Adhyaya 122
Purva BhagaFourth QuarterAdhyaya 12286 Verses

The Narration of the Trayodaśī Vow Observed Throughout the Twelve Months

Sanātana enseigne à Nārada le Trayodaśī-vrata (treizième jour) selon une logique mensuelle et saisonnière. Le chapitre s’ouvre sur la Trayodaśī claire de Madhu/Caitra : culte de Madana/Ananga (Kāmadeva) avec façonnage au santal, iconographie peinte (arc et flèches de fleurs), pūjā de midi à Kāma avec des épithètes de Vasanta et de Śiva, salutations mantriques et honneur rendu à un couple de brāhmanes. Il développe ensuite un cycle annuel des noms de Kāma et des offrandes, avec des dons prescrits (notamment des chèvres) et des mérites liés au bain dans les rivières. Sont indiqués des moments qui amplifient l’auspice : Mahā Vāruṇī (Vāruṇī coïncidant avec le samedi) et Mahāmahā (Śatabhiṣaj + samedi + quinzaine claire en Phālguna/Madhu). Viennent des vœux distincts : Kāmadeva-vrata (mois de Rādhā), Daurbhāgya-śamana (Trayodaśī claire de Jyeṣṭha) avec fleurs et prières liées au Soleil, installation d’Umā–Maheśvara sur plusieurs jours et cycle de cinq ans, vœu de Rati–Kāma (Nabhas/Śrāvaṇa) achevé en quatorze ans avec pratimā et don de vaches, Gotrirātra (trois nuits) de Lakṣmī–Nārāyaṇa (Bhādrapada) avec pañcāmṛta et mantras de don de vache, et Aśoka-vrata (Īṣa) visant la protection des femmes contre le veuvage. Le pradoṣa de Trayodaśī en Kārttika met l’accent sur l’offrande de lampes et culmine avec l’hymne des cent noms de Śiva. La fin ajoute des prescriptions mensuelles : en Mārgaśīrṣa, culte d’Ananga ; en Pauṣa, dāna d’un récipient de ghee à Hari ; en Māgha, vœu de bain sur trois jours ; en Phālguna, culte de Kubera avec icône de tissu et pratimā d’or. Il est conclu que ces observances apportent prospérité, protection et, finalement, la demeure de Śiva.

Shlokas

Verse 1

सनातन उवाच । अथातः संप्रवक्ष्यामि त्रयोदश्या व्रतानि ते । यानि कृत्वा नरो भक्त्या सुभगो जायते भुवि ॥ १ ॥

Sanātana dit : À présent, je vais t’exposer pleinement les vœux observés au jour de Trayodaśī, le treizième jour lunaire. Celui qui les accomplit avec bhakti devient heureux, favorisé et prospère en ce monde.

Verse 2

मधौ शुक्लत्रयोदश्यां मदनं चन्दनात्मकम् । कृत्वा संपूज्य यत्नेन वीजेयव्द्यजनेन च ॥ २ ॥

Au jour de Trayodaśī de la quinzaine claire du mois de Madhu, qu’on façonne Madana, la divinité de l’amour, en bois de santal; qu’on le vénère avec soin et effort, puis qu’on l’évente avec un éventail rituel.

Verse 3

ततः संक्षुधितः कामः पुत्रपौत्रविवर्द्धनः । अनंगपूजाप्यत्रोक्ता तां निबोध मुनीश्वर ॥ ३ ॥

Ensuite est abordé Kāma, le désir, lorsqu’il s’éveille avec force et qu’on dit qu’il accroît fils et petits-fils; et ici encore est enseigné le culte d’Ananga (Kāma). Comprends cet enseignement, ô seigneur parmi les sages.

Verse 4

सिन्दूररजनीरागैः फलकेऽनंगमालिखेत् । रतिप्रीतियुतं श्लक्ष्णं पुष्पचापेषुधारिणम् ॥ ४ ॥

Avec les pigments de vermillon et de curcuma, qu’on dessine Ananga (Kāma) sur une planche : doux et beau, accompagné de Rati et de Prīti, portant un arc de fleurs et des flèches de fleurs.

Verse 5

कामदेवं वसन्तं च वाजिवक्त्रं वृषध्वजम् । मध्याह्ने पूजयेद्भक्त्या गंधस्रग्भूषणांशुकैः ॥ ५ ॥

À midi, qu’on vénère avec dévotion Kāma-deva, Vasanta (le Printemps), Vājivaktra (la divinité au visage de cheval) et Vṛṣadhvaja (Śiva, dont l’emblème est le taureau), en offrant parfums, guirlandes, parures et beaux vêtements.

Verse 6

क्षभ्यैर्नानाविधैस्चापि मन्त्रेणानेन नारद । नमो माराय कामाय कामदेवस्य मूर्त्तये ॥ ६ ॥

Ô Nārada, avec des offrandes de diverses sortes également, par ce mantra : «Hommage à Māra, à Kāma—à la forme incarnée de Kāmadeva».

