Adhyaya 34
Kashi KhandaUttara ArdhaAdhyaya 34

Adhyaya 34

Le chapitre 34 est un enseignement théologique de type catalogique où Skanda instruit Agastya sur une suite de tīrtha de Kāśī et sur les bienfaits rituels qu’ils accordent. Il s’ouvre par la sanctification d’un lieu de confluence et par la reconnaissance du « pādodaka » (l’eau du pied de Viṣṇu) comme tīrtha fondamental; puis il énumère une chaîne de sites sacrés nommés, chacun accompagné d’une brève promesse de phala : purification karmique, prospérité, vision divine, accès à des mondes, ou atténuation du cycle des renaissances. Ensuite, Pañcanada est exalté comme d’une puissance exceptionnelle, surtout durant le mois de Kārttika et à certains regroupements de dates. Jñānahrada et les tīrtha de Maṅgala sont présentés comme remèdes de connaissance et d’auspice, avant que la liste ne se poursuive. Le chapitre culmine dans une montée doctrinale et dévotionnelle autour de Maṇikarṇikā, renommée dans les trois mondes, dissolvant les péchés et équivalente — voire supérieure — à l’ensemble des grands rites; s’en souvenir, la contempler, s’y baigner et l’y adorer est déclaré porteur d’un fruit « impérissable ».

Shlokas

Verse 1

स्कंद उवाच । आकर्णय क्षोणिसुर यथा स्थाणुरचीकरत् । गंगावरणयोः पुण्यात्संभेदात्तीर्थभूमिकाम्

Skanda dit : Écoute, ô divin sur la terre (ô roi), comment Sthāṇu (Śiva) établit le sol sacré d’un tīrtha, né de l’heureuse confluence de la Gaṅgā et de la Varuṇā.

Verse 2

संगमे तत्र निष्णातः संगमेशं समर्च्य च । नरो न जातु जननी गर्भसंगमवाप्नुयात्

S’étant baigné là, à la confluence, et ayant dûment vénéré Saṅgameśa, l’homme n’atteindra plus jamais la « rencontre » du sein maternel : il ne renaîtra pas.

Verse 3

तत्र पादोदकं तीर्थं यत्र देवेन शार्ङ्गिणा । आदौ पादौ क्षलितौ तु मंदराच्चागतेन यत्

Là se trouve le lieu saint nommé Pādodaka, où le dieu Śārṅgin (Viṣṇu, porteur de l’arc Śārṅga) lava d’abord ses pieds avec l’eau venue du mont Mandāra.

Verse 4

विप्णुपादोदके तीर्थे वारिकार्यं करोति यः । व्यतीपातेन नियतं भूयः सांसारिकी गतिः

Quiconque accomplit l’offrande d’eau au tīrtha de l’eau des pieds de Viṣṇu, si cela est fait au moment néfaste de Vyatīpāta, retombe à coup sûr dans la transmigration du monde.

Verse 5

कृतपादोदक स्नानः कृतकेशवपूजनः । वीतसंसारवसतिः काश्यामासीन्नरोत्तमः

Après s’être baigné dans le Pādodaka et avoir rendu culte à Keśava, ce meilleur des hommes demeura à Kāśī, délivré de toute demeure dans le saṃsāra.

Verse 6

काश्यां सा भूमिरुद्दिष्टा श्वेतद्वीप इति द्विजैः । तत्र पुण्यार्जनं कृत्वा श्वेतद्वीपाधिपो भवेत्

À Kāśī, cette étendue de terre est dite par les deux-fois-nés «Śvetadvīpa». Ayant amassé du mérite en ce lieu, on devient seigneur en Śvetadvīpa.

Verse 7

ततः पादोदकात्तीर्थात्तीर्थं क्षीराब्धिसंज्ञकम् । तत्रार्जित महापुण्यो वसेत्क्षीराब्धिरोधसि

Ensuite, depuis le tīrtha de Pādodaka, il est un autre lieu sacré nommé «Kṣīrābdhi», l’Océan de Lait. Celui qui y acquiert un grand mérite demeure sur la rive du Kṣīrābdhi.

Verse 8

क्षीरोदाद्दक्षिणेभागे तीर्थं शंखाख्यनुत्तमम् । तत्र स्नातो भवेन्नूनं नाशंखादिनिधेः पतिः

Au flanc méridional de Kṣīroda se trouve le tīrtha incomparable nommé Śaṅkha. Celui qui s’y baigne devient assurément maître de trésors, tels les conques et autres richesses.

Verse 9

अर्वाक्च शंखतीर्थाद्वै चक्रतीर्थमनुत्तमम् । संसारचक्रे न पतेत्तत्तीर्थजलमज्जनात्

Tout près de Śaṅkha-tīrtha se trouve l’incomparable Cakra-tīrtha. En s’immergeant dans les eaux de ce gué sacré, on ne retombe plus dans la roue tournoyante de l’existence mondaine.

