Adhyaya 29
Kashi KhandaUttara ArdhaAdhyaya 29

Adhyaya 29

Le chapitre 29 se présente comme un dialogue enchâssé, rapporté par Skanda. Śiva, décrit tel un océan de nectar, console et ranime Dharmarāja par un toucher de compassion, restaurant sa puissance d’ascèse (tapas). Dharmarāja adresse alors une requête à Śiva au nom de perroquets orphelins (kīra), oiseaux au parler doux et témoins des austérités, dont les parents sont morts, afin qu’ils reçoivent protection et grâce divine. Convoqués devant Śiva, les oiseaux livrent une méditation sur le saṃsāra : d’innombrables naissances sous des formes divines, humaines et non humaines, alternant joie et peine, victoire et défaite, savoir et ignorance, sans stabilité durable. Ils reconnaissent comme tournant décisif le darśana de la pūjā du liṅga née du tapas et la vision directe de Śiva, et demandent le jñāna qui brise les liens mondains. Ils refusent les charges célestes et implorent plutôt de mourir à Kāśī pour obtenir l’apunarbhāva, le non-retour à la naissance. En réponse, le chapitre devient un catalogue de topographie sacrée : Śiva décrit sa « résidence royale » à Kāśī, le prāsāda Mokṣalakṣmīvilāsa, le Nirvāṇa-maṇḍapa et d’autres maṇḍapas (mukti-, dakṣiṇa-, jñāna-), les actes rituels et leurs fruits amplifiés (japa, prāṇāyāma, śatarudriya, dāna, vrata, veille), le motif de Jñānavāpī, puis les lieux culminants tels Maṇikarṇikā et Avimukteśvara. La conclusion voit Śiva accorder aux oiseaux un véhicule divin et l’accès à sa demeure, attestant la vertu salvatrice de la grâce et de la connaissance tournées vers Kāśī.

Shlokas

Verse 1

स्कंद उवाच । आनंदबाष्पसलिलरुद्धकंठं विलोक्य तम् । मृडः पस्पर्श पाणिभ्यां सौधाभ्यां तु सुधांबुधिः

Skanda dit : Le voyant la gorge étranglée par des flots de larmes nées de la béatitude, le doux Rudra, Mṛḍa—océan d’amṛta—le toucha de ses deux mains, fraîches et apaisantes.

Verse 2

अथ तत्स्पर्शसौख्येन धर्मराजो महातपाः । पुनरंकुरयामास तपोग्नि ज्वलितां तनुम्

Alors, par la douceur de ce contact, Dharmarāja—le grand ascète—fit refleurir son corps, jadis brûlé par le feu de l’austérité, et le ranima de nouveau.

Verse 3

ततः प्रोवाच स ब्राध्निर्देव देवमुमापतिम् । प्रसन्नवदनं शांतं शांतपारिषदावृतम्

Alors, l’Être rayonnant s’adressa au Dieu des dieux, Umāpati, au visage gracieux et serein, paisible, entouré d’une suite tranquille.

Verse 4

प्रसन्नोसि यदीशान सर्वज्ञ करुणानिधे । किमन्येन वरेणात्र यत्त्वं साक्षात्कृतो मया

« Si tu es satisfait, ô Īśāna—omniscient, océan de compassion—quel autre bienfait faudrait-il ici, puisque je t’ai vu face à face ? »

Verse 5

यं न वेदा विदुः सम्यङ्न च तौ वेदपूरुषौ । ततोपि वरयोग्योस्मि तन्नाथ प्रार्थयाम्यहम्

« Celui que même les Veda ne connaissent pas pleinement—ni ces deux “personnes du Veda”—pourtant je suis encore digne de demander une grâce. Ainsi, ô Seigneur, je formule ma requête. »

Verse 6

श्रीकंठांडज डिंभानाममीषां मधुरब्रुवाम् । मत्तपश्चिरसाक्षीणां मत्पुरः प्राप्तजन्मनाम्

« Quant à ces jeunes êtres, nés de l’œuf de Śrīkaṇṭha, aux paroles suaves—eux qui, depuis longtemps, furent témoins de mon austérité et prirent naissance dans ma cité, devant moi… »

Verse 7

पितृभ्यां परिहीनानामितिहास कथाविदाम् । त्यक्ताहारविहाराणां कीराणां वरदो भव

Sois le dispensateur d’une grâce pour ces perroquets : privés de parents, versés dans les récits et les histoires sacrées, et, par leur ascèse, ayant renoncé à la nourriture et aux mouvements ordinaires.

Verse 8

एतत्प्रसूतिसमये आमयेन प्रपीडिता । शुकी पंचत्वमापन्ना शुकः श्येनेन भक्षितः

Au moment même de la mise bas, la femelle perroquet, accablée par la maladie, rendit son dernier souffle ; et le petit perroquet fut dévoré par un faucon.

Verse 9

रक्षितानामनाथानां सदा मन्मुखदर्शिनाम् । अनाथनाथ भवता ह्यायुःशेषस्वरूपिणा

Nous, les sans-appui que tu as protégés, tournons sans cesse nos regards vers ton visage ; ô Seigneur des sans-refuge, toi qui es la forme même du reste de notre vie, sois notre protecteur.

