
Sanātana instruit Nārada des vratas du jour de Pañcamī comme d’un cycle annuel bien ordonné. Le chapitre s’ouvre sur Caitra Śukla Pañcamī : Matsya Jayantī et Śrīpañcamī, avec le culte de Śrī Lakṣmī par des offrandes parfumées et du riz sucré. Il énumère ensuite d’autres observances de Pañcamī (Pṛthvī-, Cāndra-, Hayagrīva-vrata) et des rites propres à chaque mois : adoration de Śeṣa/Ananta (Vaiśākha), culte des Pitṛs avec repas offert aux brāhmaṇas (Jyeṣṭha), et rite particulier de Vāyu en Āṣāḍha avec bannière à cinq couleurs, culte des loka-pālas, jeûne selon les yāmas et confirmation par le rêve ; en cas de présages néfastes, on intensifie le jeûne pour Śiva et l’on nourrit huit brāhmaṇas. Le Annāvrata de Śrāvaṇa Kṛṣṇa Pañcamī est détaillé : préparer la nourriture et l’asperger, honorer Pitṛs et Ṛṣis, donner à manger aux suppliants, adorer le liṅga au pradoṣa avec japa du pañcākṣarī, et prier pour l’abondance des grains ; Śrāvaṇa Śukla Pañcamī ajoute le culte d’Indrāṇī et le dāna de richesses. En Bhādrapada : offrandes de lait aux Nāgas (Kṛṣṇa Pañcamī) et vœu de sept ans centré sur les Saptarṣis—autel d’argile, arghya, grains non cultivés, images d’or, bain au pañcāmṛta, homa, honneurs au guru et aux brāhmaṇas—menant au mérite d’un vimāna céleste. Les mois suivants prescrivent Upāṅga-Lalitā Vrata (Āśvina), Jayā-vrata (Kārttika) avec bain purificateur et destruction des péchés, culte des Nāgas pour l’intrépidité (Mārgaśīrṣa) et adoration de Viṣṇu (Pauṣa). La conclusion généralise : à chaque Pañcamī mensuelle, dans les deux quinzaines, le culte des Pitṛs et des Nāgas est bénéfique.
Verse 1
सनातन उवाच । श्रृणु विप्र प्रवक्ष्यामि पंचम्यास्ते व्रतान्यहम् । यानि भक्त्या समास्थाय सर्वान्कामानवाप्नुयात् ॥ १ ॥
Sanātana dit : «Écoute, ô brāhmaṇa. Je vais exposer les vœux (vrata) du jour de Pañcamī ; celui qui les observe avec bhakti peut obtenir tous les buts désirés.»
Verse 2
प्रोक्ता मत्स्यजयंती तु पंचमी मधुशुक्लगा । अस्यां मत्स्यावतारार्चा भक्तैः कार्या महोत्सवा ॥ २ ॥
Il est proclamé que la Matsya Jayantī tombe au jour de Pañcamī, dans la quinzaine claire du mois de Madhu (Caitra). Ce jour-là, les dévots doivent accomplir, en grande fête, le culte de l’avatāra Matsya du Seigneur Viṣṇu.
Verse 3
श्रीपंचमीति चैषोक्ता तत्र कार्यं श्रियोऽर्चनम् । गंधाद्यैरुपचारैस्तु नैवेद्यैः पायसादिभिः ॥ ३ ॥
Cette observance est appelée « Śrīpañcamī ». En cette occasion, on doit accomplir l’adoration de Śrī (Lakṣmī), en offrant des substances parfumées et d’autres services rituels, ainsi que des offrandes de nourriture telles que le pāyasa (riz au lait sucré) et autres.
Verse 4
यो लक्ष्मीं पूजयेच्चात्र तं वै लक्ष्मीर्न मुंचति । पृथ्वीव्रतं तथा चांद्रं हयग्रीवव्रतं तथा ॥ ४ ॥
Quiconque adore ici Lakṣmī, Lakṣmī, en vérité, ne l’abandonne pas. De même sont prescrits le Pṛthvī-vrata, le Cāndra-vrata et le Hayagrīva-vrata.
Verse 5
कार्यं तत्तद्विधानेन तत्तत्सिद्धिमभीप्सुभिः । अथ वैशाखपंचम्यां शेषं चाभ्यर्च्य मानवः ॥ ५ ॥
Ceux qui désirent la réussite dans chaque entreprise doivent l’accomplir selon la règle qui lui est propre. Puis, au cinquième jour (pañcamī) du mois de Vaiśākha, l’homme doit aussi adorer Śeṣa (Ananta).
