
Chapter Arc: Yudhishthira arrives at the forest lake and beholds a dreadful sight: Arjuna’s bow and arrows scattered, and his brothers—Arjuna, Bhima, Nakula, Sahadeva—lying fallen and motionless, as if life has fled them. → Grief-stricken, he searches for signs of wounds and finds none—no weapon-strikes, no footprints—only an uncanny stillness, convincing him that some vast, unseen being has struck them down. A disembodied Yaksha voice asserts dominion over the water and demands that Yudhishthira answer questions before drinking. → The Yaksha unleashes a cascade of riddling questions—about the self, fate, friendship, livelihood, refuge, and the essence of dharma—and Yudhishthira answers with steady clarity, refusing temptation and speaking of compassion, restraint of mind, and the enduring bond of the good. → Pleased, the Yaksha reveals his identity and power, admits he has felled the brothers, and—moved by Yudhishthira’s truthfulness and dharmic insight—grants boons that lead toward the restoration of the fallen brothers and the safeguarding of the Pandavas’ forest-journey. → The Yaksha’s final condition and the precise choice Yudhishthira must make (whom to revive and why) hangs over the scene, testing dharma against affection and strategy.
Verse 1
(दाक्षिणात्य अधिक पाठका ३ श्लोक मिलाकर कुल ४५३६ “लोक हैं।) हू... “+(>9) #:६.# #25-१ त्रयोदशाधिकत्रिशततमो< ध्याय: यक्ष और युधिष्ठिरका प्रश्नोत्तर तथा युधिष्ठिरके उत्तरसे संतुष्ट हुए यक्षका चारों हल जीवित होनेका वरदान ना वैशग्पायन उवाच स ददर्श हतान् भ्रातूँललोकपालानिव च्युतान् | चुगान्ते समनुप्राप्ते शक्रप्रतिमगौरवान्
Vaiśampāyana dit : Yudhiṣṭhira vit ses frères gisant morts au bord du lac, comme si les gardiens des mondes eux-mêmes étaient tombés de leurs charges à la fin d’un âge. Ils avaient l’éclat et la dignité d’Indra, et les voilà renversés, immobiles — image qui prépare le dialogue à venir sur la retenue, la vérité et le dharma face au deuil.
Verse 2
विनिकीर्णभनुर्बाणं दृष्टवा निहतमर्जुनम् । भीमसेनं यमौ चैव निर्विचेष्टान् गतायुष:
Vaiśaṃpāyana dit : Voyant Arjuna gisant mort, l’arc et les flèches épars, et voyant aussi Bhīmasena et les deux jumeaux — sans vie, immobiles — Yudhiṣṭhira, fils de Dharma aux bras puissants, éclata en une longue plainte, sans retenue. Cette scène le confrontait d’un même coup à l’effondrement du devoir fraternel et de la charge royale; son chagrin montait à la fois de l’amour et du choc moral devant une chute si soudaine.
Verse 3
स दीर्घमुष्णं नि:श्वस्य शोकबाष्पपरिप्लुत: । तान् दृष्टवा पतितान् भ्रातृन् सर्वाश्विन्तासमन्वितः
Après avoir tiré un long souffle brûlant, les yeux noyés de larmes de chagrin, Dharmaputra Yudhiṣṭhira, aux bras puissants, regarda ses frères tombés et, accablé de mille inquiétudes, se lamenta longuement. La scène souligne le poids moral de la parenté et de la responsabilité : la douleur du roi juste n’est pas seulement une perte intime, mais l’écrasante conscience que le devoir est menacé lorsque les siens sont abattus.
Verse 4
ननु त्वया महाबाहो प्रतिज्ञातं वृकोदर
Vaiśaṃpāyana dit : «Ô Vṛkodara aux bras puissants, n’as-tu pas prononcé ce vœu solennel ?» Ainsi le Dharmaputra (Yudhiṣṭhira), aux bras puissants, se lamenta longuement. Voyant ses frères gisant à terre et les serments du guerrier comme rendus vains, il fut submergé de chagrin et d’angoisse ; et ses paroles se tournèrent vers le poids moral des promesses faites au nom du dharma et de l’honneur du sang.
Verse 5
सुयोधनस्य भेत्स्यामि गदया सक्थिनी रणे | व्यर्थ तदद्य मे सर्व त्वयि वीर निपातिते
Vaiśaṃpāyana dit : «Au combat, je briserai de ma massue les deux cuisses de Suyodhana. Mais aujourd’hui, ô héros, toute ma résolution est devenue vaine, puisque tu es tombé.» Ainsi le Dharmaputra, aux bras puissants, se lamenta longuement—accablé par l’effondrement de l’espérance juste et par le triomphe apparent de l’adharma lorsque les vaillants sont abattus.
Verse 6
मनुष्यसम्भवा वाचो विधर्मिण्य: प्रतिश्रुता:
Vaiśaṃpāyana dit : «Des paroles nées de la faiblesse humaine—des promesses qui s’écartent du dharma—ont été prononcées.» Voyant le désastre devant lui, le Dharmaputra Yudhiṣṭhira, aux bras puissants, s’abîma dans le chagrin et se lamenta longuement.
Verse 7
देवाश्वापि यदावोचन् सूतके त्वां धनंजय
Vaiśaṃpāyana dit : «Ô Dhanaṃjaya, lors même des rites de ta naissance, les dieux ont parlé de toi», et le Dharmaputra, aux bras puissants, se lamenta longuement. Le verset présente la douleur de Yudhiṣṭhira comme aggravée par le souvenir des assurances divines quant à la grandeur promise d’Arjuna, mettant en relief la tension morale entre la foi dans une vertu prédite et l’écrasante immédiateté d’une perte qui semble avérée.
Verse 8
सहस्राक्षादनवर: कुन्ति पुत्रस्तवेति वै । उत्तरे पारियात्रे च जगुर्भूतानि सर्वश:
Vaiśaṃpāyana dit : «En vérité, tous les êtres, partout—dans la région septentrionale de Pāriyātra comme au-delà—ont proclamé : “Ce fils de Kuntī n’est en rien inférieur à Indra aux mille yeux.”»
Verse 9
धर्मपुत्रो महाबाहुर्विललाप सुविस्तरम् । अर्जुन मरे पड़े थे; उनके धनुष-बाण इधर-उधर बिखरे थे। भीमसेन और नकुल-सहदेव भी प्राणरहित हो निश्रेष्ट हो गये थे। इन सबको देखकर युधिष्ठिर गरम-गरम लंबी साँसें खींचने लगे। उनके नेत्रोंसे शोकके आँसू उमड़कर उन्हें भिगो रहे थे। अपने समस्त भ्राताओंको इस प्रकार धराशायी हुए देख महाबाह धर्मपुत्र युधिष्ठिर गहरी चिन्तामें डूब गये और देरतक विलाप करते रहे-- “धनंजय! जब तुम्हारा जन्म हुआ था
Vaiśaṃpāyana said: The mighty-armed Dharmaputra (Yudhiṣṭhira) lamented at length. Seeing Arjuna fallen as if dead, his bow and arrows scattered, and Bhīmasena as well as Nakula and Sahadeva lying lifeless and inert, Yudhiṣṭhira drew hot, heavy breaths; tears of grief welled up and drenched him. Overwhelmed by anxiety at the sight of all his brothers struck down, he mourned for a long time: “Dhanañjaya! At your birth even the gods declared, ‘Kuntī, this son of yours will be in no way inferior to Indra of the thousand eyes.’ And on the northern Pāriyātra mountain all beings spoke of you thus: ‘This Arjuna will swiftly restore the lost royal fortune of the Pāṇḍavas. In battle none will conquer him, nor will he refrain from conquering others.’”
Verse 10
सो<यं मृत्युवशं यात: कथं जिष्णुर्महाबल: । अयं ममाशां संहत्य शेते भूमौ धनंजय:
Vaiśaṃpāyana said: “How has this mighty Jiṣṇu (Arjuna) come under the dominion of death? Here lies Dhanaṃjaya on the ground, as though he has struck down my very hope.” Seeing this, the strong-armed Dharmaputra (Yudhiṣṭhira) lamented at length—his grief rising from the shock that even the most valiant can fall, and from the ethical burden of witnessing the collapse of one’s refuge and duty-bound companions.
Verse 11
रणे प्रमत्तौ वीरौ च सदा शत्रुनिबर्हणी
Vaiśaṃpāyana said: Seeing those two heroes—ever intoxicated with battle and always the destroyers of their foes—the mighty-armed Dharmaputra (Yudhiṣṭhira) lamented at length. The verse frames Yudhiṣṭhira’s grief as an ethical shock: warriors famed for invincibility and righteous prowess appear suddenly brought under an enemy’s power, provoking sorrow, reflection, and a crisis of confidence in the order of dharma amid calamity.
Verse 12
कथं रिपुवशं यातौ कुन्तीपुत्रौ महाबलौ । यौ सर्वास्त्राप्रतिहती भीमसेनधनंजयौ
Vaiśaṃpāyana said: “How have the mighty sons of Kuntī fallen under the enemy’s power—Bhīmasena and Dhanaṃjaya, who are unassailable by any weapon?” Seeing his brothers laid low, the strong-armed Dharmaputra (Yudhiṣṭhira) was overwhelmed by grief and lamented at length. The passage underscores the shock of apparent defeat of the righteous and the moral anguish of a leader who must face calamity without losing steadiness in dharma.
