Adhyaya 27
Vayaviya SamhitaUttara BhagaAdhyaya 2774 Verses

अग्निकार्य-होमविधिः (Agnikārya and Homa Procedure)

L’Adhyāya 27 présente, par l’enseignement d’Upamanyu, la procédure de l’agnikārya : établir et sanctifier le feu rituel, puis accomplir le homa comme culte rendu à Mahādeva. Le chapitre s’ouvre en précisant les lieux et réceptacles autorisés : kuṇḍa (fosse à feu), sthaṇḍila (sol préparé), vedi (autel), ou récipients de fer et d’argile neuve et propice. Après l’installation du feu selon le vidhāna et l’achèvement des consécrations préliminaires (saṃskāra), le pratiquant est invité à adorer Mahādeva et à procéder aux offrandes. Le texte décrit ensuite la conception rituelle : dimensions recommandées du kuṇḍa (un ou deux hasta), formes admises (circulaire ou carrée), construction de la vedi et du maṇḍala. Il introduit des éléments internes tels qu’un lotus à huit pétales (aṣṭadalāmbuja) au centre, des mesures de relief en aṅgula, et la convention de mesure (24 aṅgula = un kara/hasta). D’autres instructions portent sur une à trois mekhalā (bandes d’enceinte), une construction de terre à la fois stable et harmonieuse, des formes yoni alternatives, ainsi que des détails de placement et d’orientation. Sont aussi mentionnés les matériaux et la purification : enduire kuṇḍa/vedi de bouse de vache et d’eau, préparer le maṇḍala avec de l’eau mêlée de bouse de vache, tout en indiquant que certaines mesures de récipients ne sont pas fixées. L’ensemble constitue un plan rituel et architectural du homa śaiva centré sur Mahādeva.

Shlokas

Verse 1

उपमन्युरुवाच । अथाग्निकार्यं वक्ष्यामि कुण्डे वा स्थंडिले ऽपि वा । वेद्यां वा ह्यायसे पात्रे मृन्मये वा नवे शुभे

Upamanyu dit : «À présent je décrirai le rite lié au feu sacré—qu’il soit accompli dans un kuṇḍa (fosse à feu) ou même sur un autel de terre préparé ; ou sur une vedī, ou dans un récipient de fer, ou dans un pot de terre neuf et de bon augure.»

Verse 2

आधायाग्निं विधानेन संस्कृत्य च ततः परम् । तत्राराध्य महादेवं होमकर्म समाचरेत्

Après avoir allumé le feu sacré selon la règle prescrite et l’avoir dûment consacré, qu’on y adore Mahādeva et qu’on accomplisse le rite du homa, l’offrande au feu.

Verse 3

कुण्डं द्विहस्तमानं वा हस्तमात्रमथापि वा । वृत्तं वा चतुरस्रं वा कुर्याद्वेदिं च मण्डलम्

Qu’on fasse un kuṇḍa (fosse à feu) mesurant deux coudées, ou même une seule coudée. Il peut être rond ou carré ; et l’on préparera aussi la vedī et le maṇḍala, le diagramme rituel.

Verse 4

कुण्डं विस्तारवन्निम्नं तन्मध्ये ऽष्टदलाम्बुजम् । चतुरंगुलमुत्सेधं तस्य द्व्यंगुलमेव वा

Le kuṇḍa doit être large et légèrement en creux ; en son milieu doit se trouver un lotus à huit pétales. Sa partie surélevée doit avoir quatre doigts de hauteur—ou, à défaut, seulement deux doigts.

Verse 5

वितस्तिद्विगुणोन्नत्या नाभिमन्तः प्रचक्षते । मध्यं च मध्यमांगुल्या मध्यमोत्तमपर्वणोः

Ils déclarent que la région autour du nombril s’élève à la hauteur de deux vitasti (une empan). Et l’on dit que le « milieu » se trouve sur le majeur, à la jonction de sa phalange médiane et de la phalange supérieure.

Verse 6

अंगुलैः कथ्यते सद्भिश्चतुर्विंशतिभिः करः । मेखलानां त्रयं वापि द्वयमेकमथापि वा

Les vertueux déclarent qu’une « main » (kara) se mesure à vingt-quatre aṅgula (largeurs de doigt). Quant aux ceintures sacrées (mekhalā), on peut en porter trois, ou deux, ou même une seule.

Verse 7

यथाशोभं प्रकुर्वीत श्लक्ष्णमिष्टं मृदा स्थिरम् । अश्वत्थपत्रवद्योनिं गजाधारवदेव वा

Qu’on le façonne avec grâce — lisse, agréable et ferme — au moyen d’une argile bien décantée. Et que sa base (yoni-pīṭha) soit formée soit comme une feuille d’aśvattha, soit comme le socle-support d’un éléphant.

