
Adhyaya 89: शौचाचारलक्षणम् — सदाचार, भैक्ष्यचर्या, प्रायश्चित्त, द्रव्यशुद्धि, आशौच-निर्णय
Sūta poursuit l’instruction purānique en définissant śauca (pureté) et sadācāra (bonne conduite) comme fondement de la vie yogique et śaiva. Le chapitre va de la discipline intérieure—équanimité face à l’honneur et au déshonneur, yama-niyama, véracité et pureté mentale—à la conduite ascétique concrète : la bhikṣā-caryā (quête d’aumônes) et les aliments recommandés qui soutiennent le siddhi et la stabilité. Il établit ensuite la guru-vandanā (vénération du maître) et les interdits de comportement auprès du guru, puis des prāyaścitta gradués, surtout le japa du praṇava, pour des fautes telles que deva-droha et guru-droha. Vient un manuel de dravya-śuddhi : méthodes de purification de l’eau, des tissus, des métaux, des récipients et des objets domestiques ou rituels, ainsi que les règles de repurification après avoir mangé, dormi, craché ou touché des êtres impurs. La dernière partie codifie les durées d’aśauca (sūtaka/preta) selon la parenté et la varṇa, et donne de nombreuses restrictions et purifications liées aux menstruations, avec conduite, évitements et conceptions selon le compte des jours. Le chapitre se clôt en louant le mérite d’entendre et d’enseigner le sadācāra, menant à Brahmaloka, et présente la pureté śaiva comme une voie continue plutôt que des rites isolés.
Verse 1
इति श्रीलिङ्गमहापुराणे पूर्वभागे ऽणिमाद्यष्टसिद्धित्रिगुणसंसारप्राग्नौ होमादिवर्णनं नामाष्टाशीतितमो ऽध्यायः सूत उवाच अत ऊर्ध्वं प्रवक्ष्यामि शौचाचारस्य लक्षणम् यदनुष्ठाय शुद्धात्मा परेत्य गतिमाप्नुयात्
Ainsi, dans le Śrī Liṅga Mahāpurāṇa, dans le Pūrva-bhāga, s’ouvre le quatre-vingt-neuvième chapitre, intitulé : « Description des offrandes telles que le homa dans le feu qui précède le saṃsāra des trois guṇa, avec les huit siddhi commençant par aṇimā ». Sūta dit : « Désormais, j’exposerai les marques du śaucācāra, la discipline de la purification ; en la pratiquant, le Soi devient pur et, après la mort, obtient la gati véritable, s’orientant vers la délivrance sous le Seigneur, le Pati (Śiva). »
Verse 2
ब्रह्मणा कथितं पूर्वं सर्वभूतहिताय वै संक्षेपात्सर्ववेदार्थं संचयं ब्रह्मवादिनाम्
Autrefois, Brahmā, pour le bien de tous les êtres, exposa en bref un compendium du sens essentiel de tous les Veda, rassemblé et préservé par les brahmavādin (connaisseurs de Brahman), afin que la voie vers le Seigneur suprême, le Pati, soit comprise sans confusion.
Verse 3
उदयार्थं तु शौचानां मुनीनामुत्तमं पदम् यस्तत्राथाप्रमत्तः स्यात् स मुनिर्नावसीदति
Pour l’aurore de la pureté (śauca), le sage atteint la demeure suprême des munis. Celui qui demeure vigilant et sans négligence dans cette discipline—ce muni ne sombre pas (dans la chute ni dans l’asservissement).
Verse 4
मानावमानौ द्वावेतौ तावेवाहुर् विषामृते अवमानो ऽमृतं तत्र सन्मानो विषमुच्यते
Honneur et déshonneur : ces deux-là sont dits être poison et nectar. En cette affaire, le déshonneur est nectar, tandis qu’être honoré est appelé poison.
Verse 5
गुरोरपि हिते युक्तः स तु संवत्सरं वसेत् नियमेष्वप्रमत्तस्तु यमेषु च सदा भवेत्
Engagé dans le bien du Guru, qu’il demeure en service discipliné pendant une année entière ; toujours vigilant, qu’il reste constamment établi dans les niyamas (observances) et les yamas (retenues).
Verse 6
प्राप्यानुज्ञां ततश्चैव ज्ञानयोगमनुत्तमम् अविरोधेन धर्मस्य चरेत पृथिवीमिमाम्
Ayant obtenu la permission, qu’il poursuive alors le Yoga de la Connaissance, sans égal ; et, sans jamais contredire le dharma, qu’il vive et se meuve sur cette terre, agissant pour préserver l’ordre juste tout en recherchant la vision libératrice de Pati, le Seigneur.
Verse 7
चक्षुःपूतं चरेन्मार्गं वस्त्रपूतं जलं पिबेत् सत्यपूतं वदेद्वाक्यं मनःपूतं समाचरेत्
Qu’on ne marche que sur un chemin purifié par les yeux (c’est-à-dire examiné avec soin). Qu’on boive une eau purifiée par un tissu (dûment filtrée). Qu’on prononce des paroles purifiées par la vérité. Qu’on accomplisse des actes purifiés par l’esprit (intérieurement nettoyé et stable).
Verse 8
मत्स्यगृह्यस्य यत्पापं षण्मासाभ्यन्तरे भवेत् एकाहं तत्समं ज्ञेयम् अपूतं यज्जलं भवेत्
Quelque péché que contracte celui qui garde des poissons dans la maison durant six mois—sache que la même mesure de démérite naît en un seul jour lorsque l’eau utilisée demeure impure.
Verse 9
अपूतोदकपाने तु जपेच्च शतपञ्चकम् अघोरलक्षणं मन्त्रं ततः शुद्धिमवाप्नुयात्
Si l’on a bu une eau non purifiée, qu’on répète alors cent vingt-cinq fois, en japa, le mantra marqué d’Aghora ; ensuite on obtient la purification.
Verse 10
अथवा पूजयेच्छंभुं घृतस्नानादिविस्तरैः त्रिधा प्रदक्षिणीकृत्य शुध्यते नात्र संशयः
Ou bien, qu’on adore Śambhu par des offrandes développées, à commencer par le bain de ghee ; après avoir fait trois circumambulations (autour du Seigneur ou de son Liṅga), le paśu est purifié — sans aucun doute.
Verse 11
आतिथ्यश्राद्धयज्ञेषु न गच्छेद्योगवित्क्वचित् एवं ह्यहिंसको योगी भवेदिति विचारितम्
Le connaisseur du Yoga ne doit jamais se rendre aux festins d’hospitalité, aux rites de śrāddha ni aux assemblées sacrificielles (yajña) ; car il est établi qu’ainsi le yogin s’enracine véritablement dans l’ahiṃsā (non-violence).
Verse 12
रुलेस् फ़ोर् भैक्ष्यचरण वह्नौ विधूमे ऽत्यङ्गारे सर्वस्मिन्भुक्तवज्जने चरेत्तु मतिमान् भैक्ष्यं न तु तेष्वेव नित्यशः
Connaissant les règles de la discipline de l’aumône (bhaikṣya) du mendiant, le pratiquant avisé doit aller parmi les gens comme s’il était déjà nourri et rassasié — tel un feu sans fumée, dont il ne reste que de faibles braises — demandant l’aumône sans convoitise et sans s’attacher à ces mêmes maisons jour après jour. Ainsi le paśu desserre le pāśa (l’entrave de la dépendance et du désir) et se tourne vers le Pati, Śiva.
Verse 13
अथैनम् अवमन्यन्ते परे परिभवन्ति च तथा युक्तं चरेद्भैक्ष्यं सतां धर्ममदूषयन्
Alors d’autres peuvent le mépriser et même l’insulter ; malgré cela, il doit poursuivre correctement sa tournée de mendicité, sans souiller le dharma des hommes de bien. Qu’il demeure ferme dans la discipline pāśupata, tel un paśu en quête de la grâce du Pati, intact face aux troubles nés du pāśa.
