Adhyaya 208
Prabhasa KhandaPrabhasa Kshetra MahatmyaAdhyaya 208

Adhyaya 208

Ce chapitre offre un exposé théologique structuré : Devī demande à Īśvara une classification précise du dāna—quoi donner, à qui, et selon quelles conditions de temps, de lieu et de qualité du récipiendaire. Īśvara oppose les naissances et les dons « sans fruit » aux naissances vertueuses, puis présente l’ensemble canonique des seize grands dons (mahādāna), en citant notamment la vache, l’or, la terre, les vêtements, les grains, et la maison avec son mobilier. Le texte met ensuite l’accent sur l’éthique de l’intention et de la provenance : les dons faits par orgueil, peur, colère ou ostentation portent un fruit tardif ou amoindri, tandis que les dons issus d’un esprit pur et de biens acquis selon le dharma procurent un bénéfice en temps voulu. Une large section définit les critères du récipiendaire digne (pātra-lakṣaṇa) : savoir, discipline yogique, calme, connaissance des Purāṇa, compassion, véracité, pureté et maîtrise de soi. Des règles détaillées concernent le don de vaches : qualités requises, interdiction d’offrir du bétail défectueux ou obtenu illicitement, et avertissements sur les conséquences d’un don impropre. Le chapitre donne aussi des précautions calendaires autour du jeûne, du pāraṇa (rupture du jeûne) et du moment du śrāddha, ainsi qu’une méthode de śrāddha adaptable lorsque les ressources ou les récipiendaires qualifiés manquent. Enfin, il prescrit d’honorer le récitant/enseignant du texte et d’en restreindre la transmission aux auditeurs hostiles ou irrévérencieux, faisant de l’écoute juste et du soutien une part de l’efficacité rituelle.

Shlokas

Verse 1

देव्युवाच । इदं देयमिदं देयमिति प्रोक्तं तु यच्छ्रुतौ । दानादानविशेषांस्तु श्रोतुमिच्छामि तत्त्वतः

La Déesse dit : « Dans la tradition de la Śruti, il est proclamé sans cesse : “Ceci doit être donné, ceci doit être donné.” Je souhaite entendre, en vérité, les distinctions précises concernant le don—et aussi ce qui ne doit pas être donné. »

Verse 2

कानि दानानि शस्तानि कस्मै देयानि कान्यपि । कालं देशं च पात्रं च सर्वमाचक्ष्व मे विभो

Quels dons sont dignes d’éloge, et à qui chacun doit-il être offert ? Explique-moi pleinement le temps, le lieu et le récipiendaire convenable, ô Seigneur.

Verse 3

ईश्वर उवाच । वृथा जन्मानि चत्वारि वृथा दानानि षोडश । सुजन्मानि च चत्वारि महादानानि षोडश

Īśvara dit : « Il est quatre sortes de naissances vaines et seize sortes de dons vains. Il est aussi quatre sortes de naissances nobles et seize grands dons. »

Verse 4

देव्युवाच । एतद्विस्तरतो ब्रूहि देवदेवजगत्पते

La Déesse dit : « Explique cela en détail, ô Dieu des dieux, Seigneur des mondes. »

Verse 5

ईश्वर उवाच । वृथा जन्मानि चत्वारि यानि तानि निबोध मे । कुपुत्राणां वृथा जन्म ये च धर्मबहिष्कृताः । प्रवासं ये च गच्छंति परदाररताः सदा

Īśvara dit : «Comprends de Moi les quatre sortes de vies gaspillées. La vie de celui qui devient un fils mauvais est vaine ; de même celle de ceux qui sont rejetés hors du dharma. Et ceux qui s’en vont errer, toujours attachés à l’épouse d’autrui : leurs vies aussi sont vaines.»

