
Cet adhyāya se présente comme un dialogue structuré et un récit exemplaire centré sur Dhruva. Il s’ouvre sur une question au sujet d’une figure lumineuse et inébranlable—image d’un soutien et d’une mesure du cosmos—puis les gaṇas rapportent l’origine de Dhruva : sa naissance dans la lignée de Svāyambhuva Manu et du roi Uttānapāda, la hiérarchie du palais entre les reines Sunīti et Suruci, et l’épisode de cour où Dhruva est publiquement éconduit, privé du droit de s’asseoir sur les genoux/le siège royal de son père. Le chapitre se tourne ensuite vers une analyse éthique et psychologique à travers l’enseignement de Sunīti : elle explique l’honneur et l’humiliation par la causalité du karma et le mérite accumulé, conseillant la maîtrise des émotions et l’acceptation des résultats comme fruits d’actions antérieures. Dhruva répond par une détermination tournée vers le tapas, ne demandant que permission et bénédiction pour poursuivre une réalisation plus élevée. Dhruva gagne la forêt et rencontre les Saptarṣi, les Sept Sages. Ils s’enquièrent de la cause de son détachement et, après avoir entendu son récit, Atri oriente son ardeur vers la bhakti : il affirme la suprématie des pieds de Govinda/Vāsudeva et du japa comme moyen d’obtenir aussi bien les buts mondains que la fin transcendante. Les sages se retirent, et Dhruva poursuit ses austérités avec une intention centrée sur Vāsudeva, faisant passer la blessure sociale à une résolution spirituelle disciplinée.
Verse 1
शिवशर्मोवाच । तिष्ठन्नेकेन पादेन कोयं भ्रमति सत्तमौ । अनेकरशनाव्यग्र हस्ताग्रो व्यग्रलोचनः
Śivaśarman dit : «Ô le meilleur des vertueux, qui est donc celui-ci qui—se tenant sur un seul pied—erre, les multiples ceintures en tumulte, les mains tendues en avant et le regard agité ?»
Verse 2
त्रिलोकीमंडपस्तंभ सन्निभोभाभिरावृतः । अतुलं ज्योतिषां राशिं तुलया तुलयन्निव
Il ressemble à un pilier du maṇḍapa des trois mondes, enveloppé de splendeur ; comme s’il pesait, à la balance, une masse incommensurable de lumières célestes.
Verse 3
सूत्रधार इव व्योम व्यायामपरिमापकः । त्रैविक्रमोंघ्रिदंडो वा प्रोद्दंडो गगनांगणे
Tel un maître de scène mesurant l’étendue du ciel, il se tient dans la cour des cieux, pareil au bâton dressé du pied de Trivikrama.
Verse 4
अथवांबरकासारसारयूपस्वरूपधृक् । कोयं कथय तं देवौ कृपया परया मम
Ou bien il revêt la forme d’un haut poteau sacrificiel, l’essence même de l’éclat du ciel. Dites-le-moi, ô divins, par grande compassion : qui est-il ?
Verse 5
निशम्येति वचस्तस्य वयस्यस्य विमानगौ । प्रणयादाहतुस्तस्मै ध्रुवां ध्रुवकथां गणौ
Entendant les paroles de leur compagnon, les deux serviteurs—voyageant dans leur char céleste—lui racontèrent avec affection l’inébranlable récit de Dhruva.
Verse 6
गणावूचतुः । मनोः स्वायंभुवस्यासीदुत्तानचरणः सुतः । तस्य क्षितिपतेर्विप्र द्वौ सुतौ संबभूवतुः
Les deux serviteurs dirent : «De Svāyambhuva Manu naquit un fils, Uttānapāda. Ô brāhmane, à ce roi de la terre naquirent deux fils».
Verse 7
सुरुच्यामुत्तमो ज्येष्ठः सुनीत्यां तु ध्रुवो परः । मध्ये सभं नरपतेरुपविष्टस्य चैकदा
De Suruci naquit l’aîné, Uttama ; de Sunīti, l’autre, Dhruva. Et un jour, tandis que le roi siégeait au milieu de l’assemblée...
Verse 8
सुनीत्या राजसेवायै नियुक्तोऽलंकृतोर्भकः । ध्रुवो धात्रेयिकापुत्रैः समं विनयतत्परः
Désigné par Sunīti pour le service au palais, le jeune Dhruva, paré d’ornements et voué à la bonne conduite, servait avec les fils de Dhātreyikā.
Verse 9
स गत्वोत्तानचरणं क्षोणीशं प्रणनाम ह । दृष्ट्वोत्तमं तदुत्संगे निविष्टं जनकस्य वै
Il s’approcha du seigneur de la terre, le roi Uttānapāda, et se prosterna. Voyant le noble enfant Uttama assis sur les genoux de son père, il comprit la faveur accordée.
