
Skanda s’adresse à Kumbhaja (Agastya) et annonce une exposition plus approfondie et clarificatrice du sadācāra, afin que le pratiquant intelligent ne tombe pas dans les ténèbres de l’ignorance. Le chapitre établit le cadre du dvija : la naissance de la mère et la « seconde naissance » par l’upanayana ; il passe en revue les saṃskāra védiques, des rites liés à la conception aux cérémonies de l’enfance, jusqu’à l’upanayana dont le moment varie selon le varṇa. Il décrit ensuite la discipline de l’étudiant brahmacārin : règles de pureté (śauca, ācamanam), nettoyage des dents, bain accompagné de mantras, culte de la sandhyā, agnikārya, salutations respectueuses, service aux aînés et au maître. Sont aussi prescrites des normes concernant la bhikṣā, la parole mesurée, l’alimentation réglée, et des évitements : excès, actes nuisibles, médisance, ainsi que certains contacts sensuels ou impurs. Le discours précise les matériaux et mesures de la mekhalā, du yajñopavīta, du daṇḍa et de l’ajina selon le varṇa, et distingue les catégories de brahmacārin (upakurvāṇa et naiṣṭhika). Il insiste sur la nécessité d’appartenir à un āśrama et avertit que les pratiques sans cet ancrage sont sans fruit. Une large section loue l’étude des Veda, le rôle du praṇava et des vyāhṛti avec la Gāyatrī, et les degrés d’efficacité du japa (vocal, upāṃśu, mental). Les fonctions d’enseignement (ācārya, upādhyāya, ṛtvij) sont hiérarchisées, et la mère, le père et le guru sont exaltés comme une triade dont la satisfaction constitue l’austérité suprême ; la brahmacarya disciplinée et la grâce de Viśveśa mènent à Kāśī, à la connaissance et au nirvāṇa. Le chapitre se conclut en passant de la conduite du brahmacārin à l’examen à venir des caractéristiques féminines et des critères d’aptitude au mariage.
Verse 1
स्कंद उवाच । पुनर्विशेषं वक्ष्यामि सदाचारस्य कुंभज । यं श्रुत्वापि नरो धीमान्नाज्ञानतिमिरं विशेत्
Skanda dit : Ô Kumbhaja (Agastya), je vais de nouveau exposer les détails particuliers du sadācāra, la juste conduite ; en les entendant, l’homme sage n’entrera pas dans les ténèbres de l’ignorance.
Verse 2
ब्राह्मणाः क्षत्रिया वैश्यास्त्रयो वर्णा द्विजाः स्मृताः । प्रथमं मातृतो जाता द्वितीयं चोपनायनात्
Les Brāhmaṇas, les Kṣatriyas et les Vaiśyas—ces trois varṇas—sont tenus pour « deux fois nés » : d’abord nés de la mère, puis nés une seconde fois par l’upanayana (initiation sacrée).
Verse 3
एषां क्रियानिषेकादि श्मशानांता च वैदिकी । आदधीत सुधीर्गर्भमृतौमूलं मघां त्यजेत्
Pour ces dvijas, les rites védiques commencent par les rites de la conception et s’étendent jusqu’au lieu des funérailles (les derniers sacrements). Le sage doit les accomplir comme il se doit ; et il évitera Maghā, astérisme néfaste, à la racine du temps saisonnier ou de la conception.
Verse 4
स्पंदनात्प्राक्पुंसवनं सीमंतोन्नयनं ततः । मासि षष्ठेऽष्टमे वापि जातेथो जातकर्म च
Avant que le fœtus ne se mette en mouvement, on accomplit le rite de puṃsavana, puis celui de sīmantonnayana. Au sixième ou au huitième mois, et ensuite à la naissance, on accomplit le jātakarma.
Verse 5
नामाह्न्येकादशे गेहाच्चतुर्थेमासि निष्क्रमः । मासेन्नप्राशनं षष्ठे चूडाब्दे वा यथाकुलम्
Le onzième jour a lieu la cérémonie du nom ; au quatrième mois, la première sortie de l’enfant hors de la maison. Au sixième mois, la première nourriture solide ; et la tonsure (cūḍā) se fait la première ou la troisième année, selon la coutume de la lignée.
Verse 6
शममेनो व्रजेदेवं बैजं गर्भजमवे च । स्त्रीणामेताः क्रियास्तूष्णीं पाणिग्राहस्तु मंत्रवान्
Ainsi s’apaisent et s’éloignent les impuretés héritées et celles nées du sein. Pour les femmes, ces rites s’accomplissent en silence ; mais le rite de la prise de la main au mariage (pāṇigraha) se célèbre avec des mantras.
Verse 7
सप्तमेथाष्टमेवाब्दे सावित्रीं ब्राह्मणोर्हति । नृपस्त्वेकादशे वैश्यो द्वादशे वा यथाकुलम्
En la septième année —ou bien la huitième— le brāhmaṇa est digne de recevoir la Sāvitrī (upanayana). Le kṣatriya, en tant que roi, l’est dans la onzième; et le vaiśya dans la douzième, ou selon l’usage de la famille.
