Mahabharata Adhyaya 14
Drona ParvaAdhyaya 1487 Versesकौरव पक्ष को द्रोण के प्रचण्ड आक्रमण से बढ़त; पर अभिमन्यु के प्रवेश से पाण्डव पक्ष में क्षणिक उत्साह और प्रतिरोध की तीव्रता।

Adhyaya 14

Śalya–Bhīma Gadāyuddham (मद्रराज-भीमसेन गदायुद्धम्)

Upa-parva: Gadā-yuddha Prakaraṇa (Śalya–Bhīma Saṃvāda/saṃgharṣa context)

Dhṛtarāṣṭra requests further description of exemplary duels, specifically the engagement involving Ārtāyani (Śalya) and Saubhadra (Abhimanyu) in proximity, prompting Sañjaya’s report. Sañjaya narrates Śalya’s enraged leap from his chariot after seeing his charioteer struck, lifting an all-iron mace; Bhīma advances with his own heavy mace, while Abhimanyu challenges Śalya but is restrained by Bhīma to maintain duel order. The two champions close, with instruments sounding and onlookers acclaiming the contest. The duel proceeds through circling patterns (maṇḍala), matched exchanges, and repeated heavy impacts likened to thunder; both maces flare metaphorically with fire-like imagery as they collide. After a simultaneous, forceful exchange, both combatants fall together; Śalya appears disoriented and repeatedly gasping. Kṛtavarmā rapidly intervenes, places Śalya with mace onto a chariot, and withdraws him from the immediate combat zone. The Kaurava forces, seeing the Madrādhipa turned away, waver, while the Pāṇḍavas press advantage and sound victory signals.

Chapter Arc: संजय धृतराष्ट्र को रणभूमि का दृश्य सुनाते हैं—सुवर्णमय रथ पर द्रोणाचार्य ऐसे प्रकट होते हैं मानो साक्षात् अग्नि उठ खड़ा हुआ हो; सृञ्जय-सेनाएँ उनके तेज से काँप उठती हैं। → द्रोण का धनुष निरन्तर खिंचता है; उसकी ज्याघोष-गर्जना वज्र-नाद-सी फैलती है। उनके बाणों से असंख्य योद्धा कटते हैं और रणभूमि ‘रणनदी’ बन जाती है—शत-शत प्राणियों को पितृलोक की ओर बहाती हुई। इसी उथल-पुथल में भीमसेन विविंशति को बीस तीखे बाणों से बेधकर भी उसे विचलित नहीं कर पाते—युद्ध की कठोरता और बढ़ती है। → महाबली अभिमन्यु युद्धाकांक्षी होकर वेग से प्रवेश करता है और तलवार-ढाल के निकट-युद्ध में ऐसा घमासान रचता है कि प्रहार-प्रतिप्रहार के बीच किसी को भी दोनों ‘नरसिंहों’ के बीच अंतराल दिखाई नहीं देता। उसके शौर्य से कौरव-पाण्डव दोनों ओर के दर्शक स्तब्ध होते हैं; अभिमन्यु के कौशल-जनित शब्द और सिंहनाद रणभूमि को भर देते हैं। → अभिमन्यु की अपलायिन-रहित वीरता से उसका उत्साह बढ़ता है, पर कौरव-पक्ष उसे चारों ओर से तीक्ष्ण बाणों की वर्षा से ढँक देता है—जैसे पर्वत पर मेघ जल बरसाएँ। इसी बीच अपने सारथी के पराभव/वध से क्रुद्ध आर्तायनि (कृतवर्मा) सौभद्र पर धावा बोलता है, और संघर्ष एक नये मोड़ पर पहुँचता है। → कृतवर्मा के क्रोधपूर्ण आक्रमण और चारों ओर से बाण-वृष्टि के बीच अभिमन्यु किस प्रकार मार्ग निकालेगा—यही अगले अध्याय की दहलीज़ है।

Shlokas

Verse 1

ऑऔपन--#रू< बक। ] अि्शशाड<म चतुर्दशो 5 ध्याय: द्रोणका पराक्रम

Sañjaya dit : «Ô roi ! Alors Droṇa, se mouvant au cœur de l’armée des Pāṇḍava, y souleva une peur immense. Parcourant les troupes en tous sens, il embrasait leurs rangs tel un feu dévorant un fourré.»

Verse 2

निर्दहन्तमनीकानि साक्षादग्निमिवोत्थितम्‌ । दृष्टवा रुक्मरथं क्रुद्धं समकम्पन्त सृञज्जया:

Sañjaya dit : «Le voyant—tel le dieu du Feu lui-même dressé en personne—réduire en cendres les formations, et voyant le guerrier au char d’or, enflammé de colère, les héros Sṛñjaya se mirent à trembler.»

Verse 3

सतत कृष्यत: संख्ये धनुषो5स्थाशुकारिण: । ज्याघोष: शुश्रुवे5त्यर्थ विस्फूर्जितमिवाशने:

Sañjaya dit : Au plus fort de la bataille, Droṇācārya—prompt à armer et à lâcher ses flèches—bandait son arc sans relâche. Le fracas de la corde retentissait puissamment, tel le grondement éclatant d’un éclair.

Verse 4

रथिन: सादिनश्लैव नागानश्वान्‌ पदातिन: । रौद्रा हस्तवता मुक्ता: सम्मृद्नन्ति सम सायका:

Sañjaya dit : Les flèches terribles et bien ajustées que Drona décochait d’un geste prompt et maître écrasaient l’armée des Pāṇḍava, broyant indistinctement guerriers de char, cavaliers, éléphants, chevaux et fantassins.

Verse 5

नानद्यमान: पर्जन्य: प्रवृद्ध: शुचिसंक्षये । अश्मवर्षमिवावर्षत्‌ परेषामावहद्‌ भयम्‌

Sañjaya dit : Tel un nuage de pluie qui enfle à la fin de la saison brûlante, gronde avec fracas puis se déverse comme une grêle de pierres, ainsi fit-il pleuvoir ses traits, portant la peur dans les rangs adverses.

Verse 6

विचरन्‌ स तदा राजन सेनां संक्षो भयन्‌ प्रभु: । वर्धयामास संत्रासं शात्रवाणाममानुषम्‌

Sañjaya dit : Ô Roi ! Alors le puissant Droṇācārya parcourait le champ de bataille, ébranlant l’armée, et il faisait croître chez ses ennemis une peur qui semblait dépasser la mesure humaine.

Verse 7

तस्य विद्युदिवा भ्रेषु चापं हेमपरिष्कृतम्‌ । भ्रमद्रथाम्बुदे चास्मिन्‌ दृष्यते सम पुन: पुन:

Sañjaya dit : Au sein de ce nuage tourbillonnant de chars, son arc, paré d’or, se voyait luire encore et encore, tel l’éclair dans le ciel.

