Adhyaya 241
Nagara KhandaTirtha MahatmyaAdhyaya 241

Adhyaya 241

Ce chapitre est un exposé théologico-éthique présenté sous forme de dialogue. Il s’ouvre sur Īśvara décrivant une modalité de culte de Viṣṇu en seize volets, voie menant à l’état suprême pour les pratiquants qualifiés, puis il aborde la question de la compétence rituelle et des chemins alternatifs de mérite. Kārttikeya interroge sur le dharma des Śūdra et des femmes, et sur la manière d’accéder à un mérite orienté vers la libération sans dépendre directement de formes spécialisées d’adoration de Kṛṣṇa. Īśvara répond par des restrictions concernant la récitation védique, puis définit la catégorie de « sat-śūdra » principalement par l’ordre domestique : une épouse légitimement mariée et dotée de qualités convenables, et une vie de gṛhastha disciplinée, structurée par les pañca-yajñas (accomplis sans mantras), l’hospitalité, la charité et le service rendu aux hôtes deux-fois-nés. Le chapitre développe les idéaux de la pativratā, l’efficacité religieuse de l’harmonie conjugale, ainsi que des règles sur les mariages entre catégories sociales, avec des classifications des types de mariage et des types de descendance selon des taxonomies de style smṛti. Il se conclut par un registre d’éthique pratique—non-violence, don fondé sur la foi, moyens d’existence régulés, routine quotidienne et mérite dévotionnel accru durant le Chāturmāsya—proposant une carte graduée du dharma, ancrée dans la conduite du foyer et l’observance saisonnière.

Shlokas

Verse 1

ईश्वर उवाच । एतत्ते पूजनं विष्णोः षोडशोपायसंभवम् । कथितं यद्द्विजः कृत्वा प्राप्नोति परमं पदम्

Īśvara dit : Je t’ai exposé ce culte de Viṣṇu, accompli par seize moyens ; en le pratiquant, le deux-fois-né atteint l’état suprême.

Verse 2

तथा च क्षत्रियविशां करणान्मुक्तिरुत्तमा । शूद्राणां नाधिकारोऽस्मिन्स्त्रीणां नैव कदाचन

De même, pour les kṣatriya et les vaiśya, en l’accomplissant il y a une délivrance excellente. Mais pour les śūdra il n’y a pas de droit en cette matière — ni pour les femmes, à aucun moment.

Verse 3

कार्तिकेय उवाच । शूद्राणां च तथा स्त्रीणां धर्मं विस्तरतो वद । केन मुक्तिर्भवेत्तेषां कृष्णस्याराधनं विना

Kārtikeya dit : Expose en détail le dharma des śūdras et, de même, celui des femmes. Par quel moyen la délivrance peut-elle advenir pour eux, en dehors de l’adoration de Kṛṣṇa ?

Verse 4

ईश्वर उवाच । सच्छूद्रैरपि नो कार्या वेदाक्षरविचारणा । न श्रोतव्या न पठ्या च पठन्नरकभाग्भवेत्

Īśvara dit : Même les « bons śūdras » ne doivent pas s’adonner à l’examen des lettres du Veda. Il ne faut ni l’écouter ni le réciter ; celui qui le récite devient ayant-part de l’enfer.

Verse 5

पुराणानां नैव पाठः श्रवणं कारयेत्सदा । स्मृत्युक्तं सुगुरोर्ग्राह्यं न पाठः श्रवणादिकम्

On ne doit pas sans cesse organiser la récitation ou l’écoute des Purāṇa. Qu’on reçoive plutôt, d’un guru digne, ce qui est enseigné dans les Smṛti — et non la seule récitation, l’écoute et autres pratiques semblables.

Verse 6

स्कंद उवाच । सच्छूद्राः के समाख्यातास्तांश्च विस्तरतो वद । के संतः के च शूद्राश्च सच्छूद्रा नामतश्च के

Skanda dit : Qui appelle-t-on « sacchūdra » ? Explique-les en détail. Qui sont les vertueux, qui sont les śūdras, et qui portent précisément le nom de « sacchūdra » ?

Verse 7

ईश्वर उवाच । धर्मोढा यस्य पत्नी स्यात्स सच्छूद्र उदाहृतः । समानकुलरूपा च दशदोषविवर्जिता

Īśvara dit : Celui dont l’épouse est unie selon le dharma est appelé « sacchūdra ». Elle doit être d’une lignée et d’une apparence comparables, et exempte des dix défauts.