Verse 10

इति धर्मवचः श्रुत्वा परोपकृतिनिर्मलम् । तानाहूय मुने शंभुर्विनयावनताननान्

Entendant ces paroles de Dharma, pures de l’esprit d’aide envers autrui, Śambhu, ô sage, les fit appeler, tandis qu’ils se tenaient le visage incliné dans l’humilité.

Verse 11

उवाच धर्मेति प्रीतः शुकशावानिदं वचः । अयि पत्त्ररथा ब्रूत साधवो धर्मसंगताः

Satisfait, il adressa ces paroles aux jeunes perroquets en disant « Dharma ! » : « Ô êtres portés par les ailes, parlez ; ô bons, accordés à la droiture. »

Verse 12

को वरो भवता देयो धर्मेश परिचारिणाम् । साधुसंसर्गसंक्षीण जन्मांतरमहैनसाम्

«Quel bienfait dois-tu accorder, ô Seigneur du Dharma, à tes serviteurs, dont les grands péchés amassés au fil des naissances ont été consumés par la compagnie des saints ?»

Verse 13

इति श्रुत्वा महेशस्य वचनं ते पतत्त्रिणः । प्रोचुः प्रणम्य देवेशं नमस्ते भवनाशन

Ayant entendu les paroles de Maheśa, ces oiseaux se prosternèrent devant le Seigneur des dieux et répondirent : «Hommage à toi, ô Destructeur du devenir mondain !»

Verse 14

पक्षिण ऊचुः । अनाथनाथ सर्वज्ञ को वरो नः समीहितः । इतोपि त्र्यक्ष यत्साक्षात्तिर्यक्त्वेपि समीक्षिताः

Les oiseaux dirent : «Ô Refuge des sans-refuge, ô Omniscient, quel bienfait pourrions-nous désirer ? Ô Seigneur aux Trois Yeux, ceci seul nous suffit amplement : que tu nous aies vus de tes propres yeux, bien que nous ne soyons que des bêtes.»

Verse 15

लाभाः संतूद्यमवतां गिरीशेह परः शताः । परं परोयं लाभोत्र यत्त्वं दृग्गोचरी भवेः

D’innombrables gains peuvent échoir aux êtres ici, ô Seigneur de la Montagne ; mais plus haut que tous ces gains est ce gain suprême : que tu deviennes visible à nos yeux.

Verse 16

यदेतद्दृश्यते नाथ तत्सर्वं क्षणभंगुरम् । अभंगुरो भवानेकस्त्वत्सपर्याप्यभंगुरा

Tout ce qui se voit en ce monde, ô Seigneur, est fragile, brisé en un instant. Toi seul es impérissable ; et impérissable est aussi le service rendu à toi.

Verse 17

विचित्रजन्मकोटीनां स्मृतिर्नोत्र परिस्फुरेत् । एतत्तपस्विरचितलिंगपूजा विलोकनात्

Ici ne surgit pas le souvenir de nos innombrables naissances aux formes variées, car la contemplation de ce culte du Liṅga, établi par un ascète, apaise l’esprit.

Verse 18

देवयोनिरपि प्राप्ता चिरमस्माभिरीशितः । दिव्यांगना सहस्राणि तत्र भुक्त्वा स्वलीलया

Ô Seigneur, longtemps nous avons même obtenu des naissances divines ; et là, par notre propre karma enjoué, nous avons goûté à des milliers de jeunes femmes célestes.

Verse 19

आसुरी दानवी नागी नैरृती चापि कैन्नरी । विद्याधरी च गांधर्वी योनिरस्माभिरर्जिता

Nous avons aussi obtenu des naissances en tant qu’Asurīs, Dānavīs, Nāgīs, Nairṛtīs et Kinnarīs, ainsi qu’en Vidyādharīs et Gandharvīs.

Verse 20

नरत्वे भूपतित्वं च परिप्राप्तमनेकशः । जले जलचरत्वं च स्थले च स्थलचारिता

Dans la condition humaine, nous avons maintes fois obtenu la royauté ; dans l’eau, nous fûmes des êtres aquatiques, et sur la terre, nous cheminâmes comme habitants du sol.

Verse 21

वने वनौकसो जाता ग्रामेषु ग्रामवासिनः । दातारो याचितारश्च रक्षितारश्च घातुकाः

Dans les forêts, nous fûmes des habitants des bois ; dans les villages, des gens du village : tantôt donateurs, tantôt mendiants, tantôt protecteurs, tantôt meurtriers.

Verse 22

सुखिनोपि वयं जाता दुःखिनो वयमास्म च । जेतारश्च वयं जाताः पराजेतार एव च

Nous sommes nés dans la joie, et nous avons aussi connu la misère; nous sommes devenus vainqueurs, et de même nous avons été vaincus.