Verse 8

उनके घूमते हुए रथरूपी मेघमण्डलमें सुवर्णभूषित धनुष विद्युतके समान बारंबार प्रकाशित दिखायी देता था ।।

Sañjaya dit : Ce héros, Droṇācārya—véridique, clairvoyant et toujours ferme dans le dharma—mit en branle sur le champ de bataille un fleuve terrible et furieux, tel le déluge de destruction à la fin d’un âge, tandis que le sang s’écoulait dans le sillage de son assaut. L’image souligne que même un guerrier attaché au dharma, lié par le devoir des armes et par l’allégeance, peut devenir l’instrument d’une violence catastrophique dans la guerre.

Verse 9

अमर्षवेगप्रभवां क्रव्यादगणसंकुलाम्‌ । बलौघै: सर्वतः पूर्णा ध्वजवृक्षापहारिणीम्‌

Sañjaya dit : «Son apparition soudaine naquit d’un sursaut de colère intolérable. Elle était encombrée de bandes de bêtes carnassières. Remplie de toutes parts par des torrents d’armées, elle avançait en arrachant et en emportant, dans sa crue, les “arbres” que formaient les étendards (les enseignes).»

Verse 10

शोणितोदां रथावर्ता हस्त्यश्वकृतरो धसम्‌ । कवचोडुपसंयुक्तां मांसपड़कसमाकुलाम्‌

Sañjaya dit : «Ce fleuve ne coulait pas d’eau, mais de torrents de sang. Des tourbillons naissaient là où les chars le brassaient ; les monceaux de corps d’éléphants et de chevaux se dressaient comme ses hautes rives. Les armures y dérivaient telles des barques, et il était épais de la boue de chair.» L’image souligne l’horreur morale de la guerre : la vaillance et la stratégie aboutissent à un paysage où la vie n’est plus que débris, confrontant l’auditeur au prix éthique de la violence, même au cœur d’une guerre dite de dharma.

Verse 11

मेदोमज्जास्थिसिकतामुष्णीषचयफेनिलाम्‌ । संग्रामजलदापूर्णा प्रासमत्स्यसमाकुलाम्‌

Sañjaya dit : «(Ce champ de bataille) écumait de monceaux de graisse, de moelle, d’os, d’éclats pareils à du gravier et de casques entassés ; il était rempli des nuées d’orage de la guerre et foisonnait de “poissons” sous forme de lances — image d’un monde où la violence fait du champ un effroyable océan en tumulte.»

Verse 12

मेद, मज्जा और हड़ियाँ वहाँ बालुकाराशिके समान प्रतीत होती थीं। पगड़ियोंका समूह उसमें फेनके समान जान पड़ता था। संग्रामरूपी मेघ उस नदीको रक्तकी वर्षद्वारा भर रहा था। वह नदी प्रासरूपी मत्स्योंसे भरी हुई थी ।।

Sañjaya dit : La graisse, la moelle et les os y semblaient des monceaux de sable ; les turbans et casques entassés paraissaient de l’écume. Les nuées du combat emplissaient ce fleuve d’une pluie de sang, et le fleuve regorgeait de “poissons” sous forme de lances. Là gisaient, en tas, fantassins, éléphants et chevaux. Son courant farouche était le torrent impétueux des flèches qui le faisait couler. Ses rives semblaient faites de troncs de corps, et il était encombré de chars comme de tortues. L’image souligne que, lorsque la guerre n’est plus contenue par le dharma, le champ devient un paysage grotesque où la vie est réduite à des débris et où les instruments de violence deviennent les “eaux” mêmes qui portent la destruction en avant.

Verse 13

इस प्रकार श्रीमहाभारत द्रोणपर्वके अन्तर्गत द्रोणाभिषेकपर्वमें अर्जुनके द्वारा युधिष्ठिरको आश्वासनविषयक तेरहवाँ अध्याय पूरा हुआ

Sañjaya dit : Le ruisseau du champ de bataille paraissait un lac de lotus, car les têtes tranchées des guerriers ressemblaient à des fleurs de lotus. D’innombrables épées, sombrant puis dérivant, le faisaient sembler grouillant de poissons. Enserré çà et là par des chars et des éléphants, il se changeait en mares profondes ; et, des parures étant éparses partout, il paraissait orné de bijoux de mille sortes. Cette image souligne l’horreur morale de la guerre : la beauté y est grotesquement singée par la violence, et la splendeur s’y achète au prix des vies.

Verse 14

महारथशतावर्ता भूमिरेणूमिमालिनीम्‌ | महावीर्यवतां संख्ये सुतरां भीरुदुस्तराम्‌

Sañjaya dit : Le sol du champ de bataille semblait un fleuve dont les tourbillons étaient faits de centaines de grands chars, et dont la surface était ceinte de vagues de poussière. Dans ce heurt de héros à la force immense, il était, certes, aisé à franchir pour les vaillants véritables ; mais pour les cœurs timorés il devenait un flot périlleux, infranchissable — comme si le courage et la constance étaient la mesure morale par laquelle on affronte les épreuves de la guerre.

Verse 15

शरीरशतसम्बाधां गृध्रकड्कनिषेविताम्‌ । महारथसहस्राणि नयन्तीं यमसादनम्‌,उसके भीतर सैकड़ों लाशें पड़ी हुई थीं। गीध और कंक उस नदीका सेवन करते थे। वह सहस्रों महारथियोंको यमराजके लोकमें ले जा रही थी

Sañjaya dit : « Ce courant, obstrué par des centaines de cadavres et fréquenté par des vautours et des hérons qui s’en repaissaient, emportait des milliers de grands guerriers de char vers la demeure de Yama. La scène met à nu le prix moral de la guerre : ni la prouesse ni le rang ne protègent de la mort, et la violence du champ de bataille change vite les héros vivants en pâture pour les charognards et en offrandes au Seigneur de la Mort. »

Verse 16

शूलव्यालसमाकीर्णा प्राणिवाजिनिषेविताम्‌ । छिन्नक्षत्रमहाहंसां मुकुटाण्डजसेविताम्‌

Sañjaya dit : Ce fleuve terrible était encombré de lances, tel un chenal infesté de serpents. Des êtres vivants et des chevaux le fréquentaient, comme s’ils en étaient les oiseaux en mouvement. Les rangs de kṣatriyas tranchés semblaient de grands cygnes qui y erraient, et il paraissait servi par les oiseaux d’eau que formaient les couronnes des rois — image qui change la splendeur royale en sinistre parure de guerre.

Verse 17

चक्रकूर्मा गदानक्रां शरक्षुद्रमझषाकुलाम्‌ । बकगृध्रसृगालानां घोरसंघैर्निषेविताम्‌

Sañjaya dit : « C’était comme un fleuve effroyable : ses roues étaient des tortues, ses massues des crocodiles, et il fourmillait de flèches comme de bancs de petits poissons. Le long de ses rives rôdaient d’horribles bandes de hérons, de vautours et de chacals. » Dans cette imagerie guerrière, le champ de bataille est peint comme un écosystème prédateur où armes et charognards signifient ensemble l’horreur morale et l’inévitable lendemain de la violence.