Verse 13
अश्मसारमयं नून॑ हृदयं मम दुर्हदः । यमौ यदेतौ दृष्टवाद्य पतितौ नावदीर्यते
Vaiśaṃpāyana said: “Surely my heart—wicked as I am—is made of stone and iron, since even today, on seeing these twin brothers fallen to the ground, it does not split apart.” Thus the mighty-armed Dharmaputra (Yudhiṣṭhira), overwhelmed by grief and self-reproach, lamented at length—his sorrow expressing both fraternal love and the moral shock of witnessing the collapse of those he is bound to protect.
Verse 14
शास्त्रज्ञा देशकालज्ञास्तपोयुक्ता: क्रियान्विता: । अकृत्वा सदृशं कर्म कि शेध्वं पुरुषर्षभा:
Vaiśaṃpāyana dit : «Ô hommes pareils à des taureaux ! Vous étiez versés dans les śāstra, capables de discerner le lieu et le temps, exercés à l’austérité et fermes dans l’action. Sans avoir accompli des actes dignes de votre force, pourquoi gisez-vous ainsi ?» Voyant ses frères étendus, sans souffle, Dharmaputra Yudhiṣṭhira—aux bras puissants—fut submergé de douleur et se lamenta longuement, sa peine aiguisée par le choc moral : comment des guerriers si capables et si attachés au devoir pouvaient-ils périr avant d’avoir mené à bien l’œuvre qui leur convenait ?
Verse 15
अविक्षतशरीराश्षाप्यप्रमृष्टशरासना: । असंज्ञा भुवि संगम्य कि शेध्वमपराजिता:
Vaiśaṃpāyana dit : «Vos corps sont sans blessures ; vos arcs et vos flèches n’ont même pas été saisis ; et vous n’êtes pas des hommes qu’on puisse vaincre. Pourquoi donc gisez-vous ici, sur la terre, sans connaissance et abattus ?» Voyant ses frères terrassés sans trace de plaie, Dharmaputra Yudhiṣṭhira—aux bras puissants—s’abîma dans une douleur inquiète et se lamenta longuement ; sa peine s’aiguisait d’un trouble moral devant un désastre dont la cause ne paraissait pas.
Verse 16
सानूनिवाद्रे: संसुप्तान् दृष्टवा भ्रातृून् महामति: । सुखं प्रसुप्तान् प्रस्विन्न: खिन्न: कष्टां दशां गत:
Vaiśaṃpāyana dit : Voyant ses frères étendus comme endormis, tels des cimes de montagne abattues sur la terre, ce grand esprit, fils de Dharma, fut accablé. Ils semblaient reposer d’un sommeil paisible, mais il saisit l’horrible vérité ; affligé, ruisselant de sueur, il poussa des souffles brûlants et lourds. Plongé dans le chagrin et l’inquiétude, Yudhiṣṭhira aux bras puissants pleura et se lamenta longuement, les yeux noyés de douleur en voyant tous ses frères frappés à terre.
Verse 17
एवमेवेदमित्युक्त्वा धर्मात्मा स नरेश्वर: । शोकसागरमध्यस्थो दध्यौ कारणमाकुल:
Vaiśaṃpāyana dit : Après avoir dit : «Ainsi soit-il — oui, il en est ainsi», ce roi juste, Yudhiṣṭhira, comme au milieu d’un océan de chagrin, bouleversé, s’interrogea sur la cause. Puis Dharmaputra Yudhiṣṭhira, aux bras puissants, se lamenta longuement, frappé de douleur et cherchant la raison morale et cachée du malheur qui s’était abattu sur ses frères.
Verse 18
इतिकर्तव्यतां चेति देशकालविभागवित् | नाभिपेदे महाबाहुश्चिन्तयानो महामति:
Vaiśaṃpāyana dit : Bien que Dharmaputra Yudhiṣṭhira—aux bras puissants et à l’esprit élevé—fût habile à discerner ce qu’il convient de faire et à juger des distinctions de lieu et de temps, malgré de longues réflexions il ne put parvenir à aucune décision. Accablé de chagrin, il se lamenta longuement : sa lucidité morale fut un instant obscurcie par le choc de voir ses frères abattus.
Verse 19
विप्रणष्टां श्रियं चैषामाहर्ता पुनरज्जसा । नास्य जेता रणे कश्चिदजेता नैष कस्यचित्
Vaiśaṃpāyana dit : «Il rétablira promptement, fût-ce leur fortune perdue. Au combat, nul ne peut le vaincre ; et lui-même n’est jamais vaincu par quiconque.» Voyant ses frères gisant à terre, le puissant Dharmaputra (Yudhiṣṭhira) se lamenta longuement. Le passage fait de sa douleur non une simple peine intime, mais une crise du dharma : l’effondrement inexplicable des justes (sans blessures ni traces) l’oblige à raffermir son esprit, à interroger des causes invisibles et à chercher une conduite qui sauvegarde le devoir au cœur de la stupeur.
Verse 20
बुद्धया विचिन्तयामास वीरा: केन निपातिता:
Vaiśaṃpāyana dit : Alors le puissant Dharmaputra (Yudhiṣṭhira), après s’être longuement lamenté, se mit à réfléchir d’une intelligence raffermie : «Par qui ces héros ont-ils été abattus ?» La scène montre sa douleur se muer en enquête morale : il cherche une cause qui s’accorde avec les signes visibles et avec les exigences du dharma, plutôt que de se jeter dans une vengeance aveugle.
Verse 21
नैषां शस्त्रप्रहारो5स्ति पद नेहास्ति कस्यचित् । भूतं महदिदं मन्ये भ्रातरो येन मे हता:
Vaiśaṃpāyana dit : «Il n’y a sur eux aucune marque de coups d’armes, et il n’y a ici l’empreinte du pied de personne. Je pense que ce doit être quelque puissant être spirituel par qui mes frères ont été tués.» Ainsi le vaillant Dharmaputra (Yudhiṣṭhira) se lamenta longuement—accablé de chagrin, mais s’efforçant de raisonner avec prudence selon le dharma, d’après les signes, sans accuser sans preuve.
Verse 22
एकाग्रं चिन्तयिष्यामि पीत्वा वेत्स्यामि वा जलम् | स्यात् तु दुर्योधनेनेदमुपांशुविहितं कृतम्
Vaiśaṃpāyana dit : «Je réfléchirai l’esprit fixé en un seul point ; ou bien, après avoir bu de l’eau, je tenterai de comprendre ce mystère. Il se peut que Duryodhana l’ait secrètement manigancé.» Voyant ses frères tombés, inertes et sans vie, le puissant Dharmaputra Yudhiṣṭhira s’abîma dans une pensée anxieuse et se lamenta longuement : sa douleur révèle à la fois sa prudence morale et son refus de juger sans clarté.
Verse 23
गान्धारराजरचितं सतत जिद्दाबुद्धिना । यस्य कार्यमकार्य वा सममेव भवत्युत
Vaiśaṃpāyana dit : Ce forfait a pu être manigancé par le roi de Gāndhāra, dont l’esprit est sans cesse voué à la ruse : pour lui, ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire se valent. Voyant ses frères tombés et sans vie, le puissant Dharmaputra (Yudhiṣṭhira) s’abîma dans le chagrin et se lamenta longuement, soupçonnant une telle cruauté chez ceux qui méprisent la frontière entre le devoir et la faute.
Verse 24
कस्तस्य विश्वसेद् वीरो दुष्कृतेरकृतात्मन: । अथवा पुरुषैर्गूढै: प्रयोगो5यं दुरात्मन:
Vaiśaṃpāyana dit : «Quel héros pourrait se fier à un homme pareil—voué aux actes mauvais et dépourvu de maîtrise de soi ? Ou bien, ce stratagème violent a pu être mené par des agents dissimulés, sur l’instigation de quelque esprit malfaisant.» Voyant ses frères gisant sans vie, Dharmaputra Yudhiṣṭhira, aux bras puissants, s’abîma dans le chagrin et se lamenta longuement—soupçonnant la trahison et condamnant le désordre moral de ceux pour qui le juste et l’injuste sont devenus une seule et même chose.
Verse 25
भवेदिति महाबुद्धिर्बहुधा तदचिन्तयत् | तस्यासीन्न विषेणेदमुदकं दूषितं यथा
Vaiśaṃpāyana dit : Le magnanime (Yudhiṣṭhira) y réfléchit de bien des façons : «Comment cela a-t-il pu arriver ?» Après examen, il fut certain que l’eau n’avait pas été souillée par du poison. Pourtant, Dharmaputra, aux bras puissants, voyant ses frères étendus, se lamenta longuement—la douleur débordant tandis qu’il s’efforçait d’en saisir la cause et de garder le discernement au cœur du désastre.
Verse 26
मृतानामपि चैतेषां विकृतं नैव जायते । मुखवर्णा: प्रसन्ना मे ५ 40025 %8 [
Vaiśaṃpāyana dit : «Bien qu’ils soient morts, aucune difformité ni aucun changement ne s’est produit en eux. Le teint et l’expression de leurs visages me paraissent encore sereins.» Voyant ses frères étendus et pourtant étrangement intacts, la douleur de Yudhiṣṭhira se fit plus profonde, se muant en réflexion anxieuse : cette paix apparente des corps avivait l’incertitude sur la cause invisible du désastre.
Verse 27
एकैकशश्लोघबलानिमान् पुरुषसत्तमान् | को<न्य: प्रतिसमासेत कालान्तकयमादृते
Vaiśaṃpāyana dit : «Chacun de ces meilleurs des hommes possédait une force sans mesure ; qui donc pourrait leur tenir tête, sinon Yama, l’Anéantisseur établi par le Temps ?» Voyant ses frères gisant à terre, le puissant Dharmaputra Yudhiṣṭhira s’abîma dans une douleur profonde et se lamenta longuement.
