Adhyaya 150
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 150

Adhyaya 150

Mārkaṇḍeya conduit le roi vers l’illustre sanctuaire de Kusumeśvara, sur la rive méridionale de la Narmadā, réputé effacer les fautes secondaires. La divinité y est reconnue comme le liṅga établi par Kāma (Kāmadeva), célébré dans les mondes. Yudhiṣṭhira demande alors d’éclaircir le paradoxe : comment Ananga—Kāma « sans corps »—peut-il obtenir l’‘aṅgitva’, c’est‑à‑dire le retour à une forme pourvue de membres. Le récit remonte au Kṛtayuga : Mahādeva (Śiva) accomplit une austérité ardente à Gaṅgāsāgara, troublant l’équilibre des mondes. Les dieux s’adressent à Indra, qui dépêche des apsaras, le Printemps, le coucou, la brise du sud et Kāma pour distraire la tapasya de Śiva. La scène, empreinte de la séduction rituelle du printemps, n’ébranle pourtant pas Śiva ; finalement, son troisième œil s’ouvre en feu et réduit Kāma en cendres, rendant l’univers « privé de désir ». Les dieux recourent à Brahmā ; Brahmā loue Śiva par des accents védiques et des stotras. Apaisé, Śiva reconnaît la difficulté de rendre un corps à Kāma, mais Ananga revient comme dispensateur de vie. Kāma entreprend ensuite une tapas sur la rive de la Narmadā, invoque Kuṇḍaleśvara pour être protégé des êtres entraveurs, et reçoit une grâce : la présence perpétuelle de Śiva en ce tīrtha. Il y établit le liṅga nommé Kusumeśvara. Le chapitre prescrit des observances : bain sacré et jeûne au tīrtha, surtout à Caitra caturdaśī/le jour de Madana ; culte matinal du Soleil ; tarpaṇa avec de l’eau mêlée de sésame ; et offrandes de piṇḍa. La phalaśruti affirme que le piṇḍa-dāna ici équivaut à un sattra de douze ans, procure une longue satisfaction aux ancêtres et accorde le salut même aux petites créatures mourant sur place. Renoncement dévot et maîtrise de soi à Kusumeśvara mènent à la félicité dans le séjour de Śiva et à une renaissance comme souverain honoré, sain et éloquent.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेन्महाराज कुसुमेश्वरमुत्तमम् । दक्षिणे नर्मदाकूले उपपातकनाशनम्

Śrī Mārkaṇḍeya dit : «Ensuite, ô grand roi, qu’on aille au très excellent Kusumeśvara, sur la rive méridionale de la Narmadā, qui détruit les fautes légères.»

Verse 2

कामेन स्थापितो देवः कुसुमेश्वरसंज्ञितः । ख्यातः सर्वेषु लोकेषु देवदेवः सनातनः

Établi par Kāma, ce dieu fut connu sous le nom de Kusumeśvara. Célèbre dans tous les mondes, il est l’éternel Seigneur des seigneurs.

Verse 3

कामो मनोभवो विश्वः कुसुमायुधचापभृत् । स कामान् ददाति सर्वान् पूजितो मीनकेतनः

Kāma — né de l’esprit, universel, portant l’arc et l’arme de fleurs —, lorsqu’il est vénéré comme Mīnaketana, accorde tout objet désiré.

Verse 4

तेन निर्दग्धकायेन चाराध्य परमेश्वरम् । अनङ्गेन तथा प्राप्तमङ्गित्वं नर्मदातटे

Alors, bien que son corps eût été brûlé, Anaṅga adora comme il se doit le Seigneur suprême ; et ainsi, sur la rive de la Narmadā, il retrouva une forme incarnée.

Verse 5

युधिष्ठिर उवाच । अङ्गिभृतस्य नाशत्वमनङ्गस्य तु मे वद । न श्रुतं न च मे दृष्टं भूतपूर्वं कदाचन

Yudhiṣṭhira dit : Dis-moi comment celui qui portait un corps fut détruit, et comment l’Incorporel, Anaṅga, vint à être ; jamais je n’en ai entendu parler, ni n’ai vu pareille chose auparavant.