Verse 14
भैक्ष्यं चरेद्वनस्थेषु यायावरगृहेषु च श्रेष्ठा तु प्रथमा हीयं वृत्तिरस्योपजायते
Qu’il vive d’aumônes, allant parmi les demeures des habitants de la forêt et les maisons des ascètes errants ; car ce premier mode de subsistance est proclamé pour lui le plus excellent : né de la maîtrise et du non-attachement, il desserre les liens du pāśa qui enchaînent le paśu (l’âme individuelle) et le tourne vers le Pati, Śiva.
Verse 15
अत ऊर्ध्वं गृहस्थेषु शीलीनेषु चरेद्द्विजाः श्रद्दधानेषु दान्तेषु श्रोत्रियेषु महात्मसु
Dès lors, le deux-fois-né doit aller parmi les maîtres de maison de bonne conduite—pleins de foi, maîtres d’eux-mêmes, versés dans le Veda (śrotriya) et magnanimes—cherchant fréquentation et soutien en de tels cercles dignes, favorables au dharma et à la dévotion envers le Pati, Śiva.
Verse 16
अत ऊर्ध्वं पुनश्चापि अदुष्टापतितेषु च भैक्ष्यचर्या हि वर्णेषु जघन्या वृत्तिरुच्यते
Ensuite, et plus loin encore, même parmi ceux qui ne sont ni corrompus ni déchus du dharma, la pratique de vivre d’aumônes est dite le mode de subsistance le plus bas pour les ordres sociaux. Qu’on maintienne donc un moyen de vivre juste, afin que la dévotion au Pati (Śiva) soit poursuivie sans la tache de la dépendance et de la paresse, qui renforcent le pāśa (l’entrave) dans le paśu (l’âme individuelle).
Verse 17
भैक्ष्यं यवागूस्तक्रं वा पयो यावकमेव च फलमूलादि पक्वं वा कणपिण्याकसक्तवः
Pour celui qui observe la discipline śaiva, sont permis : la nourriture reçue en aumône, le yavāgū (bouillie de riz), le takra (babeurre), le lait et le yāvaka (préparation d’orge) ; ainsi que des fruits et des racines cuits, et des grains tels que kaṇa, piṇyāka (tourteau) et saktu (farine d’orge grillée).
Verse 18
इत्येव ते मया प्रोक्ता योगिनां सिद्धिवर्द्धनाः आहारास्तेषु सिद्धेषु श्रेष्ठं भैक्ष्यमिति स्मृतम्
Ainsi vous ai-je enseigné les aliments qui accroissent les accomplissements (siddhi) des yogins. Parmi ces nourritures approuvées, il est rappelé que la nourriture d’aumône (bhikṣā)—reçue avec humilité et retenue—est la meilleure.
Verse 19
अब्बिन्दुं यः कुशाग्रेण मासि मासि समश्नुते न्यायतो यश्चरेद्भैक्ष्यं पूर्वोक्तात्स विशिष्यते
Celui qui, mois après mois, ne prend qu’une goutte d’eau au bout d’un brin de kuśa, et qui vit d’aumônes obtenues selon le dharma—celui-là surpasse l’ascète décrit auparavant.
Verse 20
जरामरणगर्भेभ्यो भीतस्य नरकादिषु एवं दाययते तस्मात् तद्भैक्ष्यमिति संस्मृतम्
Ainsi, pour celui qui redoute la vieillesse, la mort et les retours répétés dans le sein maternel—ainsi que les enfers et états semblables—qu’on donne de cette manière. C’est pourquoi on s’en souvient comme de « cette aumône sacrée (bhaikṣya) », offrande de charité destinée à desserrer les liens de l’âme.
Verse 21
दधिभक्षाः पयोभक्षा ये चान्ये जीवक्षीणकाः सर्वे ते भैक्ष्यभक्षस्य कलां नार्हन्ति षोडशीम्
Ceux qui se nourrissent de caillé, ceux qui se nourrissent de lait, et d’autres qui pratiquent des austérités qui épuisent la vie—aucun ne mérite ne fût-ce qu’un seizième du mérite de celui qui vit d’aumônes. Cette retenue fondée sur la bhikṣā dompte au mieux le paśu (l’âme liée) et desserre le pāśa (l’entrave) sous la grâce de Pati, Śiva.
Verse 22
भस्मशायी भवेन्नित्यं भिक्षाचारी जितेन्द्रियः य इच्छेत् परमं स्थानं व्रतं पाशुपतं चरेत्
Qu’il repose toujours sur la cendre sacrée, vive d’aumônes et tienne ses sens vaincus. Celui qui désire la demeure suprême (le séjour de Pati, Śiva) doit accomplir le vœu pāśupata.
Verse 23
बेहविओउर् ओफ़् अ योगिन् योगिनां चैव सर्वेषां श्रेष्ठं चान्द्रायणं भवेत् एकं द्वे त्रीणि चत्वारि शक्तितो वा समाचरेत्
Pour un yogin—et, en vérité, parmi tous les yogin—l’observance du Cāndrāyaṇa est proclamée la plus éminente. Selon sa capacité, qu’on l’accomplisse une, deux, trois, voire quatre fois, comme purification intérieure qui affermit la bhakti envers Pati (Śiva) et desserre le pāśa qui lie le paśu (l’âme individuelle).
Verse 24
अस्तेयं ब्रह्मचर्यं च अलोभस्त्याग एव च व्रतानि पञ्च भिक्षूणाम् अहिंसा परमा त्विह
Pour le mendiant voué au Pati (le Seigneur Śiva), il est cinq observances : ne pas voler, le brahmacarya (chasteté sacrée), l’absence de convoitise et le renoncement. Ici, l’ahiṃsā (non-violence) est proclamée vœu suprême, car elle desserre les liens (pāśa) qui enchaînent le paśu (l’âme individuelle).
Verse 25
अक्रोधो गुरुशुश्रूषा शौचमाहारलाघवम् नित्यं स्वाध्याय इत्येते नियमाः परिकीर्तिताः
Absence de colère, service dévoué au Guru, pureté, légèreté dans la nourriture et svādhyāya (étude sacrée) quotidienne : tels sont proclamés les niyamas du pratiquant śivaïte ; par eux, le paśu (l’âme liée) devient apte à recevoir la grâce du Pati.
Verse 26
बीजयोनिगुणा वस्तुबन्धः कर्मभिर् एव च यथा द्विप इवारण्ये मनुष्याणां विधीयते
L’asservissement à l’existence incarnée provient de la semence, du sein maternel et des qualités (guṇa), et n’est façonné que par le karma ; ainsi, dans la forêt, l’éléphant sauvage est amené sous la maîtrise de l’homme.
Verse 27
देवैस्तुल्याः सर्वयज्ञक्रियास्तु यज्ञाज्जाप्यं ज्ञानमाहुश् च जाप्यात् ज्ञानाद् ध्यानं संगरागादपेतं तस्मिन्प्राप्ते शाश्वतस्योपलम्भः
Toutes les actions rituelles du yajña sont dites, par leur mérite, comparables aux dieux. Mais plus haut que le sacrifice est le japa ; plus haut que le japa, dit-on, est la connaissance libératrice ; et plus haut que la connaissance est la méditation, exempte d’attachement et de passion enchevêtrante. Quand cette méditation est atteinte, s’élève la réalisation directe de l’Éternel (le Pati, Śiva).
Verse 28
दमः शमः सत्यमकल्मषत्वं मौनं च भूतेष्वखिलेषु चार्जवम् अतीन्द्रियं ज्ञानमिदं तथा शिवं प्राहुस् तथा ज्ञानविशुद्धबुद्धयः
Maîtrise de soi (dama), paix intérieure (śama), vérité, absence de souillure, mauna (silence sacré) et droiture envers tous les êtres : telle est la connaissance suprasensible ; et cette connaissance même est Śiva, déclarent ceux dont l’intellect a été purifié par la vraie connaissance.