Verse 6

परपाकं च येऽश्नंति पर दाररताश्च ये । अप्रत्याख्यं वृथा दानं सदोषं च तथा प्रिये

Ceux qui mangent la nourriture cuite par autrui, et ceux qui s’attachent à l’épouse d’autrui—une telle conduite est blâmée. Et, bien-aimée, un don offert sans la juste observance est un don vain ; de même, un don entaché de fautes est vain.

Verse 7

आरूढपतिते चैव अन्यायोपार्जितं धनम् । वृथा ब्रह्महने दानं पतिते तस्करे तथा

La charité devient sans fruit lorsqu’elle est donnée à celui qui est tombé de la conduite droite, et la richesse acquise par l’injustice est elle-même souillée. De même, un don offert à un meurtrier de brāhmaṇa—ou à un voleur déchu—ne porte aucun mérite sacré.

Verse 8

गुरोश्चाप्रीतिजनने कृतघ्ने ग्रामयाजके । ब्रह्मबन्धौ च यद्दत्तं यद्दत्तं वृषलीपतौ

Tout ce qui est donné à celui qui suscite le déplaisir du guru, à l’ingrat, au prêtre de village qui officie pour vivre sans vraie sainteté, au « brāhmaṇa de nom seulement », ou à celui qui s’attache à une épouse vile et impropre—un tel don est rendu vain.

Verse 9

वेदविक्रयिणे चैव यस्य चोपपतिर्गृहे । स्त्रीनिर्जिते च यद्दत्तं वृथादानानि षोडश

Les dons faits à celui qui vend le Veda, à l’homme dans la maison duquel on entretient un adultère, ou à celui que la passion indomptée tient sous sa coupe—ceux-là, avec les précédents, composent les seize « aumônes sans fruit ».

Verse 10

सुजन्म च सुपुत्राणां ये च धर्मे रता नराः । प्रवासं न च गच्छंति परदारपराङ्मुखाः

Les hommes qui se réjouissent dans le dharma, bénis d’une noble naissance et de fils vertueux, qui ne s’en vont pas en exil vain et détournent le visage de l’épouse d’autrui—tels sont les signes d’une vie juste.

Verse 11

गावः सुवर्णं रजतं रत्नानि च सरस्वती । तिलाः कन्या गजोश्वश्च शय्या वस्त्रं तथा मही

Vaches; or; argent; joyaux; et Sarasvatī, c’est-à-dire le don du savoir; sésame; une jeune fille offerte en don nuptial; éléphants et chevaux; un lit; des vêtements; et la terre—tout cela est compté parmi les grands dons.

Verse 12

धान्यं पयश्च च्छत्रं च गृहं चोपस्करान्वितम् । एतान्येव महादेवि महादानानि षोडश

Grain, lait, ombrelle, et une maison pourvue de tout le nécessaire—voilà bien, ô Grande Déesse, ce qui constitue les seize grands dons (mahādāna).

Verse 13

गर्वावृतस्तु यो दद्याद्भयात्क्रोधात्तथैव च । भुंक्ते दानफलं तद्धि गर्भस्थो नात्र संशय

Mais celui qui donne, voilé par l’orgueil—ou par crainte, ou par colère—consume en vérité le fruit de cette aumône alors même qu’il est encore dans le sein maternel; il n’y a là aucun doute.

Verse 14

बालत्वेऽपि च सोऽश्नाति यद्दत्तं दंभकारणात् । मन्युना मंतुना चैव तथैवार्थस्य कारणात्

Même dans l’enfance, il goûte le fruit de ce qu’il a donné par ostentation—qu’il l’ait donné par ressentiment, par esprit calculateur, ou même par recherche de profit.

Verse 15

देशे काले च पात्रे च शुद्धेन मनसा तथा । न्यायार्जितं च यो दद्याद्यौवने स तदश्नुते

Celui qui donne, l’esprit pur, au lieu et au moment convenables, à un récipiendaire digne, avec une richesse acquise justement—goûte le fruit de ce don dès la jeunesse.

