
Sanatkumāra enseigne un rite particulier d’offrande de lampe à Śrī Hanumān (dīpa-dāna / nitya-dīpa) avec un « secret intérieur » (rahasya). Le chapitre se présente comme un manuel rituel : il précise le type de lampe et les mesures d’huile ; il associe certaines huiles, grains, farines, couleurs et parfums à des prayoga visant la prospérité, l’attraction, la guérison, uccāṭana, vidveṣa, māraṇa, et le retour du voyageur. Il détaille la métrologie traditionnelle (pala, prasṛta, kuḍava, prastha, āḍhaka, droṇa, khārī), le nombre et la couleur des mèches, ainsi que les règles de manipulation des huiles et de broyage/pétrissage. Il énumère ensuite les lieux valides (image de Hanumān, temple de Śiva, carrefours, sites planétaires ou d’esprits ; liṅga de cristal et śālagrāma), le culte diagrammatique (hexagone, lotus à huit pétales ; placement du ṣaḍaṅga ; culte Vasu-lotus des vānara majeurs) et l’usage des mantras (kavaca, mālā-mantra, vidyā à douze syllabes, syllabe solaire). Deux applications étendues de protection et de guerre sont données, puis la mantra-lakṣaṇa d’un mantra tattva-jñāna de 26 syllabes (ṛṣi Vasiṣṭha ; anuṣṭubh) et d’un mantra-arme chassant graha/esprits (ṛṣi Brahmā ; gāyatrī), avant de conclure sur la confidentialité et l’aptitude du disciple.
Verse 1
सनत्कुमार उवाच । अथ दीपविधिं वक्ष्ये सरहस्यं हनूमतः । यस्य विज्ञानमात्रेण सिद्धो भवति साधकः ॥ १ ॥
Sanatkumāra dit : À présent, j’exposerai le rite de la lampe de Hanumān, avec son secret intérieur ; par la seule compréhension de cela, le pratiquant devient accompli.
Verse 2
दीपपात्रप्रमाणं च तैलमानं क्रमेण तु । द्रव्यस्य च प्रमाणं वै तत्तु मानमनुक्रमात् ॥ २ ॥
Dans l’ordre requis, il faut d’abord indiquer la juste mesure du récipient de la lampe, puis la mesure de l’huile, et de même la mesure des autres substances ; ces mesures doivent être données selon une progression ordonnée.
Verse 3
स्थानभेदं च मंत्रं च दीपदानमनुं पृथक् । पुष्पवासिततैलेन सर्वकामप्रदं मतम् ॥ ३ ॥
La distinction du lieu (où l’on accomplit le rite), le mantra et la règle propre à l’offrande de la lampe doivent être exposés séparément ; toutefois, on tient que l’offrande d’une lampe avec une huile parfumée de fleurs accorde l’accomplissement de tous les désirs.
Verse 4
तिलतैलं श्रियः प्राप्त्यै पथिकागमनं प्रति । अतसीतैलमुद्दिष्टं वश्यकर्मणि निश्चितम् ॥ ४ ॥
L’huile de sésame est prescrite pour obtenir la prospérité et pour favoriser l’arrivée d’un voyageur. L’huile de lin (linseed) est indiquée tout spécialement et tenue pour efficace dans les rites d’attraction (vaśya-karman).
Verse 5
सार्षापं रोगनाशाय कथितं कर्मकोविदैः । मारणे राजिकोत्थं वा विभीतकसमुद्भवम् ॥ ५ ॥
Les connaisseurs des rites ont enseigné que la préparation à base de moutarde dissipe les maladies ; mais pour les actes de destruction (māraṇa), ils indiquent celle issue de la moutarde noire, ou celle provenant de l’arbre bibhītaka.
Verse 6
उच्चाटने करजोत्थं विद्वेषे मधुवृक्षजम् । अलाभे सर्वतैलानां तिलजं तैलमुत्तमम् ॥ ६ ॥
Pour le rite d’éloignement (uccāṭana), on prescrit l’huile issue du karaja ; pour le rite qui attise l’inimitié (vidveṣa), l’huile tirée de l’arbre madhu. Quand les autres huiles font défaut, l’huile de sésame est proclamée la meilleure de toutes.
Verse 7
गोधूमाश्च तिला माषा मुद्गा वै तंडुलाः क्रमात् । पंचधान्यमिदं प्रोक्तं नित्यदीपं तु मारुतेः ॥ ७ ॥
Le blé, le sésame, le māṣa (haricot noir), le mudga (haricot vert) et le riz—dans cet ordre—sont proclamés les cinq grains ; et (cette offrande) est prescrite pour entretenir la lampe perpétuelle de Maruti (Hanumān).
Verse 8
पंचधान्यसमुद्भूतं पिष्टमात्रं सुशोभनम् । सर्वकामप्रदं प्रोक्तं सर्वदा दीपदानके ॥ ८ ॥
Une lampe (ou l’offrande de la lampe) faite uniquement de farine issue des cinq grains, façonnée avec beauté, est proclamée accorder tous les désirs—en tout temps—dans le rite du don de la lampe (dīpadāna).
Verse 9
वश्ये तडुलपिष्टोत्थं मारणे माषपिष्टजम् । उञ्चाटने कृष्णतिलपिष्टजं च प्रकीर्तितम् ॥ ९ ॥
Pour le vaśya (soumission), on prescrit ce qui est fait de farine de riz ; pour le māraṇa (destruction), ce qui est fait de farine de haricot noir ; et pour le uñcāṭana (éloignement), ce qui est fait de farine de sésame noir—ainsi est-il proclamé.
Verse 10
पथिकागमने प्रोक्तं गोधूमोत्थं सतंडुलम् । मोहने त्वाढकीजात विद्वेषे च कुलत्थजम् ॥ १० ॥
Pour le rite destiné à faire venir promptement le voyageur en sa présence, il est prescrit d’employer des grains de riz préparés à partir du blé. Pour le rite d’illusion/d’envoûtement, qu’on use de grains issus de l’āḍhakī; et pour le rite visant à provoquer l’inimitié, de grains issus du kulattha.
