
Le chapitre s’ouvre sur une narration à plusieurs strates (Sūta–Vyāsa–Skanda) et relit les figures épiques dans une perspective théologique : les Pāṇḍava sont présentés comme des agents incarnant Rudra, chargés de rétablir l’ordre, tandis que Nārāyaṇa prend la forme de Kṛṣṇa pour affermir l’éthique. En temps d’épreuve, Draupadī voue une dévotion ardente à Sūrya (Bradhna/Savitr) et reçoit l’« akṣaya-sthālikā », récipient inépuisable, remède concret à la pénurie et soutien du devoir d’hospitalité. La bénédiction est ensuite inscrite dans la géographie sacrée de Kāśī : Sūrya promet à ceux qui l’adorent au sud de Viśveśvara le soulagement de la faim et des afflictions, la dissipation des ténèbres du chagrin, et la protection contre la peur, la maladie et la séparation—par la bhakti et le darśana à Kāśī. Le second mouvement raconte le tapas rigoureux de Sūrya au célèbre Pañcanada tīrtha, l’installation du liṅga de Gabhastīśvara et la vénération de la Déesse sous la forme de Maṅgalā/Gaurī. Śiva apparaît, loue l’austérité, reçoit des hymnes (Śiva-stotras) ainsi que la louange à Maṅgalā-Gaurī, puis donne des instructions doctrinales : la récitation de l’« aṣṭaka des soixante-quatre noms » et du Maṅgalā-Gaurī-aṣṭaka est présentée comme une discipline purificatrice, lavant les fautes quotidiennes et ouvrant l’accès rare à Kāśī. Le texte précise aussi le Maṅgalā-vrata (notamment au Caitra śukla tṛtīyā) : jeûne, veille nocturne, culte avec offrandes, repas offert à des jeunes filles, homa et dons, promettant bien-être social et protection contre l’infortune. Il se conclut par l’étymologie de Mayūkhāditya (les rayons sont visibles quand le corps ne l’est pas), les fruits du culte—délivrance de la maladie et de la pauvreté, surtout le dimanche—et une phalaśruti : entendre ces récits empêche la chute en enfer.
Verse 1
सूत उवाच । पाराशर्यमुने व्यास कुमारः कुंभजन्मने । यदावदत्कथामेतां तदा क्व द्रुपदात्मजा
Sūta dit : Lorsque Vyāsa, fils de Parāśara, racontait ce récit à Kumāra (Skanda), au fils du sage né de la jarre (Agastya), où se trouvait alors la fille de Drupada, Draupadī ?
Verse 2
व्यास उवाच । पुराणसंहितां सूत ब्रूते त्रैकालिकीं कथाम् । संदेहो नात्र कर्तव्यो यतस्तद्गोचरोखिलम्
Vyāsa dit : Ô Sūta, la compilation purānique énonce un récit qui embrasse les trois temps — passé, présent et futur. Qu’aucun doute ne soit formé ici, car tout cela relève de son domaine.
Verse 3
स्कंद उवाच । आकर्णय मुने पूर्वं पंचवक्त्रो हरः स्वयम् । पृथिव्यां पंचधा भूत्वा प्रादुरासीज्जगद्धितः
Skanda dit : Écoute, ô sage, ce qui advint jadis. Hara lui-même, au visage quintuple, se manifesta sur la terre en cinq formes, pour le bien du monde.
Verse 4
उमापि च जगद्धात्री द्रुपदस्य महीभुजः । यजतो वह्निकुंडाच्च प्रादुश्चक्रेति सुंदरी
Et Umā aussi, soutien du monde : tandis que le roi Drupada accomplissait le yajña, elle fit surgir du foyer sacrificiel la belle jeune fille.
Verse 5
पंचापि पांडुतनयाः साक्षाद्रुद्रवपुर्धराः । अवतेरुरिह स्वर्गाद्दुष्टसंहारकारकाः
Les cinq fils de Pāṇḍu, portant des corps qui étaient véritablement ceux de Rudra, descendirent ici du ciel pour anéantir les méchants.
Verse 6
नारायणोपि कृष्णत्वं प्राप्य तत्साहचर्यकृत् । उद्वृत्तवृत्तशमनः सद्वृत्तस्थितिकारकः
Nārāyaṇa aussi, ayant pris l’état de Kṛṣṇa et devenant leur compagnon, apaisa les mœurs dévoyées et affermit la stabilité de la bonne conduite.
Verse 7
प्रतपंतः पृथिव्यां ते पार्थाश्चेरुः पृथक्पृथक् । उदयानुदयौ तस्मिन्संपदां विपदामपि
Rayonnants de vaillance, les fils de Pṛthā parcoururent la terre, chacun selon sa voie. Dans leur destinée, il y eut élévations et déclins : prospérités comme épreuves.
Verse 8
कदाचित्ते महावीरा भ्रातृव्यप्रतिपादिताम् । विपत्तिमाप्य महतीं बभूवुः काननौकसः
Un jour, ces grands héros, précipités dans le malheur par des parents rivaux, subirent une grande calamité et devinrent habitants de la forêt.