Verse 18

निहतान्‌ प्राणिन: संख्ये द्रोणेन बलिना रणे । वहन्तीं पितृलोकाय शतशो राजसत्तम

Sañjaya dit : «Ô le meilleur des rois, dans la mêlée du combat, le puissant Droṇa abattit des êtres vivants par centaines, les envoyant vers le monde des Pères (Pitṛloka).»

Verse 19

नृपश्रेष्ठट बलवान द्रोणाचार्यके द्वारा रणभूमिमें मारे गये सैकड़ों प्राणियोंको वह पितृलोकमें पहुँचा रही थी ।।

Sañjaya dit : «Ô le meilleur des rois, Droṇa, puissant au combat, fit couler sur le champ de bataille une ‘rivière’ engorgée de centaines de corps ; les chevelures y étaient épaisses comme des algues, et les herbes comme si elles y flottaient. Ce flot épouvantable ne faisait qu’accroître la terreur des cœurs timorés : ainsi Droṇācārya y déversa un fleuve de sang.»

Verse 20

तर्जयन्तमनीकानि तानि तानि महारथम्‌ । सर्वतो<भ्यद्रवन्‌ द्रोणं युधिष्ठिरपुरोगमा:,उस समय समस्त सेनाओंको अपने गर्जन-तर्जनसे डराते हुए महारथी द्रोणाचार्यपर युधिष्ठिर आदि योद्धा सब ओरसे टूट पड़े

Sañjaya dit : «Alors Droṇa, le grand guerrier de char, rugissait et menaçait, jetant l’effroi dans telle et telle troupe ; et les combattants conduits par Yudhiṣṭhira se ruèrent sur lui de toutes parts.»

Verse 21

तानभिद्रवत: शूरांस्तावका दृढविक्रमा: । सर्वतः प्रत्यगृह्लन्त तदभूल्लोमहर्षणम्‌

Sañjaya dit : «Quand ces héros se ruèrent en avant, tes troupes, fermes dans leur vaillance, les arrêtèrent de toutes parts. Alors le heurt des deux armées s’éleva en une bataille à faire dresser les cheveux.»

Verse 22

शतमायस्तु शकुनि: सहदेवं समाद्रवत्‌ | सनियन्तृथ्वजरथं विव्याध निशितै: शरै:,सैकड़ों मायाओंको जाननेवाले शकुनिने सहदेवपर धावा किया और उनके सारथि, ध्वज एवं रथसहित उन्हें अपने पैने बाणोंसे घायल कर दिया

Sañjaya dit : «Śakuni, fameux pour cent ruses et artifices, chargea droit sur Sahadeva. De flèches acérées, il le blessa au combat, touchant aussi son cocher, sa bannière et son char.»

Verse 23

तस्य माद्रीसुत: केतुं धनु: सूतं हयानपि । नातिक्रुद्ध:ः शरैश्छित्त्वा षष्टया विव्याध सौबलम्‌

Alors Sahadeva, fils de Mādrī, sans se laisser emporter par une colère excessive, trancha de ses flèches la bannière, l’arc, le cocher et même les chevaux de Śakuni ; puis, de soixante traits, il perça aussi Śakuni, fils de Subala — manifestant une résolution maîtrisée au cœur de la fureur guerrière.

Verse 24

सौबलस्तु गदां गृहा प्रचस्कन्द रथोत्तमात्‌ | स तस्य गदया राजन्‌ रथात्‌ सूतमपातयत्‌

Sañjaya dit : Śakuni, fils de Subala, saisissant sa massue, bondit de son char d’élite. Ô Roi, de cette massue il abattit le cocher du char de Sahadeva, redoublant la cruauté du combat en frappant le soutien qui rend possible la lutte, et non le seul guerrier.

Verse 25

ततस्तौ विरथौ राजन गदाहस्तौ महाबलौ । चिक्रीडतू रणे शूरौ सशृज्भाविव पर्वती

Sañjaya dit : Alors, ô Roi, ces deux héros d’une force immense —désormais privés de chars— prirent leurs massues et combattirent sur le champ de bataille comme en un jeu, tels deux montagnes aux sommets couronnés se heurtant l’une à l’autre. L’image ne dit pas la légèreté, mais la maîtrise sans peur du combat.

Verse 26

द्रोण: पाउ्चालराजानं विद्ध्वा दशभिराशुगै: । बहुभिस्तेन चाभ्यस्तस्तं विव्याध ततोडधिकै:

Sañjaya dit : Après avoir percé le roi des Pāñcālas, Drupada, de dix flèches rapides, Droṇa fut à son tour frappé par lui de nombreux traits. Alors Droṇa blessa de nouveau Drupada de flèches encore plus nombreuses, aggravant l’échange. Le passage souligne la sombre réciprocité de la guerre — blessure répondant à blessure — dans un cycle de violence attisé par l’inimitié et le devoir guerrier au cœur de la crise du dharma.

Verse 27

विविंशतिं भीमसेनो विंशत्या निशितै: शरै: । विद्ध्वा नाकम्पयद्‌ वीरस्तदद्भुतमिवाभवत्‌,वीर भीमसेन बीस तीखे बाणोंद्वारा विविंशतिको घायल करके भी उन्हें विचलित न कर सके। यह एक अद्भुत-सी बात हुई

Sañjaya dit : Bhīmasena, frappant Viviṁśati de vingt flèches acérées, ne parvint pourtant pas à le faire chanceler. Cela parut presque merveilleux, montrant que, dans la fureur du combat, la force brute peut échouer devant la constance et la résolution guerrière de l’adversaire.

Verse 28

विविंशतिस्तु सहसा व्यश्वकेतुशरासनम्‌ । भीम॑ चक्रे महाराज ततः सैन्यान्यपूजयन्‌

Sañjaya dit : Ô roi, Viviṁśati frappa soudain et abattit les chevaux de Bhīma, tranchant sa bannière et son arc. Témoins de cet exploit, les guerriers assemblés le louèrent abondamment.

Verse 29

स तन्न ममृषे वीर: शत्रोर्विक्रममाहवे । ततो<स्य गदया दान्तान्‌ हयान्‌ सर्वानपातयत्‌,वीर भीमसेन युद्धमें शत्रुके इस पराक्रमको न सह सके। उन्होंने अपनी गदाद्वारा उसके समस्त सुशिक्षित घोड़ोंको मार डाला

Sañjaya dit : Le héros Bhīma ne put supporter la prouesse de l’ennemi sur le champ de bataille. Alors, de sa massue, il abattit tous les chevaux parfaitement dressés de ce guerrier.

Verse 30

हताश्चात्‌ सरथाद्‌ राजन्‌ गृह चर्म महाबल: । अभ्यायाद्‌ भीमसेन तु मत्तो मत्तमिव द्विपम्‌

Sañjaya dit : Ô roi, ses chevaux une fois abattus, le puissant Viviṁśati sauta du char, tenant bouclier et épée. Puis, tel un éléphant en rut qui se rue sur un autre éléphant en rut, il fondit sur Bhīmasena.

