
Cet adhyāya prend la forme d’un échange de questions et réponses entre un interlocuteur Śūdra et le sage Gālava, au sujet de la doctrine « étonnante » selon laquelle, durant le Cāturmāsya, les dieux prennent la forme d’arbres et demeurent dans les arbres. Gālava explique que, par intention divine, l’eau de cette saison est tenue pour amṛta ; les divinités des arbres la « boivent », d’où naissent force, éclat, beauté et vigueur. Le propos se tourne ensuite vers des règles rituelles et éthiques : servir les arbres est loué en tout temps, mais plus encore pendant le Cāturmāsya. L’arrosage avec le tilodaka (eau mêlée de sésame) est présenté comme exauçant les souhaits ; le sésame (tila) est célébré comme purificateur, soutien du dharma et de l’artha, et don (dāna) éminent. Le chapitre dresse aussi un catalogue reliant divinités et classes d’êtres (Gandharvas, Yakṣas, Nāgas, Siddhas, etc.) à des essences particulières (par exemple Brahmā au banyan). Enfin, il propose une synthèse dévotionnelle et écologique : honorer des arbres majeurs—surtout pippala/aśvattha et tulasī—revient à servir l’ensemble du monde végétal sacré ; l’abattage des arbres durant le Cāturmāsya est déconseillé, sauf nécessité sacrificielle. La section des fruits (phala) affirme que nourrir des brāhmaṇas sous le jambū et vénérer ces arbres apporte prospérité et accomplissement des quatre buts de la vie (puruṣārtha).
Verse 1
शूद्र उवाच । महदाश्चर्यमेतद्धि यत्सुरा वृक्षरूपिणः । चातुर्मास्ये समायाते सर्ववृक्षनिवासिनः
Le Śūdra dit : « C’est là un grand prodige, en vérité : que les dieux prennent la forme d’arbres. Quand vient le Cāturmāsya, ils demeurent dans tous les arbres. »
Verse 2
भगवन्के सुरास्ते तु केषुकेषु निवासिनः । एतद्विस्तरतो ब्रूहि ममानुग्रहकाम्यया
« Ô vénérable, quels sont ces dieux, et dans quels arbres résident-ils ? Dis-le-moi en détail, par désir de m’accorder ta grâce. »
Verse 3
गालव उवाच । अमृतं जलमित्याहुश्चातुर्मास्ये तदिच्छया । लीलया विधृतं देवैः पिबंति द्रुमदेवताः
Gālava dit : «Durant le Cāturmāsya, selon leur volonté, l’eau est appelée “amṛta”, nectar. Soutenue avec grâce, comme un jeu sacré, par les dieux, les divinités demeurant dans les arbres la boivent.»
Verse 4
तस्य पानान्महातृप्तिर्जायते नाऽत्र संशयः । बलं तेजश्च कांतिश्च सौष्ठवं लघुविक्रमः
«En la buvant, une grande plénitude naît—sans aucun doute. Force, éclat, beauté, bien-être et légèreté dans l’élan s’y manifestent.»
Verse 5
गुणा एते प्रजायन्ते पानात्कृष्णांशसंभवात् । नित्यामृतस्यपानेन बलं स्वल्पं प्रजायते
«Ces qualités naissent de cette boisson, issue d’une part de Kṛṣṇa (Viṣṇu). Mais en buvant sans cesse l’“amṛta” ordinaire, on ne produit qu’une faible force.»
Verse 6
भोजनं तत्प्रशंसंति नित्यमेतन्न संशयः । तस्माच्चतुर्षु मासेषु पिबन्ति जलमेव हि
«Ils ne cessent de louer cela comme nourriture—sans aucun doute. C’est pourquoi, durant ces quatre mois, ils ne boivent réellement que de l’eau.»
Verse 7
वृक्षस्थाः पितरो देवाः प्राणिनां हित काम्यया । वृक्षाणां सेवनं श्रेष्ठं सर्वमासेषु सर्वदा
«Les Pitṛs et les dieux demeurent dans les arbres, désirant le bien des êtres vivants. Servir les arbres est la pratique la plus excellente—en tout temps, en chaque mois.»