Verse 6
सर्वैर्नागगणैर्युक्तमभीष्टं लभते फलम् । तथा ज्येष्ठस्य पंचम्यां पितॄनभ्यर्चयेत्सुधीः ॥ ६ ॥
Comblé de la grâce de toutes les cohortes de Nāgas, on obtient le fruit désiré. De même, au cinquième jour (pañcamī) du mois de Jyeṣṭha, le sage doit adorer les Pitṛs (ancêtres).
Verse 7
सर्वकामफलावाप्तिर्भवेद्वै विप्रभोजनैः । अथाषाढस्य पंचम्यां वायुं सर्वगतं मुने ॥ ७ ॥
En vérité, en nourrissant les brāhmaṇas, on obtient les fruits de tous les désirs. Puis, ô sage, au cinquième jour (pañcamī) du mois d’Āṣāḍha, on doit adorer Vāyu, le Vent qui pénètre partout.
Verse 8
ग्रामाद्बहिर्विनिर्गत्य धरोपस्थे समास्तितः । ध्वजं च पंचवर्णं तु वंशदंडाग्रसंस्थितम् ॥ ८ ॥
Étant sorti hors du village, il s’assit sur la terre; et là il dressa une bannière aux cinq couleurs, fixée au sommet d’une hampe de bambou.
Verse 9
समुच्छ्रितं निदध्यात्तु कल्पिताब्जे तु मध्यतः । ततस्तन्मूलदेशे तु दिक्षु सर्वासु नारद ॥ ९ ॥
Qu’on le médite comme s’élevant au-dessus, placé au centre du lotus imaginé. Puis, ô Nārada, dans la région de sa racine, en toutes les directions alentour, qu’on poursuive la contemplation selon la règle.
Verse 10
लोकपालान्समभ्यर्च्य कुर्याद्वायुपरीक्षणम् । प्रथमादिषु यामेषु यो यो वायुः प्रवर्तते ॥ १० ॥
Après avoir honoré comme il se doit les Gardiens des Mondes (Lokapālas), qu’on procède à l’examen des souffles vitaux (vāyu). Au premier yāma et aux suivants, qu’on observe quel vāyu se met en action.
Verse 11
तस्मै तस्मै दिगीशाय पूजां सम्यक् प्रकल्पयेत् । एवं स्थित्वा निराहारस्तत्र यामचतुष्टयम् ॥ ११ ॥
À chaque Seigneur des Directions (Digīśa), qu’on prépare et accomplisse le culte comme il convient. Demeurant ainsi, à jeun, qu’on reste là durant quatre yāmas (un jour et une nuit).
Verse 12
सायमागत्य गेहं स्वं भुक्त्वा स्वल्पं समाहितः । लोकपालान्नमस्कृत्य स्वप्याद्भूमितले शुचौ ॥ १२ ॥
Le soir, revenant chez lui, après avoir mangé un peu l’esprit recueilli, qu’il s’incline devant les Lokapālas et dorme sur la terre pure et propre.
Verse 13
यः स्वप्नो जायते तस्यां रात्रौ यामे चतुर्थके । स एव भविता नूनं स्वप्न इत्याह वै शिवः ॥ १३ ॥
Le rêve qui naît durant la quatrième veille de la nuit s’accomplira à coup sûr—ainsi Śiva l’enseigne au sujet des songes.
Verse 14
अशुभे तु समुत्पन्ने शिवपूजापरायणः । सोपवासो नयेदष्टयामं तद्दिनमेव वा ॥ १४ ॥
Mais lorsqu’un signe néfaste survient, celui qui se voue au culte de Śiva doit observer l’upavāsa (jeûne) et demeurer dans cette discipline durant huit yāmas (un jour entier) ou du moins ce jour-là même.
Verse 15
भोजयित्वा द्विजानष्टौ ततः शुभफलं लभेत् । व्रतमेतत्समुदितं शुभाशुभनिदर्शनम् ॥ १५ ॥
Après avoir nourri huit dvija (brāhmaṇa), on obtient alors un fruit auspiceux. Ce vœu est proclamé comme révélant à la fois l’heureux et le néfaste.