Verse 8
ब्रह्मतेजोभिवृद्ध्यर्थं विप्रोब्देपंचमेर्हति । षष्ठे बलार्थी नृपतिर्मौजीं वैश्योष्टमे ध्रियेत्
Pour accroître le tejas brahmanique (l’éclat spirituel), le brāhmaṇa est digne de recevoir la ceinture sacrée dans la cinquième année; le roi kṣatriya, en quête de force, dans la sixième; et le vaiśya doit porter la ceinture de muñja dans la huitième.
Verse 9
महाव्याहृतिपूर्वं च वेदमध्यापयेद्गुरुः । उपनीय च तं शिष्यं शौचाचारे च योजयेत्
Le maître doit enseigner le Veda en commençant par les grandes énonciations (mahāvyāhṛtis). Puis, après avoir initié le disciple, il doit encore l’établir dans la pureté et la juste conduite.
Verse 10
पूर्वोक्तविधिना शौचं कुर्यादाचमनं तथा । दंताञ्जिह्वां विशोध्याथ कृत्वा मलविशोधनम्
Selon la règle énoncée plus haut, qu’on accomplisse la purification et de même l’ācamana. Puis, après avoir nettoyé les dents et la langue, qu’on achève l’élimination des souillures.
Verse 11
स्नात्वांबुदैवतैर्मंत्रैः प्राणानायम्य यत्नतः । उपस्थानं रवेः कृत्वा संध्ययोरुभयोरपि
Après s’être baigné avec les mantras des divinités des eaux, et avoir réglé avec soin le souffle (prāṇāyāma), qu’on accomplisse l’hommage au Soleil aux deux sandhyās, celle du matin et celle du soir.
Verse 12
अग्निकार्यं ततः कृत्वा ब्राह्मणानभिवादयेत् । ब्रुवन्नमुक गोत्रोहमभिवादय इत्यपि
Après avoir accompli le rite du feu sacré, qu’il salue les brāhmaṇas en disant : « Moi, du gotra nommé ainsi, je présente mon hommage ».
Verse 13
अभिवादनशीलस्य वृद्धसेवारतस्य च । आयुर्यशोबलं बुद्धिर्वर्धतेऽहरहोधिकम्
Pour celui qui aime les salutations respectueuses et s’applique au service des aînés, la longévité, la renommée, la force et l’intelligence croissent de jour en jour.
Verse 14
अधीते गुरुणा हूतः प्राप्तं तस्मै निवेदयेत् । कर्मणा मनसा वाचा हितं तस्याचरेत्सदा
Quand le maître l’appelle durant l’étude, qu’il lui présente tout ce qu’il a obtenu ; et par l’acte, la pensée et la parole, qu’il agisse toujours pour le bien du maître.
Verse 15
अध्याप्याधर्मतोनार्थात्साध्वाप्तज्ञानवित्तदाः । शक्ताः कृतज्ञाः शुचयोऽद्रोहकाश्चानसूयकाः
Après avoir étudié, qu’ils ne recherchent pas la richesse par des voies injustes ; vertueux, qu’ils acquièrent justement et qu’ils donnent savoir et biens : capables, reconnaissants, purs, sans malveillance et sans envie.
Verse 16
धारयेन्मेखलादंडोपवीताजिनमेव च । अनिंद्येषु चरेद्भैक्ष्यं ब्राह्मणेष्वात्मवृत्तये
Qu’il porte la ceinture, le bâton, le cordon sacré et la peau de daim ; et pour sa subsistance, qu’il aille mendier l’aumône auprès de brāhmaṇas irréprochables.
Verse 17
ब्राह्मणक्षत्रियविशामादिमध्यावसानतः । भैक्ष्यचर्या क्रमेण स्याद्भवच्छब्दोपलक्षिता
Pour les brāhmaṇa, kṣatriya et vaiśya, la quête d’aumônes doit se faire selon l’ordre prescrit, reconnaissable au mode d’adresse révérencieux « bhavat » (seigneur) et autres formules.
Verse 18
वाग्यतो गुर्वनुज्ञातो भुंजीतान्नमकुत्सयन् । एकान्नं न समश्नीयाच्छ्राद्धेऽश्नीयात्तथापदि
La parole maîtrisée et après l’autorisation du maître, qu’on mange sans dénigrer la nourriture. Qu’on ne prenne pas un repas d’un seul mets; toutefois, lors du rite de Śrāddha et en cas de nécessité, on peut manger ainsi.
Verse 19
अनारोग्यमनायुष्यमस्वर्ग्यंचातिभोजनम् । अपुण्यं लोकविद्विष्टं तस्मात्तत्परिवर्जयेत्
Manger à l’excès apporte la maladie, abrège la vie et fait obstacle au bien céleste; c’est sans mérite et blâmé par le monde. Qu’on s’en abstienne donc.
Verse 20
न द्विर्भुंजीत चैकस्मिन्दिवा क्वापि द्विजोत्तमः । सायंप्रातर्द्विजोऽश्नीयादग्निहोत्रविधानवित्
Le plus éminent des deux-fois-nés ne doit pas manger deux fois en un même jour. Le dvija qui connaît la règle de l’Agnihotra mangera le soir et le matin.