Verse 23

अधीतिनोपि मूर्खाश्च स्वामिनः सेवका अपि । चतुर्षु भूतग्रामेषु उत्तमाधममध्यमाः

Nous avons été savants et pourtant insensés; maîtres et aussi serviteurs—parmi les quatre groupes d’êtres, tantôt supérieurs, tantôt inférieurs, tantôt moyens.

Verse 24

अभूम भूरिशः शंभो न क्वापि स्थैर्यमागताः । इतोयोनेस्ततो योनौ ततो योनेस्ततोन्यतः

Ô Śambhu, nous avons existé d’innombrables façons, et pourtant nulle part nous n’avons trouvé la stabilité—passant d’une naissance à une autre, puis encore à une autre.

Verse 25

पिनाकिन्क्वापि न प्रापि सुखलेशो मनागपि । इदानीं पुण्यसंभारैर्धर्मेश्वरविलोकनात्

Ô Pinākin, nulle part nous n’avons obtenu ne fût-ce qu’une infime parcelle de bonheur; mais à présent, par l’amoncellement des mérites, en contemplant Dharmēśvara, un état nouveau s’est levé en nous.

Verse 26

तापनेःसुतपो वह्निज्वालाप्रज्वलितैनसः । संवीक्ष्य त्र्यक्ष साक्षात्त्वां कृतकृत्या बभूविम

Brûlés par les fautes flamboyantes comme des langues de feu, nous avons pratiqué de rudes austérités; et, ô Toi aux Trois Yeux, t’ayant vu en personne, nous sommes comblés—l’œuvre accomplie.

Verse 27

तथापि चेद्वरो देयस्तिर्यक्ष्वस्मासु धूर्जटे । कृपणेष्वपि शोच्येषु ज्ञानं सर्वज्ञ देहि तत्

Et pourtant, si une grâce doit nous être accordée—bien que nous soyons vils et errants, ô Dhūrjaṭi—à nous aussi, misérables et dignes de lamentation, ô Seigneur Omniscient, accorde ce savoir qui délivre.

Verse 28

येन ज्ञानेन मुक्ताः स्मोऽमुष्मात्संसारबंधनात् । यंत्रिताः प्राकृतैः पाशैरदुर्भेद्यैश्च मादृशैः

Par cette sagesse nous avons été délivrés de ce lien du saṃsāra—bien que des êtres tels que nous soient entravés par des liens naturels et matériels, presque impossibles à rompre.

Verse 29

ऐंद्रं पदं न वांछामो न चांद्रं नान्यदेव हि । वाञ्छामः केवलं मृत्युं काश्यां शंभोऽपुनर्भवम्

Nous ne désirons ni le rang d’Indra, ni le séjour de la Lune, ni quelque autre état divin. Nous ne voulons que ceci : mourir à Kāśī, ô Śambhu, et obtenir l’état sans retour.

Verse 30

त्वत्सान्निध्याद्विजानीमः सर्वज्ञ सकलं वयम् । यथा चंदनसंसर्गात्सर्वे सुरभयो द्रुमाः

Par ta proximité, ô Omniscient, nous comprenons tout—comme, au contact du santal, tous les arbres deviennent parfumés.

Verse 31

एतदेव परं ज्ञानं संसारोच्छित्तिकारणम् । वपुर्विसर्जनं काले यत्तवानंदकानने

Ceci seul est la connaissance suprême, cause de l’extinction du saṃsāra : quitter le corps au temps prescrit, dans ton Bois d’Ānanda.

Verse 32

निर्मथ्य विष्वग्वाग्जालं सारभूतमिदं परम् । ब्रह्मणोदीरितं पूर्वं काश्यां मुक्तिस्तनुत्यजाम्

Ayant baratté l’immense filet des paroles, on en tire cette essence suprême—jadis énoncée par Brahmā : à Kāśī, la délivrance advient à ceux qui déposent le corps.

Verse 33

यद्वाच्यं बहुभिर्ग्रंथैस्तदष्टाभिरिहाक्षरैः । हरिणोक्तं रविपुरः कैवल्यं काशिसंस्थितौ

Ce que d’innombrables traités cherchent à dire, est ici énoncé en huit syllabes : Hari a proclamé devant Ravi : «Le kaivalya est pour celui qui demeure à Kāśī».

Verse 34

याज्ञवल्क्यो मुनिवरः प्रोक्तवान्मुनिसंसदि । रवेरधीत्य निगमान्काश्यामंते परं पदम्

Yājñavalkya, le plus éminent des sages, déclara dans l’assemblée des ṛṣi : «Ayant appris les Veda de Ravi, on atteint à la fin, à Kāśī, l’état suprême».

Verse 35

स्वामिनापि जगद्धात्री पुरतो मंदराचले । इदमेव पुरा प्रोक्तं काशीनिर्वाणजन्मभूः

Même le Seigneur, devant Jagaddhātrī sur le mont Mandara, a jadis proclamé ceci : Kāśī est le lieu de naissance du nirvāṇa, la délivrance ultime.

