
L’Adhyāya 22 se présente comme un récit de transit fulgurant et guidé : le brāhmane Śivaśarmā est emporté dans un vimāna rapide par les gaṇas de Śiva à travers des mondes toujours plus élevés. Ils désignent Maharloka comme la demeure d’ascètes à la longue vie, purifiés par le tapas et soutenus par le souvenir de Viṣṇu ; puis ils gagnent Janaloka, lié aux fils nés de l’esprit de Brahmā (tels Sanandana) et aux brahmacārins inébranlables. Tapoloka est décrit par un vaste inventaire d’austérités—supporter chaleur et froid, jeûner, retenir le souffle, demeurer immobile—montrant le tapas comme une discipline de purification et de stabilité. Lorsque Satyaloka apparaît, Brahmā accueille les visiteurs et prononce un enseignement normatif : Bhārata est affirmée comme karma-bhūmi, où l’on peut vaincre les sens et les vices (lobha, kāma, krodha, ahaṃkāra, moha, pramāda) par le dharma fondé sur śruti–smṛti–purāṇa et illustré par les vertueux. Le chapitre se tourne ensuite vers une géographie sacrée comparative : divers cieux et même les pātālas sont loués pour leurs plaisirs, mais Bhārata—et, en son sein, certaines régions et tīrthas—est hiérarchisée selon son efficacité salvatrice. Prayāga est élevée au rang de tīrtharāja, dotée d’un puissant pouvoir purificateur, jusque par la simple remémoration de son nom ; toutefois, l’apogée affirme que la délivrance s’obtient le plus directement en mourant à Kāśī/Avimukta, sous la souveraineté de Viśveśvara. La garde éthique est explicite : conduite nuisible, exploitation et déloyauté envers Viśveśvara disqualifient pour résider à Kāśī ; et Kāśī est dite protégée de la juridiction de Yama, tandis que Kālabhairava règle le sort des transgresseurs.
Verse 1
शिवशर्मोवाच । ध्रुवाख्यानमिदं रम्यं महापातकनाशनम् । महाश्चर्यकरं पुण्यं श्रुत्वा तृप्तोस्मि भो गणौ
Śivaśarman dit : «Ce récit charmant de Dhruva détruit les grands péchés. Il est saint et prodigieux ; l’ayant entendu, ô assemblée, je suis comblé»
Verse 2
अगस्त्य उवाच । इत्थं यावद्द्विजो ब्रूते विमानं वायुवेगगम् । तावत्प्राप महर्लोकं स्वर्लोकात्परमाद्भुतम्
Agastya dit : Tandis que le brāhmane parlait ainsi, le vimāna, rapide comme le vent, parvint aussitôt à Maharloka, un monde plus merveilleux encore que Svargaloka.
Verse 3
द्विजोऽथ लोकं संवीक्ष्य सर्वतो महसा वृतम् । तौ गणौ प्रत्युवाचेदं कोयं लोको मनोहरः
Alors le brāhmane, voyant ce monde enveloppé de splendeur de toutes parts, s’adressa aux deux serviteurs divins : «Quel est donc ce royaume si charmant ?»
Verse 4
तावूचतुस्ततो विप्रं निशामय महामते । अयं स हि महर्लोकः स्वर्लोकात्परमाद्भुतः
Alors les deux dirent au brāhmane : «Écoute, ô sage : ceci est bien Maharloka, plus merveilleux encore que Svargaloka.»
Verse 5
कल्पायुषो वसंत्यत्र तपसा धूतकल्मषाः । विष्णुस्मरण संक्षीण समस्तक्लेशसंचयाः
Là demeurent ceux dont la vie dure un kalpa : leurs péchés ont été lavés par l’ascèse, et par le souvenir de Viṣṇu s’est épuisée toute accumulation de souffrances.
Verse 6
निर्व्याजप्रणिधानेन दृष्ट्वा तेजोमयं जगत् । महायोगसमायुक्ता वसंत्यत्र सुरोत्तमाः
Ici demeurent les plus excellents parmi les dieux, unis au grand yoga ; et, par une absorption sans artifice, ils contemplent l’univers comme fait de pure radiance.
Verse 7
इत्थं कथां कथयतोर्भगवद्गणयोः प्रिये । क्षणार्धेन विमानं तज्जनलोकं निनायतान्
Ô bien-aimée, tandis que ces deux serviteurs divins du Seigneur parlaient ainsi, le vimāna les mena à Janaloka en un demi-instant.
Verse 8
निवसंत्यमला यत्र मानसा बह्मणः सुताः । सनंदनाद्या योगींद्राः सर्वे ते ह्यूर्ध्वरेतसः
En ce royaume demeurent les fils immaculés nés de la pensée de Brahmā — Sanandana et les autres — seigneurs des yogins, tous établis dans la continence parfaite.
