Adhyaya 238
Nagara KhandaTirtha MahatmyaAdhyaya 238

Adhyaya 238

Dans un entretien théologique entre Brahmā et Nārada, situé dans le cadre de Viṣṇu en Śeṣaśāyī, ce chapitre définit le tapas du temps de Cāturmāsya non comme un simple jeûne, mais comme une discipline intégrale : adoration de Viṣṇu par seize offrandes, accomplissement continu des pañca-yajñas, véracité, non-violence et maîtrise durable des sens. Il décrit ensuite un schéma domestique de culte directionnel de type pañcāyatana : le soleil et la lune aux centres temporels ; Gaṇeśa à l’angle du feu ; Viṣṇu à l’angle nairṛta ; la divinité liée à la famille ou au lignage à l’angle du vāyu ; et Rudra à l’angle īśāna, avec des fleurs prescrites et des intentions telles que lever les obstacles, protéger, obtenir une descendance et éviter l’apamṛtyu. La seconde partie propose un inventaire gradué des austérités de Cāturmāsya : régimes alimentaires réglés, repas unique ou alterné, formes de kṛcchra et de parāka, ainsi que les séquences nommées « Mahāpārāka » accordées à des repères de dvādaśī. La phalaśruti promet purification des fautes, accès à Vaikuṇṭha et accroissement de la connaissance dévotionnelle ; le chapitre s’achève en affirmant le mérite de la récitation et de l’écoute, et en présentant cet enseignement comme un manuel éthique et rituel de grande valeur pour les maîtres de maison durant la « saison du sommeil » de Viṣṇu.

Shlokas

Verse 1

ब्रह्मोवाच । तपः शृणुष्व विप्रेंद्र विस्तरेण महामते । यस्य श्रवणमात्रेण चातुर्मास्येऽ घनाशनम्

Brahmā dit : Ô meilleur des brāhmanes, ô sage au grand discernement, écoute en détail cette discipline de tapas ; par la seule audition, les péchés accumulés durant le Cāturmāsya sont détruits.

Verse 2

षोडशैरुपचारैश्च विष्णोः पूजा सदा तपः । ततः सुप्ते जगन्नाथे महत्तप उदाहृतम्

Le culte rendu à Viṣṇu avec les seize offrandes est toujours une forme de tapas. Ainsi, lorsque Jagannātha (Seigneur de l’univers) demeure en Son sommeil sacré (durant le Cāturmāsya), un tel culte est proclamé grande austérité.

Verse 3

करणं पंचयज्ञानां सततं तप एव हि । तन्निवेद्य हरौ चैव चातुर्मास्ये महत्तपः

L’accomplissement constant des cinq sacrifices quotidiens est véritablement tapas. Et en offrir les fruits à Hari—surtout durant Cāturmāsya—est appelé grande austérité.

Verse 4

ऋतुयानं गृहस्थस्य तप एव सदैव हि । चातुर्मास्ये हरिप्रीत्यै तन्निषेव्यं महत्तपः

La conduite conforme aux saisons d’un maître de maison est toujours tapas. La pratiquer pour la joie de Hari durant Cāturmāsya est proclamé grande austérité.

Verse 5

सत्यवादस्तपो नित्यं प्राणिनां भुवि दुर्लभम् । सुप्ते देवपतौ कुर्वन्ननंतफलभाग्भवेत्

Dire la vérité est un tapas constant, rare parmi les êtres sur la terre. Celui qui le pratique tandis que le Seigneur des dieux demeure en sommeil sacré (durant Cāturmāsya) devient participant de fruits sans fin.

Verse 6

अहिंसादिगुणानां च पालनं सततं तपः । चातुर्मास्ये त्यक्तवैरं महत्तप उदारधीः

L’observance constante des vertus commençant par l’ahiṃsā (non-violence) est tapas. Durant Cāturmāsya, renoncer à l’inimitié est une grande austérité pour l’âme noble.

Verse 7

तप एव महन्मर्त्यः पंचायतनपूजनम् । चातुर्मास्ये विशेषेण हरिप्रीत्या समाचरेत्

Pour un mortel, le culte du pañcāyatana (les cinq autels sacrés) est en lui-même un grand tapas. Durant Cāturmāsya, qu’on le pratique tout particulièrement, pour la joie de Hari.