Verse 11
संग्रामे केवला माषाः प्रोक्ता दीपस्य पात्रके । संधौ त्रिपिष्टजं लक्ष्मीहेतोः कस्तूरिकाभवम् ॥ ११ ॥
Au temps du combat, il est prescrit que seul le māṣa (haricot noir) serve de récipient ou de support à la lampe. Aux instants de saṃdhyā (les jonctions crépusculaires), qu’on emploie une préparation nommée tripiṣṭaja; et pour la prospérité, par la grâce de Lakṣmī, quelque chose fait de musc (kastūrikā).
Verse 12
एलालवंगकर्पूरमृगनाभिसमुद्भवम् । कन्याप्राप्त्यै तथा राजवंश्ये सख्ये तथैव च ॥ १२ ॥
La cardamome, le clou de girofle, le camphre et le musc — ingrédients nés des parfums — sont prescrits pour obtenir une épouse, pour s’allier à une lignée royale, et pareillement pour gagner l’amitié.
Verse 13
अलाभे सर्ववस्तूनां पंचधान्यं वरं स्मृतम् । अष्टमुष्टिर्भवेत्किञ्चित्किञ्चिदष्टौ चः पुष्कलम् ॥ १३ ॥
Lorsque les autres objets sont introuvables, l’offrande des cinq grains (pañcadhānya) est déclarée le meilleur substitut. Une petite quantité est dite de huit poignées; une quantité abondante, huit fois cela.
Verse 14
पुष्कलानां चतुर्णां च ह्याढकः परिकीर्तितः । चतुराढको भवेद्द्रोणः खारी द्रोणचतुष्टयम् ॥ १४ ॥
Il est proclamé que quatre puṣkalā font un āḍhaka. Quatre āḍhaka font un droṇa, et une khārī se compose de quatre droṇa.
Verse 15
खारीचतुष्टय प्रस्थसंज्ञा च परिकीर्तिता । अथवान्यप्रकारेण मानमत्र निगद्यते ॥ १५ ॥
On déclare aussi qu’un ensemble de quatre khārī est connu sous le nom de « prastha ». Ou bien, le système des mesures est ici énoncé d’une autre manière.
Verse 16
पलद्वयं तु प्रसृतं द्विगुणं कुडवं मतम् । चतुर्भिः कुडवैः प्रस्थस्तैश्चतुर्भिस्तथाढकः ॥ १६ ॥
On dit que deux palas font un prasṛta ; le double est tenu pour un kuḍava. Quatre kuḍava font un prastha, et quatre prastha font pareillement un āḍhaka.
Verse 17
चतुराढको भवेद्द्रोणःऋ खारी द्रोणचतुष्टयम् । क्रमेणैतेन ते ज्ञेयाः पात्रे षट्कर्मसंभवे ॥ १७ ॥
Quatre āḍhaka font un droṇa ; un khārī se compose de quatre droṇa. Ces mesures doivent être comprises dans cet ordre même, en lien avec les récipients (pātra) employés dans les six actes rituels.
Verse 18
पञ्च सप्त नव तथा प्रमाणास्ते यथाक्रमम् । सौगंधे नैव मानं स्यात्तद्यथारुचि संमतम् ॥ १८ ॥
Les mesures sont, dans l’ordre, cinq, sept et neuf. Mais pour les parfums et fragrances, il n’y a pas de mesure fixe ; cela est approuvé selon le goût de chacun.
Verse 19
नित्यपात्रे तु तैलानां नियमो वार्तिकोद्भवः । सोमवारे गृहीत्वातद्ध्वान्यं तोयप्लुतं धरेत् ॥ १९ ॥
Quant aux huiles conservées dans un récipient d’usage quotidien, la règle procède de la pratique coutumière. Le lundi, après avoir pris cette huile, on doit la garder couverte et protégée, après l’avoir aspergée d’eau.
Verse 20
पश्चात्प्रमाणतो ज्ञेयं कुमारीहस्तपेषणम् । तत्पिष्टं शुद्धपात्रे तु नदीतोयेन पिंडितम् ॥ २० ॥
Ensuite, selon la mesure prescrite, qu’on le sache ainsi : le broyage doit être accompli par la main d’une jeune fille. Cette pâte, déposée dans un récipient pur, sera pétrie en une boule avec l’eau de la rivière.
Verse 21
दीपपात्रं ततः कुर्याच्छुद्धः प्रयतमानसः । दीपपात्रे ज्वाल्यमाने मारुतेः कवचं पठेत् ॥ २१ ॥
Puis, purifié et l’esprit maîtrisé, qu’on prépare le récipient de la lampe. Lorsque la lampe y est allumée, qu’on récite le kavaca, l’hymne de protection, de Māruti (Hanumān).
Verse 22
शुद्धभूमौ समास्थाप्य भौमे दीपं प्रदापयेत् । मालामनूनां ये वर्णाः साध्यनामसमन्विताः ॥ २२ ॥
Après l’avoir posée comme il se doit sur un sol purifié, qu’on allume la lampe sur la terre. Les lettres (varṇa) des mantras-guirlandes (mālā-mantra), jointes au nom du sādhya (la divinité ou le but visé), doivent être employées dans le rite.
Verse 23
वर्तिकायां प्रकर्त्तव्यास्तंतवस्तत्प्रमाणकाः । तत्त्रिंशांशेन वा ग्राह्या गुरुकार्येऽखिलाढ्यता ॥ २३ ॥
Dans le cordon de mesure (vartikā), on doit préparer des fils selon cette mesure prescrite ; ou bien les prendre comme le trentième de celle-ci. Pour les œuvres importantes, une provision complète de matériaux et de mesures est requise.
Verse 24
कूटतुल्याः स्मृता नित्ये सामान्येऽथ विशेषके । रुद्राः कूटगणाः प्रोक्ता न पात्रे नियमो मतः ॥ २४ ॥
Dans les rites permanents (nitya) comme dans les observances générales et particulières, on s’en souvient toujours comme étant « égaux à un tas, à une masse (kūṭa) ». Les Rudra sont dits appartenir aux « groupes kūṭa » ; et, en cette matière, on tient qu’il n’existe pas de règle fixe quant au réceptacle ou destinataire (pātra).