Verse 29
समाहितो ब्रह्मपरो ऽप्रमादी शुचिस् तथैकान्तरतिर् जितेन्द्रियः /* समाप्नुयाद्योगमिमं महात्मा महर्षयश्चैवम् अनिन्दितामलाः
L’esprit recueilli, voué au Brahman suprême—toujours vigilant, pur, goûtant l’absorption solitaire et maître des sens—le chercheur à la grande âme atteint ce Yoga. Ainsi les grands ṛṣi, sans tache et sans blâme, l’accomplissent eux aussi, par une orientation à point unique vers le Seigneur Pati (Śiva), qui desserre les liens (pāśa) pesant sur le paśu (l’âme).
Verse 30
प्राप्यते ऽभिमतान् देशान् अङ्कुशेन निवारितः एतन्मार्गेण शुद्धेन दग्धबीजो ह्यकल्मषः
Retenu par l’aṅkuśa (aiguillon) de la discipline, on atteint les domaines désirés. Par cette voie purifiée, l’âme—dont la « semence » karmique est brûlée—devient sans tache, affranchie de toute souillure.
Verse 31
सदाचाररताः शान्ताः स्वधर्मपरिपालकाः सर्वांल्लोकान् विनिर्जित्य ब्रह्मलोकं व्रजन्ति ते
Ceux qui se plaisent dans la bonne conduite (sadācāra), qui sont paisibles et observent fidèlement leur propre dharma—ayant conquis tous les mondes (par le mérite et la maîtrise de soi)—se rendent à Brahmaloka.
Verse 32
सलुततिओन् ओफ़् सुपेरिओर्स् पितामहेनोपदिष्टो धर्मः साक्षात्सनातनः सर्वलोकोपकारार्थं शृणुध्वं प्रवदामि वः
Écoutez de ma bouche le Dharma enseigné par Pitāmaha (Brahmā)—le Sanātana Dharma lui-même, éternel et manifeste. Pour le bien de tous les mondes, je vais vous l’énoncer.
Verse 33
गुरूपदेशयुक्तानां वृद्धानां क्रमवर्त्तिनाम् अभ्युत्थानादिकं सर्वं प्रणामं चैव कारयेत्
Aux aînés établis dans l’enseignement du Guru et marchant selon l’ordre juste de la discipline, il faut accomplir toutes les marques de respect—se lever pour les accueillir, et autres—et offrir aussi la prosternation entière (praṇāma).
Verse 34
अष्टाङ्गप्रणिपातेन त्रिधा न्यस्तेन सुव्रताः त्रिःप्रदक्षिणयोगेन वन्द्यो वै ब्रह्मणो गुरुः
Ô vous, disciplinés aux vœux excellents, le Guru—précepteur de Brahmā—doit être véritablement vénéré par la prosternation aux huit membres (aṣṭāṅga), par la triple déposition du corps en abandon, et par trois circumambulations (pradakṣiṇā) accomplies avec bhakti.
Verse 35
ज्येष्ठान्ये ऽपि च ते सर्वे वन्दनीया विजानता आज्ञाभङ्गं न कुर्वीत यदीच्छेत् सिद्धिम् उत्तमाम्
Même ceux qui sont aînés par l’âge ou le rang—tous sans exception—doivent être révérés par celui qui comprend véritablement. Qu’on ne transgresse jamais leur instruction, si l’on désire la siddhi suprême sur la voie de Śiva.
Verse 36
धातुशून्यबिलक्षेत्रक्षुद्रमन्त्रोपजीवनम् विषग्रहविडम्बादीन् वर्जयेत् सर्वयत्नतः
Avec tous les efforts, qu’on évite les moyens de subsistance et les pratiques stériles pour le dharma : travailler dans des mines ou des fosses sans minerai convenable, cultiver des terres médiocres, vivre du petit commerce des mantras, et les tromperies telles que l’empoisonnement, la spoliation des biens d’autrui et autres fraudes.
Verse 37
कैतवं वित्तशाठ्यं च पैशुन्यं वर्जयेत्सदा अतिहासम् अवष्टम्भं लीलास्वेच्छाप्रवर्तनम्
Qu’on renonce toujours à la tromperie, à la fraude dans les biens et à la médisance; de même, qu’on abandonne la raillerie frivole, l’entêtement orgueilleux et la conduite impulsive née du seul jeu et du caprice.
Verse 38
वर्जयेत्सर्वयत्नेन गुरूणामपि संनिधौ तद्वाक्यप्रतिकूलं च अयुक्तं वै गुरोर्वचः
Même en la présence même des Gurus, qu’on évite de toutes ses forces de parler à l’encontre de leurs paroles ; il est en vérité inconvenant de contredire l’instruction du Guru.
Verse 39
न वदेत्सर्वयत्नेन अनिष्टं न स्मरेत्सदा यतीनामासनं वस्त्रं दण्डाद्यं पादुके तथा
Avec tous les efforts, qu’on ne prononce pas ce qui est de mauvais augure et qu’on n’en entretienne pas sans cesse le souvenir. De même, qu’on ne convoite, n’abuse ni ne dénigre le siège des ascètes, leurs vêtements, le bâton (daṇḍa) et les autres insignes, ni leurs sandales. Une telle retenue protège le paśu (l’âme liée) de nouveaux pasha (liens) et soutient la voie qui mène à Pati—Śiva.
Verse 40
माल्यं च शयनस्थानं पात्रं छायां च यत्नतः यज्ञोपकरणाङ्गं च न स्पृशेद् वै पदेन च
Avec une attention scrupuleuse, qu’on ne touche pas du pied les guirlandes, le lieu préparé pour le repos, le vase rituel, pas même l’ombre d’autrui, ni aucun membre ou instrument lié au sacrifice (yajña). Une telle retenue conserve la pureté requise pour l’adoration de Śiva.
Verse 41
देवद्रोहं गुरुद्रोहं न कुर्यात्सर्वयत्नतः कृत्वा प्रमादतो विप्राः प्रणवस्यायुतं जपेत्
Avec tous les efforts, qu’on ne commette jamais de trahison envers les Devas ni envers son Guru. Si, par négligence, une telle faute est commise, ô Brāhmaṇas, qu’on l’expie en répétant le Praṇava (Oṁ) dix mille fois.
Verse 42
देवद्रोहगुरुद्रोहात् कोटिमात्रेण शुध्यति महापातकशुद्ध्यर्थं तथैव च यथाविधि
Pour la grave faute de trahir les Devas ou son Guru, la purification s’obtient en accomplissant, selon la prescription, des expiations à la mesure d’un « koṭi » (un nombre immense). De même, afin de purifier les grands péchés (mahāpātaka), qu’on accomplisse les rites exactement selon la règle.
Verse 43
पातकी च तदर्धेन शुध्यते वृत्तवान्यदि उपपातकिनः सर्वे तदर्धेनैव सुव्रताः
Si le pécheur s’établit dans une conduite juste, il est purifié même par la moitié de l’expiation prescrite ; et tous les auteurs de fautes mineures (upapātakin) aussi, ô vous aux vœux excellents, sont purifiés par cette moitié seule.
Verse 44
संध्यालोपे कृते विप्रः त्रिरावृत्त्यैव शुध्यति आह्निकच्छेदने जाते शतमेकमुदाहृतम्
Si un brāhmane néglige le rite de Sandhyā, il se purifie en l’accomplissant avec trois répétitions. Mais si l’observance quotidienne obligatoire (āhnika) a été rompue, une expiation de cent (répétitions) est prescrite.