Verse 10
प्रोच्चसिंहासनस्थस्य नृपतेर्बाल्यचापलात् । आरोढुकामस्त्वभवत्सौनीतेयस्तदा ध्रुवः
Par l’impétuosité de l’enfance, Dhruva, fils de Sunīti, désira alors monter sur le haut trône du roi.
Verse 11
आरुरुक्षुमवेक्ष्यामुं सुरुचिर्धुवमब्रवीत् । दौर्भगेय किमारोढुमिच्छेरंकं महीपतेः
Le voyant prêt à monter, Suruci dit à Dhruva : «Malheureux, pourquoi veux-tu prendre place sur les genoux du roi ?»
Verse 12
बालबालिशबुद्धित्वादभाग्या जठरोद्भव । अस्मिन्सिंहासने स्थातुं न त्वया सुकृतं कृतम्
«Par sottise enfantine, ô malheureux né du sein maternel, tu n’as accompli aucun mérite qui te rende digne de te tenir sur ce trône.»
Verse 13
यदि स्यात्सुकृतं तत्किं दुर्भगोदरगोऽभवः । अनेनैवानुमानेन बुध्यस्व स्वाल्पपुण्यताम्
«Si tu avais vraiment du mérite, pourquoi serais-tu né d’un “sein infortuné” ? Par cette seule déduction, comprends la petitesse de ton puṇya.»
Verse 14
भूत्वा राजकुमारोपि नालंकुर्या ममोदरम् । सुकुक्षिजममुं पश्य त्वमुत्तममनुत्तमम्
«Quand bien même tu serais prince, tu n’es pas digne d’orner mon giron. Regarde plutôt cet Uttama—sans pareil—né de mon sein fortuné.»
Verse 15
अधिजानुधराजानेर्मानेन परिबृंहितम् । प्रांशोः सिंहासनस्यास्य रुचिश्चेदधिरोहणे
Le trône élevé—se dressant au-dessus des genoux du roi—paraissait plus imposant encore par sa majesté; et Suruci prenait plaisir à l’exalter comme un siège à gravir.
Verse 16
कुक्षिं हित्वा किमवसः सुरुचेश्च सुरोचिषम् । मध्ये भूपसभं बालस्तयेति परिभर्त्सितः
Délaissant le giron, l’enfant—réprimandé par Suruci à l’éclat tranchant—fut couvert de honte, là, au milieu de l’assemblée royale.
Verse 17
पतन्निपीतबाष्पांबुर्धैर्यात्किंचिन्न चोक्तवान् । उचिताऽनुचितं किंचिन्नोचिवान्सोपि पार्थिवः
En se retirant, il ravala ses larmes; pourtant, par courage, il ne dit mot. Et le roi, lui aussi, ne prononça rien—ni ce qui convenait, ni ce qui ne convenait pas.
Verse 18
नियंत्रितो महिष्याश्च तस्याः सौभाग्यगौरवात् । विमृज्य च सभालोकं शोकं संमृज्य चेष्टितैः
Retenu par la reine—à cause du poids de sa fortune favorisée—il se ressaisit ; il parcourut l’assemblée du regard et, par des gestes au-dehors, s’efforça d’effacer son chagrin.
Verse 19
शैशवैः स शिशुर्नत्वा नृपं स्वसदनं ययौ । सुनीतिर्नीतिनिलयमवलोक्याथ बालकम्
Avec la simplicité de l’enfance, le petit garçon se prosterna devant le roi et regagna sa demeure. Alors Sunīti, voyant son enfant—demeure de bonne conduite—le considéra avec attention.
Verse 20
सुखलक्ष्म्यैवचाज्ञासीद्ध्रुवं समवमानितम् । अभिसृत्य च तं बालं मूर्ध्न्युपाघ्राय सा सकृत्
À la seule perte de son aisance et de son éclat, elle comprit que Dhruva avait été insulté. Accourant vers l’enfant, elle baisa (respira) une fois le sommet de sa tête.
Verse 21
किंचित्परिम्लानमिव ससांत्वं परिषस्वजे । अथ दृष्ट्वा सुनीतिं स रहोंतः पुरवासिनीम्
Le voyant comme un peu flétri, elle l’enlaça avec des paroles d’apaisement. Puis, voyant Sunīti—habitante des appartements intérieurs du palais—il s’approcha d’elle à l’écart.
Verse 22
दीर्घं निःश्वस्य बहुशो मातुरग्रे रुरोद ह । सांत्वयित्वाश्रुनयना वदनं परिमार्ज्य च
Poussant de longs soupirs à maintes reprises, il pleura devant sa mère. Elle, les yeux baignés de larmes, le consola et lui essuya le visage.
Verse 23
दुकूलांचल संपर्कैर्मृदुलैर्मृदुपाणिना । पप्रच्छ तनयं माता वद रोदनकारणम् । विद्यमाने नरपतौ शिशो केनापमानितः
De sa main douce, effleurant l’enfant du bord de son étoffe fine, la mère interrogea son fils : «Dis-moi la cause de tes pleurs. Le roi étant présent, par qui l’enfant a-t-il été offensé ?»
