
Sanātana enseigne à un brāhmaṇa une suite d’observances centrées sur l’Aṣṭamī, réparties sur les douze mois lunaires. Le chapitre s’ouvre sur Caitra Śuklāṣṭamī, fête de la naissance de Bhavānī, avec pradakṣiṇā (circumambulations), yātrā, darśana et le rite du bourgeon d’Aśoka (Aśokāṣṭamī/Mahāṣṭamī). Il poursuit en Vaiśākha et Jyeṣṭha par le jeûne et le culte d’Aparājitā et des formes de Śiva/Devī, puis décrit en Āṣāḍha un rite élaboré : bain nocturne, abhiṣeka, repas offert aux brāhmaṇas et dakṣiṇā d’or. En Bhādrapada (Nabhas), il introduit des vœux favorisant la descendance, dont Daśāphala : vrata de dix jours consacré à Kṛṣṇa avec homa (108 oblations), offrande de feuilles de tulasī, pūrikā, guru-dāna et pratique au long cours ; vient ensuite la liturgie complète de Kṛṣṇa Janmāṣṭamī (maṇḍapa, maṇḍala, kalaśa, abhiṣeka à minuit, naivedya, veille, don d’une image et d’une vache d’or). S’ajoutent le Rādhā-vrata, Dūrvāṣṭamī avec mantras pour obtenir des enfants, et un Mahālakṣmī-vrata de seize jours avec ḍoraka (seize nœuds), udyāpana, arghya à la lune et offrandes en seize volets. La conclusion énumère d’autres Aṣṭamī : Durgā Mahāṣṭamī (Āśvina), Karaka-vrata (Ūrja), Gopāṣṭamī (Kārttika), rite d’Anaghā/Anagha (Mārgaśīrṣa), jeûne de Kālabhairava (Mārgaśīrṣa Śuklāṣṭamī), Aṣṭakā-śrāddha et culte de Śiva (Pauṣa), Bhadrakālī et offrandes à Bhīṣma (Māgha), Bhīmā et culte de Śiva–Śivā (Phālguna), ainsi que Śītalā-Aṣṭamī avec son mantra et son iconographie propres, avant une prescription générale : honorer Śiva/Śivā chaque mois au jour d’Aṣṭamī.
Verse 1
सनातन उवाच । शुक्लाष्टम्यां चैत्रमासे भवान्याः प्रोच्यते जनिः । प्रदक्षिणशतं कृत्वा कार्यो यात्रामहोत्सवः ॥ १ ॥
Sanātana dit : «Au jour de Śuklāṣṭamī (huitième jour de la quinzaine claire) du mois de Caitra, on proclame la naissance de Bhavānī. Après avoir accompli cent pradakṣiṇā (circumambulations), on doit célébrer la grande fête de la yātrā, la procession de la Déesse».
Verse 2
दर्शनं जगदम्बायाः सर्वानंदप्रदं नृणाम् । अत्रैवाशो ककलिकाप्राशनं समुदाहृतम् ॥ २ ॥
Le darśan, la vision bénie, de Jagadambā accorde aux hommes une félicité totale. Ici même est aussi proclamée la pratique appelée «kakalikā-prāśana», le rite de consommer la kakalikā.
Verse 3
अशोककलिकाश्चाष्टौ ये पिबंति पुनर्वसौ । चैत्रे मासि सिताष्टम्यां न ते शोकमवाप्नुयुः ॥ ३ ॥
Ceux qui boivent huit bourgeons de l’arbre aśoka le jour de Punarvasu, au huitième jour lunaire de la quinzaine claire (Śukla Aṣṭamī) du mois de Caitra, ne tombent pas dans le chagrin.
Verse 4
महाष्टमीति च प्रोक्ता देव्याः पूजाविधानतः । वैशाखस्य सिताष्टम्यां समुपोष्यात्र वारिणा ॥ ४ ॥
Selon le rite prescrit pour le culte de la Déesse, cette observance est appelée « Mahāṣṭamī ». Au huitième jour lunaire de la quinzaine claire du mois de Vaiśākha, on doit y pratiquer le jeûne comme il se doit, ne se soutenant que d’eau.
Verse 5
स्नात्वापराजितां देवीं मांसीबालकवारिभिः । स्नापयित्वार्च्य गन्धाद्यैर्नैवेद्यं शर्करामयम् ॥ ५ ॥
Après s’être baigné, qu’on baigne la Déesse Aparājitā avec de l’eau parfumée de māṃsī et de bālaka ; puis, l’ayant honorée par des fragrances et autres offrandes, qu’on présente en naivedya une préparation faite de sucre.
Verse 6
कुमारीर्भोजयेच्चापि नवम्यां पारणाग्रतः । ज्योतिर्मयविमानेन भ्राजमानो यथा रविः ॥ ६ ॥
Le neuvième jour (Navamī), avant le pāraṇa, qu’on nourrisse aussi de jeunes filles (kumārī). Alors l’on resplendit tel le soleil, porté par un vimāna fait de lumière.
Verse 7
लोकेषु विचरेद्विप्र देव्याश्चैव प्रसादतः । कृष्णाष्टम्यां ज्येष्ठमासे पूजयित्वा त्रिलोचनम् ॥ ७ ॥
Ô brāhmane, par la grâce de la Déesse, il peut parcourir librement les mondes, après avoir adoré le Seigneur aux Trois Yeux (Śiva) lors de la Kṛṣṇāṣṭamī du mois de Jyeṣṭha.
Verse 8
शिवलोके वसेत्कल्पं सर्वदेवनमस्कृतः । ज्येष्ठशुक्ले तथाष्टम्यां यो देवीं पूजयेन्नरः ॥ ८ ॥
L’homme qui adore la Déesse au jour d’Aṣṭamī, le huitième jour lunaire de la quinzaine claire du mois de Jyeṣṭha, est vénéré par tous les dieux et demeure dans le monde de Śiva pendant un kalpa.