Verse 10

गदातीर्थं तदग्रे तु संसारगदनाशनम् । तत्र श्राद्धादिकरणात्पश्येद्देवं गदाधरम्

Devant celui-ci se trouve Gadā-tīrtha, qui détruit la «maladie» de la vie mondaine. En y accomplissant le śrāddha et les rites connexes, on contemple le Seigneur divin — Gadādhara.

Verse 11

पद्माकृत्पद्मतीर्थं च तदग्रे पितृतृप्तिकृत् । तत्र स्नानादिकरणात्प्राप्नुयादघसंक्षयम्

Vient ensuite Padma-tīrtha, façonné à l’image du lotus, qui comble les ancêtres. En s’y baignant et en y accomplissant les rites prescrits, on obtient l’atténuation des fautes.

Verse 12

ततस्तीर्थं महालक्ष्म्या महापुण्यफलप्रदम् । तत्राभ्यर्च्य महालक्ष्मीं निर्वाणकमलां लभेत्

Puis vient le tīrtha de Mahālakṣmī, dispensateur des fruits d’un grand mérite. En y vénérant Mahālakṣmī, on obtient le lotus de la délivrance, la nirvāṇa-kamalā.

Verse 13

ततो गारुत्मतं तीर्थं संसारगरनाशनम् । कृतोदकक्रियस्तत्र वैकुंठे वसतिं लभेत्

Vient ensuite le tīrtha de Gārutmata, qui anéantit le poison de l’existence dans le saṃsāra. Après y avoir accompli les rites d’eau, on obtient une demeure en Vaikuṇṭha.

Verse 14

पंचतीर्थ्यां नरः स्नात्वा न देहं पांचभौतिकम् । गृह्णाति जातुचित्काश्यां पंचास्योवाथ जायते

Celui qui se baigne dans la Pañcatīrthī ne reprend jamais à Kāśī un corps composé des cinq éléments ; au contraire, il devient «à cinq visages», revêtu d’une forme divine.

Verse 15

प्रह्लादतीर्थं तद्याम्ये महाभक्तिफलप्रदम् । तत्र वै स्नानमात्रेण विष्णोः प्रियतरो भवेत्

Au sud se trouve le Prahlāda-tīrtha, dispensateur du fruit de la grande dévotion. Par le seul bain en ce lieu, on devient tout particulièrement cher à Viṣṇu.

Verse 16

अंबरीषं ततस्तीर्थं महापातकनाशनम् । तत्र वै शुभकर्माणो जना नो गर्भभाजनम्

Puis vient l’Ambarīṣa-tīrtha, qui détruit les grands péchés. Là, ceux qui accomplissent des actes propices ne retombent plus sous l’emprise du sein maternel (renaissance).

Verse 17

आदित्यकेशवं नाम तदग्रे तीर्थमुत्तमम् । कृताभिषेकस्तत्रापि लभेत्स्वर्गाभिषेचनम्

Vient ensuite l’excellent tīrtha nommé Āditya-Keśava. Celui qui y accomplit l’ablution sacrée (abhiṣeka) obtient une consécration au ciel.

Verse 18

दत्तात्रेयस्य तत्रास्ति तीर्थं त्रैलोक्यपावनम् । योगसिद्धिं लभे तत्र स्नानमात्रेण भावतः

Là se trouve aussi le tīrtha de Dattātreya, purificateur des trois mondes. Avec une foi sincère, par le seul bain en ce lieu, on obtient la siddhi du yoga.

Verse 19

ततो नारदतीर्थं च ब्रह्मविद्यैककारणम् । तत्र स्नानेन मुक्तः स्याद्दृष्ट्वा नारदकेशवम्

Vient ensuite le Nārada-tīrtha, cause unique de la connaissance de Brahman. En s’y baignant et en contemplant Nārada-Keśava, on obtient la délivrance (mokṣa).

Verse 20

ततो वामनतीर्थं च विष्णुसान्निध्यहेतुकम् । तत्र श्राद्धविधानेन मुच्यते पितृजादृणात्

Puis vient le Vāmana-tīrtha, qui conduit à la proximité de Viṣṇu. En y accomplissant les rites de śrāddha, on est délivré des dettes envers les ancêtres.

Verse 21

नरनारायणाख्यं हि ततस्तीर्थं शुभप्रदम् । तत्तीर्थमज्जनात्पुंसां गर्भवासः सुदुर्लभः

Après cela se trouve le tīrtha nommé Nara-Nārāyaṇa, dispensateur d’heureux présages. En s’y baignant, la demeure dans le sein maternel devient extrêmement rare pour les hommes (la renaissance s’amoindrit).

Verse 22

यज्ञवाराहतीर्थं च ततो दक्षिणतः शुभम् । यत्र स्नातस्य वै पुंसां राजसूयफलं ध्रुवम्

Au sud de là se trouve l’auspicieux Yajña-Vārāha-tīrtha. Pour celui qui s’y baigne, le fruit du sacrifice Rājasūya est assuré.