Verse 21
मधुमांसं प्राणिहिंसां भास्करालोकनांजने । स्त्रियं पर्युषितोच्छिष्टंपरिवादं विवजर्येत्
Qu’on évite le miel et la viande, la violence envers les êtres vivants, le fait de fixer le soleil et l’usage du collyre; qu’on évite aussi les liaisons illicites avec les femmes, la nourriture rance ou restée, et la médisance.
Verse 22
औपनायनिकः कालो ब्रह्मक्षत्र विशां परः । आ षोडशादाद्वाविंशादा चतुर्विंशदब्दतः
Le temps prescrit pour l’Upanayana est le suivant : pour les brāhmaṇas, jusqu’à seize ans ; pour les kṣatriyas, jusqu’à vingt-deux ; et pour les vaiśyas, jusqu’à vingt-quatre ans.
Verse 23
इतोप्यूर्ध्वं न संस्कार्याः पतिता धर्मवर्जिताः । व्रात्यस्तोमेन यज्ञेन तत्पातित्यं परिव्रजेत्
Au-delà de ces limites, ils ne doivent plus recevoir le saṃskāra de l’initiation ; ils deviennent patita, exclus du dharma. Par le sacrifice nommé Vrātyastoma, cet état de chute peut être effacé.
Verse 24
सावित्रीपतितैः सार्धं संबंधं न समाचरेत् । ऐणं च रौरवं वास्तं क्रमाच्चर्म द्विजन्मनाम्
Qu’on ne fréquente pas ceux qui sont tombés de la Sāvitrī, c’est-à-dire ceux qui ont déchu de l’initiation védique. Pour les deux-fois-nés, les peaux prescrites sont, dans l’ordre : peau de cerf, peau de ruru et peau de chèvre.
Verse 25
वसीरन्नानुपूर्व्येण शाण क्षौमाविकानि च । द्विजस्य मेखला मौंजी मौर्वी च भुजजन्मनः । भवेत्त्रिवृत्समाश्लक्ष्णा विशस्तु शणतांतवी
Qu’il porte, selon l’ordre prescrit, des vêtements de lin, de lin fin (flax) et de laine. Pour le deux-fois-né, la ceinture (mekhalā) doit être d’herbe muñja ; pour celui né des bras (le kṣatriya), de maurvī. Qu’elle soit lisse et torsadée en trois brins ; pour le vaiśya, on prescrit la fibre de chanvre.
Verse 26
मुंजाभावे विधातव्या कुशाश्मंतकबल्वजैः । ग्रंथिनैकेन संयुक्ता त्रिभिः पंचभिरेव वा
Si le muñja fait défaut, la ceinture doit être faite de fibres de kuśa, d’aśmantaka ou de balvaja, réunies par un seul nœud, ou par trois, ou par cinq.
Verse 27
उपवीतक्रमेण स्यात्कार्पासं शाणमाविकम् । त्रिवृदूर्ध्ववृतं तच्च भवेदायुर्विवृद्धये
Selon l’ordre prescrit, l’upavīta (cordon sacré) doit être d’abord de coton, puis de lin, puis de laine. Qu’il soit triple et torsadé vers le haut : on dit que cela accroît la longévité.
Verse 28
बिल्वपालाशयोर्दंडो ब्राह्मणस्य नृपस्य तु । न्यग्रोधबालदलयोः पीलूदुंबरयोर्विशः
Le bâton (daṇḍa) du brāhmaṇa doit être de bilva ou de palāśa ; celui du roi, le kṣatriya, de nyagrodha ou de bāladala ; et celui du vaiśya, de pīlū ou d’udumbara.
Verse 29
आमौलिं वाऽललाटंवाऽनासमूर्ध्वप्रमाणतः । ब्रह्मक्षत्रविशां दंडस्त्वगाढ्योनाग्निदूषितः
Sa mesure doit atteindre le sommet de la tête, ou le front, ou du moins la hauteur depuis le nez vers le haut. Le bâton du brāhmaṇa, du kṣatriya et du vaiśya doit être ferme et épais, et ne pas être souillé par le feu (ni brûlé ni abîmé).
Verse 30
प्रदक्षिणं परीत्याग्निमुपस्थाय दिवाकरम् । दंडाजिनोपवीताढ्यश्चरेद्भैक्ष्यं यथोदितम्
Après avoir fait la circumambulation du feu sacré dans le sens auspicious et s’être incliné devant le Soleil, le brahmacārī—muni du bâton, de la peau-vêtement et de l’upavīta—doit aller mendier l’aumône, comme il est enjoint.
Verse 31
मातृमातृष्वसृस्वसृपितृस्वसृपुरःसराः । प्रथमं भिक्षणीयाः स्युरेतायाचन नो वदेत्
Qu’on demande d’abord l’aumône à la mère, à la sœur de la mère, à sa propre sœur, à la sœur du père, et aux autres femmes aînées qui se tiennent en avant comme protectrices. À celles-là, qu’on ne prononce pas de paroles de refus en mendiant.