Verse 9
अन्ये तु योगिनो ये वै ह्यस्खलद्ब्रह्मचारिणः । सर्वद्वंद्वविनिर्मुक्तास्ते वसंत्यतिनिर्मलाः
D’autres yogins encore y demeurent, sans défaillir dans le vœu de brahmacarya ; affranchis de toute paire d’opposés, d’une pureté extrême.
Verse 10
जनलोकात्तपोलोकस्तेषां लोचनगोचरः । कृतस्तेन विमानेन मनोवेगेन गच्छता
Depuis Janaloka, Tapoloka entra dans le champ de leur regard, car ce vimāna avançait avec la vitesse de la pensée.
Verse 11
वैराजा यत्र ते देवा वसेयुर्दाहवर्जिताः । वासुदेवे मनो येषां वासुदेवार्पितक्रियाः
Là demeurent les dieux Vairāja, affranchis de l’ardeur de la souffrance : ceux dont l’esprit repose en Vāsudeva et dont chaque acte est offert à Vāsudeva.
Verse 12
तपसा तोष्य गोविंदमभिलाषविवर्जिताः । तपोलोकमिमं प्राप्य वसंति विजितेंद्रियाः
Ceux qui, dépourvus de désir égoïste, contentent Govinda par l’austérité et ont vaincu leurs sens — ayant atteint ce Tapoloka, ils y demeurent.
Verse 13
शिलोंछ वृत्तया ये वै दंतोलूखलिकाश्च ये । अश्मकुट्टाश्च मुनयः शीर्णपर्णाशिनश्च ये
On y trouve ceux qui vivent en glanant les grains tombés ; ceux qui broient avec leurs dents comme avec un mortier ; les sages qui pilent avec des pierres ; et ceux qui se nourrissent de feuilles flétries.
Verse 14
ग्रीष्मे पंचाग्नितपसो वर्षासु स्थंडिलेशयाः । हेमंतशिशिरार्धे ये क्षपंति सलिले क्षपाः
En été, ils accomplissent l’austérité des cinq feux ; pendant la saison des pluies, ils s’étendent sur la terre nue ; et durant la moitié de la saison froide, ils passent leurs nuits debout dans l’eau.
Verse 15
कुशाग्रनीरविप्रूषस्तृषिता यतयोऽपिबन् । वाताशिनोतिक्षुधिताः पादाग्रांगुष्ठ भूस्पृशः
Les ascètes, assoiffés, ne boivent pas même les gouttes d’eau au bout de l’herbe kuśa ; bien que tenaillés par la faim, ils ne vivent que d’air ; et ils se tiennent debout, ne touchant la terre que du bout des orteils.
Verse 16
ऊर्ध्वदोषो रविदृशस्त्वेकांघ्रि स्थाणु निश्चलाः । ये वै दिवा निरुच्छ्वासा मासोच्छ्वासाश्च ये पुनः
Les uns tiennent leurs impuretés tournées vers le haut, fixent le Soleil et demeurent immobiles, tels un pilier, sur un seul pied ; d’autres retiennent le souffle tout le jour, et d’autres encore ne respirent qu’une fois par mois.
Verse 17
मासोपवासव्रतिनश्चातुर्मास्य व्रताश्च ये । ऋत्वंततोयपाना ये षण्मासोपवासकाः
Les uns observent des jeûnes d’un mois ; d’autres gardent le vœu de Cāturmāsya ; d’autres ne boivent de l’eau qu’à la fin de chaque saison ; et d’autres entreprennent des jeûnes de six mois.
Verse 18
ये च वर्षनिमेषा वै वर्षधारांबु तर्षकाः । ये च स्थाणूपमां प्राप्ता मृगकंडूति सौख्यदाः
Les uns gardent les yeux ouverts sous la pluie, assoiffés au milieu des torrents qui tombent ; et d’autres sont devenus tels des piliers immobiles, ne trouvant pour seul « réconfort » que des grattements comme ceux des cerfs.
Verse 19
जटाटवी कोटरांतः कृतनीडांडजाश्च ये । प्ररूढवामलूरांगाः स्नायुनद्धास्थिसंचयाः
Les uns portent des mèches emmêlées comme une forêt, creusées de cavités où les oiseaux ont fait leurs nids et pondu ; leurs corps sont difformes et flétris, simples charpentes d’os liées par des tendons.
Verse 20
लताप्रतानैः परितो वेष्टितावयवाश्च ये । सस्यानि च प्ररूढानि यदंगेषु चिरस्थिति
Les uns ont les membres de toutes parts enlacés par des lianes qui s’étendent ; et même des herbes et des plantes ont poussé sur leurs corps, tant ils sont demeurés longtemps sans bouger.
Verse 21
इत्यादि सुतपः क्लिष्टवर्ष्माणो ये तपोधनाः । ब्रह्मायुषस्तपोलोके ते वसंत्यकुतोभयाः
Ainsi, et de bien d’autres façons, ces ascètes—dont les corps sont éprouvés par de nobles austérités et riches de tapas—demeurent en Tapoloka, longévifs comme Brahmā et sans crainte d’aucun côté.