Verse 7

ब्रह्मविष्णुशिवेंद्राणां मनःभोभकराय वै । तत्तस्याग्रतो भक्त्या पूजयेदंगनापतिम् ॥ ७ ॥

Avec dévotion, qu’on adore Aṅganāpati devant cette divinité, car il est vraiment le fils né de l’esprit de Brahmā, Viṣṇu, Śiva et Indra.

Verse 8

वस्त्रमाल्याविभूषाद्यैः कामोऽयमिति चिंतयेत् । संपूज्य द्विजदांपत्यं गंधवस्त्रविभूषणैः ॥ ८ ॥

Avec des vêtements, des guirlandes, des ornements et autres, qu’on contemple : «Voici Kāma». Puis, après avoir dûment honoré le couple de brāhmaṇas avec parfums, étoffes et parures, (qu’on agisse en conséquence).

Verse 9

एवं यः कुरुते विप्र वर्षे वर्षे महोत्सवम् । वसंतसमये प्राप्ते हृष्टः पुष्टः सदैव सः ॥ ९ ॥

Ainsi, ô brāhmaṇa, quiconque accomplit cette grande fête d’année en année—lorsque vient la saison du printemps—demeure toujours joyeux et fortifié, dans l’abondance.

Verse 10

प्रतिमासं पूजयेद्वा यावद्वर्षं समाप्यते । मदनं हृद्भवं कामं मन्मथं च रतिप्रियम् ॥ १० ॥

Ou bien qu’on l’adore chaque mois jusqu’à l’achèvement d’une année : Madana, né du cœur ; Kāma ; Manmatha ; le bien-aimé de Rati.

Verse 11

अनंगं चैव कंदर्पं पूजयेन्मकरध्वजम् । कुसुमायुधसंज्ञं च ततः पश्चान्मनोभवम् ॥ ११ ॥

On doit vénérer Kāma aussi sous les noms d’Anaṅga et de Kandarpa; puis comme Makaradhvaja, comme celui qu’on célèbre en tant que Kusumāyudha, et ensuite comme Manobhava.

Verse 12

विषमेषु तथा विप्र मालतीगप्रियमित्यपि । अजाया दानमप्युक्तं स्नात्वा नद्या विधानतः ॥ १२ ॥

De même, ô brāhmane, aux jours inauspicieux (irréguliers) il est dit qu’il faut offrir ce qui est cher, telles les fleurs de mālatī (jasmin) ; et le don d’une chèvre est également prescrit, après s’être baigné dans la rivière selon le rite.

Verse 13

अजाः पयस्विनीर्दद्याद्दरिद्राय कुटुंबिने । भूयस्त्वनेन दानेन स लोके नैव जायते ॥ १३ ॥

Qu’on donne à un chef de famille pauvre des chèvres donnant du lait. Par le mérite de ce don, le donateur ne renaît plus en ce monde.

Verse 14

यदीयं शनिना युक्ता सा महावारुणी स्मृता । गंगायां यदि लभ्येत कोटिसूर्यग्रहाधिका ॥ १४ ॥

Lorsque cette observance/ce temps de Vāruṇī est conjoint à Saturne (Śani), on s’en souvient comme de la « Grande Vāruṇī ». Si elle est obtenue sur le Gaṅgā, son mérite dépasse celui de millions d’éclipses solaires.

Verse 15

शुभयोगः शतर्क्षं च शनौ कामे मधौ सिते । महामहेति विख्याता कुलकोटिविमुक्तिदा ॥ १५ ॥

Quand le Yoga favorable coïncide avec la constellation Śatabhiṣaj (Śatārkṣa) — un samedi, au mois de Kāma (Phālguna) ou de Madhu (Caitra), durant la quinzaine claire — il est renommé « Mahāmahā ». On dit qu’il accorde la délivrance à des crores de sa lignée.

Verse 16

राधशुक्लत्रयोदश्यां कामदेवव्रतं स्मृतम् । तत्र गंधादिभिः कामं पूजयेदुपवासवान् ॥ १६ ॥

Au treizième jour lunaire (Trayodaśī) de la quinzaine claire du mois de Rādha est prescrit le vœu nommé Kāmadeva-vrata. Ce jour-là, celui qui jeûne doit vénérer Kāma avec des parfums et des offrandes semblables.

Verse 17

प्रतिमासं ततः पश्चात्त्रयोदश्यां सिते दले । एवमेव व्रतं कार्यं वर्षांते गामलंकृताम् ॥ १७ ॥

Ensuite, chaque mois—au jour de Trayodaśī de la quinzaine claire—on accomplira ce vœu de la même manière; et à la fin de l’année, on offrira en don conclusif une vache dûment parée.

Verse 18

दद्याद्विप्राय सत्कृत्य व्रतसांगत्वसिद्धये । ज्येष्ठशुक्लत्रयोदश्यां दौर्भाग्यशमनं व्रतम् ॥ १८ ॥

Afin que le vœu s’accomplisse avec toutes ses observances, on offrira respectueusement un don à un brāhmaṇa savant. Ce vœu, pratiqué au jour de Trayodaśī de la quinzaine claire de Jyeṣṭha, est appelé « Daurbhāgya-śamana », le rite qui apaise l’infortune.

