
Ce chapitre, de tonalité théologique, rapporte par la voix de Skanda des événements survenus à Dvārakā entre Kṛṣṇa, Nārada et Sāmba, fils de Kṛṣṇa. Nārada arrive dans la cité resplendissante et reçoit les honneurs de Kṛṣṇa, tandis que Sāmba, orgueilleux de sa beauté, manque au respect dû. Nārada avertit alors Kṛṣṇa en privé de cette conduite et de ses conséquences éthiques et sociales, la grâce de la jeunesse pouvant troubler l’attention des femmes et ébranler l’ordre. Lorsque Sāmba est convoqué dans les appartements privés de Kṛṣṇa au milieu de l’assemblée des femmes, l’épisode culmine dans la malédiction de Kṛṣṇa : Sāmba est frappé de kuṣṭha (lèpre), présentée comme une correction morale et disciplinaire. Le récit se tourne ensuite vers le remède : Kṛṣṇa envoie Sāmba à Vārāṇasī (Kāśī), en soulignant la puissance unique de cette terre pour l’expiation et la purification sous l’autorité de Viśveśvara et grâce aux eaux sacrées. À Kāśī, Sāmba adore le Soleil (Aṃśumālī/Āditya), fonde ou se rattache à Sāmbakuṇḍa et retrouve son état naturel. La fin du chapitre donne des indications rituelles de tīrtha et une phalaśruti : se baigner à l’aube à Sāmbakuṇḍa un dimanche, vénérer Sāmbāditya et observer les pratiques autour de Māgha-śukla-saptamī (Ravi-saptamī) procureraient soulagement des maladies, dissipation du chagrin et bien-être; le texte s’achève en passant au sujet suivant, Draupadāditya.
Verse 1
स्कंद उवाच । शृणुष्व मैत्रावरुणे द्वारवत्यां यदूद्वहः । दानवानां वधार्थाय भुवोभारापनुत्तये
Skanda dit : « Écoute, ô Maitrāvaruṇa : à Dvāravatī se manifesta le plus éminent des Yadus, Kṛṣṇa, pour l’anéantissement des Dānavas et pour ôter le fardeau de la terre ».
Verse 2
आविरासीत्स्वयं कृष्णः कृष्णवर्त्मप्रतापवान् । वासुदेवो जगद्धाम देवक्या वसुदेवतः
Kṛṣṇa lui-même apparut, rayonnant de la gloire de la voie de Kṛṣṇa ; Vāsudeva, demeure du monde, né de Devakī, issu de Vasudeva.
Verse 3
साशीतिलक्षं तस्यासन्कुमारा अर्कवर्चसः । स्वर्गे पितादृशा बालाः सुशीला न हि कुंभज
Il eut quatre-vingts lakṣas de fils, resplendissants comme le soleil. Au ciel, ô Kumbhaja, il y avait des enfants semblables à leur père : vraiment, de noble tenue et de belle conduite.
Verse 4
अतीवरूपसंपन्ना अतीव सुमहाबलाः । अतीव शस्त्रशास्त्रज्ञा अतीव शुभलक्षणाः
Ils étaient d’une beauté extrême, d’une force immense ; très versés dans les armes et dans les śāstra, et richement marqués de signes de bon augure.
Verse 6
तांद्रष्टुं मानसः पुत्रो ब्रह्मणस्तपसांनिधिः । कृतवल्कलकौपीनो धृत कृष्णाजिनांबरः । गृहीतब्रह्मदंडश्च त्रिवृन्मौंजी सुमेखलः । उरस्थलस्थ तुलसी मालया समलंकृतः
Pour la voir, Nārada —fils né de la pensée de Brahmā, trésor d’austérités— se mit en route, vêtu d’écorce et d’un pagne, revêtu d’une peau d’antilope noire ; tenant le bâton du brāhmane, ceint d’une belle corde de muñja à trois brins, et paré sur la poitrine d’une guirlande de tulasī.
Verse 7
गोपीचंदननिर्यास लसदंगविलेपनः । तपसा कृशसर्वांगो मूर्तो ज्वलनवज्ज्वलन्
Ses membres luisaient de la pâte de gopī-candana ; tout son corps, amaigri par le tapas, flamboyait tel un feu incarné.
Verse 8
आजगामांबरचरो नारदो द्वारकापुरीम् । विश्वकर्मविनिर्माणां जितस्वर्गपुरीश्रियम्
Nārada, cheminant dans le ciel, parvint à la cité de Dvārakā—édifiée par Viśvakarman—dont l’éclat surpassait même la beauté des villes du ciel.