Verse 8

नारद उवाच । पंचायतनसंज्ञेयं कस्योक्ता सा कथं भवेत् । कथं पूजा च कर्तव्या विस्तरेणाशु तद्वद

Nārada dit : « Que signifie “pañcāyatana” ? Qui l’a enseigné, et comment faut-il le comprendre ? Et comment accomplir le culte ? Dis-le-moi vite, mais en détail. »

Verse 9

ब्रह्मोवाच । प्रातर्मध्याह्नपूजायां मध्ये पूज्यो रविः सदा । रात्रौ मध्ये भवेच्चंद्रस्तद्वर्णकुसुमैः शुभैः

Brahmā dit : Lors du culte du matin et de midi, le Soleil doit toujours être adoré au centre ; et la nuit, la Lune doit être au centre, honorée de fleurs propices selon leurs couleurs propres.

Verse 10

वह्निकोणे तु हेरंबं सर्वविघ्नोपशांतये । रक्तचंदन पुष्पैश्च चातुर्मास्ये विशेषतः

Dans l’angle du feu (direction d’Agni), qu’on adore Heramba afin d’apaiser tous les obstacles ; surtout durant le Cāturmāsya, avec du santal rouge et des fleurs.

Verse 11

नैरृतं दलमास्थाय भगवान्दुष्टदर्पहा । गृहस्थस्य सदा शत्रुविनाशं विदधाति सः

Établi dans le quartier de Nairṛta, le Seigneur Bienheureux—qui brise l’orgueil des méchants—opère sans cesse la ruine des ennemis du maître de maison.

Verse 12

नैरृत्यकोणगं विष्णुं पूजयेत्सर्वदा बुधः । सुगन्धचंदनैः पुष्पैर्नैवेद्यैश्चातिशोभनैः

Le sage doit toujours adorer Viṣṇu, établi dans l’angle de Nairṛtya, en lui offrant du santal parfumé, des fleurs et de splendides offrandes de nourriture (naivedya).

Verse 13

गोत्रजा वायुकोणे तु पूजनीया सदा बुधैः । पुत्रपौत्रप्रवृद्ध्यर्थं सुमनोभिर्मनोहरैः

Dans le quartier de Vāyu, l’angle du Vent, les sages doivent toujours vénérer Gotrajā avec des fleurs charmantes et réjouissantes, afin d’accroître fils et petits-fils et la prospérité de la lignée.

Verse 14

ऐशाने भगवान्रुद्रः श्वेतपुष्पैः सदाऽर्चितः । अपमृत्युविनाशाय सर्वदोषापनुत्तये

Dans le quartier d’Īśāna, le Seigneur Rudra doit être toujours honoré avec des fleurs blanches, pour anéantir la mort prématurée et dissiper toutes les fautes.

Verse 15

जागर्ति महिमा यस्य ब्रह्माद्यैर्नैव लिख्यते । पंचायतनमेतद्धि पूज्यते गृहमेधिभिः

La grandeur de cet agencement sacré demeure éveillée et manifeste, et pourtant Brahmā et les autres ne sauraient l’exprimer pleinement. En vérité, c’est le Pañcāyatana, le culte quintuple, que les maîtres de maison doivent révérer.

Verse 16

तप एतत्सदा कार्यं चातुर्मास्ये महाफलम् । पर्वकालेषु सर्वेषु दानं देयं तपः सदा । चातुर्मास्ये विशेषेण तदनंतं प्रजायते

Cette austérité doit être accomplie sans cesse ; durant le Cāturmāsya elle porte un fruit immense. En tous les temps de fêtes sacrées, qu’on fasse l’aumône et qu’on maintienne l’ascèse ; mais surtout en Cāturmāsya, son mérite devient sans fin.

Verse 17

शौचं तु द्विविधं ग्राह्यं बाह्यमाभ्यंतरं सदा । जलशौचं तथा बाह्यं श्रद्धया चांतरं भवेत्

La pureté doit toujours être comprise comme double : extérieure et intérieure. La purification par l’eau est extérieure ; la pureté intérieure naît de la foi (śraddhā).