Verse 19

तत्र स्नात्वा नदीतोये पूजयेच्छुचिदेशजम् । श्वेतमंदारमर्कं वा करवीरं च रक्तकम् ॥ १९ ॥

Là, après s’être baigné dans l’eau de la rivière, on doit vénérer avec des offrandes pures prises en un lieu sans souillure : telles des fleurs de mandāra blanches, des fleurs d’arka, ou encore du karavīra et des fleurs rouges.

Verse 20

निरीक्ष्य गगने सूर्यं प्रार्थयेन्मंत्रतस्तदा । मंदारकरवीरार्का भवंतो भास्करांशजाः ॥ २० ॥

Puis, levant les yeux vers le Soleil au ciel, on priera avec les mantras prescrits : « Ô Mandāra, Karavīra et Arka—nés des rayons de Bhāskara—soyez favorables ».

Verse 21

पूजिता मम दौर्भाग्यं नाशयंतु नमोऽस्तु वः । इत्थं योऽर्चयते भक्त्या वर्षे वर्षे द्रुमत्रयम् ॥ २१ ॥

Ô vous, une fois honorés, détruisez mon infortune—hommage à vous. Ainsi, quiconque vous adore avec bhakti, d’année en année, la triade des arbres sacrés…

Verse 22

नश्यते तस्य दौर्भाग्यं नात्र कार्या विचारणा । शुचिशुक्लत्रयोदश्यामेकभक्तं समाचरेत् ॥ २२ ॥

Son infortune est détruite—nul besoin d’en douter. Au jour pur de Trayodaśī (treizième) de la quinzaine claire, qu’on observe l’eka-bhakta, ne mangeant qu’une fois.

Verse 23

पूजयित्वा जगन्नाथावुमामाहेश्वरी तनूः । हैम्यौ रौप्यौ च मृन्मप्यौ यथाशक्त्या विधाय च ॥ २३ ॥

Après avoir adoré Jagannātha, Seigneur de l’univers, qu’on adore aussi les formes d’Umā et de Maheśvara; et, selon ses moyens, qu’on les façonne en or, en argent, ou même en argile.

Verse 24

सिंहोक्षस्थे देवगृहे गोष्ठे ब्राह्मणवेश्मनि । स्थापयित्वा प्रतिष्ठाप्य दैवमंत्रेण नारद ॥ २४ ॥

Ô Nārada, après l’avoir placé et l’avoir consacré selon le rite par le mantra divin—sur un siège de lion ou de taureau, dans un temple, une étable, ou la demeure d’un brāhmaṇa—qu’on accomplisse l’installation prescrite.

Verse 25

ततः पंचदिनं पूजा चैकभक्तं व्रतं तथा । तृतीयदिवसे प्रातः स्नात्वा संपूज्य तौ पुनः ॥ २५ ॥

Ensuite, qu’on accomplisse la pūjā durant cinq jours, et qu’on observe aussi le vœu d’eka-bhakta, ne mangeant qu’une fois par jour. Le troisième jour, au matin, après le bain, qu’on adore de nouveau ces deux-là selon le rite complet.

Verse 26

समर्पणीयौ विप्राय वेदवेदांगशालिने । वर्षे वर्षे ततः पश्चाद्विधेयं वर्षपंचकम् ॥ २६ ॥

Qu’on les offre à un brāhmaṇa instruit dans les Veda et les Vedāṅga. Ensuite, d’année en année, qu’on accomplisse une observance s’étendant sur cinq ans.

Verse 27

तदंते धेनुयुग्मेन सहितौ तौ प्रदापयेत् । इत्थं नरो वा नारी वा कृत्वा व्रतमिदं शुभम् ॥ २७ ॥

À son terme, qu’on fasse don de ces deux objets, accompagnés d’une paire de vaches. Ainsi, homme ou femme, ayant accompli de la sorte ce vœu propice, obtient du mérite.

Verse 28

नैव दांपत्यविच्छेदं लभते सप्तजन्मसु । नभः शुक्लत्रयोदश्यां रतिकामव्रतं शुभम् ॥ २८ ॥

Celui qui observe le vœu propice de Rati-Kāma, au treizième jour lunaire (Trayodaśī) de la quinzaine claire du mois de Nabhas (Śrāvaṇa), ne subit pas de séparation conjugale durant sept naissances.

Verse 29

वैधव्यवारणं स्त्रीणां तथा संतानवर्धनम् । कृतोपवासा कन्यैव नारी वा द्विजसत्तम ॥ २९ ॥

Cela écarte le veuvage des femmes et accroît aussi la descendance. Ô meilleur des deux-fois-nés, qu’elle soit jeune fille ou épouse, ayant observé le jeûne, elle obtient ces fruits.

Verse 30

ताम्रे वा मृन्मये वापि सौवर्णे राजते तथा । रतिकामौ प्रविन्यस्य गंधाद्यैः सम्यगर्चयेत् ॥ ३० ॥

Qu’il soit de cuivre, d’argile, d’or ou d’argent, qu’on installe correctement le couple Rati et Kāma, puis qu’on les vénère comme il se doit avec parfums et autres offrandes.