Verse 9
तंदृष्ट्वा नारदं सर्वे विनम्रतरकंधराः । प्रबद्ध मूर्धांजलयः प्रणेमुर्वृष्णिनंदनाः
À la vue de Nārada, tous les princes des Vṛṣṇi inclinèrent plus bas encore la nuque ; les mains jointes sur la tête, ils lui rendirent une prosternation révérencieuse.
Verse 10
सांबः स्वरूपसौंदर्य गर्वसर्वस्वमोहितः । न ननाम मुनिं तत्र हसंस्तद्रूपसंपदम्
Mais Sāmba, abusé et l’esprit tout entier enivré d’orgueil pour sa propre beauté, ne se prosterna pas devant le muni; au contraire, il se moqua de l’apparence et de l’état du sage.
Verse 11
सांबस्य तमभिप्रायं विज्ञाय स महामुनिः । विवेश सुमहारम्यं नारदः कृष्णमंदिरम्
Ayant compris l’intention de Sāmba, le grand muni Nārada entra dans le palais-temple de Kṛṣṇa, d’une beauté exquise.
Verse 12
कृष्णोथ दृष्ट्वाऽगच्छंतं प्रत्युद्गम्य च नारदम् । मधुपर्केण संपूज्य स्वासने चोपवेशयत्
Alors Kṛṣṇa, voyant Nārada s’avancer, alla à sa rencontre; l’honorant d’un madhuparka, il le fit asseoir sur son propre siège.
Verse 13
कृत्वा कथा विचित्रार्थास्तत एकांतवर्तिनः । कृष्णस्य कर्णेऽकथयन्नारदः सांबचेष्टितम्
Après avoir parlé de maints sujets subtils, lorsqu’ils furent à l’écart, Nārada confia à l’oreille de Kṛṣṇa la conduite de Sāmba.
Verse 14
अवश्यं किंचिदत्राऽस्ति यशोदानंदवर्धन । प्रायशस्तन्न घटतेऽसंभाव्यं नाथ वास्त्रियाम्
Assurément, il y a là quelque chose, ô toi qui accrois la joie de Yaśodā. Car une telle chose n’arrive guère d’ordinaire, ô Seigneur, et elle est peu vraisemblable chez une femme.
Verse 15
यूनां त्रिभुवनस्थानां सांबोऽतीव सुरूपवान् । स्वभावचंचलाक्षीणां चेतोवृत्तिः सुचंचला
Parmi les jeunes des trois mondes, Sāmba est d’une beauté éminente ; et chez les femmes aux yeux naturellement agités, les mouvements de l’esprit sont vraiment fort changeants.
Verse 16
अपेक्षंते न मुग्धाक्ष्यः कुलं शीलं श्रुतं धनम् । रूपमेव समीक्षंते विषमेषु विमोहिताः
Les jeunes filles éprises ne pèsent ni la lignée, ni la vertu, ni le savoir, ni la richesse ; égarées dans des passions embrouillées, elles ne considèrent que la beauté apparente.
Verse 18
वामभ्रुवां स्वभावाच्च नारदस्य च वाक्यतः । विज्ञाताऽखिलवृत्तांतस्तथ्यं कृष्णोप्यमन्यत
Par la nature même de ces femmes aux beaux sourcils, et par les paroles de Nārada, Kṛṣṇa connut toute l’affaire et la tint pour véridique.
Verse 19
तावद्धैर्यंचलाक्षीणां तावच्चेतोविवेकिता । यावन्नार्थी विविक्तस्थो विविक्तेर्थिनि नान्यथा
La constance des yeux changeants et le discernement de l’esprit ne durent que tant que le séducteur n’est pas seul avec la femme qui cherche l’isolement ; autrement, jamais.
Verse 20
इत्थं विवेचयंश्चित्ते कृष्णः क्रोधनदीरयम् । विवेकसेतुनाऽस्तभ्य नारदं प्राहिणोत्सुधीः
Ainsi, réfléchissant en son cœur, le sage Kṛṣṇa endigua le fleuve impétueux de la colère par le pont du discernement, puis il envoya Nārada.
Verse 21
सांबस्य वैकृतं किंचित्क्वचित्कृष्णोनवैक्षत । गते देवमुनौ तस्मिन्वीक्षमाणोप्यहर्निशम्
Bien qu’il veillât jour et nuit après le départ du sage divin, Kṛṣṇa ne remarqua jamais chez Sāmba la moindre altération inhabituelle.