Verse 22
यावदित्थं स पुण्यात्मा शृणोति गणयोर्मुखात् । तावन्नेत्रातिथीभूतः सत्यलोको महोज्ज्वलः
Tant que cet homme vertueux écoutait les paroles sorties de la bouche des deux Gaṇas, durant ce même temps Satyaloka, d’un éclat immense, se manifesta à ses yeux comme un hôte de sa vision.
Verse 23
त्वरावंतौ गणौ तत्र विमानादवरुह्य तौ । स्रष्टारं सर्वलोकानां तेन सार्धं प्रणेमतुः
Alors ces deux Gaṇas au mouvement prompt descendirent là du char céleste, et, avec lui, ils se prosternèrent devant le Créateur de tous les mondes.
Verse 24
ब्रह्मोवाच । गणावसौ द्विजो धीमान्वेदवेदांगपारगः । स्मृत्युक्ताचारचंचुश्च प्रतीपः पापकर्मसु
Brahmā dit : «Ce brāhmaṇa est sage, accompli dans les Veda et leurs Vedāṅga ; il est assidu à la conduite enseignée par les Smṛti, et fermement opposé aux actes de péché».
Verse 25
अयि द्विज महाप्राज्ञ जाने त्वां शिवशर्मक । साधूकृतं त्वया वत्स सुतीर्थप्राणमोक्षणात्
«Ô brāhmaṇa de grande sagesse, Śivaśarman, je te connais. Cher enfant, tu as bien agi, car tu as quitté ta vie en un gué sacré (su-tīrtha)».
Verse 26
सत्वरं गत्वरं सर्वं यच्चैतद्भवतेक्षितम् । दैनंदिनप्रलयतः सृजामि च पुनः पुनः
Tout ce que tu vois s’en va promptement et périt. De la dissolution quotidienne, je le recrée encore et encore.
Verse 27
आ वैराजं प्रतिपदमुपसंहरते हरः । का कथा मशकाभानां नृणां मरणधर्मिणाम्
Jusqu’au Virāja, Hara résorbe tout pas à pas. Que dire alors des hommes—fragiles comme des moucherons—dont la nature même est mortelle ?
Verse 28
चतुर्षु भूतग्रामेषु ह्येक एव गुणो नृणाम् । तस्मिन्वै भारते वर्षे कर्मभूमौ महीयसि
Parmi les quatre assemblées d’êtres, les humains seuls possèdent cette excellence singulière—surtout en Bhārata-varṣa, grande terre, champ du karma.
Verse 29
चपलानि विनिर्जित्येंद्रियाणि मनसा सह । विहाय वैरिणं लोभं विष्वग्गुणगणस्य च
Ayant vaincu les sens agités avec le mental, et rejeté l’ennemi—l’avidité, source d’innombrables penchants mondains—,
Verse 30
धर्मवंशहरं काममर्थसंचयहारिणम् । जरापलितकर्तारं विनिष्कृत्य विचारतः
—et, par un discernement limpide, ayant extirpé le désir qui ruine le dharma et la lignée, qui dérobe les richesses amassées et qui fait venir vieillesse et cheveux blancs—,
Verse 31
जित्वा क्रोधरिपुं धैर्यात्तपसो यशसः श्रियः । शरीरस्यापि हर्तारं नेतारं तामसीं गतिम्
—Ayant vaincu, par la constance, l’ennemi qu’est la colère, voleuse de l’ascèse, de la renommée et de la prospérité; destructrice même du corps et guide vers une destinée tamasique (obscure)—
Verse 32
सदा मदं परित्यज्य प्रमादैकपदप्रदम् । प्रमादैकशरण्यं च संपदां विनिवर्तकम्
Renonce toujours à l’orgueil et à l’ivresse, car l’insouciance est l’unique porte de la chute; elle est le seul refuge de la ruine et la force qui renverse la prospérité en perte.
Verse 33
सर्वत्र लघुता हेतुमहंकारं विहाय च । दूषणारोपणे यत्नं कुर्वाणं सज्जनेष्वपि
Rejetant l’ego—cause de bassesse en tout lieu—ne t’applique pas à imputer des fautes, même parmi les gens vertueux.
Verse 34
हित्वा मोहं महाद्रोहरोपणं मतिघातिनम् । अत्यंतमंधीकरणमंधतामिस्रदर्शकम्
Abandonne l’illusion, qui plante la grande trahison, tue le discernement, émousse entièrement l’intelligence et ne fait voir que les ténèbres de l’ignorance aveugle.
Verse 35
श्रुतिस्मृतिपुराणोक्तं परिक्षुण्णं महाजनैः । धर्मसोपानमारुह्य यदिहायांति हेलया
Même après avoir gravi l’échelle du dharma—enseignée dans la Śruti, la Smṛti et les Purāṇa, et foulée par les grands—certains ici déchoient par simple négligence.