Verse 31

ततस्तु द्विजदांपत्यं चतुर्दश्यां निमंत्र्य च । सतकृत्य भोज्य प्रतिमे दद्यात्ताभ्यां सदक्षिणे ॥ ३१ ॥

Ensuite, au quatorzième jour lunaire (caturdaśī), qu’on invite un couple de brahmanes ; après les avoir honorés comme il se doit et les avoir nourris, qu’on leur remette deux images sacrées (pratimā), avec une dakṣiṇā convenable.

Verse 32

एवं चतुर्दशाब्दं च कृत्वा व्रतमनुत्तमम् । धेनुयुग्मान्विते देये व्रतसंपूर्तिहेतवे ॥ ३२ ॥

Ainsi, après avoir observé ce vœu sans égal durant quatorze années, afin d’en parachever l’accomplissement, qu’on fasse un don accompagné d’une paire de vaches.

Verse 33

भाद्रशुक्लत्रयोदश्यां गोत्रिरात्रव्रतं स्मृतम् । लक्ष्मीनारायणं कृत्वा सौवर्णं वापि राजतम् ॥ ३३ ॥

Au treizième jour lunaire (trayodaśī) de la quinzaine claire de Bhādrapada est prescrit le vœu dit « vœu des trois nuits ». Qu’on façonne Lakṣmī–Nārāyaṇa, en or ou bien en argent.

Verse 34

पंचामृतेन संस्नाप्य मण्डलेऽष्टदले शुभे । पीठे विन्यस्य वस्त्राढ्यं गंधाद्यैः परिपूजयेत् ॥ ३४ ॥

Après avoir baigné (la divinité ou l’emblème sacré) avec le pañcāmṛta, dans un maṇḍala propice à huit pétales, qu’on le place sur un pīṭha ; qu’on l’orne de vêtements, puis qu’on l’adore pleinement avec parfums et autres offrandes.

Verse 35

आरार्तिकं ततः कृत्वा दद्यात्सान्नोदकं घटम् । एवं दिनत्रयं कृत्वा व्रतांते मासमर्च्य च ॥ ३५ ॥

Ensuite, après avoir accompli l’ārati, qu’on offre une jarre (ghaṭa) remplie d’eau avec de la nourriture cuite. Ayant fait ainsi durant trois jours, et à la fin du vœu, qu’on adore encore (la divinité) pendant un mois entier.

Verse 36

सम्यगर्थं च संपाद्य दद्यान्मंत्रेण नारद । पंचगावः समुत्पन्ना मथ्यमाने महोदधौ ॥ ३६ ॥

Après avoir préparé comme il se doit l’offrande requise, ô Nārada, qu’on la présente avec le mantra prescrit. Les cinq produits sacrés de la vache (pañcagavya) surgirent lorsque le grand océan fut baratté.

Verse 37

तासां मध्ये तु या नंदा तस्यै धेन्वै नमो नमः । प्रदक्षिणीकृत्य ततो दद्याद्विप्राय मंत्रतः ॥ ३७ ॥

Parmi ces vaches, celle nommée Nandā : à cette vache, qu’on offre des salutations encore et encore. Puis, après l’avoir contournée avec révérence (pradakṣiṇā), qu’on la donne, avec les mantras convenables, à un brāhmane savant.

Verse 38

गावो ममाग्रतः सन्तु गावो मे संतु पृष्ठतः । गावो मे पार्श्वतः संतु गवां मध्ये वसाम्यहम् ॥ ३८ ॥

Que les vaches soient devant moi ; que les vaches soient derrière moi. Que les vaches soient à mes côtés ; que je demeure au milieu des vaches.

Verse 39

ततश्च द्विजदांपत्यं सम्यगभ्यर्च्य भोजयेत् । लक्ष्मीनारायणं तस्मै सत्कृत्य प्रतिपादयेत् ॥ ३९ ॥

Ensuite, qu’on honore comme il se doit et qu’on nourrisse un couple de brāhmanes ; puis, après les avoir vénérés avec respect, qu’on leur remette une image (ou représentation) de Lakṣmī-Nārāyaṇa.

Verse 40

अश्वमेधसहस्राणि राजसूयशतानि च । कृत्वा यत्फलमाप्नोति गोत्रिरात्रव्रताच्च तत् ॥ ४० ॥

Le mérite que l’on obtient en accomplissant mille sacrifices Aśvamedha et cent sacrifices Rājasūya—ce même fruit s’obtient aussi par le vœu (vrata) de Gotrirātra.

Verse 41

इषे शुक्लत्रयोदश्यां त्रिरात्रशोककव्रतम् । हैमं ह्यशोकं निर्माय पूजयित्वा विधानतः ॥ ४१ ॥

Au treizième jour de la quinzaine claire du mois d’Īṣa, on doit accomplir le vœu de trois nuits nommé Aśoka-vrata ; après avoir façonné en or la forme d’Aśoka (arbre/manifestation divine), on l’honore selon le rite prescrit.

Verse 42

उपवासपरा नारी नित्यं कुर्यात्प्रदक्षिणाः । अष्टोत्तरशतं विप्र मंत्रेणानेन सादरम् ॥ ४२ ॥

Ô brāhmaṇa, la femme vouée au jeûne doit accomplir chaque jour les circumambulations (pradakṣiṇā), au nombre de cent huit, avec dévotion, en récitant ce mantra même.