Verse 36

कृष्णद्वैपायनोप्येवं शंभो वक्ष्यति नान्यथा । यत्रविश्वेश्वरः साक्षान्मुक्तिस्तत्र पदेपदे

Même Kṛṣṇa Dvaipāyana (Vyāsa), ô Śambhu, l’affirmera ainsi et non autrement : là où Viśveśvara est présent en personne, la délivrance se trouve à chaque pas.

Verse 37

वदंत्यन्येपि मुनयस्तीर्थसंन्यासकारिणः । चिरंतना लोमशाद्याः काशिका मुक्तिकाशिका

D’autres sages encore—anciens fondateurs du renoncement et des tīrtha de pèlerinage—tels Lomaśa et d’autres, déclarent : « Kāśikā est Muktikāśikā, la Kāśī qui accorde la délivrance (mokṣa). »

Verse 38

वयमप्येवं जानीमो यत्र स्वर्गतरंगिणी । आनंदकानने शंर्भोमोक्षस्तत्रैव निश्चितम्

Nous aussi, nous savons qu’il en est ainsi—là où coule la rivière céleste ; dans l’Ānandakānana, ô Śambhu, la délivrance (mokṣa) y est assurée, sans le moindre doute.

Verse 39

भूतं भावि भविष्यं यत्स्वर्गे मर्त्ये रसातले । तत्सर्वमेव जानीमो धर्मेशानुग्रहात्परात्

Tout ce qui fut, ce qui est et ce qui sera—au ciel, sur la terre ou dans les mondes souterrains—nous le connaissons entièrement, par la grâce suprême de Dharmarāja.

Verse 40

अतो हिरण्यगर्भोक्तं हरिप्रोक्तं मुनीरितम् । भवतोक्तं च निखिलं शंभो जानीमहे वयम्

Ainsi, tout ce qu’a dit Hiraṇyagarbha (Brahmā), tout ce qu’a dit Hari (Viṣṇu), tout ce qu’ont énoncé les munis, et aussi tout ce que tu dis—ô Śambhu—nous le connaissons dans sa plénitude.

Verse 41

करामलकवत्सर्वमेतद्ब्रह्मांडगोलकम् । अस्मद्वाग्गोचरेऽस्त्येव धर्मपीठनिषेवणात्

Cette sphère entière du cosmos nous est comme un fruit d’āmalaka dans la paume—à la portée de notre parole et de notre entendement—car nous avons servi le siège sacré du Dharma.

Verse 42

धर्मराजस्य तपसा तिर्यञ्चोपि वयं विभो । जाताः स्म निर्विकल्पं हि सर्वज्ञानस्य भाजनम्

Par l’austérité de Dharmarāja—bien que nous ne soyons que des oiseaux, ô Seigneur—nous sommes devenus, sans nul doute, des vases dignes de porter l’omniscience.

Verse 43

मधुरं मृदुलं सत्यं स्वप्रमाणं सुसंस्कृतम् । हितं मितं सदृष्टांतं श्रुत्वा पक्षिसुभाषितम्

Entendant les paroles bien dites des oiseaux—douces, tendres, véridiques, faisant foi d’elles-mêmes et finement ciselées; salutaires, mesurées et appuyées d’exemples justes—(il en fut ému).

Verse 44

देवोतिविस्मयापन्नो ऽवर्णयत्पीठगौरवम् । त्रैलोक्यनगरे चात्र काशीराजगृहं मम

Saisi d’un émerveillement hors du commun, le Deva décrivit la majesté de ce siège sacré; et ici, dans cette cité telle la métropole des trois mondes, il parla de ma demeure royale à Kāśī.

Verse 45

तत्रापि भोगभवनमनर्घ्यमणिनिर्मितम् । मोक्षलक्ष्मीविलासाख्यः प्रासादो मेति शर्मभूः

Là aussi se dressait une demeure de délices, bâtie de gemmes inestimables : mon palais nommé « Mokṣalakṣmīvilāsa », source pour moi d’une grande joie.

Verse 46

पतत्त्रिणो पिमुच्यंते यं कुर्वाणाः प्रदक्षिणम् । स्वेच्छया विचरंतः खे खेचरा अपि देवताः

Même les êtres ailés sont délivrés en le circumambulant en pradakṣiṇa; et les divinités aussi—se mouvant dans le ciel comme khecaras—y errent à leur gré.

Verse 47

मोक्षलक्ष्मीविलासाख्य प्रासादस्य विलोकनात् । शरीराद्दूरतो याति ब्रह्महत्यापि नान्यथा

Par le seul fait de contempler le palais nommé « Mokṣalakṣmīvilāsa », même le péché de brahmahatyā s’éloigne du corps au loin ; il n’en résulte rien d’autre que cela.

Verse 48

मोक्षलक्ष्मीविलासस्य कलशो यैर्निरीक्षतः । निधानकलशास्तांस्तु न मुंचंति पदेपदे

Ceux qui contemplent le kalaśa, la jarre sommitale, du palais où jouent la Délivrance et Lakṣmī, ne sont jamais abandonnés, à chaque pas, par les jarres-trésors de la prospérité.