Verse 9
स विमानेन चरति गन्धर्वाप्सरसां गणैः । शुक्लाष्टम्यां तथाऽषाढे स्नात्वा चैव निशांबुना ॥ ९ ॥
Il se déplace dans un vimāna, entouré de troupes de Gandharvas et d’Apsaras, après s’être baigné—au jour d’Aṣṭamī de la quinzaine claire du mois d’Āṣāḍha—dans l’eau de la nuit.
Verse 10
तेनैव स्नापयेद्देवीं पूजयेच्च विधानतः । ततः शुद्धजलैः स्नाप्य विलिंपेत्सेंदुचंदनैः ॥ १० ॥
Avec cette même substance consacrée, qu’on baigne la Déesse et qu’on l’adore selon le rite prescrit. Ensuite, après l’avoir baignée d’eau pure, qu’on l’oigne de pâte de santal, fraîche comme la lune.
Verse 11
नैवेद्यं शर्करोपेतं दत्वाऽचमनमर्पयेत् । भोजयित्वा ततो विप्रान्दत्वा स्वर्णं च दक्षिणाम् ॥ ११ ॥
Après avoir offert le naivedya accompagné de sucre, qu’on présente l’eau pour l’ācamanam. Puis, après avoir nourri les brāhmaṇas, qu’on donne de l’or en dakṣiṇā (don rituel).
Verse 12
विसृज्य च ततः पश्चात्स्वयं भुंजीत वाग्यतः । एतद्व्रतं नरः कृत्वा देवीलोकमवाप्नुयात् ॥ १२ ॥
Ensuite, après avoir accompli l’offrande ou le don prescrit, qu’il mange lui-même, la parole maîtrisée. Celui qui observe ainsi ce vœu atteint le royaume de la Déesse.
Verse 13
नभःशुक्लेतथाष्टम्यां देवीमिष्ट्वा विधानतः । क्षीरेण स्नापयित्वा च मिष्टान्नं विनिवेदयेत् ॥ १३ ॥
Au jour d’Aṣṭamī, huitième tithi de la quinzaine claire du mois de Nabhas, après avoir vénéré la Déesse selon le rite prescrit, qu’on la baigne de lait et qu’on lui offre en naivedya le miṣṭānna, mets doux cuit.
Verse 14
ततो द्विजान् भोजयित्वा परेऽह्नि स्वयमप्युत । भुक्त्वा समापयेदद्व्रतं संततिवर्धनम् ॥ १४ ॥
Puis, le lendemain, après avoir nourri les dvija, c’est-à-dire les brāhmaṇa, qu’on prenne soi-même nourriture; ainsi, après le repas, qu’on achève comme il se doit ce vœu qui fait croître la descendance et la lignée.
Verse 15
नभोमासे सिताष्टम्यां दशाफलमिति व्रतम् । उपवासं तु संकल्प्य स्नात्वा कृत्वा च नैत्यिकम् ॥ १५ ॥
Au mois de Nabho, lors de l’Aṣṭamī de la quinzaine claire, on observe le vœu nommé « Daśāphala ». Ayant pris la résolution du jeûne (upavāsa), qu’on se baigne et qu’on accomplisse les devoirs quotidiens prescrits.
Verse 16
तुलस्याः कृष्णावर्णाया दलैर्दशभिरर्चयेत् । कृष्णं विष्णुं तथाऽनन्तं गोविन्दं गरुडध्वजम् ॥ १६ ॥
Qu’on l’adore avec dix feuilles de tulasī à la teinte sombre (śyāmā), en invoquant le Seigneur comme Kṛṣṇa, Viṣṇu, Ananta, Govinda et Garuḍa-dhvaja, Celui dont l’étendard porte Garuḍa.
Verse 17
दामोदरं हृषीकेशं पद्मनाभं हरिं प्रभुम् । एतैश्च नामभिर्नित्यं कृष्णदेवं समर्चयेत् ॥ १७ ॥
Qu’on vénère chaque jour le Seigneur Kṛṣṇa, en l’honorant sans cesse par ces noms divins : Dāmodara, Hṛṣīkeśa, Padmanābha, Hari et Prabhu, le Maître suprême.
Verse 18
नमस्कारं ततः कुर्यात्प्रदक्षिणसमन्वितम् । एवं दशदिनं कुर्याद्व्रतानामुत्तमं व्रतम् ॥ १८ ॥
Ensuite, qu’on accomplisse la prosternation (namaskāra), accompagnée de la circumambulation sacrée (pradakṣiṇa). Ainsi doit-on l’observer durant dix jours : c’est le plus excellent des vœux.
Verse 19
आदौ मध्ये तथा चांते होमं कुर्याद्विधानतः । कृष्णमंत्रेण जुहुयाच्चरुणाऽष्टोत्तरं शतम् ॥ १९ ॥
Au début, au milieu et de nouveau à la fin, qu’on accomplisse le homa (offrande au feu) selon la règle prescrite. Avec le mantra de Kṛṣṇa, qu’on offre le caru (bouillie de riz sacrificielle) en oblation cent huit fois.
Verse 20
होमांते विधिना सम्यगाचार्य्यं पूजयेत्सुधीः । सौवर्णे ताम्रपात्रे वा मृन्मये वेणुपात्रके ॥ २० ॥
À la fin du homa, le sage doit, selon la règle, honorer comme il se doit l’ācārya. Qu’il remette l’offrande dans un récipient d’or, ou de cuivre, ou dans un pot de terre, ou dans un contenant de bambou.
Verse 21
तुलसीदलं सुवर्णेन कारयित्वा सुलक्षणम् । हैमीं च प्रतिमां कृत्वा पूजयित्वा विधानतः ॥ २१ ॥
Après avoir façonné en or un emblème de feuille de Tulasī, de bon augure et bien formé, et après avoir réalisé aussi une image d’or, qu’on l’adore selon les rites prescrits.