Verse 16
नृणां सौभाग्यजनकमिह लोके परत्र च । श्रावणे कृष्णपंचम्यां व्रतं ह्यन्नसमृद्धिदम् ॥ १६ ॥
Pour les êtres humains, ce vœu engendre la bonne fortune, ici-bas comme dans l’au-delà. Observé au mois de Śrāvaṇa, au jour de kṛṣṇa-pañcamī (cinquième de la quinzaine sombre), il accorde l’abondance de nourriture et de grains.
Verse 17
चतुर्थ्यां दिनशेषे तु सर्वाण्यन्नानि नारद । पृथक् पात्रेषु संस्थाप्य जलैराप्लावयेत्सुधीः ॥ १७ ॥
Ô Nārada, au jour de caturthī, lorsque le jour touche à sa fin, le sage doit disposer toutes les nourritures préparées dans des récipients distincts, puis les asperger d’eau avec soin.
Verse 18
ततो पात्रांतरे तत्तु निष्कास्यांबु निधापयेत् । प्रातर्भानौ समुदिते पितॄंश्चैव तथा ऋषीन् ॥ १८ ॥
Ensuite, ayant transvasé cette eau dans un autre récipient, qu’on la mette de côté. Le matin, lorsque le soleil s’est levé, qu’on rende hommage aux Pitṛs (ancêtres) et de même aux Ṛṣis (sages).
Verse 19
देवांश्चाभ्यर्च्य सुस्नातं कृत्वा नैवेद्यमग्रतः । तदन्नं याचकेभ्यस्तु प्रयच्छेत्प्रीतमानसः ॥ १९ ॥
Après avoir adoré les dieux, s’être bien baigné et avoir placé devant soi l’offrande de nourriture (naivedya), qu’on donne ensuite cette nourriture, l’esprit joyeux, à ceux qui la demandent.
Verse 20
सर्वं दिनं क्षिपेदेवं प्रदोषे तु शिवालये । गत्वा संपूजयेद्देवं लिंगरूपिणमीश्वरम् ॥ २० ॥
Ainsi doit-on passer toute la journée ; puis, au pradoṣa (l’heure du crépuscule), en se rendant au temple de Śiva, qu’on adore comme il se doit le Seigneur—Īśvara—présent sous la forme du liṅga.
Verse 21
गंधपुष्पादिभिः सम्यक्पूजयित्वा महेश्वरम् । जपेत्पञ्चाक्षरी विद्यां शतं चापि सहस्रकम् ॥ २१ ॥
Après avoir honoré Maheśvara comme il convient avec parfums, fleurs et autres offrandes, qu’on récite la vidyā aux cinq syllabes (pañcākṣarī) cent fois, voire mille fois.
Verse 22
जपं निवेद्य देवाय भवाय भवरूपिणे । स्तुत्वा सर्वैर्वौदिकैश्च पौराणैश्चाप्यनाकुलः ॥ २२ ॥
Ayant offert sa récitation (japa) au Seigneur—Bhava, qui transcende et pourtant assume la forme du devenir—, il Le loua ensuite, l’esprit sans trouble, par tous les hymnes védiques et aussi purāṇiques.
Verse 23
प्रार्थयेद्देवमीशानं शश्वत्सर्वान्नसिद्धये । शारदीयानि चान्नानि तथा वासंतिकान्यपि ॥ २३ ॥
Qu’on prie sans cesse le Seigneur souverain, Īśāna, afin d’obtenir infailliblement toutes les provisions de grains—celles de l’automne comme celles du printemps.
Verse 24
यानि स्युस्तैः समृद्धोऽहं भूयां जन्मनि जन्मनि । एवं संप्रार्थ्य देवेशं गृहमागत्य वै स्वकम् ॥ २४ ॥
«Puissé-je être comblé de ces mêmes bénédictions et prospérer par elles, naissance après naissance.» Ayant ainsi prié avec ferveur le Seigneur des dieux, il revint dans sa propre demeure.
Verse 25
दत्वान्नं ब्राह्मणादिभ्यः पक्वं भुञ्जीत वाग्यतः । एतदन्नव्रतं विप्र विधिनाऽचरितं नृभिः ॥ २५ ॥
Après avoir donné de la nourriture aux brāhmaṇa et aux autres, qu’on ne mange que des mets cuits, en tenant sa parole en bride. Ô brāhmaṇa, tel est l’Annāvrata, le vœu concernant la nourriture, que les hommes doivent accomplir selon la règle.