Verse 23

विदारनारसिंहाख्यं तीर्थं तत्रास्ति पावनम् । यत्रैकस्नानतो नश्येदघ जन्मशतार्जितम्

Là se trouve aussi le tīrtha purificateur nommé Vidāra-Nārasiṃha. Par un seul bain en ce lieu, le péché amassé durant cent naissances est anéanti.

Verse 24

गोपीगोविंदतीर्थं च ततो वैष्णवलोकदम् । यस्मिन्स्नातो नरो विद्वान्न विंद्याद्गर्भवेदनम्

Vient ensuite le tīrtha de Gopī-Govinda, qui confère le monde de Viṣṇu. Le sage qui s’y baigne ne connaît pas la souffrance du sein maternel.

Verse 25

लक्ष्मीनृसिंहतीर्थं च गोपीगोविंद दक्षिणे । निर्वाणलक्ष्म्या यत्रत्यो व्रियते तु नरोत्तमः

Au sud de Gopī-Govinda se trouve aussi le tīrtha de Lakṣmī-Nṛsiṃha. Le meilleur des hommes qui y meurt obtient la fortune du nirvāṇa, la délivrance ultime.

Verse 26

तद्दक्षिणायां काष्ठायां शेषतीर्थमनुत्तमम् । महापापौघ शेषोपि न तिष्ठेद्यन्निमज्जनात्

Sur le côté du sud se trouve l’incomparable Śeṣa-tīrtha. Par l’immersion en ce lieu, même le reste d’un déluge de grands péchés ne peut demeurer.

Verse 27

शंखमाधवतीर्थं च तद्याम्यां दिशि चोत्तमम् । तत्तीर्थसेवनान्नृणां कुतः पापभयं महत्

Et vers le sud se trouve l’excellent tīrtha de Śaṅkha-Mādhava. Pour ceux qui s’y rendent et le servent, comment pourrait-il subsister une grande crainte du péché ?

Verse 28

ततोपि पावनतरं तीर्थं तत्क्षणसिद्धिदम् । नीलग्रीवाख्यमतुलं तत्स्नायी सर्वदा शुचिः

Plus purifiant encore que ceux-là est un tīrtha qui accorde l’accomplissement en un instant. C’est l’incomparable nommé Nīlagrīva ; celui qui s’y baigne demeure à jamais pur.

Verse 29

तत्रोद्दालकतीर्थं च सर्वाघौघ विनाशनम् । ददाति महतीमृद्धिं स्नानमात्रेण तन्नृणाम्

Là se trouve le tīrtha d’Udālaka, qui anéantit les torrents de péché. Pour les hommes, le seul bain en ce lieu confère grande prospérité et bien-être.

Verse 30

ततः सांख्याख्य तीर्थं च सांख्येश्वर समीपतः । तत्तीर्थसेवनात्पुंसां सांख्ययोगः प्रसीदति

Vient ensuite le tīrtha nommé Sāṃkhya, situé près de Sāṃkhyeśvara. En fréquentant et en servant ce tīrtha, la voie du Sāṃkhya, faite de discernement spirituel, devient claire et favorable pour l’homme.

Verse 31

स्वर्लोकाद्यत्र संलीनः स्वयं देव उमापतिः । अतः स्वर्लीनतीर्थं च स्वर्लीनेश्वर सन्निधौ

Ici, l’on dit que le Seigneur Umāpati (Śiva) lui-même s’est fondu, venu du Svarga. C’est pourquoi on l’appelle le Svarlīna Tīrtha, auprès de Svarlīneśvara.

Verse 32

तत्र स्नानेन दानेन श्रद्धया द्विजभोजनैः । जपहोमार्चनैः पुंसामक्षयं सर्वमेव हि

Là—par le bain rituel, l’aumône, les actes accomplis avec foi, le repas offert aux brāhmaṇas, et par le japa, le homa et le culte—tout devient pour l’homme un mérite impérissable.

Verse 33

महिषासुरतीर्थं च तत्समीपेति पावनम् । यत्र तप्त्वा स दैत्येंद्रो विजिग्ये सकलान्सुरान्

Tout près se trouve le tīrtha purificateur de Mahīṣāsura ; là, après de rudes austérités, le seigneur des Dānavas triompha de tous les dieux.

Verse 34

तत्तीर्थसेवकोद्यापि नारिभिः परिभूयते । न पातकैर्महद्भिश्च प्रार्थितं च फलं लभेत्

Même si celui qui sert ce tīrtha est méprisé par les femmes, il n’est pas souillé par de grands péchés ; et il obtient le fruit qu’il implore.

Verse 35

बाणतीर्थं च तस्यारात्तत्सहस्रभुजप्रदम् । तत्र स्नातो नरो भक्तिं प्राप्नुयाच्छांभवीं स्थिराम्

Tout près se trouve le Bāṇa Tīrtha, qui confère « mille bras », c’est-à-dire une puissance et une aptitude extraordinaires. Celui qui s’y baigne obtient une dévotion inébranlable à Śambhu (Śiva).