Verse 24
अपोथसमुपस्पृश्य तांबूलं परिगृह्य च । मात्रा पृष्टः सोपरोधं ध्रुवस्तां पर्यभाषत
Après s’être rincé la bouche et avoir pris le bétel, interrogé par sa mère, Dhruva lui répondit avec une indignation contenue.
Verse 25
संपृच्छे जननि त्वाहं सम्यक्शंस ममाग्रतः । भार्यात्वेपि च सामान्ये कथं सा सुरुचिः प्रिया
«Mère, je te le demande : dis-le-moi clairement, ici devant moi. Si toutes deux sont également épouses, comment Suruci est-elle la bien-aimée (du roi) ?»
Verse 26
कथं न भवती मातः प्रिया क्षितिपतेरसि । कथमुत्तमतां प्राप्त उत्तमः सुरुचेः सुतः
«Mère, comment se fait-il que tu ne sois pas chère au seigneur de la terre ? Et comment Uttama, le fils de Suruci, a-t-il obtenu la supériorité ?»
Verse 27
कुमारत्वेपि सामान्ये कथं त्वहमनुत्तमः । कथं त्वं मंदभाग्यासि सुकुक्षिः सुरुचिः कथम्
«Bien que nous soyons pareils en tant que princes, pourquoi ne suis-je pas “Uttama”, le meilleur ? Pourquoi es-tu de moindre fortune, et comment Suruci a-t-elle le sein béni, plus favorisée ?»
Verse 28
कथं नृपासनं योग्यमुत्तमस्य कथं न मे । कथं मे सुकृतं तुच्छमुत्तमस्योत्तमं कथम्
«Comment le trône royal serait-il digne d’Uttama, et comment ne le serait-il pas pour moi ? Comment mes mérites seraient-ils insignifiants, et comment ceux d’Uttama seraient-ils suprêmement excellents ?»
Verse 29
इति श्रुत्वा वचस्तस्य सुनीतिर्नीतिमच्छिशोः । किंचिदुच्छ्वस्य शनकैः शिशुकोपोपशांतये
Entendant ses paroles, Sunīti—habile en la juste conduite—s’arrêta un moment et, doucement, reprit haleine, afin d’apaiser peu à peu la colère montante de l’enfant.
Verse 30
स्वभावमधुरां वाणीं वक्तुं समुपचक्रमे । सापत्नं प्रतिघं त्यक्त्वा राजनीतिविदांवरा
Cette éminente connaisseuse du dharma royal se mit à parler d’une voix naturellement douce, écartant l’aiguillon de la rivalité et l’élan de riposter.
Verse 31
सुनीतिरुवाच । अयि तात महाबुद्धे विशुद्धेनांतरात्मना । निवेदयामि ते सर्वं माऽपमाने मतिं कृथाः
Sunīti dit : «Mon cher fils, ô toi à la grande intelligence, écoute avec un cœur intérieur purifié. Je te dirai tout ; ne laisse pas ton esprit se fixer sur l’humiliation.»
Verse 32
तया यदुक्तं तत्सर्वं तथ्यमेव न चान्यथा । सापत्युर्महिषीराज्ञो राज्ञीनामति वल्लभा
«Tout ce qu’elle a dit est entièrement vrai, et il n’en va pas autrement. Elle est la mahīṣī principale du roi, et parmi les reines elle est la plus chérie.»
Verse 33
तया जन्मांतरे तात यत्पुण्यं समुपार्जितम् । तत्पुण्योपचयाद्राजा सुरुच्यां सुरुचिर्भृशम्
Mon enfant, le mérite qu’elle amassa en une naissance antérieure—par l’accroissement de ce même mérite, le roi est profondément attiré vers Surucī.
Verse 34
मादृश्यो मंदभाग्यायाः प्रमदासु प्रतिष्ठिताः । केवलं राजपत्नीत्ववादस्तासु न तद्रुचिः
Des femmes comme moi, au destin chiche, peuvent être admises parmi les dames du palais; mais pour elles ce n’est que le titre d’« épouse du roi »—sans joie véritable ni considération.
Verse 35
महा सुकृतसंभारैरुत्तमश्चोत्तमोदरे । उवास तस्याः पुण्या या नृपसिंहासनोचितः
Avec d’immenses réserves de bonnes œuvres, la plus haute fortune s’est établie en son noble lot—elle dont le mérite est vraiment digne du trône du roi.
Verse 36
आतपत्रं च चंद्राभं शुभे चापि च चामरे । भद्रासनं तथोच्चं च सिंधुराश्च मदोद्धुराः
Un parasol royal, clair comme la lune; de propices éventails en queue de yak; un siège élevé et splendide; et des éléphants du Sindhu, fiers dans leur rut—(tels sont les honneurs qui l’entourent).
Verse 37
तुरंगमाश्च तुरगास्त्वनाधिव्याधिजीवितम् । निःसपत्नं शुभं राज्यं प्राज्यं हरिहरार्चनम्
Des chevaux et des coursiers rapides; une vie sans tourment de l’esprit ni maladie; un royaume faste, sans rival; une prospérité abondante—et l’adoration de Hari et de Hara—(tout cela lui appartient).