Verse 22
कियत्यपि गते काले पुनरप्याययौ मुनिः । मध्ये लीलावतीनां च ज्ञात्वा कृष्णमवस्थितम्
Après quelque temps, le sage revint ; et, sachant que Kṛṣṇa demeurait au milieu des femmes enjouées, il s’y rendit.
Verse 23
बहिः क्रीडंतमाहूय सांबमित्याह नारदः । याहि कृष्णांतिकं तूर्णं कथयागमनं मम
Appelant Sāmba qui jouait dehors, Nārada dit : « Va vite auprès de Kṛṣṇa et rapporte-lui mon arrivée ».
Verse 24
सांबोपि यामि नोयामि क्षणमित्थमचिंतयत् । कथं रहःस्थ पितरं यामि स्त्रैणसखंप्रति
Sāmba réfléchit un instant : « Dois-je y aller ou n’y point aller ? Comment approcher mon père, retiré en secret, lorsqu’il est avec son compagnon de jeu amoureux ? »
Verse 25
न यामि च कथं वाक्यादस्याहं ब्रह्मचारिणः । ज्वलदंगारसंकाश स्फुरत्सर्वांगतेजसः
« Et si je n’y vais pas, comment pourrais-je mépriser la parole de ce brahmacārin, dont l’éclat brûlant jaillit de tous les membres tel un brasier de charbons ardents ? »
Verse 26
प्रणमत्सुकुमारेषु व्रीडितोयं मयैकदा । इदानीमपि नो यायामस्य वाक्यान्महामुनेः
«Un jour, tandis que je me prosternai, il me couvrit de honte devant les êtres doux et délicats ; et même aujourd’hui, je ne dois pas refuser d’aller, selon la parole de ce grand muni.»
Verse 27
अत्याहितं तदस्तीह तदागोद्वयदर्शनात् । पितुः कोपोपि सुश्लाघ्यो मयि नो ब्राह्मणस्य तु
«Il y a ici un péril redoutable ; je le sais par ce signe, la vision de la paire de vaches. Même la colère de mon père serait supportable ; mais non la colère d’un brāhmaṇa contre moi.»
Verse 28
ब्रह्मकोपाग्निनिर्दग्धाः प्ररोहंति न जातुचित् । अपराग्निविनिर्दग्धारो हंते दावदग्धवत्
«Ceux que consume le feu de la colère d’un brāhmaṇa ne repoussent jamais ; mais ceux que brûle le feu ordinaire peuvent reverdir, tels une forêt après l’incendie.»
Verse 29
इति ध्यात्वा क्षणं सांबोऽविशदंतःपुरंपितुः । मध्ये स्त्रैणसभंकृष्णं यावज्जांबवतीसुतः
Après avoir ainsi médité un instant, Sāmba —fils de Jāmbavatī— entra dans les appartements intérieurs de son père, où Kṛṣṇa se tenait au milieu de l’assemblée des femmes.
Verse 30
दूरात्प्रणम्य विज्ञप्तिं स चकार सशंकितः । तावत्तमन्वगच्छच्च नारदः कार्यसिद्धये
Se prosternant de loin, il exposa sa requête, non sans appréhension. À cet instant même, Nārada le suivit, résolu à mener l’affaire à son accomplissement.
Verse 31
ससंभ्रमोथ कृष्णोपि दृष्ट्वा सांबं च नारदम् । समुत्तस्थौ परिदधत्पीतकौशेयमंबरम्
Kṛṣṇa aussi, voyant Sāmba et Nārada, se leva aussitôt avec un zèle respectueux, rajustant son vêtement de soie jaune.
Verse 32
उत्थिते देवकीसूनौ ताः सर्वा अपि गोपिकाः । विलज्जिताः समुत्तस्धुर्गृह्णंत्यः स्वंस्वमंबरम्
Quand le fils de Devakī se leva, toutes ces gopīs se levèrent aussi, confuses, chacune reprenant son propre vêtement.
Verse 33
महार्हशयनीये तं हस्ते धृत्वा महामुनिम् । समुपावेशयत्कृष्णः सांबश्च क्रीडितुं ययौ
Prenant le grand sage par la main, Kṛṣṇa le fit asseoir sur une couche splendide ; et Sāmba s’en alla jouer.
Verse 34
तासां स्खलितमालोक्य तिष्ठंतीनां पुरो मुनिः । कृष्णलीलाद्रवीभूतवरांगानां जगौ हरिम्
Voyant les femmes chanceler, debout devant lui, le sage, en leur présence, s’adressa à Hari (Kṛṣṇa), dont le jeu divin avait troublé leurs cœurs et amolli leurs membres.
