
Sanātana instruit un brāhmaṇa sur les observances de Caturthī tout au long de l’année lunaire, les présentant comme des vrata-kalpa exauçant les vœux. Le chapitre s’ouvre sur la Caturthī de Caitra, où Gaṇeśa est adoré comme Vāsudeva, puis il associe les mois suivants aux vyūha vaiṣṇava : Saṅkarṣaṇa (Vaiśākha ; don d’une conque), Pradyumna (Jyeṣṭha ; fruits et racines) et Aniruddha (Āṣāḍha ; offrandes de récipients en courge aux renonçants), jusqu’à un cycle de douze ans et l’udyāpana. Il détaille ensuite des vœux particuliers : Satī-vrata (Jyeṣṭha), une Caturthī d’Āṣāḍha liée au Rathaṃtara-kalpa, Jāti-Candrodaya (Śrāvaṇa) avec méditation iconographique complète et observance au modaka seul, et Dūrvā-Gaṇapati avec yantra/diagramme, offrandes rouges, cinq feuilles sacrées et long service auprès du maître. Bhādrapada introduit Bahulādhenu (don d’une vache ; accès à Goloka). Une large section enseigne le Siddha-Vināyaka Vrata : 21 offrandes de feuilles correspondant à 21 noms, conclues par le don d’une image d’or de Vināyaka et une pratique de cinq ans. Le texte avertit de ne pas regarder la lune en Caturthī et fournit un mantra purāṇique d’expiation. Sont encore exposés le culte de Kaparddīśa (Īṣa), le Karaka-vrata réservé aux femmes (quinzaine sombre de Kārttika), le Nāga-vrata (quinzaine claire d’Ūrja) contre les poisons, une discipline graduée de quatre ans avec homa et litanie des 16 noms de Gaṇeśa (équivalente au Vara-vrata), le culte de Pauṣa avec modaka-dakṣiṇā, le Saṅkaṣṭa-vrata (quinzaine sombre de Māgha) avec adoration au lever de la lune et arghya à Candra, et le Gaurī-vrata (quinzaine claire de Māgha) sous les noms Ḍhuṃḍhi/Kuṇḍa/Lalitā/Śānti. Il se conclut par l’adoration de Ḍhuṃḍhirāja en Phālguna, mentionne des fruits spéciaux lorsque Caturthī tombe un dimanche ou un mardi, et universalise la bhakti envers Vighneśa à chaque Caturthī.
Verse 1
सनातन उवाचग । श्रृणु विप्र प्रवक्ष्यामि चतुर्थ्यास्ते व्रतान्यहम् । यानि कृत्वा नरा नार्योऽभीष्टान्कामानवाप्नुयुः ॥ १ ॥
Sanātana dit : « Écoute, ô brāhmane ; je vais t’exposer les vœux (vrata) observés au Caturthī, le quatrième jour lunaire. En les accomplissant, hommes et femmes obtiennent les souhaits désirés. »
Verse 2
चैत्रमासचतुर्थ्यां तु वासुदेवस्वरूपिणम् । गणपं सम्यगभ्यर्च्य दत्त्वा कांचनदक्षिणाम् ॥ २ ॥
Or, au Caturthī du mois de Caitra, après avoir rendu un culte juste à Gaṇeśa—qui porte la forme même de Vāsudeva—et après avoir offert une dakṣiṇā d’or, qu’on poursuive le rite.
Verse 3
विप्राय विष्णुलोकं तु गच्छेद्देवनमस्कृतः । वैशाखस्य चतुर्थ्यां तु प्रार्थ्यं संकर्षणाह्वयम् ॥ ३ ॥
Honoré même par les dieux, il doit gagner le monde de Viṣṇu pour le bien d’un brāhmane. Et au Caturthī de Vaiśākha, qu’il prie en invoquant le nom de Saṅkarṣaṇa.
Verse 4
गृहस्थद्विजमुख्येभ्यः शंखं दत्त्वा विधानवित् । प्राप्य संकर्षणं लोकं मोदते बहुकल्पकम् ॥ ४ ॥
Celui qui connaît la règle rituelle, après avoir offert une conque sacrée (śaṅkha) aux plus éminents dvija chefs de maison, atteint le monde de Saṅkarṣaṇa et s’y réjouit durant de nombreux kalpa.
Verse 5
ज्येष्ठमासचतुर्थ्यां तु प्रार्च्य प्रद्युम्नरूपिणम् । फलं मूलं च युथेभ्यो दत्त्वा स्वर्गं लभेन्नरः ॥ ५ ॥
Au jour de Caturthī (quatrième jour lunaire) du mois de Jyeṣṭha, celui qui vénère dûment le Seigneur sous la forme de Pradyumna et donne fruits et racines à des groupes de personnes obtient le ciel.
Verse 6
आषाढस्य चतुर्थ्यां तु संप्रपूज्यानिरुद्धकम् । यतिभ्योऽलाबुपात्राणि दत्त्वाभीष्टं लभेन्नरः ॥ ६ ॥
Au jour de Caturthī du mois d’Āṣāḍha, après avoir honoré comme il se doit le Seigneur Aniruddha, qu’on offre aux renonçants des récipients de gourde (alābu-pātra) ; ainsi l’on obtient la grâce souhaitée.
Verse 7
चतुर्मूर्तिव्रतान्येवं कृत्वा द्वादशवत्सरम् । उद्यापनं विधानेन कर्तव्यं फलमिच्छता ॥ ७ ॥
Ainsi, après avoir observé durant douze années ces vœux consacrés aux quatre formes du Seigneur, celui qui en désire le fruit doit accomplir le rite de clôture (udyāpana) selon la règle prescrite.
