Adhyaya 39
Kashi KhandaPurva ArdhaAdhyaya 39

Adhyaya 39

Le chapitre 39 s’ouvre sur l’enseignement de Skanda à Agastya : un récit « destructeur du péché » enraciné dans Avimukta-Kāśī. Le discours présente d’abord le kṣetra à travers des attributs métaphysiques du Brahman suprême—au-delà des constructions conceptuelles, sans forme, non manifesté—tout en affirmant que cette réalité transcendante imprègne le champ de Kāśī d’une manière singulièrement libératrice. Skanda développe ensuite une sotériologie comparative : ce qui, ailleurs, requiert un yoga rigoureux, de grands dons ou de longues austérités, devient à Kāśī accessible par des offrandes modestes (fleur/feuille/fruit/eau), une brève immobilité méditative, le bain dans la Gaṅgā et l’aumône—chacun de ces actes étant tenu pour « grand » en raison de la sainteté du lieu. Un second mouvement introduit une légende explicative : dans un âge ancien marqué par une sécheresse prolongée et l’effondrement social, Brahmā établit le roi Ripuñjaya (aussi nommé Divodāsa) afin de rétablir l’ordre. Le récit motive des déplacements et des négociations divines impliquant Rudra/Śiva et la montagne Mandara, et aboutit à l’affirmation de la présence continue de Śiva à Kāśī sous la forme du liṅga. Le chapitre culmine dans la théologie d’Avimukteśvara comme « ādi-liṅga » : le voir, s’en souvenir, le toucher, l’adorer, et même entendre son nom, dissout rapidement les péchés accumulés et relâche les liens karmiques. S’y ajoutent des remarques sur la convergence périodique d’autres liṅgas et la valorisation du japa discipliné et de la dévotion au sein du kṣetra.

Shlokas

Verse 1

स्कंद उवाच । शृण्वगस्त्य महाभाग कथां पापप्रणाशिनीम् । नैःश्रेयस्याः श्रियोहेतुमविमुक्त समाश्रयाम्

Skanda dit : Ô Agastya, toi le fortuné, écoute ce récit qui anéantit le péché : Avimukta, le refuge, cause même de l’éclat de la délivrance suprême (niḥśreyasa).

Verse 2

परं ब्रह्म यदाम्नातं निष्प्रपंचं निरात्मकम् । निर्विकल्पं निराकारमव्यक्तं स्थूलसूक्ष्मवत्

Ce Brahman suprême, tel que l’enseigne la tradition sacrée, est au-delà de toute manifestation, sans moi limitatif, libre de toute division conceptuelle, sans forme et non manifesté—et pourtant il pénètre tout, comme s’il était à la fois le grossier et le subtil.

Verse 3

तदेतत्क्षेत्रमापूर्य स्थितं सर्वगमप्यहो । किमन्यत्र न शक्तोसौ जंतून्मोचयितुं भवात्

Il demeure ici, emplissant ce champ sacré, bien qu’il soit partout présent. Dès lors, pourquoi, dira-t-on, ne pourrait-il ailleurs délivrer les êtres du devenir mondain ?

Verse 4

भवो ध्रुवं यदत्रैव मोचयेत्तं निशामय । महत्या योगयुक्त्या वा महादानैरकामिकैः

Écoute : Bhava (Śiva) délivre assurément ici même. Ailleurs, la délivrance ne s’obtient que par une grande discipline du yoga ou par d’immenses dons de charité sans désir.

Verse 5

सुमहद्भिस्तपोभिर्वा शिवोन्यत्र विमोचयेत् । योगयुक्तिं न महतीं न दानानि महांति च

Ailleurs, Śiva n’accorde la délivrance qu’au moyen d’austérités extrêmement grandes ; mais à Kāśī, ni les disciplines yogiques élaborées ni les dons immenses ne sont requis.

Verse 6

न तपांस्यतिदीर्घाणि काश्यां मुक्त्यै शिवोर्थयेत् । वियुनक्ति न यत्काश्या उपसर्गे महत्यपि

Pour la délivrance à Kāśī, Śiva ne réclame pas des austérités démesurément longues ; car Kāśī n’abandonne jamais personne, même au cœur des grandes calamités.

Verse 7

अयमेव महायोग उपयोगस्त्विहा परः । नियमेन तु विश्वेशे पुष्पं पत्रं फलं जलम्

Voici, en ce lieu, le suprême « grand yoga » : avec une dévotion réglée, offrir à Viśveśa une fleur, une feuille, un fruit ou de l’eau.

Verse 8

यद्दत्तं सुमनोवृत्त्या महादानं तदत्र वै । मुक्तिमंडपिकायां च क्षणं यत्स्थिरमास्यते

Tout ce qui est offert ici avec un esprit pur et bienveillant devient vraiment un « grand don » ; et même demeurer assis, ne fût-ce qu’un instant, dans la Mukti-maṇḍapikā, a sa portée sacrée.