Verse 38
विपुलं च कलाज्ञानमधीतमपराजितम् । तथा जयोरिषड्वर्गे स्वभावात्सात्त्विकी मतिः
Vaste science des arts, étude invaincue; victoire sur les six ennemis intérieurs, et, par nature, une disposition sāttvika, pure et lumineuse—tout cela est aussi sien.
Verse 39
दृष्टिः कारुण्यसंपूर्णा वाणी मधुरभाषिणी । अनालस्यं च कार्येषु तथा गुरुजने नतिः
Un regard tout rempli de compassion, une parole douce; assiduité dans les devoirs, et humble révérence envers les aînés et les maîtres—tels sont loués comme marques dharmiques du noble.
Verse 40
सर्वत्र शुचिता तात सा परोपकृतिः सदा । और्जस्वला मनोवृत्तिः सदैवादीनवादिता
Pureté en toute chose, secours constant aux autres; un esprit rayonnant de vigueur, et ne jamais parler d’une manière vile ou mesquine—voilà, cher, des vertus tenues pour durables.
Verse 41
सदोजिरे च पांडित्यं प्रागल्भ्यं चरणांगणे । आर्जवं बंधुवर्गेषु काठिन्यं क्रयविक्रये
Savoir joint à une vigueur stable; assurance et compétence dans son domaine d’action; droiture parmi les proches; et fermeté dans l’achat et la vente—telles sont comptées comme vertus pratiques dans la vie du monde guidée par le dharma.
Verse 42
मार्दवं स्त्रीप्रयोगेषु वत्सलत्वं प्रजासु च । ब्राह्मणेभ्यो भयं नित्यं वृद्धवृत्त्युपजीवनम्
Douceur dans les relations avec les femmes, tendresse envers les dépendants et le peuple; respect empreint de crainte sacrée envers les brāhmaṇas, et vivre du moyen d’existence honorable des anciens—tels sont loués comme traits dharmiques.
Verse 43
वासो भागीरथीतीरे तीर्थे वा मरणं रणे । अपराङ्मुखताऽर्थिभ्यः प्रत्यर्थिभ्यो विशेषतः
Demeurer sur la rive de la Bhāgīrathī, ou rencontrer la mort à un gué sacré, ou tomber au combat; et ne jamais tourner le dos à ceux qui implorent secours—surtout face à l’ennemi—voilà ce qui est loué comme marques de vaillance et de dharma.
Verse 44
भोगः परिजनैः सार्धं दानावंध्यदिनागमः । विद्याव्यसनिता नित्यं नित्यं पित्रोरुपस्थितिः
La joie partagée avec la famille et les proches; des jours qui ne passent pas sans charité; une assiduité constante à l’étude; et la présence fidèle auprès des parents: telles sont célébrées comme les excellences dharmiques du maître de maison.
Verse 45
यशसः संचयो नित्यं नित्यं धर्मस्य संचयः । स्वर्गापवर्गयोः सिद्धिः सदा शीलस्य मंडनम्
Il y a accroissement incessant de la bonne renommée, accumulation constante de dharma; obtention du ciel et même de la délivrance; et parure toujours présente d’un caractère noble: tels sont les fruits d’une vie juste.
Verse 46
सद्भिश्च संगतिर्नित्यं मैत्री च पितृमित्रकैः । इतिहासपुराणानामुत्कंठा श्रवणे सदा
La fréquentation constante des gens de bien; l’amitié aussi avec les amis du père; et un désir toujours vif d’entendre les Itihāsas et les Purāṇas: voilà ce qui est loué comme soutien du dharma.
Verse 47
विपद्यपि परं धैर्यं स्थैर्यं संपत्समागमे । गांभीर्यं वाग्विलासेषु औदार्यं पात्रपाणिषु
Même dans l’adversité: un courage suprême; quand vient la prospérité: la constance; dans la parole enjouée: la gravité; et envers les dignes qui tendent la main: la générosité. Telles sont honorées comme les vertus équilibrées du juste.
Verse 48
देहे परैका कृशता तपोभिर्नियमैर्यमैः । एतैर्मनोरथफलैः फलत्येव तपोद्रुमाः
Dans le corps, il peut n’apparaître qu’un seul effet—la maigreur—par les austérités, les observances et les disciplines; pourtant l’arbre du tapas porte assurément son fruit grâce à elles, accordant les buts désirés et les accomplissements intérieurs.
Verse 49
तस्मादल्पतपस्त्वाद्वै त्वं चाहं च महामते । प्राप्यापि राजसांनिध्यं राजलक्ष्म्या न भाजनम्
Ainsi donc, ô noble d’esprit, puisque toi et moi n’avons qu’un peu de tapas, même si nous avons obtenu la proximité des rois, nous ne sommes pas des vases dignes de la vraie splendeur et de la fortune royale.