Verse 8
अन्यज्ज्येष्ठचतुर्थ्यां तु सतीव्रतमनुत्तमम् । कृत्वा गणपतेर्मातुर्लोके मोदेत तत्समम् ॥ ८ ॥
De plus, au jour de Caturthī du mois de Jyeṣṭha, celui qui observe l’incomparable vœu nommé Satī-vrata se réjouit dans le monde de la Mère de Gaṇapati, jouissant d’un bonheur égal au sien.
Verse 9
तथाऽषाढचतुर्थ्यां तु व्रतमन्यच्छुभावहम् । रथंतराह्वकल्पस्य ह्यादिभूतं दिनं यतः ॥ ९ ॥
De même, au jour de Caturthī d’Āṣāḍha, il existe un autre vœu porteur d’auspice, car ce jour est tenu pour le jour inaugural du kalpa nommé « Rathaṃtara ».
Verse 10
श्रद्धापूतेन मनसा गणेशं विधिना नरः । पूजयित्वा लभेच्चापि फलं देवादिदुर्गमम् ॥ १० ॥
Celui qui, l’esprit purifié par la foi, adore Gaṇeśa selon le rite prescrit, obtient assurément un fruit difficile à atteindre même pour les dieux et les autres.
Verse 11
श्रावणस्य चतुर्थ्यां तु जाति चंद्रोदये मुने ॥ ११ ॥
Mais au jour de caturthī, le quatrième jour lunaire du mois de Śrāvaṇa, ô sage, il convient d’entreprendre l’observance nommée « Jāti-Candrodaya ».
Verse 12
गणेशाय प्रदद्याच्च ह्यर्घ्यं विधिविदांवरः । लम्बोदरं चतुर्बाहुं त्रिनेत्रं रक्तवर्णकम् ॥ १२ ॥
Alors, le plus éminent connaisseur des rites doit offrir l’arghya (offrande d’eau respectueuse) à Gaṇeśa — Lambodara au ventre ample, aux quatre bras, aux trois yeux, au teint rouge.
Verse 13
नानारत्नविभूषाढ्यं प्रसन्नास्यं विचिंतयेत् । आवाहनादिभिः सर्वैरुपचारैः समर्चयेत् ॥ १३ ॥
Qu’on médite la Divinité, richement parée de multiples joyaux, au visage serein et gracieux; puis qu’on L’honore pleinement par tous les services rituels, à commencer par l’invocation (āvāhana) et le reste.
Verse 14
नैवेद्यं मोदकं दद्याद्गणेशप्रीतिदायकम् । एवं व्रतं विधायाथ भुक्त्वा मोदकमेव च ॥ १४ ॥
Qu’on offre un modaka en naivedya (offrande de nourriture), car il réjouit Gaṇeśa. Ayant ainsi accompli le vœu (vrata) selon la règle, qu’on ne prenne ensuite pour nourriture que le modaka.
Verse 15
सुखं स्वप्यान्निशायां तु भूमावेव कृतार्चनः । व्रतस्यास्य प्रभावेण कामान्मनसि चिंतितान् ॥ १५ ॥
Après avoir accompli le culte, qu’il dorme paisiblement la nuit sur la terre nue ; par la puissance de ce vœu, les désirs médités dans son cœur s’accomplissent.
Verse 16
लब्ध्वा लेके परं चापि गणेशपदमाप्नुयात् । नानेन सदृशं चान्यद्व्रतमस्ति जगत्त्रये ॥ १६ ॥
Ayant obtenu le royaume suprême dans l’au-delà, on atteint aussi l’état (la demeure) de Gaṇeśa. Dans les trois mondes, nul autre vœu n’est comparable à celui-ci.
Verse 17
तस्मात्कार्यं प्रयत्नेन सर्वान्कामानभीप्सता । अथास्मिन्नेव दिवसे दूर्वागणपति व्रतम् ॥ १७ ॥
Ainsi, celui qui désire obtenir tous les buts souhaités doit l’accomplir avec un effort assidu. De plus, en ce jour même, on doit observer le vœu de Dūrvā-Gaṇapati.
Verse 18
केचिदिच्छंति देवर्षे तद्विधानं वदामि ते । हैमं निर्माय गणपं ताम्रपात्रोपरि स्थितम् ॥ १८ ॥
Certains le désirent, ô sage divin ; je vais t’en dire la juste procédure. Ayant façonné une image d’or de Gaṇapa (Gaṇeśa), qu’on la place sur un vase de cuivre.
Verse 19
वेष्टितं रक्तवस्त्रेण सर्वतोभद्रमंडले । पूजयेद्रक्तकुसुमैः पत्रिकाभिश्च पंचभिः ॥ १९ ॥
Dans le diagramme auspicieux sarvatobhadra, qu’on l’enveloppe d’un tissu rouge, puis qu’on l’honore avec des fleurs rouges et cinq offrandes de feuilles.
Verse 20
बिल्वपत्रमपामार्गं शमी दूर्वा हरिप्रिया । आभिरन्यश्च कुसुमैरभ्यर्च्य फलमोदकैः ॥ २० ॥
Avec des feuilles de bilva, l’apāmārga, le śamī et la dūrvā—offrandes chères à Hari—ainsi qu’avec d’autres fleurs, on doit adorer le Seigneur selon le rite, en offrant des fruits et des douceurs sacrées.