Verse 36

गोप्रतारेश्वरं नाम तदग्रे तीर्थमुत्तमम् । अपुत्रोपि तरेद्यत्र स्नातो वैतरणीं सुखम्

Devant lui se trouve l’excellent tīrtha nommé Gopratāreśvara. En s’y baignant, même un homme sans fils traverse aisément la Vaitaraṇī.

Verse 37

तीर्थं हिरण्यगर्भाख्यं तद्याम्ये सर्वपापहृत् । तत्र स्नातो हिरण्येन मुच्यते न कदाचन

Au sud se trouve le tīrtha nommé Hiraṇyagarbha, qui enlève tous les péchés. Celui qui s’y baigne n’est plus jamais lié par « l’or », c’est-à-dire par les entraves de la richesse et de l’attachement.

Verse 38

ततः प्रणवतीर्थं च सर्वतीर्थोत्तमोत्तमम् । जीवन्मुक्तो भवेत्तत्र स्नानमात्रेण मानवः

Vient ensuite le Pranava Tīrtha, le plus sublime des lieux saints. Par le seul bain en ce lieu, l’homme devient jīvanmukta, libéré tout en vivant.

Verse 39

ततः पिशंगिला तीर्थं दर्शनादपि पापहृत् । मुने ममाधिष्ठानं वै तदगस्तेऽति सिद्धिदम्

Vient ensuite le gué sacré nommé Piśaṃgilā ; sa seule vue même enlève le péché. Ô sage, ce lieu est vraiment Ma demeure—connue de toi, Agastya—dispensatrice de l’accomplissement suprême.

Verse 40

स्नात्वा पिशंगिला तीर्थे दत्त्वा दानं च किंचन । किं शोचति कृतात्पापादन्यत्रापि मृतो यदि

Après s’être baigné au Piśaṃgilā Tīrtha et avoir offert quelque don, pourquoi l’homme s’affligerait-il des fautes jadis commises, même s’il venait à mourir ailleurs ?

Verse 41

यो वै पिशंगिला तीर्थे स्नात्वा मामर्चयिष्यति । भविष्यति स मे मित्त्रं मित्रतेजः समप्रभम्

Quiconque se baigne au Piśaṃgilā Tīrtha et M’y adore devient Mon ami, rayonnant de l’éclat même de l’amitié.

Verse 42

ततस्त्रैविष्टपीदृष्टि निर्मलीकृत पुष्कलम् । तीर्थं पिलिपिलाख्यं वै मनोमलविनाशनम्

Vient ensuite le tīrtha abondant nommé Pilipilā, rendu pur par la vision des dieux du ciel, et qui détruit les souillures du mental.

Verse 43

तत्र श्राद्धादिकरणाद्दीनानाथ प्रतर्पणात् । महतीं श्रियमाप्नोति मानवोतीव निश्चलाम्

Là, en accomplissant le śrāddha et les rites qui s’y rattachent, et en rassasiant les pauvres et les sans-protection, l’homme obtient une grande prospérité, stable et durable.

Verse 44

ततो नागेश्वरं तीर्थं महाघपरिशोधनम् । तत्तीर्थमज्जनादेव भवेत्सर्वाघसंक्षयः

Vient ensuite le tīrtha de Nāgeśvara, qui purifie les grands péchés. Par la seule immersion dans cette eau sacrée, tout péché est anéanti.

Verse 45

तद्दक्षिणे महापुण्यं कर्णादित्याख्यमुत्तमम् । तीर्थं यत्राप्लुतो मर्त्यो भास्करीं श्रियमावहेत्

Au sud de celui-ci se trouve le tīrtha, suprêmement excellent et hautement méritoire, nommé Karṇāditya. Le mortel qui s’y baigne attire à lui l’éclat solaire et la prospérité.

Verse 46

ततो भैरवतीर्थं च महाघौघक्षयप्रदम् । चतुरर्थोदयकरं सर्वविघ्ननिवारणम्

Vient ensuite le Bhairava Tīrtha, qui anéantit des flots de grands péchés. Il fait s’élever les quatre buts de la vie et écarte tout obstacle.

Verse 47

भौमाष्टम्यां तत्र नरः स्नात्वा संतर्पयेत्पितॄन् । दृष्ट्वा च भैरवं कालं कलिं कालं च संजयेत्

Lors de la Bhāuma Aṣṭamī, l’homme doit s’y baigner et contenter les ancêtres par des offrandes. Et, ayant contemplé Bhairava—le Temps lui-même—il triomphe de Kali et même du Temps.

Verse 48

तीर्थं खर्वनृसिंहाख्यं तीर्थाद्भरवतः पुरः । तत्र स्नातस्य वै पुंसः कुतोघजनितं भयम्

Devant le tīrtha de Bhairava se trouve le gué sacré nommé Kharva-Nṛsiṃha. Pour l’homme qui s’y baigne, comment la peur née du péché pourrait-elle subsister ?