Verse 28
एतेन व्यवसायेन तत् तोयं व्यवगाढवान् | गाहमानश्न तत् तोयमन्तरिक्षात् स शुश्रुवे
Vaiśaṃpāyana dit : Ayant pris cette résolution, il descendit dans cette eau. Tandis que le puissant Dharmaputra s’y avançait à gué, il entendit une voix venue du ciel. Accablé de chagrin à la vue de ses frères étendus, il se lamenta longuement—la douleur et le devoir s’entrechoquant en lui, tandis qu’il allait de l’avant pour découvrir la cause de leur effondrement.
Verse 29
यक्ष उवाच अहं बक: शैवलमत्स्यभक्षो नीता मया प्रेतवशं तवानुजा: । त्वं पज्चमो भविता राजपुत्र नचेत् प्रश्नान् पछतो व्याकरोषि
The Yaksha said: “I am a heron, feeding on algae and fish. I have sent your younger brothers into the power of Death. O prince, you will be the fifth—unless you answer the questions I ask.” Seeing Arjuna fallen lifeless, his bow and arrows scattered, and Bhima, Nakula, and Sahadeva lying motionless without breath, Yudhishthira drew long, burning sighs. Tears of grief welled up and drenched him. Beholding all his brothers struck down, the mighty-armed son of Dharma sank into deep anxiety and lamented at length. Then the Yaksha spoke again: “Prince, I am a heron that lives on algae and fish. I myself have taken your younger brothers to Yama’s realm; therefore, if you do not reply to my questions when asked, you too will become the fifth guest in the world of Death.”
Verse 30
मा तात साहसं कार्षीमम पूर्वपरिग्रह: । प्रश्नानुक्त्वा तु कौन्तेय तत: पिब हरस्व च
Vaiśaṃpāyana said: “Dear child, do not act rashly. This water has already been claimed by me. O son of Kuntī, answer my questions first; only then may you drink—and take the water as well.” Seeing Arjuna fallen dead with his bow and arrows scattered, and Bhīmasena, Nakula, and Sahadeva likewise lifeless, the mighty-armed Dharmaputra Yudhiṣṭhira drew hot, heavy breaths; tears of grief welled up and drenched his eyes. Overwhelmed by sorrow at the sight of his brothers lying struck down, he sank into deep anxiety and lamented at length.
Verse 31
युधिछिर उवाच रुद्राणां वा वसूनां वा मरुतां वा प्रधानभाक् । पृच्छामि को भवान् देवो नैतच्छकुनिना कृतम्
Yudhiṣṭhira said: “I ask you—are you the foremost among the Rudras, or among the Vasus, or among the Maruts? Tell me, which god are you? This cannot be the work of a mere bird.”
Verse 32
हिमवान् पारियात्रश्न विन्ध्यो मलय एव च । चत्वार: पर्वता: केन पातिता भूरितेजस:
Vaiśaṃpāyana said: “Himavān, Pāriyātra, Vindhya, and Malaya—these four mighty mountains: by whom have they been struck down?” Thus, seeing his brothers fallen and lifeless, Dharmaputra Yudhiṣṭhira, overwhelmed by grief, lamented at length, comparing their great splendor and steadfastness to the immovable ranges of the earth and questioning what force could have felled such ‘mountain-like’ heroes.
Verse 33
अतीव ते महत् कर्म कृतं च बलिनां वर । यान् न देवा न गन्धर्वा नासुराश्च न राक्षसा:
Vaiśaṃpāyana said: “O best among the mighty, you have accomplished a deed exceedingly great—one that neither the gods, nor the Gandharvas, nor the Asuras, nor the Rākṣasas could achieve.” Seeing Arjuna fallen, his bow and arrows scattered, and Bhīmasena as well as Nakula and Sahadeva lying lifeless and inert, the strong-armed Dharmaputra Yudhiṣṭhira drew burning, heavy breaths. Tears of grief welled up and drenched him; beholding all his brothers struck down, he sank into deep anxiety and lamented at length.
Verse 34
विषहेरन् महायुद्धे कृतं ते तन्महादभुतम् । न ते जानामि यत् कार्य नाभिजानामि काड्क्षितम्
Yudhiṣṭhira dit : «Avoir enduré dans la grande bataille — ce que tu as accompli est véritablement prodigieux. Pourtant, je ne comprends pas quelle tâche tu projettes, ni ne discerne ce que tu désires.»
Verse 35
बलवानोंमें श्रेष्ठ वीर! तुमने यह अत्यन्त महान् कर्म किया है। बड़े-बड़े युद्धोंमें जिन वीरों-(के प्रभाव)-को देवता, गन्धर्व, असुर तथा राक्षस भी नहीं सह सकते थे, उन्हें गिराकर तुमने परम अद्भुत पराक्रम किया है। तुम्हारा कार्य क्या है? यह मैं नहीं जानता। तुम क्या चाहते हो? इसका भी मुझे पता नहीं है ।।
Yudhiṣṭhira dit : «Ô héros, le plus éminent parmi les puissants ! Tu as accompli un acte d’une grandeur hors du commun. Dans de grandes batailles, il fut des guerriers dont la force n’était supportable ni aux dieux, ni aux Gandharvas, ni aux Asuras, ni aux Rākṣasas ; et pourtant tu les as terrassés, déployant une vaillance merveilleuse entre toutes. Mais quel est ton dessein, je l’ignore ; et ce que tu recherches, je ne le sais pas davantage. Une grande curiosité s’est levée en moi, et aussi une certaine crainte ; mon cœur s’est troublé, et comme une fièvre monte à ma tête. C’est pourquoi, ô vénérable, je demande avec humilité : qui es-tu, toi qui te tiens ici ?»
Verse 36
यक्ष उवाच यक्षो5हमस्मि भद्रं ते नास्मि पक्षी जलेचर:
Le Yakṣa dit : «Je suis un Yakṣa — que le bien t’advienne. Je ne suis ni un oiseau, ni une créature qui se meut dans les eaux.»
Verse 37
वैशग्पायन उवाच ततस्तामशिवां श्र॒ुत्वा वाचं स परुषाक्षराम्
Vaiśaṃpāyana dit : Alors, ayant entendu ces paroles de mauvais augure — rudes jusque dans leurs syllabes — il répondit à la suite de cette déclaration funeste. Le passage souligne combien la parole, lorsqu’elle est cruelle et maléfique, peut devenir à elle seule un tournant moral et narratif, suscitant la peur, la colère ou un changement de voie décisif.
Verse 38
यक्षस्य ब्रुवतो राजन्नुपक्रम्प तदा स्थित: । विरूपाक्षं महाकायं यक्षं तालसमुच्छुयम्
Vaiśaṃpāyana dit : «Ô Roi, tandis que le Yakṣa parlait, il (celui qui écoutait) s’avança et se tint près de lui — contemplant le Yakṣa, aux yeux étranges et redoutables, au corps immense, et dont la taille s’élevait telle un palmier.»
Verse 39
ज्वलनार्कप्रतीकाशमधृष्यं पर्वतोपमम् । वृक्षमाश्रित्य तिष्ठन्तं ददर्श भरतर्षभ:
Vaiśaṃpāyana dit : Le taureau parmi les Bhārata le vit debout, abrité près d’un arbre — rayonnant comme le feu et le soleil, imprenable, et dressé tel une montagne.
Verse 40
मेघगम्भीरनादेन तर्जयन्तं महास्वनम् | वैशम्पायनजी कहते हैं--राजन्! तत्पश्चात् उस समय इस प्रकार बोलनेवाले उस यक्षकी वह अमंगलमयी और कठोर वाणी सुनकर भरतश्रेष्ठ राजा युधिष्ठिर उसके पास जाकर खड़े हो गये। उन्होंने देखा
D’une voix profonde comme le tonnerre des nuées, le Yakṣa rugit et menaça d’un ton puissant. Il déclara : « Ô roi, j’ai averti maintes fois tes frères, mais ils ont voulu prendre l’eau par la force ; c’est pourquoi je les ai abattus. Ô Yudhiṣṭhira, si tu veux sauver ta vie, ne bois pas de cette eau. Ô Pārtha, n’ose pas boire : cette eau est sous mon autorité. Fils de Kuntī, réponds d’abord à mes questions ; alors seulement tu pourras boire et emporter l’eau. »
Verse 41
बलात् तोयं जिहीर्षन्तस्ततो वै मृदिता मया | न पेयमुदकं राजन् प्राणानिह परीप्सता
Le Yakṣa dit : « Parce qu’ils ont voulu prendre l’eau par la force, je les ai abattus. Ô roi, si tu veux préserver ta vie ici, ne bois pas de cette eau. Réponds d’abord à mes questions ; alors seulement tu pourras boire et emporter l’eau. »
Verse 42
पार्थ मा साहसं कार्षीमम पूर्वपरिग्रह: । प्रश्नानुक्त्वा तु कौन्तेय ततः पिब हरस्व च
Le Yakṣa dit : « Ô Pārtha, n’agis pas avec témérité. Cette eau a été revendiquée par moi d’avance comme un bien légitime. Fils de Kuntī, réponds d’abord à mes questions ; ensuite bois — et emporte l’eau aussi. »
Verse 43
युधिछिर उवाच न चाहं कामये यक्ष तव पूर्वपरिग्रहम् । काम॑ नैतत् प्रशंसन्ति सन््तो हि पुरुषा: सदा
Yudhiṣṭhira dit : « Ô Yakṣa, je ne souhaite pas prendre ce qui relève déjà de ton droit antérieur. Les hommes de bien ne louent ni l’étalage de soi ni la vaine gloire ; les nobles s’en détournent toujours. Je répondrai à tes questions selon mon entendement — interroge-moi comme il te plaira. »
Verse 44
यदात्मना स्वमात्मान प्रशंसे पुरुषर्षभ । यथाप्रज्ञं तु ते प्रश्नान् प्रतिवक्ष्यामि पूच्छ माम्
Yudhiṣṭhira dit : «Ô le meilleur des hommes, se louer soi-même de sa propre bouche n’est pas une louange que les véritables vertueux approuvent. Pourtant, selon mon entendement, je répondrai à tes questions. Interroge-moi.»
