
Ce chapitre s’inscrit dans une chaîne de dialogues : Paijavana interroge Galava sur l’origine théologique du śālagrāma et sur la manière de comprendre la présence du Seigneur éternel dans la pierre, afin d’affermir la bhakti. Galava place sa réponse dans le cadre d’un itihāsa purānique et ouvre une suite de récits liés. L’hostilité de Dakṣa envers Śiva culmine lorsque Satī abandonne son corps lors du yajña ; puis elle renaît en Pārvatī et poursuit une tapas soutenue tournée vers Mahādeva. Śiva vient sous un déguisement pour l’éprouver, l’agrée, et le mariage est scellé selon le rite védique, en présence des devas, avec de nombreux détails rituels. Ensuite, par la permission de Śiva, Kāma retrouve une incarnation. Les devas, accablés par la domination de Tāraka (rendue possible par une grâce), se rendent auprès de Brahmā ; celui-ci énonce le remède conditionnel : le fils de Śiva né de Pārvatī tuera Tāraka après sept jours. Le chapitre se clôt lorsque les devas se dirigent vers Mandarācala, où les gaṇa de Śiva montent la garde, et qu’ils entreprennent une austérité prolongée (dans le cadre du cāturmāsya) pour obtenir le darśana et la faveur de Śiva.
Verse 2
पैजवन उवाच । शालिग्रामशिलायां च जगदादिः सनातनः । कथं पाषाणतां प्राप्तो गण्डक्यां तच्च मे वद । त्वत्प्रसादेन विप्रर्षे हरौ भक्तिर्दृढा भवेत् । भवंतस्तीर्थरूपा हि दर्शनात्पापहारिणः
Paijavana dit : «Dans la pierre Śāligrāma demeure le Seigneur de l’univers, primordial et éternel. Comment a-t-Il atteint l’état de pierre dans la Gaṇḍakī ? Dis-le-moi. Par ta grâce, ô le meilleur des brāhmaṇas, que ma bhakti envers Hari devienne inébranlable. Car vous êtes vraiment des tīrtha vivants : par votre seule vision, les péchés sont anéantis.»
Verse 3
तीर्थामृतावगाहेन यथा पवित्रता नृणाम् । भवद्वाक्यामृताज्जाता तथा मम न संशयः
De même que les hommes sont purifiés par l’immersion dans les eaux d’un tīrtha, semblables au nectar, de même ma purification est née du nectar de tes paroles ; je n’en ai aucun doute.
Verse 4
गालव उवाच । इतिहासस्त्वयं पुण्यः पुराणेषु च पठ्यते । यथा स एव भगवाञ्छालिग्रामत्वमागतः
Gālava dit : «Cette histoire sainte est récitée dans les Purāṇa : comment ce même Seigneur en vint à se manifester comme Śāligrāma.»
Verse 5
महेश्वरश्च लिंगत्वं कथयेऽहं तवाऽनघ । पूर्वं प्रजापतिर्दक्षो ब्रह्मणोंऽगुष्ठ संभवः
Ô toi sans faute, je t’expliquerai comment Maheśvara est présent sous la forme du Liṅga. Jadis, le Prajāpati Dakṣa naquit du pouce de Brahmā.
Verse 7
स चकार महायज्ञे हरद्वेषं विमूढधीः । तेन द्वेषेण महता सती प्रकुपिता भृशम्
Dans ce grand sacrifice, l’esprit égaré nourrit de la haine envers Hara (Śiva) ; et par cette hostilité immense, Satī s’irrita avec une ardeur farouche.
Verse 8
यज्ञवेद्यां समागम्य वह्निधारणया तदा । प्राणायामपरा भूत्वा देहोत्सर्गं चकार सा
S’étant rendue à l’autel du sacrifice, alors—par la garde du feu intérieur—elle entra dans un profond prāṇāyāma et délaissa son corps.
Verse 9
पितृभागं परित्यज्य स्वभागेन युता सती । मनसा ध्यानमगमच्छीतलं च हिमालयम्
Délaissant la part paternelle, Satī—unie à sa juste part—par l’esprit seul entra en méditation et gagna l’Himālaya aux fraîches neiges.