Verse 9
पांचाल्यपि च तत्पत्नी पतिव्यसनतापिता । धर्मज्ञा प्राप्य तन्वंगी ब्रध्नमाराधयद्भृशम्
Pāñcālī aussi —son épouse—, tourmentée par le malheur de son mari, bien que fine de membres et ferme dans le dharma, vint (à Kāśī) et vénéra ardemment Bradhna, le Soleil.
Verse 10
आराधितोथ सविता तया द्रुपदकन्यया । सदर्वी सपिधानां च स्थालिकामक्षयां ददौ
Ainsi, lorsque Savitṛ (le Soleil) eut été adoré par la fille de Drupada, il lui accorda une écuelle inépuisable (sthālī), avec une louche et un couvercle approprié.
Verse 11
आराधयंतीं भावेन सर्वत्र शुचिमानसाम्
Elle adorait avec une dévotion du cœur, gardant partout un esprit pur.
Verse 12
स्थाल्यैतया महाभागे यावंतोऽन्नार्थिनो जनाः । तावंतस्तृप्तिमाप्स्यंति यावच्च त्वं न भोक्ष्यसे
«Ô noble dame, par cette écuelle, autant de personnes viendront demander de la nourriture, autant seront rassasiées, tant que toi-même tu n’auras pas mangé».
Verse 13
भुक्तायां त्वयि रिक्तैषा पूर्णभक्ता भविप्यति । रसवद्व्यंजननिधिरिच्छाभक्ष्यप्रदायिनी
«Mais lorsque tu auras mangé, ce (bol) deviendra vide ; et lorsqu’il sera plein, il se remplira d’un riz exquis et d’un trésor de mets savoureux, accordant toute nourriture désirée.»
Verse 14
इत्थं वरस्तया लब्धः काश्यामादित्यतो मुने । अपरश्च वरो दत्तस्तस्यै देवेन भास्वता
Ainsi, ô sage, elle obtint cette grâce d’Āditya (le Soleil) à Kāśī ; et le dieu rayonnant lui accorda encore une autre grâce.
Verse 15
रविरुवाच । विश्वेशाद्दक्षिणेभागे यो मां त्वत्पुरतः स्थितम् । आराधयिष्यति नरः क्षुद्बाधा तस्य नश्यति
Le Soleil dit : «Au sud de Viśveśvara, quiconque m’adorera tel que je me tiens devant toi, verra s’évanouir la souffrance de la faim.»
Verse 16
अन्यश्च मे वरो दत्तो विश्वेशेन पतिव्रते । तपसा परितुष्टेन तं निशामय वच्मि ते
«Et une autre grâce m’a été accordée par Viśveśvara, ô épouse fidèle ; satisfait par ton austérité. Écoute : je te la dirai.»
Verse 17
प्राग्रवे त्वां समाराध्य यो मां द्रक्ष्यति मानवः । तस्य त्वं दुःखतिमिरमपानुद निजैः करैः
«Quiconque, après t’avoir dûment adorée à l’aube, me contemplera, que toi, par tes propres rayons, chasses pour lui les ténèbres de la peine.»
Verse 18
अतो धर्माप्रिये नित्यं प्राप्य विश्वेश्वराद्वरम् । काशीस्थितानां जंतूनां नाशयाम्यघसंचयम्
Ainsi, ô bien-aimée du dharma, ayant reçu cette grâce de Viśveśvara, je détruis sans cesse l’amas des péchés des êtres qui demeurent à Kāśī.
Verse 19
ये मामत्र भजिष्यंति मानवाः श्रद्धयान्विताः । त्वद्वरोद्यतपाणिं च तेषां दास्यामि चिंतितम्
Ceux qui, ici en ce lieu sacré, me vénèrent avec foi—et qui te rendent aussi hommage, ô dispensatrice de grâces, les mains levées en révérence—à ceux-là j’accorderai ce que leur cœur désire.
Verse 20
भवतीं मत्समीपस्थां युधिष्ठिरपतिव्रताम् । विश्वेशाद्दक्षिणेभागे दंडपाणेः समीपतः
Toi—fidèle à ton vœu de pativratā envers Yudhiṣṭhira—tu demeureras près de moi, au côté sud de Viśveśa, tout près de Daṇḍapāṇi.
Verse 21
येर्चयिष्यंति भावेन पुरुषा वास्त्रियोपि वा । तेषां कदाचिन्नो भावि भयं प्रियवियोगजम्
Hommes ou femmes qui, ici, adorent avec une dévotion du cœur—jamais, à aucun moment, ils ne connaîtront la crainte née de la séparation d’avec ce qui est cher.
Verse 22
न व्याधिजं भयं क्वापि न क्षुत्तृड्दोषसंभवम् । द्रौपदीक्षणतः काश्यां तव धर्मप्रियेनघे
Nulle part ne s’élèvera la crainte née de la maladie, ni peine due à la faim et à la soif—tout cela, à Kāśī, par l’auspicieux regard et la bénédiction de Draupadī, ô sans faute, amie du dharma.
Verse 23
उवाच च प्रसन्नात्मा भास्करो द्रुपदात्मजाम्
Alors Bhāskara (le Soleil), l’âme apaisée, s’adressa à la fille de Drupada, Draupadī.