Verse 45
यक्ष उवाच कि स्विदादित्यमुन्नयति के च तस्याभितकश्नचरा: । कश्नैनमस्तं नयति कम्मेंश्ष प्रतेतिष्ठति
Le Yaksha demanda : «Par quelle puissance le Soleil est-il élevé à l’aube ? Qui sont ceux qui se meuvent autour de lui de toutes parts ? Qui le fait se coucher ? Et en quoi repose-t-il en dernier ressort ?»
Verse 46
युधिछिर उवाच ब्रह्मादित्यमुन्नयति देवास्तस्याभितकश्चरा: । धर्मश्षास्तं नयति च सत्ये च प्रतितिष्ठति
Yudhiṣṭhira répondit : «Brahmā élève le Soleil à l’aube ; les dieux se meuvent autour de lui de toutes parts. Le Dharma le mène à son couchant, et il demeure établi dans la Vérité.»
Verse 47
यक्ष उवाच केनस्विच्छोत्रियो भवति केनस्विद् विन्दते महत् । केनस्विद् द्वितीयवान् भवति राजन् केन च बुद्धिमान्
Le Yaksha dit : «Par quoi un homme devient-il un véritable śrotriya (solidement établi dans l’étude sacrée) ? Par quoi atteint-il la grandeur ? Par quoi obtient-il un “second” — un compagnon ou un appui sûr — ô roi ? Et par quoi devient-il sage ?»
Verse 48
युधिछिर उवाच श्रुतेन श्रोत्रियो भवति तपसा विन्दते महत् | धृत्या द्वितीयवान् भवति बुद्धिमान् वृद्धसेवया
Yudhiṣṭhira répondit : «Par l’étude sacrée, on devient un véritable śrotriya ; par l’austérité, on atteint la grandeur. Par la constance, on obtient un “second”, un appui dans l’adversité ; et par le service rendu aux anciens, on devient sage.»
Verse 49
यक्ष उवाच कि ब्राह्मणानां देवत्वं कश्न धर्म: सतामिव । कश्चैषां मानुषो भाव: किमेषामसतामिव
Le Yakṣa demanda : «Quelle est, chez les brāhmanes, la qualité qui les rend semblables aux dieux ? Quel est leur dharma, pareil à la conduite des hommes vertueux ? Qu’y a-t-il en eux de simplement humain ? Et qu’y a-t-il en eux qui ressemble aux manières des êtres sans vertu ?»
Verse 50
युधिछिर उवाच स्वाध्याय एपषां देवत्वं तप एषां सतामिव । मरणं मानुषो भाव: परिवादोडसतामिव
Yudhiṣṭhira répondit : «Pour ces brāhmanes, la divinité réside dans le svādhyāya : la récitation et l’étude disciplinée du Veda. Pour les hommes de bien, l’austérité (tapas) est leur règle de vie. Mourir est la condition humaine ; mais se complaire dans la médisance est le fait des méchants.»
Verse 51
यक्ष उवाच कि क्षत्रियाणां देवत्वं कश्न धर्म: सतामिव । कश्नैषां मानुषो भाव: किमेषामसतामिव
Le Yakṣa dit : «Chez un kṣatriya, quelle est la qualité qui le rend “semblable à un dieu” ? Quel dharma en lui ressemble à la conduite des vertueux ? Qu’y a-t-il en lui de simplement humain ? Et qu’y a-t-il en lui qui ressemble aux manières des méchants ?»
Verse 52
युधिछिर उवाच इष्वस्त्रमेषां देवत्वं यज्ञ एषां सतामिव । भयं वै मानुषो भाव: परित्यागोडसतामिव
Yudhiṣṭhira répondit : «Pour ces kṣatriyas, la divinité est la maîtrise de l’arc et des armes ; le sacrifice (yajña) est leur dharma, comme chez les justes. La peur est bien une impulsion humaine ; mais abandonner ceux qui, dans la détresse, ont cherché refuge, voilà une conduite d’injustes.»
Verse 53
यक्ष उवाच किमेकं यज्ञियं साम किमेकं यज्ञियं यजु: । का चैषां वृणुते यज्ञं कां यज्ञो नातिवर्तते
Le Yakṣa demanda : «Quelle chose unique est le Sāman du sacrifice ? Quelle chose unique est le Yajus du sacrifice ? Quelle chose unique, parmi elles, choisit (ou accueille) le sacrifice ? Et quelle chose unique le sacrifice ne franchit-il jamais ?»
Verse 54
युधिछिर उवाच प्राणो वै यज्ञियं साम मनो वै यज्ञियं यजु: । ऋगेका वृणुते यज्ञ तां यज्ञो नातिवर्तते
Yudhiṣṭhira dit : «Le souffle même est le Sāman digne du sacrifice ; l’esprit même est le Yajus digne du sacrifice. C’est un unique vers Ṛk qui choisit et maintient le sacrifice, et le sacrifice ne transgresse pas (la limite de) ce Ṛk.»
Verse 55
यक्ष उवाच किंस्विदावपतां श्रेष्ठ किंस्विन्निवपतां वरम् | किंस्वित् प्रतिष्ठमानानां किंस्वित् प्रसवतां वरम्
Le Yaksha demanda : «Qu’est-ce qui est le meilleur parmi ceux qui sèment ? Qu’est-ce qui est le plus excellent parmi ceux qui récoltent ? Quel est le meilleur appui pour ceux qui cherchent à se tenir fermes ? Et qu’est-ce qui est le meilleur parmi ceux qui engendrent ou produisent ?»
Verse 56
यक्षने पूछा--खेती करनेवालोंके लिये कौन-सी वस्तु श्रेष्ठ है? बिखेरने (बोने) वालोंके लिये क्या श्रेष्ठ है? प्रतिष्ठाप्राप्त धनियोंके लिये कौन-सी वस्तु श्रेष्ठ है? तथा संतानोत्पादन करनेवालोंके लिये क्या श्रेष्ठ है? ।।
Yudhiṣṭhira répondit : «Pour les cultivateurs, la pluie est le bien suprême ; pour ceux qui sèment, la semence est la meilleure. Pour les riches solidement établis, le bétail est le meilleur appui ; et pour ceux qui désirent une descendance, un fils est le meilleur.»
Verse 57
यक्ष उवाच इन्द्रियार्थाननु भवन् बुद्धिमाँलल्लोकपूजित: । सम्मत: सर्वभूतानामुच्छवसन् को न जीवति
Le Yaksha demanda : «Qui est cet homme qui, bien qu’intelligent, honoré par le monde et estimé de tous les êtres, et même en goûtant les objets des sens et en respirant, ne vit pourtant pas en vérité ?»
Verse 58
युधिछिर उवाच देवतातिथिभृत्यानां पितृणामात्मनश्न यः । न निर्वपति पज्चानामुच्छवसन् न स जीवति
Yudhiṣṭhira répondit : «Celui qui n’offre pas comme il se doit les cinq parts dues—aux dieux, aux hôtes, aux dépendants/serviteurs, aux ancêtres et à lui-même—même s’il respire encore, ne vit pas véritablement.»
Verse 59
युधिष्ठिरने कहा--जो देवता, अतिथि, भरणीय कुटुम्बीजन, पितर और आत्मा--इन पाँचोंका पोषण नहीं करता, वह श्वास लेनेपर भी जीवित नहीं है ।।
The Yaksha said: “What is heavier than the earth? What is higher than the sky? What is swifter than the wind? And what is more numerous than blades of grass?” In the larger ethical frame of the Yaksha’s interrogation, these riddling questions test Yudhiṣṭhira’s discernment of dharma—probing not mere physical facts, but the moral and existential realities that outweigh, surpass, outpace, and outnumber the visible world.
Verse 60
युधिछ्िर उवाच माता गुरुतरा भूमे: खातू् पितोच्चतरस्तथा । मन: शीघ्रतरं वाताच्चिन्ता बहुतरी तृणात्
Yudhiṣṭhira said: “A mother is weightier—more venerable—than the earth itself. A father is higher than the sky. The mind moves swifter than the wind, and anxiety is more numerous and pervasive than blades of grass.”
Verse 61
यक्ष उवाच किंस्वित् सुप्तं न निमिषति किंस्विज्जातं न चोपति | कस्यस्विद्धृदयं नास्ति किंस्विद् वेगेन वर्धते
The Yakṣa said: “What is it that, though asleep, does not blink? What is it that, though born, makes no effort? Who is it that has no heart? And what is it that grows swiftly with speed?”
Verse 62
युधिछिर उवाच मत्स्य: सुप्तो न निमिषत्यण्डं जातं न चोपति । अश्मनो हृदयं नास्ति नदी वेगेन वर्धते
Yudhiṣṭhira said: “A fish, even while asleep, does not blink; an egg, though brought into being, makes no effort; a stone has no heart; and a river swells by the force of its current.” In this reflective utterance, he points to striking natural contrasts—wakefulness without blinking, life-potential without agency, hardness without feeling, and growth driven by momentum—inviting contemplation on what truly constitutes awareness, effort, compassion, and the forces that carry beings forward.