Verse 10
यत्रयत्र मनो याति स्वकर्मवशगं मृतौ । अवतारस्तत्रतत्र जायते नात्र संशयः
Là où l’esprit se rend à l’heure de la mort, entraîné par la force de ses propres actes, là même naît une incarnation ; il n’y a point de doute.
Verse 11
दह्यमाना हि सा देवी हिमालयसुताऽभवत् । तत्र सा पार्वती भूत्वा तप उग्रं समाश्रिता
Oui, tandis même qu’elle brûlait, la Déesse devint la fille de l’Himālaya. Là, devenue Pārvatī, elle s’adonna à une austérité farouche (tapas).
Verse 12
शिवभक्तिरता नित्यं हरव्रतपरायणा । शृंगे हिमवतः पुत्री मनो न्यस्य महेश्वरे
Toujours absorbée dans la bhakti envers Śiva, entièrement vouée aux vœux de Hara, la fille d’Himavat, au sommet de la montagne, fixa son esprit en Maheśvara.
Verse 13
ततो वर्षसहस्रांते भगवान्भूतभावनः । अथाजगाम तं देशं विप्ररूपो महेश्वरः
Puis, au terme de mille années, le Seigneur Bienheureux—qui élève tous les êtres—vint en ce lieu, Maheśvara se manifestant sous la forme d’un brāhmaṇa.
Verse 14
तां ज्ञात्वा तपसा शुद्धां कर्मभावैः परीक्षितैः । ततो दिव्यवपुर्भूत्वा करे जग्राह पार्वतीम्
Sachant qu’elle était purifiée par l’ascèse et éprouvée dans ses actes et ses intentions, il prit alors une forme divine et rayonnante, et saisit la main de Pārvatī.
Verse 15
तपसा निर्जितश्चास्मि करवाणि च किं प्रियम् । ततः प्राह महेशानं प्रमाणं मे पिता गुरुः
«Je suis vaincu par ton austérité : quel vœu cher dois-je accomplir ?» Alors elle dit à Maheśāna : «Pour moi, mon père—mon guru—est l’autorité et la mesure».
Verse 16
सप्तर्षीन्स तथोक्तस्तु प्रेषयामास शंकरः । ते तत्र गत्वा समयं वक्तुं हिमवता सह
Ainsi sollicité, Śaṅkara envoya les Sept Ṛṣi. Ils s’y rendirent pour transmettre, avec Himavān, la proposition convenue et ses conditions.
Verse 17
निवेद्य च महेशानं प्रेषिता मुनयो ययुः । ततो लग्नदिने देवा महेन्द्रादय ईश्वरम्
Après avoir remis le message à Maheśāna, les sages dépêchés s’en allèrent. Puis, au jour faste des noces, les dieux—Indra et les autres—vinrent rendre hommage au Seigneur.
Verse 18
ब्रह्मविष्णुपुरोगाश्च पुरोधायाग्निमाययुः । योगसिद्धा समायांतं वरवेषं वृषध्वजम्
Avec Brahmā et Viṣṇu en tête, ils arrivèrent, portant le feu sacré et le prêtre officiant. Les accomplis du yoga virent Vṛṣadhvaja (Śiva) s’avancer, revêtu des habits de l’époux.
Verse 19
हिमवान्पूजयामास मधुपर्कादिकैः शुभैः । उपचारैर्मुदा युक्तो मानयन्कृतकृत्यताम्
Himavān leur rendit un culte honorifique, offrant des présents de bon augure tels que le madhuparka et d’autres égards rituels. Empli de joie, il leur témoigna le respect convenable, se sentant comblé dans le but de sa vie.
Verse 20
वेदोक्तेन विधानेन तां कन्यां समयोजयत् । पाणिग्रहेण विधिना द्विजातिगणसंवृतः
Selon l’ordonnance enseignée par les Veda, il unit cette jeune fille par le mariage. Entouré de la multitude des « deux-fois-nés », le rite s’acheva par le pāṇigraha prescrit, la prise de la main de l’épouse.