Verse 8

मेखलामध्यतः कुर्यात्पश्चिमे दक्षिणे ऽपि वा । शोभनामग्नितः किंचिन्निम्नामुन्मीलिकां शनैः

Depuis le milieu de la mekhalā (la ligne d’enceinte de l’autel), qu’on la façonne—soit du côté ouest, soit du côté sud. À partir du feu, qu’on aménage lentement une belle ouverture, légèrement en creux, comme issue.

Verse 9

अग्रेण कुण्डाभिमुखीं किंचिदुत्सृज्य मेखलाम् । नोत्सेधनियमो वेद्याः सा मार्दी वाथ सैकती

Que la mēkhalā (ceinture sacrée) soit posée légèrement en avant, tournée vers le kuṇḍa (fosse du feu sacré), en laissant un petit espace devant. Sachez qu’il n’existe pas de règle fixe quant à sa hauteur ou son relief; elle peut être faite d’argile ou de sable.

Verse 10

मंडलं गोशकृत्तोयैर्मानं पात्रस्य नोदितम् । कुण्डं च मृन्मयं वेदिमालिपेद्गोमयांबुना

Avec de l’eau mêlée de bouse de vache, qu’on trace le maṇḍala rituel. La mesure du pātra (récipient) n’est pas prescrite ici séparément. Qu’on prépare aussi un kuṇḍa en terre, et qu’on enduise la vedī (autel) d’eau mêlée de bouse de vache.

Verse 11

प्रक्षाल्य तापयेत्पात्रं प्रोक्षयेदन्यदंभसा । स्वसूत्रोक्तप्रकारेण कुण्डादौ विल्लिखेत्ततः

Après avoir lavé le pātra (vase rituel), qu’on le chauffe puis qu’on l’asperge d’une autre eau purificatrice. Ensuite, selon la manière prescrite dans son propre sūtra rituel, qu’on trace les lignes ou figures requises dans le kuṇḍa et l’espace rituel associé.

Verse 12

संप्रोक्ष्य कल्पयेद्दर्भैः पुष्पैर्वा वह्निविष्टरम् । अर्चनार्थं च होमार्थं सर्वद्रव्याणि साधयेत्

Après avoir purifié le lieu et les matières par l’aspersion d’eau consacrée, qu’on dispose le vahni-viṣṭara (siège du feu) avec de l’herbe darbha ou des fleurs. Pour l’arcanā (culte) et pour le homa (oblations au feu), qu’on prépare dûment toutes les substances rituelles requises.

Verse 13

प्रक्षाल्यक्षालनीयानि प्रोक्षण्या प्रोक्ष्य शोधयेत् । मणिजं काष्ठजं वाथ श्रोत्रियागारसम्भवम्

Tout ce qui doit être lavé doit être lavé ; et tout ce qui doit être purifié par aspersion doit l'être avec de l'eau sanctifiée, qu'il soit fait de gemmes ou de bois.

Verse 14

अन्यं वाभ्यर्हितं वह्निं ततः साधारमानयेत् । त्रिः प्रदक्षिणमावृत्य कुण्डादेरुपरि क्रमात्

Ou bien, qu’on apporte un autre feu sacré dûment honoré et qu’on l’unisse au feu commun du rite. Après avoir accompli trois circumambulations en pradakṣiṇā, dans le sens droit et propice, qu’on avance pas à pas sur la zone au-dessus du kuṇḍa (fosse du feu) et du sol rituel attenant.

Verse 15

वह्निबीजं समुच्चार्य त्वादधीताग्निमासने । योनिमार्गेण वा तद्वदात्मनः संमुखेन वा

Après avoir énoncé distinctement le mantra-graine du feu (vahni-bīja), qu’on le dépose dans le « siège d’Agni » au-dedans de soi — soit par la voie du yoni (canal générateur), soit pareillement devant soi, le visage tourné vers l’intérieur. Ainsi le sādhaka allume le feu purificateur du mantra, afin de trancher les liens (pāśa) et de tourner l’âme (paśu) vers le Seigneur (Pati), Śiva.

Verse 16

नियोगः प्रदेश सर्वं कुंडं कुर्याद्विचक्षणः । स्वनाभ्यंतःस्थितं वह्निं तद्रंध्राद्विस्फुलिंगवद्

Le pratiquant avisé doit, au lieu prescrit, préparer entièrement le kuṇḍa (fosse du feu). Puis, contemplant le feu intérieur établi dans son propre nombril, qu’il l’allume et le fasse jaillir par cette ouverture, tel une étincelle bondissante.