Verse 32
यावद्वेदमधीते च चरन्वेदव्रतानि च । ब्रह्मचारी भवेत्तावदूर्ध्वं स्नातो गृही भवेत्
Tant qu’il étudie le Veda et observe les disciplines védiques, qu’il demeure brahmacārī ; ensuite, la vie d’étudiant achevée et le bain conclusif (snāna) accompli, qu’il devienne maître de maison (gṛhastha).
Verse 33
प्रोक्तोसावुपकुर्वाणो द्वितीयस्तत्र नैष्ठिकः । तिष्ठेत्तावद्गुरुकुले यावत्स्यादायुषः क्षयः
Ainsi est décrit l’upakurvāṇa, l’étudiant qui achève l’étude puis retourne. Le second est le naiṣṭhika : qu’il demeure dans la demeure du maître tant que dure la vie, jusqu’à l’épuisement de son souffle.
Verse 34
गृहाश्रमं समाश्रित्य यः पुनर्ब्रह्मचर्यभाक् । नासौ यतिर्वनस्थो वा स्यात्सर्वाश्रमवर्जितः
Mais celui qui, après être entré dans l’āśrama du gṛhastha, reprend de nouveau le brahmacarya, n’est ni yati (renonçant) ni vānaprastha (ermite des bois) ; il devient exclu de tous les āśramas, hors des étapes prescrites.
Verse 35
अनाश्रमी न तिष्ठेत दिनमेकमपि द्विजः । आश्रमं तु विना तिष्ठन्प्रायश्चित्ती यतो हि सः
Un dvija, «deux fois né», ne doit pas demeurer ne fût-ce qu’un seul jour sans appartenir à un āśrama. Car celui qui reste sans āśrama devient passible de prāyaścitta, l’expiation.
Verse 36
जपं होमं व्रतं दानं स्वाध्यायं पितृतर्पणम् । कुर्वाणोथाश्रमभ्रष्टो नासौ तत्फलमाप्नुयात्
Même s’il accomplit japa, homa, vœux, dāna (don), svādhyāya (étude sacrée) et les libations aux ancêtres (pitṛ-tarpaṇa), s’il est déchu de son āśrama, il n’obtient pas le fruit juste de ces actes.
Verse 37
मेखलाजिनदंडाश्च लिंगं स्याद्ब्रह्मचारिणः । गृहिणो वेदयज्ञादि नखलोमवनस्थितेः
Les marques (liṅga) d’un brahmacārī sont la mekhala (ceinture), l’ajina (vêtement de peau) et le daṇḍa (bâton). Pour le maître de maison, le signe est le sacrifice védique et les rites associés ; et pour l’habitant de la forêt, le signe est l’austérité, visible dans les ongles et les cheveux laissés sans coupe.
Verse 38
त्रिदंडादि यतेरुक्तमुपलक्षणमत्र वै । एतल्लक्षणहीनस्तु प्रायश्चित्ती दिने दिने
Ici sont énoncés les signes reconnus d’un yati (renonçant), tels que le tridanda (bâton triple) et autres. Mais celui qui est dépourvu de ces marques distinctives doit accomplir le prāyaścitta (expiation) jour après jour.
Verse 39
जीर्णं कमंडलुं दंडमुपवीताजिने अपि । अप्स्वेव तानि निक्षिप्य गृह्णीतान्यच्च मंत्रवत्
Même si son kamaṇḍalu (pot à eau), son daṇḍa (bâton), son upavīta (cordon sacré) et son ajina (peau de daim) s’usent, qu’il les dépose dans l’eau, puis en prenne d’autres en remplacement, en le faisant avec les mantras appropriés.
Verse 40
विदध्यात्षोडशे वर्षे केशांतकर्म च क्रमात् । द्वाविंशे च चतुर्विंशे गार्हस्थ्य प्रतिपत्तये
Qu’il accomplisse dûment le rite du keśānta dans sa seizième année, selon la succession prescrite ; et, entre la vingt-deuxième et la vingt-quatrième année, qu’il entre dans l’āśrama de gṛhastha, la vie de maître de maison.
Verse 41
तपो यज्ञ व्रतेभ्यश्च सर्वस्माच्छुभकर्मणः । द्विजातीनां श्रुतिर्ह्येका हेतुर्निश्रेयस श्रियः
Plus que l’ascèse, le sacrifice, les vœux et toute autre œuvre propice, pour les dvijāti (deux-fois-nés) l’unique cause du rayonnement du souverain bien est la Śruti, la Révélation védique.
Verse 42
वेदारंभे विसर्गे च विदध्यात्प्रणवं सदा । अफलोऽनोंकृतो यस्मात्पठितोपि न सिद्धये
Au commencement de la récitation védique et à sa conclusion, il faut toujours proférer le Praṇava (Oṃ). Car sans l’énonciation de Oṃ, la récitation demeure sans fruit et ne mène pas à l’accomplissement, fût-elle lue.