Verse 8
चातुर्मास्ये विशेषेण सेविताः सौख्यकारकाः । तिलोदकेन वृक्षाणां सेचनं सर्वकाम दम्
Surtout durant le Cāturmāsya, lorsqu’on les accomplit, ces actes deviennent dispensateurs de bonheur. Arroser les arbres avec l’eau au sésame (tilodaka) accorde l’accomplissement de tous les désirs.
Verse 9
क्षीरवृक्षाः क्षीरयुक्तैस्तोयैः सिक्ताः शुभप्रदाः । चतुष्टयं च वृक्षाणां यच्चोक्तं पूर्वतो मया
Les arbres à sève lactée, arrosés d’une eau mêlée de lait, accordent l’auspice. Et quant au groupe des quatre arbres que j’ai évoqué auparavant…
Verse 10
चातुर्मास्ये विशेषेण सर्वकाम फलप्रदम् । ब्रह्मा तु वटमाश्रित्य प्राणिनां स वरप्रदः
Surtout durant le Cāturmāsya, cette observance accorde le fruit de tous les buts désirés. Brahmā, prenant refuge auprès du banian, devient dispensateur de grâces aux êtres vivants.
Verse 11
सावित्रीं तिलमास्थाय पवित्रं श्वेतभूषणम् । सुप्ते देवे विशेषेण तिलसेवा महाफला
En établissant le rite de Sāvitrī avec le sésame et en adoptant la pureté par des ornements blancs—surtout lorsque le Seigneur demeure dans le sommeil yogique—le service du sésame porte un fruit immense.
Verse 12
तिलाः पवित्रमतुलं तिला धर्मार्थसाधकाः । तिला मोक्षप्रदाश्चैव तिलाः पापापहारिणः
Le sésame est une pureté sans égale. Le sésame accomplit le dharma et l’artha ; le sésame accorde aussi la mokṣa, et le sésame efface les péchés.
Verse 13
तिला विशेषफलदास्तिलाः शत्रुविनाशनाः । तिलाः सर्वेषु पुण्येषु प्रथमं समुदाहृताः
Le sésame confère des fruits d’exception et anéantit les ennemis. Parmi tous les actes méritoires, le sésame est déclaré le premier.
Verse 14
न तिला धान्यमित्याहुर्देवधान्यमिति स्मृतम् । तस्मात्सर्वेषु दानेषु तिल दानं महोत्तमम्
On dit que le sésame n’est pas un simple « grain » ; il est mémorisé comme « le grain des dieux ». Ainsi, parmi tous les dons, le don de sésame est le plus excellent.
Verse 15
कनकेन युता येन तिलादत्तास्तु शूद्रज । ब्रह्महत्यादिपापानां विनाशस्तेन वै कृतः
Ô fils d’un Śūdra : celui qui donne du sésame accompagné d’or accomplit véritablement la destruction des péchés, à commencer par la brahmahatyā.
Verse 16
सावित्री च तिलाः प्रोक्ता सर्वकार्यार्थसाधकाः । तिलैस्तु तर्पणं कुर्याच्चातुर्मास्ये विशेषतः
On enseigne que Sāvitrī et le sésame accomplissent toutes les œuvres et tous les buts. Qu’on fasse le tarpaṇa avec du sésame, surtout durant le Cāturmāsya.
Verse 17
तिलानां दर्शनं पुण्यं स्पर्शनं सेवनं तथा । हवनं भक्षणं चैव शरीरोद्वर्त्तनं तथा
Pour le sésame, le simple fait de le voir est méritoire ; de même le toucher et l’employer. L’offrir au feu (havana), le manger, et même s’en frictionner le corps sont tout aussi sacrés.
Verse 18
सर्वथा तिलवृक्षोऽयं दर्शनादेव पापहा । चातुर्मास्ये विशेषेण सेवितः सर्वसौख्यदः
En toute manière, ce plant de sésame détruit le péché rien qu’à être vu. Et lorsqu’on le sert et l’emploie tout particulièrement durant le Cāturmāsya, il accorde toutes les félicités.
Verse 19
महेन्द्रो यवमा स्थाय स्थितो भूतहिते रतः । यवस्य सेवनं पुण्यं दर्शनं स्पर्शनं तथा
Mahendra (Indra), demeurant dans la plante d’orge, se tient voué au bien des êtres. L’usage de l’orge est méritoire; la voir et la toucher le sont également.