Verse 16

अन्यायेनार्जितं द्रव्यमपात्रे प्रतिपादितम् । क्लिष्टं च विधिहीनं च वृद्धभावे तदश्नुते

Mais la richesse acquise injustement, offerte à un indigne, donnée dans la peine ou sans le rite prescrit—son fruit n’est goûté qu’en la vieillesse, amoindri et tourmenté.

Verse 17

तस्माद्देशे च काले च सुपात्रे विधिना नरः । शुभार्जितं प्रयुञ्जीत श्रद्धया शाठ्यवर्जितः

Ainsi, au lieu et au temps convenables, selon la règle prescrite, l’homme doit offrir sa richesse acquise vertueusement à un récipiendaire digne—avec foi, sans aucune duplicité.

Verse 18

स्वाध्यायाढ्यं योगवंतं प्रशांतं पुराणज्ञं पापभीरुं वदान्यम् । स्त्रीषु क्षान्तं धार्मिकं गोशरण्यं व्रतैः क्रान्तं तादृशं पात्रमाहुः

On appelle “récipiendaire digne” celui qui est riche en svādhyāya (étude védique), voué au yoga, paisible, versé dans les Purāṇa, craignant le péché, généreux; patient et maîtrisé envers les femmes, juste selon le dharma, refuge des vaches, et affermi par les vœux.

Verse 19

सत्यं दमस्तपः शौचं सन्तोषोऽनैर्ष्यमार्जवम् । ज्ञानं शमो दया दानमेतत्पात्रस्य लक्षणम्

Véracité, maîtrise de soi, austérité, pureté, contentement, absence d’envie, droiture, connaissance, paix intérieure, compassion et générosité—tels sont les signes du récipiendaire digne.

Verse 20

एवंविधे तु यत्पात्रे गामेकां तु प्रयच्छति । समानवत्सां कपिलां धेनुं सर्वगुणान्विताम्

Lorsqu’on donne à un récipiendaire ainsi digne, qu’on offre une seule vache : une vache laitière kapilā, fauve, avec son veau, pourvue de toutes les bonnes qualités.

Verse 21

रौप्यपादां स्वर्णशृङ्गीं रुद्रलोके महीयते । एकां गां दशगुर्दद्याद्गोशती च तथा दश

La vache dont les sabots sont ornés d’argent et les cornes d’or est honorée dans le monde de Rudra. Qu’on donne une vache avec une dakṣiṇā décuplée ; et de même, qu’on puisse offrir cent vaches avec une dakṣiṇā décuplée.

Verse 22

शतं सहस्रगुर्दद्यात्सर्वे समफलाः स्मृताः । सुशीला सोमसंपन्ना तरुणी च पयस्विनी । सवत्सा न्यायलब्धा च प्रदेया ब्राह्मणाय गौः

On peut donner avec une dakṣiṇā centuplée ou mille fois accrue — on dit que tous ces dons portent un fruit égal. La vache à offrir à un brāhmaṇa doit être de bonne nature, bien nourrie, jeune et laitière, avec son veau, et acquise par des moyens légitimes.

Verse 23

वंध्या सरोगा हीनांगी दुष्टा वृद्धा मृतप्रजा । अन्यायलब्धा दूरस्था नेदृशी गां प्रदापयेत्

On ne doit pas offrir une telle vache : stérile, malade, mutilée, de mauvais caractère, vieille, dont le petit est mort, acquise injustement, ou tenue au loin (sans être réellement remise).

Verse 24

यो हीदृशीं गां ददाति देवोद्देशेन मानवः । प्रत्युताधोगतिं याति क्लिश्यते च महेश्वरि

Mais l’homme qui, au nom d’une divinité, offre une vache aussi indigne, au contraire tombe dans un état inférieur et souffre, ô Maheśvarī.