Verse 17

निर्गम्य पावके बाह्ये लीनं बिंबाकृति स्मरेत् । आज्यसंस्कारपर्यंतमन्वाधानपुरस्सरम्

Ayant porté (la conscience) au-dehors, vers le feu sacré extérieur, qu’on médite la forme subtile, telle un emblème, comme fondue en ce feu — en commençant par le rite d’anvādhāna et en poursuivant jusqu’à l’ājya-saṃskāra, la consécration du ghee.

Verse 18

स्वसूत्रोक्तक्रमात्कुर्यान्मूलमन्त्रेण मन्त्रवित् । शिवमूर्तिं समभ्यर्च्य ततो दक्षिणपार्श्वतः

Selon l’ordre prescrit dans son propre sūtra rituel, le connaisseur du mantra doit accomplir l’adoration au moyen du mūla-mantra. Après avoir dûment vénéré la mūrti de Śiva, qu’il se rende ensuite au côté droit (de la divinité ou de l’autel).

Verse 19

न्यस्य मन्त्रं घृते मुद्रां दर्शयेद्धेनुसंज्ञिताम् । स्रुक्स्रुवौ तैजसौ ग्राह्यौ न कांस्यायससैसकौ

Après avoir d’abord déposé (invoqué) le mantra dans le ghṛta (ghee sacré), qu’on manifeste le geste de la main nommé «Dhenumudrā». Pour la louche et la cuillère (sruk et sruva), qu’on prenne des ustensiles d’un métal éclatant ; qu’on n’emploie pas ceux en bronze de cloche, en fer ou en plomb.

Verse 20

यज्ञदारुमयौ वापि स्मार्तौ वा शिल्पसम्मतौ । पर्णे वा ब्रह्मवृक्षादेरच्छिद्रे मध्य उत्थिते

Qu’il soit fait de bois sacrificiel, ou prescrit par les Smṛti, ou approuvé par les canons de l’art sacré; ou même sur une feuille intacte de l’arbre sacré de Brahmā et autres, dressée au centre—de toutes ces manières, on doit ordonner le culte de l’emblème sacré de Śiva.

Verse 21

संसृज्य दर्भैस्तौ वह्नौ संताप्य प्रोक्षयेत्पुनः । पारार्षर्च्यस्वसूत्रोक्तक्रमेण शिवपूर्वकैः

Après avoir disposé ces deux feux sacrés avec l’herbe darbha, qu’il les allume pleinement puis les asperge de nouveau d’eau consacrée. Ensuite, suivant l’ordre enseigné dans son propre sūtra rituel, qu’il honore la lignée des ṛṣi (pārārṣa), en commençant par le Seigneur Śiva.

Verse 22

जुहुयादष्टभिर्बीजैरग्निसंस्कारसिद्धये । भ्रुंस्तुंब्रुश्रुं क्रमेणैव पुंड्रंद्रमित्यतः परम्

Afin d’achever la consécration du feu sacré, qu’on offre des oblations avec les huit bīja-mantra. Dans l’ordre prescrit, (en prononçant) « bhruṃ, stuṃ, bru, śruṃ », puis ensuite « puṃḍraṃ, dram » comme syllabes suivantes, qu’on agisse selon le rite.

Verse 23

बीजानि सप्त सप्तानां जिह्वानामनुपूर्वशः । त्रिशिखा मध्यमा जिह्वा बहुरूपसमाह्वया

Les sept syllabes-semences (bīja) des sept langues du feu sacré doivent être connues dans l’ordre prescrit. La langue du milieu est appelée Triśikhā, invoquée comme celle aux formes multiples.

Verse 24

रक्ताग्नेयी नैरृती च कृष्णान्या सुप्रभा मता । अतिरिक्ता मरुज्जिह्वा स्वनामानुगुणप्रभा

Raktāgneyī et Nairṛtī, ainsi qu’une autre puissance nommée Kṛṣṇā, sont tenues pour Suprabhā. De même, Atiriktā et Marujjihvā brillent d’un éclat conforme à leurs propres noms.

Verse 25

स्वबीजानन्तरं वाच्या स्वाहांतञ्च यथाक्रमम् । जिह्वामंत्रैस्तु तैर्हुत्वाज्यं जिह्वास्त्वेकैकश क्रमात्

Ensuite, après avoir énoncé chaque syllabe-graine (bīja), qu’on prononce, selon l’ordre prescrit, le mantra se terminant par « svāhā ». Par ces « mantras des langues (jihvā) », qu’on verse le ghee dans le Feu, en invoquant, l’une après l’autre, les langues divines d’Agni, conformément au rite.