Verse 22
निधाय प्रतिमां पात्रे ह्याचार्याय निवेदयेत् । दातव्या गौः सवत्सा च वस्त्रालंकारभूषिता ॥ २२ ॥
Après avoir déposé l’image sacrée dans un récipient approprié, qu’on la présente solennellement à l’ācārya. Qu’on offre aussi une vache avec son veau, parée de vêtements et d’ornements.
Verse 23
दशाहं कृष्णदेवाय पूरिका दश चार्पयेत् । ताश्च दद्याद्विधिज्ञाय स्वयं वा भक्षयेद्व्रती ॥ २३ ॥
Pendant dix jours, chaque jour on offrira à Śrī Kṛṣṇa dix pūrikā (gâteaux de blé frits). Ensuite, ces offrandes seront données à un connaisseur du rite (un brāhmaṇa/prêtre qualifié), ou bien l’observant du vœu pourra les consommer lui-même.
Verse 24
शयनं च प्रदातव्यं यथाशक्ति द्विजोत्तम । दशमेऽह्नि ततो मूर्तिं सद्रव्यां गुरवेऽर्पयेत् ॥ २४ ॥
Ô meilleur des dvija, qu’on fasse aussi don d’un lit selon ses moyens. Puis, le dixième jour, qu’on offre au Guru une mūrti (image sacrée) accompagnée de biens précieux appropriés.
Verse 25
व्रतांते दशविप्रेभ्यः प्रत्येकं दश पूरिकाः । दद्यादेव दशाब्दं तु कृत्वा व्रतमनुत्तमम् ॥ २५ ॥
À la fin du vœu, qu’on donne à dix brāhmaṇas—dix pūrikā à chacun. Ayant accompli ce vœu sans égal, qu’on agisse ainsi, en vérité, pendant dix ans.
Verse 26
उपोष्य विधिना भूयात्सर्वकामसमन्वितः । अंते कृष्णस्य सायुज्यं लभते नात्र संशयः ॥ २६ ॥
Ayant observé le jeûne selon la règle prescrite, on se trouve comblé de toutes les réalisations désirées. Et, à la fin, on obtient le sāyujya, l’union avec Kṛṣṇa ; il n’y a là aucun doute.
Verse 27
कृष्णजन्माष्टमी चेयं स्मृता पापहरा नृणाम् । केवलेनोपवासेन तस्मिञ्जन्मदिने हरेः ॥ २७ ॥
Ce Kṛṣṇa Janmāṣṭamī est rappelé comme celui qui détruit les péchés des hommes ; par le seul jeûne en ce jour de la naissance de Hari, le péché est ôté.
Verse 28
सप्तजन्मकृतात्पापान्मुच्यते नात्र संशयः । उपवासी तिलैः स्नातो नद्यादौ विमले जले ॥ २८ ॥
Il n’y a nul doute : on est délivré des péchés amassés durant sept existences. Après avoir jeûné et s’être baigné avec des graines de sésame dans les eaux pures d’une rivière et autres, on obtient cette purification.
Verse 29
सुदेशे मंडपे क्लृप्ते मंडलं रचयेत्सुधीः । तन्मध्ये कलशं स्थाप्य ताम्रजं वापि मृन्मयम् ॥ २९ ॥
En un lieu convenable, après avoir préparé le maṇḍapa, le sage doit tracer le maṇḍala rituel ; puis, en son centre, placer un kalaśa (vase d’eau), en cuivre ou en argile.
Verse 30
तस्योपरि न्यसेत्पात्रं ताम्रं तस्योपरि स्थिताम् । हैमीं वस्त्रयुगाच्छन्नां कृष्णस्य प्रतिमां शुभम् ॥ ३० ॥
Sur ce kalaśa, qu’on dépose un récipient de cuivre ; et sur celui-ci, qu’on installe l’image auspicieuse de Kṛṣṇa, faite d’or et recouverte d’une paire d’étoffes.
Verse 31
पाद्याद्यैरुपचारैस्तु पूजयेत्स्निग्धमानसः । देवकीं वसुदेवं च यशोदां नंदमेव च ॥ ३१ ॥
Le cœur attendri par une bhakti aimante, qu’on les vénère par les offrandes rituelles usuelles, à commencer par le pādya, l’eau pour laver les pieds, et le reste ; en honorant Devakī et Vasudeva, ainsi que Yaśodā et Nanda.
Verse 32
व्रजं गोपांस्तथा गोपीर्गाश्च दिक्षु समर्चयेत् । तत आरार्तिकं कृत्वा क्षमाप्यानम्य भक्तितः ॥ ३२ ॥
Qu’on honore comme il se doit Vraja, les gopas, les gopīs et les vaches dans toutes les directions. Ensuite, après avoir accompli l’ārati, qu’on demande pardon et qu’on se prosterne avec dévotion.
Verse 33
तिष्ठेत्तथैवार्द्धरात्रे पुनः संस्नापयेद्धरिम् । पंचामृतैः शुद्धजलैर्गंधाद्यैः पूजयेत्पुनः ॥ ३३ ॥
De la même manière, à minuit on doit de nouveau baigner Hari ; puis, avec les cinq nectars et l’eau pure, on doit encore Le vénérer avec la pâte de santal et les autres offrandes.
Verse 34
धान्याकं च यवानीं च शुंठीं खंडं च नारद । साज्यं रौप्ये धृतं पात्रे नैवेद्यं विनिवेदयेत् ॥ ३४ ॥
«Ô Nārada, qu’on offre en naivedya la coriandre, l’ajowan, le gingembre sec et le sucre ; et aussi le ghee—déposé dans un vase d’argent—qu’on présente dûment cette offrande de nourriture.»
Verse 35
पुनरारार्तिकं कृत्वा दशधा रूपधारिणम् । विचिंतयन्मृगांकाय दद्यादर्घ्यं समुद्यते ॥ ३५ ॥
Après avoir de nouveau accompli l’ārati, et en méditant sur la Lune—celle qui porte la marque du cerf—comme revêtant dix formes, on doit alors se lever et offrir l’arghya (oblations d’eau).