Verse 25
एकविंशतिसंख्याकास्तन्तवोऽथाध्वनि स्मृताः । रक्तसूत्रं हनुमतो दीपदाने प्रकीर्तितम् ॥ २५ ॥
Sur la voie rituelle (adhvan), on dit que les fils sont au nombre de vingt et un. Et, lors de l’offrande de lampes (dīpa-dāna), un fil rouge est prescrit en lien avec Hanumān.
Verse 26
कृष्णमुञ्चाटने द्वेषेऽरुणं मारणकर्मणि । कूटतुल्यपलं तैलं गुरुकार्ये शिवैर्गुणम् ॥ २६ ॥
Pour les rites d’expulsion (muncāṭana), on emploiera des matières noires ; pour les actes nés de l’inimitié, le rouge ; et, dans les opérations visant la destruction, on use pareillement du rouge prescrit. L’huile mesurée à un pala, d’un poids égal à un kūṭa, est dite efficace et pourvue de qualités auspiciées pour les entreprises lourdes et importantes.
Verse 27
नित्ये पंचपलं प्रोक्तमथवा मानसी रुचिः ॥ २७ ॥
Pour l’observance quotidienne, la mesure de cinq palas est prescrite ; ou bien l’on peut suivre l’élan né dans l’esprit, c’est-à-dire une offrande et une pratique purement intérieures selon sa capacité.
Verse 28
हनुमत्प्रतिमायास्तु सन्निधौ दीपदापनम् । शिवालयेऽथवा कुर्यान्नित्यनैमित्तिके स्थले ॥ २८ ॥
Qu’on offre une lampe en présence d’une image de Hanumān ; ou bien qu’on le fasse dans un temple de Śiva, en un lieu destiné aux rites quotidiens et aux rites occasionnels.
Verse 29
विशेषोऽस्त्यत्र यः कश्चिन्मारुते रुच्यते मया ॥ २९ ॥
Ici, au sujet de Māruta — la doctrine des vents — il est un point particulier qui m’est tout spécialement agréable.
Verse 30
प्रतिमाग्रे प्रमोदेन ग्रहभूतग्रहेषु च । चतुष्पथे तथा प्रोक्तं षट्सु दीपप्रदापनम् ॥ ३० ॥
Avec joie, qu’on offre une lampe devant l’image sacrée, et aussi dans les lieux liés aux planètes (graha) et aux esprits (bhūta). De même, au carrefour, l’offrande de lampes est prescrite ; ainsi l’offrande de lumière est enseignée en ces six circonstances.
Verse 31
सन्निधौ स्फाटिके लिंगे शालग्रामस्य सन्निधौ । नानाभोगश्रियै प्रोक्तं दीपदानं हनूमतः ॥ ३१ ॥
En présence du liṅga de cristal (sphāṭika) et en présence du Śālagrāma, l’offrande de lampe est proclamée—selon l’enseignement de Hanūmān—afin d’accorder prospérité et jouissance de maints bienfaits.
Verse 32
गणेशसन्निधौ विघ्नमहासंकटनाशने । विषव्याधिभये घोरे हनुमत्सन्निधौ स्मृतम् ॥ ३२ ॥
En présence de Gaṇeśa, on se souvient de la destruction des obstacles et des grandes calamités ; et dans la crainte terrible née du poison et de la maladie, on se rappelle la présence protectrice de Hanūmān.
Verse 33
दुर्गायाः सन्निधौ प्रोक्तं संग्रामे दीपदापनम् । चतुष्पथे व्याधिनष्टौ दुष्टदृष्टौ तथैव च ॥ ३३ ॥
En présence de Devī Durgā, l’offrande de lampe est prescrite ; de même en temps de combat, au carrefour, pour dissiper la maladie, et aussi pour repousser le mauvais œil, il est enjoint d’offrir la lumière.
Verse 34
राजद्वारे बंधमुक्तौ कारागारेऽथवा मतम् । अश्वत्थवटमूले तु सर्वकार्यप्रसिद्धये ॥ ३४ ॥
À la porte du roi, il est prescrit d’offrir une lampe pour obtenir la délivrance des liens ; et dans une prison aussi, on la tient pour efficace. Mais au pied d’un aśvattha ou d’un banian, elle procure l’accomplissement heureux de toute entreprise.
Verse 35
वश्ये भये विवादे च वेश्मसंग्रामसंकटे । द्यूते दृष्टिस्तंभने च विद्वेषे मारणे तथा ॥ ३५ ॥
Dans les rites d’assujettissement, dans la peur et dans les querelles; dans les périls nés de la maison et du champ de bataille; dans le jeu, dans l’entrave du regard d’autrui, dans l’ensemencement de la haine, et de même dans les opérations de destruction (māraṇa) — (cela) est employé.
Verse 36
मृतकोत्थापने चैव प्रतिमाचालने तथा । विषे व्याधौ ज्वरे भूतग्रहे क्रृत्याविमोचने ॥ ३६ ॥
De même, (ces procédés mantriques) sont employés pour relever un mort, pour faire mouvoir une image sacrée; et aussi en cas de poison, de maladie, de fièvre, de possession par des esprits, et pour être délivré d’une sorcellerie hostile (kr̥tyā).
Verse 37
क्षतग्रंथौ महारण्ये दुर्गेव्याघ्ने च दंतिनि । क्रूरसत्त्वेषु सर्वेषु शश्वदूंधविमोक्षणे ॥ ३७ ॥
En cas de blessure ou de tumeur rompue; dans une vaste forêt; en terrain difficile; face au tigre ou à l’éléphant aux défenses; au milieu de toutes les bêtes féroces; et pour être sans cesse délivré du péril — (cela) doit être appliqué/récité.
Verse 38
पथिकागमने चैव दुःस्थाने राजमोहने । आगमे निर्गमे चैव राजद्वारे प्रकीर्तितम् ॥ ३८ ॥
Il est enseigné que (ces signes/indications) doivent être pris en compte à l’arrivée des voyageurs, dans les lieux néfastes ou troublés, dans les affaires touchant à la confusion du roi, et aussi aux moments d’entrée et de sortie — surtout à la porte royale.