Verse 36
कर्मभूमिं समीहंते सर्वे स्वर्गौकसो द्विज । यत्तत्रार्जितभोक्तारः पदेषूच्चावचेष्वमी
Ô deux-fois-né, tous les habitants du ciel aspirent à la terre de l’action; car c’est là que les êtres acquièrent puis goûtent les fruits, dans des conditions hautes ou basses.
Verse 37
नार्यावर्तसुमो देशो न काशी सदृशी पुरी । न विश्वेश समं लिंगं क्वापि बह्मांडमंडले
Nulle contrée n’est aussi excellente qu’Āryāvarta; nulle cité n’égale Kāśī; et nulle part, dans l’enceinte de l’univers, il n’est de liṅga égal à Viśveśa.
Verse 38
संति स्वर्गा बहुविधाः सुखेतर विवर्जिता । सुकृतैकफलाः सर्वे युक्ताः सर्वसमृद्धिभिः
Il est maintes sortes de cieux, sans aucun mélange de peine; tous sont l’unique fruit du mérite et sont pourvus de toute prospérité.
Verse 39
स्वर्लोकादधिकं रम्यं नहि ब्रह्मांडगोलके । सर्वे यतंते स्वर्गाय तपोदानव्रतादिभिः
Dans toute la sphère de l’univers, rien n’est plus délicieux que Svarga; c’est pourquoi tous s’efforcent d’atteindre le ciel par l’austérité, l’aumône, les vœux et autres pratiques.
Verse 40
स्वर्लोकादपिरम्याणि पातालानीति नारदः । प्राह स्वर्गसदां मध्ये पातालेभ्यः समागतः
Nārada—remonté des Pātālas—proclama au milieu de l’assemblée céleste : «Les mondes souterrains sont plus délicieux encore que Svarga».
Verse 41
आह्लादकारिणः शुभ्रा मणयो यत्र सुप्रभाः । नागांगाभरणप्रोताः पातालं केन तत्समम्
Là, des gemmes blanches, réjouissant le cœur, d’un éclat souverain, brillent, enfilées en parures sur les corps des Nāgas : quel Pātāla pourrait être son égal ?
Verse 42
दैत्यदानवकन्याभिरितश्चेतश्च शोभिते । पाताले कस्य न प्रीतिर्विमुक्तस्यापि जायते
Dans Pātāla, embelli de toutes parts par les jeunes filles des Daityas et des Dānavas, qui ne goûterait la joie ? Même l’âme détachée y voit naître une douce délectation.
Verse 43
दिवार्करश्मयस्तत्र प्रभां तन्वंति नातपम् । शशिनश्च न शीताय निशि द्योताय केवलम्
Là, les rayons du soleil n’y répandent que clarté, non brûlure ; et la lune n’y est point pour le froid, mais seulement pour illuminer la nuit.
Verse 44
यत्र न ज्ञायते कालो गतोपि दनुजादिभिः । वनानि नद्यो रम्याणि सदंभांसि सरांसि च
Là, bien que les âges s’écoulent pour les Dānavas et les autres, le temps n’y est point senti ; et l’on y trouve des forêts et des rivières charmantes, ainsi que des lacs aux eaux toujours abondantes.
Verse 45
कलाः पुंस्को किलालापाः सुचैलानि शुचीनि च । भूषणान्यतिरम्याणि गंधाद्यमनुलेपनम्
Là se trouvent les arts et les entretiens charmants ; de beaux vêtements, purs et lumineux ; des parures d’une exquise beauté ; et des onguents parfumés, et autres essences pour l’onction.
Verse 46
वीणावेणुमृदंगादि निस्वनाः श्रुतिहारिणः । हाटकेशं महालिंगं यत्र वै सर्वकामदम्
Là retentissent, ravissant l’ouïe, les sons de la vīṇā, de la flûte, du mṛdaṅga et d’autres instruments; et là se tient le grand Liṅga nommé Hāṭakeśa, qui accorde véritablement tous les buts désirés.
Verse 47
एतान्यन्यानि रम्याणि भोग्योग्यानि दानवैः । दैत्योरगैश्च भुज्यंते पातालांतरगोचरैः
Ces plaisirs et bien d’autres, délicieux et propres à la jouissance, sont goûtés par les Dānavas, ainsi que par les Daityas et les Nāgas qui demeurent et circulent dans les diverses contrées de Pātāla.
Verse 48
पातालेभ्योपि वै रम्यं द्विज वर्षमिलावृतम् । रत्नसानुं समाश्रित्य परितः परिसंस्थितम्
Plus charmante encore que les Pātālas est la contrée nommée Ilāvṛta-varṣa, ô deux-fois-né; reposant sur des pentes semblables à des joyaux et environnée de toutes parts.
Verse 49
सदा सुकृतिनो यत्र सर्वभोगभुजो द्विज । नवयौवनसंपन्ना नित्यं यत्र मृगीदृशः
Là, ô deux-fois-né, les méritants jouissent sans cesse de toutes les délices; et là, les femmes aux yeux de biche sont à jamais pourvues d’une jeunesse toujours neuve.