Verse 24
आदित्यस्य कथामेतां द्रौपद्याराधितस्य वै । यः श्रोष्यति नरो भक्त्या तस्यैनः क्षयमेष्यति
«Quiconque, avec dévotion, écoute ce récit d’Āditya tel que l’adora Draupadī, verra ses fautes se dissiper et périr.»
Verse 25
स्कंद उव ।च । द्रौपदादित्यमाहात्म्यं संक्षेपात्कथितं मया । मयूखादित्यमाहात्म्यं शृण्विदानीं घटोद्भव
Skanda dit : «J’ai brièvement exposé la grandeur de Draupadā-Āditya. Écoute maintenant la grandeur de Mayūkha-Āditya, ô Agastya, né du vase.»
Verse 26
पुरा पंचनदे तीर्थे त्रिषुलोकेषु विश्रुते । सहस्ररश्मिर्भगवांस्तपस्तेपे सुदारुणम्
«Autrefois, au tīrtha de Pañcanada, renommé dans les trois mondes, le Seigneur Bienheureux aux mille rayons (le Soleil) accomplit un tapas d’une austérité extrême.»
Verse 27
प्रतिष्ठाप्य महालिंगं गभस्तीश्वर संज्ञितम् । गौरीं च मंगला नाम्नीं भक्तमंगलदां सदा
«Ayant établi un grand Liṅga nommé Gabhastīśvara, et ayant aussi institué Gaurī, appelée Maṅgalā, qui accorde sans cesse l’auspice aux dévots…»
Verse 28
दिव्यवर्षसहस्रं तु शतेन गुणितं मुने । आराधयञ्शिवं सोमं सोमार्धकृतशेखरम्
Durant mille années divines, multipliées par cent, ô sage, il adora Śiva, le Seigneur qui porte la Lune en diadème, la demi-lune ornant son front.
Verse 29
स्वरूपतस्तु तपनस्त्रिलोकीतापनक्षमः । ततोतितीव्र तपसा जज्वाल नितरां मुने
Par sa nature même, le Soleil peut brûler les trois mondes. Puis, par une ascèse d’une intensité extrême, il s’embrasa davantage, ô sage.
Verse 30
मयूखैस्तत्र सवितुस्त्रैलोक्यदहनक्षमैः । ततं समस्तं तत्काले द्यावाभूम्योर्यदंतरम्
Là, par les rayons du Soleil — capables d’embraser les trois mondes — tout l’espace, en ce temps-là, entre le ciel et la terre, fut rempli de part en part.
Verse 31
वैमानिकैर्विष्णुपदे तत्यजे च गतागतम् । तीव्रे पतंगमहसि पतंगत्वभयादिव
Même les êtres célestes du séjour de Viṣṇu renoncèrent à leurs allées et venues ; dans l’éclat farouche du Soleil, on eût dit qu’ils craignaient de devenir des papillons de nuit attirés par la flamme.
Verse 32
मयूखा एव दृश्यंते तिर्यगूर्ध्वमधोपि च । आदित्यस्य न चादित्यो नीपपुष्पस्थितेरिव
On ne voyait que les rayons, à l’horizontale, vers le haut et vers le bas aussi ; mais du Soleil lui-même, on ne voyait pas le Soleil, tel une fleur de nīpa cachée dans son écrin.
Verse 33
तस्यवै महसां राशेस्तपोराशेस्तपोर्चिषाम् । चकंपे साध्वसात्तीव्रा त्रैलोक्यं सचराचरम्
De cet amas de splendeur—de ces austérités entassées et de leur flamme rayonnante—les trois mondes, avec tout ce qui bouge et ce qui ne bouge pas, frémirent d’une crainte intense.
Verse 34
सूर्य आत्मास्य जगतो वेदेषु परिपठ्यते । स एव चेज्वालयिता को नस्त्राता भवेदिह
Dans les Veda, on récite que le Soleil est le Soi même de ce monde. S’il devient lui-même celui qui embrase tout, qui donc ici pourrait être notre protecteur ?
Verse 35
जगच्चक्षुरसौ सूर्यो जगदात्मैष भास्करः । जगद्योयन्मृतप्रायं प्रातःप्रातः प्रबोधयेत्
Ce Soleil est l’œil du monde ; ce Bhāskara est l’âme même de l’univers : lui qui, matin après matin, réveille le monde comme s’il était mort.
Verse 36
तमोंधकूपपतितमुद्यन्नेष दिनेदिने । प्रसार्य परितः पाणीन्प्राणिजातं समुद्धरेत्
Se levantant jour après jour, il relève la multitude des êtres tombés dans le puits aveugle des ténèbres, comme s’il étendait ses mains de tous côtés.
Verse 37
उदितेऽत्रोदिमो नित्यमस्तं यात्यस्तमाप्नुमः । उदयेऽनुदये तस्मादस्माकं कारणं रविः
Quand il se lève, nous nous levons ici chaque jour ; quand il se couche, nous déclinons aussi et atteignons notre terme. Ainsi, dans son lever et son non-lever, Ravi est pour nous la cause même.
Verse 38
इति व्याकुलितं विश्वं पश्यन्विश्वेश्वरः स्वयम् । विश्वत्राता वरं दातुं संजग्मे तिग्मरश्मये
Voyant l’univers ainsi tourmenté, Viśveśvara lui-même, sauveur du monde, se rendit auprès du Soleil aux rayons acérés afin de lui accorder une grâce.