Verse 8

उद्वोढा वेदविधिना स सच्छूद्रः प्रकीर्तितः । अक्लीवाऽव्यंगिनी शस्ता महारोगाद्यदूषिता

Il est proclamé « sacchūdra » lorsque (son épouse) est dûment mariée selon le rite védique : digne d’éloge, non impuissante, sans difformité et non souillée par de graves maladies et autres maux.

Verse 9

अनिंदिता शुभकला चक्षुरोगविवर्जिता । बाधिर्यहीना चपला कन्या मधुरभाषिणी

Elle doit être sans reproche, pourvue d’arts et de qualités auspiciantes, exempte de maladies des yeux ; sans surdité, vive, vierge, et à la parole douce.

Verse 10

दूषणैर्दशभिर्हीना वेदोक्तविधिना नरैः । विवाहिता च सा पत्नी गृहिणी यस्य सर्वदा

L’épouse exempte des dix défauts et mariée, par les hommes (tuteurs/anciens), selon la règle védique, est toujours tenue pour la véritable maîtresse de maison de l’homme auquel elle est unie.

Verse 11

सच्छूद्रः स तु विज्ञेयो देवादीनां विभागकृत् । पुण्यकार्येषु सर्वेषु प्रथमं सा प्रकीर्तिता

Doit être reconnu comme « véritable Śūdra » celui qui répartit correctement les parts dues aux dieux et aux autres ; et dans toutes les œuvres méritoires, elle (la maîtresse de maison/l’ordre domestique) est proclamée la première.

Verse 12

तया सुविहितो धर्मः संपूर्णफलदायकः । चातुर्मास्ये विशेषेण तया सह गुणाधिकः

Le dharma accompli avec justesse avec elle (l’épouse) confère des fruits entiers ; et, surtout durant la saison de Cāturmāsya, lorsqu’il est pratiqué avec elle, il devient encore plus méritoire.

Verse 13

भार्यारतिः शुचिर्भृत्यादीनां पोषणतत्परः । श्राद्धादिकारको नित्यमिष्टापूर्त्तप्रसाधकः

Tel est le maître de maison idéal : il se réjouit en son épouse, demeure pur de conduite, s’applique à nourrir serviteurs et dépendants, accomplit sans cesse le śrāddha et les rites connexes, et mène à terme les œuvres d’iṣṭa et de pūrta—culte et mérite offert au bien commun.

Verse 14

नमस्कारान्तमन्त्रेण नामसंकीर्तनेन च । देवा स्तस्य च तुष्यन्ति पंचयज्ञादिकैः शुभैः

Par des mantras qui s’achèvent en salutations révérencieuses, et par le chant des Noms divins, les dieux sont satisfaits ; ils se réjouissent aussi des observances propices telles que les pañcayajñas et autres.

Verse 15

स्नानं च तर्पणं चैव वह्निहोमोऽप्यमंत्रकः । ब्रह्मयज्ञोऽतिथेः पूजा पंचयज्ञान्न संत्यजेत्

Le bain et les libations (tarpaṇa), l’offrande au feu (homa) même sans mantras, le Brahma-yajña (étude/récitation), et l’hommage rendu à l’hôte : on ne doit pas délaisser ces devoirs du pañcayajña.

Verse 16

कार्यं स्त्रीभिश्च शूद्रैश्च ह्यमंत्रं पंचयज्ञकम् । पंचयज्ञैश्च संतुष्टा यथैषां पितृदेवताः

Les femmes et les Śūdras doivent eux aussi accomplir le pañcayajña, sans mantras ; et par ces pañcayajñas, leurs pitṛ-devatās, les divinités ancestrales, sont satisfaites comme il convient.

Verse 17

तथा पतिव्रतायाश्च पतिशुश्रूषया सदा । पतिव्रताया देहे तु सर्वे देवा वसंति हि

De même, par le service constant qu’une pativratā—l’épouse fidèle à son vœu—rend à son mari, tous les dieux demeurent en vérité dans le corps même de cette pativratā.

Verse 18

अतस्ताभ्यां समेताभ्यां धर्मादीनां समागमः । यदोभयोर्मते पृष्टे संतुष्टाः पितृदेवताः

Ainsi, lorsque les deux sont unis, le dharma et les vertus qui l’accompagnent convergent pleinement; et lorsque les affaires sont entreprises avec l’assentiment des deux, les divinités ancestrales sont satisfaites.