Verse 18

इद्रियाणां ग्रहः कार्यस्तपसो लक्षणं परम् । निवृत्त्येंद्रियलौल्यं च चातुर्मास्ये महत्तपः

Il faut exercer la maîtrise des sens : c’est le signe suprême de l’austérité (tapas). Se détourner de l’agitation des plaisirs des sens : voilà le grand tapas durant la saison de Cāturmāsya.

Verse 19

इन्द्रियाश्वान्सन्नियम्य सततं सुखमेधते । नरके पात्यते प्राणैस्तैरेवोत्पथगामिभिः

En réfrénant sans cesse les sens, pareils à des chevaux, le bonheur croît avec constance. Mais par ces mêmes souffles de vie—lorsqu’ils s’engagent sur de mauvais chemins—on est précipité en enfer.

Verse 20

ममतारूपिणीं ग्राहीं दुष्टां निर्भर्त्स्य निग्रहेत् । तप एव सदा पुंसां चातुर्मास्येऽधिगौरवम्

Il faut réprimander et contenir la funeste « saisisseuse » qui prend la forme de mamatā, l’attachement du « mien ». L’austérité (tapas) seule est à jamais le véritable appui des hommes, et durant la saison de Cāturmāsya elle reçoit un poids et une excellence particuliers.

Verse 21

काम एष महाशत्रुस्तमेकं निर्जयेद्दृढम् । जितकामा महात्मानस्तैर्जितं निखिलं जगत्

Le désir (kāma) est le grand ennemi ; il faut vaincre avec fermeté cet unique adversaire. Pour les grandes âmes qui ont dompté le désir, par cette victoire c’est comme si le monde entier était conquis.

Verse 22

एतच्च तपसो मूलं तपसो मूलमेव तत् । सर्वदा कामविजयः संकल्पविजयस्तथा

Voici la racine même de l’austérité, la racine de l’austérité : en tout temps, la victoire sur le désir, et de même la victoire sur les résolutions et intentions vacillantes.

Verse 23

तदेव हि परं ज्ञानं कामो येन प्रजायते । महत्तपस्तदेवाहुश्चातुमास्ये फलोत्तमम्

Ceci, en vérité, est la connaissance suprême : celle par laquelle le désir naît et se comprend jusqu’à sa racine. Cela seul, dit-on, est la grande austérité, portant le fruit le plus excellent durant la saison de Cāturmāsya.

Verse 24

लोभः सदा परित्याज्यः पापं लोभे समास्थितम् । तपस्तस्यैव विजयश्चातुर्मास्ये विशेषतः

La cupidité doit toujours être abandonnée, car le péché siège dans la cupidité. La victoire sur elle s’obtient par l’austérité, tout particulièrement durant Cāturmāsya.

Verse 25

मोहः सदाऽविवेकश्च वर्जनीयः प्रयत्नतः । तेन त्यक्तो नरो ज्ञानी न ज्ञानी मोहसंश्रयात

L’illusion (moha) et l’absence de discernement doivent toujours être évitées avec effort. Celui qui les abandonne devient véritablement sage ; celui qui se réfugie dans l’illusion n’est pas sage.

Verse 26

मद एव मनुष्याणां शरीरस्थो महारिपुः । सदा स एव निग्राह्यः सुप्ते देवे विशेषतः

L’orgueil (mada) seul est le grand ennemi des humains, demeurant dans le corps. Il doit être constamment maîtrisé, tout particulièrement lorsque le Deva est « endormi » durant Cāturmāsya.

Verse 27

मानः सर्वेषु भूतेषु वसत्येव भयावहः । क्षमया तं विनिर्जित्य चातुर्मास्ये गुणाधिकः

L’orgueil d’honneur (māna) demeure en tous les êtres et inspire la crainte. En le vainquant par le pardon (kṣamā), on s’enrichit en vertu, surtout durant Cāturmāsya.