Verse 39
दीपदानं हनुमतो नात्र कार्या विचारणा ॥ ३९ ॥
Quant à l’offrande d’une lampe à Hanumān, il n’y a nul besoin d’en débattre davantage : il faut assurément la faire.
Verse 40
रुद्रैकविंशपिंडांश्च त्रिधा मंडलमानकम् । लघुमानं स्मृतं पंच सप्त वा नव वा तथा ॥ ४० ॥
Vingt et une boulettes ‘Rudra’ (piṇḍa) constituent une mesure de maṇḍala, fixée selon une division triple. La mesure dite « légère » (laghu) est mémorisée comme comprenant cinq—ou bien sept, ou neuf—de ces mêmes unités.
Verse 41
क्षीरेण नवनूतेन दध्ना वा गोमयेन च । प्रतिमाकरणं प्रोक्तं मारुतेर्दीपदापने ॥ ४१ ॥
Il est enseigné que, pour offrir une lampe à Māruti (Hanumān), on peut façonner une image (pratimā) avec du lait, du beurre frais, du caillé, ou même avec de la bouse de vache.
Verse 42
दक्षिणाभिमुखं वीरं कृत्वा केसरिविक्रमम् ॥ ४२ ॥
Ayant fait tourner le héros vers le sud, on le rendit d’une vaillance au pas de lion.
Verse 43
ऋक्षविन्यस्तपादं च किरीटेन विराजितम् । लिखेद्भित्तौ पटे वापि पीठे वा मारुतेः शुभे ॥ ४३ ॥
On doit représenter l’auspicieux Māruti (Hanumān), les pieds posés sur un ours, resplendissant d’une couronne—qu’on le trace sur un mur, sur une toile, ou sur un piédestal d’autel propice.
Verse 44
मालामंत्रेण दातव्यं दीपदानं हनूमतः । नित्यदीपः प्रकर्त्तव्यो द्वादशाक्षरविद्यया ॥ ४४ ॥
Pour Hanumān, l’offrande de la lampe doit être faite avec le mantra du rosaire (mālā-mantra) ; et l’on doit établir une lampe perpétuelle au moyen de la vidyā sacrée de douze syllabes (dvādaśākṣarī).
Verse 45
विशेषस्तत्र यस्तं वै दीपदानेऽवधारय । षष्ट्यादौ च द्वितीयादाविमं दीपमितीरयेत् ॥ ४५ ॥
Comprends bien la règle particulière qui s’applique là dans l’offrande de la lampe. Au commencement de Ṣaṣṭī (sixième jour lunaire) et aussi au commencement de Dvitīyā (deuxième jour lunaire), on doit offrir cette même lampe selon l’ordonnance.
Verse 46
गृहाणेति पदं पश्चाच्छेषं पूर्ववदुच्चरेत् । कूटादौ नित्यदीपे च मंत्रं सूर्याक्षरं वदेत् ॥ ४६ ॥
Ensuite, qu’il prononce le mot « gṛhāṇa » (« reçois »), puis qu’il récite le reste comme il a été dit auparavant. Au commencement (kūṭa) comme devant la lampe toujours allumée, qu’il énonce le mantra formé de la syllabe du Soleil.
Verse 47
तत्र मालाख्यमनुना तत्तत्कार्येषु कारयेत् । गोमयेनोपलिप्तायां भूमौ तद्गतमानसः ॥ ४७ ॥
Là, qu’il fasse accomplir les rites appropriés au moyen du mantra nommé « Mālā ». Assis sur un sol enduit de bouse de vache, qu’il garde l’esprit absorbé en ce rite et en sa divinité.
Verse 48
षट्कोणं वसुपत्रं च भूमौ रेखासमन्वितम् । कमलं च लिखेद्भद्रं तत्र दीपं निधापयेत् ॥ ४८ ॥
Sur le sol, qu’on trace un hexagone et la figure vāsupatra (à huit pétales), munie de lignes directrices. Puis, y dessinant un lotus de bon augure, qu’on y dépose la lampe, au cœur du diagramme.
Verse 49
शैवे वा वैष्णवे पीठे पूजयेदंजनासुतम् । कूटषट्कं च षट्कोणे अंतराले परलिखेत् ॥ ४९ ॥
Sur un piédestal d’autel śaiva ou vaiṣṇava, qu’on vénère le fils d’Añjanā (Hanumān). Et, à l’intérieur de l’hexagone, dans les intervalles, qu’on trace aussi les six « sommets » (kūṭa-ṣaṭka).
Verse 50
षट्कोणेषु षडंगानि बीजयुक्तानि संलिखेत् । सौम्यं मध्यगतं लेख्यं तत्र संपूज्य मारुतिम् ॥ ५० ॥
Dans les six angles (du diagramme hexagonal), qu’on inscrive les six aṅga, chacun uni à sa syllabe-semence (bīja). Au centre, qu’on écrive l’auspicieux (mantra/forme) ; et là, après avoir accompli la vénération selon le rite, qu’on adore Māruti (Hanumān).
Verse 51
षट्कोणेषु षडंगानि नामानि च पुरोक्तवत् । वसुपत्रे क्रमात्पूज्या अष्टावेते च वानराः ॥ ५१ ॥
Dans les six angles du diagramme, qu’on dispose les six membres (ṣaḍ-aṅga) et leurs noms, comme il a été dit plus haut. Sur le lotus à huit pétales des Vasu, qu’on vénère successivement ces huit « Vānara ».
Verse 52
सुग्रीवायांगदायाथ सुषेणाय नलाय च । नीलायाथो जांबवते प्रहस्ताय तथैव च ॥ ५२ ॥
(Qu’on offre) à Sugrīva et à Aṅgada, ainsi qu’à Suṣeṇa et à Nala ; à Nīla, à Jāmbavān, et de même à Prahasta.
Verse 53
सुवेषाय ततः पश्चाद्यजेत्षडंगदेवताः । आदावंजनापुत्राय ततश्च रुद्रमूर्तये ॥ ५३ ॥
Ensuite, après avoir vénéré Suveṣa, qu’on vénère les divinités des six auxiliaires (ṣaḍaṅga). D’abord (qu’on offre) au fils d’Añjanā, puis à Celui dont la forme est Rudra.
