît jamais ; de même Viṣṇu, présent en toutes les formes, n’est ni souillé ni limité par les défauts.

Verse 40

तथा सर्वमयी लक्ष्मीः सतीत्वान्नैव हीयते । प्रतिमासु च सर्वासु सर्वभूतेषु नित्यदा

Ainsi Lakṣmī, qui imprègne tout, ne diminue jamais grâce à sa fidélité parfaite et à sa pureté. Elle demeure à jamais dans toutes les images sacrées et dans tous les êtres, en tout temps.

Verse 41

मनुष्यदेवपितृषु पुष्पपूजा विधीयते । पुष्पैः संपूजितो येन हरिरेकः श्रिया सह

L’offrande de fleurs est prescrite pour les humains, les dieux et les ancêtres. Celui qui vénère Hari, l’Unique, avec Śrī (Lakṣmī) au moyen de fleurs, honore ainsi tous les êtres.

Verse 42

आब्रह्मस्तंबपर्यंतं पूजितं तेन वै जगत् । अतः सुश्वेतकुसुमैर्विष्णुं संपूजयेत्सदा

Par lui, le monde entier est véritablement honoré, de Brahmā jusqu’à un brin d’herbe. C’est pourquoi il faut toujours vénérer Viṣṇu avec des fleurs blanches et pures.

Verse 43

चातुर्मास्ये विशेषेण भक्तियुक्तः सदा शुचिः । भक्त्या सुविहिता ब्रह्मन्पुष्पपूजा नरैर्यदि

Surtout durant le Cāturmāsya, si les hommes—toujours purs et animés de dévotion—accomplissent correctement le culte des fleurs avec bhakti, ô brahmane, le mérite en est immense.

Verse 44

यंयं काममभिध्यायेत्तस्य सिद्धिर्निरंतरा । पुष्पैरुपचितं विष्णुं यद्यन्ये प्रणमंति च

Quel que soit le désir que l’on médite, son accomplissement devient ininterrompu. Et même ceux qui se prosternent devant Viṣṇu, paré de fleurs, partagent aussi cette auspiciosité.

Verse 45

तेषामप्यक्षया लोकाश्चातुर्मास्येऽधिकं फलम् । एकादश्या धूपदानं कर्तव्यं यतये हरौ

Pour eux aussi, les mondes atteints sont impérissables ; et durant le Cāturmāsya, le fruit est plus grand encore. Le jour d’Ekādaśī, ô ascète, il convient d’offrir de l’encens à Hari.

Verse 46

वनस्पति रसो दिव्यो गंधाढ्यो गन्ध उत्तमः । आघ्रेयः सर्वदेवानां धूपोऽयं प्रतिगृह्यताम्

Cet encens est une essence divine des plantes, riche de parfum : une senteur excellente, digne d’être respirée par tous les dieux. Puissiez-vous accepter cet encens.

Verse 47

इमं मंत्रं समुच्चार्य धूपमागुरुजं शुभम् । दद्याद्भगवते नित्यं चातुर्मास्ये महाफलम्

Après avoir récité ce mantra, qu’on offre chaque jour au Seigneur Bienheureux un encens propice fait d’agaru ; durant le Cāturmāsya, il donne un grand fruit.

Verse 48

कर्पूरचन्दनदलैः सितामधुसमन्वितम् । मांसीजटाभिः सहितं सुप्ते देवेऽथ सत्तम

Avec du camphre et des éclats de santal, mêlés de miel blanche, et avec māṃsī et jaṭā—lorsque le Seigneur repose endormi, ô le meilleur des vertueux, (telle est l’offrande à faire).

Verse 49

देवा घ्राणेन तुष्यंति धूपं घ्राणहरं शुभम् । द्वादश्या दीपदानं तु कर्तव्यं मुक्तिमिच्छुभिः

Les dieux se réjouissent du parfum ; l’encens est de bon augure et chasse les mauvaises odeurs. Au jour de Dvādaśī, ceux qui désirent la délivrance doivent accomplir l’offrande d’une lampe.

Verse 50

दीपः सर्वेषु कार्येषु प्रथमस्तेजसां पतिः । दीपस्तमौघनाशाय दीपः कांतिं प्रयच्छति

La lampe est première en tous les rites, souveraine des lumières. La lampe détruit les amas de ténèbres ; la lampe accorde l’éclat.