Verse 39
मयूखमालिनं शंभुरालोक्याति सुनिश्चलम् । समाधि विस्मृतात्मानं विसिस्माय तपः प्रति
Voyant Śambhu, couronné de rayons et demeurant parfaitement immobile, le Soleil, s’oubliant lui-même dans le samādhi, s’émerveilla de cette austérité.
Verse 40
उवाच च प्रसन्नात्मा श्रीकंठः प्रणतार्तिहृत् । अलं तप्त्वा वरं ब्रूहि द्युमणे महसां निधे
Alors Śrīkaṇṭha, le cœur apaisé, lui qui ôte la souffrance de ceux qui se prosternent, dit : «Assez d’austérités ; ô Lumineux, trésor des splendeurs, demande une grâce».
Verse 41
निरुद्धेंद्रियवृत्तित्वाद्ब्रध्नो ध्यानसमाधिना । न जग्राह वचः शंभोर्द्वित्रिरुक्तोप्यकर्णवत्
Parce que Bradhna (le Soleil) avait contenu les mouvements de ses sens par la méditation et le samādhi, il ne saisit pas les paroles de Śambhu, même répétées deux ou trois fois, comme s’il était sans oreilles.
Verse 42
काष्ठीभूतं तु तं ज्ञात्वा शिवः पस्पर्श पाणिना । महातपः समुद्भूत संतापामृतवर्षिणा
Le sachant devenu tel un morceau de bois—immobile et insensible—Śiva le toucha de sa main, qui faisait pleuvoir le nectar sur l’ardeur née de la grande austérité.
Verse 43
तत उन्मीलयांचक्रे लोचने विश्वलोचनः । तस्योदयमिव प्राप्य प्रगे पंकजिनीवनी
Alors Viśvalocana, le Seigneur qui voit tout, lui fit ouvrir les yeux—tel un étang de lotus à l’aurore, recevant comme le lever du Soleil.
Verse 44
परिव्यपेतसंतापस्तपनः स्पर्शनाद्विभोः । अवग्रहितसस्यश्रीरुल्ललास यथांबुदात्
Le Soleil, dont l’ardeur fut dissipée par le toucher du Seigneur, resplendit de nouveau—comme l’abondance des moissons qui s’épanouit après l’averse du nuage.
Verse 45
मित्रो नेत्रातिथीकृत्य त्र्यक्षं प्रत्यक्षमग्रतः । दंडवत्प्रणनामोच्चैस्तुष्टाव च पिनाकिनम्
Mitra (le Soleil), faisant de ses yeux des « hôtes »—les ouvrant pleinement—vit devant lui, en face, le Seigneur aux Trois Yeux; il se prosterna comme un bâton et loua à haute voix Pinākin (Śiva, porteur de l’arc).
Verse 46
रविरुवाच । देवदेव जगतांपते विभो भर्ग भीम भव चंद्रभूषण । भूतनाथ भवभीतिहारक त्वां नतोस्मि नतवांछितप्रद
Ravi dit : « Ô Dieu des dieux, Seigneur des mondes, Maître tout-puissant et omniprésent ; ô Bharga, ô Terrible, ô Bhava paré de la lune ; ô Seigneur des êtres, ô toi qui ôtes la peur du devenir mondain — je me prosterne devant toi, dispensateur des vœux de ceux qui se prosternent. »
Verse 47
चंद्रचूडमृड धूर्जटे हर त्र्यक्ष दक्ष शततंतुशातन । शांतशाश्वत शिवापते शिव त्वां नतोस्मि नतवांछितप्रद
« Ô toi qui portes la lune en diadème, ô Mṛḍa, ô Dhūrjaṭi aux cheveux emmêlés ; ô Hara, Seigneur aux Trois Yeux ; ô Habile, destructeur du lien aux cent fils ; ô Paisible et Éternel, Seigneur de Śivā — ô Śiva, je me prosterne devant toi, dispensateur des vœux de ceux qui se prosternent. »
Verse 48
नीललोहित समीहितार्थ दहे द्व्येकलोचन विरूपलोचन । व्योमकेशपशुपाशनाशन त्वां नतोस्मि नतवांछितप्रद
Ô Nīlalohita, qui accomplis les desseins du cœur; ô Dahana, l’Ardent; ô Seigneur aux deux yeux et à l’Œil unique, au regard prodigieux; ô Vyomakeśa, qui détruis le lien de Paśu enchaînant les êtres—je me prosterne devant Toi, dispensateur des vœux de ceux qui se courbent.
Verse 49
वामदेवशितिकंठशूलभृच्चंद्रशेखर फणींद्रभूषण । कामकृत्पशुपते महेश्वर त्वां नतोस्मि नतवांछितप्रद
Ô Vāmadeva; ô Gorge-Bleue, porteur du trident; ô Celui dont le front porte la Lune, paré du roi des serpents; ô vainqueur de Kāma; ô Paśupati, Grand Seigneur—je me prosterne devant Toi. Accorde les grâces désirées à ceux qui se courbent.