Verse 43

हरेण निर्मितः पूर्वं त्वमशोक कृपालुना । लोकोपकारकरणस्तत्प्रसीद शिवप्रिय ॥ ४३ ॥

Ô Aśoka, jadis tu fus créé par le compatissant Hari pour le bien du monde ; sois donc favorable—ô bien-aimé de Śiva.

Verse 44

ततस्तृतीये दिवसे वृक्षे तस्मिन्वृषध्वजम् । समभ्यर्च्य विधानेन द्विजं संभोज्य दापयेत् ॥ ४४ ॥

Ensuite, le troisième jour, on doit adorer Vṛṣadhvaja sur cet arbre même selon le rite prescrit ; après avoir nourri un brāhmaṇa, on lui donnera aussi une offrande convenable (dakṣiṇā).

Verse 45

एवं कृतव्रता नारी वैधव्यं नाप्नुयात्क्वचित् । पुत्रपौत्रादि सहिता भर्तुश्च स्यात्सुवल्लभा ॥ ४५ ॥

La femme qui accomplit ainsi le vœu ne tomberait jamais dans le veuvage ; comblée de fils, de petits-fils et autres biens, elle deviendrait aussi extrêmement chère à son époux.

Verse 46

ऊर्ज्जकृष्णत्रयोदश्यामेकभक्तः समाहितः । प्रदोषे तैलदीपं तु प्रज्वाल्याभ्यर्च्य यत्नतः ॥ ४६ ॥

Au treizième jour lunaire (Trayodaśī) de la quinzaine sombre du mois d’Ūrja (Kārttika), que l’on demeure recueilli et concentré, ne prenant qu’un seul repas; puis, au crépuscule (pradoṣa), après avoir allumé une lampe à huile, que l’on adore avec un soin attentif.

Verse 47

गृहद्वारे बहिर्दद्याद्यमो मे प्रीयतामिति । एवं कृते तु विप्रेंद्र यमपीडा न जायते ॥ ४७ ॥

Qu’on dépose une offrande à l’extérieur, près du seuil de la maison, en disant : « Que Yama soit satisfait de moi ». Ainsi accompli, ô le meilleur des brāhmaṇas, la torture de Yama ne se manifeste pas.

Verse 48

ऊर्ज्शुक्लत्रयोदश्यामेकभोजी द्विजोत्तम । पुनः स्नात्वा प्रदोषे तु वाग्यतः सुसमाहितः ॥ ४८ ॥

Ô le meilleur des deux-fois-nés : au Trayodaśī de la quinzaine claire du mois d’Ūrja, qu’il ne prenne qu’un seul repas; puis, au crépuscule (pradoṣa), après s’être baigné de nouveau, qu’il retienne sa parole et demeure parfaitement recueilli.

Verse 49

प्रदीपानां सहस्रेण शतेनाप्यथवा द्विज । प्रदीपयेच्छिवं वापि द्वात्रिंशद्दीपमालया ॥ ४९ ॥

Ô deux-fois-né : avec mille lampes — ou même avec cent — qu’on illumine Śiva; ou bien qu’on l’illumine par une guirlande de trente-deux lampes.

Verse 50

घृतेन दीपयेद्द्वीपान्गंधाद्यैः पूजयेच्छिवम् । फलैर्नानाविधैश्चैव नैवेद्यैरपि नारद ॥ ५० ॥

Ô Nārada, qu’on allume les lampes (sur leurs supports) avec du ghee, qu’on adore Śiva par des parfums et autres offrandes; et qu’on présente aussi des fruits variés et des offrandes de nourriture (naivedya).

Verse 51

ततः स्तुवीत देवेशं शिवं नाम्नां शतेन च । तानि नामानि कीर्त्यंते सर्वाभीष्टप्रदानि वै ॥ ५१ ॥

Alors, qu’on loue Śiva, Seigneur des dieux, par cent noms ; ces noms doivent être récités, car ils accordent véritablement toute grâce souhaitée.

Verse 52

नमो रुद्राय भीमाय नीलकंठाय वेधसे । कपर्द्दिने सुरेशाय व्योमकेशाय वै नमः ॥ ५२ ॥

Hommage à Rudra, le Terrible ; à Nīlakaṇṭha, à la gorge bleue ; à Vedhas, Créateur et Ordonnateur. Hommage à Kapardin, aux cheveux noués ; à Sureśa, Seigneur des dieux ; à Vyomakeśa, dont la chevelure est le ciel même.

Verse 53

वृषध्वजाय सोमाय सोमनाथाय वै नमः । दिगंबराय भृंगाय उमाकांताय वर्द्धिने ॥ ५३ ॥

Hommage au Seigneur au drapeau du taureau ; à Soma ; à Somanātha. Hommage à Digambara, l’ascète vêtu du ciel ; à Bhṛṅga ; et à Umākānta, Celui qui accroît sans cesse et accorde la croissance.