Verse 49

दूरतोपि पताकापि मम प्रासादमूर्धगा । नेत्रातिथी कृता यैस्तु नित्यं तेऽतिथयो मम

Même de loin, ceux qui font de l’étendard au faîte de Mon palais un hôte de leurs yeux, ceux-là deviennent vraiment Mes hôtes constants.

Verse 50

भूमिं भित्त्वा स्वयं जातस्तत्प्रासादमिषेण हि । आनंदाख्यस्य कंदस्य कोप्येष परमोंकुरः

Ayant percé la terre, ceci a surgi de soi-même, en vérité, comme sous le prétexte de ce palais. C’est, pour ainsi dire, le suprême rejeton de la racine nommée « Béatitude ».

Verse 51

ब्रह्मादिस्थावरांतानि यत्र रूपण्यनेकशः । मामेवोपासते नित्यं चित्रं चित्रगतान्यपि

Là, des formes de toutes sortes —de Brahmā et au-delà jusqu’aux êtres immobiles— M’adorent sans cesse, Moi seul ; merveille en vérité : même les figures au sein des peintures y font de même.

Verse 52

ससौधो मेखिले लोके स्थानं परमनिर्वृतेः । रतिशाला स मे रम्या स मे विश्वासभूमिका

Dans ce monde qui ceint toute chose, cet édifice est Mon siège de la béatitude suprême. Cette salle charmante est Ma chambre de délices ; elle est le sol même de Mon intime assurance envers les dévots.

Verse 53

मम सर्वगतस्यापि प्रासादोयं परास्पदम् । परं ब्रह्म यदाम्नातं परमोपनिषद्गिरा । अमूर्तं तदहं मूर्तो भूयां भक्तकृपावशात्

Bien que Je sois partout, ce palais est Mon siège suprême. Je suis ce Brahman suprême proclamé par les paroles les plus hautes des Upaniṣads ; bien que sans forme, Je prends forme, par compassion pour les dévots.

Verse 54

नैःश्रेयस्याः श्रियो धाम तद्याम्यां मंडपोस्ति मे । तत्राहं सततं तिष्ठे तत्सदोमंडपं मम

Au côté du sud se tient pour Moi un pavillon, demeure de la splendeur de la délivrance ultime. Là Je demeure sans cesse ; tel est Mon pavillon d’assemblée.

Verse 55

निमेषार्धप्रमाणं च कालं तिष्ठति निश्चलः । तत्र यस्तेन वै योगः समभ्यस्तः समाः शतम्

Quiconque y demeure immobile ne fût-ce que le temps d’un demi-clignement, par cela seul : le yoga pratiqué là équivaut à cent années de pratique ailleurs.

Verse 56

निर्वाणमंडपं नाम तत्स्थानं जगतीतले । तत्रर्चं संजपन्नेकां लभेत्सर्वश्रुतेः फलम्

Ce lieu sur la terre est nommé le « Pavillon du Nirvāṇa ». Là, en récitant une seule formule sacrée devant l’image de la Divinité, on obtient le fruit de toute l’Écriture révélée.

Verse 57

प्राणायामं तु यः कुर्यादप्येकं मुक्तिमंडपे । तेनाष्टांगः समभ्यस्तो योगोऽन्यत्रायुतं समाः

Mais quiconque accomplit ne fût-ce qu’un seul prāṇāyāma dans le « Pavillon de la Délivrance » — par cela même, le yoga aux huit membres est tenu pour pratiqué, comme s’il l’avait été dix mille ans ailleurs.

Verse 58

निर्वाणमंडपे यस्तु जपेदेकं षडक्षरम् । कोटिरुद्रेण जप्तेन यत्फलं तस्य तद्भवेत्

Quiconque, dans le Nirvāṇa Maṇḍapa, récite ne fût-ce qu’une fois le mantra aux six syllabes, obtient le même fruit que le fameux Koṭirudra-japa, la récitation de Rudra dix millions de fois.

Verse 59

शुचिर्गंगांभसि स्नातो यो जपेच्छतरुद्रियम् । निर्वाणमंडपे ज्ञेयः स रुद्रो द्विजवेषभृत्

Pur, après s’être baigné dans les eaux du Gaṅgā, celui qui récite le Śatarudrīya — sachez que, dans le Nirvāṇa Maṇḍapa, il est Rudra lui-même, bien qu’il porte l’apparence d’un « deux-fois-né » (brāhmane).

Verse 60

ब्रह्मयज्ञसकृत्कृत्वा मम दक्षिणमंडपे । ब्रह्मलोकमवाप्याथ परं ब्रह्माधिगच्छति

Ayant accompli ne fût-ce qu’une fois le Brahma-yajña dans mon Maṇḍapa du Sud, on atteint Brahmaloka; puis, l’on parvient à la réalisation du Brahman suprême.

Verse 61

धर्मशास्त्रं पुराणानि सेतिहासानि तत्र यः । पठेन्निरभिलाषुः सन्स वसेन्मम वेश्मनि

Là, quiconque lit le Dharmaśāstra, les Purāṇa et les Itihāsa sans désir égoïste, demeure dans ma propre demeure.