Verse 21
आचार्याय विधिज्ञाय सत्कृत्य विनिवेदयेत् । उपहारं प्रकल्प्याथ दद्यादर्घं समुद्यते । ततः संप्रारथ्य विघ्नेशमूर्तिं सोपस्करां मुने ॥ २१ ॥
Après s’être approché avec respect de l’ācārya versé dans les règles du rite, on doit lui présenter formellement l’offrande. Puis, ayant préparé un présent convenable, on se lève et l’on offre l’arghya (libation d’honneur). Ensuite, ô sage, on prie comme il se doit Vighneśa dans sa forme incarnée, avec les objets rituels requis.
Verse 22
आचार्याय विधिज्ञाय सत्कृत्य विनिवेदयेत् । कृत्वैवं पंच वर्षाणि समुपास्य यथाविधि ॥ २२ ॥
Après avoir honoré comme il convient l’ācārya versé dans les rites et la juste procédure, on doit se remettre formellement à lui. Ainsi, durant cinq années, on doit demeurer auprès du maître et le servir selon la règle prescrite.
Verse 23
भुक्त्वेह भोगानखिलान् लोकं गणपतेर्व्रजेत् । अथ भाद्रचतुर्थ्यां तु बहुलाधेनुसंज्ञकम् ॥ २३ ॥
Après avoir goûté ici-bas à toutes les jouissances sans reste, on gagne le monde de Gaṇapati. Puis, au jour de Caturthī (le quatrième jour lunaire) du mois de Bhādrapada, est décrite l’observance nommée « Bahulādhenu ».
Verse 24
पूजनी योऽत्र यत्नेन स्रग्गंधयवसादिभिः । ततः प्रदक्षिणीकृत्य शक्तश्चेद्दानमाचरेत् ॥ २४ ॥
Ici, l’on doit adorer avec soin au moyen de guirlandes, de parfums, d’orge (yava) et d’offrandes semblables. Puis, après avoir accompli la pradakṣiṇā (circumambulation), si l’on en a la capacité, on doit aussi pratiquer le don charitable.
Verse 25
अशक्तः पुरेतां तु नमस्कृत्य विसर्जयेत् । पंचाब्दं वादशाब्दं वा षोडशाब्दमथापि वा ॥ २५ ॥
Mais si l’on n’est pas capable de maintenir l’observance entière, alors—après s’être incliné avec respect—qu’on la conclue et qu’on y mette fin selon le rite, que ce soit au bout de cinq ans, de dix ans, ou même de seize ans.
Verse 26
व्रतं कृत्वा समुद्याप्य धेनुं दद्यात्पयस्विनीम् । प्रभावेण व्रतस्यास्य भुक्त्वा भोगान्मनोरमान् ॥ २६ ॥
Après avoir accompli le vœu et l’avoir dûment conclu, qu’on fasse don d’une vache laitière. Par la puissance de ce vœu, on goûte des jouissances charmantes, exauçant les désirs du cœur.
Verse 27
सत्कृतो देवतावृंदैर्गोलोकं समवाप्नुयात् । अथ शुक्ल चतुर्थ्यां तु सिद्धवैनायकव्रतम् ॥ २७ ॥
Honoré par les multitudes de divinités, il atteindra Goloka. Or, au quatrième jour lunaire (Caturthī) de la quinzaine claire, est enseigné le vœu nommé Siddha-Vināyaka Vrata.
Verse 28
आवाहनादिभिः सर्वैरुपचारैः समर्चनम् । एकाग्रमानसो भूत्वा ध्यायेत्सिद्धिविनायकम् ॥ २८ ॥
Avec tous les services rituels, à commencer par l’invocation (āvāhana) et les offrandes usuelles, qu’on l’adore selon l’ordre prescrit. Puis, l’esprit unifié, qu’on médite Siddhi‑Vināyaka, dispensateur de réussite.
Verse 29
एकदंतं शूर्पकर्णं गजवक्त्रं चतुर्भुजम् । पाशांकुशधरं देवं तप्तकांचनसन्निभम् ॥ २९ ॥
Je médite sur le Seigneur divin (Gaṇeśa) : à une seule défense, aux larges oreilles, au visage d’éléphant, aux quatre bras, portant le lacet et l’aiguillon, resplendissant tel l’or chauffé à blanc.
Verse 30
एकविंशति पत्राणि चैकविंशतिनामभिः । समर्पयेद्भक्तियुक्तस्तानि नामानि वै श्रृणु ॥ ३० ॥
Avec dévotion, qu’on offre vingt et une feuilles, chacune accompagnée de l’un des vingt et un noms. Écoute maintenant, en vérité, ces noms.
Verse 31
सुमुखाय शमीपत्रं गणाधीशाय भृंगजम् । उमापुत्राय बैल्वं तु दूर्वां गजमुखाय च ॥ ३१ ॥
Offre des feuilles de śamī à Sumukha; offre le bhṛṅgarāja au Seigneur des Gaṇas; offre des feuilles de bilva au fils d’Umā; et offre l’herbe dūrvā à Celui au visage d’éléphant.
Verse 32
लंबोदराय बदरीं धत्तूरं हरसूनवे । शूर्पकर्णाय तुलसीं वक्रतुंडाय शिंबिजम् ॥ ३२ ॥
Offre le fruit badarī (jujube) à Lambodara; offre la dhattūra au fils de Hara; offre la tulasī à Śūrpakarṇa; et offre le śiṃbijam à Vakratunḍa.
Verse 33
गुहाग्रजायापामार्गमेकदंताय बार्हतम् । हेरम्बाय तु सिंदूरं चतिर्होत्रे च पत्रजम् ॥ ३३ ॥
Pour Guhāgraja, qu’on offre l’apāmārga; pour Ekadanta, l’offrande bārhata; pour Heramba, le sindūra (vermillon); et pour Caturhotra, l’offrande née de la feuille.