Verse 36
ततः क्षमाप्य देवेशं रात्रिखंडं नयेद्व्रती । पौराणिकैः स्तोत्रपाठैर्गीतवाद्यैरनेकधा ॥ ३६ ॥
Ensuite, après avoir imploré le pardon du Seigneur des dieux, l’observant du vœu doit traverser la portion nocturne de diverses manières : par des récitations purāṇiques, la psalmodie d’hymnes, et des chants dévotionnels accompagnés d’instruments.
Verse 37
ततः प्रभाते विप्रग्र्यान्भोजयेन्मधुरान्नकैः । दत्वा च दक्षिणां तेभ्यो विसृजेत्तुष्टमानसः ॥ ३७ ॥
Puis, à l’aube, on doit nourrir d’éminents brāhmaṇas de mets sucrés ; et, après leur avoir donné la dakṣiṇā prescrite, on doit les congédier avec respect, l’esprit comblé.
Verse 38
ततस्तां प्रतिमां विष्णोः स्वर्णधेनुधरान्विताम् । गुरवे दक्षिणां दत्वा विसृज्याश्रीत च स्वयम् ॥ ३८ ॥
Ensuite, après avoir offert cette image de Viṣṇu—accompagnée du don d’une vache d’or—et avoir remis au maître la dakṣiṇā (rétribution rituelle), qu’il clôture le rite selon la règle, puis qu’il prenne lui-même refuge en le Seigneur.
Verse 39
दारापत्यसुहृद्भृत्यरेवं कृत्वा व्रत नरः । साक्षाद्गोकमाप्नोति विमानवरमास्थितः ॥ ३९ ॥
L’homme qui accomplit ainsi le vœu avec son épouse, ses enfants, ses amis et ses serviteurs atteint directement le monde divin des vaches, assis dans un char céleste d’excellence.
Verse 40
नैतेन सदृशं चान्यद्व्रतमस्ति जगत्त्रये । कृतेन येन लभ्येत कोट्यैकादशकं फलम् ॥ ४० ॥
Dans les trois mondes, il n’est point d’autre vœu comparable à celui-ci ; en l’accomplissant, on obtient le fruit de onze koṭis, un mérite sans mesure.
Verse 41
शुक्लाष्टम्यां नभस्यस्य कुर्याद्राधाव्रतं नरः । पूर्ववद्राधिकां हैमीं कलशस्थां प्रपूजयेत् ॥ ४१ ॥
Au huitième jour de la quinzaine claire (śukla aṣṭamī) du mois de Nabhasya (Bhādrapada), qu’on entreprenne le vœu de Rādhā. Comme indiqué plus haut, qu’on vénère selon la règle une image d’or de Rādhikā placée sur un kalaśa (vase rituel).
Verse 42
मध्याह्ने पूजयित्वेनामेकभक्तं समापयेत् । शक्तो भक्तश्चोपवासं परेऽह्नि विधिना ततः ॥ ४२ ॥
Après avoir accompli l’adoration à midi, qu’on conclue par un seul repas (eka-bhakta). Ensuite, le dévot qui en a la force observera le jeûne (upavāsa) le lendemain, selon la procédure prescrite.
Verse 43
सुवासिनीर्भोजयित्वा गुरवे प्रतिमार्पणम् । कृत्वा स्वयं च भुंजीतं व्रतमेवं समापयेत् ॥ ४३ ॥
Après avoir nourri les femmes mariées de bon augure, et après avoir offert au guru une image sacrée (pratimā), que l’observant prenne ensuite lui-même sa nourriture ; ainsi s’achève le vœu (vrata).
Verse 44
व्रतेनानेन विप्रर्षे कृतेन विधिना व्रती । रहस्यं गोष्ठजं लब्ध्वा राधापरिकरे वसेत् ॥ ४४ ॥
Ô le meilleur des brahmanes : lorsque l’observant accomplit ce vœu selon le rite prescrit, ayant obtenu le mystère secret né à Gokula, qu’il demeure parmi les serviteurs de Rādhā.
Verse 45
दूर्वाष्टमीव्रतं चात्र कथितं तच्च मे श्रृणु । शुचौ देशे प्रजातायां द्वर्वायां द्विजसत्तम ॥ ४५ ॥
Ici a été décrit le vœu de Dūrvāṣṭamī ; maintenant, écoute-le de ma bouche, ô le meilleur des deux-fois-nés : (il doit être accompli) avec l’herbe sacrée dūrvā ayant poussé en un lieu pur.
Verse 46
स्थाप्य लिंगं ततो गंधैः पुष्पैर्धूपैश्च दीपकैः । नैवेद्यैरर्चयेद्भक्त्या दध्यक्षतफलादिभिः ॥ ४६ ॥
Après avoir établi le liṅga, qu’on l’adore avec bhakti par des parfums, des fleurs, de l’encens et des lampes, et par des offrandes de naivedya telles que le caillé (dadhi), le riz intact (akṣata), des fruits et autres.
Verse 47
अर्घ्यं प्रदद्यात्पूजांते मंत्राभ्यां सुसमाहितः । त्वं दूर्वेऽमृतजन्माऽसि सुरासुरनमस्कृते ॥ ४७ ॥
À la fin du culte, l’esprit parfaitement recueilli, qu’on offre l’arghya en récitant ces deux mantras : « Ô herbe Dūrvā, tu es née de l’amṛta ; devas et asuras te rendent hommage ».
Verse 48
सौभाग्यं संततिं देहि सर्वकार्यकरी भव । यथा शाखा प्रशाखाभिर्विस्तृताऽसि महीतले ॥ ४८ ॥
Accorde-moi la bonne fortune et une descendance; deviens l’Accomplisseur de toutes mes œuvres—comme une branche d’arbre qui, par ses rameaux, s’étend largement sur la terre.
Verse 49
तथा विस्तृतसंतानं देहि मेऽप्यजरामरम् । ततः प्रदक्षिणीकृत्य विप्रान्संभोज्य तत्र वै ॥ ४९ ॥
De même, accorde-moi une descendance vaste—une lignée que ni la vieillesse ni la mort ne retranchent. Puis, après avoir accompli la circumambulation révérencielle (pradakṣiṇā), il nourrit là même les brāhmaṇas, assurément.