Verse 49

मृकंडस्य मुनेस्तीर्थं तद्याम्यामतिनिर्मलम । तत्र स्नानेन मर्त्यानां नापायमरणं क्वचित्

Au sud se trouve le tīrtha du sage Mṛkaṇḍa, d’une pureté extrême. Par le bain en ce lieu, les mortels ne rencontrent jamais une mort de calamité ni de mauvais présage.

Verse 50

ततः पंचनदाख्यं वै सर्वतीर्थनिषेवितम् । तीर्थं यत्र नरः स्नात्वा न संसारी पुनर्भवेत्

Ensuite vient le tīrtha nommé Pañcanada, fréquenté par tous les lieux saints. Celui qui s’y baigne ne se trouve plus lié au saṃsāra, le cycle des renaissances.

Verse 51

ब्रह्मांडोदरवर्तीनि यानि तीर्थानि सर्वतः । ऊर्जे यत्र समायांति स्वाघौघ परिनुत्तये

Quels que soient les tīrthas existant dans toute l’immense étendue du cosmos, tous s’y rassemblent au mois d’Ūrja afin de chasser leur propre amas de péchés.

Verse 52

सर्वदा यत्र सर्वाणि दशम्यादिदिनत्रयम् । तिष्ठंति तीर्थवर्याणि निजनैर्मल्यहेतवे

Là, en tout temps, les tīrthas les plus éminents demeurent durant les trois jours commençant par la Daśamī, pour leur propre purification.

Verse 53

भूरिशः सर्वतीर्थानि मध्य काशि पदेपदे । परं पांचनदः कैश्चिन्महिमानापि कुत्रचित्

Au cœur même de Kāśī, à chaque pas se trouvent d’innombrables tīrthas. Pourtant Pañcanada est suprême : certains disent que sa mahimā n’a d’égal nulle part.

Verse 54

अप्येकं कार्तिकस्याहस्तत्र वै सफलीकृतम् । जपहोमार्चनादानैः कृतकृत्यास्त एव हि

Même un seul jour de Kārtika passé là devient vraiment fécond. Par le japa, le homa, le culte et le don, ces gens sont assurément accomplis en devoir et en dessein.

Verse 55

सर्वाण्यपि च तीर्थानि युगपत्तुलितान्यपि । नाधिजन्मुः पंचनद्याः कलाया अपि तुल्यताम्

Quand bien même tous les tīrthas seraient pesés ensemble d’un seul coup, ils n’atteindraient pas l’égalité avec ne fût-ce qu’une parcelle du mérite et de la gloire de Pañcanadā.

Verse 56

स्नात्वा पांचनदे तीर्थे दृष्ट्वा वै बिंदुमाधवम् । न जातु जायते धीमाञ्जननी जठराजिरे

Après s’être baigné au tīrtha de Pañcanada et avoir contemplé Bindu-Mādhava, le sage ne renaît jamais plus dans le ventre, cette prison du sein maternel.

Verse 57

ततो ज्ञानहदं तीर्थं जडानामपि जाड्यहृत् । तत्र स्नातो नरो जातु ज्ञानभ्रंशं न चाप्नुयात्

Vient ensuite le tīrtha nommé Jñāna-hada, qui ôte la lourdeur même aux lourds d’esprit. L’homme qui s’y baigne ne subit jamais de déchéance de la connaissance.

Verse 58

तत्र ज्ञानह्रदे स्नात्वा दृष्ट्वा ज्ञानेश्वरं नरः । ज्ञानं तदधिगच्छेद्वै येन नो बाध्यते पुनः

Là, après s’être baigné dans le Jñāna-hrada et avoir contemplé Jñāneśvara, l’homme obtient vraiment cette connaissance par laquelle il n’est plus jamais tourmenté.

Verse 59

ततोस्ति मंगलं तीर्थं सर्वामंगलनाशनम् । तत्रावगाहनं कृत्वा भवेन्मंगलभाजनम्

Ensuite se trouve le tīrtha sacré nommé Maṅgala, qui détruit toute infortune. En s’y immergeant pour s’y baigner, on devient un réceptacle digne de l’auspice.

Verse 60

अमंगलानि नश्येयुर्भवेयुर्मंगलानि च । स्नातुर्वै मंगले तीर्थे नमस्कर्तुश्च मंगलम्

Les malheurs s’évanouissent et les biens auspices naissent. Pour celui qui se baigne au tīrtha de Maṅgala—et pour celui qui s’y prosterne avec révérence—l’auspice est assuré.

Verse 61

मयूखमालिनस्तीर्थं तदग्रे मलनाशनम् । तत्राप्लुतो गभस्तीशं विलोक्य विमलो भवेत्

Il est un tīrtha nommé Mayūkhamālin ; devant lui se trouve le gué appelé Malanāśana, « Destructeur d’impureté ». En s’y baignant et en contemplant Gabhastīśa, on devient sans tache.

Verse 62

मखतीर्थं तु तत्रैव मखैश्वर समीपतः । मखजं पुण्यमाप्नोति तत्र स्नातो नरोत्तमः

Là même se trouve le Makha-tīrtha, près de Makheśvara. Le meilleur des hommes qui s’y baigne obtient le mérite né du sacrifice et du culte.