Verse 50
मानापमानयोस्तस्मात्स्वकृतं कारणं परम् । स्रष्टापि नापमार्ष्टुं तत्परीष्टे स्वकृतां कृतिम् । मा शोचस्त्वमतः पुत्र दिष्टमिष्टं समर्पयेत्
Ainsi, pour l’honneur comme pour le déshonneur, la cause suprême est l’acte accompli par soi. Même le Créateur ne l’efface pas; il ne fait qu’éprouver l’œuvre façonnée par ses propres actions. Ne t’afflige donc pas, mon fils : accueille ce qui est ordonné et offre même ce qui t’est cher.
Verse 51
इत्याकर्ण्य सुनीत्यास्तन्महावाक्यं सुनीतिमत् । सौनीते यो ध्रुवोवाचमाददे वक्तुमुत्तरम्
Ayant ainsi entendu les grandes paroles, sages et pleines de discernement, de Sunīti, Dhruva—fils de Sunīti—se mit à parler en réponse.
Verse 52
ध्रुव उवाच । जनयित्रि सुनीते मे शृणु वाक्यमनाकुलम् । मा बाल इति मत्वा मामवमंस्थास्तपस्विनि
Dhruva dit : Mère Sunīti, écoute mes paroles sans trouble. Ne me méprise pas en te disant : «ce n’est qu’un enfant», ô femme vouée à l’austérité.
Verse 53
यद्यहं मानवे वंशे जातोस्म्यत्यंत पावने । उत्तानपादतनयस्त्वदीयोदर संभवः
Si je suis né dans la lignée de Manu, souverainement pure—fils d’Uttānapāda et né de ton sein—
Verse 54
तप एव हि चेन्मातः कारणं सर्वसंपदाम् । तत्तदासादितं विद्विपदमन्यैर्दुरासदम्
Si vraiment, ô Mère, l’ascèse (tapas) seule est la cause de toute excellence et prospérité, alors cet état même sera atteint—bien qu’il soit un séjour difficile à atteindre pour les autres.
Verse 55
एकमेव हि साहाय्यं कुरु मातरतंद्रिता । अनुज्ञा दानमात्रं च आशीर्भिरभिनंदय
Accorde-moi une seule aide, Mère, sans hésiter : donne-moi ta permission, offre-moi seulement le peu que tu peux, et réjouis-moi de tes bénédictions.
Verse 56
सापि ज्ञात्वा महावीर्यं कुमारं कुक्षिसंभवम् । महत्योत्साहसं पत्त्या राजमानमुवाच तम्
Elle aussi, reconnaissant la grande vaillance du garçon né de son sein, et le voyant rayonner d’un immense courage, lui adressa la parole.
Verse 57
अनुज्ञातुं न शक्ताऽहं त्वामुत्तानशयांगज । साष्टैकवर्षदेशीयन्तथापि कथयाम्यहम्
Je ne puis t’accorder la permission, ô enfant d’Uttānaśayā ; tu n’as qu’environ huit ans. Pourtant, je te dirai ce qu’il convient de faire.
Verse 58
सपत्नीवाक्यभल्लीभिर्भिन्ने महति मे हृदि । तव बाष्पौघवारीणि न तिष्ठंति करोमि किम्
Mon cœur est profondément blessé par les javelots des paroles de ma coépouse, et les torrents de tes larmes ne s’arrêtent pas. Que puis-je faire ?
Verse 59
तानि मन्येऽत्र मार्गेण स्रवंत्यविरतं शिशो । स्रवंतीश्च चिकीर्षंति प्रतिकूल जलाः किल
«Mon enfant, je pense que ces eaux s’écoulent sans relâche par ce même chemin ; et, en s’écoulant, on dirait qu’elles veulent remonter à contre-courant.»
Verse 60
त्वदेकतनया तात त्वदाधारैकजीविता । त्वमंगयष्टिरसि मे त्वन्मुखासक्तलोचना
«Cher enfant, tu es mon unique fils ; je ne vis qu’en m’appuyant sur toi seul. Tu es le bâton qui soutient mon corps, et mes yeux demeurent attachés à ton visage.»
Verse 61
लब्धोसि कतिभिः कष्टैरिष्टाः संप्रार्थ्य देवताः । त्वन्मुखेंदूदये तात मन्मनः क्षीरनीरधिः
«Mon enfant, après combien d’épreuves t’ai-je obtenu, en adorant et en priant ardemment les divinités ! Quand se lève la lune de ton visage, mon cœur devient un océan de lait.»
Verse 62
आनन्दपयसापूर्य कुचावुद्वेलितो भवेत् । त्वदंगसंगसंभूत सुखसन्दोह शीतला
«Remplis du lait de la joie, mes seins se gonfleraient ; et, née du contact de tes membres, s’élève une fraîche inondation de bonheur amassé.»