Verse 34
सर्वेश्वरायागस्त्यस्य पत्रं प्रीतिविवर्द्धनम् । दूर्वायुग्मं ततो गृह्य गंधपुष्पाक्षतैर्युतम् ॥ ३४ ॥
Pour Sarveśvara, Seigneur de tout, on dit que la feuille d’Agastya accroît la joie. Ensuite, qu’on prenne une paire d’herbe dūrvā, avec parfum, fleurs et akṣata (riz intact), et qu’on l’offre dans le culte.
Verse 35
पूजां निवेदयेद्भक्तियुक्तो मोदकपंचकम् । आचमय्य नमस्कृत्य संप्रार्थ्य च विसर्ज्जयेत् ॥ ३५ ॥
Doué de bhakti, qu’on offre au culte un ensemble de cinq modakas. Puis, après l’ācāmana, s’étant incliné avec révérence et ayant formulé une prière, qu’on conclue le rite avec respect par la congé rituelle (visarjana).
Verse 36
विनायकस्य प्रतिमां हैमीं सोपस्करां मुने । निवेदयेच्च गुरवे द्विजेभ्यो दक्षिणां ददेत् ॥ ३६ ॥
Ô muni, qu’on présente au maître une image d’or de Vināyaka, munie des accessoires requis pour le culte; et qu’on donne une dakṣiṇā (offrande honorifique) aux dvijas, les « deux fois nés ».
Verse 37
एवं कृतार्चनो भक्त्या पंच वर्षाणि नारद । उपास्य लभते कामानैहिकामुष्मिकान् शुभान् ॥ ३७ ॥
Ô Nārada, celui qui accomplit ainsi l’adoration avec bhakti et poursuit la pratique durant cinq années obtient des fruits désirés et auspices, en ce monde comme dans l’au-delà.
Verse 38
अस्यां चतुर्थ्यां शशिनं न पश्येच्च कदाचन । पश्यन् मिथ्याभिशाप तु लभते नात्र संशयः । अथ तद्दोषनाशाय मन्त्रं पौराणिकं पठेत् ॥ ३८ ॥
En cette Caturthī, qu’on ne regarde jamais la Lune. Si on la regarde, on encourt à coup sûr une fausse accusation — sans aucun doute. Aussi, pour effacer cette souillure, qu’on récite un mantra purānique.
Verse 39
सिंहः प्रसेनममधीत्सिंहो जांबवता हतः । सकुमारक मा रोदीस्तव ह्येष स्यमंतकः ॥ ३९ ॥
Un lion dévora Prasena, et ce lion fut abattu par Jāmbavān. Ô enfant, ne pleure pas : ce joyau Syamantaka est bel et bien à toi.
Verse 40
इषशुक्लचतुर्थ्यां तु कपर्द्दीशं विनायकम् ॥ ४० ॥
Mais, au quatrième jour lunaire (Caturthī) de la quinzaine claire du mois d’Īṣa, on doit vénérer Vināyaka, le Seigneur Kaparddīśa.
Verse 41
पौरुषेण तु सूक्तेन पूजयेदुपचारकैः । अकारणान्मुष्टिगतांस्तंडुलान्सकपर्द्दिकान् ॥ ४१ ॥
Avec le Pauruṣa Sūkta, qu’il accomplisse le culte selon les upacāras usuels, offrant—sans motif particulier ni exigence compliquée—des poignées de grains de riz avec des cauris.
Verse 42
विप्राय बटवे दद्याद्गंधपुष्पार्चिताय च । तंडुला वैश्वदैवत्या हरदैवत्यमिश्रिताः ॥ ४२ ॥
Qu’on donne du riz en offrande à un brāhmaṇa ou à un jeune étudiant brahmacārin, après l’avoir honoré de santal parfumé et de fleurs. Ce riz doit être consacré aux Viśvedevas et mêlé à ce qui est dédié à Hara (Śiva).
Verse 43
कपर्दिगणनाथोऽसौ प्रीयतां तैः समर्पितैः । चतुर्थ्यां कार्तिके कृष्णे करकाख्यं व्रतं स्मृतम् ॥ ४३ ॥
Que le Seigneur des Gaṇas, Kapardī (Śiva), soit satisfait par ces offrandes qui lui sont présentées. On se souvient que le vœu nommé Karaka-vrata s’observe au jour de Caturthī de la quinzaine sombre du mois de Kārttika.
Verse 44
स्त्रीणामेवाधिकारोऽत्र तद्विधानमुदीर्यते । पूजयेच्च गणाधीशं स्नाता स्त्रीसमलंकृता ॥ ४४ ॥
Ici, l’aptitude rituelle (adhikāra) n’appartient qu’aux femmes; c’est pourquoi l’on énonce la règle prescrite. Après le bain, une femme, parée et prête, doit vénérer Gaṇādhiśa (Gaṇeśa), Seigneur des Gaṇas.
Verse 45
तदग्रे पूर्णपक्वान्नं विन्यसेत्करकान्दश । समर्प्य देवदेवाय भक्त्या प्रयतमानसा ॥ ४५ ॥
Ensuite, devant cela, qu’on dispose dix récipients remplis de nourriture parfaitement cuite; et, l’esprit maîtrisé et purifié, qu’on l’offre avec bhakti au Dieu des dieux.
Verse 46
देवो मे प्रीयतामेवमुच्चार्य्याथ समर्पयेत् । सुवासिनीभ्यो विप्रेभ्यो यथाकामं च सादरम् ॥ ४६ ॥
En prononçant : «Que le Seigneur soit satisfait de moi», qu’on fasse alors l’offrande. Ensuite, avec respect, qu’on donne selon son désir aux femmes mariées et aux brāhmaṇas.