Verse 45
लङ्घने समयानां तु अभक्ष्यस्य च भक्षणे अवाच्यवाचने चैव सहस्राच्छुद्धिरुच्यते
Mais lorsqu’on viole les observances prescrites, qu’on mange ce qui est interdit ou qu’on prononce ce qui ne doit pas être dit, on enseigne que la purification s’obtient par une expiation mille fois accomplie, afin que le paśu (l’âme liée) retrouve l’aptitude au culte de Śiva et la voie vers la délivrance sous le Pati (Seigneur).
Verse 46
काकोलूककपोतानां पक्षिणामपि घातने शतमष्टोत्तरं जप्त्वा मुच्यते नात्र संशयः
Même si l’on a tué des oiseaux tels que corbeaux, hiboux ou pigeons, en accomplissant le japa cent huit fois (du mantra de Śiva prescrit), on est délivré de ce lien — il n’y a là aucun doute.
Verse 47
यः पुनस्तत्त्ववेत्ता च ब्रह्मविद् ब्राह्मणोत्तमः स्मरणाच्छुद्धिमाप्नोति नात्र कार्या विचारणा
Mais ce brāhmane éminent, connaisseur du tattva et connaisseur de Brahman, obtient la pureté par le seul souvenir ; il n’y a pas lieu d’en débattre davantage.
Verse 48
नैवमात्मविदामस्ति प्रायश्चित्तानि चोदना विश्वस्यैव हि ते शुद्धा ब्रह्मविद्याविदो जनाः
Pour les connaisseurs du Soi, de telles prescriptions d’expiation ne s’appliquent pas réellement ; car ceux qui connaissent la brahma-vidyā sont déjà purifiés pour le monde entier. En eux, le Pati (Seigneur) est réalisé, et les liens de pāśa qui réclamaient un remède rituel deviennent impuissants.
Verse 49
योगध्यानैकनिष्ठाश् च निर्लेपाः काञ्चनं यथा शुद्धानां शोधनं नास्ति विशुद्धा ब्रह्मविद्यया
Ceux qui demeurent d’un seul élan voués au yoga et à la méditation restent sans tache, tels l’or. Pour les déjà purs, il n’est point de purification supplémentaire ; par la Brahma-vidyā—sagesse libératrice qui révèle Pati (Śiva) et tranche le pasha de l’entrave hors du pashu (l’âme)—ils deviennent parfaitement purs.
Verse 50
च्लेअनिन्ग् ओफ़् wअतेर् उद्धृतानुष्णफेनाभिः पूताभिर् वस्त्रचक्षुषा अद्भिः समाचरेत्सर्वं वर्जयेत्कलुषोदकम्
Que tous les rites soient accomplis avec une eau purifiée—légèrement tiédie, dont on a ôté l’écume, puis filtrée à travers un tissu—et que l’on évite l’eau trouble ou impure.
Verse 51
गन्धवर्णरसैर्दुष्टम् अशुचिस्थानसंस्थितम् पङ्काश्मदूषितं चैव सामुद्रं पल्वलोदकम्
L’eau altérée quant à l’odeur, la couleur et le goût—stagnant en un lieu impur, souillée par la boue et les pierres, qu’elle soit eau de mer ou eau de mare croupie—doit être tenue pour impure au culte.
Verse 52
सशैवालं तथान्यैर्वा दोषैर्दुष्टं विवर्जयेत् च्लेअनिन्ग् ओफ़् च्लोथेस् वस्त्रशौचान्वितः कुर्यात् सर्वकार्याणि वै द्विजाः
Qu’on rejette tout ce qui est souillé—par une impureté semblable aux algues ou par tout autre défaut. Ô deux-fois-nés, pourvus de pureté dans les vêtements, accomplissez toutes les œuvres et tous les rites—surtout ceux qui concernent Śiva—uniquement en état de propreté.
Verse 53
नमस्कारादिकं सर्वं गुरुशुश्रूषणादिकम् वस्त्रशौचविहीनात्मा ह्य् अशुचिर्नात्र संशयः
Tous les actes, tels les salutations et autres, et même les services comme l’assistance au Guru : celui dont la conduite est dépourvue de la pureté des vêtements propres est assurément impur ; il n’y a pas de doute. Pour le pashu (l’âme liée) qui recherche la grâce de Pati (Śiva), la propreté extérieure et la pureté intérieure, ensemble, soutiennent l’aptitude à la Śiva-pūjā et à la discipline pāśupata.
Verse 54
देवकार्योपयुक्तानां प्रत्यहं शौचमिष्यते इतरेषां हि वस्त्राणां शौचं कार्यं मलागमे
Pour les vêtements employés aux rites divins, la purification quotidienne est prescrite. Quant aux autres habits, la purification doit être accomplie lorsqu’ils sont souillés par l’impureté.
Verse 55
वर्जयेत्सर्वयत्नेन वासो ऽन्यैर् विधृतं द्विजाः कौशेयाविकयो रूक्षैः क्षौमाणां गौरसर्षपैः
Ô deux-fois-nés, évitez avec le plus grand soin de porter des vêtements déjà portés par autrui. De même, abstenez-vous des étoffes rêches—qu’elles soient de soie ou de laine—et du lin durci ou enduit d’une pâte pâle de graines de moutarde; car cette impureté et cette rudesse entravent la pureté requise pour le culte de Śiva.
Verse 56
श्रीफलैरंशुपट्टानां कुतपानामरिष्टकैः चर्मणां विदलानां च वेत्राणां वस्त्रवन्मतम्
Il est enseigné que les nattes de tissu en fibre aṃśu, les couvertures de laine kuṭapa, ainsi que le cuir, les lanières de cuir fendu et les objets en canne, doivent être tenus pour équivalents à des vêtements (et donc aptes au don de tissu).
Verse 57
वल्कलानां तु सर्वेषां छत्रचामरयोरपि चैलवच्छौचमाख्यातं ब्रह्मविद्भिर् मुनीश्वरैः
Pour tous les vêtements d’écorce, et de même pour les ombrelles et les éventails en queue de yak, la pureté est déclarée identique à celle du tissu ; ainsi l’ont enseigné les sages seigneurs connaissant le Brahman.
Verse 58
च्लेअनिन्ग् ओफ़् ओब्जेच्त्स् भस्मना शुध्यते कांस्यं क्षारेणायसम् उच्यते ताम्रमम्लेन वै विप्रास् त्रपुसीसकयोरपि
Ô brāhmanes, le bronze (kāṃsya) se purifie par la bhasma, la cendre sacrée ; le fer, dit-on, par l’alcali ; le cuivre, par l’acide ; et de même l’étain et le plomb. Ainsi, pour la Śiva-pūjā, l’adorateur doit purifier les instruments rituels selon leur substance, ôter la mala (souillure) avant de les offrir à Pati (Śiva).
Verse 59
हैमम् अद्भिः शुभं पात्रं रौप्यपात्रं द्विजोत्तमाः मण्यश्मशङ्खमुक्तानां शौचं तैजसवत्स्मृतम्
Ô le meilleur des deux-fois-nés, un vase d’or se purifie de façon propice par l’eau ; et pour un vase d’argent, ainsi que pour les gemmes, les pierres, la conque sacrée et les perles, la purification prescrite est dite semblable à celle des choses de nature ignée (métallique).
Verse 60
अग्नेर् अपां च संयोगाद् अत्यन्तोपहतस्य च रसानामिह सर्वेषां शुद्धिरुत्प्लवनं स्मृतम्
Ici il est enseigné que la purification de toutes les essences rituelles (rasa)—même celles gravement souillées—s’accomplit par l’utplavana, la purification opérée par l’action conjointe du feu et de l’eau.