Verse 35
पश्यपश्य महाबुद्धे दृष्ट्वा जांबवतीसुतम् । इमाः स्खलितमापन्नास्तद्रूपक्षुब्धचेतसः
«Regarde, regarde, ô grand d’esprit ! En voyant le fils de Jāmbavatī, ces femmes se mettent à chanceler, l’esprit bouleversé par sa beauté.»
Verse 36
कृष्णोपि सांबमाहूय सहसैवाशपत्सुतम् । सर्वा जांबवतीतुल्याः पश्यंतमपि दुर्विधेः
Kṛṣṇa aussi, ayant fait venir Sāmba, maudit soudain son fils : «Que toutes ces femmes deviennent semblables à Jāmbavatī, même en te regardant, ô infortuné !»
Verse 37
यस्मात्त्वद्रूपमालोक्य गोपाल्यः स्खलिता इमाः । तस्मात्कुष्ठी भव क्षिप्रमकांडागमनेन च
«Parce que ces jeunes vacheresses ont trébuché en voyant ta beauté, deviens donc lépreux sur-le-champ, et que cela t’atteigne soudain, sans délai.»
Verse 38
वेपमानो महाव्याधिभयात्सांबोपि दारुणात् । कृष्णं प्रसादयामास बहुशः पापशांतये
Tremblant de peur devant cette maladie terrible et accablante, Sāmba chercha maintes fois à apaiser Kṛṣṇa, désirant l’apaisement de sa faute.
Verse 39
कृष्णोप्यनेन संजानन्सांबं स्वसुतमौरसम् । अब्रवीत्कुष्ठमोक्षाय व्रज वैश्वेश्वरीं पुरीम्
Kṛṣṇa, reconnaissant par là que Sāmba était véritablement son fils, dit : «Pour être délivré de la lèpre, va dans la cité de Viśveśvara, Vārāṇasī».
Verse 40
तत्र ब्रध्नं समाराध्य प्रकृतिं स्वामवाप्स्यसि । महैनसां क्षयो यत्र नास्ति वाराणसीं विना
«Là, en rendant un culte dû à Bradhna, tu retrouveras ton état naturel. Car l’anéantissement des grands péchés ne se trouve nulle part ailleurs qu’à Vārāṇasī.»
Verse 41
यत्र विश्वेश्वरः साक्षाद्यत्र स्वर्गापगा च सा । येषां महैनसां दृष्टा मुनिभिर्नैव निष्कृतिः । तेषां विशुद्धिरस्त्येव प्राप्य वाराणसीं पुरीम्
Là où Viśveśvara se tient en personne, et là où coule ce fleuve céleste : même pour ceux dont les grands péchés n’ont, aux yeux des sages, trouvé nulle expiation, la purification naît assurément dès qu’ils atteignent la cité de Vārāṇasī.
Verse 42
न केवलं हि पापेभ्यो वाराणस्यां विमुच्यते । प्राकृतेभ्योपि पापेभ्यो मुच्यते शंकराज्ञया
À Vārāṇasī, on n’est pas délivré seulement des péchés ; par l’ordre de Śaṅkara, on est libéré même des souillures et défauts ordinaires, innés.
Verse 43
अथवा विदितं नो ते वल्लवीनां विचेष्टितम् । विनाष्टौनायिकाः कृष्ण कामयंतेऽबलाह्यमुम्
Ou peut-être ignores-tu les façons des gopīs, les femmes vacheresses : quand l’aimé est absent, les héroïnes brûlées d’amour, ô Kṛṣṇa, désirent même ce qui ne devrait pas être désiré.
Verse 44
तत्रानंदवने शंभोस्तवशाप निराकृतिः । सांब तत्त्वेरितं याहि नान्यथा शापनिर्वृतिः
Là, dans l’Ānandavana de Śambhu, ta malédiction sera levée. Ô Sāmba, va : telle est la vérité proclamée ; il n’est pas d’autre voie pour apaiser la malédiction.
Verse 45
ततः कृष्णं समापृच्छ्य कर्मनिर्मुक्तचेष्टितः । नारदः कृतकृत्यः सन्ययावाकाशवर्त्मना
Alors, après avoir pris congé de Kṛṣṇa, Nārada—son dessein accompli et ses actes désormais sans entrave—s’en alla par le chemin du ciel.
Verse 46
सांबो वाराणसीं प्राप्य समाराध्यांशुमालिनम् । कुंडं तत्पृष्ठतः कृत्वा निजां प्रकृतिमाप्तवान्
Sāmba, parvenu à Vārāṇasī et ayant dûment adoré Aṃśumālin, établit derrière lui un bassin sacré ; et il recouvra son état naturel, entier et sain.