Verse 6

एतत्सर्वं यथा वृत्तमाचक्ष्व द्विजसत्तम । श्रोतुमिच्छामि विप्रेन्द्र भीमार्जुनयमैः सह

Raconte-moi, ô meilleur des deux-fois-nés, comment tout cela advint. Ô chef des brahmanes, je désire l’entendre avec Bhīma, Arjuna et les jumeaux.

Verse 7

श्रीमार्कण्डेय उवाच । आदौ कृतयुगे तात देवदेवो महेश्वरः । तपश्चचार विपुलं गङ्गासागरसंस्थितः

Śrī Mārkaṇḍeya dit : Au commencement, dans le Kṛta Yuga, mon enfant, Maheśvara, le Dieu des dieux, accomplit de vastes austérités en demeurant à Gaṅgā-sāgara.

Verse 8

तेन सम्पादिता लोकास्तपसा ससुरासुराः । जग्मुस्ते शरणं सर्वे देवदेवं शचीपतिम्

Par son tapas, les mondes—avec les devas et les asuras—furent bouleversés et tourmentés. Aussi tous cherchèrent refuge auprès du seigneur des dieux, l’époux de Śacī, Indra.

Verse 9

व्यापकः सर्वभूतानां देवदेवो महेश्वरः । संतापयति लोकांस्त्रींस्तन्निवारय गोपते

Maheśvara, le Dieu des dieux, qui pénètre tous les êtres, embrase les trois mondes. Ô seigneur des dieux, Indra, retiens-le !

Verse 10

श्रुत्वा तद्वचनं तेषां देवानां बलवृत्रहा । चिन्तयामास मनसा तपोविघ्नायचादिशत्

Entendant ces paroles des dieux, le puissant vainqueur de Vṛtra (Indra) réfléchit en son cœur, puis donna l’ordre d’entraver cette austérité.

Verse 11

अप्सरां मेनकां रम्भां घृताचीं च तिलोत्तमाम् । वसन्तं कोकिलं कामं दक्षिणानिलमुत्तमम्

Il convoqua les apsaras Menakā, Rambhā, Ghṛtācī et Tilottamā, ainsi que le Printemps, le coucou, Kāma et l’exquise brise du sud.

Verse 12

गत्वा तत्र महादेवं तपश्चरणतत्परम् । क्षोभयध्वं यथान्यायं गङ्गासागरवासिनम्

«Allez là-bas auprès de Mahādeva, tout entier voué à l’austérité, et—par des moyens convenables—troublez et ébranlez ce Seigneur qui demeure à Gaṅgā-sāgara.»

Verse 13

एवमुक्तास्तु ते सर्वे देवराजेन भारत । देवाप्सरःसमोपेता जग्मुस्ते हरसन्निधौ

Ainsi interpellés par le roi des dieux, ô Bhārata, tous—accompagnés de troupes de nymphes célestes—se rendirent en la présence de Hara (Śiva).

Verse 14

वसन्तमासे कुसुमाकराकुले मयूरदात्यूहसुकोकिलाकुले । प्रनृत्य देवाप्सरगीतसंकुले प्रवाति वाते यमनैरृताकुले

Au mois du printemps, quand le bosquet déborde de fleurs et se remplit de paons, d’oiseaux d’eau, de perroquets et de coucous; quand il résonne des chants et des danses des apsaras, souffle un vent chargé des influences de Yama et de Nairṛta, mort et effroi.

Verse 15

तेन संमूर्छिताः सर्वे संसर्गाच्च खगोत्तमाः । मधुमाधवगन्धेन सकिन्नरमहोरगाः

Par cet enchantement, tous furent frappés d’évanouissement ; et par ce contact, même les plus nobles oiseaux—avec les Kinnaras et les grands serpents—furent enivrés par le parfum de Madhu et de Mādhava, senteur miellée du printemps.

Verse 16

यावदालोकते तावत्तद्वनं व्याकुलीकृतम् । वीक्षते मदनाविष्टं दशावस्थागतं जनम्

Aussi loin que portait le regard, cette forêt fut mise en tumulte et en trouble ; et l’on voyait les gens saisis par Kāma (le désir), tombés en maintes conditions et états.

Verse 17

देवदेवोऽपि देवानामवस्थात्रितयं गतः । सात्त्विकीं राजसीं राजंस्तामसीं तां शृणुष्व मे

Même le Dieu des dieux entra dans un état triple. Écoute de moi, ô Roi, ces états : le sāttvika, le rājasika et le tāmasika.