Verse 31

शल्यस्तु नकुलं वीर: स्वस्त्रीयं प्रियमात्मन: । विव्याध प्रहसन्‌ बाणैलॉालयन्‌ कोपयन्निव,वीर राजा शल्यने अपने प्यारे भानजे नकुलको हँसकर लाड़ लड़ाते और कुपित करते हुए-से अनेक बाणोंद्वारा बींध डाला

Sañjaya dit : Le vaillant Śalya, bien que Nakula fût le fils bien-aimé de sa propre sœur, le perça de nombreuses flèches en souriant au combat, comme s’il le cajolait en jeu tout en l’excitant à la colère.

Verse 32

तस्याश्वानातपत्र॑ च ध्वजं सूतमथो धनु: । निपात्य नकुलः संख्ये शड्खं दध्मौ प्रतापवान्‌

Sañjaya dit : Dans cette bataille, le vaillant Nakula abattit les chevaux, l’ombrelle, la bannière, le cocher et l’arc de son adversaire ; puis il sonna sa conque, proclamant sa victoire.

Verse 33

धृष्टकेतु: कृपेणास्तान्‌ छित्त्वा बहुविधाउ्छरान्‌ । कृप॑ विव्याध सप्तत्या लक्ष्म चास्याहरत्‌ त्रिभि:

Sañjaya dit : Dhṛṣṭaketu, après avoir tranché les flèches innombrables et variées que Kṛpa avait lancées, perça Kṛpa de soixante-dix traits ; puis, de trois flèches encore, il abattit l’emblème qui le distinguait—son étendard—marquant aux yeux de tous l’instant où Kṛpa perdit l’avantage dans ce duel de maîtrise et de résolution.

Verse 34

त॑ं कृप: शरवर्षेण महता समवारयत्‌ | विव्याध च रणे विप्रो धृष्टकेतुममर्षणम्‌,तब ब्राह्मण कृपाचार्यने भारी बाण-वर्षके द्वारा अमर्षशील धृष्टकेतुको युद्धमें आगे बढ़नेसे रोका और घायल कर दिया

Sañjaya dit : Kṛpa l’arrêta par une grande pluie de flèches. Au cœur de la mêlée, le guerrier brahmane perça aussi Dhṛṣṭaketu, farouche et inflexible, et contint son avance par la discipline de l’art guerrier plutôt que par la seule colère, montrant que la guerre se joue autant sur la maîtrise et le devoir que sur la fureur.

Verse 35

सात्यकि: कृतवर्माणं नाराचेन स्तनान्तरे । विद्ध्वा विव्याध सप्तत्या पुनरन्यै: स्मयन्निव

Sañjaya dit : Satyaki, après avoir frappé Kṛtavarman à la poitrine d’une flèche narāca acérée, le frappa de nouveau—comme en souriant—de soixante-dix autres traits, le déchirant et l’ensanglantant davantage.

Verse 36

त॑ भोज: सप्तसप्तत्या विद्ध्वा55शु निशितै: शरैः । नाकम्पयत शैनेयं शीघ्रो वायुरिवाचलम्‌

Sañjaya dit : Le guerrier bhoja (Kṛtavarmā) perça promptement Sātyaki, descendant de Śini, de soixante-dix-sept flèches acérées ; pourtant il ne put ébranler sa résolution—comme un vent rapide ne saurait déplacer une montagne immobile.

Verse 37

सेनापति: सुशर्माणं भृशं मर्मस्वताडयत्‌ । स चापि तं तोमरेण जद्रुदेशे5भ्यताडयत्‌

Sañjaya dit : Le commandant en chef frappa Susarman avec une extrême violence à ses points vitaux. Susarman, à son tour, riposta en le frappant d’un javelot au niveau du cou. Cet échange révèle la sombre réciprocité de la violence guerrière, où l’adresse et l’endurance se mesurent par des coups ciblés plutôt que par la retenue.

Verse 38

वैकर्तनं तु समरे विराट: प्रत्यवारयत्‌ । सह मत्स्यैर्महावीर्यैस्तदद्भुतमिवा भवत्‌,समरभूमिमें महापराक्रमी मत्स्यदेशीय वीरोंके साथ विराटने विकर्तनपुत्र कर्णको रोका। वह अद्भुत-सी बात थी

Sañjaya dit : Au plus fort de la mêlée, Virāṭa arrêta Vaikartana (Karṇa). Soutenu par les vaillants guerriers du pays de Matsya, cela parut presque merveilleux — une résistance inattendue face à un adversaire si redoutable.

Verse 39

तत्‌ पौरुषमभूत्‌ तत्र सूतपुत्रस्य दारुणम्‌ । यत्‌ सैन्यं वारयामास शरै: संनतपर्वभि:,वहाँ सूतपुत्र कर्णका भयंकर पुरुषार्थ प्रकट हुआ। उसने झुकी हुई गाँठवाले बाणोंद्वारा उनकी समस्त सेनाकी प्रगति रोक दी

Sañjaya dit : Là se révéla la farouche prouesse de Karṇa, le fils du cocher, lorsqu’avec des flèches aux jointures courbées vers le bas il arrêta l’avancée de l’armée adverse.

Verse 40

द्रुपदस्तु स्वयं राजा भगदत्तेन संगत: । तयोर्युद्धं महाराज चित्ररूपमिवाभवत्‌,महाराज! तदनन्तर राजा द्रुपद स्वयं जाकर भगदत्तसे भिड़ गये। महाराज! फिर उन दोनोंमें विचित्र-सा युद्ध होने लगा

Sañjaya dit : Ô grand roi, ensuite le roi Drupada lui-même engagea le combat contre Bhagadatta. Ô grand roi, la bataille entre ces deux-là parut étrange et merveilleusement bigarrée — un duel d’armes hors du commun au cœur de la guerre.

Verse 41

भगदत्तस्तु राजानं द्रुप्दं नतपर्वभि: । सनियन्तृध्वजरथं विव्याध पुरुषर्षभ:

Sañjaya dit : Alors Bhagadatta, taureau parmi les hommes, frappa le roi Drupada de flèches aux jointures courbées ; et il perça aussi son char — le cocher et l’étendard — accablant le roi d’une pression terrible au cœur du combat.

Verse 42

पुरुषश्रेष्ठ भगदत्तने झुकी हुई गाँठवाले बाणोंसे राजा द्रपदको उनके सारथि, रथ और ध्वजसहित बींध डाला ।।

Sañjaya dit : Ô meilleur des hommes, Bhagadatta perça le roi Drupada de flèches aux jointures courbées, l’atteignant avec son cocher, son char et son étendard. Voyant cela, Drupada, enflammé de colère, riposta aussitôt et frappa Bhagadatta, le grand guerrier de char, en pleine poitrine d’une flèche aux jointures courbées.

Verse 43

युद्ध योधवरौ लोके सौमदत्तिशिखण्डिनौ । भूतानां त्रासजननं चक्राते5स्त्रविशारदौ

Sañjaya dit : Dans cette bataille, Bhūriśravas, fils de Somadatta, et Śikhaṇḍin—tous deux renommés comme les plus grands guerriers du monde et maîtres des armes—s’engagèrent dans un duel si terrible qu’il inspira l’effroi à tous les êtres.