Verse 9

स्नात्वा गंगामृते शुद्धे तप एतदिहोत्तमम् । सत्कृत्य भिक्षवे भिक्षा यत्काश्यां परिदीयते । तुला पुरुष एतस्याः कलां नार्हति षोडशीम्

Après s’être baigné dans le nectar pur de la Gaṅgā, voici l’ascèse la plus haute en ce lieu : honorer le mendiant renonçant et offrir l’aumône à Kāśī. Le rite renommé du Tulā-puruṣa n’égale pas même le seizième de ce mérite.

Verse 10

हृदि संचिंत्य विश्वेशं क्षणं यद्विनिमील्यते । देवस्य दक्षिणे भागे महायोगोयमुत्तमः

Contempler Viśveśa dans le cœur et fermer les yeux un instant : cela, dans la région méridionale du Seigneur (le quartier sacré de Kāśī), est le plus haut des grands yogas.

Verse 11

इदमेव तपोत्युग्रं यदिंद्रिय विलोलताम् । निषिध्य स्थीयते काश्यां क्षुत्तापाद्यवमन्य च

Ceci seul est l’ascèse la plus âpre : réprimer l’instabilité des sens et demeurer à Kāśī, même en méprisant la faim, la chaleur et autres épreuves.

Verse 12

मासि मासि यदाप्येत व्रताच्चांद्रायणात्फलम् । अन्यत्र तदिहाप्येत भूतायां नक्तभोजनात्

Quelque fruit que l’on obtienne ailleurs, mois après mois, par le vœu du Cāndrāyaṇa, ici, au mois de Bhūtā (Bhādrapada), on l’acquiert simplement en ne mangeant que la nuit.

Verse 13

मासोपवासादन्यत्र यत्फलं समुपार्ज्यते । श्रद्धयैकोपवासेन तत्काश्यां स्यादसंशयम्

Le fruit qu’ailleurs on acquiert par un jeûne d’un mois entier, à Kāśī on l’obtient, sans nul doute, par un seul jeûne accompli avec foi.

Verse 14

चातुर्मास्य व्रतात्प्रोक्तं यदन्यत्र महाफलम् । एकादश्युपवासेन तत्काश्यां स्यादसंशयम्

Le grand fruit enseigné ailleurs du vœu de Cāturmāsya s’obtient à Kāśī, sans aucun doute, par le jeûne d’Ekādaśī.

Verse 15

षण्मासान्न परित्यागाद्यदन्यत्र फलं लभेत् । शिवरात्र्युपवासेन तत्काश्यां जायते ध्रुवम्

Quelque fruit qu’on obtienne ailleurs par la discipline de ne point abandonner durant six mois, ce même mérite naît assurément à Kāśī par le jeûne de Śivarātri.

Verse 16

वर्षं कृत्वोपवासानि लभेदन्यत्र यद्व्रती । तत्फलं स्यात्त्रिरात्रेण काश्यामविकलं मुने

Ô sage, le fruit qu’un observant obtient ailleurs en jeûnant toute une année, ce mérite intact s’acquiert à Kāśī par un jeûne de trois nuits seulement.

Verse 17

मासिमासि कुशाग्रांबु पानादन्यत्र यत्फलम् । काश्यामुत्तरवाहिन्यामेकेन चुलुकेन तत्

Le mérite acquis ailleurs en buvant, mois après mois, une eau effleurée par la pointe de l’herbe kuśa, ce même mérite s’obtient à Kāśī, sur le fleuve au courant vers le nord, par une seule gorgée dans le creux de la main.

Verse 18

अनंतो महिमा काश्याः कस्तं वर्णयितुं प्रभुः । विपत्तिमिच्छतो जंतोर्यत्रकर्णे जपः शिवः

Infinie est la grandeur de Kāśī : qui donc aurait le pouvoir de la décrire ? Car là, même à l’être au moment du péril, dans l’oreille est murmuré Śiva, tel un japa-mantra de délivrance.

Verse 19

शंभुस्तत्किंचिदाचष्टे म्रियमाणस्य जन्मिनः । कर्णेऽक्षरं यदाकर्ण्य मृतोप्यमृततां व्रजेत्

Śambhu prononce à l’oreille du mortel agonisant une syllabe sacrée ; en entendant ce son impérissable, même celui qui est mort parvient à l’immortalité.

Verse 20

स्मारं स्मारं स्मररिपोः पुरीं त्वमिव शंकरः । अदुनोन्मंदरं यातो बहुशस्तदवाप्तये

Te remémorant sans cesse la cité de l’ennemi de Smara (Śiva), toi aussi—tel Śaṅkara—tu t’es rendu maintes fois en ce lieu suprême afin de l’obtenir.