Verse 47
ततश्चंद्रोदये रात्रौ दत्त्वार्घं विधिपूर्वकम् । भुञ्जीत मिष्टमन्नं च व्रतस्य परिपूर्तये ॥ ४७ ॥
Puis, la nuit, au lever de la lune, après avoir offert l’arghya selon le rite prescrit, qu’on prenne une nourriture douce pour l’accomplissement parfait du vœu.
Verse 48
यद्वा क्षीरेण करकं पूर्णं तोयेन वा मुने । सपूगाक्षतरत्नाढ्यं द्विजाय प्रतिपादयेत् ॥ ४८ ॥
Ou bien, ô sage, qu’on remette à un deux-fois-né (brāhmaṇa) un pot rempli de lait —ou d’eau— avec des noix de bétel, de l’akṣata (riz intact) et orné de gemmes.
Verse 49
एतत्कृत्वा व्रतं नारी षोडशद्वादशाब्दकम् । उपायनं विधायाथ व्रतमेतद्विसर्ज्जयेत् ॥ ४९ ॥
Lorsqu’une femme a observé ce vœu pendant la durée prescrite —seize ou douze ans—, qu’elle accomplisse l’upāyana (offrande finale), puis qu’elle mette rituellement fin à ce vœu.
Verse 50
यावज्जीवं तु वा नार्या कार्य्यं सौभाग्यवांछया । व्रतेनानेन सदृशं स्त्रीणां सौभाग्यदायकम् ॥ ५० ॥
La femme qui désire la bonne fortune doit observer ce vœu tout au long de sa vie ; pour les femmes, nul vœu n’égale celui-ci pour conférer l’auspice et la prospérité du mariage.
Verse 51
विद्यते भुवनेष्वन्यत्तस्मान्नित्यमिति स्थितिः । ऊर्ज्जशुक्लचतुर्थ्यां तु नागव्रतमुदाहृतम् ॥ ५१ ॥
Rien, dans les mondes, n’est véritablement durable ; c’est pourquoi l’on doit demeurer établi dans l’éternel. Ainsi est prescrit le vœu nommé Nāga-vrata, à observer le jour de Caturthī, le quatrième jour lunaire de la quinzaine claire du mois d’Ūrja.
Verse 52
प्रातर्व्रतं तु संकल्प्य धेनुशृंजगलं शुचि । पीत्वा स्नात्वाथ मध्याह्ने शंखपालादिपन्नगान् ॥ ५२ ॥
Le matin, après avoir pris la résolution du vœu et demeuré pur, qu’on boive l’eau consacrée appelée « Dhenuśṛṅgagala » ; puis, après le bain, à midi, qu’on apaise rituellement les êtres-serpents tels que Śaṅkhapāla et les autres.
Verse 53
शेषं चाह्वामपूर्वैस्तु पूजयेदुपचारकैः । क्षीरेणाप्यायनं कुर्यादेतन्नागव्रतं स्मृतम् ॥ ५३ ॥
Après avoir d’abord invoqué Śeṣa, qu’on le vénère par les offrandes et services rituels usuels ; qu’on accomplisse aussi son rite de nourrissement avec du lait. Tel est le Nāga-vrata, ainsi qu’on s’en souvient.
Verse 54
एवंकृते तु विप्रेंद्र नृभिर्नागव्रते शुभे । विषाणि नश्यंत्यचिरान्न दशंति च पन्नगाः ॥ ५४ ॥
Ô meilleur des brahmanes, lorsque les hommes accomplissent comme il se doit ce Nāga-vrata auspicious, les poisons perdent vite leur puissance et les serpents ne mordent pas.
Verse 55
मार्गशुक्लचतुर्थ्यां तु वर्षं यावन्मुनीश्वरा । क्षपयेदेकभक्तेन नक्तेनाथ द्वितीयकम् ॥ ५५ ॥
Ô le meilleur des sages, à partir de la Caturthī (quatrième jour lunaire) de la quinzaine claire de Mārgaśīrṣa, qu’on observe ce vœu pendant une année entière : le jour, un seul repas (ekabhakta), puis la seconde observance en nakta, jeûnant le jour et prenant nourriture la nuit.
Verse 56
अयाचितोपवासाभ्यां तृतीयकचतुर्थके । एवं क्रमेण विधिवच्चत्वार्यब्दानि मानवः ॥ ५६ ॥
La troisième et la quatrième année, l’homme doit observer les disciplines consistant à vivre d’une nourriture non demandée (ayācita) et à jeûner (upavāsa). Ainsi, dans l’ordre requis et selon la règle, il accomplit correctement les quatre années (du vœu).
Verse 57
समाप्य च ततोऽस्यांते व्रतस्नातो महाव्रती । कारयेद्धेमघटितं भूगणेर्मूषकं रथम् ॥ ५७ ॥
Puis, l’ayant achevé, à la fin de cette observance, le grand pratiquant du vœu—après le bain rituel qui clôt le vœu (vrata-snāna)—doit faire fabriquer pour Bhūgaṇa un char en forme de souris, façonné en or.
Verse 58
अशक्तो वर्णकैरेव शुभ्रं चाब्जं सुपत्रकम् । तस्योपरि घटं स्थाप्य ताम्रपात्रेण संयुतम् ॥ ५८ ॥
Si l’on n’en a pas la capacité (d’accomplir le rite en entier), qu’on façonne avec des pigments un lotus blanc aux beaux pétales ; sur ce lotus, qu’on place un pot d’eau (ghaṭa), accompagné d’un récipient de cuivre (tāmra-pātra).