Verse 44

भूरिश्रवा रणे राजन्‌ याज्ञसेनिं महारथम्‌ | महता सायकौघेन छादयामास वीर्यवान्‌,राजन! पराक्रमी भूरिश्रवाने रणक्षेत्रमें ट्रपदपुत्र महारथी शिखण्डीको सायकसमूहोंकी भारी वर्षा करके आच्छादित कर दिया

Sañjaya dit : Ô roi, au cœur de la mêlée, le vaillant Bhūriśravas couvrit Śikhaṇḍin, le grand guerrier de char, fils de Drupada (Yājñaseni), d’une pluie massive de flèches.

Verse 45

शिखण्डी तु ततः क्रुद्ध: सौमदत्तिं विशाम्पते । नवत्या सायकानां तु कम्पयामास भारत,प्रजानाथ! भरतनन्दन! तब क्रोधमें भरे हुए शिखण्डीने नब्बे बाण मारकर सोमदत्तकुमार भूरिश्रवाको कम्पित कर दिया

Sañjaya dit : Alors Śikhaṇḍī, enflammé de colère, frappa Saumadatti (Bhūriśravas), ô seigneur des hommes. De quatre-vingt-dix flèches il le fit chanceler — ô Bhārata, ô souverain des peuples, ô joie des Bharatas.

Verse 46

राक्षसौ रौद्रकर्माणौ हैडिम्बालम्बुषावुभौ । चक्राते>त्यद्भुतं युद्धं परस्परजयैषिणौ,भयंकर कर्म करनेवाले राक्षस घटोत्कव और अलम्बुष--ये दोनों एक-दूसरेको जीतनेकी इच्छासे अत्यन्त अद्भुत युद्ध करने लगे

Sañjaya dit : Les deux rākṣasas, terribles dans leurs œuvres — Haiḍimba (Ghaṭotkaca) et Alambuṣa —, chacun avide de vaincre l’autre, s’engagèrent dans un combat des plus prodigieux.

Verse 47

मायाशतसूजौ दृप्तौ मायाभिरितरेतरम्‌ | अन्तर्हितौ चेरतुस्ती भृूशं॑ विस्मपकारिणौ

Ces deux êtres de la nuit, gonflés d’orgueil, engendraient des centaines d’illusions et voulaient se terrasser l’un l’autre par la magie même. Invisibles, ils allaient et venaient, plongeant les hommes dans un profond étonnement.

Verse 48

चेकितानो<नुविन्देन युयुधे चातिभैरवम्‌ । यथा देवासुरे युद्धे बलशक्रौ महाबलौ,चेकितान अनुविन्दके साथ अत्यन्त भयंकर युद्ध करने लगे, मानो देवासुर-संग्राममें महाबली बल और इन्द्र लड़ रहे हों

Sañjaya dit : Cekitāna combattit Anuvinda dans une bataille d’une terreur et d’une intensité extrêmes—comme si le puissant Bala et Indra s’affrontaient dans l’antique guerre des dieux contre les démons. Cette comparaison accroît la gravité morale de la scène : la prouesse héroïque s’y manifeste à son apogée, mais elle se déploie dans l’élan tragique d’une guerre fratricide.

Verse 49

लक्ष्मण: क्षत्रदेवेन विमर्दमकरोद्‌ भृशम्‌ | यथा विष्णु: पुरा राजन्‌ हिरण्याक्षेण संयुगे

Sañjaya dit : Lakshmana combattit avec fureur Kshatradeva. Ô roi, de même que le seigneur Vishnu affronta jadis Hiranyaksha, ainsi Lakshmana engagea sur ce champ de bataille un choc immense—image destinée à dire une vaillance écrasante et l’intensité terrifiante de la guerre.

Verse 50

तत: प्रचलिताश्वेन विधिवत्कल्पितेन च । रथेनाभ्यपतद्‌ राजन्‌ सौभद्रं पौरवो नदन्‌

Sañjaya dit : Alors, ô roi, le prince Paurava, monté sur un char dûment équipé selon la règle et attelé de chevaux fougueux et nerveux, se rua sur Saubhadra (Abhimanyu) en poussant un grand cri. La scène souligne la préparation disciplinée de la guerre : l’art et l’ordre mis au service d’une intention d’attaque, tandis que la fureur du combat se resserre autour du jeune héros.

Verse 51

ततो<भ्ययात्‌ सत्वरितो युद्धाकाड्क्षी महाबल: । तेन चक्रे महद्‌ युद्धमभिमन्युररिंदम:,तब शत्रुओंका दमन और युद्धकी अभिलाषा करनेवाले महाबली अभिमन्यु भी तुरंत सामने आया और उनके साथ महान्‌ युद्ध करने लगा

Sañjaya dit : Alors Abhimanyu—puissant de force, avide de combat et dompteur d’ennemis—s’avança promptement. Les rencontrant, il engagea une grande bataille, porté par la résolution du guerrier : faire face à l’agression et maintenir le devoir de son camp dans la guerre.

Verse 52

पौरवस्त्वथ सौभद्रं शरब्रातैरवाकिरत्‌ । तस्यार्जुनिर्ध्वजं छत्र॑ धनुश्वोव्यामपातयत्‌

Sañjaya dit : Alors les guerriers kaurava accablèrent le fils de Subhadrā (Abhimanyu) d’averses de flèches. Voyant cela, le fils d’Arjuna abattit leur étendard, leur ombrelle et leur arc, les jetant à terre—un acte destiné à briser leur orgueil guerrier et à entamer leur résolution au cœur de la mêlée.

Verse 53

सौभद्र: पौरवं त्वन्यैर्विदूध्वा सप्तभिराशुगै: । पज्चभिस्तस्य विव्याध हयान्‌ सूतं च सायकै:

Sañjaya dit : Abhimanyu, fils de Subhadrā, frappa d’abord le guerrier kaurava de sept flèches rapides et le blessa. Puis, de cinq traits encore, il perça aussi ses chevaux et son cocher—révélant l’élan impitoyable du combat, où priver l’ennemi de mouvement et d’appui devient une nécessité décisive, fût-elle sinistre.

Verse 54

ततः प्रहर्षयन्‌ सेनां सिंहवद्‌ विनदन्‌ मुहुः । समादत्तार्जुनिस्तूर्ण पैरवान्तकरं शरम्‌

Alors, exaltant son armée et rugissant sans cesse tel un lion, Abhimanyu, fils d’Arjuna, saisit aussitôt une flèche capable d’abattre le roi Paurava.

Verse 55

त॑ तु संधितमाज्ञाय सायकं घोरदर्शनम्‌ । द्वाभ्यां शराभ्यां हार्दिक्यश्चिच्छेद सशरं धनु:

Sañjaya dit : Voyant que la flèche à l’aspect terrible était déjà ajustée sur l’arc, Kṛtavarmā, fils de Hṛdīka, trancha aussitôt l’arc avec la flèche encochée au moyen de deux traits. Dans la pression impitoyable du combat, ce geste montre la vigilance de chaque instant et l’éthique tactique : neutraliser l’arme de l’adversaire à l’instant décisif plutôt que de laisser partir un tir meurtrier.