Verse 54
ततो वायुसुतायाथ जानकीजीवनाय च । रामदूताय ब्रह्मास्त्रनिवारणाय तत्परम् ॥ ५४ ॥
Puis (qu’on offre) au fils de Vāyu—Hanumān—qui est la vie même de Jānakī, le messager de Rāma, toujours appliqué à détourner le Brahmāstra.
Verse 55
पंचोपचारैः संपूज्य देशकालौ च कीर्तेत् । कुशोदकं समादाय दीपमंत्रं समुञ्चरेत् ॥ ५५ ॥
Après avoir adoré comme il se doit par les cinq offrandes, qu’on proclame le lieu et le moment. Puis, prenant l’eau imprégnée de kuśa, qu’on récite le mantra de la lampe.
Verse 56
उत्तगभिमुखो जप्त्वा साधयेत्साधकोत्तमः । तं मंत्रं कूटधा जप्त्वा जलं भूमौ विनिक्षिपेत् ॥ ५६ ॥
Tourné vers le nord, l’excellent pratiquant accomplira le rite par la récitation. Après avoir récité ce mantra d’une manière secrète, qu’il verse l’eau sur le sol.
Verse 57
ततः करपुटं कृत्वा यथाशक्ति जपेन्मनुम् । अनेन दीपवर्येण उदङ्मुखगतेन वै ॥ ५७ ॥
Ensuite, joignant les mains en karapuṭa (paumes en coupe), qu’on récite le mantra selon sa force. Avec cette lampe excellente placée devant soi, tourné vers le nord, qu’on psalmodie.
Verse 58
तथा विधेहि हनुमन्यथा स्युर्मे मनोरथाः । त्रयोदशैवं द्रव्याणि गोमयं मृत्तिका मसी ॥ ५८ ॥
«Fais en sorte, ô Hanumān, que mes vœux s’accomplissent ainsi.» Il y a donc treize matières, dont la bouse de vache, l’argile et la cendre, entre autres.
Verse 59
अलक्तं दरदं रक्तचंदनं चंदनं मधु । कस्तूरिका दधि क्षीरं नवनीतं धृतं तथा ॥ ५९ ॥
L’alakta (teinture de laque), le darada (minéral/pigment parfumé), le santal rouge, le santal, le miel, le musc, le caillé, le lait, le beurre frais et aussi le ghee—tout cela doit être préparé selon la règle.
Verse 60
गोमयं द्विविधं तत्र प्रोक्तं गोमहिषीभवम् । पश्चाद्विनष्टद्रव्याप्तौ माहिषं गोमयं स्मृतम् ॥ ६० ॥
Là, il est enseigné que la bouse est de deux sortes : issue de la vache et issue du buffle. Lorsque, plus tard, la substance requise vient à manquer ou se perd, la bouse de buffle doit être tenue pour « bouse de vache », admise comme substitut.
Verse 61
पथिकागमने दूरान्महादुर्गस्य रक्षणे । बालादिरक्षणे चैव चौरादिभयनाशने ॥ ६१ ॥
On l’emploie pour faire revenir de loin un voyageur, pour garder une grande forteresse, pour protéger les enfants et les autres, et pour détruire les peurs nées des voleurs et de dangers semblables.
Verse 62
स्त्रीवश्यादिषु कार्येषु शस्तं गोगोमयं मने । भूमिस्पृष्टं न तद्ग्राह्यमंतरिक्षाञ्च भाजने ॥ ६२ ॥
Pour des rites tels que ceux visant à obtenir la faveur d’une femme et des buts semblables, la bouse de vache est tenue pour la substance purificatrice prescrite. Toutefois, si elle a touché le sol, on ne doit pas la ramasser ; qu’on la conserve dans un récipient ne touchant pas la terre (tenu au-dessus du sol).
Verse 63
चतुर्विधा मृत्तिका तु श्वेता पीतारुणासिता । तत्र गोपीचंदनं तु हरितालं च गौरिकम् ॥ ६३ ॥
L’argile (à usage rituel) est de quatre sortes : blanche, jaune, rouge et noire. Parmi elles sont aussi comptées la gopīcandana, le haritāla et la gaurikā, terres ou minéraux particuliers pour les marques sacrées et les rites.
Verse 64
मषी लाक्षारसोद्भूता सर्वं वान्यत्स्फुटं मतम् । कृत्वा गोपीचदंनेन चतुरस्रं गृहं सुधीः ॥ ६४ ॥
On recommande l’encre préparée à partir de la résine de laque ; et l’on tient aussi pour excellent que tout le reste (pour l’écriture) soit net et distinct. Ayant tracé avec la gopī-candana une enceinte carrée, le sage doit alors procéder à l’écriture prescrite.
Verse 65
तन्मध्ये माहिषेणाथ कुर्यान्मूर्तिं हनूमतः । बीजं क्रोधाञ्च तत्पुच्छं लिखेन्मंत्री समाहितः ॥ ६५ ॥
Au milieu de ce diagramme, ô Seigneur, qu’on façonne l’effigie de Hanumān avec la bile de buffle; puis, le pratiquant, l’esprit recueilli, inscrira le bīja (syllabe-graine) ainsi que les syllabes de krodha (courroux) sur sa queue.
Verse 66
तैलेन स्नापयेन्मूर्तिं गुडेन तिलकं चरेत् । शतपत्रसमो धूपः शालनिर्याससंभवः ॥ ६६ ॥
Qu’on baigne l’image de la divinité avec de l’huile, et qu’on applique un tilaka fait de jaggery (sucre brut). L’encens doit être parfumé comme le lotus aux cent pétales, préparé avec la résine exsudée par l’arbre śāla.
Verse 67
कुर्य्याञ्च तैलदीपं तु वर्तिपंचकसंयुतम् । दध्योदनेन नैवेद्यं दद्यात्साधकसत्तमः ॥ ६७ ॥
Le meilleur des sādhakas préparera une lampe à huile munie de cinq mèches, et offrira en naivedya du riz avec du caillé (yaourt).