Verse 50
त्र्यंबक त्रिपुरसूदनेश्वर त्राणकृत्त्रिनयनत्रयीमय । कालकूट दलनांतकांतक त्वां नतोस्मि नतवांछितप्रद
Ô Tryambaka, Seigneur aux trois yeux; ô Souverain qui détruisit Tripura; ô Protecteur dont les trois yeux sont la triade même; ô Celui qui broya le poison Kālakūṭa; ô Tueur du tueur de la Mort—je me prosterne devant Toi. Accorde les grâces désirées à ceux qui se courbent.
Verse 51
शर्वरीरहितशर्वसर्वगस्वर्गमार्गसुखदापवर्गद । अंधकासुररिपो कपर्दभृत्त्वां नतोस्मि नतवांछितप्रद
Ô Śarva, que n’atteint point la nuit; Toi qui pénètres tout; dispensateur de la joie du chemin vers le ciel et donateur de délivrance; ô ennemi de l’asura Andhaka; ô porteur de tresses emmêlées—je me prosterne devant Toi. Accorde les grâces désirées à ceux qui se courbent.
Verse 52
शंकरोग्रगिरिजापते पते विश्वनाथविधिविष्णु संस्तुत । वेदवेद्यविदिताऽखिलेंगि तत्वां नतोस्मि नतवांछितप्रद
Ô Śaṅkara; ô Seigneur puissant, époux de Girijā; ô Maître, Viśvanātha, loué par Brahmā et Viṣṇu; ô Toi que l’on connaît par ce que les Vedas peuvent vraiment connaître, essence au cœur de tout—je me prosterne devant Toi. Accorde les grâces désirées à ceux qui se courbent.
Verse 53
विश्वरूपपररूप वर्जितब्रह्मजिह्मरहितामृतप्रद । वाङमनोविषयदूरदूरगत्वां नतोस्मि नतवांछितप्रद
Ô dispensateur de l’immortalité semblable au nectar, exempt de la courbure des notions conditionnées de « Brahman », au-delà de la forme universelle comme de la forme transcendante, infiniment hors de portée de la parole et du mental : je me prosterne devant Toi. Accorde les grâces désirées à ceux qui se prosternent.
Verse 54
इत्थं परीत्य मार्तंडो मृडं देवं मृडानिकाम् । अथ तुष्टाव प्रीतात्मा शिववामार्धहारिणीम्
Ainsi, après avoir fait la circumambulation autour de Mṛḍa (Śiva), le Dieu, et de la douce Déesse, Mārtaṇḍa (le Soleil), le cœur ravi, loua celle qui partage la moitié gauche de Śiva, la Divine Épouse.
Verse 55
रविरुवाच । देवि त्वदीयचरणांबुजरेणुगौरीं भालस्थलीं वहति यः प्रणतिप्रवीणः । जन्मांतरेपि रजनीकरचारुलेखा तां गौरयत्यतितरां किल तस्य पुंसः
Ravi (le Soleil) dit : Ô Déesse, l’homme habile dans la prosternation révérencieuse porte sur son front la blancheur née de la poussière de Tes pieds de lotus. Même dans une autre naissance, la gracieuse trace de la lune sur son sourcil fait resplendir davantage cette marque.
Verse 56
श्रीमंगले सकलमंगलजन्मभूमे श्रीमंगले सकलकल्मषतूलवह्ने । श्रीमंगले सकलदानवदर्पहंत्रि श्रीमंगलेऽखिलमिदं परिपाहि विश्वम्
Ô Bienheureuse, terre d’où naît toute auspiciosité ! Ô Bienheureuse, feu qui consume les amas de péchés comme du coton ! Ô Bienheureuse, toi qui brises l’orgueil de tous les démons ! Ô Bienheureuse, protège cet univers tout entier.
Verse 57
विश्वेश्वरि त्वमसि विश्वजनस्य कर्त्री त्वं पालयित्र्यसि तथा प्रलयेपिहंत्री । त्वन्नामकीर्तनसमुल्लसदच्छपुण्या स्रोतस्विनी हरति पातककूलवृक्षान्
Ô Souveraine de l’univers, Tu es la créatrice de tous les êtres ; Tu es leur protectrice, et lors de la dissolution Tu es aussi la destructrice. Le fleuve pur et lumineux du mérite, gonflé par le chant de Ton Nom, déracine la forêt d’arbres que sont les amas de péchés.
Verse 58
मातर्भवानि भवती भवतीव्रदुःखसंभारहारिणि शरण्यमिहास्ति नान्या । धन्यास्त एव भुवनेषु त एव मान्या येषु स्फुरेत्तवशुभः करुणाकटाक्षः
Ô Mère Bhavānī, Toi seule enlèves le lourd fardeau des souffrances intenses. Ici, il n’est point d’autre refuge que Toi. Vraiment bénis dans les mondes, vraiment dignes d’honneur, sont ceux sur qui rayonne Ton regard compatissant et auspiceux.