Verse 56

तदुत्सज्य धनुश्छिन्न॑ं सौभद्र: परवीरहा । उद्धबर्ह सितं खड्गमाददान: शरावरम्‌,तब शशत्रुवीरोंका संहार करनेवाले सुभद्राकुमारने उस कटे हुए धनुषको फेंककर चमचमाती हुई तलवार खींच ली और ढाल हाथमें ले ली

Sañjaya dit : Jetant son arc, désormais tranché et inutile, Saubhadra—tueur de héros ennemis—tira son épée vive et étincelante et prit son bouclier. Ainsi, dans la mêlée, il changea d’armes sans hésiter, gardant sa résolution d’affronter l’adharma avec un courage inébranlable.

Verse 57

स तेनानेकतारेण चर्मणा कृतहस्तवत्‌ | भ्रान्तासिवव्यचरन्मार्गान्‌ दर्शयन्‌ वीर्यमात्मन:

Sañjaya dit : Avec ce bouclier marqué de nombreux emblèmes semblables à des étoiles, il se déplaça sur le champ de bataille tel un homme aux mains parfaitement exercées : faisant tournoyer son épée, montrant des manœuvres variées, il rendait manifeste sa propre vaillance. La scène souligne l’art maîtrisé et l’assurance du guerrier, dans la lourde atmosphère morale d’une guerre fratricide où une telle splendeur sert des fins de destruction.

Verse 58

भ्रामितं पुनरुद्भ्रान्तमाधूतं पुनरुत्थितम्‌ । चर्मनिस्त्रिंशयो राजन्‌ निर्विशेषमदृश्यत

Ô roi ! Les rotations vers le bas, les rotations vers le haut, les moulinets de côté tout autour, puis l’élan qui se relève, se faisaient avec une telle vitesse qu’on ne distinguait plus l’écu de l’épée.

Verse 59

स पौरवरथस्येषामाप्लुत्य सहसा नदन्‌ । पौरवं रथमास्थाय केशपक्षे परामृशत्‌,तब अभिमन्यु सहसा गर्जता हुआ उछलकर पौरवके रथके ईषादण्डपर चढ़ गया। फिर उसने पौरवकी चुटिया पकड़ ली

Alors Abhimanyu, poussant soudain un rugissement, bondit et se jucha sur le timon du char de Paurava. Puis, monté sur ce char, il saisit Paurava par son nœud de cheveux.

Verse 60

जघानास्य पदा सूतमसिनापातयद्‌ ध्वजम्‌ | विक्षोभ्याम्भोनिधिं ताक्ष्यस्तं नागमिव चाक्षिपत्‌

D’un coup de pied il abattit le cocher de Paurava, et de son épée il trancha la hampe et fit choir l’étendard. Puis, tel Garuḍa qui bouleverse l’océan, saisit un serpent et le jette à terre, il ébranla l’ennemi et précipita Paurava hors de son char.

Verse 61

तमागलितकेशान्तं ददृशुः सर्वपार्थिवा: । उक्षाणमिव सिंहेन पात्यमानमचेतसम्‌

Alors tous les rois le virent, les cheveux du sommet de la tête ébouriffés et arrachés, gisant sans connaissance, tel un taureau terrassé par un lion et laissé inerte. Ainsi Abhimanyu avait abattu Paurava : il demeurait étendu, insensible, une partie de sa chevelure arrachée.

Verse 62

तमार्जुनिवशं प्राप्त कृष्पममाणमनाथवत्‌ | पौरवं पातितं दष्ट्वा नामृष्यत जयद्रथ:,पौरव अभिमन्युके वशमें पड़कर अनाथकी भाँति खींचे जा रहे हैं और गिरा दिये गये हैं। यह देखकर जयद्रथ सहन न कर सका

Sañjaya dit : Voyant Paurava renversé, tombé sous la domination d’Abhimanyu et traîné comme un homme sans protecteur, Jayadratha ne put endurer ce spectacle.

Verse 63

स ब्हिबहाॉवततं किंकिणीशतजालवत्‌ | चर्म चादाय खड्गं च नदन्‌ पर्यपतद्‌ रथात्‌,वह मोरकी पाँखसे आच्छादित और सैकड़ों क्षुद्र घंटिकाओंके समूहसे अलंकृत ढाल और खड्ग लेकर गर्जता हुआ अपने रथसे कूद पड़ा

Sañjaya dit : Portant un bouclier orné d’un réseau de centaines de minuscules clochettes d’or, et saisissant son épée, il poussa un rugissement et bondit de son char—image d’une résolution farouche, lorsque la fureur de la bataille contraint les hommes à affronter le péril face à face, engageant l’honneur et le devoir sur le courage de chacun.

Verse 64

ततः सैन्धवमालोक्य कार्ष्णिरित्सृज्य पौरवम्‌ । उत्पपात रथात्‌ तूर्ण श्येनवन्निपपात च,तब अर्जुनपुत्र अभिमन्यु जयद्रथको आते देख पौरवको छोड़कर तुरंत ही पौरवके रथसे कूद पड़ा और बाजके समान जयद्रथपर झपटा

Sañjaya dit : Alors, apercevant Jayadratha (le roi du Sindhu), Kārṣṇi (Abhimanyu) lâcha le Paurava qu’il affrontait et bondit vivement de son char, fondant sur Jayadratha tel un faucon. L’instant souligne la résolution d’un guerrier au but unique : quitter un engagement moindre pour affronter la cible décisive.

Verse 65

प्रासपट्टिशनिस्त्रिंशाउछत्रुभि: सम्प्रचोदितान्‌ । चिच्छेद चासिना कार्ष्णिक्ष्मणा संरुरोध च,अभिमन्यु शत्रुओंके चलाये हुए प्रास, पट्टिश और तलवारोंको अपनी तलवारसे काट देते और अपनी ढालपर भी रोक लेते थे

Sañjaya dit : Excités par ses ennemis, les lances, javelots et épées lancés contre lui—Abhimanyu les tranchait de son propre sabre et les arrêtait aussi en interposant son bouclier. Au cœur de la mêlée, sa maîtrise disciplinée contenait la violence dirigée contre lui, révélant un courage ferme, sans céder à la peur ni au trouble.

Verse 66

स दर्शयित्वा सैन्यानां स्वबाहुबलमात्मन: । तमुद्यम्य महाखड्‌गं चर्म चाथ पुनर्बली

Sañjaya dit : Après avoir montré aux troupes la puissance de ses bras, le vaillant et puissant Abhimanyu releva son grand sabre et reprit son bouclier. Puis il s’avança droit sur Jayadratha, fils de Vṛddhakṣatra—ennemi irréconciliable de son père—comme un lion charge un éléphant. La scène souligne la résolution du guerrier et le tranchant périlleux de l’éthique du combat, où haine personnelle et devoir envers son camp poussent à des affrontements décisifs, souvent funestes.