Verse 20
यवैस्तु तर्पणं कुर्याद्देवानां दत्तमक्षयम् । प्रजानां पतयः सर्वे चूतवृक्षमुपाश्रिताः
Si l’on accomplit le tarpaṇa aux dieux avec de l’orge, l’offrande donnée devient impérissable. Et l’on dit que tous les seigneurs et gardiens des créatures prennent refuge dans le manguier.
Verse 21
गन्धर्वा मलयं वृक्षमगुरुं गणनायकः । समुद्रा वेतसं वृक्षं यक्षा पुन्नागमेव च
Les Gandharvas demeurent dans l’arbre Malaya ; Gaṇanāyaka (Gaṇeśa) dans l’arbre aguru. Les Océans demeurent dans l’arbre vetasa, et les Yakṣas aussi dans l’arbre punnāga.
Verse 22
नागवृक्षं तथा नागाः सिद्धाः कंकोलकं द्रुमम् । गुह्यकाः पनसं चैव किन्नरा मरिचं श्रिताः
Les Nāgas demeurent dans l’arbre nāga ; les Siddhas dans l’arbre kaṃkolaka. Les Guhyakas habitent le jacquier, et les Kinnaras prennent refuge dans la plante marica (poivre).
Verse 23
यष्टीमधु समाश्रित्य कन्दर्पोऽभूद्व्यवस्थितः । रक्तांजनं महावृक्षं वह्निराश्रित्य तिष्ठति
Kandarpa, dieu de l’amour, s’établit en prenant refuge dans la plante yaṣṭīmadhu ; et Vahni, le Feu, demeure en s’abritant sous le grand arbre raktāṃjana.
Verse 24
यमो विभीतकं चैव बकुलं नैरृताधिपः । वरुणः खर्जुरीवृक्षं पूगवृक्षं च मारुतः
Yama demeure dans l’arbre vibhītaka ; le seigneur de la direction de Nirṛti, dans l’arbre bakula. Varuṇa demeure dans le palmier-dattier, et Māruta (Vāyu) dans l’arbre d’arec.
Verse 25
धनदोऽक्षोटकं वृक्षं रुद्राश्च बदरीद्रुमम् । सप्तर्षीणां महाताला बहुलश्चामरैर्वृतः
Dhanada (Kubera) demeure dans l’arbre akṣoṭaka, et les Rudra dans l’arbre badarī. Pour les Sept Ṛṣi se tient le grand palmier tāla, et Bahula est entouré de cāmara (éventails en queue de yak).
Verse 26
जंबूर्मेघैः परिवृतः कृष्णवर्णोऽघनाशनः । कृष्णस्य सदृशो वर्णस्तेन जंबू नगोत्तमः
L’arbre Jambū, entouré de nuées, est d’une teinte sombre et détruit le péché. Sa couleur ressemble à celle de Kṛṣṇa ; ainsi Jambū est le plus éminent des arbres.
Verse 27
तत्फलैर्वासुदेवस्तु प्रीतो भवति दानतः । जंबूवृक्षं समाश्रित्य कुर्वंति द्विजभोजनम्
En offrant ses fruits en don, Vāsudeva s’en réjouit. Prenant refuge près de l’arbre Jambū, ils organisent le repas offert aux dvija (brāhmaṇa).
Verse 28
तेषां प्रीतो हरिर्दद्यात्पु रुषार्थचतुष्टयम् । चातुर्मास्ये समायाते सुप्ते देवे जनार्दने
Satisfait d’eux, Hari accorde les quatre buts de la vie humaine. Quand vient la saison de Cāturmāsya—lorsque le Seigneur Janārdana demeure dans le sommeil yogique—
Verse 29
ब्राह्मणान्भोजयेद्यस्तु सपत्नीकाञ्छुचिः स्थितः । तेन नारायणस्तुष्टो भवे ल्लक्ष्मीसहायवान्
Quiconque, demeurant pur, nourrit les brāhmaṇas avec leurs épouses—par cet acte Nārāyaṇa est comblé, accompagné de Lakṣmī.