Verse 50
भुक्त्वा स्वयं गृहं गच्छेदत्वा विप्रेषु दक्षिणाम् । फलानि च प्रशस्तानि मिष्टानि सुरभीणि च ॥ ५० ॥
Après avoir mangé, qu’on retourne soi-même à la maison, après avoir offert aux brāhmaṇas la dakṣiṇā due—ainsi que des fruits excellents, doux et parfumés.
Verse 51
एवं पुण्या पापहरा नृणा दूर्वाष्टमी द्विज । चतुर्णामपि वर्णानां स्त्रीजनानां विशेषतः ॥ ५१ ॥
Ainsi, ô deux-fois-né, l’observance de Dūrvāṣṭamī est hautement méritoire et efface les péchés des hommes. Elle est bénéfique aux quatre varṇa, et tout particulièrement recommandée aux femmes.
Verse 52
या न पूजयते दूर्वा नारी मोहाद्यथाविधि । जन्मानि त्रीणि वैधव्यं लभते सा न संशयः ॥ ५२ ॥
La femme qui, par égarement, ne rend pas culte à l’herbe dūrvā selon le rite prescrit, obtient la veuvage durant trois naissances—sans aucun doute.
Verse 53
यदा ज्येष्ठर्क्षसंयुक्ता भवेच्जैवाष्टभी द्विज । ज्येष्ठा नाम्नी तु सा ज्ञेया पूजिता पापनाशिनी ॥ ५३ ॥
Ô deux-fois-né, lorsque la huitième tithi (Aṣṭamī) coïncide avec la nakṣatra Jyeṣṭhā, sache qu’elle est appelée « Jyeṣṭhā ». Lorsqu’on la vénère, elle devient destructrice des péchés.
Verse 54
अथैनां तु समारभ्य व्रतं षोडशवासरम् । महालक्ष्म्याः समुद्दिष्टं सर्वसंपद्विवर्धनम् ॥ ५४ ॥
Ensuite, en commençant cette observance, on doit entreprendre un vœu de seize jours : une ordonnance prescrite pour Mahālakṣmī, qui fait croître toute prospérité et toute bonne fortune.
Verse 55
करिष्येऽहं महालक्ष्मीव्रतं ते त्वत्परायणः । तदविघ्नेन मे यातु समाप्तिं त्वत्प्रसादतः ॥ ५५ ॥
J’accomplirai ton Mahālakṣmī-vrata, m’en remettant entièrement à toi. Par ta grâce, qu’il parvienne pour moi à son achèvement, sans aucun obstacle.
Verse 56
इत्युच्चार्य ततो बद्धा डोरक दक्षिणे करे । षोडशग्रंथिसहितं गुणैः षोडशभिर्युतम् ॥ ५६ ॥
Après avoir ainsi prononcé le mantra, on doit ensuite nouer au poignet droit le cordon protecteur (ḍoraka), muni de seize nœuds et pourvu de seize qualités auspiciantes.
Verse 57
ततोऽन्वहं महालक्ष्मीं गंधाद्यैरर्च्चयेद्व्रती । यावत्कृष्णाष्टमी तत्र चरेदुद्यापनं सुधीः ॥ ५७ ॥
Ensuite, l’observant du vœu doit adorer chaque jour Mahālakṣmī avec des parfums et d’autres offrandes ; et lorsque survient la Kṛṣṇāṣṭamī (la huitième du quinzaine sombre), le sage doit accomplir le rite de clôture (udyāpana) de ce vœu.
Verse 58
वस्त्रमंडपिकां कृत्वा सर्वतोभद्रमंडले । कलशं सुप्रतिष्ठाप्य दीपमुद्द्योतयेत्ततः ॥ ५८ ॥
Ayant dressé un pavillon de tissu sur le maṇḍala sarvatobhadra, qu’on y établisse solidement le kalaśa sacré, puis qu’on allume la lampe.
Verse 59
उत्तार्य डोरकं बाहोः कुंभस्याधो निवेदयेत् । चतस्रः प्रतिमाः कृत्वा सौवर्णीस्तत्स्वरूपिणीः ॥ ५९ ॥
Après avoir retiré du bras le ḍoraka (fil/amulette sacrée), qu’on le dépose sous le kumbha. Puis, façonnant quatre images d’or, conformes à cette même forme, qu’on les offre selon le rite.
Verse 60
स्नपनं कारयेत्तासाः जलैः पञ्चामृतैस्तथा । उपचारैः षोडशभिः पूजयित्वा विधानतः ॥ ६० ॥
Qu’on leur fasse le bain sacré (snāpana/abhiṣeka) avec de l’eau et aussi avec le pañcāmṛta; puis, les ayant honorées selon la règle par les seize offrandes (ṣoḍaśopacāra), qu’on agisse conformément au rite.
Verse 61
जागरस्तत्र कर्तव्यो गीतवादित्रनिः स्वनैः । ततो निशीथे संप्राप्तेऽभ्युदितेऽमृतदीधितौ ॥ ६१ ॥
Là, l’on doit accomplir la veille sacrée (jāgara) au son retentissant des chants et des instruments. Puis, lorsque vient minuit et que s’est levée la lune aux rayons pareils à l’ambroisie, (le rite se poursuit).
Verse 62
दत्वार्घ्यं बंधनं द्रव्यैः श्रीखंडाद्यैर्विधानतः । चंद्रमण्डलसंस्थायै महालक्ष्यै प्रदापयेत् ॥ ६२ ॥
Après avoir offert l’arghya, qu’on présente selon la règle le bandhana (offrande d’attache) avec des substances telles que le śrīkhaṇḍa (santal) et autres, et qu’on l’offre à Mahālakṣmī, établie dans le disque lunaire (candra-maṇḍala).