Verse 26

रं वह्नयेति स्वाहेति मध्ये हुत्वाहुतित्रयम् । सर्पिषा वा समिद्भिर्वा परिषेचनमाचरेत्

Après avoir offert au Feu la triple oblation—en prononçant dans l’ordre « raṁ », « vahnaye (à Agni) » et « svāhā »—qu’on accomplisse ensuite le parisechana (aspersion ou encerclement de l’offrande), soit avec du ghee, soit avec les bois sacrés (samidh).

Verse 27

दीपान्तं परिषिच्याथ समिद्धोमं समाचरेत् । ताः पालाश्यः परा वापि याज्ञिया द्वादशांगुलाः

Ensuite, après avoir aspergé d’eau autour de l’extrémité de la lampe, qu’on accomplisse dûment le homa, l’offrande au feu, avec du bois d’allumage embrasé. Ces baguettes, en bois de Palāśa ou en d’autres bois sacrificiels prescrits, doivent avoir la mesure rituelle de douze largeurs de doigt.

Verse 28

अवक्रा न स्वयं शुष्कास्सत्वचो निर्व्रणाः समाः । दशांगुला वा विहिताः कनिष्ठांगुलिसंमिताः

Ils ne doivent être ni courbés ni naturellement desséchés ; leur peau doit être intacte, sans blessure et d’une égale régularité. La mesure prescrite est de dix largeurs de doigt, comptées selon la largeur de l’auriculaire.

Verse 29

प्रादेशमात्रा वालाभे होतव्याः सकला अपि । दूर्वापत्रसमाकारां चतुरंगुलमायताम्

Tous doivent être offerts à la mesure d’une empan, ayant la forme d’une feuille d’herbe dūrvā, et s’étendant sur quatre largeurs de doigt.

Verse 30

दद्यादाज्याहुतिं पश्चादन्नमक्षप्रमाणतः । लाजांस्तथा सर्षपांश्च यवांश्चैव तिलांस्तथा

Ensuite, qu’on offre l’oblation de ghee ; puis qu’on offre du riz cuit selon la mesure appelée akṣa (petite mesure fixe), et de même des lājā (grains grillés), des graines de moutarde, de l’orge et du sésame, accomplissant ainsi l’ordre prescrit des offrandes dans le rite de Śiva.

Verse 31

सर्पिषाक्तानि भक्ष्याणि लेह्यचोष्याणि सम्भवे । दशैवाहुतयस्तत्र पञ्च वा त्रितयं च वा

Dans ce rite, les offrandes comestibles—mets à manger, à lécher ou à sucer—doivent être préparées mêlées de ghee. Là, les oblations seront offertes dix fois, ou bien cinq fois, ou même trois fois.

Verse 32

होतव्याः शक्तितो दद्यादेकमेवाथ वाहुतिम् । श्रुवेणाज्यं समित्याद्यास्रुचाशेषात्करेण वा

Selon sa capacité, qu’on offre les oblations; même une seule offrande peut être donnée. Le ghee peut être versé avec la louche rituelle; et si elle manque, on peut l’offrir au moyen de bûchettes de combustible et autres, avec une cuillère, voire avec la main.

Verse 33

तत्र दिव्येन होतव्यं तीर्थेनार्षेण वा तथा । द्रव्येणैकेन वा ऽलाभे जुहुयाच्छ्रद्धया पुनः

Dans ce rite, qu’on accomplisse l’oblation avec une offrande divine et consacrée, ou bien avec l’eau sanctifiée d’un tīrtha, ou avec une offrande védique approuvée par les ṛṣi. Et si de telles matières font défaut, qu’on offre néanmoins une seule substance disponible, de nouveau avec une foi inébranlable.

Verse 34

प्रायश्चित्ताय जुहुयान्मंत्रयित्वाहुतित्रयम् । ततो होमविशिष्टेन घृतेनापूर्य वै स्रुचम्

Pour l’expiation (prāyaścitta), qu’il verse dans le feu sacré trois oblations, après les avoir sanctifiées par le mantra. Puis, remplissant la cuillère rituelle (sruva) de ghee spécialement consacré par le homa, qu’il poursuive le rite.

Verse 35

निधाय पुष्पं तस्याग्रे श्रुवेणाधोमुखेन ताम् । सदर्भेन समाच्छाद्य मूलेनांजलिनोत्थितः

Après avoir déposé une fleur devant cela, il plaça la sruva (cuillère rituelle) face contre terre. Puis, la couvrant d’herbe darbha, il se releva depuis la base même du siège/autel, les mains jointes en añjali (vénération).