Verse 61
तृणकाष्ठादिवस्तूनां शुभेनाभ्युक्षणं स्मृतम् उष्णेन वारिणा शुद्धिस् तथा स्रुक्स्रुवयोरपि
Pour des objets tels que l’herbe, le bois et autres semblables, la tradition enseigne que la purification se fait par une aspersion propice. De même, les louches rituelles (sruk et sruva) sont purifiées à l’eau chaude, afin que les instruments du culte demeurent dignes du rite de Śiva.
Verse 62
तथैव यज्ञपात्राणां मुशलोलूखलस्य च शृङ्गास्थिदारुदन्तानां तक्षणेनैव शोधनम्
De même, les vases employés dans le sacrifice, ainsi que le pilon et le mortier, sont purifiés. Et les objets faits de corne, d’os, de bois ou d’ivoire sont nettoyés uniquement par le raclage de leur surface.
Verse 63
संहतानां महाभागा द्रव्याणां प्रोक्षणं स्मृतम् असंहतानां द्रव्याणां प्रत्येकं शौचमुच्यते
Ô vous les fortunés, pour les substances gardées ensemble en un même ensemble, la purification est enseignée comme une aspersion d’eau consacrée ; mais pour les substances gardées séparément, il est déclaré que la pureté doit être assurée pour chacune individuellement.
Verse 64
अभुक्तराशिधान्यानाम् एकदेशस्य दूषणे तावन्मात्रं समुद्धृत्य प्रोक्षयेद्वै कुशांभसा
Si, dans un tas de grains non utilisés, une seule partie est souillée, qu’on n’en retire que cette mesure; puis qu’on purifie le reste en l’aspergeant d’eau sanctifiée par l’herbe kuśa, afin que l’offrande demeure digne du culte de Śiva.
Verse 65
शाकमूलफलादीनां धान्यवच्छुद्धिरिष्यते मार्जनोन्मार्जनैर् वेश्म पुनःपाकेन मृन्मयम्
Pour les légumes, racines, fruits et autres semblables, la purification est prescrite comme pour les grains. La demeure devient pure par le balayage et le nettoyage; et la poterie d’argile devient pure en étant cuite de nouveau.
Verse 66
उल्लेखनेनाञ्जनेन तथा संमार्जनेन च गोनिवासेन वै शुद्धा सेचनेन धरा स्मृता
Le sol est déclaré purifié par le grattage (et le nivellement), par l’onction d’une pâte sanctifiante et par le balayage; il est aussi purifié par la demeure des vaches, et l’on se souvient qu’il est purifié encore par l’aspersion d’eau.
Verse 67
भूमिस्थम् उदकं शुद्धं वैतृष्ण्यं यत्र गौर्व्रजेत् अव्याप्तं यदमेध्येन गन्धवर्णरसान्वितम्
L’eau trouvée sur la terre est tenue pour pure en vue du culte, surtout celle dont une vache peut boire jusqu’à pleine satiété. L’eau non souillée par des impuretés, et dotée d’un parfum, d’une couleur et d’une saveur agréables, est digne d’être offerte dans le rite de Śiva.
Verse 68
वत्सः शुचिः प्रस्रवणे शकुनिः फलपातने स्वदारास्यं गृहस्थानां रतौ भार्याभिकाङ्क्षया
Quant à l’écoulement (des sécrétions du corps), le veau est un signe de pureté; quant à la chute des fruits, l’oiseau en est le signe. Pour les maîtres de maison, le désir envers sa propre épouse légitime est déclaré convenable dans l’acte d’union, lorsqu’il naît de l’élan vers l’épouse elle-même.
Verse 69
हस्ताभ्यां क्षालितं वस्त्रं कारुणा च यथाविधि कुशांबुना सुसंप्रोक्ष्य गृह्णीयाद्धर्मवित्तमः
Le connaisseur du dharma doit prendre l’étoffe lavée de ses propres mains ; et, selon le rite prescrit, après l’avoir aspergée avec soin d’eau sanctifiée par l’herbe kuśa, avec compassion et respect sacré, il doit l’accepter pour l’usage rituel.
Verse 70
पण्यं प्रसारितं चैव वर्णाश्रमविभागशः शुचिराकरजं तेषां श्वा मृगग्रहणे शुचिः
Et le commerce fut lui aussi mis en mouvement selon les divisions de varṇa et d’āśrama. Pour eux, ce qui est tiré de la mine est tenu pour pur ; même un chien est réputé pur lorsqu’il saisit une bête sauvage à la chasse.
Verse 71
छाया च विप्लुषो विप्रा मक्षिकाद्या द्विजोत्तमाः रजो भूर् वायुर् अग्निश् च मेध्यानि स्पर्शने सदा
Ô brāhmanes éminents, l’ombre, les gouttelettes éparses, les mouches et autres, la poussière, la terre, le vent et le feu sont toujours tenus pour purs quant au toucher : leur contact n’engendre pas d’impureté.
Verse 72
सुप्त्वा भुक्त्वा च वै विप्राः क्षुत्त्वा पीत्वा च वै तथा ष्ठीवित्वाध्ययनादौ च शुचिरप्याचमेत्पुनः
Ô brāhmanes, après avoir dormi et après avoir mangé, après avoir éternué et de même après avoir bu, et après avoir craché—ainsi qu’au début de l’étude védique et d’actes semblables—il faut accomplir de nouveau l’ācamana, même si l’on est par ailleurs pur.
Verse 73
पादौ स्पृशन्ति ये चापि पराचमनबिन्दवः ते पार्थिवैः समा ज्ञेया न तैरप्रयतो भवेत्
Même les gouttes issues du rinçage rituel (ācamana) qui, par hasard, touchent les pieds doivent être tenues pour équivalentes à la terre (rituellement neutres). Aussi ne faut-il pas s’en rendre négligent, mais demeurer vigilant quant à la pureté lors du culte de Śiva.
Verse 74
कृत्वा च मैथुनं स्पृष्ट्वा पतितं कुक्कुटादिकम् सूकरं चैव काकादि श्वानमुष्ट्रं खरं तथा
Après l’union sexuelle, ou après avoir touché un être déchu dans l’impureté (patita), ou encore après contact avec la volaille telle que le coq, avec le porc, avec le corbeau et semblables, avec le chien, le chameau et aussi l’âne—l’homme est entaché d’impureté; qu’il observe donc la règle de purification appropriée avant d’entreprendre le culte de Śiva et la vénération du Linga-tattva.
Verse 75
यूपं चाण्डालकाद्यांश् च स्पृष्ट्वा स्नानेन शुध्यति रजस्वलां सूतिकां च न स्पृशेदन्त्यजामपि
Après avoir touché le yūpa (poteau sacrificiel) ou des personnes telles qu’un Caṇḍāla et autres, on se purifie par le bain. Mais qu’on ne touche pas une femme en menstruation, ni une femme en impureté post-partum, ni même une femme dite antyaja; car un tel contact est tenu pour un obstacle à la pureté rituelle dans le culte et les observances de Śiva.
Verse 76
सूतिकाशौचसंयुक्तः शावाशौचसमन्वितः संस्पृशेन्न रजस्तासां स्पृष्ट्वा स्नात्वैव शुध्यति
Celui qui est soumis à l’impureté de l’accouchement (sūtikā-āśauca) ou à l’impureté due à la mort (śāva-āśauca) ne doit pas entrer en contact avec des femmes en période menstruelle. Si le contact a lieu, la purification n’est obtenue que par le bain; alors seulement il redevient apte aux rites śaivas et au culte du Liṅga.
Verse 77
उन्देफ़िलब्ले पेओप्ले नैवाशौचं यतीनां च वनस्थब्रह्मचारिणाम् नैष्ठिकानां नृपाणां च मण्डलीनां च सुव्रताः
Pour les yati (renonçants), les brahmacārins vivant en forêt, les gardiens de vœux inébranlables, les rois et les ascètes disciplinés aux observances sacrées, il n’y a pas d’état d’āśauca (impureté rituelle). Leur pureté est maintenue par un vrata sans défaillance et par la maîtrise intérieure, tournées vers le Pati—le Seigneur Śiva—au-delà de toute souillure mondaine.