Verse 21
वह्निं प्रदक्षिणीकृत्य गिरीशस्तदनन्तरम् । दानकाले च गोत्रादि पृष्टो लज्जापरो हर
Après avoir tourné autour du feu sacré, Girīśa poursuivit le rite. Et au moment du don, lorsqu’on l’interrogea sur sa lignée (gotra) et autres détails, Hara devint humble et plein de pudeur.
Verse 22
ब्रह्मणो वचनात्तेन विधिशेषोऽवशेषितः । चरुप्राशनकाले तु पंचवक्त्रप्रकाशकृत्
Sur l’injonction de Brahmā, les détails restants du rite furent achevés. Mais, au moment de prendre le caru, nourriture d’offrande consacrée, il manifesta l’éclat de ses cinq visages.
Verse 23
सहितः सकलैर्देवैः कुतूहलपरायणः । गिरिजार्थं समायुक्तो वरः सोऽपि महेश्वरः
Accompagné de tous les dieux et tout entier porté par une ardente curiosité, Maheśvara lui-même —bien qu’il soit le Seigneur suprême— se tint prêt comme époux pour Girijā.
Verse 24
नवकोटिमुखां दृष्ट्वा साट्टहासो जनोऽभवत् । वैदिकी श्रुतिरित्युक्ता शिव त्वं स्थिरतां व्रज
La voyant comme pourvue de «neuf crores de visages», le peuple éclata d’un grand rire. Alors fut proclamée la révélation védique : «Ô Śiva, avance vers la stabilité ; sois ferme et recueilli.»
Verse 25
लज्जिता सा परित्यागं नाकरोत्पंचजन्मसु । भर्त्तारमसितापांगी हरमेवाभ्यगच्छत
Honteuse, elle ne songea pas à l’abandon, pas même au cours de cinq naissances. La dame aux yeux sombres s’approcha de son époux, Hara (Śiva) seul.
Verse 26
देवानां पर्वतानां च प्रहृष्टं सकलं कुलम् । ततो विवाहे संपूर्णे हरोऽगात्कौतुकौकसि
Toute l’assemblée —des dieux comme des montagnes— exulta de joie. Puis, le mariage pleinement accompli, Hara se rendit au pavillon des réjouissances.
Verse 27
गणानां चापि सान्निध्ये सा नामर्षयदंबिका । पारिबर्हं ततो दत्त्वा शैलेन स विसर्जितः
Même en présence des Gaṇas, Ambikā ne le supporta point et en fut mécontente. Puis, après avoir offert les présents nuptiaux (pāribarha), il fut congédié par la Montagne (Śaila).
Verse 28
मानितः सत्कृतश्चापि मन्दराचलमभ्यगात् । विश्वकर्मा ततस्तस्य क्षणेन मणिमद्गृहम्
Honoré et reçu selon le rite, il se rendit à Mandarācala. Alors Viśvakarmā, en un seul instant, lui façonna un palais rempli de joyaux.
Verse 29
निर्ममे देवदेवस्य स्वेच्छावर्द्धिष्णुमंदिरम् । सर्वर्द्धिमत्प्रशस्ताभं मणिविद्रुमभूषितम्
Pour le Dieu des dieux (Devadeva), il bâtit un sanctuaire qui croissait selon son vouloir : rayonnant et excellent, comblé de toute prospérité, orné de gemmes et de corail.
Verse 30
स्थूणासहस्रसंयुक्तं मणिवेदिमनोहरम् । गणा नंदिप्रभृतयो यस्य द्वारि समाश्रिताः
Il était pourvu de mille piliers et rendu charmant par des autels faits de joyaux. À sa porte se tenaient les Gaṇas—Nandin et les autres—postés en gardiens.
Verse 31
त्रिनेत्राः शूलहस्ताश्च बभुः शंकररूपिणः । वाटिका अस्य परितः पारिजाताः सहस्रशः
Ils avaient trois yeux et tenaient le śūla, paraissant sous la forme même de Śaṅkara. Tout autour s’étendaient des jardins, et de toutes parts se dressaient des milliers de pārijāta.