Verse 63

तत्पार्श्वे बिंदुतीर्थं च परमज्ञानकारणम् । तत्र श्राद्धादिकं कृत्वा लभेत्सुकृतमुत्तमम्

À ses côtés se trouve le Bindu-tīrtha, source de la connaissance suprême. Celui qui y accomplit le śrāddha et les rites connexes obtient le plus haut trésor de mérite spirituel.

Verse 64

पिप्पलादस्य च मुनेस्तीर्थं तद्याम्यदिक्स्थितम् । स्नात्वा शनेर्दिने तत्र दृष्ट्वावै पिप्पलेश्वरम्

Il y a aussi le tīrtha du sage Pippalāda, situé au sud. Après s’y être baigné le jour de Śani (samedi) et avoir, en vérité, contemplé Pippaleśvara, (on obtient le fruit annoncé).

Verse 65

पिप्पलं तत्र सेवित्वा अश्वत्थ इति मंत्रतः । शनिपीडां न लभते दुःस्वप्नं चापि नाशयेत्

En servant là l’arbre pippala tout en récitant le mantra «aśvattha», on ne subit pas l’affliction de Śani, et l’on dissipe aussi les mauvais rêves.

Verse 66

ततस्ताम्रवराहाख्यं तीर्थं चैवातिपावनम् । यत्र स्नानेन दानेन न मज्जेदघसागरे

Vient ensuite le tīrtha très purificateur nommé Tāmra-varāha. Par le bain rituel et la dāna (aumône) en ce lieu, on ne sombre pas dans l’océan du péché.

Verse 67

तदग्रे कालगंगा च कलिकल्मषनाशिनी । तस्यां स्नात्वा नरो धीमांस्तत्क्षणान्निरघो भवेत्

Devant cela se trouve Kāla-gaṅgā, qui détruit les souillures de l’âge de Kali. L’homme avisé qui s’y baigne devient sans péché à l’instant même.

Verse 68

इंद्रद्युम्नं महातीर्थमिंद्रद्युम्नेश्वराग्रतः । तोयकृत्यं तत्र कृत्वा लोकमैंद्रमवाप्नुयात

Indradyumna est un grand tīrtha, situé devant Indradyumneśvara. Après y accomplir les rites de l’eau, on peut atteindre le monde d’Indra.

Verse 69

ततस्तु रामतीर्थं च वीररामेश्वराग्रतः । तत्तीर्थस्नानमात्रेण वैष्णवं लोकमाप्नुयात्

Vient ensuite Rāma-tīrtha, devant Vīra-Rāmeśvara. Par le seul bain en ce gué sacré, on atteint le monde vaiṣṇava, le royaume divin de Viṣṇu.

Verse 70

तत ऐक्ष्वाकवं तीर्थं सर्वाघौघविनाशनम् । तत्र स्नानेन पूतात्मा जायते मनुजोत्तमः

Vient ensuite l’Aikṣvāka-tīrtha, qui détruit les flots de tous les péchés. En s’y baignant, l’homme est purifié dans son âme et devient le meilleur des hommes.

Verse 71

मरुत्ततीर्थं तत्प्रांते मरुत्तेश्वरसन्निधो । तत्र स्नात्वा तमर्च्येशं महदैश्वर्यमाप्नुयात्

À sa lisière se trouve Marutta-tīrtha, près de Marutteśvara. En s’y baignant et en vénérant ce Seigneur, on obtient grande prospérité et puissance seigneuriale.

Verse 72

मैत्रावरुणतीर्थं च ततः पातकनाशनम् । तत्र पिंडप्रदानेन पितॄणां भवति प्रियः

Vient ensuite Maitrāvaruṇa-tīrtha, qui détruit les péchés. En y offrant des piṇḍas, on devient cher aux Pitṛs, les esprits des ancêtres.

Verse 73

ततोग्नितीर्थविमलमग्नीश पुरतो महत् । अग्निलोकमवाप्नोति तत्तीर्थपरिमज्जनात्

Ensuite se trouve l’Agni-tīrtha sans tache, le grand, devant Agnīśa. En s’immergeant dans ce tīrtha sacré, le dévot atteint le monde d’Agni.

Verse 74

अंगारतीर्थं तत्रैव अंगारेश्वरसन्निधौ । तत्रांगार चतुर्थ्यां नु स्नात्वा निष्पापतामियात्

Là même se trouve l’Aṅgāra-tīrtha, près d’Aṅgāreśvara. En s’y baignant au jour d’Aṅgāra-caturthī, on devient sans péché.

Verse 75

ततो वै कलितीर्थं च कलशेश्वरसन्निधौ । स्नात्वा तल्लिंगमभ्यर्च्य कलिकालान्न बिभ्यति

Ensuite, certes, se trouve le Kali-tīrtha, près de Kalaśeśvara. Après s’y être baigné et avoir vénéré ce liṅga, on ne craint pas les tourments de l’âge de Kali.