Verse 63
सुखंशये सुशयने प्रावृत्य पुलकांबरम् । अपोऽथ समुपस्पृश्य तांबूलं परिगृह्य च
Je m'allonge joyeusement sur une couche raffinée, couvert d'un vêtement de frissons. Puis, ayant bu de l'eau, je prends du bétel.
Verse 64
त्वदास्यस्यौष्ठपुटक दुग्धवार्धि विवर्धिताम् । सुधासुधांशुवदनधयत्यपि धिनोमि न
Ô toi au visage de lune de nectar, même en buvant à l'écrin de tes lèvres — gonflées comme par un océan de lait — je ne suis point rassasié.
Verse 65
त्वदीयः शीतलालापः प्राप श्रुतिपथं यदा । सपत्नीवाक्यदवथुस्तदैवत्यात्स वेपथुः
Lorsque ta parole fraîche et douce pénètre le chemin de mon ouïe, alors — telle la fièvre brûlante causée par les mots d'une rivale — mon tremblement s'apaise aussitôt.
Verse 66
यदंग निद्रासिचिरं ध्यायंत्यस्मि तदेत्यहम् । कदा निद्रा दरिद्रोसौ भवितार्कोदयेऽब्जवत्
Bien-aimé, pendant que tu dors, je pense longuement à toi et mon esprit ne va que vers toi. Quand ce misérable sommeil partira-t-il, tel un lotus au lever du soleil ?
Verse 67
यदोपेया गृहान्वत्स खेलित्वा बालखेलनैः । तदानर्घ्यार्घ्यमुत्स्रष्टुं स्तनौस्यातामिवोन्मुखौ
Cher enfant, quand tu rentres à la maison après tes jeux d'enfant, mes seins — comme pour verser une offrande inestimable — se soulèvent, impatients de donner.
Verse 68
यदा सौधाद्विनिर्यायाः पद्मरेखांकितं पदम् । प्राणानां ते यियासूनां तदा तदवलंबनम्
Quand tu sors du palais et poses un pied marqué de lignes semblables au lotus, ce pas même devient l’appui de mes souffles vitaux au moment où ils vont s’en aller.
Verse 69
यदायदा बहिर्यासि पुत्र त्रिचतुरं पदम् । तदातदा मम प्राणः कंठप्राघुणिकी भवेत्
Chaque fois que tu sors, mon fils, ne fût-ce que de trois ou quatre pas, à l’instant même mon souffle vital devient un hôte logé dans ma gorge, prêt à s’en aller.
Verse 70
चित्रं पुत्र त्वरयति यातुं मे मानसांडजः । सुधाधाराधर इव बहिश्चिरयति त्वयि
Étrange, mon fils : l’oiseau né de mon esprit se hâte de s’envoler ; et pourtant, tel un nuage portant des flots d’amrita, il s’attarde au dehors à cause de toi.
Verse 71
अथ तिष्ठंतु कठिनाः प्राणाः कंठाटवीतटे । तपस्यंतोतिसंतप्तास्तपसे त्वयि यास्यति
Alors, que mes souffles endurcis demeurent sur la rive de la forêt de ma gorge ; brûlant dans l’ardeur du tapas, ils iront avec toi vers ton ascèse.
Verse 72
इत्यनुज्ञामनुप्राप्य जननी चरणांबुजौ । क्षणं मौलिजजंबाल जडौ कृत्वा ध्रुवो ययौ
Ainsi, ayant reçu la permission, Dhruva se prosterna et s’attacha aux pieds-lotus de sa mère ; par le filet des cheveux de sa tête, il les rendit immobiles un instant, puis il s’en alla.
Verse 73
तयापि धैर्यसूत्रेण सुनीत्या परिगुंफ्य च । नेत्रेंदीवरजामाला ध्रुवस्योपायनीकृता
Et Sunīti, elle aussi, l’enfila sur le fil de la constance, tressa une guirlande née de ses yeux pareils au lotus—ses larmes—et l’offrit à Dhruva comme don d’adieu.
Verse 74
मात्रातन्मार्गरक्षार्थं तदा तदनुगीकृताः । परैरवार्यप्रसराः स्वाशीर्वादाः परःशताः
Alors, pour la sauvegarde de sa route, la mère proféra d’innombrables bénédictions, des bénédictions dont nul ne pouvait arrêter l’essor.
Verse 75
स्वसौधात्स विनिर्गत्य बालोऽबालपराक्रमः । अनुकूलेन मरुता दर्शिताध्वाऽविशद्वनम्
Sorti de son propre palais, l’enfant—au courage au-delà de l’enfance—entra dans la forêt, tandis qu’un vent propice semblait lui indiquer la route.
Verse 76
समरुत्तरुशाखाग्र प्रसारणमिषेण सः । कृताहूतिरिव प्रेम्णा वनेन वनमाविशत्
Tandis que les cimes des branches, poussées par le vent, s’étendaient comme pour l’accueillir, il pénétra plus avant dans la forêt, tel celui qui a accompli une invocation, attiré par l’amour même de la forêt.