Verse 18

एकं योगसमाधिना मुकुलितं चक्षुर्द्वितीयं पुनः पार्वत्या जघनस्थलस्तनतटे शृङ्गारभारालसम् । अन्यद्दूरनिरस्तचापमदनक्रोधानलोद्दीपितं शम्भोर्भिन्नरसं समाधिसमये नेत्रत्रयं पातु वः

Que les trois yeux de Śambhu vous protègent : l’un, clos dans le samādhi du yoga ; le second, de nouveau, alangui sous le poids de l’amour, reposant sur les hanches et la poitrine de Pārvatī ; et l’autre—embrasé comme un feu de colère contre Madana, dont l’arc fut rejeté au loin—manifestant une puissance distincte à l’instant même du samādhi.

Verse 19

एवं दृष्टः स देवेन सशरः सशरासनः । भस्मीभूतो गतः कामो विनाशः सर्वदेहिनाम्

Ainsi, vu par le Dieu, Kāma—avec ses flèches et son arc—s’en alla réduit en cendres, devenant la perdition de tous les êtres incarnés, tel le désir qui mène à la ruine.

Verse 20

कामं दृष्ट्वा क्षयं यातं तत्र देवाप्सरोगणाः । भीता यथागतं सर्वे जग्मुश्चैव दिशो दश

Voyant là Kāma voué à la destruction, les troupes des dieux et des apsarās—saisies d’effroi—s’en allèrent comme elles étaient venues, se dispersant vers les dix directions.

Verse 21

कामेन रहिता लोकाः ससुरासुरमानवाः । ब्रह्माणं शरणं जग्मुर्देवा इन्द्रपुरोगमाः

Kāma ayant disparu, les mondes—des dieux, des asuras et des humains—furent privés du désir; et les dieux, conduits par Indra, allèrent chercher refuge auprès de Brahmā.

Verse 22

सीदमानं जगद्दृष्ट्वा तमूचुः परमेष्ठिनम् । जानासि त्वं जगच्छेषं प्रभो मैथुनसम्भवात्

Voyant le monde s’enfoncer dans le déclin, ils dirent à Parameṣṭhin (Brahmā) : «Ô Seigneur, tu sais ce qui subsiste du monde, car la création procède de l’union conjugale».

Verse 23

प्रजाः सर्वा विशुष्यन्ति कामेन रहिता विभो

«Toutes les créatures se dessèchent, ô Seigneur, car elles sont privées de Kāma.»

Verse 24

एतच्छ्रुत्वा वचस्तेषां देवानां प्रपितामहः । जगाम सहितस्तत्र यत्र देवो महेश्वरः

Entendant ces paroles des devas, le Prāpitāmaha (Brahmā), les ayant avec lui, se rendit là où se trouvait le Seigneur Maheśvara.

Verse 25

अतोषयज्जगन्नाथं सर्वभूतमहेश्वरम् । स्तुतिभिस्तण्डकैः स्तोत्रैर्वेदवेदाङ्गसम्भवैः

Il apaisa Jagannātha, Maheśvara—Seigneur de tous les êtres—par des louanges, des hymnes cadencés et des stotra issus des Veda et des Vedāṅga.

Verse 26

ततस्तुष्टो महादेवो देवानां परमेश्वरः । उवाच मधुरां वाणीं देवान्ब्रह्मपुरोगमान्

Alors Mahādeva, le Souverain suprême des Deva, satisfait, adressa des paroles douces aux dieux, Brahmā à leur tête.

Verse 27

किं कार्यं कश्च सन्तापः किं वागमनकारणम् । देवतानामृषीणां च कथ्यतां मम माचिरम्

«Quel est votre dessein, et d’où vient cette peine? Pour quelle raison êtes-vous venus? Dites-le-moi sans tarder, ô Deva et ô Ṛṣi.»

Verse 28

देवा ऊचुः । कामनाशाज्जगन्नाशो भवितायं चराचरे । त्रैलोक्यं त्वं पुनः शम्भो उत्पादयितुमर्हसि

Les Deva dirent : «Si Kāma est détruit, le monde—mobile et immobile—ira à sa perte. Ô Śambhu, il te revient de faire renaître les trois mondes.»