Verse 28

मात्सर्यं निर्जयेत्प्राज्ञो महापातककारणम् । चातुर्मास्ये जितं तेन त्रैलोक्यममरैः सह

Le sage doit vaincre l’envie, cause des grands péchés. Si elle est vaincue durant le Cāturmāsya, par cette victoire c’est comme si les trois mondes, avec les Immortels, étaient conquis.

Verse 29

अहंकारसमाक्रांता मुनयो विजितेंद्रियाः । धर्ममार्गं परित्यज्य कुर्वत्युन्मार्गजां क्रियाम्

Subjugués par l’ego, même les sages ascètes qui ont vaincu les sens peuvent délaisser la voie du dharma et accomplir des actes issus du mauvais chemin.

Verse 31

एतद्धि तपसो मूलं यदेतन्मनसस्त्यजेत् । त्यक्तेष्वेतेषु सर्वेषु पर ब्रह्ममयो भवेत्

Voici, en vérité, la racine de l’austérité : renoncer à ces mouvements du mental. Quand tout cela est abandonné, on devient pénétré du Brahman suprême.

Verse 32

प्रथमं कायशुद्ध्यर्थं प्राजापत्यं समाचरेत् । शयने देवदेवस्य विशेषेण महत्तपः

D’abord, pour la purification du corps, qu’on accomplisse l’observance Prājāpatya. Surtout durant le saint repos du Seigneur des dieux (Hariśayana), cela devient une grande austérité.

Verse 33

हरेस्तु शयने नित्यमेकांतरमु पोषणम् । यः करोति नरो भक्त्या न स गच्छेद्यमालयम्

Durant le saint śayana de Hari, celui qui, avec dévotion, observe régulièrement le repas un jour sur deux ne va pas au séjour de Yama.

Verse 34

हरिस्वापे नरो नित्यमेकभक्तं समाचरेत् । दिवसेदिवसे तस्य द्वादशाहफलं लभेत्

Durant le sommeil sacré de Hari, l’homme doit pratiquer constamment l’ekabhakta, ne prenant nourriture qu’une fois par jour. De jour en jour, il obtient un mérite égal à celui d’une observance de douze jours.

Verse 35

चातुर्मास्ये नरो यस्तु शाकाहारपरो यदि । पुण्यं क्रतुसहस्राणां जायते नात्र संशयः

Durant la saison de Cāturmāsya, si quelqu’un se nourrit principalement de légumes, naît le mérite de milliers de sacrifices védiques ; il n’y a là aucun doute.

Verse 36

चातुर्मास्ये नरो नित्यं चांद्राय णव्रतं चरेत् । एकैकमासे तत्पुण्यं वर्णितुं नैव शक्यते

Durant Cāturmāsya, l’homme doit accomplir régulièrement le vœu de Cāndrāyaṇa. Le mérite acquis chaque mois est, en vérité, impossible à décrire.

Verse 37

सुप्ते देवे च पाराकं यः करोति विशुद्धधीः । नारी वा श्रद्धया युक्ता शतजन्माघ नाशनम्

Lorsque le Seigneur demeure dans le sommeil sacré, quiconque, l’intelligence purifiée, accomplit l’observance de Pārāka—homme ou femme, pourvu de foi—détruit les péchés amassés durant cent naissances.

Verse 38

कृच्छ्रसेवी भवेद्यस्तु सुप्ते देवे जनार्दने । पापराशिं विनिर्धूय वैकुण्ठे गणतां व्रजेत्

Lorsque Janārdana repose dans le sommeil sacré, celui qui entreprend la discipline de Kṛcchra secoue les monceaux de péché et atteint Vaikuṇṭha, entrant parmi les serviteurs du Seigneur.

Verse 39

तप्तकृच्छ्रपरो यस्तु सुप्ते देवे जनार्दने । कीर्तिं संप्राप्य वा पुत्रं विष्णुसायुज्यतां व्रजेत्

Lorsque Janārdana demeure dans le sommeil sacré, celui qui s’adonne à la discipline du Tapta-Kṛcchra obtient la renommée—ou un fils digne—et, finalement, atteint le sāyujya, l’union avec Viṣṇu.