Verse 50
भोगभूमिरियं प्रोक्ता श्रेयो विनिमयार्जिता । भुज्यते त्वद्विधैर्लोकैस्तीर्थाभित्यक्त देहकैः
Ceci est proclamé ‘terre de jouissance’, acquise comme par échange contre un bien spirituel plus élevé; elle est goûtée par des êtres tels que toi, qui ont quitté le corps en un tīrtha sacré.
Verse 51
अक्लीबभाषिभिश्चापि पुत्रक्षेत्राद्यहीनकैः । परोपकारसंक्षीणसुखायुर्धनसंचयैः
Il est aussi goûté par ceux dont la parole n’est point lâche, par ceux qui ne sont pas privés de fils, de terres et autres biens, et par ceux dont les réserves de joie, de longévité et de richesse se sont accrues par le service rendu aux autres.
Verse 52
संति द्वीपा ह्यनेका वै पारावारांतरस्थिताः । जंबूद्वीपसमो द्वीपो न क्वापि जगतीतले
Il existe certes de nombreuses îles (continents), établies dans l’immense étendue entre les rives lointaines de l’océan cosmique ; pourtant, sur la surface du monde, nulle île n’égale Jambūdvīpa.
Verse 53
तत्रापि नववर्षाणि भारतं तत्र चोत्तमम् । कर्मभूमिरियं प्रोक्ता देवानामपिदुर्लभा
Là même (en Jambūdvīpa) se trouvent neuf régions ; parmi elles, Bhārata est la plus excellente. Cette terre est proclamée karma-bhūmi, le champ de l’action, difficile à obtenir même pour les dieux.
Verse 54
अष्टौ किंपुरुषादीनि देवभोग्यानि तानि तु । तेषु स्वर्गात्समागत्य रमंते त्रिदिवौकसः
Les huit autres régions —à commencer par Kiṃpuruṣa— sont véritablement des lieux de jouissance pour les dieux ; y venant depuis le ciel, les habitants des trois mondes s’y réjouissent.
Verse 55
योजनानां सहस्राणि नवविस्तारतस्त्विदम् । भारतं प्रथमं वर्षं मेरोर्दक्षिणतः स्थितम्
Ce Bhārata-varṣa s’étend en largeur sur neuf mille yojanas ; il est le premier des pays, situé au sud du mont Meru.
Verse 56
तत्रापि हिमविंध्याद्रेरंतरं पुण्यदं परम् । गंगायमुनयोर्मध्ये ह्यंतर्वेदी भुवः पराः
En son sein, l’étendue entre l’Himālaya et les monts Vindhya est souverainement dispensatrice de mérite. Et entre la Gaṅgā et la Yamunā se trouve l’Antarvedī, domaine exalté sur la terre.
Verse 57
कुरुक्षेत्रं हि सर्वेषां क्षेत्राणामधिकं ततः । ततोपि नैमिषारण्यं स्वर्गसाधनमुत्तमम्
Kurukṣetra est certes supérieur à tous les champs sacrés ; et plus encore, Naimiṣāraṇya est le moyen le plus excellent d’atteindre le ciel.
Verse 58
नैमिषारण्यतोपीह सर्वस्मिन्क्षितिमंडले । सर्वेभ्योपि हि तीर्थेभ्यस्तीर्थराजो विशिष्यते
Et au-delà même de Naimiṣāraṇya, ici, sur tout le cercle de la terre, le « Roi des Tīrthas » se distingue, prééminent au-dessus de tous les gués sacrés.
Verse 60
यागाः सर्वे मया पूर्वं तुलया विधृता द्विज । तच्च तीर्थवरं रम्यं कामिकं कामपूरणात
Tous les sacrifices furent jadis pesés par moi sur une balance, ô brāhmane ; et ce tīrtha, beau et très excellent, se révéla être « Kāmika », car il accomplit les désirs.
Verse 61
दृष्ट्वा प्रकृष्टयागेभ्यः पुष्टेभ्यो दक्षिणादिभिः । प्रयागमिति तन्नाम कृतं हरिहरादिभिः
Voyant qu’il surpassait même les sacrifices les plus éminents, enrichis de dons et de dakṣiṇā, Hari, Hara et les autres lui donnèrent le nom de « Prayāga ».
Verse 62
नाममात्रस्मृतेर्यस्य प्रयागस्य त्रिकालतः । स्मर्तुः शरीरे नो जातु पापं वसति कुत्रचित्
Celui qui se souvient de Prayāga ne fût-ce que par son seul Nom—aux trois moments (matin, midi et soir)—ne laisse jamais le péché demeurer nulle part dans le corps de celui qui se souvient.