Verse 63
यक्ष उवाच किंस्वित् प्रवसतो मित्र किंस्विन्मित्रं गृहे सतः । आतुरस्य च किं मित्र किंस्विन्मित्रं मरिष्यत:
Verse 64
युधिछिर उवाच सार्थ: प्रवसतो मित्र भार्या मित्र गृहे सतः । आतुरस्य भिषड्मित्र दानं मित्र मरिष्यत:
Yudhiṣṭhira dit : Pour celui qui voyage au loin, la caravane et les compagnons de route sont ses amis ; pour celui qui demeure au foyer, l’épouse est l’amie ; pour le malade, le médecin est l’ami ; et pour l’homme qui approche de la mort, l’ami véritable est la charité — le don méritoire qui le soutient au-delà de cette vie.
Verse 65
यक्ष उवाच को35तिथि: सर्वभूतानां किंस्विद् धर्म सनातनम् | अमृतं किंस्विद् राजेन्द्र किंस्वित् सर्वमिदं जगत्
Le Yakṣa demanda : «Ô roi, qui est l’hôte de tous les êtres ? Qu’est-ce donc que le Dharma éternel (Sanātana Dharma) ? Qu’appelle-t-on “immortalité” (amṛta) ? Et qu’est, en vérité, ce monde tout entier ?»
Verse 66
भवतां दिव्यवाचस्तु ता भवन्तु कथं मृषा । “साधारण मनुष्योंकी बातें तथा उनकी प्रतिज्ञाएँ तो झूठी निकल जाती हैं; परंतु तुमलोगोंके सम्बन्धमें जो दिव्य वाणियाँ हुई थीं
Vaiśaṃpāyana dit : «Comment ces paroles divines prononcées à votre sujet pourraient-elles jamais se révéler mensongères ? Les mots et les vœux des hommes ordinaires peuvent faillir ; mais comment les prophéties célestes vous concernant pourraient-elles être fausses ?» Yudhiṣṭhira répondit : «Le feu est l’hôte de tous les êtres ; le lait de la vache est nectar ; le Dharma impérissable et éternel est le Sanātana Dharma ; et le Vent pénètre tout — en vérité, il est ce monde entier.»
Verse 67
यक्ष उवाच किंस्विदेको विचरते जात: को जायते पुन: । किंस्विद्धिमस्य भैषज्यं किंस्विदावपनं महत्
Le Yakṣa demanda : «Qu’est-ce qui chemine seul ? Qui naît encore et encore ? Quel est le remède à cet état ? Et quelle est la grande “semaille” (āvapana), l’acte suprême qui donne le plus haut fruit ?»
Verse 68
यक्षने पूछा--अकेला कौन विचरता है? एक बार उत्पन्न होकर पुन: कौन उत्पन्न होता है? शीतकी ओषधि क्या है? और महान् आवपन (क्षेत्र) क्या है? ।।
Yudhiṣṭhira répondit : «Le Soleil chemine seul. La Lune, née une fois, renaît encore. Le feu est le remède au froid. Et la Terre est le grand champ des semailles.»
Verse 69
यक्ष उवाच किंस्विदेकपदं धर्म्य किंस्विदेकपर्द यश: । किंस्विदेकपदं स्वर्ग्य किंस्विदेकप्दं सुखम्
Le Yaksha dit : «Quel est l’unique fondement qui rend un homme véritablement juste selon le dharma ? Quel est l’unique fondement de la renommée ? Quel est l’unique fondement qui mène au ciel ? Et quel est l’unique fondement du bonheur ?»
Verse 70
युधिछिर उवाच दाक्ष्यमेकपद धर्म्य दानमेकपर्द यश: । सत्यमेकपदं स्वर्ग्य शीलमेकपदं सुखम्
Yudhiṣṭhira répondit : «La compétence habile est le principal fondement du dharma ; la générosité est le principal fondement de la renommée. La vérité est le principal fondement du ciel, et la bonne conduite est le principal fondement du bonheur.»
Verse 71
यक्ष उवाच किंस्विदात्मा मनुष्यस्य किंस्विद् दैवकृत: सखा । उपजीवनं किंस्विदस्य किंस्विदस्य परायणम्
Le Yakṣa demanda : «Qu’est-ce, en vérité, le propre soi de l’homme ? Quel compagnon lui est accordé par le destin ? Quel est son moyen de subsistance ? Et quel est son refuge suprême, son dernier recours ?»
Verse 72
यक्षने पूछा--मनुष्यकी आत्मा क्या है? इसका दैवकृत सखा कौन है? इसका उपजीवन (जीवनका सहारा) क्या है? और इसका परम आश्रय क्या है? ।।
Yudhiṣṭhira répondit : «Un fils est le propre soi de l’homme ; une épouse est la compagne ordonnée par le destin. Les nuées porteuses de pluie sont son moyen de subsistance, et la générosité est son refuge suprême.»
Verse 73
यक्ष उवाच धन्यानामुत्तमं किंस्विद् धनानां स्यात् किमुत्तमम् | लाभानामुत्तमं कि स्यात् सुखानां स्यात् किमुत्तमम्
Le Yakṣa demanda : «Parmi les hommes dignes d’éloge, quelle est la qualité suprême ? Parmi les richesses, quelle est la richesse la plus haute ? Parmi les gains, quel est le gain principal ? Et parmi les plaisirs, quel est le plaisir suprême ?»
Verse 74
युधिछिर उवाच धन्यानामुत्तमं दाक्ष्यं धनानामुत्तमं श्रुतम् । लाभानां श्रेय आरोग्यं सुखानां तुष्टिरुत्तमा
Yudhiṣṭhira dit : Parmi les bienheureux, l’habileté est la vertu suprême ; parmi les richesses, la connaissance des Écritures est la plus haute ; parmi les gains, la santé est la meilleure ; et parmi les joies, le contentement (santoṣa) est la joie la plus élevée.
Verse 75
यक्ष उवाच कश्च धर्म: परो लोके कश्न धर्म: सदाफल: । कि नयम्य न शोचन्ति कैश्नल संधिर्न जीर्यते
Le Yakṣa dit : «Quel est le dharma le plus élevé en ce monde ? Quel dharma porte un fruit infaillible ? En réfrénant quoi les hommes deviennent-ils sans chagrin ? Et avec qui une amitié, une fois conclue, ne se flétrit-elle jamais ?»
Verse 76
युधिछिर उवाच आनुशंस्यं परो धर्मस्त्रयी धर्म: सदाफल: । मनो यम्य न शोचन्ति संधि: सदभिर्न जीर्यते
Yudhiṣṭhira répondit : «La compassion est le dharma le plus élevé au monde ; le dharma selon les Trois Veda porte un fruit infaillible ; en maîtrisant l’esprit, les hommes ne s’affligent plus ; et l’amitié avec les hommes de bien ne se flétrit jamais.»
Verse 77
यक्ष उवाच कि नु हित्वा प्रियो भवति कि नु हित्वा न शोचति । कि नु हित्वार्थवान् भवति कि नु हित्वा सुखी भवेत्
Le Yakṣa dit : «En renonçant à quoi devient-on cher aux autres ? En renonçant à quoi ne s’afflige-t-on plus ? En renonçant à quoi devient-on véritablement prospère ? Et en renonçant à quoi devient-on heureux ?»
Verse 78
युधिछिर उवाच मान हित्वा प्रियो भवति क्रोधं हित्वा न शोचति । काम हित्वार्थवान् भवति लोभ हित्वा सुखी भवेत्
Yudhiṣṭhira répondit : «En renonçant à l’orgueil (māna), on devient cher aux autres ; en renonçant à la colère, on ne s’afflige plus ; en renonçant au désir (kāma), on devient véritablement prospère ; et en renonçant à l’avidité, on devient heureux.»
Verse 79
यक्ष उवाच किमर्थ ब्राह्मणे दानं किमर्थ नटनर्तके । किमर्थ चैव भृत्येषु किमर्थ चैव राजसु
Le Yaksha dit : «Dans quel but fait-on un don à un brāhmane ? Dans quel but en fait-on aux acteurs et aux danseurs ? Pour quelle raison donne-t-on aux serviteurs ? Et pourquoi offre-t-on des présents aux rois ?»
Verse 80
युधिछिर उवाच धर्मार्थ ब्राह्मणे दानं यशो<र्थ नटनर्तके । भृत्येषु भरणार्थ वै भयार्थ चैव राजसु
Yudhiṣṭhira répondit : «On donne au brāhmane pour le dharma ; on donne aux acteurs et aux danseurs pour la renommée et l’estime du peuple. On paie les serviteurs pour leur subsistance ; et aux rois on donne par crainte, comme un impôt ou un tribut.»
Verse 81
यक्ष उवाच केनस्विदावृतो लोक: केनस्विन्न प्रकाशते । केन त्यजति मित्राणि केन स्वर्ग न गच्छति
Le Yaksha demanda : «Par quoi donc le monde est-il voilé ? Par quoi ne brille-t-il pas au grand jour ? Pour quelle raison l’homme abandonne-t-il ses amis ? Et à cause de quoi n’atteint-il pas le ciel ?»
Verse 82
युधिछिर उवाच अज्ञानेनावृतो लोकस्तमसा न प्रकाशते । लोभात् त्यजति मित्राणि संगात् स्वर्ग न गच्छति
Yudhiṣṭhira répondit : «Le monde est couvert d’ignorance ; par les ténèbres il ne rayonne pas. Par la convoitise l’homme abandonne ses amis ; et par l’attachement il ne va pas au ciel.»
Verse 83
यक्ष उवाच मृतः कथं स्यात् पुरुष: कथ॑ राष्ट्र मृतं भवेत् । श्राद्ध मृतं कथं वा स्यात् कथं यज्ञों मृतो भवेत्
Le Yaksha demanda : «De quelle manière dit-on qu’un homme est “mort” ? De quelle manière un royaume peut-il être dit “mort” ? Quand un śrāddha (rite pour les ancêtres) est-il tenu pour “mort” — et quand un yajña (sacrifice) est-il dit “mort” ?»