Verse 19

कार्यादीनां च सर्वेषां संगमस्तत्र नित्यदा । चातुर्मास्ये समायाते विष्णुभक्त्या तयोः शिवम्

Là, en tout temps, tous les devoirs et les actes qui s’y rattachent se rejoignent en harmonie; et lorsque vient le Cāturmāsya, par la dévotion à Viṣṇu, le śivam—bien-être et bon augure—advient aux deux (époux).

Verse 20

समानजातिसंभूता पत्नी यस्य धृता भवेत् । पूर्वो भर्त्ताऽर्द्धभागी स्याद्द्वितीयस्य न किंचन

Si un homme prend pour épouse une femme née dans la même classe sociale, alors le mari précédent a droit à la moitié (de la part de mérite/droits), tandis que le mari suivant ne reçoit absolument rien.

Verse 21

अर्थकार्याधिकारोऽस्यास्तेन धर्मार्धधारिणी । स्वंस्वं कृतं सदैव स्यात्तयोः कर्म शुभाशुभम्

Elle a autorité en matière de biens et d’affaires pratiques; c’est pourquoi elle porte la moitié du dharma. Pourtant, ce que chacun accomplit demeure toujours sien : les actes de chacun, favorables ou défavorables, reviennent à soi-même.

Verse 22

याऽनुगच्छति भर्तारं मृतं सुतपसा द्विज । साध्वी सा हि परिज्ञेया तया चोद्ध्रियते कुलम्

Ô deux-fois-né, la femme qui, par une fidélité austère, suit son époux même après sa mort doit être reconnue comme une véritable sādhvī, une vertueuse; et par elle, la lignée familiale est relevée et honorée.

Verse 23

अन्यजातेर्मृतस्याथ धृता वापि विवाहिता । वैश्वानरस्य मार्गेण सा तमुद्धरते पतिम्

Même si, après la mort d’un homme d’une autre jāti, elle est prise ou mariée dans une condition différente, par la voie de Vaiśvānara elle peut encore relever et délivrer cet époux.

Verse 24

यथा जलाच्च जंबालः कृष्यते धार्मिकैर्नृभिः । एवमुद्धरते साध्वी भर्त्तारं याऽनुग च्छति

De même que les hommes justes tirent la vase hors de l’eau, ainsi l’épouse vertueuse relève son mari, elle qui le suit d’une fidélité sans défaillance.

Verse 25

अन्यजातिसमुद्भूता अन्येन विधृता यदि । तावुभौ धर्मकार्येषु संत्याज्यौ नित्यदा मतौ

Si une femme née d’une autre condition est prise par un autre homme, alors tous deux sont tenus pour toujours exclus des actes de dharma.

Verse 26

स्वंस्वं कर्म प्रकुरुतः सत्कर्म जं स्वकं फलम् । तस्माद्वरिष्ठा हीना वा सत्कुल्या शूद्रसंभवैः

Chacun accomplit ses propres actes, et le fruit de ses bonnes œuvres lui appartient. Ainsi, qu’on soit plus haut ou plus bas, une femme de bonne lignée demeure préférable à ceux nés d’origine Śūdra.

Verse 27

धृता न कार्या सा पत्नी यत्करोति न वर्द्धते । तया सह कृतं पुण्यं वर्द्धते दशधोत्तरम्

Une telle épouse ne doit pas être prise, car ce qu’elle accomplit ne s’accroît pas en mérite. Mais le mérite accompli avec elle s’accroît au décuple, et davantage encore.

Verse 28

अनन्ततृप्तिदं नैव तत्सुतैरपि वा तथा । क्रयक्रीता च या कन्या दासी सा परिकीर्तिता

Cet arrangement n’accorde pas une plénitude sans fin, et il n’en est pas ainsi même par ses fils. Quant à la jeune fille achetée pour un prix, elle est proclamée servante (dāsī).

Verse 29

सच्छूद्रस्याधिकारे सा कदाचिन्नैव जायते । या कन्या स्वयमुद्यम्य पित्रा दत्ता वराय च

Elle n’entre jamais, en aucun temps, dans la sphère légitime d’un Śūdra vertueux : c’est la jeune fille que le père, de son plein gré, donne à l’époux.

Verse 30

विवाहविधिनोदूढा पितृदेवार्थसाधिनी । सुलक्षणा विनीता सा विवेकादिगुणा शुभा

Mariée selon le rite prescrit, elle accomplit les fins dues aux Ancêtres et aux Dieux. Pourvue de signes auspicieux, pudique et bien disciplinée, elle est bénie de discernement (viveka) et d’autres vertus.