Verse 21

अगस्त्य उवाच । स्वकार्यनिपुणैः स्वामिन्गीर्वाणैरतिदारुणैः । त्याजितोहं पुरीं काशीं हरो त्याक्षीत्कुतः प्रभुः

Agastya dit : Ô Seigneur, j’ai été contraint d’abandonner la cité de Kāśī par les dieux—rudes, mais habiles à accomplir leurs desseins. Comment donc Hara, le Suprême, pourrait-il jamais l’abandonner ?

Verse 22

पराधीनोहमिव किं देवदेवः पिनाकवान् । काशिकां सोऽत्यजत्कस्मान्निर्वाणमणिराशिकाम्

Le Dieu des dieux, porteur de l’arc Pināka, serait-il dépendant comme moi ? Pourquoi abandonnerait-il Kāśikā, cet amas de joyaux nommé Nirvāṇa, la délivrance ?

Verse 23

स्कंद उवाच । मित्रावरुणसंभूत कथयामि कथामिमाम् । तत्याज च यथा स्थाणुः काशीं विध्युपरोधतः

Skanda dit : Ô toi né de Mitra et de Varuṇa, je vais te conter ce récit : comment Sthāṇu (Śiva) « quitta » Kāśī à cause de l’obstruction causée par le Vindhya.

Verse 24

प्रार्थितस्त्वं यथा लेखैः परोपकृतये मुने । द्रुहिणेन तथा रुद्रः स्वरक्षण विचक्षणः

Ô sage, de même que tu fus sollicité par des écrits pour le bien d’autrui, ainsi Rudra—habile à protéger son propre domaine—fut imploré par Druhiṇa (Brahmā).

Verse 25

अगस्त्य उवाच । कथं स भगवान्रुद्रो द्रुहिणेन कृपांबुधिः । प्रार्थितोभूत्किमर्थं च तन्मे ब्रूहि षडानन

Agastya dit : «Comment ce Seigneur béni, Rudra—océan de compassion—fut-il imploré par Druhiṇa (Brahmā), et dans quel dessein ? Dis-le-moi, ô Toi aux Six Visages (Skanda).»

Verse 26

स्कंद उवाच । पाद्मेकल्पे पुरावृत्ते मनोः स्वायंभुवेंतरे । अनावृष्टिरभूद्विप्र सर्वभूतप्रकंपिनी

Skanda dit : «Ô brāhmane, jadis—au Padma Kalpa, durant le Manvantara de Svāyambhuva Manu—survint une sécheresse qui fit trembler tous les êtres.»

Verse 27

तया तु षष्टिहायिन्या पीडिताः प्राणिनोऽखिलाः । केचिदंबुधितीरेषु गिरिद्रोणीषु केचन

Par cette sécheresse durant soixante ans, toutes les créatures furent accablées. Les unes demeurèrent sur les rivages de l’océan, d’autres dans les vallées au sein des montagnes.

Verse 28

महानिम्नेषु कच्छेषु मुनिवृत्त्या जनाः स्थिताः । अरण्यान्यवनिर्जाता ग्रामखर्वट वर्जिता

Dans les profondes dépressions et les terres marécageuses, les gens demeurèrent, vivant à la manière des ascètes. La terre devint une friche ; villages et bourgs de marché furent délaissés.

Verse 29

क्रव्यादा एव सर्वेषु नगरेषु पुरेषु च । आसन्नभ्रंलिहो वृक्षाः सर्वत्र क्षोणिमंडले

Dans chaque cité et chaque bourg, il n’y avait que des mangeurs de chair ; et partout sur le cercle de la terre, les arbres se dressaient comme s’ils léchaient les nuées, hauts et décharnés.

Verse 30

चौरा एव महाचौरैरुल्लुठ्यंत इतस्ततः । मांसवृत्त्योपजीवंति प्राणिनः प्राणरक्षिणः

Les voleurs étaient dépouillés par de plus grands voleurs, de lieu en lieu. Les êtres, ne cherchant qu’à sauver leur vie, vivaient d’un gagne-pain de viande.

Verse 31

अराजके समुत्पन्ने लोकेऽत्याहितशंसिनि । प्रयत्नो विफलस्त्वासीत्सृष्टेः सृष्टिकृतस्तदा

Quand, dans le monde, s’éleva un état sans roi, annonciateur d’un mal extrême, alors les efforts du Créateur pour maintenir la création devinrent vains.

Verse 32

चिंतामवाप महती जगद्योनिः प्रजाक्षयात् । प्रजासु क्षीयमाणासु क्षीणा यज्ञादिकाः क्रियाः

À cause du dépérissement des créatures, le Sein du monde (Brahmā) fut saisi d’une grande inquiétude. Quand les êtres diminuaient, les rites, à commencer par le yajña, s’éteignaient aussi.

Verse 33

तासु क्षीणासु संक्षीणाः सर्वे यज्ञभुजोऽभवन् । ततश्चिंतयता स्रष्ट्रा दृष्टो राजर्षिसत्तमः

Quand ces rites eurent décliné, tous les « mangeurs du sacrifice »—les dieux recevant les offrandes—s’affaiblirent aussi. Alors, tandis que le Créateur réfléchissait, il aperçut le plus éminent des sages royaux.