Verse 59
पूरयेत्तंडलैः शुभ्रैस्तस्योपरि गणेश्वरम् । न्यसेद्वस्त्रयुगाच्छन्नं गंधाद्यैः पूजयेच्च तम् ॥ ५९ ॥
Qu’on le remplisse de grains de riz blanc et pur ; par-dessus, qu’on place le Seigneur Gaṇeśa, couvert de deux étoffes, et qu’on l’honore par des parfums et d’autres offrandes.
Verse 60
नैवेद्यं मोदकं कल्प्यं गणेशः प्रीयतामिति । जागरैर्शीतवाद्याद्यैः पुराणाख्यानकैश्चरेत् ॥ ६० ॥
En préparant le naivedya, l’offrande de nourriture — surtout les doux modaka — qu’on prie : « Que Gaṇeśa soit satisfait ». Qu’on observe aussi une veille nocturne, accompagnée d’instruments à la sonorité fraîche et apaisante, et de la récitation des récits des Purāṇa.
Verse 61
प्रभाते विमले स्नात्वा होमं कृत्वा विधानतः । तिलव्रीहियवश्वेतसुर्षपाज्यैः सखंडकैः ॥ ६१ ॥
À l’aube immaculée, après s’être baigné en pureté, qu’on accomplisse le homa selon la règle, avec sésame, riz, orge, moutarde blanche et ghee, ainsi que des offrandes en petites portions.
Verse 62
गणो गणाधिपश्चैव कूष्मांडस्त्रिपुरांतकः । लंबोदरैकदंतौ च रुक्मदंष्ट्रश्च विघ्नपः ॥ ६२ ॥
« (Il est) Gaṇa ; Gaṇādhipa, Seigneur des Gaṇas ; Kūṣmāṇḍa ; Tripurāntaka, le destructeur de Tripura ; Lambodara, au vaste ventre ; Ekadanta, à l’unique défense ; Rukmadaṃṣṭra, à la défense d’or ; et Vighnapa, celui qui écarte les obstacles ».
Verse 63
ब्रह्मा यमोऽथ वरुणः सोमसूर्यहुताशनाः । गन्धमादी परमेष्ठीत्येवं षोडशनामभिः ॥ ६३ ॥
« (On l’invoque comme) Brahmā, Yama et Varuṇa ; comme Soma, Sūrya et Hutāśana (Agni) ; comme Gandhamādī et comme Parameṣṭhī — ainsi est-il loué par ces seize noms ».
Verse 64
प्रणवाद्यैर्ङेंनमोंऽतैः प्रत्येकं दहने हुनेत् । वक्रतुंडेति ङेंतेन बर्मांतेनाष्टयुक्छतम् ॥ ६४ ॥
Qu’on verse chaque oblation dans le feu avec des mantras commençant par « Oṃ » et se terminant par « namaḥ ». Puis, avec le mantra qui débute par « vakratuṇḍa- » et s’achève par la formule de protection (barman), qu’on accomplisse cent huit oblations.
Verse 65
ततो व्याहृतिभिः शक्त्या हुत्वा पूर्णाहुतिं चरेत् । दिक्पालान्पूजयित्वा च ब्राह्मणान्भोजयेत्ततः ॥ ६५ ॥
Ensuite, selon sa capacité, après avoir offert les oblations avec les saintes vyāhṛtis, qu’il accomplisse la pūrṇāhuti, l’offrande finale et complète. Après avoir honoré les Dikpālas, gardiens des directions, qu’il nourrisse alors les brāhmaṇas.
Verse 66
चतुत्विंशतिसंख्याकान् मोदकैः पायसैस्तथा । सवत्सां गां ततो दद्यादाचार्याय सदक्षिणाम् ॥ ६६ ॥
Qu’on offre vingt-quatre modakas ainsi que du pāyasa (riz au lait). Puis qu’on donne à l’ācārya, le maître, une vache avec son veau, accompagnée d’une dakṣiṇā convenable.
Verse 67
अन्योभ्योऽपि यथाशक्ति भूयसीं च ततो ददेत् । प्रणम्य दक्षिणीकृत्य प्रविसृज्य द्विजोत्तमाम् ॥ ६७ ॥
Ensuite, selon sa capacité, qu’il fasse aussi des dons aux autres, et plus largement encore par la suite. Puis, après s’être incliné et avoir offert comme il se doit la dakṣiṇā, qu’il congédie avec respect l’excellent brāhmaṇa.
Verse 68
बन्धुभिः सह भुंजीत स्वयं च प्रीतमानसः । एतद्व्रतं नरः कृत्वा भुक्त्वा भोगानिहोत्तमान् ॥ ६८ ॥
Qu’il prenne son repas avec ses proches, et qu’il mange lui-même le cœur empli de joie. L’homme qui accomplit ce vœu (vrata) jouit ici-bas des plaisirs les plus excellents.
Verse 69
सायुज्यं लभते विष्णोर्गणेशस्य प्रसादतः । केचिद्वरव्रतं नाम प्राहुरेतस्य नारद ॥ ६९ ॥
Par la grâce de Gaṇeśa, on obtient le sāyujya avec Viṣṇu, l’union intime. Ô Nārada, certains déclarent que cette observance se nomme Vara-vrata.
Verse 70
विधानमेतदेवापि फलं चापीह तत्समम् । पौषमासचतुर्थ्यां तु विघ्नेशं प्रार्थ्य भक्तितः ॥ ७० ॥
Ceci est bien la règle prescrite, et le fruit qu’on en reçoit ici lui correspond pareillement. Mais, au jour de Caturthī du mois de Pauṣa, qu’on prie avec bhakti Vighneśa (Gaṇeśa), celui qui écarte les obstacles.