Verse 26
सर्वान्नसंपज्जनकं परलोके गतिप्रदम् । श्रावणे शुक्लपञ्चजम्यां नृभिरास्तिक्यतत्परैः ॥ २६ ॥
Au cinquième jour de la lune claire (Śukla Pañcamī) du mois de Śrāvaṇa, les hommes attachés à la foi doivent accomplir ce rite, qui engendre l’abondance de tous les grains et accorde une voie bénie dans l’au-delà.
Verse 27
द्वारस्योभयतो लेख्या गोमयेन विषोल्बणाः । गंधाद्यैः पूजयेत्तांश्च तथेंद्राणीमनंतरम् ॥ २७ ॥
De part et d’autre du seuil, qu’on trace avec de la bouse de vache des figures auspiciennes de protection, rendues puissantes contre le poison; qu’on les honore par des parfums et d’autres offrandes, puis qu’on adore Indrāṇī.
Verse 28
संपूज्य स्वर्णरूप्यादिदध्यक्षतकुशांबुभिः । गन्धैः पुष्पैस्तथा धूपैर्दीपैर्नैवेद्यसंचयैः ॥ २८ ॥
Après avoir dûment adoré (la Divinité) avec de l’or, de l’argent et autres biens, avec du caillé, l’akṣata (riz intact), l’herbe kuśa et l’eau consacrée, ainsi qu’avec des parfums, des fleurs, de l’encens, des lampes et d’abondantes offrandes de nourriture (naivedya).
Verse 29
ततः प्रदक्षिणीकृत्य तद्द्रव्यं संप्रणम्य च । संप्रार्थ्य भक्तिभावेन विप्राग्र्येषु समर्पयेत् ॥ २९ ॥
Ensuite, après avoir accompli la pradakṣiṇā (circumambulation révérencieuse) et s’être incliné devant cette offrande, qu’il prie avec un cœur de bhakti et la remette aux brāhmaṇas les plus éminents.
Verse 30
यदिदं स्वर्णरौप्यादि द्रव्यं वै विप्रसात्कृतम् । तदनंतफलं भूयान्मम जन्मनि जन्मनि ॥ ३० ॥
Quelle que soit la richesse—or, argent et autres—réellement remise à un brāhmaṇa, qu’elle devienne pour moi un fruit de mérite sans fin, naissance après naissance.
Verse 31
इत्येवं ददतो द्रव्यं भक्तिभावेन नारद । प्रसन्नः स्याद्धनाध्यक्षः स्वर्णादिकसमृद्धिदः ॥ ३१ ॥
Ainsi, ô Nārada, lorsque quelqu’un donne des biens avec un esprit de bhakti, le Seigneur qui préside aux richesses s’en trouve satisfait et accorde l’abondance en or et autres trésors.
Verse 32
एतद्व्रतं नरः कृत्वा विप्रान्संभोज्य भक्तितः । पश्चात्स्वयं च भुञ्जीत दारापत्यसुहृद्दृतः ॥ ३२ ॥
Après avoir accompli ce vœu, l’homme doit, avec dévotion, nourrir les brāhmaṇas; ensuite, il pourra lui-même prendre son repas, accompagné de son épouse, de ses enfants et de ses amis.
Verse 33
भाद्रे तु कृष्णपंचम्यां नागान् क्षीरेण तर्पयेत् ॥ ३३ ॥
Au mois de Bhādrapada, au jour de Kṛṣṇa Pañcamī (cinquième de la quinzaine sombre), qu’on satisfasse les Nāgas en leur offrant du lait en tarpaṇa.
Verse 34
यस्तस्याऽसप्तमं यावत्कुलं सर्पात्सुनिर्भयम् । भाद्रस्य शुक्लपंचम्यां पूजयेदृषिसत्तमान् ॥ ३४ ॥
Celui qui, en Bhādrapada, au jour de Śukla Pañcamī (cinquième de la quinzaine claire), vénère les ṛṣis les plus éminents, rendra sa lignée, jusqu’à la septième génération, entièrement sans crainte des serpents.
Verse 35
प्रातर्नद्यादिके स्नात्वा कृत्वा नित्यमतंद्रितः । गृहमागत्य यत्नेन वेदिकां कारयेन्मृदा ॥ ३५ ॥
À l’aube, après s’être baigné dans une rivière ou des eaux sacrées semblables, et après avoir accompli sans paresse ses devoirs quotidiens, qu’il rentre chez lui et fasse avec soin une vedikā (autel) d’argile.