Verse 30
लक्ष्मीनारायणप्रीत्यै वस्त्रालंकरणैः शुभैः । परिधाय सपत्नीकः कृतकृत्यो भवेन्नरः
Pour plaire à Lakṣmī-Nārāyaṇa, l’homme doit revêtir des vêtements et des ornements de bon augure ; en le faisant avec son épouse, il devient celui qui a accompli son devoir sacré.
Verse 31
यद्रात्रित्रितयेनैव वटा शोकभवेन च । फलं संजायते तच्च जंबुना द्विजभोजनात्
Le fruit spirituel qui naît de l’observance de trois nuits et du rite du Vaṭa (banian) issu du chagrin—ce même fruit est obtenu en honorant l’arbre Jambū par le repas offert aux deux-fois-nés (brāhmaṇas).
Verse 32
तस्मिन्दिने एकभुक्तं कारयेत्कृत्यकृत्तदा । बहुना च किमुक्तेन जंबूवृक्ष प्रपूजनात्
En ce jour-là, qu’on observe l’ekabhukta (un seul repas) et l’on achève ainsi le rite. Que dire de plus ? Par l’adoration accomplie du Jambū, le fruit est assuré.
Verse 33
पुत्रपौत्रधनैर्युक्तो जायते नात्र संशयः । जंबूर्मेघैः परिवृता विद्युताऽशोक एव च
Il naît comblé de fils, de petits-fils et de richesses—sans aucun doute. Le Jambū est ceint de nuées, traversé d’éclairs, et l’Aśoka s’y trouve aussi.
Verse 34
वसुभिः स्वीकृतो नित्यं प्रिया लश्च महानगः । आदित्यैस्तु जपावृक्षो ह्यश्विभ्यां मदनस्तथा
Le Priyāla et le grand arbre Nāga sont à jamais tenus pour sacrés par les Vasus ; l’arbre Japā par les Ādityas ; et de même le Madana par les Aśvins.
Verse 35
विश्वेभिश्च मधूकश्च गुग्गुलः पिशिताशनैः । सूर्येणार्कः पवित्रेण सोमे नाथ त्रिपत्रकः
Le Madhūka est tenu pour sacré par les Viśvedevas, et le Guggulu par les mangeurs de chair. L’Arka est pris par le Soleil, purificateur ; et le Tripatraka, ô Seigneur, par la Lune.
Verse 36
खदिरो भूमिपुत्रेण अपामार्गो बुधेन च । अश्वत्थो गुरुणा चैव शुक्रेणोदुम्बरस्तथा
Le Khadira est revendiqué par le fils de la Terre (Mars) ; l’Apāmārga par Budha (Mercure). L’Aśvattha par Guru (Jupiter) ; et de même l’Udumbara par Śukra (Vénus).
Verse 37
शमी शनैश्चरेणाथ स्वीकृता शूद्रजातिभिः । राहुणा स्वीकृता दूर्वा पितॄणां तर्पणोचिता
Ô Seigneur, l’arbre Śamī est accepté par Śanaiścara (Saturne) et par les communautés śūdra. L’herbe Dūrvā est acceptée par Rāhu, et convient au tarpaṇa, l’offrande d’apaisement aux Pitṛ (ancêtres).
Verse 38
विष्णोश्च दयिता नित्यं चातुर्मास्ये विशेषतः । केतुना स्वीकृतो दर्भो याज्ञिकेयो महाफलः
Il est à jamais cher à Viṣṇu, surtout durant la saison de Cāturmāsya. L’herbe darbha est agréée par Ketu ; elle appartient au célébrant du yajña (yājñika) et procure un grand fruit spirituel.
Verse 39
विना येन शुभं कर्म संपूर्णं नैव जायते । पवित्राणां पवित्रं यो मङ्गलानां च मङ्गलम्
Sans lui, aucun acte de bon augure ne devient jamais accompli. Il est le purificateur des purificateurs, et l’auspice parmi tous les auspices.