Verse 43
वेदस्य वदनं प्रोक्तं गायत्री त्रिपदा परा । तिसृभिः प्रणवाद्याभिर्महाव्याहृतिभिः सह
On dit que la « bouche » du Veda est la Gāyatrī suprême aux trois pādas, avec les trois grandes énonciations (mahāvyāhṛtis) commençant par le Praṇava.
Verse 44
सहस्रं साधिकं किंचित्त्रिकमैतज्जपन्यमी । मासं बहिः प्रतिदिनं महाघादपि मुच्यते
Cette triade doit être répétée en japa un peu plus de mille fois. Si l’on l’accomplit chaque jour pendant un mois—au dehors—on est délivré même d’un grand péché.
Verse 45
अत्यब्दमिति योभ्यस्येत्प्रतिघस्रमनन्यधीः । स व्योममूर्तिः शुद्धात्मा परं ब्रह्माधिगच्छति
Celui qui pratique ainsi l’« atyabdam »—chaque jour, l’esprit sans distraction—devient, pour ainsi dire, de forme céleste; l’âme purifiée, il atteint le Brahman suprême.
Verse 46
त्रिवर्णमयमोंकारं भूर्भुवःस्वरिति त्रयम् । पादत्रयं च सावित्र्यास्त्रयोवेदा अदूदुहन्
Les trois Vedas ont « trait » l’Oṃkāra aux trois syllabes, la triade « bhūr, bhuvaḥ, svaḥ », et les trois pādas de la Sāvitrī (Gāyatrī).
Verse 47
एतदक्षरमेनां च जपेद्व्याहृतिपूर्विकाम् । संध्ययोर्वेदविद्विप्रो वेदपुण्येन युज्यते
Que le brāhmane connaisseur du Veda récite cette syllabe et cette (Gāyatrī), précédées des vyāhṛtis ; en le faisant aux deux sandhyās, il est comblé du mérite issu du Veda.
Verse 48
विधिक्रतोर्दशगुणं जपस्यफलमश्नुते । विधिक्रतोर्दशगुणो जपक्रतुरुदीरितः
On enseigne que le fruit du japa, la répétition sacrée, vaut dix fois celui d’un kratu accompli selon la règle ; en vérité, le japa est lui-même proclamé « sacrifice de répétition », dix fois supérieur au kratu prescrit.
Verse 49
उपांशुस्तच्छतगुणः सहस्रो मानसस्ततः
Le japa murmuré confère un mérite cent fois plus grand, et le japa mental, ensuite, en confère mille fois.
Verse 50
अधीत्यवेदान्वेदौ वा वेदं वा शक्तितो द्विजः । सुवर्णपूर्ण धरणी दानस्य फलमश्नुते
Le deux-fois-né qui, selon sa capacité, étudie les Vedas—tous, ou deux, ou même un seul—obtient le fruit du don de la terre entière remplie d’or.
Verse 51
श्रुतिमेव सदाभ्यस्येत्तपस्तप्तुं द्विजोत्तमः । श्रुत्यभ्यासो हि विप्रस्य परमं तप उच्यते
Que le meilleur des deux-fois-nés s’exerce sans cesse à la Śruti s’il veut accomplir le tapas ; car la répétition constante de la Śruti est déclarée le tapas suprême pour un brāhmane.
Verse 52
हित्वा श्रुतेरध्ययनं योन्यत्पठितुमिच्छति । स दोग्ध्रीं धेनुमुत्सृज्य ग्रामक्रोडीं दुधुक्षति
Celui qui délaisse l’étude de la Śruti et veut lire d’autres choses ressemble à l’homme qui lâche la vache laitière et cherche à traire une truie du village.
Verse 53
उपनीय च वै शिष्यं वेदमध्यापयेद्द्विजः । सकल्पं सरहस्यं च तमाचार्यं विदु्र्बुधाः
Le deux-fois-né qui, après avoir initié le disciple, lui enseigne le Veda avec les kalpa et son sens intérieur, est tenu par les sages pour un ācārya.
Verse 54
योध्यापयेदेकदेशं श्रुतेरंगान्यथापि वा । वृत्त्यर्थं स उपाध्यायो विद्वद्भिः परिगीयते
Celui qui n’enseigne qu’une portion de la Śruti, ou bien les membres auxiliaires du Veda, pour gagner sa vie, est loué par les savants comme upādhyāya.
Verse 56
अग्न्याधेयं पाकयज्ञानग्निष्टोमादिकान्मखान् । यः करोति वृतो यस्य स तस्यर्त्त्विगिहोच्यते
Celui qui, choisi, accomplit pour autrui l’établissement des feux sacrés, les offrandes domestiques et des sacrifices tels que l’Agniṣṭoma, est appelé ici son ṛtvik, prêtre officiant.
Verse 57
उपाध्यायाद्दशाचार्य आचार्यात्तु शतं पिता । सहस्रं तु पितुर्माता गौरवेणातिरिच्यते
En vénération, l’ācārya vaut dix fois l’upādhyāya; le père vaut cent fois l’ācārya; et la mère, en dignité, dépasse le père au millième.