Verse 84
यक्षने पूछा--पुरुष किस प्रकार मरा हुआ कहा जाता है? राष्ट्र किस प्रकार मर जाता है? श्राद्ध किस प्रकार मृत हो जाता है? और यज्ञ कैसे नष्ट हो जाता है? ।।
Yudhiṣṭhira dit : «On dit qu’un homme est “mort” lorsqu’il est tombé dans la détresse et la misère. Un royaume est “mort” lorsqu’il est sans roi. Un śrāddha est “mort” lorsqu’il est offert à quelqu’un qui n’est pas un véritable śrotriya (un récipiendaire dûment instruit et qualifié). Et un sacrifice est “mort” lorsqu’il est accompli sans la dakṣiṇā requise, la rétribution sacrificielle.»
Verse 85
युधिष्ठिर बोले--दरिद्र पुरुष मरा हुआ है यानी मरे हुएके समान है, बिना राजाका राज्य मर जाता है यानी नष्ट हो जाता है, श्रोत्रिय ब्राह्मणके बिना श्राद्ध मृत हो जाता है और बिना दक्षिणाका यज्ञ नष्ट हो जाता है ।।
Le Yakṣa dit : «Qu’appelle-t-on une “direction” ? Qu’est-ce que “l’eau” ? Qu’est-ce que la “nourriture” ? Et qu’est-ce donc que le “poison” ? Dis-moi aussi le moment convenable pour accomplir les rites de śrāddha. Alors tu pourras boire — et tu pourras même emporter l’eau.»
Verse 86
युधिछिर उवाच सन््तो दिग् जलमाकाशं गौरन्न प्रार्थना विषम् | श्राद्धस्य ब्राह्मण: काल: कथं वा यक्ष मन्यसे
Yudhiṣṭhira dit : «Les hommes vertueux sont les véritables “directions” ; le ciel est l’eau ; la terre est la nourriture ; le désir — la requête intéressée — est le poison. Et pour le rite de śrāddha, le Brāhmaṇa est le “temps” même, l’occasion décisive. Ô Yakṣa, quelle est ta compréhension de cela ?»
Verse 87
यक्ष उवाच तप: कि लक्षणं प्रोक्तं को दमश्न प्रकीर्तित: । क्षमा च का परा प्रोक्ता का च ह्वी: परिकीर्तिता
Le Yakṣa demanda : «Quel est, dit-on, le signe distinctif de l’austérité (tapas) ? Qu’est-ce qui est loué comme maîtrise de soi (dama) ? Qu’enseigne-t-on comme le pardon suprême (kṣamā) ? Et qu’appelle-t-on la pudeur, le sens de la honte (hrī) ?»
Verse 88
युधिछिर उवाच तप: स्वधर्मवर्तित्वं मनसो दमनं दम: । क्षमा द्न्द्सहिष्णुत्वं ह्वीरकार्यनिवर्तनम्
Yudhiṣṭhira dit : «La fidélité inébranlable à son propre devoir (svadharma) est l’austérité (tapas). La maîtrise de l’esprit est la discipline (dama). Endurer les couples d’opposés — comme le froid et le chaud — est la patience, le pardon (kṣamā). Et la pudeur (hrī) consiste à se détourner des actes qu’il ne faut pas accomplir.»
Verse 89
यक्ष उवाच किं ज्ञानं प्रोच्यते राजन् कः शमश्रन प्रकीर्तित: | दया च का परा प्रोक्ता कि चार्जवमुदाहतम्
Le Yaksha dit : «Ô roi, qu’appelle-t-on la vraie connaissance ? Qu’est-ce qui est proclamé comme la maîtrise de soi (śama) ? Qu’est-ce qui est dit être la compassion suprême ? Et qu’est-ce qui est déclaré être la droiture (ārjava) ?»
Verse 90
युधिछिर उवाच ज्ञान तत्त्वार्थसम्बोध: शमक्षित्तप्रशान्तता | दया सर्वसुखैषित्वमार्जवं समचित्तता
Yudhiṣṭhira répondit : «La vraie connaissance est l’éveil juste à la nature et au sens du réel. La maîtrise de soi (śama) est l’apaisement et la pacification du mental. La compassion est le souhait du bonheur de tous les êtres. Et la droiture (ārjava) est l’égalité d’âme en toute situation.»
Verse 91
यक्ष उवाच कः शत्रुर्दुर्जय: पुंसां कश्न व्याधिरनन्तक: । कीदृशश्च स्मृतः साधुरसाधु: कीदृश: स्मृत:
Le Yaksha dit : «Quel est l’ennemi des hommes, le plus difficile à vaincre ? Quelle est la maladie sans fin qui les dévore ? Quel genre d’homme est retenu comme un homme de bien (sādhu), et quel genre est retenu comme un homme mauvais ?»
Verse 92
युधिछिर उवाच क्रोध: सुदुर्जय: शत्रुलोंभो व्याधिरनन्तक: । सर्वभूतहित: साधुरसाधुर्निर्देय: स्मृत:
Yudhiṣṭhira répondit : «La colère est un ennemi extrêmement difficile à vaincre ; l’avidité est une maladie sans fin. Celui qui recherche le bien de tous les êtres est appelé homme de bien (sādhu) ; l’homme cruel et sans pitié est retenu comme mauvais.»
Verse 93
यक्ष उवाच को मोह: प्रोच्यते राजन् कश्च मान: प्रकीर्तित: । किमालस्यं च विज्ञेयं कक्ष शोक: प्रकीर्तितः:
Le Yaksha dit : «Ô roi, qu’appelle-t-on l’illusion, l’égarement (moha) ? Qu’appelle-t-on l’orgueil (māna) ? Que faut-il comprendre comme paresse (ālasyā) ? Et qu’est-ce qui est décrit comme chagrin (śoka) ?»
Verse 94
युधिछिर उवाच मोहो हि धर्ममूढत्वं मानस्त्वात्माभिमानिता । धर्मनिष्क्रियता55लस्यं शोकस्त्वज्ञानमुच्यते
Yudhiṣṭhira dit : «L’illusion est, en vérité, l’égarement qui fait perdre de vue le dharma. L’orgueil est la suffisance du moi. La paresse est le refus d’agir selon le dharma. Et ce que les hommes appellent “chagrin” n’est, au fond, que l’ignorance».
Verse 95
यक्ष उवाच कि स्थैर्यमृषिश्रि: प्रोक्ते कि च धैर्यमुदाह्तम् । स््नान॑ च किं पर प्रोक्तं दानं च किमिहोच्यते
Le Yakṣa demanda : «Qu’appellent les sages la constance (sthairya) ? Et qu’est‑ce qui est proclamé comme la fermeté d’âme (dhairya) ? Qu’est‑ce qu’on dit être le “bain” suprême, la purification véritable ? Et ici, qu’appelle‑t‑on le “don” (dāna), la charité authentique ?»
Verse 96
युधिछिर उवाच स्वधर्मे स्थिरता स्थैर्य धेर्यमिन्द्रियनिग्रह: । स्नान मनोमलत्यागो दान वै भूतरक्षणम्
Yudhiṣṭhira répondit : «La constance (sthairya), c’est demeurer ferme dans son propre devoir (svadharma). La fermeté d’âme (dhairya), c’est la maîtrise des sens. Le “bain” (snāna), c’est rejeter les souillures de l’esprit. Et le “don” (dāna), c’est, en vérité, la protection des êtres vivants».
Verse 97
युधिष्ठिर बोले--अपने धर्ममें स्थिर रहना ही स्थिरता है, इन्द्रियनिग्रह धैर्य है, मानसिक मलोंका त्याग करना परम स्नान है और प्राणियोंकी रक्षा करना ही दान है ।।
Le Yakṣa demanda : «Quel homme doit‑on reconnaître comme véritablement savant (paṇḍita) ? Qui appelle‑t‑on incroyant (nāstika) ? Qui est sot (mūrkha) ? Qu’est‑ce que le désir (kāma) ? Et que signifie l’envie jalouse (matsara) ?»
Verse 98
युधिछ्िर उवाच धर्मज्ञ: पण्डितो ज्ञेयो नास्तिको मूर्ख उच्यते । काम: संसारहेतुश्न हृत्तापो मत्सर: स्मृत:
Yudhiṣṭhira répondit : «On doit reconnaître comme savant (paṇḍita) celui qui connaît le dharma ; l’incroyant (nāstika) est appelé sot. Le désir (kāma) est la cause qui enchaîne les êtres au cycle des naissances et des morts. Et l’envie (matsara) est cette brûlure douloureuse au fond du cœur».
Verse 99
यक्ष उवाच को5हड्कार इति प्रोक्त: कश्न दम्भ: प्रकीर्तित: । कि तद् दैवं परं प्रोक्त कि तत् पैशुन्यमुच्यते
Le Yaksha dit : «Qu’appelle-t-on ahamkāra, l’orgueil du moi ? Et que désigne-t-on par dambha, l’hypocrisie ou la vanité ostentatoire ? Qu’est-ce qui est proclamé comme le principe “divin” suprême (daiva) ? Et qu’appelle-t-on paiśunya : la médisance, la calomnie malveillante ?»
Verse 100
युधिछिर उवाच महाज्ञानमहड्कारो दम्भो धर्मो ध्वजोच्छूय: । दैवं दानफल प्रोक्तं पैशुन्यं परदूषणम्
Yudhiṣṭhira répondit : «L’ahamkāra est, en vérité, une grande ignorance. Dambha, c’est se donner en spectacle comme si l’on était d’une rectitude exemplaire. Le fruit du don (dāna) est appelé daiva, un résultat providentiel. Et paiśunya, c’est chercher les torts d’autrui et le diffamer.»