Verse 47
सांबादित्यस्तदारभ्य सर्वव्याधिहरो रविः । ददाति सर्वभक्तेभ्योऽनामयाः सर्वसंपदः
Dès lors, Sāmbāditya—le Soleil—devint celui qui enlève toutes les maladies, accordant à tous ses dévots l’absence de mal et toute prospérité.
Verse 48
सांबकुंडे नरः स्नात्वा रविवारेऽरुणोदये । सांबादित्यं च संपूज्य व्याधिभिर्नाभिभूयते
Celui qui se baigne dans le Sāmbakuṇḍa à l’aube d’un dimanche et rend un culte accompli à Sāmbāditya n’est pas accablé par les maladies.
Verse 49
न स्त्री वैधव्यमाप्नोति सांबादित्यस्य सेवनात् । वंध्या पुत्रं प्रसूयेत शुद्धरूपसमन्वितम्
Par le service dévot à Sāmbāditya, une femme ne tombe pas dans le veuvage ; et une femme stérile peut enfanter un fils doté d’une forme pure et de bon augure.
Verse 50
शुक्लायां द्विज सप्तम्यां माघे मासि रवेर्दिने । महापर्व समाख्यातं रविपर्व समं शुभम्
Ô brāhmane, le septième jour lunaire de la quinzaine claire du mois de Māgha, lorsqu’il tombe un dimanche, est proclamé une grande observance sacrée : un Raviparva de bon augure.
Verse 51
महारोगात्प्रमुच्येत तत्र स्नात्वारुणोदये । सांबादित्यं प्रपूज्यापि धर्ममक्षयमाप्नुयात्
En s’y baignant à l’aurore, on est délivré des maladies redoutables ; et en vénérant Sāmbāditya, on obtient un mérite de dharma impérissable.
Verse 52
सन्निहत्यां कुरुक्षेत्रे यत्पुण्यं राहुदर्शने । तत्पुण्यं रविसप्तम्यां माघे काश्यां न संशयः
Le mérite acquis à Sannihatyā, au Kurukṣetra, en contemplant Rāhu, ce même mérite s’obtient à Kāśī, au mois de Māgha, lors de Ravi-saptamī — sans aucun doute.
Verse 53
मधौमासि रवेर्वारे यात्रा सांवत्सरी भवेत् । अशोकैस्तत्र संपूज्य कुंडे स्नात्वा विधानतः
Au mois de Madhu (le printemps), un dimanche, l’observance du pèlerinage devient méritoire comme une année entière ; là, qu’on rende un culte avec des fleurs d’aśoka et qu’on se baigne dans le kuṇḍa selon la règle.
Verse 54
सांबादित्यं नरो जातु न शोकैरभिभूयते । संवत्सरकृतात्पापाद्बहिर्भवति तत्क्षणात्
Celui qui se tourne vers Sāmbāditya n’est jamais accablé par le chagrin ; et les fautes amassées durant une année s’évanouissent à l’instant même.
Verse 55
विश्वेशात्पश्चिमाशायां सांबेनात्र महात्मना । सम्यगाराधिता मूर्तिरादित्यस्य शुभप्रदा
À l’ouest de Viśveśa, ici, le grand d’âme Sāmba apaisa comme il se doit une forme d’Āditya, dispensatrice d’heureux présages.
Verse 56
इयं भविष्या तन्मूर्तिरगस्ते त्वत्पुरोऽकथि । तामभ्यर्च्य नमस्कृत्य कृत्वाष्टौ च प्रदक्षिणाः । नरो भवति निष्पापः काशीवास फलं लभेत्
Ô Agastya, il fut proclamé devant toi : « Cette forme même demeurera dans l’avenir. » En l’adorant, en se prosternant avec révérence et en accomplissant huit pradakṣiṇā, l’homme devient sans péché et obtient le fruit parfait du séjour à Kāśī.
Verse 57
सांबादित्यस्य माहात्म्यं कथितं ते महामते । यच्छ्रुत्वापि नरो जातु यमलोकं न पश्यति
Ô grand d’esprit, je t’ai exposé la grandeur de Sāmbāditya. L’ayant entendue, l’homme ne voit jamais, en aucun temps, le monde de Yama, le royaume de la mort.
Verse 58
इदानीं द्रौपदादित्यं कथयिष्यामि तेनघ । तथा द्रौपदआदित्यः संसेव्यो भक्तसिद्धिदः
À présent, ô sans faute, je vais décrire Draupadāditya. Ainsi Draupadāditya doit être honoré et servi avec assiduité, car il accorde l’accomplissement spirituel aux dévots.