Verse 76

चंद्रतीर्थं च तत्रैव चंद्रेश्वरसमीपतः । तत्र स्नात्वार्च्य चंद्रेशं चंद्रलोकमवाप्नुयात्

Là même se trouve le Candra-tīrtha, près de Candra-īśvara. En s’y baignant et en vénérant Candra-īśvara, on atteint le monde de la Lune.

Verse 77

तदग्रे वीरतीर्थं च वीरेश्वर समीपतः । यदुक्तं प्राक्तवपुरस्तीर्थानामुत्तमं परम्

Devant cela se trouve le Vīra-tīrtha, près de Vīreśvara—dont il fut dit auparavant : il est le suprême, le plus excellent des tīrthas.

Verse 78

विघ्नेशतीर्थं च ततः सर्वविघ्नविघातकृत् । जातुचित्तत्र संस्नातो न विघ्नैरभिभूयते

Vient ensuite le tīrtha de Vighneśa, qui anéantit tout obstacle. Quiconque s’y baigne n’est jamais terrassé par les empêchements.

Verse 79

हरिश्चंद्रस्य राजर्षस्ततस्तीर्थमनुत्तमम् । यत्र स्नातो नरो जातु न सत्याच्चयवते कचित्

Vient ensuite l’incomparable tīrtha du roi-sage Hariścandra. L’homme qui s’y baigne ne déchoit jamais, à aucun moment, de la vérité.

Verse 80

हरिश्चंद्रस्य तीर्थे तु यच्छ्रेयः समुपार्जितम् । तदक्षयफलं वीर इह लोके परत्र च

Tout mérite acquis au tīrtha de Hariścandra—ô héros—porte un fruit impérissable, ici-bas comme dans l’au-delà.

Verse 81

ततः पर्वततीर्थं च पर्वतेश समीपतः । सर्वपर्वफलं तस्य स्नात्वा पर्वण्यपर्वणि

Vient ensuite le Parvata-tīrtha, près de Parvateśa. En s’y baignant—jour de fête ou non—on obtient le mérite de toutes les dates sacrées.

Verse 82

कंबलाश्वतरं तीर्थं तत्र सर्वविषापहम् । तत्र स्नातो भवेन्मर्त्यो गीतविद्याविशारदः

Vient ensuite le tīrtha nommé Kambalāśvatara, qui ôte tous les poisons. Celui qui s’y baigne devient expert dans la science du chant et du savoir.

Verse 83

ततः सारस्वतं तीर्थं सर्वविद्योपपादकम् । तिष्ठेयुः पितरस्तत्र सह देवर्षिमानवैः

Vient ensuite le Sārasvata-tīrtha, dispensateur de toutes les branches du savoir. Là demeurent les Pitṛs, avec les ṛṣis divins et les hommes exemplaires.

Verse 84

उमातीर्थं तु तत्रैव सर्वशक्तिसमन्वितम् । औमेयलोकप्राप्त्यै स्यात्स्नानमात्रेण निश्चितम्

Là même se trouve l’Umā-tīrtha, doté de toutes les puissances. Par le seul bain, l’accès au monde divin d’Umā est assuré.

Verse 85

ततस्त्रिलोकी विख्यातं त्रिलोक्युद्धरणक्षमम् । तीर्थं श्रेष्ठतरं वीर यदाख्या मणिकर्णिका

Vient ensuite ce tīrtha souverainement excellent, renommé dans les trois mondes et capable de relever les trois mondes, ô héros, nommé Maṇikarṇikā.

Verse 86

चक्रपुष्करिणीतीर्थं तदादौ विष्णुना कृतम् । तदाख्या कर्णनादेव सर्वैः पापैः प्रमुच्यते

Le tīrtha nommé Cakrapuṣkariṇī fut jadis façonné par Viṣṇu. Par la seule audition de son nom, on est délivré de tous les péchés.

Verse 87

स्वर्गौकसस्त्रिसंध्यं वै जपंति मणिकर्णिकाम् । यन्नामग्रहणं पुंसां श्रेयसं परमाय हि

Les habitants du ciel, en vérité, répètent « Maṇikarṇikā » aux trois jonctions du jour. Car la seule invocation de son nom mène les hommes au bien suprême.

Verse 88

यैः श्रुता यैः स्मृता वीर यैर्दृष्टा मणिकर्णिका । त एव कृतिनो लोके कृतकृत्यास्त एव हि

Ô héros, ceux qui ont entendu parler de Maṇikarṇikā, qui s’en sont souvenus ou l’ont vue—eux seuls sont vraiment bénis en ce monde; eux seuls ont accompli le but de la vie.

Verse 89

त्रिलोके ये जपंतीह मानवा मणिकर्णिकाम् । जपामि तानहं वीर त्रिकालं पुण्यकर्मणः

Ô héros, les hommes des trois mondes qui, ici, répètent en japa le nom de Maṇikarṇikā—ceux-là, je les commémore et les récite moi-même trois fois par jour, comme auteurs d’actes saints.