Verse 25

रुष्टा क्लिष्टा दुर्बला व्याधिता च न दातव्या या च मूल्यैरदत्तैः । लेशो विप्रेभ्यो यया जायते वै तस्या दातुश्चाफलाः सर्वलोकाः

On ne doit pas offrir une vache irritée, accablée, faible ou malade, ni celle dont le prix n’a pas été dûment acquitté. Si, par ce don, ne fût-ce qu’une trace de grief naît chez les brāhmaṇa, alors pour le donateur tous les mondes deviennent sans fruit, privés de mérite.

Verse 26

अतिथये प्रशान्ताय सीदते चाहिताग्नये । श्रोत्रियाय तथैकापि दत्ता बहुगुणा भवेत्

Même une seule vache, offerte à un hôte paisible, à celui qui est dans le besoin, à un āhitāgni (gardien des feux sacrés) ou à un śrotriya, brāhmaṇa instruit du Veda, devient un mérite multiplié.

Verse 27

गां विक्रीणाति चेद्देवि ब्राह्मणो ज्ञानदुर्बलः । नासौ प्रशस्यते पात्रं ब्राह्मणो नैव स स्मृतः

Ô Devī, si un brāhmaṇa, faible dans la vraie connaissance, vend une vache, il n’est pas loué comme réceptacle digne (pātra) ; en vérité, il n’est même pas tenu pour brāhmaṇa au sens juste.

Verse 28

बहुभ्यो न प्रदेयानि गौर्गृहं शयनं स्त्रियः । विभक्ता दक्षिणा ह्येषा दातारं नोपतिष्ठति

Une vache, une maison, un lit et une épouse ne doivent pas être donnés à plusieurs (partagés entre maints bénéficiaires). Car cette dakṣiṇā, une fois divisée, ne soutient ni ne profite véritablement au donateur.

Verse 29

प्रासादा यत्र सौवर्णाः शय्या रव्रोज्ज्वलास्तथा । वराश्चाप्सरसो यत्र तत्र गच्छंति गोप्रदाः

Là où se dressent des palais d’or, des lits éclatants de splendeur, et où se trouvent d’excellentes Apsaras, c’est là que parviennent et vont les donateurs de vaches.

Verse 30

नास्ति भूमिसमं दानं नास्ति गंगासमा सरित् । नास्ति सत्यात्परो धर्मो नान्यो देवो महेश्वरात्

Nul don n’égale le don de la terre; nul fleuve n’égale la Gaṅgā. Nul dharma n’est plus haut que la vérité, et nul Dieu n’est autre que Maheśvara.

Verse 31

उच्चैः पाषाणयुक्ता च न समा नैव चोषरा । न नदीकूलविकटा भूमिर्देया कदाचन

On ne doit jamais donner une terre trop élevée, pleine de pierres, inégale, saline ou stérile; ni une terre âpre et difficile le long d’une rive de fleuve.

Verse 32

षष्टिवर्षसहस्राणि स्वर्गे वसति भूमिदः । आच्छेत्ता चानुमंता च तान्येव नरकं व्रजेत्

Soixante mille ans, le donateur de terre demeure au ciel; mais celui qui s’en empare et celui qui approuve cette prise vont en enfer pour la même durée.

Verse 33

कुरुते पुरुषः पापं यत्किञ्चिद्वृत्तिकर्शितः । अपि गोचर्ममात्रेण भूमिदानेन शुद्ध्यति

Un homme, pressé par la subsistance, peut commettre quelque faute; pourtant, en donnant une terre ne fût-ce que de la taille d’une peau de vache, il est purifié.

Verse 34

छत्रं शय्यासनं शंखो गजाश्वाश्चामराः स्त्रियः । भूमिश्चैषां प्रदानस्य शिवलोकः फलं स्मृतम्

Le don d’un parasol, d’un lit et d’un siège, d’une conque sacrée, d’éléphants et de chevaux, d’éventails en queue de yak, de servantes et de terre : le fruit d’un tel don est dit être l’accès au monde de Śiva (Śivaloka).