Verse 101
यक्ष उवाच धर्मश्चार्थक्ष॒ कामश्ष॒ परस्परविरोधिन: । एषां नित्यविरुद्धानां कथमेकत्र संगम:
Le Yaksha demanda : «Dharma, artha et kāma s’opposent les uns aux autres. Puisque ces buts humains sont sans cesse en tension, comment pourraient-ils se rejoindre en une seule voie de vie ?»
Verse 102
युधिषछ्िर उवाच यदा धर्मश्न भार्या च परस्परवशानुगौ । तदा धर्मार्थकामानां त्रयाणामपि संगम:
Yudhiṣṭhira répondit : «Lorsque dharma et l’épouse—tous deux—s’accordent sans se contredire et se tiennent sous la maîtrise de l’homme, alors la rencontre de dharma, artha et kāma, tous trois, devient possible.»
Verse 103
यक्ष उवाच अक्षयो नरक: केन प्राप्यते भरतर्षभ । एतनमे मृच्छत: प्रश्ननं तच्छीघ्र॑ वक्तुमहसि,यक्षने पूछा--भरतश्रेष्ठ) अक्षय नरक किस पुरुषको प्राप्त होता है? मेरे इस प्रश्नका शीघ्र ही उत्तर दो
Le Yaksha dit : «Ô taureau parmi les Bharata, par quelle conduite s’attire-t-on l’enfer sans fin (akṣaya naraka) ? Réponds à ma question sans tarder.»
Verse 104
युधिछिर उवाच ब्राह्मणं स््वयमाहूय याचमानमकिज्चनम् । पश्चान्नास्तीति यो ब्रूयात् सो$क्षयं नरक॑ व्रजेत्
Yudhiṣṭhira dit : «Si un homme appelle de lui-même un brahmane qui mendie, entièrement démuni, puis lui déclare ensuite : “Il n’y a rien (pour toi)”, un tel homme va vers un enfer sans fin.»
Verse 105
वेदेषु धर्मशास्त्रेषु मिथ्या यो वै द्विजातिषु । देवेषु पितृधर्मेषु सो$क्षयं नरकं॑ व्रजेत्
Yudhiṣṭhira dit : «Quiconque nourrit un jugement mensonger ou méprisant à l’égard des Veda et des Dharmaśāstra, à l’égard des “deux-fois-nés” (les brahmanes), ainsi qu’à l’égard des dieux et des rites dus aux ancêtres, va vers un enfer impérissable.»
Verse 106
आश्रित्य यं वयं नाथ दुःखान्येतानि सेहिम । “वे ही महाबली अर्जुन आज मृत्युके अधीन कैसे हो गये? ये वे ही धनंजय मेरी आशालताको छिजन्न-भिन्न करके धरतीपर पड़े हैं; जिन्हें अपना रक्षक बनाकर और जिनका ही भारी भरोसा करके हमलोग ये सारे दुःख सहते आये हैं
Vaiśaṃpāyana dit : «Ô seigneur, c’est en nous appuyant sur lui que nous avons enduré ces souffrances. Mais si, alors même que la richesse est présente, un homme—par avidité—se prive à la fois du don (de la charité) et de la jouissance légitime, puis déclare à ceux qui demandent ou à ceux qui y ont droit : “Je n’ai rien”, celui-là va vers un enfer impérissable.»
Verse 107
यक्ष उवाच राजन् कुलेन वृत्तेन स्वाध्यायेन श्रुतेन वा । ब्राह्म॒ण्यं केन भवति प्रब्रूहीतत् सुनिश्चितम्
Le Yakṣa demanda : «Ô roi, la qualité de brahmane est-elle établie par la naissance dans une lignée, par la conduite, par le svādhyāya (l’étude personnelle des textes sacrés) ou par le savoir acquis en écoutant l’enseignement ? Dis-le-moi avec certitude : par lequel de ceux-ci obtient-on le véritable statut de brahmane ?»
Verse 108
युधिछिर उवाच शृणु यक्ष कुलं तात न स्वाध्यायो न च श्रुतम् । कारणं हि द्विजत्वे च वृत्तमेव न संशय:
Yudhiṣṭhira répondit : «Écoute, ô Yakṣa, cher ami : ni le svādhyāya ni le simple savoir acquis par ouï-dire ne sont la véritable cause de la qualité de brahmane. Le fondement d’être “deux-fois-né”, c’est la conduite seule ; il n’y a là aucun doute.»
Verse 109
युधिष्ठिर बोले--तात यक्ष! सुनो न तो कुल ब्राह्मणत्वमें कारण है न स्वाध्याय और न शास्त्रश्रवण। ब्राह्मणत्वका हेतु आचार ही है, इसमें संशय नहीं है ।।
Yudhiṣṭhira dit : «Ô Yakṣa vénérable, écoute. Ni la naissance dans une lignée, ni l’étude personnelle, ni même l’écoute des Écritures ne sont la cause véritable de la qualité de brāhmane. Le fondement réel de la brāhmanité, c’est la conduite seule—là-dessus, aucun doute. C’est pourquoi il faut, avec effort, protéger sa droiture de vie, et un brāhmane doit y veiller tout particulièrement. Car celui dont la conduite demeure intacte n’est pas diminué ; mais celui qui est ruiné dans sa conduite est ruiné tout entier.»
Verse 110
पठका: पाठकाश्ैव ये चान्ये शास्त्रचिन्तका: । सर्वे व्यसनिनो मूर्खा यः क्रियावान् स पण्डित:
Yudhiṣṭhira dit : «Ceux qui ne font que lire, ceux qui enseignent, et même ceux qui ne font que disserter sur les śāstra—s’ils s’arrêtent aux mots—sont tous asservis à la dispute et à l’étalage, et ils sont insensés. Le véritable savant est celui qui se voue à l’action juste : celui qui accomplit les devoirs prescrits par le śāstra.»
Verse 111
चतुर्वेदो<पि दुर्वत्त: स शूद्रादतिरिच्यते । योडग्निहोत्रपरो दान्तः स ब्राह्मण इति स्मृत:
Yudhiṣṭhira dit : «Même celui qui a maîtrisé les quatre Veda, si sa conduite est corrompue, n’est tenu pour rien de meilleur qu’un Śūdra. Mais celui qui se voue à l’Agnihotra, qui se maîtrise et se discipline, celui-là est reconnu comme un véritable Brāhmaṇa.»
Verse 112
चारों वेद पढ़ा होनेपर भी जो दुराचारी है, वह अधमतामें शूद्रसे भी बढ़कर है। जो (नित्य) अग्निहोत्रमें तत्पर और जितेन्द्रिय है, वही “ब्राह्मण” कहा जाता है ।।
Le Yakṣa demanda : «Dis-moi : que gagne celui qui parle avec des paroles agréables ? Que gagne celui qui n’agit qu’après mûre réflexion ? Quel avantage revient à celui qui se fait beaucoup d’amis ? Et qu’obtient celui qui est voué au dharma ?»
Verse 113
युधिषछ्िर उवाच प्रियवचनवादी प्रियो भवति विमृशितकार्यकरोडथिकं जयति । बहुमित्रकर: सुखं वसते यश्ष धर्मरत: स गतिं लभते
Yudhiṣṭhira répondit : «Celui qui parle avec des paroles agréables devient cher aux autres. Celui qui agit après mûre réflexion remporte plus souvent le succès. Celui qui se fait beaucoup d’amis vit heureux ; et celui qui est voué au dharma obtient une bonne destinée, la voie la plus haute.»
Verse 114
यक्ष उवाच को मोदते किमाश्चर्य क: पन्था: का च वार्तिका । ममैतांश्वतुरः प्रश्नान् कथयित्वा जलं पिब
Le Yakṣa dit : «Qui est véritablement content ? Quelle est la plus grande merveille ? Qu’est-ce que la voie ? Et qu’est-ce qu’une parole convenable ? Réponds à ces quatre questions, puis bois l’eau.»
Verse 115
युधिछिर उवाच पजञ्चमे5हनि षष्ठे वा शाकं पचति स्वे गृहे । अनृणी चाप्रवासी च स वारिचर मोदते
Yudhiṣṭhira répondit : «Ô Yakṣa qui demeures dans l’eau ! L’homme qui n’a point de dettes et ne vit pas loin de sa maison — fût-ce au cinquième ou au sixième jour qu’il ne fasse cuire chez lui que de simples herbes — celui-là seul se réjouit véritablement.»
Verse 116
अहन्यहनि भूतानि गच्छन्तीह यमालयम् | शेषा: स्थावरमिच्छन्ति किमाश्चर्यमत: परम्
Yudhiṣṭhira dit : «Jour après jour, les êtres quittent ce monde pour le séjour de Yama. Et pourtant, ceux qui demeurent aspirent encore à durer et à vivre sans fin. Qu’y a-t-il de plus étonnant que cela ?»
Verse 117
तर्कोउप्रतिष्ठ: श्रुतयो विभिन्ना नैको ऋषिर्यस्य मतं प्रमाणम् । धर्मस्य तत्त्वं निहित॑ गुहायां महाजनो येन गत: स पन्था:
Yudhiṣṭhira dit : «Le raisonnement n’a point de fondement assuré, et les traditions de la śruti sont nombreuses et divergentes. Il n’est pas un seul sage dont l’avis puisse être tenu pour l’autorité ultime. L’essence du dharma est cachée dans une profondeur secrète, d’une subtilité extrême. C’est pourquoi la voie à suivre est celle qu’ont empruntée les grands et les nobles.»