Verse 63
क्षीरोदार्णवसंभूत महालक्ष्मीसहोदर । पीयूषधाम रोहिण्याः सहिताऽर्घ्यं गृहाण मे ॥ ६३ ॥
Ô Toi né de l’Océan de Lait, ô frère de Mahālakṣmī, ô demeure de l’ambroisie : avec Rohiṇī, daigne accepter de moi cet arghya, offrande rituelle.
Verse 64
क्षीरोदार्णवसम्भूते कमले कमलालये । विष्णुवक्षस्थलस्थे मे सर्वकामप्रदा भव ॥ ६४ ॥
Ô Kamalā (Lakṣmī), née de l’Océan de Lait, ô demeure du lotus, assise sur la poitrine de Viṣṇu : sois pour moi celle qui accorde tous les buts désirés.
Verse 65
एकनाथे जगन्नाथे जमदग्निप्रियेऽव्यये । रेणुके त्राहि मां देवि राममातः शिवं कुरु ॥ ६५ ॥
Ô Déesse Reṇukā—refuge unique, Jagannātha, bien-aimée de Jamadagni, impérissable—protège-moi. Ô Devī, mère de Rāma (Paraśurāma), fais naître en moi l’auspice et le bien-être.
Verse 66
मंत्रैरेतैर्महालक्ष्मीं प्रार्थ्य श्रोत्रिययोषितः । सम्यक्संपूज्य ताः सम्यग्गंधयावककज्जलैः ॥ ६६ ॥
Après avoir invoqué Mahālakṣmī par ces mantras, on doit honorer comme il se doit les femmes des foyers brāhmaṇa érudits, les vénérer correctement et les parer de parfums, d’onguents couleur safran et de collyre.
Verse 67
संभोज्य जुहुयादग्नौ बिल्वपद्मकपायसैः । तदलाभे घृतैर्विप्र गृहेभ्यः समिधस्तिलान् ॥ ६७ ॥
Après avoir nourri les brāhmanes invités, on doit verser des oblations dans le feu sacré avec du payasa (riz au lait) préparé avec bilva et (ingrédients de) lotus. À défaut, ô brāhmane, qu’on offre à la place du ghee, avec des bûchettes rituelles et du sésame apportés de sa propre maison.
Verse 68
मृत्युंजयाय च परं सर्वरोगप्रशांतये । चंदनं तालपत्रं च पुष्पमालां तथाऽक्षतान् ॥ ६८ ॥
Et l’on doit offrir à Mṛtyuṃjaya, le Seigneur Suprême, pour l’apaisement total de toutes les maladies : pâte de santal, feuille de palmier (en offrande), guirlande de fleurs, et aussi l’akṣata, grains de riz entiers et non brisés.
Verse 69
दुर्वां कौसुम्भसूत्रं च युगं श्रीफलमेव वा । भक्ष्याणि च नवे शूर्पे प्रतिद्रव्यं तु षोडश ॥ ६९ ॥
Qu’on offre l’herbe durvā, un fil de couleur kusumbha (teinte safranée), un joug (yuga) ou bien une noix de coco ; et aussi des offrandes comestibles déposées dans un van neuf—seize de chaque objet, pour chaque substance offerte.
Verse 70
समाच्छाद्यान्यशूर्पेण व्रती दद्यात्समन्त्रकम् । क्षीरोदार्णवसंभूता लक्ष्मीश्चन्द्रसहोदरा ॥ ७० ॥
Après avoir recouvert (l’offrande) d’un autre van, l’observant du vœu doit la présenter avec le mantra prescrit : « Lakṣmī, née de l’Océan de Lait, sœur de la Lune. »
Verse 71
व्रतेनानेन संतुष्टा भवताद्विष्णुवल्लभा । चेतस्रः प्रतिमास्तास्तु श्रोत्रियेभ्यः समर्पयेत् ॥ ७१ ॥
Puisse la Bien-aimée de Viṣṇu (Viṣṇu-vallabhā) être satisfaite par ce vœu. Ensuite, qu’on remette ces quatre images aux brāhmanes śrotriyas, savants des Veda.
Verse 72
ततस्तु चतुरो विप्रान् षोडशापि सुवासिनीः । मिष्टान्नेनाशयित्वा तु विसृजेत्ताः सदक्षिणाः ॥ ७२ ॥
Ensuite, qu’on nourrisse quatre brāhmanes et aussi seize suvāsinīs, femmes mariées de bon augure, avec des mets sucrés ; les ayant comblés, qu’on les congédie avec respect, accompagnés de la dakṣiṇā convenable.
Verse 73
समाप्तिनियमः पश्चाद्भुञ्जीतेष्टैः समन्वितः । एतद्व्रतं महालक्ष्म्याः कृत्वा विप्र विधानतः ॥ ७३ ॥
Après avoir accompli les observances de clôture selon la règle, qu’on prenne ensuite nourriture, en goûtant aux mets permis et désirés. Ô brāhmane, ayant observé ce vœu de Mahālakṣmī conformément au rite prescrit, on en obtient le fruit.
Verse 74
भुक्त्वेष्टानैहिकान् कामांल्लक्ष्मीलोके वसेच्चिरम् । एषाऽशोकाष्टमी चोक्ता यस्यां पूर्णं रमाव्रतम् ॥ ७४ ॥
Après avoir goûté aux plaisirs mondains désirés, on demeure longtemps dans le royaume de Lakṣmī. Cela est nommé Aśokāṣṭamī, « la huitième sans chagrin », jour où le vœu de Ramā (Lakṣmī) s’achève pleinement.
Verse 75
अत्राशोकस्य पूजा स्यादेकभक्तं तथा स्मृतम् । कृत्वाऽशोकव्रतं नारी ह्यशोका शोकजन्मनि ॥ ७५ ॥
Ici doit être accomplie la vénération de l’Aśoka (arbre/divinité), et il est aussi prescrit d’observer l’ekabhakta, c’est-à-dire de ne prendre qu’un seul repas. La femme qui accomplit l’Aśoka-vrata devient véritablement « aśokā », sans chagrin, même dans une naissance qui serait autrement vouée à la peine.