Verse 58
विप्राणां ज्ञानतो ज्यैष्ठ्यं बाहुजानां तु वीर्यतः । वैश्यानां धान्यधनतः पज्जातानां तु जन्मतः
Chez les brāhmaṇas, l’ancienneté vient du savoir; chez les kṣatriyas, de la vaillance; chez les vaiśyas, des grains et des richesses; et chez ceux de naissance inférieure, du seul fait de naître.
Verse 59
यथाविधि निषेकादि यः कर्म कुरुते द्विजः । संभावयेत्तथान्नेन गुरुः स इह कीर्त्यते
Le deux-fois-né qui, selon la règle, accomplit les rites начиная de la conception et les autres, et qui de même honore le précepteur par des offrandes de nourriture, celui-là est ici proclamé véritable guru.
Verse 60
स्वप्ने सिक्त्वा ब्रह्मचारी द्विजः शुक्रमकामतः । स्नात्वार्कमर्चयित्वा त्रिः पुनर्मामित्यृचं जपेत्
Si un brahmacārin deux-fois-né a, sans désir, une émission de semence en rêve, alors, après s’être baigné et avoir adoré le Soleil, qu’il récite trois fois l’ṛc commençant par « punar mām… » (« de nouveau, moi… »).
Verse 61
स्वधर्मनिरतानां च वेदयज्ञक्रियावताम् । ब्रह्मचारी चरेद्भैक्ष्यं वेश्मसुप्रयतोऽन्वहम्
Chaque jour, le brahmacārin doit aller quêter l’aumône, avec juste maîtrise, dans les demeures de ceux qui demeurent fidèles à leur dharma et s’adonnent à l’étude des Veda et aux actes de yajña.
Verse 62
अकृत्वा भैक्ष्यचरणमसमिध्य हुताशनम् । अनातुरः सप्तरात्रमवकीर्णि व्रतं चरेत्
S’il n’est pas malade et qu’il omet la quête d’aumône et n’allume pas comme il se doit le feu sacré, alors qu’il observe l’avakīrṇi-vrata durant sept nuits.
Verse 63
यथेष्टचेष्टो नभवेद्गुरोर्नयनगोचरे । न नामपरिगृह्णीयात्परोक्षेप्यविशेषणम्
Sous le regard du guru, qu’il n’agisse pas selon son bon plaisir ; et qu’il ne prononce pas le nom du guru sans appellation honorifique, même en son absence.
Verse 64
गुरुनिंदाभवेद्यत्र परिवादस्तु यत्र च । श्रुती पिधाय वास्थेयं यातव्यं वा ततोन्यतः
Là où se trouve le dénigrement du guru et là où règne la calomnie, qu’il ne demeure qu’en se bouchant les oreilles, ou bien qu’il s’en aille ailleurs.
Verse 65
खरो गुरोः परीवादाच्छ्वा भवेद्गुरुनिंदकः । मत्सरी क्षुद्रकीटःस्यात्परिभोक्ता भवेत्कृमिः
En calomniant le guru, on devient un âne ; en l’insultant, on devient un chien. L’envieux devient un petit insecte, et celui qui consomme ce qui n’est pas à lui devient un ver.
Verse 66
नाभिवाद्या गुरोः पत्नी स्पृष्ट्वांघ्री युवती सती । क्वापि विंशतिवर्षेण ज्ञातृणा गुणदोषयोः
L’épouse du guru—bien que vertueuse et jeune—ne doit pas être abordée avec familiarité. Après avoir touché ses pieds en signe de révérence, qu’on demeure sur ses gardes ; car ce n’est qu’avec le temps—même en vingt ans—que les proches connaissent vraiment qualités et défauts.
Verse 67
स्वभावश्चंचलः स्त्रीणां दोषः पुंसामतः स्मृतः । प्रमदासु प्रमाद्यंति क्वचिन्नैव विपश्चितः
L’instabilité naturelle des femmes est rappelée comme un défaut qui devient cause de chute pour les hommes ; car, en matière de femmes, même les sages trébuchent parfois—bien qu’en certains cas ils ne trébuchent pas.
Verse 68
विद्वांसमप्यविद्वांसं यतस्ताधर्षयंत्यलम् । स्ववशं वापि कुर्वंति सूत्रबद्धशकुंतवत्
Car ils peuvent dominer puissamment le savant comme l’ignorant, et même les assujettir à leur pouvoir, tel un oiseau lié par une ficelle.
Verse 69
न मात्रा न दुहित्रा वा न स्वस्रैकांतशीलता । बलवंतीद्रियाण्यत्र मोहयंत्यपि कोविदान्
Ni la mère, ni la fille, ni même la sœur vivant dans une stricte retraite n’en est ici la véritable cause; ce sont plutôt les sens, puissants, qui peuvent égarer même les sages.
Verse 70
प्रयत्नेन खनन्यद्वद्भूमेर्वार्यधिगच्छति । शुश्रूषया गुरोस्तद्वद्विद्या शिष्योधिगच्छति
De même que, par un creusement assidu, on atteint l’eau cachée dans la terre, de même, par le service dévoué au guru, le disciple obtient la vraie connaissance.