Verse 36
गोमयेनोपलिप्याथ कृत्वा पुष्पोपशोभिताम् । तत्रास्तीर्य कुशान्विप्रऋषीन्सप्त समर्चयेत् ॥ ३६ ॥
Ensuite, après l’avoir enduit de bouse de vache et embelli de fleurs, qu’on y étende l’herbe kuśa et qu’on y honore comme il se doit les sept ṛṣis brāhmanes.
Verse 37
गन्धैश्च विविधैः पुष्पैर्धूपैर्दीपैः सुशोभनेः । कश्यपोऽत्रिर्भरद्वाजौ विश्वामित्रोऽथ गौतमः ॥ ३७ ॥
Magnifiquement paré de maints parfums, de fleurs variées, d’encens et de lampes—là se tenaient Kaśyapa, Atri, Bharadvāja, ainsi que Viśvāmitra, puis Gautama.
Verse 38
जमदग्निर्वसिष्ठश्च सप्तैते ऋषयः स्मृताः । एतैभ्योऽघ्य च विधिवत्कल्पयित्वा प्रदाय च ॥ ३८ ॥
Jamadagni et Vasiṣṭha—avec les autres—sont tenus en mémoire comme les sept ṛṣi. Après avoir préparé selon la règle l’arghya (offrande d’hommage), qu’on le leur présente dûment.
Verse 39
नैवेद्यं विपचेद्वीमान्श्यामाकाद्यैरकृष्टकैः । तन्निवेद्य विसृज्येमान्स्वयं चाद्यात्तदेव हि ॥ ३९ ॥
Qu’il fasse cuire le naivedya (nourriture d’offrande) pour le siège sacré de Viṣṇu avec des grains non cultivés, tels que le śyāmāka. Après l’avoir offert, qu’il les relâche, et qu’il mange lui-même de cette même nourriture.
Verse 40
अनेन विधिना सप्त वर्षाणि प्रतिवत्सरम् । कृत्वा व्रतांते वरयेदाचार्यान् सप्त वैदिकान् ॥ ४० ॥
Selon cette règle, qu’on observe ce vœu chaque année durant sept ans. À l’achèvement du vœu, qu’on honore et gratifie sept maîtres védiques (ācārya).
Verse 41
प्रतिमाः सप्तकुर्वींत सुवर्णेन स्वशक्तितः । जटिलाः साक्षसूत्राश्च कमण्डलुसमन्विताः ॥ ४१ ॥
Selon ses moyens, qu’on façonne sept images en or, les représentant en ascètes aux cheveux nattés (jaṭā), portant le cordon sacré et munis d’un kamaṇḍalu (vase à eau).
Verse 42
संस्थाप्य कलशेष्वेतांस्ताम्रेषु मृन्मयेषु वा । स्नापयेद्विधिवद्भक्त्या पृथक्पंचामृतैरपि ॥ ४२ ॥
Les ayant installés dans des kalasa rituels—de cuivre ou d’argile—qu’on les baigne selon la prescription, avec bhakti. Et qu’on les baigne aussi séparément avec le pañcāmṛta, les cinq nectars sacrés.
Verse 43
उपचारैः षोडशभिस्ततः संपूज्य भक्तितः । अर्घ्यं दत्वा ततो होमं तिलव्रीहियवादिभिः ॥ ४३ ॥
Ensuite, avec bhakti, qu’on rende un culte accompli par les seize services rituels; après avoir offert l’arghya, oblation de respect, qu’on accomplisse le homa, offrande au feu, avec sésame, riz, orge et autres grains semblables.
Verse 44
। सहस्तोमाइति ऋखा नामनन्त्रैस्तु वा पृथक् । पुण्यैर्मन्त्रैस्तथैवान्यैर्हुत्वा पूर्णाहुतिं चरेत् ॥ ४४ ॥
En récitant le verset du Ṛg nommé « Sahastomā », ou bien en accomplissant l’offrande séparément avec ses mantras propres, qu’on verse les oblations avec des mantras de bon augure et d’autres mantras prescrits, puis qu’on accomplisse la pūrṇāhuti, l’oblation finale parfaite.
Verse 45
ततस्तु सप्त गा दद्याद्वस्त्रालंकारसंयुताः । आचार्यं पूजयेज्जैव वस्त्रालंकारभूषणैः ॥ ४५ ॥
Ensuite, qu’on fasse don de sept vaches, pourvues de vêtements et d’ornements; et qu’on honore aussi l’ācārya par des vêtements, des parures et des bijoux.