Verse 29

एतच्छ्रुत्वा वचस्तेषां विमृश्य परमेश्वरः । चिन्तयामास कामस्य विग्रहं भुवि दुर्लभम्

Entendant leurs paroles, Parameśvara réfléchit et se mit à considérer l’incarnation de Kāma, chose rare et difficile à obtenir sur la terre.

Verse 30

आजगाम ततः शीघ्रमनङ्गो ह्यङ्गतां गतः । प्राणदः सर्वभूतानां पश्यतां नृपसत्तम

Alors survint promptement Anaṅga (Kāma), ayant réellement retrouvé une forme incarnée—lui qui dispense le souffle de vie à tous les êtres—tandis que tous regardaient, ô meilleur des rois.

Verse 31

ततः शङ्खनिनादेन भेरीणां निःस्वनेन च । अभ्यनन्दंस्ततो देवं सुरासुरमहोरगाः

Puis, au fracas des conques et au retentissement des tambours bhērī, le Deva fut acclamé pareillement par les dieux, les asuras et les grands serpents.

Verse 32

नमस्ते देवदेवेश कृतार्थाः सुरसत्तमाः । विसर्जिताः पुनर्जग्मुर्यथागतमरिन्दम

«Hommage à Toi, ô Seigneur des seigneurs des dieux; notre dessein est accompli !»—ainsi parlèrent les plus éminents des devas; puis, congédiés, ils retournèrent par la voie d’où ils étaient venus, ô dompteur des ennemis.

Verse 33

गतेषु सर्वदेवेषु कामदेवोऽपि भारत । तपश्चचार विपुलं नर्मदातटमाश्रितः

Lorsque tous les dieux furent partis, Kāmadeva aussi, ô Bhārata, entreprit de vastes austérités, prenant refuge sur la rive de la Narmadā.

Verse 34

तपोजपकृशीभूतो दिव्यं वर्षशतं किल । महाभूतैर्विघ्नकरैः पीड्यमानः समन्ततः

Amaigri par l’austérité et la récitation des mantras, durant cent années divines en vérité, il fut de toutes parts tourmenté par de grands êtres élémentaires, semeurs d’obstacles.

Verse 35

आत्मविघ्नविनाशार्थं संस्मृतः कुण्डलेश्वरः । चकार रक्षां सर्वत्र शरपाते नृपोत्तम

Afin de détruire les obstacles qui le menaçaient, il se souvint et invoqua Kuṇḍaleśvara ; et Kuṇḍaleśvara accorda sa protection partout, au milieu de la pluie de flèches, ô le plus excellent des rois.

Verse 36

ततस्तुष्टो महादेवो दृढभक्त्या वरप्रदः । वरेण छन्दयामास कामं कामविनाशनः

Alors Mahādeva, satisfait par une dévotion inébranlable, dispensateur de grâces, invita Kāma à choisir un don ; Lui qui détruit le désir lui offrit sa faveur.

Verse 37

ज्ञात्वा तुष्टं महादेवमुवाच झषकेतनः । प्रणतः प्राञ्जलिर्भूत्वा देवदेवं त्रिलोचनम्

Sachant Mahādeva satisfait, Jhaṣaketu (Kāmadeva) prit la parole ; prosterné, les mains jointes, devant le Dieu des dieux, le Seigneur aux Trois Yeux.

Verse 38

यदि तुष्टोऽसि देवेश यदि देयो वरो मम । अत्र तीर्थे जगन्नाथ सदा संनिहितो भव

«Si tu es satisfait, ô Seigneur des dieux — si un don doit m’être accordé — alors, ici en ce tīrtha, ô Jagannātha, demeure à jamais présent.»

Verse 39

तथेति चोक्त्वा वचनं देवदेवो महेश्वरः । जगामाकाशमाविश्य स्तूयमानोऽप्सरोगणैः

Disant : « Qu’il en soit ainsi », le Dieu des dieux, Maheśvara, s’éleva dans le ciel et s’en alla, tandis que des troupes d’apsarās le célébraient.

Verse 40

गते चादर्शनं देवे कामदेवो जगद्गुरुम् । स्थापयामास राजेन्द्र कुसुमेश्वरसंज्ञितम्

Lorsque le Deva eut disparu aux regards, Kāmadeva, ô seigneur des rois, y établit le Maître du monde, Śiva, sous le nom de « Kusumeśvara ».