Verse 71
शयानमभ्युदयते ब्रध्नश्चेद्ब्रह्मचारिणम् । प्रमादादथ निम्लोचेज्जपन्नपवसेद्दिनम्
Si un brahmacārin demeure couché lorsque le soleil s’est levé et, par négligence, laisse le soleil se coucher de nouveau, qu’il passe ce jour-là en japa et en jeûne, en expiation.
Verse 72
सुतस्य संभवे क्लेशं सहेते पितरौ च यत् । शक्या वर्षशतेनापि नो कर्तुं तस्य निष्कृतिः
La peine que les deux parents endurent pour la naissance même d’un fils—on ne peut en acquitter la dette, fût-ce en cent ans.
Verse 73
अतस्तयोः प्रियं कुर्याद्गुरोरपि च सर्वदा । त्रिषु तेषु सुतुष्टेषु तपः सर्वं समाप्यते
Ainsi, qu’on fasse toujours ce qui plaît à ces deux — la mère et le père — et aussi au guru. Lorsque ces trois sont profondément satisfaits, toute l’austérité est tenue pour accomplie.
Verse 74
तेषां त्रयाणां शुश्रूषा परमं तप उच्यते । तानतिक्रम्य यः कुर्यात्तन्नसिद्ध्येत्कदाचन
Le service assidu envers ces trois — mère, père et guru — est appelé l’austérité suprême. Celui qui entreprend quoi que ce soit en les négligeant ou en les transgressant ne réussira jamais vraiment.
Verse 75
त्रीनेवामून्समाराध्य त्रींल्लोकान्स जयेत्सुधीः । देववद्दिवि दीव्येत तेषां तोषं विवर्धयन्
En servant avec adoration ces trois seulement, le sage conquiert les trois mondes. En accroissant leur contentement, il se réjouit au ciel tel un dieu.
Verse 76
भूर्लोकं जननी भक्त्या भुवर्लोकं तथा पितुः । गुरोः शुश्रूषणात्तद्वत्स्वर्लोकं च जयेत्कृती
Par dévotion envers la mère, l’homme capable obtient le Bhūrloka ; par dévotion envers le père, le Bhuvarloka ; et de même, par le service du guru, il obtient le Svargaloka.
Verse 77
एतदेव नृणां प्रोक्तं पुरुषार्थचतुष्टयम् । यदेतेषां हि संतोष उपधर्मोन्य उच्यते
Ceci même est proclamé pour les hommes comme le quadruple but de la vie : que la satisfaction de ceux-ci — mère, père et guru — est appelée le dharma suprême, soutien de tout.
Verse 78
अधीत्य वेदान्वेदौ वा वेदं वापि क्रमाद्द्विजः । अप्रस्खलद्ब्रह्मचर्यो गृहाश्रममथाश्रयेत्
Après avoir étudié comme il se doit les Veda—quatre, ou deux, ou même un seul selon l’ordre prescrit—le deux-fois-né, dont le brahmacarya n’a pas failli, doit alors entrer dans l’āśrama du maître de maison.
Verse 79
अविप्लुत ब्रह्मचर्यो विश्वेशानुग्रहाद्भवेत् । अनुग्रहश्च वैश्वेशः काशीप्राप्तिकरः परः
Le brahmacarya sans rupture naît de la grâce de Viśveśa, Seigneur de l’Univers ; et cette grâce suprême de Vaiśveśa est elle-même la cause la plus haute qui accorde l’accès à Kāśī.
Verse 80
काशीप्राप्त्या भवेज्ज्ञानं ज्ञानान्निर्वाणमृच्छति । निर्वाणार्थं प्रयत्नो हि सदाचारस्य धीमताम्
Par l’obtention de Kāśī naît la vraie connaissance ; par la connaissance on atteint le nirvāṇa. C’est pourquoi les sages s’appliquent au sadācāra, la conduite droite, en vue de la délivrance.
Verse 81
सदाचारो गृहे यद्वन्न तथास्त्याश्रमांतरे । विद्याजातं पठित्वांते गृहस्थाश्रममाश्रयेत्
La conduite droite se trouve dans la maison d’une manière qui ne se trouve pas ainsi dans les autres āśramas. C’est pourquoi, après avoir achevé ses études, on doit finalement prendre refuge dans le gṛhastha-āśrama, l’état de maître de maison.
Verse 82
गृहाश्रमात्परं नास्ति यदि पत्नीवशंवदा । आनुकूल्यं हि दंपत्योस्त्रिवर्गोदय हेतवे
Il n’est rien de plus élevé que le gṛhastha-āśrama, pourvu que l’on ne soit pas sous la domination de l’épouse. Car l’accord entre mari et femme est bien la cause de l’épanouissement des trois buts : dharma, artha et kāma.
Verse 83
आनुकूल्यं कलत्रं चेत्त्रिदिवेनापि किं ततः । प्रातिकूल्यं कलत्रं चेन्नरकेणापि किं ततः
Si l’épouse est bienveillante et en harmonie, à quoi bon même le ciel ? Mais si l’épouse est hostile, quelle différence y a-t-il, fût-on au ciel : qu’en reste-t-il alors ?