Verse 46
अनुज्ञया गुरोः पश्चान्मूर्तीर्विप्रेषु चार्पयेत् । भोजयित्वा तु तान्भक्त्या प्रणिपत्य विसर्जयेत् ॥ ४६ ॥
Après avoir obtenu la permission du guru, qu’on remette les mūrtis, images sacrées, aux brāhmaṇas. Les ayant nourris avec bhakti, qu’on se prosterne et qu’on les congédie avec respect.
Verse 47
ततश्चेष्टैः सहासीनः स्वयं ब्राह्मणशेषितम् । भुंक्त्वा वै षड्रसोपेतं प्रमुद्यात्सह बंधुभिः ॥ ४७ ॥
Puis, assis avec ses assistants, qu’il mange lui-même la nourriture restée après les brāhmaṇas—pourvue des six saveurs—et qu’il se réjouisse avec ses proches.
Verse 48
एतत्कृत्वा व्रतं गांगं भोगान्भुक्त्वाथ वाञ्छितान् । सप्तर्षीणां प्रसादेन विमानवरगो भवेत् ॥ ४८ ॥
Après avoir accompli ce vœu lié à la Gaṅgā et avoir ensuite goûté aux jouissances désirées, par la grâce des Sept Ṛṣi, on devient voyageur dans un sublime char céleste (vimāna).
Verse 49
आश्विने शुक्लपञ्चम्यामुपांगललिताव्रतम् ॥ ४९ ॥
Au cinquième jour lunaire (pañcamī) de la quinzaine claire du mois d’Āśvina, on doit observer le vœu nommé Upāṅga-Lalitā Vrata.
Verse 50
तस्याः स्वर्णमयीं मूर्तिं शक्त्या निर्माय नारद । उपचारैः षोडशभिः पूजयेत्तां विधानतः ॥ ५० ॥
Ô Nārada, après avoir façonné—selon ses moyens—une effigie d’or d’Elle, qu’on L’adore selon la règle prescrite avec les seize offrandes rituelles (ṣoḍaśopacāra).
Verse 51
पक्वान्नं फलसंयुक्तं सघृतं दक्षिणान्वितम् । द्विजवर्याय दातव्यं व्रतसंपूर्तिहेतवे ॥ ५१ ॥
De la nourriture cuite, accompagnée de fruits, avec du ghee (ghṛta) et assortie de la dakṣiṇā, doit être donnée à un brāhmaṇa éminent afin d’achever le vœu (vrata).
Verse 52
सवाहना शक्तियुता वरदा पूजिता मया । मातर्मामनुगृह्याथ गम्यतां निजमंदिरम् ॥ ५२ ॥
Ô Mère, Toi qui sièges sur Ton véhicule, pleine de puissance divine et dispensatrice de grâces : après que je T’ai adorée, accorde-moi Ta faveur, puis retourne à Ta demeure propre.
Verse 53
कार्तिके शुक्लपंचम्यां जयाव्रतमनुत्तमम् । कर्तव्यं पापनाशाय श्रद्धया द्विजसत्तम ॥ ५३ ॥
Au cinquième jour lunaire de la quinzaine claire (Śukla Pañcamī) du mois de Kārttika, ô meilleur des deux-fois-nés, on doit observer avec foi le vœu incomparable nommé Jayā-vrata, pour l’anéantissement des péchés.
Verse 54
पूजयित्वा जयां विप्र यथाविधि समाहितः । उपचारैः षोडशभिस्ततः शुचिरलंकृतः ॥ ५४ ॥
Ô brāhmane, après avoir honoré Jayā selon le rite prescrit, l’esprit concentré, qu’il offre ensuite—purifié et paré—les seize services rituels (ṣoḍaśopacāra).
Verse 55
विप्रैकं भोजयेच्चापि तस्मै दत्त्वा च दक्षिणाम् । विसर्जयेत्ततः पश्चात्स्वयं भुञ्जीत वाग्यतः ॥ ५५ ॥
Qu’on nourrisse un seul brāhmane; après lui avoir donné la dakṣiṇā prescrite, qu’on le congédie avec respect. Ensuite seulement, on pourra manger soi-même, en gardant la parole maîtrisée.