Verse 71
विप्रैकं भोजयेच्चैवं मोदकैर्दक्षिणां ददेत् । एवं कृते मुने भूयाद्व्रती संपत्तिभाजनम् ॥ ७१ ॥
Ainsi, qu’on nourrisse un seul brāhmaṇa et qu’on donne la dakṣiṇā sous forme de modakas (douceurs d’offrande). Cela accompli, ô sage, l’observant du vœu devient ensuite un réceptacle apte à recevoir la prospérité.
Verse 72
माघकृष्णचतुर्थ्यां तु संकष्टव्रतमुच्यते । तत्रोपवासं संकल्प्य व्रती नियमपूर्वकम् ॥ ७२ ॥
Au jour de Caturthī de la quinzaine sombre du mois de Māgha est prescrit le vœu nommé Saṅkaṣṭa-vrata. Ce jour-là, l’observant doit prendre la résolution de jeûner et garder le vœu avec les disciplines et retenues requises.
Verse 73
चंद्रोदयमभिव्याप्य तिष्ठेत्प्रयतमानसः । ततश्चंद्रोदये प्राप्ते मृन्मयं गणनायकम् ॥ ७३ ॥
L’esprit maîtrisé, qu’on demeure vigilant jusqu’au lever de la lune. Puis, lorsque la lune s’est levée, qu’on (vénère) le Gaṇanāyaka (Gaṇeśa) façonné d’argile.
Verse 74
विधाय विन्यसेत्पीठे सायुधं च सवाहनम् । उपचारैः षोडशभिः समभ्यर्च्य विधानतः ॥ ७४ ॥
Après avoir préparé la disposition, qu’on installe (la divinité) sur le piédestal, avec ses armes divines et sa monture. Puis, selon la règle, qu’on l’adore correctement par les seize services rituels (ṣoḍaśopacāra).
Verse 75
मोदकं चापि नैवेद्यं सगुडं तिलकुट्टकम् । ततोऽर्घ्यं ताम्रजे पात्रे रक्तचंदनमिश्रितम् ॥ ७५ ॥
Qu’on offre aussi en naivedya de doux modaka et des douceurs de sésame mêlées de jaggery; puis qu’on présente l’arghya dans un vase de cuivre, mêlé de santal rouge.
Verse 76
सकुशं च सदूर्वं च पुष्पाक्षतसमन्वितम् । सशमीपत्रदधि च कृत्वा चंद्राय दापयेत् ॥ ७६ ॥
Après avoir préparé une offrande avec l’herbe kuśa et l’herbe dūrvā, avec des fleurs et de l’akṣata (riz intact), et aussi des feuilles de śamī et du caillé, qu’on la fasse offrir au (deva de la) Lune.
Verse 77
गगनार्णवमाणिक्य चंद्र दाक्षायणीपते । गृहाणार्घ्यं मया दत्तं गणेशप्रतिरूपक ॥ ७७ ॥
Ô Lune, joyau de l’océan du ciel, ô seigneur de Dākṣāyaṇī, reçois l’arghya que je t’ai offert, ô toi qui portes la ressemblance de Gaṇeśa.
Verse 78
एवं दत्त्वा गणेशाय दिव्यार्घ्यं पापनाशनम् । शक्त्या संभोज्य विप्राग्र्यान्स्वयं भुंजीत चाज्ञया ॥ ७८ ॥
Ainsi, après avoir offert à Gaṇeśa l’arghya divin qui détruit le péché, qu’on nourrisse, selon ses moyens, les plus éminents brāhmaṇas; puis, avec l’autorisation requise, qu’on mange soi-même.
Verse 79
एवं कृत्वा व्रतं विप्र संकष्टाख्यं शूभावहम् । समृद्धो धनधान्यैः स्यान्न च संकष्टमाप्नुयात् ॥ ७९ ॥
Ô brāhmaṇa, ayant ainsi accompli le vœu propice nommé « Saṅkaṣṭa », on devient prospère en richesses et en grains, et l’on ne tombe pas dans la détresse.
Verse 80
माघशुक्लचतुर्थ्यां तु गौरीव्रतमनुत्तमम् । तस्यां तु गौरी संपूज्या संयुक्ता योगिनीगणैः ॥ ८० ॥
Au quatrième jour lunaire (Caturthī) de la quinzaine claire du mois de Māgha se trouve le vœu incomparable nommé Gaurī-vrata. En ce jour, la Déesse Gaurī doit être honorée selon le rite, entourée des multitudes de Yoginīs.
Verse 81
नरैः स्त्रीभिर्विशेषेण कुंदपुष्पैः सकुंकुमैः । रक्तसूत्रे रक्तपुष्पैस्तथैवालक्तकेन च ॥ ८१ ॥
Les hommes—et surtout les femmes—doivent accomplir le rite avec des fleurs de kunda mêlées de kumkuma (safran), avec des fils rouges et des fleurs rouges, et aussi avec la teinture rouge de laque (alta).
Verse 82
धूपैर्दीपंश्च बलिभिः सगुडैनार्द्रकेण च । पयसा पायसेनापि लवणेन च पालकैः ॥ ८२ ॥
Avec l’encens et les lampes, avec les offrandes (bali), avec le jaggery et le gingembre frais, avec le lait et aussi le riz sucré (pāyasa), avec le sel et des légumes-feuilles (comme l’épinard)—ainsi s’accomplit le culte.
Verse 83
पूज्याश्चाविधवा नार्यस्तथा विप्राः सुशोभनाः । सौभाग्यवृद्धये देयो भोक्तव्यं बंधुभिः सह ॥ ८३ ॥
Les femmes non veuves doivent être honorées, et de même les brāhmaṇas dignes et excellents. Pour accroître la bonne fortune, il faut offrir des dons, et la nourriture consacrée doit être partagée avec les proches.