Verse 35

आदित्येऽहनि संक्रांतौ ग्रहणे चन्द्र सूर्ययोः । पारणैश्चैव गोदाने नोपोष्यः पौत्रवान्गृही

Le dimanche, lors de la Saṅkrānti (transit solaire) et pendant les éclipses de la lune ou du soleil—ainsi qu’au moment du pāraṇa (rupture du jeûne) et lors du don d’une vache—le maître de maison qui a un petit-fils ne doit pas jeûner.

Verse 36

इन्दुक्षये तु संक्रान्त्यामेकादश्यां शते कृते । उपवासं न कुर्वीत यदीच्छेत्संततिं ध्रुवम्

Mais lors du déclin de la lune, à la Saṅkrānti et au jour d’Ekādaśī—après avoir accompli cent (observances)—qu’on n’entreprenne pas le jeûne, si l’on souhaite une descendance assurée et stable.

Verse 37

यथा शुक्ला तथा कृष्णा न विशेषोऽस्ति कश्चन । तथापि वर्धते धर्मः शुक्लायामेव सर्वदा

Telle est la quinzaine claire, telle est la quinzaine sombre : il n’y a aucune différence; et pourtant, le dharma croît toujours, tout particulièrement durant la quinzaine claire.

Verse 38

दशम्येकादशीविद्धा द्वादशी च क्षयं गता । नक्तं तत्र प्रकुर्वीत नोपवासो विधीयते

Lorsque l’Ekādaśī est « percé » par le Daśamī et que le Dvādaśī est perdu par kṣaya, qu’on n’observe là que le nakta, c’est‑à‑dire un repas nocturne ; le jeûne total n’est pas prescrit.

Verse 39

उपोष्यैकादशीं यस्तु त्रयोदश्यां तु पारणम् । करोति तस्य नश्येत्तु द्वादश दद्वादशीफलम्

Mais celui qui jeûne à l’Ekādaśī et ne rompt le jeûne qu’au Trayodaśī perd le fruit du Dvādaśī ; en vérité, le mérite du Dvādaśī s’anéantit.

Verse 40

उपवासे तथा श्राद्धे न खादेद्दन्तधावनम् । दन्तानां काष्ठसंगाच्च हन्ति सप्तकुलानि वै

Au jour de jeûne et durant le śrāddha, qu’on ne mâche pas le bâtonnet de nettoyage des dents ; car, par le contact des dents avec le bois, on dit qu’on nuit à sept générations, assurément.

Verse 41

दर्शं च पौर्णमासं च पितुः सांवत्सरं दिनम् । पूर्वविद्धमकुर्वाणो नरकं प्रतिपद्यते

Le rite de nouvelle lune, le rite de pleine lune, et le jour annuel de śrāddha pour le père : quiconque ne les accomplit pas selon la juste règle du « pūrvaviddha » tombe en enfer.

Verse 42

हानिश्च संततेः प्रोक्ता दौर्भाग्यं समवाप्नुयात् । द्रव्याभावेथ श्राद्धस्य विधिं वक्ष्यामि तत्त्वतः

La perte de la descendance est dite (comme conséquence), et le malheur peut s’ensuivre. À présent, en l’absence de biens pour le śrāddha, j’exposerai en vérité la règle du śrāddha.

Verse 43

एकेनापि हि विप्रेण षट्पिण्डं श्राद्धमाचरेत् । षडर्घ्यान्पारयेत्तत्र तेभ्यो दद्याद्यथाविधि

Même avec un seul brāhmane, qu’on accomplisse un śrāddha avec six piṇḍa ; qu’on y mène à terme les six arghya, puis qu’on lui donne selon la règle.

Verse 44

पिता भुंक्ते द्विज करे मुखे भुंक्ते पितामहः । प्रपितामहस्तालुस्थः कण्ठे मातामहः स्मृतः

Le père prend part depuis la main du brāhmane ; le grand-père prend part depuis sa bouche. L’arrière-grand-père est dit demeurer au palais, et le grand-père maternel est rappelé comme demeurant dans la gorge.