Verse 62

तिष्ठेदिंद्रियचापल्यं यो निवार्य क्षणं कृती । निर्वाणमंडपेन्यत्र तेन तप्तं महत्तपः

L’homme accompli qui, ne fût-ce qu’un instant, réprime l’instabilité des sens en demeurant dans le Nirvāṇa Maṇḍapa, accomplit une grande austérité (tapas).

Verse 63

वायुभक्षणतोन्यत्र यत्पुण्यं शरदां शतम् । तत्पुण्यं घटिकार्धेन मौनं दक्षिणमंडपे

Le mérite que l’on acquiert ailleurs en ne se nourrissant que d’air durant cent automnes, ce même puṇya s’obtient en gardant le silence une demi-ghaṭikā dans le Maṇḍapa du Sud (Dakṣiṇa).

Verse 64

मितं कृष्णलकेनापि योदद्यान्मुक्तिमंडपे । स्वर्णं सौवर्णयानेन स तु संचरते दिवि

Même s’il ne donne qu’une offrande mesurée—fût-ce un seul kṛṣṇalaka—dans le Mukti Maṇḍapa, il parcourt le ciel sur un char d’or.

Verse 65

तत्रैकं जागरं कुर्याद्यस्मिन्कस्मिन्दिनेपि यः । उपोषितोर्चयेल्लिंगं स सर्वव्रतपुण्यभाक्

Quiconque, n’importe quel jour, y accomplit une seule veille nocturne, en jeûnant et en adorant le Liṅga, devient participant au mérite de tous les vœux.

Verse 66

तत्र दत्त्वा महादानं तत्र कृत्वा महाव्रतम् । तत्राधीत्याखिलं वेदं च्यवते न नरो दिवः

Ayant fait là un grand don (mahādāna), y ayant observé un grand vœu (mahāvrata), et y ayant étudié l’entier Veda, un tel homme ne déchoit pas du ciel.

Verse 67

प्रयाणं कुर्वते यस्य प्राणा मे मुक्तिमंडपे । समामनुप्रविष्टोत्र तिष्ठेद्यावदहं खलु

Pour celui dont les souffles vitaux s’en vont dans Mon Mukti Maṇḍapa, Moi-même j’y entre avec eux et j’y demeure auprès de cette âme aussi longtemps que, certes, Je demeure.

Verse 68

जलक्रीडां सदा कुर्यां ज्ञानवाप्यां सहोमया । यदंबुपानमात्रेण ज्ञानं जायेत निमर्लम्

«Sans cesse Je m’ébats dans l’eau de la Jñāna-vāpī, le Puits de la Connaissance, avec Umā. Par le seul fait d’en boire, naît une connaissance pure, sans tache.»

Verse 69

तज्जलक्रीडनस्थानं मम प्रीतिकरं महत् । अमुष्मिन्राजसदने जाड्यहृज्जलपूरितम्

«Ce lieu même des jeux d’eau M’est grandement agréable. Dans cette demeure royale, il est rempli d’une eau qui ôte la lourdeur et l’engourdissement du cœur.»

Verse 70

तत्प्रासादपुरोभागे मम शृंगारमंडपः श्री । पीठं तद्धि विज्ञेयं निःश्रीकश्रीसमर्पणम्

«À l’avant de ce palais se trouve Mon Śṛṅgāra-maṇḍapa, pavillon d’ornement, de bon augure. Qu’on le reconnaisse comme un pīṭha sacré, où la prospérité est offerte même à celui qui est sans fortune.»

Verse 71

मदर्थं तत्र यो दद्याद्दुकूलानि शुचीन्यहो । माल्यानि सुविचित्राणि यक्षकर्दमवंति च

«Quiconque, là, pour Moi, offre des vêtements purs—ainsi que des guirlandes merveilleusement variées, et même des onguents parfumés dignes des êtres célestes—reçoit Ma faveur.»

Verse 72

नाना नेपथ्यवस्तूनि पूजोपकरणाऽन्यपि । स श्रियालंकृतस्तिष्ठेद्यत्र कुत्रापि सत्तमः

En offrant divers ornements et d’autres instruments du culte, un tel homme noble demeure paré de Śrī, où qu’il réside.

Verse 73

निर्वाणलक्ष्मीर्वृणुते तं निर्वाणपदाप्तये । यत्र कुत्रापि निधनं प्राप्नुयादपि स ध्रुवम्

Nirvāṇa-Lakṣmī le choisit pour l’obtention de l’état de délivrance; même si la mort le saisit en quelque lieu que ce soit, cette destinée libératrice lui est assurée.

Verse 74

मोक्षलक्ष्मीविलासाख्य प्रासादस्योत्तरे मम । ऐश्वर्यमडपं रम्यं तत्रैश्वर्यं ददाम्यहम्

Au nord de Mon palais nommé «Mokṣa-Lakṣmī-Vilāsa» se trouve le charmant pavillon de souveraineté, l’Aiśvarya-maṇḍapa; là, J’accorde l’aiśvarya.