Verse 40
मुमूर्षूणां मोक्षरूपो धरासंस्थो महाद्रुमः । अस्मिन्वसंति सततं ब्रह्मविष्णुशिवाः सदा
Pour ceux qui approchent de la mort, ce grand arbre, enraciné dans la terre, est la forme même de la délivrance (mokṣa). En lui demeurent sans cesse Brahmā, Viṣṇu et Śiva.
Verse 41
मूले मध्ये तथाऽग्रे च यस्य नामापि तृप्ति दम् । अन्येऽपि देवा वृक्षांस्तानधिश्रित्य महाद्रुमाः
À sa racine, en son milieu et à sa cime—dont le seul nom donne contentement et accomplissement—d’autres divinités aussi, prenant refuge en ces arbres, demeurent dans les grands arbres.
Verse 42
प्रवर्त्तंते हि मासेषु चतुर्षु च न संशयः । चातुर्मास्ये देवपत्न्यः सर्वा वल्लीसमाश्रि ताः
En ces quatre mois, sans aucun doute, ces observances se déploient avec plus de vigueur. Durant Cāturmāsya, on dit que toutes les épouses des dieux demeurent dans les lianes et les plantes grimpantes.
Verse 43
प्रयच्छंति नृणां कामान्वांछितान्सेविता अपि । तस्मात्सर्वात्मभावेन पिप्पलो येन सेवितः
Même lorsqu’on ne fait que les servir, ils accordent aux hommes les vœux désirés. Ainsi, quiconque sert le Pippala (Aśvattha) de tout son être, d’un cœur unique en dévotion…
Verse 44
सेविताः सकला वृक्षा श्चातुर्मास्ये विशेषतः । तुलसी सेविता येन सर्ववल्यश्च सेविताः
Celui qui sert la Tulasī sacrée a, en vérité, servi tous les arbres—tout particulièrement durant la saison de Cāturmāsya; et, par là même, toutes les lianes sont aussi servies.
Verse 45
आप्यायितं जगत्सर्वमाब्रह्मस्तंबसेवितम् । चातुर्मास्ये गृह स्थेन वानप्रस्थेन वा पुनः
Par un tel service accompli durant Cāturmāsya, le monde entier est nourri et soutenu, depuis Brahmā jusqu’au plus infime brin d’herbe—qu’il soit pratiqué par le maître de maison ou par l’habitant des forêts.
Verse 46
ब्रह्मचारियतिभ्यां च सेविता मोक्षदायिनी । एतेषां सर्ववृक्षाणां छेदनं नैव कारयेत्
Lorsqu’elle est aussi servie par les brahmacārins et les renonçants, elle devient dispensatrice de mokṣa, la délivrance. Aussi ne faut-il jamais faire couper aucun de ces arbres sacrés.
Verse 47
चातुर्मास्ये विशेषेण विना यज्ञादिकारणम् । एतदुक्तमशेषेण यत्पृष्टोऽहमिह त्वया
Tout particulièrement durant Cāturmāsya—sauf pour des raisons telles que le yajña et autres semblables—je t’ai maintenant exposé entièrement ce que tu m’as demandé ici.
Verse 48
यथा वृक्षत्वमापन्ना देवाः सर्वेऽपि शूद्रज
Comment se fait-il, ô fils d’un Śūdra, que tous les dieux en vinrent à prendre l’état d’arbres—
Verse 49
अश्वत्थमेकं पिचुमन्दमेकं न्यग्रोधमेकं दश तित्तिडीश्च । कपित्थबिल्वामलकीत्रयं च एतांश्च दृष्ट्वा नरकं न पश्येत्
Un Aśvattha, un Picumanda, un Nyagrodha et dix arbres Tittiḍī; et une triade—Kapittha, Bilva et Āmalakī. Celui qui les voit ne contemplera pas l’enfer.
Verse 50
सर्वे देवा विश्ववृक्षेशयाश्च कृष्णा धारा कृष्णमध्याग्रकाश्च । यस्मिन्देवे सेविते विश्वपूज्ये सर्वं तृप्तं जायते विश्वमेतत्
Là se tiennent tous les dieux—avec les puissances qui président à l’Arbre cosmique—: tels des courants obscurs, et telle la sombre présence mystique qui imprègne son milieu et son faîte. Quand on sert cette Divinité, adorée de l’univers, le monde entier se trouve rassasié et accompli.