Verse 59
ये त्वा स्मरंति सततं सहजप्रकाशां काशीपुरीस्थितिमतीं नतमोक्षलक्ष्मीम् । तान्संस्मरेत्स्मरहरो धृतशुद्धबुद्धीन्निर्वाणरक्षणविचक्षणपात्रभूतान्
Ceux qui se souviennent de Toi sans cesse—Toi, l’Auto-lumineuse, demeurant dans la cité de Kāśī, et la Fortune même de la délivrance pour ceux qui se prosternent—Smara-hara (Śiva, destructeur de Kāma) se souvient d’eux en retour, comme d’êtres à l’intellect purifié, réceptacles dignes, avisés dans la sauvegarde du nirvāṇa.
Verse 60
मातस्तवांघ्रियुगलं विमलं हृदिस्थं यस्यास्ति तस्य भुवनं सकलं करस्थम् । यो नामतेज एति मंगलगौरि नित्यं सिद्ध्यष्टकं न परिमुंचति तस्य गेहम्
Mère, celui qui porte en son cœur Tes deux pieds sans tache, pour lui l’univers entier est comme posé dans la paume de la main. Et, ô Maṅgalāgaurī, celui qui chaque jour s’approche de la splendeur de Ton Nom, les huit siddhis ne quittent pas sa demeure.
Verse 61
त्वं देवि वेदजननी प्रणवस्वरूपा गायत्र्यसि त्वमसि वै द्विजकामधेनुः । त्वं व्याहृतित्रयमिहाऽखिलकर्मसिद्ध्यै स्वाहास्वधासि सुमनः पितृतृप्तिहेतुः
Déesse, Tu es la mère des Veda, la forme même du Praṇava (Oṃ). Tu es Gāyatrī, la kāmadhenu des dvija. Tu es les trois vyāhṛti (bhūḥ, bhuvaḥ, svaḥ) pour l’accomplissement de tous les rites; Tu es « svāhā » et « svadhā », cause de la satiété des deva et des ancêtres, ô Bienveillante.
Verse 62
गौरि त्वमेव शशिमौलिनि वेधसि त्वं सावित्र्यसि त्वमसि चक्रिणि चारुलक्ष्मीः । काश्यां त्वमस्यमलरूपिणि मोक्षलक्ष्मीस्त्वं मे शरण्यमिह मंगलगौरि मातः
Ô Gaurī, Toi seule es auprès du Seigneur au croissant de lune (Śiva) ; Tu es aussi auprès de Vedhas (Brahmā) ; Tu es Sāvitrī ; et auprès du Seigneur au disque (Viṣṇu), Tu es la resplendissante Lakṣmī. À Kāśī, ô Toi de forme sans tache, Tu es la Lakṣmī même de la délivrance. Tu es ici mon refuge, ô Mère Maṅgalāgaurī.
Verse 63
स्तुत्वेति तां स्मरहरार्धशरीरशोभां श्रीमंगलाष्टक महास्तवनेन भानुः । देवीं च देवमसकृत्परितः प्रणम्य तूष्णीं बभूव सविता शिवयोः पुरस्तात्
Après l’avoir louée—elle qui resplendit comme la moitié du corps de Smara-hara (Śiva)—par le grand hymne nommé l’auspicieux Maṅgalāṣṭaka, Bhānu (le Soleil) se prosterna maintes fois tout autour devant la Déesse et le Dieu, puis demeura silencieux devant Śiva et Śivā.
Verse 64
देवदेव उवाच । उत्तिष्ठोत्तिष्ठ भद्रं ते प्रसन्नोस्मि महामते । मित्रमन्नेत्रगो नित्यं प्रपश्ये तच्चराचरम्
Devadeva (Śiva) dit : «Lève-toi, lève-toi ; que le bien t’advienne, ô grand d’esprit. Je suis satisfait. En ami, demeurant dans ton œil, je contemple sans cesse tout ce monde, le mobile et l’immobile».
Verse 65
मम मूर्तिर्भवान्सूर्य सर्वज्ञो भव सर्वगः । सर्वेषां महसां राशिः सर्वेषां सर्वकर्मवित्
«Ô Sūrya, tu es ma propre manifestation. Sois omniscient ; sois omniprésent. Sois pour tous l’amas trésor de lumière, et le connaisseur des actes de tous».
Verse 66
सर्वेषां सर्वदुःखानि भक्तानां त्वं निराकुरु । त्वया नाम्नां चतुःषष्ट्या यदष्टकमुदीरितम्
«Écarte toutes les souffrances de tous les dévots. Et puisque, au moyen de soixante-quatre Noms, tu as proclamé un hymne de huit strophes…»
Verse 67
अनेन मां परिष्टुत्य नरो मद्भक्तिमाप्स्यति । अष्टकं मंगलागौर्या मंगलाष्टकसंज्ञकम्
«En me louant par ceci, un homme obtiendra la dévotion envers moi. Voici l’hymne en huit strophes à Maṅgalāgaurī, appelé “Maṅgalāṣṭaka”.»
Verse 68
अनेन मंगलागौरीं स्तुत्वा मंगलमाप्स्यति । चतुःषष्ट्यष्टकं स्तोत्रं मंगलाष्टकमेव च
En louant Maṅgalāgaurī par ceci, on obtient l’auspice. Cet hymne est le « catuḥṣaṣṭy-aṣṭaka » (l’aṣṭaka composé de soixante-quatre Noms), et il est véritablement le Maṅgalāṣṭaka.