Verse 84
गृहाश्रमः सुखार्थाय भार्यामूलं च तत्सुखम् । सा च भार्या विनीताया त्रिवर्गो विनयो धुवम्
L’āśrama du maître de maison est ordonné au bonheur, et ce bonheur a sa racine dans l’épouse. Quand l’épouse est instruite en humilité et en bonne conduite, les trois buts de la vie s’épanouissent ; car la discipline est assurément stable.
Verse 85
जलौकयोपमीयंते प्रमदा मंदबुद्धिभिः । मृगीदृशां जलौकानां विचारान्महदतंरम्
Les esprits obtus comparent les femmes à des sangsues ; mais, à y réfléchir, il est une grande différence entre les femmes aux yeux de biche et les sangsues.
Verse 86
जलौका केवलं रक्तमाददाना तपस्विनी । प्रमदा सर्वदा दत्ते चित्तं वित्तं बलं सुखम्
La sangsue, ne prenant que le sang, est comme une ascète. Mais la femme donne sans cesse : son esprit, ses biens, sa force et sa joie.
Verse 87
दक्षा प्रजावती साध्वी प्रियवाक्च वशंवदा । गुणैरमीभिः संयुक्ता सा श्रीः स्त्रीरूपधारिणी
Celle qui est capable, riche d’enfants, vertueuse, douce de parole et conciliante—unie à ces qualités—celle-là est Śrī elle-même, Fortune et Auspice, ayant pris la forme d’une femme.
Verse 88
गुरोरनुज्ञया स्नात्वा व्रतं वेदं समाप्य च । उद्वहेत ततो भार्यां सवर्णां साधुलक्षणाम्
Avec l’autorisation du guru, après le bain conclusif et après avoir achevé les vœux et l’étude du Véda, qu’il prenne alors pour épouse une femme de la même varṇa, marquée des signes de la vertu.
Verse 89
जने तु रसगोत्राया मातुर्याप्यसपिंडका । दारकर्मणि योग्या सा द्विजानां धर्मवृद्धये
Même si une jeune fille appartient de naissance à la même lignée de gotra, si elle n’est pas parente sapinda du côté maternel, elle est tenue pour apte au mariage, afin que le dharma des dvija s’accroisse par les rites du foyer.
Verse 90
स्त्रीसंबंधेप्यपस्मारि क्षयि श्वित्रि कुलं त्यजेत् । अभिशस्तिसमायुक्तं तथा कन्याप्रसूं त्यजेत्
Même par des liens passant par les femmes, qu’on évite une famille marquée par l’épilepsie, la consomption ou la leucodermie ; de même, qu’on évite une famille frappée d’un grave opprobre, ainsi qu’une connue pour n’engendrer que des filles.
Verse 91
रोगहीनां भ्रातृमतीं स्वस्मात्किंचिल्लघीयसीम् । उद्वहेत द्विजो भार्यां सौम्यास्यां मृदुभाषिणीम्
Qu’un dvija prenne pour épouse une femme sans maladie, pourvue de frères, un peu plus jeune que lui, au visage doux et à la parole tendre.
Verse 92
न पर्वतर्क्षवृक्षाह्वां न नदीसर्पनामिकाम् । न पक्ष्यहिप्रेष्यनाम्नीं सौम्याख्यामुद्वहेत्सुधीः
Le sage ne doit pas épouser une jeune fille dont le nom est celui d’une montagne, d’un ours ou d’un arbre ; ni celle qui porte un nom de rivière ou de serpent ; ni celle qui a des noms d’oiseaux, de serpents ou de serviteurs, ni même celle dont le nom n’est que « Saumyā ».
Verse 93
न चातिरिक्तहीनांगीं नातिदीर्घां न वा कृशाम् । नालोमिकां नातिलोमां नास्निग्धस्थूलमौलिजाम्
Qu’on ne choisisse pas pour épouse une femme aux membres trop déficients ou trop excessifs, ni trop grande ni trop maigre; ni trop peu chevelue ni trop chevelue, ni dont la chevelure soit rêche, grasse ou épaisse d’une manière sans grâce.
Verse 94
मोहात्समुपयच्छेत कुलहीनां न कन्यकाम् । हीनोपयमनाद्याति संतानमपि हीनताम्
Par égarement, qu’on n’épouse pas une jeune fille d’une famille déchue; car un mariage contracté dans l’infériorité entraîne même la descendance vers l’infériorité.
Verse 95
लक्षणानि परीक्ष्यादौ ततः कन्यां समुद्वहेत् । सुलक्षणा सदाचारा पत्युरायुर्विवर्धयेत्
Après avoir d’abord examiné les marques de bon augure, qu’on épouse ensuite la jeune fille. On dit qu’une femme aux bons signes et à la conduite vertueuse accroît la longévité de son époux.
Verse 96
ब्रह्मचारि समाचार इति ते समुदी रितः । घटोद्भव प्रसंगेन स्त्रीलक्षणमथ ब्रुवे
Ainsi t’a été exposée la conduite d’un brahmacārin. Maintenant, ô Ghaṭodbhava (Agastya), dans ce même contexte, je parlerai des caractéristiques des femmes.