Verse 54

तपोमयाय व्याप्ताय शिपिविष्याय वै नमः । व्यालप्रियाय व्यालाय व्यालानां पतये नमः ॥ ५४ ॥

Hommage à Celui qui est fait d’austérité, qui pénètre tout et qui est Śipiviṣṭa. Hommage à Celui que chérissent les serpents, qui est Lui-même le Serpent puissant et le Seigneur de tous les serpents.

Verse 55

महीधराय व्योमाय पशूनां पतये नमः । त्रिपुरघ्नाय सिंहाय शार्दूलायार्षभाय च ॥ ५५ ॥

Hommage à Mahīdhara, Soutien de la terre ; à Vyoma, le ciel immense ; et à Paśupati, Seigneur de tous les êtres. Hommage au Destructeur de Tripura ; au Lion ; au Tigre ; et aussi au Taureau.

Verse 56

मिताय मितनाथाय सिद्धाय परमेष्ठिने । वेदगीताय गुप्ताय वेदगुह्याय वै नमः ॥ ५६ ॥

Hommage à Celui qui est mesuré (tout en demeurant incommensurable), Seigneur de toute mesure; au Parfait (Siddha), au Souverain suprême (Parameṣṭhin). À Celui que chantent les Veda, le Caché, le plus secret mystère des Veda : à Lui, vraiment, salut.

Verse 57

दीर्घाय दीर्घरूपाय दीर्घार्थाय महीयसे । नमो जगत्प्रतिष्ठाय व्योमरूपाय वै नमः ॥ ५७ ॥

Hommage à Toi—l’Infini; de forme sans bornes et de dessein incommensurable; au Grand. Hommage au fondement de l’univers; hommage, en vérité, à Celui dont la forme est le ciel, l’espace.

Verse 58

कल्याणाय विशिष्याय शिष्टाय परमात्मने । गजकृत्ति धरायाथ अंधकासुरभेदिने ॥ ५८ ॥

Hommage au Paramātman, le Soi suprême—bienfaisant, éminent, vénéré par les justes—à Celui qui porte une peau d’éléphant et qui fendit, détruisit l’asura Andhaka.

Verse 59

नीललोहितशुक्लाय चडमुंडप्रियाय च । भक्तिप्रियाय देवाय यज्ञांतायाव्ययाय च ॥ ५९ ॥

Hommage au Divin—bleu, rouge et blanc; aimé de Caṇḍa et Muṇḍa; qui se réjouit de la bhakti; le Dieu; l’achèvement du yajña; et l’Imperissable.

Verse 60

महेशाय नमस्तुभ्यं महादेवहराय च । त्रिनेत्राय त्रिवेदाय वेदांगाय नमो नमः ॥ ६० ॥

Hommage à Toi, Mahesha; hommage aussi à Mahādeva, Hara. Hommage encore et encore au Trois-Yeux; à Celui qui est la forme même des trois Veda; et à Celui qui incarne les Vedāṅga : salut, salut.

Verse 61

अर्थायार्थस्वरूपाय परमार्थाय वै नमः । विश्वरूपाय विश्वाय विश्वनाथाय वै नमः ॥ ६१ ॥

Hommage à Celui qui est le sens et le but, dont la nature est le sens même, et qui est le Sens suprême. Hommage à Celui dont la forme est l’univers, qui est l’univers, et qui est le Seigneur de l’univers.

Verse 62

शंकराय च कालाय कालावयवरूपिणे । अरूपाय विरूपाय सूक्ष्मसूक्ष्माय वै नमः ॥ ६२ ॥

Hommage à Śaṅkara, qui est aussi le Temps, dont la forme est constituée des membres mêmes du Temps. Hommage à Celui qui est sans forme et pourtant au-delà de toute forme, plus subtil que le plus subtil.

Verse 63

श्मशानवासिने तुभ्यं नमस्ते कृत्तिवाससे । शशांकशेखरायाथ रुद्रभूमिश्रिताय च ॥ ६३ ॥

Hommage à Toi qui demeures au lieu de crémation ; hommage à Toi qui es vêtu d’une peau. Hommage aussi à Celui qui porte la lune en diadème, et à Celui qui réside en la terre sacrée de Rudra.

Verse 64

दुर्गाय दुर्गपाराय दुर्गावयवसाक्षिणे । लिंगरूपाय लिंगाय लिंगानपतये नमः ॥ ६४ ॥

Hommage à la Puissance protectrice (Durgā), qui fait traverser aux êtres toutes les difficultés, témoin de chaque membre et de chaque faculté. Hommage à Celui dont la forme est le Liṅga, qui est le Liṅga lui-même, Seigneur de tous les liṅgas.

Verse 65

नमः प्रभावरूपाय प्रभावार्थाय वै नमः ॥ ६५ ॥

Hommage à Celui dont la forme même est la majesté divine ; oui, hommage à Celui dont le dessein est d’accorder et de manifester cette majesté.

Verse 66

नमो नमः कारणकारणाय ते मृत्युंजयायात्मभवस्वरूपिणे । त्रियंबकाय शितिकंठभार्गिणे गौरीयुजे मंगलहेतवे नमः ॥ ६६ ॥

Hommage, hommage à Toi—cause de toutes les causes; Vainqueur de la Mort; Toi dont la nature est le Soi et la source de tout devenir; Seigneur aux trois yeux, à la gorge bleue, portant la hache Bhārgī; Époux de Gaurī; source même de toute auspiciosité—hommage à Toi.