Verse 63
संति तीर्थान्यनेकानि पापत्राणकराणि च । न शक्तान्यधिकं दातुं कृतैनः परिशुद्धितः
Il existe certes de nombreux tīrthas, qui protègent du péché; mais ils ne peuvent accorder une purification plus haute que l’effacement total des fautes déjà commises.
Verse 64
जन्मांतरेष्वसंख्येषु यः कृतः पापसंचयः । दुष्प्रणोद्यो हि नितरां व्रतैर्दानैस्तपोजपैः
L’amas de péchés amassé au cours d’innombrables existences est extrêmement difficile à chasser; il est, en vérité, très ardu à ôter même par les vœux, les dons, les austérités et la récitation des mantras.
Verse 65
स तीर्थराजगमनोद्यतस्य शुभजन्मनः । अंगेषु वेपतेऽत्यंतं द्रुमो वातहतो यथा
Quand cet homme de naissance bénie se met en route vers le Roi des Tīrthas, ses membres tremblent violemment, tel un arbre secoué par le vent.
Verse 66
ततः क्रांतार्धमार्गस्य प्रयाग दृढचेतसः । पुंसः शरीरान्निर्यातुमपेक्षेत पदांतरम्
Alors, ô Prayāga, lorsque cet homme au mental ferme a franchi la moitié du chemin, son péché cherche à quitter son corps, n’attendant plus que le pas suivant.
Verse 67
भाग्यान्नेत्रातिथीभूते तीर्थराजे महात्मनः । पलायते द्रुततरं तमः सूर्योदये यथा
Par heureuse fortune, lorsque le Roi des Tīrtha devient l’hôte des yeux de ce grand d’âme, les ténèbres s’enfuient plus vite encore, comme la nuit à l’aurore.
Verse 68
सप्तधातुमयी भूततनौ पापानि यानि वै । केशेषु तानि तिष्ठंति वपनाद्यांति तान्यपि
Quels que soient les péchés présents dans l’être incarné, fait des sept constituants du corps, ils se déposent dans les cheveux; et par le rasage, même ceux-là s’en vont.
Verse 69
स्वर्गदोमोक्षदश्चैव सर्वकामफलप्रदः । प्रयागस्तन्महत्क्षेत्रं तीर्थराज इति स्मृतः
Dispensant le ciel et aussi la délivrance, accordant le fruit de tous les désirs légitimes, Prayāga, ce grand domaine sacré, est célébré comme le Roi des Tīrtha.
Verse 70
पुण्यराशिं च विपुलं पुण्यान्भोगान्यथेप्सितान् । स्वर्गं प्राप्नोति तत्पुण्यान्निष्कामो मोक्षमाप्नुयात्
De ce mérite, on obtient un vaste amas de vertu et les jouissances justes désirées, et l’on atteint le ciel; mais celui qui est sans désir, par ce même mérite, peut atteindre la délivrance.
Verse 71
स्नायाद्योभिलषन्मोक्षं कामानन्यान्विहाय च । सोपि मोक्षमवाप्नोति कामदात्तीर्थराजतः
Quiconque se baigne ici, aspirant à la délivrance et renonçant aux autres désirs, obtient lui aussi la délivrance du Roi des Tīrtha, dispensateur de grâces.
Verse 72
तीर्थराजं परित्यज्य योऽन्यस्मात्काममिच्छति । भारताख्ये महावर्षे स कामं नाप्नुयात्स्फुटम्
Délaissant le Roi des Tīrtha, si quelqu’un cherche ailleurs l’accomplissement de son désir, dans cette grande terre nommée Bhārata il n’obtiendra pas clairement ce qu’il souhaite.
Verse 73
सत्यलोके प्रयागे च नांतरं वेद्म्यहं द्विज । तत्र ये शुभकर्माणस्ते मल्लोकनिवासिनः
Ô brāhmane, je ne vois aucune différence entre Satyaloka et Prayāga. Ceux qui y accomplissent des actes propices deviennent habitants de mon propre royaume divin.
Verse 74
तीर्थाभिलाषिभिर्मर्त्यैस्सेव्यं तीर्थांतरं नहि । अन्यत्र भूमिवलये तीर्थराजात्प्रया गतः
Pour les mortels avides de pèlerinage, nul autre gué sacré n’a à être recherché sur tout le cercle de la terre, hormis Prayāga, le roi des tīrtha.
Verse 75
यथांतरं द्विजश्रेष्ठ भूपेत्वितरसेवके । दृष्टांतमात्रं कथितं प्रयागेतर तीर्थयोः
Ô le meilleur des brāhmanes, de même qu’il y a un immense écart entre un roi et celui qui sert un autre, ainsi—à titre d’exemple seulement—est dite la différence entre Prayāga et les autres tīrtha.
Verse 76
यथाकथंचित्तीर्थेऽस्मिन्प्राणत्यागं करोति यः । तस्यात्मघातदोषो न प्राप्नुयादीप्सितान्यपि
Quiconque, d’une manière ou d’une autre, quitte la vie en ce tīrtha n’encourt pas la faute du suicide ; bien au contraire, il obtient même les buts désirés.