Verse 78
ततः कार्यविरोधाद्धि नृपाणां नान्यथा भवेत् वैखानसानां विप्राणां पतितानामसंभवात्
Ainsi, parce que cela contredirait l’accomplissement juste du devoir, il ne peut en être autrement pour les rois. Et parmi les sages brahmanes vaikhānasas, l’apparition d’un patita—celui qui a glissé hors du dharma—n’est pas admise comme possible.
Verse 79
असंचयाद् द्विजानां च स्नानमात्रेण नान्यथा तथा संनिहितानां च यज्ञार्थं दीक्षितस्य च
Pour les dvija, prêtres « deux fois nés », lorsque l’impureté provient de la non‑accumulation (c’est‑à‑dire de ne pas retenir la souillure), la purification s’obtient par le seul bain, et non par un autre moyen. De même, pour ceux qui sont présents au rite et pour l’initié consacré (dīkṣita) en vue du yajña, le bain est le purificateur prescrit.
Verse 80
एकाहाद् यज्ञयाजिनां शुद्धिरुक्ता स्वयंभुवा ततस्त्वधीतशाखानां चतुर्भिः सर्वदेहिनाम्
Svayambhū (Brahmā) a déclaré que ceux qui s’emploient à accomplir les sacrifices sont purifiés en un seul jour. Ensuite, pour tous les êtres incarnés—et tout particulièrement pour ceux qui ont étudié les recensions védiques—la purification s’obtient en quatre jours.
Verse 81
दुरतिओन् ओफ़् देफ़िलेमेन्त् सूतकं प्रेतकं नास्ति त्र्यहाद् ऊर्ध्वम् अमुत्र वै अर्वाग् एकादशाहान्तं बान्धवानां द्विजोत्तमाः
Ô meilleurs des dvija, l’impureté due à la naissance (sūtaka) ou à la mort (pretaka) ne subsiste pas au-delà de trois jours dans l’autre monde ; mais, pour les parents ici-bas, on l’observe jusqu’à onze jours.
Verse 82
स्नानमात्रेण वै शुद्धिर् मरणे समुपस्थिते तत ऋतुत्रयादर्वाग् एकाहः परिगीयते
Lorsque la mort est survenue, la purification s’obtient véritablement par le seul bain. Et pour ceux qui se trouvent dans les trois premières saisons (de la vie), la durée d’impureté est dite n’être que d’un jour.
Verse 83
सप्तवर्षात् ततश्चार्वाक् त्रिरात्रं हि ततः परम् दशाहं ब्राह्मणानां वै प्रथमे ऽहनि वा पितुः
Après l’âge de sept ans, on doit l’observer durant trois nuits ; puis, ensuite, l’observance de dix jours doit être accomplie—assurément par les brahmanes—soit en commençant le premier jour, soit en l’entreprenant en l’honneur du père. Ainsi le śrāddha est réglé selon le dharma, afin que le paśu (l’âme incarnée) soutienne le défunt sous la seigneurie de Pati (Śiva).
Verse 84
दशाहं सूतिकाशौचं मातुरप्येवमव्ययाः अर्वाक् त्रिवर्षात्स्नानेन बान्धवानां पितुः सदा
L’impureté rituelle (āśauca) née de l’accouchement dure dix jours ; pour la mère aussi, il en est de même. Pour l’enfant âgé de moins de trois ans, la purification s’accomplit par le bain ; et pour les parents du côté du père, il faut toujours l’entendre ainsi.
Verse 85
अष्टाब्दाद् एकरात्रेण शुद्धिः स्याद् बान्धवस्य तु द्वादशाब्दात्ततश्चार्वाक् त्रिरात्रं स्त्रीषु सुव्रताः
Pour un parent, après l’âge de huit ans, la purification de l’impureté due à la mort s’accomplit en une seule nuit. Mais à partir de douze ans et au-delà, pour les femmes aux bons vœux (suvratā), la purification doit être observée durant trois nuits.
Verse 86
सपिण्डता च पुरुषे सप्तमे विनिवर्तते अतिक्रान्ते दशाहे तु त्रिरात्रमशुचिर्भवेत्
Pour un homme, l’état de sapinda (parenté pertinente aux rites funéraires) cesse à la septième génération ; et, lorsque dix jours se sont écoulés, l’impureté rituelle ne dure plus que trois nuits. Ainsi la règle de l’āśauca est-elle réglée pour le paśu (l’âme liée), afin qu’après la purification requise il revienne à une conduite tournée vers Śiva : l’adoration du Pati par des rites disciplinés.
Verse 87
ततः संनिहितो विप्रश् चार्वाक् पूर्वं तदेव वै संवत्सरे व्यतीते तु स्नानमात्रेण शुध्यति
Alors ce brāhmane —Cārvāka—, s’étant d’abord approché et étant demeuré présent en ce lieu, devient véritablement purifié lorsqu’une année s’est écoulée, par le seul bain.
Verse 88
पुरिफ़िचतिओन् अफ़्तेर् तोउछिन्ग् अ देअद् बोद्य् स्पृष्ट्वा प्रेतं त्रिरात्रेण धर्मार्थं स्नानमुच्यते दाहकानां च नेतॄणां स्नानमात्रमबान्धवे
Après avoir touché un cadavre, pour l’amour du dharma, un bain purificatoire est prescrit durant trois nuits. Pour ceux qui brûlent le corps et pour ceux qui le portent ou le conduisent au lieu de crémation, s’ils ne sont pas parents, la purification s’accomplit par le seul bain.
Verse 89
अनुगम्य च वै स्नात्वा घृतं प्राश्य विशुध्यति आचार्यमरणे चैव त्रिरात्रं श्रोत्रिये मृते
Après avoir suivi le cortège funèbre puis s’être baigné, on se purifie en prenant une gorgée de ghee (ghṛta). Et lorsque l’ācārya (précepteur spirituel) meurt, de même quand décède un śrotriya savant des Veda, la durée de l’aśauca (impureté rituelle) est de trois nuits.
Verse 90
पक्षिणी मातुलानां च सोदराणां च वा द्विजाः भूपानां मण्डलीनां च सद्यो नीराष्ट्रवासिनाम्
Ô deux-fois-nés ! Lorsqu’un oiseau femelle devient un présage néfaste à l’égard des oncles maternels (mātula) ou de ses propres frères, et de même pour les rois et les gouverneurs de province, cela annonce que ceux qui vivent sans royaume—privés d’une souveraineté stable—connaîtront bientôt ruine et exil. De tels signes apparaissent lorsque le lien (pāśa) de l’adharma se resserre et que le Seigneur, le Pati, retire de la terre son ordre protecteur.
Verse 91
केवलं द्वादशाहेन क्षत्त्रियाणां द्विजोत्तमाः नाभिषिक्तस्य चाशौचं संप्रमादेषु वै रणे
Ô les meilleurs des deux-fois-nés ! Pour les kṣatriya, la durée de l’aśauca n’est que de douze jours. Et pour celui qui n’a pas encore reçu l’abhiṣeka (la consécration royale), il n’y a pas d’impureté lorsque la mort survient par accident au combat.
Verse 92
वैश्यः पञ्चदशाहेन शूद्रो मासेन शुध्यति इति संक्षेपतः प्रोक्ता द्रव्यशुद्धिरनुत्तमा
Un vaiśya se purifie en quinze jours, et un śūdra se purifie en un mois. Ainsi, en bref, a été énoncée la règle incomparable de la purification des substances (dravya-śuddhi).