Verse 68
वारत्रयं कंठदेशे सशेषविषमुञ्चरन् । एवं कृते तु नष्टानां महिषीणां गवामपि ॥ ६८ ॥
Qu’il relâche le poison restant au niveau de la gorge par trois fois. Ainsi accompli, même les bufflonnes et les vaches perdues sont retrouvées.
Verse 69
दासीदासादिकानां च नष्टानां प्राप्तिरीरिता । चौरादिदुष्टसत्त्वानां सर्पादीनां भये पुनः ॥ ६९ ॥
Il est enseigné que ce qui a été perdu—servantes, domestiques et autres choses semblables—peut être recouvré; et qu’en temps de crainte face aux voleurs et autres êtres malfaisants, ainsi qu’aux serpents et dangers similaires, on obtient de nouveau la protection.
Verse 70
तालेन च चतुर्द्वारं गृहं कृत्वा सुशोभनम् । पूर्वद्वारे गजः स्थाप्यो दक्षिणे महिषस्तथा ॥ ७० ॥
Selon la mesure du tāla, qu’on bâtisse une demeure belle et propice, pourvue de quatre portails. À la porte de l’est, qu’on place l’éléphant, et à celle du sud, de même, le buffle.
Verse 71
सर्पस्तु पश्चिमे द्वारे व्याघ्रश्चैवोत्तरे तथा । एवं क्रमेण खड्गं च क्षुरिकादंडमुद्गरान् ॥ ७१ ॥
À la porte de l’ouest, qu’on place le serpent, et à celle du nord, de même, le tigre. Ainsi, selon l’ordre prescrit, qu’on dispose aussi l’épée, le poignard, le bâton et la massue.
Verse 72
विलिख्य मध्ये मूर्तिं च महिषीगोमयेन वै । कृत्वा डमरुहस्तां च चकिताक्षीं प्रयत्नतः ॥ ७२ ॥
Puis, au centre du lieu préparé, qu’on trace avec soin une figure au moyen de bouse de buffle et de vache. Avec effort et attention, qu’on façonne la forme, tenant un ḍamaru (petit tambour) en main, les yeux grands ouverts comme saisis d’étonnement.
Verse 73
पयसा स्नापनं रक्तचंदनेनानुलेपनम् । जातीपुष्पैस्तु संपूज्य शुद्धधूप प्रकल्पयेत् ॥ ७३ ॥
Qu’on baigne (l’image sacrée) avec du lait et qu’on l’oigne de pâte de santal rouge. Après l’avoir honorée pleinement de fleurs de jasmin, qu’on prépare un encens pur.
Verse 74
घृतेन दीपं दत्त्वाथ पायसान्नं निवेदयेत् । गगनं दीपिकेंद्वाढ्यां शास्त्रं च पुरतो जपेत् ॥ ७४ ॥
Après avoir offert une lampe au ghee, qu’on présente ensuite le pāyasa (riz au lait sucré) en offrande de nourriture. Tandis que le ciel resplendit de lampes et de clarté lunaire, qu’on récite le śāstra sacré devant (l’autel).
Verse 75
एवं सप्तदिनं कृत्वा मुच्यते महतो भयात् । अनयोर्भौमवारे तु कुर्यादारंभमादरात् ॥ ७५ ॥
L’ayant observé ainsi durant sept jours, on est délivré d’une grande crainte. Parmi ces deux méthodes, qu’on commence la pratique avec soin le mardi (Bhauma-vāra).
Verse 76
शत्रुसेनाभये प्राप्ते गैरिकेण तु मंडलम् । कृत्वा तदंतरे तालमीष्टन्नम्रं समालिखेत् ॥ ७६ ॥
Quand survient le danger d’une armée ennemie, qu’on trace un maṇḍala circulaire avec de l’ocre rouge; puis, à l’intérieur, qu’on dessine avec soin un palmier tāla, légèrement incliné selon le souhait.
Verse 77
तत्रावलंबमानां च प्रतिमां गोमयेन तु । वामहस्तेन तालाग्रं दक्षिणे ज्ञानमुद्रिका ॥ ७७ ॥
Là, qu’on façonne (ou qu’on fixe) une image avec de la bouse de vache; de la main gauche elle tient l’extrémité d’une feuille de tāla, et de la droite elle porte le geste de la connaissance (jñāna-mudrā).
Verse 78
तालमूलात्स्वकाष्टायां मार्गे हस्तमिते गृहम् । चतुरस्र विधायाथ तन्मध्ये मूर्तिमालिखेत् ॥ ७८ ॥
Depuis la base du tāla, sur sa propre planche de bois placée le long du chemin, qu’on aménage un espace comme une demeure, mesuré d’un hasta. L’ayant fait carré, qu’on dessine ensuite la mūrti sacrée en son centre.
Verse 79
दक्षिणाभिमुखीं रम्यां हृदये विहितांजलिम् । तोयेन स्नानगंधादि यथासंभवमर्पयेत् ॥ ७९ ॥
Tourné vers le sud, d’une présence agréable et recueillie, les mains jointes en añjali au cœur, qu’on offre selon ses moyens : l’eau pour le bain et d’autres offrandes telles que des parfums.
Verse 80
कृशारान्नं च नैवेद्यं साज्यं तस्यै निवेदयेत् । किलिद्वयं जपं प्रोक्तमेवं कुर्याद्दिने दिने ॥ ८० ॥
Qu’on lui offre en naivedya du kṛśāra (grains bouillis) accompagné de ghee purifié. Le japa est dit « kilidvaya » ; ainsi faut-il l’accomplir jour après jour.
Verse 81
एवं कृते भवेच्छीघ्रं पथिकानां समागमः । श्यामपाषाणखण्डेन लिखित्वा भूपतेर्गृहम् ॥ ८१ ॥
Quand cela est accompli, les voyageurs se rassembleront promptement. Avec un éclat de pierre sombre, qu’on inscrive le signe et qu’on marque la demeure du roi.
Verse 82
प्राकारं तु चतुर्द्वारयुक्तं द्वारेषु तत्र वै । अन्योन्यपुच्छ रिधित्रययुक्तां हनूमतः ॥ ८२ ॥
(Qu’on construise) une enceinte munie de quatre portes ; et à ces portes, qu’on place l’agencement triple marqué de ‘queues entrelacées’, appartenant à Hanūmān.