Verse 40

दुग्धाहारपरो यस्तु चातुर्मास्येऽभिजायते । तस्य पापसहस्राणि विलयं यांति देहिनः

Durant le Cāturmāsya, celui qui observe une alimentation fondée sur le lait voit, en son être incarné, des milliers de fautes se dissoudre et prendre fin.

Verse 41

मितान्नाशनकृद्धीरश्चातुर्मास्ये नरो यदि । निर्धूय सकलं पापं वैकुण्ठपदमाप्नुयात्

Si, durant le Cāturmāsya, un homme constant ne mange qu’avec mesure, il secoue entièrement tout péché et atteint la demeure de Vaikuṇṭha.

Verse 42

एकान्नाशनकृन्मर्त्यो न रोगैरभि भूयते । अक्षारलवणाशी च चातुर्मास्ये न पापभाक्

Le mortel qui ne mange qu’une fois par jour n’est pas dominé par les maladies ; et celui qui, durant le Cāturmāsya, évite les aliments alcalins et salés ne devient pas participant au péché.

Verse 43

कृताहारो महापापैर्निर्मुक्तो जायते ध्रुवम् । हरिमुद्दिश्य मासेषु चतुर्षु च न संशयः

Celui qui entreprend une alimentation réglée naît assurément délivré des grands péchés—sans aucun doute—lorsque, durant les quatre mois, l’observance est accomplie en visant Hari comme Seigneur.

Verse 44

कन्दमूलाशनकरः पूर्वजान्सह चात्मना । उद्धृत्य नरकाद्घोराद्याति विष्णुसलोकताम्

Celui qui se nourrit de racines et de fruits élève avec lui ses ancêtres; les arrachant au terrible enfer, il parvient au monde de Viṣṇu.

Verse 45

नित्यांबुप्राशनकरश्चातुर्मास्ये यदा भवेत् । दिनेदिनेऽश्वमेधस्य फलमाप्नोत्यसंशयम्

Si, durant le Cāturmāsya, quelqu’un observe chaque jour la pratique de ne boire que de l’eau, alors, jour après jour, il obtient le fruit du sacrifice Aśvamedha, sans aucun doute.

Verse 46

शीतवृष्टिसहो यस्तु चातुर्मास्ये नरो भवेत् । हरिप्रीत्यै जगन्नाथस्तस्यात्मानं प्रयच्छति

Quiconque, durant le Cāturmāsya, endure le froid et la pluie pour la joie de Hari, à celui-là Jagannātha accorde Son propre Soi.

Verse 47

महापाराकसंज्ञं तु महत्तप उदाहृतम् । मासैकमुपवासेन सर्वं पूर्णं प्रजायते

On enseigne une grande austérité, appelée Mahāpārāka : par un jeûne d’un mois entier, tous les buts spirituels s’accomplissent pleinement.

Verse 48

देवस्वापदिनादौ तु यावत्पवित्रद्वादशी । पवित्रद्वादशीपूर्वं यावच्छ्रवणद्वादशी

La période d’observance est ainsi énoncée : depuis le jour de Devasvāpa jusqu’à Pavitrā Dvādaśī ; et (à nouveau) depuis avant Pavitrā Dvādaśī jusqu’à Śravaṇa Dvādaśī.

Verse 49

महापाराकमेतद्धि द्वितीयं परिकीर्तितम् । श्रवणद्वादशीपूर्वं प्राप्ता चाश्विनद्वादशी

Ceci, en vérité, est proclamé comme le second Mahāpārāka : il s’étend d’avant Śravaṇa Dvādaśī jusqu’à l’arrivée d’Āśvina Dvādaśī.

Verse 50

महापाराक तृतीयं प्राज्ञैश्च समुदाहृतम् । आश्विनद्वादशी चादौ प्राप्ता देवसुबोधिनी

Les sages déclarent aussi un troisième Mahāpārāka : il commence à Āśvina Dvādaśī et se poursuit jusqu’à Deva-subodhinī (le jour de l’éveil du Seigneur).