Verse 34

अविमुक्ते महाक्षेत्रे तपस्यन्निश्चलेंद्रियः । मनोरन्वयजो वीरः क्षात्रो धर्म इवोदितः

À Avimukta, le grand kṣetra sacré de Kāśī, se tenait un héros de l’ordre des kṣatriya—né de la lignée de Manu—accomplissant l’austérité, les sens immobiles, comme si le Dharma lui-même s’était levé.

Verse 35

रिपुंजय इति ख्यातो राजा परपुरंजयः । अथ ब्रह्मा तमासाद्य बहुगौरवपूर्वकम्

Il y avait un roi renommé Ripuṃjaya, vainqueur des cités ennemies. Alors Brahmā s’approcha de lui, avec un profond honneur et une grande révérence.

Verse 36

उवाच वचनं राजन्रिपुंजय महामते । इलां पालय भूपाल ससमुद्राद्रिकाननाम्

Et il prononça ces paroles : «Ô roi Ripuṃjaya, au grand esprit ; ô gardien de la terre : gouverne et protège ce monde, avec ses océans, ses montagnes et ses forêts».

Verse 37

नागकन्यां नागराजः पत्न्यर्थं ते प्रदास्यति । अनंगमोहिनीं नाम्ना वासुकिः शीलभूषणाम्

«Le roi des Nāgas te donnera pour épouse une jeune fille nāga. Vāsuki t’accordera celle qui se nomme Anaṅgamohinī, dont la noble conduite est l’ornement».

Verse 38

दिवोपि देवा दास्यंति रत्नानि कुसुमानि च । प्रजापालनसंतुष्टा महाराज प्रतिक्षणम्

«Même les devas du ciel te donneront sans cesse des joyaux et des fleurs, ô grand roi, satisfaits à chaque instant par ta protection des sujets».

Verse 39

दिवोदास इति ख्यातमतो नाम त्वमाप्स्यसि । मत्प्रभावाच्च नृपते दिव्यं सामर्थ्यमस्तु ते

Ainsi tu recevras le nom illustre de « Divodāsa » ; et par ma puissance, ô roi, que la capacité et la force divines soient tiennes.

Verse 40

परमेष्ठिवचः श्रुत्वा ततोसौ राजसत्तमः । वेधसं बहुशः स्तुत्वा वाक्यं चेदमुवाच ह

Ayant entendu les paroles de Parameṣṭhin (Brahmā), le meilleur des rois loua maintes fois Vedhas, le Créateur, puis il prononça ces paroles.

Verse 41

राजोवाच । पितामह महाप्राज्ञ जनाकीर्णे महीतले । कथं नान्ये च राजानो मां कथं कथ्यते त्वया

Le Roi dit : « Ô Pitāmaha, ô très sage — lorsque la terre est remplie de peuples et d’autres rois, comment se fait-il que tu me distingues et parles de moi ? »

Verse 42

ब्रह्मोवाच । त्वयि राज्यं प्रकुर्वाणे देवो वृष्टिं विधास्यति । पापनिष्ठे च वै राज्ञि न देवो वर्षते पुनः

Brahmā dit : « Lorsque tu accompliras le devoir royal, le dieu de la pluie accordera la pluie. Mais quand un roi s’attache au péché, le dieu ne fait plus pleuvoir. »

Verse 43

राजोवाच । पितामह महामान्य त्रिलोकी करणक्षम । महाप्रसाद इत्याज्ञां त्वदीयां मूर्ध्न्युपाददे

Le Roi dit : « Ô Pitāmaha, très vénérable, capable d’ordonner les trois mondes : ton ordre est une grande grâce. » Ainsi parlant, il reçut ton instruction sur sa tête, avec la plus haute révérence.

Verse 44

किंचिद्विज्ञप्तुकामोहं तन्मदर्थं करोषि चेत् । ततः करोम्यहं राज्यं पृथिव्यामसपत्नवत्

«Je désire formuler une humble requête. Si tu l’accomplis pour moi, j’établirai ma royauté sur la terre, sans aucun rival.»

Verse 45

ब्रह्मोवाच । अविलंबेन तद्ब्रूहि कृतं मन्यस्व पार्थिव । यत्ते हृदि महाबाहो तवादेयं न किंचन

Brahmā dit : «Parle sans tarder, ô roi ; tiens-le pour déjà accompli. Quoi que porte ton cœur, ô aux bras puissants, rien de ce qui est à toi ne sera refusé.»

Verse 46

राजोवाच । यद्यहं पृथिवीनाथः सर्वलोकपितामह । तदादिविष दो देवा दिवि तिष्ठंतु मा भुवि

Le roi dit : «Si je suis le seigneur de la terre, ô Aïeul de tous les mondes, que les Devas—ceux qui sont depuis l’origine—demeurent au ciel et non sur la terre.»