Verse 69
एतत्स्तोत्रवरं पुण्यं सर्वपातकनाशनम् । दूरदेशांतरस्थोपि जपन्नित्यं नरोत्तमः
Cet hymne excellent, saint et méritoire, détruit tous les péchés. Même si un homme noble demeure en un pays lointain, en le récitant chaque jour il en reçoit la puissance purificatrice.
Verse 70
त्रिसंध्यं परिशुद्धात्मा काशीं प्राप्स्यति दुर्लभाम् । अनेन स्तोत्रयुग्मेन जप्तेन प्रत्यहं नृभिः
En récitant chaque jour cette paire d’hymnes, et en l’accomplissant aux trois sandhyās, l’être à l’esprit purifié atteint Kāśī, si difficile à obtenir.
Verse 71
ध्रुवदैनंदिनं पापं क्षालितं नात्र संशयः । न तस्य देहिनो देहे जातु चित्किल्बिषस्थितिः
Le péché constant, celui du quotidien, est lavé—il n’y a là aucun doute. Dans le corps d’un tel être, jamais ne demeure la moindre tache de faute.
Verse 72
त्रिकालं योजयेन्नित्यमेतत्स्तोत्रद्वयंशुभम् । किंजप्तैर्बहुभिः स्तोत्रैश्चंचलश्रीप्रदैर्नृणाम्
Qu’on applique toujours cette paire d’hymnes auspicious aux trois moments du jour. À quoi bon, pour les hommes, réciter quantité d’autres hymnes qui ne donnent qu’une prospérité instable et passagère ?
Verse 73
एतत्स्तोत्रद्वयं दद्यात्काश्यां नैःश्रेयसीं श्रियम् । तस्मात्सर्वप्रयत्नेन मानवैर्मोक्षकांक्षिभिः
Ce double hymne, offert à Kāśī, accorde la prospérité suprême qui mène à la délivrance. Ainsi, ceux qui aspirent au mokṣa doivent le préserver avec tous leurs efforts.
Verse 74
एतत्स्तोत्रद्वयं जप्यं त्यक्त्वा स्तोत्राण्यनेकशः । प्रपंच आवयोरेव सर्व एष चराचरः
Ce double hymne doit être récité, en laissant de côté d’innombrables autres hymnes. Car tout cet univers, mobile et immobile, est vraiment la manifestation des Deux auxquels s’adresse la louange.
Verse 75
तदावयोःस्तवादस्मान्निष्प्रपंचो जनो भवेत् । समृद्धिमाप्य महतीं पुत्रपौत्रवतीमिह
Par cet hymne de louange aux Deux, l’être devient libre de l’enchevêtrement de la prolifération mondaine. Et, ayant obtenu ici une grande prospérité—comblée de fils et de petits-fils—(il est ensuite élevé au-delà).
Verse 76
अंते निर्वाणमाप्नोति जपन्स्तोत्रमिदं नरः । अन्यच्च शृणु सप्ताश्व ग्रहराज दिवाकर
À la fin, l’homme qui récite cet hymne atteint le nirvāṇa. Et encore—écoute, ô Toi aux sept chevaux, roi des planètes, ô Soleil !
Verse 77
त्वया प्रतिष्ठितं लिंगं गभस्तीश्वरसंज्ञितम् । सेवितं भक्तिभावेन सर्वसिद्धिसमर्पकम्
Le liṅga établi par toi, nommé Gabhastīśvara, est adoré avec ferveur dévotionnelle et accorde toute siddhi et tout accomplissement.
Verse 78
त्वया गभस्तिमालाभिश्चांपेयांबुजकांतिभिः । यदर्चित्वैश्वरं लिंगं सर्वभावेन भास्कर
Ô Bhāskara, tu as vénéré le liṅga du Seigneur avec des guirlandes de tes rayons, éclatants comme le campaka d’or et les lotus, offrant tout ton être dans la dévotion.
Verse 79
गभस्तीश्वर इत्याख्यां ततो लिंगमवाप्स्यति । अर्चयित्वा गभस्तीशं स्नात्वा पंचनदे नरः
Ensuite, le liṅga sera connu sous le nom de « Gabhastīśvara ». Celui qui vénère Gabhastīśa et se baigne à Pañcanada obtient le mérite promis.
Verse 80
न जातु जायते मातुर्जठरे धूतकल्मषः । इमां च मंगलागौरीं नारी वा पुरुषोपि वा
Celui dont les fautes ont été lavées ne renaît jamais plus dans le sein d’une mère. Et ce rite de Maṅgalāgaurī peut être accompli, par une femme ou même par un homme.
Verse 81
चैत्रशुक्लतृतीयायामुपोषणपरायणः । महोपचारैः संपूज्य दुकूलाभरणादिभिः
Au troisième jour clair du mois de Caitra, voué au jeûne, qu’on adore (Maṅgalāgaurī) avec de grandes offrandes : étoffes fines, parures et autres présents.
Verse 82
रात्रौ जागरणं कृत्वा गीतनृत्यकथादिभिः । प्रातः कुमारीः संपूज्य द्वादशाच्छादनादिभिः
Après avoir veillé la nuit avec chants, danses, récitations et autres, puis, au matin, avoir honoré comme il se doit de jeunes vierges en leur offrant douze vêtements/couvertures et d’autres dons, l’observance s’accomplit.