Verse 67

वृद्धक्षत्रस्य दायादं पितुरत्यन्तवैरिणम्‌ । ससाराभिमुख: शूर: शार्दूल इव कुज्जरम्‌

Sañjaya dit : Le héros Abhimanyu se rua droit sur Jayadratha—l’héritier de Vṛddhakṣatra et l’ennemi acharné de son père—comme un tigre charge un éléphant. Après avoir montré sa puissance aux soldats, il reprit son large sabre et son bouclier et s’avança pour l’affronter, incarnant une résolution sans crainte au milieu des exigences et des périls de la guerre juste.

Verse 68

तौ परस्परमासाद्य खड्गदन्तनखायुधौ । हृष्टवत्‌ सम्प्रजद्गवाते व्याप्रकेसरिणाविव

Sañjaya dit : S’étant rejoints l’un l’autre, tous deux combattirent comme si leurs armes étaient l’épée, les dents et les griffes. Tels un tigre et un lion enlacés dans le combat, ils se frappaient sans cesse avec une exaltation et une ardeur farouche—image qui montre comment la guerre peut attiser la vaillance jusqu’à une intensité presque animale, tout en conduisant les hommes à leur ruine réciproque.

Verse 69

सम्पातेष्वभिघातेषु निपातेष्वसिचर्मणो: । न तयोरन्तरं कश्चिद्‌ ददर्श नरसिंहयो:

Dans les heurts, les ripostes et les tailles de haut en bas de l’épée et du bouclier, nul ne discerna la moindre différence entre ces deux « lions parmi les hommes ».

Verse 70

अवक्षेपो$सिनिर्ल्ाद: शस्त्रान्तरनिदर्शनम्‌ | बाह्यान्तरनिपातश्च निर्विशेषमदृश्यत

Sañjaya dit : « Le coup descendant et le fracas de l’épée, l’usage alterné d’autres armes, et les atteintes portées du dehors comme du dedans—tout cela se voyait sans la moindre différence, car les deux héros montraient une maîtrise égale en chaque aspect du combat. »

Verse 71

बाह्[माभ्यन्तरं चैव चरन्तौ मार्गमुत्तमम्‌ । ददृशाते महात्मानौ सपक्षाविव पर्वताौ,वे दोनों महामनस्वी वीर बाहर और भीतर चोट करनेके उत्तम पैंतरे बदलते हुए पंखयुक्त दो पर्वतोंके समान दृष्टिगोचर हो रहे थे

Sañjaya dit : On vit les deux héros magnanimes évoluer selon les plus nobles modes du combat—frappant du dehors et du dedans—et ils semblaient deux montagnes pourvues d’ailes. La scène montre comment, dans la fureur de la guerre, la prouesse et la technique disciplinée peuvent donner aux guerriers une allure presque élémentaire, alors même que le conflit continue d’exiger son tribut moral.

Verse 72

ततो विक्षिपत: खड्ग॑ सौभद्रस्य यशस्विन: । शरावरणपफफक्षान्ते प्रजहार जयद्रथ:,इसी समय तलवार चलाते हुए यशस्वी सुभद्राकुमारकी ढालपर जयद्रथने प्रहार किया

Sañjaya dit : Alors, tandis que l’illustre fils de Subhadrā brandissait son épée, Jayadratha frappa l’extrémité du revêtement de son bouclier—un geste d’agression au corps à corps au milieu du tumulte, où l’adresse et l’intention d’entraver l’adversaire un instant l’emportent sur toute retenue plus douce.

Verse 73

रुक्मपत्रान्तरे सक्तस्तस्मिं क्षमणि भास्वरे | सिन्धुराजबलोद्धूत: सो5भज्यत महानसि:

Sañjaya dit : Sa grande épée, heurtant le bouclier étincelant incrusté de plaques d’or, se brisa—violemment repoussée par le coup puissant du roi du Sindhu (Jayadratha). Dans la rude loi du combat, la prouesse et l’élan peuvent renverser l’avantage en un souffle, et réduire même une arme redoutable à néant.

Verse 74

भग्नमाज्ञाय निस्त्रिंशमवप्लुत्य पदानि षट्‌ । अदृश्यत निमेषेण स्वरथं पुनरास्थित:,अपनी तलवार टूटी हुई जानकर जयद्रथ छ: पग उछल पड़ा और पलक मारते-मारते पुनः अपने रथपर बैठा हुआ दिखायी दिया

Sañjaya dit : Comprenant que son épée s’était brisée, Jayadratha bondit en arrière de six pas ; et, en un clin d’œil, on le vit de nouveau remonté sur son propre char. Le vers souligne la présence d’esprit au combat : se préserver et se replier avec tactique quand l’arme fait défaut, sans prétendre à une victoire morale, seulement la froide nécessité de la guerre.

Verse 75

त॑ कार्ष्णि समरान्मुक्तमास्थितं रथमुत्तमम्‌ । सहिता: सर्वराजान: परिवद्रु: समन्‍्तत:

Sañjaya dit : Alors Abhimanyu, fils d’Arjuna, s’étant dégagé de la mêlée, monta sur son char d’élite. À cet instant même, tous les rois, d’un même élan, accoururent et l’encerclèrent de toutes parts — tournant funeste qui montre comment la force du nombre peut se liguer contre un seul héros, dans le tumulte et l’épreuve morale de la guerre.

Verse 76

ततश्चर्म च खड्गं च समुत्क्षिप्प महाबल: । ननादार्जुनदायाद: प्रेक्षमाणो जयद्रथम्‌,तब महाबली अर्जुनकुमारने ढाल और तलवार ऊपर उठाकर जयद्रथकी ओर देखते हुए बड़े चोरसे सिंहनाद किया

Sañjaya dit : Alors le puissant descendant d’Arjuna leva bouclier et épée ; et, fixant Jayadratha, il poussa un rugissement de lion — proclamation éclatante de résolution au cœur de la tourmente, où courage et devoir s’affirment par un défi sans crainte.

Verse 77

सिन्धुराजं परित्यज्य सौभद्र: परवीरहा । तापयामास तत्‌ सैन्यं भुवनं भास्करो यथा

Sañjaya dit : Laissant de côté Jayadratha, roi du Sindhu, Saubhadra—tueur des héros ennemis—se mit à brûler cette armée, comme le soleil brûle le monde. Le vers met en lumière le choix tactique d’Abhimanyu : frapper l’ensemble du champ de bataille plutôt que de s’acharner sur un seul adversaire protégé, et accroître ainsi la pression morale de la guerre, où vaillance et devoir se heurtent à la ruse et à la responsabilité du nombre.

Verse 78

तस्य सर्वायसीं शक्ति शल्य: कनकभूषणाम्‌ | चिक्षेप समरे घोरां दीप्तामग्निेशिखामिव

Sañjaya dit : Alors Śalya, dans cette bataille effroyable, lui lança une śakti, une lance entièrement faite de fer et ornée d’or, flamboyante comme une langue de feu. Ce geste souligne l’escalade de la fureur guerrière : la prouesse martiale et la volonté de détruire submergent toute retenue, contraignant l’auditeur à mesurer le prix moral d’une victoire recherchée par des armes toujours plus meurtrières.