Verse 77
समातृदैवतोभिज्ञः केवलं राजवर्त्मनि । न वेद काननाध्वानं क्षणं दध्यौ नृपात्मजः
Ne connaissant que les divinités du foyer et de sa mère, et seulement les routes royales, le fils du roi ignorait le sentier de la forêt ; un instant, il réfléchit.
Verse 78
यावदुन्मील्य नयने पुरः पश्यति स ध्रुवः । तावद्ददर्श सप्तर्षीनतर्कित गतीन्वने
Dès que Dhruva ouvrit les yeux et regarda devant lui, il aperçut dans la forêt les Sept Ṛṣi, dont la marche dépassait toute imagination ordinaire.
Verse 79
वालिशेष्वसहायेषु भवेद्भाग्यं सहायकृत् । अरण्यान्यां रणे गेहे ततो भाग्यं हि कारणम्
Quand on ne demeure qu’avec de maigres restes et sans aucun secours, la fortune (bhāgya) devient l’auxiliaire. Dans la forêt, au combat ou dans sa propre maison, c’est bien la fortune qui décide.
Verse 80
क्व राजतनयो बालो गहनं क्व च तद्वनम् । बलात्स्वसात्प्रत्कुर्वत्यै नमस्ते भवितव्य ते
Qu’est-ce qu’un jeune fils de roi, et qu’est-ce que cette forêt épaisse et redoutable ? Ô Destin irrésistible qui pousse toute chose par la seule force : salut à toi !
Verse 81
यत्र यस्य हि यद्भाव्यं शुभं वाऽशुभमेव च । आकृष्यभाविनी रज्जुस्तत्र तस्य हि दापयेत
Ce qui est destiné à quelqu’un—heureux ou funeste—l’attire vers ce lieu même, comme si une corde l’y tirait.
Verse 82
अन्यथा विदधात्येष मानवो बुद्धिवैभवात् । भगवत्या भवित्र्याऽसौ विदध्याद्विधिरन्यथा
L’homme, par l’éclat de son intelligence, peut ordonner les choses d’une manière ; mais la puissance divine du Destin en dispose autrement.
Verse 83
नवयो न च वै चित्र्यं न चित्रं विदधेहितम् । न बलं नोद्यमः पुंसां कारणं प्राक्कृतं कृतम्
Ni la jeunesse, ni les ruses de l’esprit, ni les merveilles d’artifice n’assurent véritablement le bien. Ni la force ni l’effort des hommes n’en sont la cause suprême ; c’est l’acte accompli jadis—le karma passé—qui devient déterminant.
Verse 84
अथ दृष्ट्वा स सप्तर्षीन्सप्तसप्त्यतितेजसः । भाग्यसूत्रैरिवाकृष्योपनीतान्प्रमुमोद ह
Puis, voyant les Sept Ṛṣi—rayonnants au-delà de l’éclat de sept soleils—il se réjouit, comme s’ils avaient été tirés et amenés là par les fils mêmes de la destinée.
Verse 85
तिलकांकित सद्भालान्कुशोपग्रहितांगुलीन् । कृष्णाजिनोपविष्टांश्च यज्ञसूत्रैरलंकृतान्
Il les vit, le front de bon augure marqué du tilaka, les doigts tenant l’herbe kuśa, assis sur des peaux d’antilope noire, et parés du fil sacré du yajñopavīta.
Verse 86
साक्षसूत्रकरान्किंचिद्विनिमीलितलो चनान् । सुधौतसूक्ष्मकाषायवासः प्रावरणान्वितान
Certains tenaient un rosaire en main, les yeux doucement mi-clos dans la contemplation intérieure ; ils portaient de délicats vêtements safranés, finement lavés, avec le drapé supérieur requis.
Verse 87
अकांडेपि महाभागान्मिलितान्सप्तनीरधीन् । चित्रं विपद्विनिर्मग्नानुद्दिधीर्षूनिव प्रजाः
Étonnamment, ces êtres grandement fortunés s’étaient réunis même sans motif préalable—comme si sept océans se rejoignaient—semblant vouloir relever les créatures englouties dans le malheur.
Verse 88
उपगम्य विनम्रः स प्रबद्धकरसंपुटः । ध्रुवो विज्ञापयांचक्रे प्रणम्य ललितं वचः
S’approchant avec humilité, les paumes jointes en signe de vénération, Dhruva se prosterna puis présenta des paroles douces et respectueuses.
Verse 89
ध्रुव उवाच । अवैत मां मुनिवराः सुनीत्युदरसंभवम् । उत्तानपादतनयं ध्रुवं निर्विण्णमानसम्
Dhruva dit : «Ô meilleurs des munis, sachez que je suis Dhruva, né du sein de Sunīti, fils du roi Uttānapāda, l’esprit désormais détaché du monde.»
Verse 90
इदं वनमनुप्राप्तं सनाथं युष्मदंघ्रिभिः । प्रायोनभिज्ञं सर्वत्र महर्द्ध्युषितमानसम्
«Étant parvenu à cette forêt, elle est devenue bénie et protégée par vos propres pieds. Pour l’essentiel, je suis ignorant en toute chose ; mon esprit demeure encore dans la grande opulence royale.»