Verse 31

सच्चरित्रा पतिपरा सा तेभ्यो दातुमर्हति । विशुद्धकुलजा कन्या धर्मोढा धर्मचारिणी

De bonne conduite et vouée à son époux, elle est digne d’être donnée à ceux-là (en mariage). Jeune fille née d’une lignée pure, mariée selon le dharma, elle vit en pratiquante du dharma.

Verse 32

सा पुनाति कुलं सर्वं मातृतः पितृतस्तथा । एष एव मया प्रोक्तः सच्छूद्राणां परो विधिः

Elle purifie toute la famille, du côté maternel comme du côté paternel. Ceci seul, ainsi que je l’ai déclaré, est la règle suprême prescrite aux Śūdras vertueux.

Verse 33

अधोजातिसमुद्भूता सच्छूद्रात्क्रमहीनजा । विवाहो दशधा तेषां दशधा पुत्रता भवेत्

Pour ceux qui naissent des castes inférieures, et pour ceux qui naissent d’un Śūdra vertueux mais selon un ordre irrégulier, le mariage est dit être de dix sortes ; de même, la qualité de fils se divise aussi en dix catégories.

Verse 34

चत्वार उत्तमाः प्रोक्ता विवाहा मुनिसत्तम । शेषाः सर्वप्रकृतिषु कथिताश्च पुराविदैः

Ô le meilleur des sages, quatre formes de mariage sont proclamées excellentes. Les autres aussi ont été exposées par ceux qui connaissent la tradition ancienne, selon les diverses natures et conditions.

Verse 35

प्राजापत्यस्तथा ब्राह्मो दैवार्षो चातिशोभना । गांधर्वश्चासुरश्चैव राक्षसश्च पिशाचकः

Les mariages Prājāpatya et Brāhma, ainsi que Daiva et Ārṣa, sont tenus pour très vénérables. Sont aussi comptés : Gāndharva, Āsura, Rākṣasa et Piśāca.

Verse 36

प्रातिभो घातनश्चेति विवाहाः कथिता दश । एते हि हीनजातीनां विवाहाः परिकीर्तिताः

«Prātibha» et «Ghātana» : ainsi les mariages sont dits au nombre de dix. Ce sont bien là les formes de mariage proclamées pour les groupes de naissance inférieure.

Verse 37

औरसः क्षेत्रजश्चैव दत्तः कृत्रिम एव च । गूढोत्पन्नोऽपविद्धश्च कानीनश्च सहोढजः

Les fils sont classés comme Aurasa, Kṣetraja, Datta et Kṛtrima ; ainsi que Gūḍhotpanna, Apaviddha, Kānīna et Sahoḍhaja.

Verse 38

क्रीतः पौनर्भवश्चापि पुत्रा दशविधाः स्मृताः । औरसादपि हीनाश्च तेऽपि तेषां शुभावहाः

On se souvient aussi des fils dits Krīta et Paunarbhava : ainsi les fils sont tenus pour dix catégories. Bien qu’on les juge inférieurs à l’Aurasa, eux aussi, selon leur condition, sont de bon augure.

Verse 39

अष्टादशमिता नीचाः प्रकृतानां यथातथा । विधिनैव क्रिया नैव स्मृति मार्गोऽपि नैव च

On dit que les gens de basse naissance sont au nombre de dix-huit, tels qu’on les rencontre dans la société. Pour eux, il n’y a ni acte rituel selon la règle prescrite, ni même la voie tracée par la Smṛti.

Verse 41

न दानस्य क्षयो लोके श्रद्धया यत्प्रदीयते । अश्रद्धयाऽशुचितया दानं वैरस्यकारणम्

En ce monde, l’aumône offerte avec foi ne s’épuise jamais. Mais le don fait sans foi et avec impureté intérieure devient cause d’inimitié.

Verse 42

अहिंसादि समादिष्टो धर्मस्तासां महाफलः । चातुर्मास्ये विशेषेण त्रिदिवेशादिसेवया

Pour eux est prescrit le dharma qui commence par la non-violence (ahiṃsā) et porte un grand fruit. Surtout durant la saison de Cāturmāsya, par le service dévot aux Seigneurs du ciel et aux êtres divins.

Verse 43

सुदर्शनैस्तथा धर्मः सेव्यते ह्यविरोधिभिः । सच्छूद्रैर्दानपुण्यैश्च द्विजशुश्रूषणादिभिः

Ainsi le dharma doit être pratiqué par ceux dont la vision est claire et qui ne cherchent pas la querelle. De même par les Śūdras vertueux, par des dons méritoires et par le service rendu aux « deux fois nés » (dvija) et autres devoirs semblables.