Verse 67

नाम्नां शतमिदं विप्र पिनाकिगुणकीर्तनम् । पठित्वा दक्षिणीकृत्य प्रायान्निजनिकेतनम् ॥ ६७ ॥

Ô brāhmane, après avoir récité cet ensemble de cent noms—hymne qui chante les vertus de Pinākin (Śiva)—et après avoir offert comme il se doit la dakṣiṇā selon le rite, il partit ensuite vers sa propre demeure.

Verse 68

एवं कृत्वा व्रतं विप्र महादेवप्रसादतः । भुक्त्वेह भोगानखिलानंते शिवपदं लभेत् ॥ ६८ ॥

Ô brāhmane, en accomplissant ainsi le vœu, par la grâce de Mahādeva on jouit ici de tous les plaisirs, et, à la fin, on obtient l’état (demeure) de Śiva.

Verse 69

मार्गशुक्लत्रयोदश्यां योऽनंगं विधिना यजेत् । त्रिकालमेककालं वा शिवसंगमसंभवम् ॥ ६९ ॥

Quiconque, au jour de Trayodaśī (treizième jour lunaire) de la quinzaine claire de Mārgaśīrṣa, vénère Anaṅga (Kāma) selon le rite—trois fois par jour ou même une seule—vénère celui qui naquit de l’union de Śiva (et Śakti).

Verse 70

गन्धाद्यैरुपचारैस्तु पूजयित्वा विधानतः । घटे मंगलपट्टे वा भोजयेद्द्विजदंपती ॥ ७० ॥

Après les avoir honorés selon la règle par des offrandes telles que parfums et autres services respectueux, on doit nourrir le couple de brāhmanes—soit devant le ghaṭa (jarre d’eau consacrée), soit en présence du tissu rituel de bon augure (maṅgala-paṭṭa).

Verse 71

ततश्च दक्षिणां दत्वा स्वयमेकाशनं चरेत् । एवं कृते तु विधिवद्व्रती सौभाग्यभाजनः ॥ ७१ ॥

Ensuite, après avoir offert la dakṣiṇā prescrite, que l’on observe soi-même la discipline de ne prendre qu’un seul repas. Accompli selon la règle, l’observant du vœu devient réceptacle de bonne fortune.

Verse 72

जायते भुवि विप्रेन्द्र महादेवप्रसादतः ॥ ७१ ॥

Ô meilleur des brāhmaṇas, cela se manifeste sur la terre par la grâce de Mahādeva (Śiva).

Verse 73

पौषशुक्लत्रयोदश्यां समभ्यर्च्याच्युतं हरिम् । घृतपात्रं द्विजेन्द्राय प्रदद्यात्सर्वसिद्धये ॥ ७२ ॥

Au jour de Trayodaśī (treizième jour lunaire) de la quinzaine claire de Pauṣa, après avoir adoré comme il se doit Acyuta Hari, qu’on offre à un brāhmaṇa éminent un vase de ghee, afin d’obtenir toutes les siddhi.

Verse 74

माघशुक्लत्रयोदश्यां समारभ्य दिनत्रयम् । माघस्नानव्रतं विप्र नानाकामफलावहम् ॥ ७३ ॥

Ô brāhmaṇa, en commençant au jour de Trayodaśī de la quinzaine claire de Māgha et en le poursuivant trois jours, on entreprend le vœu du bain de Māgha (māgha-snāna-vrata), qui confère les fruits de nombreux désirs.

Verse 75

प्रयागे माघमासे तु त्र्यहं स्नातस्य यत्फलम् । नाश्वमेघसहस्रेण तत्फलं लभते भुवि ॥ ७४ ॥

Le mérite acquis en se baignant trois jours à Prayāga durant le mois de Māgha ne s’obtient pas sur terre, fût-ce en accomplissant mille sacrifices Aśvamedha.

Verse 76

तत्र स्नानं जपो होमो दानं चानंत्यमश्नुते । फाल्गुने तु सिते पक्षे त्रयोदश्यामुपोषितः ॥ ७५ ॥

Là, le bain sacré, la récitation (japa), l’offrande au feu (homa) et le don (dāna) confèrent un mérite impérissable. Au mois de Phālguna, durant la quinzaine claire, celui qui jeûne au treizième jour lunaire (Trayodaśī) obtient ce fruit infaillible.

Verse 77

नमस्कृत्य जगन्नाथं प्रारंभे धनदव्रतम् । महाराजं यक्षपतिं गंधाद्यैरुपचारकैः ॥ ७६ ॥

Au commencement, après s’être prosterné devant Jagannātha, Seigneur de l’univers, (qu’on adore) le grand roi Dhanada (Kubera), maître des Yakṣas, par des offrandes et des services rituels tels que des onguents parfumés et autres.