Verse 93
अशौचं चानुपूर्व्येण यतीनां नैव विद्यते मेन्स्त्रुअतिओन् त्रेताप्रभृति नारीणां मासि मास्यार्तवं द्विजाः
Pour les yatī (renonçants), l’aśauca ne se manifeste pas selon la succession ordinaire des observances. Et depuis l’âge Tretā, ô deux-fois-nés, les femmes ont l’écoulement mensuel (ārtava) de mois en mois.
Verse 94
कृते सकृद् युगवशाज् जायन्ते वै सहैव तु प्रयान्ति च महाभागा भार्याभिः कुरवो यथा
Dans le Yuga Kṛta, selon la loi même de cet âge, les bienheureux ne naissent qu’une seule fois ; et, en vérité, ils quittent le monde avec leurs épouses, comme le firent jadis les Kuru.
Verse 95
वर्णाश्रमव्यवस्था च त्रेताप्रभृति सुव्रताः भारते दक्षिणे वर्षे व्यवस्था नेतरेष्वथ
Ô vous aux vœux fermes, depuis le Yuga Tretā, l’ordre des varṇa et des āśrama est établi en Bhārata, le continent du Sud ; ailleurs, il n’est pas établi ainsi.
Verse 96
महावीते सुवीते च जंबूद्वीपे तथाष्टसु शाकद्वीपादिषु प्रोक्तो धर्मो वै भारते यथा
À Mahāvīta et Suvīta, dans Jambūdvīpa et dans les huit régions—à commencer par Śākadvīpa—il est proclamé que le Dharma est établi comme en Bhārata. Ainsi, le même ordre juste qui soutient le paśu (l’âme liée) est enseigné partout sous la souveraineté de Pati, le Seigneur Śiva.
Verse 97
रसोल्लासा कृते वृत्तिस् त्रेतायां गृहवृक्षजा सैवार्तवकृताद् दोषाद् रागद्वेषादिभिर् नृणाम्
Dans le Yuga Kṛta, la subsistance était portée par l’allégresse spontanée de l’essence (rasa). Dans le Yuga Tretā, elle naquit des maisons et des arbres—de l’établissement et de la culture. De cette condition même surgit chez les hommes un défaut saisonnier ou temporel (doṣa), faisant naître l’attachement, l’aversion et autres passions.
Verse 98
मैथुनात्कामतो विप्रास् तथैव परुषादिभिः यवाद्याः सम्प्रजायन्ते ग्राम्यारण्याश्चतुर्दश
Ô brāhmaṇa, de l’union charnelle mue par le désir (kāma)—et de même du processus qui commence par des conditions rudes et grossières, et autres—naissent les grains tels que l’orge (yava) et le reste, en quatorze variétés, tant domestiquées que nées des forêts.
Verse 99
ओषध्यश् च रजोदोषाः स्त्रीणां रागादिभिर् नृणाम् अकालकृष्टा विध्वस्ताः पुनरुत्पादितास् तथा
Les plantes médicinales aussi seront ruinées; et les femmes seront affligées de troubles liés aux menstrues. Les hommes, poussés par la passion et autres élans, moissonneront hors saison; ce qui aura été détruit renaîtra encore, mais d’une manière déformée et instable.
Verse 100
तस्मात्सर्वप्रयत्नेन न संभाष्या रजस्वला प्रथमे ऽहनि चाण्डाली यथा वर्ज्या तथाङ्गना
C’est pourquoi, avec tout effort, on ne doit pas s’entretenir avec une femme en menstrues le premier jour; ce jour-là, elle doit être évitée, comme on évite une caṇḍālī, et cette femme doit pareillement être tenue à l’écart.
Verse 101
द्वितीये ऽहनि विप्रा हि यथा वै ब्रह्मघातिनी तृतीये ऽह्नि तदर्धेन चतुर्थे ऽहनि सुव्रताः
Au deuxième jour, ô êtres de discipline, l’état de faute est dit semblable à celui d’un meurtrier de brāhmaṇa; au troisième jour il en devient la moitié, et au quatrième il s’atténue encore : telles sont les gradations proclamées.
Verse 102
स्नात्वार्धमासात् संशुद्धा ततः शुद्धिर्भविष्यति आ षोडशात् ततः स्त्रीणां मूत्रवच्छौचमिष्यते
Après le bain, elle est purifiée au bout d’une demi-lune; ensuite la pureté complète est atteinte. Jusqu’au seizième jour, pour les femmes, la purification prescrite doit être observée comme la propreté après avoir uriné (un śauca bref et immédiat).
Verse 103
पञ्चरात्रं तथास्पृश्या रजसा वर्तते यदि सा विंशद्दिवसादूर्ध्वं रजसा पूर्ववत्तथा
Si, en raison du rajas (flux menstruel), elle demeure en état d’intouchabilité rituelle durant cinq nuits, et si ce rajas se prolonge au-delà de vingt jours, alors on doit la considérer comme auparavant : les mêmes restrictions rituelles s’appliquent de nouveau.
Verse 104
स्नानं शौचं तथा गानं रोदनं हसनं तथा यानमभ्यञ्जनं नारी द्यूतं चैवानुलेपनम्
Le bain, les actes de purification, le chant, les pleurs, le rire, le voyage, le massage à l’huile et l’onction de parure, l’abandon aux femmes, le jeu de hasard et l’application de parfums/onguents—tout cela doit être contenu comme discipline dans l’observance du culte de Śiva, afin que le paśu (l’âme liée) ne soit pas ramené vers le pāśa (l’entrave) et demeure tourné vers Pati, Mahādeva.
Verse 105
दिवास्वप्नं विशेषेण तथा वै दन्तधावनम् मैथुनं मानसं वापि वाचिकं देवतार्चनम्
En particulier, le sommeil de jour et aussi le brossage/nettoyage des dents ; ainsi que l’abandon à l’union sexuelle, par la pensée ou par la parole—tout cela doit être évité dans le cadre du culte de la Divinité. Ces retenues préservent la pureté et l’unicité d’attention pour la Śiva-arcana, éloignant le paśu du pāśa et le menant vers la grâce de Pati (Śiva).
Verse 106
वर्जयेत्सर्वयत्नेन नमस्कारं रजस्वला रजस्वलाङ्गनास्पर्शसंभाषे च रजस्वला
Une femme en période de menstrues doit, avec toute vigilance, s’abstenir des actes de salutation (namaskāra) ; et elle doit aussi éviter de toucher ou de converser avec une femme en menstrues.
Verse 107
संत्यागं चैव वस्त्राणां वर्जयेत्सर्वयत्नतः स्नात्वान्यपुरुषं नारी न स्पृशेत्तु रजस्वला
Il faut, de tout effort, éviter de se défaire des vêtements de manière inconvenante. Et une femme en menstrues—même après s’être baignée—ne doit pas toucher un homme autre que son propre époux. Ainsi, pour le śauca (pureté), on protège la discipline qui soutient le culte de Śiva.
Verse 108
ईक्षयेद्भास्करं देवं ब्रह्मकूर्चं ततः पिबेत् केवलं पञ्चगव्यं वा क्षीरं वा चात्मशुद्धये
Qu’il fixe le Soleil divin (Bhāskara) ; puis qu’il boive le Brahma-kūrca. Ou bien, pour la purification intérieure (ātma-śuddhi), qu’il ne prenne que le pañcagavya, ou du lait—afin que le paśu devienne apte à s’approcher de Pati dans le rite śaiva.
Verse 109
चतुर्थ्यां स्त्री न गम्या तु गतो ऽल्पायुः प्रसूयते विद्याहीनं व्रतभ्रष्टं पतितं पारदारिकम्
Au quatrième jour lunaire (Caturthī), on ne doit pas s’approcher d’une femme pour l’union charnelle. D’une telle transgression, dit-on, naît une progéniture à courte vie—dépourvue de juste connaissance, déchue des vœux, avilie et portée vers l’épouse d’autrui—ce qui renforce les liens du pāśa entravant la marche du paśu vers le Seigneur (Pati), Śiva.