Verse 36

वौषडंतेन जुहुयाद्धारां तु यवसंमिताम् । इत्थं पूर्णाहुतिं कृत्वा परिषिंचेच्च पूर्ववत्

Avec le mantra se terminant par « vauṣaṭ », qu’il verse dans le feu une offrande continue, mesurée à la taille d’un grain d’orge. Ainsi, après avoir accompli la pūrṇāhuti (oblations finale et complète), qu’il asperge de nouveau l’eau consacrée, comme il fut prescrit auparavant.

Verse 37

तत उद्वास्य देवेशं गोपयेत्तु हुताशनम् । तमप्युद्वास्य वा नाभौ यजेत्संधाय नित्यशः

Ensuite, après avoir congédié avec respect le Seigneur des dieux (Śiva) hors du rite, qu’on conserve avec soin le feu sacré. Ou bien, après avoir congédié aussi ce feu, qu’on accomplisse le culte quotidien en établissant (le point intérieur) au centre du nombril, dans une concentration stable.

Verse 38

अथवा वह्निमानीय शिवशास्त्रोक्तवर्त्मना । वागीशीगर्भसंभूतं संस्कृत्य विधिवद्यजेत्

Ou bien, ayant apporté le feu sacré et suivant la voie enseignée dans les śāstra de Śiva, qu’il consacre dûment ce qui est né du sein de Vāgīśī, puis qu’il le vénère selon le rite.

Verse 39

अन्वाधानं पुनः कृत्वा परिधीन् परिधाय च । पात्राणि द्वन्द्वरूपेण निक्षिप्येष्ट्वा शिवं ततः

Après avoir de nouveau accompli l’anvādhāna (le rite d’allumer et d’établir le feu sacré) et disposé tout autour les baguettes d’enceinte (paridhi), qu’on dépose les vases rituels par paires selon l’ordre prescrit; puis, suivant la règle, qu’on rende culte au Seigneur Śiva.

Verse 40

संशोध्य प्रोक्षणीपात्रं प्रोक्ष्यतानि तदंभसा । प्रणीतापात्रमैशान्यां विन्यस्या पूरितं जलैः

Après avoir purifié le vase d’aspersion (prokṣaṇī), qu’on asperge avec cette même eau les objets rituels. Puis, en plaçant le vase praṇītā dans la direction du nord-est (Īśāna), qu’on l’y établisse rempli d’eau.

Verse 41

आज्यसंस्कारपर्यंतं कृत्वा संशोध्य स्रक्स्रुवौ । गर्भाधानं पुंसवनं सीमन्तोन्नयनं ततः

Après avoir accompli les rites jusqu’à l’ājya-saṃskāra (la consécration du ghee) et purifié la guirlande ainsi que la louche, qu’on poursuive ensuite avec les saṃskāra : garbhādhāna (conception), puṃsavana (pour engendrer un enfant digne) et sīmantonnayana (la cérémonie de la raie des cheveux de la femme enceinte).

Verse 42

कृत्वा पृथक्पृथग्घुत्वा जातमग्निं विचिन्तयेत् । त्रिपादं सप्तहस्तं च चतुःशृंगं द्विशीर्षकम्

Après avoir accompli les oblations séparément et selon la règle, qu’on médite sur le Feu sacré nouvellement allumé : à trois pieds, sept mains, quatre cornes et deux têtes.

Verse 43

मधुपिंगं त्रिनयनं सकपर्देन्दुशेखरम् । रक्तं रक्ताम्बरालेपं माल्यभूषणभूषितम्

Il est d’une teinte dorée comme le miel, doté de trois yeux, et porte les mèches emmêlées (jaṭā) couronnées du croissant de lune. Il apparaît sous une forme rouge, paré de vêtements rouges et d’onguents rouges, et embelli de guirlandes et d’ornements.

Verse 44

सर्वलक्षणसंपन्नं सोपवीतं त्रिमेखलम् । शक्तिमन्तं स्रुक्स्रुवौ च दधानं दक्षिणे करे

Il était pourvu de tous les signes de bon augure, portant l’upavīta (cordon sacré) et la triple ceinture. Doué de puissance spirituelle, il tenait dans la main droite le srūk (louche) et le srūva (petite cuillère d’offrande).