Verse 83
कुर्यान्मूर्तिं गोमयेन धत्तूरकुसुमैयजेत् । जटामांसीभवं धूपं तैलाक्तघृतदीपकम् ॥ ८३ ॥
Qu’on façonne une image avec de la bouse de vache et qu’on l’honore de fleurs de dhattūra. Qu’on offre un encens de jaṭāmāṃsī et qu’on allume une lampe de ghee dont la mèche est ointe d’huile.
Verse 84
नैवेद्यं तिलतैलाक्तसक्षारा माषरोटिका । ध्येयो दक्षिणहस्तेन रोटिकां भक्षयन्हरिः ॥ ८४ ॥
En naivedya, qu’on offre une roṭikā de māṣa (gramme noir), enduite d’huile de sésame et mêlée de sel alcalin. Et qu’on médite Hari la mangeant de Sa main droite.
Verse 85
वामहस्तेन पाषाणैस्त्रासयन्परसैनिकान् । प्नारयन्भ्रुकुटीं बद्ध्वा भीषयन्मथयन्स्थितः ॥ ८५ ॥
De la main gauche, il lançait des pierres, épouvantant les soldats ennemis ; les sourcils froncés, il se tenait là—les menaçant et jetant leurs rangs dans la confusion.
Verse 86
जपेञ्च भुग्भुगिति वै सहस्रं ध्यानतत्परः । एवं कृतविधानेन परसैन्यं विनाशयेत् ॥ ८६ ॥
Absorbé dans la méditation, qu’il répète aussi mille fois le mantra « bhug bhug ». En accomplissant le rite selon cette règle, on peut provoquer la destruction de l’armée ennemie.
Verse 87
रक्षा भवति दुर्गाणां सत्यं सत्य न संशयः । प्रायोगा बहवस्तत्र संक्षेपाद्गदिता मया ॥ ८७ ॥
Ces observances deviennent réellement une protection dans les temps d’épreuve—vrai, vrai, sans aucun doute. Il existe là de nombreuses applications rituelles ; je ne les ai dites qu’en abrégé.
Verse 88
प्रत्यहं यो विधानेन दीपदानं हनूमतः । तस्यासाध्यं न वै किंचिद्विद्यते भुवनत्रये ॥ ८८ ॥
Pour celui qui, chaque jour, offre une lampe à Hanumān selon le rite prescrit, il n’est vraiment rien d’inaccessible dans les trois mondes.
Verse 89
न देयं दुष्टहृदये दुष्टचिंतनबुद्धये । अविनीताय शिष्याय पिशुनाय कदाचन ॥ ८९ ॥
Qu’on ne transmette jamais l’enseignement sacré à celui dont le cœur est mauvais et l’intelligence tournée vers de funestes pensées ; ni à un disciple indocile, ni à un calomniateur, en aucun temps.
Verse 90
कृतघ्नाय न दातव्यं दातव्यं च परीक्षिते । बहुना किमिहोक्तेन सर्वं दद्यात्कपीश्वरः ॥ ९० ॥
Il ne faut rien donner à l’ingrat; on ne doit donner qu’après un juste examen. À quoi bon parler davantage ici ? Le Seigneur des vānara (Hanumān) a tout offert, jusqu’à lui-même.
Verse 91
अथ मन्त्रान्तरं वक्ष्ये तत्त्वज्ञानप्रदायकम् । तारो नमो हनुमते जाठरत्रयमीरयेत् ॥ ९१ ॥
Je vais maintenant énoncer un autre mantra qui confère la connaissance de la Réalité (tattva). Qu’on prononce d’abord le « tāra », le Praṇava, puis « namo hanumate », et qu’ensuite on émette les trois sons « jāṭhara ».
Verse 92
दनक्षोभं समाभाष्य संहरद्वयमीरयेत् । आत्मतत्त्वं ततः पश्चात्प्रकाशययुगं ततः ॥ ९२ ॥
Après avoir récité la partie nommée Danakṣobha, qu’on prononce ensuite la paire de formules de Saṃhāra (dissolution). Puis qu’on expose la vérité du Soi (Ātman) ; et qu’ensuite on enseigne la paire relative à Prakāśa, l’illumination.
Verse 93
वर्मास्त्रवह्निजायांतः सार्द्धूषड्विंशदर्णवान् । वसिष्ठोऽस्य मुनिश्छन्दोऽनुष्टुप् च देवताः पुनः ॥ ९३ ॥
Ce mantra commence par « varmāstra » et s’achève par « vahnijāyā » ; il comporte au total vingt-six syllabes. Son ṛṣi est le sage Vasiṣṭha, son mètre est l’Anuṣṭubh, et ses divinités présidantes doivent, là encore, être comprises en conséquence.
Verse 94
हनुमान्मुनिसप्तर्तुवेदाष्टनिगमैः क्रमात् । मंत्रार्णैश्च षडंगानि कृत्वा ध्यायेत्कपीश्वरम् ॥ ९४ ॥
Dans l’ordre prescrit, en utilisant les syllabes mantriques associées à Hanumān, aux sages, aux sept saisons, aux Veda et aux huit Nigama, qu’on accomplisse le ṣaḍaṅga-nyāsa (rite auxiliaire en six membres), puis qu’on médite sur Kapīśvara, Hanumān, Seigneur des vānara.
Verse 95
जानुस्थावामबाहुं च ज्ञानमुद्रापरं हृदि । अध्यात्मचित्तमासीनं कदलीवनमध्यगम् ॥ ९५ ॥
Le bras gauche posé sur le genou, la main au cœur en la mudrā de la connaissance spirituelle, il demeurait assis, absorbé dans la contemplation intérieure, au milieu d’un bosquet de bananiers.
Verse 96
बालार्ककोटिप्रतिमं ध्यायेज्ज्ञानप्रदं हरिम् । ध्यात्वैवं प्रजपेल्लक्षं दशांशं जुहुयात्तिलैः ॥ ९६ ॥
Qu’on médite sur Hari, dispensateur de connaissance, dont l’éclat est semblable à celui de dix millions de soleils levant. Après cette méditation, qu’on récite le mantra cent mille fois, puis qu’on offre en oblation le dixième de ce nombre avec des graines de sésame.