Verse 32
कामधेनुर्मणिर्दिव्यो यस्य द्वारि समाश्रितौ । तस्मिन्मनोहरतरे कामवृद्धिकरे गृहे
À la porte de sa demeure se tenaient Kāmadhenu, la vache qui exauce les vœux, et un joyau divin. Dans cette maison la plus enchanteresse, qui faisait croître toutes les grâces désirées,
Verse 33
पार्वत्या वसतः सार्द्धं कामो दृष्टिपथं ययौ । वायुरूपः शिवं दृष्ट्वा कामः प्रोवाच शंकरम्
Tandis que Śiva demeurait auprès de Pārvatī, Kāma entra dans le champ de sa vue. Prenant la forme du vent, Kāma, voyant Śiva, s’adressa à Śaṅkara :
Verse 34
नमस्ते सर्वरूपाय नमस्ते वृषभध्वज । नमस्ते गणनाथाय पाहि नाथ नमोऽस्तु ते
Hommage à Toi qui es de toutes formes ; hommage à Toi dont l’étendard porte le Taureau. Hommage au Seigneur des Gaṇas : protège-moi, ô Maître ; à Toi soit ma révérence.
Verse 35
त्वया विरहितं लोकं शववत्स्पृशते मही । न त्वया रहितं किञ्चि द्दृश्यते सचराचरे
Sans Toi, le monde est touché par la terre comme un cadavre. Dans tout ce qui se meut et ne se meut pas, rien n’apparaît dépourvu de Toi.
Verse 36
त्वं गोप्ता त्वं विधाता च लोकसंहारकारकः । कृपां कुरु महादेव देहदानं प्रयच्छ मे
Tu es le Protecteur ; Tu es l’Ordonnateur ; et Tu es l’agent de la dissolution du monde. Fais-moi grâce, ô Mahādeva : accorde-moi le don d’un corps (rends-moi ma forme incarnée).
Verse 37
ईश्वर उवाच । यन्मया त्वं पुरा दग्धः पर्वते पुरतोऽनघ । तस्या एव समीपे त्वं पुनर्भव स्वदेहवान्
Īśvara dit : «Ô toi sans faute, jadis je t’ai réduit en cendres devant la Montagne. Là, tout près de ce même lieu, redeviens incarné, reprenant ton propre corps.»
Verse 38
एवमुक्तस्ततः कामः स्वशरीरमुपागतः । ववंदे चरणौ शूद्र विनयावनतोऽभवत्
Ainsi exhorté, Kāma retrouva son propre corps. Il se prosterna aux pieds, humble, courbé par la vénération.
Verse 39
ततो ननाम चरणौ पार्वत्याः संप्रहृष्टवान् । लब्धप्रसादस्तु तयोः समीपाद्भुवनत्रये
Puis, tout réjoui, il se prosterna aux pieds de Pārvatī. Ayant obtenu la grâce des Deux, il demeura près d’eux, renommé dans les trois mondes.
Verse 40
चचार सुमहातेजा महामोहबलान्वितः । पुष्पधन्वा पुष्पबाणस्त्वाकुञ्चितशिरोरुहः
Il allait et venait, rayonnant d’un éclat immense, pourvu de la force de la grande illusion ; portant l’arc de fleurs et les flèches de fleurs, la chevelure bouclée.
Verse 41
सदा घूर्णितनेत्रश्च तयोर्देहमुपाविशत् । दिव्यासवैर्दिव्यगंधैर्वस्त्रमाल्यादिभिस्तथा
Les yeux sans cesse tournoyants, il pénétra dans leurs corps. Et là se trouvaient des vins célestes, des parfums divins, ainsi que vêtements, guirlandes et autres délices.
Verse 42
सख्यः संभोगसमये परिचक्रुः समंततः । एवं प्रक्रीडतस्तस्य वत्सराणां शतं ययौ
Au temps de la jouissance, les compagnons se rassemblèrent tout autour. Tandis qu’il se divertissait ainsi, cent années s’écoulèrent pour lui.
Verse 43
साग्रमेका निशा यद्वन्मैथुने सक्तचेतसः । एतस्मिन्नंतरे देवास्तारकप्रद्रुता भयात् । ब्रह्माणं शरणं जग्मुः स्तुत्वा तं शरणं गताः
Pour un esprit absorbé dans l’union, une seule nuit paraît comme cent ans. Cependant, les dieux—mis en fuite par la crainte de Tāraka—allèrent chercher refuge auprès de Brahmā ; l’ayant loué, ils implorèrent sa protection.