Verse 45

तोमरं तालवृंतं च घृतपात्रं तथेतरैः । जातं ध्यात्वैवमाकारं जातकर्म समाचरेत्

En visualisant le nouveau-né sous une telle forme—comme lié à une lance, à une tige de palmier, à un vase de ghee (ghṛta) et à d’autres objets de bon augure—qu’on accomplisse ensuite selon le rite la cérémonie de naissance (jātakarma).

Verse 46

नालापनयनं कृत्वा ततः संशोध्य सूतकम् । शिवाग्निरुचिनामास्य कृत्वाहुतिपुरस्सरम्

Après avoir accompli le rite de nālāpanayana pour écarter l’impureté, puis s’être purifié de l’état de souillure rituelle (sūtaka), qu’on établisse le feu sacré nommé « Śivāgniruci » et qu’on commence par y offrir des oblations (āhuti).

Verse 47

पित्रोर्विसर्जनं कृत्वा चौलोपनयनादिकम् । अप्तोर्यामावसानान्तं कृत्वा संस्कारमस्य तु

Après avoir accompli comme il se doit les rites de congé pour les parents, et aussi les saṃskāra commençant par la tonsure (cauḷa) et l’initiation au cordon sacré (upanayana), et après avoir mené le rite jusqu’à son terme, l’Aptoryāma final, qu’on accomplisse alors ses (autres) saṃskāra selon l’ordre prescrit.

Verse 48

आज्यधारादिहोमं च कृत्वा स्विष्टकृतं ततः । रमित्यनेन बीजेन परिषिंचेत्ततः परम्

Après avoir accompli le homa commençant par l’ājyadhārā (le flot d’offrande de ghee) puis le rite conclusif nommé sviṣṭakṛt, qu’on asperge ensuite (la substance consacrée) du bīja-mantra « ram », comme étape suivante.

Verse 49

ब्रह्मविष्णुशिवेशानां लोकेशानां तथैव च । तदस्त्राणां च परितः कृत्वा पूजां यथाक्रमम्

Puis, selon l’ordre convenable, qu’on accomplisse le culte—de Brahmā, de Viṣṇu, de Śiva et d’Īśāna; des Lokapāla, gardiens des mondes, également; et aussi de leurs armes divines—en déposant les offrandes tout autour selon la séquence prescrite.

Verse 50

धूपदीपादिसिद्ध्यर्थं वह्निमुद्धृत्य कृत्यवित् । साधयित्वाज्यपूर्वाणि द्रव्याणि पुनरेव च

Afin que la préparation de l’encens, des lampes et des offrandes connexes s’accomplisse avec succès, l’officiant expert doit allumer le feu sacré; puis, après avoir préparé selon la règle les substances—à commencer par le ghee—il doit reprendre et poursuivre le rite.

Verse 51

कल्पयित्वासनं वह्नौ तत्रावाह्य यथापुरा । संपूज्य देवं देवीं च ततः पूर्णांतमाचरेत्

Après avoir disposé un siège (āsana) dans le feu sacré, qu’il y invoque (Śiva) comme on l’a fait auparavant. Puis, après avoir vénéré comme il se doit le Seigneur et la Déesse ensemble, qu’il accomplisse jusqu’à son terme le rite final, la pūrṇāhuti.

Verse 52

अथ वा स्वाश्रमोक्तं तु वह्निकर्म शिवार्पणम् । बुद्ध्वा शिवाश्रमी कुर्यान्न च तत्रापरो विधिः

Ou bien, sachant que le rite du feu prescrit selon son propre āśrama (étape de vie) doit être offert à Śiva, le dévot établi dans la discipline de Śiva l’accomplira ainsi ; en cela, il n’existe pas d’autre règle distincte.

Verse 53

शिवाग्नेर्भस्मसंग्राह्यमग्निहोत्रोद्भवं तु वा । वैवाहोग्निभवं वापि पक्वं शुचि सुगंधि च

Qu’on recueille le bhasma (cendre sacrée) du feu consacré à Śiva ; ou bien la cendre issue de l’Agnihotra ; ou encore celle du feu sacré du mariage. Elle doit être bien consumée, pure et agréablement parfumée.

Verse 54

कपिलायाः शकृच्छस्तं गृहीतं गगने पतत् । न क्लिन्नं नातिकठिनं न दुर्गन्धं न शोषितम्

On prit une poignée de bouse de la vache Kapilā (fauve). Tandis qu’elle tombait à travers le ciel, elle n’était ni humide, ni trop dure, ni malodorante, ni desséchée : révélant ainsi sa nature merveilleuse et sans souillure.