Verse 97
साज्यैः संपूजयेत्पीठे पूर्वोक्ते पूर्ववत्प्रभुम् । जप्तोऽयं मदनक्षोभं नाशयत्येव निश्चितम् ॥ ९७ ॥
Sur le pīṭha décrit plus haut, qu’on adore le Seigneur comme il a été prescrit, en offrant des oblations mêlées de ghee. Ce mantra, lorsqu’il est récité, détruit assurément le trouble suscité par Kāma (la passion).
Verse 98
तत्त्वज्ञानमवाप्नोति कपींद्रस्य प्रसादतः । अथ मंत्रातरं वाक्ष्ये भूतविद्रावणं परम् ॥ ९८ ॥
Par la grâce de Kapīndra (le Seigneur des singes), on obtient la connaissance véritable du tattva, la réalité ultime. À présent, je vais énoncer un autre mantra, suprême pour chasser les esprits et les êtres perturbateurs.
Verse 99
तारः काशींकुक्षिपरवराहश्चांजनापदम् । पवनो वनपुत्रांते आवेशिद्वयमीरयेत् ॥ ९९ ॥
Qu’on prononce dans l’ordre les syllabes/mots : « Tāra », « Kāśī », « Kukṣi », « Para », « Varāha » et « Cāñjanāpada » ; puis « Pavana » à la fin de « Vanaputrā ». Ainsi se profère la paire appelée « Āveśi ».
Verse 100
तारः श्रीहनुमत्यश्चादस्त्ररचभुजाक्षरः । ब्रह्मा मुनिः स्याद्गायत्री छंदोऽत्र देवता पुनः ॥ १०० ॥
La syllabe-graine est Tārā (Oṃ) ; jointe à « Śrī » et à « Hanumatī », elle devient le mantra dit « en forme d’arme », muni des « syllabes des bras ». Ici, Brahmā est le ṛṣi, le mètre est Gāyatrī, et la divinité présidante est de nouveau la même.
Verse 101
हनुमान्कमला बीजं फट् शक्तिः परिकीर्तितः । षड्दीर्घाढ्येन बीजेन षडङ्गानि समाचरेत् ॥ १०१ ॥
Le bīja est déclaré être « hanumān-kamalā », et la śakti (l’exclamation mantrique) est « phaṭ ». Avec le bīja pourvu de six voyelles longues, qu’on accomplisse l’application aux six membres (ṣaḍ-aṅga).
Verse 102
आंजनेय पाटलास्यं स्वर्णाद्रिसमविग्रहम् । पारिजातद्रुमूलस्थं चिंतयेत्साधकोत्तमः ॥ १०२ ॥
Que le meilleur des pratiquants médite sur Āñjaneya (Hanumān) : au visage rosé, au corps pareil à une montagne d’or, demeurant au pied de l’arbre pārijāta.
Verse 103
एवं ध्यात्वा जपेल्लक्षं दशांशं जुहुयात्तिलैः । त्रिमध्वक्तैर्यंजत्पीठे पूर्वोक्तेपूर्ववत्सुधीः ॥ १०३ ॥
Après avoir ainsi médité, le sage doit réciter le mantra cent mille fois ; puis, pour le dixième de ce nombre, offrir des oblations de sésame—ointes des trois sortes de miel—sur l’autel sacrificiel décrit plus haut, selon le même procédé qu’auparavant.
Verse 104
अनेन मनुना मंत्री ग्रहग्रस्तं प्रमार्जयेत् । आक्रंदंस्तं विमुच्याथ ग्रहः शीघ्रं पलायते ॥ १०४ ॥
Par ce mantra, le détenteur du mantra doit purifier rituellement, comme en essuyant, la personne saisie par un graha. Tandis que l’affligé crie et sanglote, il est délivré, et le graha s’enfuit promptement.
Verse 105
मनवोऽमी सदागोप्या न प्रकाश्या यतस्ततः । परीक्षिताय शिष्याय देया वा निजसूनवे ॥ १०५ ॥
Ces enseignements sacrés doivent être gardés confidentiels et ne pas être divulgués çà et là. Ils ne doivent être donnés qu’à un disciple éprouvé—ou, à défaut, à son propre fils.
Verse 106
हनुमद्भजनासक्तः कार्तवीर्यार्जुनं सुधीः । विशेषतः समाराध्य यथोक्तं फलमाप्नुयात् ॥ १०६ ॥
Le sage, attaché au bhajana et au culte de Hanumān, doit tout particulièrement apaiser et honorer Kārtavīryārjuna ; ainsi il obtiendra le fruit énoncé plus haut, exactement comme il a été dit.
Verse 107
इति श्रीबृहन्नारदीयपुराणे पूर्वभागे बृहदुपाख्याने तृतीयपादे दीपविधिनिरूपणं नाम पञ्चसप्ततितमोऽध्यायः ॥ ७५ ॥
Ainsi s’achève le soixante-quinzième chapitre, intitulé « Exposé de la procédure des lampes (Dīpa-vidhi) », dans le Śrī Bṛhan-Nāradīya Purāṇa—au sein du Pūrvabhāga, dans le Grand Récit additionnel (Bṛhad-upākhyāna), au Troisième Pada.
A codified Hanumān dīpa-dāna and nitya-dīpa procedure, including materials, measurements, places, maṇḍala design, and mantra-application, aimed at both welfare (prosperity, safety) and protective outcomes.
It frames Hanumān worship as heartfelt offering (glad lamp-offering before images) while operationalizing it through precise correspondences—oil types, grain-flours, thread colors/counts, nyāsa, and mantra-lakṣaṇa—typical of a practical vrata-kalpa manual.
Before a Hanumān image (or in a Śiva temple), at crossroads, at sites linked to planets/spirits, and in the presence of a crystal liṅga or Śālagrāma; additional situational placements include the king’s gate, prison contexts, and sacred trees like aśvattha/banyan.
It explicitly restricts teaching to an examined, disciplined disciple (or one’s son), warning against sharing with malicious, undisciplined, slanderous, or ungrateful persons—presenting secrecy as part of ritual integrity.