Verse 45

प्रमातामहस्तु हृदये वृद्धो नाभौ तु संस्थितः । अलाभे ब्राह्मणस्यैव कुशः कार्यो द्विजः प्रिये । इदं सर्वपुराणेभ्यः सारमुद्धत्य चोच्यते

Selon cette parole sacrée, le grand aïeul maternel demeure dans le cœur, et « l’Ancien » est établi au nombril. Si l’on ne peut obtenir un brāhmaṇa, ô bien-aimée, qu’on façonne un dvija avec l’herbe kuśa ; ceci est dit après avoir tiré l’essence de tous les Purāṇa.

Verse 46

न चैतन्नास्तिके देयं पिशुने वेदनिन्दके । प्रातःप्रातरिदं श्राव्यं पूजयित्वा महेश्वरम्

Et ceci ne doit pas être donné à l’incrédule, au malveillant, ni à celui qui outrage le Veda. Qu’on le récite matin après matin, après avoir rendu culte à Maheśvara.

Verse 47

कुलीनं सर्वशास्त्रज्ञं यथा देवं महेश्वरम् । अस्य धर्मस्य वक्तारं छत्रं दद्यात्प्रपूजयेत्

Qu’on honore—comme le dieu Maheśvara Lui-même—le maître de noble lignée, connaisseur de tous les śāstra ; et qu’on vénère avec respect l’exposant de ce dharma, en lui offrant en don un parasol.

Verse 48

अपूज्याद्वाचकाद्यस्तु श्लोकमेकं शृणोति च । नासौ पुण्यमवाप्नोति शास्त्रचौरः स्मृतो हि सः

Mais quiconque entend ne fût-ce qu’un seul vers d’un récitant qui n’a pas été honoré comme il se doit, n’obtient aucun mérite ; en vérité, on se souvient de lui comme d’un voleur d’Écriture.

Verse 49

तस्मात्सर्वप्रयत्नेन पूजयेद्वाचकं बुधः । अन्यथा निष्फलं तस्य पुस्तकश्रवणं भवेत्

C’est pourquoi le sage doit, de tout son effort, honorer le récitant ; autrement, pour lui, l’écoute du livre sacré devient sans fruit.

Verse 50

यस्यैव तिष्ठते गेहे शास्त्रमेतत्सदुर्लभम् । तस्य देवि गृहे तीर्थैः सह तिष्ठेच्छिवः स्वयम्

Ô Déesse, dans la demeure où l’on conserve ce śāstra sacré, si rare à obtenir, en cette maison Śiva Lui-même réside, avec les tīrtha.

Verse 51

बहुनात्र किमुक्तेन भवेन्मोक्षस्य भाजनम् । न चैतत्पिशुने देयं नास्तिके दंभसंयुते

Que dire de plus? Un tel être devient digne de la délivrance. Mais cet enseignement ne doit pas être donné au calomniateur, ni à l’athée mêlé d’hypocrisie.

Verse 52

इदं शान्ताय दान्ताय देयं शैवद्विजन्मने

Ceci doit être donné à celui qui est paisible et maître de lui—au dvija śaiva, le « deux fois né ».

Verse 208

इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखण्डे प्रथमे प्रभासक्षेत्रमाहात्म्ये श्राद्धकल्पे दानपात्रब्राह्मणमाहात्म्यवर्णनंनामाष्टोत्तरद्विशततमो ऽध्यायः

Ainsi, dans le Śrī Skanda Mahāpurāṇa, dans la Saṁhitā de quatre-vingt-un mille vers, dans le septième livre nommé Prabhāsa Khaṇḍa, dans la première section intitulée Prabhāsakṣetra-māhātmya, au sein du Śrāddha-kalpa, s’achève le chapitre deux cent huit, nommé «Description de la grandeur des brāhmaṇa dignes de recevoir les dons».