Verse 44

वृत्तिश्च सत्यानृतजा वाणिज्यव्यव हारजा । अशीतिभागमारद्याद्व्याजाद्वार्धुषिकः शते

La subsistance peut provenir de relations véridiques ou mêlées (vérité et non-vérité), ainsi que du négoce. Dans le prêt à intérêt, le prêteur ne doit pas prélever plus que la quatre-vingtième part pour cent comme intérêt.

Verse 45

सपादभागवृद्धिस्तु क्षत्त्रियादिषु गृह्यते । एवं न बन्धो भवति पातकस्य कदाचन

Mais une augmentation d’un quart est admise dans le cas des kṣatriya et des autres. Lorsque cette règle est observée, elle ne devient jamais un lien générateur de péché.

Verse 46

प्रातःकर्म सुरेशानां मध्याह्ने द्विजसेवनम् । अपराह्णेऽथ कार्याणि कुर्वन्मर्त्यः सुखी भवेत्

Le matin, rends un culte aux Seigneurs des dieux ; à midi, sers les dvija, les « deux fois nés ». Puis, l’après‑midi, accomplis tes devoirs du monde : ainsi le mortel devient heureux.

Verse 47

गृहस्थैश्च सदा भाव्यं यावज्जीवं क्रियापरैः । पंचयज्ञरतैश्चैवातिथिद्विजसुपूजकैः

Les maîtres de maison doivent toujours vivre—tout au long de leur vie—dévoués à la juste conduite, appliqués aux cinq grands sacrifices, et honorant avec la révérence due les hôtes et les dvija.

Verse 48

विष्णुभक्तिरतैश्चैव वेदमन्त्रविपाठकैः । सततं दानशीलैश्च दीनार्तजनवत्सलैः

Qu’ils soient voués à la bhakti envers Viṣṇu, appliqués à la récitation des mantras védiques, toujours portés à la charité, et pleins de compassion pour les pauvres et les affligés.

Verse 49

क्षमादिगुणसंयुक्तैर्द्वादशाक्षरपूजकैः । षडक्षरमहोद्गारपरमानन्दपूरितैः

Doués des vertus dont la patience est la première, qu’ils rendent un culte par le mantra de douze syllabes ; et, comblés de la béatitude suprême, qu’ils proclament la grande formule de six syllabes.

Verse 50

सदपत्यैः सदाचारैः सतां शुश्रूषणैरपि । विमत्सरैः सदा स्थेयं तापक्लेशविवर्जितैः

Qu’on demeure toujours avec une bonne descendance, une conduite droite et le service rendu aux vertueux ; sans jalousie, et sans être atteint par les brûlantes peines de l’affliction.

Verse 51

प्रव्रज्यावर्जनैरेवं सच्छूद्रैर्धर्मतत्परैः । तोषणं सर्वभूतानां कार्यं वित्तानुसारतः

Ainsi, en s’abstenant d’errances illicites et en demeurant voués au dharma, les Śūdra justes doivent s’efforcer—selon leurs moyens—d’apporter le contentement à tous les êtres.

Verse 52

सदा विष्णुशिवादीनां ये भक्तास्ते नराः सदा । देववद्दिवि दीव्यंति चातुर्मास्ये विशेषतः

Ceux qui sont sans cesse dévoués à Viṣṇu, à Śiva et aux autres divinités—ces bhakta—resplendissent au ciel tels des dieux, surtout grâce aux observances sacrées du Cāturmāsya.

Verse 241

इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां षष्ठे नागरखण्डे हाटकेश्वर क्षेत्रमाहात्म्ये शेषशाय्युपाख्यान ब्रह्मनारदसंवादे चातुर्मास्यमाहात्म्ये तपोऽधिकारे सच्छूद्रकथनंनामैकचत्वारिंशदुत्तरद्विशततमोऽध्यायः

Ainsi s’achève, dans le Śrī Skanda Mahāpurāṇa—au sein de l’Ekāśītisāhasrī Saṃhitā, dans le sixième Nāgara-khaṇḍa—dans le Māhātmya du Domaine sacré de Hāṭakeśvara, dans l’épisode de Śeṣaśāyī, dans le dialogue de Brahmā et Nārada, dans le Māhātmya du Cāturmāsya, dans la section sur l’austérité—le deux-cent-quarante-et-unième chapitre intitulé «Récit du Śūdra vertueux».