Verse 51

तस्माद्दीपप्रदानेन प्रीयतां मे जनार्दनः । अयं पौराणजो मंत्रो वेदर्चेन समन्वितः । दीपप्रदाने सकलः प्रयुक्तो नाशयेदघम्

Ainsi, par l’offrande d’une lampe, que Janārdana soit satisfait de moi. Voici un mantra purānique, accompagné de louanges védiques ; employé pleinement dans le rite de l’offrande de lampe, il détruit le péché.

Verse 52

चातुर्मास्ये दीपदानं कुरुते यो हरेः पुरः । तस्य पापमयो राशिर्निमेषादपि दह्यते

Quiconque offre une lampe durant le Cāturmāsya devant Hari, son amas de péchés est consumé en moins d’un instant.

Verse 53

तावत्पापानि गर्जंति तावद्बिभेति पातकी । यावन्न विहितो भास्वान्दीपो नारायणालये

Aussi longtemps les péchés rugissent et le pécheur tremble, jusqu’à ce que la lampe éclatante soit dûment placée dans le sanctuaire de Nārāyaṇa.

Verse 54

दर्शनादपि दीपस्य सर्वसिद्धिर्नृणां भवेत्

Rien qu’en voyant une lampe, toutes les perfections peuvent naître pour les êtres humains.

Verse 55

कामनां यां समुद्दिश्य दीपं कारयते हरौ । सासा सिद्ध्यति निर्विघ्ना सुप्तेऽनंते गुणोत्तरम्

Quel que soit le vœu que l’on forme, si l’on fait préparer une lampe et qu’on l’offre à Hari, ce vœu s’accomplit sans obstacle—surtout lorsque Ananta (Viṣṇu) repose en sommeil yogique, débordant de qualités suprêmes.

Verse 56

पंचायतनसंस्थेषु तथा देवेषु पंचसु । विहितं दीपदानं च चातुर्मास्ये महाफलम्

L’offrande de la lampe, accomplie selon le rite durant le Cāturmāsya, porte un grand fruit—qu’elle soit faite dans la disposition pañcāyatana ou aux cinq divinités.

Verse 57

एको विष्णुस्तुष्यते मुक्तिदाता नित्यं ध्यातः पूजितः संस्तुतश्च । यच्चाभीष्टं यच्च गेहे शुभं वा तत्तद्देयं मुक्तिहेतोर्नृवर्यैः

Viṣṇu seul—dispensateur de la délivrance—se réjouit lorsqu’on le médite sans cesse, qu’on le vénère et qu’on le loue. Aussi, tout ce que l’on chérit et tout bien auspice présent au foyer, les meilleurs des hommes doivent l’offrir en don, pour la cause de la libération.

Verse 239

इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां षष्ठे नागरखण्डे हाटकेश्वरक्षेत्रमाहात्म्ये शेषशाय्युपाख्याने ब्रह्मनारदसंवादे चातुर्मास्यमाहात्म्ये तपोऽधिकारषोडशोपचारदीपमहिमवर्णनंनामैकोनचत्वारिंशदुत्तर द्विशततमोऽध्यायः

Ainsi s’achève, dans le Śrī Skanda Mahāpurāṇa—au sein de l’Ekāśītisāhasrī Saṃhitā, dans le sixième Nāgara Khaṇḍa—dans le Māhātmya du lieu sacré de Hāṭakeśvara, dans le récit de Śeṣaśāyī, dans le dialogue de Brahmā et Nārada, dans le Cāturmāsya-māhātmya—le chapitre intitulé «Description de la gloire de la lampe parmi les seize offrandes et la discipline de l’austérité», à savoir le Chapitre 239.

Verse 381

दशम्या पुष्पपूजा च भक्तिपूजा तथैव च । पुष्पे चैव सदा लक्ष्मीर्वसत्येव निरंतरम्

Au dixième jour lunaire (Daśamī), qu’on accomplisse l’adoration par les fleurs, et de même l’adoration par la dévotion. En vérité, Lakṣmī demeure sans cesse, continuellement, dans les fleurs.