Verse 78

लिखितं वर्णकैः पट्टे पूजयेद्भक्तिभावतः । एवं शुक्लत्रयोदश्यां प्रतिमासं द्विजोत्तम ॥ ७७ ॥

Après l’avoir fait écrire et peindre en couleurs sur une étoffe, qu’on l’adore avec un cœur de bhakti. Ainsi, à chaque Trayodaśī de la quinzaine claire, mois après mois, ô meilleur des deux-fois-nés.

Verse 79

संपूजयेत्सोपवासश्चैकभुक्तो भवेन्नरः । ततो व्रतांते तु पुनः सौवर्णं धननायकम् ॥ ७८ ॥

Que l’on adore avec une révérence entière, en observant le jeûne et en ne prenant qu’un seul repas. Puis, à la fin du vœu, qu’on offre de nouveau une image d’or de Kubera, seigneur des richesses.

Verse 80

विधाय निधिभिः सार्द्धं सौवर्णाभिर्द्विजोत्तम । उपचारैः षोडशभिः स्नानैः पंचामृतादिभिः ॥ ७९ ॥

Ô meilleur des brahmanes, après avoir dûment disposé trésors et offrandes d’or, qu’on honore (la divinité) par les seize modes de service, en accomplissant des bains rituels avec le pañcāmṛta et d’autres substances sacrées.

Verse 81

नैवेद्यैर्विविधैर्भक्त्या पूजयेत्तु समाहितः । ततो धेनुमलंकृत्य वस्त्रस्रग्गंधभूषणैः ॥ ८० ॥

L’esprit concentré, qu’on adore la Divinité avec bhakti en offrant divers naivedya (mets consacrés). Puis, qu’on pare la vache de vêtements, de guirlandes, de parfums et d’ornements, et qu’on poursuive l’acte rituel prescrit.

Verse 82

सवत्सां दापयेद्विप्र सम्यग्वेदविदे शुभाम् । संभोज्य विप्रान्मिष्टान्नैर्द्वादशाथ त्रयोदश ॥ ८१ ॥

Ô brāhmaṇa, qu’on offre comme il se doit une belle vache avec son veau à un digne connaisseur des Veda. Puis, après avoir régalé les brāhmaṇas de mets doux et savoureux, qu’on accomplisse le douzième et le treizième rite, selon la prescription.

Verse 83

गुरुं समर्च्य वस्त्राद्यैः प्रतिमां तां निवेदयेत् । द्विजेभ्यो दक्षणां शक्त्या दत्वा नत्वा विसृज्य च ॥ ८२ ॥

Après avoir honoré le Guru comme il convient par des vêtements et d’autres offrandes, qu’on présente cette image sacrée (pratimā). Puis, ayant donné selon ses moyens la dakṣiṇā aux dvija, qu’on s’incline avec respect et qu’on conclue le rite en les congédiant dignement.

Verse 84

स्वयं भुंजीत मतिमानिष्टैः सह समाहितः । एवं कृते व्रते विप्र निर्धनः प्राप्य वैभवम् ॥ ८३ ॥

Que l’homme avisé, l’esprit recueilli, prenne son repas de sa propre main avec ceux qu’il aime. Accompli ainsi, ce vœu (vrata) fait obtenir prospérité et abondance, même à un brāhmaṇa démuni.

Verse 85

मोदते भुवि विख्यातो राजराज इवापरः ॥ ८४ ॥

Célèbre dans le monde, il se réjouit sur la terre tel un autre empereur parmi les rois.

Verse 86

इति श्रीबृहन्नारदीयपुराणे पूर्वभागे बृहदुपाख्याने द्वादशमासस्थितत्रयोदशीव्रतकथनं नाम द्वाविंशदधिकशततमोऽध्यायः ॥ १२२ ॥

Ainsi s’achève, dans le Śrī Bṛhannāradīya Purāṇa—au sein du Pūrva-bhāga et du Bṛhad-upākhyāna—le cent vingt-deuxième chapitre, intitulé : «Récit du vœu de Trayodaśī observé durant les douze mois».

Frequently Asked Questions

Trayodaśī is presented as a repeatable calendrical hinge for vrata-kalpa, where timing (tithi plus weekday/nakṣatra/yoga) amplifies merit; the text links it to prosperity (Kubera, dāna), lineage outcomes (progeny), marital stability (Rati–Kāma), and Śaiva grace (pradoṣa lamp-worship culminating in Śiva’s abode).

It specifies iconographic construction (sandalwood Madana; painted Ananga with flower-bow and arrows), a focused mantra salutation to Māra/Kāma, seasonal embedding in Vasanta, and a structured extension across months via multiple epithets (Madana, Manmatha, Kandarpa, Makaradhvaja, Kusumāyudha, Manobhava).

Nearly every vow includes brahmin-couple honoring, feeding, and dakṣiṇā, along with major dānas (cow/calf, goats, ghee vessel, pratimā gifts), framing personal merit as inseparable from redistribution and ritual hospitality.

The Kārttika Trayodaśī portion emphasizes pradoṣa-time discipline (single meal, twilight bathing, restraint), large-scale dīpa-dāna (100–1000 lamps or 32-lamp garland), and a hundred-name praise that is said to grant desired boons and culminate in attaining Śiva’s state.