Verse 75

मत्प्रासादैंद्रदिग्भागे ज्ञानमंडपमस्ति यत् । ज्ञानं दिशामि सततं तत्र मां ध्यायतां सताम्

Dans le quartier oriental de Mon palais se trouve le Jñāna-maṇḍapa, pavillon de la connaissance; là, J’accorde sans cesse la sagesse aux justes qui méditent sur Moi.

Verse 76

भवानि राजसदने ममास्ति हि महानसम् । यत्तत्रोपहृतं पुण्यं निर्विशामि मुदैव तत्

Ô Bhavānī, dans la demeure royale se trouve vraiment Ma grande cuisine; toute offrande sacrée qu’on y apporte, Je la reçois et en jouis avec joie.

Verse 77

विशालाक्ष्या महासौधे मम विश्रामभूमिका । तत्र संसृतिखिन्नानां विश्रामं श्राणयाम्यहम्

Dans le grand palais de Viśālākṣī se trouve Mon lieu de repos ; là, J’accorde le répit à ceux que le saṃsāra a lassés.

Verse 78

नियमस्नानतीर्थं च चक्रपुष्करिणी मम । तत्र स्नानवतां पुंसां तन्नैर्मल्यं दिशाम्यहम्

Mon tīrtha du bain prescrit est la Cakra-Puṣkariṇī ; à ceux qui s’y baignent, Moi-même j’accorde cette pureté sans tache.

Verse 79

यदाहुः परमं तत्त्वं यदाहुर्ब्रह्मसत्तमम् । स्वसंवेद्यं यदाहुश्च तत्तत्रांते दिशाम्यहम्

Ce qu’ils nomment la Réalité suprême, ce qu’ils nomment le Brahman le plus haut, et ce qu’ils proclament comme directement connu par le Soi : cela, Je le révèle là, en son ultime aboutissement.

Verse 80

यदाहुस्तारकं ज्ञानं यदाहुरतिनिर्मलम् । स्वात्मारामं यदाहुश्च तत्तत्रांते दिशाम्यहम्

Cette connaissance qu’ils nomment « Tāraka », qu’ils disent souverainement pure, et qu’ils déclarent se réjouir du Soi seul : cela, Je le révèle là, en son ultime accomplissement.

Verse 81

जगन्मंगलभूर्यात्र परमा मणिकर्णिका । विपाशयामि तत्राहं कर्मभिः पाशितान्पशून्

Ici, la suprême Maṇikarṇikā—débordante d’auspiciosité pour le monde—est le pèlerinage le plus élevé. Là, Je desserre et délivre les êtres enchaînés par leurs propres karmas.

Verse 82

निर्वाणश्राणने यत्र पात्रापात्रं न चिंतये । आनंदकानने तन्मे दानस्थानं दिवानिशम्

Dans le « Nirvāṇa-Śrāṇaṇa », où je ne distingue ni le digne ni l’indigne, dans l’Ānandakānana se trouve mon lieu d’offrande, jour et nuit.

Verse 83

भवांबुधौ महागाधे प्राणिनः परिमज्जतः । भूत्वैव कर्णधारोंते यत्र संतारयाम्यहम्

Dans l’océan immense et insondable du devenir mondain, lorsque les êtres s’enfoncent, là—à l’ultime instant—je deviens leur pilote et les fais passer sur l’autre rive.

Verse 84

सौभाग्यभाग्यभूर्या वै विख्याता मणिकर्णिका । ददामि तस्यां सर्वस्वमग्रजायांत्यजाय वा

Maṇikarṇikā, renommée comme un grand lieu de bonheur et de destinée, est véritablement célèbre. Là, j’accorde tout—au meilleur comme même au rejeté.

Verse 85

महासमाधिसंपन्नैर्वेदांतार्थ निषेविभिः । दुष्प्रापोन्यत्र यो मोक्षः शोच्यैरपि स लभ्यते

Cette délivrance, ailleurs difficile à obtenir même pour ceux qui possèdent un grand samādhi et servent le sens du Vedānta—ici, même les misérables et déchus l’obtiennent.

Verse 86

दीक्षितो वा दिवाकीर्तिः पंडितो वाप्यपंडितः । तुल्यो मे मोक्षदीक्षायां संप्राप्य मणिकर्णिकाम्

Qu’il soit initié, célèbre comme la clarté du jour, savant ou non-savant—parvenu à Maṇikarṇikā, tous sont égaux dans mon dīkṣā vers la délivrance.

Verse 87

यत्त्यागेन्यत्र कृपणस्तत्प्राप्य मणिकर्णिकाम् । ददामि जंतुमात्राय सर्वस्वं चिरसंचितम्

Ce que l’avare, ailleurs, ne donne qu’au prix d’un renoncement pénible, parvenu à Maṇikarṇikā, je l’accorde à tout être vivant : tout ce qui fut amassé de longue date.