Verse 56
यस्तु वै भक्तिसंयुक्तः स्नानं कुर्य्याज्जयादिने । नश्यन्ति तस्य पापानि सिंहाक्रांता मृगा यथा ॥ ५६ ॥
Celui qui, animé de bhakti, accomplit le bain rituel au jour de Jayā, voit ses péchés détruits, comme les cerfs s’évanouissent quand un lion les charge.
Verse 57
यदश्वमेधावभृथे फलं स्नानेन कीर्तितम् । तत्फलं प्राप्यते विप्रस्नानेनापि जयादिने ॥ ५७ ॥
Le mérite que l’on dit naître du bain à l’avabhṛtha, l’ablution finale du sacrifice Aśvamedha—ô brāhmane—ce même mérite s’obtient aussi par le bain au jour de Jayā.
Verse 58
अपुत्रो लभते पुत्रं वंध्या गभ च विंदति । रोगी रोगात्प्रमुच्येत बद्धो मुच्येत बंधनात् ॥ ५८ ॥
Celui qui est sans enfant obtient un fils; la femme stérile aussi conçoit. Le malade est délivré de la maladie, et l’enchaîné est libéré de ses liens.
Verse 59
मार्गशुक्ले च पञ्चम्यां नागानिष्ट्वा विधानतः । नागेभ्यो ह्यभयं लब्ध्वा मोदते सह बांधवैः ॥ ५९ ॥
Au cinquième jour (Pañcamī) de la quinzaine claire du mois de Mārgaśīrṣa, après avoir honoré les Nāgas selon le rite prescrit, on reçoit des divinités-serpents l’assurance de l’intrépidité et l’on se réjouit avec ses proches.
Verse 60
पौषेऽपि शुक्लपञ्चम्यां सम्पूज्य मधुसूदनम् । लभते बाञ्छितान्कामान्नात्र कार्या विचारणा ॥ ६० ॥
Même au mois de Pauṣa, en honorant comme il se doit Madhusūdana (Viṣṇu) au cinquième jour de la quinzaine claire (Śukla Pañcamī), on obtient les buts désirés; nul besoin d’hésiter ni de délibérer davantage.
Verse 61
पंचम्यां प्रतिमासे तु शुक्ले कृष्णे च नारद । पितॄणां पूजनं शस्तं नागानां चापि सर्वथा ॥ ६१ ॥
Ô Nārada, au cinquième jour (Pañcamī) de chaque mois—dans la quinzaine claire comme dans la sombre—le culte des Pitṛs (ancêtres) est prescrit comme salutaire, et de même, à tous égards, le culte des Nāgas.
Verse 62
इति श्रीबृहन्नारदीयपुराणे पूर्वभागे बृहदुपाख्याने चतुर्थपादे द्वादशमासस्थपञ्चमीव्रतनिरूपणं नाम चतुर्दशाधिकशततमोऽध्यायः ॥ ११४ ॥
Ainsi s’achève, dans le Śrī Bṛhannāradīya Purāṇa—au sein du Pūrva-bhāga, dans le Grand Récit (Bṛhad-upākhyāna), au Quatrième Quart (Caturtha-pāda)—le chapitre cent quatorze, intitulé : «Exposé du vœu de Pañcamī à observer durant les douze mois».
The chapter explicitly places Matsya Jayantī on Caitra (Madhu) bright-fortnight Pañcamī and frames it as a festival worship of Viṣṇu’s Matsya avatāra, making Pañcamī a calendrical anchor for avatāra-smaraṇa and Vaiṣṇava pūjā.
It combines external ritual (going beyond the village, installing a five-colored banner on bamboo, worshipping loka-pālas) with an internal yogic diagnostic (examining which vital wind is active across yāmas) and a oneiric validation rule: dreams in the fourth watch are said to be predictive, with remedial fasting and brāhmaṇa-feeding when inauspicious signs arise.
The Śrāvaṇa Kṛṣṇa Pañcamī discipline structures food as sacred economy: preparing and sprinkling foods, honoring Pitṛs/Ṛṣis, gifting to supplicants, then performing pradoṣa liṅga worship with pañcākṣarī japa and explicit prayers for seasonal grain supplies—linking ethical distribution, mantra, and agrarian well-being.
Milk-offerings and prescribed Nāga worship on Pañcamī are said to confer protection and fearlessness from serpents, extending benefit to one’s lineage (noted up to seven generations in the Bhādrapada Śukla Pañcamī context).