Verse 77
यस्य भाग्यवतश्चात्र तिष्ठंत्यस्थीन्यपि द्विज । न तस्य दुःखलेशोपि क्वापि जन्मनि जायते
Ô brāhmane, quand bien même seuls les os d’un homme fortuné demeureraient ici, pas la moindre trace de souffrance ne naît pour lui en aucune naissance.
Verse 78
ब्रह्महत्यादि पापानां प्रायश्चित्तं चिकीर्षुणा । प्रयागं विधिवत्सेव्यं द्विजवाक्यान्न संशयः
Celui qui veut accomplir l’expiation de fautes telles que la brahmahatyā doit se rendre à Prayāga selon la règle rituelle; tel est l’enseignement certain des brāhmanes savants.
Verse 79
किं बहूक्तेन विप्रेंद्र महोदयमभीप्सुना । सेव्यं सितासितं तीर्थं प्रकृष्टं जगतीतले
Que dire de plus, ô seigneur des brāhmanes ? Celui qui aspire à une grande prospérité doit se rendre au Sitāsita Tīrtha, pèlerinage excellent, le plus éminent sur la terre.
Verse 80
प्रयागतोपि तीर्थेशात्सर्वेषु भुवनेष्वपि । अनायासेन वै मुक्तिः काश्यां देहावसानतः
Même au-delà de Prayāga, seigneur des tīrthas, et dans tous les mondes, la délivrance s’obtient sans effort lorsque l’existence s’achève à Kāśī.
Verse 81
प्रयागादपि वै रम्यमविमुक्तं न संशयः । यत्र विश्वेश्वरः साक्षात्स्वयं समधितिष्ठति
Plus charmant encore que Prayāga est Avimukta, sans aucun doute, car là Viśveśvara lui-même demeure en personne.
Verse 82
अविमुक्तान्महाक्षेत्राद्विश्वेश समधिष्ठितात् । न च किंचित्क्वचिद्रम्यमिह ब्रह्मांडगोलके
Au-delà d’Avimukta, le grand champ sacré présidé par Viśveśa, il n’existe nulle part, dans toute la sphère du cosmos, de lieu plus sublime.
Verse 83
अविमुक्तमिदं क्षेत्रमपि ब्रह्मांडमध्यगम् । ब्रह्मांडमध्ये न भवेत्पंचक्रोशप्रमाणतः
Ce champ sacré d’Avimukta se tient au cœur même du brahmāṇḍa. Dans le brahmāṇḍa, rien d’autre n’atteint sa mesure : cinq krośas d’étendue.
Verse 84
यथायथा हि वर्धेत जलमेकार्णवस्य च । तथातथोन्नयेदीशस्तत्क्षेत्रं प्रलयादपि
De même que les eaux de l’unique océan cosmique montent toujours davantage, ainsi le Seigneur élève aussi ce lieu sacré, même au temps du pralaya.
Verse 85
क्षेत्रमेतत्त्रिशूलाग्रे शूलिनस्तिष्ठति द्विज । अंतरिक्षेन भूमिष्ठं नेक्षंते मूढबुद्धयः
Ô brāhmane, ce lieu sacré demeure sur la pointe du Trident du Porteur du Trident, Śiva. Bien qu’établi sur la terre, les esprits égarés ne le voient pas, car il est aussi de la nature de l’espace médian.
Verse 86
सदा कृतयुगं चात्र महापर्वसदाऽत्र वै । न ग्रहाऽस्तोदयकृतो दोषो विश्वेश्वराश्रमे
Ici, c’est toujours le Kṛtayuga ; ici, en vérité, c’est sans cesse une grande solennité sacrée. Dans la demeure de Viśveśvara, aucun défaut ne naît du coucher ou du lever des planètes.
Verse 87
सदा सौम्यायनं तत्र सदा तत्र महोदयः । सदैव मंगलं तत्र यत्र विश्वेश्वरस्थितिः
Là se trouve toujours la voie propice (saumyāyana) ; là, sans cesse, s’élèvent grandeur et prospérité. Là demeure à jamais la bénédiction, là où réside Viśveśvara.
Verse 88
यथाभूमितले विप्र पुर्यः संति सहस्रशः । तथा काशी न मंतव्या क्वापि लोकोत्तरात्वियम्
Ô brāhmane, bien qu’il y ait des milliers de cités sur la terre, Kāśī ne doit pas être tenue pour une ville parmi d’autres ; car cette cité est véritablement au-delà des mondes (lokottarā).
Verse 89
मया सृष्टानि विप्रेंद्र भुवनानि चतुर्दश । अस्याः पुर्या विनिर्माता स्वयं विश्वेश्वरः प्रभुः
Ô le plus éminent des brāhmanes, j’ai créé les quatorze mondes ; mais le fondateur de cette cité est le Seigneur Viśveśvara Lui-même.