Verse 47

देवेषु दिवितिष्ठत्सु मयि तिष्ठति भूतले । असपत्नेन राज्येन प्रजासौख्यमवाप्स्यति

«Lorsque les Devas demeureront au ciel et que je demeurerai sur la terre, mon peuple obtiendra le bonheur par une royauté sans rivaux.»

Verse 48

तथेति विश्वसृक्प्रोक्तो दिवोदासो नरेश्वरः । पटहं घोषयांचक्रे दिवं देवा व्रजंत्विति

Ainsi, instruit par le Créateur, le roi Divodāsa fit proclamer au son du tambour : «Que les Devas s’en aillent au ciel !»

Verse 49

मा गच्छंत्विह वै नागा नराः स्वस्था भवंत्वितः । मयि प्रशासति क्षोणीं सुराः स्वस्था भवंत्विति

«Que les Nāgas ne s’éloignent point d’ici; que les hommes demeurent ici en sûreté. Tant que je gouverne la terre, que les Devas aussi demeurent en paix dans leur propre domaine.»

Verse 50

एतस्मिन्नंतरे ब्रह्मा विश्वेशं प्रणिपत्य ह । यावद्विज्ञप्तुकामोभूत्तावदीशोब्रवीद्विधिम्

Cependant, Brahmā se prosterna devant Viśveśa, le Seigneur de Kāśī. Au moment où il allait exposer sa requête, le Seigneur prit les devants et parla le premier à l’Ordonnateur (Brahmā).

Verse 51

लोकेश्वर समायाहि मंदरो नाम भूधरः । कुशद्वीपादिहागत्य तपस्तप्येत दुष्करम्

«Ô Seigneur des mondes, viens : une montagne nommée Mandara est venue ici depuis Kuśadvīpa et accomplit une tapas ardue, une austérité difficile.»

Verse 52

यावस्तस्मै वरं दातुं बहुकालं तपस्यते । इत्युक्त्वा पार्वतीनाथो नंदिभृंगिपुरोगमः

«Depuis longtemps il pratique la tapas, désirant qu’on lui accorde une grâce.» Ayant ainsi parlé, l’Époux de Pārvatī, précédé de Nandin et de Bhṛṅgi, se mit en route.

Verse 53

जगाम वृषमारुह्य मंदरो यत्र तिष्ठति । उवाच च प्रसन्नात्मा देवदेवो वृषध्वज

Monté sur le Taureau, il se rendit là où se tenait Mandara. Alors le Dieu des dieux, au pennon du Taureau, l’âme paisible, prit la parole.

Verse 54

उत्तिष्ठोत्तिष्ठ भद्रं ते वरं ब्रूहि धरोत्तम । सोथ श्रुत्वा महेशानं देवदेवं त्रिलोचनम्

« Lève-toi, lève-toi : que le bien t’advienne. Dis le don que tu demandes, ô le meilleur des monts. » Ayant entendu ces paroles de Maheśāna, le Dieu des dieux, le Trois-Yeux, (Mandara répondit selon l’ordre convenable).

Verse 55

प्रणम्य बहुशो भूमावद्रिरेतद्व्यजिज्ञपत् । लीलाविग्रहभृच्छंभो प्रणतैक कृपानिधे

Après s’être prosternée maintes fois jusqu’à terre, la Montagne demanda avec humilité : « Ô Śambhu, toi qui revêts une forme dans le jeu divin — ô unique trésor de compassion pour ceux qui se prosternent devant toi — (écoute ma requête). »

Verse 56

सर्वज्ञोपि कथं नाम न वेत्थ मम वांछितम् । शरणागतसंत्राण सर्ववृत्तांतकोविद

« Bien que tu sois omniscient, comment se pourrait-il que tu ignores ce que je désire ? Ô protecteur de ceux qui cherchent refuge, ô connaisseur de toute circonstance et de tout événement ! »

Verse 57

सर्वेषां हृदयानंद शर्वसर्वगसर्वकृत् । यदि देयो वरो मह्यं स्वभावादृषदात्मने

« Ô joie de tous les cœurs — ô Śarva, toi qui pénètres tout et accomplis tout — si un don doit m’être accordé, à moi dont la nature est inerte comme la pierre… »

Verse 58

याचकायातिशोच्याय प्रणतार्तिप्रभंजक । ततोऽविमुक्तक्षेत्रस्य साम्यं ह्यभिलषाम्यहम्

« À moi, mendiant et grandement digne de pitié — ô toi qui brises la détresse de ceux qui se prosternent — c’est pourquoi j’aspire à l’égalité avec le saint domaine nommé Avimukta. »

Verse 59

कुशद्वीप उमा सार्धं नाथाद्य सपरिच्छदः । मन्मौलौ विहितावासः प्रयात्वेष वरो मम

«Que le Seigneur, avec Umā et toute Sa suite, parte aujourd’hui pour Kuśadvīpa, ayant établi Sa demeure sur mon sommet : telle est la grâce que je demande.»