Verse 41

तत्र तीर्थे तु यः स्नात्वा ह्युपवासपरायणः । चैत्रमासे चतुर्दश्यां मदनस्य दिनेऽथवा

Et quiconque, en ce tīrtha, se baigne et se voue au jeûne — le quatorzième jour du mois de Caitra, ou le jour consacré à Madana (Kāma) —

Verse 42

प्रभाते विमले प्राप्ते स्नात्वा पूज्य दिवाकरम् । तिलमिश्रेण तोयेन तर्पयेत्पितृदेवताः

Quand l’aube pure est venue, qu’on se baigne et qu’on vénère le Soleil ; puis, avec de l’eau mêlée de sésame, qu’on offre le tarpaṇa aux divinités Pitṛ, les ancêtres.

Verse 43

कृत्वा स्नानं विधानेन पूजयित्वा च तं नृप । पिण्डनिर्वपणं कुर्यात्तस्य पुण्यफलं शृणु

Ô Roi, après avoir accompli le bain selon la règle et L’avoir adoré, qu’on offre des piṇḍa ; écoute maintenant le fruit méritoire de cet acte.

Verse 44

सत्त्रयाजिफलं यच्च लभते द्वादशाब्दिकम् । पिण्डदानात्फलं तच्च लभते नात्र संशयः

Quel que soit le fruit qu’obtient l’officiant d’un sattra-yajña durant douze années, ce même fruit est acquis par le don de piṇḍa ; il n’y a là aucun doute.

Verse 45

अङ्कुल्लमूले यः पिण्डं पित्ःनुद्दिश्य दापयेत् । तस्य ते द्वादशाब्दानि तृप्तिं यान्ति पितामहाः

Celui qui, au pied de l’arbre Aṅkulla, fait offrir un piṇḍa à l’intention des Pitṛs, voit ses aïeux et ancêtres comblés de satisfaction pendant douze années.

Verse 46

कृमिकीटपतङ्गा ये तत्र तीर्थे युधिष्ठिर । प्राप्नुवन्ति मृताः स्वर्गं किं पुनर्ये नरा मृताः

Ô Yudhiṣṭhira, même les vers, les insectes et les papillons de nuit qui meurent en ce tīrtha atteignent le ciel ; combien plus encore les hommes qui y rendent leur dernier souffle !

Verse 47

संन्यासं कुरुते योऽत्र जितक्रोधो जितेन्द्रियः । कुसुमेशे नरो भक्त्या स गच्छेच्छिवमन्दिरम्

Celui qui, ici à Kusumeśa, embrasse le sannyāsa, ayant vaincu la colère et maîtrisé les sens, celui-là, par la dévotion, parvient au séjour de Śiva.

Verse 48

तत्र दिव्याप्सरोभिश्च देवगन्धर्वगायनैः । क्रीडते सेव्यमानस्तु कल्पकोटिशतं नृप

Là, entouré d’Apsarās célestes et de chanteurs Gandharvas divins, il se réjouit, honoré et servi, durant cent crores de kalpas, ô Roi.

Verse 49

पूर्णे चैव ततः काल इह मानुष्यतां गतः । जायते राजराजेन्द्रैः पूज्यमानो नृपो महान्

Et lorsque ce temps est accompli, revenant ici à la condition humaine, il naît grand roi, honoré même par les rois des rois.

Verse 50

सुरूपः सुभगो वाग्मी विक्रान्तो मतिमाञ्छुचिः । जीवेद्वर्षशतं साग्रं सर्वव्याधिविवर्जितः

Beau d’apparence, fortuné, éloquent, vaillant, intelligent et pur, il vit cent années pleines et davantage, exempt de toute maladie.

Verse 51

एतत्पुण्यं पापहरं तीर्थकोटिशताधिकम् । कुसुमेशेति विख्यातं सर्वदेवनमस्कृतम्

Ce mérite sacré, qui efface les péchés, surpasse des centaines de crores de tīrtha ; il est renommé sous le nom de « Kusumeśa », vénéré par tous les dieux.

Verse 150

। अध्याय

Chapitre (marque d’en-tête).