Verse 88

यदि दैवादिह प्राप्तस्त्रिसंयोगोऽतिदुर्घटः । अविचारं तदा देयं सर्वस्वं चिरसंचितम्

Si, par la grâce du destin divin, on obtient ici cette « triple conjonction » si difficile à rencontrer, alors, sans hésitation, il faut donner en aumône jusqu’à toute la richesse amassée de longue date.

Verse 89

शरीरमथ संपत्तिरथ सा मणिकर्णिका । त्रिसंयोगोयमप्राप्यो देवैरिंद्रादिकैरपि

Un corps humain, des moyens matériels, et cette Maṇikarṇikā : cette triple conjonction est introuvable même pour les dieux, à commencer par Indra.

Verse 90

पुनः पुनर्विचार्येति जंतुमात्रेभ्य एव च । निर्वाणलक्ष्मीं यच्छामि सदोपमणिकर्णिकम्

Ainsi, après y avoir réfléchi encore et encore, et certes pour tous les êtres, j’accorde la splendeur de la délivrance (nirvāṇa) ; car Maṇikarṇikā demeure à jamais suprême.

Verse 91

मुक्तिदा न मही सा मे वाराणस्यां महीयसी । तन्मही रजसा साम्यं त्रिलोक्यपि न चोद्वहेत्

Cette terre qui est mienne à Vārāṇasī est souverainement grande ; ce n’est pas une simple « terre » : elle est dispensatrice de délivrance. Même les trois mondes ne sauraient égaler sa poussière.

Verse 92

परं लिंगार्चनस्थानमविमुक्तेश्वरेश्वरम् । तत्र पूजां सकृत्कृत्वा कृतकृत्यो नरो भवेत्

Avimukteśvara est le lieu suprême pour le culte du Liṅga. En y accomplissant la pūjā ne fût-ce qu’une seule fois, l’homme devient celui dont la vie a trouvé son accomplissement.

Verse 93

सायं पाशुपतीं संध्यां कुर्यां पशुपतीश्वरे । विभूतिधारणात्तत्र पशुपाशैर्न बध्यते

Le soir, qu’on accomplisse la sandhyā pāśupata auprès de Paśupatīśvara. En y portant la cendre sacrée (vibhūti), on n’est pas lié par les entraves qui asservissent les êtres.

Verse 94

प्रातःसध्याकरोम्येव सदोंकारनिकेतने । तत्रैकापि कृता संध्या सर्वपातककृंतनी

Au matin, j’accomplis la sandhyā dans la demeure toujours présente d’Oṃkāra. Une seule sandhyā accomplie là tranche tous les péchés.

Verse 96

रत्नेश्वरोर्चितो दद्यान्महारत्नानि भक्तितः । रत्नैः समर्च्य तल्लिंगं स्त्रीरत्नादि लभेन्नरः

Quand Ratneśvara est honoré, qu’on offre avec dévotion de grands joyaux. Après avoir adoré ce Liṅga par des gemmes, l’homme obtient des grâces précieuses, telle une épouse d’exception et d’autres « joyaux » de l’existence.

Verse 97

विष्टपत्रितयांतःस्थोप्यहं लिंगे त्रिविष्टपे । तिष्ठामि सततं भक्तमनोरथसमृद्धये

Bien que je demeure au sein du triple monde, je réside sans cesse dans ce Liṅga, afin que s’épanouissent pleinement les vœux du cœur du dévot.

Verse 98

विरजस्कं महापीठं तत्र संसेव्य मानवः । विरजा जायते नूनं चतुर्नद कृतोदकः

En servant le grand pīṭha nommé Virajaska, l’homme devient assurément exempt d’impureté. Celui qui y accomplit le rite d’eau des « quatre rivières » est véritablement purifié.

Verse 99

वसामि कृत्तिवासेहं सदा प्रति चतुर्दशि । अत्र जागरणं कृत्वा चतुर्दश्यां न गर्भभाक्

«Je demeure toujours ici, à Kṛttivāsa, à chaque quatorzième jour lunaire (caturdaśī). Celui qui y veille en cette caturdaśī ne renaît plus dans un sein.»

Verse 100

पितृप्रीतिप्रदं पीठं वृषभध्वजसंज्ञकम् । पितृतर्पणकृत्तत्र पितॄंस्तारयति क्षणात्

«Ce pīṭha sacré, nommé Vṛṣabhadhvaja, comble de joie les ancêtres. Quiconque y accomplit le tarpaṇa pour les Pitṛs délivre les aïeux en un instant.»

Verse 110

ममानुग्रहतः कीरानेतान्पश्य रवेः सुत । दिव्यविमानमारुह्य गंतारो मत्पुरं महत्

«Par ma grâce, vois ces perroquets, ô fils du Soleil. Montant dans un vimāna divin, ils iront vers ma grande demeure.»

Verse 113

आरुह्यते न यानेन दिव्यरूपवराः खगाः । कैलासमभिसंजग्मुर्धर्ममापृच्छ्यतेऽमलाः

Ces oiseaux, désormais dotés d’une forme divine excellente et purifiés, n’eurent nul besoin de monter sur un véhicule ; ils gagnèrent Kailāsa pour s’enquérir du Dharma.