Verse 44
देवा उचुः । तारकोऽसौ महारौद्रस्त्वया दत्तवरः पुरा
Les Devas dirent : « Ce Tāraka est d’une férocité extrême ; jadis, il reçut de toi une grâce (un don) ».
Verse 45
विजित्य तरसा शक्रं भुंक्ते त्रैलोक्यपूजितः । वधोपायो यथा तस्य जायते त्वं कुरु स्वयम्
« Après avoir vaincu promptement Śakra (Indra), il jouit désormais du pouvoir, honoré dans les trois mondes. Aussi, conçois toi-même le moyen par lequel sa mise à mort pourra advenir. »
Verse 46
ब्रह्मोवाच । मया दत्तवरश्चासौ मयैवोच्छिद्यते नहि । स्वयं संवर्ध्य कटुकं छेत्तुं कोऽपि न चार्हति
Brahmā dit : « Certes, c’est moi qui lui ai accordé cette grâce ; pourtant, il ne convient pas que je le détruise moi-même. Ayant soi-même fait croître une amertume, nul n’est en droit de la trancher. »
Verse 47
तस्मात्तस्य वधोपायं कथयामि महात्मनः । पार्वत्यां यो महेशानात्सूनुरुत्पत्स्यते हि सः
C’est pourquoi je vais révéler le moyen de sa mort, ô grandes âmes : le fils qui naîtra véritablement de Pārvatī, de Maheśāna (Śiva), c’est lui qui sera l’élu.
Verse 48
दिनसप्तकवान्भूत्वा तारकं स हनिष्यति । इति वाक्यं तु ते श्रुत्वा मंदरं लोकसुंदरम्
Lorsqu’il aura sept jours d’âge, il abattra Tāraka. Ayant entendu ces paroles, ils se tournèrent vers Mandara, la beauté des mondes.
Verse 49
ब्रह्मलोकात्समाजग्मुः पीडिता दैत्यदानवैः
Tourmentés par les Daitya et les Dānava, ils sortirent de Brahmaloka.
Verse 50
तत्र नंदिप्रभृतयो गणाः शूलभृतः पुरः । गृहद्वारे ह्युपा वृत्य तस्थुः संयतचेतसः
Là, avec le Porteur du trident (Śiva) en tête, les Gaṇa—à commencer par Nandin—se tinrent rassemblés au seuil de la demeure, l’esprit maîtrisé et plein de révérence.
Verse 51
देवा ऊचुः । देवाश्च दुःखातुरचेतसो भृशं हतप्रभास्त्यक्तगृहाश्रयाखिलाः । संप्राप्य मासांश्चतुरः स्तपः स्थिता देवे प्रसुप्ते हरतोषणं परम्
Les Devas dirent : «Les dieux, l’esprit vivement accablé par la peine, l’éclat terni, ayant abandonné tout refuge du foyer, demeurèrent en austérités durant quatre mois—tandis que le Seigneur reposait dans le sommeil yogique—ne cherchant par-dessus tout qu’à plaire à Hara (Śiva).»
Verse 245
इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां षष्ठे नागरखण्डे हाटकेश्वरक्षेत्रमाहात्म्ये शेषशाय्युपाख्याने ब्रह्मनारदसंवादे चातुर्मास्यमाहात्म्ये पैजवनोपाख्याने तारकोपद्रुतानां देवानां शिवदर्शनार्थं मंदराचलंप्रतिगमनवर्णनंनाम पञ्चचत्वारिंशदुत्तरद्विशततमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le 245e chapitre—intitulé « Description du voyage des Deva vers Mandarācala pour obtenir le darśana de Śiva, lorsqu’ils étaient accablés par Tāraka »—dans le Śrī Skanda Mahāpurāṇa, au sein du Nāgara Khaṇḍa, dans la glorification du Hāṭakeśvara-kṣetra, dans l’épisode de Śeṣaśāyī, dans le dialogue de Brahmā et de Nārada, au sein du Cāturmāsya-māhātmya, dans le récit de Paijavana.