Verse 91
ते दृष्ट्वोर्जस्वलं बालं स्वभाव मधुराकृतिम् । अनर्घ्यनयनेपथ्यं मृदुगंभीरभाषिणम्
Voyant l’enfant rayonnant—d’une nature douce et d’une forme agréable, inestimable à contempler, parlant avec des mots à la fois tendres et profonds—les sages furent saisis d’admiration.
Verse 92
उपोपवेश्य शिशुकं प्रोचुर्वै विस्मिता भृशम् । अहोबालविशालाक्ष महाराज कुमारक
Faisant asseoir le petit enfant tout près, ils dirent, grandement étonnés : «Ah, garçon aux grands yeux ! Ô jeune prince, fils d’un grand roi !»
Verse 93
विचार्यापि न जानीमो वद निर्वेदकारणम् । अद्य ते ह्यर्थचिंता नो क्वापमानः प्रसूर्गृहे
Même après y avoir réfléchi, nous ne comprenons pas : dis-nous la cause de ton dégoût du monde. Pourquoi es-tu troublé aujourd’hui ? Aurais-tu été offensé dans la maison de ta mère ?
Verse 94
नीरुक्छरीरसंपत्तिर्निवेदे किं नु कारणम् । अनवाप्ताभिलाषाणां वैराग्यं जायते नृणाम्
Tu possèdes un corps intact et tous les avantages ; quelle est donc la cause de ton mécontentement ? Car chez les hommes, le détachement naît d’ordinaire lorsque les désirs ne sont pas obtenus.
Verse 95
सप्तद्वीपपतेराज्ञः कुमारस्त्वं तथा कथम् । स्वभावभिन्नप्रकृतौ लोकेस्मिन्न मनोगतम्
Tu es le prince d’un roi qui règne sur les sept continents ; comment donc une telle pensée a-t-elle surgi en toi, dans ce monde dont la nature est si éloignée du renoncement ?
Verse 96
अवगंतुं हि शक्येत यूनो वृद्धस्य वा शिशोः । इति श्रुत्वा वचस्तेषां सहजप्रेमनिर्भरम्
Une telle chose pourrait se comprendre chez un jeune, un vieillard ou un tout petit enfant. Entendant leurs paroles, débordantes d’une affection spontanée—
Verse 97
वाचं जग्राह स तदा शिशुः प्रांशुमनोरथः । ध्रुव उवाच । प्रेषितो राजसेवार्थं जनन्याऽहं मुनीश्वराः
Alors cet enfant aux aspirations sublimes prit la parole. Dhruva dit : «Ô seigneurs des sages, ma mère m’a envoyé afin de servir le roi et d’obtenir sa faveur».
Verse 98
राजांकमारुरुक्षुर्हि सुरुच्या परिभर्त्सितः । उत्तमं चोत्तमीकृत्य मां च मन्मातरं तथा
Mais lorsque je voulus monter sur les genoux du roi, Surucī me réprimanda durement, exaltant Uttama comme le « digne » et, de même, rabaissant ma mère et moi.
Verse 99
धिक्कृत्य प्रशशंस स्वं निर्वेदे कारणं त्विदम् । निशम्येति शिशोर्वाक्यं परस्परमवेक्ष्य ते
Entendant les paroles de l’enfant, ils se regardèrent l’un l’autre et—se blâmant eux-mêmes—louèrent leur propre repentir, disant : «Oui, c’est bien là la cause de notre détachement».
Verse 100
क्षात्रमेव शशंसुस्तदहो बालेपि न क्षमा
Ils ne louèrent que l’esprit kṣatriya, disant : «Hélas ! Il n’y a point de patience, même chez un enfant».
Verse 110
अत्रिरुवाच । अनास्वादितगोविंदपदांबुजरजोरसः । मनोरथपथातीतं स्फीतं नाकलयेत्पदम्
Atri dit : «Celui qui n’a pas goûté la poussière, semblable au nectar, des pieds de lotus de Govinda ne peut saisir cet état vaste, au-delà des chemins du désir mondain».
Verse 120
पुत्रान्कलत्रमित्राणि राज्यं स्वर्गापवर्गकम् । वासुदेवं जपन्मर्त्यः सर्वं प्राप्नोत्यसंशयम्
Le mortel qui récite le Nom de Vāsudeva obtient tout sans doute : fils, épouse et amis, souveraineté, le ciel, et même la délivrance (mokṣa).
Verse 124
इत्युक्त्वांऽतर्हिताः सर्वे महात्मानो मुनीश्वराः । वासुदेवमना भूत्वा ध्रुवोपि तपसे गतः
Ayant ainsi parlé, tous ces grands seigneurs des sages disparurent ; et Dhruva aussi, l’esprit fixé sur Vāsudeva, s’en alla accomplir des austérités.