Verse 51

महापाराकमेतद्धि चतुर्थं परिकथ्यते । एतेषामेकमपि च नारी वा पुरुषोऽपि वा

Ceci est appelé Mahāpārāka, dont on parle comme du quatrième (vœu). Qu’il s’agisse d’une femme ou d’un homme, s’il entreprend ne serait-ce qu’un seul de ces (disciplines)…

Verse 52

यः करोति नरो भक्त्या स च विष्णुः सनातनः । इदं च सर्वतपसां महत्तप उदाहृतम्

Celui qui l’accomplit avec dévotion est tenu pour Viṣṇu lui-même, l’Éternel. Et cela est proclamé comme une grande austérité, surpassant toutes les austérités.

Verse 53

दुष्करं दुर्लभं लोके चातुर्मास्ये मखाधिकम् । दिवसेदिवसे तस्य यज्ञायुतफलं स्मृतम्

Dans le monde, c’est difficile et rare ; durant la saison de Cāturmāsya, cela surpasse même les sacrifices. Jour après jour, on se souvient que son fruit équivaut à dix mille yajñas.

Verse 54

महत्तप इदं येन कृतं जगति दुर्लभम् । इदमेव महापुण्यमिदमेव महत्सुखम् । इदमेव परं श्रेयो महापाराकसेवनम्

Ceci est une grande austérité, rarement accomplie en ce monde. Ceci seul est grand mérite; ceci seul est grande joie. Ceci seul est le bien suprême : la pratique du Mahāpārāka.

Verse 55

नारायणो वसेद्देहे ज्ञानं तस्य प्रजायते । जीवन्मुक्तः स भवति महापातककारकः

Nārāyaṇa vient demeurer dans le corps de cet être, et la connaissance s’éveille en lui. Il devient libéré tout en vivant, même s’il avait commis de grands péchés.

Verse 56

तावद्गर्जंति पापानि नरकास्तावदेव हि । तावन्मायासहस्राणि यावन्मासो पवासकः

Les péchés ne rugissent que jusque-là, et les enfers aussi, en vérité, jusque-là seulement. De même, des milliers d’illusions ne subsistent que tant que le mois de jeûne n’est pas achevé.

Verse 57

चातुर्मास्युपवासी यो यस्य प्रांगणिको भवेत् । सोऽपि हत्यासहस्राणि त्यक्त्वा निष्कल्मषो भवेत्

Celui qui observe le jeûne de Cāturmāsya et devient résident ou serviteur dans la cour de la maison d’autrui, même lui, après avoir abandonné des milliers d’actes de meurtre, devient sans souillure.

Verse 58

य इदं श्रावयेन्मर्त्यो यः पठेत्सततं स्वयम्

Tout mortel qui fait réciter cet enseignement, ou qui le lit lui-même sans cesse—

Verse 59

सोऽपि वाचस्पतिसमः फलं प्राप्नोत्यसंशयम्

Lui aussi obtient le fruit, sans aucun doute, égal à Bṛhaspati, seigneur de la parole sacrée.

Verse 60

इदं पुराणं परमं पवित्रं शृण्वन्गृणन्पापविशुद्धिहेतु । नारायणं तं मनसा विचिन्त्य मृतोऽभिगच्छत्यमृतं सुराधिकम्

Ce Purāṇa est souverainement saint ; l’entendre et le réciter devient cause de purification des péchés. En méditant en son cœur sur ce Nārāyaṇa, celui qui meurt atteint l’état immortel, plus élevé même que les dieux.

Verse 238

इति श्रीस्कान्दे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां षष्ठे नागरखण्डे हाटकेश्वरक्षेत्रमाहात्म्ये शेषशाय्युपाख्याने ब्रह्मनारदसंवादे चातुर्मास्यमाहात्म्ये तपोमहिमावर्णनं नामाष्टत्रिंशदुत्तरद्विशततमोऽध्यायः

Ainsi s’achève, dans le Śrī Skanda Mahāpurāṇa—au sein de la compilation de quatre-vingt-un mille vers—dans le Sixième, le Nāgara-khaṇḍa, dans la glorification du kṣetra sacré de Hāṭakeśvara, dans l’épisode de Śeṣaśāyī, dans le dialogue de Brahmā et de Nārada, dans la grandeur de Cāturmāsya—le chapitre intitulé «Description de la Majesté de l’Austérité», à savoir le Chapitre 238.