Verse 60

सर्वेषां सर्वदः शंभुः क्षणं यावद्विचिंतयेत् । विज्ञातावसरो ब्रह्मा तावच्छंभुं व्यजिज्ञपत् । प्रणम्याग्रेसरो भूत्वा मौलौ बद्धकरद्वयः

Śambhu, dispensateur de tout à tous, réfléchit un instant. Alors Brahmā, saisissant l’occasion, s’adressa à Śambhu : s’inclinant, s’avançant, il posa ses mains jointes sur le sommet de sa tête.

Verse 61

ब्रह्मोवाच । विश्वेश जगतांनाथ पत्या व्यापारितोस्म्यहम् । कृतप्रसादेन विभो सृष्टिं कर्तुं चतुर्विधाम्

Brahmā dit : «Ô Viśveśa, Seigneur de l’univers, ô Maître des mondes : par l’ordre du Seigneur (Śiva), j’ai été assigné à mon œuvre. Par Ta grâce, ô Puissant, je dois accomplir la création en ses quatre modes.»

Verse 62

प्रयत्नेन मया सृष्टा सा सृष्टिस्त्वदनुज्ञया । अवृष्ट्या षष्टिहायिन्या तत्र नष्टाऽप्रजा भुवि

«Avec effort j’ai produit cette création, et elle s’est accomplie avec Ta permission. Mais, faute de pluie durant soixante années, les êtres sur la terre périrent, et le monde demeura sans sujets.»

Verse 63

अराजकं महच्चासीद्दुरवस्थमभूज्जगत् । ततो रिपुंजयो नाम राजर्षिर्मनुवंशजः

«Une grande absence de royauté s’installa ; le monde tomba dans la détresse. Alors parut un roi-sage nommé Ripuṃjaya, issu de la lignée de Manu.»

Verse 64

मयाभिषिक्तो राजर्षिः प्रजाः पातुं नरेश्वरः । चकार समयं सोपि महावीर्यो महातपाः

Je consacrai par l’onction ce roi-sage comme souverain afin de protéger les sujets. Lui aussi—d’un grand courage et d’une grande austérité—établit les justes ordonnances et la discipline.

Verse 65

तवाज्ञया चेत्स्थास्यंति सर्वे दिविषदो दिवि । नागलोके तथा नागास्ततो राज्यं करोम्यहम्

Si, par ton ordre, tous les dieux demeurent au ciel, et de même les Nāga dans le monde des Nāga, alors j’assumerai la souveraineté des domaines selon cela.

Verse 66

तथेति च मया प्रोक्तं प्रमाणीक्रियतां तु तत् । मंदराय वरो दत्तो भवेदेवं कृपानिधे

«Qu’il en soit ainsi», dis-je; «que cela soit confirmé comme vrai. Ainsi un bienfait a été accordé à Mandara—qu’il en soit réellement ainsi, ô trésor de compassion».

Verse 67

तस्य राज्ञः प्रजास्त्रातुं भूयाच्चैष मनोरथः । मम नाडीद्वयं राज्यं तस्यापि च शतक्रतोः

Que ceci soit encore son vœu : protéger les sujets de ce roi. Mon propre «double nāḍī», domaine aux deux courants, sera le royaume, pour lui aussi bien que pour Śatakratu.

Verse 68

मर्त्यानां गणना क्वेह निमेषार्ध निमेषिणाम् । देवोपि निर्मलं मत्वा मंदरं चारुकंदरम्

Quel dénombrement des mortels pourrait-il y avoir ici, quand même ceux qui clignent d’un demi-instant—les dieux—sont sans mesure ? Même le Deva, tenant Mandara aux belles cavernes pour parfaitement pur, l’honora.

Verse 69

विधेश्च गौरवं रक्षंस्तथोरी कृतवान्हरः । जंबूद्वीपे यथा काशी निर्वाणपददा सदा

Préservant l’honneur de Vidhi (Brahmā), Hara (Śiva) l’accepta comme il convenait. Ainsi Kāśī, en Jambūdvīpa, dispense à jamais le séjour de la délivrance (nirvāṇa).

Verse 70

तथा बहुतिथं कालं द्वीपोभूत्सोपि मंदरः । यियासुना च देवेन मंदरं चित्रकंदरम्

Ainsi, durant un temps très long, ce Mandara aussi devint comme une île. Et le Deva, désireux de s’en aller, se rendit vers Mandara aux grottes merveilleuses.

Verse 71

निजमूर्तिमयं लिंगमविज्ञातं विधेरपि । स्थापितं सर्वसिद्धीनां स्थापकेभ्यः समर्पितुम्

Un liṅga façonné de Sa propre essence—ignoré même de Vidhi (Brahmā)—fut établi, afin d’être confié aux prêtres fondateurs comme base de toutes les siddhis.