Verse 110
दारिद्र्यार्णवमग्नं च तनयं सा प्रसूयते कन्यार्थिनैव गन्तव्या पञ्चम्यां विधिवत्पुनः
Par la puissance de cette observance, elle enfante même un fils englouti dans un océan de pauvreté. Et de nouveau, au cinquième jour lunaire (pañcamī), celui qui cherche une épouse doit avancer comme il convient selon le rite prescrit.
Verse 111
रक्ताधिक्याद्भवेन्नारी शुक्राधिक्ये भवेत्पुमान् समे नपुंसकं चैव पञ्चम्यां कन्यका भवेत्
Quand le sang maternel prédomine, naît une fille ; quand la semence paternelle prédomine, naît un garçon. Quand les deux sont égaux, naît un être de nature androgyne. Et au cinquième jour, dit-on, se forme l’enfant-fille.
Verse 112
षष्ठ्यां गम्या महाभागा सत्पुत्रजननी भवेत् पुत्रत्वं व्यञ्जयेत्तस्य जातपुत्रो महाद्युतिः
Au sixième mois, la femme fortunée devient apte à l’union et devient mère d’un fils vertueux. Alors l’embryon manifeste les marques de la condition masculine ; et le fils qui naît est d’une grande radiance.
Verse 113
पुमिति नरकस्याख्या दुःखं च नरकं विदुः पुंसस्त्राणान्वितं पुत्रं तथाभूतं प्रसूयते
« Pum » est, dit-on, le nom d’un enfer, et l’enfer est compris comme souffrance. C’est pourquoi un fils naît doté du pouvoir de protéger l’homme—le sauvant de cet (enfer).
Verse 114
सप्तम्यां चैव कन्यार्थी गच्छेत्सैव प्रसूयते अष्टम्यां सर्वसम्पन्नं तनयं सम्प्रसूयते
Au septième jour lunaire, si l’on s’unit (pour concevoir) avec le désir d’une fille, une fille naît assurément. Au huitième, naît un fils pourvu de toutes les excellences. Dans cet enseignement, le kāla (le temps) est tenu pour un appui rituel : accordé au dharma et à la bhakti envers Pati (Śiva), il façonne le destin incarné du paśu (l’âme individuelle).
Verse 115
नवम्यां दारिकायार्थी दशम्यां पण्डितो भवेत् एकादश्यां तथा नारीं जनयेत्सैव पूर्ववत्
Celui qui désire une fille doit accomplir l’observance au neuvième jour lunaire ; au dixième, on devient savant. De même, au onzième, la femme enfante une fille, comme il a été dit auparavant. Par de telles observances fondées sur les tithi, le maître de maison pieux obtient la progéniture souhaitée et des qualités auspiciées par la grâce de Pati, Śiva, qui desserre le pasha du malheur et accorde un fruit conforme au dharma.
Verse 116
द्वादश्यां धर्मतत्त्वज्ञं श्रौतस्मार्तप्रवर्तकम् त्रयोदश्यां जडां नारीं सर्वसंकरकारिणीम्
Au douzième jour lunaire, (il convient d’honorer) celui qui connaît les véritables principes du dharma, et qui maintient et promeut à la fois les disciplines védiques (śrauta) et smārta. Au treizième jour, (il faut éviter la fréquentation d’) une femme d’esprit obtus, cause de toute confusion et de mélanges nuisibles qui troublent l’ordre juste.
Verse 117
जनयत्यङ्गना यस्मान् न गच्छेत्सर्वयत्नतः चतुर्दश्यां यदा गच्छेत् सा पुत्रजननी भवेत्
Puisqu’il est dit que ce moment produit un certain résultat, la femme doit, de tous ses efforts, éviter l’union en ce temps inauspicieux. Mais si elle s’unit au quatorzième jour lunaire, elle devient mère d’un fils.
Verse 118
पञ्चदश्यां च धर्मिष्ठां षोडश्यां ज्ञानपारगम् स्त्रीणां वै मैथुने काले वामपार्श्वे प्रभञ्जनः
Au quinzième jour lunaire, on dit qu’elle est le plus solidement établie dans le dharma ; au seizième, on la décrit comme ayant franchi l’autre rive de la connaissance. Et pour les femmes, au moment de l’union, le souffle vital nommé Prabhañjana se meut du côté gauche : signe subtil et auspicié, compris dans la discipline qui mène le paśu (l’âme liée) vers la grâce de Pati (Śiva).
Verse 119
चरेद्यदि भवेन्नारी पुमांसं दक्षिणे लभेत् स्त्रीणां मैथुनकाले तु पापग्रहविवर्जिते
Si, durant le mouvement fécond de la femme, la semence de l’homme est déposée du côté droit, on obtient un fils—surtout lorsque l’union a lieu en un temps exempt d’influences planétaires néfastes. Dans une conception ainsi réglée, le paśu (l’âme incarnée) entre dans un corps sous un pāśa (lien) plus pur, devenant plus apte à la sādhana de Śiva tournée vers le Pati, le Seigneur Mahādeva.
Verse 120
उक्तकाले शुचिर्भूत्वा शुद्धां गच्छेच्छुचिस्मिताम् इत्येवं संप्रसंगेन यतीनां धर्मसंग्रहे
Au moment prescrit, s’étant rendu pur, on doit s’approcher de la personne purifiée, au sourire doux (le maître ou la présence sacrée). Ainsi, dans cette suite d’instructions liées, est exposé le compendium du dharma des renonçants (yatīs).
Verse 121
सर्वेषामेव भूतानां सदाचारः प्रकीर्तितः यः पठेच्छृणुयाद् वापि सदाचारं शुचिर्नरः
Pour tous les êtres, le sadācāra (la conduite juste) est proclamé. L’homme au cœur pur qui le récite, ou même qui l’écoute—cet enseignement de la conduite droite—est purifié, apte à la voie qui mène le paśu (l’âme individuelle) vers le Pati, le Seigneur Śiva.
Verse 122
श्रावयेद्वा यथान्यायं ब्राह्मणान् दग्धकिल्बिषान् ब्रह्मलोकमनुप्राप्य ब्रह्मणा सह मोदते
Ou bien, ayant fait réciter selon la règle les brahmanes—dont les fautes ont été brûlées—(les textes sacrés), on atteint le monde de Brahmā ; et, parvenu à Brahmaloka, on s’y réjouit en la compagnie de Brahmā.
Śauca is mapped across faculties: one should walk a path ‘purified by the eyes,’ drink water ‘purified by cloth,’ speak words ‘purified by truth,’ and act with a mind ‘purified’—linking external cleanliness with ethical and mental refinement.
It prescribes mantra-based purification: japa of an Aghora-lakṣaṇa mantra (stated as a fixed count) or alternatively worship of Śambhu with ritual measures and pradakṣiṇā, emphasizing both mantra and Śiva-pūjā as restorative.
Bhikṣā is recommended as a superior sustenance for siddhi-supporting yogins, with a preference order that begins with forest/ascetic-friendly contexts and then extends to disciplined, faithful householders; taking from fallen or corrupt sources is treated as inferior.
The chapter warns strongly against both and prescribes praṇava-japa (repetition of Om) in large counts as purification, presenting japa as a principal prāyaścitta when such offenses occur through negligence.
It gives material-specific śuddhi: ash for bronze, alkali for iron, acid for copper, water for gold, and other methods (sprinkling, washing, heating, scraping, planing) for grains, earth, wooden items, and ritual implements.
It outlines graded durations of sūtaka/preta aśauca by kinship, age, and varṇa, and gives strict conduct restrictions for menstruation with purification by bathing and regulated behavior, framing them as dharma-protective boundaries for ritual and social order.