Verse 90

इष्टं तेन महायज्ञैः सहस्रशतदक्षिणैः । पंचाक्षरी महाविद्या येनोक्ता मणिकर्णिका

Par lui ont été accomplis comme il se doit de grands yajñas, avec des dons de centaines et de milliers en dakṣiṇā; et par lui a été prononcée la Grande Mantra à cinq syllabes—Maṇikarṇikā.

Verse 91

महादानानि दत्तानि तेन वै पुण्यकर्मणा । येनाहमर्चितो वीर संप्राप्य मणिकर्णिकाम्

Par cet homme véritablement méritant ont été offerts de grands dānas; car, ô héros, parvenu à Maṇikarṇikā, il m’y a rendu un culte.

Verse 92

मणिकर्ण्यंबुभिर्येन तर्पिताः प्रपितामहाः । तेन श्राद्धानि दत्तानि गयायां मधुपायसैः

Celui par qui les ancêtres furent apaisés par les eaux de Maṇikarṇikā—par lui, comme à Gayā, fut offert le śrāddha avec du payasa adouci de miel.

Verse 93

मणिकर्णीजलं येन संपीतं शुद्धबुद्धिना । किं तस्य सोमपानैस्तैः पुनरावृत्तिलक्षणैः

Celui qui, l’intelligence purifiée, a bu l’eau de Maṇikarṇikā, quel besoin a-t-il de ces breuvages de Soma qui portent encore la marque du retour (à la renaissance) ?

Verse 94

ते स्नाताः सर्वतीर्थेषु महापर्वसुभूरिशः । तथा च सर्वावभृथैर्यैः स्नाता मणिकर्णिका

Ils se sont baignés en tous les lieux saints lors d’innombrables grandes fêtes; et ils ont accompli tous les bains conclusifs des sacrifices : ceux qui se sont baignés à Maṇikarṇikā.

Verse 95

तैः सुराः पूजिताः सर्वे ब्रह्मविष्णुमुखा मखैः । यैः स्वर्णकुसुमैरत्नैरर्चिता मणिकर्णिका

Par eux, tous les dieux—Brahmā et Viṣṇu en tête—ont été honorés par des sacrifices; car ils ont adoré Maṇikarṇikā avec des fleurs d’or et des joyaux.

Verse 96

अहं तेनोमया सार्धं दीक्षां संप्राप्य शांभवीम् । अर्चितः प्रत्यहं येन पूजिता णिकर्णिका

Ayant reçu, avec Umā, l’initiation Śāmbhavī, je suis adoré par lui chaque jour; et Maṇikarṇikā aussi est vénérée par lui.

Verse 97

तपांसि तेन तप्तानि शीर्णपर्णादिना चिरम् । सेविता श्रद्धया येन श्रीमती मणिकर्णिका

Par lui, des austérités ont été pratiquées longtemps, se nourrissant de feuilles desséchées et autres; et avec foi il a servi l’auspicieuse Maṇikarṇikā.

Verse 98

दत्त्वा दानानि भूरीणि मखानिष्ट्वा तु भूरिशः । चिरं तप्त्वाप्यरण्येषु स्वर्गैश्वर्यान्महीं पुनः

Même après avoir offert d’innombrables dons, accompli maints yajñas et pratiqué de longues austérités dans les forêts, après avoir goûté aux splendeurs souveraines du Svarga, l’être revient encore sur la terre.

Verse 99

विपुलेत्र महीपृष्ठे पंचक्रोश्यां मनोहरा । संश्रिता मणिकर्णीयैस्ते याताश्चानिवर्तकाः

Sur cette vaste étendue de la terre, au sein de la ravissante Pañcakrośī —le circuit sacré de Kāśī—, ceux qui prennent refuge auprès des dévots de Maṇikarṇikā poursuivent leur route sans retour, obtenant la délivrance ultime.

Verse 100

दानानां च व्रतानां च क्रतूनां तपसामपि । इदमेव फलं मन्ये यदाप्या मणिकर्णिका

Des aumônes, des vœux, des sacrifices et même des austérités, voici, je le tiens, l’unique vrai fruit : parvenir à Maṇikarṇikā et toucher ses eaux saintes.

Verse 110

एतेषामपि तीर्थानां चतुर्णामपि सत्तम । पंचमं मणिकर्ण्याख्यं मनावेयवशुद्धिदम्

Ô le meilleur des vertueux, même parmi ces quatre tīrthas, il en est un cinquième nommé Maṇikarṇī (Maṇikarṇikā), qui accorde une purification parfaite, jusque dans l’intime de l’être, rendant l’esprit et le corps sans tache.

Verse 117

इति वीरेश्वराख्यानं तीर्थाख्यानप्रसंगतः । कथितं ते पुरागस्ते कामेशं कथयाम्यतः

Ainsi, au fil du récit des tīrthas, je t’ai exposé, ô Agastya, l’histoire de Vīreśvara. Maintenant, après cela, je vais te narrer la gloire de Kāmeśa.