Verse 76
यत्र कुत्रापि संजाता नात्र कार्या विचारणा । आश्विने शुक्लपक्षे तु प्रोक्ता विप्र महाष्टमी ॥ ७६ ॥
Où que cela se produise, il n’y a plus lieu d’en délibérer. Ô brāhmane, durant la quinzaine claire d’Āśvina, ce jour est proclamé la grande Aṣṭamī, la Mahāṣṭamī.
Verse 77
तत्र दुर्गाचनं प्रोक्तं सव्रैरप्युपचारकैः । उपवासं चैकभक्तं महाष्टम्यां विधाय तु ॥ ७७ ॥
Là, l’adoration de la Déesse Durgā est prescrite, avec tous les services rituels et les offrandes d’usage. Et après avoir observé, lors de la Grande Huitième (Mahāṣṭamī), un jeûne—ekabhakta, ne prenant qu’un seul repas—qu’on poursuive ensuite le rite.
Verse 78
सर्वतो विभवं प्राप्य मोदते देववच्चिरम् । ऊर्ज्जे कृष्णादिकेऽष्टम्यां करकाख्यं व्रतं स्मृतम् ॥ ७८ ॥
Ayant obtenu la prospérité et la splendeur de toutes parts, on se réjouit longtemps comme les dieux. Au mois d’Ūrja, le huitième jour lunaire (Aṣṭamī) de la quinzaine sombre, on se souvient du vœu prescrit nommé Karaka-vrata.
Verse 79
तत्रोमासहितः शंभुः पूजनीयः प्रयत्नतः । चंद्रोदयेऽर्घदानं च विधेयं व्रतिभिः सदा ॥ ७९ ॥
Là, Śambhu (Śiva) avec Umā doit être vénéré avec un effort sincère. Et au lever de la lune, ceux qui observent le vœu doivent toujours offrir l’arghya, la libation rituelle.
Verse 80
पुत्रं सर्वगुणोपेतमिच्छद्भिर्विविधं सुखम् । गोपाष्टमीति संप्रोक्ता कार्तिके धवले दले ॥ ८० ॥
Ceux qui désirent un fils pourvu de toutes les vertus et des bonheurs variés doivent observer le vœu nommé Gopāṣṭamī, proclamé pour la quinzaine claire du mois de Kārttika.
Verse 81
तत्रकुर्याद्गवां पूजां गोग्रासं गोप्रदक्षिणाम् । गवानुगमनं दानं वांछन्सर्वाश्च संपदः ॥ ८१ ॥
En ce jour, qu’on accomplisse le culte des vaches, qu’on leur offre une bouchée de fourrage (gogrāsa) et qu’on les circumambule en pradakṣiṇā. Celui qui souhaite toutes les prospérités doit aussi suivre les vaches avec respect et faire des dons.
Verse 82
कृष्णाष्टम्यां मार्गशीर्षे मिथुनं दर्भनिर्मितम् । अनघां चानघां तत्र बहुपुत्रसमन्वितम् ॥ ८२ ॥
Au jour de Kṛṣṇāṣṭamī du mois de Mārgaśīrṣa, qu’on façonne avec l’herbe darbha un couple. Et là, qu’on installe Anaghā et Anagha, dispensateurs d’une nombreuse descendance, de nombreux fils.
Verse 83
स्थापयित्वा शुभे देशे गोमयेनोपलेपिते । पूजयेद्गन्धपुष्पाद्यैरुपचारैः पृथग्विधैः ॥ ८३ ॥
Après avoir installé (la divinité ou l’objet rituel) en un lieu auspicious, enduit de bouse de vache purificatrice, qu’on l’adore avec encens, fleurs et autres offrandes, par des services rituels variés et distincts.
Verse 84
संभोज्य द्विजदांपत्यं विसृजेल्लब्धदक्षिणम् । व्रतमेतन्नरः कृत्वा नारी वा विधिपूर्वकम् ॥ ८४ ॥
Après avoir nourri un couple de brahmanes (dvija), qu’on les congédie avec respect, après leur avoir offert la dakṣiṇā coutumière. Qu’il soit homme ou femme, celui qui accomplit ce vœu selon la règle l’aura mené à son terme.
Verse 85
पुत्रं सल्लक्षणोपेतं लभते नात्र संशयः ॥ ८५ ॥
Il obtient un fils pourvu de marques auspiciouses et de vertus ; là-dessus, nul doute.
Verse 86
मार्गाशीर्षसिताष्टम्यां कालभैरवसन्निधौ । उपोष्य जागरं कृत्वा महापापैः प्रमुच्यते ॥ ८६ ॥
Au huitième jour de la quinzaine claire (Śuklāṣṭamī) du mois de Mārgaśīrṣa, en présence de Kālabhairava, celui qui jeûne et veille durant la nuit est délivré des grands péchés.
Verse 87
यत्किंचिदशुभं कर्म कृतं मानुषजन्मनि । तत्सर्वं विलयं याति कालभैरवदर्शनात् ॥ ८७ ॥
Quelque acte néfaste qu’on ait commis dans une naissance humaine, tout s’évanouit et se détruit par le seul darśana, la vision sacrée de Kālabhairava.
Verse 88
अथ पौषसिताष्टम्यां श्राद्धमष्टकसंज्ञितम् । पितॄणां तृप्तिदं वर्षं कुलसन्ततिवर्द्धनम् ॥ ८८ ॥
Or, au huitième jour lunaire de la quinzaine claire de Pauṣa, on doit accomplir le Śrāddha nommé « Aṣṭakā » ; il procure la satisfaction des Pitṛs pendant une année entière et accroît la croissance et la continuité de la lignée familiale.
Verse 89
शुक्लाष्टम्यां तु पौषस्य शिवं सम्पूज्य भक्तितः । भुक्तिमुक्तिमवाप्नोति भक्तिमेकां समाचरन् ॥ ८९ ॥
Mais, au huitième jour lunaire de la quinzaine claire de Pauṣa, celui qui vénère Śiva avec dévotion obtient à la fois la prospérité en ce monde et la délivrance, en pratiquant une bhakti d’un seul cœur.