Verse 90
पुरा यमस्तपस्तप्त्वा बहुकालं सुदुष्करम् । त्रैलोक्याधिकृतिं प्राप्तस्त्यक्त्वा वाराणसीं पुरीम्
Dans les temps anciens, Yama accomplit de rudes austérités (tapas) durant longtemps, d’une difficulté extrême. Ayant obtenu l’autorité sur les trois mondes, il s’en alla, laissant la cité de Vārāṇasī.
Verse 91
चराचरस्य सर्वस्य यानि कर्माणि तानि वै । गोचरे चित्रगुप्तस्य काशीवासिकृतादृते
Tous les actes de toute la création, mobile et immobile, entrent dans le registre de Citragupta, sauf ceux accomplis par celui qui demeure à Kāśī.
Verse 92
प्रवेशो यमदूतानां न कदाचिद्द्विजोत्तम । मध्ये काशीपुरी क्वापि रक्षिणस्तत्र तद्गणाः
Ô le meilleur des brāhmanes, jamais, en aucun temps, les messagers de Yama n’entrent au cœur de la cité de Kāśī ; car là, les gaṇa de Śiva se tiennent comme gardiens.
Verse 93
स्वयं नियंता विश्वेशस्तत्र काश्यां तनुत्यजाम् । तत्रापि कृतपापानां नियंता कालभैरवः
À Kāśī, Viśveśa (le Seigneur Śiva) lui-même est le souverain régulateur de ceux qui y quittent leur corps. Pourtant, même là, pour les pécheurs, Kālabhairava demeure le gouverneur inflexible.
Verse 94
तत्र पापं न कर्तव्यं दारुणा रुद्रयातना । अहो रुद्रपिशाचत्वं नरकेभ्योपि दुःसहम्
Ainsi, en ce lieu, nul ne doit commettre de péché, car le châtiment de Rudra est redoutable. Oui, devenir un « piśāca de Rudra » est plus insupportable encore que les enfers.
Verse 95
पापमेव हि कर्तव्यं मतिरस्ति यदीदृशी । सुखेनान्यत्र कर्तव्यं मही ह्यस्ति महीयसी
Si l’esprit est réellement porté au péché, que ce péché soit commis ailleurs, sans peine, car la terre est vaste, assurément. (Mais non à Kāśī.)
Verse 96
अपि कामातुरो जंतुरेकां रक्षति मातरम् । अपि पापकृता काशी रक्ष्या मोक्षार्थिनैकिका
Même une créature tourmentée par le désir protège son unique mère. De même, même si des fautes sont commises, Kāśī seule doit être préservée par celui qui cherche la délivrance (mokṣa).
Verse 97
परापवादशीलेन परदाराभिलाषिणा । तेन काशी न संसेव्या क्व काशी निरयः क्व सः
Celui qui se plaît à médire d’autrui et convoite l’épouse d’un autre ne doit ni demeurer ni recourir à Kāśī. Qu’a donc Kāśī à voir avec l’enfer, et qu’a donc un tel homme à voir avec Kāśī ?
Verse 98
अभिलष्यंति ये नित्यं धनं चात्र प्रतिग्रहैः । परस्वं कपटैर्वापि काशी सेव्या न तैर्नरैः
Ceux qui, ici, convoitent sans cesse la richesse en acceptant des présents, ou qui recherchent le bien d’autrui par la tromperie : par de tels hommes, Kāśī ne doit pas être fréquentée.
Verse 99
परपीडाकरं कर्म काश्यां नित्यं विवर्जयेत् । तदेव चेत्किमत्र स्यात्काशीवासो दुरात्मनाम्
À Kāśī, qu’on évite toujours les actes qui font souffrir autrui. Si l’on y commet précisément ce tort, quel bien la résidence à Kāśī pourrait-elle apporter aux âmes perverses ?
Verse 100
त्यक्त्वा वैश्वेश्वरीं भक्तिं येऽन्यदेवपरायणाः । सर्वथा तैर्न वस्तव्या राजधानी पिनाकिनः
Ceux qui délaissent la dévotion à Vaiśveśvara et se vouent à d’autres divinités ne doivent, en aucune manière, demeurer dans la cité royale de Pinākin (Śiva).
Verse 110
न योगेन विना ज्ञानं योगस्तत्त्वार्थशीलनम् । गुरूपदिष्टमार्गेण सदाभ्यासवशेन च
Il n’est point de vraie connaissance sans yoga. Le yoga est la contemplation disciplinée du sens du réel, suivie selon la voie enseignée par le guru et affermie par une pratique constante.
Verse 114
उक्तेति विररामाजः शृण्वतोर्गणयोस्तयोः । सोपि प्रमुदितश्चाभूच्छिवशर्मा महामनाः
Ayant dit : « Qu’il en soit ainsi », le vénérable se tut tandis que les deux serviteurs écoutaient. Et Śivaśarmā, au grand cœur, fut lui aussi rempli de joie.