Verse 72

विपन्नानां च जंतूनां दातुं नैःश्रेयसीं श्रियम् । सर्वेषामिह संस्थानां क्षेत्रं चैवाभिरक्षितुम्

Afin d’accorder aux êtres en détresse la suprême prospérité libératrice (naiḥśreyasī śrī), et de protéger ce kṣetra sacré pour tous ceux qui y demeurent.

Verse 73

मंदराद्रिगतेनापि क्षेत्रं नैतत्पिनाकिना । विमुक्तं लिंगरूपेण अविमुक्तमतः स्मृतम्

Même lorsqu’il se rendit au mont Mandara, Pinākin (Śiva) n’abandonna pas ce kṣetra sacré. Puisqu’en la forme du liṅga il ne fut point délaissé, on s’en souvient donc comme Avimukta, « Jamais abandonné ».

Verse 74

पुरा नंदवनं नाम क्षेत्रमेतत्प्रकीर्तितम् । अविमुक्तं तदारभ्य नामास्य प्रथितं भुवि

Autrefois, ce lieu sacré était renommé sous le nom de Nandavana. Dès lors, son nom « Avimukta » est devenu célèbre sur la terre.

Verse 75

नामाविमुक्तमभवदुभयोः क्षेत्रलिंगयोः । एतद्द्वयं समासाद्य न भूयो गर्भभाग्भवेत्

Le nom « Avimukta » fut porté à la fois par le kṣetra sacré et par le Liṅga. Ayant atteint ce double refuge, nul ne redevient part du sein, c’est-à-dire ne renaît plus.

Verse 76

अविमुक्तेश्वरं लिंगं दृष्ट्वा क्षेत्रेऽविमुक्तके । विमुक्त एव भवति सर्वस्मात्कर्मबंधनात्

Ayant contemplé le Liṅga d’Avimukteśvara dans le kṣetra sacré d’Avimukta, on devient vraiment délivré de tout lien du karma.

Verse 77

अर्चंति विश्वे विश्वेशं विश्वेशोर्चति विश्वकृत् । अविमुक्तेश्वरं लिंगं भुविमुक्तिप्रदायकम्

Les Viśvedevas vénèrent Viśveśa, Seigneur de l’Univers, et Viśveśa — Artisan du monde — (à son tour) vénère. Le Liṅga d’Avimukteśvara accorde la délivrance même ici-bas.

Verse 78

पुरा न स्थापितं लिंगं कस्यचित्केनचित्क्वचित् । किमाकृति भवेल्लिंगं नैतद्वेत्त्यपि कश्चन

Dans les temps anciens, ce Liṅga ne fut établi par personne, nulle part. Quelle est sa forme véritable : nul ne le sait, même ainsi.

Verse 79

आकारमविमुक्तस्य दृष्ट्वा ब्रह्माच्युतादयः । लिंगं संस्थापयामासुर्वसिष्ठाद्यास्तथषर्यः

Ayant contemplé la sainte manifestation d’Avimukta, Brahmā, Acyuta (Viṣṇu) et les autres établirent un Liṅga ; de même agirent les ṛṣis, à commencer par Vasiṣṭha.

Verse 80

आदिलिंगमिदं प्रोक्तमविमुक्तेश्वरं महत् । ततो लिंगांतराण्यत्र जातानि क्षितिमंडले

Ce grand Avimukteśvara est proclamé comme le Liṅga primordial. De lui naquirent ici, sur le cercle de la terre, d’autres Liṅgas.

Verse 81

अविमुक्तेश नामापि श्रुत्वा जन्मार्जितादघात् । क्षणान्मुक्तो भवेन्मर्त्यो नात्र कार्या विचारणा

Rien qu’en entendant le nom « Avimukteśa », le mortel est, en un instant, délivré des fautes amassées au fil des naissances ; ici, nul besoin de doute ni de débat.

Verse 82

अविमुक्तेश्वरं लिंगं स्मृत्वा दूरगतोपि च । जन्मद्वयकृतात्पापात्क्षणादेव विमुच्यते

Même au loin, en se souvenant du Liṅga d’Avimukteśvara, on est, en un instant, délivré des fautes commises au cours de deux existences.

Verse 83

अविमुक्ते महाक्षेत्रेऽविमुक्तमवलोक्य च । त्रिजन्मजनितं पापं हित्वा पुण्यमयो भवेत्

Dans le grand kṣetra sacré d’Avimukta, en contemplant Avimukta, on rejette les fautes nées de trois vies et l’on devient empli de mérite (puṇya).

Verse 84

यत्कृतं ज्ञानविभ्रंशादेनः पंचसु जन्मसु । अविमुक्तेश संस्पर्शात्तत्क्षयेदेव नान्यथा

Quelque péché qu’on ait commis, par égarement de la connaissance, durant cinq naissances—au seul contact d’Avimukteśa, il s’anéantit; il ne peut en être autrement.