Verse 90
कृष्णाष्टम्यां तु माघस्य भद्रकालीं समर्चयेत् । भक्तितो वैरिवृन्दघ्नीं सर्वकामप्रदायिनीम् ॥ ९० ॥
À la Kṛṣṇāṣṭamī (huitième jour lunaire de la quinzaine sombre) du mois de Māgha, on doit vénérer Bhadrakālī avec dévotion : elle détruit les troupes d’ennemis et accorde l’accomplissement de tous les désirs.
Verse 91
माघमासे सिताष्टम्यां भीष्मं संतर्पयद्द्विज । संततिं त्वव्यवच्छिन्नामिच्छंश्चाप्यपराजयम् ॥ ९१ ॥
Ô deux-fois-né, au huitième jour lunaire de la quinzaine claire du mois de Māgha, on doit offrir la satisfaction rituelle à Bhīṣma, désirant une descendance ininterrompue et l’invincibilité (l’absence de défaite).
Verse 92
फाल्गुने त्वसिताष्टम्यां भीमां देवीं समर्चयेत् । तत्र व्रतपरो विप्र सर्वकामसमृद्धये ॥ ९२ ॥
Au mois de Phālguna, au huitième jour lunaire de la quinzaine sombre, on doit vénérer la déesse Bhīmā avec un profond respect. Ô brāhmane, en observant là le vœu avec ferveur, on obtient l’accomplissement total et la prospérité de tous les buts désirés.
Verse 93
शुक्लाष्टम्यां फाल्गुनस्य शिवं चापि शिवां द्विज । गंधाद्यैः सम्यगभ्यर्च्य सर्वसिद्धीश्वरो भवेत् ॥ ९३ ॥
Ô deux-fois-né, au huitième jour lunaire de la quinzaine claire de Phālguna, si l’on adore comme il se doit Śiva ainsi que Śivā avec des parfums et autres offrandes, on devient le maître de toutes les siddhis (accomplissements).
Verse 94
फाल्गुनापरपक्षे तु शीतलामष्टमीदिने । पूजयेत्सर्ववपक्कानैः सप्तम्यां विधिवत्कृतैः ॥ ९४ ॥
Dans la quinzaine sombre de Phālguna, au jour de Śītalā-Aṣṭamī, on doit vénérer la Déesse Śītalā avec toutes sortes d’offrandes cuites, préparées rituellement le septième jour (Saptamī) selon la règle.
Verse 95
शीतले त्वं जगन्माता शीतले त्वं जगत्पिता । शीतले त्वं जगद्वात्री शीतलायै नमोनमः ॥ ९५ ॥
Ô Śītalā, tu es la Mère du monde ; ô Śītalā, tu es le Père du monde. Ô Śītalā, tu es la Nourrice et le Soutien du monde — encore et encore, salutations à Śītalā.
Verse 96
वन्देऽहं शीतलां देवीं रासभस्थां दिगंबराम् । मार्जनी कलशोपेतां विस्फोटकविनाशिनीम् ॥ ९६ ॥
Je me prosterne devant la Déesse Śītalā—assise sur un âne, vêtue des directions (le ciel pour vêtement), portant balai et vase d’eau (kalaśa), elle qui anéantit les éruptions et les maux semblables à la variole.
Verse 97
शीतले शीतले चेत्थं ये जपंति जले ल्थिताः । तेषां तु शीतला देवी स्याद्विस्फोटकशांतिदा ॥ ९७ ॥
Ceux qui, debout dans l’eau, récitent ainsi le japa : « Śītale, Śītale », pour eux la Déesse Śītalā devient assurément dispensatrice d’apaisement, calmant les éruptions et les maux de type varioleux.
Verse 98
इत्येवं शीतलामन्त्रैर्यः समर्चयते द्विज । तस्य वर्षं भवेच्छांतिः शीतलायाः प्रसादतः ॥ ९८ ॥
Ainsi, ô deux-fois-né, quiconque vénère dûment Śītalā par ses mantras, par la grâce de Śītalā, la paix et le soulagement demeureront pour lui tout au long de l’année.
Verse 99
सर्वमासोभये पक्षे विधिवच्चाष्टमीदिने । शिवां वापिशिवं प्रार्च्यलभते वांछितं फलम् ॥ ९९ ॥
Chaque mois, dans les deux quinzaines, au jour d’Aṣṭamī, si l’on vénère selon le rite la Déesse Śivā ou le Seigneur Śiva, on obtient le fruit désiré.
Verse 100
इति श्रीबृहन्नारदीयपुराणे पूर्वभागे बृहदुपाख्याने चतुर्थपादे द्वादशमासस्थिताष्टमीव्रतकथनं नाम सप्तदशाधिकशततमोऽध्यायः ॥ ११७ ॥
Ainsi s’achève le cent-dix-septième chapitre de la section première (Pūrva) du Śrī Bṛhannāradīya Purāṇa—au sein du Grand Récit, dans le Quatrième Quart—intitulé : «Exposé du vœu d’Aṣṭamī observé au cours des douze mois».
Because the chapter frames Aṣṭamī as a recurring sacred time-slot whose fruit is shaped by iṣṭa-devatā orientation: Devī, Śiva, Viṣṇu/Kṛṣṇa, Rādhā, and even Pitṛ-related rites (Aṣṭakā-śrāddha). The tithi provides the ritual ‘container,’ while mantras, naivedya, and udyāpana determine the specific theological ‘content’ and phala.
It specifies a full ceremonial architecture: maṇḍapa and maṇḍala construction, kalaśa and image placement, worship of Kṛṣṇa’s parental figures and Vraja community, midnight abhiṣeka with pañcāmṛta and pure water, defined naivedya items, night vigil through recitation and music, dawn feeding with dakṣiṇā, and final gifting of the image with a golden cow—presented as unrivaled among vows.