Verse 55

उपर्यधः परित्यज्य गृह्णीयात्पतितं यदि । पिंडीकृत्य शिवाग्न्यादौ तत्क्षिपेन्मूलमंत्रतः

Si quelque chose est tombé (et s’est rendu impur), qu’on évite de le toucher par le haut ou par le bas. Qu’on le recueille, qu’on en fasse une boule, puis qu’on le jette dans le Feu de Śiva (le feu rituel consacré), en récitant le mantra racine, afin de rétablir la pureté rituelle par le mantra et le feu de Śiva.

Verse 56

अपक्वमतिपाक्वं च संत्यज्य भसितं सितम् । आदाय वा समालोड्य भस्माधारे विनिक्षिपेत्

Rejetant la cendre insuffisamment brûlée ou trop brûlée, qu’on prenne la cendre blanche et pure. Puis, l’ayant recueillie et soigneusement tamisée, qu’on la dépose dans un récipient approprié destiné à la bhasma.

Verse 57

तैजसं दारवं वापि मृन्मयं शैलमेव च । अन्यद्वा शोभनं शुद्धं भस्माधारं प्रकल्पयेत्

Qu’on prépare un réceptacle pour la bhasma—en métal, en bois, en argile ou en pierre; ou tout autre vase beau et pur—afin que la bhasma soit convenablement conservée pour le culte.

Verse 58

समे देशे शुभे शुद्धे धनवद्भस्म निक्षिपेत् । न चायुक्तकरे दद्यान्नैवाशुचितले क्षिपेत्

Qu’on dépose la bhasma en un lieu égal, propice et pur, en la considérant comme un trésor précieux. Qu’on ne la remette pas à une main indigne, et qu’on ne la jette jamais sur un sol impur.

Verse 59

न संस्पृशेच्च नीचांगैर्नोपेक्षेत न लंघयेत् । तस्माद्भसितमादाय विनियुंजीत मन्त्रतः

Qu’on ne laisse pas la bhasma être touchée par des membres impurs, qu’on ne la néglige pas, et qu’on ne transgresse pas sa sainteté. Ainsi, prenant la bhasma, qu’on ne l’applique et ne l’emploie qu’en accord avec le mantra, avec une révérence rituelle.

Verse 60

कालेषूक्तेषु नान्यत्र नायोग्येभ्यः प्रदापयेत् । भस्मसंग्रहणं कुर्याद्देवे ऽनुद्वासिते सति

Ce n’est qu’aux temps prescrits—et non à tout autre moment—qu’il convient de la conférer, et jamais à ceux qui n’en sont pas dignes. Que l’on recueille la cendre sacrée (bhasma) seulement tant que la Divinité n’a pas encore été congédiée du rite.

Verse 61

उद्वासने कृते यस्माच्चण्डभस्म प्रजापते । अग्निकार्ये कृते पश्चाच्छिवशास्त्रोक्तमार्गतः

Lorsque l’acte de congédiement (udvāsana) a été accompli, alors—ô Prajāpati—après l’achèvement du rite du feu, qu’on poursuive selon la voie enseignée par le Śiva-śāstra, en appliquant la bhasma consacrée conformément à cette règle.

Verse 62

स्वसूत्रोक्तप्रकाराद्वा बलिकर्म समाचरेत् । अथ विद्यासनं न्यस्य सुप्रलिप्ते तु मण्डले

Ou bien, qu’on accomplisse le rite d’offrande (balikarma) selon la manière prescrite dans son propre sūtra rituel. Ensuite, dans un maṇḍala soigneusement enduit et dûment préparé, qu’on place le siège de la connaissance sacrée (vidyāsana).

Verse 63

विद्याकोशं प्रतिष्ठाप्य यजेत्पुष्पादिभिः क्रमात् । विद्यायाः पुरतः कृत्वा गुरोरपि च मण्डलम्

Après avoir établi comme il se doit le « trésor de la connaissance » (vidyākośa), qu’on le vénère successivement avec des fleurs et autres offrandes. L’ayant placé devant Vidyā, qu’on trace aussi un maṇḍala pour le Guru (et qu’on l’honore selon la règle).

Verse 64

तत्रासनवरं कृत्वा पुष्पाद्यै गुरुमर्चयेत् । ततोनुपूजयेत्पूज्यान् भोजयेच्च बुभुक्षितान्

Là, après avoir préparé un siège excellent, qu’on vénère le Guru avec des fleurs et d’autres offrandes. Ensuite, qu’on honore dûment ceux qui sont dignes de révérence, et qu’on nourrisse aussi les affamés.