Verse 84
इदं गौरीव्रतं विप्र सौभाग्यारोग्यवर्द्धनम् । प्रतिवर्षं प्रकर्त्तव्यं नारीभिश्च नरैस्तथा ॥ ८४ ॥
Ô brāhmaṇa, ce vœu de Gaurī accroît la bonne fortune et la santé. Il doit être accompli chaque année—par les femmes, et aussi par les hommes.
Verse 85
ढुंढिव्रतं परैः प्रोक्तं कैश्चित्कुंडव्रतं स्मृतम् । ललिताव्रतमित्यन्यैः शांतिव्रतमथापरैः ॥ ८५ ॥
Les uns l’ont décrit comme le Ḍhuṃḍhi-vrata ; d’autres s’en souviennent comme du Kuṇḍa-vrata. D’autres encore l’appellent le Lalitā-vrata, et d’autres enfin (le nomment) le Śānti-vrata.
Verse 86
स्नानं दानं जपो होमः सर्वमस्यां कृतं मुने । भवेत्सह स्रगुणितं प्रसादाद्दंतिनः सदा ॥ ८६ ॥
Ô sage, le bain sacré, l’aumône, la récitation (japa) et l’offrande au feu (homa) — tout ce qui est accompli en cette occasion est multiplié par mille, toujours, par la grâce de Dantī (le Seigneur Gaṇeśa).
Verse 87
चतुर्थ्यां फाल्गुने मासि ढुंढिराजव्रतं शुभम् । तिलषिष्टैर्द्विजान् भोज्य स्वयं चाश्नीत मानवः ॥ ८७ ॥
Au jour de Caturthī (quatrième jour lunaire) du mois de Phālguna, on doit observer le vœu propice de Ḍhuṃḍhirāja. Avec des mets à base de sésame, qu’on nourrisse les dvija (brāhmaṇa), et que le pratiquant lui-même en prenne aussi part.
Verse 88
गणेशाराधनपरो दानहोमप्रपूजनैः । तिलैरेव कृतैः सिद्धिं प्राप्नुयात्तत्प्रसादतः ॥ ८८ ॥
Celui qui se voue au culte de Gaṇeśa — accomplissant l’aumône, l’offrande au feu et la pūjā avec révérence, en n’employant que le sésame — obtient la siddhi (l’accomplissement) par sa grâce.
Verse 89
सौवर्णं गजवक्त्रं च कृत्वा संपूज्य यत्नतः । द्विजाग्र्याय प्रदातव्यं सर्वसंपत्समृद्धये ॥ ८९ ॥
Après avoir façonné une image d’or du Dieu au visage d’Éléphant (le Seigneur Gaṇeśa) et l’avoir honorée avec soin, qu’on la donne à un brāhmaṇa éminent, afin que s’épanouissent pleinement toutes prospérités et richesses.
Verse 90
यस्मिन्कस्मिन्भवेन्मासि चतुर्थी रविवारयुक् । सांगारका वा विप्रेंद्र सा विशेषफलप्रदा ॥ ९० ॥
Ô meilleur des brāhmaṇas, quel que soit le mois où elle survienne, une Caturthī tombant un dimanche—ou une Sāṅgārakā (Caturthī jointe au mardi)—confère un fruit d’un mérite tout à fait distingué.
Verse 91
सर्वासु च चतुर्थीषु शुक्लास्वप्यसितासु च । विघ्नेश एव देवेशः संपूज्यो भक्तितत्परैः ॥ ९१ ॥
À chaque Caturthī—qu’elle soit dans la quinzaine claire ou dans la quinzaine sombre—Vighneśa seul, Seigneur des dieux, doit être honoré par ceux qui s’adonnent à la bhakti avec une dévotion entière.
Verse 92
इति श्रीबृहन्नारदीयपुराणे पूर्वभागे बृहदुपाख्याने चतुर्थपादे द्वाद्शमास चतुर्थीव्रतनिरूपणं नाम त्रयोदशाधिकसततमोऽध्यायः ॥ ११३ ॥
Ainsi s’achève, dans le vénérable Bṛhannāradīya Purāṇa—au Pūrvabhāga, dans le Grand Récit (Bṛhad-upākhyāna), au Quatrième Pada—le cent-treizième chapitre, intitulé «Exposé du vœu de Caturthī des douze mois».
The chapter frames Caturthī as a calendrical template for worshiping the Lord’s fourfold emanations, assigning specific months, gifts, and fruits to each. This embeds Vaiṣṇava theology into repeatable household ritual, while allowing Gaṇeśa devotion to function as a gateway and integrator within the same vrata-kalpa system.
It prescribes a structured pūjā with meditation on Siddhi-Vināyaka, followed by 21 leaf-offerings paired with 21 divine names, concluding with modaka offerings, formal dismissal, and gifting a golden Vināyaka image with dakṣiṇā. Continued for five years, it promises both worldly success and otherworldly auspicious results.
The text states that moon-gazing on Caturthī leads to false accusation (apavāda). As expiation, it prescribes recitation of a Purāṇic mantra referencing the Syamantaka-jewel episode: the lion devouring Prasena and Jāmbavān slaying the lion, affirming rightful ownership of the jewel.
Saṅkaṣṭa-vrata (Māgha dark fortnight) centers on fasting until moonrise, worshiping a clay Gaṇeśa with ṣoḍaśopacāra, and offering arghya not only to Gaṇeśa but also to the Moon with a dedicated prayer, after which feeding brāhmaṇas and then eating is permitted.