Verse 79

तामवप्लुत्य जग्राह विकोशं चाकरोदसिम्‌ | वैनतेयो यथा कार्ष्णि: पतन्तमुरगोत्तमम्‌

Sañjaya dit : Bondissant, il saisit cette arme et, aussitôt, tira son épée du fourreau. De même que Vainateya (Garuḍa) saisit au vol le plus éminent des serpents, ainsi Abhimanyu arracha la śakti qui fondait sur lui—manifestant une intrépidité et une présence d’esprit au cœur du tumulte, refusant de céder à une attaque meurtrière.

Verse 80

तस्य लाघवमाज्ञाय सत्त्वं चामिततेजस: । सहिता: सर्वराजान: सिंहनादमथानदन्‌,अमिततेजस्वी अभिमन्युकी वह फुर्ती और शक्ति देखकर सब राजा एक साथ सिंहनाद करने लगे

Sañjaya dit : Reconnaissant sa promptitude et le courage de ce guerrier à l’éclat sans mesure, tous les rois, d’une seule voix, poussèrent un rugissement de lion—acclamation de la vaillance martiale qui, au cœur de la guerre, exalte l’héroïsme et affermit la volonté des alliés.

Verse 81

ततस्तामेव शल्यस्य सौभद्र: परवीरहा । मुमोच भुजवीरयेण वैदूर्यविकृतां शिताम्‌

Sañjaya dit : Alors Abhimanyu, pourfendeur des champions ennemis, lança de toute la force de ses bras, droit sur Śalya, cette même lance acérée, ornée de vaidūrya (pierre « œil-de-chat »). Dans l’éthique implacable du devoir guerrier, le jeune héros répond à l’arme par l’arme, opposant à l’agression une vaillance décisive.

Verse 82

सा तस्य रथमासाद्य निर्मुक्तभुजगोपमा । जघान सूतं शल्यस्य रथाच्चैनमपातयत्‌

Sañjaya dit : Parvenue jusqu’à son char, elle—rapide et infaillible comme un serpent lâché—frappa le cocher de Śalya et le fit tomber du véhicule. Dans la logique impitoyable du combat, neutraliser le conducteur est un geste décisif : cela brise la mobilité et le commandement de l’adversaire, montrant que la guerre vise souvent les appuis du pouvoir autant que le guerrier lui-même.

Verse 83

केंचुलसे छूटकर निकले हुए सर्पके समान प्रतीत होनेवाली उस शक्तिने शल्यके रथपर पहुँचकर उनके सारथिको मार डाला और उसे रथसे नीचे गिरा दिया ।।

Sañjaya dit : Cette lance, semblable à un serpent qui s’est glissé hors de sa mue, atteignit le char de Śalya, frappa à mort son cocher et le précipita hors du char. Alors Virāṭa et Drupada, Dhṛṣṭaketu et Yudhiṣṭhira, Sātyaki, les Kekayas, Bhīma, ainsi que Dhṛṣṭadyumna et Śikhaṇḍin s’avancèrent dans la mêlée.

Verse 84

यमौ च द्रौपदेयाश्व साधु साधथ्विति चुक्रुशु: । यह देखकर विराट, ट्रुपद, धृष्टकेतु, युधिष्ठिर, सात्यकि, केकयराजकुमार, भीमसेन, धृष्टद्यम्न, शिखण्डी, नकुल, सहदेव तथा द्रौपदीके पाँचों पुत्र 'साधु, साधु" (बहुत अच्छा, बहुत अच्छा) कहकर कोलाहल करने लगे ।।

Sañjaya dit : Les deux jumeaux de Mādrī (Nakula et Sahadeva) et les fils de Draupadī s’écrièrent : « Sādhu ! Sādhu ! » (« Bien ! Bien ! »). À cette vue, Virāṭa, Drupada, Dhṛṣṭaketu, Yudhiṣṭhira, Sātyaki, les princes de Kekaya, Bhīmasena, Dhṛṣṭadyumna, Śikhaṇḍī, Nakula, Sahadeva et les cinq fils de Draupadī se mirent eux aussi à faire grand tumulte en répétant : « Sādhu ! Sādhu ! ». Alors s’élevèrent maints bruits de flèches et d’abondants rugissements de lion.

Verse 85

प्रादुरासन्‌ हर्षयन्त: सौभद्रमपलायिनम्‌ । उस समय युद्धभूमिमें पीठ न दिखानेवाले सुभद्राकुमार अभिमन्युका हर्ष बढ़ाते हुए नाना प्रकारके बाण-संचालनजनित शब्द और महान सिंहनाद प्रकट होने लगे || ८४ $ ।।

Sañjaya dit : Alors s’élevèrent des sons de toutes sortes—nés de volées de flèches tirées à toute vitesse—et un grand rugissement de lion, qui ranima Saubhadra (Abhimanyu), lui qui ne tournait pas le dos pour fuir le champ de bataille. Mais, ô roi, tes fils ne purent supporter ce rugissement, signe de la victoire de l’ennemi. Tous ensemble, soudainement et de toutes parts, ils se mirent à accabler Abhimanyu d’une pluie de flèches acérées, comme des nuages déversant des nappes d’eau sur une montagne.

Verse 86

अथैनं सहसा सर्वे समन्तान्निशितै: शरै: । अभ्याकिरन्‌ महाराज जलदा इव पर्वतम्‌

Alors, ô roi, tous ensemble, soudainement et de toutes parts, ils l’accablèrent de flèches acérées, tels des nuages déversant des torrents sur une montagne.

Verse 87

तेषां च प्रियमन्विच्छन्‌ सूतस्य च पराभवरम्‌ । आर्तायनिरमित्रघ्न: क्रुद्ध: सौभद्रमभ्ययात्‌

Sañjaya dit : Désireux de leur plaire (aux Kaurava) et de venger l’humiliation de son cocher, Śalya —tueur d’ennemis— s’emporta de colère et chargea de nouveau Saubhadra (Abhimanyu).

Frequently Asked Questions

The episode balances heroic impulse with regulated engagement: Abhimanyu’s desire to fight is checked by Bhīma’s restraint, reflecting the tension between individual valor and maintaining ordered combat roles to avoid destabilizing escalation.

Strength is depicted as incomplete without discipline: endurance, measured restraint, and situational judgment (when to engage, when to protect an ally, when to withdraw) are treated as integral to responsible agency under conflict conditions.

No explicit phalaśruti is stated in the provided passage; the chapter’s meta-function is archival—Sañjaya’s calibrated witnessing for Dhṛtarāṣṭra—emphasizing how understanding events depends on reliable narration and contextualized description.

Read Mahabharata in the Vedapath app

Scan the QR code to open this directly in the app, with audio, word-by-word meanings, and more.

Continue reading in the Vedapath app

Open in App