Verse 65

ततस्स्वयं च भुंजीत शुद्धमन्नं यथासुखम् । निवेदितं च वा देवे तच्छेषं चात्मशुद्धये

Ensuite, que l’on prenne soi-même une nourriture pure, paisiblement et sans trouble. Ou bien que l’on mange le reste de ce qui a d’abord été offert à la Divinité, car ce saint reste (prasāda) purifie l’être intérieur.

Verse 66

श्रद्दधानो न लोभेन न चण्डाय समर्पितम् । गन्धमाल्यादि यच्चान्यत्तत्राप्येष समो विधिः

Avec foi—jamais par avidité, et jamais offert à un récipiendaire farouche et impur—toutes les autres offrandes, telles que parfums, guirlandes et le reste, relèvent elles aussi de cette même règle du culte juste.

Verse 67

न तु तत्र शिवोस्मीति बुद्धिं कुर्याद्विचक्षणः । भुक्त्वाचम्य शिवं ध्यात्वा हृदये मूलमुच्चरेत्

Mais l’homme avisé ne doit pas nourrir en ce contexte la pensée : « Je suis Śiva ». Après avoir mangé puis accompli l’ācamana, méditant Śiva, qu’il récite dans le cœur le mantra racine (mūla-mantra).

Verse 68

कालशेषं नयेद्योग्यैः शिवशास्त्रकथादिभिः । रात्रौ व्यतीते पूर्वांशे कृत्वा पूजां मनोहराम्

Qu’il fasse passer le temps restant en activités dignes, telles que la récitation et l’entretien sur les śāstra de Śiva. Quand la première partie de la nuit est écoulée, après avoir accompli un culte beau et réjouissant (à Śiva)…

Verse 69

शिवयोः शयनं त्वेकं कल्पयेदतिशोभनम् । भक्ष्यभोज्यांबरालेपपुष्पमालादिकं तथा

Qu’on prépare un seul lit, d’une beauté éclatante, pour Śiva et la Devī réunis; et qu’on offre aussi mets délicats et nourritures cuites, vêtements, onguents parfumés, guirlandes de fleurs et autres présents, afin d’honorer le Couple divin avec amour et vénération.

Verse 70

मनसा कर्मणा वापि कृत्वा सर्वं मनोहरम् । ततो देवस्य देव्याश्च पादमूले शुचिस्स्वपेत्

Après avoir rendu toute chose agréable et de bon augure, par la pensée ou par l’acte, qu’on demeure ensuite dans la pureté et qu’on dorme au pied du Seigneur et de la Déesse, en service dévot.

Verse 71

गृहस्थो भार्यया सार्धं तदन्ये ऽपि तु केवलाः । प्रत्यूषसमयं बुद्ध्वा मात्रामाद्यामुदीरयेत्

Le maître de maison, avec son épouse —et les autres aussi, chacun séparément—, ayant reconnu l’heure de l’aurore, doit proférer la première mātrā, c’est-à-dire le son sacré « Oṃ », au commencement du culte.

Verse 72

प्रणम्य मनसां देवं सांबं सगणमव्ययम् । देशकालोचितं कृत्वा शौचाद्यमपि शक्तितः

S’étant incliné en son esprit devant le Dieu de tous les esprits—Śiva, toujours avec Umā, entouré de ses gaṇas et impérissable—qu’on accomplisse ensuite, selon ce qui convient au lieu et au temps, la purification et les autres observances préliminaires, autant que possible.

Verse 73

शंखादिनिनदैर्दिव्यैर्देवं देवीं च बोधयेत् । ततस्तत्समयोन्निद्रैः पुष्पैरतिसुगंधिभिः

Par des sons divins—tels que celui de la conque sacrée (śaṅkha) et d’autres instruments de bon augure—qu’on réveille le Seigneur et la Déesse. Puis, au moment convenable, qu’on leur offre des fleurs pleinement épanouies, d’un parfum très suave.

Verse 74

निर्वर्त्य शिवयोः पूजां प्रारभेत पुरोदितम्

Après avoir accompli comme il se doit le culte de Śiva et de Śakti, qu’on commence ensuite le rite prescrit d’avance.

Frequently Asked Questions

It teaches agnikārya leading into homa: installing the fire with prescribed consecrations, worshipping Mahādeva at the fire, and then performing the offering-ritual with attention to altar design and purity.

The maṇḍala sacralizes space through geometry, while the eight-petalled lotus functions as a symbolic center (nābhi) of ordered worship—mapping cosmic/inner order onto the ritual ground where Śiva is invoked.

Mahādeva is the primary recipient and focus of worship, approached through Agni as the ritual medium; the chapter emphasizes Śiva’s accessibility through correctly established sacrificial space and fire.