Verse 118
अस्मिन् महामोहमये कटाहे सूर्याग्निना रात्रिदिवेन्धनेन । मारसत्दर्वीपरिघट्टनेन भूतानि काल: पचतीति वार्ता
Yudhiṣṭhira dit : «Dans ce vaste chaudron de grande illusion, Kāla — le Temps — fait cuire tous les êtres : le soleil est son feu, la nuit et le jour son bois, et les mois et les saisons la louche qui les retourne et les brasse. Telle est la vārttā, la chronique du monde.»
Verse 119
यक्ष उवाच व्याख्याता मे त्वया प्रश्ना याथातथ्यं परंतप । पुरुष त्विदानीं व्याख्याहि यश्च सर्वधनी नर:
Le Yakṣa dit : «Tu as expliqué mes questions avec vérité, telles qu’elles sont réellement, ô fléau des ennemis. À présent, explique à ton tour quel homme est véritablement “possesseur de toutes les richesses”.»
Verse 120
यक्षने पूछा--परंतप! तुमने मेरे सब प्रश्नोंके उत्तर ठीक-ठीक दे दिये, अब तुम पुरुषकी भी व्याख्या कर दो और यह बताओ कि सबसे बड़ा धनी कौन है? ।।
Yudhiṣṭhira dit : «Le bon renom d’un homme—né d’actes méritoires—touche à la fois le ciel et la terre. Tant que cette renommée demeure, tant qu’il est véritablement appelé “homme” (puruṣa).»
Verse 121
तुल्ये प्रियाप्रिये यस्य सुखदुःखे तथैव च । अतीतानागते चोभे स वै सर्वधनी नर:,जो मनुष्य प्रिय-अप्रिय, सुख-दुःख और भूत-भविष्यत्--इन द्वद्धोंमें सम है, वही सबसे बड़ा धनी है
Yudhiṣṭhira dit : «Est véritablement le plus riche celui qui demeure égal d’âme devant ce qui est cher et ce qui ne l’est pas, devant le plaisir et la douleur, et de même devant le passé et l’avenir.»
Verse 122
(भूतभव्यभविष्येषु नि:स्पूह: शान्तमानस: । सुप्रसन्न: सदा योगी स वै सर्वधनी श्वरः ।।
Celui qui est sans désir envers le passé, le présent et ce qui doit venir—dont l’esprit est paisible, dont la disposition demeure toujours claire et bienveillante, et qui reste constamment établi dans le yoga—lui seul est véritablement le seigneur de toutes les richesses. Le Yakṣa dit : «Ô Roi, tu as correctement expliqué qui est l’homme souverainement riche. Ainsi, parmi tes frères, celui que tu choisiras—que celui-là vive.»
Verse 123
युधिछिर उवाच श्यामो य एष रक्ताक्षो बृहच्छाल इवोत्थित: । व्यूढोरस्को महाबाहुर्नकुलो यक्ष जीवतु
Yudhiṣṭhira dit : «Ô Yakṣa, que Nakula vive — ce héros au teint sombre, aux yeux rougeoyants, dressé comme un grand arbre śāla, à la poitrine large et aux bras puissants.»
Verse 124
यक्ष उवाच प्रियस्ते भीमसेनो5यमर्जुनो व: परायणम् | स कस्मान्नकुलं राजन् सापत्नं जीवमिच्छसि
Le Yaksha dit : «Ô roi, ce Bhīmasena t’est cher, et cet Arjuna est ton plus grand refuge. Les laissant de côté, pourquoi veux-tu rendre la vie à Nakula, ton demi-frère né d’une autre mère ?»
Verse 125
यस्य नागसहस्रेण दशसंख्येन वै बलम् | तुल्यं त॑ भीममुत्सूज्य नकुलं जीवमिच्छसि,जिसमें दस हजार हाथियोंके समान बल है, उस भीमको छोड़कर तुम नकुलको ही क्यों जिलाना चाहते हो?
Le Yaksha dit : «Celui dont la force égale celle de dix mille éléphants—laissant de côté un tel Bhīma, pourquoi veux-tu rendre la vie à Nakula ?»
Verse 126
तथैनं मनुजाः प्राहुर्भीमसेनं प्रियं तव । अथ केनानुभावेन सापत्नं जीवमिच्छसि
«Ainsi les hommes disent que Bhīmasena est celui qui t’est le plus cher. Alors, par quelle force ou quelle excellence veux-tu rendre la vie à Nakula—ton frère rival, né d’une autre mère—en le laissant de côté ?»
Verse 127
यस्य बाहुबलं सर्वे पाण्डवा: समुपासते । अर्जुनं तमपाहाय नकुलं जीवमिच्छसि,जिसके बाहुबलका सभी पाण्डवोंको पूरा भरोसा है, उस अर्जुनको भी छोड़कर तुम्हें नकुलको जिला देनेकी इच्छा क्यों है?
Le Yaksha dit : «Tous les Pāṇḍava s’en remettent à la force des bras d’Arjuna. Le laissant de côté, pourquoi veux-tu rendre la vie à Nakula ?»
Verse 128
युधिछिर उवाच धर्म एव हतो हन्ति धर्मो रक्षति रक्षित: । तस्माद् धर्म न त्यजामि मा नो धर्मो हतोडवधीत्
Yudhiṣṭhira dit : «Le dharma, lorsqu’on le viole, frappe et détruit celui qui le viole ; le dharma, lorsqu’on le protège, protège le protecteur. C’est pourquoi je n’abandonne pas le dharma, de peur que le dharma, une fois ruiné, ne me ruine à mon tour.»
Verse 129
आनुशंस्यं परो धर्म: परमार्थाच्च मे मतम् | आनृशंस्यं चिकीर्षामि नकुलो यक्ष जीवतु
Yudhiṣṭhira dit : «La compassion est le plus haut dharma—telle est ma conviction arrêtée, fondée sur le bien suprême. Je veux agir sans cruauté, avec bonté ; ainsi, ô Yakṣa, que Nakula vive.»
Verse 130
धर्मशील: सदा राजा इति मां मानवा विदु: । स्वधर्मान्न चलिष्यामि नकुलो यक्ष जीवतु
Yudhiṣṭhira dit : «Les hommes me connaissent comme un roi toujours voué au dharma. Aussi ne dévierai-je pas de mon devoir juste. Ô Yakṣa, que Nakula vive.»
Verse 131
कुन्ती चैव तु माद्री च द्वे भायें तु पितुर्मम । उभे सपुत्रे स्थातां वै इति मे धीयते मति:,मेरे पिताके कुन्ती और माद्री नामकी दो भार्याएँ रहीं। वे दोनों ही पुत्रवती बनी रहें, ऐसा मेरा विचार है
Yudhiṣṭhira dit : «Mon père eut deux épouses : Kuntī et Mādrī. Ma conviction arrêtée est que toutes deux doivent demeurer bénies de fils.»
Verse 132
यथा कुन्ती तथा माद्री विशेषो नास्ति मे तयो: । मातृभ्यां सममिच्छामि नकुलो यक्ष जीवतु
Yudhiṣṭhira dit : «Pour moi, Kuntī est comme Mādrī ; je ne vois aucune différence entre elles. Je veux porter un égal respect à mes deux mères. Ainsi, ô Yakṣa, que Nakula soit celui qui vive.»
Verse 133
यक्ष उवाच तस्य ते<र्थाच्च कामाच्च आनृशंस्यं परं मतम् | तस्मात् ते भ्रातर: सर्वे जीवन्तु भरतर्षभ
Le Yakṣa dit : «Ô taureau parmi les Bharata, tu as tenu la compassion et l’équité pour supérieures même aux quêtes de richesse et de plaisir. Aussi, que tous tes frères vivent.»
Verse 312
इस प्रकार श्रीमह्याभारत वनपर्वके अन्तर्गत आरणेयपर्वमें नकुल आदि चारों भाइयोंके मूर्च्छित होकर गिरनेसे सम्बन्ध रखनेवाला तीन सौ बारहवाँ अध्याय प्रा हुआ ॥/
Ainsi, dans le Vana Parva du Śrī Mahābhārata—au sein de la section Āraṇeya—commence le trois-cent-douzième chapitre, lié à l’épisode où Nakula et les quatre autres frères, terrassés et défaillants, s’effondrent à terre.
Verse 313
इति श्रीमहाभारते वनपर्वणि आरणेयपर्वणि यक्षप्रश्नने त्रयोदशाधिकत्रिशततमो< ध्याय:,इस प्रकार श्रीमहद्या भारत वनप्वके अन्तर्गत आरणेयपर्वमें यक्षप्रश्रविषयक तीन सौ तेरहवाँ अध्याय पूरा हुआ
Ainsi, dans le Śrī Mahābhārata, au sein du Vana Parva, dans la section Āraṇeya, s’achève le chapitre consacré aux questions du Yakṣa—le trois-cent-treizième chapitre. Ce colophon final marque l’achèvement du dialogue éthique où le Yakṣa éprouve les principes du dharma par des questions pénétrantes et des réponses.
Verse 363
मयैते निहता:ः सर्वे भ्रातरस्ते महौजस: । यक्षने कहा--तुम्हारा कल्याण हो। मैं जलचर पक्षी नहीं हूँ, यक्ष हूँ। तुम्हारे ये सभी महान् तेजस्वी भाई मेरे द्वारा ही मारे गये हैं
Le Yakṣa dit : « Tous ces frères qui sont les tiens, puissants et resplendissants, je les ai tués. » Et il ajouta : « Que le bien te soit favorable. Je ne suis pas un oiseau des eaux ; je suis un Yakṣa. Tous ces frères, grands de vigueur, ont été abattus par moi. »