Verse 83
संभोज्यपरमान्नाद्यैर्दत्त्वान्येभ्योपि दक्षिणाम् । होमं कृत्वा विधानेन जातवेदस इत्यृचा
Après avoir rassasié les hôtes honorés de mets exquis et avoir donné aussi la dakṣiṇā aux autres, qu’on accomplisse le homa selon la règle, avec le verset du Ṛgveda commençant par « Jātavedasa… »
Verse 84
अष्टोत्तरशताभिश्च तिलाज्याहुतिभिः प्रगे । एकं गोमिथुनं दत्त्वा ब्राह्मणाय कुटुंबिने
À l’aube, avec cent huit oblations de sésame et de ghee, et en offrant une paire de vaches à un brāhmaṇa chef de maison, le rite s’accomplit pleinement.
Verse 85
श्रद्धया समलंकृत्य भूषणैर्द्विजदंपती । भोजयित्वा महार्हान्नैः प्रीयेतां मंगलेश्वरौ
En parant avec foi le couple de dvijas d’ornements, puis en les nourrissant de mets précieux, on réjouit le couple divin Maṅgaleśvara et Maṅgalā.
Verse 86
इति मंत्रं समुच्चार्य प्रातः कृत्वाथ पारणम् । न दुर्भगत्वमाप्नोति न दारिद्र्यं कदाचन
Ainsi, après avoir récité le mantra et, le matin, accompli le pāraṇa, le repas de clôture, on ne rencontre jamais l’infortune, et la pauvreté ne survient en aucun temps.
Verse 87
न वै संतानविच्छित्तिं भोगोच्छित्तिं न जातुचित् । स्त्री वैधव्यं न चाप्नोति न नायोषिद्वियोगभाक्
Il n’y a ni rupture de la lignée, ni perte des jouissances en aucun temps. La femme n’atteint pas le veuvage, et l’homme ne devient pas séparé de son épouse.
Verse 88
पापानि विलयं यांति पुण्यराशिश्च लभ्यते । अपि वंध्या प्रसूयेत कृत्वैतन्मंगलाव्रतम्
Les péchés se dissolvent et l’on obtient un amas de mérite. Même une femme stérile peut enfanter en accomplissant ce vœu de bon augure, le Maṅgalā-vrata.
Verse 89
एतद्व्रतस्य करणात्कुरूपत्वं न जातुचित् । कुमारी विंदतेत्यंतं गुणरूपयुतं पतिम्
En accomplissant ce vœu, la laideur ne surgit jamais. Ainsi, une jeune fille obtient un époux excellent, pourvu de vertus éminentes et d’une belle apparence.
Verse 90
कुमारोपि व्रतं कृत्वा विंदति स्त्रियमुत्तमाम् । संति व्रतानि बहुशो धनकामप्रदानि च
Même un jeune homme, après avoir accompli le vœu, obtient une épouse excellente. En vérité, il existe bien des vœux qui accordent richesse et jouissances désirées.
Verse 91
नाप्नुयुर्जातुचित्तानि मंगलाव्रततुल्यताम् । कर्तव्या चाब्दिकी यात्रा मधौ तस्यां तिथौ नरैः
Ces autres vœux n’atteignent jamais l’égalité avec le Maṅgala-vrata. Et, à cette date lunaire du mois de Madhu, les hommes doivent entreprendre l’observance annuelle du pèlerinage.
Verse 92
सर्वविघ्नप्रशांत्यर्थं सदा काशीनिवासिभिः । अपरं द्युमणे वच्मि तव चात्र तपस्यतः
Afin d’apaiser tous les obstacles, cela doit être accompli sans cesse par les habitants de Kāśī. Et de plus, ô Dyumaṇi, je te dirai encore quelque chose—tout spécialement pour toi qui pratiques ici l’ascèse.
Verse 93
मयूखा एव खे दृष्टा न च दृष्टं कलेवरम् । मयूखादित्य इत्याख्या ततस्ते दितिनंदन
On ne vit dans le ciel que des rayons, et nulle forme corporelle n’apparut. De là naquit le nom « Mayūkhāditya », ô fils de Diti.
Verse 94
त्वदर्चनान्नृणां कश्चिन्न व्याधिः प्रभविष्यति । भविष्यति न दारिद्र्यं रविवारे त्वदीक्षणात्
Par ton culte, nulle maladie n’atteindra les hommes. Et en te contemplant le dimanche, la pauvreté ne naîtra point.
Verse 95
इत्थं मयूखादित्यस्य शिवो दत्त्वा बहून्वरान् । तत्रैवांतर्हितो भूतो रविस्तत्रैव तस्थिवान्
Ainsi Śiva, après avoir accordé à Mayūkhāditya de nombreux bienfaits, disparut sur-le-champ ; et Ravi (le Soleil) demeura établi en ce même lieu.
Verse 96
श्रुत्वाख्यानमिदं पुण्यं मयूखादित्यसंश्रयम् । द्रौपदादित्यसहितं नरो न निरयं व्रजेत्
Celui qui entend ce récit méritoire lié à Mayūkhāditya—avec celui de Draupadāditya—ne se rend pas en enfer.