Verse 85

अर्चयित्वा महालिंगमविमुक्तेश्वरं नरः । कृतकृत्यो भवेदत्र न च स्याज्जन्मभाक्कुतः

Après avoir adoré le grand Liṅga, Avimukteśvara, l’homme devient ici même accompli dans son but; comment pourrait-il encore être voué à renaître ?

Verse 86

स्तुत्वा नत्वार्चयित्वा च यथाशक्ति यथामति । अविमुक्ते विमुक्तेशं स्तूयते नम्यतेऽर्च्यते

Par la louange, la prosternation et l’adoration—selon sa force et son discernement—qu’on loue, qu’on s’incline et qu’on vénère Vimukteśa en Avimukta.

Verse 87

अनादिमदिदं लिंगं स्वयं विश्वेश्वरार्चितम् । काश्यां प्रयत्नतः सेव्यमविमुक्तं विमुक्तये

Ce Liṅga est sans commencement; Viśveśvara lui-même l’adore. À Kāśī, Avimukta doit être servi avec ardeur, pour la délivrance.

Verse 88

संति लिंगान्यनेकानि पुण्येष्वायतनेषु च । आयांति तानि लिंगानि माघीं प्राप्य चतुदर्शीम्

Il existe de nombreux Liṅgas en divers lieux saints; et ces Liṅgas viennent (ici) lorsque survient le quatorzième jour lunaire du mois de Māgha.

Verse 89

कृष्णायां माघभूतायामविमुक्तेश जागरात् । सदा विगतनिद्रस्य योगिनो गतिभाग्भवेत्

Dans la quinzaine sombre de Māgha, au quatorzième jour, celui qui veille pour Avimukteśa—le yogin toujours éveillé—devient héritier de l’état spirituel suprême.

Verse 90

नानायतनलिंगानि चतुर्वर्गप्रदान्यपि । माघकृष्णचतुर्दश्यामविमुक्तमुपासते

Les Liṅga de nombreux sanctuaires—même ceux qui accordent les quatre buts de la vie—rendent culte et hommage à Avimukta au quatorzième jour du Māgha sombre.

Verse 91

किं बिभेति नरो धीरः कृतादघशिलोच्चयात् । अविमुक्तेश लिंगस्य भक्ति वज्रधरो यदि

Pourquoi l’homme constant craindrait-il la montagne de fautes qu’il a amassées, s’il porte une dévotion adamantine au Liṅga d’Avimukteśa ?

Verse 92

क्वाविमुक्तं महालिंगं चतुर्वर्गफलोदयम् । क्व पापि पापशैलोऽल्पो यःक्षयेन्नामसंभृतः

Quelle comparaison entre le grand Liṅga d’Avimukta, d’où s’élèvent les fruits des quatre buts de la vie, et la petite « montagne » des péchés du pécheur, qui s’use rien qu’à être nommée ?

Verse 93

अविमुक्ते महाक्षेत्रे विश्वेशसमधिष्ठिते । यैर्न दृष्टं विमूढास्तेऽविमुक्तं लिंगमुत्तमम्

Dans le grand kṣetra sacré d’Avimukta, présidé par Viśveśa, ceux qui n’ont pas contemplé le Liṅga suprême d’Avimukta sont, en vérité, dans l’illusion.

Verse 94

द्रष्टारमविमुक्तस्य दृष्ट्वा दंडधरो यमः । दूरादेव प्रणमति प्रबद्धकरसंपुटः

Voyant celui qui a contemplé Avimukta, Yama lui-même—porteur du bâton—se prosterne de loin, les mains jointes en vénération.

Verse 95

धन्यं तन्नेत्रनिर्माणं कृतकृत्यौ तु तौ करौ । अविमुक्तेश्वरं येन याभ्यामैक्षिष्ट यः स्पृशेत्

Bénie est la création de ces yeux, et vraiment accomplies sont ces deux mains : par lesquelles on contemple Avimukteśvara et par lesquelles on Le touche.

Verse 96

त्रिसंध्यमविमुक्तेशं यो जपेन्नियतः शुचिः । दूरदेशविपन्नोपि काशीमृतफलं लभेत्

Celui qui, discipliné et pur, récite Avimukteśa aux trois jonctions du jour, fût-il perdu en un pays lointain, obtient le fruit promis à celui qui meurt à Kāśī.

Verse 97

अविमुक्तं महालिंगं दृष्ट्वा ग्रामांतरं व्रजेत् । लब्धाशुकार्यसंसिद्धिं क्षेमेण प्रविशेद्गृहम्

Après avoir contemplé le grand Liṅga d’Avimukta, on peut se rendre dans un autre village ; obtenant vite l’accomplissement de son œuvre, on rentre chez soi en sûreté et en paix.